juin 06 2010

Le groupe Bilderberg s’est rĂ©uni ce week-end en Espagne

Le Club Bilderberg, rassemblant des hommes d’affaires, des personnalitĂ©s de la diplomatie, des chefs d’État, des banquiers, des membres des monarchies europĂ©ennes et les personnes les plus influentes dans le monde, s’est rĂ©uni en fin de semaine dernière et ce week-end dans un hĂ´tel de Sitges (province de Barcelone).

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La rencontre, qui se tient chaque annĂ©e dans un pays diffĂ©rent, se dĂ©roule dans un climat de discrĂ©tion totale et d’opacitĂ©. Les rĂ©unions et dĂ©cisions sont très confidentielles et ne sont absolument pas mĂ©diatisĂ©es.

Le prĂ©sident espagnol, JosĂ© Luis Rodriguez Zapatero, est intervenu vendredi pour transmettre aux participants, entre autres, un message de « crĂ©dibilitĂ© et de confiance » autour de l’Ă©conomie espagnole.


Manifestation contre la réunion Bilderberg (Sitges, juin 2010)
envoyé par Mecanopolis

Parmi les participants de la rĂ©union du groupe Bilderberg se sont retrouvĂ© des hommes politiques de haut niveau et des dirigeants d’entreprises leaders dans le monde, avec une grande capacitĂ© d’influence. Les entreprises du secteur Ă©nergĂ©tique BP et Shell, pour ne citer que quelques noms, sont habituellement au rendez-vous. On y retrouve aussi les reprĂ©sentants des principales banques du monde et des gĂ©ants du secteur des tĂ©lĂ©communications, comme Google, qui Ă©tait Ă  Sitges cette annĂ©e.

La reine d’Espagne, la reine Beatrix d’Hollande, le prĂ©sident autrichien Heinz Fischer, le premier ministre français François Fillon, Bill Gates et le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen sont quelques-unes des personnalitĂ©s qui se sont rendues Ă  Sitges. De mĂŞme, le directeur de l’Organisation mondial du commerce, Pascal Lamy, le prĂ©sident de la BCE, Jean-Claude Trichet, le Britannique Peter Mandelson, le prĂ©sident de la Banque mondiale, Robert Zoellick, l’ancien commissaire europĂ©en Pedro Solbes, le conseiller d’Obama Paul Volcker, l’ancien commissaire europĂ©en Pedro Solbes, ou encore les rĂ©dacteurs en chef de The Economist et du Financial Times étaient Ă©galement prĂ©sents.

Les alentours de l’hĂ´tel Dolce, oĂą logeaient les participants, a littĂ©ralement Ă©tĂ© placĂ© en Ă©tat de siège et soumis Ă  de drastiques mesures de sĂ©curitĂ©. Les habitants et employĂ©s de la zone rĂ©sidentielle attenante Ă  l’hĂ´tel ont mĂŞme dĂ» s’accrĂ©diter auprès des forces de sĂ©curitĂ©, rapporte Europa Press. Le terrain de golf et la boĂ®te de nuit en plein air qui venait d’inaugurer la saison ont en plus Ă©tĂ© fermĂ©s au public pour le week-end.

C’est le contribuable espagnol qui devra en partie payer ces Ă©normes mesures de sĂ©curitĂ©. « Un gaspillage injustifiĂ© », selon le syndicat de Mossos d’Esquadra, la police catalane, qui a ainsi dĂ©noncĂ© publiquement vendredi le dĂ©ploiement de « centaines de Mossos […] en pleine crise et alors que les gouvernements imposent une baisse de salaire aux fonctionnaires. » Le quotidien PĂşblico estime que cette facture s’Ă©levera Ă  600 000 euros.

En France, peu d’informations ont Ă©tĂ© publiĂ©es jusqu’ici, Ă  l’exception du blog de la romancière Flore Vasseur et une dĂ©pĂŞche AFP tombĂ©e vendredi.

Nous reviendrons très prochainement sur les conséquences de cette réunion.

Mecanopolis

avr 23 2010

Le gouvernement grec appelle l’UE et le FMI Ă  activer leur plan d’aide – Manifestations Ă  Athènes (info en continu)

Comme nous l’avons indiquĂ© sur notre forum en tout dĂ©but d’après-midi, le premier ministre grec, Giorgos Papandreou, a demandĂ©  l’activation du « dispositif d’aide de l’Union europĂ©enne et du Fonds monĂ©taire international ».

Selon nos informations, une manifestation spontanée, visant à contester cette décision, viendrait de débuter à Athènes, aux Propylées.

Nous publierons Ă  la suite de cette page et sur notre forum les informations qui nous parviennent.

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Mise Ă  jour de 19h00 :

Les manifestants (estimĂ©s Ă  3′000 Ă  18h50) commencent Ă  se rassembler massivement Ă  Athènes, aux PropylĂ©es. Plusieurs syndicats, dont Syriza et Antarsya, ainsi que d’autres forces politiques de gauche, ont appelĂ© les grecs Ă  descendre dans la rue ce soir. Les autoritĂ©s, qui craignent des dĂ©bordements violents, ont dĂ©ployĂ© d’importantes forces de police aux abords des lieux de la manifestation.

Mise Ă  jour de 20h30 :

- Violentes confrontations entre les manifestants et les « forces de l’ordre » Ă  Athènes.

- Quelques heures après que la Grèce a demandĂ© l’activation du plan d’aide de l’UE et du FMI, la chancelière allemande, Angela Merkel, a jetĂ© un froid sur l’enthousiasme d’Athènes. Alors mĂŞme que la Grèce et d’autres pays europĂ©ens considèrent que le versement de fonds Ă  Athènes est quasiment chose faite, Mme Merkel a posĂ© deux conditions : que « la stabilitĂ© de l’euro dans son ensemble » ne soit pas menacĂ©e et que la Grèce prĂ©sente « un plan d’Ă©conomies crĂ©dible ».

Comme nous l’avons indiquĂ© Ă  plusieurs reprises sur Mecanopolis, la chute de l’euro face au dollar bĂ©nĂ©ficie directement aux exportations allemandes, de mĂŞme que, politiquement, l’affaiblissement Ă©conomique de plusieurs pays de l’UE permet Ă  Berlin d’assoir sa prĂ©dominance Ă  Bruxelles. L’Allemagne va donc continuer Ă  trainer les pieds le plus longtemps possible.

Mise Ă  jour de 21h30 :

Photographies du début des manifestations à Athènes ce soir :

(cliquer sur les images pour les agrandir)

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Mise Ă  jour de 22h30 :

De premières arrestations ont eu lieu dans le Parc Navarinou, les barricades Ă©rigĂ©es aux portes ont Ă©tĂ© dĂ©truites par la MAT. Les Ă©tudiants qui ont pu se rĂ©fugier Ă  l’UniversitĂ© toute proche bĂ©nĂ©ficient du droit d’asile, le Recteur de cette UniversitĂ© ne s’y opposant pas (photographies sur le forum).

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Mise Ă  jour de 23h30 :

Thessalonique : Concentration au pied de la Statue de Venizelos Ă  l’initiative de SYRISA et manifestation ensuite dans les rues. Bris de vitres sur la Banque ATM et sur des monuments historiques en rĂ©fection dont la vieille MosquĂ©e (photographies sur le forum).

Mise Ă  jour de 23h45 :

(cliquer sur les images pour les agrandir)

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Mecanopolis et JVT

Reproduction autorisée avec indication des sources

De premières arrestations ont eu lieu dans le Parc Navarinou, les barricades Ă©rigĂ©es aux portes ont Ă©tĂ© dĂ©truites par la MAT. Les Ă©tudiants qui ont pu se rĂ©fugier Ă  l’UniversitĂ© toute proche bĂ©nĂ©ficient du droit d’asile, le Recteur de cette UniversitĂ© ne s’y opposant pas.

fév 22 2010

Goldman Sachs, pieuvre et vampire de la finance mondialisée

Pieuvre et vampire, Goldman Sachs a spĂ©culĂ© sur le dos de la Grèce tout en se faisant rĂ©munĂ©rer par Athènes pour l’aider Ă  gĂ©rer sa dette, jouant ainsi sur tous les tableaux. Cela n’a Ă©tĂ© possible que parce que le gouvernement des États-Unis et l’administration de l’Union EuropĂ©enne ont placĂ© aux postes clĂ©s des hommes de cette très influente banque d’affaire. Preuve en est : le patron de l’agence chargĂ©e de la gestion de la crise grecque nommĂ© la semaine dernière est… un ancien de la Goldman Sachs.

