jan 01 2010

Les cachotteries de Copenhague

Par Michel-François Clerin et Geneviève Azam

Est-il exact que les intérêts qui promeuvent les thèses du réchauffement climatique et financent ceux qui les exposent sont ceux-là mêmes qui défendent depuis plus de 30 ans la dérégulation et les privatisations financières ?

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Prenons le cas d’Al Gore, dont le film « Une vérité qui dérange » peut être considéré comme le catalyseur de la peur et du pessimisme pour les générations futures du réchauffement climatique. Savez-vous que sa famille a possédé la plus grande mine de zinc américaine au Tennessee, et notoirement connu comme un des sites les plus polluants des USA ? Al Gore est aussi l’agent intéressé des spéculateurs financiers de la City. Il est le porte parole qui permet de faire le lien entre le Premier ministre Gordon Brown, l’ancien Premier ministre Tony Blair et le milliardaire ex-patron d’E-Bay, Jeff Skoll. Les principales sources de financement du documentaire « Une vérité qui dérange » sont Mr Skoll en personne ainsi que le Hedge Fund « Generation Investment Management » géré par Mr. David Bloom, ex-directeur de Goldman Sachs. Al Gore est, de plus, un associé de Zac Goldsmith, le fils du célèbre Jimmy Goldschmit.

Mais quel est le coeur du système ?

Il s’agit du système de création de droits à émettre du CO2 échangés sur des marchés. Ce marché n’est en fait rien d’autre qu’un nouveau marché relativement opaque. C’est Gordon Brown, alors chancelier de l’Echiquier, qui a promu un système permettant la négociation de 100 milliards de droits à l’émission de CO2 à travers toute l’économie. La City s’est assuré une position dominante en contrôlant le « Emission Trading Scheme » (Organisation Européenne des droits échangeables) par lequel passe plus de 60 % du volume de CO2 échangé dans le monde dont 80 % de sa valeur.

Toutefois, en raison de la crise et du surplus de droits émis, la valeur de ces droits n’a-t-elle pas chuté ?

Effectivement, cela est correct mais à la suite du COP15, on s’attend à une baisse du nombre de droits émis, donc à une forte hausse du marché par tarissement de l’offre. Dans une ambiance agitée de réchauffement climatique entretenue de toutes parts par les mêmes banques d’affaires, grandement responsables de la crise financière, comme Goldman Sachs et Morgan Stanley, celles-ci se sont positionnées en tant que « Market Makers », dans la prévision d’immenses profits. D’après le Daily Telegraph, Al Gore serait le premier milliardaire du carbone.

De quelle manière cela s’opère-t-il ?

L’International Continental Exchange (ICE) créé en 2000 par des banquiers internationaux autour de Goldman Sachs et de compagnies pétrolières comme Shell et BP dominent les marchés à terme du gaz et du pétrole. ICE a acheté l’International Petroleum Exchange (IPE) de Londres qui est un marché opaque et pratiquement dérégulé sans qu’aucun registre sur les échanges ne soit tenu. Bien que le siège d’ICE soit à Atlanta, la société opère à partir de Londres sous la forme d’un centre financier offshore. ICE contrôle de fait le Chicago Climate Exchange (CCX) et sa filiale londonienne, le London Climate Exchange (LCX).Un des associés et fondateurs de l’ICE, Mr. Richard Sandor est l’inventeur des produits dérivés et des droits d’émissions échangeables sur le CO2. Goldman Sachs est de son côté le plus gros actionnaire de CCX et le numéro deux de ICE. Or c’est Goldman Sachs qui a lancé Al Gore dans le business des Hedge Funds lorsqu’en 2003, Mr. David Bloom, ancien CEO de Goldman Sachs Assets Management a constitué « General Investment Management » avec Al Gore et deux anciens associés de GS. En Europe, Mr. Yann Arthus-Bertrand est un protégé de la famille Pinault et Nicolas Hulot est sponsorisé par Bouygues et TF1 mais ils font petit jeu comparé à l’ensemble. du dispositif de la mondialisation financière des droits d’émission.

Y a-t-il une sorte de conspiration et d’apartheid technologique lancé contre les pays pauvres ?

Mr. Lawrence Summers, principal conseiller économique du Président Barack Obama, fut le fossoyeur de toutes les réglementations financières aux USA (en particulier de la loi Glass Steagall). Il est actuellement ami et protecteur des comportementalistes américains et défenseur des droits d’émission de CO2. Mr Summers a été en faveur de l’envoi des déchets des pays développés dans les pays du tiers monde, sous prétexte que ceux-ci étaient moins pollués. Le groupement intergouvernemental d’experts sur le réchauffement climatique (GIEC) qui a partagé le Prix Nobel avec Mr. Al Gore a été constitué en novembre 1988. Au mois de novembre 2009, une fuite d’emails dans un des centres de recherches en Angleterre a créé une sorte de « Climategate » qui n’a toutefois pas été capable de bloquer ou de minimiser le Copenhague COP15 et les conclusions du GIEC. Le GIEC étouffe le débat scientifique (non tranché par l’Académie des Sciences en France) et refuse la critique. Ce qui est pour le moins anti-scientifique. Le coefficient de corrélation entre températures et CO2 sur 1998-2007 est de 0,02 soit le constat avéré d’aucune corrélation statistique. Le célèbre écologiste Maurice Strong est directeur du Climate Exchange de Chicago (CCX) et le patron du GIEC, Mr. Rajendra Pachauri figure au comité consultatif : cela ne constitue t-il pas un conflit d’intérêt ? Par ailleurs, la mise en place d’une taxe carbone signifie qu’un protectionnisme empêchera les pays pauvres, notamment l’Afrique d’échanger avec les pays riches, ce qui étouffera leur développement.

On peut douter que le système de compensation de Copenhague puisse compenser quand on connait déjà l’échec de l’aide internationale depuis trois générations dû à l’inefficacité et la corruption. Les milliards qui seront dépensés pour la lutte contre le réchauffement ne seront malheureusement pas utilisés contre la famine, la pollution des eaux et les ressources aquifères, c’est-à-dire autant de problèmes vitaux pour les pays en développement. , économiste, Université de Chicago.

Michel-François Clerin

Silence, la finance carbone va sauver le climat !

Les marchés du carbone constituent depuis les années 1990 la réponse majeure de politique internationale pour résoudre la crise climatique. Leur conception est un produit de la rhétorique néolibérale, alors à son acmé, ardemment défendue par les États-Unis lors des négociations devant aboutir au protocole de Kyoto en 1997, que ces derniers n’ont finalement pas ratifié.

Depuis les années 2000, l’essentiel de l’énergie de l’Union européenne s’est déployée pour la mise en place du premier marché du carbone en 2005. L’Union est aujourd’hui le plus ferme défenseur de cette politique, alors que le marché européen du carbone est un exemple de la volatilité et de l’instabilité du prix du carbone et de son incapacité à réguler la crise climatique.

Ces marchés ont vu leur taille doubler chaque année entre 2005 et 2008. Même s’ils ne sont pas comparables par leur taille, approximativement équivalente à 100 milliards de dollars, aux marchés financiers déjà en place, il sont promis à connaître des volumes voisins des dérivés de crédit dans une dizaine d’années selon James Kanter du New York Times (06-07-2007).

Au bonheur des fonds spéculatifs

La « finance carbone », surtout après les déboires de l’immobilier, a rapidement attiré les fonds spéculatifs, les traders du secteur de l’énergie (comme EDF trading, Shell trading, Rhodia Energy…), des entreprises industrielles comme Arcelor-Mittal et les grandes banques d’investissement, Citigroup, Goldman Sachs, Crédit suisse, BNP-Paribas, Merrill Lynch, autant d’institutions désormais connues du grand public pour leur prudence financière et leur souci du bien commun !

Car le marché du carbone n’est pas un simple commerce de droits et crédits d’émission échangés entre entreprises pour satisfaire à leurs obligations. Ces titres sont en effet détenus aussi par d’autres acteurs, dont le but est de spéculer sur leur valeur. Ainsi un marché secondaire s’est rapidement développé, avec des spécialistes de la spéculation qui élaborent des produits financiers complexes, à partir des savants modèles de produits dérivés qui ont déjà fait la preuve de leur dangerosité, avec le risque d’une bulle financière.

Les contrats sur des « émissions évitées », qui circulent déjà sur les marchés à terme, portent des risques importants de ne pas être réalisés. Alors que la crise climatique exige une transformation rapide des modèles de production et de consommation les plus polluants, elle se trouve ainsi entre les mains d’opérateurs qui en ont fait une nouvelle opportunité pour s’enrichir.

Le marché des quotas d’émission (ou encore droits à polluer) est très singulier, car s’y échange un titre émis par les États, les droits d’émission. Une fois ces droits en circulation, le marché détermine leur distribution finale et leur prix. Mais l’échange de ces droits suppose une unité commune, c’est la tonne équivalent carbone : un quota d’émission égale toujours une tonne d’équivalent carbone émise, quelle que soit son origine. De cette réduction, découlent des conséquences écologiques et sociales alarmantes.

Un étalon unique

Cet étalon unique est construit sur des règles de réduction entre les différents gaz à effet de serre, ramenés à un « équivalent carbone », alors que ces derniers contribuent différemment au réchauffement global, et qu’ils devraient avoir des traitements différenciés. C’est le cas du méthane, largement oublié, alors que des techniques assez simples et bon marché pourraient permettre de le récupérer, notamment dans les pays du Sud. Par ailleurs, les solutions comme les agrocarburants, le nucléaire, le stockage du carbone, qui à court terme peuvent certes faire baisser les émissions, représentent potentiellement des catastrophes écologiques et sociales futures.

De même, en posant comme équivalents une tonne de carbone émise et un quota obtenu n’importe où et n’importe comment, la déforestation de la forêt primaire peut être considérée comme équivalente, en termes de tonnes équivalent carbone, à son remplacement par une plantation nouvelle à croissance rapide, la biodiversité et les droits des peuples indigènes n’entrant pas dans l’unité de compte.

Et puisque toutes les réductions sont ainsi équivalentes, il est logique de rechercher celles au moindre coût, par le dit « mécanisme de développement propre » et par la compensation carbone qui autorisent les entreprises des pays industriels à gagner des droits d’émission en investissant dans les pays du Sud et en s’exonérant des réductions domestiques. Ainsi, le passage à des systèmes de production et de consommation soutenables, se trouvent retardé d’autant dans les pays les plus pollueurs. Une tonne d’équivalent carbone évitée en Éthiopie aura la même « valeur » qu’une réduction d’une tonne en Europe ou aux États-Unis !

Le climat devient une abstraction

Le choix du développement mondial du marché du carbone, avec son unité de compte en tonne équivalent carbone, fait du climat une pure abstraction, déliée des conditions sociales, historiques et technologiques de son équilibre. Le silence actuel sur ces mécanismes écologiquement inefficaces et économiquement dangereux, inventés dans les années 1990 en pleine euphorie financière pour poursuivre les logiques de croissance infinie, est inquiétant.

Il se renforce d’un silence gêné porté par des « entrepreneurs du bien » selon l’expression de Gunter Anders, qui, face à la déroute, s’inscrivent dans le « c’est tout de même mieux que rien ». Une forme de « l’empire du moindre mal » (Jean Claude Michea). Ce silence demande à être levé si nous ne voulons pas nous réveiller douloureusement.

Geneviève Azam, Conseil scientifique d’Attac.

Source: Mondialisation.ca

déc 22 2009

CIA et propagande climatique (vidéo)

Quand l’agence de Langley s’intéresse à la question climatique, ce n’est pas par soucis écologique mais plutôt par intérêt stratégique. Une nouvelle perspective américaine qui mêle climat, économie et espionnage…

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Le 1er Octobre 2009, Dianne Feinstein, sénatrice démocrate de Californie annonçait devant le congrès américain l’ouverture d’un centre d’un nouveau genre : le Centre sur le changement climatique et la sécurité nationale. Sa mission est d’étudier les effets du réchauffement climatique sous l’angle sécuritaire. L’aspect économique n’a pas été oublié. Le centre aidera également les entreprises américaines à se positionner au mieux dans un secteur en plein essor, celui des ressources naturelles. Et ce n’est pas tout, alors que les Etats-Unis ont toujours refusé de se soumettre au système de surveillance mis en place par le protocole de Kyoto, le centre effectuera sa propre surveillance satellite sur les autres pays.

Cette collaboration entre la CIA et les scientifiques révèlent l’intérêt des Etats-Unis pour les changements à venir. Bien que l’initiative soit récente, la stratégie américaine, elle, est ancienne et s’inscrit dans « leur volonté de domination et d’hégémonie », comme le souligne David Mascré, professeur de géopolitique à l’Ecole des Hautes Etudes en Relations Internationales. Selon lui, « le climat est considéré depuis longtemps, par les Américains, comme un facteur stratégique majeur ».

En effet, l’importance de la question climatique a été remise au centre des préoccupations dans le 4ème rapport sur la prévision des enjeux majeurs à venir, rédigé par le service de renseignement américain. Dans ce document, Thomas Fingar, directeur de la CIA, évoque la nécessité de mesurer l’impact de ces changements sur la puissance américaine du point de vue géopolitique, militaire et économique. Il prévient également de l’augmentation des tensions et des conflits à venir dans l’accès aux ressources naturelles.

Le réchauffement climatique n’est plus simplement qu’une question environnementale, c’est devenu un enjeu stratégique majeur. Un aspect qui n’est pas envisagé aussi clairement en Europe où le débat demeure entre les mains des scientifiques. La surveillance du climat est confiée à l’Agence Spatiale Européenne (ESA) qui dispose du satellite ENVISAT. Relevés de température des eaux, surveillance du niveau des mers et de l’état des terres émergées, le satellite européen apporte de nombreuses données aux scientifiques sur l’évolution du climat. Un outil qui manque toutefois de précision concernant les émissions de dioxyde de carbone, comme le précise le directeur de la stratégie et des programmes au CNES (Centre National d’Etudes Spatiales), Didier Renaut. Et pour combler cette lacune, le CNES développe son propre programme, nommé Microcarb. Un programme qui pour le moment est en phase d’étude et pourrait voir le jour d’ici 4 ou 5 ans.

En attendant, pour tenter de limiter ces changements climatiques, les Etats doivent se restreindre à leurs engagements pris lors du sommet de Kyoto. Car même si tous les pays, actuellement réunis à Copenhague, s’accordent sur de nouvelles mesures plus contraignantes, la question de la surveillance demeure, elle, toujours en suspend…

Mounia ben Aïssa

déc 21 2009

Lutte contre le réchauffement climatique ou lutte contre les peuples ? (video)

La gestion du climat est présentée comme le domaine où la mise en œuvre de la gouvernance mondiale ne serait plus discutable. Nous aurions tous le même intérêt, le même devoir : sauver la planète. Le consensus serait de mise, il abolirait les classes sociales et les barrières idéologiques.

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Copenhague, vers une gouvernance mondiale ?

Les média, certains écologistes, les politiques [1] et les grands patrons de l’industrie [2] tendent à accréditer l’idée que l’affaire est entendue : Le réchauffement global proviendrait de l’effet de serre engendré par le CO2 que nous envoyons à profusion dans l’atmosphère et nous serions tous coupables à quelques degrés prés et que pour éviter « l’apocalypse », il faudrait se serrer les coudes, tous ensembles, exploités comme exploitants. Pour ce faire, les leçons de civisme vert couvrent les pages et les écrans pour mettre sur le même plan celui qui jette son papier mouchoir sur le trottoir et celui qui fait pousser des roses en Afrique avec une main d’œuvre bon marché en privant d’eau potable les autochtones africains (roses qui sont ensuite transportées par avions en Amérique du nord et en Europe pour les proposer en grandes surfaces en toutes saisons.)

Le discours est maintenant au point. Il faut dépasser les égoïsmes, il faut réduire la production, il faudrait éradiquer la paysannerie. Il faudrait même diminuer drastiquement la population. Un vert, Yves Cochet, s’en est fait le chantre en proposant de réduire les allocations familiales. Une version maoïste à la sauce verte. A quand le sommet de la dépopulation ?

Pour l’instant, constatons que l’instrumentalisation de cette question par toutes les institutions nationales, le FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne, L’OCDE, l’ONU et par la plupart des gouvernement sert à justifier la mise en œuvre de politiques dévastatrices qu’on nous présente sous le label de « développement durable », un terme à la mode [3]. En France, sous ce prétexte sera créée une taxe carbone que paieront les classes pauvres et moyennes et dont seront exclus les riches.

Certains scientifiques [4], souvent liés aux industriels eux même liés aux politiques forment un triumvirat sociologique qui cherche par une nouvelle croisade à convaincre que l’avenir est incertain, sauf de nous serrer la ceinture toujours plus.

En matière de science le scepticisme est un devoir et d’autres scientifiques qui ne considèrent, au contraire des précédents, rien comme acquis (cela ne se résume pas à Claude Allègre), mettent en doute cette idée de réchauffement et plus encore certains prévoient au contraire un refroidissement climatique. Bien entendu, ces derniers ne rentrent pas dans la « bonne » case de la pensée unique et n’ont donc pas droit aux grands moyens d’information.

En France, pour les grands moyens d’information, tout se passe comme si les débats sur « le Mur de Berlin », sur « l’identité française » ou sur « le réchauffement climatique » avaient été conçus comme des points de fixation, afin de détourner l’attention des sujets fâcheux comme la crise, le renflouement des banques, les privatisation des services publics, les délocalisations, le chômage, la fermeture des hôpitaux, l’attaque contre la laïcité, les droits des migrants ignorés, les syndicalistes victimes de violences, etc….

Les avancées technologiques et scientifiques qui ont fait un bond en avant au vingtième siècle, plus qu’aux dix siècles précédents et les choix politiques de production ont influé et influent sur les conditions environnementales, quelquefois pour les améliorer, quelquefois pour les détériorer.

Si nous prenons l’exemple de la chimie, notons deux mouvements contradictoires parmi d’autres : Pour le positif, le progrès médical qui permet d’avoir en moyenne depuis l’an mille, en France, doublé l’espérance de vie ; pour le négatif la recherche du profit par le productivisme qui conditionne la pollution des nappes phréatiques par les nitrates, les produits phytosanitaires, notamment les herbicides, et les solvants chlorés qui mettent en cause la vie des personnes et des animaux, notamment le long des cours d’eau.

Notons que ce sont les choix économiques et politiques qui déterminent la recherche et ensuite l’application de cette recherche.

Dans ces conditions si la planète est en danger, les participants du sommet de Copenhague devraient, presque tous, comparaître devant le tribunal de l’humanité. C’est ce qu’a d’ailleurs déclaré le président bolivien Evo Morales, pour lui les responsables du réchauffement de la planète doivent indemniser leurs victimes et être jugés.

