août 18 2010

Les « ateliers du futur », nouvelle cinquième colonne des stratèges de l’UE

Alors que l’UE balance entre l’éclatement et un pouvoir de plus en plus dictatorial, les attaques contre la Suisse se pour­suivent. Après les brutales attaques verbales de Steinbrück et consorts qui ont amené les Suisses à se serrer résolument les coudes, un groupe obscure d’adversaire bruxellois sous influence anglo-américaine a manifestement recours à une stratégie secrète: Puisque le modèle suisse de démocratie directe ne peut pas être attaqué par la cavalerie, on essaie de le faire à l’aide d’une cinquième colonne, de louches «cabinets de conseil en matière de changement social» pilotés discrètement dans l’ombre par la Fondation Bertelsmann. La recette est ancienne et peu appétissante: comme les Suisses répugnent à se soumettre au joug de l’UE, on tente de créer insidieusement de nouvelles structures et de les placer à côté des anciennes qui ont fait leurs preuves.

Depuis quelque temps, dans de nom­breuses communes, sous le label «atelier du futur» et par l’intermédiaire de cabinets de conseil privés, on instrumentalise les citoyens à l’aide de méthodes perfides de manipulation psychologique des grands groupes, les incitant à procéder à des fusions de communes et à propager la stratégie des régions métropolitaines. L’objectif est le suivant: en semant la discorde entre les citoyens des communes, on cherche à dissoudre les structures effi­caces et à créer de grandes régions euro-compatibles soumises directement à Bruxelles au lieu de l’être aux Etats nations. Mais cela ne se fera pas si les citoyens vigilants sont au courant de ce qui se trame.

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Le « Social Engineering » n’a rien à faire dans une démocratie

Par Horizons et Débats

Avec toutes ses facettes et ses structures équilibrées comme l’autonomie communale, le principe de subsidiarité, le fédéralisme, le principe de milice, la péréquation financière, la solidarité entre les communes et les cantons et surtout la participation directe des citoyens aux processus politiques qui permettent d’opposer la raison et la pondération du peuple à la soif de pouvoir de quelques-uns, la démocratie directe a apporté à notre pays la stabilité politique et économique, l’indépendance et la prospé­rité, et cela grâce à une culture politique qui se nourrit du dialogue de citoyens égaux en droits.

Le pays a besoin de citoyens responsables et à la pensée indépendante

Comme les citoyens suisses ne sont pas prêts à abandonner ce modèle pacifique qui pourrait se révéler salutaire dans d’autres régions du monde (à condition de les adapter), et bien qu’ils subissent depuis des années le feu des critiques des médias étrangers, ceux qui tirent les ficelles ont chargé leurs spin-doctors d’imaginer une nouvelle ruse de guerre: les «ateliers du futur» der­rière lesquels se dissimule un projet de l’UE qui vise à dissoudre les structures commu­nales et à les remplacer par de nou­velles régions sans racines historiques ni con­trôle démocra­tique. Sous ce label d’«ateliers du futur», on cherche à vendre aux Suisses quelque chose qui n’a absolument rien à voir avec leur pays, son histoire et ses règles du jeu démocratique. Des organismes privés, la plupart du temps des cabinets de conseil animés par des individus médiocres passés maîtres dans l’art de la manipulation, de l’endoctrinement et des relations pu­bliques mais qui n’ont aucune idée des réalités politiques et des problèmes concrets invitent les citoyens à participer à des «ateliers du futur», et cela à la de­mande de quelques membres d’une administration communale (autorités scolaires, conseil communal, etc.) mal connus des autres citoyens, souvent nouveaux dans la commune et disposant d’une obscure formation complémentaire. Il s’agit d’attirer des citoyens triés sur le volet selon des critères opaques, avant tout des membres d’autorités, d’institutions, de corporations et d’associations, à procéder, dans la salle polyvalente de la commune, à un strip-tease psychologique et à développer des «visions d’avenir» sur ce que la com­mune devrait être dans 20 ans, sur les choses et les personnes qui les dé­rangent depuis longtemps et ce qui devrait être modifié pour que leur bien-être s’améliore. Les thèmes favoris sont l’énergie et les transports ainsi que de grands projets de construction aux contrats lucratifs à l’aide desquels on tente d’appâter certains membres de la commune. On notera que ces «élus» ne sont aucunement représentatifs de leur organisme ou corporation et qu’ils n’en sont surtout pas les délégués. On ne tolère pas les critiques envers ces manipulations collectives et ceux qui ne hurlent pas avec les loups sont stigmatisés, traités de «passéistes» devant toutes les personnes pré­sentes et marginalisés.

Or les citoyens lucides doivent révéler avec clarté les agissements minables des individus médiocres et louches à qui l’on confie le rôle d’animateurs.

C’est une chose absolument nouvelle en Suisse que les critiques objectives suscitent des attaques personnelles et où les contradicteurs se voient marginalisés. L’exemple de l’atelier du futur de Malters le montre clairement (cf. encadré).

Ces ateliers sont non seulement dépourvus de toute légitimité démocratique; ce sont des mascarades à l’aide desquelles les adversaires de la Suisse cherchent, par le biais de conseillers extérieurs, à amener la Suisse à se soumettre à Bruxelles. On ne veut pas ici de citoyens responsables et à la pensée indépendante qui ont l’habitude d’exprimer leurs opinions à l’abri des interprétations psychologiques. La plupart du temps, on lance sans réfléchir dans le débat des platitudes telles qu’«évolution démographique», «manque d’attrait économique du site», ou «société qui évolue rapidement» pour faire croire aux «élus», grâce à une habile manipulation, qu’il est urgent de changer quelque chose dans leur commune. On veut ainsi empêcher que quelqu’un s’oppose à ces thèmes et au procédé manipulateur. On crée ainsi un état d’esprit dans lequel le débat objectif est impossible et d’ailleurs non souhaité.

Intrusion inadmissible dans la vie privée

C’est une pure dérision de traiter de cette manière des gens responsables et à la pensée indépendante. Tout citoyen suisse responsable a la possibilité, aux niveaux communal, cantonal et surtout fédéral, par le biais des procédures de consultation, de l’initiative et du référendum, d’avoir une influence directe sur la politique, avantage que nous envient fortement les citoyens étrangers qui cherchent maintenant peu à peu à obtenir ces droits mais rencontrent une grande résis­tance, surtout de la part des politiques. Nous pouvons (à vrai dire depuis des siècles) débattre de questions politiques relevant du niveau communal lors de chaque assemblée communale, nous pouvons lancer une initiative et amener un large public à en dé­battre. Nous disposons de tous les moyens poli­tiques de discuter de questions spécifiques avec tous les membres d’une commune et de chercher des solutions praticables, satisfaisantes pour toutes les parties. Nulle part ailleurs que dans les com­munes, l’échange d’idées sur des questions spécifiques entre les citoyens n’est aussi vivant.

Mais dès que l’on a besoin de «visions» pour augmenter le bien-être des individus, on assiste à une intrusion inadmissible dans la vie privée qui n’a rien à voir avec la maîtrise de questions spécifiques. La commune a pour mission de trouver des solutions aux problèmes quotidiens pour le bien de l’ensemble des habitants là où la loi le prévoit, avec eux, sans parler des activités bénévoles importantes accomplies de toute façon par les citoyens.

Les citoyens responsables n’ont pas ­besoin d’animateurs qui, à l’aide d’as­tuces psychologiques et de mises en scène étudiées, cherchent à les mener dans la direction voulue avant tout par les initiateurs de l’«atelier du futur». L’échange d’idées ouvert et honnête entre les citoyens constitue la base du bon fonctionnement des communes suisses et par conséquent d’une démocratie saine.

L’Etat de droit en lieu et place de la dictature des opinions

Les «ateliers du futur» n’ont rien à faire dans notre démocratie: ils relèvent des techniques psychologiques manipulatrices. Les spécialistes appellent cela «Social Engineering» ce que l’on pourrait traduire par «manipulation de l’opinion publique». La formation de l’opinion, qui naît des débats objectifs, et parfois également émotionnels, entre citoyens responsables est un processus ouvert et transparent qui a toujours pour objectif la solution de questions concrètes. Les attaques person­nelles et les interprétations n’ont pas leur place ici et sont catégoriquement bannies des assemblées communales. Le débat concerne la recherche de solutions. Or les «ateliers du futur» procèdent tout différemment: les participants sont entraînés sur le plan affectif, lequel n’a rien à voir avec l’indépendance et les libres décisions. On installe une «dictature des opinions» très éloignée de la démocratie et qui n’a absolument rien à voir avec l’Etat de droit.