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Goldman Sachs, la banque la plus puissante du monde, a spéculé sur le dos de la Grèce tout en se faisant rémunérer par Athènes pour l’aider à gérer sa dette. Retour sur une manipulation.

2001-2004

Entre 2001 et 2004, Goldman Sachs se retrouve à la manœuvre pour aider les Grecs à camoufler leur dette. Comment ? En premier lieu grâce à des swaps de change. Explication : Quand un pays vend sa dette au marché, il a la possibilité d’émettre des obligations en euros ou libellés dans une autre monnaie. Pour se couvrir contre le risque de change, le gouvernement en question a recours à des instruments financiers (swaps). Jusque là, rien d’anormal. Plusieurs pays, dont la France, ont utilisé ce type de technique. Là ou l’affaire se complique, c’est que le gouvernement et sa banque conseil peuvent décider en cours de route de changer la parité du taux de changes de leur couverture, dans l’opacité complète, de sorte à améliorer artificiellement la valeur de leur dette.

2009

Au début novembre 2009, le nouveau gouvernement grec se demande comment convaincre les marchés et Bruxelles qu’il pourra bien tenir son programme d’austérité pour réduire une dette abyssale (112% du PIB). Selon le NY Times, c’est à cette date qu’une délégation de banquiers de Goldman Sachs, emmenée par leur numéro 2, Gary Cohn, débarquent à Athènes. Ils ont pris rendez-vous pour présenter « un instrument permettant de remettre à un avenir très lointain le coût de système de santé du pays ». Le gouvernement socialiste de Papandéou pensait donc continuer, il y a quelques mois à peine, sur la même ligne que son prédécesseur.

La fin de l’année 2009 vire au scénario catastrophe pour la Grèce. Les agences de notation, Fitch la première, dégradent la signature de sa dette à BBB+, ce qui équivaut à bonnet d’âne. Les marchés commencent à douter de la solidité et de la crédibilité du plan d’Athènes et l’euro décroche.

Le mercredi 27 janvier Goldman Sachs fait courir une information bidon à travers ses réseaux médiatiques, dont le Financial Times, la bible des opérateurs de marché : La Chine aurait refusé d’acheter 25 milliards d’euros d’emprunt grecs. La nouvelle sème la panique. Pour les traders, Athènes est proche du gouffre puisqu’il est obligé de solliciter la Chine. Athènes dément immédiatement, mais les investisseurs exigent immédiatement une prime de risque encore plus élevée. Goldman Sachs avait un intérêt dans cette opération :faire du Cash. Pour cette banque, on ne se contente pas de toucher, de la main droite, des commissions pour son rôle de conseil auprès du gouvernement grec. Mais on spécule aussi avec la main gauche contre… la Grèce.

Obama et le Gouvernement Sachs

« La première chose que vous devez savoir sur la banque Goldman Sachs, c’est qu’elle est partout.» Voilà comment débute le journaliste de Rolling Stone, Marc Taibbi, dans un article sur le «pouvoir tentaculaire» de la plus puissante banque d’investissement au monde.

La liste des « anciens de la GS » qui frayent dans les allées du pouvoir de l’administration Obama est à rallonge. A commencer par Henry Paulson, ex président de la banque, devenu secrétaire au Trésor sous Bush. Depuis, Mark Patterson, lobbyste de Goldman Sachs, est devenu chef de cabinet de Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor de Barack Obama.

Les relais au gouvernement des agents de la Goldman Sachs semblent payer. La banque a multiplié par six son bénéfice net l’an dernier, soit 13,3 milliards de dollars.

Avant d’être au cœur du scandale grec, la banque a contribué à la bulle spéculative des subprimes aux dépens des consommateurs. Le Congrès a ouvert une enquête sur la manière dont une partie des 183 milliards de dollars d’argent public dépensés pour sauver l’American International Group (AIG), a bénéficié à Goldman Sachs, principal client du plus gros assureur des États-Unis.

Goldman Sachs a été la première bénéficiaire du renflouement, opéré vingt-quatre heures après que Thimothy Geithner et Henry Paulson eurent décidé de laisser couler la banque Lehman Brothers, qui était la principale concurrente de Goldman Sachs.

Or, le sauvetage controversé d’AIG, on le doit à… Timothy Geithner, alors président de la Réserve fédérale de New-York. Goldman Sachs aurait empoché 12,9 milliards de dollars, sans que le Congrès en soit informé.

La situation va encore se dégrader

Les choses ne sont pas prĂŞtes de s’amĂ©liorer pour la Grèce et l’euro. En effet, le gouvernement grec sera contraint d’emprunter au minimum 54 milliards d’euros cette annĂ©e, dont une vingtaine d’ici avril et sans doute dĂ©jĂ  cinq cette semaine. Selon les estimations d’UniCredit, le taux pourrait ainsi s’Ă©lever Ă  7,3 % pour des emprunts Ă  10 ans, ce qui ne manquera pas de faire chuter les marchĂ©s, qui avaient repris quelques couleurs ces derniers jours avec le plan de communication et de soutien psychologique de l’Union europĂ©enne.

Mais Ă  terme, les dĂ©clarations d’intentions ne suffiront pas. L’hebdomadaire « Der Spiegel », dans sa dernière livraison, donne les premières informations sur un plan d’aide des pays de la zone euro. Un plan composĂ© en partie de crĂ©dits et de garanties pourrait atteindre « entre 20 et 25 milliards d’euros », rĂ©partis en fonction de la part que chaque pays dĂ©tient au capital de la Banque centrale europĂ©enne soit 4 Ă  5 milliards pour l’Allemagne.

Signe que la gestion de la dette grecque reste en attendant particulièrement Ă©pineuse, le gouvernement a procĂ©dĂ© en fin de semaine dernière, sous pression europĂ©enne, Ă  une nomination très sensible : Petros Christodoulou a Ă©tĂ© choisi pour remplacer Spyros Papanicolaou Ă  la tĂŞte de l’agence chargĂ©e de la gestion de la dette publique. C’est sans doute involontairement qu’on a omis de signaler qu’il travaillait auparavant pour… Goldman Sachs.

Mecanopolis

Avec les infos du quotidien Le Temps et du magazine économique AGEFI


fév 17 2010

La voie pour sortir de la crise financière et économique est celle de l’État national renforcé

A peine un an après avoir sauvĂ© les banques en y consacrant de chaque cĂ´tĂ© de l’Atlantique des sommes colossales (25 % du PIB, selon la Banque centrale europĂ©enne), voici les États endettĂ©s attaquĂ©s par ces mĂŞmes Ă©tablissements financiers. Comment sortir de cette impasse ? Depuis Dietlikon (Suisse), Reinhard Koradi nous livre son analyse.

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Il se peut que les citoyens doivent être préparés doucement au fait que suite à l’aide rigoureuse de quelques milliards de dollars à des entreprises privées, les caisses de l’Etat sont vides. Après la dilapidation généreuse des biens populaires et d’immenses dettes accumulées, l’argent manque maintenant pour éviter ou atténuer la catastrophe sociale.

Il est extrêmement inquiétant que ces razzias sur l’argent des contribuables des Etats souverains aient été initiées pour la plupart par des organisations transnationales (G7 et G20) et aient servi primairement et uniquement de dopage du libre-échange des capitaux, mais pas de l’économie nationale réelle des pays respectifs. Et comme si ce n’était pas encore assez d’impertinences, les responsables mondiaux – les incendiaires et les profiteurs – de la crise financière devraient encore développer une solution globale pour un nouvel ordre économique et financier qui devrait nous sortir de la crise. Un système vraiment bien élaboré dans lequel les malfaiteurs sont en même temps les sauveurs pour tirer leurs marrons du feu. Dans ce contexte se situe aussi le gouvernement économique annoncé que veulent installer Mme Merkel et M. Sarkozy d’ici 2020 dans l’UE.