En effet, les misères que connaît notre planète avec la pollution de l’air (les aliments font le tour de la terre en avions et méga camions avant de terminer dans notre assiette), de la terre (abus de produits phytosanitaires puis agrocarburants) et des eaux (hydrocarbures notamment) proviennent toutes d’un mode de production et sa recherche de profits à court terme : le mode de production capitaliste. Ce sont les décideurs de ce système qui se sont baguenaudés à Copenhague. Des pyromanes pour éteindre le feu.

S’agissant du sommet de Copenhague, sans verser dans la théorie du complot, on peut légitimement se poser quelques questions et remarquer des convergences d’intérêts :

Ce sommet aurait-il eu pour but (non déclaré) de faire diversion, venant ainsi en renfort des terrorismes, dont celui d’Al-Qaida ?

Ce sommet aurait-il pour but en Europe d’invalider le cadre national au profit de l’Union européenne ?

Ce sommet aurait-il pour but de créer une gouvernance mondiale (c’est complémentaire avec la précédente question), vrai projet totalitaire qui permettrait de choisir l’avenir de sept milliards d’être humains sans que ceux-ci aient leur mot à dire, quitte à ce que ces citoyens d’un nouveau monde soient peinturlurés en martiens, couleur d’espoir comme chacun sait ?

Ce sommet aurait-il pour but d’engager une nouvelle forme de développement capitaliste permettant de relancer les profits tout en diminuant l’impact de l’extraction des hydrocarbures qui à l’exception de l’Arabie Saoudite se fait dans des pays peu sûrs pour le capitalisme : Iran, Venezuela, Russie, voire le Soudan, l’Algérie, le Nigeria ?

Ce sommet aurait-il pour but de permettre de juteuses opérations financières avec les échanges de quotas d’émission de gaz à effet de serre. En effet, les grandes banques multiplient les partenariats avec des start-up « écologiques » pour générer du crédit carbone. Les allocations de droits à polluer sont ainsi devenues objet de spéculation.

Le champion contre le réchauffement climatique, Al Gore, en est le parfait exemple. Ce spéculateur a rejoint en 2007 la société Kleiner Perkins Caufield & Byers (KPCB), une société par actions à capitaux privés. Cette société a annoncé un investissement de 500 millions de dollars dans des entreprises de technologie de mûrissage écologique appelées Green Growth Fund.

Il s’agit donc bien d’un capitalisme vert dénoncé par ailleurs. Les sociétés s’auto-labellisent. Tous les produits que vous achetez en grande surface ont leur label vert. Le « vert » au service de la communication commerciale.

Revenons à Copenhague, d’un point de vue capitaliste, cette diversion se justifie. Quelques remarques non exhaustives.

Socialement, la moitié de l’humanité vit au-dessous du niveau de misère. Les chiffres sont terrifiants : 20 % des plus riches consomment 82,49 % de toutes les richesses de la Terre, les 20 % les plus pauvres doivent se contenter d’un minuscule 1,6 %

Selon ATTAC, les 84 individus les plus riches du monde détiennent une richesse supérieure au PIB de la Chine et de ses 1,3 milliards d’habitants.

En France, selon l’observatoire des inégalités, un ménage sur deux a moins de 1 800 euros par mois de revenus alors que les grands patrons on des revenus annuels de 2 millions à plus de 3 millions d’euros (en 2008, 3,53 millions d’euros pour le PDG de l’Oréal, Jean-Paul Agon).

Pour la France métropolitaine, selon l’INSEE, le taux de chômage s’établit à 9,1 %, soit près de 2,6 millions de personnes en France métropolitaine, à 3,8 millions de personnes si l’on ajoute les personnes exerçant une activité réduite.

La déforestation de la forêt, en Amazonie, en Afrique centrale et en Indonésie, au profit de grands groupes agro-alimentaires bat son plein. Le pillage des ressources pétrolières, gazières et minérales en Afrique par de grands groupes industriels où les Français sont bien représentés (Elf, Bolloré, Bouygues) aussi.

Copenhague, n’a apparemment pas prévu d’annuler la dette des pays dits du Sud. Or seule l’annulation de cette dette, en plus d’un acte de justice, permettrait à ces pays de financer les infrastructures nécessaires à leurs développements et des secteurs sociaux essentiels et donc de protéger l’environnement.

Ces quelques exemples montrent que la meilleure santé de la planète dépend de la santé sociale de ses habitants et que si ces derniers pensent que le système n’est pas bon, ils pourraient essayer d’en changer. C’est bien pourquoi la capitalisme pour continuer son biseness à un impératif besoin de diversion pour assurer sa pérennité

S’il s’agissait de sauver la planète, pourquoi ne pas ajouter à la lutte contre l’effet de serre, celle contre le nucléaire à des fins militaires ? Pourtant, un accident, une guerre, aurait des effets néfastes sur l’environnement et vraisemblablement sur le climat.

Le nucléaire militaire reste le symbole de la puissance et du néocolonialisme, par exemple, Israël par rapport à la Palestine et à l’Iran. Pour permettre la continuation de systèmes nucléaires de plus en plus sophistiqués et de plus en plus dispersés qui rapportent beaucoup aux producteurs d’armes et à leurs actionnaires, la menace terroriste s’est substituée à « l’empire du mal ». Pour la France : Thales, EADS, Dassault, Lagardère, Safran…tirent les marrons du feux. Imaginons un seul instant l’argent utilisé pour le nucléaire militaire employé pour des emplois permettant d’améliorer les conditions de vie sur la planète [5] ?

Dans le cadre d’un autre système politique, il n’en reste pas moins, quels que soient les accords internationaux ou mesures envisagées, que la pollution déjà en place ne se réduira pas d’elle-même.

La nature nous offre la solution grâce aux arbres et autres végétaux avides de CO2 durant toute leur croissance. Il faudra encore mixer la problématique de la pollution avec celles de la désertification et des conditions climatiques. Il faudra donner du temps au temps ce qui est contradictoire avec le capitalisme. Après avoir arrêté la déforestation, il faudra utiliser les techniques qui existent pour faire pousser (ou repousser) des arbres en plein désert. Avec une politique au service des personnes et non l’inverse, essayons-les. Leurs réussites dépendent d’une coopération sans recherche de profits avec des chercheurs indépendants de la finance et de plus en plus nombreux et sous contrôle de l’opinion. Pour faire vite, nous avons besoin de services publics de qualités et auto gestionnaires.

Enfin, il faudra produire bien pour bien nourrir tous les hommes et non pour enrichir quelques-uns. Croire qu’il suffit de produire plus pour nourrir la planète est un non-sens. C’est la question de l’accès aux denrées alimentaires qui est essentielle. Un milliard de personnes dans le monde ont faim parce qu’elles sont trop pauvres, pas parce que l’on ne produit pas de quoi les nourrir en quantité suffisante. Pauvres, à qui le plus souvent, on a pris la terre sur laquelle ils se nourrissaient pour l’utiliser à d’autres fins.

Les questions environnementales n’étant pas indépendantes des systèmes politiques qui les gèrent, il faut aux peuples reconquérir leur espace politique et leur souveraineté, il faut qu’ils se mobilisent, fassent pression et promeuvent des changements venus d’en bas, proposant des échanges multiculturels basés sur la coopération [6] à égalité de droits et de devoirs, un véritable internationalisme et un changement de système politique (révolutionnaire s’il s’agit d’un changement de l’ordre existant dans un sens du bien commun) avec de nouvelles règles constitutionnelles donnant priorité aux citoyens. [7]. Aucun changement réel ne vient d’en haut, il viendra d’en bas, il en va de la qualité de l’environnement comme pour celui de la sécurité sociale, de la démocratie ou de la paix entre les peuples.

Vraisemblablement, nous rentrons dans un nouveau cycle où les gens et notamment les personnes les plus militantes devront créer de nouveaux dispositifs horizontaux, d’échanges, de propositions et d’actions à la place des dispositifs verticaux ou trop souvent les leaders institutionnalisés [8] n’ont pas les mêmes soucis que la base. C’est possible dans l’hexagone comme au niveau international [9]. Alors, seulement, les hommes feront leur propre histoire . . . et amélioreront les conditions planétaires.

Serge Portejoie


notes :

[1] S’agissant des politiques, le consensus semble impressionnant, de la gauche de la gauche jusqu’aux palais présidentiels les plus à droite, tous y vont de leur couplet, ce qui a encouragé des retournement de vestes. Certains se positionnant à la fois sur le thème à la mode et les élections les plus proches.

[2] A Copenhague, les grandes entreprises étaient partout : Coca cola, Mc Donalds et Calsberg ayant été particulièrement remarquées. Alors, que les personnes venant de pays qui jouaient leur survie dans ces délibérations se retrouvaient en marge du sommet.

[3] le terme de « développement durable » qui est compréhensif et valable en soi a été récupéré et sert toutes les sauces. Toutefois, ce terme a était amorcé en 1972 avec Aurélio Peccel, administrateur de plusieurs multinationales à l’occasion d’une réunion du club dit de Rome, il fut repris par la suite en 1987 par le rapport Brundtland dans le cadre de l’ONU. Ses « parrains » auguraient mal de son avenir.

[4] En France les prévisions des climatologues du bureau politique du GIEC, répercutées et amplifiées au centuple par les journaux, les radios, les télévisions …

[5] Il est très difficile de déterminer le coût mondial de l’arme nucléaire. En plus du « secret défense », s’ajoutent de nombreuses dépenses indirectes Tout ce qu’on est sûr c’est qu’il s’agit de centaines de milliards d’euros.

[6 L’ALBA, nous offre un exemple de coopération solidaire.

[7] L’un des slogans de la manifestation du samedi 12 décembre à Copenhague (100 000 participants) était « Changeons le système, pas le climat ». Ce slogan reflétait également le positionnement de quelques pays, dont celui de la Bolivie qui fut remarqué. Le début du commencement d’une lutte virulente contre le capitalisme ?

[8] Ce qui n’exclut pas les responsables de partis progressistes, parmi les plus décidés, notamment les élus de proximité.

[9] Rappelons seulement pour l’hexagone les prémices qu’à constitué le référendum du 29 mai 2005 puis l’abstention politique massive aux dernières « européennes » qui ont dépassées les clivages des partis et les ambitions personnelles ainsi que le ramdam médiatique. Des militants progressistes et républicains, des citoyens sans étiquettes (évitons la notion de gauche dénaturée et dévalorisée) se retrouvent le plus souvent sur des constations, des possibles solutions. Seul un certain « suivisme » de leaders aux services des institutions capitalistes les sépare, voire les décourage. Pourtant, aujourd’hui les conditions objectives de se retrouver pour faire ensemble sont de nature à favoriser le changement de société dont nous avons tant besoin.

juin 03 2009

De l’abâtardissement des masses occidentales par la culture américaine

Par Régis Mex

« Tu seras solitaire parce que la culture est aussi une prison. »
Aldous Huxley

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Souvent, nous sommes habitués à n’envisager que les menaces que nous percevons dans notre environnement extérieur. Nous craignons souvent que nos sociétés occidentales soient surclassées par les nouvelles puissances orientales, que des tensions ne nous précipitent dans un conflit avec une faction étrangère, que nos élites financières et politiques ne nous envoient elles-mêmes dans le gouffre. Nous méprisons, et à juste titre, les guerres quelles qu’elles soient et ceux qui les provoquent. Mais nous sous-estimons trop souvent l’ampleur dévastatrice de ce que les américains appellent le « soft power », qui est défini comme la capacité d’un acteur politique – comme un État, une firme multinationale, une ONG, une institution internationale (comme l’ONU ou le FMI) voire un réseau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) – d’influencer indirectement le comportement d’un autre acteur ou la définition par cet autre acteur de ses propres intérêts à travers des moyens non coercitifs (structurels, culturels ou idéologiques). Cette séduction du citoyen par des moyens culturo-idéologiques, que son effet soit perçu consciemment ou non, est principalement encouragée par les Etats-Unis, et ce de façon croissante depuis une trentaine d’années.

Le problème est que la culture que nous vendent les américains est souvent des plus… infectes. Et plus elle l’est, mieux elle semble passer auprès de la moyenne du public européen, les jeunes étant les plus concernés. Au fur et à mesure que nos sociétés « s’américanisent », nous sommes non seulement plus vulnérables à la perte de notre identité nationale et de nos valeurs séculaires, mais la gangrène intellectuelle qui règne aux Etats-Unis nous contamine de également de plus en plus gravement. Voici le résumé semi-amusant semi-inquiétant d’une étude à propos du niveau moyen de géographie des jeunes américains :

Dépêche de l’AFP du 3 mai 2006 :

« La majorité des jeunes Américains sont nuls en géographie et sont incapables, par exemple, de situer l’Irak sur une carte, selon une étude effectuée pour la revue National Geographic.

Cette étude, réalisée par l’Institut Roper auprès de 510 jeunes âgés de 18 à 24 ans, montre également que les jeunes Américains connaissent assez mal leur propre pays, la moitié d’entre eux étant incapables d’identifier sur une carte New York ou l’Etat de l’Ohio et 30% estimant que les Etats-Unis comptent entre 1 milliard et 2 milliards d’habitants.

La moitié des personnes interrogées estiment qu’il est « important mais pas absolument nécessaire » de savoir situer un pays ou de parler une langue étrangère, a indiqué l’Institut Roper mardi. La majorité des personnes interrogées, a également relevé l’Institut, ne se montrait pas préoccupée par ces lacunes en géographie.

Alors que des soldats américains se trouvent en Irak depuis mars 2003 et que ce pays fait la Une des médias américains depuis maintenant plus de trois ans, 63% des personnes interrogées sont incapables de situer ce pays sur une carte. 75% ne savent pas non plus où se trouvent Israël et l’Iran. »

La situation intellectuelle et culturelle aux Etats-Unis est malheureusement bien plus grave encore que ce que montre cet article. Pour ceux qui comprennent l’anglais, la vidéo ci-dessous où des américains sont interrogés au hasard dans la rue est éloquente :

Quant à l’enseignement primaire et secondaire, qui est l’un des plus mauvais du monde (il y a en fait un grand contraste avec l’enseignement universitaire américain, qui, lui, est réputé excellent) et dont la qualité a souffert d’une dégradation stupéfiante sous la présidence de George Bush. Voici un graphique tiré de Zeitgeist et quelques chiffres :

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« Au début des années 1980, l’enseignement primaire et secondaire souffrait de graves défauts : le niveau des élèves était plutôt mauvais et la violence faisait partie du quotidien. Les inégalités liées au statut social et à l’origine ethnique étaient très marquées. On accusait fréquemment le corps professoral pour ces mauvais résultats. C’est le rapport Nation at Risk (1983) qui fait prendre conscience des échecs du système éducatif américain. »

« En 2000, 68 millions d’américains étaient scolarisés. En 1967, la moitié des adultes avaient fait des études secondaires ; le chiffre est passé à 61 % en 2000, 61% des adultes avaient fait des études secondaires. »

Qui plus est, comme nous l’avons dit précédemment, l’adoption de la culture américaine par les pays européens leur font petit à petit perdre leur identité, du fait qu’ils intègrent des éléments d’une culture étrangère mais ne redynamisent pas la leur pour qu’elle puisse s’imposer tant sur le sol national qu’au niveau international. Elle a donc tendance à mourir à petit feu, en emportant avec elle une certaine partie de l’âme du pays dont elle provient. En atteste cet article de Vigile.net:

« La nouvelle a été sur toutes les lèvres depuis que le magazine Time en a fait l’annonce : la culture française décline. La littérature française n’a plus d’impact, quasiment nulle en littérature, guère plus, tout bien pesé, que son théâtre ou son cinéma. Et l’article énonce son verdict. La culture française décline car elle est désormais indigne d’intérêt.

Le Time magazine a aussi fait ample écho au cours de l’année à la fameuse scène lors du Miss America Pageant. On a demandé à une concurrente, miss Upton, comment se faisait-il que les Américains, dans leur vaste majorité, étaient incapables de situer les Etats-Unis d’Amérique sur une carte.

« C’est sans doute parce qu’ils n’ont pas de carte », a-t-elle répondu.

On pourrait ajouter au commentaire de la belle madame Upton : « S’ils jugent indignes d’intérêt de situer leur pays sur une mappemonde, ils ne doivent pas trouver d’énergie supplémentaire pour apprécier la culture française. »

Il faut noter également que le prototype de sensibilité a changé depuis trente ans et que cela touche aussi le cinéma. À force d’être hyper-stimulé, le public a perdu des façons plus subtiles de percevoir. On a fait une expérience par exemple en présentant de vieux films de Jean-Luc Godard à de jeunes publics de vingt à trente-deux ans. Tous habitués aux jeux vidéo, aux sonogrammes qui signalent les bons coups dans les joutes, aux trames sonores des films, plusieurs se dirent effarés par les silences utilisés par ce cinéaste. »

C’est dans ce contexte de surstimulation que le Time annonce le déclin de la culture française. L’auteur de l’article a presque l’air de s’en féliciter comme si après la dinde on ne pouvait pas souhaiter mieux. »

« Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne. »

Aldous Huxley

Une chose est sûre : la dignité humaine la plus élémentaire n’est pas innée chez tout un chacun, et le seul moyen d’y remédier en partie est de vivifier la vie intellectuelle de son pays et en ressuscitant la culture en lui donnant de nouvelles formes de noblesse. Mais comme tout le monde le sait, c’est l’inverse qui a lieu. La culture émane bien plus, de nos jours, des multinationales que des initiatives d’un État et de ses intellectuels. De fait, celle-ci se résume au « McDonald and Coca-Cola’s way of life ». Elle ne se contente pas seulement de faire perdre au citoyen les sens plus subtils que les cinq organiques, mais s’applique également à atrophier ces derniers en encourageant les gens à manger de plus en plus mal, ce qui rend leur santé plus fragile pour le plus grand bonheur des industries pharmaceutiques et leur personnalité plus grossière encore. On est ce que l’on pense tout comme on est ce que l’on mange.

En outre, les nouvelles générations semblent de plus en plus apprécier de faire vanité de leurs vices, et adopter les aspects les plus grossiers et égoïstes de l’homme comme seule réalité de l’existence. Le rejet des anciennes valeurs, qu’elles soient liées à la hiérarchie dans la famille ou à la religion, est le principal responsable de cela. Certaines coutumes ridicules disparaissent à juste titre, mais les valeurs conduisant au respect, à la lucidité, à la volonté de dépassement de soi-même et autre ont aussi fortement tendance à subir cet aveugle processus. Le mouvement de masse n’est effectivement pas doté d’assez de subtilité pour distinguer ce qui est bon de ce qui ne l’est pas, et se contente de rejeter tout en bloc parce qu’il assimile certains éléments d’une mentalité au restant de tous les aspects de cette dernière. Il se bâtit ensuite sur les valeurs opposées à celles qu’il a détruit.