La Suisse n’a absolument pas besoin de cela. Depuis des siècles, les citoyens sont habitués à défendre leur liberté et leur indépendance. Ce fut un long et dur combat, mais il a conduit au plus démocratique de tous les Etats, qui a acquis un rôle de pionnier. Allons-nous perdre ce précieux héritage à cause d’un groupe d’arrivistes uniquement parce qu’ils ne peuvent pas résister aux tentations du pouvoir et se laissent embrigader comme des idiots dociles par ceux qui veulent avoir encore plus de pouvoir sur le pays et ses citoyens afin de mettre à exécution leur obscurs projets?

Non, nous sommes redevables à nos descendants et à nos ancêtres de sauvegarder de toutes nos forces ce que ces derniers ont obtenu et défendu de haute lutte: la liberté, l’indépendance et un Etat de droit qui accorde à ses citoyens un haut degré de participation politique.

Horizons et Débats

« Ateliers du futur » : l’exemple de Malters

Parmi les exemples significatifs d’«ateliers du futur» se trouve celui de la commune de Malters. Les 22 et 23 août 2008 a eu lieu, sous la devise «Organiser ensemble l’avenir», un «atelier du futur pour le développement communal». Il a été animé par trois personnes étrangères à la commune qui s’intitulent «spécialistes du développement communal, urbain et régional»2 et dirigent le cabinet de conseil kon-sens.

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Dans une démocratie, le peuple est souverain et cela signifie que ce ne sont pas des spécialistes qui décident de l’avenir de la commune mais le peuple. One man one vote. A Malters, selon la documentation, les participants à l’«atelier du futur» sensés organiser l’avenir de toute la commune ont été triés sur le volet par un «groupe de pilotage» en fonction de critères opaques: il s’agissait de membres de partis, de l’Eglise, d’associations, de l’économie privée, de la commission scolaire, de l’administration communale, aucune de ces personnes n’ayant de légitimité démocratique. Le groupe de pilotage, composé de membres du cabinet de conseil et de membres de l’exécutif agissant de leur propre autorité, opérait en coulisse et sans mandat légitime. Officiellement, on a prétendu que les participants avaient été invités «à la demande du conseil communal». Le président de commune avait manifestement un rôle de figurant dans cet atelier dont l’objet avait été fixé à l’avance par le groupe de pilotage et puis sagement «élaboré» par les participants de l’atelier du futur.

Le premier jour, le président de commune a présenté une brève introduction et a confié la direction au cabinet de conseil. Bel exemple d’expertocratie! kon-sens a expliqué les «règles du jeu», c’est-à-dire les méthodes de manipulation psychologique, les procédures et la répartition en groupes. Un processus de grand groupe était ainsi mis en marche. A la fin, le résultat était conforme à ce que voulait le groupe de pilotage.

Les méthodes psychologiques mises en œuvre proviennent des officines de la programmation neuro-linguistique, de la théorie systémique, de l’écologie des profondeurs, Peter Singer inclus, et de la théorie des «systèmes autorégulés», telles qu’elles ont été importées des Etats-Unis par le groupe autrichien metalogikon, par exemple, méthodes qui remplacent l’action réfléchie par l’imagination, les visions et le strip-tease psychologique. Il s’agit là d’une ingérence anticonstitutionnelle de psychologues à la manque, de sociologues et de représentants d’autres sciences sociales dans des processus démocratiques où ils n’ont rien à faire. Dans ces séances, les citoyens qui assument des responsabilités dans la gestion de leur commune n’ont plus d’opinion personnelle (pour autant qu’on leur de­mande leur avis): le groupe de pilotage les mène là où il veut. Les participants à ces bavardages infantiles de salle polyvalente affublés de termes anglo-américains tels qu’«open space technology», «world cafe» ou «atelier du futur», comme à Malters, ne savent pas qui a mandaté les animateurs.

L’exemple de Malters doit nous mettre en garde contre la manière dont on cherche, à l’aide de techniques manipulatrices pratiquées dans des grands groupes à démanteler, des structures et des procédures démocratiques qui se sont développées au cours des siècles. Etant donné l’ignorance politique et la superficialité intellectuelle des «conseillers» et de leurs «théories», il est facile de mettre fin à leur sinistre manipulation psychologique.

Horizons et Débats

Instaurer la stratégie européenne des espaces métropolitains en Suisse – sans prendre en compte le peuple

Le programme des agglomérations ou la création d’espaces métropolitains sont des projets néo-libéraux. Il est promu par l’Union européenne avec le but de dissoudre progressivement les frontières des Etats-nations. On veut créer des régions transnationales qui agiront en tant qu’unités administratives sans traditions pour contrôler les gens qui y vivent, tout en les privant de leur identité. La démocratie doit être déconstruite pour pouvoir gérer le budget «plus efficacement» et avoir un meilleur contrôle, bref, pour mieux pouvoir exploiter la population au profit d’une petite oligarchie.

Le Schéma de développement de l’espace communautaire (SDEC), la conception de la stratégie des espaces métropolitains de l’UE, divise l’Europe en 16 espaces métropolitains dans lesquels la Suisse – bien sûr sans avoir eu voix au chapitre – est entièrement impliquée comme si l’UE avait quoi que ce soit à décider concernant notre pays. L’espace métropolitain zurichois est désigné comme moteur économique et élevé au niveau d’espace métropolitain européen. Que cela ait été accepté favorablement par quelques stratèges de l’UE en Suisse s’est avéré lors de la fondation de l’Association métropolitaine de Zurich, juste avant les vacances d’été de l’année passée. Les initiateurs étaient Markus Notter, conseiller d’Etat, Elmar Ledergerber, maire de Zurich à l’époque et Ernst Wohlwend, maire de Winterthur. En fait, tous les trois sont sociaux-démocrates. Ils ont créé une association, dirigée par des membres exécutifs élus et gérée par une entreprise de communication privée, qui s’ingère activement dans les affaires communales et cantonales (économie, trafic, société, habitat). Aucune trace de contrôle démocratique. Même les députés des cantons concernés n’étaient pas au courant de ce processus. Un scandale!

A ce jour, cette association existe toujours et tente, avec son caractère de société secrète, de préparer le terrain pour une adhésion à l’UE, à laquelle aspirent notamment les trois politiciens mentionnés ci-dessus. C’est scandaleux. C’est totalement antidémocratique, immoral et profondément contre les coutumes suisses que des hommes politiques se ré­unissent dans une association privée pour traiter de questions politiques qui concernent directement leur propre fonction mais qui sont du ressort des autorités cantonales ou communales concernées, et qui sont ainsi complètement sous­traites à tout contrôle démocratique.

Mais en Suisse, on ne prépare pas le terrain seulement au niveau cantonal. Le Projet de territoire suisse a été manigancé dans le département Leuenberger (PS) et coordonné avec l’UE. Le nouveau programme du parti socialiste en dit long. Les militants se retrouvent.

Les espaces métropolitains ont pour but de dissoudre les structures démocratiques, de les remplacer par des entités régionales nouvellement créées afin de mieux pouvoir réduire la participation de la population. Le citoyen actif devient un sujet qui est privé de sa participation démocratique. – Cela, nous ne pouvons le tolérer!

«Metalogikon»: manipulation «minimalement structurée» de grands groupes et programmation neuro-linguistique

A la recherche des dessous du monde suisse des «ateliers du futur», on ren­contre des entreprises comme flow, kon-sens ou Metalogikon – Association pour le développement et la recherche d’innovations entrepreneuriales et sociales. Elle a collaboré étroitement avec le cabinet de conseil fischli&würmli fondé en 2000 et établi à Glaris. Des agents de Metalogikon organisent avec des membres de fischli&würmli des programmes d’enseignement des cadres de Migros. Christoph Mandl de Metalogikon, remplit en outre des missions à l’EPF de Zurich, à l’Université de Saint-Gall, à la Commission européenne ainsi qu’à la Cour des comptes européenne.

