déc 03 2009

Les vĂ©ritables objectifs de l’accord militaire entre les Etats-unis et la Colombie

L’accord militaire entre les USA et la Colombie est la base et le dĂ©but d’un large programme d’opĂ©rations en tout genre en AmĂ©rique du Sud. Un document officiel du ministĂšre de la dĂ©fense aĂ©rienne de la Force AĂ©rienne U.S. rĂ©vĂšle que la base militaire amĂ©ricaine de Palanquero en Colombie est « la garantie de pouvoir mener un large Ă©ventail d’opĂ©rations en AmĂ©rique du Sud. » Cette affirmation contredit l’explication donnĂ©e par le prĂ©sident Álvaro Uribe et le DĂ©partement d’État U.S. sur l’accord signĂ© le 30 Octobre entre ces deux pays.

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L’ArmĂ©e colombienne, bras armĂ© des intĂ©rĂȘts US en AmĂ©rique du Sud

Le gouvernement Colombien et les Etats-Unis ont soutenu publiquement que cet accord de coopĂ©ration militaire et les futures opĂ©rations menĂ©es en Colombie Ă©taient exclusivement destinĂ©s Ă  la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme intĂ©rieur (FARC). Le prĂ©sident Uribe a rĂ©itĂ©rĂ© de nombreuses fois (mĂȘme lors de la rĂ©union UNASUR Ă  Bariloche en Argentine) que l’accord militaire avec Washington n’affectera pas ses voisins. Toutefois, le prĂ©sent document de l’U.S. Air Force affirme le contraire et indique que les vĂ©ritables intentions et les objectifs derriĂšre ce traitĂ© bilatĂ©ral, sont de mener des opĂ©rations militaires sur tout le sous-continent amĂ©ricain afin de lutter contre «… la menace constante des gouvernements anti-amĂ©ricains dans cette RĂ©gion».

Cet accord autorise l’accĂšs et l’utilisation des sept installations militaires dans les villes de Palanquero, Malambo, PtolĂ©maĂŻs, Larandia, Apiay, Cartagena et Malaga. En outre, il permet « l’accĂšs et l’utilisation d’autres installations et emplacements » sur tout le territoire colombien, sans restrictions. Il donne aussi l’immunitĂ© total aux ressortissants civils et militaires ainsi qu’aux entrepreneurs Ă©tasuniens qui entreront sur le territoire colombien et permet aux Etats-Unis d’utiliser tout type d’installation dans le pays, y compris les aĂ©roports commerciaux, ce qui signifie donc l’abandon total de la souverainetĂ© colombienne.

Le document de la Force aĂ©rienne souligne l’importance de la base militaire de Palanquero et parle de la nĂ©cessitĂ© d’investir 46 millions USD pour l’amĂ©lioration de la piste d’atterrissage, ainsi que l’achat de divers autres Ă©quipements afin de transformer cette base et en faire un centre de coopĂ©ration pour la sĂ©curitĂ© (CSL). «L’Ă©tablissement d’un CSL est nĂ©cessaire pour soutenir notre stratĂ©gie comme centre de commandement militaire local et dĂ©montrer ainsi notre rattachement et la relation (partenariat) avec la Colombie. Le dĂ©veloppement de ce CSL nous donne une occasion unique pour dĂ©velopper toute une gamme d’opĂ©rations dans cette rĂ©gion cruciale pour nos intĂ©rĂȘts ; rĂ©gion oĂč la sĂ©curitĂ© et la stabilitĂ© sont sous la menace constante des rebelles terroristes financĂ©s par le trafic de drogue, de la prĂ©sence de gouvernements anti-amĂ©ricains, de la pauvretĂ© endĂ©mique et de catastrophes naturelles frĂ©quentes …»

Il n’est pas difficile d’imaginer quels sont les gouvernements en AmĂ©rique du Sud qui sont considĂ©rĂ©s par Washington comme « anti-amĂ©ricain ». Les dĂ©clarations agressives rĂ©pĂ©tĂ©es, contre le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, en fait les pays intĂ©grants l’ALBA dĂ©montrent bien que ces nations sont perçues par Washington comme une menace « constante ».

Par dĂ©finition, dĂ©nommer un pays « anti-amĂ©ricain » c’est le considĂ©rer comme un ennemi de l’AmĂ©rique. Dans ce contexte, il est logique de penser que les Etats-Unis pourraient rĂ©agir militairement face Ă  tant d’« ennemis » en prĂ©sence.

LA LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE DROGUE EST SECONDAIRE

Selon le document, « L’accĂšs Ă  la Colombie permettra d’approfondir les relations stratĂ©giques avec les États-Unis. La forte relation de coopĂ©ration sur la sĂ©curitĂ© est aussi l’opportunitĂ© de procĂ©der Ă  toute une gamme d’OpĂ©rations en AmĂ©rique du Sud, notamment en soutenant les capacitĂ©s de lutte contre le trafic de drogue.»

LĂ , il est clair que la lutte contre ce trafic est une question secondaire. Ce fait contredit l’explication donnĂ©e par les deux gouvernements qui ont essayĂ© de prĂ©tendre que l’objectif principal Ă©tait de lutter contre les FARC et le trafic de drogue. Le document de la Force aĂ©rienne continentale priorise les opĂ©rations militaires nĂ©cessaires pour lutter contre la « menace constante » des gouvernements anti-amĂ©ricains de la rĂ©gion.

PALENQUERO EST LE MEILLEUR SITE POUR UNE PORTÉE CONTINENTALE

Le document de la Force aĂ©rienne explique que « Palanquero est sans doute le meilleur endroit pour investir dans le dĂ©veloppement des infrastructures au sein de la Colombie. Son emplacement central se trouve Ă  portĂ©e des zones opĂ©rationnelles dans la rĂ©gion … … et sa position isolĂ©e … aide Ă  minimiser la visibilitĂ© de la prĂ©sence militaire amĂ©ricaine. L’intention est d’utiliser l’infrastructure existante … pour amĂ©liorer la capacitĂ© des USA Ă  rĂ©pondre rapidement en cas de crise et assurer un accĂšs rĂ©gional aux troupes militaires Ă©tasuniennes… Palanquero garantie la mobilitĂ© et l’accĂšs Ă  l’ensemble du continent sud-amĂ©ricain Ă  l’exception du Cap Horn … »

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Exercice des commandos vénézuéliens

ESPIONNAGE ET GUERRE

D’autre part, le document de la Force aĂ©rienne confirme que la prĂ©sence militaire amĂ©ricaine en Colombie a Ă©galement comme but de renforcer ses capacitĂ©s d’espionnage et de renseignement afin de permettre aux forces armĂ©es amĂ©ricaines d’augmenter leurs capacitĂ©s pour exĂ©cuter correctement une guerre en AmĂ©rique du Sud. « Le dĂ©veloppement de la base de Palanquero permettra d’approfondir les relations stratĂ©giques et les intĂ©rĂȘts entre les États-Unis et la Colombie… La base opĂ©rative permettra Ă©galement d’augmenter notre capacitĂ© Ă  mener des opĂ©rations de renseignement, d’espionnage et de reconnaissance (ISR), elle permettra d’amĂ©liorer notre couverture globale, les besoins en logistique, d’amĂ©liorer les relations avec nos partenaires, d’amĂ©liorer la coopĂ©ration sur la sĂ©curitĂ© et d’accroĂźtre notre capacitĂ© de rĂ©action en cas d’une guerre Ă©clair.»

Ce document dĂ©voile donc les vĂ©ritables intentions derriĂšre l’accord militaire entre Washington et la Colombie: se prĂ©parer pour une Ă©ventuelle guerre en AmĂ©rique latine. L’actualitĂ© de ces derniers mois illustre les tensions croissantes entre la Colombie et le Venezuela. Il y a peu, le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien a interceptĂ© trois espions du DĂ©partement administratif de SĂ©curitĂ© Colombien, (DAS : Agence d’espionnage et de renseignement)  aujourd’hui en passe d’ĂȘtre remplacĂ© par une nouvelle entitĂ©, et qui rĂ©vĂ©la plusieurs opĂ©rations en cours visant Ă  dĂ©stabiliser Cuba, l’Equateur et le Venezuela. Les fonctionnaires du DAS capturĂ©s avaient en leur possession des documents sur les OpĂ©rations Phoenix, Salomon et Falcon, respectivement. Il y a quelques semaines, 10 corps ont Ă©tĂ© Ă©galement trouvĂ©s morts dans l’Etat de Tachira prĂšs de la frontiĂšre avec la Colombie. AprĂšs avoir menĂ© des recherches, le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien a dĂ©couvert qu’ils appartenaient Ă  des hommes intĂ©grants un groupe paramilitaire colombien qui s’était infiltrĂ© en territoire vĂ©nĂ©zuĂ©lien. Cette infiltration de paramilitaires colombiens fait visiblement partie d’un plan de dĂ©stabilisation contre le VĂ©nĂ©zuela. Encore plus rĂ©cemment, il y a quelques jours le Venezuela a dĂ©truit trois postes frontiĂšres qui n’avaient pour but que de faciliter le passage du narcotrafic selon les autoritĂ©s de Caracas.

Chevalier Jedi, pour Mecanopolis

Buenos Aires, novembre 2009

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NB : Ce document du DĂ©partement de la Force aĂ©rienne amĂ©ricaine, traduit et adaptĂ© par Chevalier Jedi dans cet article, a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© en Mai 2009 dans le cadre de la justification du budget pour 2010 et envoyĂ© par le Pentagone au CongrĂšs. Il s’agit d’un document officiel de l’ArmĂ©e de l’Air et rĂ©affirme la vĂ©racitĂ© du Livre blanc: La stratĂ©gie de Global Air Mobility Command de U. S. Air Force, qui a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© par le prĂ©sident Chavez lors de la rĂ©union UNASUR Ă  Bariloche en Argentine le 28 aoĂ»t 2009. Il peut ĂȘtre tĂ©lĂ©charger ici : Fiscal Year (FY) 2010 Budget US Air Force



sept 02 2009

Obama et la guerre irréguliÚre en Amérique latine

L’offensive impĂ©riale contre l’AmĂ©rique latine progressiste s’intensifie en ce moment envers les pays de l’ALBA. À Cuba, les investissements annexionnistes de Washington, loin de diminuer, ont augmentĂ© et sont beaucoup plus ciblĂ©s grĂące aux nouvelles technologies.

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C’est ce que conclut, en entrevue, la chercheuse vĂ©nĂ©zuĂ©lienne Eva Golinger en analysant comment l’administration nord-amĂ©ricaine actuelle continue Ă  « investir dans la dĂ©stabilisation de la RĂ©volution cubaine » par le biais de la USAID et de la National Endowment for Democracy (NED).

« La USAID effectue des investissements dans la dĂ©stabilisation de la RĂ©volution cubaine au moyen de deux canaux », explique la spĂ©cialiste qui s’est consacrĂ©e durant la derniĂšre dĂ©cennie Ă  Ă©tudier et dĂ©masquer les mĂ©canismes nord-amĂ©ricains d’ingĂ©rence et de subversion en AmĂ©rique latine.

« Son principal financement provient du Fonds d’appui Ă©conomique (Economic Support Fund), une section financiĂšre du DĂ©partement d’État », prĂ©cise-t-elle. « Ce fonds a accordĂ© 330 000 dollars Ă  la soi-disant transition Ă  la dĂ©mocratie Ă  Cuba durant les derniĂšres annĂ©es. Pour 2010, on y a prĂ©vu 20 millions de dollars de plus ».

Selon la terminologie de la USAID, l’argent dĂ©jĂ  dĂ©boursĂ© durant les annĂ©es 2008 et 2009, 10 million de dollars, a Ă©tĂ© orientĂ© vers le secteur dit des droits de l’homme, 7 millions sont allĂ©s Ă  la « compĂ©tition politique » et presque 49 millions de dollars pour la « sociĂ©tĂ© civile ».

« La USAID a aussi ouvert un Bureau des initiatives vers une transition (OTI) pour Cuba fin 2007, afin d’effectuer un travail parmi les jeunes et envers les ‘initiatives indĂ©pendantes’ de mĂ©dias », signale la chercheure.

« Dans ce but, elle a prĂ©vu un fonds additionnel de 8 millions 383 000 dollars depuis 2008. Les OTI sont des secteurs de la USAID consacrĂ©s Ă  profiter rapidement des crises politiques, pour les ‘rĂ©soudre’ en faveur des intĂ©rĂȘts Ă©tasuniens ».

Les OTI gÚrent des fonds en liquide de dollars « en grande quantité sans avoir à faire face à des révisions ou des audits au CongrÚs étasunien ».

Au Venezuela, une OTI a Ă©tĂ© Ă©tablie en aoĂ»t 2002 pour promouvoir et consolider les forces d’opposition Ă  la RĂ©volution bolivarienne. Depuis lors, l’OTI a financĂ© et aidĂ© Ă  crĂ©er plus de 450 ONG et groupes politiques avec des fonds qui dĂ©passent les 60 millions de dollars.

Cet argent sert principalement Ă  alimenter des conflits et promouvoir les intĂ©rĂȘts Ă©tasuniens de façon secrĂšte.

USAID, EN PREMIÈRE LIGNE DE LA GUERRE IRRÉGULIÈRE

USAID, l’agence qui a fait ses dĂ©buts comme bras financier du DĂ©partement d’État en 1962 pour prendre en charge les affaires dites « humanitaires », s’est convertie au XXIe siĂšcle en un des acteurs principaux de la soi-disant « contre-insurrection » sous la nouvelle doctrine de la Guerre irrĂ©guliĂšre de Washington.

« Au dĂ©but de 2009, cette doctrine a Ă©tĂ© paraphĂ©e par le nouveau prĂ©sident des États-Unis, Barack Obama, comme partie intĂ©grante de sa nouvelle politique de “smart power”, le pouvoir intelligent qui emploie la force militaire, avec la diplomatie, la culture, la communication, le pouvoir Ă©conomique et la politique ».

Il y a deux grandes diffĂ©rences entre la Guerre irrĂ©guliĂšre et la « Guerre traditionnelle » l’objectif et la tactique, signale l’avocate vĂ©nĂ©zolano-Ă©tasunienne.

« La Guerre traditionnelle a comme objectif la dĂ©faite des forces armĂ©es de l’adversaire, et sa tactique principale est l’utilisation du pouvoir militaire dans sa forme la plus traditionnelle, le combat et le bombardement. La Guerre irrĂ©guliĂšre a comme but le contrĂŽle de la population civile et la neutralisation de l’État, et sa tactique principale est la ‘‘contre-insurrection’’, c’est Ă  dire l’utilisation de techniques indirectes et  asymĂ©triques, comme la subversion, l’infiltration, les opĂ©rations psychologiques, la pĂ©nĂ©tration culturelle et le subterfuge militaire. »

Durant ce XXIe siĂšcle, la USAID a dĂ©veloppĂ© des secteurs dans l’agence qui fonctionnent avec le Pentagone, tels que les bureaux de Gestion de conflits, transition et reconstruction, DĂ©mocratie et gouvernabilitĂ©, Initiatives vers une transition, qui rĂ©orientent leur travail vers les efforts de « contre-insurrection ».

« Ainsi, la USAID s’est convertie en acteur financier principal de la dĂ©stabilisation et la pĂ©nĂ©tration de la « sociĂ©tĂ© civile » dans des pays stratĂ©giquement importants pour les intĂ©rĂȘts Ă©tasuniens ».

Dans le dossier de l’AmĂ©rique latine, les investissements de la USAID dans les groupes politiques et dans la « promotion de la dĂ©mocratie » sont renversants.

LA NED ET SA CHAINE D’ONG MERCENAIRES

D’autre part, la NED, l’agence considĂ©rĂ©e ĂȘtre une façade de la CIA — elle a Ă©tĂ© fondĂ©e pour faire le travail que faisait la CIA dans la dĂ©cennie des annĂ©es 60 et 70 mais avec une image plus lĂ©gitime — a fourni 1 million 435 329 dollars pour promouvoir la dĂ©stabilisation de Cuba cette annĂ©e, signale Golinger en Ă©numĂ©rant les groupes bĂ©nĂ©ficiaires de ce fonds nord-amĂ©ricain.

- Afro-Cuban Alliance (ACA): 82 080 dollars.

- AsociaciĂłn Encuentro de la Cultura Cubana: 225 000 dollars.

- Cuban Freedom Center (Frank CalzĂłn): 54 222 dollars.

- Centro para la Empresa Privada Internacional (CIPE): 157 526 dollars.

- Comité para el sindicalismo de Libre Comercio (CFTU): 150 000 dollars.

- Directorio DemocrĂĄtico de Cuba: 275 000 dollars.

- CubaNet News.: 42 000 dollars.

- Disidente Universal de Puerto Rico: 40 000 dollars.

- Grupo Internacional para la Responsabilidad Social Corporativa en Cuba: 236 730 dollars.

- People in Need (PIN): 129 451 dollars.

People in Peril Association (PIPA): 43 320 dollars.

La grande majoritĂ© de cette collection hĂ©tĂ©roclite d’organisations, groupes et groupuscules ont Ă©tĂ© liĂ©s dans le passĂ© Ă  des activitĂ©s de l’Agence centrale de renseignement (CIA).

MalgrĂ© les promesses, changement d’administration ou pas, Washington n’a pas cessĂ© de gaspiller annuellement des centaines de millions de dollars de l’argent du contribuable dans sa guerre sale contre l’AmĂ©rique latine.

« Il y a une offensive impĂ©riale en marche contre l’AmĂ©rique latine qui s’intensifie en ce moment contre les pays de l’ALBA », indique Golinger.

« Une des manifestations est cette agression dite de contre-insurrection comme tactique pour pĂ©nĂ©trer et infiltrer les communautĂ©s et promouvoir la dĂ©stabilisation », souligne l’auteure de livres tels que Codigo ChĂĄvez et La Teleraña Imperial, le rĂ©pertoire des activitĂ©s de renseignement de Washington sur le continent et dans le monde.

Source: Mondialisation.ca

août 29 2009

L’humanitĂ© pourrait-elle abriter deux races bien distinctes ?

Serait-il possible que la race humaine soit, en rĂ©alitĂ©, fondamentalement scindĂ©e en deux ? Serait-il concevable qu’au-delĂ  des apparences physionomiques l’humanitĂ© abrite, en vĂ©ritĂ©, deux races humanoĂŻdes bien distinctes ?

  

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L’idĂ©e qu’il y ait effectivement deux races diffĂ©rentes d’ĂȘtres humains peut surprendre car, bien entendu, ceci ne fait habituellement pas les manchettes. De plus, cette notion, Ă  premiĂšre vue, ne semble pas concorder directement avec nos expĂ©riences quotidiennes. Nous sommes accoutumĂ©s Ă  penser en termes de physionomie : il y a des Asiatiques, des Blancs (caucasiens), des Noirs (nĂ©groĂŻdes)… Nous y voyons donc, depuis toujours, plusieurs « races » fragmentant l’humanitĂ© en groupes identifiables. Les rĂ©centes poussĂ©es technologiques entourant le gĂ©nome ont d’ailleurs tĂŽt fait de catĂ©goriser, dresser l’historique, ainsi qu’Ă©tablir des tableaux de caractĂ©ristiques pour chacune de celles-ci.

 

Mais il existe une connaissance, parfois dissimulĂ©e dans certains enseignements dits « Ă©sotĂ©riques » ou « occultes », selon laquelle l’ĂȘtre humain est, Ă  la base, issu de deux races bien distinctes. Cette rĂ©alitĂ©, bien que peu connue, est Ă©tudiĂ©e et analysĂ©e par certains, et ce, dans diffĂ©rents domaines tels que la politique, la sociologie et la psychologie, et ils en sont tous venus plus ou moins Ă  la mĂȘme rĂ©alisation : il y a certains humains qui ne sont pas vraiment… « humains » !

 

Mais alors, qu’est-ce qu’un humain ? Qu’est-ce qui dĂ©finit l’humanitĂ© d’un ĂȘtre ?

 

Voici ce que l’on peut trouver dans le dictionnaire : 

 

Humain, adj. : Qui est sensible Ă  ce que peut ressentir son prochain.

Synonymes d’humain : Charitable – altruiste, bon, charitable, compatissant, fraternel, gĂ©nĂ©reux, humanitaire, qui a bon cƓur.

HumanitĂ©, n.f. 1) Bienveillance ou compassion pour les malheurs d’autrui. (Traiter quelqu’un avec humanitĂ©). 2) CaractĂšre d’une personne dont la nature humaine est trĂšs manifeste.

Synonymes d’humanitĂ© : Altruisme – aide, allocentrisme, altruisme, amour (d’autrui), assistance, bĂ©nĂ©volat, bienveillance, bontĂ©, charitĂ©, compassion, dĂ©vouement, don de soi, empathie, entraide, extraversion, fraternitĂ©, gĂ©nĂ©rositĂ©, gentillesse, pitiĂ©, sensibilitĂ©, serviabilitĂ©, solidaritĂ©, sollicitude. SensibilitĂ© – affectivitĂ©, Ăąme, attendrissement, coeur, compassion, Ă©motivitĂ©, empathie, pitiĂ©, romantisme, sensibilitĂ©, sentiment, sentimentalitĂ©, sympathie, tendresse, vulnĂ©rabilitĂ©.

 

En bref, ce sont les Ă©motions qui caractĂ©risent notre race : la facultĂ© de ressentir de l’empathie, de l’amour pour son voisin, son prochain, l’aptitude Ă  la bontĂ©, Ă  la sensibilitĂ©, aux sentiments d’entraide, de fraternitĂ©, de solidaritĂ©, etc., la capacitĂ© de la considĂ©ration externe, de se « mettre Ă  la place » d’un autre (qu’il soit humanoĂŻde ou non) et de guider ainsi nos actions (qui ont immanquablement des rĂ©percussions) qui nous distinguent.

 

Naturellement, nous avons tous la sincĂšre conviction que tous les ĂȘtres humains ont cette prĂ©disposition particuliĂšre. Nous croyons tous, Ă  quelque niveau que ce soit, que tous les hommes et toutes les femmes sur cette planĂšte possĂšdent cette tendance Ă  la bontĂ©, que tous ressentent les Ă©motions caractĂ©ristiques de notre quotidien : amour, peine, joie, honte, regret, amitiĂ©, etc. La plupart d’entre nous sont mĂȘme convaincus que peu importe les actions commises et les paroles dites par certains individus, qu’ils « ne sont qu’humains, aprĂšs tout ». Que ce soit G.W. Bush, Hitler ou Jack l’Éventreur, nous sommes persuadĂ©s qu’il y a en eux un « enfant blessĂ© » ou simplement qu’ils ont une carence affective quelconque ou qu’ils ont besoin d’une aide psychologique.

 

Nous le croyons, car nous faisons de la projection.

 

Pourtant, certains « criminels » nous paraissent tellement « inhumains » que nous avons de la difficultĂ© Ă  concevoir le comment et le pourquoi de leurs actions. Et si, aprĂšs tout, ils Ă©taient rĂ©ellement « inhumains » ? S’il existait un type d’humanoĂŻde qui ne soit pas dotĂ© d’Ă©motions ?

 

Boris Mouravieff, auteur de Gnosis, traite ainsi de cette réalité, dans la terminologie particuliÚre des enseignements de la Tradition :

 

Dans le premier tome de Gnosis, nous avons dĂ©jĂ  fait rĂ©fĂ©rence plusieurs fois Ă  la coexistence de deux races essentiellement diffĂ©rentes : l’une constituĂ©e d’Hommes, et l’autre d’AnthropoĂŻdes.

[...] Les Écritures Saintes contiennent plus d’une rĂ©fĂ©rence au sujet de la coexistence sur notre planĂšte de ces deux humanitĂ©s, qui sont maintenant de forme similaire mais d’essence diffĂ©rente.

[...] L’ivraie humaine, les ĂȘtres de la race anthropoĂŻde, sont les descendants de l’humanitĂ© prĂ©-adamique. La principale diffĂ©rence entre l’homme prĂ©-adamique contemporain et l’homme adamique – une diffĂ©rence qui n’est pas perçue par les sens – est que le premier ne possĂšde pas les centres supĂ©rieurs dĂ©veloppĂ©s [la conscience Ă©motionnelle] qui existent chez le second et qui, bien que dĂ©connectĂ©s de sa conscience ordinaire depuis la Chute [l'ÉvĂ©nement marquant l'arrivĂ©e de la race d'hommes], lui offrent cependant une possibilitĂ© rĂ©elle d’Ă©volution Ă©sotĂ©rique [d'Ă©veil]. Mis Ă  part cela, les deux races sont similaires : elles possĂšdent les mĂȘmes centres infĂ©rieurs [la conscience matĂ©rielle/matĂ©rialiste], la mĂȘme structure de la PersonnalitĂ© et le mĂȘme corps physique, bien que la plupart du temps cela soit plus prononcĂ© chez l’homme prĂ©-adamique que chez l’homme adamique… (p. 108-109).

 

Une race, littĂ©ralement, dont la physionomie est la mĂȘme, mais Ă  laquelle il manquerait totalement la facultĂ© Ă©motionnelle ?

 

La majoritĂ© d’entre nous argumenterait qu’il est impossible qu’il en soit ainsi sans que nous nous en apercevions. En effet, un ĂȘtre humain n’ayant aucune Ă©motion ne ressemblerait-il pas Ă  un robot : sans intonation dans la voix, sans expression faciale et sans langage corporel ?

 

Cette conclusion hĂątive tend Ă  oublier un fait pourtant bien connu : l’Ă©norme facultĂ© mimĂ©tique des ĂȘtres humains. En effet, nos connaissances Ă  ce sujet nous dĂ©montrent que, bien au contraire, ces personnes sont des plus « normales » et qu’il nous est pratiquement impossible de les reconnaĂźtre.

 

Ce savoir ancien refait surface – de plus en plus – dans divers domaines et sous diverses appellations telles que : psychopathie, sociopathie, pathocratie, etc. Évidemment, la premiĂšre image que nous avons du psychopathe est celle qui se limite au tueur en sĂ©rie, au dĂ©traquĂ© dĂ©ment assoiffĂ© de sang, mais cette notion est trĂšs pernicieuse car elle est, dans la majoritĂ© des cas, totalement fausse, puisque seul un faible pourcentage des psychopathes deviennent manifestement ces grands criminels. En effet, le psychopathe standard a tout de l’humain ordinaire : il rit, il pleure, il a un(e) conjoint(e), des enfants, un emploi et paie habituellement ses taxes ! Comme le dit Mouravieff , il y a une « diffĂ©rence qui n’est pas perçue par les sens ».

 

H. Cleckley, dans son ouvrage Le masque de santé mentale, en dit ceci :

 

L’observateur est confrontĂ© Ă  un masque convaincant de bonne santĂ© mentale. Toutes les caractĂ©ristiques extĂ©rieures de ce masque sont parfaites. Il ne peut ĂȘtre enlevĂ© ou pĂ©nĂ©trĂ© par l’effet de questions dirigĂ©es vers des niveaux de personnalitĂ© plus profonds.

[
] Les processus mentaux conservent leur normalitĂ© lors des enquĂȘtes psychiatriques et des tests techniques conçus pour mettre en Ă©vidence la preuve, pas toujours claire, d’un dĂ©rangement.

L’examen ne rĂ©vĂšle pas seulement un masque ordinaire Ă  deux dimensions mais aussi ce qui semble ĂȘtre l’image structurelle solide et substantielle d’une personnalitĂ© saine et rationnelle.

[
] De plus, cette structure de la personnalitĂ© fonctionne dans toutes les situations thĂ©oriques d’une maniĂšre apparemment identique Ă  celle d’une personnalitĂ© dotĂ©e d’un fonctionnement normal et sain.

[
] En outre, l’observateur reconnaĂźt les expressions verbales et faciales, les tons de la voix, et tous les autres signes que nous avons coutume de considĂ©rer comme manifestant la conviction, l’Ă©motion et la conduite d’une vie normale telle que nous la connaissons nous-mĂȘmes et la supposons chez les autres.

Toutes les Ă©valuations Ă©motionnelles et les jugements de valeur sont sains et appropriĂ©s quand le psychopathe est testĂ© lors d’examens oraux.

C’est seulement trĂšs lentement et Ă  la suite d’un processus complexe d’estimation ou de jugement basĂ© sur une multitude de petites impressions que nous finissons par ĂȘtre convaincus qu’en dĂ©pit de ces processus rationnels inaltĂ©rĂ©s, de ces manifestations Ă©motionnelles normales et de leur dĂ©roulement cohĂ©rent dans toutes les situations, nous avons affaire ici, non pas Ă  un homme complet, mais Ă  ce qui pourrait ĂȘtre un automate subtilement agencĂ© pouvant imiter Ă  la perfection la personnalitĂ© humaine.

Cette appareillage psychique à la mécanique bien huilée reproduit de façon cohérente, non seulement des raisonnements humain convaincants, mais simule également de maniÚre appropriée les émotions humaines classiques en réponse à la presque totalité des divers stimuli de la vie.

Cette rĂ©plique d’un homme complet et normal est tellement parfaite qu’aucune personne l’examinant en milieu clinique ne peut indiquer en termes scientifiques ou objectifs pourquoi ou en quoi cet homme n’est pas rĂ©el.

Et pourtant nous finissons par savoir ou par avoir la sensation de savoir que la notion de rĂ©alitĂ©, en tant qu’expĂ©rience pleine et saine de la vie, est ici absente.

En effet, par expĂ©rience, les psychopathes sont des ĂȘtres, Ă  premiĂšre vue, attachants, sympathiques et souvent trĂšs humoristiques. Ce sont aussi rĂ©guliĂšrement des gens qui nous semblent en pleine possession de leurs moyens, confiants et « en contrĂŽle de la situation ». D’ailleurs, il n’est pas rare de les envier pour ces derniĂšres caractĂ©ristiques. Nous verrons plus tard pourquoi, en rĂ©alitĂ©, ils sont si sĂ»rs d’eux.

 

Mais comment expliquer alors qu’un ĂȘtre sans conscience Ă©motionnelle puisse ĂȘtre attachant, aimable et agrĂ©able ? Regardons Ă  nouveau ce que H. Cleckley en dit :

 


Nous avons affaire ici, non pas Ă  un homme complet, mais Ă  ce qui pourrait ĂȘtre un automate subtilement agencĂ© pouvant imiter Ă  la perfection la personnalitĂ© humaine.

 

Afin de tenter de comprendre les raisons sous-jacentes d’un tel mimĂ©tisme (expressions de regret, d’amour, de tristesse, etc.) alors qu’il n’y a aucun rĂ©el sentiment derriĂšre les agissements des psychopathes, il faut considĂ©rer un aspect important de cette « race » : leur nombre. Selon Andrew M. Lobaczewski (auteur de PonĂ©rologie Politique : une Science sur la Nature du Mal adaptĂ©e Ă  des Buts Politiques), seulement 6% de la population est de nature psychopathique, c’est-Ă -dire sans « humanitĂ© ». Ce chiffre – variant d’une Ă©tude et d’un auteur Ă  l’autre – reprĂ©sente une rĂ©alitĂ© clĂ© qui rĂ©git le fonctionnement des psychopathes : ils sont minoritaires, trĂšs minoritaires. Pourquoi alors rĂ©ellement s’en soucier puisqu’ils sont en si petit nombre ? Parce que les implications sous-jacentes d’un tel type d’humain dans nos sociĂ©tĂ©s sont hautement importantes et ceci nous concerne tous.

 

Comme le dit Mouravieff :

 

À partir de lĂ , la coexistence de ces deux types d’humains et la compĂ©tition qui en fut le rĂ©sultat, devinrent la norme. [...] Nous pouvons constater qu’au cours des siĂšcles, et mĂȘme encore Ă  notre Ă©poque, les hommes adamiques, dans leur condition postĂ©rieure Ă  la chute, ont Ă©tĂ© et sont encore gĂ©nĂ©ralement dans une position infĂ©rieure Ă  celle des hommes prĂ©-adamiques [les psychopathes].

 

Pourquoi en serait-il ainsi, alors que l’humain, qui possĂšde une conscience morale, une conscience Ă©motionnelle, est largement majoritaire ?

 

Voici comment Martha Stout, auteure de The sociopath next door, nous amÚne à y réfléchir :

 

Imaginez – si vous pouvez – ne pas avoir de conscience, pas du tout, aucun sentiment de culpabilitĂ© ou de remords peu importe ce que vous faites, aucun sens de limitation, d’attention pour le bien-ĂȘtre des Ă©trangers, des amis, ou mĂȘme des membres de la famille. Imaginez aucune lutte avec la honte, pas une seule dans toute votre vie, peu importe quel genre d’action Ă©goĂŻste, paresseuse, nuisible, ou immorale vous aviez fait.

Et feignez que le concept de responsabilité vous soit inconnu, sauf comme un fardeau que les autres semblent accepter sans se poser de questions, comme des imbéciles crédules.

Ajoutez maintenant Ă  cette fantaisie Ă©trange la capacitĂ© de cacher aux autres que votre conformation psychologique diffĂšre radicalement de la leur. Puisque chacun suppose simplement que la conscience est universelle parmi les gens, cacher le fait d’ĂȘtre sans conscience vous est presque facile.

Vous ne vous retenez pas de vos dĂ©sirs par la culpabilitĂ© ou la honte et vous n’ĂȘtes jamais confrontĂ© par d’autres pour votre sang-froid. L’eau glacĂ©e dans vos veines est si bizarre, si complĂštement en dehors de leur expĂ©rience personnelle, qu’ils devinent mĂȘme rarement votre condition.

Autrement dit, vous ĂȘtes complĂštement sans contraintes internes et votre souveraine libertĂ© de faire comme il vous plaĂźt, sans tourments de conscience, est fort Ă  propos invisible au monde.

Vous pouvez faire tout, et mĂȘme votre avantage Ă©trange sur la majoritĂ© des gens, qui sont tenus en ligne par leurs consciences, restera trĂšs probablement non dĂ©couvert.

Comment vivrez-vous votre vie ?

Que ferez-vous avec votre avantage énorme et secret et avec le handicap correspondant des autres gens (la conscience) ?

 

En effet, que ferions-nous ? Pour répondre à cette question et comprendre un peu plus en profondeur le monde des psychopathes, il faut remonter à leur naissance. Imaginons que 6 enfants sur 100 viennent au monde ainsi : sans conscience émotionnelle, sans capacité de remord, de compassion et de regret.

 

Peu de temps leur sera nĂ©cessaire avant de se rendre compte qu’ils sont diffĂ©rents. Ils ne comprendront pas – car ils n’en ont pas la possibilitĂ©, les mĂ©canismes internes – les raisons qui poussent les gens Ă  des comportements « Ă©tranges » tels que la honte et la culpabilitĂ©, mais ils comprendront rapidement que s’ils veulent « survivre » dans cet environnement incomprĂ©hensible (oĂč ils sont minoritaires), ils se doivent de cacher leur diffĂ©rence, ils se doivent de « jouer le jeu » par imitation afin de ne pas ĂȘtre identifiĂ©s comme « diffĂ©rents ». Ainsi, en trĂšs peu de temps ils sauront 1) se reconnaĂźtre entre eux et se regrouper et 2) duper habilement (avec de fausses rĂ©actions Ă©motionnelles) leur entourage. Qui plus est, les « fardeaux inutiles » de la majoritĂ© (honte, regret, compassion, etc.) deviendront rapidement pour eux un terrain de jeu, une caractĂ©ristique « amusante » avec laquelle ils peuvent se jouer astucieusement de nous. Avec le temps, ce qui n’Ă©tait qu’un simple jeu afin d’obtenir certains avantages deviendra un art, littĂ©ralement une façon de vivre. Ces ĂȘtres deviendront des manipulateurs hors pair, des menteurs chevronnĂ©s pour qui les arnaques les plus subtiles n’auront aucun secret. Abus de confiance, duperies, chantage Ă©motionnel, impostures et escroqueries seront pour eux, littĂ©ralement, un art de vivre.

