jan 15 2010

Quand l’ignorance est coupable et collective

Les manuels de morale distinguent trois types d’ignorance : l’ignorance invincible, l’ignorance crasse ou stupide, et l’ignorance affectée. La première est de celui qui manque de connaissance et est dans l’impossibilité de savoir. La seconde est de celui qui peut savoir et comprendre, mais ne fait aucun effort. La troisième est de celui qui connaît la vérité et fait semblant de ne pas la connaître. C’est celle des autorités politiques, religieuses, économiques, sociales, sanitaires, etc., et de tous les citoyens qui trouvent un intérêt matériel à garder un petit doigt dans le rouage du mensonge collectif. Il s’agit d’une complicité individuelle et d’une culpabilité collective.

noodle

Aujourd’hui, les preuves d’une manipulation dans les domaines économiques, financiers, religieux, climatiques, sanitaires, etc., s’accumulent et même ceux qui sont d’une ignorance invincible pressentent que le mensonge est universel. Pour transformer des pressentiments en une certitude, il est possible que la Providence impose de nombreux couacs à cette élite auto-proclamée dans l’exécution de son agenda [dont Copenhague]. Malgré cela, les choses iront d’une manière inexorable jusqu’au dénouement et au châtiment divin dont les événements actuels sont les signes prémonitoires et prophétiquement incontournables.

Ce n’est pas la première fois que le péché d’aveuglement des hommes tend à devenir collectif et individuel, suite à un refus de voir individuellement et collectivement. Cette complicité dans le mensonge et dans le crime contre la vérité rappelle ce mot de Joseph de Maistre, commentant l’assassinat du roi Louis XVI : « C’est un crime contre la souveraineté et jamais crime n’aura eu autant de complices. Chaque goutte de sang de Louis XVI coûtera la mort de milliers de Français » (Considérations sur la France).

Une trahison à tous les niveaux…

Dans une chronique de France Inter du 7 décembre 2009, intitulée Copenhague, espoirs et inquiétudes, Bernard Guetta concluait : « Copenhague est le premier signe d’amorce d’une gouvernance mondiale… ». Dans le prolongement de l’encyclique de Benoît XVI Caritas in veritate appelant « une véritable Autorité politique mondiale », un ecclésiastique catholique danois justifiait la décision prise par ses supérieurs d’ordonner de faire sonner les cloches des églises du pays afin de « sacraliser cet événement » [Copenhague] ! Le quotidien danois Jyllands-Posten a vertement critiqué cette « attitude de l’Eglise catholique qui consiste à présent à sacraliser l’opinion prédominante2 parmi les experts du climat. C’est un pas vers le terrorisme de la pensée ». Un terrorisme subi par certains de nos lecteurs, éminents scientifiques sanctionnés dans leur carrière pour avoir refusé : de cautionner la fable du réchauffement climatique par l’activité humaine, et d’apposer leur signature au rapport du trop fameux GIEC (groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Par conséquent, entendre des ministres d’Etat affirmer qu’ils vont tout faire pour imposer le plan génocidaire du cartel synarchiste à Copenhague au motif qu’il est cautionné par la majorité des scientifiques, est nécessairement l’expression d’une grave déficience mentale et/ou un jeu politique à court terme consistant à focaliser l’attention du public ailleurs que sur la crise FABRIQUEE par des banquiers synarchistes. Ces politiciens si peu soucieux du bien commun et si malléables, si aveuglés par leur train de vie et leur adhésion à de multiples réseaux plus ou moins mafieux, ne sont les pas les seuls responsables du drame qui se joue. De Washington à Bruxelles, tous les acteurs clés sont en place pour étiqueter officiellement le dioxyde de carbone comme un polluant majeur, un gaz à effet de serre significatif, et imposer une « taxe carbone ». Ce, au moment même où les preuves s’amoncellent d’un spectaculaire changement du temps vers un climat plus froid ! Il leur faut donc aller vite afin que les mesures prises par les instances supranationales coïncident avec la phase II de la crise sanitaire, celle qui doit nous mener inéluctablement à la PESTE et au génocide de plusieurs centaines de millions d’hommes.

S’agissant de la situation financière et économique, chaque jour désormais, s’amoncellent des nouvelles confirmant une future catastrophe aux conséquences bien plus douloureuses que la vague des subprimes.

Les entreprises débauchent afin de gagner des marges bénéficiaires, mais les chiffres d’affaires ne sont plus au rendez-vous. Quant aux licenciés, ils ne tireront pas la consommation de 2010 vers le haut !

Quant aux Etats, ils filent vers la banqueroute, car il n’y a pas de frein à l’endettement et la phase II est devenue inéluctable4. A ce jour, les emprunts nationaux ne sont que des subterfuges d’agenda politique pour éviter d’être là le jour de la visite de l’huissier du FMI et de la Banque mondiale, lorsque les créanciers des Etats demanderont leur argent5.

Genèse de Copenhague… et du gros canular génocidaire

Récemment, Dennis Meadows, l’expert en ingénierie sociale du MIT, a publiquement avoué que l’un des objectifs de la fraude du réchauffement climatique était de réduire la population mondiale à 2 milliards d’individus. Cela dit, voyons maintenant la genèse de cette affaire Copenhague, de décembre 2009.

Roger Revelle, océanographe, a servi dans la Navy pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il devient directeur du Scripps Oceanographic Institute à La Jolla, à San Diego, en Californie. Il voit alors l’opportunité d’obtenir un financement important de la Navy pour faire des mesures et des recherches en mer dans les atolls du Pacifique où l’armée américaine réalisait des tests de bombe atomique. Il engage Hans

Suess, un chimiste renommé de l’université de Chicago qui était très intéressé par les traces de carbone dans l’environnement par suite de la combustion des carburants fossiles. En 1957, pour obtenir des fonds et financer leurs études, tous deux rédigent un article où ils émettent la possibilité que le dioxyde de carbone puisse créer un effet de serre et provoquer un échauffement atmosphérique. Les fonds versés par

les fondations du cartel bancaire permettent à Roger Revelle d’engager David Keeling, un géochimiste qui va l’aider à concevoir un moyen pour mesurer le contenu atmosphérique de dioxyde de carbone. Dès 1960, David Keeling publie son premier article montrant l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère et associant l’augmentation à la combustion des carburants fossiles. Grâce à cela, les leaders occultes du mondialisme utilisèrent ces articles de recherche pour en faire le socle de la science du réchauffement global, même s’ils n’apportaient pas la preuve que le dioxyde de carbone était effectivement un gaz à effet de serre. En outre, ils n’expliquaient pas comment ce gaz à l’état de traces, seulement une minuscule fraction de l’atmosphère, pouvait avoir un impact significatif sur les températures.

LIESI rappelle que cette affaire survient au moment même où les banquiers internationaux financent l’émergence d’un mouvement environnementaliste appelé à triompher aujourd’hui, et que les marionnettes qui nous gouvernent cherchent à imposer comme un dogme de la future religion universelle. L’un des soutiens de ce mouvement n’est autre que Gorbatchev, agent KGBiste formé au plan Andropov visant à l’effondrement de l’Europe de l’Ouest. La montée du député vert européen Cohn Bendit (ce caméléon politique, hydre à mille têtes, néo-libéral de gauche), adulé par les médias, pourrait alors prendre tout son sens dans la dernière… et ultime étape !

Clôturons cette note par cet extrait de la Revue du monde catholique du 15 avril 1907, si actuelle : « La France paraît un pays tombé entre les mains d’une bande d’ignorants et de malfaiteurs qui prennent les idées aux retours du bon sens, et les intérêts en opposition à toute probité. Des gouvernements, dans le sens de gouverner, il n’en est pas question ; de patriotisme, pas davantage. La bande d’étourneaux picoreurs se presse autour de l’assiette au beurre ; ils se pressent à qui en aura meilleure part : il n’existe plus, pour ces volatiles, d’autre question ».

Extrait du Bimensuel LIESI N°197

jan 05 2010

Le Débat Public sur les nanotechnologies adémocratique

teilFace aux inquiétudes des citoyens français quant aux conséquences nocives du développement massif des nanotechnologies, le gouvernement français, en accord avec le Grenelle de l’environnement a décidé d’organiser un grand débat public sur les nanotechnologies. Ce débat, initié le 15 Octobre à Strasbourg, se terminera le 23 février 2010 à Paris. Au programme, 17 villes françaises accueilleront cette consultation populaire censée ouvrir la voie à un examen démocratique et indépendant. Mais, le cadre de cette analyse de l’opinion publique, ne semble pas être aussi impartial que le prétend la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). Le collectif grenoblois Pièces et Main d’Oeuvre (1) et des citoyens appellent au boycott du débat en avançant de nombreux arguments. Parmi ceux-ci, ils reprochent au gouvernement d’avoir dores et déjà pris les décisions relatives au développement des nanotechnologies en France. Dans cette perspective et, afin d’en dénoncer l’imposture, le collectif Pièces et Mains d’Oeuvre a mis en ligne un site alternatif à celui du débat public : « Aujourd’hui le Nanomonde », éponyme de leur dernier ouvrage. (2)

1. Historique du débat public faussé et Nucléaire.

A la demande de huit ministères dont celui de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, la Commission particulière des débats publics (CPDP) a fait appel à I & E Consultants pour porter le sujet des nanotechnologies à la connaissance des Français et leur demander leur avis. (3) Cette agence de relations publiques a déjà organisé plusieurs débats publics dont ceux portants sur l’EPR (le réacteur nucléaire de troisième génération). Ces débats avaient débutés en septembre 2005 alors que la décision concernant le réacteur ITER (fusion nucléaire, construction annoncée à Cadarache, Bouches-du-Rhône)  avait été signée par la France avec ses partenaires étrangers (USA, Russie, Chine, Japon, Corée) le 25 juin 2005. De la même manière, le réacteur EPR (fission nucléaire), dont la construction était annoncée à Flamanville dans la Manche avait été votée le 13 juillet 2005 par les parlementaires.(4) Le débat public était donc un événement qui intervenait après les prises de décisions officielles.

Patrick Legrand, alors président de France Nature Environnement (FNE) avait été chargé de présider le débat. Le jeudi 26 janvier 2006 se tenait à Aix-en-Provence, la séance d’ouverture du débat public sur ITER. En analogie avec le présent débat sur les nanotechnologies, une centaine de manifestants ont dénoncé un débat public qui intervenait après les prises de décisions puis en avaient empêché la tenue.

Suite à cet incident, il fut décidé de ne plus organiser de débat dans les universités, la seconde étape du débat eut donc lieu dans un centre EDF. Et, la police « filtrait » les participants à l’entrée. Ainsi, le président de la Ligue des Droits de L’homme (LDH) de Haute Provence, François Sueur, s’était vu refuser l’entrée par les forces policières. (5) Cela n’empêcha pas Patrick Legrand de déclarer plus tard dans un communiqué AFP daté du 7 mars 2006 :

« Le débat engagé autour du projet ITER n’a pas fait apparaître une opposition structurée à ce centre international de recherche sur la fusion nucléaire, a estimé mardi Patrick Legrand, président de la commission du débat public sur ITER. « Moi, je n’ai pas entendu grand chose. Il n’y a pas de mouvement constitué, ouvertement hostile à ITER », a indiqué M. Legrand, ancien président de la fédération écologiste France Nature Environnement, en attribuant les tensions ayant entouré l’ouverture du débat à quelques individualités. » (6) Le principe de démocratie, cher aux organisateurs du débat avait donc été largement mis en doute par plusieurs événements et, malgré les interventions critiques de citoyens, la censure l’emporta.

2. Veille de l’opinion et stratégies industrielles.

Pour l’occasion du débat public sur les nanotechnologies, I & E Consultants s’est cette fois associée à l’agence S-Cape Evénements pour monter, d’octobre 2009 à février 2010, une vingtaine de réunions en France réunissant experts, grand public et associations.(7) I & E Consultants a eu de nombreux clients : Agence de la biomédecine, Assurance maladie, Banque du Luxembourg, Boeing, Coca-Cola, Collective de la Pomme de terre, EDF, Motorola, mais aussi les géants Sanofi Aventis et Pfizer. (8)

« Depuis deux ans, nous avons entrepris, avec I&E, de développer notre communication corporate auprès des leaders d’opinion »,expliquait le docteur Sylvia Cukier, responsable des relations médias et associations chez Pfizer en 2003. I&E Consultants se présente comme une agence « aidant les entreprises à optimiser leurs relations avec les publics utiles dans le cadre de leur stratégie d’image et de valorisation de leurs marques ». (9) Alors que le débat public nous est présenté comme étant indépendant et démocratique, son prestataire direct n’est autre qu’une agence de relations publiques qui travaille parallèlement pour des entreprises liées aux nanotechnologies.

Mais I&E Consultants est aussi le titulaire d’un marché dont l’appel d’offres, émanant de deux ministères, avait fait le tour des agences de relations publiques, attisant la controverse. Son cahier des clauses particulières, alors publié sur des sites d’information (10), désignait ouvertement l’objet de l’offre : Une « Veille de l’opinion ». Les objectifs eux aussi, y étaient explicitement décrits : « Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents). Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion. Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau. Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation. Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles). Suivre les informations signifiantes dans le temps. Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.). Rapprocher ces informations et les interpréter. Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise et préconiser en conséquence » (11)

Les ministères de l’Education Nationale (MEN) et celui de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR), avaient retenus I&E pour mettre en place cette veille comme le révèle l’article de Vincent Delfau publié le 12 novembre 2008 par le site internet « le monde informatique » (12)

3. Contestations à Toulouse

Le débat du 20 octobre à Toulouse a fait parler de lui : Des individus ont déversés de l’ammoniaque après une intervention improvisée et un discours. Cet acte de contestation, invitait par la contrainte tous les participants à quitter la salle du débat. Cette action attribuée plus tard par les policiers présents à l’extrême gauche a permis à la Dépêche du Midi de sous-titrer son article relatant la soirée par « l’ultra-gauche suspectée ». (13) Pourtant, seuls trois individus, dont deux à l’origine du déversement d’ammoniaque, prirent la parole spontanément lors de l’ouverture du débat. Ils ne revendiquèrent aucunement l’appartenance à un courant ou un groupe politique, ni même associatif. Après l’évacuation forcée de la salle, il fut possible de la réinvestir et le débat commença. Rose Fraysinnet, membre des Amis de la Terre Toulouse (14), a indiqué que la nanomédecine, premier thème du débat, était le « cheval de Troie » des nanotechnologies alors qu’elle ne représente que 2% du secteur, faisant ainsi oublier que déjà plus de 800 produits de consommation en contiennent (alimentaire, soin du corps, lessives, pneumatiques, etc.) (15). Elle conclut en invitant les participants à exiger un moratoire sur les nanotechnologies. « Il n’est pas responsable d’arrêter la recherche », lui a répondu Christophe Vieu (CNRS/LAAS) : « La recherche, c’est la connaissance, et la refuser, c’est ouvrir la porte à l’ignorance, et donc aux dérives et aux manipulations ». Face à la rhétorique des intervenants du débat, s’opposèrent les faits, dont la plupart sont connus. Ainsi il serait irresponsable pour Mr Vieu d’arrêter la recherche, ouvrant la porte à l’ignorance alors que le principe même d’ignorance est ce qui est reproché à des industries qui s’empressent de développer une technologie dont ils ne peuvent aucunement mesurer les conséquences nuisibles. Les faits parlent d’eux-mêmes lorsqu’un citoyen révèle que les assurances n’acceptent plus d’assurer les fabricants de nanotubes de carbone, ce que Jean Bergougnoux, président du débat reconnaît péniblement. Car, c’est précisément ce genre d’arguments qui se devraient de motiver un moratoire, et l’arrêt de la recherche comme le souhaite le collectif pièces et mains d’œuvres. En outre, Christophe Vieu n’a pas mentionné sa participation au séminaire « NBI to life » organisé par la Chambre de Commerce France Israël (CCFI) les 19 et 20 Janvier 2009 à Toulouse. Ce séminaire avait pour objet le renforcement des relations académiques, industrielles et économiques entre la région Midi-Pyrénées et l’Etat d’Israël. Il fut organisé avec le support du conseil régional, de la Mairie de Toulouse, de la Communauté d’agglomération du Grand Toulouse et de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse. C’est donc après la session portant sur les nanotechnologies que Christophe Vieu est intervenu pour dresser un « panorama des activités de formation et de recherche Nanobiotechnologies » en Midi-Pyrénées, suivi par son homologue Israélien le Professeur Uri Sivan (Président du Russel Berri Nanotechnology Institut du Technion) qui en fit de même pour Israël. Encore une preuve de l’impartialité des animateurs du débat. (16)