Metalogikon a été fondé en 1997 tout d’abord en tant que groupe de travail de 6 «conseillères en organisation» autrichiennes. Devenue aujourd’hui une association, la société couvre les pays germanophones d’Europe ainsi que l’Italie. Depuis 1997, Metalogikon prend en charge des «interventions sur les grands groupes» – développées aux Etats-Unis dans les années 1980 – dans lesquels on provoque, à l’aide de techniques psychologiques, des «processus minimalement structurés». Ces groupes (pouvant compter plusieurs milliers de participants!) sont par exemple des communes (cf. Malters), des cantons, des Etats. Une combinaison de l’open space technology et du dialogue, deux de ces méthodes appli­cables à de grands groupes et venant des Etats-Unis, ont ensuite été développées pour être appliquées en Europe: il s’agit des conférences métalogues, qui ont lieu depuis 1998.

Ces méthodes sont, selon leurs inventeurs, un perfectionnement des groupes-T (petits groupes) inventés par Kurt Lewin et destinées particulièrement aux «activités créatrices» des grands groupes, parce que les groupes-T s’étaient avérés «trop rigides».1 Dans leur article programma­tique paru en 2000 et intitulé «Les conférences métalogues – innovation venant d’Autriche», Mandl et Weber écrivent que les fondements des conférences métalogues (et par conséquent également des «ateliers du futur» ) sont dérivés de la «théorie de l’auto-organisation» de Stuart Kauffman et le concept de métalogue remonte à Gregory Bateson, qui se vante d’être l’auteur de la programmation neuro-linguistique.

Horizons et Débats

juil 18 2010

Affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy, ou comment noyer le poisson selon les règles de l’art

Pour mieux comprendre comment l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy prend une nouvelle tournure et se métamorphose d’une affaire de financement occulte de parti politique en une simple affaire de délinquance financière, il faut lire attentivement ce qui va suivre. Depuis plus d’un mois, chaque jour apporte son lot de révélations dans l’affaire Bettencourt devenue le feuilleton de l’été 2010, qui est en passe d’éclipser les séries télévisées du genre Les Feux de l’Amour, Colombo et Inspecteur Derrick. Quoiqu’en disent les « gueulards » et les « aboyeurs » de l’UMP, Fillon en tête qui demande aux députés UMP « d’avoir des nerfs d’acier », et Sarkozy qui a « blanchi » lui-même son ministre de travail en monopolisant lundi 12 juillet l’antenne sur France 2, de 20 heures à 21H30, Mediapart a visé juste et l’affaire Bettencourt réunit tous les ingrédients d’une affaire politico-financière, c’est-à-dire de financement occulte d’un parti politique par une généreuse et richissime mécène, la milliardaire octogénaire Liliane Bettencourt.

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Après les révélations de Mediapart, le parti socialiste réclame la constitution d’une commission d’enquête parlementaire et la nomination d’un juge indépendant. En demandant la constitution d’une commission d’enquête parlementaire, le parti socialiste sait pertinemment que les résultats de l’enquête accoucheront d’une souris et que l’UMP et le gouvernement s’en serviront, comme l’ont fait avec le rapport bidonné de l’IGF, pour se « blanchir » eux-mêmes. Attendre qu’une commission parlementaire fasse éclater la vérité dans l’affaire Bettencourt, c’est peine perdue , car elle ne dispose d’aucun pouvoir contraignant à l’égard des principaux protagonistes et encore moins vis-à-vis de Woerth et de Sarkozy. On voit mal une commission parlementaire aller mettre le nez dans les comptes de l’UMP. Ce n’est pas pour rien que Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale, s’est empressé pour approuver la proposition des socialistes pour la constitution d’une commission d’enquête parlementaire dans l’affaire Bettencourt.

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Quant à la désignation d’un juge indépendant, les socialistes se montrent assez naïfs et ils sont frappés par une incroyable amnésie en oubliant l’affaire Urba au début des années 1990 et le rôle joué à l’époque par le commissaire Antoine Gaudino et le juge d’instruction Thierry Jean Pierre qui avaient instrumentalisé la justice à des fins politiques. Il faut rappeler que ceux qui étaient à l’origine de l’affaire URBA, ce sont un commissaire de police judiciaire à la SRPJ de Marseille, Antoine Gaudino, proche du Front National et un juge d’instruction, Thierry Jean Pierre, aujourd’hui décédé mais qui avait été élu député européen sur la liste de Philippe de Villers. Il faut tout de même soulever un paradoxe dans l’affaire URBA. Si les juges Thierry Jean Pierre et Renaud van Ruymbeke ont pu mener leurs enquêtes jusqu’au bout, ce n’est parce que les juges et la justice étaient indépendants sous le règne des socialistes mais c’est tout simplement à cause des luttes intestines opposant les différents courants du parti, des luttes qui ont trouvé leur prolongement à l’intérieur de la machine judiciaire et qui ont paralysé son action pour freiner les enquêtes dans l’affaire URBA. Sans les règlements de compte entre les courants rivaux du parti socialiste, Henri Emmanuelli, ancien trésorier du parti socialiste, n’aurait jamais été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, à deux ans de privation de droits civiques et à 30 000 francs d’amende. On ne sait pas exactement ce que veut dire un juge indépendant, car les juges dépendent du ministère de la Justice qui les nomme et les désigne. On ne voit pas comment dans ces conditions là, des juges nommés par un pouvoir politique, en l’o ccurrence le garde des Sceaux, peuvent enquêter en toute objectivité et en toute indépendance surtout dans des affaires dites sensibles mettant en cause un chef de parti, un président de la République, un chef ou un membre de gouvernement. Pour empêcher toute poursuite pénale à son encontre dans les emplois fictifs à la mairie de Paris, de pots de vin et des comptes bancaires, l’ancien Président de la république, Jacques Chirac, aidé alors par Roland Dumas, président du Conseil Constitutionnel, avait fait voter par sa majorité une loi paralysant toute action publique pendant son mandat. Silvio Berlusconi avait fait la même chose en Italie pour paralyser toute action ou procédure judiciaire à son encontre. Des juges indépendants du pouvoir politique qui les nomme et qui les nourrit, c’est tout simplement de l’utopie. L’existence des trois pouvoirs séparés, c’est de la foutaise et avec sa théorie de la séparation des pouvoirs, le Baron de Montesquieu a tout faux. Tout ce qui existe dans une société capitaliste, c’est d’abord et avant tout un méga pouvoir, le pouvoir économique, qui conditionne et détermine les propriétés de tous les pouvoirs.

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Affaire Bettencourt et la technique de la diversion judiciaire

Quelqu’un a dit un jour que le meilleur moyen pour enterrer une affaire politico-financière, c’est de créer une commission d’enquête parlementaire. Cette légende est peut être vraie à 50%, mais pour être dans le vrai à 100%, c’est plutôt la justice inféodée au pouvoir politique qui est la mieux outillée pour accomplir cette alchimie. Avec l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy, la technique de la diversion judicaire a été immédiatement déclenchée dès sa révélation par Mediapart le 16 juin 2010. Il faut expliquer en quelques mots en quoi consiste cette technique de la diversion judiciaire qui s’enclenche automatiquement comme une soupape de sécurité dès que des hommes politiques ou un parti politique est mouillé jusqu’au cou dans une affaire politico-financière. Quand une affaire de corruption est révélée par la presse, le pouvoir politique se dépêche pour annoncer à l’opinion publique la saisine de la justice qui aura pour mission, pour employer la formule habituelle, « de faire éclater la vérité ». Jusqu’ici, tout le monde croit dur comme fer qu’il vit dans une démocratie avec un « pouvoir » judiciaire indépendant de la classe politique et du pouvoir économique. Tout le monde croit aussi que la justice mène des enquêtes objectives avec des procédures mises en œuvre d’une façon impartiale et objective. Ce qui est totalement faux. Pour élucider une affaire pénale, il faut commencer par un travail sur le terrain mené par des juges d’instruction et par des procureurs qui sont épaulés par des enquêteurs de la police judiciaire. Les enquêteurs de la police judiciaire ne font pas qu’à leur tête, ils enquêtent selon des qualifications des faits retens préalablement par les procureurs et par les juges d’instruction. Une fois munis de ces instructions, les enquêteurs de la police judiciaire vont rassembler des indices et des éléments matériels ou humains (par le témoignage et les interrogatoires des gardés à vue) et cela conformément et en fonction des qualifications des faits retenues par les procureurs et les juges d’instruction qui, eux-mêmes, reçoivent des instructions orales ou écrites, selon les cas, du garde des Sceaux. Ce sont ces indices et ces éléments matériels ainsi rassemblés et consignés dans des procès verbaux qui vont déterminer le déroulement normal de l’affaire et qui vont orienter dans un sens ou dans un autre le procès qui se tiendra devant le tribunal. Concernant les enquêtes de flagrant délit, les choses sont plus simples du fait que les indices matériels et les auteurs de l’infraction, du délit et du crime sont encore présents sur le lieu même du crime ou du délit. Ce sont l’actualité et l’antériorité immédiate du crime et du délit qui simplifient en quelque sorte le travail des enquêteurs de la police judiciaire. Mais s’agissant d’affaires dont les actes sont étalés dans le temps et dans l’espace, les choses se compliquent du fait de la complexité des actes et de leur espacement dans le temps entre le moment de la commission de l’infraction, du délit et du crime et celui où commence réellement le travail de la recherche des indices et des éléments humains et matériels. Dans les affaires politico financières, les choses s’avèrent encore plus compliquées à cause de l’opacité qui entoure le monde politico-financier et de la corruption qui se fait habituellement selon les règles de l’art, c’est-à-dire par le versement d’espèce et de valises de billets des corrupteurs aux corrompus. Les affaires de corruption ou de financement de parti politique sont rarement élucidées et nous en avons pour preuve aujourd’hui l’affaire Boulin dont la famille conteste la thèse officielle du suicide et qu’elle privilégie plutôt la thèse du meurtre pour une affaire immobilière à Ramatuelle.