Au lieu de soutenir l’économie locale et de venir à bout de la crise en remettant la souveraineté économique dans les mains de l’Etat national, on propage de nouveau la voie globale erronée. Ceci bien que le passé ait montré très clairement que les problèmes ne peuvent être résolus à l’échelle globale, tout au plus être différés dans le temps. Par contre on élabore des mécanismes de contrainte et des systèmes de contrôle pour assurer le libre flux des capitaux en faveur des riches. Plus vite les hommes comprendront qu’en fait la «crise globale» n’existe pas, mais que toute crise est issue d’un développement erroné dont l’origine peut être clairement définie, plus vite des voies effectives pour sortir de la crise pourront être développées.

Etablir des frontières

Pour arriver à contrôler des incendies gigantesques, on creuse des tranchées afin d’empêcher le feu de se propager. L’économie globale présente un risque énorme de concentration qui, en raison d’un échec dû au manque de frontières ou au manque de différenciation, entraîne les économies nationales dans l’abîme. L’effet domino menaçant peut être endigué à l’aide de «distances de sécurité». De telles digues de sécurité comprennent, à part le droit à l’autodétermination sur toutes les affaires de politique de l’Etat, de l’économie, de la fiscalité et de société, aussi une protection adéquate des frontières (souveraineté territoriale).

Celui qui soupçonne tout de suite derrière cette exigence un nationalisme caché, du protectionnisme ou bien une isolation du monde extérieur, se ferme à la réalité des crises actuelles et nie le droit à l’autoprotection.

Chaque cycle représente un système fermé, circonscrit qui, si l’on ne respecte pas les conditions naturelles, peut être percé, détourné ou même rattaché contre nature à un autre système. Sauf si l’on veut provoquer le collapsus intentionnellement. Ce sont avant tout les constitutions différentes des Etats qui sont engagés dans des traités et des alliances qui créent un déséquilibre dangereux avec menace d’effondrement déjà au moindre tremblement. Dans l’intérêt de la stabilité et de la sécurité, chaque convention, chaque traité, chaque adhésion à une organisation transnationale devrait être réglé de telle manière que tous les partenaires ou membres se trouvent à égalité et que ni les règles démocra­tiques ni l’objectif de l’Etat – le maintien du bien commun – ne soient enfreints.

Dans tous les traités et autres créations transnationales, la première exigence devrait être : La souveraineté de l’Etat est indivisible et inaliénable.

La plupart des traités interétatiques sont cependant soumis à l’idéologie néoconserva­trice et nient par conséquent le droit à l’existence d’Etats indépendants. Ils encouragent plutôt le centralisme supranational et enfreignent par conséquent l’intangibilité de la souveraineté de l’Etat de façon considérable; et cela au profit des puissants et au détriment des ­peuples. On ne peut pas contester que la plupart des traités et des organisations transnationales en­freignent le principe de la souveraineté indivisible de l’Etat national. Concernant l’économie nationale sont cités comme exemples l’introduction de la monnaie commune (Euro), les accords de l’OMC (ouverture des frontières, clause de la nation la plus favorisée, suppression du contrôle de la circulation des capitaux et des devises aux frontières) et les conditions du FMI pour les pays débiteurs: Privatisation des entreprises publiques, diminution de subventions (pour les systèmes d’éducation, de santé et pour l’agriculture), les diminutions de salaires dans les services publics, remise en cause des acquis sociaux, augmentation d’impôts, et bien plus encore.

On n’a pas besoin de beaucoup d’imagination pour comprendre que de tels paternalismes affaiblissent l’Etat et coupent l’herbe sous les pieds du peuple. Et suite au Rapport sur l’agriculture mondiale il faudrait encore soumettre les relations entre Etats, les construc­tions transnationales et les alliances à une nouvelle estimation non prévenue. Un revirement rigoureux s’impose. La commercialisation globale de tous les domaines de la vie doit être relayée par le service au bien commun à l’échelle nationale. Cela comprend l’endiguement sévère de l’influence d’Etats tiers, de comités et d’organisations hors Etat sur les destins des Etats nationaux souverains.

Redéfinir la valeur du travail

L’impudence avec laquelle des acteurs privés (FED Federal Reserve System = ­Banque d’émissions américaine) et des organisations internationales (Banque mondiale, OMC, OCDE, FMI) se mêlent des affaires intérieures des Etats, est omniprésente avant tout dans la politique économique, et extrêmement douloureuse pour les pays concernés, et respectivement pour leurs populations (actuellement: la Grèce, la Lettonie et l’Islande). Bien que ces institutions aient imposé leurs «actions de sauvetage» déjà depuis des décennies aux Etats en détresse – en règle générale avec pas mal de pression – on n’a jamais entrevu une lueur à l’horizon promettant de meilleures conditions de vie pour la population de façon crédible et durable.

Les causes de tous ces actes manqués se trouvent dans les objectifs malhonnêtes et dans la différenciation manquante. Chaque économie nationale se trouve en face des propres problèmes spécifiques à son pays, et les «assistances» servent tout d’abord d’enrichissement aux riches et non pas d’avancement du bien commun dans les pays concernés. Cela, parce que les programmes exigent toujours la destruction d’emplois et de biens populaires, ce qui amène l’économie interne dans ou au bord de la ruine. Ce qu’il nous faut à l’avenir, ce sont des mesures adaptées aux conditions locales qui renforcent en premier lieu l’économie interne. Pour cela, les Etats doivent reprendre leur marge de manœuvre pour venir à bout des crises.

Il faut absolument placer au premier plan la création d’emplois. Le plein emploi est de première priorité, car il contribue essentiellement à la paix sociale à l’intérieur d’un pays. Chaque personne capable de travailler doit pouvoir exercer une activité régulière dans le pays où elle vit. On s’est habitué, également dans les pays industrialisés, à des taux de chômage avoisinant deux chiffres. Avec pour arguments de vouloir renforcer la capacité de concurrence des entreprises ou bien de redresser des entreprises échouées, on congédie les travailleurs et on les pousse au bord du gouffre de la pauvreté. Tant que le travail humain reste uniquement un facteur de coûts, sacrifié à la capacité mondiale de concurrence ou à un programme de redressement, soumis à la politique financière, l’économie ne remplit pas son vrai devoir – de porter la responsabilité d’assurer l’existence au sein de la société. La question s’impose: Aux intérêts de qui sert la capacité de concurrence mondiale?

Au lieu d’encourager la compétitivité, il faudrait aujourd’hui utiliser tous ces moyens pour surmonter le chômage. Pour cette raison, l’idée de découvrir l’homme apte au travail comme une ressource très précieuse de l’économie nationale, et de le traiter et l’engager avec beaucoup de soin – suivant la loi de la durabilité – est adaptée au problème et au goût du jour. Il faut simplement une définition plus précise et plus juste du travail humain. La force de travail humaine ne doit pas être réduite à la notion de «facteur de coûts» et il ne faut pas non plus taire le fait que c’est le travail qui crée la plus-value.

Le temps est mûr pour réfléchir à la valeur du travail. Le travail appartient, à part le sol, le capital et le savoir, aux facteurs de production sur lesquels toute économie nationale est construite. Ces quatre facteurs contribuent au rendement total de l’économie nationale – le produit intérieur brut. Si ces ressources (facteurs de production) ne sont pas utilisées de façon optimale est équilibrée, le potentiel de rendement de l’économie nationale n’est pas exploité à fond. Le pays perd son efficacité économique avec les conséquences négatives correspondantes pour toute la population. Aucun pays et aucune économie nationale ne peut se permettre de laisser inutilisé le potentiel de la création de la plus-value qui se trouve dans le capital humain. C’est pourquoi vaincre le chômage dans le cadre d’une politique économique qui veut surmonter la crise, est de première priorité.