 

Cette façon d’ĂȘtre ne fera que croĂźtre et se raffiner avec les annĂ©es, au fur et Ă  mesure que leur maturitĂ© intellectuelle grandira. Ainsi, il en rĂ©sultera des ĂȘtres dont la position, Ă  l’intĂ©rieur de leur classe sociale, sera issue de cette mĂ©canique d’imposture et de chantage subtil. Ils n’auront pas gravi les Ă©chelons par dĂ©vouement honnĂȘte, mais bien par tricherie et manipulation.

 

N’ayant aucune conscience Ă©motionnelle, la vie spirituelle n’a pour eux aucune signification. Bien que certains utiliseront pleinement la naĂŻvetĂ© des autres pour devenir des gourous et autres types de charlatans, ce n’est que l’aspect matĂ©riel qu’ils percevront en toutes choses. L’incomprĂ©hensible compassion des gens se transformera pour eux, s’ils savent bien l’utiliser (et ils le savent !), en un avantage matĂ©riel, qu’il soit sous forme de sommes d’argent, de position de pouvoir, de cĂ©lĂ©britĂ© ou tout simplement d’une voiture de luxe.

 

À petite Ă©chelle, que ce soit dans la cellule familiale ou dans le voisinage, il ne pourrait s’agir que d’ĂȘtre vigilant face Ă  ce type d’individu, sans plus, mais cette rĂ©alitĂ© est tout simplement inconnue de la majoritĂ© d’entre nous et de ce fait nous avons, envers tous les gens que nous connaissons, l’intime conviction qu’ils sont « humains ». Cette situation prend une inquiĂ©tante dimension lorsque nous devons admettre qu’il y aura donc plus ou moins 6% de psychopathes dans toutes les classes de la sociĂ©tĂ© et, Ă©tant donnĂ© leur nature, en pourcentage probablement plus Ă©levĂ© dans des milieux d’influence et de pouvoir tels que : la mĂ©decine conventionnelle (par opposition Ă  la mĂ©decine holistique), les Ă©tablissements d’enseignements, la haute direction des institutions financiĂšres et des multinationales (qui ne pensent qu’en termes de rentabilitĂ©), ainsi que – Ă  notre grand malheur – les systĂšmes juridiques, les forces de l’ordre et les gouvernements. Ne perdons pas de vue que cette situation existe depuis des temps immĂ©moriaux et pourrait bien ĂȘtre Ă  la source de tout le concept de la lutte entre le « bien et le mal ».

 

Des manipulateurs de premier ordre, connaissant toutes nos faiblesses et les utilisant de façon quotidienne pour atteindre leurs buts matĂ©rialistes et se reconnaissant entre eux dĂšs l’enfance : n’y aurait-il pas lieu de parler d’« Ă©lite » ? Non pas de race supĂ©rieure, mais bien de race dominante et contrĂŽlante ?

 

La haute incidence de la sociopathie dans la sociĂ©tĂ© humaine a un effet profond sur le reste d’entre nous qui devons, aussi, vivre sur cette planĂšte, mĂȘme ceux de nous qui n’avons pas Ă©tĂ© cliniquement traumatisĂ©s. Les individus qui constituent ces 4 pour cent drainent nos relations, nos comptes bancaires, nos accomplissements, notre respect de soi, notre paix mĂȘme sur Terre. [Martha Stout, The sociopath next door]

 

Nous n’avons qu’Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  l’Ă©tat actuel de la sociĂ©tĂ© nord-amĂ©ricaine, dont l’influence envahissante a tendance Ă  infecter tout le reste de la planĂšte : une sociĂ©tĂ© basĂ©e sur le plaisir que procurent les biens matĂ©riels, sur une consommation Ă  outrance, sur la performance et l’accomplissement matĂ©riel, dont la valeur de chaque individu est estimable en $ et pour qui les coutumes Ă©trangĂšres doivent ĂȘtre remodelĂ©es et façonnĂ©es Ă  leur image. Nous n’avons qu’Ă  observer les grands courants de ce monde pour nous rendre compte qu’il y a quelque chose qui cloche : la mondialisation Ă©crasante, le commerce sauvage et la pauvretĂ© qui s’ensuit, l’importance dĂ©mesurĂ©e de l’apparence du corps au dĂ©triment d’une beautĂ© et d’une profondeur intĂ©rieures, la dĂ©pendance aux biens matĂ©riels et aux services de l’État, les sommes phĂ©nomĂ©nales mises dans des recherches telles que les mĂ©thodes de contrĂŽle des masses, l’industrie des armes, l’industrie pharmaceutique issue d’une mĂ©decine devenue uniquement mĂ©canique, etc. Tout cela nous fait comprendre que quelque chose ne tourne pas rond avec ladite race « humaine ». Lorsque nous voyons un reportage couvrant une catastrophe naturelle et qu’on nous annonce que « les dĂ©gĂąts matĂ©riels s’Ă©lĂšvent Ă  plusieurs millions ou milliards de $ », il y a de quoi se demander oĂč est l’humain lĂ -dedans. D’ailleurs, oĂč est-il ?

 

Selon Lobaczewski, cette affection de l’Ăąme – si nous pouvons le dire ainsi – qu’est la psychopathie est contagieuse. Le manque total de conscience Ă©motionnelle chez certains se propage, tels une maladie ou un virus, aux personnes qui sont directement en contact avec ce type d’individu. C’est par un processus de dĂ©shumanisation graduelle que les personnes qui cĂŽtoient des psychopathes sont lentement « assimilĂ©es » Ă  leur mode de pensĂ©e matĂ©rialiste et sans Ă©gard pour autrui. Toujours selon Lobaczewski, environ 12% de la population devient ainsi des « psychopathes par contagion ». Lorsque trop longtemps soumis Ă  des influences dĂ©shumanisantes, surtout dĂšs le jeune Ăąge, c’est plus d’un dixiĂšme de la population qui perd ainsi son « humanitĂ© ». Ce sont des psychopathes sociaux par opposition aux psychopathes authentiques. Dans la plupart des cas, cette rĂ©gression est irrĂ©versible. (Nous retrouvons d’ailleurs plusieurs mentions Ă  ce sujet – la croissance de l’Ăąme – dans les enseignements traditionnels).

 

Il en rĂ©sulte donc, socialement, une « Ă©lite » matĂ©rialiste, sans Ăąme et sans conscience Ă©motionnelle dont une partie significative se retrouve dans des positions de pouvoir. Il va sans dire que, peu Ă  peu, la sociĂ©tĂ© se moulera Ă  leur vision des choses, car par tromperies, duperies et tricheries ils parviendront Ă  nous convaincre du bien-fondĂ© de leur perception du monde. Puisque l’immatĂ©riel, la sentimentalitĂ© et l’aptitude pour l’intangible ne font pas partie de leurs facultĂ©s cognitives, ils ont une propension marquĂ©e pour l’ordre et le contrĂŽle concret, palpable et matĂ©riel. Ainsi naissent des concepts tels que le besoin d’imposer l’ordre, d’implanter une forme de lĂ©galitĂ©, etc., puisque leurs actions ne sont nullement basĂ©es sur une comprĂ©hension Ă©motionnelle des relations interpersonnelles, mais bien uniquement sur des avantages d’ordre matĂ©riel. Pour ne parler que d’un exemple, pensons Ă  tout l’aspect juridique, avec ses lois, ses interdictions et ses sanctions, qui prend indĂ©niablement racine dans une mentalitĂ© qui, Ă  la base, n’est pas « humaniste ». Les accusĂ©s seront sentenciĂ©s selon des rĂšgles préétablies, des normes lĂ©gales et des codes de conduites bien dĂ©terminĂ©s et non selon un rĂ©el jugement d’« humain Ă  humain ».

 

En conclusion, lorsque nous prenons un peu de recul, avec ces nouvelles donnĂ©es en main, il devient Ă©vident que le processus de dĂ©shumanisation sociale de la race « humaine » va bon train et que ceci remonte trĂšs loin dans notre Histoire. Mais sans saisir cette notion essentielle qu’est la division des humains en deux races bien distinctes, il est impossible d’avoir un regard juste sur les raisons sous-jacentes Ă  tous les problĂšmes sociaux croissants que nos sociĂ©tĂ©s connaissent prĂ©sentement. Cette rĂ©alitĂ© met en lumiĂšre un aspect fondamental de la dynamique en place sur notre planĂšte et nous permet d’y jeter un regard nouveau et plus Ă©clairĂ©.

 

Les incidences de la psychopathie – de l’« autre race » – sont Ă©normes et extrĂȘmement complexes, et elles dĂ©passent largement la portĂ©e de cet article qui ne se veut que le point de dĂ©part d’une rĂ©flexion et d’une recherche beaucoup plus approfondies. De nombreux ouvrages sont disponibles sur le sujet et il est d’une importance capitale de prendre davantage conscience des implications de cette rĂ©alitĂ© qui nous affecte tous.

 

La prĂ©sence ou l’absence de conscience est une division humaine profonde, probablement plus significative que l’intelligence, la race, ou mĂȘme le sexe.

 

Ce qui distingue tous ces gens du reste d’entre nous est un trou tout Ă  fait vide dans le psychisme, oĂč il devrait y avoir la plus dĂ©veloppĂ©e de toutes les fonctions d’humanisation.

 

Source: Zone-7 

août 27 2009

Washington face au Honduras : un numĂ©ro d’équilibriste

Par Arnold August

Que pense Washington de ce qui s’est passĂ© au Honduras ? Au premier abord, au nom de la Charte dĂ©mocratique inter-amĂ©ricaine, les États-Unis dĂ©noncent vigoureusement le renversement du prĂ©sident Zelaya. À y regarder de plus prĂšs, ils condamnent le coup d’État, mais ils soutiennent leurs amis putschistes. Arnold August analyse un festival d’hypocrisie embarrassĂ©e : les dĂ©clarations officielles du dĂ©partement d’État et de la Maison-Blanche.

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Le « président » « civil » Roberto Micheletti.

 

Presqu’immĂ©diatement aprĂšs le coup d’État du 28 juin 2009, les grands mĂ©dias n’ont pu s’empĂȘcher de remarquer que Washington faisait face Ă  un problĂšme. Le 30 juin, on pouvait lire en gros titre dans le quotidien USA Today : « La journĂ©e d’Obama : la corde raide prĂ©sidentielle. » L’article se poursuivait ainsi : « Bon matin depuis le Bureau ovale [Maison-Blanche]. Lors de cette mĂȘme journĂ©e, en 1859, un acrobate français nommĂ© Charles Blondin a marchĂ© sur une corde raide au-dessus des eaux torrentielles des Chutes Niagara. Exactement 150 ans plus tard, le prĂ©sident Barack Obama doit sans doute comprendre ce qu’il ressentait
 [par rapport Ă ] l’AmĂ©rique latine. Obama essaie de rĂ©soudre le coup militaire au Honduras malgrĂ© la charge de mĂ©fiance de l’AmĂ©rique latine face aux États-Unis. »

La mĂȘme journĂ©e, le Washington Post titrait : « Sur les questions de politique Ă©trangĂšre, Obama avance Ă  pas comptĂ©s. » Le texte se poursuivait ainsi : « Le prĂ©sident Obama est arrivĂ© au pouvoir en promettant des changements audacieux sur de nombreux fronts, mais sa politique Ă©trangĂšre se fait souvent en demi-teintes. Que ce soit en Iran, en Chine ou en CorĂ©e du Nord, y a-t-il des moments oĂč l’on ne puisse pas dire que l’administration Obama « manƓuvre prudemment » ou « avance Ă  pas comptĂ©s » Ă  l’étranger ? Le dernier exemple en lice est le Honduras, dont la Maison-Blanche, hier, a critiquĂ© le coup d’État qui a renversĂ© Manuel Zelaya, sans toutefois signifier sa dĂ©sapprobation totale. ‘Mais tout en condamnant le renversement, les officiels amĂ©ricains n’ont pas exigĂ© la rĂ©installation de Zelaya’, Ă©crit le Times de Los Angeles. »

Nous aborderons plus loin les diffĂ©rences apparentes ou vĂ©ritables entre le prĂ©sident Obama et le dĂ©partement d’État, dirigĂ© par Hillary Clinton. Mais pour l’instant, continuons de traiter le sujet initial. Le correspondant de l’AP, Nestor Ikeda, titrait ainsi son article repris le 6 juillet par plusieurs grands mĂ©dias internationaux ou Ă©tats-uniens : « Obama joue le rĂŽle de l’équilibriste dans le drame hondurien ». M. Ikeda atteint sa cible en plein cƓur lorsqu’il Ă©crit : « Étant donnĂ© qu’Obama avait promis aux gouvernements sud-amĂ©ricains que nous allions dĂ©sormais privilĂ©gier le dialogue dans la recherche de solutions diplomatiques, il semble que pour la premiĂšre fois, il ait adoptĂ© un nouveau rĂŽle face au coup d’État militaire au Honduras : celui de l’équilibriste. »

Par ailleurs, le numĂ©ro du 7 juillet du Christian Science Monitor annonçait en manchette : « Hilary Clinton sur la corde raide face au Honduras » pour introduire un article soulignant que : « L’administration Obama s’est attaquĂ©e plus profondĂ©ment Ă  la crise au Honduras, mardi, dans la hĂąte que se rĂ©solve le dernier conflit de l’hĂ©misphĂšre sud. Cependant, elle a bien pris garde de ne pas apparaĂźtre comme la puissance hĂ©gĂ©monique d’antan qui imposait sa volontĂ© Ă  ses plus petits voisins. »

Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©e, le magazine Time Ă©crivait le 8 juillet que : « Depuis le coup d’État, la Maison-Blanche a dĂ» manƓuvrer dĂ©licatement pour cultiver une nouvelle image moins interventionniste des États-Unis —qui ont trop souvent appuyĂ© les coups d’État en AmĂ©rique latine— tout en « rĂ©pondant aux dĂ©sirs de l’hĂ©misphĂšre occidental qui leur demande d’ĂȘtre au premier plan dans la dĂ©fense des normes dĂ©mocratiques », affirme Vicki Grass, associĂ©e dirigeante pour les droits et le dĂ©veloppement au Bureau indĂ©pendant sur l’AmĂ©rique latine Ă  Washington. »

Le dilemme auquel Washington fait face avait Ă©tĂ© prĂ©vu par le sympathisant mĂ©diatique le plus endurci du rĂ©gime issu du coup d’État, soit le El Heraldo du Honduras. En effet, le 19 janvier, aprĂšs l’inauguration d’Obama, le quotidien constatait : « Il sait qu’il n’a pas le droit de dĂ©cevoir ses partisans. » [
] Parlant de son discours inaugural, on a rapportĂ© que « Ce sera comme si Obama marchait sur la corde raide ». Cela concernait la crise Ă©conomique, mais pourrait Ă©galement s’appliquer Ă  la situation internationale.

Le journal El Heraldo savait que l’oligarchie devait faire basculer l’équilibre en sa propre faveur.

 

Quels sont les deux cÎtés en bas de cette corde raide ?

 

Dans l’important discours prononcĂ© par Hillary Clinton, le 15 juillet, au Council on Foreign Relations, elle affirmait que :

« [
] La question qui se pose est non pas de savoir si notre pays peut ou doit donner l’exemple, mais comment il le fera au XXIe siĂšcle. Les idĂ©ologies rigides et les vieilles formules n’ont pas lieu d’ĂȘtre. Nous avons besoin de considĂ©rer [les choses] sous un angle entiĂšrement nouveau [
] À ces ennemis actuels et Ă©ventuels, permettez-moi de dire que l’importance que nous accordons Ă  la diplomatie et au dĂ©veloppement ne remplace pas notre arsenal sĂ©curitaire national. Notre volontĂ© de dialogue n’est pas un signe de faiblesse Ă  exploiter. Nous n’hĂ©siterons pas Ă  dĂ©fendre vigoureusement nos alliĂ©s, nos intĂ©rĂȘts et, avant tout, notre peuple, en ayant recours si besoin est Ă  la plus puissante armĂ©e du monde. Ce n’est ni une solution que nous rechercherons ni une menace ; c’est une promesse faite Ă  tous les États-uniens. [
] [Sur la question du financement accru Ă  USAID] De mĂȘme que nous ne refuserions pas des munitions Ă  des soldats US en route pour le champ de bataille, nous ne pouvons pas dĂ©ployer notre personnel civil sur le terrain sans l’équipement nĂ©cessaire. [
] Pour instaurer un systĂšme de coopĂ©ration mondiale, nous devons dĂ©finir des mesures adĂ©quates et nous servir d’outils adĂ©quats. Je fais souvent rĂ©fĂ©rence Ă  la notion de « pouvoir intelligent » (smart power) car elle est au cƓur mĂȘme de nos rĂ©flexions et de nos processus de dĂ©cision. Elle se dĂ©finit par l’usage intelligent de tous les moyens Ă  notre disposition, y compris notre capacitĂ© Ă  rassembler et Ă  nouer des liens. Elle se dĂ©finit par notre puissance Ă©conomique et militaire ; notre capacitĂ© Ă  crĂ©er des entreprises et Ă  innover ; et les qualifications et la crĂ©dibilitĂ© de notre nouveau prĂ©sident et de son Ă©quipe. Cette notion consiste Ă©galement Ă  faire preuve d’un bon sens traditionnel lors de la formulation de la politique. Elle allie Ă  la fois principes et pragmatisme. [
] »

À prĂ©sent, prenons note de certaines notions dont l’équilibriste doit tenir compte pour rĂ©ussir son numĂ©ro :

1. Washington sera le leader du monde, tel que l’avait formulĂ© mot Ă  mot le prĂ©sident Bush. Le problĂšme, toutefois, c’est que l’orientation de sa politique Ă©trangĂšre s’est avĂ©rĂ©e un Ă©chec, et par consĂ©quent, a menacĂ© l’objectif Ă©tats-unien de domination et de contrĂŽle. Alors comment doit-on gouverner sans laisser transparaĂźtre que nos politiques ne font qu’imiter celles de l’époque de Bush ? C’est ici qu’Hillary Clinton intervient pour affirmer qu’il faut une nouvelle façon de voir les choses (mindset).

2. Washington souhaite employer la diplomatie, c’est-Ă -dire favoriser les pourparlers et inviter les autres pays Ă  dialoguer. En mĂȘme temps, l’autre cĂŽtĂ© de la corde raide —que Washington doit Ă©viter— comprend en outre le recours Ă  la force. Mais qu’y a-t-il de nouveau dans cette façon de voir les choses (mindset) ? Mme Clinton prĂ©vient ses interlocuteurs que la volontĂ© Ă©tats-unienne de parlementer n’exclut pas « vigoureusement [
] et lorsque nĂ©cessaire, [le recours Ă ] l’armĂ©e la plus puissante au monde. » En tenant compte de la situation actuelle au Honduras, quelle place et quelle importance tiennent rĂ©ellement ces intentions pacifiques en regard du recours Ă  la force militaire ?

3. « Un mĂ©lange de principes et de pragmatisme ». Le principe prĂ©dominant, on le suppose, est que les États-Unis doivent « continuer de prendre les devants » (mais avec succĂšs, c’est-Ă -dire sans provoquer la hargne des peuples et des gouvernements du monde Ă  leur endroit). Le pragmatisme dont il est question signifie sans doute le besoin d’éviter un recours injuste Ă  l’armĂ©e aux dĂ©pens des propositions de paix, comme cela se passait Ă  l’époque de Bush et des autres administrations avant la sienne. Cela s’avĂšre un vĂ©ritable dĂ©fi lorsque l’on considĂšre, d’une part, l’opposition pacifique et continue du peuple hondurien et de son prĂ©sident lĂ©gitime Manuel Zelaya, et d’autre part, les instigateurs du coup d’État, lequel est Ă  prĂ©sent doublĂ© d’une rĂ©pression brutale soutenue par la base militaire Ă©tats-unien au Honduras. La lutte constante et courageuse du peuple hondurien pour mettre fin au rĂ©gime issu du coup d’État peut mettre en pĂ©ril le numĂ©ro des Ă©quilibristes les plus expĂ©rimentĂ©s, tels qu’on les retrouve Ă  Washington.

Examinons, si vous le voulez bien, la façon dont le DĂ©partement d’État tente de composer avec la situation, puisque cela comporte plusieurs leçons pour les populations de l’AmĂ©rique du Sud.

 

Le numĂ©ro d’équilibriste du dĂ©partement d’État

 

Le 28 juin, la journĂ©e du coup d’État, Hillary Clinton affirmait : « Les gestes perpĂ©trĂ©s contre le prĂ©sident hondurien Mel Zelaya violent les prĂ©ceptes de la Charte dĂ©mocratique interamĂ©ricaine et par consĂ©quent, devraient ĂȘtre condamnĂ©s Ă  l’unanimitĂ©. Nous exhortons toutes les parties au Honduras Ă  respecter l’ordre constitutionnel et la primautĂ© du droit, Ă  rĂ©affirmer leur vocation dĂ©mocratique et Ă  s’engager Ă  rĂ©soudre les conflits politiques de façon paisible, Ă  travers le dialogue. Le Honduras doit embrasser les principes mĂȘmes de la dĂ©mocratie que nous avons rĂ©affirmĂ©s lors de l’assemblĂ©e de l’OEA, laquelle s’est dĂ©roulĂ©e au Honduras il y a moins d’un mois. »

Le dĂ©partement d’État a refusĂ© de dire qu’il s’agissait d’un coup d’État, et il ne fait aucune mention du violent enlĂšvement et de l’expulsion forcĂ©e dont le prĂ©sident Zelaya a Ă©tĂ© victime, rĂ©duisant tout cela au simple terme « gestes ». Puis, il poursuit son dĂ©licat numĂ©ro d’équilibriste en plaçant les putschistes et le gouvernement Zelaya, Ă©lu constitutionnellement, sur un pied d’égalitĂ© : « Nous exhortons toutes les parties au Honduras [
] Ă  rĂ©soudre les conflits politiques de façon paisible et Ă  travers le dialogue. » Si l’on pense que les États-Unis savaient que quelque chose se tramait avant mĂȘme que se produise le coup d’État du 28 juin, alors qu’en est-il du pragmatisme « peace and love » dont parle Hillary Clinton ? Ou encore, se peut-il que les États-Unis aient effectivement Ă©tĂ© impliquĂ©s dans le coup d’État ? Le principe du recours Ă  la force armĂ©e revendiquĂ© par Hillary Clinton, tel que citĂ©e plus haut dans son discours au Council on Foreign Relations, pourrait trĂšs bien vouloir dire que les États-Unis l’utiliseront pour freiner la tendance montante des gouvernements et des peuples d’AmĂ©rique du Sud Ă  bĂątir leurs propre avenir anti-nĂ©olibĂ©ral et Ă  s’opposer Ă  la domination Ă©tats-unienne chez eux.

Le lendemain, 29 juin, Mme Clinton a dĂ©clarĂ© : « Les États-Unis ont travaillĂ© avec nos partenaires de l’OEA afin de crĂ©er un fort consensus pour condamner la dĂ©tention et l’expulsion du PrĂ©sident Zelaya et pour demander la restauration totale de l’ordre dĂ©mocratique au Honduras. Notre prioritĂ© immĂ©diate est de rĂ©tablir complĂštement l’ordre dĂ©mocratique et constitutionnel de ce pays.

Selon moi, la sagesse de notre approche fut Ă©vidente, hier, lorsque nous nous sommes fondĂ©s sur l’OEA et sur la Charte dĂ©mocratique interamĂ©ricaine pour rĂ©agir au coup d’État. »

Mme Clinton se tournait-elle davantage du cĂŽtĂ© de la diplomatie, distançant le dĂ©partement d’État des instigateurs du coup d’État appuyĂ©s par l’armĂ©e ? AprĂšs tout, elle affirme « condamner la dĂ©tention et l’expulsion du prĂ©sident Zelaya ». NĂ©anmoins, afin de prendre part Ă  la rĂ©solution ferme de l’OEA contre le coup d’État et pour le rĂ©tablissement de Zelaya dans ses fonctions lĂ©gitimes de prĂ©sident, les États-Unis ont dĂ» faire quelques concessions. Il est Ă  noter que Mme Clinton ne parle pas du retour de Zelaya chez lui, mais qu’elle Ă©voque plutĂŽt, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, « la restauration totale de l’ordre dĂ©mocratique au Honduras ».

C’est ainsi que le porte-parole du dĂ©partement d’État, Ian Kelly, a dĂ» monter Ă  son tour sur la corde raide. Tout juste aprĂšs que Mme Clinton eĂ»t fait la dĂ©claration rapportĂ©e ci-dessus, le 29 juin, il a rĂ©pondu aux questions des journalistes sur le Honduras lors du point de presse habituel qui se dĂ©roule presque tous les jours sur diffĂ©rents sujets. Selon les extraits citĂ©s dans la transcription suivante, il semble Ă©vident que les États-Unis ont dĂ» adhĂ©rer Ă  l’orientation de l’OEA afin de sauver la face —et de combiner principes et pragmatisme, comme le dirait Hillary Clinton—. Cela semblait avoir Ă©tĂ© fait Ă  contrecƓur, tel que le reflĂštent les rĂ©ponses de M. Kelly (les États-unis ont « adhĂ©rĂ© » Ă  la rĂ©solution de l’OEA). L’échange transcrit plus bas rĂ©vĂšle un autre sujet de prĂ©dilection, soit la premiĂšre d’une longue sĂ©rie de questions de journalistes et de rĂ©ponses ambigĂŒes fournies par le dĂ©partement d’État. Cet Ă©change s’est Ă©tendu sur une pĂ©riode de six semaines. De quel enjeu fut-il question pendant tout ce temps ? RĂ©ponse : dĂ©terminer si les États-Unis jugeaient qu’il s’agit effectivement d’un coup d’État militaire au regard des normes juridiques. Ce jugement aurait signifiĂ© la suspension de toute l’aide militaire et autres formes de secours Ă  leurs alliĂ©s au Honduras.

 

 — Question : Donc, Ian —je suis dĂ©solĂ©, c’est seulement pour confirmer— donc vous ne dites pas qu’il s’agit d’un coup d’État, c’est bien cela ?

— M. Kelly : Eh bien je crois que vous avez tous entendu la dĂ©claration de l’OEA hier soir, affirmant qu’il s’agissait bien d’un coup d’État, et que vous avez entendu ce que vient d’affirmer la SecrĂ©taire d’État. Ceci Ă©tant dit, nous sommes trĂšs conscients des dĂ©tails de la loi Ă©tats-unienne Ă  ce sujet. Nous vous reparlerons donc plus tard de la question de la dĂ©finition lĂ©gale. Vous comprenez, je ne voudrais pas nĂ©cessairement inventer de politiques au moment oĂč l’on se parle.

— Question : Puis-je poursuivre lĂ -dessus ? Car enfin, je ne comprends pas vraiment ce que vous souhaitez au juste, puisque vous ne rĂ©clamez pas la restauration. Soit, vous demandez que celle-ci se fasse selon l’ordre dĂ©mocratique de la constitution, mais vous ne demandez pas Ă  ce que le prĂ©sident —qui est Ă  votre avis le prĂ©sident Ă©lu dĂ©mocratiquement— puisse rentrer au pays. Ainsi, est-ce que vous


— M. Kelly : Oui, nous le demandons.

— Question : – La SecrĂ©taire Hilary Clinton vient tout juste de dire – non, la SecrĂ©taire vient tout juste de dire qu’elle ne sait pas ce que rĂ©clament les États-Unis


— M. Kelly : Nous – que dis-je, nous avons souscrit Ă  la dĂ©claration trĂšs ferme du Conseil permanent de l’OEA qui exige que le PrĂ©sident Zelaya soit rĂ©tabli dans ses fonctions de PrĂ©sident lĂ©gitime. »

Le lendemain, 30 juin, Ian Kelly dĂ»t affronter les journalistes au sujet de la mĂȘme question, Ă  savoir si les États-Unis jugeaient qu’un coup d’État avait Ă©tĂ© perpĂ©trĂ© au Honduras en vertu de la loi.

« — Question : Honduras.

— M. Kelly : Elise, oui.

— Question : Pourriez-vous nous parler de la rĂ©vision de l’aide accordĂ©e au Honduras Ă  la suite du coup d’État – du prĂ©sident Zelaya ?

— M. Kelly : Oui. Comme nous en avons discutĂ© hier, il existe une disposition dans la section –il s’agit de la section 7008, je crois- de la loi sur les opĂ©rations Ă©trangĂšres qui nous oblige Ă  faire une Ă©valuation lĂ©gale des faits sur le terrain afin de dĂ©terminer si la disposition sur la suspension des fonds s’applique aux circonstances en question. Ce processus se dĂ©roule au moment oĂč l’on se parle dans notre Bureau du conseiller juridique.

— Question : – - sans vouloir ĂȘtre simpliste – et je comprends qu’il y ait des questions lĂ©gales Ă  respecter – mais si vous ĂȘtes tĂ©moin qu’un PrĂ©sident a Ă©tĂ© Ă©vincĂ© et que des troupes sont au pouvoir sans avoir Ă©tĂ© Ă©lues de façon constitutionnelle, je me – [
]

— M. Kelly : Eh bien, oui.

— Question : – - me demande ce qu’il peut y avoir de compliquĂ© lĂ -dedans.

— M. Kelly : Eh bien, d’accord. Vous avez entendu ce qu’a dit la SecrĂ©taire, hier. Elle a dit qu’il s’agissait d’un coup d’État.

— Question : Oui, mais –

— M. Kelly : Le prĂ©sident a dit que c’était un coup d’État.

— Question : D’accord.

— M. Kelly : Nous sommes tĂ©moins de certains faits, bien sĂ»r, et ceux-ci nous disent que l’ordre constitutionnel au Honduras a Ă©tĂ© renversĂ©. Mais il y a Ă©galement un – il y a un processus Ă  suivre, et nous le suivons prĂ©sentement. Et c’est une question lĂ©gale. Et comme vous le savez tous, lorsque l’on – lorsqu’il s’agit de questions lĂ©gales, il est prĂ©fĂ©rable de consulter ses avocats, c’est donc ce que nous faisons. [
.]

— M. Kelly : Eh bien je crois que notre message sera le mĂȘme que celui que nous avons exprimĂ© publiquement, c’est-Ă -dire, ce que la SecrĂ©taire Hillary Clinton a affirmĂ© hier et ce que le prĂ©sident Obama a dit – que nous croyons que le prĂ©sident Zelaya est le prĂ©sident constitutionnel du Honduras Ă©lu dĂ©mocratiquement, et qu’il devrait pouvoir terminer son mandat. En outre, nous adhĂ©rons de trĂšs prĂšs aux procĂ©dures de l’Organisation des États amĂ©ricains, et nous croyons que ce qui s’est produit au Honduras ne respecte pas les principes de la Charte interamĂ©ricaine, et que nous devons nous attaquer Ă  cela de façon multilatĂ©rale. Entre-temps, Ă  l’ONU, il y a d’autres Ă©vĂ©nements qui se prĂ©cipitent. Ainsi, je crois qu’il s’agit lĂ  d’une occasion de manifester notre soutien au prĂ©sident Ă©lu prĂ©sidentiellement – pardon, je voulais dire dĂ©mocratiquement – au Honduras, et Ă©galement de lui parler de la façon dont nous nous sommes coordonnĂ©s avec nos alliĂ©s, dont certains se trouvent Ă  l’OEA.

— Question : Croyez-vous que ce soit une bonne idĂ©e qu’il rentre au pays jeudi comme il souhaite le faire ?

— M. Kelly : Je ne vais pas – je vais seulement – je crois que c’est une bonne idĂ©e qu’il soit rĂ©tabli dans ses fonctions de prĂ©sident du Honduras.

— Question : Les États-unis sont-ils prĂȘts Ă  lui fournir des mesures de sĂ©curitĂ© s’il retourne au Honduras jeudi ?

— M. Kelly : VoilĂ  une question Ă  laquelle je ne suis tout simplement pas prĂȘt Ă  rĂ©pondre, en fait.

Oui, Jill.

— Question : Oui, Ian, pour en revenir au sujet – je regrette, mais je crois devoir te poser une autre question lĂ©gale.

— M. Kelly : Oui.

— Question : Mais seulement – vous dites constitutionnel – vous les connaissez, les faits. L’ordre constitutionnel a Ă©tĂ© renversĂ©.

— M. Kelly : En effet.

— Question : D’accord. Alors est-ce cela l’élĂ©ment dĂ©clencheur ? Est-ce suffisant pour suspendre l’aide ? Parce qu’ensuite, vous avez dit qu’il y aurait un processus lĂ©gal Ă  suivre.

— M. Kelly : Oui.

— Question : En d’autres termes, avez-vous dĂ©fini – est-

ce l’élĂ©ment dĂ©clencheur que nous avons – vous savez, renverser l’ordre constitutionnel, par consĂ©quent, nous avons le droit de suspendre notre aide ?

— M. Kelly : Eh bien, nous – comme je le disais, il y a un processus. Nous voulons nous assurer que M. Harold Koh, le Conseiller juridique au dĂ©partement d’État nouvellement entrĂ© en fonction, ainsi que son Ă©quipe, ait eu le temps voulu de prendre une dĂ©cision Ă  ce sujet.

— Question : D’accord. Ainsi – -

— M. Kelly : Voilà donc ce qui se passe maintenant.

— Question : D’accord. Donc, ce n’est pas suffisant pour suspendre l’aide ? Le renversement de l’ordre constitutionnel n’est pas suffisant sur le plan lĂ©gal pour que vous puissiez suspendre votre aide ?

— M. Kelly : Nous avons besoin que nos experts juridiques consultent la loi, constatent les faits sur le terrain et qu’ils prennent une dĂ©cision.

— Question : Et combien de temps cela prendra-t-il ?

— M. Kelly : Oh, ce ne sera pas long. Je ne peux vous dire avec exactitude combien de temps cela prendra, mais je prĂ©sume que ce ne sera pas trĂšs long. »

Encore une fois, on peut observer que M. Kelly retarde son engagement Ă  Ă©mettre un quelconque jugement pour dĂ©terminer s’il s’agit oui ou non d’un coup d’État selon la perspective et les lois Ă©tats-uniennes. Pour l’armĂ©e, qui se consacrait (et se consacre encore), tous les jours, Ă  rĂ©primer la rĂ©sistance montante et Ă  entraver son avancĂ©e au Honduras, cela se traduit par du temps supplĂ©mentaire et la possibilitĂ© quotidienne de se rĂ©gĂ©nĂ©rer. L’armĂ©e et la police s’efforçaient et s’efforcent toujours, par tous les moyens, de dissimuler et d’entraver sĂ©rieusement la couverture mĂ©diatique locale et internationale concernant la situation vĂ©ritable qui se dĂ©roule au Honduras.