Après l’incident, le président du débat Jean Bergougnoux, ancien directeur général d’EDF (17), s’est employé à décrédibiliser les interventions spontanées des opposants au débat. Il leur reprocha de ne pas adhérer au principe de démocratie. Cet argument, déplacé de la part d’un président censé être neutre, est plus que discutable. Il aurait été utile de préciser que Jean Bergougnoux n’est pas en mesure de donner une leçon de démocratie. Son parcours au sein d’EDF est remarquable, il y officie pendant 24 ans jusqu’à devenir directeur général de 1987 à 1994. C’est en 1994 que Dominique Strauss Kahn (DSK), signe un contrat avec EDF qui met en évidence les liens entre un ancien ministre de l’économie et le lobby nucléaire. La Cour des comptes a même sévèrement critiqué DSK pour les honoraires de consultant qu’il a perçus d’EDF entre 1994 et 1996 (1,5 millions de francs). La Cour a souligné « l’insuffisance des termes du contrat d’origine, qui ne donne aucune indication sur le contenu de la prestation assurée ». Mais c’est aussi cette année-là que Gilles Ménage succède à Jean Bergougnoux. Ce dernier devenant son second est amené à signer le contrat de « conseil en relations internationales » pour 30 000 francs par mois avec Dominique Strauss-Kahn. « DSK vient passer deux ou trois heures avec moi tous les quinze jours pour des discussions de stratégie d’entreprise et pour préparer des missions à l’étranger », précise alors Gilles Ménage. Des missions pour le moins suspectes qui, en réalité, consistent à obtenir de nouveaux marchés pour EDF dans divers pays, et surtout à convaincre l’Allemagne de l’importance du développement conjoint de l’ETR auquel les Verts allemands sont alors de farouches opposants. (18)

4. Idéologies et Dogmes

L’intervention des personnes hostiles à la tenue du débat fut une occasion pour Jean Bergougnoux de les reléguer au rôle d’individus investis d’une idéologie technophobe. Pourtant, face au développement d’une technologie dont les conséquences sont largement méconnues, les opposants n’ont souhaité que la mise en place d’un principe de précaution et l’arrêt de la recherche, ce qui inclut la fermeture, du moins provisoire, de Minatec. En ce qui concerne le refus du débat, seul son caractère adémocratique et son avènement après les prises de décisions furent évoqués. On ne peut pas dire de ces constats qu’ils participent à un processus démocratique. D’autre part, Jean Bergougnoux fit l’impasse sur une autre idéologie, bien réelle quant à elle.

Le CEA-Grenoble reçoit chaque année au « Minatec Crossroad », des personnalités influentes du secteur des nanotechnologies. En 2008 les invités comptaient parmi eux l’américain Mihaïl Roco, « Senior Advisor Nanotechnology » à la National Science Foundation (NSF) et fondateur de la National Nanotechnology Initiative (NNI). Mihaïl Roco n’est pas seulement l’homme qui, en 1999, convainquit Bill Clinton et le Congrès américain d’investir dans les nanotechnologies, après des années d’un intense lobbying. (19)

Roco est aussi le co-auteur du rapport « Converging Technologies for improving human performance » ( »Technologies convergentes pour améliorer les performances humaines »), publié en 2002 avec William S. Bainbridge, son collègue de la NSF. Ce dernier milite avec les Transhumanistes pour le dépassement de l’humanité par une post-humanité « augmentée », via implants corporels, hybridation homme-machine et autre téléchargement de la conscience sur ordinateur.(2O) Une idéologie que Rose Fraysinnet des Amis de la Terre avait ensuite évoquée. On la retrouve d’ailleurs citée dans la lettre du débat public numéro 2 : « Il convient donc de s’interroger sur les usages potentiels (question du transhumanisme, par exemple) ». Rien de plus au sujet de l’idéologie qui choque les détracteurs des nanos. Nous verrons ce qu’il en sera dans les conclusions que l’Etat fera du débat et qui seront rendues 3 mois après la remise du rapport.(21)

5. Un débat pour l’assentiment

Une fois les catégories mises en jeu distinctement tracées, et les voix dissidentes neutralisées, l’abolition des principes d’identité et de démocratie produiront sans doute le comportement escompté de la part du public: son consentement. Dans notre cas, l’illusion projetée puise sa légitimité collective dans une vision manichéenne des choses : c’est à dire à travers l’hypothétique opposition entre technophiles et technophobes, ces derniers étant instantanément écartés du débat et confinés dans la case spécialement créée pour l’occasion . Il n’y aurait donc pas de personnes prudentes qui proposent à la fois l’arrêt des recherches et qui, constatant ces inepties appelleraient au boycott du débat.

Au pouvoir performatif des mots, source éventuelle d’une nouvelle puissance d’agir, s’ajoute donc le débat instauré pour provoquer l’assentiment du peuple et son adhésion par principe. Car bien qu’il soit convoqué à donner son avis, le peuple n’est que consulté. Les décisions quant à elles ont été prises depuis 2006 avec l’ouverture de Minatec. Et, plus récemment, le 5 mai 2009, Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a présenté le plan Nano-INNOV. Son objectif ? « Donner à l’industrie française les moyens de réussir le virage des nanotechnologies. C’est l’objectif du plan Nano-INNOV qui repose, entre autres, sur la création de centres d’intégration des nanotechnologies à Grenoble, Saclay et Toulouse. 70 M€ seront consacrés à ce plan dès 2009. » Une décision survenue avant que le débat public n’ait eu lieu.

La mise en place de ce débat n’est donc pas un préalable à une concertation populaire. Il semble obéir à d’autres attentes, et n’être qu’un moyen d’obtenir habilement le consentement de la population: seuls les mécanismes de gouvernance peuvent être discutés. L’avis du peuple concernant le développement des nanotechnologies a certes droit de cité mais est en revanche mis à l’écart par l’encadrement inéquitable du débat. Car les nanotechnologies sont déjà là, et le resteront. Il nous est simplement proposé de donner notre avis sur le mode de régulation le plus adapté ainsi que sur les lois qui en découleront. Autrement dit, quel seuil de pollution sommes-nous prêts à accepter ? Quels moyens désirons-nous voir être mis en place afin de pouvoir pénaliser ceux qui ne respecteront pas ce seuil ? Quels types de recherches sont prioritaires ? Quelles conséquences humaines, sociales et environnementales sommes-nous prêts à tolérer pour que la « révolution nano » advienne ?

Julien Teil

julienliste [at] hotmail.com

Notes :

(1)  http://www.piecesetmaindoeuvre.com/

(2)  http://www.nanomonde.org/

(3)  http://www.strategies.fr/new-business/transfert-budget/118929W/les-nanotechnologies-en-debat-avec-i-e-consultants.html

(4)  http://www.millebabords.org/spip.php?article3763

(5)  Voir le courrier « Lettre aux fossoyeurs du débat public » http://www.debatpublic-iter.org/docs/pdf/contributions/contribution-ldh-04.pdf

(6)  http://www.debatpublic-iter.org/actualite/compte-rendu/compte-rendu_02032006.html

(7)  http://www.strategies.fr/new-business/transfert-budget/118929W/les-nanotechnologies-en-debat-avec-i-e-consultants.html

(8)  http://www.i-e.fr/#consultants_references

(9)  http://www.strategies.fr/etudes-tendances/dossiers/r27800/r27802W/i-e-discret-par-vocation.html

(10)  http://www.rue89.com/2008/11/09/education-220-000-euros-par-an-pour-surveiller-lopinion

(11)  http://www.rue89.com/2008/11/09/education-220-000-euros-par-an-pour-surveiller-lopinion

(12)  http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-le-ministere-de-l-education-veille-sur-internet-et-inquiete-les-enseignants-27381.html

(13) http://www.ladepeche.fr/article/2009/10/22/699533-Toulouse-Nanotechnologies-des-militants-deversent-de-l-amoniaque-en-plein-debat.html

(14)  http://amisdelaterremp.free.fr/spip.php?article161

(15)  http://www.forbes.com/2006/01/09/in_jw_0109soapboxslide.html

(16)  http://www.israelvalley.com/news/2009/01/22/21326/france-israel-le-journal-en-ligne-rue89-consacre-un-article-remarquable-aux-nanotechnologies-d-israel-seminaire-de-la-c-c-f-i-toulouse

(17)  http://www.amisdelaterre.org/-Nouvelles-des-Lobbies-.html

(18)  http://www.amisdelaterre.org/-Nouvelles-des-Lobbies-.html

(19)  http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article24

(20)  http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article24

(21)   http://www.debatpublic-nano.org/actualite/compte_rendu.html?id_document=164

jan 01 2010

Les cachotteries de Copenhague

Par Michel-François Clerin et Geneviève Azam

Est-il exact que les intérêts qui promeuvent les thèses du réchauffement climatique et financent ceux qui les exposent sont ceux-là mêmes qui défendent depuis plus de 30 ans la dérégulation et les privatisations financières ?

16466

Prenons le cas d’Al Gore, dont le film « Une vérité qui dérange » peut être considéré comme le catalyseur de la peur et du pessimisme pour les générations futures du réchauffement climatique. Savez-vous que sa famille a possédé la plus grande mine de zinc américaine au Tennessee, et notoirement connu comme un des sites les plus polluants des USA ? Al Gore est aussi l’agent intéressé des spéculateurs financiers de la City. Il est le porte parole qui permet de faire le lien entre le Premier ministre Gordon Brown, l’ancien Premier ministre Tony Blair et le milliardaire ex-patron d’E-Bay, Jeff Skoll. Les principales sources de financement du documentaire « Une vérité qui dérange » sont Mr Skoll en personne ainsi que le Hedge Fund « Generation Investment Management » géré par Mr. David Bloom, ex-directeur de Goldman Sachs. Al Gore est, de plus, un associé de Zac Goldsmith, le fils du célèbre Jimmy Goldschmit.

Mais quel est le coeur du système ?

Il s’agit du système de création de droits à émettre du CO2 échangés sur des marchés. Ce marché n’est en fait rien d’autre qu’un nouveau marché relativement opaque. C’est Gordon Brown, alors chancelier de l’Echiquier, qui a promu un système permettant la négociation de 100 milliards de droits à l’émission de CO2 à travers toute l’économie. La City s’est assuré une position dominante en contrôlant le « Emission Trading Scheme » (Organisation Européenne des droits échangeables) par lequel passe plus de 60 % du volume de CO2 échangé dans le monde dont 80 % de sa valeur.

Toutefois, en raison de la crise et du surplus de droits émis, la valeur de ces droits n’a-t-elle pas chuté ?

Effectivement, cela est correct mais à la suite du COP15, on s’attend à une baisse du nombre de droits émis, donc à une forte hausse du marché par tarissement de l’offre. Dans une ambiance agitée de réchauffement climatique entretenue de toutes parts par les mêmes banques d’affaires, grandement responsables de la crise financière, comme Goldman Sachs et Morgan Stanley, celles-ci se sont positionnées en tant que « Market Makers », dans la prévision d’immenses profits. D’après le Daily Telegraph, Al Gore serait le premier milliardaire du carbone.

De quelle manière cela s’opère-t-il ?

L’International Continental Exchange (ICE) créé en 2000 par des banquiers internationaux autour de Goldman Sachs et de compagnies pétrolières comme Shell et BP dominent les marchés à terme du gaz et du pétrole. ICE a acheté l’International Petroleum Exchange (IPE) de Londres qui est un marché opaque et pratiquement dérégulé sans qu’aucun registre sur les échanges ne soit tenu. Bien que le siège d’ICE soit à Atlanta, la société opère à partir de Londres sous la forme d’un centre financier offshore. ICE contrôle de fait le Chicago Climate Exchange (CCX) et sa filiale londonienne, le London Climate Exchange (LCX).Un des associés et fondateurs de l’ICE, Mr. Richard Sandor est l’inventeur des produits dérivés et des droits d’émissions échangeables sur le CO2. Goldman Sachs est de son côté le plus gros actionnaire de CCX et le numéro deux de ICE. Or c’est Goldman Sachs qui a lancé Al Gore dans le business des Hedge Funds lorsqu’en 2003, Mr. David Bloom, ancien CEO de Goldman Sachs Assets Management a constitué « General Investment Management » avec Al Gore et deux anciens associés de GS. En Europe, Mr. Yann Arthus-Bertrand est un protégé de la famille Pinault et Nicolas Hulot est sponsorisé par Bouygues et TF1 mais ils font petit jeu comparé à l’ensemble. du dispositif de la mondialisation financière des droits d’émission.

Y a-t-il une sorte de conspiration et d’apartheid technologique lancé contre les pays pauvres ?

Mr. Lawrence Summers, principal conseiller économique du Président Barack Obama, fut le fossoyeur de toutes les réglementations financières aux USA (en particulier de la loi Glass Steagall). Il est actuellement ami et protecteur des comportementalistes américains et défenseur des droits d’émission de CO2. Mr Summers a été en faveur de l’envoi des déchets des pays développés dans les pays du tiers monde, sous prétexte que ceux-ci étaient moins pollués. Le groupement intergouvernemental d’experts sur le réchauffement climatique (GIEC) qui a partagé le Prix Nobel avec Mr. Al Gore a été constitué en novembre 1988. Au mois de novembre 2009, une fuite d’emails dans un des centres de recherches en Angleterre a créé une sorte de « Climategate » qui n’a toutefois pas été capable de bloquer ou de minimiser le Copenhague COP15 et les conclusions du GIEC. Le GIEC étouffe le débat scientifique (non tranché par l’Académie des Sciences en France) et refuse la critique. Ce qui est pour le moins anti-scientifique. Le coefficient de corrélation entre températures et CO2 sur 1998-2007 est de 0,02 soit le constat avéré d’aucune corrélation statistique. Le célèbre écologiste Maurice Strong est directeur du Climate Exchange de Chicago (CCX) et le patron du GIEC, Mr. Rajendra Pachauri figure au comité consultatif : cela ne constitue t-il pas un conflit d’intérêt ? Par ailleurs, la mise en place d’une taxe carbone signifie qu’un protectionnisme empêchera les pays pauvres, notamment l’Afrique d’échanger avec les pays riches, ce qui étouffera leur développement.

On peut douter que le système de compensation de Copenhague puisse compenser quand on connait déjà l’échec de l’aide internationale depuis trois générations dû à l’inefficacité et la corruption. Les milliards qui seront dépensés pour la lutte contre le réchauffement ne seront malheureusement pas utilisés contre la famine, la pollution des eaux et les ressources aquifères, c’est-à-dire autant de problèmes vitaux pour les pays en développement. , économiste, Université de Chicago.

Michel-François Clerin

Silence, la finance carbone va sauver le climat !

Les marchés du carbone constituent depuis les années 1990 la réponse majeure de politique internationale pour résoudre la crise climatique. Leur conception est un produit de la rhétorique néolibérale, alors à son acmé, ardemment défendue par les États-Unis lors des négociations devant aboutir au protocole de Kyoto en 1997, que ces derniers n’ont finalement pas ratifié.

Depuis les années 2000, l’essentiel de l’énergie de l’Union européenne s’est déployée pour la mise en place du premier marché du carbone en 2005. L’Union est aujourd’hui le plus ferme défenseur de cette politique, alors que le marché européen du carbone est un exemple de la volatilité et de l’instabilité du prix du carbone et de son incapacité à réguler la crise climatique.

Ces marchés ont vu leur taille doubler chaque année entre 2005 et 2008. Même s’ils ne sont pas comparables par leur taille, approximativement équivalente à 100 milliards de dollars, aux marchés financiers déjà en place, il sont promis à connaître des volumes voisins des dérivés de crédit dans une dizaine d’années selon James Kanter du New York Times (06-07-2007).

