L’appropriation du sens réel des spiritualités comme arme contre la servitude (deuxième partie)
Par Régis Mex
On estime que 95 % des êtres humains ont accès à la « Sainte Bible » dans une langue qu’ils comprennent, de nos jours. Environ 40 millions de bibles sont distribuées chaque année dans le monde; il s’agit du livre le plus lu de l’histoire de l’humanité. Si une partie de la Bible est dotée de sens, à l’instar des Évangiles et d’autres passages du Nouveau Testament, on ne peut pas en dire autant de la version de la Genèse que l’on trouve dans l’Ancien Testament. Or, ce qui n’a pas de sens et a fortement contribué à occulter toute chose plus subtile que ce qui est accessible par les cinq sens organiques a longtemps été préféré au contenu plus intelligent et éducatif du grand livre chrétien.
Voici quelques exemples de cette manipulation:
Ce document, conservé à la Bibliothèque nationale de France, contient certains conseils que les cardinaux donnèrent au pape Jules III à son élection en 1550:
« La lecture de l’Evangile ne doit être permise que le moins possible, surtout en langue moderne et dans les pays soumis à votre autorité. Le très peu qui est lu généralement à la messe devrait suffire et il faudrait défendre à quiconque d’en lire plus. Tant que le peuple se contentera de ce peu, vos intérêts prospéreront, mais dès l’instant qu’on voudra en lire plus, vos intérêts commenceront à en souffrir.
Voilà le livre qui, plus qu’aucun autre, provoquera contre nous les rébellions, les tempêtes qui ont risqué de nous perdre. En effet, quiconque examine diligemment l’enseignement de la Bible et le compare à ce qui se passe dans nos Eglises trouvera bien vite les contradictions et verra que nos enseignements s’écartent souvent de celui de la Bible et, plus souvent encore, s’opposent à celle-ci. Si le peuple se rend compte de ceci, il nous provoquera jusqu’à ce que tout soit révélé et alors nous deviendrons l’objet de la dérision et de la haine universelles. Il est donc nécessaire que la Bible soit enlevée et dérobée des mains du peuple avec zèle, toutefois sans provoquer de tumulte ».
(Feuille Bibliothèque nationale 1089. Volume II. Page 641-650 – références Fond Latin n°12558 – Année 1550)
L’historique suivant est repris du travail de Mary Ann Collins:
L’Église Catholique a longtemps enchaîné la Bible en ne diffusant que sa traduction en latin, la Vulgate (qui remonte au début du Ve siècle), et en refusant qu’elle soit traduite dans les langues courantes, ce qui aurait permis que tout le monde la comprenne.
Dans l’empire romain, le latin était devenu la langue universelle. La Bible a été écrite en hébreu pour l’Ancien Testament, et en grec pour le Nouveau Testament. Quand elle fut traduite en latin, davantage de gens purent la lire. Toutefois, avec l’effondrement de l’empire romain, le latin fut de moins en moins parlé. Finalement, seuls les érudits pouvaient le comprendre. La grande majorité du peuple ne parlait plus le latin.
A partir de 1080, suite à de nombreux incidents, le Pape, les Conciles de l’Eglise et les évêques finirent par interdire la traduction de la Bible dans la langue vernaculaire, c’est-à-dire dans la langue parlée par tout le monde. Des hommes comme William Tyndale furent brûlés comme hérétiques pour avoir traduit la Bible en anglais.
L’interdiction portée par l’Église romaine de lire les livres saints remonte au concile de Toulouse en 1229. Même les laïcs n’étaient pas autorisés à lire la Bible en latin. Le seul fait de lire la Bible était considéré comme une preuve d’hérésie. Des hommes et des femmes furent brûlés vifs pour avoir lu la Bible en latin.
En 1582 fut publiée la première traduction catholique du Nouveau Testament en anglais. Une traduction catholique de l’Ancien Testament fut publiée en 1609. Ces traductions ne furent pas faites à partir des textes originaux hébreu et grec, mais à partir d’une version en latin.
Selon l’enseignement officiel de l’Église Catholique, les Catholiques ne sont pas autorisés à croire ce qu’ils lisent eux-mêmes dans la Bible, sans avoir consulté d’abord les autorités de l’Église Catholique. Ils doivent savoir de quelle manière les évêques de l’Église interprètent ces passages, et ils doivent aussi accepter avec « docilité » les enseignements des évêques, comme s’ils étaient donnés par Jésus-Christ lui-même. Ils ne sont pas autorisés à recourir à leur propre jugement, ni à suivre leur propre conscience. On leur demande de croire tout ce que leur diront leurs évêques, sans rien remettre en question.