M. Kelly tente Ă©galement de dĂ©vier l’attention portĂ©e sur la responsabilitĂ© Ă©tats-unienne en s’empressant d’insister sur le besoin de diplomatie et de mĂ©diation par l’OEA. Vous remarquerez, ci-dessus, ce qu’affirme M. Kelly : « nous nous sommes coordonnĂ©s avec nos alliĂ©s, dont certains se trouvent Ă  l’OEA ». Cela soulĂšve la question Ă  savoir qui sont les alliĂ©s de Washington ? Le Costa Rica, La Colombie, le Canada ? D’une part, les États-Unis louangent l’OEA, mais du mĂȘme souffle, ils se rĂ©servent le droit de nĂ©gocier de maniĂšre bilatĂ©rale avec certains gouvernements de leur choix. Washington a besoin de temps pour s’organiser avec ses alliĂ©s, et pour donner le feu vert aux putschistes afin qu’ils puissent faire de mĂȘme avec l’oligarchie de droite de l’AmĂ©rique du Sud et de Miami. Cela reprĂ©sente une tentative Ă  peine voilĂ©e de diviser les forces au sein de l’OEA. La rĂ©solution juste et bonne de l’OEA ne devient plus qu’une opĂ©ration de camouflage qui sert Ă  n’importe quoi sauf Ă  la rĂ©installation du prĂ©sident Zelaya.

M. Kelly a Ă©galement refusĂ© de rĂ©pondre Ă  la question Ă  savoir si les États-Unis allaient fournir des mesures de sĂ©curitĂ© au prĂ©sident Zelaya s’il essayait de revenir chez lui. Ce numĂ©ro d’équilibriste est trĂšs rĂ©vĂ©lateur, parce que lorsque M. Zelaya a dĂ©clarĂ© publiquement qu’il allait effectivement tenter de rentrer chez lui par voie terrestre, le 24 juin, en passant par la frontiĂšre du Nicaragua, les États-Unis ont tentĂ© de persuader M. Zelaya du contraire avec la derniĂšre Ă©nergie, comme on le verra plus bas. Cela fut fait de maniĂšre Ă  ce que tout incident qui puisse dĂ©couler du retour de Zelaya soit perçu comme Ă©tant sa faute par les États-Unis. Cette position est la mĂȘme que celle revendiquĂ©e par les instigateurs du coup d’État.

Lors du point de presse suivant, soit le 1er juillet, M. Kelly, rĂ©pondant Ă  la mĂȘme question – Ă  savoir quand les États-Unis auraient finalement dĂ©terminĂ© s’il s’agissait d’un coup d’État au regard de la loi – M Kelly, donc, a dĂ©clarĂ© qu’il ne pourrait acquiescer Ă  aucun « adverbe de temps ». Il a d’ailleurs ajoutĂ© – ce qui semble ĂȘtre une excuse pour des dĂ©lais ultĂ©rieurs – que les États-Unis prennent « [leurs] obligations lĂ©gales trĂšs au sĂ©rieux ». C’est tout de mĂȘme curieux de voir que la loi portant sur les rĂ©solutions adoptĂ©es par l’OEA ne semble pas relever du fait de prendre « [leurs] obligations lĂ©gales trĂšs au sĂ©rieux. »

« — Question : Pour commencer avec le Honduras : hier, vous nous avez dit que le Bureau du Conseiller juridique avait entrepris son examen officiel pour savoir si le gouvernement Ă©tats-unien considĂ©rait cela comme un coup d’État.

— M. Kelly : Effectivement.

— Question : Et par consĂ©quent, si cela entraĂźne la suspension de l’aide.

— M. Kelly : Oui.

— Question : Avez-vous terminĂ© cet examen ? Vous avez Ă©galement dit que vous pensiez que ce ne serait pas long.

— M. Kelly : Oui.

— Question : Est-ce terminĂ©, et avez-vous pris une dĂ©cision ?

— M. Kelly : Oui. Il est toujours risquĂ© d’adjoindre un adverbe de temps, peu importe lequel, Ă  une quelconque dĂ©claration. En fait, nous n’avons pas fini d’étudier la question. NĂ©anmoins, comme je l’ai dit hier, nos conseillers juridiques sont prĂ©sentement en train d’évaluer activement les faits et la loi en question, que nous prenons trĂšs au sĂ©rieux. Nous prenons nos obligations lĂ©gales trĂšs au sĂ©rieux. Et puis, bien Ă©videmment, je vous en informerait sitĂŽt que cette dĂ©cision sera prise. »

Voici maintenant en quoi consistait la partie du point de presse du 2 juillet portant sur le Honduras, en rĂ©ponse aux questions du mĂȘme journaliste :

« — M. Kelly : Eh bien, Ă©videmment, notre objectif est la restauration constitutionnelle – de l’ordre constitutionnel Ă  Tegucigalpa, ce qui veut dire la rĂ©installation du prĂ©sident Zelaya. Un processus menĂ© par l’OEA est en cours actuellement. Nous croyons qu’il faudrait permettre Ă  ce processus de se dĂ©rouler pleinement, et nous aurions tendance Ă  dissuader qui que ce soit de poser des gestes pouvant entraver le dĂ©roulement de ce processus jusqu’au rĂ©sultat souhaitĂ©, c’est-Ă -dire, Ă©videmment, la rĂ©installation de Mel Zelaya au pouvoir.

— Question : Donc – simplement pour clarifier – ĂȘtes-vous en train de sous-entendre que son retour prĂ©maturĂ© puisse ĂȘtre une entrave ?

— M. Kelly : C’est possible. Je pense que ce sur quoi nous devrions tous nous concentrer prĂ©sentement, c’est la mission de l’OEA mandatĂ©e par son AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale extraordinaire. Évidemment, je ne peux parler au nom du prĂ©sident Zelaya, mais je crois comprendre qu’il ait prĂ©vu de retarder son retour au pays.

— Question : Avez-vous des nouvelles concernant la rĂ©vision de l’aide accordĂ©e au Honduras et de la possibilitĂ© qu’elle soit suspendue ?

— M. Kelly : Oui, j’ai effectivement une mise Ă  jour pour vous lĂ -dessus, si vous voulez bien m’accorder quelques instants. La rĂ©vision lĂ©gale a prĂ©sentement cours. Nous sommes en train d’essayer de trancher pour dĂ©terminer si la section 7008 de la Loi sur l’assistance aux pays Ă©trangers doit ĂȘtre appliquĂ©e. Entre-temps, nous avons pris des mesures pour interrompre, comment dire, les programmes d’assistance que nous serions tenus par la loi de suspendre si effectivement l’on considĂšre – si les Ă©vĂ©nements du 28 juin sont considĂ©rĂ©s comme, tels que dĂ©finis – ça y est, je commence Ă  avoir l’air d’un avocat – tels que dĂ©finis dans la section 7008 de la Loi sur l’assistance aux pays Ă©trangers, s’ils sont dĂ©finis comme Ă©tant un coup d’État. »

Et tandis que cela se déroule à Washington, la répression contre la résistance héroïque du peuple hondurien se poursuit sans relùche.

Était-ce un coup d’État militaire ou non ? Le DĂ©partement d’État a-t-il pris une dĂ©cision ?

Pas encore ! Le 6 juillet, le numĂ©ro d’équilibriste se poursuivait ainsi :

« — Question : D’accord. Mais avez-vous pris une dĂ©cision quant Ă  – une dĂ©cision Ă  savoir s’il s’agit en effet d’un coup d’État militaire, et si par consĂ©quent l’aide fournie par les États-Unis devrait ĂȘtre suspendue ?

— M. Kelly : Eh bien, comme je l’ai dit jeudi, nous avons dĂ©cidĂ© que toute aide suspendue en vertu de cette loi – qu’aucune aide de cet ordre ne doit parvenir actuellement au rĂ©gime de facto. Nous sommes encore plongĂ©s dans le processus qui dĂ©terminera si cette loi s’applique. NĂ©anmoins, nous prĂ©fĂ©rons nous abstenir de prendre une dĂ©cision statutaire pendant que ces initiatives diplomatiques sont en cours.

— M. Kelly : Bon, voici quelques faits. L’un d’eux est qu’il y a – la plupart de nos activitĂ©s sont exclues en vertu de cette section spĂ©cifique de la loi, et il s’agit de l’aide humanitaire et de l’aide fournie pour soutenir les programmes qui visent Ă  Ă©tablir la dĂ©mocratie.

Les fonds que nous avons dĂ©cidĂ© de couper sont ceux versĂ©s aux programmes qui pourraient ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme ayant – directement aidĂ© le gouvernement ou le – ce que nous appelons le rĂ©gime de facto au Honduras. Il s’agit d’un processus compliquĂ©, mais nous admettons que nous pourrions dĂ©cider de suspendre notre aide, et c’est pourquoi tous les programmes qui pourraient ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme un soutien au gouvernement ont Ă©tĂ© – aucune de cette aide n’est en route actuellement. »

Il est Ă  noter que M. Kelly s’inquiĂšte de ce que l’aide envoyĂ©e au rĂ©gime de facto soit « considĂ©rĂ©e » comme un soutien au gouvernement ; il utilise d’ailleurs ce terme deux fois dans le mĂȘme paragraphe. Cela me rappelle l’importante dĂ©claration de principe que Mme Clinton a faite le 15 juillet, tel que rapportĂ©e plus haut, alors qu’elle Ă©voquait « les compĂ©tences et la crĂ©dibilitĂ© de notre nouveau prĂ©sident et de son Ă©quipe. [
] cela signifie Ă©galement se servir du bon vieux sens commun dans l’élaboration de nos politiques. Bref, c’est un mĂ©lange de principes et de pragmatisme [
] » Ainsi, ce qui semble prĂ©occuper le dĂ©partement d’État en tout premier lieu, c’est de rebĂątir l’image et la crĂ©dibilitĂ© des États-Unis, tandis que ceux-ci tentent de « prendre les devants » d’une maniĂšre nouvelle et efficace. Accorder temps et soutien au rĂ©gime de facto contribue au principe Ă©noncĂ© plus haut sur l’objectif impĂ©rialiste de domination Ă©tats-unienne, ou comme on le dit Ă  Washington, « prendre les devants ». Cette intention est censĂ©e se mĂȘler au pragmatisme : dans le cas du Honduras, cela veut dire s’abstenir d’appuyer effrontĂ©ment le rĂ©gime soutenu par l’armĂ©e, comme cela aurait Ă©tĂ© le cas avec les politiques de Bush, lesquelles n’ont fait que contribuer Ă  encourager les grands mouvements de masse latino-amĂ©ricains contre l’impĂ©rialisme Ă©tats-unien et les politiques nĂ©olibĂ©rales. La dĂ©faite rapide du coup d’État contre Chavez organisĂ© par les États-Unis ne fait que dĂ©montrer Ă  son tour la futilitĂ© de ces politiques, que Washington essaie maintenant d’éviter. Et c’est en dissimulant la vĂ©ritable cible des États-Unis sous des notions de dialogue et de diplomatie que ce pragmatisme se manifeste.

La portĂ©e de cet article ne me permet pas d’aborder certaines notions ou niveaux juridiques subtils quant aux diffĂ©rentes formes d’aide fournies par les États-Unis, entre autres dans le cadre de la « promotion de la dĂ©mocratie », dans les domaines militaire, Ă©conomique, humanitaire. Je me limiterai ici Ă  traiter de la politique Ă©tats-unienne actuelle, qui consiste Ă  ne pas vouloir se prononcer clairement sur la nature juridique du coup d’État. Quelles seraient, pour les politiques Ă©tats-uniennes relatives au Honduras, les consĂ©quences d’une dĂ©finition juridique claire du coup d’État comme Ă©tant un coup d’État militaire ? Les deux plus rĂ©cents articles d’Eva Golinger fournissent des rĂ©vĂ©lations et des analyses dĂ©taillĂ©es sur les diffĂ©rentes formes de l’aide Ă©tats-unienne :

 

Dans le point de presse du 7 juillet, M. Kelly a répondu à une question concernant le rétablissement de M. Zelaya dans ses fonctions de Président :

 

« — M. Kelly : Oui. Eh bien, je crois – si vous regardez le discours du prĂ©sident Obama Ă  Moscou aujourd’hui, ce qu’il a dit, c’est que nous avions Ă©tĂ© tĂ©moins d’une situation oĂč un prĂ©sident Ă©lu dĂ©mocratiquement a Ă©tĂ© renversĂ© et forcĂ© Ă  s’exiler. Et nous voulons adhĂ©rer au principe voulant que l’on ne puisse traiter ce genre de conflits sans Ă©gard Ă  la constitution. VoilĂ  le principe que nous souhaitons voir respecter. Nous voulons voir le – cet ordre dĂ©mocratique et constitutionnel restaurĂ©.

— Question : Il semble que vous ayez ouvert la porte Ă  une autre solution en devançant probablement les Ă©lections – -

— M. Kelly : À prĂ©sent, c’est ce qu’on va voir. C’est-Ă -dire, maintenant – c’est-Ă -dire que nous soutenons depuis le dĂ©but que (a) nous voulons que ces conflits soient rĂ©solus Ă  travers le dialogue et (b) nous avons perçu cela comme un problĂšme pour l’Organisation des États AmĂ©ricains et pour le – pour le forum du Forum InteramĂ©ricain. À prĂ©sent, un processus remarquable est en cours oĂč le prĂ©sident du Costa Rica joue le rĂŽle de mĂ©diateur. Évidemment, ce processus ne fait que commencer. Et comme l’a dit la SecrĂ©taire, nous ne voulons pas prĂ©sumer de la façon dont il se dĂ©roulera, mais Ă  prĂ©sent, un dialogue a Ă©tĂ© Ă©tabli. »

M. Kelly veut que la mĂ©diation du prĂ©sident du Costa Rica, M. Arias, puisse « se dĂ©rouler pleinement » pendant qu’au Honduras, la lutte se poursuit entre le rĂ©gime militaire et la RĂ©sistance populaire. Il semble que le dĂ©partement d’État souhaite vivement que la RĂ©sistance du peuple hondurien s’estompe avec le temps. NĂ©anmoins, au moment d’écrire ces lignes, on ne trouve aucun signe de dĂ©couragement en dĂ©pit de la rĂ©pression et des conditions extrĂȘmement difficiles.

Le 10 juillet, en rĂ©ponse aux journalistes, le secrĂ©taire d’État adjoint, M. Philip J. Crowley, a affirmĂ© que les « [
] nĂ©gociations [menĂ©e par Arias] sont le meilleur moyen de rĂ©soudre la crise de maniĂšre pacifique [
] ». Ce n’est que lorsqu’un journaliste a insistĂ© pour savoir si cela supposait le retour de Zelaya au pouvoir que Crowley a confirmĂ© ceci – Ă  tout le moins verbalement.

 

La médiation menée par le Président Arias est-elle un processus états-unien ?

 

À mesure que la rĂ©ponse Ă  cette question prenait davantage le devant de la scĂšne, on a demandĂ© Ă  M. Kelly, le 13 juillet, si la mĂ©diation menĂ©e par M. Arias constituait ou non un processus Ă©tats-unien.

« — M. Kelly : Oui, eh bien ce n’est pas un processus amĂ©ricain. C’est un processus oĂč nous mettons tous nos – c’est un processus menĂ© par le prĂ©sident du Costa Rica, Oscar Arias, auquel nous donnons tout notre appui. Et


— Question : À mes yeux, cela ressemble drĂŽlement Ă  un processus amĂ©ricain. (Rires)

— M. Kelly : Nous appuyons ce processus menĂ© par Arias. Il n’est pas amĂ©ricain ce


— Question : Quel pays se trouve dans quelle partie du monde ?

— M. Kelly : Ce n’est pas un processus qui est menĂ© par les États-Unis d’AmĂ©rique. (Rires) Et devons simplement donner – nous devons donner le temps Ă  ce processus de fonctionner. Et je vais simplement – nous – nous allons – comme je le disais, nous appuyons fermement le prĂ©sident Arias. Vers la fin de la semaine derniĂšre, il a dit qu’il s’attendait Ă  s’asseoir de nouveau avec les deux parties, et j’espĂšre qu’il s’agira du type de propositions dont les deux protagonistes seront prĂȘts Ă  discuter. »

Puis, le 14 juillet :

« —Question : Le prĂ©sident Zelaya a donnĂ© un – ce que les gens ont appelĂ© un ultimatum. Il affirme que si les pourparlers dont le prĂ©sident Arias est le mĂ©diateur ne le rĂ©installent pas ou ne le remettent pas au pouvoir lors de la prochaine session, qu’ils auront Ă©chouĂ© et que d’autres mesures pourraient devoir – d’autres mesures devront ĂȘtre adoptĂ©es.

— M. Kelly : Oui.

— Question : Quel – est-ce lĂ  la position qu’ont adoptĂ©e les États-Unis ?

— M. Kelly : Eh bien, je pense que vous savez quelle est notre position – qui est que nous croyons que tous les intervenants dans ces pourparlers devraient donner du temps Ă  ce processus, ne pas donner de dates butoir artificielles, ne pas faire de – ne pas dire que si un rĂ©sultat « x » ne se produit pas dans tel dĂ©lai, que les pourparlers seront clos. Nous devons laisser ce processus faire ses preuves et appuyer le travail du prĂ©sident Arias.

— Question : Alors, allez-vous considĂ©rer qu’ils ont Ă©chouĂ© si la prochaine session ne provoque pas le retour de Zelaya ?

— M. Kelly : Eh bien Ă©coutez, comme je viens de le dire, nous ne voulons pas fixer de date butoir artificielle.

— Question : Alors, voilĂ  qui est – ĂȘtes-vous en train de nous dire que la rĂ©ponse est « non », que vous n’ĂȘtes pas d’accord avec Zelaya quand il dit qu’il s’agira d’un Ă©chec s’ils – -

— M. Kelly : Je crois que nous devrions donner une chance au PrĂ©sident Arias [
] »

 

L’équilibriste change, mais la prĂ©caritĂ© demeure

 

Le 17 juillet, M. Robert Wood, un autre porte-parole du dĂ©partement d’État, s’adressait ainsi aux journalistes :

« — M. Wood : Et puis Ă©coutez, les pourparlers de paix dirigĂ©s par Arias n’ont pas Ă©tĂ© – voyez-vous, cette initiative est rĂ©cente. Nous devons lui donner du temps. Comme je l’ai dĂ©jĂ  dit, il s’est engagĂ© dans ce processus, nous le sommes aussi, et d’autres dans l’hĂ©misphĂšre occidental le sont. Nous devons donner la chance Ă  [ce processus] de faire ses preuves. Nous devons lui permettre d’évoluer. Ainsi, nous allons continuer d’encourager les intervenants Ă  l’appuyer dans ce processus, parce que nous croyons que c’est la meilleure maniĂšre de revenir au point oĂč nous voulions nous trouver. _ Warren. _ — Question : Pour poursuivre lĂ -dessus, le gouvernement Ă©tats-unien a-t-il spĂ©cifiquement demandĂ© au prĂ©sident Zelaya, ou l’a-t-il exhortĂ© Ă  ne pas faire une autre tentative contestĂ©e de revenir au Honduras ?

— M. Wood : Je ne voudrais pas aborder des discussions que nous pourrions avoir eues ou ne pas avoir eues avec le prĂ©sident Zelaya sur une foule de sujets. Disons simplement que nous ne voulons pas – comme je l’ai dit plus tĂŽt, nous ne voulons pas que quiconque prenne de mesures qui puissent entrer en conflit, de quelque maniĂšre que ce soit, ou ne pas contribuer de maniĂšre bĂ©nĂ©fique au processus de mĂ©diation.

— Question : Donc, son retour ne serait pas bĂ©nĂ©fique ? Est-ce ce que vous dites ?

— M. Wood : Je n’ai rien Ă  ajouter Ă  ce que je viens de vous dire [
] »

Qu’est-ce que Hillary Clinton a dit à Micheletti ?

 

Revenons Ă  M. Crowley, lors du 20 juillet :

 

« — M. Crowley : Et hier, depuis New Delhi, la SecrĂ©taire a eu une conversation tĂ©lĂ©phonique avec le leader du rĂ©gime de facto, M. Micheletti. Et elle a exposĂ© durant cet appel – l’a encouragĂ© Ă  continuer de se concentrer sur ces nĂ©gociations, et l’a Ă©galement aidĂ© Ă  comprendre les consĂ©quences qui pourraient s’ensuivre s’il laissait passer cette occasion de mĂ©diation.

— Question : En fait, c’est la premiùre fois qu’elle – que qui que ce soit, je crois, parle à Micheletti ?

— M. Crowley : VoilĂ  une bonne question. Je ne – nous avons Ă©tĂ© en contact avec des reprĂ©sentants des deux parties, mais de toute Ă©vidence, c’est lĂ  son premier contact avec lui.

— Question : Donc ce n’était pas concernant


— Question : Avez-vous une transcription qui dĂ©montre son niveau de fermetĂ© dans sa conversation avec Micheletti ?

— M. Crowley : Je crois qu’elle
 [
]

— Question : 
a-t-elle signifiĂ© trĂšs clairement Ă  M. Micheletti que les États-Unis ne reconnaissent pas le gouvernement de facto, et que peu importe ses objections durant les pourparlers de ce week-end, il devra se prĂ©parer Ă  se retirer afin de laisser le prĂ©sident Ă©lu reprendre sa place ?

— M. Crowley : Je crois que cet appel tĂ©lĂ©phonique a Ă©tĂ© trĂšs ferme. NĂ©anmoins, je pense qu’il a Ă©tĂ© – elle a clarifiĂ© Ă  savoir si le rĂ©gime de facto avait besoin qu’on lui rappelle que nous voulons la restauration de l’ordre dĂ©mocratique et constitutionnel, donc une rĂ©solution pacifique. Nous croyons que personne ne devrait prendre la moindre mesure qui puisse attiser le risque de violence au Honduras, et nous appuyons totalement la mĂ©diation en cours menĂ©e par Arias.

— Question : Donc, vous avez prĂ©venu M. Zelaya de rester pour l’instant au Nicaragua, ou dans le pays qui lui donne refuge, si cela pourrait faire diminuer les tensions ?

— M. Crowley : Je crois que nous avons aussi signifiĂ© clairement au prĂ©sident Zelaya qu’à notre avis, la mĂ©diation est la voie Ă  suivre.

Oui.

— Question : Pouvez-vous – des mesures plus sĂ©vĂšres, des dĂ©clarations que vous ĂȘtes prĂȘts Ă  faire s’ils – le rĂ©gime de facto ne change pas sa conduite


— M. Crowley : Vous savez, nous disposons d’alternatives s’ils ne le font pas – Ă©galement des obligations lĂ©gales si les nĂ©gociations Ă©chouent. [
]

— Question : P.J., je voudrais simplement clarifier. Vous avez affirmĂ© avoir dit Ă  Zelaya que la mĂ©diation Ă©tait la voie Ă  suivre. Mais lui avez-vous dit spĂ©cifiquement : « Ne rentrez pas car c’est dangereux et cela pourrait engendrer des tensions et de la violence » ?

— M. Crowley : Oui.

— Question : C’est ce que vous lui avez dit, directement ?

— M. Crowley : Oui.

— Question : D’accord. »

Cette conversation tĂ©lĂ©phonique entre Mme Clinton et Micheletti n’a pas Ă©tĂ© divulguĂ©e au public. NĂ©anmoins, je crois que Mme Clinton s’est effectivement montrĂ©e trĂšs « ferme » face Ă  son interlocuteur, tel que son porte-parole et secrĂ©taire du dĂ©partement d’État l’a indiquĂ© plus haut. Mais pourquoi donc ? Les instigateurs du coup d’État ne peuvent mĂȘme pas se mettre d’accord sur une proposition – qui pourtant les favorise grandement – issue de la mĂ©diation, tandis que la rĂ©sistance se poursuit dans les rues du Honduras : quelle image cela donne-t-il de la nouvelle politique Ă©trangĂšre que Washington voudrait transmettre Ă  travers le globe ? De quoi cela a-t-il l’air aux yeux de la population Ă©tats-unienne elle-mĂȘme, qui a dĂ©montrĂ© qu’elle Ă©tait de plus en plus opposĂ©e aux politiques d’affrontement sur la scĂšne internationale ?

M. Zelaya, pour sa part, n’a pas eu le privilĂšge d’ĂȘtre averti en privĂ©. Comme le dĂ©partement d’État l’indique plus haut : « Ne rentrez pas car c’est dangereux et cela pourrait engendrer des tensions et de la violence. » En affirmant cela publiquement, ne dĂ©montre-t-on pas ouvertement aux putschistes qu’ils ont le droit de s’en prendre Ă  Zelaya et que Washington ne lui portera pas secours ? Si nous comparons cela Ă  la conversation tĂ©lĂ©phonique secrĂšte avec M. Micheletti, semble-t-elle aussi ferme que les paroles adressĂ©es Ă  M. Zelaya ?

La dĂ©cision de Washington quant Ă  la classification lĂ©gale du coup d’État, en vertu des normes Ă©tats-uniennes, n’avait pas encore Ă©tĂ© prise. Ce jugement Ă©ventuel allait dĂ©terminer si les États-Unis suspendraient ou non la totalitĂ© de leur aide militaire et Ă©conomique, de façon permanente, aussi longtemps que les instigateurs du coup d’État resteraient au pouvoir, couperaient toute aide militaire, Ă©conomique et politique ainsi que la reconnaissance diplomatique.

Le rĂ©gime est totalement dĂ©pendant des secours Ă©tats-uniens de toutes sortes pour assurer sa survie. Au moment du point de presse mentionnĂ© ci-dessus (le 20 juillet), le dĂ©partement d’État affirmait avoir simplement fait une interruption temporaire dans le cas de certains programmes. Or, plus tard au cours de ce mĂȘme point de presse, en rĂ©ponse Ă  la question suivante : « Avez-vous dĂ©cidĂ© s’il s’agissait d’un coup d’État sur le plan lĂ©gal [
] » M. Crowley a dit : « non ».

De l’ambigĂŒitĂ© au cƓur de l’ambigĂŒitĂ© ! Cela veut-il dire que les États-Unis avaient finalement jugĂ© que le coup d’État n’était pas lĂ©gal, ou qu’ils n’avaient pas encore pris leur dĂ©cision ? En fait, cette clarification n’aura lieu que plus d’une semaine plus tard, soit le 29 juillet.

Lors du point de presse suivant, le 21 juillet, le porte-parole adjoint du dĂ©partement d’État, M. Robert Wood, a rĂ©pondu Ă  une question en ces termes : « Nous sommes en contact constant avec un certain nombre de pays de l’hĂ©misphĂšre au sujet de la situation au Honduras. Et nous croyons que la mĂ©diation menĂ©e par Arias constitue la voie Ă  suivre [
] » En rĂ©ponse Ă  une autre question, Ă  savoir ce que Wood voulait dire par « agir maintenant », il a affirmĂ© : « ce que je veux dire par ‘agir maintenant’, c’est que nous disposons d’un processus que nous avons mis en Ɠuvre et qui est menĂ© par le prĂ©sident Arias ».

Il semble Ă©vident que la mĂ©diation contribue Ă  donner du temps aux États-Unis pour leur permettre de former des alliances en AmĂ©rique du Sud. Celles-ci sont dirigĂ©es non seulement contre Zelaya, mais Ă©galement contre tous les gouvernements sud-amĂ©ricains, y compris ceux des CaraĂŻbes, qui persistent Ă  appuyer son retour inconditionnel, tel que les rĂ©solutions de l’OEA et de l’ONU l’exigeaient. La situation doit ĂȘtre trĂšs frustrante dans les rues de nombreuses villes du Honduras, oĂč des milliers de personnes dĂ©fient l’armĂ©e entraĂźnĂ©e et parrainĂ©e par les États-Unis : en effet, tandis que le peuple persiste Ă  dĂ©fendre ses revendications malgrĂ© la violente rĂ©pression, « agir maintenant », selon les États-Unis, s’applique uniquement aux forces sociales qui s’opposent aux instigateurs du coup d’État, mais ne concerne pas le rĂ©gime putschiste. Sur la liste des prioritĂ©s Ă©tats-uniennes, les propositions de paix se retrouvent tout en bas, bien enfouies sous le matĂ©riel militaire.

 

Imprudent, prématuré et téméraire ?

 

Le lendemain, 23 juillet, en rĂ©ponse Ă  une autre question concernant les dĂ©lais de la mĂ©diation, le secrĂ©taire d’État adjoint, M. Philip Crowley, a affirmĂ© qu’il ne devrait pas y avoir « d’échĂ©ance ». Puis, rĂ©torquant Ă  un autre journaliste qui voulait savoir si Zelaya prĂ©voyait retourner au Honduras, il a qualifiĂ© ce retour « d’imprudent ».

Le 24 juillet, la lutte s’intensifiait dans les rues du Honduras ainsi que dans les zones proches de la frontiĂšre nicaraguayenne, oĂč M. Zelaya prĂ©parait son retour. Ce jour-lĂ , la vidĂ©o officielle du dĂ©partement d’État n’a pu dissimuler la rĂ©action du secrĂ©taire d’État adjoint M. Philip Crowley, lorsqu’une fois de plus, on lui a posĂ© une question au sujet du retour de M. Zelaya. La frustration se lisait partout sur son visage. Il a semblĂ© soupirer d’exaspĂ©ration, puis, il a serrĂ© la vis un peu plus fort Ă  M. Zelaya et Ă  ses sympathisants, affirmant maintenant que son retour serait « prĂ©maturĂ© ».

Il n’y avait peut-ĂȘtre pas de grande diffĂ©rence entre « imprudent » et « prĂ©maturĂ© », mais la mĂȘme journĂ©e, le 24 juillet, Mme Clinton est apparue dans un point de presse avec le Premier ministre iraquien Nour al-Maliki, aprĂšs leur rencontre au dĂ©partement d’État. Elle a affirmĂ© de son propre chef, sans qu’il s’agisse d’une rĂ©ponse Ă  la question d’un journaliste, qu’elle considĂ©rait le retour de Zelaya comme Ă©tant « tĂ©mĂ©raire ». Il n’y a aucun doute, cela consiste Ă  serrer la vis. Et en outre, n’est-ce pas lĂ  une façon d’encourager M. Micheletti Ă  prendre une position rude envers Zelaya ? La « fermetĂ© » de l’appel tĂ©lĂ©phonique de Mme Clinton devait ĂȘtre bien loin dans l’esprit de Micheletti lorsqu’il l’a entendue prĂ©venir publiquement M. Zelaya.

 

Le duo Clinton- Micheletti

 

À partir du vendredi 24 jusqu’au dimanche 26 juillet, l’armĂ©e s’est essayĂ©e (et dans une certaine mesure, a rĂ©ussi) Ă  rĂ©primer par la force brutale le grand mouvement d’appui absolument indĂ©niable et hĂ©roĂŻque du peuple hondurien, qui voulait accueillir le prĂ©sident Zelaya Ă  la frontiĂšre. En dĂ©pit de cela, le lundi 27 juillet, M. Kelly a corroborĂ© l’opinion de Mme Clinton au sujet du retour de Zelaya, le qualifiant de « tĂ©mĂ©raire, effectivement ». Il a Ă©galement ajoutĂ© que le dĂ©partement d’État appuyait le retour de Zelaya dans la mesure oĂč ce soit fait « d’un commun accord ». En rĂ©ponse Ă  une question concernant la demande de sanctions qu’avait faite M. Zelaya contre le rĂ©gime de facto le 27 juillet, M. Kelly a Ă©vitĂ© la question en affirmant qu’ils « appuyaient le prĂ©sident Arias ».

Comment peut-il y avoir un « commun accord » alors que les putschistes refusent que Zelaya soit rĂ©tabli dans ses fonctions de prĂ©sident, que ce soit par des moyens diplomatiques vagues et douteux (les propositions du prĂ©sident Arias) ou par un retour pacifique via la frontiĂšre ? Dans le contexte de la situation tendue qui prĂ©vaut le long de la frontiĂšre Nicaragua-Honduras, « appuyer M. Arias » suppose de plus en plus chaque jour que cette mĂ©diation parrainĂ©e par les États-Unis est conçue pour fournir au rĂ©gime militariste le temps nĂ©cessaire pour s’organiser au niveau national et international. En effet, M. Micheletti est en train d’établir ses contacts au niveau international, et entre-temps, il utilise la force brutale contre la population : le temps joue en faveur du statu quo. Le dĂ©partement d’État, le prĂ©sident Arias et M. Micheletti font tout ce qu’ils peuvent pour dĂ©moraliser et dĂ©courager les mouvements sociaux au pays, tout en s’efforçant de provoquer des divisions et des dĂ©sertions au niveau international.

En parlant de donner du temps au rĂ©gime de Micheletti, le 27 juillet, le Wall Street Journal lui a fourni l’occasion d’exprimer son opinion sur sa page Ă©ditoriale. Micheletti a littĂ©ralement fait l’éloge du terme « tĂ©mĂ©raire » choisi par Mme Clinton pour qualifier le retour de Zelaya, affirmant qu’il s’agissait lĂ  d’un qualificatif « appropriĂ© ». Il a poursuivi en faisant ainsi appel Ă  l’extrĂȘme-droite et aux Ă©lĂ©ments belliqueux de l’oligarchie Ă©tats-unienne : « [
] plutĂŽt que d’imposer des sanctions, les États-Unis devraient poursuivre les sages politiques de Mme Clinton. Elle appuie les efforts du PrĂ©sident Arias dans sa mĂ©diation concernant ces questions. »

Il doit y avoir beaucoup de pression sur la nouvelle administration Ă  Washington pour maintenir la domination militaire pro-Ă©tats-unienne sur le Honduras, peu importe ce qu’il en coĂ»tera Ă  l’administration Obama. Le Wall Street Journal tĂ©moigne de cette coercition.

 

Le Wall Street Journal et la droite états-unienne

 

Dans un rĂ©cent article de l’avocate, auteure et journaliste Ă©tats-unienne d’origine vĂ©nĂ©zuĂ©lienne Eva Golinger, publiĂ© dans Cubadebate, elle Ă©crivait que=

 

« Le Wall Street Journal fait partie de l’agence de presse Dow Jones News Corporation. Son propriĂ©taire est le puissant multimillionnaire Rupert Murdoch. Celui-ci, grĂące au monopole de News Corporation, contrĂŽle des centaines de journaux, magazines, chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision et stations de radio Ă  travers le globe. Murdoch est bien connu pour sa chaĂźne American Fox News, laquelle favorise la vision impĂ©rialiste et nĂ©oconservatrice des États-Unis. Certaines de ses autres entreprises mĂ©diatiques comprennent le National Geographic Channel, The Film Zone, tous les canaux et studios de FOX, Cine Canal, MySpace (internet) Harper Collins (Ă©dition), New York Post (quotidien), The Sunday Times (RU), The Sun (RU), et bien d’autres encore.

Le Wall Street Journal est un quotidien qui jouit d’un tirage de plus de deux millions d’exemplaires par jour sur l’échelle mondiale et de 931 000 lecteurs sur internet. L’éditorial du dictateur Roberto Micheletti a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© et diffusĂ© par son lobbyiste aux États-Unis, le procureur Lanny Davis, ami intime et avocat de l’ancien prĂ©sident Bill Clinton et de son Ă©pouse Hillary, la secrĂ©taire d’État du PrĂ©sident Obama. Le Wall Street Journal a plaidĂ© d’emblĂ©e en faveur du coup d’État au Honduras, et il a mĂȘme publiĂ© une sĂ©rie d’articles tentant d’accuser le Venezuela et le prĂ©sident Hugo Chavez d’avoir causĂ© la crise dans ce pays centroamĂ©ricain. »

Le rĂ©seau de contacts commence Ă  se dĂ©voiler, tel qu’en tĂ©moigne le texte ci-dessus. Il devient de plus en plus difficile pour le fildefĂ©riste de conserver son Ă©quilibre. InĂ©vitablement et sous les yeux de tous, il semble ĂȘtre en train de basculer du cĂŽtĂ© de la puissance militaire, aux dĂ©pends du cheval de Troie que reprĂ©sente le « dialogue et la diplomatie » situĂ© de l’autre cĂŽtĂ© du fil. Il faudrait tout un acrobate pour maintenir la position chancelante de cet Ă©quilibriste.

