sept 01 2010

Un retrait des troupes d’Irak en trompe l’œil: les soldats occupants états-uniens remplacés par des mercenaires

Les Etats-unis ont confirmé que le nombre de soldats présents en Irak aujourd’hui est inférieur à celui au moment de l’invasion du pays, en 2003. Ce fait va être utilisé dans le cadre d’une manœuvre de propagande qui a comme objectif de dissimuler le maintien d’une force occupante et le remplacement de soldats par des mercenaires.

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La déclaration de Barack Obama, annoncant la fin de la mission de combat sur ce territoire et le début d’ « opérations contre-terroristes » menées par une « force de transition » jusqu’au retrait « des troupes nord-américaines en 2011 », avait déjà fait la une des journaux début août. Mais ce qui a fait, avec un écho encore plus important, les unes des journaux des médias dominants, c’est la confirmation que les Etats-unis conservent en Irak un nombre de soldats inférieur à celui qu’ils avaient au début de la guerre contre ce pays.

Effectivement, avec le retrait de la quatrième brigade pour le Koweit et le transfert d’hommes et de matériels de guerre de ce pays du Moyen-Orient vers l’Afghanistan, également occupé, le nombre total de soldats de Washington tourne autour de 55 000, pouvant même être réduit à 50 000 d’ici au 31 août.

Mais quant aux faits correspondants à la réalité, arrêtons-nous ici. C’est que surfant sur la vague du départ d’une partie du contingent – il convient de ne pas oublier qu’il reste en Irak 50 000 militaires étrangers – le gouvernement des Etats-Unis en profite pour faire croire que la force qui restera cessera de réaliser des opérations de combat, se limitant à former les militaires irakiens, et que la date limite pour le départ définitif serait la fin de l’année 2011.

Déclarations occultées

Maintenant, la vérité est que pour les fonctionnaires ayant une responsabilité élevée, comme le commandement militaire David Patreus, les Etats-unis non seulement ne sont pas prêts à sortir d’Irak puisque ils conservent « une énorme capacité [opérationnelle] », a-t-il déclaré dans une interview à CBS.

Dans le même sens, l’Inter Press Service a trouvé auprès de sources liées aux cercles gouvernementaux que les 50 000 soldats qui resteront ne se confineront pas à leurs missions de formation ou à des opérations de défense du personnel et des installations nord-américaines.

Un autre qui semble avoir ignoré les propos du président est l’attaché du presse du général Patreus, Geoff Morrell, soulignant « que je ne connais personne qui ait déclaré la fin de la guerre ».

De même, pour le vice-assistant du secrétaire à la Défense, Colin Khal, les Etats-Unis sont en Irak « pour y rester encore longtemps » et toute décision est suspendue jusqu’à « ce que l’on voie ce que le gouvernement va faire ».

La phrase, apparemment énigmatique, a été déconstruite par la presse nord-américaine, qui spécule sur la possibilité que le futur gouvernement du pays se prépare à demander aux Etats-unis de rester au pays.

Les entreprises de sécurité doublent leur nombre

Par ailleurs, le maintien de dizaines de milliers de soldats en Irak – dans les termes de ceux qui les voit encore y rester pour longtemps et avec toujours les mêmes fonctions – est accompagné de la substitution de soldats sur le départ par des milliers de mercenaires au service des entreprises de sécurité.

La décision de remplacer la force militaire par une autre « civile » a été prise dans une réunion de hauts-responsables militaires nord-américains, qui s’est déroulé le 19 juin, bien que cela n’ait été clairement reconnu qu’à partir du 16 août.

Le plan est de donner au Département d’Etat un rôle plus effectif dans la coordination des opérations et d’entretenir des relations étroites avec les entreprises de sécurité privées. Celles-ci vont disposer d’hélicoptères, de chars d’assaut et de la technologie pour faire fonctionner des radars, de manière à ce qu’elles puissent demander des attaques aériennes et elles vont pouvoir téléguider des drones de combat, a informé le New York Times.