Malgré de nombreuses manipulations de traduction lors de passage de textes de l’hébreu et du grec au latin, puis du latin en langue vernaculaire, le clergé craignait donc les révélations que contenaient le livre qui était la pierre principale sur laquelle reposaient les fondations de leur Église. Le sens des textes relatifs à la vie de Jésus, par exemple, était resté intact, mais l’enseignement du Christ contrariait quelque peu les intentions du clergé, à mille lieues d’un message de fraternité et de paix. Voilà pourquoi ils l’ont occulté et ont auto-qualifié leur parole comme étant infaillible, ainsi que tant d’autres subterfuges qui ont servi à manipuler les masses pour des buts exclusivement politiques.
Matthieu 15:8-9:
Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes.
Marc 7:8:
Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes.
Matthieu 13:11, 15:
Car le coeur de ce peuple est devenu insensible; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne comprennent de leur coeur.
Au-delà de la gravité des faits qui ont eu lieu pendant 1500 ans de main-mise de l’Église catholique sur les affaires des pays européens, la pensée empoisonnée qu’elle a dispensée s’est accrochée profondément dans les fondements de la doctrine judéo-chrétienne et dans l’esprit de tous ceux qui y ont baigné, habituant les occidentaux à penser en des termes réducteurs, et façonnant sans doute en grande partie les raisons de l’avènement de nos sociétés de consommation.
Pourtant, le travail remarquable de nombreux occultistes des Temps Modernes désireux de retourner à la source des spiritualités n’a pas trouvé de réel écho dans l’opinion publique, et peu d’entre nous sont au fait de leurs ouvrages. Dans la suite de cet article, je vais tenter de donner un aperçu de l’ampleur de la différence entre sens biblique et sens réel du Sépher de Moïse par comparaison entre les deux versions en reprenant la retraduction du Sépher de Moïse de Fabre d’Olivet et en m’appuyant sur les commentaires que Claude Le Moal en fait dans son livre « La véritable histoire d’Adam et Eve, Tome 1: La Providence ». Bien sûr, j’essaie de résumer à ma manière les idées et versets essentiels d’un livre de plus de 500 pages, ce qui ne peut qu’être approximatif, mais j’espère que cela intéressera un maximum d’entre vous.

La Genèse Biblique, Chapitre 1 :
1.27. Dieu créa l’homme à son image ; il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme.
Le Sépher de Moïse, Chapitre I :
27. Et Lui, L’Être des êtres, avait créé l’existence potentielle d’Adam, l’Homme universel, en son ombre réfléchie ; en son ombre divine il l’avait créé ; et puissance collective, l’avait identifié ensemble mâle et femelle.
Dans cette première comparaison, la différence entre ces deux extraits est moindre que dans les suivants. Mais elle n’en reste pas moins de taille. Fabre d’Olivet dit que Dieu a tout d’abord créé « l’existence potentielle d’Adam », donc le principe duquel découle les lois propres à l’Homme, une sorte d’archétype qui fixerait les mécanismes selon lesquels les hommes se comportent, leur raison d’être, ou encore leur destinée. Il précise que cet « Homme universel » est à la fois mâle et femelle, avant que ce principe ne se divise en deux autres principes, respectivement Aîsh et Aîshah (Eve), ce qui sera important pour la compréhension de certains des prochains extraits.
