juil 08 2009

L’appropriation du sens réel des spiritualités comme arme contre la servitude (deuxième partie)

Par Régis Mex

On estime que 95 % des êtres humains ont accès à la « Sainte Bible » dans une langue qu’ils comprennent, de nos jours. Environ 40 millions de bibles sont distribuées chaque année dans le monde; il s’agit du livre le plus lu de l’histoire de l’humanité. Si une partie de la Bible est dotée de sens, à l’instar des Évangiles et d’autres passages du Nouveau Testament, on ne peut pas en dire autant de la version de la Genèse que l’on trouve dans l’Ancien Testament. Or, ce qui n’a pas de sens et a fortement contribué à occulter toute chose plus subtile que ce qui est accessible par les cinq sens organiques a longtemps été préféré au contenu plus intelligent et éducatif du grand livre chrétien.

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Voici quelques exemples de cette manipulation:

Ce document, conservé à la Bibliothèque nationale de France, contient certains conseils que les cardinaux donnèrent au pape Jules III à son élection en 1550:

« La lecture de l’Evangile ne doit être permise que le moins possible, surtout en langue moderne et dans les pays soumis à votre autorité. Le très peu qui est lu généralement à la messe devrait suffire et il faudrait défendre à quiconque d’en lire plus. Tant que le peuple se contentera de ce peu, vos intérêts prospéreront, mais dès l’instant qu’on voudra en lire plus, vos intérêts commenceront à en souffrir.

Voilà le livre qui, plus qu’aucun autre, provoquera contre nous les rébellions, les tempêtes qui ont risqué de nous perdre. En effet, quiconque examine diligemment l’enseignement de la Bible et le compare à ce qui se passe dans nos Eglises trouvera bien vite les contradictions et verra que nos enseignements s’écartent souvent de celui de la Bible et, plus souvent encore, s’opposent à celle-ci. Si le peuple se rend compte de ceci, il nous provoquera jusqu’à ce que tout soit révélé et alors nous deviendrons l’objet de la dérision et de la haine universelles. Il est donc nécessaire que la Bible soit enlevée et dérobée des mains du peuple avec zèle, toutefois sans provoquer de tumulte ».

(Feuille Bibliothèque nationale 1089. Volume II. Page 641-650 – références Fond Latin n°12558 – Année 1550)

L’historique suivant est repris du travail de Mary Ann Collins:

L’Église Catholique a longtemps enchaîné la Bible en ne diffusant que sa traduction en latin, la Vulgate (qui remonte au début du Ve siècle), et en refusant qu’elle soit traduite dans les langues courantes, ce qui aurait permis que tout le monde la comprenne.

Dans l’empire romain, le latin était devenu la langue universelle. La Bible a été écrite en hébreu pour l’Ancien Testament, et en grec pour le Nouveau Testament. Quand elle fut traduite en latin, davantage de gens purent la lire. Toutefois, avec l’effondrement de l’empire romain, le latin fut de moins en moins parlé. Finalement, seuls les érudits pouvaient le comprendre. La grande majorité du peuple ne parlait plus le latin.

A partir de 1080, suite à de nombreux incidents, le Pape, les Conciles de l’Eglise et les évêques finirent par interdire la traduction de la Bible dans la langue vernaculaire, c’est-à-dire dans la langue parlée par tout le monde. Des hommes comme William Tyndale furent brûlés comme hérétiques pour avoir traduit la Bible en anglais. 

L’interdiction portée par l’Église romaine de lire les livres saints remonte au concile de Toulouse en 1229. Même les laïcs n’étaient pas autorisés à lire la Bible en latin. Le seul fait de lire la Bible était considéré comme une preuve d’hérésie. Des hommes et des femmes furent brûlés vifs pour avoir lu la Bible en latin.

En 1582 fut publiée la première traduction catholique du Nouveau Testament en anglais. Une traduction catholique de l’Ancien Testament fut publiée en 1609. Ces traductions ne furent pas faites à partir des textes originaux hébreu et grec, mais à partir d’une version en latin.

Selon l’enseignement officiel de l’Église Catholique, les Catholiques ne sont pas autorisés à croire ce qu’ils lisent eux-mêmes dans la Bible, sans avoir consulté d’abord les autorités de l’Église Catholique. Ils doivent savoir de quelle manière les évêques de l’Église interprètent ces passages, et ils doivent aussi accepter avec « docilité » les enseignements des évêques, comme s’ils étaient donnés par Jésus-Christ lui-même. Ils ne sont pas autorisés à recourir à leur propre jugement, ni à suivre leur propre conscience. On leur demande de croire tout ce que leur diront leurs évêques, sans rien remettre en question.

Malgré de nombreuses manipulations de traduction lors de passage de textes de l’hébreu et du grec au latin, puis du latin en langue vernaculaire, le clergé craignait donc les révélations que contenaient le livre qui était la pierre principale sur laquelle reposaient les fondations de leur Église. Le sens des textes relatifs à la vie de Jésus, par exemple, était resté intact, mais l’enseignement du Christ contrariait quelque peu les intentions du clergé, à mille lieues d’un message de fraternité et de paix. Voilà pourquoi ils l’ont occulté et ont auto-qualifié leur parole comme étant infaillible, ainsi que tant d’autres subterfuges qui ont servi à manipuler les masses pour des buts exclusivement politiques.

Matthieu 15:8-9:

Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes.

Marc 7:8:

Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes.

Matthieu 13:11, 15:

Car le coeur de ce peuple est devenu insensible; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne comprennent de leur coeur.

Au-delà de la gravité des faits qui ont eu lieu pendant 1500 ans de main-mise de l’Église catholique sur les affaires des pays européens, la pensée empoisonnée qu’elle a dispensée s’est accrochée profondément dans les fondements de la doctrine judéo-chrétienne et dans l’esprit de tous ceux qui y ont baigné, habituant les occidentaux à penser en des termes réducteurs, et façonnant sans doute en grande partie les raisons de l’avènement de nos sociétés de consommation.

Pourtant, le travail remarquable de nombreux occultistes des Temps Modernes désireux de retourner à la source des spiritualités n’a pas trouvé de réel écho dans l’opinion publique, et peu d’entre nous sont au fait de leurs ouvrages. Dans la suite de cet article, je vais tenter de donner un aperçu de l’ampleur de la différence entre sens biblique et sens réel du Sépher de Moïse par comparaison entre les deux versions en reprenant la retraduction du Sépher de Moïse de Fabre d’Olivet et en m’appuyant sur les commentaires que Claude Le Moal en fait dans son livre « La véritable histoire d’Adam et Eve, Tome 1: La Providence ». Bien sûr, j’essaie de résumer à ma manière les idées et versets essentiels d’un livre de plus de 500 pages, ce qui ne peut qu’être approximatif, mais j’espère que cela intéressera un maximum d’entre vous.

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La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ 1‬ :

1.27.‭ ‬Dieu créa l’homme à son image ‭; ‬il le créa à l’image de Dieu,‭ ‬il créa l’homme et la femme.‭

Le Sépher de Moïse,‭ C‬hapitre I :

27.‭ ‬Et Lui,‭ ‬L’Être des êtres,‭ ‬avait créé l’existence potentielle d’Adam,‭ ‬l’Homme universel,‭ ‬en son ombre réfléchie ‭; ‬en son ombre divine il l’avait créé ‭; ‬et puissance collective,‭ ‬l’avait identifié ensemble mâle et femelle.‭

Dans cette première comparaison, la différence entre ces deux extraits est moindre que dans les suivants. Mais elle n’en reste pas moins de taille. Fabre d’Olivet dit que Dieu a tout d’abord créé « l’existence potentielle d’Adam », donc le principe duquel découle les lois propres à l’Homme, une sorte d’archétype qui fixerait les mécanismes selon lesquels les hommes se comportent, leur raison d’être, ou encore leur destinée. Il précise que cet « Homme universel » est à la fois mâle et femelle, avant que ce principe ne se divise en deux autres principes, respectivement Aîsh et Aîshah (Eve), ce qui sera important pour la compréhension de certains des prochains extraits.

Le plus important dans ce passage est toutefois la différence entre « Dieu créa l’homme à son image » et « Dieu créa l’Homme universel en son ombre réfléchie, en son ombre divine ». La première phrase sous-entend que « l’image » à partir de laquelle Dieu a créé l’homme est purement visible, physique, ce qui a suscité par la suite la représentation de Dieu comme un vieillard barbu perché sur son nuage égaré dans le ciel. Or, la seconde version dit bien que c’est en terme de reflet divin, dans le domaine spirituel, que l’Homme est l’ombre de son Créateur. Cette nuance change donc du tout au tout les perspectives de la destinée humaine; là où la Genèse Biblique nous laisse entendre qu’il n’y a pas de réel but dans l’existence du genre humain, parce qu’il n’est soi-disant rien de plus que le plus intelligent des animaux, le Sépher de Moïse indique clairement que l’être humain se distingue du règne animal par les capacités potentielles d’un esprit d’essence divine qu’il est le seul à posséder. J’ai bien dit que ces capacités étaient potentielles; leur activation dépend de l’effort qui est fait dans ce but. Plus l’on se détâche des aspirations vulgaires et instinctives du matérialisme et des comportements vicieux, et plus l’on cultive au contraire les comportements vertueux, et plus l’esprit se rapproche de sa nature divine, puisqu’il suit les lois divines qui s’expriment dans la justice et la subtilité d’action, de pensée, et de parole, ou encore la qualité du discernement. Par « se détâcher du matérialisme », j’insiste bien sur le fait que j’entends par là se détâcher de tout mauvais penchant à vouloir trop posséder, ou à désirer des choses inutiles et malsaines; donc savoir utiliser le matériel simplement pour ce qu’il est, dans les proportions où il le faut, et y trouver un juste milieu, ce qui n’a rien à voir avec une vie ascétique ou quoique ce soit de ce genre. La dérive matérialiste survient lorsque le matériel et le confort de même que le plaisir purement physiques qu’il procure deviennent les buts mêmes de la vie de quelqu’un, auquel cas il est possédé par ce qu’il possède, comme le veut le dicton. Un autre dicton dit que l’on est ce qu’on mange; dire que l’on est ce qu’on pense est également vrai. La voie de l’évolution de l’homme est donc celle du bien; s’il ne l’emprunte pas, il stagne ou régresse.

La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ ‬2 :

2.7.‭ ‬L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre,‭ ‬il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.

Le Sépher de Moïse,‭ C‬hapitre II :

7.‭ ‬Or,‭ ‬l’Être des êtres,‭ ‬ayant formé la substance d’Adam,‭ ‬de la sublimation des parties les plus subtiles de l’Élément adamique,‭ ‬inspira dans son entendement une essence exhalée des Vies,‭ ‬et dès lors Adam,‭ ‬l’Homme universel,‭ ‬devint une similitude de l’Âme vivante,‭ ‬universelle.‭

Ce verset rejoint le deuxième paragraphe du verset précédent; par « inspira dans son entendement une essence exhalée des Vies », il faut comprendre que l’Homme universel possède une intelligence spirituelle grâce à « l’essence exhalée des Vies », soit son essence d’origine divine. La présence de cette intelligence spirituelle est possible du fait que l’Homme universel a été créé « des parties les plus subtiles de l’Élément adamique », l’Élément adamique représentant l’état primordial des forces encore non-manifestées, non contractées en matière, soit les forces supérieures qui se sont établient en principes dont les lois régissent les manifestations qui en découlent. De fait, Adam est semblable à « l’Âme vivante, universelle », donc semblable à Dieu d’après les principes dont il est issu, tout comme n’importe quelle autre création, puisque Dieu est dans tout étant donné que tout est émané de Dieu. Mais l’Homme universel, lui, a été manifesté dans une forme humanoïde dans la sphère des manifestations, après avoir été divisé en deux polarités mâle et femelle, et a été inspiré de « l’entendement de l’essence exhalée des Vies ». Il se distingue donc de l’animal par ses facultés supérieures, qui lui permettent, entre autre, la création, le discernement, l’imagination, de même que la possibilité d’appréhender l’après-mort.

Si nous avons la notion d’un Au-Delà, c’est parce que la partie de nous qui tire son origine divine, l’esprit, n’est pas plus soumise au temps ni à la mortalité que Dieu lui-même. Or, Dieu est immortel puisqu’il est une sorte de champ de forces les plus subtiles et sublimées qui existent dans l’Univers; il est donc logique que l’esprit humain le soit aussi. Mais, puisque comme le disait Virgile,‭ «‬ Les choses d’ici-bas reçoivent autant de force et de vertu des cieux que la matière est disposée à en recevoir ‭», le niveau de pureté de l’esprit humain dépend de la conduite de son hôte.

‭Nous pourrions faire une analogie intéressante entre la concentration des molécules d’un objet solide, d’un liquide et d’un gaz; plus les molécules sont concentrées, moins l’objet est subtil. Ce principe est également valable pour le domaine de l’esprit; plus les pensées sont vulgaires, et plus leur action sur l’esprit est compressive, asservissante. En somme, plus l’individu est attaché aux bassesses de ce monde, et plus sa liberté vis-à-vis de lui-même et ses facultés spirituelles sont déclinantes, voire absentes. Au contraire, plus il s’en détache, et plus il devient indépendant des aspirations matérielles de son corps physique, et est donc plus apte à connaître ses propres façons de fonctionner en profondeur et à maîtriser ses pulsions. Il obtient plus de sens critique envers lui-même et devient l’observateur et le garant de son propre comportement. Ce sont des conséquences parmi d’autres de la stimulation de l’intelligence spirituelle, qui amène au développement des plus subtiles capacités de l’être humain, car connaître les lois selon lesquelles on fonctionne, c’est être libre. Il me semble aussi approprié d’ajouter la citation « Connais toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux » dans ce contexte.

‭Cette évolution est due au respect des règles divines par l’individu concerné, et, s’étant engagé sur cette voie qui l’a mené vers la Conscience, les murmures de la Providence, selon les termes de Claude Le Moal, lui deviennent audibles. Cette Providence accorde la personne ayant atteint la liberté intérieure sur des niveaux de pensée qui correspondent à la pureté de ses propres pensées, et lui suggère quelques inspirations de même ordre. La citation de Virgile ci-dessus ou l’adage « On est ce que l’on pense » expriment la même chose. Quelqu’un qui resterait dans le domaine de l’instinctif animal et du raisonnement purement cérébral et matérialiste resterait prisonnier des « forces du Destin », ce qui signifie qu’il serait soumis à ce que lui dicte son programme biologique, et suivrait donc des lois inférieures à celles de la Providence, sans réel libre-arbitre.

‭Or, si l’on admet que chacun de nous est « connecté » à une « fréquence » de pensées selon ses aspirations, et que cette « connexion » se passe dans le domaine de l’esprit, nous pouvons déduire que notre après-mort sera constitué de la sensation procurée par le « niveau de pureté » que nous aurons atteint, puisque l’esprit est immortel.

La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ ‬2 :

2.17.‭ ‬Mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal,‭ ‬car le jour où tu en mangeras,‭ ‬tu mourras.

Le Sépher de Moïse,‭ C‬hapitre II :

17.‭ ‬Mais de la substance physique ‭(‬cinq sens organiques‭) ‬de la connaissance du bien et du mal,‭ ‬garde-toi de faire aucune satisfaction car au jour même où tu t’en alimenteras,‭ ‬tu deviendras muable,‭ ‬et tu mourras.

‭Ici, il est déconseillé de se satisfaire de la « substance physique connaissance du bien et du mal », étant donné que quiconque considérant les cinq sens organiques comme seule vérité de la connaissance du bien et du mal se retrouverait de fait sous la domination du Destin. Il n’y a effectivement pas d’autres alternatives en se contentant de choses purement physiques.

‭Il est ensuite précisé que si l’on en vient à se satisfaire de cet état de soumission à soi-même qu’est le Destin, l’on devient « muable », et meurt. Ceci est à remettre dans le véritable contexte du Sépher de Moïse, car le concept de réincarnation y est compris, malgré le fait que la chrétienté l’ait par la suite rejetté et que ceux qui y adhéraient étaient déclarés hérétiques. Á l’instar du bouddhisme, donc, il est considéré qu’une vie humaine n’est pas suffisante pour parvenir à l’objectif de l’évolution humaine qu’est l’élévation de la pureté d’esprit à un niveau digne d’atteindre le Nirvâna ou le Paradis, qui sont des synonymes pour décrire la plus grande qualité d’ondes spirituelles à laquelle l’on puisse parvenir. La logique est que l’on se réincarne dans d’autres corps humains (le Sépher de Moïse, contrairement à la doctrine bouddhiste, exclut l’idée qu’un être humain puisse se réincarner en animal, ce qui induit une évolution constante) dont les caractéristiques, que ce soit au niveau de la personnalité, de l’intellect, etc., dépendent du niveau d’évolution de l’esprit qui le reçoit. Nous pourrions à nouveau citer Virgile pour justifier ce phénomène («‬ Les choses d’ici-bas reçoivent autant de force et de vertu des cieux que la matière est disposée à en recevoir ‭»), de même que ce prochain verset:

La Genèse Biblique,‭ ‬chapitre‭ ‬6 :

6.2.‭ ‬Les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles,‭ ‬et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent.

Le Sépher de Moïse,‭ ‬Chapitre VI :

2.‭ ‬Or,‭ ‬les êtres émanés de l’Être des êtres,‭ ‬effluences spirituelles,‭ ‬ayant considéré ces formes sensibles,‭ ‬les trouvèrent agréables,‭ ‬et s’unirent comme à des facultés génératrices,‭ ‬à toutes celles qui leur plurent de préférence.‭

‭Il découle donc de ceci que tant que l’on subit ce cycle des réincarnations, on est condamné à poursuivre son évolution sur Terre, seule manière de parfaire tous les aspects des individus dans leur intégralité, avec le lot de souffrances que cela implique. C’est donc pour cela que l’on « meurt » lorsque l’on est soumi au Destin, parce que l’on ne cesse d’être mortel. Peut-être ce sort est-il ce que certaines personnes décrivent par le mot « Enfer ».

La Genèse Biblique, Chapitre 2 :

2.21. Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.

Le Sépher de Moïse, Chapitre II :

21. Alors l’Être des êtres laissa tomber un sommeil profond et sympathique sur cet Homme universel, qui s’endormit soudain; et rompant l’unité de ses enveloppes extérieures, il prit l’une d’elles, et revêtit de forme et de beauté corporelle sa faiblesse originelle.

De cette division qui donnera lieu à la polarisation de l’Homme universel en Aîsh et en Aîshah découle la nécessité de l’être humain de retrouver l’unité désormais rompue de l’Homme universel, de sorte à accéder à la Conscience et à sortir de sa dépendance à l’inconscient collectif, qui est l’état de « sommeil profond » dans lequel il est plongé jusqu’alors.

La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ ‬2 :

2.23.‭ ‬Et l’homme dit :‭ «‬ Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ‭! ‬On l’appellera femme,‭ ‬parce qu’elle a été prise de l’homme. ‭»

Le Sépher de Moïse,‭ ‬Chapitre II :

23.‭ ‬Et Adam,‭ ‬déclarant sa pensée,‭ ‬dit :‭ «‬ Celle-ci est véritablement substance de ma substance,‭ ‬et forme de ma forme ‭; ‬et il l’appela Aîshah,‭ ‬faculté volitive efficiente,‭ ‬à cause du principe volitif intellectuel Aîsh,‭ ‬dont elle avait été tirée en substance.‭

‭Tout comme la Genèse Biblique n’a pas fait mention de la création d’un archétype androgyne du genre humain, elle ne parle pas non plus de la polarisation de l’Homme universel en deux nouveaux principes qui donneront respectivement à l’homme et à la femme manifestées certaines spécificités. Les mécanismes du principe féminin Aîshah, lui donnent les caractéristiques d’être la « faculté volitive efficiente », soit volonté, clé du libre-arbitre. l’attribut divin de la Conscience, passivité, intuitivité. Quant au principe masculin, ‬Aîsh, ses attributs sont davantage axés sur l’intellect raisonneur, le mental. Or, tout comme chacun de nous a des parties cérébrales masculines et féminines quel que soit son sexe, notre esprit possède également les deux faces de la pièce, un principe étant généralement laissé latent par rapport à l’autre plus actif, dans des proportions relatives à un individu donné. La difficulté survient lorsque l’on désire activer les aspects des deux principes à la fois; si l’on parvient à une telle maîtrise, l’unité spirituelle de l’Homme universelle est alors retrouvée, ce qui permet d’avoir accès à toutes les facultés potentielles de notre être tout en trouvant la paix intérieure, l’arrivée à un tel état ne pouvant qu’aller de pair avec l’entendement de la Providence obtenu grâce au perfectionnement de son esprit et au détachement de ses aspirations matérielles inutiles.

La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ ‬2 :

2.25.‭ ‬C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère,‭ ‬et s’attachera à sa femme,‭ ‬et ils deviendront une seule chair.‭

Le Sépher de Moïse,‭ ‬Chapitre II :

24.‭ ‬Voilà pourquoi l’homme intellectuel,‭ ‬Aîsh,‭ ‬doit se réunir à sa compagne intellectuelle,‭ ‬Aîshah,‭ ‬sa faculté volitive ‭; ‬afin de ne faire avec elle qu’un seul être sous une même forme.‭

Ce verset est dans la continuité de l’explication du précédent, car il est dit qu’Aîsh et Aîshah doivent s’unir pour ne plus former qu’un seul être (toujours dans le domaine strictement spirituel).