Pour cela, les Etats ont besoin d’instruments économiques appropriés. Il n’y a pas longtemps, on enseignait encore dans l’économie nationale le «pentagone magique». Le pentagone magique exige l’équilibre des dates-clés décisives de l’économie nationale. Angle 1: Plein-emploi, angle 2: Stabilité des prix (maintien du pouvoir d’achat de la population), angle 3: Croissance économique adaptée, angle 4: Répartition juste des revenus et des biens, et angle 5: Commerce extérieur équilibré (Equilibre entre importations et exportations).

Cet état idéal, bien que difficilement réalisable, donne le cadre d’orientation pour une politique économique équilibrée. Cette exigence primordiale a disparu des manuels de l’économie sous l’influence des théories de la mondialisation et de la libéralisation. Le pentagone magique, précepte pour essentiel d’une politique économique nationale, est inutilisable dans un contexte de mondialisation. Ce qui parle en faveur de l’économie nationale et contre la pratique économique globalement orientée.

La souveraineté économique en appelle à la renaissance de l’Etat national

A tous ceux qui deviennent nerveux à l’égard de cette affirmation, il faut rappeler que la liberté de pensée ne doit pas être bloquée par des idéologies. Un Etat national fort et capable d’agir ne doit pas être calomnié comme tel avec des notions comme nationalisme ou isolement. Il s’agit tout simplement du droit et du devoir de l’Etat – respectivement du peuple souverain – de régler les relations de politique interne et les relations avec l’étranger sous leur propre responsabilité. Cela n’exclut pas l’aide mutuelle entre Etats non plus.

La souveraineté économique inclut le droit à l’autodétermination des citoyennes et citoyens d’un Etat souverain à la construction de leur économie nationale. Dans un processus de décision démocratique, les objectifs, les stratégies et la réalisation de la politique économique sont fixés.

La souveraineté économique signifie aussi que les Etats disposent des instruments adéquats de l’économie nationale. A part la propre monnaie avec une banque d’émission indépendante, il faut des mécanismes de contrôle et de régulation dans le domaine de la politique monétaire et financière, de la politique de l’emploi, de la circulation des capitaux et des devises, du commerce extérieur (droits de douane, contingents) ainsi que les compétences et la liberté de conclure des traités interétatique avec d’autres Etats – sous réserve mutuelle de préservation des intérêts de politique économique.

Naturellement, aucun pays ne s’isolera sous l’aspect de la souveraineté économique. Déjà rien que le fait que les ressources sont distribuées de façon inégale sur notre planète conduira à des modèles d’économie ouverte. Et les conditions de production différentes (matières premières, le savoir, les capacités de production etc.) conduisent aussi à des activités de commerce extérieur – mais de façon autonome et pas imposée de l’extérieur. Ce sera une ouverture adaptée aux besoins de la propre population et à l’avancement du bien commun, et non pas sous le diktat d’organisations supranationales ou de conglomérats d’intérêts.

Les voies pour sortir de la crise commencent à l’échelle locale et exigent le droit à l’autodétermination sur les mesures à prendre. Les pays doivent recouvrer leur souveraineté économique. Les nations intégrées dans une union monétaire ou trop dépendantes du dollar, ne pourront presque pas faire autrement que de faire revivre leurs propres monnaies locales. Des programmes pour procurer du travail et soulager la misère sociale ont pour condition préalable la capacité d’un pays de développer et de réaliser des mesures de politique économique sous sa propre responsabilité. C’est en abandonnant la tutelle des nations et en mettant à disposition les moyens encore disponibles pour des projets d’auto-assistance, et en libérant ces pays en détresse du poids de leurs dettes, que les institutions transnationales pourront le mieux contribuer à maîtriser la crise.

Reinhard Koradi, pour Horizons et Débats

Photographies : Athènes, décembre 2009

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fév 16 2010

Les PIGS tiennent tĂŞte Ă  l’oligofinance de Bruxelles

La Grèce ploie mais ne cède pas. Soutenu par ses collègues mĂ©diterranĂ©ens (Portugal, Italie et Espagne) lors de la rĂ©union de l’Eurogroupe qui se tenait aujourd’hui Ă  Bruxelles, le ministre grec des finances Georges Papaconstantinou a refusĂ© d’allonger encore le catalogue des rĂ©formes que son pays s’est engagĂ© Ă  mettre en place.

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De retour Ă  Athènes ce soir (15.02) Papaconstantinou a indiquĂ© qu’il jugeait l’action de l’UE très timorĂ©e. « La solidaritĂ© verbale, c’est bien. La solidaritĂ© financière, c’est mieux » a-t-il indiquĂ© Ă  peine dĂ©barquĂ© de l’avion qui le ramenait de Bruxelles.

Cette solidaritĂ© entre les pays du sud de l’UE n’est pas surprenante. Ils savent très bien que le rouleau compresseur europĂ©en va Ă©galement leur passer dessus, tant la pression de l’euro risque de s’accentuer ces prochaines semaines. ConformĂ©ment aux prĂ©visions de nos articles de la fin de la semaine dernière, la monnaie europĂ©enne Ă  poursuivi sa chute ce lundi (l’euro valait 1,3607 dollar ce soir Ă  18h00, contre 1,3629 dollar vendredi vers 22h00).

A qui le tour ?

Le PIB de la Grèce ne représente que 2,8% du PIB de la zone euro. Mais après la Grèce, viendra le tour du Portugal (1,8% du PIB de la zone euro), puis de l’Espagne. Et là on ne parlera plus de 2,8% mais de 12% du PIB de la zone euro, ou même de 17,3% si l’Italie avait la mauvaise idée de se joindre à la cohorte des pays blessés.

Il ne faut pas oublier non plus que la France et l’Allemagne sont dans une situation budgétaire à peine meilleure que la Grèce. Ni l’une ni l’autre n’ont les moyens de leurs ambitions.

Grande Dépression

On peut faire confiance aux marchés financiers pour renforcer l’engrenage. Pour les marchés, la solidarité européenne est une promesse de profits garantis par les généreux soutiens annoncés. Si les soutiens européens ne se matérialisent pas, leur réaction sera encore plus violente. Si l’Europe retombe dans la récession, avec un euro en chute libre, les États-Unis ne manqueront pas de suivre. Avec cette fois un problème supplémentaire : les marges d’action sont inexistantes. Les taux d’intérêt sont proches de 0% et personne n’osera prendre le risque d’alourdir les déficits budgétaires. Le spectre de la Grande Dépression, que l’on croyait écarté, se profilerait alors à l’horizon.

Comment mettre tous les budgets sous surveillance ?

Pour l’Union europĂ©enne, il n’existe pour l’instant aucun moyen lĂ©gal de contraindre un pays Ă  abandonner sa souverainetĂ© en matière budgĂ©taire. Le seul accord existant est le Pacte de stabilitĂ©, or le Pacte a Ă©tĂ© ignorĂ© par l’Allemagne et la France en 2003, puis par tous les pays en 2008-2009. Tout au plus peut-il conduire Ă  une sanction financière Ă  l’encontre de la Grèce, au maximum de 0,5% de son PIB.

L’Union monĂ©taire est pour l’instant fondĂ©e sur l’abandon de la souverainetĂ© nationale en matière de politique monĂ©taire, et non budgĂ©taire. Ce sont les Grecs qui sont responsables de la dette de leur gouvernement. Les traitĂ©s sont très clairs: ni la BCE, ni la Commission, ni les pays membres ne sont liĂ©s par la situation budgĂ©taire d’un pays membre.

Bien sĂ»r, comme nous l’avons indiquĂ© Ă  plusieurs reprises la semaine dernière, le plan du PrĂ©sident du Conseil europĂ©en Herman van Rompuy, avec le soutien des gouvernements de la France et de l’Allemagne, entre autres complices, est d’inaugurer une gouvernance Ă©conomique europĂ©enne, qui aura comme objectif de mettre tous les budgets europĂ©ens sous surveillance. Mais elle ne pourra ĂŞtre mise en place sans la capitulation des pays membres (et plus particulièrement ceux qui sont directement concernĂ©s par un dĂ©faut de paiement Ă  brève Ă©chĂ©ance).