Le plus important dans ce passage est toutefois la différence entre « Dieu créa l’homme à son image » et « Dieu créa l’Homme universel en son ombre réfléchie, en son ombre divine ». La première phrase sous-entend que « l’image » à partir de laquelle Dieu a créé l’homme est purement visible, physique, ce qui a suscité par la suite la représentation de Dieu comme un vieillard barbu perché sur son nuage égaré dans le ciel. Or, la seconde version dit bien que c’est en terme de reflet divin, dans le domaine spirituel, que l’Homme est l’ombre de son Créateur. Cette nuance change donc du tout au tout les perspectives de la destinée humaine; là où la Genèse Biblique nous laisse entendre qu’il n’y a pas de réel but dans l’existence du genre humain, parce qu’il n’est soi-disant rien de plus que le plus intelligent des animaux, le Sépher de Moïse indique clairement que l’être humain se distingue du règne animal par les capacités potentielles d’un esprit d’essence divine qu’il est le seul à posséder. J’ai bien dit que ces capacités étaient potentielles; leur activation dépend de l’effort qui est fait dans ce but. Plus l’on se détâche des aspirations vulgaires et instinctives du matérialisme et des comportements vicieux, et plus l’on cultive au contraire les comportements vertueux, et plus l’esprit se rapproche de sa nature divine, puisqu’il suit les lois divines qui s’expriment dans la justice et la subtilité d’action, de pensée, et de parole, ou encore la qualité du discernement. Par « se détâcher du matérialisme », j’insiste bien sur le fait que j’entends par là se détâcher de tout mauvais penchant à vouloir trop posséder, ou à désirer des choses inutiles et malsaines; donc savoir utiliser le matériel simplement pour ce qu’il est, dans les proportions où il le faut, et y trouver un juste milieu, ce qui n’a rien à voir avec une vie ascétique ou quoique ce soit de ce genre. La dérive matérialiste survient lorsque le matériel et le confort de même que le plaisir purement physiques qu’il procure deviennent les buts mêmes de la vie de quelqu’un, auquel cas il est possédé par ce qu’il possède, comme le veut le dicton. Un autre dicton dit que l’on est ce qu’on mange; dire que l’on est ce qu’on pense est également vrai. La voie de l’évolution de l’homme est donc celle du bien; s’il ne l’emprunte pas, il stagne ou régresse.
La Genèse Biblique, Chapitre 2 :
2.7. L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.
Le Sépher de Moïse, Chapitre II :
7. Or, l’Être des êtres, ayant formé la substance d’Adam, de la sublimation des parties les plus subtiles de l’Élément adamique, inspira dans son entendement une essence exhalée des Vies, et dès lors Adam, l’Homme universel, devint une similitude de l’Âme vivante, universelle.
Ce verset rejoint le deuxième paragraphe du verset précédent; par « inspira dans son entendement une essence exhalée des Vies », il faut comprendre que l’Homme universel possède une intelligence spirituelle grâce à « l’essence exhalée des Vies », soit son essence d’origine divine. La présence de cette intelligence spirituelle est possible du fait que l’Homme universel a été créé « des parties les plus subtiles de l’Élément adamique », l’Élément adamique représentant l’état primordial des forces encore non-manifestées, non contractées en matière, soit les forces supérieures qui se sont établient en principes dont les lois régissent les manifestations qui en découlent. De fait, Adam est semblable à « l’Âme vivante, universelle », donc semblable à Dieu d’après les principes dont il est issu, tout comme n’importe quelle autre création, puisque Dieu est dans tout étant donné que tout est émané de Dieu. Mais l’Homme universel, lui, a été manifesté dans une forme humanoïde dans la sphère des manifestations, après avoir été divisé en deux polarités mâle et femelle, et a été inspiré de « l’entendement de l’essence exhalée des Vies ». Il se distingue donc de l’animal par ses facultés supérieures, qui lui permettent, entre autre, la création, le discernement, l’imagination, de même que la possibilité d’appréhender l’après-mort.
Si nous avons la notion d’un Au-Delà, c’est parce que la partie de nous qui tire son origine divine, l’esprit, n’est pas plus soumise au temps ni à la mortalité que Dieu lui-même. Or, Dieu est immortel puisqu’il est une sorte de champ de forces les plus subtiles et sublimées qui existent dans l’Univers; il est donc logique que l’esprit humain le soit aussi. Mais, puisque comme le disait Virgile, « Les choses d’ici-bas reçoivent autant de force et de vertu des cieux que la matière est disposée à en recevoir », le niveau de pureté de l’esprit humain dépend de la conduite de son hôte.