Revenons à présent à l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy pour voir comment la technique de la diversion judiciaire a fonctionné dès que l’affaire est révélée par Mediapart le 16 juin 2010. Rappelons à toutes fins utiles que l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy a démarré avec la publication par Mediapart des extraits d’enregistrements réalisés par le majordome de la milliardaire de l’Oréal où il est question de trois chèques donnés à trois personnalités politiques: Valérie Pecresse, Nicolas Sarkozy et Eric Woerth. Sans être des preuves formelles et définitives, ces enregistrements pirates publiés par Mediapart le 16 juin 2010 créent une forte présomption de financement occulte de l’UMP et de la campagne présidentielle de Sarkozy par la généreuse donatrice, Liliane Bettencourt. Dans ces enregistrements piratés, on entend la voix de Patrice de Maistre demander à Liliane Bettencourt de signer les trois chèques en question. Certes, les paroles de Patrice de Maistre ne sont pas des preuves irréfragables mais elles ont néanmoins le mérite de constituer des indices et des éléments matériels sur lesquels pourront s’appuyer les enquêteurs pour mener leurs investigations dans l’affaire Bettencourt. Or rien n’a été fait pour vérifier la réalité des dires de Patrice de Maistre et les vrais bénéficiares des chèques signés par Liliane Bettencourt. S’il y avait des juges indépendants et une justice indépendante, ces premiers indices importants livrés par les enregistrements pirates publiés par Mediapart auraient débouché logiquement et immédiatement (disons trois ou quatre jours plus tard) à l’ouverture d’une information judiciaire ou d’une enquête préliminaire avec une commission rogatoire habilitée à perquisitionner non pas au siège de la société Clymène qui gère la fortune de Liliane Bettencourt ou chez le photographe François Banier mais au siège de l’UMP avec à la clé la saisie des disquettes où se trouvent stockées et consignées les opérations comptables de ce parti politique. La saine logique juridique aurait été, par l’intermédiaire de l’information judiciaire ou de l’enquête préliminaire, de vérifier si les indices livrés par les enregistrements piratés sont ou non de nature à former les éléments constitutifs d’une infraction à la loi sur le financement des partis politiques. Rien de tel n’a été fait dans l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy alors que dans l’affaire URBA, les juges Thierry Jean Pierre et Renaud van Rymbeke s’étaient rendus au siège du PS pour perquisitionner et pour vérifier les livres comptables du parti. Il y a bien eu ouverture d’une enquête préliminaire dans l’affaire Bettencourt sur les enregistrements mais elle n’a été ouverte que le 9 juillet 2010, soit 25 jours après la révélation de l’affaire Bettencourt par Mediapart. Pendant ce temps là, les informaticiens et le trésorier de l’UMP travaillent d’arrache-pied et ils auront sûrement tout le temps pour faire un bon « nettoyage » de leurs fichiers informatiques notamment toutes les données relatives à la comptabilité du parti.

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Au lieu de retenir provisoirement la qualification de financement occulte de parti politique et de mettre en œuvre les procédures y afférentes, la machine judiciaire s’emballe mais pour orienter l’affaire Betencourt dans un sens qui lui ôterait tout caractère politique. La chronologie des événements et le rythme des enquêtes judiciaires en cours témoignent que la technique de la diversion judiciaire joue pleinement son rôle de « désorientateur ». En effet, depuis la mise en branle de la machine judiciaire, la question des chèques et du financement de l’UMP et de la campagne présidentielle de Sarkozy disparaît ou passe au dernier plan pour ne pas apparaître que les côtés accessoires de l’affaire Bettencourt comme l’île d’Arros aux Seychelles, la fraude et l’évasion fiscale d’une partie de la fortune de Liliane Bettencourt en Suisse, au Lichtenstein, en Uruguay. Ainsi, grâce à la technique de la diversion judiciaire, l’affaire Bettencourt s’est-elle métamorphosée en devenant une simple affaire de délinquance financière touchant des acteurs et des personnages de second rang dont le rôle consiste plus à brouiller les pistes qu’à faire éclater la « vérité ». Par exemple, on entend de plus en plus dans les médias des noms tels que François-Marie Banier le photographe accusé par la fille de la milliardaire d’avoir extorqué à sa mère un milliard d’euros, du gestionnaire de l’île Arros aux Seychelles, Carlos Vijarana, de Fabrice Goguel, l’ancien avocat fiscaliste de Madame Bettencourt ou du gestionnaire de la société Clymène, Patrice de Maistre. Désormais, quand les mass medias évoquent l’affaire Bettencourt, c’est pour parler des démêlés judiciaires de la milliardaire avec sa fille Françoise Bettencourt-Meyers. Sur Eric Woerth, sur Sarkozy, sur l’UMP et la campagne présidentielle de 2007, silence radio. Si ces enquêtes et ces gardes à vue sont désormais orientées dans le sens de l’évasion et de la fraude fiscale, c’est grâce à cette redoutable alchimie qu’est la technique de la diversion judiciaire qui a le mérite de laver les hommes politiques et leurs corrupteurs au dessus de tout soupçon et selon les règles de l’art.

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On ne peut pas terminer cet article sur l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy sans avoir une « pensée » bien particulière pour la « malheureuse » Florence Woerth, l’épouse du ministre du Travail qui a démissionné de la société Clymène, la gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt pour éviter les conflits d’intérêt. Après son départ précipité de la société Clymène, on aurait pu penser que Florence Woerth passe le clair de son temps à l’Assedic. Erreur. Aux dernières nouvelles, Florence Woerth a créé comme par hasard une écurie de chevaux de course après le vote d’une loi relative initiée par son mari et relative à la libéralisation des jeux de course en ligne. Ce n’est pas tout. Avec son écurie de chevaux de course, Florence Woerth cumule un autre « travail » en siégeant au Conseil de surveillance de la société Hermès, filiale du groupe LVMH, propriété d’un autre milliardaire, rival de la patronne de l’Oréal, Bernard Arnaut. Alors que son mari s’occupe de l’allongement de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, sa femme Florence Woerth n’aura aucun problème de retraite puisque elle est rémunérée sous forme de jetons de présence par le Conseil de surveillance de la société Hermès, filiale du groupe LVMH à hauteur de 400 000 euros par an. Un peu moins qu’en même que la collectrice des pièces jaunes et l’espoir du luxe français dans le monde, Madame Bernadette Chirac qui siège au conseil d’administration de LVMH et qui touche la coquette somme de 650 000 euros par an. Il va sans dire que Bernadette Chirac 77 ans et Florence Woerth 53 ans n’auront aucun souci pour leurs vieux jours et elles n’auront pas à moisir dans des maisons de retraite entre quatre murs, entre l’inspecteur Derrick et question pour champion. On pensait que les privilèges en France ont définitivement été abolis dans la nuit du 4 août 1789.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Retrouvez Faouzi Elmir sur son blog Le Bulletin de l’International

Illustrations : Galerie de FIFI




juil 13 2010

Pourquoi les communes fonctionnent mieux en Suisse qu’ailleurs

La Confédération suisse est répartie en trois niveaux: fédéral, cantonal, communal. La commune est la cellule fondamentale de cette structure fédéraliste. Elle est protégée juridiquement par la Constitution, en tant que communauté de citoyennes et citoyens. Du fait que chaque commune décide souverainement des objets qui la concernent, elle exprime son autonomie et exige ainsi une partie du pouvoir public qui lui revient en liaison avec le canton et la Confédération.