La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ ‬3 :

3.1.‭ ‬Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits.‭ ‬Il dit à la femme :‭ ‬Dieu a-t-il réellement dit :‭ «‬ Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ‭?‬ ‭»

Le Sépher de Moïse,‭ ‬Chapitre III :

1.‭ ‬Cependant,‭ ‬Nahash,‭ ‬l’attract originel,‭ ‬la Cupidité,‭ ‬cette ardeur interne,‭ ‬appétente,‭ ‬était la passion entraînante de la vie élémentaire,‭ ‬le principe intérieur de la Nature,‭ ‬ouvrage de l’Être des êtres.‭ ‬Or,‭ ‬cette Passion insidieuse dit à Aîshah,‭ ‬la faculté volitive d’Adam: ‭«‬ Pourquoi vous a-t-il recommandé,‭ ‬l’Être des Êtres,‭ ‬de ne pas vous alimenter de toute la substance de la sphère organique ‭?‬ ‭»

La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ ‬3 :

3.2.‭ ‬et‭ ‬3.3.‭ ‬La femme répondit au serpent :‭ « ‬Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.‭ ‬Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin,‭ ‬Dieu a dit :‭ «‬ Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point,‭ ‬de peur que vous ne mouriez. ‭»

Le Sépher de Moïse,‭ ‬Chapitre III :

2.‭ ‬et‭ ‬3.‭ ‬Et la Faculté volitive répondit à cette Ardeur cupide :‭ «‬ Nous pouvons sans crainte nous alimenter du fruit substantiel de l’enceinte organique. ‭» ‬Mais quant au fruit de la substance même qui est au centre de cette enceinte,‭ ‬il nous a dit,‭ ‬l’Être des êtres ‭; «‬ Vous n’en ferez pas aliment,‭ ‬vous n’y aspirerez pas votre âme,‭ ‬de peur que vous ne vous fassiez inévitablement mourir. ‭»

‭Nous retrouvons le même principe que dans le verset 2.17 quant au danger de mortalité continue lorsqu’on s’alimente (au sens figuré) exclusivement de substance physique, et que l’on aspire son âme dans la matérialité. Il est cependant précisé ici qu’il n’y a pas de crainte à avoir par rapport à l’utilisation du « fruit substantiel de l’enceinte organique », car il faut bien passer, dans les premiers stades de l’évolution, par un certain attrait vis-à-vis des aspects élémentaires de la vie. En effet, il n’y aurait pas d’évolution s’il n’y avait que le bien ou que le mal sur Terre; l’existence du mal (le mal n’étant pas nécessairement de la méchanceté, mais l’expression des penchants vulgaires qui existent sur Terre, sans discernement) est nécessaire dans un premier temps pour que l’individu puisse finalement prendre conscience, lorsque le fait qu’il n’est pas sur la bonne voie devient flagrant, que la meilleure solution est de s’engager sur le chemin qui mène vers un plus grand bien. Ce bien finit toujours par remplacer l’imperfection qui est inhérente au mal, car les alternatives plus subtiles sont aussi les plus sophistiquées, et donc les meilleures. Le mal n’existe donc que pour servir de « tremplin » vers un état de plus grand bien. Il n’existe que sur Terre car la Terre est le seul endroit où il puisse y avoir une quelconque évolution, grâce à l’activité incessante qui y a lieu. Mais moins on en est affecté, et plus on s’écarte de la soumission du Destin, pour s’approcher davantage de la Providence.

La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ ‬3 :

3.16.‭ ‬Il dit à la femme :‭ «‬ J’augmenterai la souffrance de tes grossesses,‭ ‬tu enfanteras avec douleur,‭ ‬et tes désirs se porteront vers ton mari,‭ ‬mais il dominera sur toi.

Le Sépher de Moïse,‭ ‬Chapitre III :

16.‭ ‬S’adressant à Aîshah,‭ ‬la faculté volitive,‭ ‬il lui dit :‭ «‬ Je multiplierai le nombre des obstacles physiques de toutes sortes,‭ ‬opposés à l’exécution de tes désirs,‭ ‬en augmentant en même temps le nombre de tes conceptions mentales et de tes enfantements.‭ ‬Avec travail et douleur tu donneras l’être à tes productions ‭; ‬et vers ton principe intellectuel,‭ ‬entraîné par ton penchant,‭ ‬tu subiras son empire,‭ ‬et il se représentera en toi.‭

La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ ‬3 :‭

3.17.‭ ‬Il dit à l’homme :‭ «‬ Puisque tu as écouté la voix de ta femme,‭ ‬et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre :‭ ‬Tu n’en mangeras point ‭! ‬Le sol sera maudit à cause de toi.‭ ‬C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie.

Le Sépher de Moïse,‭ ‬Chapitre III :

17.‭ ‬Et à l’Homme universel,‭ ‬Adam,‭ ‬il dit ensuite :‭ ‬puisque tu as prêté l’oreille à la voix de ta faculté volitive,‭ ‬et que tu t’es nourri de cette substance,‭ ‬de laquelle je t’avais expressément recommandé de ne t’alimenter nullement,‭ ‬maudit soit l’élément adamique,‭ ‬homogène et similaire à toi,‭ ‬relativement à toi ‭; ‬avec angoisse tu seras forcé d’en alimenter tous les moments de ton existence.‭

‭Ce verset n’est que la claire conséquence du pêché originel que nous connaissons tous; ayant cédé à la « substance physique du centre de l’enceinte organique » par l’exercice de son libre-arbitre et en toute connaissance de cause, le chemin vers la rédemption d’Aîsh et Aîshah sera long et angoisseux du fait de leur soumission au Destin.

La Genèse Biblique,‭ C‬hapitre‭ ‬3 :‭

3.19.‭ ‬C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain,‭ ‬jusqu’à ce que tu retournes dans la terre,‭ ‬d’où tu as été pris ‭; ‬car tu es poussière,‭ ‬et tu retourneras dans la poussière.

Le Sépher de Moïse,‭ ‬Chapitre III :

19.‭ ‬Tu te nourriras dans l’agitation continuelle de ton esprit,‭ ‬et jusqu’au moment de ta réintégration à l’Élément adamique,‭ ‬homogène et similaire à toi :‭ ‬car,‭ ‬comme tu as été tiré de cet élément,‭ ‬et que tu en es une émanation spiritueuse,‭ ‬ainsi c’est à cette émanation spiritueuse que tu dois être réintégré.‭

Nous terminons cette présentation de versets du Sépher de Moïse retraduit par Fabre d’Olivet par cette réaffirmation que l’être humain est une émanation spiritueuse d’origine divine, et qu’il doit être réintégré à cet élément divin à la fin de son parcours d’évolution sur Terre.

Pour ceux qui seraient intéressés par la lecture de l’ouvrage intégral avec commentaire, ils le trouveront en téléchargement gratuit en bas de cette page.

La première partie de cet article est disponible ici.

Par Régis Mex, pour Mecanopolis.

juil 07 2009

L’appropriation du sens réel des spiritualités comme arme contre la servitude (première partie)

Par Régis Mex

Le fait que nous vivons dans une société aux valeurs inversées, c’est-à-dire dans une société où l’esprit collectif a plus de respect pour toutes les manifestations du mal que pour celles du bien, n’est un secret pour personne. Les masses vouent effectivement plus de respect à tout vice qui revêt d’un caractère égoïste, impudique et impulsif qu’à l’altruisme, l’érudition, la générosité ou toute autre vertu. Elles n’apprécient en fait ces dernières que lorsqu’elles peuvent en profiter et non lorsqu’elles peuvent les appliquer; autrement dit, lorsque cela peut contribuer à renforcer leur égoïsme. Ces mêmes masses ont toutefois l’audace d’attendre que les plus grandes vertus siègent « ad vitam eternam » en la personne de leurs dirigeants, sans avoir conscience que l’âme de l’élite d’un pays est le reflet de l’âme de ce même pays. Et l’âme de ce pays est faite par la majorité des citoyens qui y vivent. Le sommet d’une construction est tel que sa base; il ne peut défier fièrement et longuement le ciel en grande splendeur si la base sur laquelle il repose est pourrie.

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En théorie, l’État est fait pour être au service des citoyens plus que les citoyens ne sont faits pour servir l’État. Mais si les citoyens sont esclaves d’eux-mêmes, comment pourraient-ils devenir autre chose, en toute logique, que les esclaves de l’État qui découle de leur existence ? En effet, s’il est vrai que quelques hommes ou femmes politiques avec de nobles intentions arrivent jusqu’à des postes d’une importance suffisante pour avoir un certain impact sur des domaines définis, il est également vrai qu’ils/elles perdront rapidement l’indépendance nécessaire pour pouvoir continuer de nourrir des desseins qui s’écartent de la ligne de route tracée par les véritables détenteurs du pouvoir. Ces derniers sont, entre autre, les plus riches des oligarques et les plus éminents stratèges et experts des sphères politique et économique. Alors que l’opinion publique voit rassemblé dans son président le pouvoir ultime du pays qu’il dirige, le pouvoir qu’il détient n’est que symbolique, puisqu’il a comme seule possibilité d’exécuter des choix et d’appliquer des directives qui émanent d’autres personnes que lui.

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Mais si nous avons transcendé l’illusion que le pouvoir réel est toujours dans les mains de l’État, nous ne continuons pas moins de nous demander pourquoi les véritables chefs, venant du secteur privé, ne pourraient pas trouver en leur sein quelques dissidents susceptibles de changer la nature de leurs desseins. Il nous est plus délicat de le savoir, puisque ces personnes travaillent dans l’opacité, mais en toute logique, il y en a, puisqu’il y a toujours des dissidents dans tout domaine que ce soit. Or, il est évident qu’ils subiront le même sort que tout autre indésirable de cette espèce; soit ils finiront par se ranger derrière la pensée dominante, soit ils seront écartés.

Qu’est-ce que cette « pensée dominante » ? Rien de plus, au sens auquel je l’entends, que la feuille de route qui a prévalu en matière politique et économique depuis le début de la civilisation. Si les civilisations et les systèmes de société furent effectivement nombreux au cours de l’histoire humaine, les plus anciens disparaissant pour laisser place à de nouveaux, l’être humain en lui-même n’a guère changé depuis sa dernière évolution biologique en homo sapiens. C’est pourquoi même nos sociétés industrialisées actuelles, derrière leur apparence civilisée, cachent une sauvagerie équivalente aux sociétés d’il y a 6000 ans, 500 ans, 10 ans, … Le fond de l’histoire reste toujours le même ; seule la forme change à peu près. Par exemple, nos démocraties ne sont dignes de ce nom que par la forme, car le fond n’est pas différent d’une dictature ou de n’importe quel autre régime qui ait existé au cours de l’histoire. Les mécanismes sont toujours les mêmes en substance. Simplement, la force physique par laquelle règnent les dictatures est remplacée par des notions juridiques qui servent le pouvoir en place (les autres sont contournées si nécessaire) en démocratie, ce qui est encore de la force, mais régie par une forme plus subtile. S’il est plus agréable de vivre dans un tel système, il n’en reste pas moins que nous y sommes tout autant esclaves que dans un régime dit de non droit.

C’est pourquoi les régimes instaurés par tous les révolutionnaires, après qu’ils aient réussi à faire s’effondrer le régime en place dans leur pays, ressemblaient en substance à s’y méprendre au précédent… La forme sous laquelle ils se sont manifestés était simplement meilleure ou pire que celle de leur prédécesseur. Les capacités de l’être humain d’influencer, voire de modifier, l’ordre naturel des choses sont impuissantes à changer son ordre intérieur. En effet, tant que l’humanité restera telle qu’elle l’est, au plus profond d’elle-même, c’est-à-dire tant que le programme biologique de l’être humain continuera d’avoir une emprise absolue sur son comportement, l’Histoire ne cessera de se répéter. Seule une nouvelle évolution biologique pourrait rendre le monde moins mauvais qu’il ne l’est actuellement. La seule chose en rapport avec l’humanité qui évolue réellement est la quantité de connaissances qui lui est accessible, et qu’elle ne cesse d’augmenter de manière exponentielle grâce à ses incessantes recherches et découvertes. Cela n’empêche cependant pas que la proportion de savants et d’érudits dans la population reste inchangée par rapport à ce qu’il y a toujours eu au cours de l’Histoire, car il n’y a pas plus de personnes ayant l’intelligence nécessaire pour avoir envie d’apprendre des choses et être capable de les comprendre qu’à n’importe quel autre époque. Le destin de l’Homme est effectivement tout tracé par sa biologie, puisqu’il n’a d’autre choix que d’obéir à ce qui est écrit dans son ADN. Or, l’ordre des choses veut qu’il reste toujours la même proportion de psychopathes, d’imbéciles et d’égoïstes dans la population, quel que soit le nombre de personnes qu’elle représente, que de braves, d’altruistes et de savants. Et force est de constater que ces proportions ne sont pas très égales, ni au niveau des compétences intellectuelles, ni au niveau de la pureté d’esprit (encore moins).

Peut-être les adeptes des principes de la pyramide en briques surmontée d’un œil représentée sur le billet d’un dollar, qui représente l’élite (l’œil) dominant les masses aveugles (les briques) se rendent-ils comptent que le modèle que représente un tel symbole est illusoire. En effet, tout comme l’esclave est esclave de son maître à cause des moyens que celui-ci utilise pour maintenir sa domination sur lui, le maître est esclave de la nécessité de conserver sans cesse ce contrôle et finit par être corrompu par la nature des moyens auxquels il doit avoir recours. Les « maîtres » ne sont donc eux-mêmes pas libres ; et quand bien même de nobles intentions réformatrices les animeraient-ils, ils devraient rapidement les abandonner car il y a de fortes chances que le peuple, préférant rester dans sa vulgarité et son ignorance, les repousse. L’élite elle-même n’aura donc qu’un pouvoir illusoire face à l’ordre des choses, qu’elle sera contrainte de suivre. Elle s’en retrouvera rabaissée à la même vulgarité que le peuple qu’elle méprise, ayant comme seule possibilité de se plonger dans l’égoïsme et la préoccupation de son seul confort.

Comme nous le disions dans le premier paragraphe, l’élite d’un groupe n’est que le reflet de ce groupe, puisque ce sont ses membres qui lui permettent, plus ou moins consciemment, plus ou moins directement, d’accéder à la fonction suprême qui consiste à les guider. Ils ne pourront alors choisir que des personnes avec qui ils partagent des affinités, qui les rassurent, qui leur promettent une vie béate dénuée de toute souffrance due à quelque prise de conscience que ce soit… C’est aussi la raison pour laquelle les élites d’un temps chutent et que d’autres leur succèdent ; les chefs sont remplacés lorsque la différence entre eux et ceux qu’ils mènent a atteint un seuil critique.

Or, en quoi la base sur laquelle ces chefs reposent, donc les classes sociales qui leur sont inférieures, peut-elle changer, puisque le genre humain n’a pas changé depuis qu’il est tel que nous le connaissons ? S’il n’a pas changé dans le fond, la mentalité de certaines sociétés et quelques circonstances ont permis des changements de régime sur fond de révolution. Ceux qui n’ont rien eu dans leur vie, de leur naissance à leur décès, n’ont généralement pas tendance à se rebeller car ils trouvent cet état des choses normal, puisqu’il a toujours été le leur. La frustration qui mène à l’envie de rébellion apparaît lorsqu’une part significative de la qualité de vie a été enlevée, ou qu’il devient si pénible pour la survie des classes les plus pauvres que la révolte est le dernier recours auquel leur corps puisse faire appel ; c’est une conséquence de l’accumulation de connaissances par le genre humain : les savoirs acquis et exploités servent souvent à vivre mieux tout en travaillant moins péniblement, et il ne peut y avoir de retour en arrière sans résistance. Alors est rassemblée la condition principale à l’établissement d’une base populaire nécessaire aux éventuels intellectuels, généraux et oligarques mécontents du système, qui pourront prétendre le renverser.

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Donc, pour en revenir à la symbolique de la pyramide du billet d’un dollar ; il est impossible qu’un œil surmontant une pyramide de briques ne devienne lui-même l’équivalent spirituel d’une de ces briques. Pour que cet œil puisse rester digne de ce qu’il représente, il faudrait que toutes les briques soient remplacées par des yeux. Peut-être les partisans d’une telle croyance en la supériorité de l’élite dirigeante n’ont-ils pas conscience de l’ineptie de ce paradoxe, trop enfoncés dans un égoïsme résultant de leur bassesse spirituelle. Il est vrai que l’on a occulté de tous temps les indescriptibles richesses de la plus puissante faculté de l’Homme, la spiritualité. Pourtant, tout a été dit sur ce sujet depuis l’aube de la civilisation, l’Égypte ayant été la plus complète dans ce domaine.

Cependant, plus les progrès matériels se sont multipliés, et plus l’importance de la spiritualité a diminué ; le sens des analogies et métaphores tirés des mythologies et des symboles fut si dévoyé qu’elles finirent par ne plus avoir de sens du tout, empêtrées dans le grotesque et l’absurde, prélude de la disparition de la religion à laquelle elles appartenaient. En général, une nouvelle religion succédait ; par exemple, le christianisme a pu s’imposer et remplacer les dieux romains parce que plus personne dans l’Empire n’avait de foi dans les mythes romains, dénués de tout sens si on les lisait au sens propre, et ne rendait plus de culte qu’à l’empereur par obligation. Le christianisme a alors joui de la plus grande crédibilité, jusqu’à ce qu’il la perde progressivement en allant de corruption en corruption, pour finir par être détrôné par une Science de plus en plus respectée grâce à ses explications indiscutables de toute une série de phénomènes. Or, comme le disait si bien Rabelais : « Science sans Conscience n’est autre que ruine de l’âme ». Dire que la foi sans la raison serait ruine de l’âme serait tout aussi vrai.

Il se trouve que nous avons passé notre histoire dans ce déséquilibre ; l’obscurantisme religieux et l’obscurantisme matérialiste se sont relayés sans cesse. Une société à qui il manque soit l’intelligence spirituelle soit l’intelligence pragmatique souffre d’une cruelle imperfection. Il est vrai qu’atteindre un stade où l’on peut concilier en dose suffisante les deux faces de la pièce demande autant d’une intelligence que de l’autre, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Ceux qui ont l’une n’ont généralement pas l’autre, et la catégorie des masses n’a ni l’une ni l’autre. Mais, si les lois les plus inexorables de ce monde ont établi que rien ne pouvait être parfait ici bas, les dirigeants pourraient toujours prétendre rendre leur société aussi parfaite que possible.

Certes, si le sens rationnel et puissant de la spiritualité n’a jamais pu être compris des masses, et que seuls des mythes incohérents et vulgairement ravalés à une conception matérielle furent à leur portée, il n’en est pas moins que les dirigeants de tous temps n’ont jamais ignoré que la religion pouvait représenter un formidable outil de manipulation et d’asservissement des masses. Ils ont donc abusé de l’incompréhension de l’opinion publique pour transformer le domaine de la spiritualité, libre d’accessibilité et dépourvu de toute intolérance, en religion, fondée sur une doctrine et érigée en pilier du fonctionnement de l’État, ce qui n’a pu que lui donner un rôle plus temporel (politique) que spirituel dans la société jusqu’à la séparation entre l’État et le clergé (1905 en France, jamais advenu aux États-Unis), ce qui n’empêche pas le Vatican de continuer de jouer un rôle politique incontestable dans certaines affaires.

Donc, nous pouvons nous demander comment réagirait le public si on lui servait, de bonne foi, une vraie spiritualité qui soit irréprochable dans sa logique et dans son approche des réalités du monde, ce qui la rendrait alors conciliable avec la Science puisqu’elle serait une science en elle-même. Sans doute, pour autant que cela ne tourne pas à nouveau à la dérive religieuse, cela ne pourrait-il avoir que des résultats positifs, et contribuerait à trouver, autant que possible, un équilibre entre Science et Conscience au sein de la société. C’est en cela qu’à mon sens, la seule révolution qui puisse véritablement aider le XXIe siècle est d’ordre spirituel.

Or, de majestueux ouvrages où tout est dit sur le domaine de la spiritualité existent depuis très longtemps, et la plupart des occultistes des XVIII et XIX siècles n’ont fait que redire ce qui avait déjà été dit en s’inspirant d’anciens écrits. Le problème est qu’il n’est pas toujours des plus évidents de trouver l’une de ces perles qui constitue une pièce maîtresse du sujet. La version retraduite du Sépher de Moïse par Fabre d’Olivet (1767-1825), écrivain, philologue et occultiste français qui avait fourni de remarquables efforts pour s’approprier toutes les subtilités de la langue hébreuse est des plus marquantes, car elle offre un contraste choquant avec la grossière version biblique de la Genèse. Nous consacrerons la deuxième partie de cet article à la publication et à l’explication des passages les plus importants et accessibles de la comparaison entre ces deux versions. Pour ce qui est des commentaires, je m’aiderai de ceux dont Claude Le Moal fait part dans son livre « La véritable histoire d’Adam et Ève enfin dévoilée ». En avant-goût de la suite, je place ci-dessous un extrait de l’Évangile de Matthieu qui exprime clairement l’hypocrisie des classes dirigeantes, phénomène inhérent aux sociétés humaines:

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Évangile selon Matthieu :

23.1.‭ ‬Alors Jésus,‭ ‬parlant à la foule et à ses disciples,‭ ‬dit :‭ «‬ Les scribes et les Pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse.‭ ‬Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent ‭; ‬mais n’agissez pas selon leurs œuvres.‭ ‬Car ils disent,‭ ‬et ne font pas.‭

23.4.‭ ‬Ils lient des fardeaux pesants,‭ ‬et les mettent sur les épaules des hommes,‭ ‬mais ils ne veulent pas les remuer du doigt.‭ ‬Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes.‭ ‬Ainsi,‭ ‬ils portent de larges phylactères,‭ ‬et ils ont de longues franges à leurs vêtements ‭; ‬ils aiment la première place dans les festins,‭ ‬et les premiers sièges dans les synagogues ‭; ‬ils aiment à être salués dans les places publiques,‭ ‬et à être appelés par les hommes Rabbi,‭ ‬Rabbi.‭ ‬Mais vous,‭ ‬ne vous faites pas appeler Rabbi ‭; ‬car quiconque s’élèvera sera abaissé,‭ ‬et quiconque s’abaissera sera élevé.