Au bonheur des fonds spéculatifs

La « finance carbone », surtout après les déboires de l’immobilier, a rapidement attiré les fonds spéculatifs, les traders du secteur de l’énergie (comme EDF trading, Shell trading, Rhodia Energy…), des entreprises industrielles comme Arcelor-Mittal et les grandes banques d’investissement, Citigroup, Goldman Sachs, Crédit suisse, BNP-Paribas, Merrill Lynch, autant d’institutions désormais connues du grand public pour leur prudence financière et leur souci du bien commun !

Car le marché du carbone n’est pas un simple commerce de droits et crédits d’émission échangés entre entreprises pour satisfaire à leurs obligations. Ces titres sont en effet détenus aussi par d’autres acteurs, dont le but est de spéculer sur leur valeur. Ainsi un marché secondaire s’est rapidement développé, avec des spécialistes de la spéculation qui élaborent des produits financiers complexes, à partir des savants modèles de produits dérivés qui ont déjà fait la preuve de leur dangerosité, avec le risque d’une bulle financière.

Les contrats sur des « émissions évitées », qui circulent déjà sur les marchés à terme, portent des risques importants de ne pas être réalisés. Alors que la crise climatique exige une transformation rapide des modèles de production et de consommation les plus polluants, elle se trouve ainsi entre les mains d’opérateurs qui en ont fait une nouvelle opportunité pour s’enrichir.

Le marché des quotas d’émission (ou encore droits à polluer) est très singulier, car s’y échange un titre émis par les États, les droits d’émission. Une fois ces droits en circulation, le marché détermine leur distribution finale et leur prix. Mais l’échange de ces droits suppose une unité commune, c’est la tonne équivalent carbone : un quota d’émission égale toujours une tonne d’équivalent carbone émise, quelle que soit son origine. De cette réduction, découlent des conséquences écologiques et sociales alarmantes.

Un étalon unique

Cet étalon unique est construit sur des règles de réduction entre les différents gaz à effet de serre, ramenés à un « équivalent carbone », alors que ces derniers contribuent différemment au réchauffement global, et qu’ils devraient avoir des traitements différenciés. C’est le cas du méthane, largement oublié, alors que des techniques assez simples et bon marché pourraient permettre de le récupérer, notamment dans les pays du Sud. Par ailleurs, les solutions comme les agrocarburants, le nucléaire, le stockage du carbone, qui à court terme peuvent certes faire baisser les émissions, représentent potentiellement des catastrophes écologiques et sociales futures.

De même, en posant comme équivalents une tonne de carbone émise et un quota obtenu n’importe où et n’importe comment, la déforestation de la forêt primaire peut être considérée comme équivalente, en termes de tonnes équivalent carbone, à son remplacement par une plantation nouvelle à croissance rapide, la biodiversité et les droits des peuples indigènes n’entrant pas dans l’unité de compte.

Et puisque toutes les réductions sont ainsi équivalentes, il est logique de rechercher celles au moindre coût, par le dit « mécanisme de développement propre » et par la compensation carbone qui autorisent les entreprises des pays industriels à gagner des droits d’émission en investissant dans les pays du Sud et en s’exonérant des réductions domestiques. Ainsi, le passage à des systèmes de production et de consommation soutenables, se trouvent retardé d’autant dans les pays les plus pollueurs. Une tonne d’équivalent carbone évitée en Éthiopie aura la même « valeur » qu’une réduction d’une tonne en Europe ou aux États-Unis !

Le climat devient une abstraction

Le choix du développement mondial du marché du carbone, avec son unité de compte en tonne équivalent carbone, fait du climat une pure abstraction, déliée des conditions sociales, historiques et technologiques de son équilibre. Le silence actuel sur ces mécanismes écologiquement inefficaces et économiquement dangereux, inventés dans les années 1990 en pleine euphorie financière pour poursuivre les logiques de croissance infinie, est inquiétant.

Il se renforce d’un silence gêné porté par des « entrepreneurs du bien » selon l’expression de Gunter Anders, qui, face à la déroute, s’inscrivent dans le « c’est tout de même mieux que rien ». Une forme de « l’empire du moindre mal » (Jean Claude Michea). Ce silence demande à être levé si nous ne voulons pas nous réveiller douloureusement.

Geneviève Azam, Conseil scientifique d’Attac.

Source: Mondialisation.ca

déc 17 2009

Copenhague, la gouvernance mondiale de l’écologie entre ethnocentrisme et anthropocentrisme ?

Par Julien Teil

En date du 2 décembre 2009, le journal Le Monde a publié le point de vue de Martine Aubry sur Copenhague. (1) Celle-ci invitait à un renouveau écologique sous la formule « À Copenhague, il faut inventer la solidarité écologique du XXIe siècle ». La gouvernance mondiale de l’écologie telle qu’elle s’amorce confirme les déclarations de Martine Aubry qui supposaient « l’émergence d’une gouvernance globale plus forte et mieux coordonnée, faisant place à une organisation mondiale de l’environnement dotée de pouvoirs contraignants ».

wwf-journal-des-plages

Affiche du WWF, qui milite pour la nécessité d’inscrire la question démographique, soit une réduction importante des populations, dans la liste des préoccupations écologiques

Ces « pouvoirs contraignants » ont déjà pour projet d’institutionnaliser mondialement le marché du carbone ou Emission Trading. Ce concept est en réalité issu de l’Agence de protection de l’environnement U.S sous la présidence de Jimmy Carter. Bill Drayton, qui tout comme Jacques Attali, se présente lui aussi comme un prophète du social business, revendique son rôle dans la genèse ce cette idée. (2)

La gouvernance mondiale écologique telle qu’elle se structure actuellement, comporte un déficit démocratique considérable, qui risque de permettre par la même occasion l’instauration de mesures reposant sur des thèses malthusiennes.

Longtemps mise à l’écart des sujets qui seraient abordés lors du sommet de Copenhague, la « démographie verte » pose désormais des questions jusque dans les médias. Pourtant, les travaux d’organismes engagés dans les discussions sur le climat, abordaient la question depuis des mois, voire des années. (3) C’est notamment le cas de WWF, ou de l’Optimum Trust Population et du Club de Rome, pour qui la démographie est un sujet pour lequel ils ont bien préparé leur plaidoirie. En ce qui concerne le traitement médiatique de la question: il se résumerait à la nécessité d’inscrire la question démographique dans la liste des préoccupations écologiques.

Greenpeace a opté pour une position différente, le Courrier International du 19 Novembre 2009 indiquait :

« Pour Greenpeace, aborder la question dé­mographique à Copenhague ou lors d’au­tres sommets préliminaires serait contre-productif. “Le débat entre les pays industrialisés et ceux qui le sont moins est si sensible et si gangrené par la méfiance qu’y introduire une question comme la croissance démographique ne ferait que susciter la colère”, insiste Stephanie Tunmore, la porte-parole de Greenpeace International. » (4)

Néanmoins, et cela est particulièrement équivoque: pour Greenpeace ce serait l’incompréhension qu’un tel sujet provoquerait qui l’exclut du débat. Autrement dit le problème ne semble pas relever du fait qu’il devrait engager un débat démocratique autour de l’historique des thèses malthusiennes, et de leur socle scientifique.

En outre, cette déclaration peut être révélatrice sur la conception que présente Mme Tunmore de l’histoire. On y retrouve l’ethnocentrisme qui suggère qu’une élite d’États (dénommée G20 pour l’occasion) conduit un peuple d’États (dénommé G77 pour l’occasion). Cette conception donne libre cours à l’idée selon laquelle les solutions apportées par les occidentaux, bien qu’elles invitent à la critique, sont incontournables, comme le soutiennent les acteurs du microcrédit. (6) D’autre part, l’idée exprime que la totalité des rapports de forces entretenus autour d’une question mondiale se résument à cette équation.

Or ces rapports de forces intègrent également les OSC (Organismes de la Société Civile), dont font partie les ONG, parmi lesquelles Greenpeace. Puis, il faut compter parmi ces ONG, les fondations accréditées en tant qu’ONG et qui représentent parfois des intérêts loin de refléter une réelle volonté écologique. Les entreprises, autres représentants des OSC, sont elles aussi de la partie, bien qu’elles soient déjà indirectement représentées par beaucoup d’ONG. (7)

Enfin il faut ajouter à l’inexactitude de la déclaration de Stephanie Tunmore, son manque soit d’honnêteté, soit de connaissance des relations internationales. Que nous apprennent donc un examen des relations internationales ?

Les mécanismes de la gouvernance européenne qui intègrent eux aussi les OSC dans leurs modes de régulation sont particulièrement parlants et représentatifs de la réalité des relations interétatiques. En réalité, les relations interétatiques européennes sont en grande partie élaborées sous la responsabilité des think-tanks et lobbys idéologiques. (8) Parfois mandatés et consultés, ces organismes ne représentent aucun intérêt démocratique, pourtant ils participent à la politique de l’Europe. Il en est de même pour l’élaboration des lois relatives au marché, à l’économie, aux mesures sociales, pour lesquelles ce sont les lobbys industriels qui se partagent le gâteau bruxellois. D’ailleurs Greenpeace n’est pas ignorant des pratiques des lobbys bruxellois puisque l‘association s’est opposée, lors d’une session, à la puissante Table Ronde des Industriels Européens. (9)

Or les mesures lentement mises en place pour aboutir à une gouvernance mondiale sont non seulement calquées sur le modèle de la gouvernance européenne, mais elles sont encore plus antidémocratiques et bien plus prédatrices. Cette gouvernance mondiale, telle qu’elle s’institutionnalise à travers les étapes qu’elle traverse depuis au moins un siècle, portent les traits d’une gouvernance dont est exclus les peuples et la démocratie. Les propos de Martine Aubry ne sont que ceux d’un intermédiaire, mais auront au moins le mérite d’éclaircir la situation pour certains.

Un nombre incalculable de procédés et d’étapes a participé à la mutation des relations internationales vers une gouvernance mondiale, parmi lesquels les guerres, le marché mondialisé, la crise économique, etc. Les rapports entre l’État, en tant que représentant du bien public, et les entreprises ont eux aussi mutés. Et, l’ensemble des biens publics sont désormais privatisés, concédés par ceux que, conformément aux principes de nos constitutions, nous avions élus pour nous servir et nous représenter.

Les ONG, quant à elles, en dehors de leur notoriété, jouissent désormais d’une reconnaissance, et d’un statut, elles sont mandatées pour représenter le bien public à travers le concept de société civile. Or, aucun processus démocratique n’expose en quoi elles nous représentent.

De plus, beaucoup d’entre elles sont en réalité contrôlées par les fondations, les think-tanks, les multinationales et les banques. (10) Greenpeace qui exclut les dons des fondations et des multinationales fait partie des quelques ONG épargnées. (11) Seulement, pour qu’elles se révèlent assurément intègres, il faut aussi compter sur leur non adhésion aux thèses, qui après greenwashing, deviennent soudainement des vérités scientifiques. Il est aujourd’hui difficile de dire du réchauffement climatique anthropique qu’il est une vérité scientifique incontestable. C’est d’ailleurs ce fait qui devrait intéresser en premier lieu les associations qui réclament le bien public et la démocratie. On est ainsi en droit d’attendre d’elles qu’elles procèdent à un examen des différents champs d’expression autour de la question du climatgate.

Il faudrait aussi que ces quelques ONG repensent leur rôle de protecteur des biens publics, car cette action elle, est parfaitement concrète. Aujourd’hui, que gouverne l’État ? En fait plus grand chose, puisque les biens publics ont majoritairement été privatisés. Et la France, est une exception qui a su jusqu’à présent préserver une partie de ses biens publics et de ses acquis de souveraineté. Par contre, pour certains biens publics, cela fait longtemps que la privatisation ne s’opère plus au niveau de l’État mais directement à travers les organes de la gouvernance mondiale, et sans que l’on en soit informé: la privatisation de l’eau est déjà copieusement engagée. (12) Et, c’est bientôt le vivant qui le sera dans son intégralité comme l’exposent notamment les sessions de la commission du Codex Alimentarius. (13)

Ce qui s’opposera réellement à cela n’est pas une intervention de Greenpeace dans l’arène de la gouvernance mondiale, comme ce fut le cas à Bruxelles. Ce genre d’interventions efficaces dans les arènes de la gouvernance européenne se compte sur les doigts d’une main. Quels pronostics pouvons nous faire de ces interventions dans l’arène de la gouvernance mondiale ?

Cette arène, nous sommes déjà dedans, et Copenhague est un de ses rendez vous. Car, cette rencontre internationale est un de ces fameux processus nécessaires à l’accélération de la mise en place de la gouvernance mondiale. C’est sa première vocation. Les autres ne sont que secondaires, voir inexistantes et relèvent purement du fantasme engendré par une fabuleuse campagne médiatique et beaucoup d’argent.

Les mesures décidées à Copenhague profiteront à ceux qui participent à l’élaboration de la « justice climatique », car ils sont à la fois témoins, juges et parties .Elles n’appartiennent ni à Greenpeace, ni au peuple, mais à ceux qui ont les moyens de les apporter: c’est à dire ceux qui contrôlent les biens publics, devenus de simples richesses privées. Ce ne sont donc définitivement pas le G20 et le G77 qui n’ont qu’un rôle d’intermédiaire afin de mieux projeter l’illusion des antagonistes. On ne peut manifestement pas non plus conclure des rapports qu’ils se résument à l’interprétation subjective que pourrait générer un débat autour de la question « démographique » au sein du G20 et du G77. Par contre il est évident que Copenhague est une étape de plus, intégrant « l’écologie » au menu des questions « politiques ». Or ce qu’on définissait auparavant et à juste titre, comme « la politique », par définition inhérente à la démocratie, a muté vers ce qu’on appelle la « gouvernance ».

La véritable vocation de Copenhague semble être de s’accaparer un domaine pour le moment libéré d’une institution mondiale. Et cela afin d’aboutir à une gouvernance mondiale de l’écologie anti-démocratique. Il s’agit entres autres, de la confiscation d’un domaine d’expression au sein duquel une écologie concrète et démocratique est possible, en particulier par la dénonciation des mécanismes évoqués ci-dessus. Dans cette optique de dénonciation des parasites de la démocratie, les ONG seraient, sur le long terme, amenées à l’abandon de leur statut au profit d’une démocratie plus réaliste.

A l’opposé, Jacques Attali considère que le rôle miraculeux des ONG invite à la création d’une Organisation Mondiale des ONG, qui défendrait « la mise en œuvre des fondements de la démocratie : la liberté d’expression, la protection des femmes et des enfants, la lutte contre la peine de mort, le droit au travail, le droit au crédit, le droit au logement. » (15)

Mais à Copenhague, il est avant tout question de poursuivre les mesures engagées et qui annoncent inévitablement une gouvernance du vivant, une gouvernance de la démographie et une gouvernance plus aiguisée de l’énergie. (16) Ces prédictions appartiennent à une perception anthropocentriste, qui au nom d’une objectivité sur la nature, exclut l’homme de celle-ci. Pour les tenants de ces thèses, il serait ainsi possible d’entreprendre un parfait examen des problématiques écologiques.

Cela pose inévitablement la question du rapport qu’à l’homme à la nature, tout comme le reflètent également les idées de Mihail Roco (17) concernant le Transhumanisme et les nanotechnologies. (18)

Enfin, il est surprenant que les éléments révélés par le Climatgate ne soient pas au sommaire des discussions de Copenhague, ni des inquiétudes du monde associatif. Pourtant, leur authenticité a été confirmée par le CRU (Climat Research Unit), qui n’est pas revenu sur cette déclaration à ce stade. Phil Jones, directeur du CRU, dont les travaux constituent le socle scientifique des questions abordées au sommet, a été suspendu provisoirement de ses fonctions, avec son accord, le temps de l’enquête. (19)

Que pouvons nous conclure de la future gouvernance mondiale de l’écologie étant donné que les doutes soulevés par sa consistance scientifique ne sont pas abordés ? Et, dans cette perspective, que nous apprend la volonté de mettre en place une « organisation mondiale de l’environnement avec des pouvoirs contraignants » dans le contexte d’une gouvernance mondiale antidémocratique ?