Le fiasco est annoncé

Les dirigeants de l’Union europĂ©enne pensaient pouvoir utiliser les marchĂ©s financiers (lire les dĂ©clarations du patron de l’Eurogroupe dans notre article du 14 fĂ©vrier) pour contraindre la Grèce Ă  engager les rĂ©formes dont elle ne veut pas. C’est un fiasco complet. Le premier ministre PapandrĂ©ou s’est ce soir publiquement dit déçu du caractère vague de l’aide europĂ©enne. Autrement dit, il se prĂ©pare dĂ©jĂ  Ă  ne pas cĂ©der aux pressions de l’oligarchie financière de Bruxelles. Le peuple grec, qui gronde dĂ©jĂ  de colère, lui donnera très vite son soutien. Nous n’allons plus tarder Ă  voir des manifestants brĂ»ler en effigie Angela Merkel et Nicolas Sarkozy dans les rue d’Athènes.

Mecanopolis

Avec les informations des pages « Ă©conomie » du quotidien suisse Le Temps

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fév 05 2010

Retraites, un hold-up d’État

Le gouvernement s’apprĂŞte Ă  rĂ©aliser un casse sur les retraites des 20 millions de salariĂ©s du privĂ© dans la plus grande discrĂ©tion, rĂ©vèle l’association Sauvegarde Retraites. Il profite du changement de statut de La Poste pour remplir les caisses de l’Ircantec, rĂ©gime de retraite bĂ©nĂ©ficiant aux Ă©lus et fonctionnaires non titulaires. Et ce sont les cotisants de l’Arrco et de l’Agirc, c’est-Ă -dire les salariĂ©s et cadres du privĂ©, qui sont dĂ©troussĂ©s. Le tour de passe-passe au profit du public orchestrĂ© par Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, est une première.

mafiagouvernements

Quelles en sont les (grosses) ficelles ? Pour comprendre, il faut savoir que les employĂ©s de La Poste embauchĂ©s avant 1990 ont un statut de fonctionnaire et la retraite qui va avec. Depuis 1990, les pensions des postiers relèvent de l’Ircantec et, Ă  partir de cette annĂ©e, les nouveaux embauchĂ©s tomberont dans le rĂ©gime commun (SĂ©curitĂ© sociale plus Arrco-Agirc). Ă€ l’occasion de ce changement, le SĂ©nat a fait passer un amendement acceptĂ© par Christian Estrosi qui prĂ©voit que l’Ircantec recevra une soulte du rĂ©gime Arrco-Agirc. On parle de 5 Ă  6 milliards d’euros, rien Ă  voir donc avec un pourboire ! L’argument avancĂ© pour justifier la soulte est spĂ©cieux, estime Sauvegarde Retraites.

L’Ircantec, en effet, considère que, les nouveaux embauchĂ©s de La Poste relevant dĂ©sormais d’un autre rĂ©gime, cela lui occasionnera des pertes de cotisations futures. Et comme ses responsables ne font pas dans la dentelle, ils exigent une indemnisation calculĂ©e sur cinquante ans. Autrement dit, l’Ircantec rĂ©clame des cotisations sur des employĂ©s dont certains ne sont mĂŞme pas encore nĂ©s et, pour cela, « pompe » sans scrupule le rĂ©gime Arrco-Agirc, dont les finances sont menacĂ©es de dĂ©ficit Ă  très court terme (dès 2013).

Robin des Bois Ă  l’envers

C’est Robin des Bois, mais Ă  l’envers, car on vole les pauvres pour donner aux riches. Passons sur le fait que le rĂ©gime de l’Ircantec est plus gĂ©nĂ©reux (on cotise moins pour un meilleur rendement) que celui de l’Agirc-Arrco. On retient surtout que les finances de l’Ircantec sont plus saines. C’est que le nombre d’Ă©lus et de contractuels (collectivitĂ©s locales, fonction publique d’État, hĂ´pitaux) ne cesse d’augmenter, ce qui fournit une armĂ©e de nouveaux cotisants (643.000 en 10 ans) qui font terriblement dĂ©faut au privĂ© Ă  cause des ravages du chĂ´mage.

Après les Ă©lections rĂ©gionales de mars, le gouvernement a promis une nouvelle rĂ©forme des retraites. Étrangement, pour l’heure, il dĂ©ploie son zèle pour dĂ©fendre l’Ircantec, dont les 2,6 millions de cotisants ne sont en fait que des oiseaux de passage : soit parce que des Ă©lus perdent leurs mandats soit parce que des non-titulaires vont dans le privĂ© ou deviennent fonctionnaires (la durĂ©e moyenne de cotisation Ă  l’Ircantec est de seulement 8 ans et 11 mois). Ce rĂ©gime spĂ©cial n’a, certes, pas Ă©chappĂ© Ă  la rĂ©forme des retraites, mais restera plus avantageux que celui du privĂ©.

Comment pareil hold-up peut-il se produire dans le plus grand silence ? Les sĂ©nateurs, en votant l’amendement, ont dĂ©fendu les intĂ©rĂŞts des Ă©lus auxquels ils doivent leur mandat. L’État employeur, en soutirant de l’argent Ă  l’Agirc-Arrco, fait des Ă©conomies. Quant aux syndicats, s’ils ne pipent mot, c’est parce qu’ils sont surreprĂ©sentĂ©s dans le public. MĂŞme la CGC, dont on pourrait s’attendre qu’elle dĂ©fende la retraite des cadres (Agirc), reste en retrait. Et pour cause, elle assure la prĂ©sidence de l’Ircantec… Tout le monde y trouve donc son compte, conclut Sauvegarde Retraites. Tout le monde sauf l’Ă©norme masse des salariĂ©s du privĂ© qui va se faire plumer. VoilĂ  qui augure mal des discussions sur la rĂ©forme du rĂ©gime des retraites prĂ©vues après les Ă©lections rĂ©gionales de mars.

Source : Forum Mecanopolis

fév 05 2010

Le compte à rebours est lancé

Article mis Ă  jour Ă  14h57 avec l’analyse de Paul Jorion

Le piège s’est refermĂ© sur la Grèce. MalgrĂ© les mesures drastiques prises ces derniers jours par le gouvernement PapandrĂ©ou, les difficultĂ©s du pays vont se prolonger. Elle ne manquera pas d’enclencher une rĂ©action en chaĂ®ne aux consĂ©quences pour l’heure incalculables. L’Allemagne Ă  beau dire que la pĂ©ninsule hellĂ©nique jouit « du soutien total de l’Union europĂ©enne », l’incendie gagne maintenant l’Espagne, le Portugal la Grande-Bretagne et l’Irlande qui ont laissĂ© pendant trop longtemps gonfler des bulles de crĂ©dit qui sont aujourd’hui sur le point d’exploser.

La nuit est en train de tomber sur l’Europe.

Mecanopolis

europenuit

Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la crise dans la crise que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s’étendre résolument en Espagne et au Portugal. Nous étions suspendus à un signal, qui aurait pu être donné par Jean-Claude Trichet, le président de la BCE – dont une réunion des gouverneurs avait lieu aujourd’hui – mais il n’est pas venu.

La Grèce doit continuer à ne compter que sur elle-même. Jean-Claude Trichet s’est contenté de déclarer que le gouvernement grec avait fait « des pas dans la bonne direction », ce qui impliquait qu’il allait devoir en faire d’autres. Cherchant à relativiser la crise actuelle, comparant le déficit public de la zone euro à celui des Etats-Unis ou du Japon : 6% pour la première et 10% pour les seconds. Une faible parade, puisque ce sont les maillons faibles de la zone euro qui sont menacés (et elle dans son entier, par ricochet) et qu’aucune manifestation de solidarité financière de sa part n’est donc toujours annoncée.