Désormais, on ne respecte plus celui qui aime connaître et comprendre les choses de la vie, mais on le discrédite et le craint, car le mouvement de masse considère comme plus approprié de profiter seulement de l’excitation des sens que procure certaines choses de la vie. De fait, on passe du réfléchi au pur ressenti, et on tente d’accentuer ce dernier de la façon la plus forte et la plus grossière qui soit, c’est-à-dire en recourant aux alcools et aux drogues pour pimenter les joies d’une existence qui s’avère dès lors bien inutile…

La discipline, la pudeur et la sagesse sont abandonnées au profit de ce qui procure plus de sensations. Les chances d’accéder à la sagesse et à une attitude digne sont elles-mêmes réduites à néant par la destruction des facultés plus subtiles de percevoir les réalités du monde, puisqu’on ne considère désormais plus que ce qui est purement tangible et matériellement accessible, soit ce que l’on peut voir, toucher, sentir, entendre et goûter comme seule réalité.

Les générations passées considéraient volontiers l’argent comme source première de pouvoir, même si l’on peut se demander avec justesse quelle importance a le moyen d’avoir du pouvoir si l’on ne dispose pas des connaissances appropriées pour savoir comment bien s’en servir. Or, les jeunes d’aujourd’hui semblent se sentir peu concernés par les dignes perspectives d’avenir ; leur personnalité est si affaiblie par leur environnement extérieur que la majorité d’entre eux est plus que jamais disposée à embrasser une mentalité d’esclave. Ce n’est pas tant que la volonté de pouvoir leur manque, mais ils sont tellement perdu dans le tourbillon de leurs sens qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’avoir sa destinée en main signifie vraiment.

« Ce n’est pas un gage de bonne santé que d’être bien intégré dans une société profondément malade.« 

J.Krishnamurti

Les nouveaux courants culturels sont également nombreux à réclamer plus de « liberté ». Après tout, ne sommes-nous pas en démocratie ? Mais qu’est-ce au juste que la liberté ? D’après le Larousse 2007, la liberté est l’état de quelqu’un qui n’est pas soumis à la servitude, et peut donc agir sans entraves. Mais ne naît-il pas un certain danger en officialisant une définition aussi vague ?

En effet, si les conditions dans lesquelles nous nous sentons libres sont celles où nous pouvons faire ce que nous voulons, exaucer le moindre de nos désirs, peut-on considérer qu’une telle liberté appliquée chez tous aura des effets bénéfiques sur la société ? Il paraît clair que non, car cette « liberté » serait synonyme de chaos et conduirait rapidement à une forme de servitude des plus perverses.

Comme le dit le dicton populaire « ta liberté s’arrête là où commence celle d’autrui », on ne peut plus parler de liberté si l’exercice des désirs d’une personne empêche un autre individu d’être en condition de garder son confort et sa propre liberté. Pour prendre un exemple simple, on ne pourra pas parler d’exercice de la liberté si un habitant empêche son voisin de dormir en faisant hurler de la musique en pleine nuit pour contenter son simple plaisir.

Il paraît donc bien plus réaliste de dire que la liberté est la faculté qui permet à un individu de faire des choix qui permettent la satisfaction des besoins qui garantissent sa dignité, tout en respectant la dignité d’autrui. Karl Jaspers disait que « Lorsqu’on mutile la liberté de l’homme, cette liberté que Dieu a créée et qui se rapporte à lui, on mutile précisément ce par quoi Dieu, indirectement, s’annonce. ». Il n’en reste pas moins que des conditions d’existence aussi fragiles sont difficiles à faire appliquer au plus grand nombre…

Et c’est bien parce que cette difficulté relève carrément de l’impossibilité que notre société est plongée dans un plus grand chaos civil qu’autrefois. La majorité des gens confondent malheureusement les deux façons d’aborder la liberté que nous avons citées ; une liberté plus chaotique et égoïste, et une autre respectueuse des lois de la vie et de son entourage, qui est la seule qui soit digne de porter le nom de liberté. Une liberté qui a pour seul objectif la satisfaction sans entraves de tous les désirs de l’individu n’est effectivement pas une liberté, mais une forme de servitude. En effet, en s’habituant à répondre systématiquement à leurs moindres envies sans considération morale, les gens qui agissent ainsi deviennent esclaves d’eux-mêmes, de leurs propres pulsions. Ainsi, en plongeant dans l’esclavage du désir et de l’égoïsme, ils deviennent de plus en plus incapables d’avoir recours à des façons plus subtiles de percevoir que les cinq sens, telles que la réflexion, l’empathie ou l’intuition.

Dans leur addiction, ils exigent de plus en plus de « libertés », qui les rendront encore plus esclaves d’eux-mêmes, alors qu’ils ne se sont même pas attachés à cultiver leurs libertés fondamentales, comme le disait Sören Kierkegaard : « Que les gens sont absurdes ! Ils ne se servent jamais des libertés qu’ils possèdent, mais réclament celles qu’ils ne possèdent pas ». Mais puisqu’ils ont de la liberté la définition qu’elle est ce qui permet d’agir sans entraves, ils se pensent libres. Or, comme le disait Johann Wolfgang Von Goethe, « Nul n’est plus désespérément esclave que celui qui croit le plus faussement être libre ». Alors, ces « esclaves » empoisonnent la société qui devient de plus en plus chaotique au fur et à mesure qu’elle est rongée par ce type de pensée. Ces nouveaux « esclaves » sont si déconnectés des réalités du monde et de la nature qu’un profond malaise finit par accompagner leur existence dépravée, malaise qui s’exprime par de nouveaux faits de criminalité et de délinquance de même qu’une consommation accrue de drogues et d’alcools dans l’optique d’échapper aux souffrances causées par sa propre perdition au lieu de les affronter.

Ces conditions sont alors un terreau fertile à l’établissement d’une dictature implicite. Les « esclaves » sont perdus dans une cécité si profonde et une bestialité telle qu’ils n’ont cure des problèmes de leur pays et encore moins de ceux du monde. Ils se contentent alors de faire tourner le moteur de la société de consommation en achetant de façon compulsive une quantité de choses dont la majorité d’entre elles ne servira qu’à les pousser encore plus profondément dans le matérialisme dans lequel ils se confortent et dont ils ne veulent surtout pas sortir car il serait trop douloureux de prendre conscience qu’ils ont bâti leur vie sur une erreur. Repoussant par instinct de survie tout ce qui pourrait le leur faire apparaître clairement, ils deviennent plus malléables que jamais par tous les décideurs en matière de politique et d’économie qui emmènent ce troupeau dans le sens qu’ils désirent en lui promettant de conserver son innocence en n’inondant les moutons qui constituent ce troupeau que de mensonges qui concordent avec leur simplicité d’esprit. André Maurois disait que « Les abus de la liberté tueront toujours la liberté ». Un dictateur bien connu, Benito Mussolini, avait lui-même déclaré « Il y a des libertés ; la liberté n’a jamais existé ». Rabindranàth Tagore, lui, a dit tout aussi justement que « Il est aisé d’écraser, au nom de la liberté extérieure, la liberté intérieure de l’homme ». Platon écrivait déjà à son époque, dans « La République », que « si les citoyens n’ont plus de respect envers la société dans laquelle ils vivent, si les enfants ne respectent plus l’autorité de la hiérarchie familiale, alors, un pas décisif vers la tyrannie a été franchi ».

« Les conséquences de nos actions sont des épouvantails pour les lâches, et des rayons de lumière pour les sages. »

Aldous Huxley

Pour ce qui est de l’enseignement, il semble que ceux qui en ont la responsabilité soient désireux d’établir un certain fossé entre l’enseignement primaire/secondaire et l’enseignement supérieur. L’écart s’agrandit donc entre les 15% de la population qui ont eu accès à des études universitaires et les 85 autres %, ce qui contribue à faciliter la domination implicite ou explicite des 15% sur les 85%. En effet, cette majorité de la population aura été bien peu éduquée lors de leurs études secondaires, car même dans la section générale, le programme proposé est plus infantilisant qu’instructif. Ainsi, nombre d’élèves qui terminent leurs humanités à 18 ans restent très insuffisamment formés à la citoyenneté et ont un niveau de culture médiocre, car les programmes scolaires n’ont jamais prétendu les éduquer sur ces sujets pourtant importants, mais avaient plutôt pour objectif d’en faire de bonnes machines à travailler réceptives aux attentes de l’État et des entreprises. Seuls ceux qui se sont cultivés sur le côté et ceux qui ont eu accès par la suite à des études universitaires ont pu atteindre un bon niveau d’instruction. Malgré tout, le niveau de notre enseignement reste l’un des plus élevés au monde… Et c’est presque inquiétant puisque bien peu de matières abordées contribuent réellement à construire la personnalité de l’élève sur de bonnes bases. En outre, ne doutons pas que les résultats de sondages sur les connaissances géographiques de jeunes français ne varieraient pas significativement des médiocres résultats américains… Comment pourrait-on arriver à une société juste et bien bâtie si 85% de la population ne comprend pas suffisamment notre société et n’en connaît pas assez d’aspects décisifs ? Comment faire en sorte que ces 85% de la population ne soient pas extrêmement malléables et ne se laissent toujours manipuler par les politiciens et les entreprises pour en arriver à un résultat qui réjouit ces derniers mais désavantage tout à fait les gens qui leur ont permis d’en arriver là ?

« L’idéalisme est la noble toge dont les hommes politiques drapent leur volonté de puissance. »

Aldous Huxley

Par Régis Mex, pour Mecanopolis

mai 30 2009

Historique des événements importants de manipulation monétaire

Régis Mex

La création monétaire par le crédit commercial est la forme la plus importante de création monétaire et l’escompte est le mécanisme qui accompagne automatiquement l’essentiel de la création de biens réels. Ainsi, l’équation fondamentale monnaie = richesses réelles est assurée. La création monétaire opérée lors des opérations d’escompte est bel et bien parallèle à la création de richesses réelles. Car derrière toute traite émise et escomptée, il ne peut y avoir que production de biens. Par ce biais, d’un côté on met donc en circulation les produits pendant que de l’autre côté on crée l’argent nécessaire pour les faire circuler.

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Mais cette égalité, qui a toujours été au coeur de l’équilibre économique, et qui l’est chaque jour davantage, est bien fragile. Si elle est rompue, les pires catastrophes peuvent se produire, notamment l’inflation ou la déflation. On parle d’inflation (du latin inflare, gonfler) lorsque la masse monétaire augmente plus vite que la production. Il y a trop de monnaie par rapport aux biens: les prix augmentent (ou, ce qui revient au même, la monnaie se déprécie). La déflation est au contraire une contraction, un « dégonflement » de la masse monétaire. Dans ce cas, les prix baissent.

La brouette et les poireaux: l’hyperinflation allemande

L’exemple le plus spectaculaire d’inflation eut lieu dans l’Allemagne de Weimar, dans les années 1920. Tout au long de l’après-guerre, les prix augmentent en Allemagne plus qu’ailleurs. Au cours de l’été et de l’automne 1923, la hausse des prix connaît une envolée hyperbolique. Les prix flambent de jours en jours, puis d’heure en heure. La Banque centrale allemande n’a même pas le temps d’imprimer de nouveaux billets: on les surcharge avec des zéros supplémentaires à coups de tampon. Les ménagères vont faire les courses avec des brouettes remplies de billets et reviennent avec quelques poireaux. Les ouvriers sont payés deux fois par jour: ainsi, à midi, ils peuvent faire quelques courses et éviter l’inflation de l’après-midi.

On raconte l’histoire d’un journaliste américain arrivant en Allemagne: il n’a qu’un dollar en poche et désire dîner. Il entre dans un restaurant et demande si on peut lui servir quelque chose pour un dollar. On lui sert un repas gargantuesque. Après le dessert, alors qu’il est en train de fumer un cigare, il est surpris de voir le garçon lui apporter une entrée. Étonné, il demande la raison de cette prolongation curieuse de son repas. « Le dollar vient encore d’augmenter », répondit simplement le garçon. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 1919, 1 dollar valait 14 marks. Fin novembre 1923, ce même dollar valait la bagatelle de 4 200 000 000 000 marks. Oui, vous avez bien lu: quatre mille deux cent milliards de marks !

Étalon monétaire ou talon d’Achille ? (Les problèmes monétaires internationaux)

Admettons que, grâce à la puissance de l’État et à sa crédibilité, une monnaie soit acceptée et utilisée dans un pays. Mais que se passe-t-il dès qu’on sort des frontières et qu’on achète ou vend des produits à l’étranger ? Il est évident qu’un vendeur ne voudra accepter un paiement que s’il est effectuée dans sa monnaie, la seule qu’il connaisse. L’acheteur, lui, n’aura pour payer que la monnaie utilisée dans son pays. Un problème épineux se pose donc: celui du change.

Écartons pour le moment l’existence d’un moyen de paiement commun à l’acheteur et au vendeur, ou reconnu par les deux. Cela a existé et cela existe: le pétrole se paie aujourd’hui en dollars, mais c’est une exception. La règle veut plutôt que les contrats soient signés dans la monnaie du vendeur et que l’acheteur paie dans cette même monnaie. Il doit donc s’adresser à sa banque pour une opération de change.

On voit immédiatement la question délicate qui doit être réglée: quelle est la valeur de l’autre monnaie ? Dans l’histoire, on a connu trois systèmes réglant le problème du change ou de la parité entre monnaies: l’étalon-or, l’étalon change or et les changes flottants.

L’étalon-or

Le Royaume-Uni promulgue en 1817 le Gold Standard Act. La loi stipule que chaque livre vaut quelque 8 grammes d’or. Ce système, appuyé par la domination incontestée de l’Angleterre dans les domaines économique, monétaire et financier s’étend au monde entier comme référence. Dès lors, le problème du change et de la parité entre monnaies trouve une solution simple. Chaque pays possède une masse monétaire et un stock d’or. Le rapport masse monétaire/stock d’or donne la parité or de la monnaie. Le taux de change entre monnaies est fixé par une simple règle de trois: si la livre vaut 8 grammes d’or et que le franc en vaut 4, alors la livre vaut 2 francs. Enfantin.

Parité or et échanges commerciaux

Dans ces conditions, les échanges se déroulent sans encombre. Imaginons que France et Angleterre aient des échanges équilibrés: dans ce cas, l’entreprise anglaise qui importe demande à sa banque mettons 200 francs, qui vont lui coûter 100 livres. De l’autre côté de la Manche, l’entreprise française qui importe demande 100 livres qui lui coûtent 200 francs. Si les échanges sont équilibrés, deux autres entrepriss expriment une demande contraire de même montant. Dans ce cas, les banques à qui les entreprises s’adressent ont exactement de quoi satisfaire les demandes en devises de leurs clients.

Imaginons qu’il n’y ait qu’une banque. Lorsque le client anglais, importateur de produits français, vient lui demander 200 francs, elle lui donne les 200 francs que le client français, acheteur de produits anglais, lui a donné pour acheter les 100 livres dont elle a besoin.

Ainsi, offre et demande de devises dans les deux pays sont identiques. Les francs restent en France et les livres en Angleterre. Les masses monétaires des deux pays ne varient pas, ni leurs réserves en or. Masses monétaires stables, stock d’or stables: la parité entre les deux monnaies reste la même. Tirons-en cette conclusion: si les échanges extérieurs d’un pays sont équilibrés, la parité de sa monnaie ne varie pas.

Que se passe-t-il si ce n’est pas le cas ? Simplifions: si un pays achète plus qu’il ne vend, la mécanique ci-dessus ne joue qu’à hauteur de la partie des importations couverte par des exportations. Et le reste ? Et le déficit ? Là, il n’y a qu’une possibilité: sortir de l’or. Soit pour payer le vendeur directement, soit pour acheter sa devise et le payer avec celle-ci. Mais la sanction est immédiate: le pays déficitaire a moins d’or et sa monnaie est dépréciée, dévaluée. Pourquoi ? Parce ce que dans le pays il y a autant de monnaie en circulation, mais cette monnaie est désormais garantie par moins d’or: sa parité or baisse. Et si le pays a un excédent commercial, c’est le contraire. Tirons-en cette conclusion: lorsqu’un pays a un déficit commercial, sa monnaie se dévalue; lorsqu’il a un excédent, elle se réévalue.

Gardons en tête ce principe, car il est valable pour tous les systèmes monétaires.

Punition et rééquilibrage

Ces mécanismes ont un sens économique précis. Un pays qui a un déficit commercial est sanctionné par la baisse de sa monnaie. Concrètement, cela signifie qu’il est « puni ». Punition immédiate, impitoyable. Avec la baisse de sa monnaie, tous les produits étrangers lui coûtent plus cher. Parallèlement, ses produits deviennent moins chers pour les étrangers. En clair, le pays s’appauvrit. Pour avoir la même quantité de produits étrangers, il doit céder une plus grande quantité de ses produits. Son travail, ses terres, son patrimoine, toutes ses richesses sont dépréciées. Mais quelle faute est la sienne ? Une faute impardonnable: il a moins donné qu’il n’a pris aux autres: il a eu plus besoin des autres que les autres n’ont eu besoin de lui. En clair, il a vécu au-dessus de ses moyens.

C’est la dure loi du marché. Mais si le marché est dur il sait se monter magnanime. La punition de ce pays frivole est aussi le moyen de sa rédemption. S’il comprend la leçon et sait en tenir compte, tout devrait rentrer dans la normalité. Les produits étrangers sont devenus plus chers ? Qu’à cela ne tienne: le pays devra en consommer moins. Ses produits sont devenus moins chers ? Tant mieux: il pourra en vendre plus. Ainsi, si la logique est respectée, la balance commerciale devrait se rééquilibrer.

Au cours de la Première Guerre mondiale, le système de l’étalon-or, qui s’était bâti au XIXe siècle autour de la puissance britannique, vole en éclats et un autre système se met en place.

Des monnaies pivots

Les pays européens ont connu au cours de la guerre, en sus des autres, un double malheur monétaire: leurs masses monétaires, exagérément gonflées par le recours massif des États au crédit, ont littéralement explosé. Parallèlement, leurs stocks d’or ont fondu. Les Américains avaient beau être les alliés de la France et de l’Angleterre, ils n’acceptaient en paiement de leurs armes, de leur nourriture et de leurs marchandises que de l’or en barres. Au début des années 1920, la vérité apparaît dans toute sa cruauté: les deux tiers de l’or mondial qui, avant la guerre, se trouvait en Europe sont désormais aux États-Unis. En Europe, il ne reste que la moitié de l’or de 1914, mais les masses monétaires sont multipliées par sept ! Dans ces conditions, plus question d’étalon-or (sauf pour les États-Unis, bien sûr).

Une drôle de conférence monétaire se tient à Gênes en 1922, qui va donner naissance à un drôle de système. Á Gênes, les Américains sont absents. Depuis la victoire des républicains aux élections, le mot d’ordre est à l’isolationnisme: les affaires du monde ne les intéressent plus. Á l’inverse, la Russie soviétique est là, on se demande pourquoi. Dans le désarroi ambiant, on imagine un système palliant l’impossibilité de bon nombre de pays de revenir à la parité or et à la convertibilité de leur monnaie: ils n’ont qu’à utiliser les devises convertibles en or comme garantie et étalon de valeur de leur monnaie. Ainsi, toutes les monnaies se trouvent rattachées à l’or; certaines directement, d’autres indirectement, en passant par des monnaies pivots.