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Ce caractère irremplaçable d’autonomie communale, qui ne se met pas en concur­rence avec le canton, permet un échange constant de perspectives et d’actions politiques et doit son existence à la conception de la démocratie directe et de la souveraineté du peuple.

Les éléments fondamentaux du modèle helvétique

L’assemblée communale est, selon la loi, le rassemblement des citoyennes et citoyens détenteurs de droits politiques pour s’oc­cuper des affaires de la commune. Elle est le législatif aux larges compétences: elle surveille, en particulier, l’administration commu­nale. Elle est convoquée en tant que rassemblement public et élit le conseil communal qui est l’exécutif. Tout citoyen a le droit d’y participer et d’être élu. Cette forme d’organisation communale est toujours en vigueur, même dans des communes d’une certaine importance.

Dans les villes et les communes d’une certaine importance, les compétences de l’Assemblée communale sont confiées à un Parlement composé de représentants de la population élus en fonction de l’impor­tance des tendances et des partis politiques. Les charges politiques sont renouvelées périodiquement, l’Assemblée communale et le Parlement étant soumis à la démocratie directe, notamment au droit d’initiative et de référendum.

Ce droit permet d’imposer des votations afin de modifier des lois ou des décisions de la commune. Le fait qu’il y ait des listes de citoyens indépendantes des partis poli­tiques montre bien la richesse de la vie politique dans les communes. Un autre signe de l’excellente qualité de la démocratie helvétique vient du fait que dans certains cantons les étrangers ont le droit de participer à la vie politique communale. L’institution des rassemblements publics est si populaire dans certains cantons que même les votations cantonales se passent sur la place publique en présence de l’ensemble des citoyennes et citoyens (Landsgemeinde).

La commune comme fondement de la participation

Les 2700 communes suisses réunissent les citoyennes et citoyens détenant les droits ci­viques. Comme dans une montre aux mul­tiples mécanismes, ils font partie de la ri­chesse variée et harmonieuse du pays.

La commune offre à ses membres la possibilité de comprendre la culture politique et d’y participer activement. Cela a pour conséquence que les habitants du lieu comprennent mieux la culture politique et y participent plus facilement. De ce fait les populations sont en mesure d’agir de façon solidaire et avec une conscience aiguë de leur force et de leurs limites. Elles comprennent aussi mieux les événements lointains dans leurs changements et leurs risques. Alors qu’auparavant les populations ne pouvaient prendre con­science que des événements proches, ils sont aujourd’hui en mesure d’en saisir ce qui se passe au niveau mondial. Mais du même coup, la vie quotidienne prend de l’ampleur et il apparaît important de participer au niveau local, en prenant des responsabilités, ce qui permet d’éviter de se sentir inutile et impuissant.

L’exemple d’une commune vivante

Cadro, une commune resplendissante au Tessin, avec une économie saine et bénéficiant d’une bonne gestion devait être absorbée par Lugano en passe de se centraliser et de s’étendre. Les conséquences n’étaient pas que de nature politique, mais touchaient aussi les affaires publiques et le domaine institutionnel qui souffre du fait de la mondialisation économique; il y a donc une certaine confusion politique et éthique. Le canton du Tessin a décidé une nouvelle loi qui lui donne le droit de modifier la structure des communes en les fusionnant et ainsi d’en diminuer le nombre. Un des aspects les plus controversés de cette loi est le droit d’obliger une commune à fusionner, même si elle s’y oppose (fusion obligatoire). La loi offre une grande liberté d’action aux autorités en imposant des procédures obligatoires sans possibilité de recours. La population ne peut plus que se prononcer de façon consulta­tive et ne détient donc plus le pouvoir décisionnel.

Cadro refusa dès l’abord cette procédure de fusion avec Lugano, ordonnée par le canton. La population remit au gouvernement cantonal une pétition, déposa un recours auprès du Tribunal administratif cantonal et finalement une plainte auprès du Tribunal fédéral. Le résultat en fut éclatant. Malgré la liberté d’action octroyée à la nouvelle loi, le résultat de la votation de la commune dut être respecté. Les citoyens et citoyennes avaient clairement dit non, malgré une propagande soigneusement orchestrée par les partisans de la fusion et malgré l’annonce d’avantages fiscaux. La défense de l’autonomie de Cadro fut remarquable et démontra clairement comment les habitants ont pu sauver leur commune grâce aux instruments de la démocratie directe.

Fusionnement à tout prix – non merci!

Eros Ratti, ancien inspecteur des com­munes tessinoises, un spécialiste avéré en la matière, tire le bilan suivant: «Au contraire de ce qu’on pourrait penser, le nombre de com­munes suisses ne se réduit que très lentement. Les fusions ne sont pas encore très fréquentes au nord des Alpes, on en discute beaucoup, mais la démocratie suisse ne permet heureusement pas de tout mettre sens dessus dessous facilement.»

Bien au contraire, puisque dans le canton de Vaud, où l’on trouve comme au Tessin une grande quantité de petites communes, il existe une législation qui favorise particulièrement la coopération. On obtient ce résultat par le fédéralisme, sous forme d’associations et de regroupements entre les communes. L’autonomie et l’indépendance des com­munes sont respectées. En 1999, la tentative du gouvernement argovien de faciliter par la loi les fusions échoua lors d’une votation populaire. Cela grâce aux activités d’un mouvement de citoyens. Une réforme du même type échoua aussi dans le canton de Schaffhouse. On ne parle guère de fusions dans d’autres cantons, notamment à Zurich; et il n’y a pas de lois y relatives.

Eros Ratti déclare: «Préférer des fusions ne va pas de soi. Il y a actuellement presque 2700 communes en Suisse (beaucoup plus que dans d’autres Etats européens de même grandeur). En 1860, il y en avait 3211, chiffre stable dans les quatre-vingts années sui­vantes. La structure des com­munes en Suisse est finement répartie: quatre com­munes sur dix ont moins de 500 habitants, plus de la moitié moins de mille habitants et seulement 4% en comptent plus de 10 000. La mo­yenne suisse se situe à environ 2300 habitants par com­mune; c’est la plus petite en Europe. On estime que le nombre relativement important d’habitants dans les cantons de Zurich ou de Suisse centrale explique le désintérêt pour les fusions. En revanche, il y a plus de fusions dans le canton de Fribourg du fait que les communes sont plus petites: la moitié d’entre elles compte moins de 500 habitants.» Dans le petit canton de Glaris, deux Landsgemeinde, dont une extraordinaire, ont ramené les 25 communes à trois.

Eros Ratti énumère les avantages d’une petite commune: «Elle permet de présenter une grande diversité de projets et offre des prises de décisions très variées. Elle garantit l’engagement direct des citoyennes et citoyens dans l’administration des questions les touchant de près. Elle réduit considérablement la délégation des compétences de prises de décision dans les mains de quelques-uns. C’est important du fait de la tendance affirmée de l’administration à étendre la bureaucratie et à centraliser au détriment des citoyens.

De plus, on sait pertinemment que l’efficacité d’une institution ne dépend pas de sa grandeur, mais de son accueil humain. Dans les petites communes les relations sont plus faciles avec les institutions, de même que l’application de décisions concernant les besoins des gens. A cette encontre, dans les grandes communes une grande partie des gens sont réduits à l’état de spectateurs auxquels tout pouvoir est enlevé. Savoir coopérer intelligemment offre le respect des li­mites communales; dès lors qu’une idée ou un projet dépasse ces limites, cela devient un fait intercommunal.»