Le doublement du nombre d’entreprises sous-traitantes en Irak n’est pas une hypothèse. Le porte-parole du département d’Etat, P.J.Crowley, a admis que le total d’entreprises sous-traitantes en Irak pourrait atteindre les 7 000, admettant, également, que les Etats-Unis « ont des plans très spécifiques pour assurer la sécurité quand les militaires partiront ».

Actuellement, il existe en Irak 112 000 mercenaires au service de diverses entreprises, auxquels s’ajoutent plus de 11 500 individus inscrits en tant que personnel de sécurité privé et au moins 1 200 au titre de conseiller en sécurité, a publié de son côté le Guardian.

Le nouveau rôle de la CIA

D’après le New York Times, l’agence des services secrets nord-américaine prend de plus en plus un caractère para-militaire, approfondissant, depuis l’entrée en fonctions de Barack Obama, la réalisation d’attaques avec des drones et l’élimination des personnes suspectées de terrorisme.

L’assistant du président des Etats-unis, John Brennan, qualifie les nouvelles lignes directrices comme un remplacement de la politique du marteau par celle du bistouri.

Par ailleurs, le lien avec les entreprises de services de sécurité s’est également intensifié, surtout au Pakistan et en Afrique du nord avec la mise en œuvre d’opérations clandestines de détention et d’arrestation de groupes présumés extrémistes.

Article issu de la revue portugaise Avante

Traduction : Solidarité Internationale


août 26 2010

Des civils afghans attaquent une base militaire de l’OTAN (vidéo)

Deux gardes civils espagnols et leur interprète ont été abattus, mercredi, par un policier afghan. Pris de panique, les militaires de l’OTAN ont ensuite tiré sur la foule.

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Un policier afghan à tué mercredi deux gardes civils et un interprète espagnols avec un Kalachnikov avant d’être abattu par des militaires de l’OTAN.

Cette attaque s’est produite alors que les deux officiers espagnols de la garde civile donnaient une formation à des policiers afghans sur la base espagnole de Qualay-e-Naw dans la province de Badghis (nord-ouest du pays). Le policier afghan a ensuite été abattu par les militaires de l’OTAN qui, dans la panique, ont tirés sur la population à l’aveugle, blessant ainsi plus de 18 personnes, selon les déclarations de Mohammad Sadiq, chirurgien à l’hôpital de Qualay-e Naw, dans la presse locale.

Après avoir entendu les coups de feu, une foule nombreuse s’est rassemblée devant l’entrée de la base espagnole. Selon l’agence de presse Reuters, qui cite des résidents du quartier, les manifestants en colère auraient mis le feu à une partie de la base. Les sources militaires espagnoles estiment que 200 personnes ont manifesté leur colère contre les envahisseurs étrangers. Le gouverneur de la province parle lui de 2000 personnes.

Qari Mohammad Yousuf, porte parole de la résistance afghane, à revendiqué la liquidation des trois espagnols dans un communiqué, qui précise que le policier avait « une connexion spéciale » avec leur mouvement. « Le policier avait toujours dit qu’il se vengerait des soldats occupants après avoir vu de ses propres yeux les injustices et la conduite des occupants envers des habitants innocents », indique encore le document de la résistance afghane.

Ce genre d’incident, où des policiers et militaires afghans se retournent contre des instructeurs étrangers, n’est pas isolé. En juillet dernier, une nouvelle recrue de l’armée afghane avait, elle aussi, liquidé trois militaires britanniques lors d’un cours de tir.

Spencer Delane, pour Mecanopolis


Des civils afghans attaquent une base militaire de l’OTAN
envoyé par Mecanopolis.

juil 21 2010

La mondialisation est une agression contre la prospérité et la démocratie

Par Karl Müller

Lorsque Hans-Peter Martin et Harald Schumann publièrent en 1997 leur livre intitulé Le piège de la mondialisation dans lequel ils reproduisaient les thèses de dirigeants d’entreprises réputés qui prévoyaient l’avènement de la «Société 20/80» (1), la plupart des intéressés estimèrent qu’il s’agissait d’une énorme exagération. Prétendre que la mondialisation, accompagnée de la dérégulation des marchés et de la ruineuse concurrence basée sur la baisse des coûts, provoquerait un chômage de masse consolidé dans les pays industrialisés ne se prêtait guère à l’euphorie de la globalisation des années quatre-vingt-dix.