C’est ce système qu’on appelle alors l’étalon change or (Gold Exchange Standard). Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce système bâtard ne satisfait personne. Surtout pas la France et l’Angleterre qui, ayant gagné la guerre et étant à la tête de deux empires coloniaux s’étendant sur la planète entière, se voyaient mal ravalées au rang de puissances monétaires de banlieue. Lénine n’avait-il pas d’ailleurs dit: « La dévaluation est l’arrêt de mort du capitalisme ? ». Et la dévaluation était bien là. La livre et le franc n’étaient que l’ombre de ce qu’elles étaient en 1914.

« La décision la plus catastrophique »

Dans le système de Gênes, tout pays en ayant les moyens pouvait revenir à la convertibilité de sa monnaie. L’égoïsme et la prétention des vainqueurs fit le reste. En 1925, Churchill décréta le retour de la livre à la parité or et, qui plus est, avec la même valeur qu’en 1914. J.K. Galbraith devait dire que ce fut « la décision la plus radicalement désastreuse des temps modernes en matière monétaire ».

Un tel jugement mérite quelques explications. Pour revenir à la parité or de 1914, le gouvernement britannique a dû pratiquer une politique durement déflationniste. Compte tenu de la situation anglaise de l’après-guerre, cela signifiait « dégonfler » la masse monétaire, la réduire. Comment s’y est-il pris ? En augmentant les taux d’intérêt d’abord, en pratiquant un strict équilibre budgétaire ensuite, c’est-à-dire en limitant les dépenses de l’État et en augmentant les recettes, ce qui veut dire alourdir impôts et taxes. Socialement, cette politique s’est traduite par des conflits sociaux très durs, notamment la célèbre grève des mineurs de 1926, le conflit le plus ravageur de l’histoire britannique. Mais le jugement sévère de Galbraith sous-entend que la décision de Churchill eut un impact bien plus dévastateur encore que cela.

Probablement faut-il chercher là une des causes essentielles d’une des crises les plus dramatiques de l’histoire: la crise de 1929. L’attachement à la parité or des monnaies fut en effet le dogme le mieux partagé des années 1920. Les États-Unis s’y sont tenus avec rigueur, les Anglais y ont sacrifié leur croissance dès 1925 et la France n’a pas été en reste publique dès 1926 elle s’est lancée dans la même politique aboutissant au retour de la parité or avec le franc Poincaré en 1928. Or, la crise de 1929 a été une crise déflationniste, caractérisée par la contraction de la masse monétaire, la baisse des prix, des salaires, de la production et de l’emploi. Les politiques de rigueur monétaire des années 1920 ont probablement fait le lit de la catastrophe de 1929. Milton Friedman lui-même qualifie la politique monétaire des États-Unis à la veille de la crise d’ »ineptie ». C’est dire…

Bretton Woods et l’étalon dollar

Après la Deuxième Guerre mondiale, les vainqueurs absolus, les États-Unis, ont visiblement retenu la leçon. Le système qu’ils mettent en place en 1944 à la conférence de Bretton Woods sous entend la volonté, totalement exclue en 1919, d’assumer pleinement leur rôle de puissance dominante. Le projet du représentant britannique, un certain J.M. Keynes, est rapidement écarté. Ce projet était fondé sur la création d’une monnaie internationale: le bancor. Fi de la monnaie internationale spécifique, cette monnaie existe déjà: c’est le dollar.

Le système mis en place est encore un étalon change or, mais cette fois-ci, la seule monnaie convertible en or est le dollar. La devise américaine devient ainsi le pilier d’un système solide, tenu par des règles strictes, enfin en accord avec la situation réelle.

Les parités fixes

Le dollar est convertible en or sur la base d’une parité de 35 dollars l’once et les autres monnaies sont théoriquement rattachées à l’or par l’intermédiaire du dollar. Le système de change entre monnaies est un système de parités fixes. La valeur du change est définie une bonne fois pour toutes: seule une variation de + ou -1% est autorisée. Au-delà, les pays doivent entamer une procédure complexe de dévaluation ou de réévaluation. Les banques centrales des différents pays sont tenues d’intervenir sur le marché des changes pour éviter des variations excessives, c’est-à-dire supérieures à 1%. Comment font-elles ? C’est simple: si leur monnaie a tendance à monter, elles doivent en vendre. Si elle a tendance à baisser, elles doivent en acheter.

Concrètement, si le mark monte au-delà de 1%, la Bundesbank doit vendre des marks; si le franc baisse au-delà de 1%, la Banque de France doit acheter des francs. Ainsi l’équilibre entre l’offre et la demande sera rétabli et la parité de la monnaie préservée. Mais un problème se pose ici: où les banques centrales vont-elles chercher les devises nécessaires pour ces interventions ? Si tout va bien, elles peuvent puiser dans leurs réserves de change constituées par l’accumulation des devises issues d’un commerce extérieur excédentaire. Sinon, elles doivent demander des prêts à un organisme ad hoc: le Fonds monétaire international (FMI).

Le roi dollar

Dans ce système, le dollar a un rôle privilégié. Seule monnaie convertible en or, il devient as good as gold (aussi bon que l’or). Le système des parités fixes fait par ailleurs de la monnaie américaine l’outil privilégié des interventions sur le marché des changes. Deux bonnes raisons pour faire du dollar la monnaie de réserve privilégiée.

Ce n’est pas tout. Étant la monnaie pivot, le dollar jouit de deux prérogatives princières: la première est que le risque de change si on utilise le dollar pour les paiements internationaux est moindre. Voyons comment. Le risque de change est la possibilité de payer plus cher que prévu un produit acheté à l’étranger. Dans le commerce international, comme dans toute forme de commerce entre entreprises, les paiements se font par traite. On signe un contrat aujourd’hui, on paie dans un mois, deux mois, plus éventuellement. Le contrat étant stipulé dans la monnaie du vendeur, l’acheteur peut, au moment où il va à la banque acheter des devises, payer ces devises plus cher si leur cours a augmenté.

Dans le système de Bretton Woods, chaque monnaie peut, sur une période donnée, varier de + ou -1% par rapport au dollar. Si on compte bien, en tout, on a une possibilité de variation de 2%. Si, pour les besoins du commerce, on doit passer, par exemple, du franc au mark, le risque de change est de 4% (2% de baisse totale du franc +2% de hausse totale du mark). Si on utilise le dollar, le risque est limité à 2%, c’est-à-dire la variation maximale autorisée entre une monnaie quelconque et le dollar. Cette raison, avec d’autres, a fait du dollar la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux.

L’autre privilège du dollar est également lié à sa nature de pivot du système. Les États-Unis, en effet, font l’économie d’interventions dispendieuses sur le marché des changes pour garantir la parité du dollar. Comment est-ce possible ? Si le franc baisse, par exemple, la Banque de France achète des francs. Avec quoi ? Des dollars entre autre. La Banque de France évite ainsi que le dollar ne s’apprécie exagérément. Si le mark monte, la Bundesbank va en vendre. Contre quoi ? Des dollars probablement. La Banque centrale allemande empêche donc que le dollar baisse. Ce sont ainsi les banques centrales du monde entier qui s’occupent de la sale besogne. C’est tout bénéfice pour la FED, la Banque centrale américaine !

Eurodollars et capitaux fébriles

La conséquence de ce système ne s’est pas fait attendre. Le dollar est devenu, et reste, la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux, bien au-delà des échanges américains. Le pétrole, c’est bien connu, se paie en dollars. il est devenu également une monnaie de réserve pour bon nombre d’États et, in fine, s’est en quelque sorte émancipé de son créateur pour devenir eurodollar. Les eurodollars sont des dollars qui circulent en dehors des États-Unis. On doit leur nom au code d’une banque soviétique ( »eurobank ») qui la première a détenu des comptes en dollars (le rouble n’ayant jamais été accepté pour les échanges avec l’Occident).

Ainsi, une masse colossale de billets verts s’est mise à circuler à travers le monde, se déplaçant d’un pays à l’autre au grès d’opérations légales ou illégales (la drogue et les armes se paient en dollars) dans un but qui s’est affirmé comme définitivement prioritaire: la spéculation. Le système a parfaitement fonctionné pendant une vingtaine d’années. Il a notamment permis une extraordinaire croissance des échanges mais, à partir de la fin des années 1960, Bretton Woods s’est transformé en un monstre ingérable. Pour les États-Unis et pour le monde.

Fluctuat et agitatur: les changes flottants

Ce qui était arrivé aux monnaies européennes à cause de la guerre arrive également aux États-Unis, en pleine paix. la masse de dollars, gonflée par l’essor des échanges et par une demande toujours inassouvie, finit par dépasser allégrement sa couverture en or. Dans le deuxième moitié des années 1960, des esprits malins ou clairvoyants, dont la France du général de Gaulle, comprennent que la parité or du dollar ne va pas pouvoir être maintenue éternellement. Ils se sont mettent donc à demander la conversion de leurs dollars en or. Les États-Unis doivent faire face à une véritable hémorragie. Et une ultime et calamiteuse tentative de retour à la parité or de la livre (décidément…) fait basculer le monde dans le cauchemar.

En 1971, pour la première fois, la balance commerciale américaine devient déficitaire. Le dollar ne peut que baisser. Sa parité or devient intenable. Le 15 août, Nixon proclame l’inconvertibilité du dollar. Tous ceux qui s’étaient accrochés à une monnaie as good as gold sont servis.

Le désordre monétaire international

Les années 1970 commencent par la longue agonie du système monétaire qui avait scellé la domination américaine. Elles s’achèvent par la réaffirmation de cette même domination, mais de manière bien plus perverse.

Le système de Bretton Woods est attaqué de toutes parts. Son pilier, le dollar, s’effrite: détaché de l’or, il plonge au fur et à mesure que les États-Unis sombrent dans une des périodes les plus noires de leur histoire. Chocs pétroliers, défaite au Vietnam, Watergate et, pour finir, la révolution iranienne. Les parités fixes ne tiennent pas face aux mouvements spéculatifs puissants. Le FMI n’a plus de devises à prêter, on essaie de lui inventer une nouvelle monnaie de référence: les droits de tirages spéciaux (DTS): c’est l’échec.

En 1973, on effectue un replâtrage du système: les marges de variations sont élargies (+ ou – 2,25%), mais ça ne fait qu’exciter la spéculation. Les monnaies faibles (livre, franc, livre) sont dévaluées à répétition. Les monnaies fortes (mark, yen, franc suisse) s’envolent. En 1976, à la conférence de la Jamaïque, on prend le taureau par les cornes: les parités fixes sont abandonnées, l’or est définitivement démonitisé. Il faut dire que sur le marché, il ne se négocie plus à 35 mais à 500 dollars l’once !

Les changes flottants

Bretton Woods est mort et enterré. Les gouvernements abandonnent une partie perdue d’avance: on ne peut plus contrôler le cours des monnaies. Le professeur Friedman et les économistes libéraux tiennent là leur première victoire: désormais, c’est le marché, et lui seul, qui va fixer la valeur des monnaies. Leur cours va varier quotidiennement selon les variations de l’offre et de la demande. La marché des changes brasse désormais quotidiennement plus de capitaux que la Bourse elle-même. Le dollar touche le fond: en 1979, il vaut moins de 4 francs.

Avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan, les choses vont prendre une toute autre tournure. De stricte obédience libérale, le nouveau Président s’en prend violemment à l’inflation et à l’État. Pour terrasser l’inflation, la FED augmente les taux d’intérêt de manière plus que conséquente: on n’est pas loin de 20%. Par ailleurs, libérés de toute contrainte, les salaires s’effondrent, ainsi que les dépenses sociales de l’État. L’inflation est vite jugulée par cette cure violente. Sur le marché des changes, le dollar s’envole. Attirés par les taux américains, les capitaux fébriles se ruent sur le billet vert, d’autant plus que la politique étrangère de Reagan restaure très vite la crédibilité américaine mise à mal par ses prédecesseurs. Le dollar se hisse à plus de 10 francs.

Un droit de cuissage planétaire

Tout va bien donc. La politique de Reagan est efficace: l’économie américaine repart, l’inflation baisse, le chômage également. Le dollar est fort. Le président américain se permet même de narguer ses collègues. Á François Mitterrand (1916-1996) qui lui fait remarquer que le dollar est trop haut, Reagan répond: « Ce n’est pas le dollar qui est trop fort, ce sont les autres monnaies qui sont trop faibles. »

Reste un détail. La libération du marché des changes aurait dû rendre les devises à la vérité des prix, si chère aux libéraux. On l’a vu, ce qui devrait établir la valeur d’une monnaie, c’est la situation du commerce extérieur d’un pays: à déficit commercial, monnaie faible, et à excédent commercial, monnaie forte, avec les rééquilibrages automatiques que l’on sait. Une monnaie faible devait permettre de vendre plus et obliger à acheter moins et le contraire pour une monnaie forte.

Qu’en est-il des États-Unis ? Depuis 1971, ce pays a un commerce extérieur chroniquement déficitaire. Bon an mal an, les Américains achètent au minimum 100 milliards de dollars de plus qu’ils ne vendent. Cela fait trente ans que ça dure. Dans une telle situation, n’importe quel autre pays aurait été réduit à la faillite. Sa monnaie ne devrait même pas valoir le prix du papier sur lequel elle est imprimée. Rien de tel ne s’est produit pour les États-Unis. Comment est-ce possible ? Même détaché de l’or, le dollar reste le moyen de paiement et de réserve le plus utilisé au monde. Les dollars avec lesquels les Américains paient leurs déficits ne reviennent pas aux États-Unis. Cela veut dire qu’ils ne paient pas leur déficit. C’est exactement comme si vous payiez vos achats avec des chèques que personne n’aurait l’idée d’encaisser.

Tant que la confiance règne, tout cela ne pose guère de problèmes. Lorsque les États-Unis n’ont plus d’argent pour payer leurs importations ou le déficit de leur budget, ils émettent des bons du trésor. Le monde souscrit avec empressement. On leur prête leurs dollars. Depuis 1971, les États-Unis vivent des crédits que leur fournissent les autres pays. Un gigantesque plan Marshall à l’envers, dont le colossal endettement américain donne la mesure: quelques 10 000 milliards de dollars si on additionne la dette publique et la dette externe, 30 000 milliards de dette total, soit 31% du produit mondial brut. Une paille.

Du serpent à l’euro: la construction d’une alternative monétaire

Le désordre monétaire international qui s’est généralisé dans les années 1970 ne pouvait laisser l’Europe indifférente. Sur le Vieux Continent, l’abolition des frontières au sein de la Communauté économique européenne (CEE) n’était pas un vain mot: les pays européens sont les pays les plus ouverts au commerce international; l’instabilité monétaire est pour eux particulièrement insupportable. On comprend donc que l’Europe se soit lancée très vite dans la mise en place d’un système monétaire rompant avec les mouvements erratiques des monnaies. Dès 1969, au sommet de La Haye, les Six s’étaient donné comme objectif la réalisation globale d’une union monétaire.

En 1972 d’abord, avec le « serpent monétaire » puis en mars 1979, avec le Système monétaire européen (SME), on réinstaure en Europe ce qui avait progressivement disparu au niveau mondial: un système de parités fixes avec des marges de variation limitées. Mais les problèmes s’accumulent: choc pétrolier, entrée de nouveaux pays dans le CEE… Pratiquement tous les ans, telle monnaie est dévaluée, telle autre réévaluée. Certaines monnaies ne rentrent pas dans le système. D’autres y rentrent pour en sortir aussitôt. Les marges de flottement flottent-elles mêmes allègrement: selon le moment et la monnaie, elles sont élargies à 6% ou ramenées à 1%.

Mais au-delà de ces difficultés, la véritable nouveauté du SME est que, désormais, les taux pivots sont fixés en une unité de compte européenne: l’ECU (Européen Currency Unit), une sorte de synthèse des monnaies européennes, où chaque devvise compte pour un pourcentage tenant compte du poids économique et monétaire de chaque pays.

L’idée d’une Europe monétaire progresse. En 1986, l’Acte unique réaffirme l’objectif de l’union monétaire. Le traité de Maastricht, en 1992, fixe les critères de convergence et les conditions à remplir pour accéder à la monnaie unique. Il s’agit de mesures strictes visant à limiter l’inflation, les déficits budgétaires et l’endettement. La même année, une tempête s’abat sur les monnaies européennes les plus faibles: franc, peseta, lire, livre sterling. Le processus continue malgré tout. En 1995, on choisit le nom de la future monnaie européenne: le nom ECU est abandonné (notamment à cause d’une assonance désagréable en allemand avec die kuh, la vache) au profit de « euro », plus digeste dans les différentes langues.

Le lancement de la nouvelle monnaie a lieu officiellement le 1er janvier 1999. Á cette date, onze pays sont « éligibles ». Les Britanniques ne sont pas de l’aventure, ni les Danois et les Suédois qui refusent par référendum de l’adopter. Les Grecs, qui ne remplissaient pas alors les conditions d’adhésion, rejoignent les onze élus en 2000. Le 1er janvier 2002, l’euro entre physiquement en circulation dans douze pays.

Euro qui comme Ulysse…

La monnaie européenne n’en est qu’au début d’un long voyage, mais déjà on ne peut que constater sa réussite. Elle est d’abord la manifestation la plus tangible de la construction européenne. L’Europe passe dans nos mains quand nous payons une baguette avec une pièce allemande ou espagnole. Nous nous sentons moins à l’étranger quand nous payons un café au Portugal (0,50 euro…) avec la monnaie qu’on nous a rendu à Paris.

Mais le plus important n’est pas là. C’est avec l’euro que l’Europe est devenu réellement un grand marché unique. Les entreprises y ont réalisé des économies colossales et le marché est devenu réellement transparent (voir le prix du café portugais). C’est avec l’euro que nos pays se sont soustraits au désordre monétaire international et à l’emprise du dollar; C’est grâce à l’euro que le dernier choc pétrolier, pourtant violent, a pu être encaissé sans trop de dégats. Ose-t-on imaginer ce que seraient devenus le franc ou la lire dans les grandes tempêtes de ce début de millénaire ? C’est par (et pour) l’euro que nous profitons de faibles taux d’inflation et de faibles taux d’intérêt.

Déjà deuxième monnaie mondiale après le dollar pour les échanges, la monnaie européenne est utilisée par des pays tiers pour libeller contrats et emprunts. Des accords spécifiques la lient aux monnaies d’Europe de l’Est et de la Méditerranée. Une alternative vitale pour les temps qui courent.