« Je n’ai pas encore de mise Ă  jour lĂ -dessus »

La premiĂšre fois que les journalistes ont demandĂ© au dĂ©partement d’État si le coup d’État avait Ă©tĂ© jugĂ© lĂ©gal ou non, c’était le 29 juin, soit le lendemain du renversement militaire. M. Kelley avait rĂ©pondu, tel que citĂ© plus haut : « Je n’ai pas encore de mise Ă  jour lĂ -dessus. » Le 28 juillet – je rĂ©pĂšte volontairement – le 28 juillet, c’est-Ă -dire un mois plus tard :

« — Question : Et une
 une autre sur le Honduras. Je suis bien conscient que le Bureau du conseiller juridique Ă©tait Ă  l’Ɠuvre pour dĂ©terminer si les Ă©vĂ©nements au Honduras correspondaient techniquement Ă  la dĂ©finition lĂ©gale d’un coup d’État, ce qui par consĂ©quent aurait entraĂźnĂ© la suspension de l’aide – qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© suspendue, comme je le constate.

— M. Kelley : Oui.

— Question : Avez-vous enfin pris une dĂ©cision sur cette question ?

— M. Kelley : Je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus.

— M. Kelley : Ian ?

— Question : Cela veut-il dire que vous avez pris votre dĂ©cision ou que cet examen achĂšve ?

— M. Kelley : Je – comme je viens de le dire, je vais devoir – je n’ai pas encore de mise Ă  jour lĂ -dessus. »

Ce qui est encore plus rĂ©vĂ©lateur que les transcriptions, c’est le langage corporel qu’exhibait M. Kelley et qui est bien visible sur la vidĂ©o officielle. On aurait dit qu’il s’était passĂ© une Ă©ternitĂ© avant qu’il ne donne sa derniĂšre rĂ©ponse : « Je – comme je viens de le dire, je vais devoir – je n’ai pas encore de mise Ă  jour lĂ -dessus ». Il ne cessait de gigoter. Par ailleurs, les journalistes n’avaient plus de questions. Pas un seul d’entre eux n’a soulignĂ© que le dĂ©partement d’État avait dit la mĂȘme chose il y a un mois ! Si ce n’était de la situation profondĂ©ment grave et critique que vit le peuple hondurien, et au demeurant toute l’AmĂ©rique du sud dans le contexte historique du coup d’État, alors le cirque du DĂ©partement d’État aurait dĂ» ĂȘtre anĂ©anti sous nos moqueries.

Mais le show continue : est-ce, oui ou non, un coup militaire ?

Le 1er août :

« — Question : Est-ce que le fait que vous n’avez pas encore condamnĂ© ce gouvernement signifie que vous l’appuyez d’une façon ou d’une autre ?

— M. Crowley : Pendant environ un mois, nous avons fermement condamnĂ© l’action du rĂ©gime de facto et le renvoi du prĂ©sident Zelaya.

— Question : Reconnaissez-vous qu’il s’agissait d’un coup d’État, d’un coup d’État militaire ?

— M. Crowley : Eh bien, il y a certaines questions juridiques dans ce cas que nous avons dĂ©cidĂ© de ne pas traiter Ă  cette Ă©tape. Mais nous avons dit clairement, et sous tous les tons possibles, que ce qui est arrivĂ© au Honduras constitue une violation de la Charte de l’OÉA. C’est pour cela que nous avons pris des mesures contre le Honduras. Il s’agit d’une violation de la Charte dĂ©mocratique interamĂ©ricaine, et nous poursuivrons intensivement nos efforts pour essayer de rĂ©soudre cette situation. »

Le 6 aoĂ»t, un journaliste a insistĂ© sur la question de la dĂ©finition juridique Ă  donner au coup d’État :

« — M. Wood : [...] Mais un coup d’État a eu lieu dans ce pays, et [...]

— Question : Eh bien, vous n’avez pas encore dĂ©clarĂ© officiellement qu’il s’agit, sur le plan juridique, d’un coup d’État.

— M. Wood : Nous l’avons qualifiĂ© de coup d’État. Ce que nous avons dit c’est que, sur le plan juridique, nous ne pouvons pas le qualifier comme Ă©tant un coup d’État militaire. Une analyse est toujours en cours.

— Question : Pourquoi faut-il tant de temps pour Ă©tablir s’il s’agit ou non d’un coup d’État militaire ?

— M. Wood : Eh bien, regardez, ce cas comporte un grand nombre de questions juridiques qui doivent ĂȘtre examinĂ©es attentivement avant que nous puissions nous prononcer, et, pour le faire, nous devons Ă©changer des informations avec un certain nombre de parties. Nous devons examiner ces informations et prendre la meilleure dĂ©cision juridique qui soit possible sur si oui ou non


— Question : Cela prend beaucoup de temps, semble-t-il.

— M. Wood : Eh bien, lorsqu’on traite de questions juridiques aussi dĂ©licates, les choses prennent du temps. Nous voulons donc faire en sorte que


— Question : Avez-vous pris une dĂ©cision sur la nĂ©cessitĂ© d’imposer des sanctions supplĂ©mentaires contre le gouvernement « de facto » ?

— M. Wood : Aucune dĂ©cision n’a Ă©tĂ© prise pour le moment, Ă  part celle d’appuyer les Accords de San JosĂ© et le processus de mĂ©diation.

— Question : [...] Ma question Ă©tait la suivante : avez-vous oui ou non pris la dĂ©cision de ne pas imposer de nouvelles sanctions contre le Honduras ?

— M. Wood : Et ce que je vous rĂ©ponds c’est que nous nous concentrons en ce moment sur l’appui Ă  ce processus et que nous essayons d’obtenir des deux parties qu’elles en viennent Ă  une sorte d’entente politique. Mais je n’ai rien d’autre Ă  ajouter sur cette question. »

À ce point, ce que l’on ne peut lire sur la transcription mais que l’on peut voir trĂšs clairement sur la vidĂ©o c’est que M. Wood Ă©tait visiblement agacĂ©. Il a interrompu le journaliste trĂšs persistant en pointant du doigt un autre journaliste. Or le peuple hondurien sait qu’il s’agit d’un coup d’État militaire. Il est en train d’unir ses forces et de s’organiser davantage pour intensifier sa lutte contre les militaires et contre la police. Le peuple est en train de se mobiliser malgrĂ© l’intensification de la rĂ©pression. Celle-ci est dĂ©jĂ  responsable d’au moins six assassinats, de centaines d’arrestations et de cas de blessures.

Le mĂȘme jour, le 6 aoĂ»t, un article de l’agence de presse Reuters montre que le DĂ©partement d’État est mĂȘme allĂ© encore plus loin :

« ‘Notre position politique et stratĂ©gique d’engagement n’est pas fondĂ©e sur un appui quelconque Ă  un politicien ou Ă  une personne en particulier. Elle est plutĂŽt fondĂ©e sur la dĂ©cision de mieux servir la population hondurienne et de rĂ©pondre Ă  ses aspirations dĂ©mocratiques’ », a Ă©crit Richard Verma, secrĂ©taire d’État adjoint aux affaires lĂ©gislatives. « ‘Nous avons rejetĂ© le recours Ă  des sanctions Ă©conomiques Ă©crasantes et nous avons rendu clair que tous les États devaient essayer de contribuer Ă  l’adoption d’une solution sans recourir Ă  la violence et en respectant le principe de non-intervention’ » a-t-il dĂ©clarĂ©. La lettre a Ă©tĂ© obtenue par l’intermĂ©diaire du service des nouvelles de l’agence Reuters. »

Deux points importants sont Ă  souligner :

1. En ce qui concerne la soi-disant position d’appui Ă  Zelaya et d’opposition Ă  Micheletti, le dĂ©partement d’État (voir citation ci-dessus) celle-ci « n’est pas fondĂ©e sur un appui quelconque Ă  un politicien ou Ă  une personne en particulier ». Cela veut dire que le dĂ©partement d’État est neutre maintenant ! Mais cela montre que la position soi-disant si modĂ©rĂ©e que le dĂ©partement d’État affirme adopter n’est en vĂ©ritĂ© pas si modĂ©rĂ©e. Elle est en rĂ©alitĂ© favorable au rĂ©gime « de facto ». Maintenir le statu quo signifie appuyer Micheletti.

2. Quand le reprĂ©sentant du dĂ©partement d’État, Richard Verma, affirme, ci-dessus, « [...] nous avons rejetĂ© le recours Ă  des sanctions Ă©conomiques Ă©crasantes [...] » n’explique-t-il pas ainsi, sans le vouloir, la raison pour laquelle les États-Unis d’AmĂ©rique n’ont pas qualifiĂ© juridiquement le coup d’État comme Ă©tant un coup d’État militaire ?

 

Obama : victime ou complice ?

 

Jusqu’ici, nous avons analysĂ© en profondeur les dĂ©clarations du dĂ©partement d’État et de Mme Clinton, mais nous n’avons rien dit sur le prĂ©sident Obama. NĂ©anmoins, il est difficile d’éviter le sujet quand on pense que, jusqu’ici, M. Obama ne s’est presque pas prononcĂ© sur la question. Depuis le dĂ©but de la crise, soit le 28 juin, et au moment d’écrire ces lignes, le prĂ©sident Obama et son secrĂ©taire de presse ont Ă©mis six commentaires au total :

Le 29 juin, lors d’un point de presse Ă  la Maison-Blanche avec le prĂ©sident de la Colombie (Uribe), Obama affirme : « Nous croyons que le coup n’est pas lĂ©gal et que le prĂ©sident Zelaya demeure le prĂ©sident du Honduras, le prĂ©sident Ă©lu dĂ©mocratiquement lĂ -bas. LĂ -dessus, nous avons rejoint tous les pays de la rĂ©gion, y compris la Colombie et l’Organisation des États AmĂ©ricains. »

Le 29 juin, le secrétaire de presse de la Maison-Blanche Monsieur Robert Gibbs fait son numéro pour les journalistes :

« — Question : [
] toujours au sujet du Honduras, pour essayer de voir clair dans les intentions des États-Unis. L’administration considĂšre-t-elle le retrait de son ambassadeur, comme l’ont fait les gouvernements latino-amĂ©ricains de gauche, ou mĂȘme la suspension potentielle de son aide ?

— M. Gibbs : Eh bien, encore une fois, je crois qu’il y aura de cela dans le prochain
 dans le cadre des prochaines Ă©tapes de l’évaluation de cette situation. Seulement, pour l’instant, je prĂ©fĂ©rerais ne pas trop prĂ©ciser.

— Question : Les États-Unis savaient-ils d’avance ou avaient-ils entendu dire qu’un coup d’État Ă©tait prĂ©vu ? Avaient-ils pris des mesures quelconques pour essayer de le bloquer ? Et que rĂ©vĂšle l’incapacitĂ© de l’administration Ă  empĂȘcher le coup d’État sur sa crĂ©dibilitĂ© en AmĂ©rique latine ?

— M. Gibbs : Bon, alors comme je l’ai dit il y a une minute, je crois que l’administration, notre gouvernement, en collaboration avec des partenaires, essayaient de prĂ©venir le genre de troubles que nous avons vu se produire durant les derniĂšres 24 heures. Ils s’y sont penchĂ© au cours des quelques derniers jours. Et nous allons continuer de travailler Ă  restaurer l’ordre dĂ©mocratique au Honduras.

— Question : L’administration avait-t-elle prĂ©venu le prĂ©sident Zelaya que cela se prĂ©parait ?

— M. Gibbs : Je n’en sais rien. »

Si l’on considĂšre cet extrait, est-ce vraiment diffĂ©rent du numĂ©ro d’équilibriste du dĂ©partement d’État ?

On ne le dirait pas.

Le 1er juillet, le secrétaire de presse de la Maison-Blanche répondait aux journalistes :

« — Question : Mais avec le Pentagone qui suspend les opĂ©rations militaires conjointes, Ă  quel point l’effet est-il considĂ©rable et songe-t-on Ă©galement Ă  prendre d’autres mesures ?

— M. Gibbs : Eh bien, nous continuons de surveiller la situation et nous allons rĂ©agir de maniĂšre appropriĂ©e Ă  mesure que les Ă©vĂ©nements vont se produire. Mais encore une fois, comme je l’ai dĂ©jĂ  dit, nous surveillons de prĂšs ce qui se passe. »

Tandis que le dĂ©partement d’État semblait de plus en plus aux prises avec un scĂ©nario vague et incertain concernant le retour du prĂ©sident Zelaya, le prĂ©sident Obama, en visite Ă  Moscou, a fait un commentaire sur le Honduras pour rĂ©pondre Ă  des questions qu’on lui posait sur le sujet. Ainsi, le 7 juillet, le correspondant en chef Ă  la Maison-Blanche de la chaĂźne ABC M. Jack Tapper, qui n’a pas la rĂ©putation d’ĂȘtre conservateur – et ABC n’étant certes pas aussi Ă  droite que Fox News –, Ă©crivait de Moscou, d’oĂč il citait le prĂ©sident Obama : « ‘Les États-Unis appuient dĂšs maintenant la rĂ©installation du prĂ©sident du Honduras Ă©lu dĂ©mocratiquement, mĂȘme s’il s’est fermement opposĂ© aux politiques amĂ©ricaines [
]’ »

M. Tapper, s’appuyant sur sa longue expĂ©rience dans le domaine politique Ă  la Maison-Blanche, Ă©crivait : « Le prĂ©sident Obama, qu’on a critiquĂ© pour avoir appuyĂ© le « mauvais cĂŽtĂ© » lors du rĂ©cent coup d’État au Honduras, a essayĂ© d’expliquer, mardi, [7 juillet] son plaidoyer en faveur du prĂ©sident expulsĂ© Manuel Zelaya [
] Mais les conservateurs ont critiquĂ© le prĂ©sident et blĂąmĂ© Zelaya pour ce qui lui arrive. » Pour donner des exemples de la pression exercĂ©e par les conservateurs, M. Tapper a citĂ© les activistes floridiennes de droite anti-Venezuela, anti-Cuba et des reprĂ©sentantes rĂ©publicaines au CongrĂšs, Mmes Ileana Ros-Lehtinen et Connie Mack.

Si nous tenons compte de la dĂ©claration de M. Obama citĂ©e plus haut, alors effectivement, en surface, il semble y avoir un dĂ©saccord sinon un conflit entre le prĂ©sident Obama et le dĂ©partement d’État. Or, le dĂ©partement d’État est plus effrontĂ©ment liĂ© Ă  l’armĂ©e et aux forces de droite de l’époque de Bush (comme nous l’avons vu plus haut Ă  de nombreuses occasions, et plus rĂ©cemment dans l’article du Wall Street Journal de M. Micheletti).

Le 7 aoĂ»t, selon l’agence Reuters, Obama a dĂ©clarĂ© aux journalistes qu’il continuait Ă  appuyer le retour de Zelaya au pouvoir. Il a cependant ajoutĂ© : « ‘Je ne peux appuyer sur un bouton et rĂ©tablir soudain M. Zelaya Ă  son poste’ ». Obama a dit : « ‘Il est important de noter combien il est ironique que ceux qui se plaignaient de l’ingĂ©rence des États-Unis en AmĂ©rique latine se plaignent maintenant que nous ne nous sommes pas assez ingĂ©rĂ©s.’ »

On pourrait, ici aussi, croire que la position du prĂ©sident diffĂšre beaucoup de celle du dĂ©partement d’État. Alors que le dĂ©partement d’État a dĂ©clarĂ© le 6 aoĂ»t (voir la citation ci-dessus) que sa politique n’est pas fondĂ©e sur un appui quelconque Ă  un politicien ou Ă  une personne en particulier, Obama a affirmĂ© le jour suivant, le 7 aoĂ»t, qu’il appuyait encore le retour de Zelaya au pouvoir. Mais, se servant de son talent oratoire, Obama a fait allusion aux conditions dans lesquelles il se trouve en affirmant qu’il ne peut rĂ©tablir Zelaya au pouvoir en appuyant sur un bouton. Veut-il dire qu’il subit trop de pressions des oligarchies de droite des États-Unis, de l’AmĂ©rique latine et mĂȘme du dĂ©partement d’État pour agir ? Ou utilise-t-il tout simplement d’autres mots et images pour appuyer la politique du dĂ©partement d’État, qui consiste Ă  gagner du temps et Ă  donner de l’oxygĂšne au gouvernement de facto pour maintenir ce dernier au pouvoir ?

Qu’en est-il de la remarque d’Obama sur le fait « ironique », selon lui, que ceux qui s’opposent d’habitude Ă  l’ingĂ©rence des États-Unis l’exigent maintenant ? En fait le Honduras a, sur son territoire, une importante base militaire des États-Unis, massivement financĂ©e par les États-Unis, fournie en forces armĂ©es et Ă©quipĂ©e de matĂ©riel des États-Unis. La fermeture complĂšte de la base, le retrait immĂ©diat des troupes Ă©tats-uniennes et du matĂ©riel militaire et l’arrĂȘt complet de tout entraĂźnement militaire ne serait nullement un acte d’ingĂ©rence des États-Unis dans les affaires intĂ©rieures du Honduras. Les bases militaires, au Honduras, en Colombie ou ailleurs, constituent en fait un prolongement de la puissance militaire des États-Unis dans d’autres pays.

À ce sujet, dans un autre contexte et dans d’autres conditions juridiques et historiques, ceux de Cuba, qui se plaindrait de l’ingĂ©rence Ă©trangĂšre dans les affaires de ce pays si Washington fermait la base de Guantanamo, se retirait complĂštement de l’üle et restituait cette partie du territoire cubain au peuple cubain ? Et au Honduras, qui, Ă  part Micheletti, se plaindrait d’une ingĂ©rence, si Obama dĂ©cidait aujourd’hui, en tant que prĂ©sident, de retirer l’ambassadeur des États-Unis de ce pays et de rompre les relations diplomatiques jusqu’au retour de Zelaya ? Tels sont les boutons sur lesquels le prĂ©sident devrait appuyer.

Le 10 aoĂ»t, selon l’AP, au Forum des leaders de l’AmĂ©rique du Nord, Obama, a repris un thĂšme dĂ©jĂ  mentionnĂ©, en dĂ©clarant ceci : « ‘Les personnes qui nous critiquent en affirmant que les États-Unis n’ont pas intervenu suffisamment au Honduras, sont celles qui disent aussi que nous sommes toujours en train d’intervenir en AmĂ©rique latine, et que les Yankees doivent sortir de la rĂ©gion’ ». « ‘Les gens qui nous critiquent pensent qu’il est appropriĂ© que nous agissions soudainement selon des façons qu’elles jugent inappropriĂ©es dans tous les autres contextes. Je pense que cela dĂ©montre peut-ĂȘtre une certaine hypocrisie dans leur façon de voir les relations entre les États-Unis et l’AmĂ©rique latine’ » a poursuivi M. Obama.

Voici une partie de la déclaration finale du Sommet :

« Nous avons discutĂ© Ă  fond sur le coup au Honduras et nous rĂ©affirmons notre appui Ă  l’Accord de San JosĂ© et aux efforts continu de l’OÉA pour parvenir Ă  une solution pacifique de la crise politique. C’est une dĂ©cision qui restitue la gouvernance dĂ©mocratique et la primautĂ© du droit, et qui respecte les droits de tous les Honduriens (…) »

Qu’est-ce que cela nous rĂ©vĂšle au sujet d’Obama ?

Mais d’abord, quel est le lien juridique et constitutionnel entre le prĂ©sident des États-Unis, l’armĂ©e Ă©tats-unienne et le dĂ©partement d’État ? Voici ce que nous en dit le site web de la Maison-Blanche :

« Le pouvoir de la branche exĂ©cutive est confĂ©rĂ© au prĂ©sident des États-Unis, qui agit Ă©galement Ă  titre de chef d’État et de commandant en chef des forces armĂ©es [
]

 

Le dĂ©partement d’État joue le rĂŽle principal dans le dĂ©veloppement et la mise en Ɠuvre de la politique Ă©trangĂšre du prĂ©sident. Ses responsabilitĂ©s principales consistent Ă  reprĂ©senter les États-Unis Ă  l’étranger, fournir de l’aide aux pays Ă©trangers, offrir des programmes d’entraĂźnement militaires Ă  l’étranger, [
] »

Et la Constitution états-unienne :

Article II, Section 2

« Le prĂ©sident sera commandant en chef de l’armĂ©e et de la marine des États-Unis. »

Le 29 juin 2009, l’analyste politique Thierry Meyssan Ă©crivait, sous le titre suivant :

« Le SouthCom prend le pouvoir dans un État membre de l’ALBA »

« 
la petite armĂ©e hondurienne est entiĂšrement Ă©quipĂ©e, formĂ©e et encadrĂ©e par les États-Unis. Elle obĂ©it certes Ă  son chef, le prĂ©sident de la RĂ©publique, puis Ă  son chef d’état-major. Mais en pratique, elle est largement contrĂŽlĂ©e par le SouthCom depuis Soto Cano et Miami.

Précisément, le Pentagone a précipitamment installé le nouveau commandant du SouthCom, le général Douglas M. Fraser, jeudi dernier [25 juin 2009], pour suivre le coup
.

Le SouthCom est installĂ© Ă  Miami, mais a une antenne Ă  Soto Cano et des sites avancĂ©s Ă  Comalapa (Salvador), Manta (Équateur) et sur les Ăźles d’Aruba et de Curaçao (Antilles nĂ©erlandaises). »

Le prĂ©sident Obama doit donc prendre ses responsabilitĂ©s. Est-il en train de laisser le dĂ©partement d’État se charger de sa basse besogne tandis qu’il demeure relativement distant, cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  s’accrocher Ă  son image de « changement » pour le bĂ©nĂ©fice de sa propre administration ? Le quotidien pro-coup d’État au Honduras, El Heraldo, tel que citĂ© plus haut, avait remarquĂ© dĂšs le 19 janvier 2009 que l’extrĂȘme-droite au Honduras, en AmĂ©rique du sud et aux États-Unis devait continuer de faire pression : « Il sait qu’il n’a pas le droit de dĂ©cevoir ses partisans [
] ». Obama semble ĂȘtre pris, d’une part, entre « ses partisans », c’est-Ă -dire l’électorat et la branche du cercle des dirigeants qui ont appuyĂ© son accession Ă  la prĂ©sidence, et d’autre part, ses dĂ©clarations Ă©lectoralistes sur le changement, qui peuvent ĂȘtre perçues comme de bonnes intentions. Se joindra-t-il au numĂ©ro de cirque des Ă©quilibristes ? Est-il dĂ©jĂ  en train de prendre part au spectacle ?

 

Obama a-t-il les pieds sur terre ?

 

Le El Heraldo avait tout Ă  fait raison, il y a six mois, lorsqu’il a remarquĂ© la contradiction entre les paroles et les gestes d’Obama et la façon la droite doit manƓuvrer dans cette situation. DĂ©jĂ , des sondages indiquent qu’Obama est en train de perdre beaucoup de « ses partisans ».

Le 22 juillet, les rĂ©sultats du sondage d’AP-GfK annonçaient : « Les grands espoirs pour Obama se dissolvent dans la rĂ©alitĂ©. » L’article lui-mĂȘme expliquait : « Comme ce fut rapide. L’espoir et l’optimisme qui ont balayĂ© le pays pendant les premiers mois de la prĂ©sidence de Barack Obama cĂšdent place Ă  la dure rĂ©alitĂ© [
] ; la confiance de voir les troupes se retirer d’Irak et d’augmenter le respect envers les États-Unis Ă  travers le globe, en baisse de 15 points [
] »

Le 6 aoĂ»t, le rĂ©seau de nouvelles CNN a rĂ©alisĂ© un sondage montrant que seulement 41 % des États-uniens sont favorables Ă  la guerre en Afghanistan, ce qui constitue une baisse de neuf points depuis le mois de mai.

Obama est-il conscient de ce qui se passe ? On dirait que ses voyages Ă  l’étranger – en Europe, en Russie, au Caire et en Afrique – lui ont montĂ© Ă  la tĂȘte. Le 23 juillet, le quotidien Chicago Tribune rapportait qu’Obama Ă©tait en visite Ă  Chicago, ce jour-lĂ , pour deux levĂ©es de fonds destinĂ©es au Parti dĂ©mocrate. (Il en coĂ»tait 15 200 $ par personne et l’objectif Ă©tait d’amasser deux millions en une soirĂ©e.) Le prĂ©sident a rĂ©pondu Ă  la question d’un journaliste concernant le prestige de son administration sur la scĂšne internationale. Pendant que le courageux peuple hondurien affrontait l’armĂ©e (soutenue par les États-Unis) pour la quatriĂšme semaine consĂ©cutive, Obama affirmait, tel que citĂ© : « L’anti-amĂ©ricanisme n’est plus Ă  la mode. »

En effet, l’anti-amĂ©ricanisme n’a jamais Ă©tĂ© Ă  la mode dans les hautes sphĂšres du Parti dĂ©mocrate. Il est possible que le prĂ©sident Obama trouve, ou qu’il croit avoir trouvĂ©, des alliĂ©s Ă  l’échelle mondiale, mais demandez au peuple du Honduras ce qu’il en pense, lui qui dĂ©clare bravement Ă  Obama : « Nous aussi, nous avons un rĂȘve ! » Demandez-le aux peuples de l’AmĂ©rique du sud. Demandez Ă  la grande majoritĂ© des gouvernements de l’AmĂ©rique latine, de l’AmĂ©rique centrale et des CaraĂŻbes quelle est leur opinion de la domination, de l’interfĂ©rence et du contrĂŽle Ă©tats-uniens dans leur AmĂ©rique ? Au Honduras la crise se poursuit. Washington, ou du moins certains secteurs de l’oligarchie de droite, semble ainsi maintenir des politiques qui suscitent l’ »anti-amĂ©ricanisme ». Le 4 aoĂ»t, un journaliste suĂ©dois basĂ© en AmĂ©rique du Sud a rapportĂ© que, selon des militants qui luttent pour les droits de la personne au Honduras, des commandos de l’armĂ©e israĂ©lienne donnent maintenant de l’entraĂźnement en matiĂšre de rĂ©pression aux militaires et policiers honduriens.

Cette situation rappelle le double langage typique d’IsraĂ«l, qui, d’une part, parle de paix et de dialogue et tend une branche d’olivier, et, d’autre part, brandit l’épĂ©e de façon la plus brutale et poursuit le gĂ©nocide des Palestiniens. Aussi, quand on leur tend ainsi une branche d’olivier, les gouvernements et les peuples d’AmĂ©rique du Sud et des CaraĂŻbes doivent prendre garde.

Le 4 aoĂ»t, Washington et la Colombie ont conclu un accord sur l’établissement de sept bases militaires Ă©tats-uniennes en Colombie, en prĂ©paration depuis un certain temps.

Si nous relions les deux faits, le coup d’État militaire du Honduras et la dĂ©cision de la Colombie de cĂ©der des bases militaires, nous nous rendons compte qu’ils constituent une autre offensive contre la hausse de prestige de Cuba, du Venezuela, des autres États-membres de l’ALBA (Ă  laquelle, sous Zelaya, le Honduras a adhĂ©rĂ©), des autres pays et de la grande majoritĂ© des gouvernements de l’AmĂ©rique latine et des CaraĂŻbes.

Les cercles dirigeants Ă©tats-uniens essaient de leur mieux de mater le soulĂšvement populaire au Honduras et utilisent, entre autres moyens, le terrorisme mĂ©diatique. Les principaux mĂ©dias basĂ©s aux États-Unis d’AmĂ©rique, tels que le rĂ©seau CNN, de concert avec le dĂ©partement d’État, invoquent tous les arguments possibles et imaginables justifiant le coup d’État, directement ou indirectement. CNN contribue en ne diffusant pas le moindre mot sur la rĂ©sistance du peuple hondurien contre la rĂ©pression violente pour essayer de dĂ©moraliser ce dernier. Ce rĂ©seau essaie de donner Ă  la population hondurienne l’impression que le monde ne sait rien de ce qui se passe dans leur pays. Washington pourra ainsi, plus facilement, poursuivre sa politique hondurienne et mĂȘme de rĂ©primer davantage le peuple. Les cas de silence mĂ©diatique sont nombreux : le 5 aoĂ»t, par exemple, plusieurs agences de nouvelles, dont l’AFP, ont couvert la manifestation de plus de 3 000 Ă©tudiants contre le coup d’État, tenue Ă  l’UniversitĂ© nationale autonome du Honduras, Ă  Tegucigalpa, qui a Ă©tĂ© violemment rĂ©primĂ©e.

Pourtant au cours de cette pĂ©riode, le rĂ©seau CNN n’a rien rapportĂ© sur le Honduras, et son seul reportage sur l’AmĂ©rique du Sud portait sur les critiques du prĂ©sident Chavez du Venezuela contre la Colombie, qui accusait Chavez de fournir des armes aux FARC. Le reportage terminait par de la dĂ©sinformation sur cette question.

« Le 10 aoĂ»t, plus de 10 000 partisans du prĂ©sident hondurien dĂ©chu, Manuel Zelaya, ont rĂ©pudiĂ© le gouvernement de facto et ont averti qu’ils intensifieront leur campagne de protestation contre le coup d’État et pour le retour du prĂ©sident [...]. Cette manifestation pour le retour de Zelaya a Ă©tĂ© la plus importante depuis celle du 5 juillet. Cette derniĂšre, tenue Ă  l’aĂ©roport de Toncontin, Ă  Tegucigalpa, oĂč le prĂ©sident renversĂ©, qui voyageait Ă  bord d’un avion vĂ©nĂ©zuĂ©lien, voulait atterrir ; mais le gouvernement de facto avait alors empĂȘchĂ© l’atterrissage en plaçant des obstacles sur la piste de l’aĂ©roport. La manifestation s’était renforcĂ©e avec l’arrivĂ©e de foules venues de l’Est et du Nord du pays et avec une colonne venue du Sud. D’autres sont allĂ©s Ă  San Pedro Sula (…) » (Texte traduit de l’espagnol par l’auteur)

Cependant, de la part de la CNN – rien.

 

« 
 C’est le peuple hondurien qui aura le dernier mot »

 

Les peuples du monde, Ă  mon avis, doivent Ă©galement continuer de faire pression sur le prĂ©sident Obama et son administration. Lorsqu’il regarde les sondages, il doit ĂȘtre conscient de ce qui se passe. Si la question du Honduras se retourne contre lui, ce qui est fort possible, et que cela attise « l’anti-amĂ©ricanisme », de quoi sa politique Ă©trangĂšre aura-t-elle l’air aux yeux de la population Ă©tats-unienne – et mĂȘme pour ceux qui paient 15 200 $ le couvert pour une levĂ©e de fonds ? Ces derniers n’ont pas investi ce montant pour inaugurer une autre Ă©poque Ă  la Bush oĂč les sentiments anti-Ă©tats-uniens se rĂ©pandent Ă  travers le globe. Cependant, Obama doit aussi penser aux Ă©lections de 2012 pour lesquelles il semble dĂ©jĂ  chercher Ă  remplir les coffres. Ne veut-il pas Ă©galement gagner la sympathie de l’oligarchie de droite afin d’assurer sa victoire en 2012 ?

Le tourbillon des politiques Ă©tats-uniennes semblent hisser inĂ©vitablement le prĂ©sident Obama sur la corde raide. J’espĂšre que ce n’est pas le cas. Le peuple du Honduras, ainsi que celui de l’AmĂ©rique du Sud et la plupart de ses gouvernements sont dĂ©terminĂ©s Ă  le forcer Ă  prendre position. De quelle façon ? Des actions que devrait prendre le prĂ©sident Obama : Prenant des mesures sĂ©rieuses et en imposant des sanctions au rĂ©gime derriĂšre le coup d’État (plutĂŽt que de parader l’annulation de quelques visas), et en appuyant le rĂ©tablissement du prĂ©sident Zelaya dans ses fonctions de maniĂšre bien rĂ©elle, concrĂšte et inconditionnelle. En tant qu’avocat, M. Obama devrait Ă©galement ĂȘtre capable de composer avec toute la bureaucratie du gouvernement Ă©tats-unien (si le problĂšme est lĂ , ce dont je doute), qui six semaines aprĂšs le coup, n’a toujours pas portĂ© de jugement lĂ©gal sur le coup d’État !

L’évolution de la situation politique de la nouvelle administration Ă©tats-unienne soulĂšve elle aussi des questions quant au type de dĂ©mocratie et d’élections qui se font aux États-Unis, et sur la façon dont ces derniers agissent dans le pays qui est censĂ© donner des leçons (par la diplomatie et la force militaire) Ă  la population mondiale. Si cela s’avĂšre un changement auquel les gens ne peuvent PAS croire, alors certains se demanderont peut-ĂȘtre ce que veulent dire les Ă©lections et la dĂ©mocratie aux États-Unis. (Je traiterai en dĂ©tail de cette question dans un prochain ouvrage.) Obama devrait respecter le principe de respect mutuel entre pays et envers leurs systĂšmes politiques respectifs.

Obama, Clinton et leur administration au grand complet sont en train d’ĂȘtre jugĂ©s. « [
] C’est le peuple hondurien qui aura le dernier mot », avait prĂ©dit Fidel Castro le 21 juillet, au beau milieu de la situation la plus complexe que pouvait vivre la population : la mĂ©diation appuyĂ©e par les États-Unis, combinĂ©e avec la rĂ©pression policiĂšre et militaire de la rĂ©sistance.

À mesure que la situation Ă©volue, la prĂ©diction de Fidel Castro (et sa confiance dans le peuple) s’avĂšre juste. D’ailleurs elle semble ĂȘtre irrĂ©versible, peu importe les hauts et les bas qui se prĂ©sentent. L’un des leaders de la rĂ©sistance au Honduras, un dĂ©putĂ© au CongrĂšs hondurien, a Ă©mis un commentaire des plus profonds au journaliste de la Prensa Latina, Raimundo LĂłpez. Depuis le Honduras occupĂ© par l’armĂ©e, ce dernier n’a cessĂ© de rapporter courageusement et inlassablement les Ă©vĂ©nements sur le terrain. Le 18 juillet, l’activiste hondurien CĂ©sar Lam confiait donc au journaliste, lors d’une entrevue : « Il y a un Honduras d’avant le coup d’État, et un Honduras d’aprĂšs le coup d’État. »

Cette déclaration reflÚte bien le mouvement de résistance de toutes les nouvelles forces politiques et sociales.

MĂȘme l’équilibriste le plus expĂ©rimentĂ© peut ĂȘtre jetĂ© au sol par la force des aspirations au changement exprimĂ©es par un peuple. Ainsi, il serait prĂ©fĂ©rable que le prĂ©sident Obama adopte une position qui favorise la justice.

 

Source: Arnold August, Réseau Voltaire

août 25 2009

L’empire et les robots

Par Fidel Castro

J’ai Ă©voquĂ© rĂ©cemment les plans que trament les États-Unis pour imposer la supĂ©rioritĂ© absolue de leurs forces de l’air comme instrument de domination sur le reste du monde. J’ai mentionnĂ© le projet de doter celles-ci, d’ici 2020, de plus de mille bombardiers et chasseurs F-22 et F-35 de derniĂšre gĂ©nĂ©ration dans le cadre de leur flotte de plus de 2 500 avions militaires, et de faire en sorte que, d’ici 2040, tous leurs avions de guerre soient pilotĂ©s par des robots.