Nous pourrions faire une analogie intéressante entre la concentration des molécules d’un objet solide, d’un liquide et d’un gaz; plus les molécules sont concentrées, moins l’objet est subtil. Ce principe est également valable pour le domaine de l’esprit; plus les pensées sont vulgaires, et plus leur action sur l’esprit est compressive, asservissante. En somme, plus l’individu est attaché aux bassesses de ce monde, et plus sa liberté vis-à-vis de lui-même et ses facultés spirituelles sont déclinantes, voire absentes. Au contraire, plus il s’en détache, et plus il devient indépendant des aspirations matérielles de son corps physique, et est donc plus apte à connaître ses propres façons de fonctionner en profondeur et à maîtriser ses pulsions. Il obtient plus de sens critique envers lui-même et devient l’observateur et le garant de son propre comportement. Ce sont des conséquences parmi d’autres de la stimulation de l’intelligence spirituelle, qui amène au développement des plus subtiles capacités de l’être humain, car connaître les lois selon lesquelles on fonctionne, c’est être libre. Il me semble aussi approprié d’ajouter la citation « Connais toi toi-même et tu connaîtras le monde et les dieux » dans ce contexte.
Cette évolution est due au respect des règles divines par l’individu concerné, et, s’étant engagé sur cette voie qui l’a mené vers la Conscience, les murmures de la Providence, selon les termes de Claude Le Moal, lui deviennent audibles. Cette Providence accorde la personne ayant atteint la liberté intérieure sur des niveaux de pensée qui correspondent à la pureté de ses propres pensées, et lui suggère quelques inspirations de même ordre. La citation de Virgile ci-dessus ou l’adage « On est ce que l’on pense » expriment la même chose. Quelqu’un qui resterait dans le domaine de l’instinctif animal et du raisonnement purement cérébral et matérialiste resterait prisonnier des « forces du Destin », ce qui signifie qu’il serait soumis à ce que lui dicte son programme biologique, et suivrait donc des lois inférieures à celles de la Providence, sans réel libre-arbitre.
Or, si l’on admet que chacun de nous est « connecté » à une « fréquence » de pensées selon ses aspirations, et que cette « connexion » se passe dans le domaine de l’esprit, nous pouvons déduire que notre après-mort sera constitué de la sensation procurée par le « niveau de pureté » que nous aurons atteint, puisque l’esprit est immortel.
La Genèse Biblique, Chapitre 2 :
2.17. Mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.
Le Sépher de Moïse, Chapitre II :
17. Mais de la substance physique (cinq sens organiques) de la connaissance du bien et du mal, garde-toi de faire aucune satisfaction car au jour même où tu t’en alimenteras, tu deviendras muable, et tu mourras.
Ici, il est déconseillé de se satisfaire de la « substance physique connaissance du bien et du mal », étant donné que quiconque considérant les cinq sens organiques comme seule vérité de la connaissance du bien et du mal se retrouverait de fait sous la domination du Destin. Il n’y a effectivement pas d’autres alternatives en se contentant de choses purement physiques.
Il est ensuite précisé que si l’on en vient à se satisfaire de cet état de soumission à soi-même qu’est le Destin, l’on devient « muable », et meurt. Ceci est à remettre dans le véritable contexte du Sépher de Moïse, car le concept de réincarnation y est compris, malgré le fait que la chrétienté l’ait par la suite rejetté et que ceux qui y adhéraient étaient déclarés hérétiques. Á l’instar du bouddhisme, donc, il est considéré qu’une vie humaine n’est pas suffisante pour parvenir à l’objectif de l’évolution humaine qu’est l’élévation de la pureté d’esprit à un niveau digne d’atteindre le Nirvâna ou le Paradis, qui sont des synonymes pour décrire la plus grande qualité d’ondes spirituelles à laquelle l’on puisse parvenir. La logique est que l’on se réincarne dans d’autres corps humains (le Sépher de Moïse, contrairement à la doctrine bouddhiste, exclut l’idée qu’un être humain puisse se réincarner en animal, ce qui induit une évolution constante) dont les caractéristiques, que ce soit au niveau de la personnalité, de l’intellect, etc., dépendent du niveau d’évolution de l’esprit qui le reçoit. Nous pourrions à nouveau citer Virgile pour justifier ce phénomène (« Les choses d’ici-bas reçoivent autant de force et de vertu des cieux que la matière est disposée à en recevoir »), de même que ce prochain verset:
La Genèse Biblique, chapitre 6 :
6.2. Les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent.
Le Sépher de Moïse, Chapitre VI :
2. Or, les êtres émanés de l’Être des êtres, effluences spirituelles, ayant considéré ces formes sensibles, les trouvèrent agréables, et s’unirent comme à des facultés génératrices, à toutes celles qui leur plurent de préférence.