L’ancien conseiller fédéral Georges-André Chevallaz a trouvé les mots pour caracté­riser l’une des grandes vertus du peuple suisse: «un refus physique du pouvoir». En Suisse, le pouvoir se dilue dans les trois niveaux fédéraux et dans le système basé sur le référendum et l’initiative, le peuple se reportant toujours au bien général, gardé par la souveraineté du peuple.

Cette œuvre politique et culturelle contient la semence précieuse qui permet le développement d’une culture européenne variée. Elle est l’opposé d’une tentative de centralisation et d’unification de cette grande variété de cultures. Elle soutient cette tendance certes exigeante, mais plus satisfaisante et offrant plus de perspective qui respecte les diver­sités. Chevallaz estimait qu’une démocratie purement arithmétique pouvait mener au totalitarisme.

La commune, c’est notre culture

Une Suisse, porte-drapeau de la commune et de la coopération par son fédéralisme, vivant de façon conséquente la coopération jusque dans les moindres détails, peut stimuler cette jeune Europe, désunie et donc très fragile. Cette fragilité lui vient du fait qu’elle manque d’expérience pour résister aux tourmentes et qu’elle n’est pas établie assez solidement pour envisager une véri­table union, cela étant le résultat du fait qu’elle a été fondée principalement sur une base écono­mique.

Il faudra développer de grands efforts pour réintroduire la primauté de l’éthique et du sens civique pour tous.

Gian Marino, pour Horizons et Débats

Gian Marino Martinaglia est entrepreneur dans la branche de l’énergie solaire. Il est l’âme de la résistance civile de la commune tessinoise de Cadro et fondateur de sociétés destinées à renforcer le sens civique tant du point de vue cantonal que national.

juin 14 2010

Au Bouthan, l’immigration est incompatible avec le « Bonheur national brut »

Par Christian Bouchet

Enchâssé entre la Chine et l’Inde, de la taille de la Suisse mais dix fois moins peuplé, le royaume bouddhiste du Bhoutan est sans doute l’une des nations les plus surprenantes du monde. Longtemps dirigé par un monarque démocrate, qui imagina, il y a trente ans, le concept du “Bonheur national brut” et qui fit de la préservation de l’environnement une priorité nationale, ce pays a trois bêtes noires : l’immigration, le tourisme et la liberté religieuse.

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Tardivement rattaché à l’orbite britannique – le royaume ne signa un traité de protectorat avec la Grande-Bretagne qu’en 1907 – et totalement indépendant depuis 1949, le Bhoutan n’entre réellement dans l’histoire contemporaine qu’en 1972, avec l’accession au trône de Jigme Singye Wangchuck. Seulement âgé de 17 ans, le monarque engage alors son pays sur la voie du monde moderne. Cependant, il constate rapidement que l’exposition du Bhoutan aux idéologies politiques et aux valeurs démocratiques typiques des sociétés actuelles est source de dissensions. Il décide donc de pratiquer une politique de modernisation qualifiée de “voie de développement mesuré” et de relever le défi de la modernité en sauvegardant les valeurs et l’héritage culturel de son peuple.

En 1974, Jigme Singye Wangchuck imagine ainsi le concept du Bonheur national brut, un bonheur collectif qui repose sur quatre “piliers” : la préservation de la culture, celle de l’environnement, le développement durable et la bonne gouvernance.Mais le jeune roi prend vite conscience que la réalisation de ce Bonheur national brut n’est possible que dans une société ethniquement et culturellement homogène. Or le Bhoutan, peu peuplé, est une terre d’émigration pour nombre de Népalais hindouistes.

Le monarque va donc prendre un certain nombre de décrets. Le premier, intitulé “Une nation, un peuple”, décide que la nationalité s’acquiert selon le droit du sang. Il est édicté avec un effet rétroactif et a comme conséquence immédiate que 800 000 habitants du Bouthan (sur une population de 1,4 million) sont privés du jour au lendemain de leur citoyenneté. Mais ce n’est pas tout, d’autres décrets réduisent d’une manière très stricte la possibilité des touristes d’entrer dans le pays, imposent un strict dress-code (en public, seul le port de la tenue traditionnelle bhoutanaise est autorisé), interdisent la pratique d’une autre religion que le bouddhisme, ordonnent la fermeture des temples hindouistes et des missions, et décident que seule la langue dzonkha sera enseignée dans les écoles et pratiquée dans les administrations.

Il va sans dire que les émigrés Népalais, qui représentaient alors de 60 à 70 % de la population acceptèrent avec difficultés ces mesures et entreprirent de résister. L’armée fut chargée de ramener le calme, ce qu’elle fit sans état d’âme et nombre d’immigrés préférèrent alors rentrer au pays.

L’impossibilité d’échapper au monde

Ces problèmes réglés, le roi interdit totalement le commerce du tabac au Bhoutan, instaura des systèmes éducatif et de santé gratuits et mis en place une administration d’une qualité impressionnante au sein de laquelle la corruption n’existe pas, chose rarissime sous ces latitudes.

De plus, Jigme Singye Wangchuck, décida au tournant du millénaire que son pays était mûr pour la démocratie. Il rédigea lui-même la constitution remplaçant la monarchie autocratique par une monarchie parlementaire, la fit adopter et, en décembre 2006, abdiqua en faveur de son jeune fils, Jigme Khesar Namgyel Wangchuck, le chargeant de continuer son œuvre. C’est ce dernier qui organisa les premières législatives du Bhoutan en mars 2008, lors desquelles les électeurs plébiscitèrent le Parti vertueux, monarchiste, qui obtint 45 des 47

sièges à pourvoir. La presse internationale relata avec surprise que l’opinion publique ne voyait pas l’utilité de ces élections. “Tout marche si bien : pourquoi changer les choses ?” s’étonnaient les Bhoutanais interrogés par les journalistes.Tout va-t-il donc pour le mieux au Bhoutan ? Incontestablement. Du moins en apparence. Cela étant, chacun sait que le sel ronge toujours l’acier. De ce fait, le monde moderne mine, inexorablement, ce qui fait la spécificité du pays.

Ce n’est pas tant la création, ces dernières années, de groupes subversifs et anti-monarchistes comme le Parti communiste bhoutanais, l’Union des étudiants révolutionnaires bhoutanais ou le Parti du peuple bhoutanais, qui posent de réels problèmes. Les sources du danger sont plus perverses. La télévision, introduite en 1999, influe sur les mentalités et dresse les jeunes générations contre les anciennes. Pire, le grand vecteur du changement est le téléphone cellulaire, introduit en 2003. Les jeunes passent maintenant des heures à y jouer à des jeux vidéo ou à y surfer sur Internet, découvrant d’autres manières de vivre et de penser, au grand désespoir de leurs aînés. Le Bonheur national brut survivra-t-il à ces fléaux ? Certains Bhoutanais en doutent, et nombre d’entre eux souhaitent que l’actuel monarque fasse comme son père preuve de sévérité et qu’il soit à l’initiative de nouveaux décrets qui fermeraient le pays aux plus inutiles des inventions technologiques.

Christian Bouchet*, pour la revue FLASH

Publié en exclusivité sur Mecanopolisavec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction

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*Christian Bouchet est le fondateur du site voxnr

Reproduction libre avec indication des sources

mai 15 2010

Peuples d’Europe, soulevons-nous ! (communiqué)

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Constitution de 1793, Article XXXV

Rassemblement le 29 mai 2010 à 16 heures

devant l’Opéra Bastille à Paris

Les citoyens des diverses sensibilités de l’arc républicain, fidèles à la République et aux idéaux de la Révolution française, les gaullistes attachés à la souveraineté nationale, les communistes patriotes, internationalistes et refusant le mensonge de « l’Europe sociale », les socialistes fidèles à Jaurès, les syndicalistes désireux de défendre sans complaisance les acquis sociaux, se retrouveront à la Bastille dont l’image peut symboliser de nos jours, l’euro dictature à abattre.

Comité-Valmy

valmy

Ils diront à nouveau Non, catégoriquement non, à l’Union européenne qui enchaîne les peuples, broie les nations souveraines et les conquêtes sociales et Oui aux grands principes du CNR : indépendance nationale, antifascisme et antiracisme, progrès social, secteur public fort, laïcité, démocratie, coopération internationale.