 

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Les budgets militaires peuvent toujours compter sur l’aval de l’immense majoritĂ© des lĂ©gislateurs Ă©tasuniens. C’est Ă  peine s’il existe un État de l’Union oĂč l’emploi ne dĂ©pend pas en partie de l’industrie de guerre.

 

À l’échelle mondiale et Ă  valeur constante, les dĂ©penses militaires ont doublĂ© dans les dix derniĂšres annĂ©es, comme si le danger de crise n’existait pas. C’est actuellement l’industrie la plus prospĂšre de la planĂšte.

 

En 2008, les budgets de la dĂ©fense ont absorbĂ© environ 1,5 billion de dollars. Ceux des États-Unis se sont montĂ©s Ă  eux seuls Ă  607 milliards, soit 42% des dĂ©penses militaires du monde, sans compter les dĂ©penses de guerre, tandis que le monde compte aujourd’hui un milliard d’affamĂ©s.

 

Une dĂ©pĂȘche de presse occidentale informait voilĂ  deux jours qu’à la mi-aoĂ»t, l’armĂ©e Ă©tasunienne avait prĂ©sentĂ© un hĂ©licoptĂšre tĂ©lĂ©guidĂ©e ainsi que des robots capables de faire des travaux de sapeurs, dont 2 500 avaient Ă©tĂ© expĂ©diĂ©s dans des zones de combat.

 

Une sociĂ©tĂ© de vente de robots a soutenu que les nouvelles technologies rĂ©volutionneraient la maniĂšre de conduire la guerre. En 2003, selon des publications, c’est Ă  peine si les États-Unis possĂ©daient des robots dans leur arsenal, et aujourd’hui, selon l’AFP, « ils comptaient 10 000 vĂ©hicules terrestres, ainsi que 7 000 dispositifs aĂ©riens, depuis le petit Raven qui peut ĂȘtre lancĂ© Ă  la main, jusqu’au gĂ©ant Global Hawk, un avion-espion de treize mĂštres de long et de trente-cinq mĂštres d’envergure, capable de voler Ă  grande altitude pendant trente-cinq heures ». La dĂ©pĂȘche cite d’autres armes.

 

Tandis que les États-Unis font ces dĂ©penses colossales en technologies de la mort, leur prĂ©sident sue sang et eau pour apporter des services de santĂ© Ă  cinquante millions d’Étasuniens qui en manquent. La confusion est telle que le nouveau prĂ©sident a affirmĂ© :

 

« La réforme du systÚme de santé est plus proche que jamais, mais la lutte devient féroce. »

 

« L’histoire est claire : chaque fois qu’une rĂ©forme de santĂ© se profile Ă  l’horizon, les intĂ©rĂȘts particuliers luttent avec tout ce qu’ils ont Ă  leur portĂ©e, font jouer leurs influences, orchestrent des campagnes publicitaires et recourent Ă  leurs alliĂ©s politiques pour effrayer le peuple Ă©tasunien. »

 

Le fait est que huit mille personnes – la plupart au chĂŽmage, selon la presse – se sont rĂ©unies dans un stade de Los Angeles pour recevoir les soins gratuits d’une clinique itinĂ©rante qui prĂȘte service dans le Tiers-monde. La foule a passĂ© la nuit lĂ , certains provenant de centaines de kilomĂštres Ă  la ronde.

 

« Que m’importe si c’est du socialisme ou non ! Nous sommes le seul pays au monde oĂč nous n’avons rien, nous, les plus vulnĂ©rables », a dit une universitaire d’un quartier noir.

 

Selon les informations, une « prise de sang peut coûter 500 dollars et un traitement dentaire de routine, plus de 1 000 ».

 

Quelle espérance une société pareille peut-elle offrir au monde ?

 

Les lobbyistes du CongrĂšs ratissent fort contre une simple loi qui prĂ©tend offrir des soins mĂ©dicaux Ă  des dizaines de millions de personnes pauvres, des Noirs et des Latinos dans leur immense majoritĂ©, qui en sont privĂ©s. MĂȘme un pays en butte Ă  un blocus comme Cuba a pu le faire, voire coopĂ©rer avec des dizaines de pays du Tiers-monde.

 

Si les robots peuvent se substituer aux soldats impĂ©riaux dans leurs guerres de conquĂȘte, qui stoppera les sociĂ©tĂ©s transnationales dans leur quĂȘte de marchĂ©s oĂč Ă©couler leurs engins ? De mĂȘme qu’elles ont inondĂ© le monde de voitures qui font aujourd’hui concurrence Ă  l’homme dans la consommation d’énergie non renouvelable, voire d’aliments convertis en carburants, elles peuvent tout aussi bien l’inonder de robots qui remplaceraient des millions de personnes Ă  leurs postes de travail.

 

Les scientifiques feraient bien mieux de concevoir des robots capables de gouverner : ils Ă©pargneraient ainsi cette besogne horrible, contradictoire et confuse Ă  l’administration et au CongrĂšs des Etats-Unis.

 

Les robots le feraient sans aucun doute mieux et meilleur marché 

 

Source: Fidel Castro, Le Grand Soir

avr 27 2009

Pandémie de grippe nord-américaine A/H1N1 (deuxiÚme partie)

San Francisco Chronicle, 10 janvier 1977

« Le mystÚre de 1971 »

Un rapport met en cause la CIA avec l’épidĂ©mie de Grippe porcine Ă  Cuba.

Finalement le lien a fini par ĂȘtre fait entre la CIA et ses agents officiels en liaison avec des operations menĂ©es par des Ă©lĂ©ments terroristes ayant introduit le Virus de la Grippe porcine Ă  Cuba en 1971. Six semaines aprĂšs une explosion du flĂ©au contraignait Ă  sacrifier 500 000 porcs pour prĂ©venir une Ă©pidĂ©mie sur tout le territoire cubain.

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Une source du Renseignement US dĂ©clarait Ă  « Newsday », la semaine derniĂšre, quelle avait, rĂ©cupĂ©rĂ© le virus dans un container anonyme dans une base d’entraĂźnement de l’US Army et de la CIA situĂ©e dans la Zone du canal de Panama, avec des instructions pour le transmettre Ă  un Groupe anti-castriste.

L’Ă©pidĂ©mie de 1971, la premiĂšre et seule fois ou le flĂ©au a touchĂ© la partie Occidentale de l’HĂ©misphĂšre Nord, a Ă©tĂ© Ă©tiquetĂ© « Evenement le plus alarmant » de 1971 par la « United Nations Food and Agricultural Organization ». La Grippe porcine africaine est hautement contagieuse et c’est un virus mortel qui infecte uniquement les porcs, et comme d’autres grippes virales ne peut ĂȘtre transmissible aux hommes. Toute la production cubaine de porcs, une spĂ©cialitĂ© cubaine, a Ă©tĂ© stoppĂ©e, apparemment pour plusieurs mois. Un porte-parole de la CIA, Dennis Berend, en rĂ©ponse Ă  une demande de « Newsdays », Ă  commenté : « Nous ne commentons pas les informations venant de sources inconnues, et plus anonymes».

C’est pourquoi le virus qui a touchĂ© Cuba reste un mystĂšre pour les enquĂȘteurs vĂ©tĂ©rinaires depuis l’Ă©pidĂ©mie. Des spĂ©culations prĂ©tendent que le virus serait entrĂ© Ă  Cuba dans les bagages d’un voyageur de commerce ou dans des saucisses vendues par un navigateur. Cependant, sur la base de nombreux interviews depuis plus de six mois avec des sources du Renseignement, des exiles cubains, et des scientifiques au sujet de l’Ă©pidĂ©mie, (qui survient deux ans aprĂšs que le PrĂ©sident Nixon ait condamnĂ© le recours Ă  la Guerre chimique et biologique), « Newsdays » est en mesure de resituer les tĂ©moignages sur les Ă©vĂ©nements concernant l’Ă©pidĂ©mie.

La source, un Agent US du Renseignement, dĂ©clare qu’au dĂ©but de 1971 il a pris possession du virus enfermĂ© dans un container sans marques distinctives au « Fort Gulick », une base amĂ©ricaine de la Zone du canal de Panama. La CIA y est aussi prĂ©sente et utilise « Fort Gulick » comme centre d’entraĂźnement paramilitaire pour les personnels de carriĂšre et les mercenaires La source dĂ©clare qu’il avait des instructions pour transmettre le container Ă  des membres d’un groupe anticastriste. Ce container, remis Ă  une autre personne dans la Zone du Canal, est parti par mer et acheminĂ© sur un chalutier hors des eaux territoriales de panama. La source dĂ©clare aussi que le contenu n’avait pas Ă©tĂ© identifiĂ© par lui, plusieurs mois aprĂšs l’Ă©pidĂ©mie. Il n’avait pas cherchĂ© Ă  en savoir plus. Une autre personne impliquĂ©e dans l’opĂ©ration, un exilĂ© cubain, qu a demandĂ© Ă  ne pas ĂȘtre identifiĂ©, a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait Ă  bord du chalutier quand le virus a Ă©tĂ© transbordĂ© au point de rendez vous prĂšs de « Bocas del Toro », Ă  Panama. Il dit que le virus a Ă©tĂ© acheminĂ© Ă  « Navassa Island », une petite Ăźle dĂ©serte sous contrĂŽle US, entre HaĂŻti et la JamaĂŻque. De lĂ , aprĂšs que le navire ait fait briĂšvement halte, le container a Ă©tĂ© introduit Ă  Cuba et remis Ă  des agents sur la cĂŽte sud, prĂšs de la base de l’US Navy de « Guantanamo Bay » au mois de mars, toujours selon le passager du chalutier. La base est situĂ©e Ă  100 miles au Nord de Navassa.

La personne du chalutier, qui a Ă©tĂ© entraĂźnĂ©e par la CIA, et a menĂ©es d’autres missions pour la CIA, dĂ©clare qu’elle n’a reconnu Ă  bord du chalutier aucun membre officiel de l’Agence lors de la remise du virus, mais il ajoute : « Nous Ă©tions bien payĂ©s pour cela et le groupe d’exilĂ©s ne manquait pas d’argent… »

Il declare qu’il a rĂ©vĂ©lĂ© l’opĂ©ration car il est lui-aussi membre d’un groupe d’exilĂ©s qui a Ă©tĂ© soumis Ă  une investigation criminelle en relation avec des activitĂ©s terroristes en Floride. Son tĂ©moignage a Ă©tĂ© confirmĂ© par un autre agent du Renseignement de Miami. Il dĂ©clare qu’il n’y a aucune preuve que l’opĂ©ration ait Ă©tĂ© officiellement approuvĂ©e par la CIA mais ajoute : « MĂȘme si c’Ă©tait le cas le Officiels de la CIA Ă  Washington ont toujours un alibi plausible ».

L’enquĂȘte en rĂ©fĂ©rence aux assertions des exĂ©cutants implique une enquĂȘte fĂ©dĂ©rale sur ces actes terroristes commanditĂ©s. Ces actes comprennent aussi des attentats Ă  la bombe, et des assassinats, aux USA et Ă  Cuba, menĂ©s par les exiles Cubains. EntraĂźnĂ©s Ă  l’origine par la CIA pour des opĂ©rations contre Cuba les exilĂ©s deviennent plus timorĂ©s lorsqu’ils pensent qu’il pourrait y avoir rapprochement entre Fidel Castro et les USA

San Francisco Chronicle

Traduit par Gilong, pour Bellaciao

Développement suit

00:20 > 19′876 visiteurs en trois jours sur notre prĂ©cĂ©dente page, qui arrivait Ă  saturation. Nous vous remercions de votre prĂ©sence sur Mecanopolis :)

00:45 >Trente-trois lycĂ©ens français sont Ă  New York dans le cadre d’un Ă©change avec une Ă©cole privĂ©e oĂč 28 cas de grippe porcine ont Ă©tĂ© signalĂ©s, et deux d’entre eux ont prĂ©sentĂ© des symptĂŽmes grippaux et ont Ă©tĂ© traitĂ©s au Tamiflu, a indiquĂ© lundi le consul de France Ă  New York.

00:55 > Si vous ĂȘtes insomniaque, vous pouvez visionner le film EndGame, d’Alex Jones. Mais ça ne risque pas de vous aider Ă  trouver le sommeil ;)

La suite ici

Un lecteur nous signale une bibliographie documentée du film à cette adresse


01:25 > La Maison Blanche a assurĂ© catĂ©goriquement lundi que le prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama Ă©tait revenu d’un rĂ©cent voyage au Mexique, principal foyer de la grippe porcine, sans avoir contractĂ© le mal, bien qu’il eĂ»t approchĂ© un officiel mort peu aprĂšs sa visite.

La Maison Blanche a aussi dit n’avoir aucune raison de penser que les autoritĂ©s mexicaines lui aient cachĂ© quoi que ce soit pour que M. Obama n’annule pas sa visite les 16 et 17 avril.

Les autoritĂ©s mexicaines font aujourd’hui remonter les premiers dĂ©cĂšs autour du 13 avril.

Le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs, a Ă©tĂ© assailli de questions de la presse sur ce que l’administration savait quand le prĂ©sident a pris le chemin du Mexique, et sur les contacts entre M. Obama et le directeur du MusĂ©e national d’anthropologie de Mexico, Felipe Solis, en compagnie duquel M. Obama avait dĂźnĂ© le soir de sa visite le 16 avril et qui est mort depuis.

Le ministre mexicain de la SantĂ©, Jose Angel Cordova, a indiquĂ© dimanche dans la presse que M. Solis Ă©tait mort de pathologies prĂ©existantes. Un responsable mĂ©dical de l’administration mexicaine, Carlos Tena, a prĂ©cisĂ© dans un communiquĂ© que M. Solis souffrait de diabĂšte, de dĂ©ficience immunitaire et d’hypertension artĂ©rielle qui avaient prĂ©cipitĂ© son dĂ©cĂšs.

01:40 > Un premier cas avĂ©rĂ© de grippe porcine a Ă©tĂ© enregistrĂ© en CorĂ©e du Sud, a indiquĂ© mardi l’agence de presse Yonhap.

01:45 > Les premiÚres études indiquent un taux de mortalité de 7,5% pour les cas infectés par le virus A/H1N1 au Mexique.

01:46 > « Nous n’avons pas les infrastructures nĂ©cessaires pour faire face Ă  un phĂ©nomĂšne d’ampleur », avertit le virologue français Didier Raoult, alors que plusieurs cas de grippe porcine ont Ă©tĂ© confirmĂ©s lundi dans plusieurs pays europĂ©ens voisins de la France.

A la ministre de la SantĂ© Roselyne Bachelot, qui assure que le pays est prĂȘt Ă  faire face Ă  une Ă©ventuelle pandĂ©mie, le Pr Raoult, chef du laboratoire de virologie Ă  l’hĂŽpital de la Timone Ă  Marseille, rĂ©pond dans l’Ă©dition de mardi de « La Provence » que « tout en ayant un vaccin Ă  disposition, on ne sait dĂ©jĂ  pas gĂ©rer la grippe saisonniĂšre en France! »

« Il y a chaque annĂ©e plus de 2 millions de cas de grippe et 5.000 morts dans notre pays, alors imaginez ce qui peut se passer avec un nouveau variant et sans vaccin. On court Ă  la catastrophe », dit-il.

Selon lui, « on rĂ©agit dans l’urgence, on met en place des cellules de crise, on dĂ©pense des millions pour des masques dont on ne sait mĂȘme pas s’ils sont plus efficaces qu’un masque de papier, on met en place des politiques de dĂ©fense immĂ©diate, mais on ne structure rien ».

Comme il l’avait fait en 2002, dans un rapport au ministre de la SantĂ©, le Pr Raoult prĂ©conise « un prĂ©-acheminement des urgences et des infrastructures spĂ©cifiques pour accueillir les patients atteints de maladies infectieuses ».

« En France, nous n’avons ni l’habitude, ni les services, ni les circuits pour faire face Ă  de telles Ă©pidĂ©mies. Aucune Ă©tude d’organisation n’a Ă©tĂ© faite. Que va t-on faire si nous devons rĂ©pondre Ă  un afflux de malades? Les mettre au milieu des autres urgences? », s’interroge-t-il.

« Cette Ă©pidĂ©mie est plus inquiĂ©tante que celle redoutĂ©e de grippe aviaire », poursuit-il. Il justifie cette crainte par trois raisons: « le passage des souches du porc Ă  l’homme est trĂšs facile », « un des variants est rĂ©sistant au Tamiflu » et enfin « les conditions d’une vaste propagation sont rĂ©unies » puisque la grippe « est survenue dans une mĂ©gapole, avec un aĂ©roport qui dessert de trĂšs nombreuses destinations ».

07:00 > Point de la situation

La grippe porcine, qui aurait fait jusqu’Ă  prĂšs de 150 morts au Mexique, s’est Ă©tendue aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne et en Espagne, faisant craindre aux autoritĂ©s sanitaires une pandĂ©mie d’ampleur mondiale.

MEXIQUE: Au Mexique, foyer de l’Ă©pidĂ©mie, le gouvernement a annoncĂ© un bilan aggravĂ© de 149 dĂ©cĂšs dus de façon « probable » Ă  la grippe porcine et 1.614 malades, dont 400 encore hospitalisĂ©s. Sur ce total, le nombre de morts liĂ©es de maniĂšre certaine au virus a Ă©tĂ© maintenu Ă  20. Les Ă©coles et universitĂ©s sont fermĂ©es et des masques de chirurgiens sont distribuĂ©s dans la rue aux 20 millions d’habitants de Mexico.

ETATS-UNIS: Au total 44 cas confirmĂ©s de grippe porcine ont Ă©tĂ© dĂ©celĂ©s dans cinq Etats: New York, l’Ohio, le Kansas, le Texas et la Californie.

Selon les autoritĂ©s sanitaires, l’augmentation n’est pas due Ă  une propagation de la maladie, mais Ă  une meilleure dĂ©tection.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a indiquĂ© que 28 Ă©lĂšves d’une Ă©cole privĂ©e de New York Ă©taient atteints de la grippe porcine, mais qu’il s’agissait du seul foyer d’infection dans la ville.

Trente-trois lycĂ©ens français sont Ă  New York dans le cadre d’un Ă©change avec cette Ă©cole et deux d’entre eux, ainsi qu’un de leurs professeurs, ont prĂ©sentĂ© des symptĂŽmes grippaux, ont Ă©tĂ© traitĂ©s et « vont bien », selon le consul de France Ă  New York.

Le dĂ©partement de la SantĂ© de l’Etat du Michigan a de son cĂŽtĂ© annoncĂ© un probable cas de grippe porcine.

CANADA: Le Canada a annoncĂ© six cas avĂ©rĂ©s de grippe porcine: quatre dans la province atlantique de Nouvelle Ecosse et deux en Colombie-Britannique, Ă  l’ouest du pays. Il s’agit d’Ă©tudiants ayant participĂ© Ă  un voyage scolaire au Mexique dans la pĂ©ninsule du Yucatan et leur infection va de « bĂ©nigne » Ă  des symptĂŽmes « modĂ©rĂ©s ». Les autoritĂ©s pensent qu’il y aura d’autres cas.

En Ontario, 10 Ă  12 personnes ont par ailleurs Ă©tĂ© placĂ©es sous surveillance mais aucun cas n’a Ă©tĂ© confirmĂ© et les analyses se poursuivent.

GRANDE-BRETAGNE: Deux personnes hospitalisées dimanche soir en Ecosse sont les premiers cas confirmés de grippe porcine en Grande-Bretagne, a annoncé lundi la ministre écossaise de la Santé.

Sept autres personnes, parmi les 22 qui avaient Ă©tĂ© en contact avec les deux malades, ont dĂ©veloppĂ© de « lĂ©gers symptĂŽmes », qui n’ont pas encore Ă©tĂ© confirmĂ©s comme des cas de grippe porcine, a-t-elle ajoutĂ©. Ces personnes sont traitĂ©es Ă  domicile et non Ă  l’hĂŽpital.

ESPAGNE: La ministre de la SantĂ© espagnole Trinidad Jimenez a annoncĂ© lundi un cas confirmĂ© de grippe porcine en Espagne chez un homme qui avait sĂ©journĂ© au Mexique, indiquant que c’Ă©tait le premier cas avĂ©rĂ© en Europe. Le nombre de cas suspects en Espagne a augmentĂ© lundi pour s’Ă©tablir Ă  prĂšs d’une vingtaine.

BELGIQUE: Les tests réalisés sur six cas suspects de grippe porcine en Belgique se sont avérés négatifs.

Des tests menĂ©s sur une premiĂšre personne qui s’Ă©tait prĂ©sentĂ©e dimanche chez son mĂ©decin avaient dĂ©jĂ  donnĂ© lundi des rĂ©sultats nĂ©gatifs.

SUISSE: Cinq Suisses prĂ©sentant des symptĂŽmes grippaux et de retour du Mexique font l’objet d’examens, a indiquĂ© lundi le porte-parole de l’Office fĂ©dĂ©ral de la santĂ© publique (OFSP) Jean-Louis ZĂŒrcher.

DANEMARK: Cinq personnes – de retour de sĂ©jours au Mexique et dans le sud des Etats-Unis – ont Ă©tĂ© placĂ©es en observation dans deux hĂŽpitaux.

SUEDE: Au moins cinq personnes, dont certaines ont rĂ©cemment voyagĂ© au Mexique, font l’objet d’examens pour dĂ©terminer si elles ont ou non attrapĂ© le virus, selon Mia Brytting, une responsable de l’Institut suĂ©dois pour le contrĂŽle des maladies infectieuses.

FRANCE: Quatre nouveaux cas sont « en cours d’investigation »; Il s’agit de personnes ayant voyagĂ© au Mexique ou dans le sud des Etats-Unis. Six autres cas ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s lundi matin.

BULGARIE : Les services vĂ©tĂ©rinaires du gouvernement bulgare ont ordonnĂ© lundi « le renforcement des contrĂŽles vĂ©tĂ©rinaires sur les importations de viande en provenance des pays non membres de l’Union europĂ©enne, comme une mesure de prĂ©vention contre la propagation de la grippe porcine », a annoncĂ© le directeur des services Yordan Voynov. Aucun cas suspect n’y a cependant Ă©tĂ© signalĂ©.

AUTRICHE : L’Autriche dispose de suffisamment de stocks de Tamiflu et de masques de protection pour faire face Ă  une Ă©ventuelle irruption de la grippe porcine, a indiquĂ© lundi l’Ordre des pharmaciens. Il a prĂ©cisĂ© n’avoir relevĂ© aucune inquiĂ©tude particuliĂšre de la population pour l’heure.

HONGRIE : La surveillance a Ă©tĂ© renforcĂ©e Ă  l’aĂ©roport de Budapest. Les passagers prĂ©sentant des symptĂŽmes suspects pourront ĂȘtre immĂ©diatement auscultĂ©s et, le cas Ă©chĂ©ant, mis en quarantaine, selon le chef du Bureau national de la santĂ©, Ferenc Falus.

COLOMBIE: Les autorités sanitaires colombiennes ont placé sous surveillance 12 personnes arrivées du Mexique présentant des symptÎmes de grippe mais qui ne sont pas dans un état grave. Pour huit autres personnes examinées, les analyses ont été négatives.

Le gouvernement a dĂ©cidĂ© de placer le pays en « situation de dĂ©sastre national », afin de lutter plus efficacement contre l’Ă©pidĂ©mie. Bogota a Ă©galement Ă©tendu ses contrĂŽles aux aĂ©roports et ports, y compris sur les bateaux de croisiĂšre.

BRESIL: Le prĂ©sident Luiz Inacio Lula da Silva a assurĂ© lundi qu’il n’y avait aucun cas de grippe porcine au BrĂ©sil, les deux cas suspects dĂ©tectĂ©s ne semblant pas ĂȘtre confirmĂ©s. « La grippe n’a pas atteint le BrĂ©sil », a-t-il affirmĂ©.

PEROU : Un premier cas est suspectĂ© au PĂ©rou aprĂšs l’hospitalisation d’un homme qui rentrait lundi du Mexique.

BOLIVIE : La Bolivie s’est placĂ©e lundi en Ă©tat d’ »alerte sanitaire », avec pour premiĂšre mesure concrĂšte des postes de surveillance mĂ©dicale aux aĂ©roports.

ISRAEL : Un homme de 40 ans, revenu rĂ©cemment du Mexique et prĂ©sentant des symptĂŽmes de grippe a Ă©tĂ© hospitalisĂ© lundi et placĂ© en quarantaine. Un jeune homme de 26 ans prĂ©sentant des symptĂŽmes similaires aprĂšs son retour du Mexique avait Ă©tĂ© hospitalisĂ© dimanche dans un autre Ă©tablissement, mĂȘme si selon des sources hospitaliĂšres, « au vu des premiers examens », il ne semblait pas souffrir de grippe porcine.

HONG KONG: Une femme de 27 ans arrivant de Californie (Etats-Unis) et hospitalisĂ©e Ă  Hong Kong avec des symptĂŽmes similaires Ă  ceux de la grippe porcine a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e comme atteinte simplement d’une grippe, ont annoncĂ© les autoritĂ©s sanitaires. Deux autres cas suspects s’Ă©taient auparavant eux aussi rĂ©vĂ©lĂ©s nĂ©gatifs.

NOUVELLE-ZELANDE: neuf lycĂ©ens nĂ©o-zĂ©landais et un enseignant, qui prĂ©sentaient des symptĂŽmes aprĂšs un sĂ©jour de trois semaines au Mexique, sont « probablement » atteints de la grippe porcine, sans que cela soit encore confirmĂ©, selon le ministre nĂ©o-zĂ©landais de la SantĂ©, Tony Ryall.

Ils faisaient partie d’un groupe de 25 personnes d’un collĂšge d’Auckland placĂ© en quarantaine samedi Ă  leur retour du Mexique.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé mardi étudier 56 cas potentiels de grippe porcine parmi des voyageurs récemment rentrés du Mexique et des Etats-Unis.

COREE DU SUD: Un citoyen sud-corĂ©en rentrĂ© rĂ©cemment du Mexique a Ă©tĂ© identifiĂ© comme le premier cas « potentiel » de grippe porcine dans le pays, a indiquĂ© mardi l’agence de presse Yonhap, citant un responsable non identifiĂ©.

07:20 > Un mĂ©decin nous fait remarquer, sur notre groupe Facebook, que le Tamiflu s’Ă©tant avĂ©rĂ© innĂ©fficace cette annĂ©e pour combattre la grippe saisonniĂšre, comme le relĂšve cet article, on peut douter qu’il soit trĂšs utile contre le A/H1N1.

07:27 > Intervention  et explication  de Didier RAOULT

Pourquoi le virus de la grippe porcine est-il apparu au Mexique ?

Ce n’est pas parce que le virus de la grippe porcine est apparu au Mexique qu’il y est nĂ©. Plusieurs souches de virus, capables de se recombiner entre eux (Ă©changer leur gĂšnes) et de muter, circulent Ă  travers le monde. Ils peuvent Ă©merger n’importe oĂč. Le plus gros rĂ©servoir se trouve aujourd’hui en Asie, dans le sous-continent indien et en Chine. Souvent, les premiers mutants de virus apparaissent dans les Ă©levages de volailles de cette rĂ©gion. Les oiseaux et les cochons cohabitent souvent dans les mĂȘmes basse-cours. A force de promiscuitĂ©, certains virus finissent donc par s’adapter aux porcs. La transmission Ă  l’homme est alors facilitĂ©e, parce que nos dĂ©fenses immunitaires sont plus proches de celles du cochon que de celles des oiseaux. Le risque d’avoir un mutant transmissible d’homme Ă  homme est donc plus important Ă  partir d’une infection par un virus porcin. C’est beaucoup plus inquiĂ©tant d’avoir une Ă©pidĂ©mie porcine qu’une Ă©pidĂ©mie aviaire.

Comment se propage un virus comme celui de la grippe porcine ?

Il y a trois Ă©tapes : d’abord, l’Ă©pidĂ©mie qui se dĂ©clenche chez les animaux (l’Ă©pizootie), puis la transmission de l’infection de l’animal Ă  l’homme (la zoonose), enfin l’Ă©pidĂ©mie inter-humaine.

Le virus de la grippe aviaire n’a jamais vraiment passĂ© le stade de la zoonose. La grippe porcine, par contre, se dĂ©veloppe aujourd’hui par transmission d’homme Ă  homme. Reste Ă  connaĂźtre le ratio de transmissibilitĂ© du virus, c’est-Ă -dire son degrĂ© de contagiositĂ©. Pour les maladies infectieuses respiratoires, une personne malade transmet en moyenne le virus Ă  deux personnes. Ce taux est de vingt-trois pour un avec la rougeole.

En fonction du taux de contagiositĂ©, le virus peut se multiplier Ă  une vitesse exponentielle. PrĂšs d’un milliard de personnes prennent l’avion chaque annĂ©e. Une Ă©tude allemande a dĂ©montrĂ© que 72 % des passagers attrapent un virus respiratoire lors d’un vol de plus de quatre heures. La derniĂšre Ă©pidĂ©mie de grippe humaine qui a suivi une grippe porcine a fait deux millions de morts : c’Ă©tait la grippe asiatique en 1957.

Que se passe-t-il quand le virus mute ?

C’est beaucoup plus dificile de connaĂźtre le taux de transmission une fois que le virus a mutĂ©. Chaque mutant a son propre gĂ©nie dynamique, sa propre capacitĂ© Ă  se multiplier. Ça devient trĂšs compliquĂ© de faire des prĂ©dictions. Les modĂ©lisations sont toujours basĂ©es sur des analyses rĂ©trospectives qui nĂ©gligent une chose : les vivants sont toujours diffĂ©rents. Les mĂ©dicaments dont nous disposons aujourd’hui sont efficaces s’ils sont prescrits trĂšs tĂŽt. C’est beaucoup plus compliquĂ© quand les gens deviennent contagieux.

Comment peut-on lutter contre ces virus mutants qui se transmettent d’homme Ă  homme ?

La France est trĂšs en retard en ce qui concerne la lutte contre les infections respiratoires. Ne serait-ce que pour la grippe traditionnelle… Il existe aujourd’hui un vaccin et la plupart des gens sont immunisĂ©s contre le virus. Pourtant, c’est une maladie qui fait en moyenne 5 000 ou 6 000 morts par an en France. Les personnes ĂągĂ©es et les nouveaux-nĂ©s sont les plus touchĂ©s, mais tout le monde est exposĂ©. Le jour oĂč apparaĂźtra un mutant grippal dont la population n’est pas protĂ©gĂ©e par la vaccination, ce sera un dĂ©sastre. Nous n’avons pas aujourd’hui les structures adĂ©quates et nous connaissons mal les conditions de transmission.

Quels sont les pays les plus armĂ©s pour rĂ©sister Ă  ce genre d’Ă©pidĂ©mie ?

Les plus avancĂ©s sont les Chinois. Pour juguler l’Ă©pidĂ©mie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sĂ©vĂšre), ils ont construit un hĂŽpital dotĂ© de 600 lits Ă  l’isolement et dĂ©veloppĂ© des services pour la prise en charge des malades contagieux. En Italie, il y a deux hĂŽpitaux avec des dispositions similaires. En France, nous ne sommes mĂȘmes pas capables d’enrayer des Ă©pidĂ©mies comme la gastro-entĂ©rite et la grippe tarditionnelle.

L’Ă©pidĂ©mie liĂ©e Ă  la grippe porcine, qui aurait fait plus de 150 morts au Mexique, continue de se propager avec la confirmation de cas en Nouvelle-ZĂ©lande et en IsraĂ«l, alors que l’Organisation mondiale de la santĂ© a relevĂ© son niveau d’alerte.

16:30 > Les faits marquants du jour

- Le bilan « probable » au Mexique grossit Ă  152 morts.

- Trois cas de grippe porcine confirmés en Nouvelle-Zélande, un cas en Israël, le premier au Proche-Orient. Un deuxiÚme cas confirmé en Espagne. Tous revenaient du Mexique.

- Un premier cas suspect de grippe porcine en Corée du Sud, trois cas suspects en Allemagne, quatre à Hong-Kong, en Australie le nombre de cas potentiels est passé de 17 à 70.

- PrĂȘt de la Banque mondiale de « plus de 205 millions de dollars au Mexique » pour lutter contre l’Ă©pidĂ©mie.

- Au Japon, durcissement des conditions d’octroi des visas aux Mexicains. Tokyo, Londres et Paris dĂ©conseillent les voyages au Mexique. Le voyagiste Thomas Cook annule tous ses voyages vers Cancun.

- La Commission européenne juge prématuré de préconiser une limitation des déplacements vers les pays touchés par le virus.

- La commissaire européenne à la Santé Androulla Vassiliou souhaite tenir mercredi une réunion avec les principaux groupes pharmaceutiques pour un point sur les possibilités de riposte.

- Bourses asiatiques et européennes en baisse. Recul du prix du pétrole ainsi que des valeurs liées au tourisme ou aux transports, hausse des valeurs pharmaceutiques.

17:00 > L’OMS pourrait actionner la phase 5 d’alerte pandĂ©mique dans la nuit

La dĂ©couverte de cas de grippe porcine aux Etats-Unis sur des personnes n’ayant pas sĂ©journĂ© au Mexique signifierait que la maladie se transmet de maniĂšre autonome en dehors de ce pays et justifierait le passage Ă  la phase 5 de l’alerte pandĂ©mique, a annoncĂ© mardi l’Organisation mondiale de la santĂ©.

« S’il y a une confirmation de cas de (transmission) locale aux Etats-Unis, nous pourrions en principe passer Ă  la phase 5″, a expliquĂ© lors d’un point de presse Gregory Hartl.

Le passage de la phase 4 Ă  la phase 5, avant-dernier niveau de l’Ă©chelle d’alerte de l’OMS avant la dĂ©claration de la pandĂ©mie, signifie que celle-ci est non seulement imminente mais surtout inĂ©vitable. Le critĂšre principal de son dĂ©clenchement, selon les procĂ©dures de l’OMS, est l’existence de deux foyers distincts dans deux pays diffĂ©rents d’une mĂȘme rĂ©gion.

17:30 > Le Center For Infectious Disease Research & Policy, de l’universitĂ© du Minnesota indique sur son site que deux enfants, tombĂ©s malades Ă  la fin du mois de mars dernier, auraient Ă©tĂ© positifs au virus A/H1N1. Le virus circule donc depuis un bon moment, et pas seulement au Mexique. Merci Ă  Charles A. de nous nous avoir fait parvenir cette info par email > redaction@mecanopolis.org

17:35 > Tous les restaurants de Mexico doivent fermer, a-t-on annoncé mardi matin à la municipalité.

17:50 > Les 35′000 restaurants de Mexico seront effectivement fermĂ©s jusqu’au 5 mai, selon bloomberg.com

18:00 > 37 cas suspects en Ecosse, 20 en France

18:15 > Les autorités sanitaires américaines ont indiqué mardi que 64 cas de grippe porcine avaient été confirmés dans cinq Etats, et que plusieurs personnes atteintes avaient été hospitalisées, précisant que la situation évoluait rapidement.

Le prĂ©cĂ©dent bilan des Centres amĂ©ricains de contrĂŽle et de prĂ©vention des maladies (CDC) faisait Ă©tat lundi de 40 cas confirmĂ©s dans les mĂȘmes cinq Etats et d’une seule hospitalisation.

Les nouveaux cas recensĂ©s par les CDC proviennent principalement de New York, oĂč 45 personnes sont dĂ©sormais atteintes. Les autres cas se trouvent en Californie (10), Texas (6), Kansas (2), Ohio (1).