Le coût de l’euro

Pourtant, des voix s’élèvent régulièrement pour protester contre la monnaie unique et ses sous-entendus. Le sous-entendu le plus évident, c’est que l’Europe, qui a tant de difficultés à s’accorder sur une quelconque politique commune, s’est livrée pieds et poings liés à une politique de rigueur pour atteindre l’objectif de la monnaie unique. Le choix fait par François Mitterrand en 1983 d’abandonner la politique de relance de Pierre Mauroy (né en 1928) vaut désormais pour tout le monde. Contrôle sévère des dépenses publiques, limitation des déficits, privatisations: le pacte de stabilité n’est pas fait pour plaire à tout le monde.

La philosophie de base de l’euro est toute allemande et la localisation de la Banque centrale européenne à Francfort n’est pas fortuite. On a voulu une monnaie forte, on a voulu terrasser l’inflation, cette vieille phobie allemande: tout cela passe par de la rigueur, encore et toujours. C’est pour cela qu’on reproche à l’euro la croissance molle et éventuellement le chômage, qui sévit sur le Vieux Continent. Un pays semble particulièrement touché: l’Italie.

Le cas de ce pays est instructif: longtemps habitué aux délices d’une monnaie faible qui favorisait ses exportations, l’Italie est confrontée, avec l’arrivée de l’euro, à une perte catastrophique de compétitivité. Ses produits sont de plus en plus concurrencés par ceux des pays asiatiques, Chine en tête. Dès lors, le populisme des hommes politiques (dont certains ministres de Berlusconi) n’hésite pas à mettre sur le dos de l’euro tous les malheurs du pays, y compris la violente hausse du coût de la vie qui s’est manifestée lors de l’abandon de la lire. Le vrai problème de l’Italie, ce n’est pas l’euro, mais l’euro confronte l’Italie a ses vrais problèmes: énergie trop chère par refus du nucléaire, innovation insuffisante, système d’enseignement dépassé. Le vrai problème de l’Italie est de trouver d’autres arguments de vente que le prix de ses marchandises.

L’euro, quant à lui, a un seul vrai défaut: il condamne l’Europe à l’innovation, à la qualité et à l’excellence.

Grandeur et décadence du franc

C’est en 1360 que Jean le Bon fit frapper une pièce d’une livre tournois portant l’inscription « rex francorum ». Cette pièce devint, dans le langage courant, un franc. Le franc devint officiellement la monnaie de la France par la loi du 10 avril 1795. La loi du 17 germinal an XI (7 avril 1803) en fixe la parité or (0,2903225 gramme) et argent (4,50 grammes). C’est ce franc germinal qui assure la stabilité monétaire du pays jusqu’en 1914. L’inflation née de la guerre et la spéculation, notamment pendant le gouvernement du Cartel des gauches (1924-1926), mettent à mal la monnaie française, qui devient inconvertible en or. Poincaré, au prix d’une longue politique de rigueur, réussit à rétablir la valeur du franc et sa convertibilité, mais à un niveau bien plus faible qu’avant guerre (65,5 mg). Pendant le Front Populaire, le franc est de nouveau victime de la spéculation et du « mur de l’argent » (les milieux d’affaires, qui se méfient du gouvernement de gauche, exportent massivement des capitaux). Entre 1936 et 1938, le franc est de nouveau dévalué et devient encore une fois inconvertible. Dans l’après-guerre, après de sérieux efforts, le franc redevient une monnaie forte: en 1958, le passage au « nouveau franc » (valant 100 anciens francs) symbolise une nouvelle solidité monétaire, confortée par des excédents commerciaux qui provoquent des entrées de devises (notamment de dollars), dont de Gaulle demande habilement la conversion en or. Les événements de 1968 provoquent une crise passagère et une dévaluation (en 1969) qui en annonce bien d’autres, tout au long du dernier quart du siècle. Dans cette période, secoué par les chocs pétroliers, la crise ou l’arrivée de la gauche au pouvoir, le franc se démène entre dévaluations, flottement et ancrage dans les systèmes de stabilisation européens. Une dernière attaque spéculative contre le franc, fin 1992, est vaillamment repoussée par la Banque de France. Á partir de ce moment là, le sort du franc se joue dans le cadre du traité de Maastricht. La France en respecte d’emblée les critères et le franc se dissout dans la nouvelle monnaie européenne, l’euro, en 1999. En 2002, les francs sont rapidement retirés de la circulation.

Michel Musolino, professeur d’économie en classes préparatoires à HEC

mai 27 2009

Qui a peur de Claude Allègre ? (Vidéos)

Par Agatà Kovacs

Il y a une dizaine de jours, une polémique a été causée au sein de l’UMP par l’annonce d’une éventuelle nomination de l’ancien ministre socialiste Claude Allègre à la tête d’un ministère couvrant l’industrie, l’innovation et la recherche à l’occasion d’un futur remaniement en juin 2009. Or, beaucoup y offrent des résistances de plus en plus virulentes, qu’ils fassent partie de la droite ou des milieux écologistes.

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Ce qui est dérangeant pour ces personnes, ce sont les positions de Claude Allègre par rapport au réchauffement climatique. Présentons tout d’abord le principal intéressé en quelques mots: Claude Allègre, né le 31 mars 1937 à Paris, est un géochimiste et un homme politique français. Ses travaux scientifiques et sa carrière de chercheur ont notamment été récompensés par le Prix Crafoord en 1986 et la Médaille d’or du CNRS en 1994. Il a été ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie dans le gouvernement Lionel Jospin de 1997 à 2000. Bien que militant depuis 1973 au PS, il décide de ne pas reprendre sa carte en janvier 2008. Nicolas Sarkozy, chez qui il avait été aperçu entre les deux tours de l’élection présidentielle, déclare en février 2008 qu’il aimerait bien travailler avec lui. Le 28 août 2008, Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, a confié à l’ancien ministre socialiste de l’Éducation nationale Claude Allègre le soin d’organiser les Assises européennes de l’innovation.

Quant questions environnementales, la prise de position publique de Claude Allègre est que le réchauffement climatique existe bel et bien, mais ne trouve pas son origine dans les activités humaines. Une illustration de son propos est donnée par ses déclarations sur le réchauffement climatique du 21 septembre 2006 dans la chronique hebdomadaire qu’il tient dans le magazine L’Express, et qui ont contribué les premières à faire naître la polémique. Il y écrit que la cause de la modification climatique contemporaine reste incertaine et n’est pas forcément due à l’activité humaine. Il stigmatise simultanément « l’écologie de l’impuissance protestataire [qui] est devenue un business très lucratif pour quelques-uns ».

En réaction aux prises de positions d’Allègre, certains scientifiques ont ainsi critiqué explicitement ses arguments. Le biologiste Pierre-Henri Gouyon parle de « négationnisme écologique » de la part d’Allègre. D’autres scientifiques, en revanche, le soutiennent, parfois partiellement. Ainsi, lors d’une séance de l’Académie des sciences en mars 2007 ses arguments ont été défendus par ses collègues géophysiciens de l’IPGP Jean-Louis Le Mouël et Vincent Courtillot, membres de l’Académie des sciences. Ces derniers ont été vivement critiqués par deux autres académiciens des sciences, spécialistes du climat, Hervé Le Treut et Édouard Bard (professeur au Collège de France).

Il vaut la peine de se pencher sur cette thèse « dissidente » de réchauffement climatique dû aux cycles naturels et non à l’homme. En effet, n’en déplaise à Al Gore et à son film « Une vérité qui dérange », douter de l’origine humaine du réchauffement n’est pas un crime commis contre la citoyenneté et l’honnêteté, mais bien un doute non seulement légitime à la base, mais d’autant plus renforcé par la mise au grand jour de plusieurs mensonges et exagérations d’Al Gore dans son fameux documentaire. Les responsables du système éducatif n’ont d’ailleurs pas toujours accueilli ce dernier avec l’enthousiasme le plus extraordinaire qui soit.

En effet, en octobre 2007, le film a fait l’objet d’un jugement de la justice britannique saisie par le chef d’établissement d’un lycée du Kent qui contestait la diffusion du film dans le cadre scolaire. Le directeur d’école, Stewart Dim-mock, a en effet porté plainte contre le gouvernement britannique en l’accusant de faire du lavage de cerveau. Notons que d’après la loi britannique, si les enseignants présentent le film sans le signaler clairement, ils peuvent se trouver en violation de la section 406 de l’ »Education Act 1996″ et être reconnus coupables d’endoctrinement politique.

Le tribunal ne s’est pas opposé à la diffusion du film dans les établissements scolaires du Royaume-Uni, à condition qu’il soit accompagné d’une documentation indiquant ce qui est de l’ordre du consensus scientifique, ce qui ne l’est pas et ce qui est un point de vue politique. Le tribunal a effectivement relevé plusieurs erreurs dans le documentaire, dont les sept que voici :

Le film prétend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est attribuable au réchauffement climatique alors que le consensus scientifique est qu’on ne peut rien affirmer de tel.

Le film suggère une interprétation des graphes montrant l’évolution des températures et du CO2 sur 650 000 ans, le jugement considérant que s’il y avait un large accord chez les scientifiques sur un lien entre les deux courbes, celles-ci ne prouvaient pas ce qu’affirme Gore.

Le film lie l’ouragan Katrina au réchauffement climatique alors que l’opinion scientifique est qu’il n’y a pas de preuves suffisantes.

Le film montre l’assèchement du Lac Tchad et prétend que c’est une conséquence du réchauffement climatique, alors que les preuves sont là aussi insuffisantes.

Le film prétend qu’une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il apparait que la seule étude scientifique trouvée sur le sujet parle de quatre ours polaires noyés à cause d’une tempête.

Le film suggère que les calottes de glace du Groenland et de l’Ouest Antarctique pourraient fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Alors que le film semble suggérer une fonte dans un proche avenir, le point de vue général est que le Groenland ne pourra pas fondre avant des millénaires.

Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé l’évacuation de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle-Zélande, alors qu’aucune preuve d’une telle évacuation n’existe.

D’autre part, à la fin de son « documentaire », Al Gore prétend que les seules publications ayant remis en doute l’origine humaine du réchauffement avaient paru dans des revues populaires, et étaient destinées à jeter un « doute mal intentionné », alors qu’aucune revue scientifique n’avait remis cette soi-disante vérité en cause. Or, il s’avère que les scientifiques expérimentés ne sont pas peu nombreux à se poser un certain nombre de questions…

Par exemple, alors que le débat sur le réchauffement climatique fasait plus que jamais les manchettes depuis le dépôt du rapport de Nicholas Stern, ex-économiste en chef de la Banque mondiale, lequel fait état du coût possible de cette crise autour de 7 000 milliards de dollars, un écrivain québécois autodidacte, Pierre de Châtillon affirmait dans son livre que le réchauffement du climat est un mythe, car selon lui, le climat n’est pas dans une période de réchauffement unique à l’époque à laquelle nous vivons mais a toujours répondu à des changements cycliques depuis la nuit des temps. Depuis la sortie du rapport Stern, qui compte tout près de 700 pages, tous les journaux de la planète ont relancé la nécessité de la mise en application du protocole de Kyoto. Selon de Châtillon, des bouleversements climatiques semblables à ceux qu’on observe aujourd’hui sont survenus à des périodes de l’histoire et ont provoqué la disparition de civilisations très avancées. L’auteur avance qu’il y a plus de 10 000 ans, des civilisations dont on a retrouvé les vestiges dans les océans sont disparues lors de catastrophes climatiques qui ont été répertoriées aussi bien par Platon qu’inscrites dans les annales chinoises. Selon lui, ces bouleversements climatiques réapparaissent dans l’histoire humaine avec la régularité d’une horloge.

Selon de Châtillon, les gaz à effet de serre ne peuvent expliquer le réchauffement climatique et cette théorie semble donner raison au président américain, qui a déclaré n’être pas convaincu de la relation entre réchauffement climatique et gaz à effet de serre. L’auteur ajoute que beaucoup de scientifiques sont incapables d’établir un lien de cause à effet entre le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre et qu’ils ne comprennent tout simplement pas comment cette relation a pu être établie. Une chose est sûre: pas une semaine ne passe sans qu’on fasse état, quelque part sur la planète, de phénomènes extrêmes tels que sécheresses, incendies de forêts, tempêtes, ouragans, inondations et glissements de terrain. Sans parler de la fonte accélérée des glaciers et de la montée du niveau des mers. Pour Pierre de Châtillon, ces phénomènes sont trop rapides et généralisés pour n’être dûs qu’à l’effet de serre. L’auteur précise qu’à certains endroits, les hivers sont plus longs et plus rigoureux: on a vu tomber de la neige dans le désert d’Arabie et au Mexique. Bref, selon lui, on ne peut parler de «réchauffement» mais bien de «bouleversement climatique».

La crise du climat a commencé avec le gigantesque trou constaté il y a une vingtaine d’années dans la couche d’ozone, réputée protéger la planète contre le rayonnement solaire. Les fluorocarbones (CFC) utilisés dans les réfrigérateurs, les systèmes de climatisation et les contenants sous pressions furent désignés comme responsables de la déperdition de ce bouclier filtrant les rayonnements cosmiques. Puis on a accusé les Brésiliens qui coupent la forêt amazonienne, les courants El Niño et El Niña. Ensuite, ce fut au tour des millions de véhicules automobiles et leurs émanations de CO2 dans l’atmosphère. Malgré toutes les mesures prises, les changements climatiques se sont accélérés puis on a accusé les industries. Or, dit de Châtillon, si on fait abstraction des trois quarts de la planète qui sont recouverts par les océans, 3% par les calottes polaires, les marais, lacs, déserts et montagnes, il ne reste que 1,8% de la planète qui est peuplé d’êtres humains. Selon le National Geographic, la totalité des espaces peuplés et industriels de la Terre pourraient tenir dans un territoire grand comme l’Espagne. De Châtillon parle d’hystérie collective, d’autant plus que nombre de climatologistes ne croient pas au réchauffement climatique dû à l’accumulation des gaz à effet de serre. L’auteur croit qu’il est erroné ou au mieux signe de grande vanité de croire que l’activité humaine pourrait être la cause d’un réchauffement climatique global. Il avance qu’il suffirait d’une seule éruption volcanique comme il y en a déjà eu par le passé pour que la pollution engendrée dans l’atmosphère soit supérieure à toute celle causée par l’activité humaine.

De Châtillon cite les travaux du professeur Robert Pease, professeur de physique et de climatologie, selon qui la couche d’ozone se répare d’elle-même, alors que les molécules d’ozone dans l’atmosphère sont constamment reconstituées lorsque l’énergie de la lumière ultra-violette brise les liens des molécules d’oxygène. Selon les calculs du Pr Rowland, il y aurait une molécule de CFC pour 136 000 000 de molécules d’oxygène dans la couche d’ozone, à une hauteur de 25km d’altitude. Selon ce dernier, la théorie de la déplétion de l’ozone est inexistante, car elle est basée sur la supposition que les molécules de CFC grimperaient dans l’atmosphère sans difficulté… alors qu’elles sont plus lourdes que l’air. Quant au CO2, ce gaz ne représente que 0,035% de l’atmosphère et même si ce taux doublait, tout ce qui vit sur Terre pourrait s’en accommoder. Selon les scientifiques, plus de 99,9% du CO2 se trouve au niveau du sol ou en dessous et 71% de ce gaz est dissous dans l’eau de mer. Or, puisque le CO2 est un gaz plus lourd que l’air et qu’il se dissout dans l’eau de mer, il est donc impossible qu’il s’accumule dans les hautes couches de l’atmosphère et occasionne un quelconque effet de serre. Dès que le CO2 se manifeste dans l’atmosphère, il est aussitôt capté par les eaux de pluie et raméné au sol. De plus, l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère devrait produire logiquement une explosion de la végétation, puisque ce gaz est utilisé par les plantes dans leur métabolisme, et on sait bien qu’il n’en est rien. Par ailleurs, l’atmosphère de la planète Vénus est entièrement composée de CO2 produit par l’activité volcanique. Mars possède des calottes polaires qui sont composées de CO2 solide (glace sèche). Or, dit l’auteur, si le CO2 était la cause d’un hypothétique réchauffement climatique, Mars serait beaucoup plus chaude qu’elle ne l’est actuellement. Selon lui, la Terre se réchauffe en fait depuis le début du siècle dernier, à un moment où la pollution automobile et industrielle était quasi inexistante. Bref, même si la simultanéité du bouleversement climatique et du CO2 connaissent un cycle similaire, rien ne permet de croire que l’un est la cause de l’autre. Alors quoi? Si les bouleversements climatiques ne sont imputables ni à une augmentation des gaz à effet de serre, ni à une déperdition de la couche d’ozone, ni aux courants El Niño et El Niña ni même aux gaz intestinaux des vaches, quelle en est la cause ?

Claude Allègre chez Ruquier

Pierre de Châtillon explique que les bouleversements climatiques vont de pair avec certains phénomènes, mais n’en sont pas la cause. L’auteur admet l’augmentation du nombre des tornades et l’explique par une montée des températures, lesquelles auraient débuté en 1860 (voir graphique). Comme il est possible de le constater, dit-il, déjà en 1920, la courbe de croissance est visible et l’augmentation de la température est de 1 degré sur 90 ans, en accélération depuis 1990 jusqu »à aujourd’hui. Ainsi est-on passé d’une moyenne annuelle de 150 tornades depuis 1920 pour atteindre 600 en 1955 et plus de 1200 en 1990.

Quant au niveau de la mer, selon Pierre de Châtillon, il est en augmentation depuis le début du siècle, tout en notant que l’escalade s’est accélérée depuis 1980. L’activité volcanique elle, est passée de 1500 journées d’activité en moyenne en 1940 au double en 1990, puis encore au double entre 1990 et 2004. Les tremblements de terre (voir graphique) de magnitude 2,5 et plus sont passés d’une moyenne de 500 par année de 1920 à 5000 par année en 1973 puis à 25 000 en 2004. Selon de Châtillon, le réchauffement climatique ne serait pour rien dans cette augmentation. Selon l’auteur, qui cite Schumann, la Terre se conduit comme un énorme condensateur électrique. La cavité entre la surface de la Terre et l’ionosphère agit comme un condensateur dans un circuit électrique en oscillant. Or, cette oscillation, qui se situait à 7,8 sur une échelle de 13 il y a dix ans, se situe aujourd’hui à 12. Bref, cette résonnance est en relation inverse directe de la puissance du champ magnétique de la Terre. Selon l’auteur, dans les temps anciens, cette situation a toujours précédé une modification importante du champ magnétique terrestre. Et si la Terre participe à cette résonnance, elle n’est pour rien dans sa création. Selon de Châtillon, l’énergie nécessaire à ces vagues provient de la haute troposphère. Bref, les sources des bouleversements climatiques actuels seraient extérieurs à la planète !