23.14.‭ ‬Malheur à vous,‭ ‬scribes et pharisiens hypocrites ‭! ‬Parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux,‭ ‬vous n’y entrez pas vous-mêmes,‭ ‬et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent y entrer.‭ ‬Malheur à vous,‭ ‬parce que vous dévorez les maisons des veuves,‭ ‬et que vous faites pour l’apparence de longues prières ‭; ‬à cause de cela,‭ ‬vous serez jugés plus sévèrement.‭ ‬Malheur à vous,‭ ‬parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ‭; ‬et quand il l’est devenu,‭ ‬vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous.‭ ‬Malheur à vous,‭ ‬conducteurs aveugles,‭ ‬qui dites :‭ «‬ Si quelqu’un jure par le temple,‭ ‬ce n’est rien ‭; ‬mais si quelqu’un jure par l’or du temple,‭ ‬il est engagé ‭»‬.‭ ‬Malheur à vous,‭ ‬parce que vous payez la dîme de la menthe,‭ ‬de l’aneth et du cumin,‭ ‬et que vous laissez ce qui est plus important dans la Loi :‭ ‬la justice,‭ ‬la miséricorde et la fidélité.‭ ‬C’est là ce qu’il fallait pratiquer,‭ ‬sans négliger les autres choses.‭ ‬Malheur à vous,‭ ‬parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat,‭ ‬et qu’au-dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance.‭

23.26.‭ ‬Pharisien aveugle ‭! ‬Nettoie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat,‭ ‬afin que l’extérieur aussi devienne net.‭ ‬Malheur à vous,‭ ‬scribes et pharisiens hypocrites,‭ ‬parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis,‭ ‬qui paraissent beaux au dehors,‭ ‬et qui,‭ ‬au-dedans,‭ ‬sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés.‭ ‬Vous,‭ ‬de même,‭ ‬au dehors vous paraissez justes aux hommes,‭ ‬mais au-dedans,‭ ‬vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité.‭ ‬Serpents,‭ ‬race de vipères ‭! ‬Comment échapperez-vous au châtiment de la géhenne ‭?

23.34.‭ ‬C’est pourquoi,‭ ‬voici,‭ ‬je vous envoie des prophètes,‭ ‬des sages et des scribes.‭ ‬Vous tuerez et crucifierez les uns,‭ ‬vous battrez de verges les autres dans vos synagogues,‭ ‬et vous les persécuterez de ville en ville,‭ ‬afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre,‭ ‬depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie,‭ ‬fils de Barachie,‭ ‬que vous avez tué entre le temple et l’autel.‭ ‬Je vous le dis en vérité,‭ ‬tout cela retombera sur cette génération.‭

La deuxième partie est disponible ici.

Par Régis Mex, pour Mecanopolis.

juin 26 2009

Historique des « révolutions colorées » et ingérence de la CIA en Iran

Par Thierry Meyssan

Les « révolution colorées » sont aux révolutions ce que le Canada Dry est à la bière. Elles y ressemblent, mais n’en ont pas la saveur. Ce sont des changements de régime ayant l’apparence d’une révolution, en ce qu’ils mobilisent de vastes segments du Peuple, mais relevant du coup d’État, en ce qu’il ne visent pas à changer les structures sociales, mais à substituer une élite à une autre pour conduire une politique économique et étrangère pro-US. La « révolution verte » de Téhéran en est le dernier exemple.

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Origine du concept
Ce concept est apparu dans les années 90, mais trouve ses origines dans les débats US des années 70-80. Après les révélations en chaîne sur les coups d’État fomentés par la CIA dans le monde, et le grand déballage des commissions parlementaires Church et Rockefeller [1], l’amiral Stansfield Turner fut chargé par le président Carter de nettoyer l’agence et de cesser tout soutien aux « dictatures maison ». Furieux, les sociaux démocrates états-uniens (SD/USA) quittèrent le Parti démocrate et rejoignirent Ronald Reagan. Il s’agissait de brillants intellectuels trotskistes [2], souvent liés à la revue Commentary. Lorsque Reagan fut élu, il leur confia la tâche de poursuivre l’ingérence US, mais par d’autres moyens. C’est ainsi qu’ils créent en 1982 la National Endowment for Democracy (NED) et, en 1984, l’United States Institute for Peace (USIP). Les deux structures sont organiquement liées : des administrateurs de la NED siègent au conseil d’administration de l’USIP et vice-versa.

Juridiquement, la NED est une association à but non lucratif, de droit US, financée par une subvention annuelle votée par le Congrès à l’intérieur du budget du département d’État. Pour mener ses actions, elle les fait co-financer par l’US Agency for International Development (USAID), elle-même rattachée au département d’État.

En pratique, cette structure juridique n’est qu’un paravent utilisé conjointement par la CIA états-unienne, le MI6 britannique et l’ASIS australien (et occasionnellement par les services canadiens et néo-zélandais).

La NED se présente comme un organe de « promotion de la démocratie ». Elle intervient soit directement ; soit par ses quatre tentacules : l’une destinée à corrompre les syndicats, une seconde chargée de corrompre les patronats, une troisième pour les partis de gauche et une quatrième pour ceux de droite ; soit encore par l’intermédiaire de fondations amies, telles que la Westminster Foundation for Democracy (Royaume-Uni), l’International Center for Human Rights and Democratic Development (Canada), la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Robert-Schuman (France), l’International Liberal Center (Suède), l’Alfred Mozer Foundation (Pays-Bas), la Friedrich Ebert Stiftung, la Friedrich Naunmann Stiftung, la Hans Seidal Stiftung et la Heinrich Boell Stiftung (Allemagne). La NED revendique avoir corrompu ainsi plus de 6 000 organisations dans le monde en une trentaine d’années. Tout ça, bien entendu, étant camouflé sous l’apparence de programmes de formation ou d’assistance.

L’USIP, quant à lui, est une institution nationale états-unienne. Il est subventionné annuellement par le Congrès dans le budget du département de la Défense. À la différence de la NED, qui sert de couverture aux services des trois États alliés, l’USIP est exclusivement états-unien. Sous couvert de recherche en sciences politique, il peut salarier des personnalités politiques étrangères.

Dès qu’il a disposé de ressources, l’USIP a financé une nouvelle et discrète structure, l’Albert Einstein Institution. Cette petite association de promotion de la non-violence était initialement chargée d’imaginer une forme de défense civile pour les populations d’Europe de l’Ouest en cas d’invasion par le Pacte de Varsovie. Elle a rapidement pris son autonomie et modélisé les conditions dans lesquelles un pouvoir étatique, de quelque nature qu’il soit, peut perdre son autorité et s’effondrer.

Premières tentatives
La première tentative de « révolution colorée » a échoué en 1989. Il s’agissait de renverser Deng Xiaoping en s’appuyant sur un de ses proches collaborateurs, le secrétaire général du Parti communiste chinois Zhao Ziyang, de manière à ouvrir le marché chinois aux investisseurs états-uniens et à faire entrer la Chine dans l’orbite US. Les jeunes partisans de Zhao envahirent la place Tienanmen. Ils furent présentés par les médias occidentaux comme des étudiants a-politiques se battant pour la liberté face à l’aile traditionnelle du Parti, alors qu’il s’agissait d’une dissidence à l’intérieur du courant de Deng entre nationalistes et pro-US. Après avoir longtemps résisté aux provocations, Deng décida de conclure par la force. La répression fit entre 300 et 1000 morts selon les sources.
20 ans plus tard, la version occidentale de ce coup d’État raté n’a pas variée. Les médias occidentaux qui ont couvert récemment cet anniversaire en le présentant comme une « révolte populaire » se sont étonnés de ce que les Pékinois n’ont pas gardé souvenir de l’événement. C’est qu’une lutte de pouvoir au sein du Parti n’avait rien de « populaire ». Ils ne se sentaient pas concernés.

La première « révolution colorée » réussit en 1990. Alors que l’Union soviétique était en cours de dissolution, le secrétaire d’État James Baker se rendit en Bulgarie pour participer à la campagne électorale du parti pro-US, abondamment financé par la NED. Cependant, malgré les pressions du Royaume-Uni, les Bulgares, effrayés par les conséquences sociales du passage de l’URSS à l’économie de marché, commirent l’impardonnable faute d’élire au Parlement une majorité de post-communistes. Alors que les observateurs de la Communauté européenne certifièrent la bonne tenue du scrutin, l’opposition pro-US hurla à la fraude électorale et descendit dans la rue. Elle installa un campement au centre de Sofia et plongea le pays dans le chaos six mois durant, jusqu’à ce que le Parlement élise le pro-US Zhelyu Zhelev comme président.

La « démocratie » : vendre son pays à des intérêts étrangers à l’insu de sa population
Depuis lors, Washington n’a cessé d’organiser des changements de régime, un peu partout dans le monde, par l’agitation de rue plutôt que par des juntes militaires. Il importe ici de cerner les enjeux.
Au-delà du discours lénifiant sur la « promotion de la démocratie », l’action de Washington vise à l’imposition de régimes qui lui ouvrent sans conditions les marchés intérieurs et s’alignent sur sa politique étrangère. Or, si ces objectifs sont connus des dirigeants des « révolutions colorées », ils ne sont jamais discutés et acceptés par les manifestants qu’ils mobilisent. Et, dans le cas où ces coup d’État réussissent, les citoyens ne tardent pas à se révolter contre les nouvelles politiques qu’on leur impose, même s’il est trop tard pour revenir en arrière.
Par ailleurs, comment peut-on considérer comme « démocratiques » des oppositions qui, pour prendre le pouvoir, vendent leur pays à des intérêts étrangers à l’insu de leur population ?

En 2005, l’opposition kirghize conteste le résultat des élections législatives et amène à Bichkek des manifestants du Sud du pays. Ils renversent le président Askar Akaïev. C’est la « révolution des tulipes ». L’Assemblée nationale élit comme président le pro-US Kourmanbek Bakiev. Ne parvenant pas à maîtriser ses supporters qui pillent la capitale, ils déclare avoir chassé le dictateur et feint de vouloir créer un gouvernement d’union nationale. Il fait sortir de prison le général Felix Kulov, ancien maire de Bichkek, et le nomme ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre. Lorsque la situation est stabilisée, Bakaiev se débarrasse de Kulov et vend, sans appel d’offre et avec des dessous de table conséquents, les quelques ressources du pays à des sociétés US et installe une base militaire US à Manas. Le niveau de vie de la population n’a jamais été aussi bas. Felix Kulov propose de relever le pays en le fédérant, comme par le passé, à la Russie. Il ne tarde pas à retourner en prison.

Un mal pour un bien ?
On objecte parfois, dans le cas d’États soumis à des régimes répressifs, que si ces « révolutions colorées » n’apportent qu’une démocratie de façade, elles procurent néanmoins un mieux-être aux populations. Or, l’expérience montre que rien n’est moins sûr. Les nouveaux régimes peuvent s’avérer plus répressifs que les anciens.

En 2003, Washington, Londres et Paris organisent la « révolution des roses » en Géorgie. Selon un schéma classique, l’opposition dénonce des fraudes électorales lors des élections législatives et descend dans la rue. Les manifestants contraignent le président Edouard Chevardnadze à fuir et prennent le pouvoir. Son successeur Mikhail Saakachvili ouvre le pays aux intérêts économiques US et rompt avec le voisin russe. L’aide économique promise par Washington pour se substituer à l’aide russe ne vient pas. L’économie, déjà compromise, s’effondre. Pour continuer à satisfaire ses commanditaires, Saakachvili doit imposer une dictature. Il ferme des médias et remplit les prisons, ce qui n’empêche absolument pas la presse occidentale de continuer à le présenter comme « démocrate ». Condamné à la fuite en avant, Saakachvili décide de se refaire une popularité en se lançant dans une aventure militaire. Avec l’aide de l’administration Bush et d’Israël auquel il a loué des bases aériennes, il bombarde la population d’Ossétie du Sud, faisant 1600 morts, dont la plupart ont la double nationalité russe. Moscou riposte. Les conseillers états-uniens et israéliens s’enfuient. La Géorgie est dévastée.

Assez !
Le mécanisme principal des « révolutions colorées » consiste à focaliser le mécontentement populaire sur la cible que l’on veut abattre. Il s’agit d’un phénomène de psychologie des masses qui balaye tout sur son passage et auquel aucun obstacle raisonnable ne peut être opposé. Le bouc-émissaire est accusé de tous les maux qui accablent le pays depuis au moins une génération. Plus il résiste, plus la colère de la foule croît. Lorsqu’il cède ou qu’il esquive, la population retrouve ses esprits, les clivages raisonnables entre ses partisans et ses opposants réapparaissent.

En 2005, dans les heures qui suivent l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafik Hariri, la rumeur se répand au Liban qu’il a été tué par « les Syriens ». L’armée syrienne, qui -en vertu de l’Accord de Taëf- maintient l’ordre depuis la fin de la guerre civile, est conspuée. Le président syrien, Bachar el-Assad, est personnellement mis en cause par les autorités états-uniennes, ce qui tient lieu de preuve pour l’opinion publique. À ceux qui font remarquer que -malgré des moments orageux- Rafik Hariri a toujours été utile à la Syrie et que sa mort prive Damas d’un collaborateur essentiel, on rétorque que le « régime syrien » est si mauvais en soi qu’il ne peut s’empêcher de tuer même ses amis. Les Libanais appellent de leurs vœux un débarquement des GI’s pour chasser les Syriens. Mais, à la surprise générale, Bachar el-Assad, considérant que son armée n’est plus la bienvenue au Liban alors que son déploiement lui coûte cher, retire ses hommes. Des élections législatives sont organisées qui voient le triomphe de la coalition « anti-syrienne ». C’est la « révolution du cèdre ». Lorsque la situation se stabilise, chacun se rend compte et que, si des généraux syriens ont par le passé pillé le pays, le départ de l’armée syrienne ne change rien économiquement. Surtout, le pays est en danger, il n’a plus les moyens de se défendre face à l’expansionnisme du voisin israélien. Le principal leader « anti-syrien », le général Michel Aoun, se ravise et passe dans l’opposition. Furieux, Washington multiplie les projets pour l’assassiner. Michel Aoun s’allie au Hezbollah autour d’une plate-forme patriotique. Il était temps : Israël attaque.

Dans tous les cas, Washington prépare à l’avance le gouvernement « démocratique », ce qui confirme bien qu’il s’agit d’un coup d’État déguisé. La composition de la nouvelle équipe est gardée secrète le plus longtemps possible. C’est pourquoi la désignation du bouc-émissaire se fait sans jamais évoquer d’alternative politique.

En Serbie, les jeunes « révolutionnaires » pro-US ont choisi un logo appartenant à l’imaginaire communiste (le poing levé) pour masquer leur subordination aux États-Unis. Ils ont pris comme slogan « Il est fini ! », fédérant ainsi les mécontents contre la personnalité de Slobodan Milosevic qu’ils ont rendu responsable des bombardements du pays pourtant effectués par l’OTAN. Ce modèle a été dupliqué en nombre, par exemple le groupe Pora ! en Ukraine, ou Zubr en Biélorussie.

Une non-violence de façade

Les communicants du département d’État veillent à l’image non-violente des « révolutions colorées ». Toutes mettent en avant les théories de Gene Sharp, fondateur de l’Albert Einstein Institution. Or, la non-violence est une méthode de combat destinée à convaincre le pouvoir de changer de politique. Pour qu’une minorité s’empare du pouvoir et l’exerce, il lui faut toujours, à un moment ou à une autre, utiliser la violence. Et toutes les « révolutions colorées » l’ont fait.

En 2000, alors que le mandat du président Slobodan Milosevic courait encore pour un an, il convoqua des élections anticipées. Lui-même et son principal opposant, Vojislav Koštunica, se retrouvèrent en ballotage. Sans attendre le second tour de scrutin, l’opposition cria à la fraude et descendit dans la rue. Des milliers de manifestants affluèrent vers la capitale, dont les mineurs de Kolubara. Leurs journées de travail étaient indirectement payées par la NED, sans qu’ils aient conscience d’être rémunérés par les États-Unis. La pression de la manifestation étant insuffisante, les mineurs attaquèrent des bâtiments publics avec des bulldozers qu’ils avaient acheminés avec eux, d’où le nom de « révolution des bulldozers ».

Dans le cas où la tension s’éternise et que des contre-manifestations s’organisent, la seule solution pour Washington est de plonger le pays dans le chaos. Des agents provocateurs sont alors postés dans les deux camps qui tirent sur la foule. Chaque partie peut constater que ceux d’en face ont tiré alors qu’ils s’avançaient pacifiquement. L’affrontement se généralise.

En 2002, la bourgeoisie de Caracas descend dans la rue pour conspuer la politique sociale du président Hugo Chavez. Par d’habiles montages, les télévisions privées donnent l’impression d’une marée humaine. Ils sont 50 000 selon les observateurs, 1 million d’après la presse et le département d’État. Survient alors l’incident du pont Llaguno. Les télévisions montrent clairement des pro-chavistes armes à la main tirant sur la foule. Dans une conférence de presse, le général de la Garde nationale et vice-ministre de la sécurité intérieure confirme que les « milices chavistes » ont tiré sur le peuple faisant 19 morts. Il démissionne et appelle au renversement de la dictature. Le président ne tarde pas à être arrêté par des militaires insurgés. Mais le Peuple par millions descend dans la capitale et rétablit l’ordre constitutionnel.

Une enquête journalistique ultérieure reconstituera en détail la tuerie du pont Llaguno. Elle mettra en évidence un montage fallacieux des images, dont l’ordre chronologique a été falsifié comme l’attestent les cadrans des montres des protagonistes. En réalité, ce sont les chavistes qui étaient agressés et qui, après s’être repliés, tentaient de se dégager en utilisant des armes à feu. Les agents provocateurs étaient des policiers locaux formés par une agence US.

En 2006, la NED réorganise l’opposition au président kenyan Mwai Kibaki. Elle finance la création du Parti orange de Raila Odinga. Celui-ci reçoit le soutien du sénateur Barack Obama, accompagné de spécialistes de la déstabilisation (Mark Lippert, actuel chef de cabinet du conseiller de sécurité nationale, et le général Jonathan S. Gration, actuel envoyé spécial du président US pour le Soudan). Participant à un meeting d’Odinga, le sénateur de l’Illinois s’invente un vague lien de parenté avec le candidat pro-US. Cependant Odinga perd les élections législatives de 2007. Soutenu par le sénateur John McCain, en sa qualité de président de l’IRI (le pseudopode républicain de la NED), il conteste la sincérité du scrutin et appelle ses partisans à descendre dans la rue.

C’est alors que des messages SMS anonymes sont diffusés en masse aux électeurs de l’ethnie Luo. « Chers Kenyans, les Kikuyu ont volé l’avenir de nos enfants… nous devons les traiter de la seule manière qu’ils comprennent… la violence ». Le pays, pourtant un des plus stables d’Afrique, s’embrase soudainement. Après des journées d’émeutes, le président Kibaki est contraint d’accepter la médiation de Madeleine Albright, en sa qualité de présidente du NDI (le pseudopode démocrate de la NED). Un poste de Premier ministre est créé qui revient à Odinga. Les SMS de la haine n’ayant pas été envoyés depuis des installations kenyanes, on se demande quelle puissance étrangère a pu les expédier.

La mobilisation de l’opinion publique internationale

Au cours des dernières années, Washington a eu l’occasion de lancer des « révolutions colorées » avec la conviction qu’elles échoueraient à prendre le pouvoir mais qu’elle permettrait de manipuler l’opinion publique et les institutions internationales.

En 2007, de nombreux Birmans s’insurgent contre l’augmentation des prix du fuel domestique. Les manifestations dégénèrent. Les moines bouddhistes prennent la tête de la contestation. C’est la « révolution safran . En réalité, Washington n’a que faire du régime de Rangoon ; ce qui l’intéresse, c’est d’instrumenter le Peuple birman pour faire pression sur la Chine qui a des intérêts stratégiques en Birmanie (pipelines et base militaire de renseignement électronique). Dès lors, l’important est de mettre en scène la réalité. Des images prises par des téléphones portables apparaissent sur YouTube. Elles sont anonymes, invérifiables et hors contexte. Précisément, leur apparente spontanéité leur donne autorité. La Maison-Blanche peut imposer son interprétation des vidéos.

Plus récemment, en 2008, des manifestations estudiantines paralysent la Grèce à la suite du meurtre d’un jeune homme de 15 ans par un policier. Rapidement des casseurs font leur apparition. Ils ont été recrutés au Kosovo voisin et acheminés par autobus. Les centre-villes sont saccagés. Washington cherche à faire fuir les capitaux vers d’autres cieux et à se réserver le monopole des investissements dans les terminaux gaziers en construction. Une campagne de presse va donc faire passer le poussif gouvernement Karamanlis pour celui des colonels. Facebook et Twittter sont utilisés pour mobiliser la diaspora grecque. Les manifestations s’étendent à Istanbul, Nicosie, Dublin, Londres, Amsterdam, La Haye, Copenhague, Francfort, Paris, Rome, Madrid, Barcelone, etc.

La révolution verte
L’opération conduite en 2009 en Iran s’inscrit dans cette longue liste de pseudos révolutions. En premier lieu, le Congrès vote en 2007 une enveloppe de 400 millions de dollars pour « changer le régime » en Iran. Celle-ci s’ajoute aux budgets ad hoc de la NED, de l’USAID, de la CIA et tutti quanti. On ignore comment cet argent est utilisé, mais trois groupes principaux en sont destinataires : la famille Rafsandjani, la famille Pahlavi, et les Moudjahidines du peuple.

L’administration Bush prend la décision de commanditer une « révolution colorée » en Iran après avoir confirmé la décision de l’état-major de ne pas attaquer militairement ce pays. Ce choix est validé par l’administration Obama. Par défaut, on rouvre donc le dossier de « révolution colorée », préparé en 2002 avec Israël au sein de l’American Enterprise Institute. À l’époque j’avais publié un article sur ce dispositif. Il suffit de s’y reporter pour identifier les protagonistes actuels : il a été peu modifié. Une partie libanaise a été ajoutée prévoyant un soulèvement à Beyrouth en cas de victoire de la coalition patriotique (Hezbollah, Aoun) aux élections législatives, mais elle a été annulée.

Le scénario prévoyait un soutien massif au candidat choisi par l’ayatollah Rafsandjani, la contestation des résultats de l’élection présidentielle, des attentats tous azimuts, le renversement du président Ahmadinejad et du guide suprême l’ayatollah Khamenei, l’installation d’un gouvernement de transition dirigé par Mousavi, puis la restauration de la monarchie et l’installation d’un gouvernement dirigé par Sohrab Shobani.