« La grippe porcine humaine continue de s’Ă©tendre aux Etats-Unis et dans le monde. Aujourd’hui (mardi), les CDC rapportent de nouveaux cas confirmĂ©s de grippe porcine et un certain nombre d’hospitalisations de patients atteints de grippe porcine », indiquent les autoritĂ©s sanitaires dans le communiquĂ©, prĂ©cisant qu’il s’agit d’une situation qui Ă©volue rapidement ».

19:00 > Les vols Ă  destination du Mexique pourraient ĂȘtre suspendu dĂšs demain.

19:20 > Le métro de Mexico-City, qui transporte tous les jours 4,5 millions de personnes, pourrait fermer à son tour, selon la municipalité.

19:25 > Un cas de grippe pA/H1N1 a Ă©tĂ© confirmĂ© mardi dans un sixiĂšme Etat amĂ©ricain, l’Indiana (nord) et les autoritĂ©s sanitaires ont prĂ©cisĂ© que ce patient ne revenait pas du Mexique, Ă©picentre de l’Ă©pidĂ©mie, contrairement aux autres malades.

19:30 > Point sur la situation

La grippe porcine a continuĂ© Ă  progresser mardi avec deux nouveaux pays touchĂ©s, IsraĂ«l et la Nouvelle-ZĂ©lande, et des dizaines de cas confirmĂ©s dans le monde, ce qui a conduit l’Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS) Ă  maintenir un niveau d’alerte Ă©levĂ©.

Au Mexique cependant, foyer de l’Ă©pidĂ©mie et seul pays oĂč des cas mortels ont Ă©tĂ© recensĂ©s, les autoritĂ©s ont Ă©voquĂ© pour la premiĂšre fois lundi soir un espoir de ralentissement de la propagation de la maladie.

Le ministre de la Santé, José Angel Cordova, a expliqué que le nombre des décÚs suspects est passé de six samedi à cinq dimanche et trois lundi.

Le Mexique a annoncĂ© que la grippe porcine avait dĂ©jĂ  fait 20 morts avĂ©rĂ©s sur son territoire, mais que le bilan pourrait s’Ă©lever Ă  152.

L’OMS a prĂ©sentĂ© mardi aprĂšs-midi un un bilan bien moins alarmiste, en faisant Ă©tat de 79 cas confirmĂ©s de grippe porcine dans le monde au total, sans prĂ©ciser le nombre de morts.

Avec 40 cas confirmĂ©e, les Etats Unis ont selon l’OMS le plus lourd bilan confirmĂ©, devant le Mexique, foyer de l’Ă©pidĂ©mie (26 cas), le Canada (6), la Nouvelle-ZĂ©lande (3), le Royaume Uni (2) et l’Espagne (2).

Les autorités sanitaires américaines annonçaient de leur cÎté 64 cas de grippe porcine, précisant que la situation évoluait rapidement.

Deux cas humains non mortels ont également été diagnostiqués par les autorités nationales en Israël, officiellement atteinte pour la premiÚre fois mardi comme la Nouvelle-Zélande.

Alors que de nombreux pays ont pris des mesures de prĂ©vention, l’OMS restait mardi aprĂšs-midi « en phase d’alerte 4″, a indiquĂ© son numĂ©ro deux, le Dr Keiji Fukuda, en soulignant que « la possibilitĂ© » de pandĂ©mie « est prise trĂšs au sĂ©rieux ».

L’organisation Ă©tait passĂ© lundi soir de 3 Ă  4 sur son Ă©chelle du niveau d’alerte, qui en compte 6, signifiant « une montĂ©e en puissance significative » du risque de pandĂ©mie.

Nombre des malades sont des voyageurs de retour du Mexique.

L’OMS pourrait par exemple « passer Ă  la phase 5″ en cas de confirmation de cas avĂ©rĂ©s endogĂšnes aux Etats-Unis, a prĂ©cisĂ© un de ses porte-paroles, Gregory Hartl. Un passage Ă  la phase 5, avant-dernier niveau avant la dĂ©claration de la pandĂ©mie, signifie que celle-ci est non seulement imminente mais surtout inĂ©vitable.

L’OMS a par ailleurs annoncĂ© que quatre laboratoires dans le monde Ă©taient Ă  des « stades diffĂ©rents » de travail sur une souche virale pouvant servir de prĂ©curseur d’un vaccin contre la grippe porcine.

L’organisation ne recommande pas jusqu’Ă  prĂ©sent de restreindre les dĂ©placements, tout comme la Commission europĂ©enne, Ă  l’inverse de la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Italie ou le Canada qui ont dĂ©conseillĂ© mardi les voyages aux Mexique.

Plusieurs voyagistes britanniques et les tours-opérateurs français ont annulé ou suspendu leurs départs pour le Mexique.

Le Mexique a continuĂ© Ă  resserrer son dispositif de prĂ©vention. La fermeture des Ă©tablissements scolaires a Ă©tĂ© Ă©tendue Ă  l’ensemble du pays, et les restaurants de Mexico fermĂ©s au public.

Aux Etats-Unis, onze millions de traitements antiviraux doivent ĂȘtre distribuĂ©s.

Le virus, qui touche essentiellement « des jeunes adultes en bonne santĂ© », selon les autoritĂ©s mondiales de la santĂ©, se transmet par voie respiratoire, d’homme Ă  homme, mais pas en mangeant de la viande de porc.

Les symptĂŽmes (fiĂšvre, maux de tĂȘte, courbatures) sont similaires Ă  ceux de la grippe saisonniĂšre qui tue chaque annĂ©e dans le monde entre 250.000 et 500.000 personnes.

Signe de l’inquiĂ©tude des autoritĂ©s sanitaires, des cas suspects ont Ă©tĂ© placĂ©s en observation partout Ă  travers le monde, dont 20 en Espagne, 20 en France, une quinzaine en Grande-Bretagne, 70 en Australie, un en CorĂ©e du Sud, un en France, deux en Allemagne, d’autres en Italie, en Irlande, en Suisse, au Danemark, en SuĂšde, aux Pays-Bas, en Autriche, au BrĂ©sil, au PĂ©rou, en Colombie, en Nouvelle-ZĂ©lande, en ThaĂŻlande.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays Ă  mettre en place des contrĂŽles sanitaires aux aĂ©roports et aux frontiĂšres, jugĂ©s toutefois inefficaces par l’OMS.

Plusieurs pays ont suspendu toutes ou partie de leurs importations de porc, comme la Chine, la Russie, l’Ukraine, la plupart des pays des Balkans, la ThaĂŻlande, l’IndonĂ©sie et le Liban, visant pour la plupart la viande en provenance du Mexique ou des Etats-Unis.

Les craintes de pandĂ©mie ont continuĂ© Ă  peser mardi sur les Bourses europĂ©ennes et le marchĂ© pĂ©trolier, comme elles l’avaient fait dĂ©jĂ  lundi.

19:35 > La France Ă©lĂšve son niveau d’alerte au stade de prĂ©-pandĂ©mie.

19:55 > ALERTE > L’OMS prĂ©voit entre 2 et 7,4 millions de morts.

20:15 > Sur le site de l’OMS : Current epidemiological models project that a pandemic could result in 2 to 7.4 million deaths globally. > http://www.who.int Merci Ă  Piero F. de nous avoir fait parvenir cette information depuis notre groupe Facebook

20:35 > Etat d’urgence proclamĂ© en Californie (USA)

21:05 > Récapitalatif des cas sur ce site

21:20 > EnquĂȘte sur deux dĂ©cĂšs suspects Ă  Los Angeles

Les autoritĂ©s en Californie (ouest) enquĂȘtent sur les causes de deux dĂ©cĂšs rĂ©cemment constatĂ©s dans la rĂ©gion de Los Angeles et qui pourraient ĂȘtre liĂ©s Ă  la grippe porcine, a-t-on appris mardi auprĂšs de l’institut mĂ©dico-lĂ©gal rĂ©gional.

Des analyses sont en cours pour dĂ©terminer les causes de la mort de deux personnes, l’une le 22 avril Ă  Norwalk, Ă  25 km au sud-est de Los Angeles, et l’autre lundi Ă  Bellflower, Ă  quelques kilomĂštres de lĂ , selon le porte-parole de l’institut, Ed Winter.

Les deux personnes dĂ©cĂ©dĂ©es, des hommes qui avaient respectivement 45 et 33 ans, prĂ©sentaient des symptĂŽmes correspondant Ă  ceux de la grippe. Des analyses de prĂ©lĂšvements doivent dĂ©terminer si elles avaient Ă©tĂ© infectĂ©es par la souche du virus de la grippe porcine, dont l’Ă©picentre est situĂ© au Mexique.

Si ces deux dĂ©cĂšs sont bien dus Ă  ce virus, ce seront les premiers enregistrĂ©s aux Etats-Unis depuis le dĂ©but de la crise sanitaire mondiale. Les autoritĂ©s du Mexique ont pour leur part affirmĂ© que le virus pourrait avoir fait jusqu’Ă  152 morts dans leur pays.

Jusqu’ici, sur une soixantaine de cas aux Etats-Unis, 11 ont Ă©tĂ© identifiĂ©s en Californie, qui partage avec le Mexique l’une des frontiĂšres les plus franchies au monde: dix cas ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s dans le sud de l’Etat et un dans la rĂ©gion de Sacramento, la capitale administrative Ă  800 km au nord de la frontiĂšre.

Le comtĂ© de Los Angeles, qui s’Ă©tend sur 10.500 km2, est le comtĂ© amĂ©ricain le plus peuplĂ© des Etats-Unis, avec plus de 10 millions d’habitants.

23:15 > La grippe porcine a continuĂ© Ă  progresser mardi avec trois nouveaux pays touchĂ©s – IsraĂ«l, la Nouvelle-ZĂ©lande et le Costa Rica – et des dizaines de cas confirmĂ©s dans le monde, ce qui a conduit l’Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS) Ă  maintenir un niveau d’alerte Ă©levĂ©.

Au Mexique, foyer de l’Ă©pidĂ©mie et seul pays oĂč des cas mortels ont Ă©tĂ© recensĂ©s, la grippe porcine avait dĂ©jĂ  fait 20 morts avĂ©rĂ©s mais le bilan pourrait s’Ă©lever Ă  152.

faisant état de 79 cas confirmés de grippe porcine dans le monde au total, sans préciser le nombre de morts.

l’OMS, avec 40 cas de grippe porcine confirmĂ©s, les Etats Unis ont le plus lourd bilan, devant le Mexique (26 cas), le Canada (13), la Nouvelle-ZĂ©lande (3), le Royaume Uni (2) et l’Espagne (2).

Pour la premiĂšre fois au Proche Orient, deux cas humains non mortels ont Ă©galement Ă©tĂ© diagnostiquĂ©s en IsraĂ«l. Le Costa Rica, avec un cas avĂ©rĂ©, a Ă©tĂ© le premier pays d’AmĂ©rique centrale touchĂ© mardi, comme la Nouvelle-ZĂ©lande, dans la zone Pacifique.

Les autorités sanitaires américaines annonçaient de leur cÎté 65 cas de grippe porcine, précisant que la situation évoluait rapidement.

Six Etats amĂ©ricains sont concernĂ©s, dont la Californie. L’Ă©tat d’urgence y a Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ© aprĂšs deux morts suspectes, dont l’une s’est finalement rĂ©vĂ©lĂ©e sans lien avec le virus. Le directeur des Centres de maladie et de prĂ©vention amĂ©ricains (CDC), Richard Besser, a averti que la grippe porcine risquait de provoquer des morts aux Etats-Unis.

Signe de l’inquiĂ©tude amĂ©ricaine, le prĂ©sident Barack Obama a exhortĂ© le CongrĂšs Ă  dĂ©bloquer 1,5 milliard de dollars pour renforcer les capacitĂ©s de rĂ©action des Etats-Unis face Ă  une potentielle aggravation de l’Ă©pidĂ©mie.

Alors que de nombreux pays ont pris des mesures de prĂ©vention, l’OMS est restĂ©e mardi « en phase d’alerte 4″, selon son numĂ©ro deux, le Dr Keiji Fukuda, pour qui « la possibilitĂ© » de pandĂ©mie « est prise trĂšs au sĂ©rieux ».

L’OMS pourrait par exemple « passer Ă  la phase 5″ en cas de confirmation de cas avĂ©rĂ©s endogĂšnes aux Etats-Unis, a prĂ©cisĂ© un de ses porte-paroles, Gregory Hartl. Un passage Ă  la phase 5, avant-dernier niveau avant la dĂ©claration de la pandĂ©mie, signifie que celle-ci est non seulement imminente mais surtout inĂ©vitable.

Nombre des malades avĂ©rĂ©s sont des voyageurs de retour du Mexique. A l’exception d’un patient amĂ©ricain, dans l’Indiana.

L’organisation ne recommande pas jusqu’Ă  prĂ©sent de restreindre les dĂ©placements, tout comme la Commission europĂ©enne, Ă  l’inverse de la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Italie ou le Canada qui ont dĂ©conseillĂ© les voyages aux Mexique.

Plusieurs voyagistes britanniques, les tours-opĂ©rateurs français et le canadien Air Transat, l’un des premiers voyagistes du monde, ont annulĂ© ou suspendu leurs dĂ©parts pour le Mexique. Cuba les a Ă©galement suspendus pour 48 heures.

Le Mexique a quant Ă  lui continuĂ© Ă  resserrer son dispositif de prĂ©vention. La fermeture des Ă©tablissements scolaires a Ă©tĂ© Ă©tendue Ă  l’ensemble du pays. A Mexico, oĂč les musĂ©es, théùtres, cinĂ©mas, zoos et parcs d’attractions Ă©taient fermĂ©s depuis le week-end, la mairie a dĂ©crĂ©tĂ© Ă©galement la fermeture des bars, cafĂ©s, restaurants et dancings.

Les dĂ©putĂ©s mexicains ont siĂ©gĂ© mardi Ă  huis clos, portant pour la plupart le petit masque chirurgical devenu le symbole de la grippe porcine. Une Ă©lue l’a mĂȘme conservĂ© pour son allocution au micro.

Le virus, qui touche essentiellement « des jeunes adultes en bonne santĂ© », selon les autoritĂ©s mondiales de la santĂ©, se transmet par voie respiratoire, d’homme Ă  homme, mais pas en mangeant de la viande de porc.

Les symptĂŽmes (fiĂšvre, maux de tĂȘte, courbatures) sont similaires Ă  ceux de la grippe saisonniĂšre qui tue chaque annĂ©e dans le monde entre 250.000 et 500.000 personnes.

Signe de l’inquiĂ©tude des autoritĂ©s sanitaires, des cas suspects ont Ă©tĂ© placĂ©s en observation partout Ă  travers le monde.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays Ă  mettre en place des contrĂŽles sanitaires aux aĂ©roports et aux frontiĂšres, jugĂ©s toutefois inefficaces par l’OMS.

Plusieurs pays ont suspendu toutes ou partie de leurs importations de porc, comme la Chine, la Russie, l’Ukraine, la plupart des pays des Balkans, la ThaĂŻlande, l’IndonĂ©sie, l’Equateur et le Liban, visant pour la plupart la viande en provenance du Mexique ou des Etats-Unis.

Les craintes de pandĂ©mie ont continuĂ© Ă  peser mardi sur les Bourses europĂ©ennes et le marchĂ© pĂ©trolier, comme elles l’avaient fait dĂ©jĂ  lundi.

23:25 > Tableau réactualisé du Center for Disease Control and Prevention

cdc

23:30 ALERTE > Selon les autorités New Yorkaises, il y aurait plusieurs centaines de cas suspects à New York.

23:40 > France : deux cas confirmés à Paris

23:42 > Israël : trois cas confirmés

23:45 > Suisse : sept cas confirmés. Les chiffres évoluant constamment, nous ferons un point global sur les nouveaux cas de contamination par pays à 01:00, de sorte à ne pas réactualiser cette page toutes les trois minutes.

23:50 > Le NY Times confirme : plusieurs centaines de cas en observation Ă  New-York

mapflu

Nouvelle carte légendée (cliquez sur les icÎnes) > http://maps.google.com/maps

dontpanic

;)

Mercredi 29 avril 2009

00:05 > Le Mexique pourrait ĂȘtre placĂ© en quarantaine d’ici une douzaine d’heures, ce qui signifierait un blocage de tous les accĂšs transfrontalier, ainsi que des voies portuaires et aĂ©roportuaires pour ce pays.

phase-oms1

Cliquez sur le tableau pour l’agrandir

00:10 > Selon les experts du CDC, le passage au niveau 5 du risque de pandémie dans le 24 prochaines heures est inévitable.

00:23 > Bonsoir aux insomniaques ;) En attendant de trouver le sommeil nous vous proposons le film The Obama Deception, qui n’est pas forcĂ©ment sans rapport…

La suite se trouve ici


swinwswissDes fioles contenant des souches du vaccin H1N1 ont explosé dans un train suisse hier

swinwswiss2Vous avez dit Ă©trange ? Comme c’est bizarre…

00:35 > Comme nous l’indiquions hier, Ă  23:55, des fioles contenant des souches du virus H1N1 ont explosĂ© dans un train en Suisse (entre Saint-Gall et GenĂšve). Nous prĂ©parons un article sur ce sujet. Entre temps vous pouvez visionner le document vidĂ©o de la TĂ©lĂ©vision suisse romande.

00:45 > Le SĂ©nat amĂ©ricain vient de confirmer Kathleen Sebelius comme secrĂ©taire Ă  la SantĂ© de l’administration Obama, qui va devoir s’attaquer d’emblĂ©e Ă  une vaste rĂ©forme de la protection santĂ© et Ă  une Ă©pidĂ©mie de grippe porcine.

Gouverneur du Kansas (centre), Kathleen Sebelius avait Ă©tĂ© dĂ©signĂ©e aprĂšs que le secrĂ©taire Ă  la SantĂ© choisi initialement par M. Obama, Tom Daschle, a Ă©tĂ© contraint de renoncer au poste en raison d’ennuis avec le fisc.

Fin mars, devant la commission de la SantĂ© prĂ©sidĂ©e par le sĂ©nateur Edward « Ted » Kennedy, Mme Sebelius avait affirmĂ© qu’elle partageait « la conviction du prĂ©sident (Obama) que (…) la rĂ©forme du systĂšme de protection santĂ© ne peut pas attendre, ne doit pas attendre, n’attendra pas une annĂ©e de plus ». Bonne chance Mam’Sebelius… ;)

01:00 > Nous sommes en tain de mettre Ă  jour une trĂšs longue liste  des contaminations probables et avĂ©rĂ©es, selon nos sources. Elle sera en ligne d’ici une dizaine de minutes.

01:25 > Une liste complÚte ne peut tenir sur cette seule page. Nous allons créer un tableau Excel à télécharger, que nous réactualiserons une fois par jour. Extrait :

CALIFORNIA San Diego County
30/03/2009 boy aged 10 years who lives in San Diego County /  confirmed

CALIFORNIA Imperial County

28/03/2009 girl aged 9 years who resides in Imperial County / confirmed

CALIFORNIA San Diego County

15/03/2009 brother aged 8 years / confirmed

CALIFORNIA Imperial County

01/04/2009 brother aged 13 years / confirmed

CALIFORNIA Imperial County
25/03/2009 male cousin aged 13 years / confirmed

CALIFORNIA Imperial County
12/04/2009 A woman aged 41 / confirmed

TEXAS Guadalupe County Cibolo
10/04/2009 two 16-year-old Steele High School students / confirmed

A woman aged 41 years / confirmed

TEXAS Guadalupe County Cibolo

14/04/2009 two 16-year-old Steele High School students / confirmed

CALIFORNIA San Diego Country

05/04/2009 adolescent girl aged 16 years and her father aged 54 years went to a San Diego County clinic / confirmed

CALIFORNIA San Diego County
06/04/2009 her father aged 54 years went to a San Diego County clinic / confirmed

MEXICO San Lusi Potosi
24/04/2009 3 deaths and 24 symtomatic

MEXICO San Luis Potosi
24/04/2009 3 deaths and 24 symtomatic

MEXICO Mexico City
24/04/2009 57 deaths and 1400 symtomatic

Notez que, comme nous l’indiquions hier dĂ©jĂ , les premiers cas connu d’infection au A/H1N1 ont eu lieu en Californie, fin mars, et non au Mexique.

01:45 > Nos source sont fiables : nous indiquions Ă  19:55 un risque potentiel de cĂ©cĂšs pour une fourchette de 2 Ă  7,4 millions de personnes. Reuters vient de faire paraĂźtre un communiquĂ© qui va dans ce sens. Reprenez les informations que nous avons publiĂ© samedi ou dimanche, elles ont toutes Ă©tĂ© confirmĂ©es.  Nos sources ont simplement une longueur d’avance.

02:00 > Selon le NY Times, les Ă©coles et universitĂ©s de New York City, du Texas, de la Californie, de l’Etat de la Caroline du sud, du Connecticut et de l’Ohio seront fermĂ©es dĂšs mercredi.

02:20 > Le comitĂ© d’urgence de l’OMS confirme qu’il se rĂ©unira demain Ă  GenĂšve pour Ă©valuer la situation et, vraisemblablement, Ă©lever le niveau de pandĂ©mie en phase 5 (voir notre tableau placĂ© Ă  00:05).

02:40 > Cuba en Ă©tat d’alerte. La DĂ©fense civile cubaine a Ă©tĂ© placĂ©e mardi en Ă©tat d’alerte pour prĂ©venir l’apparition de la grippe porcine sur l’Ăźle des CaraĂŻbes, a rapportĂ© la tĂ©lĂ©vision cubaine. Les autoritĂ©s cubaines avaient annoncĂ© plus tĂŽt mardi avoir suspendu pour 48 heures toutes les liaisons aĂ©riennes avec le Mexique, foyer de la grippe porcine, et renforcĂ© les contrĂŽles dans les ports et aĂ©roports.

02:45 > L’Argentine a dĂ©cidĂ© de suspendre l’atterrissage des vols en provenance de Mexico jusqu’Ă  lundi prochain, a indiquĂ© mardi soir le chef du gouvernement argentin Sergio Massa, en annonçant une sĂ©rie de mesures destinĂ©es Ă  faire face Ă  l’Ă©pidĂ©mie de grippe porcine.

04:00 > Elisabeth Casagrande, professeur de microbiologie au Brésil et membre de notre groupe Facebook sur le A/H1N1, nous fait un petit topo :)

INFLUENZA
Le virus pénÚtre dans le SystÚme Respiratoire à travers de petites gouttes.
Se lie aux cellules Ă©pithĂ©liales Ă  travers des rĂ©cepteurs pour l’Acide sialique.
Le virus d’influeza ne se propage pas pour des tissus internes. Ils sortent des cellules pour l’espace aĂ©rien du SystĂšme respiratoire. Ils infectent des epitĂ©lios
Les symptĂŽmes initiaux se produisent dĂ» aux dommages que le virus provoque dans les cellules pendant leur cycle de vie.
Aussi dĂ» Ă  inflammation.
Des symptĂŽmes apparaissent 1 Ă  3 jours aprĂšs l’infection dĂ» Ă  libĂ©ration de citocinas des particules virales qui blessent des cellules
Quand les cellules sont blessĂ©es particules virales ils infectantes peuvent ĂȘtre libĂ©rĂ©.
Des mĂ©thodes diagnostiques dĂ©tectent des particules tournez dans des cellules de gorge le 1 ou de 2 jours aprĂšs le commencement de l’infection
Il taxe moyenne de multiplication de à la majorité du virus est inférieur à 1 heure. Ainsi dans 24 heures existe un nombre trÚs grand de particules
Je crois qu’avant les symptĂŽmes (coriza, toux calafrios, fiĂšvre et douleurs) le patient Ă©limine des particules infectantes.

Des toux et des éternuements transmettent plus gouttes, néanmoins la parole (conversation) aussi est émetteuse

C’est une infection qui se propage rapidement.

Madame Casagrande nous informe qu’elle rĂ©pondra volontiers aux questions que vous voudrez bien placer dans les commentaires, et que nous lui feront parvenir. Les rĂ©ponses seront publiĂ©s Ă  la suite de cette page.

04:10 > Selon l’OMS, un milliard et demi de personnes pourraient ĂȘtre contaminĂ©es

Selon l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS), jusqu’Ă  un milliard et demi de personnes Ă  travers le monde pourraient ĂȘtre contaminĂ©es par la grippe porcine si cette maladie qui s’est initialement manifestĂ©e au Mexique dĂ©gĂ©nĂšre en pandĂ©mie, rapportent mardi les mĂ©dias russes.

Les experts estiment qu’en cas de pandĂ©mie, le virus se propagerait en 18-24 mois d’une ville Ă  une autre, en affectant plus d’un tiers de la population mondiale. Les reprĂ©sentants de l’OMS supposent qu’environ un milliard et demi de personnes s’adresseront dans ce cas Ă  leur mĂ©decin, et que prĂšs de 30 millions d’autres seront hospitalisĂ©es. Ria Novosti

11:05 > Comme nous l’indiquions hier soir Ă  23:42, deux autre cas supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© confirmĂ©s en IsraĂ«l, dont un enfant de 9 ans, ce qui porte Ă  3 le nombre de personnes infectĂ©es par le virus A/H1N1 dans ce pays.

11:15 > Premier cas avéré de grippe nord américaine en Allemagne.

11:20 > Cette page est maintenant saturĂ©e et il n’est provisoirement plus possible d’y ajouter des commentaires. Le problĂšme sera rĂ©solu d’ici une heure.

11:50 > Une cellule de crise FAO-OIE-MOS (Organisation de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture – Organisation mondiale de la santĂ© animale – Organisation Mondiale pour la SantĂ©) vient d’ĂȘtre mise en place au Mexique, indique Ă  l’intant le service de presse de l’agence de l’ONU. Cettte cellule Ă  pour but d’aider ce pays Ă  lutter contre le virus. En clair, cela veut dire que l’OMS prendra toutes les dĂ©cisions, que le gouvernement Mexicain devra ensuite avaliser.

11:55 > Trois cas confirmés en Allemagne.

12:00 > Comme nous l’indiquions hier Ă  00:05, la question d’une mise en quarantaine du Mexique devient de plus en plus pressante. Pour l’instant seul la totalitĂ© des tours opĂ©rateurs ont rayĂ© ce pays de leur destination.

12:10 > Les Centres amĂ©ricains de contrĂŽle et de prĂ©vention des maladies (CDC) diffusent ce message sur des chaĂźnes publiques aux USA  : « Les responsables de la santĂ© sont prĂ©occupĂ©s par un nouveau virus de l’influenza d’origine porcine qui propage de personne Ă  personne. Les fonctionnaires du CDC sont  prĂšs pour agir et lutter efficacement contre cette menace, mais l’Ă©pidĂ©mie pourrait se dĂ©velopper. PrĂ©parez-vous dĂšs maintenant… «  Source : cdc.gov

12:40 > Premier décÚs lié au A/H1N1 aux Etats-Unis, selon le Los Angeles Times

12:50 > Nicolas Sarkozy tient en ce moment mĂȘme l’ElysĂ©e une rĂ©union avec plusieurs ministres pour faire le point sur la menace de pandĂ©mie grippale.

12:55 > Premier mort aux Etats-Unis confirmĂ© Ă  l’instant par LCI.

13:00 > Les internautes de forums qui reprennent nos informations tout en affirmant qu’elles ne sont pas fiables (ce qui est dĂ©jĂ  quelque peu contradictoire) sont invitĂ©s Ă  nous communiquer quelle information publiĂ©e ici, certes avec une longueur d’avance, n’aurait pas Ă©tĂ© confirmĂ©e par la suite. Ils peuvent aussi plus simplement se taire, afin d’Ă©viter le ridicule. Par ailleurs les abrutis qui ne sont pas capables de trouver une information en Une du LA Times feraient mieux de rĂ©viser leur anglais, ou de retourner dans l’agriculture : on y manque de bras semble-t-il.

13:10 > La rĂ©union Ă  l’ElysĂ©e qui vient de se terminer va entĂ©riner la suspension des vols français vers le Mexique.

13:20 > Trois cas A/H1N1 supplémentaires confirmés à Londres par Gordon Brown.

13:30 > 28′000 visiteurs uniques (les IP ne sont comptabilisĂ©s qu’une seule fois) sur notre page PandĂ©mie de grippe nord-amĂ©ricaine A/H1N1. Une moyenne de 13′000 visites/jour et 35′000 pages consultĂ©es/jour depuis vendredi dernier. Nous vous remercions pour votre confiance, de mĂȘme que les forums A/H1N1, Flu Wiki, Zone grippe aviaire et les autres, avec lesquels nous partageons nos informations.

13:45 > L’Union europĂ©enne va suspendre tous ses vols a destination du Mexique, selon LCI

13:50 > DeuxiĂšme mort probable aux Etats-Unis, selon le Los Angeles Times. Les populations de Californie commencent Ă  ciruler en portant des masques.

14:05 > L’OMS vient de convoquer une rĂ©union d’urgence en vue de dĂ©clancher le niveau d’alerte en phase 5

14:10 > Le Bellflower Medical Center confirme la mort suspecte d’un homme de 33 ans, prĂ©alablement infectĂ© par le virus A/H1N1

14:20 > L’Ă©pidĂ©mie de grippe A/H1N1 pourrait prendre ses origines d’un petit village de 3000 habitant au Mexique appelĂ© La Gloria.

Selon l’Associated Press, plus de 450 rĂ©sidents de La Gloria souffrent de problĂšmes respiratoires qu’ils attribuent Ă  des dĂ©jections porcines d’une ferme, copropriĂ©tĂ© d’une compagnie amĂ©ricaine, situĂ©e tout prĂšs du village. La compagnie, Granjas Carroll de Mexico, propriĂ©tĂ© Ă  50 % de Smithfield Foods basĂ©e en Virgine, au États-Unis, possĂšde huit fermes dans cette rĂ©gion. Dans un communiquĂ© de presse publiĂ© le 26 avril, la compagnie affirme que la grippe porcine n’a pas Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e dans ses Ă©levages ou parmi ses travailleurs et qu’elle coopĂšre avec les autoritĂ©s du pays qui, de leur cĂŽtĂ©, cherchent toujours l’origine de l’Ă©closion. Lire la suite

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14:40 > Selon le magazine amĂ©ricain New Scientist et l’Associated Press, l’erreur d’un laboratoire mĂ©dical en 2005 aurait pu crĂ©er une infection de grippe d’origine porcine

(…) Les tests de la grippe ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  quelque 3.700 laboratoires entre Octobre 2004 et FĂ©vrier 2005 par le College of American Pathologists (CAP), un organisme professionnel qui aide les laboratoires de recherche en pathologie Ă  amĂ©liorer leur prĂ©cision en leur envoyant des Ă©chantillons de germes Ă  identifier.

Les PAC kits – prĂ©parĂ©s par le laboratoire privĂ© Meridian Bioscience Ă  Cincinnati, Etats-Unis – devaient contenir une souge particuliĂšre de la grippe A – la famille virale qui cause la plupart des grippes dans le monde entier. Mais au lieu de choisir cette souche classique, c’est le virus pandĂ©mique de 1957 qui a Ă©tĂ© envoyĂ©e. (…) Lire l’article

14:45 > L’Egypte vient d’ordonner d’abattre tous les porcs du pays. Si les musulmans ne consomment pas de porc, il est utile de rappeller que 10% de la population Ă©gyptienne est copte.

14 :50 > Un lecteur nous envoie cet article, datĂ© d’aoĂ»t 2008, qui nous semble ĂȘtre intĂ©ressant.

Il y a des raisons de croire que ces divisions de l’industrie pharmaceutique internationale agissent de concert avec le gouvernement des États-Unis pour dĂ©velopper une substance du virus H5N1 gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s susceptible d’engendrer une pandĂ©mie créée par l’homme, et qui pourrait ĂȘtre plus mortelle que la pandĂ©mie de la « grippe espagnole » de 1918 Ă  laquelle on attribue la perte de 30 millions de vies humaines. Lire la Suite

15:00 > La Commission EuropĂ©enne vient de demander l’annulation immĂ©diate de tous les vols vers le Mexique.

Chers amis lecteurs. Vu l’ampleur des derniĂšres nouvelles, nous allons rĂ©installer notre QG de campagne Ă  la buvette du siĂšge de l’OMS.  ;) Si, comme nous, vous habitez GenĂšve, n’hĂ©sitez pas Ă  passer. L’ambiance, avec plus de 200 journalistes qui hurlent les infos qui tombent les unes aprĂšs les autres, est plutĂŽt sympathique, si je puis dire, malgrĂ© cette infection qui ressemble de plus en plus Ă  un scĂ©nario de sĂ©rie B… Retour des informations Ă  18h, le temps de dĂ©mĂ©nager, de nous installer lĂ -bas et de se dĂ©tendre un peu… :)

18:30 > Point de la situation

Partie du Mexique oĂč elle pourrait avoir fait 159 morts, l’Ă©pidĂ©mie de grippe porcine a continuĂ© de se propager mercredi sans montrer de signe de ralentissement, avec un premier dĂ©cĂšs aux Etats-Unis et de nouveaux cas confirmĂ©s en Europe.

La diffusion du virus n’a montrĂ© « aucun signe de ralentissement », a estimĂ© l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) qui devait dĂ©cider mercredi soir d’un Ă©ventuel relĂšvement de son niveau d’alerte.

Un petit Mexicain de 23 mois est dĂ©cĂ©dĂ© du virus mutant A/H1N1 au Texas (sud), oĂč il Ă©tait venu se faire soigner. C’est la premiĂšre mort confirmĂ©e aux Etats-Unis, selon les Centres de maladie et de prĂ©vention amĂ©ricains (CDC).

L’Ă©pidĂ©mie est de « toute Ă©vidence prĂ©occupante » et requiert « un maximum de prĂ©cautions », a dĂ©clarĂ© de son cĂŽtĂ© le prĂ©sident Barack Obama.

L’Autriche est devenue mercredi le dixiĂšme pays touchĂ© par l’Ă©pidĂ©mie avec une femme malade de retour du GuatĂ©mala aprĂšs une escale Ă  Mexico. Sa voisine allemande, elle, a confirmĂ© trois cas de grippe porcine.

Egalement en Europe, la Grande-Bretagne a annoncĂ© trois nouveaux cas de malades, soit un total de cinq, et l’Espagne compte dĂ©sormais dix cas avĂ©rĂ©s, dont un dĂ©tectĂ© chez un malade n’ayant pas voyagĂ© au Mexique.

A part le Mexique, les pays les plus touchés sont les Etats-Unis avec 91 cas avérés, selon les autorités locales, le Canada (13) et la Nouvelle-Zélande avec 3 cas confirmés sur 14 cas trÚs probables.

L’Ă©pidĂ©mie a touchĂ© en outre IsraĂ«l (2 cas confirmĂ©s) et le Costa Rica (2 avĂ©rĂ©s).

De son cĂŽtĂ©, l’OMS a indiquĂ© pouvoir confirmer 114 cas avĂ©rĂ©s dans le monde, dont 8 mortels. Elle a maintenu un niveau d’alerte Ă©levĂ© de 4 sur une Ă©chelle en comptant 6 mais son comitĂ© d’urgence a Ă©tĂ© convoquĂ© pour mercredi en fin d’aprĂšs-midi pour Ă©tudier un Ă©ventuel passage Ă  la phase 5 de l’alerte pandĂ©mique.