L’auteur démontre un accroissement de l’activité solaire. Voir à ce sujet la vidéo ci-dessous. En décembre 2001, la NASA a publié des photos de la planète Mars indiquant une fonte majeure de ses calottes polaires, tout comme sur la Terre. Un astronome russe, Pasichnyk, a rapporté qu’il semblait se développer sur Mercure des calottes polaires, ce qui est considéré comme impossible, vu sa faible distance du soleil. Sur Vénus, des observateurs ont observé en 1999 une luminosité verte typique d’une atmosphère composée d’oxygène, ce qui a causé une grande surprise. On a observé dans l’atmosphère de Mars la formation de nuages et le champ magnétique de Jupiter a doublé d’intensité depuis 1992. En 1997, on a observé la formation d’un gigantesque tube de plasma entre Jupiter et Io, une de ses lunes. L’énergie colossale nécessaire à ce phénomène est de l’ordre de plusieurs millions d’ampères. On a observé depuis quelques temps des aurores brillantes à la surface de l’atmosphère de Saturne, ce qui indique une augmentation de sa charge électrique. Même chose pour Uranus, soumise à de fortes luminosités et des aurores boréales. Bref, les scientifiques, tout en écoutant les propos alarmistes des environnementalistes, se grattent la tête en essayant de comprendre la relation entre tous ces événements. Selon Pierre de Châtillon, ce qui se passe est bien plus qu’un simple réchauffement climatique: il s’agit d’une véritable tempête d’ordre cosmique, à l’échelle de l’univers et nous serions sur le point de devoir y faire face, tout comme d’autres civilisations les ont subies il y a des milliers d’années, et qui ont disparu de la surface de Terre…

En outre, le chef du Laboratoire d’Études spatiales de l’Observatoire de Poulkovo et membre de l’Académie des Sciences russes, Khabiboullo Abdoussamatov et plusieurs scientifiques apparus récemment dans une émission de débat sur la BBC expliquent que malgré les pressions qu’ils subissent, ils continueront à affirmer que la production du CO2 serait l’effet et non pas la cause du réchauffement climatique. En fait, la hausse des températures, disent-ils, précèdent de plus de 800 ans la hausse de CO2 et est, de ce fait, une conséquence de la hausse de température. Bref, selon de plus en plus de scientifiques, la cause du réchauffement du climat de la Terre est complexe, et semble résulter d’une cascade d’événements qui se passent sur notre soleil.
La personnalité la plus médiatisée qui incarne la lutte contre le réchauffement climatique en France est sans doute Nicolas Hulot. En dehors de cela, il est également connu pour accepter des fonds de la part de grandes entreprises considérées comme polluantes à l’image d’EDF, L’Oréal ou Rhône-Poulenc. Vincent Cheynet a écrit à ce sujet: « En fait, le diable en personne proposerait à Nicolas Hulot de figurer dans son comité de soutien en lui promettant de fermer le robinet en se lavant les dents que l’hélicologiste accepterait aussitôt. Ce qu’il y a de magique avec le Pacte écologique, c’est qu’il n’y a plus ni pollueurs ni pollués, ni droite ni gauche, ni bien ni mal, ni exploiteurs ni exploités, mais seulement des gentils consommateurs qui cliquent sur Internet pour sauver la planète ».

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Sur son site, Nicolas Hulot s’appuie entre autre sur ce graphique pour démontrer le rôle des citoyens dans la lutte contre la pollution et la trop grande émission de CO2, donc soi-disant contre le réchauffement climatique. Ces données sont sans doute correctes, mais est-il tout aussi correct de remettre la majorité de la faute du réchauffement climatique (qui n’est sans doute pas du tout d’origine humaine, d’après ce que nous avons vu) sur le pauvre citoyen ? Il paraît évident que non, car on ne leur propose aucune alternative permettant de continuer à vivre et à servir leur pays par le biais de leur travail aussi confortablement et efficacement avec des énergies renouvelables et non polluantes, car nos sociétés occidentales soient elles-mêmes loin d’être en mesure de s’auto-suffire en usant d’énergies vertes. Elles n’ont donc pas les moyens, pour l’instant tout du moins, de proposer des services assez efficaces pour permettre à une quantité significative de citoyens de remplacer leur mode de consommation d’énergie et d’obtenir ainsi des résultats non-négligeables sur l’émission totale de CO2. Il est d’ailleurs intéressant de mettre ceci en relation avec l’avant-dernier paragraphe de l’article de Régis Mex à propos du problème environnemental, dans lequel il dit ceci:

« Alors que le chemin devrait être tout ouvert devant ces alternatives, de nombreux lobbys dont les intérêts se trouvent dans le commerce des hydrocarbures rachètent les brevets des inventions qui pourraient causer du tort à leur entreprise, et freinent donc la recherche. Ils ne permettent pas que les événements les dépassent et qu’ils puissent perdre leur mainmise sur l’énergie à cause de l’une ou l’autre invention permise par le progrès, mais ils seront forcés, un jour ou l’autre, de se convertir à d’autres types d’énergie que ceux dans lesquels ils font actuellement fortune, car la disparition du pétrole et du gaz est bel et bien inéluctable. C’est pourquoi il est permis de chercher mais pas de trouver ni de mettre en place des projets vraiment significatifs trop tôt : il faudra attendre que ces magnats du monde financier soient prêts à faire migrer leurs intérêts vers les nouvelles énergies, de sorte à ne pas disparaître ni faire trop de pertes, pour que des nouvelles techniques puissent émerger sur le marché. Mais, étant donné qu’ils iront sans doute jusqu’au bout de leurs moyens, c’est-à-dire attendre aussi longtemps que ces 30-50 ans de longévité des ressources le leur accordent, beaucoup de mal qui aurait pu être évité sera fait à la planète. Malgré tout, l’hypocrisie et le manque de scrupules sont poussés jusqu’à ce que certains fonds d’investissement tentent de faire de l’écologie un business lucratif ; ces fonds se spécialisent dans l’achat et la vente de droits à polluer dans l’objectif de faire du profit avec ce type de produits, exactement comme ils le font avec le pétrole, avec les produits alimentaires, avec les crédits immobiliers, etc. Ces droits de polluer induits par les Protocoles de Kyoto semblent donc faire des heureux. Protocoles qui sont un retentissant échec, puisque outre le fait qu’ils n’ont même pas été ratifiés par la première puissance mondiale que sont les Etats-Unis, l’émission des gaz à effet de serre a augmenté de 35% au niveau mondial entre 1997 et 2007, et on conçoit mal ce que les États ont le pouvoir de faire pour contraindre des entreprises qui les dominent complètement à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers ont d’ailleurs été si généreux avec les entreprises que le prix de la tonne de carbone est quasiment d’un niveau 0, leur permettant ainsi de polluer autant que cela leur chante. »

L’hypocrisie consiste donc à donner l’illusion aux citoyens qu’ils ont le pouvoir d’avoir un impact sur la situation environnementale alors qu’en fait, ils ne l’auront que lorsque nos sociétés seront décidées à le lui donner. Pour l’instant, on semble préparer lentement la transition entre modes d’énergie basés sur les hydrocarbures et le nucléaire à des énergies vertes dans les mentalités. Mais tout laisse à penser que ce délai, qui s’annonce long, permet aussi aux magnats de l’énergie de se convertir petit à petit de sorte à conserver en définitive leur monopole, ne laissant la recherche s’effectuer qu’au rythme qu’ils veulent bien lui accorder.

L’idée est aussi de rejeter systématiquement la responsabilité des pires tragédies sur le pauvre citoyen. Ainsi, pense-t-on, si on arrive à faire en sorte qu’il croie sincèrement être celui qui doit faire changer les choses, on pourra instrumentaliser la façon dont il agira aux façons que l’on choisira, puisqu’il suit le chemin tout tracé par la propagande de masse. On pourra alors, entre autre, leur faire accepter plus facilement leur propre asservissement s’ils sont convaincus que c’est pour le bien de la planète. Joseph Goebbels, ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous le Troisième Reich (1933-1945), indissolublement lié à l’emploi des techniques modernes de la manipulation des masses et de la démagogie, disait que la meilleure façon de persuader le public de la véracité de quelque chose, c’était de le lui répéter ce quelque chose de façon massivement répétitive. Continuellement. Et finalement, le public croit que ce quelque chose est vrai, même s’il n’est appuyé par rien de tangible. Le sujet du réchauffement climatique répond à ses critères, et sa diffusion est largement permise par des lobbys tels que le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat). Á noter également que les fonds investis dans la recherche pour l’écologie et le climat sont passés de 170 millions de dollars par an avant Bush père à 2 milliards de dollars par an. D’où de nouveaux investissements et des créations d’emplois qui en ont fait un secteur rentable.

Tout ceci pour dire que notre cher Claude Allègre a bien des raisons de douter, et que ceux qui l’accusent de « négationnisme écologique » ont plus de scrupules à protéger une version de la réalité pour des raisons plus confortables économiquement et sociologiquement parlant que pour une réelle éthique scientifique et morale. Pas étonnant donc qu’on en vienne à utiliser le mot « négationnisme » comme si nier l’origine humaine du réchauffement climatique était aussi grave que de nier l’Holocauste. Tout est fait pour discréditer Claude Allègre par les façons les plus médiocres qui soient.
Mais qu’en est-il de ses chances de rentrer au gouvernement ? Jean-Marc Jancovici raisonne que «Si Nicolas Sarkozy veut se ridiculiser à huit mois du rendez-vous de Copenhague (le sommet sur le réchauffement climatique, NDLR), il peut nommer Claude Allègre». Notons que Jancovici est un proche de Nicolas Hulot, très influent dans l’univers du développement durable, et notamment auprès de Martin Bouygues, l’ami de toujours de Nicolas Sarkozy.

Mais les chances que Claude Allègre soit nommé au gouvernement sont, malgré tout, loin d’être inexistantes: Alain Juppé estime que l’arrivée de Claude Allègre constituerait un «contre-signal formidable» en raison des positions du scientifique sur le réchauffement climatique.
Nicolas Sar­kozy lui-même, malgré toutes les critiques que nous avons relevées, semble décidé à nommer cet homme, qu’il considère comme «très intelligent». «Il s’en fout de ce que pensent ses ministres, il veut s’entourer des plus intelligents», décrypte un ministre. Le président veut surtout maintenir et amplifier sa politique d’ouverture.

De plus, si le transfert de Xavier Darcos au ministère de la Justice ou à l’Intérieur se précise, Nicolas Sarkozy se trouve bien en peine de lui trouver un remplaçant. D’où la tentation de nommer un spécialiste du sujet, plutôt proche de la gauche. «Il est dans le schéma de réflexion du président», confirme l’un de ses collaborateurs.

On se demanderait bien quel mal prendrait le gouvernement Sarkozy pour refuser un homme qui a largement prouvé ses compétences sous le gouvernement Jospin et qui a le mérite d’aller dans le contre-courant de la pensée écologiste dominante pour affirmer sa propre conviction des choses, qui est, à n’en pas douter, la plus proche de la réalité. Sa nomination ne pourrait clairement être qu’un plus, ajoutant un ministre compétent et honnête dans ses opinions, préférant éviter la langue de bois, auprès de Nicolas Sarkozy. Mais il reste à ce que ce dernier fasse son choix…

Agatà Kovacs, pour Mecanopolis

Profil Facebook de Agáta Kovacs

Pour ceux qui voudraient approfondir le sujet du réchauffement climatique d’origine non-humaine, je conseille l’excellent documentaire que vous trouverez à ce lien

Extraits-résumés du documentaire:

« C’est dans les années 70 que la thèse du réchauffement climatique commença à se répandre. La première personnalité politique qui fut intéressée par le rôle que cette thèse pourrait jouer sur la scène politique fut Margaret Tatcher qui, après la grève des mineurs, voulait que son pays dépende le moins possible du charbon et du pétrole. Elle  privilègia alors le nucléaire. L’adoption de la thèse du réchauffement climatique dû à l’excès d’émission de CO2 d’origine humaine contribua à renforcer la crédibilité du nucléaire à la différence du charbon et du pétrole, réputés peu écologiques. »

« Après la chute de l’URSS, de nombreux anciens communistes se sont subtilement reconvertis dans une nouvelle idéologie qui allait naturellement contre le sens du capitalisme; l’écologie. Ils y distilèrent leurs principes néo-marxistes. »

mai 23 2009

La dégradation de l’environnement restera-t-elle un problème majeur du XXIème siècle ?

Par Régis Mex

De nos jours, le respect de l’environnement est l’un des sujets que nos postes de télévision et de radio nous rabâchent le plus. Or, je doute que beaucoup de citoyens pensent réellement qu’il leur incombe de remédier à la plus grande partie du problème écologique en préférant se rendre en bus plutôt qu’en voiture sur leur lieu de travail ou en ne laissant pas couler le robinet pendant qu’ils se brossent les dents. Nous devrions plutôt attendre de nos hommes politiques qu’ils prennent des décisions significatives à l’échelle nationale, voire mondiale, pour lutter contre la pollution. Comme le débat que l’écologie suscite part souvent dans divers sens confus et simplistes, dont la finalité culpabilisera souvent le petit citoyen, je vous propose ma propre réflexion sur le sujet.

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La pollution est effectivement quelque chose qui est intrinsèque à notre monde, mais qui s’est manifestée sous des formes multiples à travers le temps. À la pollution animale, naturelle, a succédé la pollution humaine, irrespectueuse de l’équilibre. Celle-ci peut constituer un véritable danger du fait de son pouvoir de casser la fragile stabilité environnementale, mais ses conséquences peuvent-elles menacer la survie de l’humanité pendant tout le reste de son existence ?

Il convient tout d’abord de s’entendre sur ce que nous qualifions de pollution en fixant une définition bien précise à ce terme. Nous pourrions lui donner le sens communément admis qui décrit la pollution comme la « modification défavorable du milieu naturel qui apparaît en totalité ou en partie comme un sous-produit de l’action humaine, au travers d’effets directs ou indirects altérant les critères de répartition des flux d’énergie, des niveaux de radiation, de la constitution physico-chimique du milieu naturel et de l’abondance des espèces vivantes » ; c’est sous cet angle de vue que nous allons aborder les choses. Nous exclurons ainsi la pollution animale, terme qui sonne plutôt faux, car, bien que la vie des animaux comporte parfois des comportements nocifs à l’environnement ainsi que la nécessité de toujours consommer des produits issus des créations terrestres et d’en rejeter les déchets, cette façon de faire s’harmonise toujours totalement avec les lois naturelles, et elle ne crée donc en aucun cas de déséquilibre ni de souillure qui puisse avoir un quelconque impact contre-nature sur l’environnement. Les animaux font effectivement partie intégrante de la nature, et c’est pourquoi parler de pollution animale ne peut être dénué d’une consonance paradoxale, puisqu’elle ne modifie en rien le milieu naturel d’une façon défavorable qui n’aurait pas été prévue par les lois de la nature, contrairement à l’homme, et c’est de son cas que nous débattrons, puisqu’il est le seul qui cause une pollution qui soit significative. L’être humain est effectivement plus qu’un animal intelligent ; il a la capacité d’imaginer, de créer et de se mettre en phase avec des idées et principes qui dépassent les lois naturelles fondamentales desquelles les animaux peuvent s’écarter. De ce fait, il a réellement le pouvoir de faire deux choix extrêmes : vivre en osmose avec la nature ou la dominer. Il ne faut pas pour autant confondre être en symbiose avec son environnement et être soumis par lui, car pour parler de choix, encore faut-il avoir conscience de sa situation et de ses éventuelles alternatives ; ainsi les premiers hommes étaient-ils maîtrisés par les lois naturelles avant le début de la civilisation, moment auquel ils ont finalement pu s’extirper de cet état de simple animal intelligent, et être en mesure de faire ce fameux choix entre l’attitude harmonieuse ou l’exploitation irrationnelle de leur environnement.

Nous pouvons opposer deux types de sociétés sur base de ce modèle : les civilisations de type occidental, que ce soient les égyptiennes, mésopotamiennes, grecques, romaines, scandinaves et autres de l’antiquité, qui, bien que nettement plus spirituelles et respectueuses de la nature que notre société actuelle (qualité qui a paradoxalement diminué au cours du temps proportionnellement à l’amélioration des richesses matérielles et des moyens techniques), ne faisaient pas pour autant de leur environnement une réelle préoccupation, ayant plutôt tendance à se rapporter à des dieux échappant à toute tangibilité. En revanche, les civilisations vivant en Amérique (essentiellement du Nord) à la même époque et jusqu’à leur colonisation, de même que quelques peuples chinois, asiatiques plus généralement et plusieurs tribus africaines ont longtemps été, et continuent de l’être pour certains, animistes. Donc, ces peuples étaient baignés dans une civilisation, brillante au demeurant en ce qui concerne particulièrement les Indiens d’Amérique, mais bénéficiaient d’une conscience plus large de l’importance de leur milieu naturel et y vivaient avec plus de précautions. L’interprétation des forces naturelles majoritairement sous formes d’esprits plutôt que de dieux contribuait à les maintenir plus attentionnés aux réalités de leur monde ; en somme, les esprits qu’ils vénéraient, de façon semblable à ce que les autres civilisations faisaient avec leurs dieux, étant parties intégrantes de la nature, on ne peut que comprendre facilement la propension qui est née à entourer cette dernière de tous leurs soins. L’histoire nous a cependant montré que ce n’est pas cette vision du monde qui a primé et a été en mesure de survivre au cours du temps, car il semblerait que le point auquel ces peuples animistes se sont fondus et complais dans la nature a retardé les nécessités plus matérielles mais tout aussi vitales qui auraient contribué à l’avancement de leur civilisation, ce qui les a rendus de faciles proies pour les peuples moins pacifiques, le meilleur exemple étant l’extermination des Indiens d’Amérique du Nord à 95% par les colons britanniques/américains. Le modèle qui a survécu a donc été celui de notre société actuelle, celui qui suit la loi de la raison du plus fort ; effectivement, au fur et à mesure que les civilisations qui nous ont précédés et sur lesquelles reposent les fondations de notre société occidentale ont progressé, cela s’est fait sur le plan matériel, des techniques et des inventions, et bien moins du point de vue de la sagesse, une certaine lassitude étant éprouvée pour les anciens dieux farfelus, tout comme le dieu unique qui leur a succédé se retrouvera progressivement délaissé à cause des abus et des égarements du clergé qui lui était dédié. En vérité, il est nécessaire de se référer à ces éléments qui font partie des causes de la mentalité collective actuelle, puisqu’en effet, tout ceci nous permet de voir que plus une civilisation a évolué sur le plan matériel, plus elle a régressé sur le plan philosophico-spirituel. Ainsi les innovations techniques ont toujours contribué à détruire l’environnement, à cette « modification défavorable du milieu naturel qui apparaît comme un sous-produit de l’action humaine », en permettant une contrepartie d’amélioration du confort pour ceux qui en bénéficiaient, et de profit pour ceux qui en étaient à l’origine et les mettaient en oeuvre. Lorsque l’on trouvait de nouvelles ressources permettant d’améliorer à la fois la puissance, l’utilité et les rendements que permettaient la technologie, ces mêmes ressources étaient presque toujours plus polluantes que leurs prédécesseurs. Le point d’orgue de l’égarement dans le pur matérialisme est maintenant atteint avec la situation catastrophique dans laquelle nous sommes, que ce soit au niveau du réchauffement climatique, de la disparition des espèces, ou de la surconsommation… Mais si l’on se projette dans le futur, il semblerait que les choses soient destinées à changer.