Tout montre que ce rassemblement peut et doit marquer un tournant dans la renaissance républicaine de notre pays, aujourd’hui étranglé par les diktats de l’UE et de sa monnaie unique, par la félonie des milieux financiers prêts à casser leur pays pour accroître leurs profits, par un gouvernement d’autant plus agressif contre la nation et le monde du travail qu’il est sorti très affaibli des élections régionales.

D’une part, la crise de l’UE et de l’euro est patente ; elle menace l’Europe et le monde d’un nouveau krach financier. Elle se traduit dès aujourd’hui par un plan draconien de mise en tutelle de la Grèce, doublé d’un appauvrissement tragique des milieux populaires.

D’autre part, le gouvernement Fillon promet, de manière à peine voilée, une « purge » renforcée pour la France qui aura donc encore moins d’enseignants, de chercheurs, de personnel hospitalier, etc. Dans l’immédiat, un nouvel et grave affaiblissement des retraites par répartition est programmé et la casse de la fonction publique est accélérée.

En fait de « sortie de la crise » du capitalisme mondialisé, les politiques européennes doublées de la politique thatchérienne de rupture pratiquée par Sarkozy, promet à perpétuité des mesures qui appauvrissent le travailleur, ouvriers, employés et ingénieurs, mais aussi paysans, artisans, PME et professions libérales. Pire, par une fuite en avant typique de la « construction européenne », Merkel et Sarkozy s’orientent vers la mise en place d’un « gouvernement économique » qui signifie la mise en tutelle complète de notre pays.

Or il n’y a pas de solution du côté du PS : il n’est que de voir comment se comportent Zapatero en Espagne et Papandréou (président de l’Internationale socialiste) en Grèce, sous le haut parrainage du « socialiste » français D. Strauss-Kahn, pour voir que les partis sociaux-démocrates ne sont que l’aile gauche du programme néolibéral de désintégration des nations d’Europe.

C’est pourquoi, sauf à abandonner notre peuple au désespoir et de laisser le champ libre à la démagogie de l’extrême droite, il est pertinent que se dessine comme le propose l’ARP, une démarche politique nouvelle. Celle-ci est en concordance avec la prise de conscience du peuple de France et des autres peuples d’Europe. Elle ouvre la voie à une démarche de rassemblement populaire. Ce rassemblement est destiné à devenir majoritaire car il se construit, pas à pas, sur des bases clairement anti-Maastricht, patriotiques, républicaines, antifascistes, et de progrès social qui sont celles aujourd’hui, du monde du travail.

Le 29 mai, tout républicain conscient, responsable et disponible pourra en y participant, contribuer à assurer le succès du rassemblement ainsi qu’à lancer la dynamique unitaire de reconquête républicaine, démocratique et sociale qui s’amorce. Les manifestants représenteront les 55% de Français qui ont dit non en 2005 et qui exprimaient la souveraineté populaire trahie en 2008 par des parlementaires félons.

Comité-Valmy

Rassemblement le 29 mai 2010 à 16 heures

devant l’Opéra Bastille à Paris


mar 14 2010

Le Temps des Biomaîtres (vidéos)

Nos dirigeants ont prévu de rendre la biométrie omniprésente dans les années qui viennent. Elle est déjà utilisée dans les entreprises, les prisons, les transports, les écoles, pour les cartes d’identité et les passeports. Une prochaine étape sera de l’utiliser pour les paiements électroniques, dans les magasins ou chez soi, pour les achats effectués sur Internet, et plus généralement pour tout ce qui nécessite une identification.

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Notre identité sera alors réduite à un corps scanné et utilisé comme un objet, marchandise parmi d’autres.

L’envahissement de nos vies par la biométrie est le résultat du « sécuritarisme » et de l’instrumentalisation de la peur afin de nous entrainer vers un type de société qui n’a plus rien à voir avec une démocratie.

La biométrie a aussi pour but d’augmenter les profits des multinationales de l’armement, comme Thales et Sagem. En quête de nouveaux débouchés depuis la fin de la guerre froide, ces entreprises ont trouvé un nouveau filon très lucratif avec la sécurité intérieure, en faisant acheter aux gouvernements des technologies pour contrôler et traquer ses citoyens, avec la biométrie, la vidéosurveillance, les logiciels d’identification et de surveillance des foules, les radars pour la répression routière, les armes « non létales », etc.

Voici un très bon documentaire d’Arte sur le sujet, « Le Temps des Biomaîtres »…

Envoyé par MecanoBlog

Source : SytiNet


Le Temps des Biomaîtres 1


Le Temps des Biomaitres 2


Le Temps des Biomaitres 3

mar 03 2010

Manuel de survie en garde à vue

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Ce manuel est à mettre entre toutes les mains, tant il est vrai que la garde à vue fait partie de la culture policière française.

Son but est de donner corps à une généralisation du silence, à l’extension la plus universelle possible du sabotage du travail policier.

«Coupable» ou pas, là n’est pas la question : la mise à l’amende et l’enfermement, nous ne les souhaitons à personne.

Voici le manuel en format en format A4 et en brochure (pages impaires = recto, paires = verso).

fév 25 2010

Herman van Rompuy tancé par le député européen Nigel Farage (vidéo)

Le chef de file des députés du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) au Parlement européen, Nigel Farage, a créé l’évènement mercredi en s’adressant sans concession au président de l’UE Herman Van Rompuy, nommé à ce poste par l’intercession du groupe Bilderberg, à l’occasion de sa première apparition devant les eurodéputés.

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Intervention de Niger Farage : « Je ne veux pas être impoli, mais vraiment, vous avez le charisme d’une serpillière humide et l’aspect d’un petit guichetier de banque! La question que je veux poser… Qui êtes-vous ? Je n’avais jamais entendu parler de vous! On n’a jamais entendu parler de vous! Personne en Europe n’avait jamais entendu parler de vous. Je veux vous poser une question Président, qui a voté pour vous ? Et quel mécanisme (vous a fait élire ?). La démocratie n’est pas populaire avec vous… Les peuples d’Europe doivent vous démettre de votre poste. Est-ce que c’est ça la démocratie européenne ? Je sens que vous êtes compétent, capable et dangereux. Je n’ai aucun doute sur le fait que votre intention est d’être l’assassin de la démocratie européenne et de toutes les nations européennes. Vous ne savez pas ce qu’est un pays uni car vous venez de Belgique, qui est plutôt un non-pays. Mais depuis que vous êtes là, on a vu la Grèce réduite à devenir rien de plus qu’un protectorat. Monsieur, vous n’êtes pas légitime à ce poste. Je peux dire avec confiance que je parle au nom de la majorité du peuple anglais: On ne vous connaît pas, On ne vous veut pas. Plus tôt vous partirez mieux cela sera. » (Traduction : Pierre Jovanovic)



Sur le même sujet, lire également Le plan secret du Président du Conseil européen Herman van Rompuy

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fév 04 2010

Qu’en est-il de la souveraineté de l’Europe ?

Par Eberhard Hamer, Allemagne

Depuis que le traité de Lisbonne est entré en vigueur, la plupart des droits souverains des 27 nations autonomes d’autrefois ont été légués au commissariat politique de Bruxelles. Le traité décide qu’il n’y a plus ni nation ni citoyen d’une nation, mais seulement l’Europe et les citoyens européens. Nous croyions que ce serait un progrès en direction de la liberté, de la démocratie et de la sécurité.

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Déjà un jour avant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne les Etats réunis dans l’UE ont dû décider, moyennant l’aide active du ministre allemand de l’Intérieur de Maizière, une convention sous le diktat des Etats-Unis qui assure aux USA l’accès libre aux données bancaires du service financier européen Swift. Washington avait réglé cela avec le président de la Commission Barroso. On avait contourné le Parlement européen un jour avant qu’il ne soit responsable et on lui avait refusé le droit de participation. Le service de Swift siège en Belgique et mène tous les jours quelque 15 millions de transactions financières entre 8300 banques mondialement. Par l’assujettissement de l’UE sous l’autorité américaine, tous les flux financiers de l’Europe sont contrôlés par la CIA et les autres services secrets américains et israéliens. Il y a eu des politiciens en Europe qui, à bon droit, ont désigné Barroso comme «aide-manœuvre des Etats-Unis», contraire à toute protection europé­enne des données informatiques. Depuis, les Américains ont tout accès non seulement aux données qui existent quand il y a des versements financiers par exemple de l’Allemagne vers outre-mer, la Chine ou l’Amérique du Sud, mais à tous les versements qui se font à l’intérieur de l’Allemagne, par exemple de Hambourg vers Cologne ou à l’intérieur de Hambourg. Pendant 5 ans les données des citoyens intègres devront être mémorisées – bien sûr aux frais des banques et de leurs clients.