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Entre-temps, 13 ans ont passé et le développement des événements a donné raison aux deux auteurs. Les pays industrialisés, dans lesquels on table uniquement sur le rendement maximum pour les actionnaires, des salaires astronomiques pour les dirigeants et des coûts minimes pour les travailleurs – les Etats-Unis et de nombreux pays de l’Union européenne en sont des exemples marquants – affrontent un chômage de masse structurel et fondamental.

C’est une erreur d’axer l’économie sur les exportations

Les pays qui ont tout misé sur les excédents d’exportations, les prenant pour un moteur de croissance – qui ont donc violé le principe d’Adam Smith qu’une économie nationale libérale ne peut être saine que dans la mesure où l’offre des biens et des services se mesure à un pouvoir d’achat adéquat dans le pays – se sont engagés sur une fausse voie. L’Allemagne en est un exemple frappant, la moitié de sa création de valeur reposant sur les exportations. Cela permet de produire massivement sans pour autant tenir compte du pouvoir d’achat dans le pays. C’est bon pour la conjoncture, d’aucuns ramassent de juteux bénéfices le tout reposant sur une redistribution des revenus au profit des dirigeants et des actionnaires.

C’est une fausse voie. Ce n’est pas sans raison que la politique allemande, alors qu’elle était encore un peu plus raisonnable, avait adopté en 1967 une loi de stabilité dont l’objectif économique et financier était de maintenir tant la stabilité des prix, qu’une crois­sance durable, et un plein emploi – sans oublier l’équilibre du commerce extérieur. Ce fut il y a bien longtemps et on semble l’avoir oublié, alors même que cette loi est toujours valable.

Le soutien étatique aux chômeurs n’a pas résolu les difficultés

La tentative de régler le problème du chômage de masse par les aides étatiques aux chômeurs a contribué – outre les énormes dépenses militaires notamment des Etats-Unis – à la montée des dettes publiques dans presque tous les pays industrialisés, réduisant ainsi leurs marges de manœuvre dans la gestion des dépenses.

Il en résulte que si l’on veut résoudre le problème du chômage de manière sensée, il faut redonner du travail aux gens, un travail digne et capable d’augmenter le pouvoir d’achat dans le pays, accompagné d’une baisse des impôts pour la population – tout en veillant à ne pas voir baisser les revenus fiscaux – et en soulageant les systèmes sociaux publics.

Il est vrai que le plein emploi guérit beaucoup de plaies.

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Le leurre des statistiques de l’emploi

On comprend l’importance du problème à résoudre en évitant de se fier aux statistiques officielles du chômage. L’Allemagne en est un exemple. En effet, le pays se présente officiellement comme s’il n’avait – au cours des deux années de crise – été touché que peu par le chômage, au contraire d’autres pays. Il est vrai que les chiffres officiels du chômage ont baissé, selon une dernière étude de l’OCDE de début juillet de cette année, passant de 7,9% au début de la récession à 7% aujourd’hui (état en mai 2010). Toutefois, cette étude met aussi le doigt sur l’ampleur de l’emploi partiel en Allemagne et surtout le sous-emploi par rapport aux pays de l’OCDE. En additionnant le tout, on arrive à 10 millions de personnes sous-employées (selon la «Neue Zürcher Zeitung» du 1er juillet). C’est un nombre énorme qui présente les chiffres officiels sous un autre jour. Il faut ajouter à cela que l’Allemagne a une grande masse de chômeurs de longue durée; 45% des chômeurs inscrits sont sans travail depuis plus d’un an. De plus, le nombre de travailleurs à très bas salaires a considérablement augmenté au cours des dernières 20 années. Nombreux sont ceux et celles qui ne peuvent vivre avec le salaire d’un seul emploi.