Comme imaginé en 2002, l’opération a été supervisée par Morris Amitay et Michael Ledeen. Elle a mobilisé en Iran les réseaux de l’Irangate.
Ici un petit rappel historique est nécessaire. L’Irangate est une vente d’armes illicite : la Maison-Blanche souhaitait approvisionner en armes les Contras nicaraguayens (pour lutter contre les sandinistes) d’une part et l’Iran d’autre part (pour faire durer jusqu’à épuisement la guerre Iran-Irak), mais en était interdit par le Congrès. Les Israéliens proposèrent alors de sous-traiter les deux opérations à la fois. Ledeen, qui est double national États-unien/Israélien sert d’agent de liaison à Washington, tandis que Mahmoud Rafsandjani (le frère de l’ayatollah) est son correspondant à Téhéran. Le tout sur fond de corruption généralisée. Lorsque le scandale éclate aux États-Unis, une commission d’enquête indépendante est dirigée par le sénateur Tower et le général Brent Scowcroft (le mentor de Robert Gates).

Michael Ledeen est un vieux briscard des opérations secrètes. On le trouve à Rome lors de l’assassinat d’Aldo Moro, on le retrouve dans l’invention de la piste bulgare lors de l’assassinat de Jean-Paul II, ou plus récemment dans l’invention de l’approvisionnement de Saddam Hussein en uranium nigérian. Il travaille aujourd’hui à l’American Enterprise Institute (aux côtés de Richard Perle et Paul Wolfowitz) et à la Foundation for the Defense of Democracies.
Morris Amitay est ancien directeur de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC). Il est aujourd’hui vice-président du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) et directeur d’un cabinet conseil pour de grandes firmes d’armement.

Le 27 avril dernier, Morris et Ledeen organisaient un séminaire sur l’Iran à l’American Enterprise Institute à propos des élections iraniennes, autour du sénateur Joseph Lieberman. Le 15 mai dernier, nouveau séminaire. La partie publique consistait en une table ronde animée par l’ambassadeur John Bolton à propos du « grand marchandage » : Moscou accepterait-il de laisser tomber Téhéran en échange du renoncement de Washington au bouclier anti-missile en Europe centrale ? L’expert français Bernard Hourcade participait à ces échanges. Simultanément, l’Institut lançait un site internet destiné à la presse dans la crise à venir : IranTracker.org. Le site inclut une rubrique sur les élections libanaises.

En Iran, il appartenait à l’ayatollah Rafsandjani de renverser son vieux rival, l’ayatollah Khamenei. Issu d’une famille d’agriculteurs, Hachemi Rafsandjani a fait fortune dans la spéculation immobilière sous le Chah. Il est devenu le principal grossiste en pistaches du pays et a arrondi sa fortune durant l’Irangate. Ses avoirs sont évalués à plusieurs milliards de dollars. Devenu l’homme le plus riche d’Iran, il a été successivement président du parlement, président de la République et aujourd’hui président du Conseil de discernement (instance d’arbitrage entre le parlement et le Conseil des gardiens de la constitution). Il représente les intérêts du bazar, c’est-à-dire des commerçants de Téhéran. Durant la campagne électorale, Rafsandjani avait fait promettre à son ex-adversaire devenu son poulain, Mirhossein Mousavi, de privatiser le secteur pétrolier.

Sans connexion aucune avec Rafsandjani, Washington a fait appel aux Moudjahidines du peuple. Cette organisation protégée par le Pentagone est considérée comme terroriste par le département d’État et l’a été par l’Union européenne. Elle a effectivement mené de terribles opérations dans les années 80, dont un méga-attentat qui coûta la vie à l’ayatollah Behechti ainsi qu’à quatre ministres, six ministres adjoints et le quart du groupe parlementaire du Parti de la république islamique. L’organisation est commandée par Massoud Rajavi, qui épouse en premières noces la fille du président Bani Sadr, puis la cruelle Myriam en secondes noces. Son siège est installé en région parisienne et ses bases militaires en Irak, d’abord sous la protection de Saddam Husein, puis aujourd’hui sous celle du département de la Défense. Ce sont les Moudjahidines qui ont assuré la logistique des attentats à la bombe durant la campagne électorale. C’est à eux qu’il revenait de provoquer des accrochages entre militants pro et anti-Ahmadinejad, ce qu’ils ont probablement fait.

Dans le cas où le chaos se serait installé, le Guide suprême aurait pu être renversé. Un gouvernement de transition, dirigé par Mirhussein Mousavi aurait privatisé le secteur pétrolier et rétabli la monarchie. Le fils de l’ancien Shah, Reza Cyrus Pahlavi, serait remonté sur le trône et aurait désigné Sohrab Sobhani comme Premier ministre.

Dans cette perspective, Reza Pahlavi a publié en février un livre d’entretiens avec le journaliste français Michel Taubmann. Celui-ci est directeur du bureau d’information parisien d’Arte et préside le Cercle de l’Observatoire, le club des néo-conservateurs français.

On se souvient que Washington avait prévu identiquement le rétablissement de la monarchie en Afghanistan. Mohammed Zaher Shah devait reprendre son trône à Kaboul et Hamid Karzai devait être son Premier ministre. Malheureusement, à 88 ans, le prétendant était devenu sénile. Karzai devint donc président de la République. Comme Karzai, Sobhani est double national états-unien. Comme lui, il travaille dans le secteur pétrolier de la Caspienne.

Côté propagande, le dispositif initial était confié au cabinet Benador Associates. Mais il a évolué sous l’influence de l’assistante du secrétaire d’État pour l’Éducation et la Culture, Goli Ameri. Cette iranienne-états-unienne est une ancienne collaboratrice de John Bolton. Spécialiste des nouveaux médias, elle a mis en place des programmes d’équipement et de formation à l’internet pour les amis de Rafsandjani. Elle a aussi développé des radios et télévisions en langue farsi pour la propagande du département d’État et en coordination avec la BBC britannique.

La déstabilisation de l’Iran a échoué parce que le principal ressort des « révolutions colorées » n’a pas été correctement activé. Mirhussein Mousavi n’est pas parvenu à cristalliser les mécontentements sur la personne de Mahmoud Ahmadinejad. Le Peuple iranien ne s’est pas trompé, il n’a pas rendu le président sortant responsables des conséquences des sanctions économiques états-uniennes sur le pays. Dès lors, la contestation s’est limitée à la bourgeoisie des quartiers nord de Téhéran. Le pouvoir s’est abstenu d’opposer des manifestations les unes contre les autres et a laissé les comploteurs se découvrir.
Cependant, il faut admettre que l’intoxication des médias occidentaux a fonctionné. L’opinion publique étrangère a réellement cru que deux millions d’Iraniens étaient descendus dans la rue, lorsque le chiffre réel est au moins dix fois inférieur. Le maintien en résidence des correspondants de presse a facilité ces exagérations en les dispensant de fournir les preuves de leurs imputations.

Ayant renoncé à la guerre et échoué à renverser le régime, quelle carte reste-t-il dans les mains de Barack Obama ?

[1] Les multiples rapports et documents publiés par ces commissions sont disponibles en ligne sur le site The Assassination Archives and Research Center. Les principaux extraits des rapports ont été traduits en français sous le titre Les Complots de la CIA, manipulations et assassinats, Stock, 1976, 608 pp.

Thierry Meyssan, pour Voltairenet.org

Vidéos complémentaires pour mieux connaître l’Iran. La troisième vidéo est particulièrement intéressante:

juin 16 2009

Le cartable de Big Brother (vidéo)

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Comment faire intégrer à chacun le processus d’individualisation qui permettra de le soumettre à la bonne pensée ?
Proposé par : L’ERT (European Round Table) Groupe de pression rassemblant 47 firmes multinationales et européennes influençant la politique de la commission européenne.Par quelle méthode ? L’aliénation, véritable soumission morale et physique aux nouvelles technologies, engendrant dans les faits un lien marchand.


juin 11 2009

Le secret de la Zone 51 (vidéos)

Par Régis Mex

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Á quelques kilomètres de Los Angeles se trouve une base militaire dont le secret qui l’entoure est tel que le gouvernement américain va jusqu’à en nier l’existence. Pourtant, cette base existe bel et bien et se livre à d’obscurs tests d’appareils militaires de nouvelle génération. Obtenir des précisions sur ces activités a motivé plusieurs curieux, dont l’équipe que les reporters de ce documentaire de Planète Choc ont suivie, et qui fit plus d’une découverte étonnante.

juin 09 2009

Les conséquences des mutations structurelles dues à la croissance: quelques chiffres

La croissance s’accompagne inévitablement de mutations structurelles. Comme l’homme qui grandit, une économie qui croît connaît des mutations profondes. Croissance et développement sont donc intimement liés. On ne peut avoir l’un sans l’autre. L’analyse des causalités est plus délicate à opérer : est-ce la croissance qui génère des mutations structurelles ou sont-ce ces mutations qui engendrent la croissance ? Dans ce dilemme de la poule et de l’œuf, la recherche d’un élément premier est une question complexe. Bornons-nous à souligner les interrelations et les effets de feed back (effets de rétroaction) : A détermine B, qui en retour détermine A. Nous allons ici aborder les mutations les plus marquantes.

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Les étapes du développement :

Les mutations démographiques :

Avant la croissance moderne, population et production évoluaient de manière parallèle. Une bonne récolte faisait baisser la mortalité, la population augmentait, entraînant une hausse de la production. Un accident biologique (une épidémie par exemple) ou climatique (de mauvaises récoltes entraînant une famine) faisait par la suite baisser l’une ou l’autre. Sur le long terme, on observait une stagnation des deux grandeurs.

Dans un premier temps, croissance et augmentation de la population allaient donc de pair. Ensuite, la croissance économique a provoqué une baisse de la croissance de la population. C’est le phénomène de la transition démographique.

La pomme de terre, le rat noir et la petite culotte :

À partir du XVIème siècle, une croissance évidente de la population se manifesta. Quelle en fut la cause ? il est encore trop tôt pour parler de médecine ou d’amélioration de l’hygiène. Amélioration de l’alimentation ? C’est plus probable, notamment à partir du moment où l’on introduisit en Europe de nouvelles espèces végétales venant des Amériques ou d’Orient, notamment la pomme de terre, qui fut l’arme antifamine de cette période.

Un autre phénomène eut un impact décisif, qui fut probablement fortuit : la disparition du rat noir qui avait la détestable capacité de véhiculer la peste. Ce fléau, qui décimait régulièrement l’Europe, disparut progressivement. Par la suite, mais pas avant le XIXème siècle, l’hygiène et la médecine ont faut chuter rapidement la mortalité. C’est au XIXème siècle qu’on inventa des choses aussi banales que le siphon, qui permit l’écoulement des eaux usées dans les maisons (à Versailles, il n’y avait ni toilettes ni salles de bains) ou les sous-vêtements (en coton). Et c’est très tardivement que les sages-femmes apprirent à se laver les mains avant les accouchements (vers 1840), et c’est encore plus tard (dans les années 1880) que Louis Pasteur (1822-1895) inventa la vaccination.

La dernière innovation capitale fut la découverte des antibiotiques, notamment de la pénicilline en 1940 par Alexander Fleming (1881-1955) qui fit considérablement reculer les maladies de l’appareil respiratoire (la grippe espagnole avait fait 20 millions de morts en 1918) et quasiment disparaître le fléau de la syphilis.

L’augmentation de la population s’est alors traduite par une augmentation de la demande, et c’est cette demande qui a tiré la croissance, notamment sous sa forme industrielle.

La décrue démographique :

La croissance de la production a entraîné, dans un deuxième temps, la baisse de la natalité et donc le retour à un équilibre démographique. Ce phénomène, déjà évident à la fin du XIXème siècle, a été masqué par les deux guerres mondiales, surtout la seconde, qui a provoqué un retour à des taux de natalité explosifs. La dénatalité n’est donc pas un phénomène nouveau dans les années 1970 : la France, par exemple, en a souffert de manière précoce. À la fin des années 1920, elle fut le premier pays à avoir un solde démographique négatif.

Les causes de la baisse sont connues : enrichissement et urbanisation. L’enfant était la seule richesse des « prolétaires ». En milieu rural, un enfant représentait de la main-d’œuvre supplémentaire. En ville, avec le développement de l’enseignement, c’est un coût. Par ailleurs, une progéniture importante risque de disperser des patrimoines durement constitués et de compromettre les chances de la famille dans l’avenir. En France, dans les milieux petit-bourgeois, pour les filles à marier, l’enfant unique était une cible de choix : il était synonyme d’héritage entier et de bonne éducation.

Les mutations du rôle social de la femme :

Dans « L’Assujettissement des femmes », J.S. Mill écrit que l’inégalité des droits et du rôle de la femme « seront bientôt reconnus comme un des plus grands obstacles à tout progrès moral, social et même intellectuel. Je n’indiquerai ici parmi les effets qu’aurait probablement l’indépendance industrielle et sociale de la femme qu’une grande diminution des maux de l’excès de population », et il ajoute, en bon malthusien, que c’est parce qu’on a employé « à la fonction de faire des enfants la moitié de l’humanité, c’est parce qu’un sexe tout entier n’a pas d’autre occupation » que « l’instinct animal a pris des proportions démesurées ».

La mutation des activités :

L’impact le plus évident de la croissance est la mutation des activités productives qu’elle induit. Ce phénomène structurel est d’ailleurs probablement le meilleur indicateur du niveau de développement d’un pays. Ce phénomène, analysé par Colin Clark (1905-1989) dans « Les Conditions de progrès économique » (1940) et actualisé pour tenir compte de l’évolution récente, peut être représenté ainsi :

Les secteurs d’activité évoluent de cette façon :

Le secteur primaire (I, agriculture) voit sa population décroître régulièrement : on passe de taux extrêmement élevés pour des pays sous-développés à des taux inférieurs à 10 voire à 5% pour les pays les plus développés.

Le secteur secondaire (II, industrie) croît régulièrement jusqu’à occuper la moitié de la population active, puis décroît.

Le secteur tertiaire (III, services) croît régulièrement.

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Les quatre phases (A, B, C et D) marquent les étapes du développement et la structure des activités correspondantes :

A. Pays sous-développés : L’agriculture occupe l’essentiel de la population, l’industrie et les services sont peu présents.
B. Pays en décollage : L’industrie commence à se développer, mais les actifs agricoles sont encore majoritaires.
C. Pays industrialisés : Très symboliquement, la population industrielle dépasse la population agricole ; c’est ce cap qu’ont franchi récemment les pays d’Asie tels que la Corée, Taïwan et la Chine.
D. Pays industriel les plus développés : La population industrielle décroît jusqu’à ne plus occuper que le tiers ou le quart de la population active, l’essentiel de la population travaillant désormais dans les services.

Les Etats-Unis représentent actuellement le stade le plus avancé du développement. Leur répartition est de 3% dans le primaire, 27% dans le secondaire, et 70% dans le tertiaire. Remarquons que, de ce point de vue, la France est plus « avancée » que le Japon ou l’Allemagne, grâce à un secteur tertiaire plus puissant, ce qui se retrouve d’ailleurs dans les exportations françaises : la France est le deuxième exportateur mondial de services, derrière les Etats-Unis.

Michel Musolino, professeur d’économie en classes préparatoires à HEC

juin 03 2009

De l’abâtardissement des masses occidentales par la culture américaine

Par Régis Mex

« Tu seras solitaire parce que la culture est aussi une prison. »
Aldous Huxley

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Souvent, nous sommes habitués à n’envisager que les menaces que nous percevons dans notre environnement extérieur. Nous craignons souvent que nos sociétés occidentales soient surclassées par les nouvelles puissances orientales, que des tensions ne nous précipitent dans un conflit avec une faction étrangère, que nos élites financières et politiques ne nous envoient elles-mêmes dans le gouffre. Nous méprisons, et à juste titre, les guerres quelles qu’elles soient et ceux qui les provoquent. Mais nous sous-estimons trop souvent l’ampleur dévastatrice de ce que les américains appellent le « soft power », qui est défini comme la capacité d’un acteur politique – comme un État, une firme multinationale, une ONG, une institution internationale (comme l’ONU ou le FMI) voire un réseau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) – d’influencer indirectement le comportement d’un autre acteur ou la définition par cet autre acteur de ses propres intérêts à travers des moyens non coercitifs (structurels, culturels ou idéologiques). Cette séduction du citoyen par des moyens culturo-idéologiques, que son effet soit perçu consciemment ou non, est principalement encouragée par les Etats-Unis, et ce de façon croissante depuis une trentaine d’années.

Le problème est que la culture que nous vendent les américains est souvent des plus… infectes. Et plus elle l’est, mieux elle semble passer auprès de la moyenne du public européen, les jeunes étant les plus concernés. Au fur et à mesure que nos sociétés « s’américanisent », nous sommes non seulement plus vulnérables à la perte de notre identité nationale et de nos valeurs séculaires, mais la gangrène intellectuelle qui règne aux Etats-Unis nous contamine de également de plus en plus gravement. Voici le résumé semi-amusant semi-inquiétant d’une étude à propos du niveau moyen de géographie des jeunes américains :

Dépêche de l’AFP du 3 mai 2006 :

« La majorité des jeunes Américains sont nuls en géographie et sont incapables, par exemple, de situer l’Irak sur une carte, selon une étude effectuée pour la revue National Geographic.

Cette étude, réalisée par l’Institut Roper auprès de 510 jeunes âgés de 18 à 24 ans, montre également que les jeunes Américains connaissent assez mal leur propre pays, la moitié d’entre eux étant incapables d’identifier sur une carte New York ou l’Etat de l’Ohio et 30% estimant que les Etats-Unis comptent entre 1 milliard et 2 milliards d’habitants.

La moitié des personnes interrogées estiment qu’il est « important mais pas absolument nécessaire » de savoir situer un pays ou de parler une langue étrangère, a indiqué l’Institut Roper mardi. La majorité des personnes interrogées, a également relevé l’Institut, ne se montrait pas préoccupée par ces lacunes en géographie.

Alors que des soldats américains se trouvent en Irak depuis mars 2003 et que ce pays fait la Une des médias américains depuis maintenant plus de trois ans, 63% des personnes interrogées sont incapables de situer ce pays sur une carte. 75% ne savent pas non plus où se trouvent Israël et l’Iran. »

La situation intellectuelle et culturelle aux Etats-Unis est malheureusement bien plus grave encore que ce que montre cet article. Pour ceux qui comprennent l’anglais, la vidéo ci-dessous où des américains sont interrogés au hasard dans la rue est éloquente :

Quant à l’enseignement primaire et secondaire, qui est l’un des plus mauvais du monde (il y a en fait un grand contraste avec l’enseignement universitaire américain, qui, lui, est réputé excellent) et dont la qualité a souffert d’une dégradation stupéfiante sous la présidence de George Bush. Voici un graphique tiré de Zeitgeist et quelques chiffres :

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« Au début des années 1980, l’enseignement primaire et secondaire souffrait de graves défauts : le niveau des élèves était plutôt mauvais et la violence faisait partie du quotidien. Les inégalités liées au statut social et à l’origine ethnique étaient très marquées. On accusait fréquemment le corps professoral pour ces mauvais résultats. C’est le rapport Nation at Risk (1983) qui fait prendre conscience des échecs du système éducatif américain. »

« En 2000, 68 millions d’américains étaient scolarisés. En 1967, la moitié des adultes avaient fait des études secondaires ; le chiffre est passé à 61 % en 2000, 61% des adultes avaient fait des études secondaires. »

Qui plus est, comme nous l’avons dit précédemment, l’adoption de la culture américaine par les pays européens leur font petit à petit perdre leur identité, du fait qu’ils intègrent des éléments d’une culture étrangère mais ne redynamisent pas la leur pour qu’elle puisse s’imposer tant sur le sol national qu’au niveau international. Elle a donc tendance à mourir à petit feu, en emportant avec elle une certaine partie de l’âme du pays dont elle provient. En atteste cet article de Vigile.net:

« La nouvelle a été sur toutes les lèvres depuis que le magazine Time en a fait l’annonce : la culture française décline. La littérature française n’a plus d’impact, quasiment nulle en littérature, guère plus, tout bien pesé, que son théâtre ou son cinéma. Et l’article énonce son verdict. La culture française décline car elle est désormais indigne d’intérêt.

Le Time magazine a aussi fait ample écho au cours de l’année à la fameuse scène lors du Miss America Pageant. On a demandé à une concurrente, miss Upton, comment se faisait-il que les Américains, dans leur vaste majorité, étaient incapables de situer les Etats-Unis d’Amérique sur une carte.

« C’est sans doute parce qu’ils n’ont pas de carte », a-t-elle répondu.

On pourrait ajouter au commentaire de la belle madame Upton : « S’ils jugent indignes d’intérêt de situer leur pays sur une mappemonde, ils ne doivent pas trouver d’énergie supplémentaire pour apprécier la culture française. »

Il faut noter également que le prototype de sensibilité a changé depuis trente ans et que cela touche aussi le cinéma. À force d’être hyper-stimulé, le public a perdu des façons plus subtiles de percevoir. On a fait une expérience par exemple en présentant de vieux films de Jean-Luc Godard à de jeunes publics de vingt à trente-deux ans. Tous habitués aux jeux vidéo, aux sonogrammes qui signalent les bons coups dans les joutes, aux trames sonores des films, plusieurs se dirent effarés par les silences utilisés par ce cinéaste. »

C’est dans ce contexte de surstimulation que le Time annonce le déclin de la culture française. L’auteur de l’article a presque l’air de s’en féliciter comme si après la dinde on ne pouvait pas souhaiter mieux. »

« Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne. »

Aldous Huxley

Une chose est sûre : la dignité humaine la plus élémentaire n’est pas innée chez tout un chacun, et le seul moyen d’y remédier en partie est de vivifier la vie intellectuelle de son pays et en ressuscitant la culture en lui donnant de nouvelles formes de noblesse. Mais comme tout le monde le sait, c’est l’inverse qui a lieu. La culture émane bien plus, de nos jours, des multinationales que des initiatives d’un État et de ses intellectuels. De fait, celle-ci se résume au « McDonald and Coca-Cola’s way of life ». Elle ne se contente pas seulement de faire perdre au citoyen les sens plus subtils que les cinq organiques, mais s’applique également à atrophier ces derniers en encourageant les gens à manger de plus en plus mal, ce qui rend leur santé plus fragile pour le plus grand bonheur des industries pharmaceutiques et leur personnalité plus grossière encore. On est ce que l’on pense tout comme on est ce que l’on mange.