Analyse de Paul Jorion



Car il y a dans la situation actuelle une nouveauté importante : ce ne sont plus seulement les situations particulièrement périlleuses de tel ou tel pays de la zone euro qui semblent motiver les marchés, mais aussi l’inaction et le silence des principaux pays membres, l’Allemagne et la France. Car il est clair que les efforts qui sont demandés à la Grèce, vu leur importance extrême, ne pourront être réellement accomplis que si une aide financière lui est par ailleurs accordée. Sa fragilité de départ est accentuée par sa solitude dans l’épreuve, et non le contraire.

Les déclarations prononcées par Joaquim Almunia, commissaire aux affaires économiques sortant, avaient aggravé hier la tension. « Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs », avait-il déclaré à propos de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Un autre son de cloche prévalait aujourd’hui, afin de tenter de calmer le jeu. Le chef de file de l’Eurogroup, Jean-Claude Junker, déclarait que l’Espagne et le Portugal « ne posent pas de risque ». Caroline Aktinson, la porte-parole du FMI, choisissait pour sa part de décerner un satisfecit aux Grecs: « Nous pensons assurément que les objectifs du plan sont bien choisis ».

Les regards se tournent désormais vers Madrid, qui a préventivement annoncé un plan d’austérité de 50 milliards d’euro sur trois ans, accueilli avec scepticisme tant en raison de son montant et des mesures qu’il implique que des prévisions de croissance sur lequel il repose. Or, les rumeurs se multiplient à propos d’un abaissement de la note de la dette publique espagnole par une nouvelle agence de notation, emboîtant le pas de Standard & Poor’s, qui l’a fait en décembre dernier. Le taux des obligations à trois ans passant en moyenne à 2,61% à l’occasion d’une nouvelle émission, au lieu de 2,13% début décembre. L’Espagne a un autre poids économique au sein de la zone euro que la Grèce, elle en est la 4 éme puissance économique, et tout problème l’atteignant aurait d’importantes répercussions dans toute la zone.

Faute d’informations, on en est réduit à faire des suppositions, afin de comprendre les raisons de l’attitude des principaux pays de la zone euro. Il a été largement fait état de discussions, dans un premier temps, puis plus rien n’est sorti…. On sait seulement qu’une des solutions qui aurait pu être trouvée était la création d’euro-obligations, mais qu’elle a été refusée, depuis déjà des mois, tout à la fois par les Allemands, les Français et les Néerlandais. Car elle reviendrait, tous les pays de la zone émettant ce nouveau type d’obligations bénéficiant du même taux, à faire profiter de celui-ci les pays les plus vulnérables sur le marché de la dette, au détriment des plus forts, qui obtiennent actuellement de meilleurs taux que ceux qu’obtiendraient des euro-obligations. On a également envisagé de réunir des soutiens d’Etats isolés ou de groupes d’Etats, ainsi qu’une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a aussi été étudiée.

En réalité, le dossier n’est pas technique mais politique. Les mesures qui pourraient être adoptées pour soutenir la Grèce seront inévitablement appelées, en effet, à faire jurisprudence. Les sommes qui devraient être engagées et levées suivant des modalités ad hoc seraient plus que conséquentes et entraîneraient ceux qui les garantiraient, de jure ou de facto, plus loin qu’ils ne sont prêts à l’envisager. Créant par ailleurs une sorte d’aléa moral qu’il est hors de question d’accorder aux gouvernements (alors qu’il l’a été aux banques). Risquant de les induire à chercher à esquiver la mise en vigueur de plans d’austérité, l’objectif numéro 1.

Ce calcul risque d’être de plus en plus difficile à tenir, si l’Espagne et le Portugal entrent à leur tour dans la zone de tempête, risquant de déstabiliser celle de l’euro bien au-delà de ce que pourrait faire la Grèce. En réalité, la solidité de la zone euro est menacée dans les deux cas de figure possibles, en cas d’un secours généralisé à tous ses membres (mutualisant le coût d’une dette devenue énorme), ou en cas d’abandon des pays les plus faibles, ce qui sera très probablement illusoire. Il faut donc choisir entre deux risques.

Car qui dit que les marchés en resteraient là ? N’ont-ils pas compris que, dans la crise actuelle, c’est l’Europe en entier – zone euro et Grande-Bretagne – qui est le maillon faible qu’il faut attaquer ? Que l’éclatement de la zone euro ouvrirait un terrain spéculatif d’élection, permettant d’élargir le champ d’action du Forex (l’énorme marché hautement spéculatif des devises) ? Ils feraient ainsi coup double, disposant de nouveaux leviers pour leurs opérations financières et obligeant les gouvernements à entrer dans la dynamique vertueuse – de leur point de vue – de la résorption de leurs déficits, et de leur sollicitation moindre du marché obligataire. Laissant aux établissements financiers la place pour se financer à moindre coût.

Le compte à rebours est lancé.

François Leclerc

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fév 04 2010

La Suisse, entre les maîtres-chanteurs et le Panzer allemand

La France, l’Allemagne, l’Italie sont, selon les besoins, des Etats de droit ou des Etats voyous. Plutôt que de s’en offusquer, il faut contre-attaquer, et jouer dans le même registre car pour la Suisse, la catastrophe menace.

suisseLes vols de données dans les banques suisses vont se multiplier, puisque ce genre de délit permet de gagner beaucoup d’argent sans prendre de grands risques. Pour les banques, c’est une authentique catastrophe, qui porte en germe une véritable débâcle pour l’ensemble du secteur bancaire, les emplois qu’ils générère, et donc l’économie en général. En effet, la confiance que les établissements suisses avaient réussi à construire au fil des années est en train de s’effondrer comme un château de cartes. Et sans confiance, il n’y a pas de banque, c’est aussi simple que cela.

Hier c’était la France qui fricotait avec les voleurs; aujourd’hui – une fois de plus, il faut le dire – c’est l’Allemagne. Ce comportement, délibérément hostile à la Suisse, est honteux, ignoble, tout ce qu’on voudra, mais il est, et se perpétuera. Dès lors, que faire?

Du côté des banques, il faudra améliorer grandement le recrutement, mais surtout verrouiller encore davantage l’accès aux données sensibles, y compris pour les cadres supérieurs. Personne, rigoureusement personne, du haut en bas de l’échelle, ne devrait avoir accès aux données complètes des clients. Mais ce sont surtout les informaticiens qui doivent être surveillés de très près car, de par la nature de leur travail, ils sont idéalement placés pour tromper la vigilance de leurs supérieurs, souvent dépassés sur le plan technique, et se procurer les mots de passe et codes d’accès nécessaires pour trahir l’entreprise. Mais ne rêvons pas: il y aura toujours des employés félons, et d’autant plus s’ils sont encouragés et stipendiés par des Etats étrangers.

Du côté de la Suisse officielle, elle doit se montrer beaucoup plus ferme dans toutes ses relations européennes, et abandonner cette attitude d’hôtelier bien élevé qu’affecte Hans-Rudolf Merz – jamais un mot plus haut que l’autre, confiance aveugle dans la partie adverse au moment même où elle est – pardon pour l’expression – en train de le baiser.

La Suisse a le droit le plus absolu de geler toutes les négociations en cours, mais aussi d’user d’une riposte graduée en termes de tracasseries diverses, qu’il s’agisse de douanes, de circulation des frontaliers, de transit des poids lourds, de préférence nationale en matière d’emploi (que la Suisse est la seule à ne pas pratiquer en Europe). Il ne s’agit pas de prendre des mesures officielles, mais de suggérer aux fonctionnaires compétents de se montrer un peu plus zélés. Nos chers voisins pratiquent eux-mêmes admirablement l’art de la tracasserie à l’égard de la Suisse, sans avoir l’air d’y toucher en hauts lieux. Tenez: Sarkozy nous jure un amour immense, tout en saisissant chaque occasion de nous taper dessus. Eh bien! Faisons la même chose, arrêtons enfin d’être bien élevés, avant d’être complètement à poil…

Enfin, selon la saine loi du talion, la Suisse pourrait encourager ses services secrets à collecter toutes sortes de données sur nos partenaires étrangers, et en particulier leurs dirigeants, puis au besoin organiser des fuites dans la presse, de manière à disposer d’une monnaie d’échange.