Les contrôleurs de l’utilisation des données informatiques ont averti le gouvernement fédéral, et surtout le ministre de l’Intérieur, du danger de soutenir une telle décision en faveur de l’assujettissement de l’UE sous le diktat des USA, contraire aux lois dans le domaine de la protection des données informatiques. Le ministre de l’Intérieur, certes, n’a pas donné son aval, mais par son abstention il a volontairement permis l’accès aux données.

A quoi sert la protection de la vie privée en Allemagne lorsque, de par l’UE, le gouvernement américain et ses réseaux d’agents ­peuvent disposer librement de nos données financières ? On justifie tout cela par la lutte contre le terrorisme – comme si les USA devaient toujours impliquer leurs Etats satellites pour profiter de leur argent, de leurs services ou d’autres valeurs matérielles.

La soi-disant lutte contre le terrorisme a été également la raison pour laquelle l’Allemagne a été impliquée, son argent et ses soldats inclus, à la guerre en Afghanistan mise en scène par les lobbies américains de l’armement, de la drogue et du pétrole. Pendant longtemps on nous a rabâché des mensonges sur cette intervention en faveur de la paix présumée. C’est seulement le nouveau ministre de la Défense qui a dit la vérité, choquant ainsi tous les partis politiques, inclus les sociaux-démocrates et les Verts, qui avaient accepté la guerre, et il vient de déclencher un débat sur la question de savoir si la Loi fondamentale permet vraiment de faire une guerre allemande, surtout là où nous n’avons rien à faire et où nos intérêts ne sont pas touchés.

Sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, il y a des règlements de plus en plus sévères pour les voyages aux USA. Jusqu’ici déjà, les compagnies aériennes devaient avoir annoncé toutes les données privées de leurs clients avant leur arrivée aux Etats-Unis pour qu’on ait pu contrôler les voyageurs. Maintenant ce contrôle total ne suffit soudainement plus, il faut que les voyageurs soient contrôlés dans les aéroports de partance par des scanners qui les mettent à nu. Une autre gradation serait de mettre ces photos des personnes nues à disposition des Etats-Unis et des bureaux des services secrets du CIA et autres.

Le ministre allemand de l’Intérieur de Maizière et son ami politique Bosbach ont déjà donné leur aval ainsi que l’aval de leur gouvernement pour de tels «body scanner» contraires à la Loi fondamentale qui violent la sphère intime des voyageurs. Ils veulent aussi surmonter la résistance des Libéraux contre cette violation des droits humains. C’est étonnant que, dans les média allemands, il n’y ait pas de cris d’indignation contre cela – il semble qu’ils sont tous déjà mis au pas.

L’auteur fait partie d’une génération qui a toujours considéré et défendu, après la dictature pendant la dernière Guerre mondiale, la liberté personnelle et la démocratie comme acquis politiques les plus précieux de notre siècle. Maintenant nous devons reconnaître que :

• Notre peuple allemand pour lequel nous nous engagions n’existe plus, mais qu’il n’y a plus qu’une population multicolore en Allemagne.

• Il n’y a plus de nation allemande ni de patrie allemande. La fin de toutes les deux a été consacrée par le traité de Lisbonne. On les a converties en une «citoyenneté européenne» ou quelque chose du genre.

• Il y a en revanche une diminution de la participation politique des citoyens au sens de la démocratie par la concentration et par des nouvelles structures hiérarchiques (UE). 60 % des Parlements municipaux existant il y a 20 ans, ont été supprimés par la concentration, la participation des citoyens est devenue de plus en plus indirecte, de plus en plus faible, de plus en plus contraire à la démocratie. Maintenant on gouverne le tout du haut vers le bas, et non inversement, du bas vers le haut.

• C’est aussi au sens économique que nous avons perdu la plus grande partie de la liberté. Ce ne sont pas seulement des douzaines de bureaux qui prescrivent à tous les entrepreneurs ce qu’ils doivent faire. L’entrepreneur doit aussi renoncer à 60 % de ce qu’il a gagné, de sorte que pour de nombreux employés il est plus rentable d’obtenir une allocation sociale que de vivre de leurs propres moyens.

Les trois exemples cités montrent comment on intervient au détriment de notre liberté, de notre intégrité et de nos droits humains, parce que «le grand frère de l’autre côté de l’océan» le veut ainsi. Nous menons une guerre contraire à la Loi fondamentale, sous le commandement des Etats-Unis, nous acceptons que toutes nos télécommunications soient contrôlées par la CIA (système Echelon), nous devons accepter que tous nos versements soient scrutés par des agents américains (Swift) et à l’avenir, nous devrons nous présenter tout nus aux autorités américaines.

Nos politiciens ne devront pas s’étonner s’il y a des réactions dramatiques de la part de la population trompée, dès que celle-ci réalisera finalement les violations actuelles de la Loi fondamentale, des lois de protection des données et des droits privées.

Eberhard Hamer

Eberhard Hamer est un économiste et essayiste allemand. Selon lui, le systèmes des banques centrales du type de la Réserve Fédérale ont été, sont et seront incapable structurellement de gérer une crise économique. « La Réserve Fédérale est une banque privée en mains des deux plus puissants groupes de la haute finance qui en abusent à leur profit en provoquant une surabondance de masse monétaire en dollar« , écrit Hamer dans l’un de ses articles. « La bulle spéculative qui en résulte doit se résorber soit par la faillite des grandes banques soit par une inflation grandissante des prix des biens« . Hamer prétend encore que « la crise économique commencée en 2008 est prétexte pour les 2 groupes dominants de la haute finance pour procéder à une concentration bancaire ».

Traduction : Horizons et débats


jan 29 2010

Pour la presse européenne, la « loi française sur la burqa » est islamophobe

Avec une loi qui interdirait le voile islamique intégral, la France voudrait démontrer qu’elle préserve sa tradition laïque. Mais pour beaucoup de journaux, elle apparaît ainsi de moins en moins tolérante envers sa minorité musulmane. Réglementer l’accès aux services publics est une chose, légiférer sur la tenue vestimentaire arborée sur la voie publique en est une autre. Revue de presse européenne.

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C’est un vrai problème qu’explicite la Süddeutsche Zeitung : « Interdire la Burqa, c’est échapper au problème (…) Mieux vaudrait répondre à la question fondamentale de savoir dans quelle mesure on a le droit de vivre selon ses traditions et ses règles religieuses. Au cous de siècles précédents, c’est au christianisme que les sociétés occidentales se confrontaient. Aujourd’hui, c’est de plus en plus l’islam qui prend le relais »

A l’enseigne de « l’impossible interdiction », le site Presseurop a décortiqué pas mal de journaux européens sur ce sujet chaud. Par exemple Libération, quotidien pour lequel à la contrainte, la majorité parlementaire « a tenu à ajouter l’humiliation publique. Pour ces paranoïaques de l’identité française, il faut donc que ces femmes, pourtant plus victimes que coupables, soit arrêtées sur la voie publique et verbalisées ». Cette « exaltations prohibitrice » a quelques chose d’irrationnel et d’inquiétant ».

En attendant, « on y voit toujours pas très clair sur l’aboutissement ou non, réglementaire ou non, de ces discussions », commente La Libre Belgique. Car, note le quotidien, « réglementer les conditions d’accès aux services publics est une chose. Mais légiférer sur la tenue vestimentaire arborée sur la voix publique en est une autre ». Et le risque existe pour le législateur d’être retoqué par le Conseil constitutionnel ou la Cour européenne des des droits de l’homme.

Le quotidien danois Politiken estime pour sa part que la « meilleure manière de faire se propager la burqa et le niqab est de les « présenter comme des problèmes ». Ils deviennent ainsi des symboles – non pas de la soumission de la femme – mais de protestation et de défi.

Le Times de Londres confirme que la « burqa n’es pas une cape d’invisibilité. Toute personne la portant signale qu’elle souhaite rester hors de la société. Pour autant, personne ne souhaite voir la police arracher les voiles des femmes dans la rue. Les Français sont allés trop loin ».

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