Le critĂšre principal de son dĂ©clenchement, selon les procĂ©dures de l’OMS, est l’existence de deux foyers autonomes d’infection dans deux pays diffĂ©rents d’une mĂȘme rĂ©gion.

L’OMS n’a connaissance « d’aucune personne contaminĂ©e par des porcs », a prĂ©cisĂ© le numĂ©ro deux de l’OMS, le Dr Keiji Fukuda. « Il semble qu’il s’agit d’un virus qui se transmet d’une personne Ă  l’autre », a expliquĂ© le directeur gĂ©nĂ©ral adjoint de l’OMS.

De nombreux pays vĂ©rifient des dizaines de cas suspects sur des voyageurs de retour du Mexique ou des Etats-Unis: c’est le cas de la France qui a recensĂ© deux cas « fortement suspects ».

Sur le continent africain jusqu’ici Ă©pargnĂ©, deux cas suspects sont Ă  l’examen en Afrique du Sud.

Aux Etats-Unis, dix Etats sont affectĂ©s par l’Ă©pidĂ©mie. Dans l’Indiana, un cas « suspect » intrigue les autoritĂ©s: ce patient « ne s’est pas rendu rĂ©cemment au Mexique, ce qui en fait un cas assez unique, » selon une porte-parole du dĂ©partement de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure de cet Etat.

Des tour-opĂ©rateurs britanniques, français et canadiens ont pour leur part suspendu leurs dĂ©parts pour le Mexique. L’Argentine ne laissera plus atterrir les vols provenant de Mexico jusqu’Ă  lundi prochain. Plusieurs compagnies de croisiĂšres basĂ©es Ă  Miami (Etats-Unis) ont annulĂ© les escales prĂ©vues au Mexique.

Le virus, qui touche essentiellement « de jeunes adultes en bonne santĂ© », selon les autoritĂ©s mondiales de la santĂ©, se transmet par voie respiratoire, d’homme Ă  homme. Les symptĂŽmes (fiĂšvre, maux de tĂȘte, courbatures) sont similaires Ă  ceux de la grippe saisonniĂšre qui tue chaque annĂ©e dans le monde entre 250.000 et 500.000 personnes.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays Ă  mettre en place des contrĂŽles aux aĂ©roports et aux frontiĂšres, dont des scanners thermiques jugĂ©s toutefois inefficaces par l’OMS.

MĂȘme si le virus ne s’attrape pas en mangeant de la viande de porc, plusieurs pays dont la Russie et la Chine ont suspendu tout ou partie de leurs importations porcines.

L’Egypte a dĂ©cidĂ© d’abattre tout son cheptel de porcs « en faisant tourner les abattoirs au maximum ».

18:45 > Le gouverneur du Texas proclame « l’Ă©tat de dĂ©sastre » (Texas Governor Rick Perry has declared a disaster proclamation), selon BreakingNews.

19:00 > Cas suspect de grippe porcine dans l’armĂ©e, des soldats en quarantaine . L’armĂ©e amĂ©ricaine enquĂȘte sur un cas suspect de grippe porcine chez un Marine en Californie (ouest) placĂ© en quarantaine avec le soldat qui partageait sa chambre, alors qu’une trentaine d’autres sont sous surveillance, a indiquĂ© mercredi le chef des US Marines.

19:05 > La rĂ©union d’urgence de l’OMS est terminĂ©e. Une confĂ©rence de presse est attendue avec l’annonce du passage Ă  la phase 5 de l’alerte pandĂ©mique.

19:10 > De sorte à ne pas alourdir la page avec des commentaires stériles ( 9/11, etc.. ) en forme de débats (qui auraient plus leur place sur un forum, comme par exemple A/H1N1), nous ne validerons plus que les commentaires qui apportent des informations relatives au sujet.

19:15 > SkyNews vient d’annoncer la fermeture de la frontiĂšre amĂ©ricano-mexicaine, ce qui semble inexact, selon nos informations

19:30 > Selon Reuters, la fermeture de la frontiĂšre amĂ©ricano-mexicaine est une « option ». (Reuters: Texas Governor says closing the US-Mexico border due to swine flu is an option.)

1945 > La Commission EuropĂ©enne annoncera demain la suspension des vols pour le Mexique entĂ©rinĂ©e aujourd’hui, selon Reuters. Peut ĂȘtre pour permettre aux ambassades d’organiser le rappatriement leurs ressortissants… A suivre.

19:50 > Premier cas avéré en Argentine, selon VeraTect (One Suspected Swine Influenza Case Reported in Santa Fe Department).

19: 52 > Des membres d’Ă©quipage d’Air France refusent d’embarquer pour le Mexique, selon l’AFP.

20:25 > Selon un « expert » du journal de France2 de 20h  : « Les productions de vaccin peuvent produire seulement 500 millions de doses par annĂ©e. Compte tenu du fait qu’il faut deux doses pour vacciner un individu, seules 250 millions de personnes pourront ĂȘtre traitĂ©es« . « Il faudra faire des choix« , conclut l’invitĂ© du journal, sans prĂ©ciser sur quels critĂšres.

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21:45 > ALERTE > L’OMS dĂ©chanche la phase 5 de l’alerte pandĂ©mique.

21:50 > BNO News confirme le dĂ©clanchement de la phase 5 de l’alerte pandĂ©mique. (The World Health Organization has decided to raise its pandemic alert level to a phase 5, declaring swine flu a global pandemic, BNO News has exclusively learned.)

21:55 > The new phase will be announced at 2000 GMT (4 p.m. EDT) during a global telephone news conference, which was earlier announced by the World Health Organization. « Dr Margaret Chan, WHO Director-General will hold a global press conference at 22.00 hours Geneva time [..], to announce new developments on the swine influenza situation and the World Health Organization’s response, » a media advisory read.

It is unclear if there has been an emergency meeting of the committee tonight, but BNO News earlier reported that a meeting was expected either late today or early on Thursday. The announcement follows a WHO conference call with a group of scientists from around the world who gave their view on the new H1N1 virus.

It will be the first time the World Health Organization used phase 5 since they introduced the 6-phase system several years ago. According to BNO News sources at the World Health Organization in Geneva, they do not know if they are dealing with « a very mild or a very severe pandemic. » A number of actions to be taken will also be announced.

22:00 > La derniÚre alerte pandémique de niveau 5 a eu lieu en 1968, lors de la grippe de Hong-Kong qui avait tué 1 million de personnes.

22:10 > De l’avis gĂ©nĂ©ral de spĂ©cialistes et de journalistes, l’OMS est nulle sur le plan de la communication. Cafouillage Ă  la confĂ©rence de presse ou tout le monde parle en mĂȘme temps pour rien dire, l’air gĂȘnĂ© et donnant l’impression d’improviser en permanence. Leur site web, rĂ©actualisĂ© seulement une fois par jour n’arrange rien. La prĂ©sidente est un peu mieux Ă  la tĂ©lĂ©confĂ©rence. Heureusement.

22:20 > Plusieurs informations particuliÚrement pertinentes nous parviennent depuis le début de la soirée. Nous sommes en train de faire le tri et placerons un article dans la soirée.

22:25 > L’OMS appelle a ne pas cĂ©der Ă  la panique. Ah bon ? Ce n’est ce qu’ils cherchent ? Rappellons que l’OMS dĂ©tient un stock de 5 millons de dose de Tamiflu depuis 2005, dont la date arrivait Ă  Ă©chĂ©ance en 2010. Ca tombe assez bien finallement, cette pandĂ©mie...

22:35 > Le dĂ©clanchement de la phase 5 du niveau d’alerte va assurĂ©ment accĂ©lĂ©rer l’isolement du Mexique, et vraisemblablement des Etats-Unis. Ces derniers vont sans doute instaurer sur tout leur territoire l’Ă©tat d’urgence dĂ©jĂ  dĂ©crĂ©tĂ© en Californie depuis hier et au Texas depuis 4 heures. Les consĂ©quences Ă©conomiques promettent dĂ©jĂ  d’ĂȘtre dĂ©sastreuses.

22:40 > Selon SkyNews, la rĂ©ponse de l’OMS (phase 5) proviendrait du fait que les laboratoires amĂ©ricains ont mis en Ă©vidence que les victimes du virus A/H1N1 n’ont pas tous Ă©tĂ© infectĂ© par la mĂȘme souche. En clair, le virus aurait dĂ©jĂ  mutĂ© plusieurs fois depuis son apparition fin mars 2009.

22: 55 > Un fonctionnaire de l’OMS vient de confier sous couvert d’anonymat Ă  SkyNews que les chiffres des victimes au Mexique sont largement sous estimĂ©s depuis le dĂ©but de la crise. Cela notamment en raison du fait qu’ils ne possĂšdent pas un seul laboratoire sur leur territoire qui serait capable d’analyser les prĂ©lĂšvements des malades. Ainsi, seulement quatre hopitaux de la capitale envoient des prĂ©lĂšvements aux USA et Canada pour des analyses. Les autres n’en n’ont pas les moyens.

23:00 > Selon Newsvine, rien que pour San Luis Potosi (Mexique), le A/H1N1 aurait causĂ© 12 morts et 83 personnes seraient infectĂ©es. 66% des vitimes sont des hommes, agĂ©s entre 19 et 26 ans. Lire l’article

23:10 > Un peu partout, dans les provinces mexicaines, les habitants se rĂ©unissent pour former des milices afin de tuer les porcs. Un carnage, selon BNO News. Ca sent la panique, tout ça…

mexfluMexico-City, mercredi 29 avril 2009

23:20 > Le trajet du H1N1 dans l’organisme

Le virus de la grippe porcine, comme tous les virus de grippe, entre dans le corps par les voies aĂ©riennes supĂ©rieures d’oĂč il rejoint les cellules qu’il infecte, et dont il se sert pour se multiplier.

Il y a trois types de virus de la grippe, les types A, B et C, le virus de type C ne causant que des problÚmes repiratoires légers.

Les virus A et B comportent deux types de protĂ©ines de surface : l’hĂ©magglutinine et la neuraminidase, sous forme de spicules qui hĂ©rissent son enveloppe. Le virus H1N1 (hĂ©magglutinine de type 1 et neuraminidase de type 1) Ă  l’origine de l’épidĂ©mie de grippe “mexicaine” fait partie du type A, divisable en nombreux sous-types et en variants dans les sous-types.

Les virus de type A et B sont constituĂ©s de 8 segments d’ARN (acide ribonuclĂ©ique, leur matĂ©riel gĂ©nĂ©tique) qui se mĂ©langent comme des cartes que l’on bat, selon les termes de la virologue Sylvie van der Werf. Ils peuvent donc subir des changements majeurs et muter radicalement.

En outre, le porc est rĂ©ceptif Ă  diffĂ©rentes formes de virus, qui peuvent se recombiner et provoquer la crĂ©ation d’un virus multiple. C’est le cas du H1N1 actuel, qui mĂ©lange deux souches porcines, une souche aviaire et une souche humaine, et est transmissible Ă  l’homme.

Pire : le virus se sert de l’homme comme d’un vecteur de la maladie, qui se transmet alors d’homme à homme.

Quand il infecte l’homme, le virus de la grippe se fixe sur les cellules respiratoires et traverse l’épithĂ©lium, une sorte de couche protectrice Ă  la surface des cellules.

Pour se multiplier, il reprogramme la cellule et dĂ©tourne son activitĂ© Ă  son profit. Chaque cellule infectĂ©e peut alors produire plusieurs centaines de virus, qui gagnent l’ensemble du systĂšme respiratoire.

La durĂ©e d’incubation de la grippe porcine est de 3 Ă  7 jours, voire plus chez les jeunes enfants. Les symptĂŽmes sont similaires Ă  ceux des autres grippes: forte fiĂšvre, courbatures, frissons, toux etc.

Le virus est trĂšs contagieux, se transmettant par le biais des gouttelettes d’eau expulsĂ©es quand on respire, on tousse ou on Ă©ternue. Pour arrĂȘter une Ă©pidĂ©mie, les scientifiques recommandent d’isoler la personne et d’administrer des anti-viraux.

On n’a pas de certitude sur la rĂ©ponse de l’organisme Ă  ce nouveau virus. Pour le virologue britannique John Oxford (Londres), “si nous n’avons pas vu ce virus, nous avons Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  d’autres membres de sa famille H1N1, depuis 1978″. Il y aurait ainsi un peu de mĂ©moire immunitaire contre cet agent parmi les humains, contrairement au virus aviaire H5N1 totalement nouveau pour l’organisme, selon ce spĂ©cialiste. Source : VirtualNews

23:35 > L’OMS veut faire produire le vaccin du A/H1N1 par le groupe pharmaceutique Baxter.  Rappelons que Baxter est la compagnie qui avait « accidentellement » contaminĂ© un vaccin expĂ©rimental par le virus H5N1 de la grippe aviaire, au mois de mars dernier, comme l’indique le trĂšs sĂ©rieux Toroton Sun, qui n’est pas exactement un organe de propagande conspirationniste. Lire l’article du Toronto Sun.

23:45 > MON QUOTIDIEN EN PANDEMIE. C’est, sans rire, le titre du site du gouvernement français qui donne des conseils sous forme de « guide pratique » > http://www.grippeaviaire.gouv.fr/monquotidienenpandemie/index.php

Jeudi 30 avril 2009 / 00:35 > Nous placerons dans dix minutes un article intitulĂ© LA PESTE PORCINE, DERNIER FLEAU DE L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE

00:40 > Vidéo du jour pour les insomniaques, (et qui ne vas pas les aider à trouver le sommeil) :

A/H1N1 et Théorie du Choc

00:50 > Nous annoncions hier soir une liste d’Ă©coles et d’universitĂ©s qui allaient fermer aux Etats-Unis, c’est maintenant  confirmĂ©. La journĂ©e Ă  Ă©tĂ© bien remplie, et nous allons nous stopper lĂ  pour ce soir. L’article que nous voulions placer en ligne demande quelques vĂ©rifications que nous ferons demain, de sorte Ă  nous assurer que nous ne participons pas Ă  alimenter une situation dĂ©jĂ  Ă  la limite de la panique. Nous remercions les 19′609 visiteurs unique (et plus de 145′000 connections) de cette journĂ©e sur Mecanopolis, et nous vous souhaitons une bonne nuit :)

06:30 > Point de la situation

Partie du Mexique oĂč elle pourrait avoir fait 159 morts, l’Ă©pidĂ©mie de grippe porcine a continuĂ© de se propager mercredi avec un premier dĂ©cĂšs aux Etats-Unis et de nouveaux cas en Europe, forçant l’OMS Ă  relever son niveau d’alerte en prĂ©venant d’une pandĂ©mie « imminente ».

Relevant que « le virus s’Ă©tend (…) sans aucun signe de ralentissement », l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) a dĂ©cidĂ© mercredi soir de relever Ă  5 son niveau d’alerte, l’avant-dernier stade avant la dĂ©claration de l’Ă©tat d’Ă©pidĂ©mie mondiale, qu’elle juge « imminente ».

« Tous les pays doivent immĂ©diatement activer leur plan de prĂ©paration Ă  la pandĂ©mie », a prĂ©venu sa directrice gĂ©nĂ©rale, Margaret Chan.

Aux Etats-Unis, un petit Mexicain de 23 mois est dĂ©cĂ©dĂ© du virus mutant A/H1N1 au Texas (sud), oĂč il Ă©tait venu se faire soigner. C’est la premiĂšre mort confirmĂ©e aux Etats-Unis, selon les Centres de maladie et de prĂ©vention amĂ©ricains (CDC).

L’Ă©pidĂ©mie est de « toute Ă©vidence prĂ©occupante » et requiert « un maximum de prĂ©cautions », a dĂ©clarĂ© de son cĂŽtĂ© le prĂ©sident Barack Obama.

Le Texas (sud) est devenu mercredi le deuxiĂšme Etat amĂ©ricain Ă  proclamer l’Ă©tat d’urgence face Ă  l’Ă©pidĂ©mie, aprĂšs la Californie (ouest), oĂč un soldat amĂ©ricain a Ă©tĂ© contaminĂ© par la grippe porcine et une trentaine d’autres placĂ©s en quarantaine par prĂ©caution.

Les Etats-Unis, oĂč dix Etats sont affectĂ©s par l’Ă©pidĂ©mie, ont recommandĂ© aux malades de la grippe porcine de rester chez eux pendant au moins sept jours, sans pour autant prĂ©voir de quarantaine Ă  grande Ă©chelle.

Au Mexique, oĂč s’est dĂ©veloppĂ© ce virus, le bilan des dĂ©cĂšs avĂ©rĂ©s est de sept et celui des dĂ©cĂšs « suspects » de 159, selon le ministre de la SantĂ© JosĂ© Angel Cordova. 23 nouveaux cas de malades ont Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s mercredi, ce qui porte le bilan Ă  49.

L’Autriche est devenue mercredi le dixiĂšme pays touchĂ© par l’Ă©pidĂ©mie. Sa voisine allemande a elle confirmĂ© trois cas de grippe porcine.

La Grande-Bretagne a annoncĂ© trois nouveaux cas de malades, soit un total de cinq, et l’Espagne compte dĂ©sormais dix cas avĂ©rĂ©s, dont un dĂ©tectĂ© chez un malade n’ayant pas voyagĂ© au Mexique.

A part le Mexique, les pays les plus touchés sont les Etats-Unis avec au moins 91 cas avérés, selon les autorités locales, le Canada (19) et la Nouvelle-Zélande avec 3 cas confirmés sur 14 cas trÚs probables.

L’Ă©pidĂ©mie a touchĂ© en outre IsraĂ«l (deux cas confirmĂ©s) et le Costa Rica (deux avĂ©rĂ©s).

L’OMS, qui a indiquĂ© pouvoir confirmer 114 cas avĂ©rĂ©s dans le monde, dont huit mortels, n’a connaissance d’ »aucune personne contaminĂ©e par des porcs », a prĂ©cisĂ© son numĂ©ro deux, le Dr Keiji Fukuda. « Il semble qu’il s’agisse d’un virus qui se transmet d’une personne Ă  l’autre », a-t-il expliquĂ©.

De nombreux pays vĂ©rifient des dizaines de cas suspects sur des voyageurs de retour du Mexique ou des Etats-Unis: c’est le cas de la France qui a recensĂ© deux cas « fortement suspects ».

Sur le continent africain jusqu’ici Ă©pargnĂ©, deux cas suspects sont Ă  l’examen en Afrique du Sud.

Le BrĂ©sil a annoncĂ© pour la premiĂšre fois mercredi l’existence de deux cas qu’il a qualifiĂ©s de « suspects » de grippe porcine.

L’OMS ne recommande pas jusqu’Ă  prĂ©sent de restreindre les dĂ©placements.

Toutefois, la France a demandĂ© Ă  l’Union europĂ©enne de suspendre les vols aller vers le Mexique. Paris comme Londres, La Haye, Rome et Ottawa dĂ©conseillent les voyages dans ce pays.

La proposition française sera discutĂ©e jeudi Ă  Bruxelles, aprĂšs une rĂ©union mercredi des ministres des Transports de l’UE en RĂ©publique TchĂšque.

Des voyagistes britanniques, français, canadiens et portugais ont pour leur part suspendu leurs dĂ©parts pour le Mexique. L’Argentine ne laissera plus atterrir les avions venant de Mexico jusqu’Ă  lundi prochain. Plusieurs compagnies de croisiĂšres dont le siĂšge est Ă  Miami (Etats-Unis) ont annulĂ© les escales prĂ©vues au Mexique.

Le virus, qui touche essentiellement de « jeunes adultes en bonne santĂ© », selon les autoritĂ©s mondiales de la santĂ©, se transmet par voie respiratoire, d’homme Ă  homme. Les symptĂŽmes (fiĂšvre, maux de tĂȘte, courbatures) sont similaires Ă  ceux de la grippe saisonniĂšre qui tue chaque annĂ©e dans le monde entre 250′000 et 500′000 personnes.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays Ă  mettre en place des contrĂŽles aux aĂ©roports et aux frontiĂšres, dont des scanners thermiques jugĂ©s toutefois inefficaces par l’OMS.

MĂȘme si le virus ne s’attrape pas en mangeant de la viande de porc, plusieurs pays dont la Russie et la Chine ont suspendu tout ou partie de leurs importations porcines.

En Egypte, oĂč les autoritĂ©s ont dĂ©cidĂ© d’abattre tout le cheptel de porcs, des Ă©leveurs de porcs ont lapidĂ© mercredi des vĂ©tĂ©rinaires et des policiers venus tuer leurs animaux, selon une source de sĂ©curitĂ©.

16:45 > DĂ©solĂ© on Ă©tait au boulot… Si vous voulez qu’on reste 24h/sur 24 faut faire un don ;)

16:55 > La France suspend la livraison aux pharmaciens de l’antiviral Tamiflu, selon le Laboratoire Roche. L’idĂ©e est d’Ă©viter des stocks privĂ©s Ă  mauvais escient.

17:00 > Nicolas Sarkozy: La France va « vraisemblablement passer au niveau 5″ d’alerte face Ă  l’Ă©pidĂ©mie de grippe porcine. Nous allons prĂ©parer un article qui explique les consĂ©quences que cela entrainerait > 20 minutes.

17:05 > Le gouvernement italien a recommandĂ© jeudi Ă  ses concitoyens revenant du Mexique de rester chez eux sept jours Ă  compter de leur retour, dans un communiquĂ© diffusĂ© en marge d’une rĂ©union des ministres de la SantĂ© de l’UE sur la grippe porcine.

17:17 > Un salariĂ© de la Banque mondiale Ă  Washington a contractĂ© la grippe porcine au Mexique. Et alors ? ;) Lire l’article

17:20 > France :Une rĂ©union interministĂ©rielle d’urgence est convoquĂ©e Ă  19H45 Ă  Matignon.

17.25 > Informations sur l’épidĂ©mie au 0.825.302.302 ou + 33.1.53.56.73.23 depuis l’étranger ‱ Informations pour les voyageurs au 01.45.50.34.60

17:40 > Le Dr Anne Schuchat, une responsable des Centres fĂ©dĂ©raux de contrĂŽle et de prĂ©vention des maladies (CDC) a affirmĂ© jeudi devant la Chambre des reprĂ©sentants que la distribution d’antiviraux pour contrer la grippe porcine avait commencĂ© aux Etats-Unis.

« La distribution a dĂ©jĂ  commencĂ© », a dit le Dr Schuchat qui a prĂ©cisĂ© que le virus de la grippe porcine Ă©tait sensible aux antiviraux.

« Le gouvernement a achetĂ© d’importants stocks de mĂ©dicaments antiviraux, Tamiflu et Relenza », a dit le Dr Schuchat. « Les tests en laboratoire sur les virus montrent que jusqu’Ă  prĂ©sent, ils sont sensibles aux mĂ©dicaments que nous possĂ©dons dans notre stock », a-t-elle ajoutĂ©.

L’administration amĂ©ricaine a annoncĂ© lundi que 11 millions de traitements antiviraux contre la grippe porcine issus des stocks fĂ©dĂ©raux allaient ĂȘtre distribuĂ©s pour aider les Etats amĂ©ricains touchĂ©s.

« A titre de prĂ©caution, nous avons mis Ă  disposition des Etats 25% des stocks », avait dĂ©clarĂ© le directeur des Centres amĂ©ricains pour le contrĂŽle et la prĂ©vention des maladies (CDC), Richard Besser, au cours d’une confĂ©rence de presse.

Jeudi, 111 cas de grippe porcine ont été confirmés dans treize Etats américains, selon les autorités sanitaires.

17:40 > Le président mexicain demande aux populations de rester chez elles du 1er au 5 mai prochain, selon Veratect.

17:50 > Cas confirmés dans le monde

  • Pays-Bas : le ministre nĂ©erlandais de la santĂ© Ab Klink a annoncĂ©, jeudi, qu’un enfant de 3 ans avait Ă©tĂ© infectĂ© par le virus de la grippe, constituant le premier cas humain confirmĂ© aux Pays-Bas.
  • Mexique : le bilan de la grippe porcine est passĂ© de 7 Ă  8 morts, mais le nombre de dĂ©cĂšs suspects a Ă©tĂ© ramenĂ© de 159 Ă  84, selon le ministĂšre de la santĂ©. Au total 99 personnes ont Ă©tĂ© infectĂ©es de maniĂšre certaine par le virus, et plus de 1 600 personnes malades pourraient avoir Ă©tĂ© contaminĂ©es.
  • Etats-Unis : un enfant de 23 mois est dĂ©cĂ©dĂ© de la grippe porcine au Texas. C’est la premiĂšre mort confirmĂ©e de cette maladie. L’Ă©pidĂ©mie touche 91 personnes dans dix Etats, contre 65 la veille.
  • Allemagne : 3 premiers cas confirmĂ©s en BaviĂšre et Ă  Hambourg.
  • Autriche : 1 premier cas : une femme de 28 ans revenant du Guatemala avec escale Ă  Mexico.
  • Canada : 19 cas avĂ©rĂ©s, dont quatre en Nouvelle-Ecosse et sept en Ontario.
  • Costa Rica : 2 cas avĂ©rĂ©s, les premiers en AmĂ©rique centrale.
  • Grande-Bretagne :3 nouveaux cas de grippe porcine ont Ă©tĂ© confirmĂ©s en Grande-Bretagne, jeudi, portant Ă  8 le nombre total de cas avĂ©rĂ©s dans le pays.
  • Espagne : le nombre de cas confirmĂ©s est passĂ© de 4 Ă  10, dont un malade contaminĂ© alors qu’il n’avait pas voyagĂ© au Mexique
  • IsraĂ«l : 3 cas confirmĂ©s, 2 nouveaux cas suspects dont un enfant de 9 ans.
  • Nouvelle-ZĂ©lande : 3 cas confirmĂ©s, 11 trĂšs « probables ». Un total de 31 cas suspects, 179 personnes en quarantaine.
  • PĂ©rou : 1 premier cas confirmĂ©, chez une ressortissante argentine de retour du Mexique. Neuf autres cas suspects, parmi lesquels un ressortissant mexicain.
  • Suisse : 1 premier cas humain confirmĂ© par l’hĂŽpital cantonal de Baden. Un total de 26 cas suspects, dans huit cantons du pays.

18:10 > Grippe A/H1N1 : un « prétexte pour éviter de parler de la crise économique »

Le prĂ©sident de la compagnie aĂ©rienne Ă  bas coĂ»ts Ryanair, Michael O’Leary, affirme que la grippe porcine est “un tas d’absurditĂ©s” utilisĂ© par les responsables politiques pour dĂ©tourner l’attention de la crise Ă©conomique. Lire la suite


Cette page est saturée. Nous allons poursuivre sur:

PandĂ©mie de grippe nord amĂ©ricaine A/H1N1 : Ă©volution en temps rĂ©el – 30 avril 2009


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mar 18 2009

Violence psychologique internationale

Faouzi Elmir, Mecanopolis

Quand on Ă©voque la question de la guerre dans la vie internationale, on pense immĂ©diatement Ă  la guerre militaire. Mais on oublie trĂšs souvent qu’Ă  cĂŽtĂ© des conflits armĂ©s et de la guerre militaire entre les Etats, il existe une autre guerre qui les prĂ©cĂšde et qui les prĂ©pare, la guerre psychologique. À la place des obus et des missiles qui tuent sur le coup, la guerre psychologique internationale utilise des mots et des images transmis par des moyens de communication de masse (MCM) qui produisent et diffusent des milliards d’informations et qui touchent instantanĂ©ment, en quelques fractions de seconde des milliards d’hommes Ă  travers la planĂšte.

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Ces milliards de messages vont servir de support Ă  la propagande politique et militaire dont l’objectif est de modifier la machinerie psychique des hommes en leur inculquant des leviers psychiques d’adhĂ©sion ou de rejet des personnes, des idĂ©es, des propositions, des concepts, des programmes, des politiques, des groupes, des races, des religions, des nations ou des Etats. Ces leviers psychiques opĂšrent sous forme de rĂ©flexes conditionnĂ©s dĂ©clenchĂ©s Ă  distance par des meneurs, grĂące Ă  des mots-clĂ©s poison ou des mots-clĂ©s vertus, des images, des messages, des symboles, des slogans.

CONDITIONS DE LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE INTERNATIONALE

Une guerre psychologique ne s’improvise pas et comme toute guerre, il faut la prĂ©parer et bien la prĂ©parer s’il faut qu’elle atteigne ses objectifs. Elle prĂ©suppose un certain nombre de conditions relatives Ă  la formation et Ă  l’orientation de la machinerie psychique des masses et des foules. Une guerre psychologique internationale recourt Ă  la mĂȘme arme que n’importe quelle guerre psychologique se dĂ©roulant au sein des Etats nationaux. C’est arme s’appelle la propagande. La seule diffĂ©rencie entre les deux propagandes, nationale et internationale, c’est l’ennemi qui n’est pas un ennemi intĂ©rieur mais l’Ă©tranger, le « eux » et le « nous ». Quand l’ennemi change, ce sont les thĂšmes, les mots, les symboles et les mythes vĂ©hiculĂ©s par la propagande internationale qui sont amenĂ©s Ă  changer en consĂ©quence. Par exemple, une propagande nationale vise Ă  faire croire aux citoyens de l’Etat-nation qu’ils vivent, eux, dans une vraie dĂ©mocratie alors que les Etats communistes sont des dictatures. Pour la propagande capitaliste, les dĂ©mocraties occidentales sont synonymes de libertĂ© mĂȘme avec une dictature capitaliste qui s’exerce sur l’ensemble de la sociĂ©tĂ©..

Puisque la guerre psychologique internationale consiste Ă  diaboliser l’Ă©tranger, ce sont les multinationales de l’information, amĂ©ricaines et europĂ©ennes, qui s’en occupent et qui jouent un rĂŽle dĂ©terminant. Ces canaux de production et de diffusion de l’information possĂšdent un peu partout dans le monde, un grand nombre d’agences de nouvelles, de nombreuses entreprises de journaux tĂ©lĂ©visĂ©s et filmĂ©s, de journaux nationaux et locaux. Ces multinationales de l’information sont la propriĂ©tĂ© de quelques grands capitalistes et c’est cette concentration des moyens de production et de diffusion de l’information qui est la condition premiĂšre de la propagande. Point de propagande sans concentration des moyens de communication de masse ou Mass Media. Pour qu’il y ait vĂ©ritablement propagande, il faut une concentration dans la production et la diffusion de l’information, et cette concentration est imposĂ©e par le coĂ»t de revient de plus en plus Ă©levĂ© de la production et de la diffusion de l’information. Les quatre grandes agences de presse sont amĂ©ricaines et europĂ©ennes: l’Associated Press(AP), United Press International(UPI), Reuters, AFP. Par exemple, l’Associated Press transmet environ 20 millions de mots par jour Ă  plus de 10 000 abonnĂ©s ; toutes les 24 heures, environ deux milliards de personnes entendent ou lisent les informations qu’elle diffuse. L’AFP transmet environ 3 millions de mots par jour et ses journalistes sont en poste dans plus de 110 pays. Deux multinationales de l’information (UPI et AFP) fournissent Ă  elles seules 65% des informations aux 16 Etats latino-amĂ©ricains.

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FABRICATION DE « L’HOMME DE L’ACTUALITE INTERNATIONALE »

Les multinationales de l’information sont le support indispensable de toute guerre psychologique internationale. Ce sont elles qui suscitent des opinions publiques favorables Ă  une guerre et qui influencent psychologiquement les citoyens des Etats-nationaux pour soutenir les stratĂ©gies militaires et impĂ©rialistes de leurs gouvernements. Pour fabriquer des opinions publiques Ă  la commande, ces multinationales de l’information fabriquent ce qui est convenu d’appeler « l’homme de l’actualitĂ© internationale ». D’abord, l’information qu’elles produisent et qu’elles diffusent n’est jamais choisie au hasard et elle n’est rapportĂ©e que comme matĂ©riau pour la propagande. L’information rapportĂ©e n’est jamais une donnĂ©e brute ou un fait tout Ă  fait objectif ; elle n’est rapportĂ©e et diffusĂ©e que pour intĂ©resser l’homme qui sera amenĂ© Ă  prendre une position vis-Ă -vis de tel Ă©vĂ©nement. L’Ă©vĂ©nement rapportĂ© peut ĂȘtre un fait rĂ©el, existant objectivement mais il peut ĂȘtre aussi une simple information, c’est-Ă -dire un fait rĂ©el ou un fait supposĂ©. Ce qui confĂšre le statut d’actualitĂ© Ă  un fait rapportĂ©, c’est sa diffusion dans l’opinion. Ce qui fait l’actualitĂ©, c’est donc cette diffusion de l’information peu importe sa pertinence, la rĂ©alitĂ© objective ou la matĂ©rialitĂ© du fait rapportĂ©. Contrairement aux idĂ©es reçues, il n’y a ni opposition ni sĂ©paration entre information et propagande, car l’une ne va pas sans l’autre et il est impossible d’Ă©tablir une nette distinction entre information et propagande. La relation intrinsĂšque entre information et propagande rĂ©side dans le fait que les deux s’adressent non pas Ă  la raison de l’homme et Ă  son raisonnement logique mais aux sentiments et aux passions humaines. Ce qui est rapportĂ© et diffusĂ© dans l’opinion, c’est seulement ce qui fait machinalement rĂ©agir l’homme, car l’actualitĂ© Ă  laquelle il se montre sensible, par rapport Ă  laquelle il se positionne, peut n’avoir aucune existence objective ; ce qui facilite grandement le travail de la propagande. Mais celle-ci, en diffusant l’information dans l’opinion, peut Ă©veiller un ensemble de faits qui deviennent Ă  leur tour actualitĂ© Ă  partir de laquelle elle peut bĂątir son plan de campagne. Les termes, les mots et les images doivent faire « balle » et pĂ©nĂ©trer pour donner plus de force et de puissance Ă  une guerre ou Ă  une agression extĂ©rieure en cours de prĂ©paration. Le public est prodigieusement sensible Ă  l’actualitĂ© immĂ©diate et il se fixe immĂ©diatement sur l’Ă©vĂ©nement spectaculaire qui exprime ses mythes mais aussi ses angoisses existentielles. Entre le fait et l’opinion, il n’existe donc pas de lien direct. En rĂ©alitĂ©, c’est l’actualitĂ© provoquĂ©e par la diffusion de l’information dans l’opinion qui charge les mots et qui donne aux images leur capacitĂ© explosive et affective. Pour envahir l’Irak et l’Afghanistan, les Etats-Unis ont exploitĂ© Ă  fond les images des avions Ă©ventrant les tours du World Trade Center. Sans les Ă©vĂ©nements du 11 septembre, la sempiternelle guerre sur le terrorisme n’aurait jamais eu l’Ă©cho que l’on sait, car les vrais terroristes sont notoirement connus, ce ne sont pas les intĂ©gristes musulmans qui n’ont que la rhĂ©torique comme seule arme mais les Etats-Unis et l’Europe qui, grĂące Ă  leurs armes de destruction massives(les vraies ADM), n’arrĂȘtent pas de semer la dĂ©solation, la terreur et la mort sur toute la planĂšte. Sans le 11 septembre, la guerre au terrorisme serait une supercherie amĂ©ricaine de plus pour vendre au monde entier leurs guerres impĂ©rialistes. C’est pourquoi, la guerre contre les Talibans a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e immĂ©diatement aprĂšs le 11 septembre au moment oĂč il faut battre le fer pendant qu’il est chaud et oĂč l’opinion publique internationale Ă©tait chauffĂ©e Ă  blanc et conditionnĂ©e mentalement et psychologiquement.