Le chômage structurel augmentera si on ne fait rien

Dans son étude, l’OCDE exprime son inquiétude de constater que le chômage structurel, et donc durable, augmentera dans les années à venir malgré la croissance économique – si la politique ne change pas de cap. Depuis le début de la crise, en 2007, le taux de chômage dans l’espace de l’OCDE a massivement augmenté: de 29 millions à 46 millions en 2010. Et ce ne sont que les chiffres officiels.

Si les alternatives consistent en misère ou en aide de l’Etat, c’est le choix entre deux maux. Toutefois, comment réussir à redonner un travail adéquat aux millions de chômeurs?

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Remettre l’homme au centre du travail

Le «Rapport sur l’agriculture mondiale» a soumis une proposition pour le domaine de l’agriculture: engager le plus possible de travailleurs plutôt que de continuer à mécaniser l’activité agricole.

Dans la mesure où les économies natio­nales reviendront aux mains des peuples, il sera possible de redonner – dans les autres domaines de la création de richesses – une priorité au travail humain, là où il peut être effectué dans la dignité. Cela signifie de ne plus mettre au centre le rendement et la concurrence désas­treuse de diminution des coûts, mais bien de travailler de telle façon que toutes celles et tous ceux qui sont engagés dans ce travail retrouvent leurs droits et que la concurrence se contente de n’agir qu’au niveau de la qualité des produits ou des services. En jargon de métier: de Shareholder-value à Stake­holder-value!

Il faut agir d’urgence contre le chômage des jeunes

Il est particulièrement inquiétant de constater qu’un nombre important de jeunes gens sont victimes du chômage croissant. Dans la classe d’âge des 15–24 ans, le taux d’occupation, de fin 2008 à fin 2009, dans l’espace OCDE, qui se trouvait déjà à un bas niveau, a chuté de 8,4%. C’est le taux d’occupation le plus bas de tous les groupes concernés par le chômage.

Il faut cependant souligner que ces chiffres ne relèvent pas uniquement d’un manque d’offres d’emplois ou de formation. Malheureusement, un nombre grandissant de jeunes gens sont mal préparés à affronter la vie réelle. Il ne faut toutefois pas assombrir le tableau: néanmoins, dès lors que quelqu’un n’arrive pas à se maintenir dans la vie professionnelle, il ou elle ne cessera de se heurter à des difficultés. Le renforcement du chômage cause de plus en plus de difficultés. Les spécialistes du travail social expriment l’idée d’une espèce d’héritage de la marginalisation. Combien de temps la société pourra-t-elle le supporter?

Pour intervenir efficacement contre le chômage de masse, il faut éduquer nos enfants et nos jeunes de manière à ce qu’ils puissent affronter le monde du travail. Non pas pour en faire des sujets d’un «économisme» dominateur, mais des personnalités matures. Ce ne sera possible que s’ l’on procède à une réflexion dans les domaines de l’éducation et de la pédagogie et qu’on en tire les conséquences.

Le droit au travail

L’article 23 de la «Déclaration des droits de l’homme», datant de 1948, déclare dans son premier paragraphe: «Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.»

Les années précédant la Seconde Guerre mondiale, lors de la crise économique mondiale, avaient montré quelles conséquences fatales pour les hommes du chômage et de l’absence de sens de leur vie.

On arrive à la fin de l’époque où le chômage de masse pouvait être dissimulé par les aides de l’Etat. C’est fort bien; en effet, cette «solution» manquait de dignité. Il faut maintenant du courage et de l’imagination pour rétablir le plein emploi, afin de redonner à des millions de personnes un travail qui ait un sens.