En outre, les nouvelles générations semblent de plus en plus apprécier de faire vanité de leurs vices, et adopter les aspects les plus grossiers et égoïstes de l’homme comme seule réalité de l’existence. Le rejet des anciennes valeurs, qu’elles soient liées à la hiérarchie dans la famille ou à la religion, est le principal responsable de cela. Certaines coutumes ridicules disparaissent à juste titre, mais les valeurs conduisant au respect, à la lucidité, à la volonté de dépassement de soi-même et autre ont aussi fortement tendance à subir cet aveugle processus. Le mouvement de masse n’est effectivement pas doté d’assez de subtilité pour distinguer ce qui est bon de ce qui ne l’est pas, et se contente de rejeter tout en bloc parce qu’il assimile certains éléments d’une mentalité au restant de tous les aspects de cette dernière. Il se bâtit ensuite sur les valeurs opposées à celles qu’il a détruit.

Désormais, on ne respecte plus celui qui aime connaître et comprendre les choses de la vie, mais on le discrédite et le craint, car le mouvement de masse considère comme plus approprié de profiter seulement de l’excitation des sens que procure certaines choses de la vie. De fait, on passe du réfléchi au pur ressenti, et on tente d’accentuer ce dernier de la façon la plus forte et la plus grossière qui soit, c’est-à-dire en recourant aux alcools et aux drogues pour pimenter les joies d’une existence qui s’avère dès lors bien inutile…

La discipline, la pudeur et la sagesse sont abandonnées au profit de ce qui procure plus de sensations. Les chances d’accéder à la sagesse et à une attitude digne sont elles-mêmes réduites à néant par la destruction des facultés plus subtiles de percevoir les réalités du monde, puisqu’on ne considère désormais plus que ce qui est purement tangible et matériellement accessible, soit ce que l’on peut voir, toucher, sentir, entendre et goûter comme seule réalité.

Les générations passées considéraient volontiers l’argent comme source première de pouvoir, même si l’on peut se demander avec justesse quelle importance a le moyen d’avoir du pouvoir si l’on ne dispose pas des connaissances appropriées pour savoir comment bien s’en servir. Or, les jeunes d’aujourd’hui semblent se sentir peu concernés par les dignes perspectives d’avenir ; leur personnalité est si affaiblie par leur environnement extérieur que la majorité d’entre eux est plus que jamais disposée à embrasser une mentalité d’esclave. Ce n’est pas tant que la volonté de pouvoir leur manque, mais ils sont tellement perdu dans le tourbillon de leurs sens qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’avoir sa destinée en main signifie vraiment.

« Ce n’est pas un gage de bonne santé que d’être bien intégré dans une société profondément malade.« 

J.Krishnamurti

Les nouveaux courants culturels sont également nombreux à réclamer plus de « liberté ». Après tout, ne sommes-nous pas en démocratie ? Mais qu’est-ce au juste que la liberté ? D’après le Larousse 2007, la liberté est l’état de quelqu’un qui n’est pas soumis à la servitude, et peut donc agir sans entraves. Mais ne naît-il pas un certain danger en officialisant une définition aussi vague ?

En effet, si les conditions dans lesquelles nous nous sentons libres sont celles où nous pouvons faire ce que nous voulons, exaucer le moindre de nos désirs, peut-on considérer qu’une telle liberté appliquée chez tous aura des effets bénéfiques sur la société ? Il paraît clair que non, car cette « liberté » serait synonyme de chaos et conduirait rapidement à une forme de servitude des plus perverses.

Comme le dit le dicton populaire « ta liberté s’arrête là où commence celle d’autrui », on ne peut plus parler de liberté si l’exercice des désirs d’une personne empêche un autre individu d’être en condition de garder son confort et sa propre liberté. Pour prendre un exemple simple, on ne pourra pas parler d’exercice de la liberté si un habitant empêche son voisin de dormir en faisant hurler de la musique en pleine nuit pour contenter son simple plaisir.

Il paraît donc bien plus réaliste de dire que la liberté est la faculté qui permet à un individu de faire des choix qui permettent la satisfaction des besoins qui garantissent sa dignité, tout en respectant la dignité d’autrui. Karl Jaspers disait que « Lorsqu’on mutile la liberté de l’homme, cette liberté que Dieu a créée et qui se rapporte à lui, on mutile précisément ce par quoi Dieu, indirectement, s’annonce. ». Il n’en reste pas moins que des conditions d’existence aussi fragiles sont difficiles à faire appliquer au plus grand nombre…

Et c’est bien parce que cette difficulté relève carrément de l’impossibilité que notre société est plongée dans un plus grand chaos civil qu’autrefois. La majorité des gens confondent malheureusement les deux façons d’aborder la liberté que nous avons citées ; une liberté plus chaotique et égoïste, et une autre respectueuse des lois de la vie et de son entourage, qui est la seule qui soit digne de porter le nom de liberté. Une liberté qui a pour seul objectif la satisfaction sans entraves de tous les désirs de l’individu n’est effectivement pas une liberté, mais une forme de servitude. En effet, en s’habituant à répondre systématiquement à leurs moindres envies sans considération morale, les gens qui agissent ainsi deviennent esclaves d’eux-mêmes, de leurs propres pulsions. Ainsi, en plongeant dans l’esclavage du désir et de l’égoïsme, ils deviennent de plus en plus incapables d’avoir recours à des façons plus subtiles de percevoir que les cinq sens, telles que la réflexion, l’empathie ou l’intuition.

Dans leur addiction, ils exigent de plus en plus de « libertés », qui les rendront encore plus esclaves d’eux-mêmes, alors qu’ils ne se sont même pas attachés à cultiver leurs libertés fondamentales, comme le disait Sören Kierkegaard : « Que les gens sont absurdes ! Ils ne se servent jamais des libertés qu’ils possèdent, mais réclament celles qu’ils ne possèdent pas ». Mais puisqu’ils ont de la liberté la définition qu’elle est ce qui permet d’agir sans entraves, ils se pensent libres. Or, comme le disait Johann Wolfgang Von Goethe, « Nul n’est plus désespérément esclave que celui qui croit le plus faussement être libre ». Alors, ces « esclaves » empoisonnent la société qui devient de plus en plus chaotique au fur et à mesure qu’elle est rongée par ce type de pensée. Ces nouveaux « esclaves » sont si déconnectés des réalités du monde et de la nature qu’un profond malaise finit par accompagner leur existence dépravée, malaise qui s’exprime par de nouveaux faits de criminalité et de délinquance de même qu’une consommation accrue de drogues et d’alcools dans l’optique d’échapper aux souffrances causées par sa propre perdition au lieu de les affronter.

Ces conditions sont alors un terreau fertile à l’établissement d’une dictature implicite. Les « esclaves » sont perdus dans une cécité si profonde et une bestialité telle qu’ils n’ont cure des problèmes de leur pays et encore moins de ceux du monde. Ils se contentent alors de faire tourner le moteur de la société de consommation en achetant de façon compulsive une quantité de choses dont la majorité d’entre elles ne servira qu’à les pousser encore plus profondément dans le matérialisme dans lequel ils se confortent et dont ils ne veulent surtout pas sortir car il serait trop douloureux de prendre conscience qu’ils ont bâti leur vie sur une erreur. Repoussant par instinct de survie tout ce qui pourrait le leur faire apparaître clairement, ils deviennent plus malléables que jamais par tous les décideurs en matière de politique et d’économie qui emmènent ce troupeau dans le sens qu’ils désirent en lui promettant de conserver son innocence en n’inondant les moutons qui constituent ce troupeau que de mensonges qui concordent avec leur simplicité d’esprit. André Maurois disait que « Les abus de la liberté tueront toujours la liberté ». Un dictateur bien connu, Benito Mussolini, avait lui-même déclaré « Il y a des libertés ; la liberté n’a jamais existé ». Rabindranàth Tagore, lui, a dit tout aussi justement que « Il est aisé d’écraser, au nom de la liberté extérieure, la liberté intérieure de l’homme ». Platon écrivait déjà à son époque, dans « La République », que « si les citoyens n’ont plus de respect envers la société dans laquelle ils vivent, si les enfants ne respectent plus l’autorité de la hiérarchie familiale, alors, un pas décisif vers la tyrannie a été franchi ».

« Les conséquences de nos actions sont des épouvantails pour les lâches, et des rayons de lumière pour les sages. »

Aldous Huxley

Pour ce qui est de l’enseignement, il semble que ceux qui en ont la responsabilité soient désireux d’établir un certain fossé entre l’enseignement primaire/secondaire et l’enseignement supérieur. L’écart s’agrandit donc entre les 15% de la population qui ont eu accès à des études universitaires et les 85 autres %, ce qui contribue à faciliter la domination implicite ou explicite des 15% sur les 85%. En effet, cette majorité de la population aura été bien peu éduquée lors de leurs études secondaires, car même dans la section générale, le programme proposé est plus infantilisant qu’instructif. Ainsi, nombre d’élèves qui terminent leurs humanités à 18 ans restent très insuffisamment formés à la citoyenneté et ont un niveau de culture médiocre, car les programmes scolaires n’ont jamais prétendu les éduquer sur ces sujets pourtant importants, mais avaient plutôt pour objectif d’en faire de bonnes machines à travailler réceptives aux attentes de l’État et des entreprises. Seuls ceux qui se sont cultivés sur le côté et ceux qui ont eu accès par la suite à des études universitaires ont pu atteindre un bon niveau d’instruction. Malgré tout, le niveau de notre enseignement reste l’un des plus élevés au monde… Et c’est presque inquiétant puisque bien peu de matières abordées contribuent réellement à construire la personnalité de l’élève sur de bonnes bases. En outre, ne doutons pas que les résultats de sondages sur les connaissances géographiques de jeunes français ne varieraient pas significativement des médiocres résultats américains… Comment pourrait-on arriver à une société juste et bien bâtie si 85% de la population ne comprend pas suffisamment notre société et n’en connaît pas assez d’aspects décisifs ? Comment faire en sorte que ces 85% de la population ne soient pas extrêmement malléables et ne se laissent toujours manipuler par les politiciens et les entreprises pour en arriver à un résultat qui réjouit ces derniers mais désavantage tout à fait les gens qui leur ont permis d’en arriver là ?

« L’idéalisme est la noble toge dont les hommes politiques drapent leur volonté de puissance. »

Aldous Huxley

Par Régis Mex, pour Mecanopolis

juin 03 2009

On ne fait pas l’anatomie d’une charogne dont la putréfaction efface les formes et confond les organes

Mecanopolis

Parler du monde actuel comme d’un cadavre en décomposition n’est pas une simple facilité rhétorique. C’est une image, mais de celles qui servent à imaginer juste : l’ayant à l’esprit, on distingue mieux ce qu’on a sous les yeux, et toutes sortes de phénomènes, sinon passablement déroutants, deviennent intelligibles.

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A commencer justement par ce sentiment universel qu’il est désormais inutile de chercher à connaître de façon plus scientifique et détaillée le fonctionnement de la société mondiale. En dehors de ceux qui sont rétribués pour fournir des simulations théoriques, cela n’intéresse personne de savoir comment elle marche exactement ; et d’abord parce qu’elle ne marche plus.

On ne fait pas l’anatomie d’une charogne dont la putréfaction efface les formes et confond les organes. Quand les choses en sont venues à ce point, il semble qu’il y ait mieux à faire : à s’éloigner pour tenter de trouver encore un peu d’air frais à respirer et reprendre ses esprits ; ou sinon, comme la plupart y sont contraints, à faire en sorte de si bien atrophier sa perception de la puanteur qu’on puisse s’en accommoder après tout, peut-être se divertir et même s’enchanter de tant de corruptions variées et changeantes, fermentations inhabituelles et gragouillements ludiques qui enflent de leur exubérance la charogne sociale.

L’avalanche de falsifications-révélations qui organise aujourd’hui la confusion sur tous les sujets emporte vite la volonté de rétablir les faits sur un point quelconque, car il faudrait pour y parvenir qu’aient encore cours certaines vérités historiques générales qui forment le contexte des faits en question ; or on s’aperçoit qu’elles ont déjà été balayées, et surtout qu’a été balayé, avec le sens historique lui-même, l’intérêt pour la vérité qui en était le moteur.

L’abolition de l’histoire est une sorte d’affreuse liberté pour ceux qu’elle délivre effectivement de tout devoir vis-a-vis du passé comme de toute charge envers l’avenir : cette liberté, faite d’irresponsabilité et de disponibilité (à tout ce que la domination voudra faire d’eux), nos gouvernements y tiennent plus qu’à la prunelle de leurs yeux, dont ils ont docilement confié l’extinction des écrans ; quiconque en critiquera la vacuité, par exemple en rappelant l’existence de l’histoire sous la forme des échéances nombreuses et terribles qui tombent en ce moment même comme la facture du mésusage du monde, sera taxé de nostalgie fascisante d’une harmonie prétechnique, à moins que ce ne soit de penchant au fondamentalisme religieux, sinon même de fanatisme conspirationniste.

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A la suite de cet article, nous placerons les Informations en Continu de la rédaction de Mecanopolis

20:00 > Depuis 50 ans, l’OMS censure toute étude sur l’impact de l’industrie nucléaire

L’assemblée générale annuelle de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a été perturbée pour la troisième fois par des organisations demandant l’abrogation de l’Accord passé avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le 28 mai 1959, il y a exactement 50 ans, un protocole d’accord OMS-AIEA avait été approuvé par l’Assemblée générale. Il stipule que les deux organisations doivent se concerter sur tous les sujets d’intérêt commun. Dans la pratique, il signifie que l’OMS ne peut pas publier d’études sur les maladies provoquées par les radiations sans l’accord préalable de l’AIEA. Cet accord a été scrupuleusement respecté, y compris après l’accident de Chernobyl et les guerres du Kosovo et d’Irak.

Il s’ensuit que l’OMS a censuré toutes les études sur les maladies liées à l’industrie nucléaire, civile ou militaire, depuis un demi-siècle et attribué faussement de nombreux problèmes de santé publique à des facteurs mineurs. Source : Le blog de Ferlinpimpim. ;)

20:45 > Le Professeur Sylvie van der Werf, directeur d’une unité de recherches à l’Institut Pasteur estime que toute la population devra être vaccinée contre le nouveau virus A/H1N1 dès que le vaccin, en cours de préparation, sera disponible, dans un entretien au Figaro à paraître jeudi.

« Nous sommes face à un virus nouveau. Nous sommes au bord de la phase 6 d’alerte pandémique de l’Organisation mondiale de la santé », rappelle Mme van der Werf.

« Je n’imagine pas une seconde que la diffusion s’arrête et que ce nouveau virus disparaisse comme par enchantement », estime cette spécialiste des virus à Pasteur, un des deux centres nationaux de référence pour la grippe.

« Nous allons être conduits à vacciner tout le monde, au Nord, comme au Sud, dans les pays riches comme dans ceux en voie de développement. Et mon avis est que le plus vite sera le mieux, compte tenu de l’évolution actuelle », ajoute-t-elle.

« Mais il y a des délais incompressibles », note-t-elle, pointant les essais cliniques nécessaires pour tout nouveau vaccin, « pour vérifier l’efficacité et l’absence d’effets secondaires ».

« On sait que les virus grippaux mutent en permanence. Et nous ne sommes pas à l’abri d’un changement qui augmenterait sa virulence et sa transmissibilité », estime Mme van der Werf.

Les chercheurs sont en train de répertorier toutes les mutations « dangereuses » possibles, explique-t-elle. « Nous redoutons aussi des réassortiments génétiques entre ce virus et ceux de la grippe saisonnière, et notamment avec un autre H1N1 majoritairement résistant au Tamiflu ».

21:00 > Il va falloir vacciner tout le monde !

Est-on dans une situation inédite avec ce virus A/H1N1 qui a émergé au Mexique ?

Oui, clairement, nous sommes face à un virus nouveau, qui circule dans la «communauté» (c’est-à-dire à partir de foyers autonomes et non plus importés de l’étranger, NDLR), sur plusieurs continents. Nous sommes au bord de la phase 6 d’alerte pandémique de l’Organisation mondiale de la santé. En réalité, la phase 6 se caractérise par la transmission «communautaire» du virus sur au moins deux continents. Nous y sommes. Sauf que ces niveaux d’alerte ont été définis dans l’optique d’une pandémie liée au virus H5N1 de la grippe aviaire, bien plus virulent. Alors que la pathogénicité de ce nouveau virus est pour l’instant modérée. Cela explique la temporisation de l’OMS sur ce sujet.

Est-ce que l’arrivée de l’été va arrêter la circulation du virus en Europe ?

C’est vrai, il y a des facteurs climatiques plus ou moins favorables à la transmission de la grippe. La forme saisonnière se transmet plutôt l’hiver, mais ce n’est pas un critère absolu. En zone tropicale, les virus grippaux circulent toute l’année, avec deux pics, notamment pendant la saison humide. En Europe, l’épidémie démarre plutôt en décembre. Mais nous sommes actuellement dans une situation particulière puisque ce nouveau H1N1 diffuse actuellement aux États-Unis et au Canada, alors que c’est l’été, et donc hors des périodes classiques de circulation. Sans doute, le fait que la population est vierge de toute immunité, la rend plus susceptible. Mais nous ne sommes pas dans des conditions normales de transmission actuellement. Lire la suite.

Jeudi 4 juin > Le plan secret de vaccination de Sarkozy

Il devient de plus en plus évident qu’une arrière-pensée est derrière les vagues successives de panique de masse créées ces dernières années par la CDC, l’OMS et des organismes gouvernementaux. Nous avons été affolés de manger du bœuf quand le bétail, au Royaume-Uni et ailleurs, a développé une maladie mortelle appelée ESB ou « maladie de la vache folle. » Plus tard émergea la preuve du fait que l’ESB était la conséquence de la vaccination des vaches pour tuer des insectes inoffensifs qu’elles ont sous la peau. Plus récemment, après des rapports de cas de ce qu’on appelle la « fièvre catarrhale» chez la vache, le mouton et la chèvre en Belgique et en Hollande en 2006, les autorités vétérinaires d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche ont imposé une vaccination obligatoire ou un traitement avec des médicaments pour soi-disant protéger les animaux des morsures d’insectes prétendument porteurs de maladie habituellement inoffensives.

La vaccination des animaux des cheptels a été rendue obligatoire contre une maladie qui est en général si anodine qu’elle passe inaperçue, et qui dans de rares cas extrêmes pourrait être liée à la mort. Tous les animaux de plus de trois mois devaient être vaccinés. Les vaccins, selon un rapport de la publication suisse Aegis-Impuls de 2008, ont provoqué la mort en masse, une baisse de la natalité, une diminution de la production laitière, des crises cardiaques et d’autres graves effets. Les vaccins ont été utilisés en dépit du fait que personne apparemment n’avait certifié leur sûreté avant. Ils contenaient typiquement de l’hydroxyde d’aluminium et du Thiomersol ou mercure, en tant qu’adjuvants et/ou conservateurs, tous deux hautement toxiques et tous deux également utilisés dans la plupart des vaccins humains.

En dépit de la masse de protestations et de rapports auprès des autorités vétérinaires en Allemagne, en Suisse et en Autriche, il n’a pas été tenu compte des alertes et la vaccination de masse obligatoire a continué. Il n’est guère étonnant que les agriculteurs prennent leurs tracteurs pour protester dans la rue.

Le rapport d’un plan secret du gouvernement français, visant à vacciner tous les citoyens français de plus de trois mois, plus de 100 millions de doses, est plus que préoccupant. Selon Le Journal du Dimanche, anticipant un probable retour du virus en automne, le gouvernement français va dépenser près d’un milliard d’euros pour acheter des vaccins. Les autorités annonceront en automne si elles décident de rendre le vaccin obligatoire. « Nous serons prêts à attaquer dans un délai très court, » explique la ministre de la Santé. Selon les sources, l’État veut commander 100 millions de doses vaccinales contre la grippe auprès de trois laboratoires, GlaxoSmithKline, Novartis et Sanofi. Les deux derniers sont des compagnies françaises. Lire la suite.

18:30 > Avertir les gens maintenant ou attendre que les choses commencent à mal tourner ? Lire l’article.

18:40 > L’épidémie de grippe A (H1N1) s’étend en France. Dans son dernier point de situation établi à 11h ce jeudi 4 juin, l’Institut de Veille sanitaire (InVS) fait désormais état de 57 cas confirmés dont un en Polynésie française.

19:00 > Vidéo : Mme Miller  a été hospitalisée pour une crise d’asthme. Trois tests A/H1N1 ont été négatifs, elle a été libérée et est rentrée chez elle après une semaine. Quelques heures  seulement après son retour, elle a du se faire hospitaliser à nouveau : son état avait empiré. Le test A/H1N1 suivant a été positif. Elle est décédée après deux semaines de traitement. D’autres histoires similaires tendraient à démontrer que les tests ne sont pas toujours fiables.

19:10 > Mesures d’urgences et vaccinations de masse

Lorsqu’on sait ce que les gouvernements préparent en cas de pandémie, on peut se demander si ce n’est pas cela qui inquiète davantage que la pandémie en soi. Les mesures d’urgences mises en place, les programmes de vaccinations de masse et quarantaines imposées sont clairement définies et préparées. Ce n’est pas tant le virus qui menace que la réaction prévue des instances gouvernementales, de la police et de l’armée qui devrait attirer notre attention. Lire la suite.

21:15 > Malgré les efforts des industriels, « il n’y aura pas assez de vaccins pour tout le monde jusqu’en avril 2010″, pointe le docteur Jean-Marie Cohen, médecin coordinateur national du réseau Grog (Groupes régionaux d’observation de la grippe). La stratégie des autorités sanitaires pourrait consister à vacciner les jeunes et les adultes contre le virus émergent et à vacciner les personnes âgées contre le virus de la grippe saisonnière. « Mais le message risque d’être mal compris, prévient le Dr Cohen : les gens vont penser que l’on sacrifie les personnes âgées ».

Vendredi 5 juin > Peut-on refuser une vaccination obligatoire ?