Il découle donc de ceci que tant que l’on subit ce cycle des réincarnations, on est condamné à poursuivre son évolution sur Terre, seule manière de parfaire tous les aspects des individus dans leur intégralité, avec le lot de souffrances que cela implique. C’est donc pour cela que l’on « meurt » lorsque l’on est soumi au Destin, parce que l’on ne cesse d’être mortel. Peut-être ce sort est-il ce que certaines personnes décrivent par le mot « Enfer ».
La Genèse Biblique, Chapitre 2 :
2.21. Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.
Le Sépher de Moïse, Chapitre II :
21. Alors l’Être des êtres laissa tomber un sommeil profond et sympathique sur cet Homme universel, qui s’endormit soudain; et rompant l’unité de ses enveloppes extérieures, il prit l’une d’elles, et revêtit de forme et de beauté corporelle sa faiblesse originelle.
De cette division qui donnera lieu à la polarisation de l’Homme universel en Aîsh et en Aîshah découle la nécessité de l’être humain de retrouver l’unité désormais rompue de l’Homme universel, de sorte à accéder à la Conscience et à sortir de sa dépendance à l’inconscient collectif, qui est l’état de « sommeil profond » dans lequel il est plongé jusqu’alors.
La Genèse Biblique, Chapitre 2 :
2.23. Et l’homme dit : « Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! On l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. »
Le Sépher de Moïse, Chapitre II :
23. Et Adam, déclarant sa pensée, dit : « Celle-ci est véritablement substance de ma substance, et forme de ma forme ; et il l’appela Aîshah, faculté volitive efficiente, à cause du principe volitif intellectuel Aîsh, dont elle avait été tirée en substance.
Tout comme la Genèse Biblique n’a pas fait mention de la création d’un archétype androgyne du genre humain, elle ne parle pas non plus de la polarisation de l’Homme universel en deux nouveaux principes qui donneront respectivement à l’homme et à la femme manifestées certaines spécificités. Les mécanismes du principe féminin Aîshah, lui donnent les caractéristiques d’être la « faculté volitive efficiente », soit volonté, clé du libre-arbitre. l’attribut divin de la Conscience, passivité, intuitivité. Quant au principe masculin, Aîsh, ses attributs sont davantage axés sur l’intellect raisonneur, le mental. Or, tout comme chacun de nous a des parties cérébrales masculines et féminines quel que soit son sexe, notre esprit possède également les deux faces de la pièce, un principe étant généralement laissé latent par rapport à l’autre plus actif, dans des proportions relatives à un individu donné. La difficulté survient lorsque l’on désire activer les aspects des deux principes à la fois; si l’on parvient à une telle maîtrise, l’unité spirituelle de l’Homme universelle est alors retrouvée, ce qui permet d’avoir accès à toutes les facultés potentielles de notre être tout en trouvant la paix intérieure, l’arrivée à un tel état ne pouvant qu’aller de pair avec l’entendement de la Providence obtenu grâce au perfectionnement de son esprit et au détachement de ses aspirations matérielles inutiles.
La Genèse Biblique, Chapitre 2 :
2.25. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.
Le Sépher de Moïse, Chapitre II :
24. Voilà pourquoi l’homme intellectuel, Aîsh, doit se réunir à sa compagne intellectuelle, Aîshah, sa faculté volitive ; afin de ne faire avec elle qu’un seul être sous une même forme.
Ce verset est dans la continuité de l’explication du précédent, car il est dit qu’Aîsh et Aîshah doivent s’unir pour ne plus former qu’un seul être (toujours dans le domaine strictement spirituel).