Quant aux voleurs qui fricotent avec Mme Merkel et M. Wœrth, tels le nommé Hervé Falciani, petite frappe méprisable, ils devraient commencer à réaliser qu’ils jouent un peu trop gros, et qu’à force de menacer des intérêts colossaux, ils risquent de connaître le triste, mais juste sort des maîtres-chanteurs: ils rêvaient de retraite anticipée aux Bahamas, et voilà qu’ils finissent coulés dans un pilier d’autoroute, ou lesté d’un parpaing au fond d’un lac. Un fin très morale, disons-le.

Philippe Barraud

Sur le même sujet, lire également Qui cherche à déstabiliser la Suisse ?

fév 04 2010

Qu’en est-il de la souveraineté de l’Europe ?

Par Eberhard Hamer, Allemagne

Depuis que le traité de Lisbonne est entré en vigueur, la plupart des droits souverains des 27 nations autonomes d’autrefois ont été légués au commissariat politique de Bruxelles. Le traité décide qu’il n’y a plus ni nation ni citoyen d’une nation, mais seulement l’Europe et les citoyens européens. Nous croyions que ce serait un progrès en direction de la liberté, de la démocratie et de la sécurité.

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Déjà un jour avant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne les Etats réunis dans l’UE ont dû décider, moyennant l’aide active du ministre allemand de l’Intérieur de Maizière, une convention sous le diktat des Etats-Unis qui assure aux USA l’accès libre aux données bancaires du service financier européen Swift. Washington avait réglé cela avec le président de la Commission Barroso. On avait contourné le Parlement européen un jour avant qu’il ne soit responsable et on lui avait refusé le droit de participation. Le service de Swift siège en Belgique et mène tous les jours quelque 15 millions de transactions financières entre 8300 banques mondialement. Par l’assujettissement de l’UE sous l’autorité américaine, tous les flux financiers de l’Europe sont contrôlés par la CIA et les autres services secrets américains et israéliens. Il y a eu des politiciens en Europe qui, à bon droit, ont désigné Barroso comme «aide-manœuvre des Etats-Unis», contraire à toute protection europé­enne des données informatiques. Depuis, les Américains ont tout accès non seulement aux données qui existent quand il y a des versements financiers par exemple de l’Allemagne vers outre-mer, la Chine ou l’Amérique du Sud, mais à tous les versements qui se font à l’intérieur de l’Allemagne, par exemple de Hambourg vers Cologne ou à l’intérieur de Hambourg. Pendant 5 ans les données des citoyens intègres devront être mémorisées – bien sûr aux frais des banques et de leurs clients.

Les contrôleurs de l’utilisation des données informatiques ont averti le gouvernement fédéral, et surtout le ministre de l’Intérieur, du danger de soutenir une telle décision en faveur de l’assujettissement de l’UE sous le diktat des USA, contraire aux lois dans le domaine de la protection des données informatiques. Le ministre de l’Intérieur, certes, n’a pas donné son aval, mais par son abstention il a volontairement permis l’accès aux données.

A quoi sert la protection de la vie privée en Allemagne lorsque, de par l’UE, le gouvernement américain et ses réseaux d’agents ­peuvent disposer librement de nos données financières ? On justifie tout cela par la lutte contre le terrorisme – comme si les USA devaient toujours impliquer leurs Etats satellites pour profiter de leur argent, de leurs services ou d’autres valeurs matérielles.

La soi-disant lutte contre le terrorisme a été également la raison pour laquelle l’Allemagne a été impliquée, son argent et ses soldats inclus, à la guerre en Afghanistan mise en scène par les lobbies américains de l’armement, de la drogue et du pétrole. Pendant longtemps on nous a rabâché des mensonges sur cette intervention en faveur de la paix présumée. C’est seulement le nouveau ministre de la Défense qui a dit la vérité, choquant ainsi tous les partis politiques, inclus les sociaux-démocrates et les Verts, qui avaient accepté la guerre, et il vient de déclencher un débat sur la question de savoir si la Loi fondamentale permet vraiment de faire une guerre allemande, surtout là où nous n’avons rien à faire et où nos intérêts ne sont pas touchés.

Sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, il y a des règlements de plus en plus sévères pour les voyages aux USA. Jusqu’ici déjà, les compagnies aériennes devaient avoir annoncé toutes les données privées de leurs clients avant leur arrivée aux Etats-Unis pour qu’on ait pu contrôler les voyageurs. Maintenant ce contrôle total ne suffit soudainement plus, il faut que les voyageurs soient contrôlés dans les aéroports de partance par des scanners qui les mettent à nu. Une autre gradation serait de mettre ces photos des personnes nues à disposition des Etats-Unis et des bureaux des services secrets du CIA et autres.

Le ministre allemand de l’Intérieur de Maizière et son ami politique Bosbach ont déjà donné leur aval ainsi que l’aval de leur gouvernement pour de tels «body scanner» contraires à la Loi fondamentale qui violent la sphère intime des voyageurs. Ils veulent aussi surmonter la résistance des Libéraux contre cette violation des droits humains. C’est étonnant que, dans les média allemands, il n’y ait pas de cris d’indignation contre cela – il semble qu’ils sont tous déjà mis au pas.

L’auteur fait partie d’une génération qui a toujours considéré et défendu, après la dictature pendant la dernière Guerre mondiale, la liberté personnelle et la démocratie comme acquis politiques les plus précieux de notre siècle. Maintenant nous devons reconnaître que :

• Notre peuple allemand pour lequel nous nous engagions n’existe plus, mais qu’il n’y a plus qu’une population multicolore en Allemagne.

• Il n’y a plus de nation allemande ni de patrie allemande. La fin de toutes les deux a été consacrée par le traité de Lisbonne. On les a converties en une «citoyenneté européenne» ou quelque chose du genre.

• Il y a en revanche une diminution de la participation politique des citoyens au sens de la démocratie par la concentration et par des nouvelles structures hiérarchiques (UE). 60 % des Parlements municipaux existant il y a 20 ans, ont été supprimés par la concentration, la participation des citoyens est devenue de plus en plus indirecte, de plus en plus faible, de plus en plus contraire à la démocratie. Maintenant on gouverne le tout du haut vers le bas, et non inversement, du bas vers le haut.

• C’est aussi au sens économique que nous avons perdu la plus grande partie de la liberté. Ce ne sont pas seulement des douzaines de bureaux qui prescrivent à tous les entrepreneurs ce qu’ils doivent faire. L’entrepreneur doit aussi renoncer à 60 % de ce qu’il a gagné, de sorte que pour de nombreux employés il est plus rentable d’obtenir une allocation sociale que de vivre de leurs propres moyens.

Les trois exemples cités montrent comment on intervient au détriment de notre liberté, de notre intégrité et de nos droits humains, parce que «le grand frère de l’autre côté de l’océan» le veut ainsi. Nous menons une guerre contraire à la Loi fondamentale, sous le commandement des Etats-Unis, nous acceptons que toutes nos télécommunications soient contrôlées par la CIA (système Echelon), nous devons accepter que tous nos versements soient scrutés par des agents américains (Swift) et à l’avenir, nous devrons nous présenter tout nus aux autorités américaines.

Nos politiciens ne devront pas s’étonner s’il y a des réactions dramatiques de la part de la population trompée, dès que celle-ci réalisera finalement les violations actuelles de la Loi fondamentale, des lois de protection des données et des droits privées.

Eberhard Hamer

Eberhard Hamer est un Ă©conomiste et essayiste allemand. Selon lui, le systèmes des banques centrales du type de la RĂ©serve FĂ©dĂ©rale ont Ă©tĂ©, sont et seront incapable structurellement de gĂ©rer une crise Ă©conomique. « La RĂ©serve FĂ©dĂ©rale est une banque privĂ©e en mains des deux plus puissants groupes de la haute finance qui en abusent Ă  leur profit en provoquant une surabondance de masse monĂ©taire en dollar« , Ă©crit Hamer dans l’un de ses articles. « La bulle spĂ©culative qui en rĂ©sulte doit se rĂ©sorber soit par la faillite des grandes banques soit par une inflation grandissante des prix des biens« . Hamer prĂ©tend encore que « la crise Ă©conomique commencĂ©e en 2008 est prĂ©texte pour les 2 groupes dominants de la haute finance pour procĂ©der Ă  une concentration bancaire ».