Deux questions se posent en cas de pandémie. Celles relevant de la sphère médicale et celles concernées par le volet juridique et social. Ce dernier volet est évident car une vaccination étant un acte médical, et donc un acte, éventuellement contraint et susceptible de voir une opposition d’un individu, alors la sphère juridique est concernée. Et si ce n’était pas le cas, alors nous ne serions pas dans un Etat de droit mais une dictature. Lire la suite.

C’est vraiment à titre indicatif que nous plaçons ce lien, car la réponse est évidente : bien sûr que l’on peut refuser ! Il ne manquerait d’ailleurs plus que l’on nous y contraigne Et puis quoi encore ?

06:30 > Les débris récupérés n’appartiennent pas à l’Airbus d’Air France

Les débris récupérés dans l’Atlantique par des secouristes brésiliens ne proviennent pas de l’Airbus A330 d’Air France qui s’est abîmé lundi, ont déterminé jeudi les enquêteurs.Un hélicoptère militaire brésilien Lynx embarqué à bord d’une frégate dépêchée sur place pour participer aux recherches a récupéré un coffre à bagages et deux gilets de sauvetage, à 1.100 km des côtes nord-est du Brésil, mais le général Ramon Borges Cardoso a déclaré par la suite à la presse à Recife, où ces débris ont été acheminés, que rien de ce qui avait été repêché ne provenait en fait de l’Airbus.

Onze avions de l’armée de l’air brésilienne quadrillent une zone de 6.000 km², à partir d’une base située dans les îles de Fernando de Noronha, au large des côtes du nord-est du Brésil. En mer, trois navires de guerre brésiliens passent au peigne fin le secteur présumé de la catastrophe.

L’Airbus, qui se rendait de Rio de Janeiro à Paris, a disparu pour des raisons encore non élucidées, avec 228 personnes à bord, alors qu’il survolait l’Atlantique.

Officiels et pilotes français ont invité jeudi à la prudence après la multiplication des hypothèses sur le drame.

Le journal Le Monde a avancé dans son édition datée du 5 juin que la vitesse de l’Airbus était erronée et qu’un « enchaînement d’événements catastrophiques » avait conduit à sa désintégration en vol, une thèse qui fait débat.

Le président du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a jugé toute piste prématurée et a invité la presse à la prudence.

Paul-Louis Arslanian a estimé qu’il y avait « beaucoup trop d’informations, dans tous les sens, qui sont plus ou moins vraies, plus ou moins validées avec des extrapolations, des tentatives d’explication. » Prié de dire si l’avion avait pu exploser en vol, il a répondu : « À ce stade, rien n’est exclu. »

18:20 > Nous avons reçu des informations qui semblent tout à fait pertinentes à propos de la disparition de l’Airbus d’Air France. Toutefois, nous allons procéder à quelque vérifications par des tiers avant de publier quoi que ce soit (comme nous le faisons avec nos propres analyses sur le H1n1), de sorte à ne pas ajouter à la confusion autour de cette affaire. Nous placerons en ligne un premier article sur le sujet en fin de soirée.
18:30 > La propagation de la grippe porcine a pris une nouvelle tournure vendredi avec la première victime infectée sur territoire suisse. La femme de 29 ans, habitant le canton de Vaud, a probablement contracté la maladie au contact avec un ressortissant américain.

Au moins 14 cas ont été confirmés pour le moment en Suisse. « Mais tout va désormais très vite », a relevé le directeur de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) Thomas Zeltner devant les médias. Le nombre de malades ne cesse en effet de grimper ces jours.

Vaud est le canton le plus touché avec 6 cas confirmés, suivi de Berne et Argovie (2 cas chacun). Zurich, Bâle-Ville, Bâle-Campagne et St-Gall ont tous enregistré un cas.

Douze des quatorze personnes infectées revenaient d’un voyage des Etats-Unis, du Mexique ou du Canada. Une rentrait de République dominicaine, pays pourtant officiellement épargné par la grippe A/H1N1, a précisé Thomas Zeltner.

L’accélération du nombre des cas en Suisse n’alarme pas l’OFSP. « Le virus ne présente pas pour l’instant un risque accru pour la population », note l’office dans un communiqué.

Vendredi, le Conseil fédéral a donné son aval à l’achat de 40′000 traitements de Tamiflu supplémentaires pour sa réserve d’urgence. Cette mesure doit permettre d’avoir accès très rapidement à l’antiviral en cas de pénurie passagère. La réserve sera stockée dans la pharmacie de l’armée.

La Confédération dispose déjà d’un stock de Tamiflu suffisant pour traiter un quart des habitants en Suisse. Soit la part de la population susceptible de tomber malade en cas de pandémie. (ATS)

18:35 > L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui réunissait vendredi son comité d’urgence sur la grippe porcine a assuré qu’il n’y avait « pas de décision à attendre » ce jour sur l’annonce d’une pandémie.

18:50 > C’était hier, l’épidémie de grippe de Hong Kong de 1968

Un an après être partie de Hongkong, la grippe fait, en deux mois, 31 226 morts en France, deux fois plus que la canicule de 2003. A l’époque, ni les médias ni les pouvoirs publics ne s’en étaient émus. Alors que la propagation de la grippe aviaire inquiète, retour sur cette première pandémie de l’ère moderne.

On n’avait pas le temps de sortir les morts. On les entassait dans une salle au fond du service de réanimation. Et on les évacuait quand on pouvait, dans la journée, le soir.» Aujourd’hui chef du service d’infectiologie du centre hospitalo-universitaire de Nice, le professeur Dellamonica a gardé des images fulgurantes de cette grippe dite «de Hongkong» qui a balayé la France au tournant de l’hiver 1969-1970. Agé alors d’une vingtaine d’années, il travaillait comme externe dans le service de réanimation du professeur Jean Motin, à l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon. «Les gens arrivaient en brancard, dans un état catastrophique. Ils mouraient d’hémorragie pulmonaire, les lèvres cyanosées, tout gris. Il y en avait de tous les âges, 20, 30, 40 ans et plus. Ça a duré dix à quinze jours, et puis ça s’est calmé. Et étrangement, on a oublié.»

La «grippe de Hongkong» alias «grippe de 68» est pourtant la plus récente des pandémies grippales. Troisième du XXe siècle après la «grippe espagnole» (20 à 40 millions de morts en 1918-1920) et la «grippe asiatique» (2 millions de morts en 1957), elle a fait le tour du monde entre l’été 1968 et le printemps 1970, tuant environ un million de personnes, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Combien en France ? Il a fallu la grande peur d’une nouvelle pandémie liée à l’émergence du virus H5N1 pour que l’on s’aperçoive que nul n’avait fait le compte. C’est ainsi que les statisticiens et épidémiologistes Antoine Flahault et Alain-Jacques Valleron (1) viennent de découvrir, au terme d’une analyse encore inédite des fichiers de mortalité conservés par l’unité CEPIDC (Centre épidémiologique sur les causes médicales de décès) de l’Inserm, l’ampleur exacte de cette grippe «oubliée» : «25 068 morts en décembre 1969 et 6 158 en janvier 1970, soit 31 226 en deux mois, révèle Antoine Flahault. La grippe de Hongkong a tué en France deux fois plus que la canicule de 2003 ! Fait frappant, cette énorme surmortalité saisonnière est passée pratiquement inaperçue.» Lire la suite.


Cette page d’infos en continu déménage sur :

Les prémices d’une guerre-civile mondiale

mai 30 2009

Historique des événements importants de manipulation monétaire

Régis Mex

La création monétaire par le crédit commercial est la forme la plus importante de création monétaire et l’escompte est le mécanisme qui accompagne automatiquement l’essentiel de la création de biens réels. Ainsi, l’équation fondamentale monnaie = richesses réelles est assurée. La création monétaire opérée lors des opérations d’escompte est bel et bien parallèle à la création de richesses réelles. Car derrière toute traite émise et escomptée, il ne peut y avoir que production de biens. Par ce biais, d’un côté on met donc en circulation les produits pendant que de l’autre côté on crée l’argent nécessaire pour les faire circuler.

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Mais cette égalité, qui a toujours été au coeur de l’équilibre économique, et qui l’est chaque jour davantage, est bien fragile. Si elle est rompue, les pires catastrophes peuvent se produire, notamment l’inflation ou la déflation. On parle d’inflation (du latin inflare, gonfler) lorsque la masse monétaire augmente plus vite que la production. Il y a trop de monnaie par rapport aux biens: les prix augmentent (ou, ce qui revient au même, la monnaie se déprécie). La déflation est au contraire une contraction, un « dégonflement » de la masse monétaire. Dans ce cas, les prix baissent.

La brouette et les poireaux: l’hyperinflation allemande

L’exemple le plus spectaculaire d’inflation eut lieu dans l’Allemagne de Weimar, dans les années 1920. Tout au long de l’après-guerre, les prix augmentent en Allemagne plus qu’ailleurs. Au cours de l’été et de l’automne 1923, la hausse des prix connaît une envolée hyperbolique. Les prix flambent de jours en jours, puis d’heure en heure. La Banque centrale allemande n’a même pas le temps d’imprimer de nouveaux billets: on les surcharge avec des zéros supplémentaires à coups de tampon. Les ménagères vont faire les courses avec des brouettes remplies de billets et reviennent avec quelques poireaux. Les ouvriers sont payés deux fois par jour: ainsi, à midi, ils peuvent faire quelques courses et éviter l’inflation de l’après-midi.

On raconte l’histoire d’un journaliste américain arrivant en Allemagne: il n’a qu’un dollar en poche et désire dîner. Il entre dans un restaurant et demande si on peut lui servir quelque chose pour un dollar. On lui sert un repas gargantuesque. Après le dessert, alors qu’il est en train de fumer un cigare, il est surpris de voir le garçon lui apporter une entrée. Étonné, il demande la raison de cette prolongation curieuse de son repas. « Le dollar vient encore d’augmenter », répondit simplement le garçon. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 1919, 1 dollar valait 14 marks. Fin novembre 1923, ce même dollar valait la bagatelle de 4 200 000 000 000 marks. Oui, vous avez bien lu: quatre mille deux cent milliards de marks !

Étalon monétaire ou talon d’Achille ? (Les problèmes monétaires internationaux)

Admettons que, grâce à la puissance de l’État et à sa crédibilité, une monnaie soit acceptée et utilisée dans un pays. Mais que se passe-t-il dès qu’on sort des frontières et qu’on achète ou vend des produits à l’étranger ? Il est évident qu’un vendeur ne voudra accepter un paiement que s’il est effectuée dans sa monnaie, la seule qu’il connaisse. L’acheteur, lui, n’aura pour payer que la monnaie utilisée dans son pays. Un problème épineux se pose donc: celui du change.

Écartons pour le moment l’existence d’un moyen de paiement commun à l’acheteur et au vendeur, ou reconnu par les deux. Cela a existé et cela existe: le pétrole se paie aujourd’hui en dollars, mais c’est une exception. La règle veut plutôt que les contrats soient signés dans la monnaie du vendeur et que l’acheteur paie dans cette même monnaie. Il doit donc s’adresser à sa banque pour une opération de change.

On voit immédiatement la question délicate qui doit être réglée: quelle est la valeur de l’autre monnaie ? Dans l’histoire, on a connu trois systèmes réglant le problème du change ou de la parité entre monnaies: l’étalon-or, l’étalon change or et les changes flottants.

L’étalon-or

Le Royaume-Uni promulgue en 1817 le Gold Standard Act. La loi stipule que chaque livre vaut quelque 8 grammes d’or. Ce système, appuyé par la domination incontestée de l’Angleterre dans les domaines économique, monétaire et financier s’étend au monde entier comme référence. Dès lors, le problème du change et de la parité entre monnaies trouve une solution simple. Chaque pays possède une masse monétaire et un stock d’or. Le rapport masse monétaire/stock d’or donne la parité or de la monnaie. Le taux de change entre monnaies est fixé par une simple règle de trois: si la livre vaut 8 grammes d’or et que le franc en vaut 4, alors la livre vaut 2 francs. Enfantin.

Parité or et échanges commerciaux

Dans ces conditions, les échanges se déroulent sans encombre. Imaginons que France et Angleterre aient des échanges équilibrés: dans ce cas, l’entreprise anglaise qui importe demande à sa banque mettons 200 francs, qui vont lui coûter 100 livres. De l’autre côté de la Manche, l’entreprise française qui importe demande 100 livres qui lui coûtent 200 francs. Si les échanges sont équilibrés, deux autres entrepriss expriment une demande contraire de même montant. Dans ce cas, les banques à qui les entreprises s’adressent ont exactement de quoi satisfaire les demandes en devises de leurs clients.

Imaginons qu’il n’y ait qu’une banque. Lorsque le client anglais, importateur de produits français, vient lui demander 200 francs, elle lui donne les 200 francs que le client français, acheteur de produits anglais, lui a donné pour acheter les 100 livres dont elle a besoin.

Ainsi, offre et demande de devises dans les deux pays sont identiques. Les francs restent en France et les livres en Angleterre. Les masses monétaires des deux pays ne varient pas, ni leurs réserves en or. Masses monétaires stables, stock d’or stables: la parité entre les deux monnaies reste la même. Tirons-en cette conclusion: si les échanges extérieurs d’un pays sont équilibrés, la parité de sa monnaie ne varie pas.

Que se passe-t-il si ce n’est pas le cas ? Simplifions: si un pays achète plus qu’il ne vend, la mécanique ci-dessus ne joue qu’à hauteur de la partie des importations couverte par des exportations. Et le reste ? Et le déficit ? Là, il n’y a qu’une possibilité: sortir de l’or. Soit pour payer le vendeur directement, soit pour acheter sa devise et le payer avec celle-ci. Mais la sanction est immédiate: le pays déficitaire a moins d’or et sa monnaie est dépréciée, dévaluée. Pourquoi ? Parce ce que dans le pays il y a autant de monnaie en circulation, mais cette monnaie est désormais garantie par moins d’or: sa parité or baisse. Et si le pays a un excédent commercial, c’est le contraire. Tirons-en cette conclusion: lorsqu’un pays a un déficit commercial, sa monnaie se dévalue; lorsqu’il a un excédent, elle se réévalue.

Gardons en tête ce principe, car il est valable pour tous les systèmes monétaires.

Punition et rééquilibrage

Ces mécanismes ont un sens économique précis. Un pays qui a un déficit commercial est sanctionné par la baisse de sa monnaie. Concrètement, cela signifie qu’il est « puni ». Punition immédiate, impitoyable. Avec la baisse de sa monnaie, tous les produits étrangers lui coûtent plus cher. Parallèlement, ses produits deviennent moins chers pour les étrangers. En clair, le pays s’appauvrit. Pour avoir la même quantité de produits étrangers, il doit céder une plus grande quantité de ses produits. Son travail, ses terres, son patrimoine, toutes ses richesses sont dépréciées. Mais quelle faute est la sienne ? Une faute impardonnable: il a moins donné qu’il n’a pris aux autres: il a eu plus besoin des autres que les autres n’ont eu besoin de lui. En clair, il a vécu au-dessus de ses moyens.

C’est la dure loi du marché. Mais si le marché est dur il sait se monter magnanime. La punition de ce pays frivole est aussi le moyen de sa rédemption. S’il comprend la leçon et sait en tenir compte, tout devrait rentrer dans la normalité. Les produits étrangers sont devenus plus chers ? Qu’à cela ne tienne: le pays devra en consommer moins. Ses produits sont devenus moins chers ? Tant mieux: il pourra en vendre plus. Ainsi, si la logique est respectée, la balance commerciale devrait se rééquilibrer.

Au cours de la Première Guerre mondiale, le système de l’étalon-or, qui s’était bâti au XIXe siècle autour de la puissance britannique, vole en éclats et un autre système se met en place.

Des monnaies pivots

Les pays européens ont connu au cours de la guerre, en sus des autres, un double malheur monétaire: leurs masses monétaires, exagérément gonflées par le recours massif des États au crédit, ont littéralement explosé. Parallèlement, leurs stocks d’or ont fondu. Les Américains avaient beau être les alliés de la France et de l’Angleterre, ils n’acceptaient en paiement de leurs armes, de leur nourriture et de leurs marchandises que de l’or en barres. Au début des années 1920, la vérité apparaît dans toute sa cruauté: les deux tiers de l’or mondial qui, avant la guerre, se trouvait en Europe sont désormais aux États-Unis. En Europe, il ne reste que la moitié de l’or de 1914, mais les masses monétaires sont multipliées par sept ! Dans ces conditions, plus question d’étalon-or (sauf pour les États-Unis, bien sûr).

Une drôle de conférence monétaire se tient à Gênes en 1922, qui va donner naissance à un drôle de système. Á Gênes, les Américains sont absents. Depuis la victoire des républicains aux élections, le mot d’ordre est à l’isolationnisme: les affaires du monde ne les intéressent plus. Á l’inverse, la Russie soviétique est là, on se demande pourquoi. Dans le désarroi ambiant, on imagine un système palliant l’impossibilité de bon nombre de pays de revenir à la parité or et à la convertibilité de leur monnaie: ils n’ont qu’à utiliser les devises convertibles en or comme garantie et étalon de valeur de leur monnaie. Ainsi, toutes les monnaies se trouvent rattachées à l’or; certaines directement, d’autres indirectement, en passant par des monnaies pivots.

C’est ce système qu’on appelle alors l’étalon change or (Gold Exchange Standard). Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce système bâtard ne satisfait personne. Surtout pas la France et l’Angleterre qui, ayant gagné la guerre et étant à la tête de deux empires coloniaux s’étendant sur la planète entière, se voyaient mal ravalées au rang de puissances monétaires de banlieue. Lénine n’avait-il pas d’ailleurs dit: « La dévaluation est l’arrêt de mort du capitalisme ? ». Et la dévaluation était bien là. La livre et le franc n’étaient que l’ombre de ce qu’elles étaient en 1914.

« La décision la plus catastrophique »

Dans le système de Gênes, tout pays en ayant les moyens pouvait revenir à la convertibilité de sa monnaie. L’égoïsme et la prétention des vainqueurs fit le reste. En 1925, Churchill décréta le retour de la livre à la parité or et, qui plus est, avec la même valeur qu’en 1914. J.K. Galbraith devait dire que ce fut « la décision la plus radicalement désastreuse des temps modernes en matière monétaire ».

Un tel jugement mérite quelques explications. Pour revenir à la parité or de 1914, le gouvernement britannique a dû pratiquer une politique durement déflationniste. Compte tenu de la situation anglaise de l’après-guerre, cela signifiait « dégonfler » la masse monétaire, la réduire. Comment s’y est-il pris ? En augmentant les taux d’intérêt d’abord, en pratiquant un strict équilibre budgétaire ensuite, c’est-à-dire en limitant les dépenses de l’État et en augmentant les recettes, ce qui veut dire alourdir impôts et taxes. Socialement, cette politique s’est traduite par des conflits sociaux très durs, notamment la célèbre grève des mineurs de 1926, le conflit le plus ravageur de l’histoire britannique. Mais le jugement sévère de Galbraith sous-entend que la décision de Churchill eut un impact bien plus dévastateur encore que cela.

Probablement faut-il chercher là une des causes essentielles d’une des crises les plus dramatiques de l’histoire: la crise de 1929. L’attachement à la parité or des monnaies fut en effet le dogme le mieux partagé des années 1920. Les États-Unis s’y sont tenus avec rigueur, les Anglais y ont sacrifié leur croissance dès 1925 et la France n’a pas été en reste publique dès 1926 elle s’est lancée dans la même politique aboutissant au retour de la parité or avec le franc Poincaré en 1928. Or, la crise de 1929 a été une crise déflationniste, caractérisée par la contraction de la masse monétaire, la baisse des prix, des salaires, de la production et de l’emploi. Les politiques de rigueur monétaire des années 1920 ont probablement fait le lit de la catastrophe de 1929. Milton Friedman lui-même qualifie la politique monétaire des États-Unis à la veille de la crise d’ »ineptie ». C’est dire…

Bretton Woods et l’étalon dollar

Après la Deuxième Guerre mondiale, les vainqueurs absolus, les États-Unis, ont visiblement retenu la leçon. Le système qu’ils mettent en place en 1944 à la conférence de Bretton Woods sous entend la volonté, totalement exclue en 1919, d’assumer pleinement leur rôle de puissance dominante. Le projet du représentant britannique, un certain J.M. Keynes, est rapidement écarté. Ce projet était fondé sur la création d’une monnaie internationale: le bancor. Fi de la monnaie internationale spécifique, cette monnaie existe déjà: c’est le dollar.

Le système mis en place est encore un étalon change or, mais cette fois-ci, la seule monnaie convertible en or est le dollar. La devise américaine devient ainsi le pilier d’un système solide, tenu par des règles strictes, enfin en accord avec la situation réelle.

Les parités fixes

Le dollar est convertible en or sur la base d’une parité de 35 dollars l’once et les autres monnaies sont théoriquement rattachées à l’or par l’intermédiaire du dollar. Le système de change entre monnaies est un système de parités fixes. La valeur du change est définie une bonne fois pour toutes: seule une variation de + ou -1% est autorisée. Au-delà, les pays doivent entamer une procédure complexe de dévaluation ou de réévaluation. Les banques centrales des différents pays sont tenues d’intervenir sur le marché des changes pour éviter des variations excessives, c’est-à-dire supérieures à 1%. Comment font-elles ? C’est simple: si leur monnaie a tendance à monter, elles doivent en vendre. Si elle a tendance à baisser, elles doivent en acheter.

Concrètement, si le mark monte au-delà de 1%, la Bundesbank doit vendre des marks; si le franc baisse au-delà de 1%, la Banque de France doit acheter des francs. Ainsi l’équilibre entre l’offre et la demande sera rétabli et la parité de la monnaie préservée. Mais un problème se pose ici: où les banques centrales vont-elles chercher les devises nécessaires pour ces interventions ? Si tout va bien, elles peuvent puiser dans leurs réserves de change constituées par l’accumulation des devises issues d’un commerce extérieur excédentaire. Sinon, elles doivent demander des prêts à un organisme ad hoc: le Fonds monétaire international (FMI).

Le roi dollar

Dans ce système, le dollar a un rôle privilégié. Seule monnaie convertible en or, il devient as good as gold (aussi bon que l’or). Le système des parités fixes fait par ailleurs de la monnaie américaine l’outil privilégié des interventions sur le marché des changes. Deux bonnes raisons pour faire du dollar la monnaie de réserve privilégiée.