La Genèse Biblique, Chapitre 3 :
3.1. Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : « Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? »
Le Sépher de Moïse, Chapitre III :
1. Cependant, Nahash, l’attract originel, la Cupidité, cette ardeur interne, appétente, était la passion entraînante de la vie élémentaire, le principe intérieur de la Nature, ouvrage de l’Être des êtres. Or, cette Passion insidieuse dit à Aîshah, la faculté volitive d’Adam: « Pourquoi vous a-t-il recommandé, l’Être des Êtres, de ne pas vous alimenter de toute la substance de la sphère organique ? »
La Genèse Biblique, Chapitre 3 :
3.2. et 3.3. La femme répondit au serpent : « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : « Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. »
Le Sépher de Moïse, Chapitre III :
2. et 3. Et la Faculté volitive répondit à cette Ardeur cupide : « Nous pouvons sans crainte nous alimenter du fruit substantiel de l’enceinte organique. » Mais quant au fruit de la substance même qui est au centre de cette enceinte, il nous a dit, l’Être des êtres ; « Vous n’en ferez pas aliment, vous n’y aspirerez pas votre âme, de peur que vous ne vous fassiez inévitablement mourir. »
Nous retrouvons le même principe que dans le verset 2.17 quant au danger de mortalité continue lorsqu’on s’alimente (au sens figuré) exclusivement de substance physique, et que l’on aspire son âme dans la matérialité. Il est cependant précisé ici qu’il n’y a pas de crainte à avoir par rapport à l’utilisation du « fruit substantiel de l’enceinte organique », car il faut bien passer, dans les premiers stades de l’évolution, par un certain attrait vis-à-vis des aspects élémentaires de la vie. En effet, il n’y aurait pas d’évolution s’il n’y avait que le bien ou que le mal sur Terre; l’existence du mal (le mal n’étant pas nécessairement de la méchanceté, mais l’expression des penchants vulgaires qui existent sur Terre, sans discernement) est nécessaire dans un premier temps pour que l’individu puisse finalement prendre conscience, lorsque le fait qu’il n’est pas sur la bonne voie devient flagrant, que la meilleure solution est de s’engager sur le chemin qui mène vers un plus grand bien. Ce bien finit toujours par remplacer l’imperfection qui est inhérente au mal, car les alternatives plus subtiles sont aussi les plus sophistiquées, et donc les meilleures. Le mal n’existe donc que pour servir de « tremplin » vers un état de plus grand bien. Il n’existe que sur Terre car la Terre est le seul endroit où il puisse y avoir une quelconque évolution, grâce à l’activité incessante qui y a lieu. Mais moins on en est affecté, et plus on s’écarte de la soumission du Destin, pour s’approcher davantage de la Providence.
La Genèse Biblique, Chapitre 3 :
3.16. Il dit à la femme : « J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.
Le Sépher de Moïse, Chapitre III :
16. S’adressant à Aîshah, la faculté volitive, il lui dit : « Je multiplierai le nombre des obstacles physiques de toutes sortes, opposés à l’exécution de tes désirs, en augmentant en même temps le nombre de tes conceptions mentales et de tes enfantements. Avec travail et douleur tu donneras l’être à tes productions ; et vers ton principe intellectuel, entraîné par ton penchant, tu subiras son empire, et il se représentera en toi.
La Genèse Biblique, Chapitre 3 :
3.17. Il dit à l’homme : « Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point ! Le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie.
Le Sépher de Moïse, Chapitre III :
17. Et à l’Homme universel, Adam, il dit ensuite : puisque tu as prêté l’oreille à la voix de ta faculté volitive, et que tu t’es nourri de cette substance, de laquelle je t’avais expressément recommandé de ne t’alimenter nullement, maudit soit l’élément adamique, homogène et similaire à toi, relativement à toi ; avec angoisse tu seras forcé d’en alimenter tous les moments de ton existence.
Ce verset n’est que la claire conséquence du pêché originel que nous connaissons tous; ayant cédé à la « substance physique du centre de l’enceinte organique » par l’exercice de son libre-arbitre et en toute connaissance de cause, le chemin vers la rédemption d’Aîsh et Aîshah sera long et angoisseux du fait de leur soumission au Destin.
La Genèse Biblique, Chapitre 3 :
3.19. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.
Le Sépher de Moïse, Chapitre III :
19. Tu te nourriras dans l’agitation continuelle de ton esprit, et jusqu’au moment de ta réintégration à l’Élément adamique, homogène et similaire à toi : car, comme tu as été tiré de cet élément, et que tu en es une émanation spiritueuse, ainsi c’est à cette émanation spiritueuse que tu dois être réintégré.
Nous terminons cette présentation de versets du Sépher de Moïse retraduit par Fabre d’Olivet par cette réaffirmation que l’être humain est une émanation spiritueuse d’origine divine, et qu’il doit être réintégré à cet élément divin à la fin de son parcours d’évolution sur Terre.
Pour ceux qui seraient intéressés par la lecture de l’ouvrage intégral avec commentaire, ils le trouveront en téléchargement gratuit en bas de cette page.
La première partie de cet article est disponible ici.
Par Régis Mex, pour Mecanopolis.




















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