Traduction : Horizons et débats


jan 27 2010

Defamation (vidéos vostfr)

Par Gilad Atzmon

Ce film est une dénonciation stupéfiante des conditions morbides qui tiennent prisonnière l’identité juive séculière. Il explore et tourne en ridicule la notion courante d’antisémitisme ainsi que les lobbies qui participent à la diffusion d’une telle phobie. Il dénonce aussi ces propagandistes juifs ethniques qui insistent, pour une raison qu’eux seuls connaissent, pour organiser leur identité autour de l’idée phantasmatique selon laquelle ils seraient pourchassés, diffamés ou haïs pour des raisons « raciales ».

gle

Etant Israélien, Yoav Shamir, qui a réalisé ce film, a réussi à infiltrer l’Anti-Defamation League d’Abe Foxman. Il a même réussi à se faire engager dans une « mission internationale » de Foxman. Il a également suivi le voyage de lycéens israéliens à Auschwitz. Il nous donne une vision intime de la jeunesse israélienne que l’on endoctrine afin de la placer dans une anxiété collective et dans une névrose totale juste avant son incorporation dans l’armée.

L’impression générale que ce film donne au spectateur est celle d’une situation rien moins que grotesque. Le film étudie l’amplification agressive et vulgaire de la peur parmi les Israéliens et les juifs sionistes. « Nous sommes élevés dans l’idée que nous sommes haïs », dit ainsi une lycéenne israélienne, en route vers un camp de concentration. « L’ADL nous fournit un programme nous expliquant comment être juifs », indique une dame juive âgée.

Première partie (traduite par forum soral)

Shamir nous donne l’opportunité de voir à quel point les jeunes Israéliens se comportent mal dès qu’ils se trouvent en Pologne. Vous pouvez voir leur mépris pour la population locale, leur manque de respect vis-vis des Polonais et des institutions polonaises. Vous pouvez aussi voir des Israéliens en train de projeter leur haine sur d’autres. Pour quelque raison, ils sont convaincus que tout le monde, autour d’eux, en Pologne, est au moins aussi impitoyable qu’ils le sont eux-mêmes. Les jeunes israéliens sont saturés de peur, et pourtant, ils s’éclatent un max : vous pouvez les voir en train de danser dans le bus tout au long de leur trajet vers Auschwitz. Vous pouvez les voir mâchonner des chips tout en regardant un prisonnier musulman * en train de manger sa soupe délayée d’eau.

Shamir nous donne à voir des images inhabituelles d’Abe Foxman en compagnie de dirigeants du monde. Fièrement, le chef de l’ADL insiste pour vendre son produit favori. Shamir présente le commerce de l’ADL sans mâcher ses mots. « Nous (l’ADL) serons vos alliés au Congrès américain ; tout ce que nous demandons, en retour, c’est que vous combattiez l’antisémitisme à nos côtés… » Shamir prend conscience du fait que si Foxman et son ADL sont en mesure de garantir un laissez-passer pour les corridors du pouvoir en Amérique, alors, le message (soi-disant) « antisémite » visité par les « Protocoles des Sages de Sion » est tout à fait pertinent, et qu’il devrait, par conséquent, être débattu ouvertement.

Deuxième partie (traduite par forum soral)

Nous pouvons voir Foxman et sa mission internationale en train de parler au Président de l’Ukraine : il lui assure que l’ADL peut tout à fait l’aider, en Amérique, dès lors qu’il n’établit « aucun lien entre l’Holocauste et l’Holodomor (l’Holocauste des Ukrainiens) ». « Si vous établissiez un tel lien, cela serait contreproductif », ose expliquer Foxman au dirigeant ukrainien.

L’on est fondé à se demander comment il se fait que Foxman, qui vit (bien) des catastrophes juives, est aussi réticent à autoriser les Ukrainiens à réfléchir à leur passé ou à partager celui-ci avec d’autres ?

Bonne question, vraiment ! Je pense qu’au premier chef, c’est l’ « élection » juive qui entre ici en jeu. Foxman n’aime pas que sa raison d’être, à savoir l’Holocauste, soit mise en compétition, éclipsée, voire, pire, défiée par un quelconque autre génocide. Mais cela va plus loin : comme le confirme le professeur à Harvard Yuri Slezkine, dans son chef-d’œuvre The Jewish Century [Le Siècle juif], les juifs furent, en réalité, « les exécutants zélés de Staline » Les juifs bolcheviques furent largement impliqués dans le crime génocidaire perpétré contre le peuple ukrainien, mais aussi contre d’autres peuples. Au cas où quelqu’un voudrait lire des choses au sujet des « juifs de Staline » dans un quotidien sioniste, le journaliste Sever Plocker, du site Ynet (du quotidien israélien Yediot Ahronot) a écrit des choses excellentes à ce sujet. « Nous ne devons pas oublier que certains des plus grands criminels des temps modernes étaient juifs », dit le sioniste Plocker. Abe Foxman est certainement au courant. S’il exige des Ukrainiens qu’ils ne fassent aucun rapprochement entre leur passé horrifiant et la Shoah, c’est tout simplement parce qu’il sait que bien trop nombreux sont les membres de son propre peuple qui ont été directement impliqués dans les crimes perpétrés à l’encontre du peuple ukrainien.

Troisième partie (traduite par forum soral)

Détail intéressant : dans le film, ce sont les juifs orthodoxes qui défient les accusations d’antisémitismes proférées à tout bout de champ. C’est un rabbin qui affirme qu’Abe Foxman crée de l’antisémitisme « parce que c’est son boulot ».

Un autre rabbin affirme que contrairement aux juifs orthodoxes, qui associent intrinsèquement leur judaïté au judaïsme, les hauts-cris à l’antisémitisme sont un phénomène juif séculier, qui satisfait l’avidité d’identité des juifs laïcs.

C’est tout à fait logique : une fois que vous avez enlevé le judaïsme aux juifs, tout ce qui leur reste, c’est le « bouillon de poulet » et l’« antisémitisme ». Foxman avait dû choisir entre ouvrir une charcuterie cachère ou faire la chasse à tous les antisémites. Manifestement, il a opté pour la deuxième solution. Lui et ses crypto-sionistes au sein de la gauche et des médias sont en train de faire carrière en amplifiant la peur d’être pourchassés (des juifs).

Quatrième partie (traduite par forum soral)

Contrairement à Uri Avneri et à Norman Finkelstein, qui apparaissent dans ce documentaire pour dire que l’antisémitisme est exagéré, je pense, personnellement, que le ressentiment envers la politique juive est en train de monter rapidement et constamment. Toutefois, je fais bien la différence entre la notion judéo-centrique d’antisémitisme et le ressentiment politique envers l’idéologie juive. Je ne considère pas que toute forme d’activité antijuive soit une forme d’antisémitisme ou de haine raciale, car ni les juifs ne sont des Sémites, ni ils ne constituent un quelconque continuum racial.

La montée de la haine contre toute forme de politique juive et de lobbies juifs est une réaction à une idéologie tribale, chauvine et suprématiste. Si les juifs politiques, qu’ils soient sionistes ou « juifs antisionistes » sont préoccupés par leur perte de popularité, la seule chose qu’ils doivent faire, c’est apprendre à se regarder dans un miroir.

L’examen au miroir est une libération, dès lors que l’on est assez courageux pour affronter la réalité.

Gilad Atzmon

Cinquième partie (traduite par forum soral)

Sixième partie (traduite par forum soral)

Septième partie (traduite par forum soral)

Huitième partie (traduite par forum soral)

Neuvième partie (traduite par forum soral)