Ce n’est pas tout. Étant la monnaie pivot, le dollar jouit de deux prérogatives princières: la première est que le risque de change si on utilise le dollar pour les paiements internationaux est moindre. Voyons comment. Le risque de change est la possibilité de payer plus cher que prévu un produit acheté à l’étranger. Dans le commerce international, comme dans toute forme de commerce entre entreprises, les paiements se font par traite. On signe un contrat aujourd’hui, on paie dans un mois, deux mois, plus éventuellement. Le contrat étant stipulé dans la monnaie du vendeur, l’acheteur peut, au moment où il va à la banque acheter des devises, payer ces devises plus cher si leur cours a augmenté.

Dans le système de Bretton Woods, chaque monnaie peut, sur une période donnée, varier de + ou -1% par rapport au dollar. Si on compte bien, en tout, on a une possibilité de variation de 2%. Si, pour les besoins du commerce, on doit passer, par exemple, du franc au mark, le risque de change est de 4% (2% de baisse totale du franc +2% de hausse totale du mark). Si on utilise le dollar, le risque est limité à 2%, c’est-à-dire la variation maximale autorisée entre une monnaie quelconque et le dollar. Cette raison, avec d’autres, a fait du dollar la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux.

L’autre privilège du dollar est également lié à sa nature de pivot du système. Les États-Unis, en effet, font l’économie d’interventions dispendieuses sur le marché des changes pour garantir la parité du dollar. Comment est-ce possible ? Si le franc baisse, par exemple, la Banque de France achète des francs. Avec quoi ? Des dollars entre autre. La Banque de France évite ainsi que le dollar ne s’apprécie exagérément. Si le mark monte, la Bundesbank va en vendre. Contre quoi ? Des dollars probablement. La Banque centrale allemande empêche donc que le dollar baisse. Ce sont ainsi les banques centrales du monde entier qui s’occupent de la sale besogne. C’est tout bénéfice pour la FED, la Banque centrale américaine !

Eurodollars et capitaux fébriles

La conséquence de ce système ne s’est pas fait attendre. Le dollar est devenu, et reste, la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux, bien au-delà des échanges américains. Le pétrole, c’est bien connu, se paie en dollars. il est devenu également une monnaie de réserve pour bon nombre d’États et, in fine, s’est en quelque sorte émancipé de son créateur pour devenir eurodollar. Les eurodollars sont des dollars qui circulent en dehors des États-Unis. On doit leur nom au code d’une banque soviétique ( »eurobank ») qui la première a détenu des comptes en dollars (le rouble n’ayant jamais été accepté pour les échanges avec l’Occident).

Ainsi, une masse colossale de billets verts s’est mise à circuler à travers le monde, se déplaçant d’un pays à l’autre au grès d’opérations légales ou illégales (la drogue et les armes se paient en dollars) dans un but qui s’est affirmé comme définitivement prioritaire: la spéculation. Le système a parfaitement fonctionné pendant une vingtaine d’années. Il a notamment permis une extraordinaire croissance des échanges mais, à partir de la fin des années 1960, Bretton Woods s’est transformé en un monstre ingérable. Pour les États-Unis et pour le monde.

Fluctuat et agitatur: les changes flottants

Ce qui était arrivé aux monnaies européennes à cause de la guerre arrive également aux États-Unis, en pleine paix. la masse de dollars, gonflée par l’essor des échanges et par une demande toujours inassouvie, finit par dépasser allégrement sa couverture en or. Dans le deuxième moitié des années 1960, des esprits malins ou clairvoyants, dont la France du général de Gaulle, comprennent que la parité or du dollar ne va pas pouvoir être maintenue éternellement. Ils se sont mettent donc à demander la conversion de leurs dollars en or. Les États-Unis doivent faire face à une véritable hémorragie. Et une ultime et calamiteuse tentative de retour à la parité or de la livre (décidément…) fait basculer le monde dans le cauchemar.

En 1971, pour la première fois, la balance commerciale américaine devient déficitaire. Le dollar ne peut que baisser. Sa parité or devient intenable. Le 15 août, Nixon proclame l’inconvertibilité du dollar. Tous ceux qui s’étaient accrochés à une monnaie as good as gold sont servis.

Le désordre monétaire international

Les années 1970 commencent par la longue agonie du système monétaire qui avait scellé la domination américaine. Elles s’achèvent par la réaffirmation de cette même domination, mais de manière bien plus perverse.

Le système de Bretton Woods est attaqué de toutes parts. Son pilier, le dollar, s’effrite: détaché de l’or, il plonge au fur et à mesure que les États-Unis sombrent dans une des périodes les plus noires de leur histoire. Chocs pétroliers, défaite au Vietnam, Watergate et, pour finir, la révolution iranienne. Les parités fixes ne tiennent pas face aux mouvements spéculatifs puissants. Le FMI n’a plus de devises à prêter, on essaie de lui inventer une nouvelle monnaie de référence: les droits de tirages spéciaux (DTS): c’est l’échec.

En 1973, on effectue un replâtrage du système: les marges de variations sont élargies (+ ou – 2,25%), mais ça ne fait qu’exciter la spéculation. Les monnaies faibles (livre, franc, livre) sont dévaluées à répétition. Les monnaies fortes (mark, yen, franc suisse) s’envolent. En 1976, à la conférence de la Jamaïque, on prend le taureau par les cornes: les parités fixes sont abandonnées, l’or est définitivement démonitisé. Il faut dire que sur le marché, il ne se négocie plus à 35 mais à 500 dollars l’once !

Les changes flottants

Bretton Woods est mort et enterré. Les gouvernements abandonnent une partie perdue d’avance: on ne peut plus contrôler le cours des monnaies. Le professeur Friedman et les économistes libéraux tiennent là leur première victoire: désormais, c’est le marché, et lui seul, qui va fixer la valeur des monnaies. Leur cours va varier quotidiennement selon les variations de l’offre et de la demande. La marché des changes brasse désormais quotidiennement plus de capitaux que la Bourse elle-même. Le dollar touche le fond: en 1979, il vaut moins de 4 francs.

Avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan, les choses vont prendre une toute autre tournure. De stricte obédience libérale, le nouveau Président s’en prend violemment à l’inflation et à l’État. Pour terrasser l’inflation, la FED augmente les taux d’intérêt de manière plus que conséquente: on n’est pas loin de 20%. Par ailleurs, libérés de toute contrainte, les salaires s’effondrent, ainsi que les dépenses sociales de l’État. L’inflation est vite jugulée par cette cure violente. Sur le marché des changes, le dollar s’envole. Attirés par les taux américains, les capitaux fébriles se ruent sur le billet vert, d’autant plus que la politique étrangère de Reagan restaure très vite la crédibilité américaine mise à mal par ses prédecesseurs. Le dollar se hisse à plus de 10 francs.

Un droit de cuissage planétaire

Tout va bien donc. La politique de Reagan est efficace: l’économie américaine repart, l’inflation baisse, le chômage également. Le dollar est fort. Le président américain se permet même de narguer ses collègues. Á François Mitterrand (1916-1996) qui lui fait remarquer que le dollar est trop haut, Reagan répond: « Ce n’est pas le dollar qui est trop fort, ce sont les autres monnaies qui sont trop faibles. »

Reste un détail. La libération du marché des changes aurait dû rendre les devises à la vérité des prix, si chère aux libéraux. On l’a vu, ce qui devrait établir la valeur d’une monnaie, c’est la situation du commerce extérieur d’un pays: à déficit commercial, monnaie faible, et à excédent commercial, monnaie forte, avec les rééquilibrages automatiques que l’on sait. Une monnaie faible devait permettre de vendre plus et obliger à acheter moins et le contraire pour une monnaie forte.

Qu’en est-il des États-Unis ? Depuis 1971, ce pays a un commerce extérieur chroniquement déficitaire. Bon an mal an, les Américains achètent au minimum 100 milliards de dollars de plus qu’ils ne vendent. Cela fait trente ans que ça dure. Dans une telle situation, n’importe quel autre pays aurait été réduit à la faillite. Sa monnaie ne devrait même pas valoir le prix du papier sur lequel elle est imprimée. Rien de tel ne s’est produit pour les États-Unis. Comment est-ce possible ? Même détaché de l’or, le dollar reste le moyen de paiement et de réserve le plus utilisé au monde. Les dollars avec lesquels les Américains paient leurs déficits ne reviennent pas aux États-Unis. Cela veut dire qu’ils ne paient pas leur déficit. C’est exactement comme si vous payiez vos achats avec des chèques que personne n’aurait l’idée d’encaisser.

Tant que la confiance règne, tout cela ne pose guère de problèmes. Lorsque les États-Unis n’ont plus d’argent pour payer leurs importations ou le déficit de leur budget, ils émettent des bons du trésor. Le monde souscrit avec empressement. On leur prête leurs dollars. Depuis 1971, les États-Unis vivent des crédits que leur fournissent les autres pays. Un gigantesque plan Marshall à l’envers, dont le colossal endettement américain donne la mesure: quelques 10 000 milliards de dollars si on additionne la dette publique et la dette externe, 30 000 milliards de dette total, soit 31% du produit mondial brut. Une paille.

Du serpent à l’euro: la construction d’une alternative monétaire

Le désordre monétaire international qui s’est généralisé dans les années 1970 ne pouvait laisser l’Europe indifférente. Sur le Vieux Continent, l’abolition des frontières au sein de la Communauté économique européenne (CEE) n’était pas un vain mot: les pays européens sont les pays les plus ouverts au commerce international; l’instabilité monétaire est pour eux particulièrement insupportable. On comprend donc que l’Europe se soit lancée très vite dans la mise en place d’un système monétaire rompant avec les mouvements erratiques des monnaies. Dès 1969, au sommet de La Haye, les Six s’étaient donné comme objectif la réalisation globale d’une union monétaire.

En 1972 d’abord, avec le « serpent monétaire » puis en mars 1979, avec le Système monétaire européen (SME), on réinstaure en Europe ce qui avait progressivement disparu au niveau mondial: un système de parités fixes avec des marges de variation limitées. Mais les problèmes s’accumulent: choc pétrolier, entrée de nouveaux pays dans le CEE… Pratiquement tous les ans, telle monnaie est dévaluée, telle autre réévaluée. Certaines monnaies ne rentrent pas dans le système. D’autres y rentrent pour en sortir aussitôt. Les marges de flottement flottent-elles mêmes allègrement: selon le moment et la monnaie, elles sont élargies à 6% ou ramenées à 1%.

Mais au-delà de ces difficultés, la véritable nouveauté du SME est que, désormais, les taux pivots sont fixés en une unité de compte européenne: l’ECU (Européen Currency Unit), une sorte de synthèse des monnaies européennes, où chaque devvise compte pour un pourcentage tenant compte du poids économique et monétaire de chaque pays.

L’idée d’une Europe monétaire progresse. En 1986, l’Acte unique réaffirme l’objectif de l’union monétaire. Le traité de Maastricht, en 1992, fixe les critères de convergence et les conditions à remplir pour accéder à la monnaie unique. Il s’agit de mesures strictes visant à limiter l’inflation, les déficits budgétaires et l’endettement. La même année, une tempête s’abat sur les monnaies européennes les plus faibles: franc, peseta, lire, livre sterling. Le processus continue malgré tout. En 1995, on choisit le nom de la future monnaie européenne: le nom ECU est abandonné (notamment à cause d’une assonance désagréable en allemand avec die kuh, la vache) au profit de « euro », plus digeste dans les différentes langues.

Le lancement de la nouvelle monnaie a lieu officiellement le 1er janvier 1999. Á cette date, onze pays sont « éligibles ». Les Britanniques ne sont pas de l’aventure, ni les Danois et les Suédois qui refusent par référendum de l’adopter. Les Grecs, qui ne remplissaient pas alors les conditions d’adhésion, rejoignent les onze élus en 2000. Le 1er janvier 2002, l’euro entre physiquement en circulation dans douze pays.

Euro qui comme Ulysse…

La monnaie européenne n’en est qu’au début d’un long voyage, mais déjà on ne peut que constater sa réussite. Elle est d’abord la manifestation la plus tangible de la construction européenne. L’Europe passe dans nos mains quand nous payons une baguette avec une pièce allemande ou espagnole. Nous nous sentons moins à l’étranger quand nous payons un café au Portugal (0,50 euro…) avec la monnaie qu’on nous a rendu à Paris.

Mais le plus important n’est pas là. C’est avec l’euro que l’Europe est devenu réellement un grand marché unique. Les entreprises y ont réalisé des économies colossales et le marché est devenu réellement transparent (voir le prix du café portugais). C’est avec l’euro que nos pays se sont soustraits au désordre monétaire international et à l’emprise du dollar; C’est grâce à l’euro que le dernier choc pétrolier, pourtant violent, a pu être encaissé sans trop de dégats. Ose-t-on imaginer ce que seraient devenus le franc ou la lire dans les grandes tempêtes de ce début de millénaire ? C’est par (et pour) l’euro que nous profitons de faibles taux d’inflation et de faibles taux d’intérêt.

Déjà deuxième monnaie mondiale après le dollar pour les échanges, la monnaie européenne est utilisée par des pays tiers pour libeller contrats et emprunts. Des accords spécifiques la lient aux monnaies d’Europe de l’Est et de la Méditerranée. Une alternative vitale pour les temps qui courent.

Le coût de l’euro

Pourtant, des voix s’élèvent régulièrement pour protester contre la monnaie unique et ses sous-entendus. Le sous-entendu le plus évident, c’est que l’Europe, qui a tant de difficultés à s’accorder sur une quelconque politique commune, s’est livrée pieds et poings liés à une politique de rigueur pour atteindre l’objectif de la monnaie unique. Le choix fait par François Mitterrand en 1983 d’abandonner la politique de relance de Pierre Mauroy (né en 1928) vaut désormais pour tout le monde. Contrôle sévère des dépenses publiques, limitation des déficits, privatisations: le pacte de stabilité n’est pas fait pour plaire à tout le monde.

La philosophie de base de l’euro est toute allemande et la localisation de la Banque centrale européenne à Francfort n’est pas fortuite. On a voulu une monnaie forte, on a voulu terrasser l’inflation, cette vieille phobie allemande: tout cela passe par de la rigueur, encore et toujours. C’est pour cela qu’on reproche à l’euro la croissance molle et éventuellement le chômage, qui sévit sur le Vieux Continent. Un pays semble particulièrement touché: l’Italie.

Le cas de ce pays est instructif: longtemps habitué aux délices d’une monnaie faible qui favorisait ses exportations, l’Italie est confrontée, avec l’arrivée de l’euro, à une perte catastrophique de compétitivité. Ses produits sont de plus en plus concurrencés par ceux des pays asiatiques, Chine en tête. Dès lors, le populisme des hommes politiques (dont certains ministres de Berlusconi) n’hésite pas à mettre sur le dos de l’euro tous les malheurs du pays, y compris la violente hausse du coût de la vie qui s’est manifestée lors de l’abandon de la lire. Le vrai problème de l’Italie, ce n’est pas l’euro, mais l’euro confronte l’Italie a ses vrais problèmes: énergie trop chère par refus du nucléaire, innovation insuffisante, système d’enseignement dépassé. Le vrai problème de l’Italie est de trouver d’autres arguments de vente que le prix de ses marchandises.

L’euro, quant à lui, a un seul vrai défaut: il condamne l’Europe à l’innovation, à la qualité et à l’excellence.

Grandeur et décadence du franc

C’est en 1360 que Jean le Bon fit frapper une pièce d’une livre tournois portant l’inscription « rex francorum ». Cette pièce devint, dans le langage courant, un franc. Le franc devint officiellement la monnaie de la France par la loi du 10 avril 1795. La loi du 17 germinal an XI (7 avril 1803) en fixe la parité or (0,2903225 gramme) et argent (4,50 grammes). C’est ce franc germinal qui assure la stabilité monétaire du pays jusqu’en 1914. L’inflation née de la guerre et la spéculation, notamment pendant le gouvernement du Cartel des gauches (1924-1926), mettent à mal la monnaie française, qui devient inconvertible en or. Poincaré, au prix d’une longue politique de rigueur, réussit à rétablir la valeur du franc et sa convertibilité, mais à un niveau bien plus faible qu’avant guerre (65,5 mg). Pendant le Front Populaire, le franc est de nouveau victime de la spéculation et du « mur de l’argent » (les milieux d’affaires, qui se méfient du gouvernement de gauche, exportent massivement des capitaux). Entre 1936 et 1938, le franc est de nouveau dévalué et devient encore une fois inconvertible. Dans l’après-guerre, après de sérieux efforts, le franc redevient une monnaie forte: en 1958, le passage au « nouveau franc » (valant 100 anciens francs) symbolise une nouvelle solidité monétaire, confortée par des excédents commerciaux qui provoquent des entrées de devises (notamment de dollars), dont de Gaulle demande habilement la conversion en or. Les événements de 1968 provoquent une crise passagère et une dévaluation (en 1969) qui en annonce bien d’autres, tout au long du dernier quart du siècle. Dans cette période, secoué par les chocs pétroliers, la crise ou l’arrivée de la gauche au pouvoir, le franc se démène entre dévaluations, flottement et ancrage dans les systèmes de stabilisation européens. Une dernière attaque spéculative contre le franc, fin 1992, est vaillamment repoussée par la Banque de France. Á partir de ce moment là, le sort du franc se joue dans le cadre du traité de Maastricht. La France en respecte d’emblée les critères et le franc se dissout dans la nouvelle monnaie européenne, l’euro, en 1999. En 2002, les francs sont rapidement retirés de la circulation.

Michel Musolino, professeur d’économie en classes préparatoires à HEC

mai 27 2009

Qui a peur de Claude Allègre ? (Vidéos)

Par Agatà Kovacs

Il y a une dizaine de jours, une polémique a été causée au sein de l’UMP par l’annonce d’une éventuelle nomination de l’ancien ministre socialiste Claude Allègre à la tête d’un ministère couvrant l’industrie, l’innovation et la recherche à l’occasion d’un futur remaniement en juin 2009. Or, beaucoup y offrent des résistances de plus en plus virulentes, qu’ils fassent partie de la droite ou des milieux écologistes.

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Ce qui est dérangeant pour ces personnes, ce sont les positions de Claude Allègre par rapport au réchauffement climatique. Présentons tout d’abord le principal intéressé en quelques mots: Claude Allègre, né le 31 mars 1937 à Paris, est un géochimiste et un homme politique français. Ses travaux scientifiques et sa carrière de chercheur ont notamment été récompensés par le Prix Crafoord en 1986 et la Médaille d’or du CNRS en 1994. Il a été ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie dans le gouvernement Lionel Jospin de 1997 à 2000. Bien que militant depuis 1973 au PS, il décide de ne pas reprendre sa carte en janvier 2008. Nicolas Sarkozy, chez qui il avait été aperçu entre les deux tours de l’élection présidentielle, déclare en février 2008 qu’il aimerait bien travailler avec lui. Le 28 août 2008, Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, a confié à l’ancien ministre socialiste de l’Éducation nationale Claude Allègre le soin d’organiser les Assises européennes de l’innovation.

Quant questions environnementales, la prise de position publique de Claude Allègre est que le réchauffement climatique existe bel et bien, mais ne trouve pas son origine dans les activités humaines. Une illustration de son propos est donnée par ses déclarations sur le réchauffement climatique du 21 septembre 2006 dans la chronique hebdomadaire qu’il tient dans le magazine L’Express, et qui ont contribué les premières à faire naître la polémique. Il y écrit que la cause de la modification climatique contemporaine reste incertaine et n’est pas forcément due à l’activité humaine. Il stigmatise simultanément « l’écologie de l’impuissance protestataire [qui] est devenue un business très lucratif pour quelques-uns ».

En réaction aux prises de positions d’Allègre, certains scientifiques ont ainsi critiqué explicitement ses arguments. Le biologiste Pierre-Henri Gouyon parle de « négationnisme écologique » de la part d’Allègre. D’autres scientifiques, en revanche, le soutiennent, parfois partiellement. Ainsi, lors d’une séance de l’Académie des sciences en mars 2007 ses arguments ont été défendus par ses collègues géophysiciens de l’IPGP Jean-Louis Le Mouël et Vincent Courtillot, membres de l’Académie des sciences. Ces derniers ont été vivement critiqués par deux autres académiciens des sciences, spécialistes du climat, Hervé Le Treut et Édouard Bard (professeur au Collège de France).

Il vaut la peine de se pencher sur cette thèse « dissidente » de réchauffement climatique dû aux cycles naturels et non à l’homme. En effet, n’en déplaise à Al Gore et à son film « Une vérité qui dérange », douter de l’origine humaine du réchauffement n’est pas un crime commis contre la citoyenneté et l’honnêteté, mais bien un doute non seulement légitime à la base, mais d’autant plus renforcé par la mise au grand jour de plusieurs mensonges et exagérations d’Al Gore dans son fameux documentaire. Les responsables du système éducatif n’ont d’ailleurs pas toujours accueilli ce dernier avec l’enthousiasme le plus extraordinaire qui soit.

En effet, en octobre 2007, le film a fait l’objet d’un jugement de la justice britannique saisie par le chef d’établissement d’un lycée du Kent qui contestait la diffusion du film dans le cadre scolaire. Le directeur d’école, Stewart Dim-mock, a en effet porté plainte contre le gouvernement britannique en l’accusant de faire du lavage de cerveau. Notons que d’après la loi britannique, si les enseignants présentent le film sans le signaler clairement, ils peuvent se trouver en violation de la section 406 de l’ »Education Act 1996″ et être reconnus coupables d’endoctrinement politique.

Le tribunal ne s’est pas opposé à la diffusion du film dans les établissements scolaires du Royaume-Uni, à condition qu’il soit accompagné d’une documentation indiquant ce qui est de l’ordre du consensus scientifique, ce qui ne l’est pas et ce qui est un point de vue politique. Le tribunal a effectivement relevé plusieurs erreurs dans le documentaire, dont les sept que voici :

Le film prétend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est attribuable au réchauffement climatique alors que le consensus scientifique est qu’on ne peut rien affirmer de tel.