Julien Teil, pour Mecanopolis

julienliste@hotmail.com

Notes et sources :

(1)    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/02/a-copenhague-il-faut-inventer-la-solidarite-ecologique-du-xxie-siecle-par-martine-aubry_1275025_3232.html
(2)    William « Bill »Drayton, tout comme Mr Attali, estime que l’entreprenariat social permet de résoudre les problèmes de pauvreté. Ainsi, il a fondé en 1981 le fond Ashoka afin de développer cette activité. Il a été sous l’administration Carter, assistant administrateur de l’Agence de l’Environnement U.S. C’est à ce titre qu’il lança le principe de marché du Carbone. On voit aussi apparaître un membre du CFR en 1985, sous le nom de « William Drayton ».  Nous ne pouvons en conclure que c’est bien lui, mais aucun autre William Drayton ne bénéficiait d’une renommée particulière à l’époque.
(3)    Voire le site Planète-Attitude, plate-forme de la communauté WWF en France : http://www.planete-attitude.fr/
(4)    http://www.courrierinternational.com/article/2009/11/19/demographie-le-grand-tabou
(5)    Ce modèle de développement est encouragé, entres autres, par Jacques Attali, fondateur de Planet Finance, qui y voit notamment une solution à la crise économique
(6)    A ce propos, lire « Organisations non ( ? ) gouvernementales , La lettre du Forum de Delphes, Novembre 2007 par Thibault Le Texier. http://tibo.lt.free.fr/article.php3?id_article=84
(7)    Voir « La Marche irrésistible du nouvel ordre mondial, sous-titre : Destination Babel, Éditions François-Xavier de Guibert, 2007 » Par Pierre Hillard.
(8)    In « Europe Inc – Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondiale » Collectif, Agone, 2005. Il semble qu’un fait similaire impliquant Greenpeace face à l’ERT soit relaté ici : http://archive.corporateeurope.org/observer9/stockholm.html
(9)    Voir à ce propos « Les ONG, instruments des gouvernements et des transnationales ? » par Julien Teil, Réseau Voltaire, 30 juillet 2009 : http://www.voltairenet.org/article161139.html#article161139
(10)    La politique de financement de Greenpeace est indiquée ici : http://www.greenpeace.org/france/transparence-financiere/ressources-greenpeace
(11)    En France, la gestion de l’eau se fait à travers des organismes publics qui ont des contrats avec le secteur privé . C’est notamment le cas du SEDIF dirigé par André Santini. Pour de plus amples informations, consulter le site de l’association S-EAU-S : http://seaus.free.fr/
(12)    Les écrits de Dominique Guillet, fondateur de l’association Kokopelli éclairent parfaitement sur le sujet. Certains sont disponibles sur le site de l’association : http://www.kokopelli.asso.fr/
(13)     Discours de Jacques Attali au sommet mondial des ONG, 10 septembre 2004. http://www.voltairenet.org/article161364.html
(14)    Il est notamment question, au sein de l’élaboration de la politique énergétique « responsable » de développer massivement les agro carburants. Jean Ziegler, Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation auprès de l’ONU, estime que la culture des agro carburants est déjà vectrice de malnutrition : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1394_biocarburants_crime_contre_humanite.php . L’association Survie quant à elle relate les actions entreprises par Daewoo au Madagascar : http://survie31.over-blog.com/article-25402693-6.html
(15)    Mihail Roco est le co-auteur du rapport « Converging Technologies for improving human performance » ( »Technologies convergentes pour améliorer les performances humaines »), publié avec William S. Bainbridge, son collègue de la NSF. Ce dernier milite avec les Transhumanistes pour le dépassement de l’humanité par une post-humanité « augmentée » via implants corporels, hybridation homme-machine et autres téléchargement de la conscience sur ordinateur.
(16)    Le transhumanisme est une idéologie traitée dans les ouvrages du collectif grenoblois Pièces et
Main d’œuvre. Mais aussi sur leur site internet : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article24
(17)    Voir l’article du journal Le Monde : http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/02/climategate-le-directeur-du-centre-de-recherche-demissionne-temporairement_1275245_1270066.html

déc 16 2009

Un rapport du Pentagone sur le climat annonce un refroidissement global (deuxième partie)

Voici la deuxième partie du rapport commandé par le département de la Défense du Pentagone, qui envisage pour 2010 un brusque refroidissement du climat. Bien sûr, le Pentagone ne diffuse pas ses rapports sans arrières pensées, notamment sur les solutions qu’il préconise. C’est donc avec un certain recul qu’il faut prendre connaissance de ce document.

paris

Un autre scénario pour l’hémisphère sud

Une très grande incertitude subsiste à propos du développement du climat dans l’hémisphère sud, principalement parce que nous disposons de moins données paléoclimatologiques que pour l’hémisphère nord. Les modèles de climat dans les régions principales de l’hémisphère sud pourraient imiter ceux de l’hémisphère nord, devenant plus froids, plus secs et plus rudes, en raison de flux de chaleur depuis les tropiques vers l’hémisphère nord qui tentent d’équilibrer thermodynamiquement le système climatique. Ou alors, le refroidissement de l’hémisphère nord pourrait entraîner une augmentation de la chaleur, des précipitations et des tempêtes dans le sud, la chaleur normalement transportée loin des régions équatoriales par les courants océaniques se retrouvant emprisonnée et le réchauffement des gaz à effet de serre continuant à s’accélérer. D’une façon ou d’une autre, il n’est pas invraisemblable que le changement brusque du climat provoquera des conditions atmosphériques extrêmes, touchant en même temps plusieurs des principales régions du monde en terme de population et d’agriculture et mettant à l’épreuve l’approvisionnement en nourriture, en eau et en énergie de la planète.

Les régions : 2010 à 2020

Le graphique ci-dessus présente une vue simplifiée des schémas climatiques décrits dans ce scénario.

Europe. Durement frappée par le changement climatique, avec une moyenne annuelle des températures qui chute de 3,3°C en moins d’une décennie et des écarts plus importants encore le long de la côte nord-ouest. Le climat en Europe du Nord-Ouest est plus froid, plus sec et plus venté, la faisant davantage ressembler à la Sibérie. L’Europe du sud connaît de moindres changements mais souffre néanmoins par moment de  brusques refroidissements et de rapides changements de température. La réduction des précipitations fait de l’appauvrissement des sols un problème dans toute l’Europe, contribuant à la pénurie alimentaire. L’Europe lutte pour contenir l’émigration des nations scandinaves et de l’Europe du nord à la recherche de chaleur, ainsi que pour refouler l’immigration issue des pays gravement touchés en Afrique et ailleurs.

États-Unis. Un temps plus froid, plus venté et plus sec rend les saisons de culture et de récolte plus courtes et moins productives dans tous les États-Unis du nord-est, plus longues et plus sèches dans le sud-ouest. Les zones désertiques sont exposées à une recrudescence des tempêtes, alors que les zones agricoles souffrent de l’appauvrissement des sols du fait de l’élévation de la vitesse des vents et de la réduction de l’humidité au sol. L’évolution vers un climat plus sec est particulièrement prononcée dans les États du sud. Comme l’élévation du niveau de l’océan continue le long des côtes, les zones littorales qui étaient en péril pendant la période de réchauffement le demeurent. Les États-Unis se replient sur eux-mêmes, investissant leurs ressources pour nourrir leur propre population, renforcer leurs frontières et gérer la tension mondiale croissante.

Chine. Avec ses besoins alimentaires élevés étant donnée son importante population, la Chine est durement frappée à cause de ses pluies de mousson devenues aléatoires. Celles-ci, occasionnelles pendant la saison d’été, sont bien accueillies pour l’eau qu’elles apportent, mais elles ont des effets dévastateurs car elles inondent des sols généralement à nu. Des hivers plus longs, plus froids et des étés plus chauds, provoqués par une diminution du refroidissement par évaporation en raison de la réduction des précipitations, diminuent les ressources en énergie et en eau déjà faibles. Une vaste famine entraîne le chaos et des luttes internes, alors que la Chine, froide et affamée, lorgne jalousement sur les ressources énergétiques du côté de ses frontières avec la Russie et les pays situés à l’ouest.

Bangladesh. Les ouragans persistants et un niveau de la mer plus élevé provoquent d’énormes vagues qui entraînent une importante érosion côtière rendant presque inhabitable une grande part du Bangladesh. De plus, l’élévation du niveau de la mer provoque la contamination des approvisionnements d’eau douce à l’intérieur des terres, créant une pénurie d’eau potable et une crise humanitaire. Une émigration massive se produit, entraînant des tensions en Chine et en Inde, déjà en lutte pour contrôler la crise à l’intérieur de leurs propres frontières.

Afrique de l’Est. Le Kenya, la Tanzanie et le Mozambique font face au léger réchauffement du climat, mais sont confrontés à une sécheresse persistante. Accoutumés à des conditions climatiques sèches, ces pays ont été les moins influencés par le changement des conditions atmosphériques mais, comme les principales régions de production céréalière sont en difficulté, leur approvisionnement alimentaire est mis à mal.

Australie. Principale exportatrice alimentaire, l’Australie lutte pour fournir de la nourriture à toute la planète, car les changements moins importants de son climat n’affectent pas sévèrement son agriculture. Mais les grandes incertitudes au sujet du changement de climat dans l’hémisphère sud rendent suspect ce scénario moins préoccupant.

IMPACT SUR LES RESSOURCES NATURELLES

Les modalités de changement du temps et des températures des océans affectent l’agriculture, les poissons, la faune sauvage, l’eau et l’énergie. Comme les principales régions passent d’une tendance au réchauffement à une tendance au refroidissement, les rendements agricoles sont moins prévisibles car ils sont touchés par des perturbations de la température et de la pluviométrie ainsi que par la chute de 10 à 25% de la durée des saisons de culture et de récolte. Alors que quelques parasites agricoles meurent en raison des changements de température, d’autres espèces résistent plus aisément à la sécheresse et aux vents, requérant de nouveaux pesticides ou toute une panoplie detraitements. Les pêcheurs industriels, qui disposent de droits de pêche spécifiques dans des zones précises, seront mal équipés face à une migration massive de leurs proies. Ne comptant que cinq ou six régions essentielles pour la culture céréalière dans le monde (les États-Unis, l’Australie, l’Argentine, la Russie, la Chine, et l’Inde), l’excédent de l’approvisionnement alimentaire mondial est insuffisant pour répondre à de graves conditions climatiques dans plusieurs régions en même temps, sans parler de quatre ou cinq à la fois. L’interdépendance économique mondiale rend les États-Unis de plus en plus vulnérables à des bouleversements économiques, créés par des variations climatiques locales dans des zones agricoles clés et à forte densité de population tout autour du monde. Des carences catastrophiques dans l’approvisionnement en eau et en énergie, ressources déjà sous pression aujourd’hui dans le monde, ne peuvent être rapidement surmontées.

IMPACT SUR LA SECURITÉ NATIONALE

La civilisation humaine s’est établie avec la stabilisation et le réchauffement du climat de la planète. Un climat instable et plus froid aurait signifié que les humains n’auraient pu ni développer l’agriculture, ni s’établir de façon permanente. Avec la fin du Dryas Récent et grâce au réchauffement et à la stabilisation qui ont suivi, les humains ont puapprendre les rythmes de l’agriculture et s’établir dans des endroits dont le climat permettait une production assurée. La civilisation moderne n’a jamais fait l’expérience de conditions climatiques aussi durablement perturbées que celles décrites dans ce scénario. En conséquence, les implications sur la sécurité nationale décrites dans ce rapport ne sont qu’hypothétiques. Les impacts réels varieraient considérablement selon les nuances des conditions climatiques, de l’adaptabilité de l’humanité et des décisions prises par les politiciens.

Les violences et les perturbations dues aux pressions qu’engendrent de brusques changements climatiques, présentent un genre de menace différent pour la sécurité nationale que celui auquel nous sommes accoutumés aujourd’hui. La confrontation militaire peut être déclenchée par un besoin extrême de ressources naturelles, telles que l’énergie, la nourriture et l’eau, plutôt que par des conflits liés à l’idéologie, à la religion ou à l’honneur national. Ces nouveaux motifs de confrontation changent la donne quant à la vulnérabilité des pays et modifieraient les signaux existants qui nous avertissent des menaces pesant sur la sécurité

C’est un vieux débat d’école que de savoir dans quelle mesure les diminutions des ressources et les défis environnementaux conduisent à des conflits entre les États. Tandis que certains les considèrent comme seul motif nécessaire pour une nation d’en attaquer une autre, d’autres arguent du fait que leur effet premier est d’agir comme déclencheurs de conflits entre des pays qui font face à des tensions sociales, économiques et politiques préexistantes. Indépendamment de cette question, il semble indéniable que des problèmes écologiques graves sont susceptibles de faire grimper le taux de conflit mondial.

Le co-fondateur et président du Pacific Institute for Studies in Development, Environment, and Security (Institut Pacifique d’Études sur le Développement, l’Environnement et la Sécurité), Peter Gleick, décrit les trois défis les plus fondamentaux que pose un brusque changement climatique vis-à-vis de la sécurité nationale :

1.Manque de nourriture dû à la baisse de la production agricole

2.Diminution de la disponibilité et de la qualité de l’eau douce, due aux inondations et aux sécheresses

3.Interruption de l’accès aux minerais stratégiques à cause du gel et des tempêtes

Dans l’hypothèse d’un brusque changement de climat, il est probable que les contraintes liées à l’accès aux ressources en nourriture, en eau et en énergie seront d’abord gérées par des moyens économiques, politiques et diplomatiques, tels que des traités ou des embargos commerciaux. Cependant, avec le temps, les conflits sur l’utilisation de l’eau et des terres seront susceptibles de devenir plus graves et plus violents. Au fur et à mesure que le désespoir gagnera les États, la pression pour agir se fera plus forte.

fig5

Le graphique montre comment un brusque changement climatique peut faire que la capacité de l’écosystème à assurer la subsistance de l’homme tombe en dessous des besoins de celui-ci, suggérant qu’une insuffisance des ressources entraîne une diminution de la population par la guerre, la maladie et la famine (cliquer sur l’image pour l’agrandir).

LA BAISSE DE LA CAPACITÉ DE CHARGE

Aujourd’hui, la capacité de charge, qui représente l’aptitude de la Terre et de ses écosystèmes familiers, qui incluent les systèmes sociaux, économiques et culturels, à assurer la subsistance d’un nombre fini de personnes sur la planète, est mise au défi partout dans le monde. Selon l’Agence Internationale de l’Energie (International Energy Agency), la demande globale de pétrole augmentera de 66% dans les trente années à venir, mais la source de ces approvisionnements est peu claire. L’eau potable connaît une contrainte similaire dans beaucoup de zones autour du monde. Avec 815 millions de personnes recevant des moyens de subsistance insuffisants de par le monde, certains pourraient dire que pour notre planète, nous vivons bien au-dessus de notre capacité de charge, signifiant par là qu’il n’y a pas assez de ressources naturelles pour entretenir notre mode de fonctionnement.

Beaucoup considèrent que l’innovation technologique et un comportement adaptatif sont des moyens de contrôler l’écosystème mondial. En effet, c’est bien le progrès technologique qui a permis d’augmenter la capacité de charge au cours du temps. À travers les siècles, nous avons appris comment produire plus de nourriture, d’énergie et comment accéder à plus d’eau. Mais le potentiel des nouvelles technologies sera-t-il suffisant quand une crise comme celle décrite dans ce scénario se présentera ?

Le brusque changement climatique est susceptible de pousser la capacité de charge bien au-delà de ses limites déjà périlleuses. La capacité de charge a une tendance naturelle ou un besoin de se réajuster. Alors qu’un changement brusque du climat fait baisser la capacité de charge mondiale, des guerres offensives seront menées pour l’accès à la nourriture, l’eau et l’énergie. Les pertes humaines dues autant à la guerre qu’à la famine et la maladie diminueront la taille de la population, ce qui, avec le temps, rééquilibrer la capacité de charge.

Si vous observez la capacité de charge au niveau d’une région ou d’un État, il est évident que les nations disposant d’une capacité de charge élevée, comme les États-Unis et l’Europe de l’ouest, sont susceptibles de s’adapter plus efficacement aux brusques changements climatiques, car par rapport à la taille de leur population, elles ont plus de ressources à solliciter. Cela peut provoquer une aggravation aiguë des tensions entre ceux qui possèdent et ceux qui sont démunis et causer du ressentiment envers les nations dont la capacité de charge est plus élevée. Comme les nations les plus riches ont tendance à employer plus d’énergie et à émettre dans l’atmosphère plus de gaz à effet de serre comme le CO2, cela peut conduire à les montrer du doigt et à les blâmer. Moins important que les preuves, scientifiquement établies, qu’il existe une relation entre les émissions de CO2 et le changement climatique, est la perception des pays touchés et les actions qu’ils entreprennent.