En effet, les réserves de pétrole et de gaz mondiales n’ont plus qu’une durée de vie estimée à 33 et 56 ans, et il se fait de plus en plus difficile d’en trouver étant donné que, par exemple, la moyenne de l’importance des gisements de pétrole que l’on découvre devient de plus en plus petite. Le processus de disparition a donc déjà commencé, et ses effets se feront progressivement sentir pendant cette trentaine d’années qu’il reste à vivre au pétrole. La demande de pétrole, qui augmente de plus en plus, ne pourra donc pas être honorée, tout comme cela sera le cas avec le gaz plus tard. Il va donc devenir impératif de trouver des méthodes alternatives, et ces dernières ne pourront sans doute qu’être non polluantes.

Il est effectivement incontestable que l’on se penche de plus en plus sur des moyens « verts » de produire de l’énergie, que ce soit en utilisant l’énergie solaire, de l’eau, du vent… Autant de possibilités exploitant des ressources naturelles renouvelables et infinies. Il est cependant inquiétant de voir que certains voient dans les biocarburants une source viable d’énergie, alors qu’ils ne peuvent être confectionnés qu’en utilisant de manière massive des produits le plus souvent végétaux et qui peuvent servir d’aliments, ce qui contribue à détruire l’environnement encore plus qu’il ne l’est déjà, et à aggraver une famine qui existe déjà généralement dans les pays où a lieu cette exploitation. Nous pouvons illustrer ces catastrophes par l’exemple qui est probablement le plus connu à ce propos ; les fameuses cultures de soja brésiliennes, qui demandent une vaste déforestation de la forêt amazonienne pour créer des hectares d’espaces libres permettant la culture du soja. De surcroît, comme ces terrains appartiennent à de grosses entreprises, les petits cultivateurs indépendants subissent des pressions de leur part pour qu’ils quittent leur habitation et aillent s’installer ailleurs, dans des endroits où ils ne pourront souvent plus générer des revenus décents. Ajoutons à cette destruction de l’environnement et à cet appauvrissement de la population locale que tout ce qui est produit de la sorte pour créer des biocarburants est ce qui n’aura aucune chance d’arriver dans les assiettes des brésiliens souffrant de famine. Il s’agit donc d’une énergie qui, je l’espère, ne devrait pas réussir à s’imposer dans le futur.

La voie la plus crédible est donc bien celle des énergies vertes renouvelables, qui font de plus en plus l’objet d’études de viabilité et d’investissements.
Le soleil, la force de l’eau et du vent, l’hydrogène et la fusion nucléaire sont théoriquement capables d’engendrer toute l’énergie dont l’homme a besoin. L’homme dispose de ressources potentielles illimitées: le problème de leur utilisation est simplement technique. Dans les années 1970, le futurologue Herman Kahn (1922-1983) considérait que la Terre pourrait nourrir 20 milliards d’hommes avec un revenu moyen nettement supérieur à celui des pays développés de l’époque, sans sous-estimer aucunement les problèmes d’environnement et de pollution, avec en perspective l’idée que le volume de la population se stabiliserait vers le milieu du XXIème siècle. Les problèmes sont plus qualitatifs que quantitatifs.

Il demeure cependant un problème : alors que le chemin devrait être tout ouvert devant ces alternatives, de nombreux lobbys dont les intérêts se trouvent dans le commerce des hydrocarbures rachètent les brevets des inventions qui pourraient causer du tort à leur entreprise, et freinent donc la recherche. Ils ne permettent pas que les événements les dépassent et qu’ils puissent perdre leur mainmise sur l’énergie à cause de l’une ou l’autre invention permise par le progrès, mais ils seront forcés, un jour ou l’autre, de se convertir à d’autres types d’énergie que ceux dans lesquels ils font actuellement fortune, car la disparition du pétrole et du gaz est bel et bien inéluctable. C’est pourquoi il est permis de chercher mais pas de trouver ni de mettre en place des projets vraiment significatifs trop tôt : il faudra attendre que ces magnats du monde financier soient prêts à faire migrer leurs intérêts vers les nouvelles énergies, de sorte à ne pas disparaître ni faire trop de pertes, pour que des nouvelles techniques puissent émerger sur le marché. Mais, étant donné qu’ils iront sans doute jusqu’au bout de leurs moyens, c’est-à-dire attendre aussi longtemps que ces 30-50 ans de longévité des ressources le leur accordent, beaucoup de mal qui aurait pu être évité sera fait à la planète. Malgré tout, l’hypocrisie et le manque de scrupules sont poussés jusqu’à ce que certains fonds d’investissement tentent de faire de l’écologie un business lucratif ; ces fonds se spécialisent dans l’achat et la vente de droits à polluer dans l’objectif de faire du profit avec ce type de produits, exactement comme ils le font avec le pétrole, avec les produits alimentaires, avec les crédits immobiliers, etc. Ces droits de polluer induits par les Protocoles de Kyoto semblent donc faire des heureux. Protocoles qui sont un retentissant échec, puisque outre le fait qu’ils n’ont même pas été ratifiés par la première puissance mondiale que sont les Etats-Unis, l’émission des gaz à effet de serre a augmenté de 35% au niveau mondial entre 1997 et 2007, et on conçoit mal ce que les États ont le pouvoir de faire pour contraindre des entreprises qui les dominent complètement à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers ont d’ailleurs été si généreux avec les entreprises que le prix de la tonne de carbone est quasiment d’un niveau 0, leur permettant ainsi de polluer autant que cela leur chante.

Il est donc clair que la pollution en tant que modification du milieu naturel par l’action humaine existera toujours, mais ce n’en est pas pour autant une « fatalité » dans le sens où cela serait défavorable ; en effet, bien que cela blessera toujours la nature, il n’en est pas pour autant vrai que l’homme, pour vivre différemment d’un animal, doit obligatoirement sortir du cycle naturel avec les conséquences que cela engendre sur son environnement. Le problème avec l’être humain, c’est qu’il a toujours manqué de sagesse ; il a été conçu de sorte à être une force de la nature à part entière, ce qu’il est plus que jamais à l’heure actuelle, pouvant influencer le cours de bien des cycles naturels, mais il ne s’est pas encore montré capable d’assumer réellement cette responsabilité. En effet, les peuples animistes étaient trop proches de la nature et pas assez des préoccupations de leur civilisation, alors que faire progresser cette dernière est tout de même la raison d’être de l’homme ; en conséquence, ils ont quasiment disparu et ceux qu’il reste à l’heure actuelle ne vivent plus que dans un état primitif, de même que tous les autres modes de vie qui étaient certes porteurs des meilleures intentions, mais trop éloignés des nécessités du monde réel pour que leur existence ne soit pas éphémère. Actuellement, dans nos sociétés de consommation dégénérées qui ont perdu les meilleurs repères qui puissent guider l’être humain, comme Dieu, et qui ne jurent plus que par de futiles jouissances matérielles, nous sommes dans une optique extrême, dont le défaut est d’être si profondément ancré sur ce que l’on pense être les réalités du monde que l’on en oublie les choses autrement plus subtiles et utiles que ce qui est purement matériel, tangible, mais n’en est pas pourtant tout aussi nécessaire, réel et vital. Nul doute que cette stupide logique de court terme ne cause notre perte tout comme les égarements d’autres peuples, sociétés ou civilisations ont causé la leur. Mais il est encore possible de rectifier le tir. Il ne faut en aucun cas s’attendre à ce qu’un changement providentiel vienne de nos gouvernements irresponsables, mais cela n’empêche pas que l’on puisse avoir une certaine foi dans le destin, puisque comme nous l’avons vu, il semble que l’humanité soit obligée d’adopter des techniques d’énergie verte dans un avenir relativement proche. Cependant, bien que cela réglera peut-être le problème des gaz à effets de serre, qui seraient, bien que beaucoup de scientifiques en doutent encore, à l’origine du réchauffement climatique, et que cela contribuera à assainir l’environnement, il n’en reste pas moins que les problèmes de surconsommation qu’engendre la surpopulation, et qui causent une disparition affolante des espèces, persisteront. Cette surconsommation me semble d’ailleurs plus dramatique que le réchauffement climatique, et peut être également considéré comme une sorte de pollution. Reste à savoir si ce type de pollution sera, lui, non seulement une fatalité, mais également fatal au genre humain. Ce point relève donc plus de la spéculation que le premier, mais au vu du dérèglement climatique qui engendre des cataclysmes de plus en plus nombreux et violents, nous pouvons déduire que, si l’humanité ne règle pas bientôt ce problème d’elle-même, en trouvant une parade, la Terre s’en chargera d’elle-même. Cela ne causerait certainement pas une extinction du genre humain, mais un retour à l’équilibre qui ferait des centaines de millions, si ce n’est des milliards, de victimes. Cependant, si l’humanité veut échapper à cette tragédie, elle doit se débarrasser de son modèle de vie déséquilibré, voué à une mort certaine comme ceux qui l’ont précédé, et adopter enfin la sagesse du juste milieu, qui permette au genre humain de faire progresser ses particularités d’humain en utilisant ce qui lui est nécessaire dans la nature pour faire avancer sa civilisation, mais en veillant aux lois qui permettent l’équilibre de son environnement. Une sorte d’intermédiaire entre les caractéristiques des sociétés animistes et de celles de notre époque : une harmonie sans fusion, une exploitation sans domination. Tant que notre société n’aura pas atteint cet idéal, les pires types de pollution ne pourront qu’être des fatalités.

Régis Mex, pour Mecanopolis

mai 20 2009

La Trilatérale est au service du Nouvel Ordre Mondial, par Pierre Hillard

Par Pierre Hillard, pour Mecanopolis

Désireux d’en savoir plus au sujet du dernier ouvrage de Pierre Hillard, « La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale », paru le 17 avril dernier aux Éditions François-Xavier de Guibert, nous avons pris contact avec lui. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Pierre Hillard est professeur de relations internationales à l’école supérieure de commerce extérieur de Paris. Historien de formation, diplômé de science politique et d’études stratégiques, spécialiste de l’Allemagne, des affaires européennes et de la question des minorités, il centre son étude sur le partenariat transatlantique et la gouvernance mondiale. Accédant à notre demande, il a accepté de rédiger, pour Mecanopolis, un article à propos de la Commission Trilatérale en guise de présentation de son livre qui, lui, porte sur la Fondation Bertelsmann.

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La Trilatérale est une organisation méconnue du public français. Croyant que le suffrage universel représente l’arme décisive pour changer le cours des choses, les Français ignorent en fait que les véritables acteurs de la vie politique et économique se trouvent au sein de « centres de réflexion » nourris par des multinationales. Des groupes ultra puissants comme le Bilderberg, le Lucis Trust, le Council on Foreign Relations (le CFR pour les Etats-Unis concernant la politique étrangère), l’European Council on Foreign Relations (l’ECFR pour l’Union européenne), la Fondation Bertelsmann pour ne citer que ces cas représentent les relais du pouvoir mondial en gestation. Coopérant étroitement entre eux, ces groupes élitistes constituent les différents musiciens permettant à l’orchestre mondialiste de jouer une partition intitulée : « Vers une gouvernance mondiale ». Dans cette affaire, un groupe solidement implanté joue aussi son rôle en faveur d’une unification planétaire : la Trilatérale.

Créée en 1973 par Zbigniew Brzezinski (conseiller du président Obama) et David Rockefeller (ancien président du CFR pour ne citer que ce cas), la Trilatérale est constituée de trois entités : l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon. L’objectif de la Trilatérale comme l’affirme Brzezinski dans un article du Figaro est de permettre aux Etats de « faire face à des problèmes de plus en plus partagés – financiers, économiques et stratégiques – et qu’ils sont de moins en moins en mesure de régler, sans au moins se concerter plus étroitement dans leur propre intérêt et dans celui du reste du monde (…). D’où l’idée d’un groupe non gouvernemental de réflexion et de proposition, une centaine d’hommes et de femmes – d’Etat comme d’affaires, de syndicat comme d’université -, qui pourrait nous habituer à travailler ensemble et à mieux réconcilier nos politiques. Un groupe qui a eu le bonheur de compter dans ses rangs des Français tels que Paul Delouvrier, Robert Marjolin, Raymond Barre, Simone Veil, François de Rose, Hubert Védrine, parmi tant d’autres … (…). La Trilatérale a beaucoup fait en son temps pour nous rapprocher – nous Américains, Européens et Japonais (…). L’un de ses rejetons a été le groupe des Sept (le G-7)[1] » .

En fait, la Trilatérale œuvre en faveur d’une gouvernance mondiale en procédant par étape. Ainsi, l’une d’entre elle consiste à créer un bloc euro-atlantique unifié dans les domaines politiques, économiques et militaires. Les personnes clefs à la tête de cet institut le confirment aisément. Le président de la Trilatérale Europe est l’Irlandais Peter Sutherland[2]. Outre son passage à la tête de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), il est aussi le président européen d’un institut euro-américain ultra puissant oeuvrant en faveur d’une Union atlantique : le TPN (Transatlantic Policy Network, réseau politique transatlantique)[3]. Ce TPN soutenu par les grandes multinationales (Boeing, Michelin, Coca-Cola, Bertelsmann, Nestley, Microsoft, etc)[4] a affiché clairement ses objectifs : la création d’un seul bloc atlantique à l’horizon 2015[5]. Le rôle de Peter Sutherland à la tête de ces deux instituts est de mener à bien cette ambition. Face à ces objectifs, il n’est donc pas étonnant de relever le nom du vice-président de la Trilatérale Europe, Hervé de Carmoy[6]. En effet, ce dernier est l’auteur d’un ouvrage au titre explicite et résumant la finalité du projet transatlantique, Euramérique[7].

Dans ce travail de fond, la Trilatérale ne laisse rien au hasard. En effet, lors des travaux Giscard en 2003/2004 en faveur d’une constitution européenne, le véritable meneur fut l’Anglais Lord Kerr of Kinlochard, membre de la Trilatérale Europe. Ancien président de la société pétrolière Shell, ancien ambassadeur aux Etats-Unis, il fut aussi le secrétaire général à la Convention européenne auprès de Valéry Giscard d’Estaing[8]. Une telle fonction est logique puisqu’il s’avère nécessaire de créer un pilier politique européen associé au pilier nord-américain dans le but de donner naissance à une Union atlantique. Cet idéal était déjà affiché par le Fondateur de la Paneurope, Richard de Coudenhove-Kalergi qui, dans un discours de 1950, appelait à la naissance d’une « Union atlantique » aboutissant à une « fédération à trois », « l’Angleterre faisant le pont entre l’Europe et l’Amérique »[9].

Ces informations soulignent l’importance de la Trilatérale. Son action doit être dénoncée car elle participe à la formation d’une gouvernance mondiale destructrice des nations et des traditions.

Pierre Hillard, pour Mecanopolis

Dernier ouvrage paru : La Fondation Bertelsmann et la « gouvernance mondiale »

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Notes :

[1] Le Figaro, 25 janvier 1999

[2] http://www.trilateral.org/memb.htm

[3] http://www.tpnonline.org/who.html

[4] http://www.tpnonline.org/business.html

[5] http://www.tpnonline.org/activities.html : voir “strategy to strenghten transatlantic partnership”. Ce travail a été présenté dans un ouvrage intitulé Deep Integration de Daniel Hamilton et Joseph Quinlan aux Editions Center for Transatlantic Relations.

[6] http://www.trilateral.org/membship/bios/hdc.htm

[7] Euramérique, Hervé de Carmoy, Editions PUF, 2007.

[8] http://www.trilateral.org/memb.htm La liste montre aussi que l’ancien ambassadeur français aux Etats-Unis, François Bujon de l’Estang, est membre de la Trilatérale.

[9] Voir notre livre La décomposition des nations européennes, aux Editions François-Xavier de Guibert, annexe 11.

mai 18 2009

La stratégie de Benoît XVI: « Une croisade pour le Nouvel Ordre Mondial »

Régis Mex, Mecanopolis

Suite aux divers événements en provenance du Vatican, que ce soit la polémique autour des propos de Benoît XVI décourageant l’utilisation du préservatif ou son voyage auprès des communautés juives et musulmanes en Terre Sainte, il m’a paru intéressant de reprendre quelques informations visant à cerner la stratégie du Vatican. Bien sûr, il n’est aucunement dans mon intention de critiquer la religion en elle-même, mais bien la politique (car c’est bien de cela qu’il s’agit) que mènent ses représentants par son biais.

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Christian Terras, catholique de 56 ans qui avait notamment dénoncé l’affaire des prêtres pédophiles en Suisse, est le poil à gratter du Vatican depuis maintenant 15 ans. Directeur de la revue progressiste «Golias», il explique ce qui sous-tend, selon lui, les propos de Benoît XVI:

« Benoît XVI propose un idéal sectaire et totalitaire si l’on met en parallèle cette morale catholique en tant que telle et la situation africaine. Ce n’est malheureusement pas nouveau. L’an dernier, les ONG humanitaires catholiques ont été réunies à Rome. Le Vatican voulait peser contre les campagnes qui font du préservatif un passage obligé. Il faut lire cette volonté dans le sens du message de Benoît XVI dans l’avion. Il ne veut pas tomber dans la mécanisation éthique du préservatif. »

3409248794_7857c359b0« Cela commence à bien faire; depuis quatre ans, il y a une accumulation de gaffes. Sur les musulmans à Ratisbonne, sur les Nazis à Auschwitz, une «bande de criminels», sur les peuples d’Amérique du Sud qui n’auraient pas été évangélisés de manière violente… Puis la levée des excommunications des Lefebvristes, en janvier dernier, dont le négationniste Williamson, et enfin l’excommunication par un prélat brésilien d’une mère qui a fait avorter sa fille de 9 ans, violée par son beau-père et enceinte de lui, qu’il a approuvé… »

« Il y a autre chose derrière l’irresponsabilité de ces déclarations. Il agit en fait dans le cadre d’une stratégie concertée. Il est en croisade pour un nouvel ordre mondial. Une croisade contre ce que Benoît XVI appelle le relativisme, une stratégie concertée contre le monde moderne et ses évolutions en matière de famille, de bioéthique, de santé (le débat sur l’euthanasie). Or, Benoît XVI n’a de cesse de remonter le temps, d’instrumentaliser la tradition chrétienne, la loi naturelle et Saint Thomas d’Aquin par exemple. Depuis plusieurs décennies, les médecins chrétiens avaient commencé à faire bouger les lignes sur le préservatif. Un certain nombre d’évêques avaient fait montre de pragmatisme: si le préservatif peut permettre de sauver des vies, bon… Mais Josef Ratzinger, lorsqu’il était préfet de la congrégation et garant de l’orthodoxie romaine, avait mis à mal ce travail progressiste, en faisant condamner 1.000 théologiens, dont 200 théologiens moralistes selon mes recherches. L’Eglise a laminé toute la pensée théologique qui travaillait sur une nouvelle morale catholique moderne et adaptée, en prenant en compte les progrès de la science, de l’anthropologie, le statut de la femme. C’est une stratégie suicidaire, je pense qu’il est dangereux. »

Les propos polémiques sur l’usage du préservatif font donc partie, en fait, d’une stratégie de communication qui vise une certaine fortification de l’identité de l’Église, une certaine radicalisation. Ce qui est paradoxal, c’est l’ouverture que semble pourtant périodiquement accorder Benoît XVI aux autres religions. Lors de son voyage en Jordanie, le Pape a effectivement précisé : « Nous pouvons dire que ces précieuses initiatives ont obtenu de bons résultats en favorisant la promotion d’une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman mettant en échec les prédications de ceux qui considèrent inévitables la violence et les conflits.» Il est indiscutable qu’à l’heure où les tensions entre communautés judéo-chrétiennes et musulmanes sont grandes, l’initiative de Benoît XVI va dans le bon sens puisqu’elle s’inscrit dans la recherche d’une réconciliation. Cependant, il pourrait se cacher quelque chose de moins noble derrière cette volonté de promouvoir « une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman ». Dans ces temps de mondialisme effréné, il n’est pas impossible que le mot « alliance » soit lourd de nuances. Pour se faire une meilleure idée sur la portée de ce terme, il faut se référer à un extrait d’un ancien discours de Noël du Pape:

Le 24 décembre 2005, Benoît XVI a délivré son message de Noël : « La force vivifiante de sa lumière (de Dieu) t’encourage à t’engager dans l’édification d’un Nouvel Ordre Mondial, fondé sur de justes relations éthiques et économiques. Que son amour guide les peuples et éclaire leur conscience commune d’être une famille appelée à construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du monde présent.»