Le film suggère une interprétation des graphes montrant l’évolution des températures et du CO2 sur 650 000 ans, le jugement considérant que s’il y avait un large accord chez les scientifiques sur un lien entre les deux courbes, celles-ci ne prouvaient pas ce qu’affirme Gore.

Le film lie l’ouragan Katrina au réchauffement climatique alors que l’opinion scientifique est qu’il n’y a pas de preuves suffisantes.

Le film montre l’assèchement du Lac Tchad et prétend que c’est une conséquence du réchauffement climatique, alors que les preuves sont là aussi insuffisantes.

Le film prétend qu’une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il apparait que la seule étude scientifique trouvée sur le sujet parle de quatre ours polaires noyés à cause d’une tempête.

Le film suggère que les calottes de glace du Groenland et de l’Ouest Antarctique pourraient fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Alors que le film semble suggérer une fonte dans un proche avenir, le point de vue général est que le Groenland ne pourra pas fondre avant des millénaires.

Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé l’évacuation de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle-Zélande, alors qu’aucune preuve d’une telle évacuation n’existe.

D’autre part, à la fin de son « documentaire », Al Gore prétend que les seules publications ayant remis en doute l’origine humaine du réchauffement avaient paru dans des revues populaires, et étaient destinées à jeter un « doute mal intentionné », alors qu’aucune revue scientifique n’avait remis cette soi-disante vérité en cause. Or, il s’avère que les scientifiques expérimentés ne sont pas peu nombreux à se poser un certain nombre de questions…

Par exemple, alors que le débat sur le réchauffement climatique fasait plus que jamais les manchettes depuis le dépôt du rapport de Nicholas Stern, ex-économiste en chef de la Banque mondiale, lequel fait état du coût possible de cette crise autour de 7 000 milliards de dollars, un écrivain québécois autodidacte, Pierre de Châtillon affirmait dans son livre que le réchauffement du climat est un mythe, car selon lui, le climat n’est pas dans une période de réchauffement unique à l’époque à laquelle nous vivons mais a toujours répondu à des changements cycliques depuis la nuit des temps. Depuis la sortie du rapport Stern, qui compte tout près de 700 pages, tous les journaux de la planète ont relancé la nécessité de la mise en application du protocole de Kyoto. Selon de Châtillon, des bouleversements climatiques semblables à ceux qu’on observe aujourd’hui sont survenus à des périodes de l’histoire et ont provoqué la disparition de civilisations très avancées. L’auteur avance qu’il y a plus de 10 000 ans, des civilisations dont on a retrouvé les vestiges dans les océans sont disparues lors de catastrophes climatiques qui ont été répertoriées aussi bien par Platon qu’inscrites dans les annales chinoises. Selon lui, ces bouleversements climatiques réapparaissent dans l’histoire humaine avec la régularité d’une horloge.

Selon de Châtillon, les gaz à effet de serre ne peuvent expliquer le réchauffement climatique et cette théorie semble donner raison au président américain, qui a déclaré n’être pas convaincu de la relation entre réchauffement climatique et gaz à effet de serre. L’auteur ajoute que beaucoup de scientifiques sont incapables d’établir un lien de cause à effet entre le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre et qu’ils ne comprennent tout simplement pas comment cette relation a pu être établie. Une chose est sûre: pas une semaine ne passe sans qu’on fasse état, quelque part sur la planète, de phénomènes extrêmes tels que sécheresses, incendies de forêts, tempêtes, ouragans, inondations et glissements de terrain. Sans parler de la fonte accélérée des glaciers et de la montée du niveau des mers. Pour Pierre de Châtillon, ces phénomènes sont trop rapides et généralisés pour n’être dûs qu’à l’effet de serre. L’auteur précise qu’à certains endroits, les hivers sont plus longs et plus rigoureux: on a vu tomber de la neige dans le désert d’Arabie et au Mexique. Bref, selon lui, on ne peut parler de «réchauffement» mais bien de «bouleversement climatique».

La crise du climat a commencé avec le gigantesque trou constaté il y a une vingtaine d’années dans la couche d’ozone, réputée protéger la planète contre le rayonnement solaire. Les fluorocarbones (CFC) utilisés dans les réfrigérateurs, les systèmes de climatisation et les contenants sous pressions furent désignés comme responsables de la déperdition de ce bouclier filtrant les rayonnements cosmiques. Puis on a accusé les Brésiliens qui coupent la forêt amazonienne, les courants El Niño et El Niña. Ensuite, ce fut au tour des millions de véhicules automobiles et leurs émanations de CO2 dans l’atmosphère. Malgré toutes les mesures prises, les changements climatiques se sont accélérés puis on a accusé les industries. Or, dit de Châtillon, si on fait abstraction des trois quarts de la planète qui sont recouverts par les océans, 3% par les calottes polaires, les marais, lacs, déserts et montagnes, il ne reste que 1,8% de la planète qui est peuplé d’êtres humains. Selon le National Geographic, la totalité des espaces peuplés et industriels de la Terre pourraient tenir dans un territoire grand comme l’Espagne. De Châtillon parle d’hystérie collective, d’autant plus que nombre de climatologistes ne croient pas au réchauffement climatique dû à l’accumulation des gaz à effet de serre. L’auteur croit qu’il est erroné ou au mieux signe de grande vanité de croire que l’activité humaine pourrait être la cause d’un réchauffement climatique global. Il avance qu’il suffirait d’une seule éruption volcanique comme il y en a déjà eu par le passé pour que la pollution engendrée dans l’atmosphère soit supérieure à toute celle causée par l’activité humaine.

De Châtillon cite les travaux du professeur Robert Pease, professeur de physique et de climatologie, selon qui la couche d’ozone se répare d’elle-même, alors que les molécules d’ozone dans l’atmosphère sont constamment reconstituées lorsque l’énergie de la lumière ultra-violette brise les liens des molécules d’oxygène. Selon les calculs du Pr Rowland, il y aurait une molécule de CFC pour 136 000 000 de molécules d’oxygène dans la couche d’ozone, à une hauteur de 25km d’altitude. Selon ce dernier, la théorie de la déplétion de l’ozone est inexistante, car elle est basée sur la supposition que les molécules de CFC grimperaient dans l’atmosphère sans difficulté… alors qu’elles sont plus lourdes que l’air. Quant au CO2, ce gaz ne représente que 0,035% de l’atmosphère et même si ce taux doublait, tout ce qui vit sur Terre pourrait s’en accommoder. Selon les scientifiques, plus de 99,9% du CO2 se trouve au niveau du sol ou en dessous et 71% de ce gaz est dissous dans l’eau de mer. Or, puisque le CO2 est un gaz plus lourd que l’air et qu’il se dissout dans l’eau de mer, il est donc impossible qu’il s’accumule dans les hautes couches de l’atmosphère et occasionne un quelconque effet de serre. Dès que le CO2 se manifeste dans l’atmosphère, il est aussitôt capté par les eaux de pluie et raméné au sol. De plus, l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère devrait produire logiquement une explosion de la végétation, puisque ce gaz est utilisé par les plantes dans leur métabolisme, et on sait bien qu’il n’en est rien. Par ailleurs, l’atmosphère de la planète Vénus est entièrement composée de CO2 produit par l’activité volcanique. Mars possède des calottes polaires qui sont composées de CO2 solide (glace sèche). Or, dit l’auteur, si le CO2 était la cause d’un hypothétique réchauffement climatique, Mars serait beaucoup plus chaude qu’elle ne l’est actuellement. Selon lui, la Terre se réchauffe en fait depuis le début du siècle dernier, à un moment où la pollution automobile et industrielle était quasi inexistante. Bref, même si la simultanéité du bouleversement climatique et du CO2 connaissent un cycle similaire, rien ne permet de croire que l’un est la cause de l’autre. Alors quoi? Si les bouleversements climatiques ne sont imputables ni à une augmentation des gaz à effet de serre, ni à une déperdition de la couche d’ozone, ni aux courants El Niño et El Niña ni même aux gaz intestinaux des vaches, quelle en est la cause ?

Claude Allègre chez Ruquier

Pierre de Châtillon explique que les bouleversements climatiques vont de pair avec certains phénomènes, mais n’en sont pas la cause. L’auteur admet l’augmentation du nombre des tornades et l’explique par une montée des températures, lesquelles auraient débuté en 1860 (voir graphique). Comme il est possible de le constater, dit-il, déjà en 1920, la courbe de croissance est visible et l’augmentation de la température est de 1 degré sur 90 ans, en accélération depuis 1990 jusqu »à aujourd’hui. Ainsi est-on passé d’une moyenne annuelle de 150 tornades depuis 1920 pour atteindre 600 en 1955 et plus de 1200 en 1990.

Quant au niveau de la mer, selon Pierre de Châtillon, il est en augmentation depuis le début du siècle, tout en notant que l’escalade s’est accélérée depuis 1980. L’activité volcanique elle, est passée de 1500 journées d’activité en moyenne en 1940 au double en 1990, puis encore au double entre 1990 et 2004. Les tremblements de terre (voir graphique) de magnitude 2,5 et plus sont passés d’une moyenne de 500 par année de 1920 à 5000 par année en 1973 puis à 25 000 en 2004. Selon de Châtillon, le réchauffement climatique ne serait pour rien dans cette augmentation. Selon l’auteur, qui cite Schumann, la Terre se conduit comme un énorme condensateur électrique. La cavité entre la surface de la Terre et l’ionosphère agit comme un condensateur dans un circuit électrique en oscillant. Or, cette oscillation, qui se situait à 7,8 sur une échelle de 13 il y a dix ans, se situe aujourd’hui à 12. Bref, cette résonnance est en relation inverse directe de la puissance du champ magnétique de la Terre. Selon l’auteur, dans les temps anciens, cette situation a toujours précédé une modification importante du champ magnétique terrestre. Et si la Terre participe à cette résonnance, elle n’est pour rien dans sa création. Selon de Châtillon, l’énergie nécessaire à ces vagues provient de la haute troposphère. Bref, les sources des bouleversements climatiques actuels seraient extérieurs à la planète !

L’auteur démontre un accroissement de l’activité solaire. Voir à ce sujet la vidéo ci-dessous. En décembre 2001, la NASA a publié des photos de la planète Mars indiquant une fonte majeure de ses calottes polaires, tout comme sur la Terre. Un astronome russe, Pasichnyk, a rapporté qu’il semblait se développer sur Mercure des calottes polaires, ce qui est considéré comme impossible, vu sa faible distance du soleil. Sur Vénus, des observateurs ont observé en 1999 une luminosité verte typique d’une atmosphère composée d’oxygène, ce qui a causé une grande surprise. On a observé dans l’atmosphère de Mars la formation de nuages et le champ magnétique de Jupiter a doublé d’intensité depuis 1992. En 1997, on a observé la formation d’un gigantesque tube de plasma entre Jupiter et Io, une de ses lunes. L’énergie colossale nécessaire à ce phénomène est de l’ordre de plusieurs millions d’ampères. On a observé depuis quelques temps des aurores brillantes à la surface de l’atmosphère de Saturne, ce qui indique une augmentation de sa charge électrique. Même chose pour Uranus, soumise à de fortes luminosités et des aurores boréales. Bref, les scientifiques, tout en écoutant les propos alarmistes des environnementalistes, se grattent la tête en essayant de comprendre la relation entre tous ces événements. Selon Pierre de Châtillon, ce qui se passe est bien plus qu’un simple réchauffement climatique: il s’agit d’une véritable tempête d’ordre cosmique, à l’échelle de l’univers et nous serions sur le point de devoir y faire face, tout comme d’autres civilisations les ont subies il y a des milliers d’années, et qui ont disparu de la surface de Terre…

En outre, le chef du Laboratoire d’Études spatiales de l’Observatoire de Poulkovo et membre de l’Académie des Sciences russes, Khabiboullo Abdoussamatov et plusieurs scientifiques apparus récemment dans une émission de débat sur la BBC expliquent que malgré les pressions qu’ils subissent, ils continueront à affirmer que la production du CO2 serait l’effet et non pas la cause du réchauffement climatique. En fait, la hausse des températures, disent-ils, précèdent de plus de 800 ans la hausse de CO2 et est, de ce fait, une conséquence de la hausse de température. Bref, selon de plus en plus de scientifiques, la cause du réchauffement du climat de la Terre est complexe, et semble résulter d’une cascade d’événements qui se passent sur notre soleil.
La personnalité la plus médiatisée qui incarne la lutte contre le réchauffement climatique en France est sans doute Nicolas Hulot. En dehors de cela, il est également connu pour accepter des fonds de la part de grandes entreprises considérées comme polluantes à l’image d’EDF, L’Oréal ou Rhône-Poulenc. Vincent Cheynet a écrit à ce sujet: « En fait, le diable en personne proposerait à Nicolas Hulot de figurer dans son comité de soutien en lui promettant de fermer le robinet en se lavant les dents que l’hélicologiste accepterait aussitôt. Ce qu’il y a de magique avec le Pacte écologique, c’est qu’il n’y a plus ni pollueurs ni pollués, ni droite ni gauche, ni bien ni mal, ni exploiteurs ni exploités, mais seulement des gentils consommateurs qui cliquent sur Internet pour sauver la planète ».

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Sur son site, Nicolas Hulot s’appuie entre autre sur ce graphique pour démontrer le rôle des citoyens dans la lutte contre la pollution et la trop grande émission de CO2, donc soi-disant contre le réchauffement climatique. Ces données sont sans doute correctes, mais est-il tout aussi correct de remettre la majorité de la faute du réchauffement climatique (qui n’est sans doute pas du tout d’origine humaine, d’après ce que nous avons vu) sur le pauvre citoyen ? Il paraît évident que non, car on ne leur propose aucune alternative permettant de continuer à vivre et à servir leur pays par le biais de leur travail aussi confortablement et efficacement avec des énergies renouvelables et non polluantes, car nos sociétés occidentales soient elles-mêmes loin d’être en mesure de s’auto-suffire en usant d’énergies vertes. Elles n’ont donc pas les moyens, pour l’instant tout du moins, de proposer des services assez efficaces pour permettre à une quantité significative de citoyens de remplacer leur mode de consommation d’énergie et d’obtenir ainsi des résultats non-négligeables sur l’émission totale de CO2. Il est d’ailleurs intéressant de mettre ceci en relation avec l’avant-dernier paragraphe de l’article de Régis Mex à propos du problème environnemental, dans lequel il dit ceci:

« Alors que le chemin devrait être tout ouvert devant ces alternatives, de nombreux lobbys dont les intérêts se trouvent dans le commerce des hydrocarbures rachètent les brevets des inventions qui pourraient causer du tort à leur entreprise, et freinent donc la recherche. Ils ne permettent pas que les événements les dépassent et qu’ils puissent perdre leur mainmise sur l’énergie à cause de l’une ou l’autre invention permise par le progrès, mais ils seront forcés, un jour ou l’autre, de se convertir à d’autres types d’énergie que ceux dans lesquels ils font actuellement fortune, car la disparition du pétrole et du gaz est bel et bien inéluctable. C’est pourquoi il est permis de chercher mais pas de trouver ni de mettre en place des projets vraiment significatifs trop tôt : il faudra attendre que ces magnats du monde financier soient prêts à faire migrer leurs intérêts vers les nouvelles énergies, de sorte à ne pas disparaître ni faire trop de pertes, pour que des nouvelles techniques puissent émerger sur le marché. Mais, étant donné qu’ils iront sans doute jusqu’au bout de leurs moyens, c’est-à-dire attendre aussi longtemps que ces 30-50 ans de longévité des ressources le leur accordent, beaucoup de mal qui aurait pu être évité sera fait à la planète. Malgré tout, l’hypocrisie et le manque de scrupules sont poussés jusqu’à ce que certains fonds d’investissement tentent de faire de l’écologie un business lucratif ; ces fonds se spécialisent dans l’achat et la vente de droits à polluer dans l’objectif de faire du profit avec ce type de produits, exactement comme ils le font avec le pétrole, avec les produits alimentaires, avec les crédits immobiliers, etc. Ces droits de polluer induits par les Protocoles de Kyoto semblent donc faire des heureux. Protocoles qui sont un retentissant échec, puisque outre le fait qu’ils n’ont même pas été ratifiés par la première puissance mondiale que sont les Etats-Unis, l’émission des gaz à effet de serre a augmenté de 35% au niveau mondial entre 1997 et 2007, et on conçoit mal ce que les États ont le pouvoir de faire pour contraindre des entreprises qui les dominent complètement à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers ont d’ailleurs été si généreux avec les entreprises que le prix de la tonne de carbone est quasiment d’un niveau 0, leur permettant ainsi de polluer autant que cela leur chante. »

L’hypocrisie consiste donc à donner l’illusion aux citoyens qu’ils ont le pouvoir d’avoir un impact sur la situation environnementale alors qu’en fait, ils ne l’auront que lorsque nos sociétés seront décidées à le lui donner. Pour l’instant, on semble préparer lentement la transition entre modes d’énergie basés sur les hydrocarbures et le nucléaire à des énergies vertes dans les mentalités. Mais tout laisse à penser que ce délai, qui s’annonce long, permet aussi aux magnats de l’énergie de se convertir petit à petit de sorte à conserver en définitive leur monopole, ne laissant la recherche s’effectuer qu’au rythme qu’ils veulent bien lui accorder.

L’idée est aussi de rejeter systématiquement la responsabilité des pires tragédies sur le pauvre citoyen. Ainsi, pense-t-on, si on arrive à faire en sorte qu’il croie sincèrement être celui qui doit faire changer les choses, on pourra instrumentaliser la façon dont il agira aux façons que l’on choisira, puisqu’il suit le chemin tout tracé par la propagande de masse. On pourra alors, entre autre, leur faire accepter plus facilement leur propre asservissement s’ils sont convaincus que c’est pour le bien de la planète. Joseph Goebbels, ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous le Troisième Reich (1933-1945), indissolublement lié à l’emploi des techniques modernes de la manipulation des masses et de la démagogie, disait que la meilleure façon de persuader le public de la véracité de quelque chose, c’était de le lui répéter ce quelque chose de façon massivement répétitive. Continuellement. Et finalement, le public croit que ce quelque chose est vrai, même s’il n’est appuyé par rien de tangible. Le sujet du réchauffement climatique répond à ses critères, et sa diffusion est largement permise par des lobbys tels que le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat). Á noter également que les fonds investis dans la recherche pour l’écologie et le climat sont passés de 170 millions de dollars par an avant Bush père à 2 milliards de dollars par an. D’où de nouveaux investissements et des créations d’emplois qui en ont fait un secteur rentable.

Tout ceci pour dire que notre cher Claude Allègre a bien des raisons de douter, et que ceux qui l’accusent de « négationnisme écologique » ont plus de scrupules à protéger une version de la réalité pour des raisons plus confortables économiquement et sociologiquement parlant que pour une réelle éthique scientifique et morale. Pas étonnant donc qu’on en vienne à utiliser le mot « négationnisme » comme si nier l’origine humaine du réchauffement climatique était aussi grave que de nier l’Holocauste. Tout est fait pour discréditer Claude Allègre par les façons les plus médiocres qui soient.
Mais qu’en est-il de ses chances de rentrer au gouvernement ? Jean-Marc Jancovici raisonne que «Si Nicolas Sarkozy veut se ridiculiser à huit mois du rendez-vous de Copenhague (le sommet sur le réchauffement climatique, NDLR), il peut nommer Claude Allègre». Notons que Jancovici est un proche de Nicolas Hulot, très influent dans l’univers du développement durable, et notamment auprès de Martin Bouygues, l’ami de toujours de Nicolas Sarkozy.

Mais les chances que Claude Allègre soit nommé au gouvernement sont, malgré tout, loin d’être inexistantes: Alain Juppé estime que l’arrivée de Claude Allègre constituerait un «contre-signal formidable» en raison des positions du scientifique sur le réchauffement climatique.
Nicolas Sar­kozy lui-même, malgré toutes les critiques que nous avons relevées, semble décidé à nommer cet homme, qu’il considère comme «très intelligent». «Il s’en fout de ce que pensent ses ministres, il veut s’entourer des plus intelligents», décrypte un ministre. Le président veut surtout maintenir et amplifier sa politique d’ouverture.

De plus, si le transfert de Xavier Darcos au ministère de la Justice ou à l’Intérieur se précise, Nicolas Sarkozy se trouve bien en peine de lui trouver un remplaçant. D’où la tentation de nommer un spécialiste du sujet, plutôt proche de la gauche. «Il est dans le schéma de réflexion du président», confirme l’un de ses collaborateurs.

On se demanderait bien quel mal prendrait le gouvernement Sarkozy pour refuser un homme qui a largement prouvé ses compétences sous le gouvernement Jospin et qui a le mérite d’aller dans le contre-courant de la pensée écologiste dominante pour affirmer sa propre conviction des choses, qui est, à n’en pas douter, la plus proche de la réalité. Sa nomination ne pourrait clairement être qu’un plus, ajoutant un ministre compétent et honnête dans ses opinions, préférant éviter la langue de bois, auprès de Nicolas Sarkozy. Mais il reste à ce que ce dernier fasse son choix…

Agatà Kovacs, pour Mecanopolis

Profil Facebook de Agáta Kovacs

Pour ceux qui voudraient approfondir le sujet du réchauffement climatique d’origine non-humaine, je conseille l’excellent documentaire que vous trouverez à ce lien

Extraits-résumés du documentaire:

« C’est dans les années 70 que la thèse du réchauffement climatique commença à se répandre. La première personnalité politique qui fut intéressée par le rôle que cette thèse pourrait jouer sur la scène politique fut Margaret Tatcher qui, après la grève des mineurs, voulait que son pays dépende le moins possible du charbon et du pétrole. Elle  privilègia alors le nucléaire. L’adoption de la thèse du réchauffement climatique dû à l’excès d’émission de CO2 d’origine humaine contribua à renforcer la crédibilité du nucléaire à la différence du charbon et du pétrole, réputés peu écologiques. »

« Après la chute de l’URSS, de nombreux anciens communistes se sont subtilement reconvertis dans une nouvelle idéologie qui allait naturellement contre le sens du capitalisme; l’écologie. Ils y distilèrent leurs principes néo-marxistes. »