LE LIEN ENTRE LA CAPACITÉ DE CHARGE ET LA GUERRE

Steven LeBlanc, archéologue de Harvard et auteur d’un nouveau livre intitulé Carrying Capacity (La capacité de charge) décrit le rapport entre celle-ci et la guerre. Se basant sur d’abondantes données archéologiques et ethnologiques, LeBlanc argue du fait qu’historiquement les humains ont organisé et mené des guerres pour des raisons variées, y compris pour les ressources et l’environnement. Les humains combattent quand ils dépassent la capacité de charge de leur environnement naturel. Chaque fois qu’il y a un choix entre mourir de faim et piller, les humains pillent. Depuis la chasse et la cueillette, au sein des tribus agricoles, dans les territoires sous l’autorité d’un chef jusqu’aux premières sociétés complexes, 25% de la population masculine adulte meure quand une guerre éclate.

La paix s’instaure lorsque la capacité de charge augmente, comme cela a été le cas avecl’invention de l’agriculture, une bureaucratie efficace, l’ouverture du commerce à l’exportation et les percées technologiques. Des pertes humaines à grande échelle, comme celles dues à la peste, installent aussi des temps de paix – comme en Europe après les grandes pestes et en Amérique du Nord chez les populations indigènes après que les maladies européennes les eurent décimées (c’est la différence entre l’échec de la colonie de Jamestown et le succès de Plymouth Rock). Mais de telles périodes d’apaisement sont de courte durée car la population augmente rapidement, se heurtant à nouveau à la capacité de charge, et la guerre reprend. En effet, au cours des millénaires la plupart des sociétés se sont définies elles-mêmes selon leur aptitude à faire la guerre et la culture guerrière s’est profondément enracinée. Les sociétés les plus combatives sont celles qui ont survécu.

Les deux réactions les plus probables, face à une baisse soudaine de la capacité de charge due à un changement climatique, sont défensives et offensives. Les États-Unis et l’Australie vont probablement faire de leurs pays des forteresses défensives, car ils disposent de ressources et de réserves pour assurer leur autosuffisance. Grâce à la diversité de leurs sols et leurs climats, à leur richesse, leurs technologies et leurs ressources abondantes, les États-Unis pourraient sans doute survivre sans pertes catastrophiques à des cycles de culture agricole réduits ainsi qu’à des conditions climatiques difficiles. Les frontières seront renforcées autour du pays pour maintenir au-dehors les immigrants affamés indésirables en provenance des Caraïbes (un problème particulièrement grave), du Mexique et de l’Amérique du Sud.

L’approvisionnement énergétique sera garanti grâce à des alternatives coûteuses (économiquement, politiquement et moralement) comme le nucléaire, les énergies renouvelables, l’hydrogène et de nouveaux contrats passés avec le Moyen-Orient. Des conflits usants à propos des droits de pêche, des subventions à l’agriculture et des aides aux dégâts des catastrophes deviendront monnaie courante. La tension entre l’Amérique et le Mexique monte lorsque les États-Unis dénoncent le traité de 1944 qui garantit l’écoulement de l’eau venant du fleuve Colorado. Des professionnels de l’assistance humanitaire seront recrutés pour assurer les secours face aux inondations le long de la partie sud de la côte est et pour faire face à des conditions beaucoup plus sèches à l’intérieur des terres. Cependant, même dans cet état d’urgence permanent, les États- Unis seront en bien meilleure posture que d’autres. Le problème insurmontable auquel sera confrontée la nation sera d’apaiser la tension militaire internationale croissante.

Lorsque la famine, les maladies, les catastrophes liées à la météo frappent, provoqués par le brusque changement climatique, les besoins de beaucoup de pays excéderont leurs capacités de subsistance. Cela créera un sentiment de désespoir, susceptible de mener à de violentes agressions visant à restaurer l’équilibre. Imaginez les pays d’Europe de l’est, luttant pour nourrir leurs populations et dont l’approvisionnement en nourriture, en eau et en énergie est en chute libre, lorgnant sur la Russie, dont la population est déjà en baisse, pour accéder à ses ressources céréalières, son minerai et son énergie. Ou figurez-vous le Japon, souffrant d’inondations le long de ses villes côtières et de la contamination de ses provisions d’eau douce, convoitant les réserves de pétrole et de gaz de l’île russe de Sakhaline, afin d’alimenter en énergie ses usines de dessalement et ses productions agricoles très consommatrices d’énergie. Envisagez le Pakistan, l’Inde et la Chine – tous équipés d’armes nucléaires – se déchirant à leurs frontières à propos des réfugiés, de l’accès à des rivières communes et des terres arables.

Les pêcheurs espagnols et portugais pourraient s’opposer à propos des droits de pêche, ce qui conduit à des affrontements en mer. Et des pays incluant les États-Unis vont probablement renforcer la sécurité de leurs frontières. Avec plus de 200 bassins fluviaux communs à de multiples nations, il faut s’attendre à des conflits pour l’accès à l’eau potable, pour l’irrigation et le transport fluvial. Le Danube touche douze nations, le Nilen concerne neuf et l’Amazone sept.

Dans ce scénario, nous pouvons nous attendre à des alliances de circonstance. Les États- Unis et le Canada pourraient devenir un seul et même pays, simplifiant le contrôle desfrontières. Ou bien le Canada pourrait garder pour lui sa puissance hydroélectrique et poser des problèmes énergétiques aux États-Unis. Les deux Corées pourraient s’unir pour créer une entité au savoir-faire technologique et disposant de l’arme nucléaire.

L’Europe pourrait agir en tant que bloc unifié pour limiter les problèmes d’immigration entre les nations européennes et organiser sa protection contre des agresseurs. La Russie, avec ses abondantes ressources en minerais, pétrole et gaz naturel pourrait sejoindre à l’Europe.

Dans ce monde d’États belligérants, la prolifération d’armes nucléaires est inévitable. Les réserves existantes d’hydrocarbure s’amenuisent alors que le refroidissement du climat fait grimper la demande. Avec la pénurie des sources d’énergie et le besoin croissant d’y accéder, le nucléaire deviendra une source d’énergie essentielle, ce qui accélèrera la prolifération nucléaire, les pays développant leur capacité à l’enrichissement et au retraitement [des matières radioactives] pour garantir leur sécurité nationale. La Chine, l’Inde, le Pakistan, le Japon, la Corée du Sud, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne auront tous l’arme nucléaire, de même qu’Israël, l’Iran, l’Égypte et la Corée du Nord.

Contrôler les tensions militaires et politiques, les incidents occasionnels et la menace de guerre, ce sera le défi. Les pays tels que le Japon, qui ont un niveau élevé de cohésion sociale (où le gouvernement peut engager avec efficacité la population à changer de comportement), sont les plus à même d’y parvenir. Les pays dont la diversité produit déjà des conflits, tels que l’Inde, l’Afrique du Sud et l’Indonésie, auront du mal à maintenir l’ordre. L’adaptabilité et l’accès aux ressources seront déterminants. Le défi le plus frustrant que posera le brusque changement de climat tiendra peut-être en ce que nous ne saurons jamais jusqu’à quel point du scénario de changement climatique nous sommes parvenus et combien d’années, 10, 100, 1000… seront encore nécessaires avant un certain retour à des conditions plus chaudes avec un redémarrage de la circulation thermohaline. Quand la capacité de charge chute soudainement, la civilisation est confrontée à de nouveaux défis qui paraissent aujourd’hui inimaginables.

CECI POURRAIT-IL VRAIMENT ARRIVER ?

Les scientifiques spécialistes des océans, de la terre et de l’atmosphère, appartenant aux organisations internationales les plus prestigieuses, ont révélé de nouveaux indices au cours de la décennie passée, qui suggèrent que la probabilité d’un important et rapide changement climatique est plus élevée que ce que la majeure partie de la communauté scientifique et peut-être toute la communauté politique ne sont prêts à envisager. S’il se produit, ce phénomène rompra la tendance actuelle de réchauffement général, ajoutant à la complexité et au manque de prévisibilité du climat. Et une preuve paléoclimatique suggère qu’un changement aussi brusque du climat pourrait commencer dans un proche avenir.

L’Institut Océanographique de Woods Hole rapporte que les mers entourant l’Atlantique Nord sont devenues moins salées au cours des quarante dernières années, ce qui a pour effet de rafraîchir le fond de l’océan dans l’Atlantique Nord. Cette tendance pourrait préparer le terrain à un effondrement ou un ralentissement du courant océanique et à un brusque changement climatique.

fig7

Le graphique ci-dessus met en évidence l’imminence possible d’un effondrement de la circulation thermohaline, l’Atlantique Nord étant de plus en plus rafraîchi par les mers qui l’entourent, devenues moins salées au cours des quarante dernières années (cliquer sur l’image pour l’agrandir).

Avec au moins huit brusques changements climatiques répertoriés dans les relevés géologiques, il semble qu’il vaille mieux s’interroger sur quand cela se passera, quelles en seront les répercussions et comment nous pouvons nous y préparer au mieux, plutôt que de savoir si cela va vraiment avoir lieu.

SOMMES-NOUS PRÉPARÉS À CE QUE L’HISTOIRE SE RÉPÈTE À NOUVEAU ?

Tous les journaux de la planète participent aujourd’hui au débat sur l’impact de l’activité humaine sur le changement du climat. Puisque la prospérité économique est liée à l’utilisation de l’énergie et aux émissions de gaz à effet de serre, on impute souvent au progrès économique d’être à l’origine d’un changement du climat. D’autres signes suggèrent que le changement de climat peut se produire indépendamment de l’activité humaine, comme l’attestent les événements climatiques survenus avant l’avènement de la société moderne.

Il est important de comprendre les impacts humains sur l’environnement, autant ce qui est susceptible d’accélérer que de ralentir, voire même d’inverser la tendance en matière de changement climatique. Les carburants alternatifs, le contrôle des émissions de gaz à effet de serre et les mesures de préservation sont des efforts qui valent la peine. De plus, nous devrions nous préparer aux effets inévitables d’un brusque changement du climat, qui surviendra probablement indépendamment de l’activité humaine.

Voici quelques recommandations préliminaires pour préparer les États-Unis à un brusque changement de climat :

1. Améliorer les modèles de prévision climatique. Davantage de recherches devraient être conduites pour que les prévisions portant sur le changement du climat soient plus fiables. Il faut approfondir la compréhension du rapport entre le comportement des océans et le changement de climat. Ces recherches devraient se concentrer sur les forces actuelles, passées et à venir, dans le but d’accroître notre compréhension d’un brusque changement de climat, comment il peut intervenir etcomment nous saurons qu’il se produit.

2. Assembler des modèles prévisionnels complets des répercussions du changement climatique. Des recherches conséquentes devraient être menées sur les possibles conséquences écologiques, économiques, sociales et politiques du brusque changement climatique. Des modèles et des scénarios sophistiqués devraient être développés pour prévoir les situations qui se produiront localement.

Un système devrait être conçu pour identifier comment le changement de climat peut affecter la répartition et gestion globale du pouvoir social, économique et politique. Ces analyses peuvent être employées pour atténuer les causes potentielles de conflits avant qu’ils ne se produisent.

3. Créer une échelle de mesure de la vulnérabilité. Des critères devraient être recensés pour appréhender la vulnérabilité d’un pays aux répercussions du changement de climat. Ces critères peuvent inclure l’impact climatique sur les ressources agricoles, aquifères et minérales, le savoir-faire technique, la cohésionsociale et l’adaptabilité.

4. Identifier des stratégies « sans regrets ni remords ». Des stratégies sûres devraient être identifiées et mises en application pour garantir un accès fiable aux approvisionnements alimentaires et à l’eau et pour assurer la sécurité nationale.

5. Préparer des réponses adaptatives. Un ensemble de mesures adaptativesdevrait être mis en place pour répondre et se préparer aux événements inévitables engendrés par le climat, telles que les migrations massives, les maladies et lesépidémies, les carences d’approvisionnement en nourriture et en eau.

6. Étudier les implications locales. Les premiers effets du changement de climat sont locaux. Tandis que nous pouvons anticiper des changements de la fréquence, de la résistance et de la nuisance des parasites, ainsi que les changements de la productivité agricole, il convient de regarder de prés où et dans quelles conditions spécifiques cela arrive pour savoir de quels parasites il s’agit, quelles récoltes et quelles régions sont vulnérables, et à quel point les répercussions seront graves. De telles études devraient être entreprises en particulier dans les régions d’importance stratégique pour la production de nourriture.

7. Explorer des options géo-technologiques de contrôle du climat. Aujourd’hui, il est plus facile de chauffer que de refroidir le climat, ainsi il pourrait être possible d’ajouter divers gaz à l’atmosphère, tels que des carbones hydrofluorés, pour compenser les effets du refroidissement. De telles actions devraient être évidemment étudiées avec soin, car elles risquent d’aggraver les conflits entre lesnations.

CONCLUSION

Il est tout à fait plausible que d’ici à une décennie un changement brusque et imminent du climat devienne une évidence claire et sûre. Il est également possible que nos modèles nous permettent de mieux en prévoir les conséquences. Dans cette perspective, les États-Unis devront prendre des mesures d’urgence pour empêcher et atténuer certains des impacts les plus importants. L’action diplomatique sera nécessaire pour réduire au minimum la probabilité de conflit dans les zones les plus touchées, les Caraïbes et l’Asie tout particulièrement. Cependant, dans ce scénario, des mouvements de population massifs sont inévitables. Apprendre à contrôler ces populations, les tensions qui surgissent aux frontières et les réfugiés qui en résultent, deviendra primordial. De nouvelles formes d’accords de sécurité, portant spécifiquement sur l’énergie, la nourriture et l’eau, seront également nécessaires. En bref, alors que les États-Unis eux-mêmes s’en sortiront mieux et ont une meilleure capacité adaptative, ils se retrouveront dans un monde où l’Europe luttera intérieurement, confrontée à des flots de réfugiés se déversant sur ses rivages, et où l’Asie traversera une grave crise par rapport à l’eau et à la nourriture. Bouleversements et conflits seront les caractéristiquesendémiques de la vie.

Source originale en anglais : Abrupt Climate Change

An Abrupt Climate Change Scenario and Its
Implications for United States National

Traduction : Paxhumana.info

déc 15 2009

Copenhague, écologie et manipulation du climat à usage militaire

Le consensus implicite est que les émissions de gaz à effet de serre sont la seule cause de l’instabilité climatique. Ni les gouvernements, ni les groupes d’action écologique, n’ont évoqué la question de la « guerre météorologique » ou « techniques de modification environnementale (ENMOD) » à usage militaire. Malgré le vaste corpus de connaissances scientifiques, la question de la manipulation du climat à des fins militaires a été exclue de l’ordre du jour des Nations Unies sur le changement climatique.

lkniileg

Avec une extraordinaire prévoyance, John von Neumann avait constaté ceci à l’apogée de la guerre froide (en 1955) :

« L’intervention dans le domaine atmosphérique et climatique… se déploiera à une échelle aujourd’hui difficile à imaginer… Cela interférera dans chaque relation de pays avec tous les autres, plus fortement que la menace de l’arme nucléaire ou que toute autre guerre pourrait le faire. » (Cité par Spencer Weart dans, Environmental Warfare: Climate Modification Schemes, Global Research, 5 décembre 2009)

En 1977, une Convention internationale, ratifiée par l’Assemblée générale des Nations Unies, a interdit « les techniques de modification  de l’environnement, militaires ou à d’autres fins hostiles, ayant des effets étendus, durables ou graves. » (AP, 18 mai 1977). Les États-Unis et l’Union Soviétique étaient tous deux signataires de la Convention.