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FABRICATION DES OPINIONS PUBLIQUES

Etant donnĂ© que le message produit et diffusĂ© ne touche pas un seul homme mais plusieurs millions voire des milliards d’individus en mĂȘme temps et au mĂȘme moment, les multinationales de l’information Ă  façonner la machinerie psychique d’une opinion publique mondiale. La formation de l’opinion publique mondiale dĂ©pend intrinsĂšquement de ces puissants canaux d’informations. La condition premiĂšre de toute guerre psychologique internationale est la marginalisation des opinions individuelles et la formation d’une opinion majoritaire ou une opinion prĂ©pondĂ©rante Ă  l’intĂ©rieur de chaque Etat-nation. Cependant, il est utile de rappeler que 1)une opinion publique internationale n’est pas celle de la majorité ; 2) la minoritĂ© apparaĂźt comme un corps Ă©tranger ou comme une bande de traĂźtres Ă  la cause commune. C’est cette opinion publique ou opinion prĂ©pondĂ©rante qui va s’imposer d’une façon instinctive Ă  la totalitĂ©. Par exemple, les pacifistes europĂ©ens Ă©taient qualifiĂ©s d’agents de Moscou en Occident. Il n’y a donc jamais une opinion publique spontanĂ©e et l’on dit qu’une propagande qui a atteint son objectif, c’est celle qui a rĂ©ussi Ă  dĂ©faire les opinions individuelles en les dĂ©connectant de leur vĂ©cu immĂ©diat pour les orienter vers des problĂšmes qui n’ont rien Ă  voir avec leurs vrais problĂšmes existentiels. Par exemple, une propagande rĂ©ussie est celle qui a dĂ©tournĂ© les individus de leurs conditions de classe et d’exploitation pour les orienter vers les problĂšmes de l’insĂ©curitĂ© et de la sexualitĂ© en sachant que la vraie insĂ©curitĂ© est l’insĂ©curitĂ© matĂ©rielle, Ă©conomique et financiĂšre et non pas le chien qui a mordu la vieille.

L’opinion publique internationale formĂ©e par ces multinationales de l’information est seulement une opinion informĂ©e et non pas une opinion raisonnĂ©e. En disant que l’opinion publique est une opinion informĂ©e et non pas une opinion raisonnĂ©e, cela ne signifie absolument pas qu’elle ne comprend pas en son sein que des imbĂ©ciles, des idiots et des incultes, mais que leur facultĂ© de raisonnement a Ă©tĂ© altĂ©rĂ©e et neutralisĂ©e par l’inertie intellectuelle de l’opinion majoritaire. Cette opinion publique internationale informĂ©e par les multinationales de l’information est donc une opinion publique Ă©mue, crĂ©dule, bouleversĂ©e, troublĂ©e et sensible Ă  la moindre suggestion. C’est parce que cette opinion publique est seulement une opinion informĂ©e et non une pas une opinion raisonnĂ©e qu’elle est par consĂ©quent une opinion mouvante, Ă©phĂ©mĂšre et instable. C’est pourquoi les multinationales de l’information se doivent sans cesse de l’alimenter par un flux continu d’informations. C’est aussi ce flux ininterrompu d’informations qui fait que la propagande devient massive. Il n’y a donc jamais une opinion publique spontanĂ©e, mais une opinion publique sans cesse travaillĂ©e, entretenue et rĂ©activĂ©e en amont et en aval selon un systĂšme de feed back par les multinationales de l’information et la propagande politique.

Pour les besoins de la guerre psychologique internationale, les multinationales contribuent certes Ă  la formation d’une opinion publique informĂ©e, mais c’est une opinion publique qui est Ă  la fois sous-informĂ©e sur les questions essentielles et sur-informĂ©e sur les sujets accessoires. Car les multinationales de l’information n’informent que sur des questions intĂ©ressant « l’homme de l’actualitĂ© internationale » et la propagande politique. Les multinationales de l’information n’informent jamais que sur des sujets et des questions spĂ©cifiques prĂ©alablement sĂ©lectionnĂ©s sur lesquelles cette opinion publique sera amenĂ©e Ă  prendre position. L’information produite et diffusĂ©e par les multinationales de l’information n’a pas pour vocation d’Ă©veiller la curiositĂ© intellectuelle et le sens critique des hommes mais de crĂ©er une cristallisation psychologique dans une opinion publique. Les informations produites et diffusĂ©es par les multinationales de l’information sont des informations orientĂ©es et tendancieuses, car elles cherchent avant tout Ă  durcir l’opinion publique sur tel point clef. Par exemple, les opinions publiques amĂ©ricaines et europĂ©ennes sont surinformĂ©es sur les attentats terroristes attribuĂ©s aux intĂ©gristes musulmans mais sur l’Ă©tranger en gĂ©nĂ©ral, ces mĂȘmes opinions publiques amĂ©ricaine et europĂ©enne n’ont le droit qu’Ă  15% des informations concernant l’actualitĂ© internationale. Quand les opinions publiques occidentales ignorent tout de la complexitĂ© des grands problĂšmes internationaux, leurs hommes politiques et la propagande politique peuvent les manipuler facilement et leur raconter n’importe quoi. Il reste toujours une minoritĂ© bien informĂ©e des grandes affaires du monde et elle peut toujours crier, s’opposer et raisonner mais elle ne parviendra jamais Ă  faire entendre raison Ă  une opinion publique aveugle. Des millions de manifestations ont dĂ©filĂ© contre la guerre de Bush en Irak, qu’ont-ils fait pour l’empĂȘcher ? L’ignorance et la sous-information donnent naissance Ă  une opinion publique mouvante et versatile qui simplifie les problĂšmes et c’est exactement le but recherchĂ© par la propagande. Car tout le travail de la propagande politique consiste Ă  simplifier les problĂšmes et c’est justement cette simplification qui est le gage de rĂ©ussite de toue guerre psychologique internationale. Le maintien des opinions publiques occidentales dans l’ignorance quasi totale de l’actualitĂ© internationale s’avĂšre une nĂ©cessitĂ© politique et idĂ©ologique pour les dĂ©cideurs politiques et militaires, car une propagande menĂ©e Ă  l’Ă©chelle internationale par les Etats impĂ©rialistes ne pourra prospĂ©rer qu’avec des opinions publiques ignorantes et sous-informĂ©es. C’est ce qui a permis Ă  Hitler de rĂ©ussir sa guerre psychologique en Europe avant le dĂ©clenchement de la guerre. Ecoutons Goebbels, ce grand thĂ©oricien de la propagande nazie, comment il dĂ©finit le but l’action de la propagande « La propagande, en simplifiant la pensĂ©e des masses, en la ramenant Ă  ses schĂ©mas primitifs, a pu prĂ©senter les processus complexes de la vie politique et Ă©conomiques dans leurs termes les plus simples… Nous avons pris des complexes de faits accessibles autrefois aux seuls spĂ©cialistes et Ă  un petit nombre d’experts, et nous les avons portĂ©s dans la rue, nous les avons enfoncĂ©s Ă  coup de marteau dans le cerveau du petit homme »(Wesen und gestalt des National sozialismus, 1935). D’ailleurs, la premiĂšre action d’Hitler, une fois au pouvoir, fut la crĂ©ation d’un ministĂšre de la propagande, Ă  la tĂȘte duquel Ă©tait placĂ© Goebbels.

journalistes

LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE INTERNATIONALE : QUELQUES EXEMPLES

Une guerre psychologique internationale vise Ă  obtenir une victoire, avant de tirer une seule balle sur un ennemi Ă©tranger suivant la distinction « eux » et « nous ». Une guerre psychologique est menĂ©e dans un but spĂ©cifique, faire l’Ă©conomie des forces et vaincre l’ennemi Ă©tranger soit en l’Ă©liminant physiquement soit obtenir sa capitulation pure et simple. Voici quelques exemples de guerre psychologique internationale:

Pour battre la France en Sarre en 1936, Hitler eut recours Ă  une guerre psychologique intense fondĂ©e sur la peur. AprĂšs un plan de campagne Ă©talĂ© sur trois mois, Hitler avait menacĂ© quelques jours avant le plĂ©biscite en Sarre, d’y provoquer un putsch et d’y introduire les troupes « pour garantir l’ordre ». Cette menace avait payĂ© et Hitler avait gagnĂ© son pari. Pour rĂ©occuper la RhĂ©nanie, Hitler avait utilisĂ© le mĂȘme bluff en faisant croire que ses troupes allaient pĂ©nĂ©trer en RhĂ©nanie sans munitions.

Pour rĂ©aliser son plan de l’Anschluss, Hitler avait provoquĂ© des situations laissant planer une guerre totale alors qu’il n’existait aucune menace rĂ©elle immĂ©diate. Pour battre le fer pendant qu’il est chaud, Hitler avait orchestrĂ© une propagande en vue de l’annexion de la TchĂ©coslovaquie en dĂ©clenchant une campagne de presse, d’injures, de revendications et de menaces.

La capitulation de Munich est un exemple-type de guerre psychologique internationale. Avant la signature de l’accord de Munich, la propagande hitlĂ©rienne tournait Ă  plein rĂ©gime pour propager dans les opinions publiques europĂ©ennes l’angoisse et l’anxiĂ©tĂ©. Les consĂ©quences de Munich sont: l’affirmation de l’Allemagne nazie en Europe centrale; l’isolement de la France et la consolidation de la position de Mussolini.

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis avaient lancĂ© la bombe atomique sur Hiroshima. Les historiens nous disent qu’il Ă©tait nĂ©cessaire de tuer 100 000 civils non-combattants pour mettre fin Ă  la guerre. Mais au moment oĂč les Etats-Unis avaient lancĂ© leurs bombes sur Hiroshima et Nagasaki, la guerre contre le Japon Ă©tait presque finie et toutes les rĂ©sistances japonaises Ă©taient presque brisĂ©es. Il n’y avait aucune raison plausible d’avoir recours Ă  cette arme de destruction massive(ADM). En rĂ©alitĂ©, cette bombe faisait partie d’une guerre psychologique internationale menĂ©e par les Etats-Unis pour montrer leur supĂ©rioritĂ© militaire et pour affirmer leur hĂ©gĂ©monie mondiale. C’est pourquoi les AmĂ©ricains avaient alors tout fait pour empĂȘcher que les SoviĂ©tiques de se doter de l’arme atomique comme ils le font aujourd’hui avec l’Iran.

Le conflit de Berlin et le fameux « pont aĂ©rien » fait partie d’une guerre psychologique entre l’Est et l’Ouest.

La guerre froide entre l’Est et l’Ouest est une guerre psychologique internationale ayant poussĂ© les Etats-Unis et leurs alliĂ©s occidentaux Ă  crĂ©er crĂ©er l’OTAN et les Etats communistes Ă  crĂ©er le pacte de Varsovie. La guerre froide fut l’occasion pour les Etats-Unis de mettre en place des moyens destinĂ©s Ă  influencer psychiquement les Etats communistes par l’intermĂ©diaire de la presse et de la radio(Radio Free Europe, Radio LibertĂ© financĂ©e par la CIA)

La crise des fusĂ©es Ă  Cuba et la guerre psychologique qui s’en est suivie poussent les Etats-Unis et l’Union soviĂ©tique Ă  s’engager dans la voie de la coexistence pacifique en signant une sĂ©rie de traitĂ©s limitant la prolifĂ©ration des armes atomiques et bien d’autres traitĂ©s, le traitĂ© de Moscou le 5 aoĂ»t 1963 interdisant les essais d’armes nuclĂ©iares dans l’atmosphĂšre, entre autres.

Exploitant les grĂšves des ouvriers polonais du chantier de Gdansk, les Etats capitalistes ont menĂ© une intense guerre psychologique contre le gouvernement communiste polonais. Pour montrer sa dĂ©termination, Carter avait lancĂ© le slogan »Ne touchez pas Ă  la Pologne » qui est un avertissement Ă  l’Union soviĂ©tique pour ne pas intervenir militairement en Pologne. Le candidat Reagan et l’Otan avaient fait de mĂȘme en dramatisant la situation en Europe pour justifier l’implantation de fusĂ©es amĂ©ricaines, la relance de la course aux armements atomiques et la construction de la bombe Ă  neutrons. Tous les centres de propagande capitalistes Ă©taient mobilisĂ©s Ă  l’occasion pour dĂ©sinformer et dĂ©sintoxiquer leurs opinions et pour retourner l’opinion publique polonaise contre le gouvernement communiste.

Pour Ă©puiser Ă©conomiquement l’Union soviĂ©tique et les Etats socialistes, le camp capitaliste occidental avait orchestrĂ© une guerre psychologique visant Ă  relancer la course aux armements en arguant de la supĂ©rioritĂ© militaire soviĂ©tique en Europe. PrĂ©textant du dĂ©ploiement soviĂ©tique de 342 SS 20 en 1977, l’Otan avait alors dĂ©cidĂ© de planter en dĂ©cembre 1979, suivant un plan quinquennal, 572 tĂȘtes nuclĂ©aires si les pourparlers de GenĂšve n’aboutissaient pas. On se souvient de cette phrase prononcĂ©e par Mitterrand au Bundestag le 20 janvier 1983 en parlant des opposants Ă  la course aux armements en Europe « les missiles sont Ă  l’est et les pacifistes Ă  l’Ouest ». En rĂ©alitĂ©, en demandant aux Allemands le dĂ©ploiement des Pershing amĂ©ricains sur leur sol, Mitterrand menait une simple guerre psychologique quand il dit lui-mĂȘme que son idĂ©e de dĂ©ploiement des Pershing en Europe «n’Ă©tait pas une condition mais une Ă©tape psychologique dans les relations franco-soviĂ©tiques ». citĂ© dans « la dĂ©cennie Mitterrand », de Pierre Favier et Michel Martin Roland.

Pour dĂ©manteler l’ex-Yougoslavie, les États capitalistes ont menĂ© une intense guerre psychologique contre Milosevic et le gouvernement serbe en parlant de gĂ©nocide des Albanais.

L’intervention des États capitalistes au Kosovo en 1999 avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©e d’une intense guerre psychologique sur un prĂ©tendu gĂ©nocide des Kosovars.

Avant l’invasion de l’Irak, les Etats-Unis ont menĂ© une intense guerre psychologique sur les prĂ©tendues armes de destruction massives de Saddam. Nous avons tous encore en mĂ©moire cette image du SecrĂ©taire d’État, Colin Powell, au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU montrant dans une main un Ă©chantillon et des photos satellites des bĂątiments de stockage contenant soi-disant Armes de destruction massive (ADM)

La guerre psychologique internationale a Ă©tĂ© orchestrĂ©e par les Etats-Unis et la Grande Bretagne contre le Zimbabwe et le prĂ©sident Mugabe aprĂšs l’expropriation des Blancs et la redistribution des terres expropriĂ©es aux paysans pauvres.

Une guerre psychologique est menée actuellement contre le président Vénézuelien Hugo Chavez et sa révolution bolivarienne.

Une guerre psychologique internationale est actuellement contre l’Iran et son programme nuclĂ©aire. Cette guerre psychologique internationale orchestrĂ©e les mass media contrĂŽlĂ©es par le lobby amĂ©ricano sioniste vise Ă  priver l’Iran de son droit Ă  la maĂźtrise de l’Ă©nergie nuclĂ©aire et Ă  l’arme atomique comme toutes les puissances atomiques du monde et IsraĂ«l qui possĂšde entre 150 et 200 tĂȘtes nuclĂ©aires.

Un dernier exemple de guerre psychologique internationale est Le mandat d’arrĂȘt dĂ©livrĂ© par le Tribunal PĂ©nal International contre le prĂ©sident soudanais en exercice Omar El-Bachir. Cette guerre psychologique internationale est menĂ©e par les Etats-Unis, l’Europe et IsraĂ«l sous prĂ©texte de gĂ©nocide au Darfour pour dĂ©stabiliser le gouvernement soudanais et pour diviser le pays comme en Irak. Le but recherchĂ© par l’Occident et IsraĂ«l Ă  travers cette guerre psychologique contre le Soudan, est de provoquer la sĂ©paration la rĂ©gion du Darfour riche en pĂ©trole.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Les illustrations sont empruntées au blog de Bench

Retrouvez Faouzi Elmir sur Le bulletin de l’International

mar 09 2009

Cuba encourage l’idĂ©e d’une monnaie mondiale

Par Chevalier Jedi

Pas un jour ne passe sans que l’idĂ©e d’un « nouvel ordre Ă©conomique mondial » ne gagne du terrain. La semaine derniĂšre, Ă  Cuba, se tenait le XI Forum International sur la Globalisation. Les appels Ă  la crĂ©ation d’une monnaie unique s’y sont multipliĂ©, sans doute dans l’idĂ©e de prĂ©parer les esprits aux dĂ©cisions arbitraires, que l’on ne manquera pas de nous prĂ©senter comme d’ultimes secours avant une dĂ©bĂącle totale du monde, qui seront prises lors du sommet qui rĂ©unira le G20.

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Le Canadien Robert Mundell, Prix Nobel d’Ă©conomie en 1999, Ă  proposĂ© l’adoption d’une nouvelle monnaie mondiale pour sortir de la crise, lors du d’XI Forum International sur la Globalisation et les problĂšmes du DĂ©veloppement qui se tenait la semaine derniĂšre Ă  la Havane (Cuba) et qui a rĂ©uni 1′500Ă©conomistes et universitaires de 52 pays.

Robert Mundell est considĂ©rĂ© comme Ă©tant l’un des « PĂšres » de l’Euro. Il est aussi l’auteur de la « thĂ©orie de la zone monĂ©taire optimale » dĂ©veloppĂ©e dans les annĂ©es 60.

« L’objectif a long terme est une monnaie mondiale » parce que « l’Economie mondiale en a besoin » a dit  Mundell lors de ce forum (Ă  l’initiative de Fidel Castro lui-mĂȘme).

Comble du paradoxe, c’est Ă  Cuba, terre de rĂ©sistance par excellence face a l’hĂ©gĂ©monie de l’Empire Ă©tasunien, que ce discours a Ă©tĂ© tenu.

Signe des temps ? Possible flĂ©chissement de la fameuse « rĂ©sistance castriste » depuis la mise a l’Ă©cart de Fidel ?

Etaient Ă©galement prĂ©sents a ce Forum, les prix nobel d’Economie Robert Ingle (2003) et Edmund Phelps (2007), ainsi que l’EvĂȘque Marcelo Sanchez Sorondo, qui est le Chancelier du Pontificat AcadĂ©mique des Sciences Sociales du Vatican, et les reprĂ©sentants officielles du FMI, de la Banque Mondiale, du SystĂšme Economique Latino AmĂ©ricain qui regroupe 27 pays (SELA ou LAES en anglais), et de la Banque de l’Alternative Bolivarienne pour les Peuples d’AmĂ©rique, entre autres (ALBA, une initiative du mondialiste rouge Hugo Chavez ).

Quelques 1500 reprĂ©sentants de 50 pays Ă©taient prĂ©sents Ă  ce colloque , qui s’est terminĂ© vendredi dernier.

En accord avec bon nombre d’experts en la matiĂšre, ce XI forum sera le point de dĂ©part de divers accords de CoopĂ©ration entre Cuba et les gouvernements de la RĂ©publique Dominicaine et du Honduras. AprĂšs plus de 40 ans d’isolement, Cuba s’ouvre donc peu a peu vers une forme de mondialisme et la prĂ©sence de tant de reprĂ©sentants d’organismes mondialistes laisse a penser que, dĂ©cidĂ©ment, la Havane n’est plus ce qu’elle Ă©tait… Che Guevara doit se retourner dans sa tombe !

Robert Mundell a afirmĂ© que la crise financiĂšre et Ă©conomique actuelle a pour origine des erreurs d’apprĂ©ciation du DĂ©partement du TrĂ©sor amĂ©ricain et de la RĂ©serve FĂ©dĂ©rale (Federal Bank) durant les annĂ©es 2001 et 2002.

Eric Toussaint, mondialiste alternatif, PrĂ©sident du ComitĂ© pour l’annulation des dettes du Tiers Monde, Ă©galement prĂ©sent, est convaincu que le tiers monde va bientĂŽt souffrir une nouvelle crise quant Ă  la dette.  Pour lui, en 2008 ont surgi de nouveaux problĂšmes pour le paiement de cette dette (dette Ă©mise dans sa plus grande partie en dollars), par rapport Ă  la dĂ©valuation des monnaies de ces pays. De plus, les primes de risques ont considĂ©rablement augmentĂ© ces derniers temps.

Selon Eric Toussaint, pour faire face Ă  ce problĂšme, ces pays vont devoir dans un premier temps (comme l’Equateur), procĂ©der Ă  une cessation de paiement.

Pour ces mondialistes, la solution finale, et on y revient encore une fois, c’est l’instauration de nouvelles monnaies.

Quand a explosĂ© la crise financiĂšre en septembre de l’annĂ©e passĂ©e, la plupart des mĂ©dias alternatifs parlaient de l’instauration de l’AmĂ©ro avec l’avĂšnement de l’Union Nord AmĂ©ricaine (NAU ou UNA en français). Cependant, des experts comme Robert Pastor expliquent que l’AmĂ©ro n’est pas encore prĂȘt, et qu’avant l’implantation de celui-ci nous devrions voir l’apparition d’un Nouveau Dollar, a deux vitesses: rouge pour les Ă©changes internes aux USA et bleu pour les Ă©changes internationaux.

Ce projet de Monnaie Mondiale n’est pas nouveau, il existe dĂ©jĂ  le Bancor et l’Unitas utilisĂ©s en finance. Selon certains experts (The Economist, 9 janvier 1988) cette future monnaie mondiale s’appellerait le « Phoenix », et devrait ĂȘtre imposĂ©s vers l’an 2018.

Il nous faut Ă©galement mentionner le projet de l’Arabo, lancĂ©e par le Conseil de CoopĂ©ration du Golfe (GCC, dont les membres sont l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis,, le Koweit, le Qatar, Oman et l’Etat du BahreĂźn) pour l’annĂ©e 2010, mais Ă©galement  « Sucre » pour le bloc sud amĂ©ricain, largement publicitĂ© par Hugo Chavez, l’un des pĂšres de l’ UNASUR.

Tout ceci pourrait bien ĂȘtre un des thĂšmes de discussions et un des chapitres de la « feuille de route » du prochain G20 qui doit se tenir le 2 avril prochain Ă  Londres… 

Chevalier Jedi, pour Mecanopolis

Buenos Aires, mars 2009

fév 01 2009

La Russie et Cuba concluent un « partenariat stratĂ©gique »

La Russie et Cuba ont affirmĂ© avoir donnĂ© un nouveau dĂ©part Ă  leurs relations qui s’Ă©taient distendues aprĂšs la chute de l’URSS, en concluant au Kremlin un « partenariat stratĂ©gique », vendredi, au troisiĂšme jour de la visite du numĂ©ro un cubain Raul Castro.

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« Je pense que votre visite ouvrira une nouvelle page dans l’histoire des relations d’amitiĂ© russo-cubaines », qui vont Ă©voluer Ă  « un niveau stratĂ©gique », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident russe Dmitri Medvedev, au dĂ©but des entretiens avec son homologue cubain.

« Nous, amis de longue date, sommes Ă  un moment historique, une Ă©tape trĂšs importante dans les relations entre la Russie et Cuba », a renchĂ©ri Raul Castro, qui a lui aussi parlĂ© d’un partenariat « stratĂ©gique ». « Nous avons connu Ă  la fois de bons et de mauvais moments », a-t-il soulignĂ©.

« CĂŽtĂ© cubain, nous avons fait un grand pas pour renforcer nos relations » avec Moscou, a ajoutĂ© M. Castro. « Nous avons fait ce pas trĂšs calmement, mais de maniĂšre trĂšs efficace, dans toutes les directions », a-t-il encore dit.

Les chefs d’Etat ont Ă  l’issue de leurs discussions signĂ© « un protocole d’accord sur une coopĂ©ration stratĂ©gique » bilatĂ©rale.

Toute une sĂ©rie d’autres accords, notamment un sur l’octroi par Moscou Ă  La Havane d’un crĂ©dit dont le montant n’a pas Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©, ont Ă©tĂ© paraphĂ©s Ă  l’occasion de la visite de M. Castro, premier dĂ©placement d’un numĂ©ro un cubain en Russie depuis plus de vingt ans.

En 2006, la Russie avait dĂ©cidĂ© de geler l’Ă©pineuse question de la dette cubaine contractĂ©e du temps de l’URSS, soit plus de 20 milliards de dollars selon les Russes.

D’autres accords concernant l’industrie agroalimentaire, la pĂȘche, la coopĂ©ration en matiĂšre d’Ă©ducation et scientifique, le sport et le tourisme, ont Ă©galement Ă©tĂ© conclus par des ministres des deux pays.

La cĂ©rĂ©monie de signature de ces documents, sur lesquels peu de dĂ©tails ont filtrĂ©, n’a finalement pas Ă©tĂ© suivie d’une confĂ©rence de presse pourtant Ă  l’origine annoncĂ©e.

« Je pense que les Ă©changes commerciaux aujourd’hui sont modestes », a toutefois dĂ©plorĂ© M. Medvedev au dĂ©but de la rencontre avec son homologue cubain dans le « salon vert » du Kremlin.

Ces Ă©changes ont atteint pour les 11 premiers mois de l’annĂ©e 239 millions de dollars, « un niveau insatisfaisant », a observĂ© M. Medvedev.

Le président russe a par ailleurs tenu à saluer le frÚre malade du président cubain, Fidel.

« Je vous fĂ©licite encore une fois pour le 50e anniversaire de la rĂ©volution (cubaine) et vous transmets les meilleurs voeux pour le commandant Fidel Castro », a dĂ©clarĂ© M. Medvedev.

Agé de 82 ans et malade, le pÚre de la Révolution cubaine est réapparu il y a une semaine sur des photos rendues publiques, mais reste influent malgré sa retraite pour raisons médicales.

Depuis que Raul a remplacĂ© Fidel, qui s’Ă©tait de son cĂŽtĂ© rendu en 1987 en URSS pour le 70e anniversaire de la RĂ©volution d’Octobre, les relations se sont rĂ©chauffĂ©es avec la Russie.

Jeudi, Dmitri Medvedev, qui s’Ă©tait lui-mĂȘme rendu Ă  la fin de l’annĂ©e derniĂšre Ă  Cuba, et Raul Castro s’Ă©taient vus Ă  Zavidovo, non loin de Moscou, pour des entretiens informels Ă  l’occasion d’une partie de chasse.

La visite en Russie du dirigeant cubain, entamĂ©e mercredi, s’achĂšvera le 4 fĂ©vrier. Mardi, il rencontrera Kirill, le nouveau chef de l’Eglise orthodoxe russe.

Source : Stratasie.info

oct 15 2008

« La loi de la Jungle », par Fidel Castro

‱ LE commerce au sein d’une sociĂ©tĂ© et entre les pays consiste en Ă©changes des biens et services que produisent les ĂȘtres humains. Les maĂźtres des moyens de production s’approprient les profits. Ils dirigent, en tant que classe, l’État capitaliste et se vantent d’impulser le dĂ©veloppement et le bien-ĂȘtre social par marchĂ© interposĂ©, ce dieu infaillible auquel il voue un culte.

Dans chaque pays, la concurrence se livre entre les plus forts et les plus faibles, entre ceux qui ont le plus de vigueur physique, qui s’alimentent le mieux, qui ont appris Ă  lire et Ă  Ă©crire, qui ont faits des Ă©tudes, qui accumulent plus d’expĂ©rience, plus de relations sociales, plus de ressources, et ceux qui sont privĂ©s de tous ces avantages.

Entre les diffĂ©rents pays, elle se livre entre ceux qui jouissent d’un meilleur climat, de plus de terres arables, de plus d’eau, de plus de ressources naturelles dans l’espace oĂč il leur est Ă©chu de vivre maintenant qu’il n’existe plus de territoires Ă  conquĂ©rir, qui maĂźtrisent les technologies, qui possĂšdent plus de dĂ©veloppement et manipulent des ressources mĂ©diatiques incalculables, et ceux qui ne bĂ©nĂ©ficient pas au contraire de ces prĂ©rogatives. Les fossĂ©s sont parfois abyssaux entre les nations qui se qualifient de riches et les nations pauvres.

C’est la loi de la jungle.

Il n’y a pas de diffĂ©rences entre les ethnies sous le rapport des facultĂ©s mentales. Ce que la science a largement prouvĂ©. La sociĂ©tĂ© actuelle n’est pas la forme naturelle selon laquelle la vie humaine a Ă©volué : elle est une crĂ©ation de l’homme dĂ©jĂ  mentalement dĂ©veloppĂ© sans laquelle il ne pourrait concevoir sa propre existence. Il s’agit donc maintenant de savoir si l’ĂȘtre humain pourra survivre au privilĂšge de possĂ©der une intelligence crĂ©atrice.

Le systĂšme capitaliste dĂ©veloppĂ©, dont le plus bel exemple est le pays Ă  la nature privilĂ©giĂ©e oĂč l’homme blanc europĂ©en a apportĂ© ses idĂ©es, ses rĂȘves et ses ambitions, est aujourd’hui en pleine crise. Ce n’est pas la crise cyclique qui revient pĂ©riodiquement, ni mĂȘme la crise traumatique des annĂ©es 30 : c’est la pire de toutes depuis que le monde suit ce modĂšle de croissance et de dĂ©veloppement.

Le systĂšme capitaliste dĂ©veloppĂ© entre en crise alors que l’Empire est sur le point de changer de chef Ă  l’occasion des Ă©lections qui se dĂ©rouleront dans vingt-cinq jours : il ne manquait plus que ça !

Les candidats des deux partis qui dĂ©cident de ces Ă©lections tentent de persuader les Ă©lecteurs dĂ©concertĂ©s – dont beaucoup ne se sont jamais inquiĂ©tĂ© de voter – qu’ils sont capables, en tant qu’aspirants Ă  la prĂ©sidence, de garantir le bien-ĂȘtre et la consommation forcenĂ©e d’un peuple qu’ils qualifient de couches moyennes. Ni l’un ni l’autre ne propose le moindre changement vĂ©ritable Ă  ce que tous deux considĂšrent comme le systĂšme Ă©conomique le plus parfait qu’ait connu le monde, un monde qui est bien entendu, dans leur mentalitĂ©, moins important que le bonheur de trois cents millions et quelque de personnes, soit moins de 5 p. 100 de la population de la planĂšte. Or, le sort des 95 p. 100 restants, la guerre ou la paix, l’atmosphĂšre respirable ou non, dĂ©pendront dans une grande mesure des dĂ©cisions du chef institutionnel de l’Empire, si tant qu’un pouvoir rĂ©el soit associĂ© Ă  ce poste Ă  l’époque des armes nuclĂ©aires et des boucliers spatiaux gĂ©rĂ©s par ordinateur en des circonstances oĂč les secondes sont dĂ©cisives mais les principes moraux de moins en moins en vigueur. On ne saurait ignorer toutefois le rĂŽle plus ou moins nĂ©faste que joue un prĂ©sident de ce pays.

Il existe un racisme profond aux Etats-Unis, oĂč des millions de Blancs ont beaucoup de mal Ă  se faire Ă  l’idĂ©e qu’un Noir avec sa femme et ses enfants occupent la Maison qui s’appelle justement ainsi : Blanche.

C’est un miracle que le candidat dĂ©mocrate n’ait pas subi le sort de Martin Luther King, de Malcom X et d’autres qui nourrissaient des rĂȘves d’égalitĂ© et de justice voilĂ  Ă  peine quelques dĂ©cennies. Il a par ailleurs l’habitude de regarder l’adversaire d’une maniĂšre sereine et de rire des embarras dialectiques d’un opposant qui fixe le vide.

De son cĂŽtĂ©, le candidat rĂ©publicain, qui cultive sa renommĂ©e d’homme belliqueux, a Ă©tĂ© l’un des plus mauvais Ă©lĂšves de sa promotion Ă  West Point. Il ignorait tout des maths, de son propre aveu, et Ă  plus forte raison, peut-on supposer, des complexes sciences Ă©conomiques.

Son adversaire le dépasse sans aucun doute en intelligence et sérénité.

Ce qui abonde le plus chez McCain, ce sont les annĂ©es, et sa santĂ© n’est pas non plus absolument sĂ»re.

Si je mentionne ce dernier point, c’est qu’il se pourrait bien – en cas de problĂšme de santĂ© pour le candidat rĂ©publicain, s’il Ă©tait Ă©lu – que la dame au fusil et l’inexperte ancienne gouverneure d’Alaska devienne prĂ©sidente des Etats-Unis. Et elle, alors, elle ne sait rien de rien.

RĂ©flĂ©chissant au sujet de la dette publique Ă©tasunienne que le prĂ©sident Bush fait retomber sur les Ă©paules de nouvelles gĂ©nĂ©rations dans ce pays – dix mille deux cent soixante-six millions de millions de dollars – il m’est venu Ă  l’idĂ©e de calculer combien quelqu’un mettrait Ă  compter cette dette qui a pratiquement doublĂ© en huit ans.

A supposer une journĂ©e de travail ininterrompu de huit heures, sans perdre une seconde, donc, et une annĂ©e de travail de trois cents jours, Ă  raison de cent billets d’un dollar par minute, ce qui est un rythme rapide, notre homme mettrait 710 milliards d’annĂ©es.

Je ne trouve pas de maniĂšre plus imagĂ©e de me reprĂ©senter cette somme d’argent dont on ne cesse de parler tous les jours ces derniers temps.

L’administration Ă©tasunienne, pour Ă©viter une panique gĂ©nĂ©ralisĂ©e, dĂ©clare qu’elle garantira les dĂ©pĂŽts des Ă©pargnants ne dĂ©passant pas 250 000 dollars, qu’elle gĂ©rera des banques et des sommes d’argent que LĂ©nine, avec son boulier, n’aurait jamais envisagĂ© de compter.

Nous pourrions nous demander maintenant quelle contribution l’administration Bush fera au socialisme. Mais ne nous faisons pas d’illusions. Quand le fonctionnement des banques se normalisera, les impĂ©rialistes les rendront Ă  des mains privĂ©es, comme tel ou tel pays l’a dĂ©jĂ  fait sur ce continent. En fin de compte, c’est toujours le peuple qui paie.

Le capitalisme tend Ă  se reproduire sous n’importe quel systĂšme social, parce qu’il part de l’égoĂŻsme et des instincts de l’homme.

La sociĂ©tĂ© humaine n’a pas d’autre choix que surmonter cette contradiction. Sinon, elle ne pourra pas survivre.

Les flots d’argent que les banques centrales des pays capitalistes dĂ©veloppĂ©s dĂ©versent de nos jours dans les finances mondiales frappent fortement les bourses des pays qui tentent de sortir du sous-dĂ©veloppement Ă©conomique et qui recourent Ă  ces institutions. Cuba n’a pas de bourse de valeurs. Des formes de financement plus rationnelles, plus socialistes, verront sans doute le jour.

La crise actuelle et les mesures brutales de l’administration Ă©tasunienne en vue de se sauver se traduiront par plus d’inflation, plus de dĂ©valuation des monnaies nationales, plus de pertes douloureuses sur les marchĂ©s, plus de chute des cours des marchandises d’exportation, plus d’échange inĂ©gal. Mais elles apporteront aussi aux peuples plus de connaissances de la vĂ©ritĂ©, plus de conscience, plus de rĂ©bellion et plus de rĂ©volutions.

Nous verrons bien comment se dĂ©roulera la crise et ce qu’il se passera aux Etats-Unis dans vingt-cinq jours.

Fidel Castro Ruz
Le 11 octobre 2008

Source : Granma