Les propos du supérieur général de l’Ordre des Jésuites, surnommé le « Pape Noir », Peter-Hans Kolvenbach, n’en sont pas moins intriguants. Dans un discours tenu en 1997, ce prince de l’Église a réaffirmé la nécessité de l’unité dans des termes proches de l’Être suprême : « L’homme de foi est intimement convaincu que l’histoire de l’union humaine peut être écrite en collaboration avec le Seigneur de l’Histoire. L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal. Le monde se meut vers un nouveau phénomène pentecostal où chacun, avec ses particularités, se fait communion avec l’esprit.»

Mais les propensions de l’Église envers le Nouvel Ordre Mondial ne s’arrêtent pas là. Le rapport aux évêques de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté européenne) intitulé « Gouvernance mondiale: Notre responsabilité pour que la mondialisation devienne une opportunité pour tous», contient, entre autre, les lignes suivantes:

« Nous accueillons chaleureusement ce rapport, plus particulièrement, au nom de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) dont la tâche est de surveiller et de commenter la politique de l’Union européenne. Une conclusion clé du texte suivant est que l’UE, étant donné sa genèse, son architecture, la compréhension qu’elle a d’elle-même, ainsi que ses responsabilités dans des domaines politiques comme le commerce, la concurrence et la coopération au développement, a un rôle crucial à jouer dans la transformation de l’ordre international existant en un système de gouvernance mondiale . Nous considérons que l’Union européenne est un modèle pionnier d’intégration régionale et qu’elle constitue un exemple pour l’avenir de la gouvernance dans de nombreuses autres régions du monde, malgré son expérience encore naissante et donc, contingente, dans certains domaines politiques. Nous espérons que ce rapport contribuera également à ranimer la réflexion et le débat public sur la signification profonde de l’intégration européenne.»

« Les économies ouvertes ne tiendront pas sans la volonté des Etats de s’ouvrir également sur le plan politique. Dans un monde marqué par une interdépendance croissante, l’Union européenne est un exemple unique et convaincant d’un système de gouvernance basé sur la coopération politique supranationale et multilatérale. En outre, la volonté politique d’aboutir à un système de gouvernance mondiale et de le maintenir doit être soutenue par des convictions et des valeurs fermes.»

« L’ implication des Eglises et des autres communautés religieuses, des ONG et des entreprises privées, ainsi que des Etats et des blocs régionaux dans la gouvernance mondiale: Les Eglises et les autres religions peuvent s’informer et informer leurs fidèles sur les défis globaux et les encourager à prendre leurs responsabilités. Les problèmes de la gouvernance mondiale doivent être inclus dans des programmes d’enseignement et de catéchèse. Les Eglises pourraient faire du thème de la gouvernance mondiale un sujet de dialogue oecuménique et interreligieux. Au sein de l’Eglise catholique, par exemple, le réseau d’universités, les commissions ‘Justice et Paix’ et les «Semaines sociales» pourraient être une ressource à utiliser fidèles à leurs mandats initiaux pour contrôler et analyser les développements.»

Á la lumière de ceci, les motivations mondialistes de l’Église nous apparaissent clairement, tout comme le fait que cette même Église outrepasse le cadre purement spirituel dans lequel son pouvoir est censé être restreint pour s’immiscer dans le domaine temporel, politique. Parmi les plus influentes personnalités du Vatican règne donc une corruption manifeste, qui explique sans doute pourquoi les élites ecclésiastiques oeuvrent de temps à autres pour le rapprochement des communautés, et le reste du temps à la solidification de leur identité propre. En effet, en ce qui concerne la radicalisation du christianisme, Benoît XVI mènerait sa propre politique, et serait influencé par les pressions politiques qui sont exercées au sein du Vatican de sorte à appuyer le mondialisme de temps à autre, en donnant à ce courant une touche religieuse qui permet de le faire d’autant mieux passer dans les pensées des croyants qui seront plus enclins à considérer le mondialisme comme une bonne chose, voire à le rendre inconsciemment acceptable au plus grand nombre, c’est-à-dire à ceux qui ne sont de toute façon pas conscients de ce que représentent les déclarations du Pape sur le Nouvel Ordre Mondial.

En outre, bien que cela ne soit pas directement lié, il n’est pas impossible que certains des représentants de notre élite occidentale veuillent encourager des mesures, dans les pays musulmans corrompus et désireux de satisfaire les volontés de l’axe américano-européen, qui puissent rendre peu à peu l’Islam assimilable à l’esprit de consommation, tout comme le concile de Vatican II y avait contribué vis-à-vis du christianisme. En attestent les propos de Ralph Peters, auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratégie et des relations internationales:

« Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un État sacré islamique – une sorte de super Vatican musulman – où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé. » Soit une sorte d’Islam des Lumières élaboré au cœur de cet État sacré islamique qui permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils épousent pleinement la philosophie mondialiste.

D’autres éléments contribuent à renforcer le rôle de la religion chrétienne en l’utilisant à des fins politiques. Les actions en ce sens de Nicolas Sarkozy sont particulièrement connues parce qu’elles sont en désaccord avec le statut laïc de la France.

On ne peut effectivement s’empêcher de penser que la croyance et l’espérance, dont Nicolas Sarkozy parle benoit-xvi-21avec constance, sont précisément les sentiments qu’il voudrait inspirer aux Français. « Pas de pouvoir sans croyance », disait Paul Valéry. L’exposition sans retenue de ses interrogations métaphysiques procède aussi de cette logique-là. Qu’importent la réalité et ses contraintes, qu’importent les vicissitudes de l’action politique quand il suffit de croire. A cette logique, à laquelle les Américains sont habitués depuis longtemps, Nicolas Sarkozy voudrait accoutumer les Français.

Il a détaillé ses convictions dans un livre, la « République, les Religions, l’Espérance » , paru en 2004, ouvrage qui s’insère dans une bibliographie dont les titres ont un étrange parfum d’encyclique ou de prêche ésotérique : « Ensemble », « Témoignage libre », « Au bout de la passion : l’équilibre ». Et s’il est vrai qu’un responsable politique écrit généralement la biographie d’hommes auxquels il voudrait secrètement qu’on le compare, alors le titre de son ouvrage sur Georges Mandel, « Le Moine de la politique », laisse songeur.

Dès les premières pages de la République, tout est dit : « Je considère que, toutes ces dernières années, on a surestimé l’importance des questions sociologiques, tandis que le fait religieux et la question spirituelle ont été très largement sous-estimées.» On remarquera, en outre, que cette phrase opère un étonnant rapprochement entre le fait religieux, phénomène social qui ressort de la sphère publique, et la question spirituelle, en principe exclusivement privée, elle.

Explication de texte, par l’auteur : « Le fait religieux est un élément primordial en ce qu’il inscrit la vie dans un processus qui ne s’arrête pas avec la mort. C’est pourquoi je n’ai pas une conception sectaire de la laïcité. Pas même la vision d’une laïcité indifférente. Je crois au besoin religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale. »

Il faut évoquer la réception, en grande pompe, au ministère des Finances, de l’acteur Tom Cruise, dont personne n’ignorait alors qu’il était le porte-parole de la scientologie.

Il faut lire Sarkozy, toujours dans la « République, les Religions, l’Espérance », lorsqu’il reconnaît « la légitimité de certaines des nouvelles religiosités », estimant que le mot secte « est parfois utilisé abusivement contre des mouvements spirituels nouveaux ». Nouveau mouvement spirituel, ce qualificatif est précisément celui dont se réclame la scientologie, secte pourtant parmi les plus dangereuses, aux dires même des pouvoirs publics. Il est vrai, comme l’exprimera Nicolas Sarkozy, que les « sectaires » sont les autres, ceux qui ont fait de la laïcité une « laïcité de combat ». Inquiétant dévoiement du sens des mots.

Par Régis Mex, pour Mecanopolis.

mai 12 2009

La prise de l’Internet sera bientôt débranchée

Mecanopolis

L’Internet est le dernier vrai avant-poste de liberté d’expression qui résiste encore à la régulation, mais des projets sont en cours pour étouffer, contrôler et éventuellement tirer la prise du monde du web tel que nous le connaissons. Ces menaces ne sont pas plus cachées qu’elles ne sont difficiles à deviner et encore un nombre signifiant d’utilisateurs d’Internet reste naïf quant à cette possibilité.

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En dépit de nombreux questionnements sur l’authenticité d’un rapport qui affirmait que les FAI s’étaient décidés à restreindre l’Internet à une sorte de modèle d’abonnement TV, où les utilisateurs seraint forcés de payer pour visiter des sites sélectionnés d’ici 2012, alors que les autres seraient bloqués, la marche vers la régulation du web est claire et documentée.

Nous avons été prévenus du plan qui consiste à laisser le vieil Internet mourir et le remplacer par Internet 2, restreint et contrôlé. En 2006, nous avons publié un article à propos de comment le RIAA était en train d’essayer d’élargir les distinctions de propriété intellectuelle jusqu’à un point où celles qui sont liées à un certain contenu extérieur seront jugées comme une infraction des droits de copyright.

À l’époque, l’article rencontrait des réponses partagées. Beaucoup étaient conscients des dangers imminents qui menacent de changer la face de l’Internet mais d’autres étaient plus hostiles à la possibilité que le World Wide Web (WWW) puisse être dévasté par un cas d’extension des bornes du copyright, aidant les plans de développement d’un « Internet 2 ».

Ce danger était aussi reporté par l’un des plus grands sites anglais de nouvelles sur la technologie, « The Inquirer », qui a surligné l’inquiétant développement de ces plans dans un article intitulé « Le RIAA veut la fermeture d’Internet.».

L’argument du RIAA était Tenise Barker, inculpé pour avoir téléchargé des fichiers musicaux et les avoir rendu disponibles à la distribution en les plaçant dans un fichier partagé. Malgré le fait que Barker avait payé pour ces fichiers et les avait donc téléchargé légalement, de même que les fichiers n’avaient été copiés par personne, les conditions du RIAA stipulaient que le simple fait de rendre ces fichiers disponibles au téléchargement gratuit constituait une infraction du copyright.

Comme Beckerman l’a fait remarquer, Internet entier n’est rien de plus qu’un réseau géant d’hyperliens rendant les fichiers « disponibles » pour les autres personnes. Si nous redirigeons nos lecteurs vers CNN.com, nous faisons que le fichier qui constitue la page d’accueil de CNN soit « disponible » pour d’autres internautes. Nous ne possédons pas le copyright pour un quelconque matériel de CNN que ce soit, donc si l’argument de la RIAA est accepté, en faisant simplement apparaître un lien de redirection vers CNN depuis notre site, même si personne ne clique dessus, nous commettons une entorse au copyright.

Dans aucun point de notre article nous ne suggérons que le jugement définitif détruirait l’Internet; soulignons en effet que ce serait un meurtre sanglant pour des centaines d’entreprises internationales comme Amazon.com qui se fient exclusivement au commerce par l’Internet. Mais le dérapage le plus probable serait le passage à un Internet strictement régulé où la permission du gouvernement serait nécessaire pour ouvrir un site web, et où ce site web serait sujet à la censure et à la suppression si il violait les « termes d’utilisation ».

Cela ne devrait causer aucun problème aux géantes entreprises transnationales, car leurs sites webs resteraient accessibles pour tout le monde. Mais pour des milliers de sites et blogs politiques, la prise pourrait effectivement être débranchée.

Après un long combat légal, Elektra vs Barker a été tranché largement en la faveur d’Elektra, après qu’un juge fédéral ait essentiellement validé la position du RIAA, comme quoi avoir des chansons disponibles dans un dossier de partage KaZaA violait le droit de distribution sous la loi du copyright.

L’exemple que nous pourrions donner ce que serait la vie sous « Internet 2″ serait qu’ouvrir un blog serait comme avoir un compte YouTube: toute connotation politique ou information controversée que les propriétaires n’apprécieraient pas serait immédiatement supprimée comme cela arrive fréquemment sur YouTube.

De plus, le dérapage vers un Internet sous licence qui sera vendu en jouant sur la peur de l’identification et de la fraude sur les cartes de crédit pourrait mener à un scan biométrique obligatoire d’un pouce ou d’un doigt pour accéder au web.

C’est à peine une production de l’imagination, depuis que de nombreux services publics et fonctions de notre société ne sont de plus en plus accessibles qu’à condition de fournir une certaine forme d’information biométrique. Les « Credit passes » pour les voyages, les « ATM terminals » et l’accès à des parks à thème comme Disneyland sont quelques exemples des nombreux services que nous utilisons et qui se déplacent vers une identification biométrique obligatoire.

De plus, Pay By Touch Online et d’autres compagnies ont déjà développé et lancé un clavier biométrique qui requiert que les utilisateurs soumettent leur marque biométrique (par le scan des empreintes digitales des doigts) avant de pouvoir accéder à l’Internet ou acheter en ligne.

Occultant le débat à propos de la neutralité du net, il est prévu que l’Internet 2 remplace l’ancien, ce qui sera permis par l’auto-destruction de ce dernier par un ralentissement exponentiel de l’Internet par les FAI, de sorte à ce que les utilisateurs migrent vers les seuls services convenables qu’on leur propose, que ces derniers soient rendus disponibles par le même FAI ou par un autre avec lequel il aurait des intérêts communs. Une loi définissant la neutralité du net pourrait éviter cela, mais le Congrès américain n’a pas estimé que cette notion était suffisamment importante pour qu’elle soit légalisée.

Il y a plus de deux ans, dans un article intitulé « La fin de l’Internet ? », « The Nation Magazine » reportait:

« Les plus grandes compagnies de cable et de téléphone de la nation sont en train de fabriquer un inquiétant nombre de stratégies qui transformerait le libre, l’ouvert et le non-discriminatoire Internet d’aujourd’hui en un service privatisé et flétri qui impliquerait une taxe pour tout ce que nous faisons virtuellement. »

« Verizon, Comcast, Bell South et d’autres géants de la communication développent des stratégies qui traqueraient et stockeraient les informations sur nos moindres actes dans le monde virtuel dans une vaste collection de données faisant le jeu du système de marketing; de quoi rivaliser d’envergure avec la National Security Agency. D’après les journaux non-alignés circulant sur le cable, les industries de téléphone et de télécommunications et les entreprises qui ont les poches les plus remplies – corporations, groupes aux intérêts spécifiques et annonceurs majeurs – obtiendraient un traitement de faveur. Le contenu venant de ces fournisseurs aurait la priorité sur nos écrans d’ordinateurs et de télévisions, pendant que l’information considérée comme indésirable, comme les communications de peer-to-peer, pourrait être ralentie ou tout simplement détruite. »

Internet 2 est présenté comme la prochaine génération du « World Wide Web », et a déjà à son actif des records de vitesse globale en termes de transfert de données, dépassant de loin le vieux Internet. (Informations complémentaires à ce sujet ici Réseaux-Télécoms et là InternetNews)

Un des pères de l’Internet, David Clarck, qui servit d’architecte principal du protocole pour l’initiative du développement de l’Internet par le gouvernement américain dans les années 1980, a reçu 200.000$ par la Nation Science Foundation pour travailler sur une « infrastructure entièrement nouvelle pour remplacer le réseau global d’aujourd’hui », d’après le Wired Magazine.

Clark a prêté serment de créer un « nouveau monde valeureux », ce de quoi il qualifie le nouvel Internet, précisant que ce qu’il voulait pour le nouveau réseau est « une architecture cohérente de sécurité ».

Concordant avec la mise en place d’Internet 2, les campagnes de propagande gouvernementales pour démoniser l’Internet existant comme un encouragement sauvage pour le crime haineux, la pornographie infantile et le recrutement de terroristes se font de plus en plus présentes.

La stratégie déclassifiée récemment de la Maison Blanche pour « gagner la guerre contre la terreur » cible les théories de conspiration venant d’Internet comme un terreau fertile pour le recrutement de terroristes et menace de « diminuer » leur influence.

En plus, le Pentagon a annoncé récemment son effort d’infiltrer l’Internet et de faire de la propagande pour la « guerre contre la terreur ».

Dans un discours d’octobre 2006, le directeur du Homeland Security, Michael Chertoff, identifiait le web comme un « camp d’entraînement de terroristes », à travers lequel « divers gens vivant aux États-Unis » développent « des idéologies radicales et potentiellement des actes violents ».

L’Union Européenne a elle aussi promis de faire taire les « terroristes » qui utilisent l’Internet pour répandre leur propagande.

Les dangers pour la liberté et l’existence de l’Internet tel que nous le connaissons ne sont tous que trop réels, et le seul moyen de contrer ces développements est d’agir et de faire circuler le mot. Cacher simplement nos têtes dans le sable et être lâches et naïfs par rapport à la menace ne fera qu’aider ceux qui espèrent voir le dernier rempart de la liberté d’expression s’écrouler pour toujours.

Source: PrisonPlanet, traduit de l’anglais par Régis Mex, pour Mecanopolis.

Cet article est à mettre en rapport avec l’analyse sur la loi Hadopi que nous avons publié récemment, notamment avec le fait que la liberté qui règne sur Internet cause des millions de dollars de pertes par an aux médias alignés.