Guidé par le désir de consolider la paix,… et de préserver l’humanité du danger de l’usage de nouveaux moyens de guerre, (…) Considérant que l’usage militaire… de ces techniques [de modification environnementale] pourraient avoir des effets extrêmement préjudiciables au bien-être de l’homme, désireux d’interdire réellement l’usage militaire… des techniques de modification environnementale afin d’éliminer des menaces pour l’humanité… et affirmant leur volonté d’œuvrer à la réalisation de cet objectif, (…) Chaque État partie à la présente convention assume de ne pas s’engager dans le recours militaire… aux techniques de modification environnementale ayant des effets étendus, durables ou graves, comme moyen de destruction, de faire du tort ou des préjudices à tout autre État partie. » (Convention on the Prohibition of Military or Any Other Hostile Use of Environmental Modification Techniques, Nations Unies, Genève, 18 mai 1977. Entrée en vigueur le 5 octobre 1978)

Cette Convention définit les « techniques de modification de l’environnement » comme celles s’appliquant à toute altération, par manipulation délibérée des processus naturels, de la dynamique, composition ou structure de la Terre, notamment de ses biotopes, sa lithosphère, son hydrosphère et son atmosphère ou de l’espace extra-atmosphérique. » (Environmental Modification Ban Faithfully Observed, Déclaration des États parties, Chronique des Nations Unies, juillet 1984, Vol. 21, p. 27)

La substance de la Convention de 1977 a été réaffirmée en termes très généraux dans la Convention-cadre sur le changement climatique (CCNUCC) signée au Sommet de la Terre en 1992 à Rio de Janeiro :

« Les États ont… conformément à la Charte des Nations Unies et aux principes du droit international, (…) la responsabilité de veiller à ce que les activités relevant de leur juridiction ou de leur contrôle ne créent pas des dommages dans l’environnement des autres États ou dans des régions au-delà des limites de leur juridiction nationale. » (UN Framework Convention on Climate Change, New York, 1992)

À la suite du Sommet de la Terre de 1992, la question de l’altération du climat à des fins militaires n’a jamais été soulevée lors des sommets ultérieurs sur le changement climatique et dans les réunions sous les auspices de la CCNUCC. Cette question a été effacée, oubliée. Elle ne fait plus partie du débat sur le changement climatique.

Pourtant, en février 1998, la Commission sur les affaires étrangères, la sécurité et la défense du Parlement européen a tenu des audiences publiques à Bruxelles à propos de l’installation de guerre météorologique développée aux États-Unis dans le cadre du programme HAARP.

La « Proposition de résolution » de la commission présentée au Parlement européen,

« considère que le projet HAARP (High Frequency Active Auroral Research Project), en raison de son impact général sur l’environnement, pose des problèmes globaux et demande que ses implications juridiques, écologiques et éthiques soient examinées par un organe international indépendant… ; [la commission] déplore que le gouvernement des États-Unis ait à maintes reprises refusé… pour apporter un témoignage sur les risques que comporte pour l’environnement et la population le projet HAARP… » (Parlement européen, Commission sur les affaires étrangères, la sécurité et la défense, Bruxelles, doc. N° A4-0005/99, 14 janvier 1999).

La demande de la commission, d’élaborer un « Livre blanc » sur l’incidence environnementale des activités militaires, a pourtant été rejetée avec désinvolture, au motif que la Commission européenne n’avait pas la compétence requise pour fouiller dans « les liens entre l’environnement et la défense. » Bruxelles se souciait d’éviter une confrontation avec Washington. (Voir le Rapport européen, 3 février 1999).

En 2007, à la suite de la publication et de la levée du sceau du secret de documents du gouvernement britannique aux Archives Nationales, le Daily Express a signalé que :

« Les documents [levés du sceau du secret] révèlent que les États-Unis, qui les ont menés sur le terrain, et l’Union Soviétique, ont des programmes militaires secrets dont l’objectif est la maîtrise du climat de la planète. Un scientifique se serait vanté du fait que, ‘’D’ici à 2025, les États-Unis disposeront de la météo ».

Ces allégations sont traitées par les sceptiques comme de la théorie de conspiration délirante et des balivernes pour films de James Bond, mais toujours plus d’indices montrent que la frontière entre la science-fiction et la réalité est de plus en plus floue. Les Étasuniens admettent à présent que, pendant la guerre du Viêt-nam, dans une opération appelée Projet Popeye, ils ont investi 12 millions en cinq ans dans « l’ensemencement des nuages, » afin de créer délibérément de fortes pluies pour inonder les cultures de l’ennemi et détruire ses routes de logistique sur la piste Ho Chi Minh.

On prétend que les précipitations ont été augmentées d’un tiers dans les régions ciblées, faisant de l’arme de manipulation météorologique un triomphe. À l’époque, des fonctionnaires du gouvernement ont dit que la région était sujette à de fortes pluies. » (Weather War? Daily Express, 16 juillet 2007)

Tout en étant formellement confirmée par des documents officiels du gouvernement et de l’armée étasunienne, l’éventualité de la manipulation du climat ou de l’environnement dans le cadre d’un projet militaire n’a jamais été considérée comme pertinente dans le débat sur le climat. Les analystes militaires sont muets sur ce sujet. Les météorologistes n’enquêtent pas sur la question et les écologistes sont alignés sur le réchauffement climatique et le protocole de Kyoto.

Source : Courant Libre

déc 13 2009

Un rapport du Pentagone sur le climat annonce un refroidissement global

Le département de la Défense du Pentagone a commandé un rapport, dont nous publions la traduction ci-dessous, afin de prévoir l’impact d’un changement climatique brutal sur la sécurité des États-Unis. Or, les conclusions s’en sont révélées si alarmantes que les plus hautes autorités ont tout fait pour l’étouffer. Ses auteurs, Peter Schwartz et Doug Randall, envisagent, environ pour 2010, en prenant appui sur les récentes études et sur l’évolution générale des conditions climatique à l’échelle terrestre, un brusque refroidissement du climat.

refroidissement global

Selon le Pentagone, nous nous dirigeons vers un refroidissement global

INTRODUCTION

Le but de ce rapport est d’imaginer l’impensable – de repousser les frontières de la recherche actuelle sur les changements climatologiques pour mieux comprendre les implications possibles pour la sécurité nationale des États-Unis. Nous avons interrogé les meilleurs scientifiques dans le domaine de la climatologie, conduit des recherches complémentaires et revu plusieurs fois le scénario avec ces experts. Les scientifiques appuient ce projet, mais avertissent que le scénario dépeint une situation extrême sur deux points importants. Premièrement, ils suggèrent que les événements que nous décrivons arriveraient plus vraisemblablement localement, plutôt que globalement. Deuxièmement, ils disent que l’ampleur des événements pourrait être beaucoup moins importante. Nous avons créé un scénario de changement climatique qui, bien que n’étant pas le scénario le plus probable, est plausible, et pourrait mettre au défi la sécurité nationale des États-Unis de telle façon qu’il devrait être pris en compte dès maintenant.

Les événements liés au climat ont un impact énorme sur la société, car ils influent sur les réserves alimentaires, les conditions de vie dans les villes et les agglomérations, de même que sur l’accès à l’eau potable et à l’énergie. Par exemple, un récent rapport, émanant du Climate Action Network of Australia (Réseaprendre les implications possibles pour la sécurité nationale des États-Unis. Nous avons interrogé les meilleurs scientifiques dans le domaine de la climatologie, conduit des recherches complémentaires et revu plusieurs fois le scénario avec ces experts. Les scientifiques appuient ce projet, mais avertissent que le scénario dépeint une situation extrême sur deux points importants. Premièrement, ils suggèrent que les événements que nous décrivons arriveraient plus vraisemblablement localement, plutôt que globalement. Deuxièmement, ils disent que l’ampleur des événements pourrait être beaucoup moins importante. Nous avons créé un scénario de changement climatique qui, bien que n’étant pas le scénario le plus probable, est plausible, et pourrait mettre au défi la sécurité nationale des États-Unis de telle façon qu’il devrait être pris en compte dès maintenant

La plupart des gens, lorsqu’ils pensent au changement de climat, imaginent une augmentation progressive des températures et seuls des changements marginaux en ce qui concerne les autres conditions climatiques, continuant sans fin, voire même se stabilisant un jour quelconque dans le futur. La sagesse ordinaire veut que, soit la civilisation moderne s’adaptera, quelles que soient les conditions climatiques rencontrées, et la mise en marche du changement climatique ne submergera pas la capacité d’adaptation de la société, soit nos efforts, tels que ceux figurés dans le protocole de Kyoto, seront suffisants pour atténuer les impacts. L’IPCC indique, document à l’appui, que la menace d’un changement climatique progressif et ses impacts sur les réserves en nourriture et autres ressources importantes pour la population humaine, ne sera pas grave au point de représenter une menace pour la sécurité. Les optimistes affirment que les bénéfices tirés de l’innovation technologique seront capables de prendre le pas sur les effets négatifs du changement climatique. La théorie d’un changement climatique progressif dans le futur présuppose que l’agriculture va continuer à se développer et que les périodes de récoltes vont s’allonger. L’Europe du nord, la Russie et l’Amérique du Nord vont prospérer au niveau agricole tandis que l’Europe du sud, l’Afrique, l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud vont souffrir de sécheresses grandissantes, de la chaleur, de pénurie d’eau et d’une production diminuée. Dans l’ensemble, la production mondiale de nourriture augmente,selon de nombreux scenarii de climats spécifiques. Cette vision du changement climatique peut être une dangereuse attitude d’auto-tromperie, alors que nous sommes de plus en plus confrontés aux récits de catastrophes climatiques – plus d’ouragans, de moussons, d’inondations et de périodes de sécheresse – dans des régions tout autour du monde.

u d’Action pour le Climat d’Australie), prévoit que le changement climatique risque de réduire les précipitations dans les régions d’herbage, ce qui pourrait engendrer une baisse de 15% de la production de fourrage. En retour, cela pourrait entraîner une réduction de 12% du poids moyen du bétail, réduisant de façon significative l’approvisionnement en boeuf. Dans de telles conditions, on prédit que les vaches laitières produiront 30% de lait en moins et que de nouveaux parasites vont probablement se propager dans les zones de production fruitière. De plus, on prévoit que de telles conditions entraîneront une diminution de 10% de l’eau potable. Basées sur des modélisations des changements climatiques à venir, de telles situations pourraient arriver simultanément dans plusieurs des régions vivrières tout autour du monde d’ici les prochains 15-30 ans, bousculant l’opinion selon laquelle la capacité d’adaptation de la société pourra maîtriser le changement de climat.

De nos jours, avec plus de 400 millions de personnes vivant dans des régions arides, subtropicales, souvent surpeuplées et économiquement pauvres, le changement de climat et les effets qui en découlent, représente un risque sérieux pour la stabilité politique, économique et sociale. Dans les parties moins prospères du monde, où les pays manquent des ressources et capacités requises pour s’adapter rapidement à des conditions de vie plus sévères, le problème, très probablement, s’en trouvera exacerbé. Pour certains pays, le changement de climat pourrait se transformer en une gageure telle que le résultat en serait une émigration massive de gens désespérés à la recherche d’une vie meilleure, dans des endroits qui ont les moyens de s’adapter, tels que les États-Unis.

Parce que les principaux scenarii du réchauffement global progressif pourraient entraîner des effets tels que ceux décrits ci-dessus, un nombre croissant de patrons, d’économistes, de décisionnaires et d’hommes politiques sont inquiets au sujet des perspectives du changement à venir et travaillent à limiter les effets de l’activité humaine sur le climat. Mais il se peut que ces efforts s’avèrent insuffisants ou bien ne soient pas réalisés assez tôt.

Au lieu de décennies ou même de siècles de réchauffement progressif, des indices récents témoignent de la possibilité qu’un scénario climatique plus dramatique peut en fait se dérouler. C’est la raison pour laquelle GBN (Global Business Network) travaille avec l’OSD (Office of the Secretary of the Defense) pour développer un scénario de brusque changement climatique vraisemblable qui puisse être utilisé pour étudier les répercussions de ce changement sur les réserves alimentaires, la santé et la maladie, le commerce et les échanges, ainsi que leurs conséquences pour la sécurité nationale.

Parce que l’on ne peut pas prédire de façon certaine, ni avec grande précision, quelles seront les conditions climatiques futures, ni donner de détails précis sur le brusque changement de climat, l’histoire avérée du changement climatique nous fournitquelques points de repères précieux. Notre but est simplement de dépeindre un scénario plausible, semblable à celui qui est déjà arrivé au cours de l’histoire de l’humanité, scénario pour lequel il existe des preuves fondées, afin que nous puissions continuer àapprofondir l’étude des possibles répercussions sur la sécurité nationale des États-Unis.

graph1

Le graphique ci-dessus, qui tire son origine d’échantillons d’un carottage de glace au Groenland, montre une tendance historique : certaines régions connaissent une période de glaciation soudaine au milieu de périodes de réchauffement général (cliquer sur l’image pour l’agrandir).

LA PÉRIODE DE REFROIDISSEMENT IL Y A 8200 ANS

Le scénario de changement climatique esquissé dans ce rapport est modelé sur un événement climatique qui a duré pendant un siècle et qui, selon les relevés sur des carottes de glace au Groenland, a eu lieu il y a 8200 ans. Immédiatement après une période prolongée de réchauffement, assez similaire à celle dans laquelle nous sommes apparemment aujourd’hui, on a assisté à un soudain refroidissement. Les températures moyennes annuelles ont baissé d’environ 2,75°C au Groenland, et des baisses de températures d’une ampleur quasi égale ont probablement eu lieu à travers toute la région de l’Atlantique Nord. Pendant l’événement climatique d’il y a 8200, la rudesse des hivers en Europe et en quelques autres régions a fait que les glaciers se sont étendus,les rivières ont gelé et les terres agricoles sont devenues moins fertiles. Des données scientifiques suggèrent que cet événement a été accompagné – et peut-être même causé – par un effondrement du courant océanique suite à une période de réchauffement progressif.

Des relevés à plus long terme sur des carottes de glace et dans les océans suggèrent qu’il y a peut-être eu jusqu’à 8 épisodes de glaciation rapide dans les dernières 730 000 années, et les fortes réductions du courant océanique – un phénomène qui se dessine fort probablement à l’horizon – sont une cause probable de ces changements de climat.

LE DRYAS RÉCENT

Un refroidissement d’au moins 14,85°C au Groenland et des changements significatifs dans la région de l’Atlantique Nord ont eu lieu il y a environ 12 700 ans – un événement également associé à l’effondrement apparent de la circulation thermohaline et qui a duré quant à lui 1300 ans. La particularité de l’événement du Dryas Récent est que la baisse de température s’est faite par paliers de 2,75°C chaque décennie, avant que le temps froid et sec ne s’installe pendant plus de 1000 ans. Bien que cet événement ait eu un effet énorme sur l’Océan et les terres dans les régions d’Europe (des icebergs ont été trouvés aussi loin que le Portugal), son impact serait bien plus important dans nos sociétés actuelles, à forte densité de population. Ce sont les périodes de refroidissement les plus récentes qui semblent être intimement liées à des changements de civilisations, à l’instabilité, à la transformation en zones inhabitables de régions autrefois convoitées et même à la disparition de certaines populations.

LE PETIT ÂGE GLACIAIRE

À partir du 14e siècle, la région de l’Atlantique Nord a connu un refroidissement qui a duré jusqu’au milieu du 19e siècle. Ce refroidissement a pu être causé par un important ralentissement du courant océanique, bien qu’il soit plus généralement admis qu’une diminution de l’activité solaire et/ou des éruptions volcaniques aient pu causer ces changements océaniques. Cette période, souvent appelée le Petit Âge Glaciaire, compris entre 1300 et 1850, était à l’origine de rudes hivers, de soudains changements de climat et a eu de profondes répercussions sur l’agriculture, l’économie et la politique en Europe.

La période était caractérisée par de continuelles pertes de récoltes, des famines, des épidémies et des migrations de populations, peut-être ressenties de manière plus dramatique par les peuples nordiques, également connus sous le nom de Vikings, qui vivaient en Islande et au Groenland. La formation de glace le long des côtes du Groenland empêchait les marchands d’accoster et les pêcheurs de pêcher pendant des hivers entiers. En conséquence, les paysans étaient forcés d’abattre leur bétail pauvrement nourri – manquant de nourriture, à la fois pour les animaux et pour euxmêmes.

Mais sans poisson, ni légumes, ni céréales, il n’y avait pas assez de nourriture pour subvenir aux besoins de la population. On rapporte que des famines, provoquées en partie par ces conditions climatiques plus sévères, sont à l’origine de dizaines de milliers de morts entre 1315 et 1319. Le refroidissement général a probablement conduit les Vikings hors du Groenland – et certains disent que ce fut une cause contribuant à la disparition de cette société.

Si des crises climatiques comme le Petit Âge Glaciaire ne sont pas seules responsables de la mort des civilisations, il est indéniable qu’elles ont un impact considérable sur la société. Il y a moins de 175 ans, un million de personnes sont mortes en Irlande à cause de la « famine de la pomme de terre », qui a également en partie été provoquée par lechangement climatique.

day1

UN SCÉNARIO DE CHANGEMENT CLIMATIQUE POUR LE FUTUR

Les exemples passés de brusque changement climatique nous rappellent qu’il est prudent de considérer ce type de scénario comme plausible, d’autant plus que des découvertes scientifiques récentes suggèrent que nous sommes peut-être à la veille d’un tel événement. Le scénario que nous avons construit s’appuie sur l’événement climatique survenu il y a 8200 ans, qui fut beaucoup plus chaud et plus bref que le Dryas Récent, mais plus rude que le Petit Âge Glaciaire. Ce scénario comporte des hypothèses plausibles concernant les parties du globe qui, selon toute vraisemblance, deviendront plus froides, plus arides, plus venteuses. Mais bien que des recherches intensifiées pourraient aider à affiner ces hypothèses, il n’y a pas moyen de les confirmersur la base des modèles actuels.

Plutôt que de prédire comment le changement climatique aura lieu, notre intention est de dramatiser les répercussions qu’il pourrait avoir sur la société si nous n’y sommes pas préparés. Quand nous décrivons les conditions météorologiques concrètes et leurs implications, notre but est de faire avancer les discussions stratégiques, plutôt que de prédire précisément et de façon certaine ce qui va probablement arriver. Même les modélisations les plus sophistiquées ne peuvent prédire dans le détail comment les changements climatiques se dérouleront, quelles régions seront touchées et de quelle manière et comment les gouvernements et les sociétés pourront réagir. Néanmoins, il semble y avoir un consensus au sein de la communauté scientifique autour du fait que le cas de figure exceptionnel, décrit ci-après, ne serait pas impossible. Beaucoup de scientifiques vont considérer ce scénario comme extrême, à la fois à cause de son imminence et à cause de l’ampleur, la rapidité et la simultanéité de ces changements climatiques. Mais l’Histoire nous montre que parfois les cas extrêmes arrivent, il y a des probabilités que ce soit le cas, et c’est le travail du DOD (Departement of Defense – leMinistère de la Défense) de prendre en compte un tel scénario.

Gardez à l’esprit que ce type d’événement peut durer des décennies, des siècles ou desmillénaires, et qu’il peut se déclencher cette année ou bien des années plus tard dans lefutur. Dans le scénario d’un brusque changement climatique que nous proposons ici,nous envisageons une période de réchauffement progressif allant jusqu’en 2010 et nousdépeignons les 10 années suivantes, en supposant qu’un brusque changement arrivedans le schéma des conditions climatiques, entraînant un refroidissement comme celas’est passé il y a 8200 ans.

LE RÉCHAUFFEMENT JUSQU’EN 2010

À la suite du réchauffement le plus rapide qu’ait connu la civilisation moderne en unsiècle, on observe pendant les 10 premières années du 21e siècle, une accélération duréchauffement atmosphérique, les températures planétaires moyennes augmentant de2,75°C par décennie et même de 1,1°C par décennie dans les régions les plus durementtouchées. De tels changements de température varieront à la fois selon les régions et lessaisons à travers le globe, ces variations d’échelle plus fines étant plus ou moins fortesque la moyenne du changement global. Ce qui sera très clair, c’est que la planète poursuivra sa tendance au réchauffement engagée à la fin du 20e siècle.

LA PÉRIODE DE 2010 A 2020

L’effondrement de la circulation thermohaline

Après environ 60 années de lent refroidissement, l’effondrement de la circulation thermohaline commence en 2010, perturbant le climat tempéré de l’Europe, qui existe grâce aux courants chauds du Gulf Stream (le bras de l’Atlantique Nord de la circulation thermohaline.) Les mouvements de circulation océaniques changent, apportant moins d’eau chaude au nord et entraînant un changement immédiat du climat en Europe du nord et dans l’est de l’Amérique du Nord. L’océan Atlantique Nord continue à emmagasiner de l’eau douce provenant de la fonte des glaciers et de la calotte glaciaire du Groenland, et peut-être plus important encore, des précipitations et écoulements d’eau plus importants. Des décennies de réchauffement dans les hautes latitudes ont augmenté les précipitations et ont amené de l’eau douce supplémentaire dans l’eau dense et salée du nord, qui normalement est essentiellement nourrie par les eaux plus chaudes et plus salées du Gulf Stream. Ce courant massif d’eau chaude ne s’enfonce plus très loin dans l’Atlantique Nord. L’effet climatique immédiat est une baisse des températures en Europe et dans la plupart des régions de l’hémisphère nord, ainsi qu’une baisse dramatique des précipitations dans beaucoup de régions agricoles très peuplées. Néanmoins, l’effet de cet effondrement sera ressenti par à-coups, les modèles traditionnels du climat ne réapparaissant que pour être perturbés à nouveau et cela pendant toute une décennie.

Le ralentissement dramatique de la circulation thermohaline est anticipé par quelques chercheurs océanographes, mais les États-Unis ne sont pas assez préparés pour ses conséquences, son imminence ou son intensité. Les modèles informatiques des systèmes climatiques et océanographiques, bien qu’améliorés, ont été incapables de produire une information suffisamment consistante et précise pour les décideurs. Comme les modèles météorologiques changent dans les années suivant l’effondrement, le type de climat que les années futures nous préparent, n’est pas clair. Tandis que quelques-uns prédisent que le refroidissement et la sécheresse sont sur le point de prendre fin, d’autres prédisent un nouvel âge glaciaire ou une sécheresse globale, laissant les décideurs et le public dans une incertitude extrême quant au futur climat et aux actions à entreprendre, si tant est qu’il y en ait. S’agit-il juste d’un mauvais moment à passer, peu signifiant, ou d’un changement fondamental du climat de la Terre, requerrant une réponse urgente et à grande échelle de la part des hommes ?

day2

Conditions plus froides, plus sèches et plus ventées pour les régions continentales de l’hémisphère nord

• La sécheresse persiste durant la décennie entière dans les régions agricoles vitales et dans les zones autour des principaux bassins de population en Europe et à l’est del’Amérique du Nord.

• Les températures annuelles moyennes perdent jusqu’à 2,75°C en Asie et en Amérique du Nord et jusqu’à 3,3°C en Europe.

• Les températures augmentent de 2,2°C dans les zones clés dans l’ensemble de l’Australie, de l’Amérique du Sud et de l’Afrique australe.

• Les tempêtes hivernales et les vents d’hiver s’intensifient, amplifiant l’impact des changements. L’Europe de l’Ouest et le Pacifique Nord sont confrontés à une augmentation des vents d’ouest.

Chacune des années de 2010-2020 voit une baisse des températures moyennes dans l’ensemble de l’Europe du Nord, allant jusqu’à plus de 3,3°C de moins en dix ans. La pluviométrie annuelle moyenne diminue presque de 30% dans cette région et les vents sont jusqu’à 15% plus forts en moyenne. Les conditions climatiques sont encore plus sévères dans les régions continentales intérieures de l’Asie et de l’Amérique du Nord.

Les effets de la sécheresse sont plus dévastateurs que le désagrément dû aux baisses de la température dans les zones agricoles et peuplées. Avec la réduction persistante des précipitations dans ces zones, les lacs s’assèchent, le débit des fleuves diminue et l’approvisionnement en eau douce se réduit, mettant en danger les moyens de conservation et épuisant les réserves disponibles d’eau potable. De méga-sécheresses débutent dans les principales régions de la Chine du Sud et en Europe du Nord vers 2010 et perdurent tout au long de la décennie. Dans le même temps, des zones qui étaient relativement sèches pendant les dernières décennies ainsi que des régions habituées traditionnellement à l’agriculture en zones sèches, connaissent plusieurs années durant des précipitations torrentielles et des fleuves qui débordent.

Dans la région de l’Atlantique Nord et à travers le nord de l’Asie, c’est au coeur de l’hiver que le refroidissement est le plus prononcé, en décembre, janvier et février, bien que ses effets se prolongent au cours des saisons, le refroidissement devenant de plus en plus intense et moins prévisible. Alors que la neige s’accumule dans les régions montagneuses, le refroidissement perdure jusqu’en été. En plus du refroidissement et de la sécheresse estivale, la force moyenne du vent augmente à cause d’une circulation atmosphérique qui se localise.

Tandis que les schémas météorologiques sont perturbés au début du changement climatique autour du globe, les effets sont bien plus prononcés en Europe du nord pendant les cinq premières années suivant l’effondrement de la circulation thermohaline. À partir de la deuxième moitié de cette décennie, le froid et les conditions plus rudes s’étendent et pénètrent plus profondément en Europe méridionale, en Amérique du Nord et au-delà. Le nord de l’Europe se refroidit selon un modèle climatique où le froid prolonge la période pendant laquelle le nord de l’océan Atlantique

Nord est pris dans les glaces, facteur supplémentaire du refroidissement, ce qui allonge la période des températures hivernales de l’air en surface. Les vents reprennent du fait que l’atmosphère tente de compenser le gradient de température accentué entre le pôle et l’équateur. L’air froid soufflant sur le continent européen provoque des conditions particulièrement dures pour l’agriculture. La combinaison du vent et de la sécheresse està l’origine de tempêtes de poussière de grande ampleur et de l’appauvrissement des sols.

Les signes d’un réchauffement progressif se dessinent dans la plupart des régions du sud en bordure de l’océan Atlantique, mais la sécheresse ne s’atténue pas. Vers la fin de la décennie, le climat de l’Europe s’apparente plus à celui de la Sibérie.

La deuxième partie de ce rapport sera publiée le 16 décembre 2009

déc 11 2009

Climategate, le monde à l’envers

Dans cet article du Nouvel Observateur, la presse officielle passe à l’offensive pour continuer à nous faire croire au caractère scientifique des conclusions du GIEC sur le réchauffement climatique.

climatology_dees

Il s’agit maintenant de jouer la « transparence » et d’expliquer ce que les mails de spécialistes du climat, révélés à l’occasion du Climategate, ont de profondément choquant sur les méthodes qu’emploient ces « scientifiques ».

Aujourd’hui, tout est renversé. Méthode bien connue. Les malheureux climatologues pris la main dans le sac à écarter les scientifiques qui ne sont pas de leur bord par tous les moyens, fussent-ils déloyaux, sont maintenant considérés comme des victimes.

Pour jouer,à notre façon, la transparence et compléter les informations de Joke, précisons que le concept de réchauffement planétaire d’origine humaine a été introduit pour la première fois en politique par Margaret Thatcher en 1988, incitée en cela par un conseiller du nom de Sir Crispin Tickell dont l’autorité en matière de climatologie me laisse dubitatif. Selon Wikipedia :

« His worldwide status as an authority on climate change is all the more surprising because he has no formal academic training in this area and has formed his opinion by self-teaching. » (Son statut mondial en tant qu’autorité sur le changement climatique est pour le moins surprenante puisqu’il n’a pas de formation universitaire dans ce domaine et a constitué son opinion de façon autodidacte.)

Le premier livre de Tickell sur le sujet date de 1977. En fait, il prend la suite d’un mouvement qui lui est antérieur et sur lequel je reviendrai quand l’occasion se présentera.

Tickell est aussi directeur honoraire de IBM Royaume-Uni et membre de la Baring Foundation.

Il est aussi un dirigeant de la Optimum Population Trust qui est une officine destinée à limiter la population dans le monde. Les questions liées à la réduction de la population, c’est à dire à l’écologie malthusienne, sont historiquement issues du discours scientifique eugéniste propagé par la Royal Society (l’équivalent anglais de notre Académie des Sciences en France) à travers la Royal Eugenics Society et des personnalités reconnues comme d’éminents écologistes comme Teilhard de Chardin ou Julian Huxley.

En 1990, Tickell est nommé président de l’Institut du Climat de Washington et met en place une sorte de séminaire pour chefs d’état et dirigeants pour organiser le protocole de Rio de Janeiro.

Al Gore est aussi un activiste de la cause malthusienne comme en témoigne son livre de 1992 Sauver la planète Terre.

Pour tous ces gens, l’humanité reste le principal fléau dont souffre la nature.

C’est pourquoi je retourne avec ironie cet argument contre ses défenseurs, les écologistes malthusiens. Qu’ils donnent l’exemple en disparaissant de cette planète. L’humanité ne s’en trouvera pas diminuée. Merci pour elle.

Ecologie Idéologie

déc 09 2009

1200 limousines, 140 jets privés et des prostituées gratuites au « sommet » de Copenhague

Dans le Daily Telegraph, Andrew Gilligan a publié un article le 5 décembre 2009 intitulé « Sommet sur le climat de Copenhague : 1200 limousines, 140 jets préivés et des toasts de caviar» . On y apprend des choses étonnantes et totalement incohérentes avec l’objectif du sommet, ce qui laisse à penser que ce rassemblement est une vaste fumisterie dont uniquement les déplacements des participants vont produire 41.000 tonnes d’équivalent CO2, soit la quantité produite au cours de la même période par une ville de la taille de Middlesbrough (140.000 habitants).

72200_copeh-une

La plus grande société de location de limousines de Copenhague dispose de 12 véhicules, mais pour répondre aux besoins du sommet, elle en aura 200 qu’elle fera venir d’Allemagne et de Suède. Au total, 1200 limousines seront présentes dans la ville de Copenhague, dont 42 pour la France, alors que seulement 5 voitures électriques seront recensées

L’aéroport de Copenhague attend, lui, 140 jets privés supplémentaires, ce qui est bien au delà de sa capacité. Du coup, les avions devront aller se garer dans les aéroports régionaux ou en Suède pour revenir à Copenhague uniquement pour chercher leurs passagers !

Au niveau des hommes, 15.000 délégués et fonctionnaires, 5000 journalistes et 98 dirigeants du monde, sont attendus dans la capitale danoise, dont des stars comme Leonardo DiCaprio, Daryl Hannah, Helena Christensen, l’archevêque Desmond Tutu ou le prince Charles. Les hôtels haut de gamme afichent tous complet (£ 650 la nuit) et proposent des menus spéciaux pour la Convention sur le climat avec coquilles Saint-Jacques, foie gras et toasts de caviar. 

Et les prostituées « rebondissent»  sur cette conférence mondiale : n’ayant pas apprécié une carte postale du Conseil invitant les délégués à « être durable et à ne pas acheter de sexe» , le syndicat local des travailleurs du sexe a annoncé que ses 1400 membres offriront une passe à toute personne se présentant avec un pass de délégué à la conférence sur le climat !

Pour se rassurer, sachez que Copenhague est une ville habituellement remplie de bicyclettes, avec des bâtiments anciens rénovés pour être économes en énergie, et semble incarner un modèle de vie civilisée à faible production de CO2 !

oct 26 2009

Rencontre avec Ted Kaczynski

Theodore Kaczynski développa une attitude négative envers le système techno-industriel très tôt dans sa vie. C’est en 1962, pendant sa dernière année à Harvard, expliqua-t-il, qu’il commença à ressentir de la désillusion vis-à-vis du système. Et il dit qu’il se sentit complètement seul. « Dans les années 60 il y avait eu quelques critiques contre la technologie, mais autant que je sache il n’y eut personne pour s’opposer au système technologique en tant que tel… C’est seulement vers 1971 ou 1972, peu après m’être installé au Montana, que j’ai lu le livre de Jacques Ellul, The Technological Society [1]. Le livre est un chef d’œuvre. J’ai été absolument enthousiasmé quand je l’ai lu. J’ai pensé : ‘regarde, ce type dit toutes les choses que je voulais dire’ ».

no-on-prop-8-unite2

Pourquoi, demandai-je, en est-il arrivé personnellement à être contre la technologie ? Sa réponse immédiate fut : « Pourquoi vous poser la question ? Elle réduit les gens à l’état de rouages dans une machine, elle nous enlève notre autonomie et notre liberté ». Mais il y avait manifestement quelque chose de plus que cela. En même temps que la rage qu’il ressentait contre la machine, ses paroles révélaient un amour évident pour un endroit très particulier dans la nature sauvage du Montana. Il devint très animé, parla très passionnément, en racontant des histoires sur la vie de montagne qu’il avait créée ici et ensuite cherché à défendre contre l’emprise du système. « La vérité vraie est que je ne suis pas vraiment politiquement orienté. J’aurais vraiment voulu vivre simplement dans les bois. Si personne n’avait commencé à tracer des routes par ici et à couper les arbres et à venir bourdonner autour avec des hélicoptères et des scooters des neiges, je vivrais encore simplement ici et le reste du monde se débrouillerait tout seul. Je me suis impliqué dans des questions politiques parce que j’y ai été conduit, pour ainsi dire. Je n’ai pas vraiment d’inclination pour ça ».

Kaczynski s’installa dans une cabane qu’il construisit lui-même près de Lincoln, dans le Montana, en 1971. Pendant la première décennie, il se concentra sur l’acquisition des techniques primitives qui lui permettraient de vivre de manière autonome dans la nature sauvage. Il expliqua que le besoin de faire cela avait fait partie de sa psyché depuis son enfance. « Il n’y a aucun doute que la raison pour laquelle j’ai abandonné le système technologique est que j’avais lu des choses sur d’autres modes de vie, en particulier celui des peuples primitifs. Quand j’avais environ onze ans, je me rappelle que j’étais allé à la petite bibliothèque locale de Evergreen Park dans l’Illinois. Ils avaient une série de livres publiés par le Smithsonian Institute, qui traitaient de divers domaines de la science. Entre autres choses, j’ai lu sur l’anthropologie dans un livre sur la préhistoire humaine. J’ai trouvé ça fascinant. Après avoir lu un peu plus de livres sur le sujet de l’homme de Neandertal et le reste, je brûlais d’envie d’en lire plus. J’ai commencé à me demander pourquoi et j’ai fini par réaliser que ce que je voulais vraiment ce n’était pas lire un autre livre, mais que je voulais simplement vivre de cette manière ».

Kaczynski dit qu’il commença une étude intensive pour apprendre à identifier les plantes sauvages comestibles, pister les animaux et copier les technologies primitives, approchant cette tâche comme le savant qu’il était. « Il y a de nombreuses années, j’avais l’habitude de lire des livres comme, par exemple, Lives of Game Animals par Ernest Thompson, pour m’informer sur le comportement animal. Mais après un certain point, après avoir vécu dans les bois pendant un moment, j’ai développé une répugnance à lire des études scientifiques. Pour moi, dans un certain sens, lire ce que les biologistes professionnels disaient sur la vie sauvage la gâchait ou la contaminait. Ce qui commençait à compter pour moi, c’était la connaissance que j’acquérais sur la vie sauvage à travers mon expérience personnelle »

Kaczynski parla abondamment de la vie qu’il mena dans sa petite cabane sans électricité et sans eau courante. C’est ce style de vie et cette cabane que ses avocats utiliseraient pour tenter de mettre sa santé mentale en question durant son procès. C’est une stratégie de défense dont Kaczynski dit naturellement qu’elle l’offensa gravement. Nous parlâmes des particularités de sa routine quotidienne. « J’ai pas mal d’expérience pour identifier les plantes sauvages comestibles », dit-il fièrement, « c’est certainement l’une des activités les plus gratifiantes que je connaisse, aller dans les bois et chercher les choses qui sont bonnes à manger. Mais le problème avec un endroit comme le Montana, en quoi il diffère des forêts de la côte Est, c’est que les féculents végétaux sont beaucoup moins disponibles. Il y a des racines comestibles mais elles sont généralement très petites et la répartition est limitée. Les meilleures poussent habituellement plus bas dans les zones qui sont des zones agricoles, en fait des ranchs, et les fermiers ne veulent probablement pas qu’on creuse dans leurs prairies, donc les féculents étaient des aliments civilisés. J’ai acheté de la farine, du riz, de la semoule de maïs, des flocons d’avoine, du lait en poudre et de l’huile de table ».

Kaczynski déplorait de n’avoir jamais pu accomplir trois choses pour sa satisfaction : fabriquer un arc pour pouvoir chasser, faire une bonne paire de mocassins en peau de chevreuil qui pourraient supporter les excursions quotidiennes qu’il faisait sur les flancs rocheux des collines, et apprendre à faire du feu régulièrement sans utiliser d’allumettes. Il dit qu’il était toujours très occupé et qu’il était heureux de sa vie solitaire. « Une chose que j’ai trouvée en vivant dans les bois, c’est que vous finissez par ne plus avoir peur du futur, vous n’avez pas peur de mourir, si les choses vont bien maintenant, vous pensez : ‘eh bien, si je meurs la semaine prochaine, et alors ? – les choses vont bien maintenant’. Je pense que c’est Jane Austen qui écrivit dans l’un de ses romans que le bonheur est toujours une chose que vous prévoyez dans le futur, pas une chose que vous avez au moment présent. Ce n’est pas toujours vrai. Peut-être que c’est vrai dans la civilisation, mais quand vous sortez du système et que vous vous réadaptez à un mode de vie différent, le bonheur est souvent une chose que vous avez immédiatement ».

Il admet volontiers qu’il a fait pas mal de bêtises pendant les années 70, mais vint un temps où il décida de consacrer davantage d’énergie à combattre le système. Il décrit le catalyseur :

« Le meilleur endroit, pour moi, était le plus grand vestige de ce plateau qui date de l’ère tertiaire. C’est un pays ondulé, pas plat, et quand vous allez à un coin vous trouvez ces ravins à pic qui coupent des dénivelés comme des falaises et il y avait même une chute d’eau ici. C’était à environ deux jours de marche de ma cabane. C’était le meilleur endroit jusqu’à l’été de 1983. Cet été-là il y eut trop de gens autour de ma cabane, donc j’ai décidé qu’il me fallait un peu de tranquillité. Je suis retourné vers le plateau, et quand je suis arrivé ici j’ai vu qu’ils avaient tracé une route juste en plein milieu ». Sa voix s’affaiblit ; il fait une pause, puis continue : « Vous ne pouvez pas imaginer à quel point j’ai été bouleversé. C’est à ce moment que j’ai décidé que, plutôt que d’essayer d’acquérir davantage d’aptitudes pour la vie sauvage, je travaillerai à me venger du système. Vengeance. Ce n’était pas la première fois que je faisais des bêtises, mais à ce moment, ce genre de chose devint une priorité pour moi… Je fis un effort conscient pour lire des choses qui étaient en rapport avec les questions sociales, spécifiquement le problème technologique. D’abord, je voulais comprendre comment les sociétés changent, et dans ce but j’ai lu de l’anthropologie, de l’histoire, un peu de sociologie et de psychologie, mais surtout de l’anthropologie et de l’histoire ».

Kaczvnski en arriva bientôt à la conclusion que les stratégies réformistes qui appelaient simplement à « fixer » le système n’étaient pas suffisantes, et il plaçait peu de confiance dans l’idée qu’un changement massif de conscience pourrait un jour saper le système technologique. « Je ne pense pas que cela puisse être fait. En partie à cause de la tendance humaine, pour la plupart des gens – il y a des exceptions –, à prendre le chemin de la moindre résistance. Ils prendront tous le chemin facile, et renoncer à votre voiture, votre téléviseur, votre électricité, n’est pas le chemin de la moindre résistance pour la plupart des gens. Comme je le vois, je ne pense pas qu’il y ait un moyen contrôlé ou planifié qui nous permette de démanteler le système industriel. Je pense que la seule manière pour nous en débarrasser est s’il se bloque et s’effondre. C’est pourquoi je pense que les conséquences seront quelque chose comme la Révolution russe, ou des circonstances comme celles que nous voyons dans d’autres endroits du monde aujourd’hui comme les Balkans, l’Afghanistan, le Rwanda. Cela pose un dilemme, je pense, aux radicaux qui adoptent un point de vue non-violent. Quand les choses se bloqueront, il y aura de la violence et cela soulève une question, je ne sais pas si je dois vraiment l’appeler une question morale, mais le problème est que pour ceux qui comprennent la nécessité de se débarrasser du système techno-industriel, si vous travaillez à son effondrement, en pratique vous allez tuer une quantité de gens. S’il s’effondre, il y aura des désordres sociaux, il y aura de la famine, il n’y aura plus de pièces de rechange ni de carburant pour les machines agricoles, il n’y aura plus de pesticides ou d’engrais dont l’agriculture moderne est dépendante. Donc il n’y aura plus assez de nourriture à distribuer, donc ensuite que se passera-t-il ? C’est une chose, autant que je l’ai lu jusqu’ici, qu’aucun radical n’a jamais regardée en face

A ce moment il me demanda, en tant que radical, de regarder cette question en face. Je répondis que je ne connaissais pas la réponse. Il dit qu’il ne la connaissait pas non plus, joignit les mains et me regarda fixement. Son fort accent du Middle West, sa manière de parler et les expressions qu’il utilisait m’étaient si familiers que je pensai à quel point il me rappelait les professeurs que j’avais quand j’étais étudiant en anthropologie, en histoire et en philosophie politique dans l’Ohio. Je décidai de lui raconter l’histoire de la manière dont l’un de mes conseillers diplômés, le Dr. Resnick, lui aussi un ancien de Harvard, posa un jour la question suivante dans un séminaire sur la légitimité politique : disons qu’un groupe de scientifiques demande à rencontrer les principaux politiciens du pays pour discuter de l’introduction d’une nouvelle invention. Les scientifiques expliquent que les bénéfices de la technologie sont incontestables, que l’invention augmentera l’efficacité et rendra plus facile la vie des gens. Le seul inconvénient, avertissent-ils, est que pour qu’elle fonctionne, quarante mille personnes innocentes devront être tuées chaque année. Les politiciens décideraient-ils d’adopter la nouvelle invention ou non ? La classe était sur le point d’arguer qu’une telle proposition serait immédiatement rejetée, alors il remarqua avec désinvolture : « Nous l’avons déjà : c’est l’automobile ». Il nous avait obligés à réfléchir sur la quantité de morts et de souffrances innocentes que subit notre société en résultat de notre engagement à maintenir le système technologique – un système dans lequel nous sommes tous nés maintenant et vis-à-vis duquel nous n’avons pas d’autre choix à part tenter de nous y adapter. Tout le monde peut voir que la société technologique existante est violente, oppressive et destructrice, mais que pouvons-nous faire ?

« Le grand problème est que les gens ne croient pas qu’une révolution soit possible, et elle n’est pas possible précisément parce qu’ils ne croient pas qu’elle est possible. Dans une large mesure je pense que le mouvement écolo-anarchiste fait du bon travail, mais je pense qu’ils pourraient faire mieux… Les véritables révolutionnaires devraient se séparer des réformateurs… Et je pense qu’il serait bon de faire un effort conscient pour que le plus de gens possible connaissent la nature sauvage. D’une manière générale, je pense que ce qui doit être fait n’est pas de tenter de convaincre ou de persuader la majorité des gens que nous avons raison, mais plutôt de tenter d’accroître les tensions dans la société jusqu’au point où les choses commenceront à se bloquer. Créer une situation où les gens se sentent suffisamment mal pour se révolter. Donc la question est : comment accroître ces tensions ? Je ne sais pas. »

Kaczynski voulut parler de tous les aspects du système techno-industriel en détail, et de plus, du pourquoi et du comment nous devrions travailler à provoquer sa disparition. C’est un sujet auquel nous avions tous deux beaucoup réfléchi. Nous discutâmes de l’action directe et des limites des idéologies politiques. Mais les discussions de loin les plus intéressantes tournèrent autour de nos vues concernant la supériorité de la vie et de la nature sauvages. Vers la fin de l’interview, Kaczynski raconta une histoire poignante sur l’étroite relation qu’il avait développée avec un lapin des neiges.

« C’est quelque chose de personnel », commença-t-il par dire, et je lui demandai s’il voulait que j’arrête le magnétophone. Il dit : « Non, je peux vous le raconter. Alors que je vivais dans les bois, je me suis en quelque sorte inventé des dieux à moi », et il rit. « Non que je croyais en ces choses intellectuellement, mais c’étaient des idées qui correspondaient en quelque sorte à certains des sentiments que j’avais. Je crois que le premier que j’ai inventé fut le Grand-père Lapin. Vous savez que les lapins des neiges étaient ma principale source de viande pendant les hivers. J’avais passé beaucoup de temps à apprendre ce qu’ils font et à suivre leurs traces tout autour avant de pouvoir m’approcher suffisamment pour les tuer. Parfois vous suivez un lapin à la trace tout autour et ensuite les traces disparaissent. Vous ne pouvez pas comprendre où ce lapin est allé sans laisser de traces. Je me suis inventé un mythe, que c’était le Grand-père Lapin, le grand-père qui était responsable de l’existence de tous les autres lapins. Il était capable de disparaître, c’est pour cela que vous ne pouviez pas l’attraper et que vous ne le voyiez jamais… Chaque fois que je tuais un lapin des neiges, je disais toujours : ‘Merci Grand-père Lapin’. Après un certain temps j’ai acquis une forte envie d’attirer les lapins des neiges. Je me suis en quelque sorte impliqué avec eux au point où ils occupaient une grande partie de mes pensées. J’avais en fait un objet en bois sur lequel, entre autres choses, j’avais gravé un lapin des neiges. J’avais l’intention d’en faire un meilleur, juste pour les lapins des neiges, mais je n’ai jamais pu le faire. Il y en avait un autre que j’appelais parfois le feu follet ou les ailes du matin. C’est quand vous allez dans les collines le matin et que vous vous sentez simplement attiré plus loin et plus loin et encore plus loin, alors vous suivez le feu follet. C’est un autre dieu que je m’étais inventé ».

Ainsi Ted Kaczynski, en vivant dans la nature sauvage, comme des générations d’hommes préhistoriques avant lui, avait innocemment redécouvert les dieux de la forêt. Je me demandais s’il pensait que ces dieux l’avaient abandonné maintenant qu’il affrontait la vie en prison en n’ayant plus de liberté, plus de lien avec la vie sauvage, plus rien de cette vie qui était si importante pour lui, plus rien à part son amour sincère de la nature, son amour de la connaissance et son engagement dans le projet révolutionnaire de hâter l’effondrement du système techno-industriel. Je lui demandai s’il craignait de perdre la raison, si les circonstances où il se trouvait maintenant pouvaient briser son esprit. Il répondit : « Non, ce qui m’effraie c’est que je puisse d’une certaine façon m’adapter à cet environnement et finir par me sentir bien ici et ne plus m’en irriter. Et j’ai peur qu’avec les années je puisse oublier, je puisse commencer à perdre mes souvenirs des montagnes et des bois, et c’est ce qui m’effraie réellement, que je puisse perdre ces souvenirs, et perdre ce sens du contact avec la nature sauvage en général. Mais je n’ai pas peur qu’ils puissent briser mon esprit ». Et il offrit le conseil suivant aux anarchistes verts qui partagent sa critique du système technologique et qui veulent hâter l’effondrement du « mastodonte de la civilisation industrielle destructeur de la Terre », comme le dit Edward Abbey : « Ne perdez jamais espoir, persistez et soyez obstinés et n’abandonnez jamais. Il y a beaucoup d’exemples dans l’histoire où des perdants apparents se retrouvent soudain les vainqueurs, d’une manière inattendue, donc vous ne devez jamais conclure que tout espoir est perdu ».

Interview publiée sur Privisism.com, relayée par VOXNR

[1] Il s’agit de La technique ou l’enjeu du siècle, qui fut publié en France en 1954, dans une collection universitaire et après avoir été refusé par deux éditeurs. C’est le livre de Jacques Ellul le plus connu dans les pays anglo-saxons ; aux Etats-Unis, il est constamment réédité en collection de poche et est inscrit au programme des lectures obligées (text-books) de la plupart des universités. Jacques Ellul a ensuite approfondi le sujet avec Le système technicien (1977) et Le bluff technologique (1987). Mais le premier volume de la trilogie reste un livre fondateur et prophétique à bien des égards (J. Ellul en fit une version complétée en 1960, qui fut elle aussi refusée par un éditeur). (NDT)