Karl Müller, pour Horizons et Débats

Note :

1. En 1995 eut lieu le premier «State Of The World Forum» à l’Hôtel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre était d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de définir la politique globale utile à leur mise en œuvre. Les dirigeants réunis à San Francisco (Mikael Gorbachov, George H. W. Bush, Margaret Thatcher, Zbigniew Brzezinski, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc.) sont arrivés à la conclusion que l’arrivée de la dénommée Société 20/80 (basée sur le principe de la «Loi de Pareto») est inévitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil économique de la planète. La population restante (80%) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

C’est ici qu’entre en jeu le «tittytainment», concept de Zbigniew Brzezinski, présenté lors de la réunion à l’Hôtel de Fairmont. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le «tittytainment», comme une combinaison des mots anglais «tits» («seins» en jargon américain) et «entertainment» qui, dans aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles, mais au contraire, comme allusif à l’effet endormant et léthargique que l’allaitement maternel produit chez le bébé quand il boit.

juil 18 2010

L’Afghanistan, une part du Grand Jeu dominateur des grandes puissances

Dans ses discours à Westpoint et à Oslo, le président Obama avait annoncé que les effectifs des troupes américaines en Afghanistan seraient augmentés. C’en est fait maintenant. En août 2010 seront engagés dans ce pays 98 000 officiers et soldats américains. De plus, il y avait le 31 mars dernier 46 000 militaires de différents Etats faisant partie de l’OTAN ou non. Ainsi le commandement de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) pourra disposer en septembre 2010 en Afghanistan de 150 000 militaires. Ce contingent est plus important que le fut celui de la 40e Armée de l’URSS en 1988 et, en ce qui concerne sa force de frappe, bien supérieur.

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La FIAS a mené tant en 2009 qu’en 2010 dans les zones Est et Sud du commandement différentes opérations contre les re­belles. Le commandement Sud (Regional Command South) a mené en 2009 l’Operation Mosh­tarak Phase 1. Des troupes américaines et roumaines nettoyèrent la route princi­pale menant à Kandahar. En février 2010, des troupes des Ma­rines américaines attaquèrent lors de l’Opération Moshtarak Phase 2 des points d’appuis des Talibans dans la pro­vince de Helmand (arrondissement de Nad Ali). Alors qu’en mars 2010 on avait annoncé que cette phase avait été terminée avec succès, on remarque de plus en plus clairement que les Talibans sont toujours présents dans la population des Pach­tounes. Il est maintenant question de nettoyer la ville pachtoune de Kandahar lors d’une troisième phase de l’Opération Moshtarak.

Stratégie: renforcement ou retrait

En parallèle de l’annonce du renforcement des troupes américaines en Afghanistan et de l’intensification des combats contre les Talibans, le président Obama a fait entrevoir le retrait progressif des troupes américaines dès mi-2011. Certains alliés des Etats-Unis retirent déjà leurs troupes. Les Néerlandais auront retiré toutes leurs troupes d’Afghanistan d’ici à fin décembre 2010. Les Canadiens suivront en 2011. Il est prévu d’installer des troupes afghanes (ANA, Afghan National Army) en lieu et place des armées étrangères, la police afghane (ANP, Afghan National Police) devant prendre en main la responsabi­lité de la lutte contre les rebelles. Pour ce faire, on intensifie le recrutement et la formation de personnel. L’ANA qui dispose de 134 000 militaires jusqu’en octobre 2010, devra en compter 171 000 un an plus tard, équipés avec des armes de l’OTAN. De son côté, la police afghane (ANP) passera de 109 000 policiers actuellement à 134 000 en octobre 2011. Le but de cet accroissement considérable d’effectifs est de permettre un retrait en douceur des troupes américaines et de la FIAS. On se souvient en effet de la retraite des troupes soviétiques de l’Afghanistan en 1989. Toutefois, l’ANA ne jouira pas de la force de frappe qui fut celle du président afghan d’alors, Naji-bullah, fin des années quatre-vingt. L’ANA devra se passer d’armes lourdes, telle l’aviation. On ne veut pas inquiéter le Pakistan en mettant en place une armée afghane trop forte.

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Quels sont les adversaires de la FIAS, de l’ANA et de l’ANP? Dans les deux rapports intitulés Report on Progress Toward Security and Stability in Afghanistan et United States Plan for Sustaining the Afghanistan National Security Forces d’avril 2010, il est question de trois groupes rebelles: Quetta Shura Taliban du Mullah Omar, Hezb-e Islami Gulbuddin (HIG) et Haqqani Network (HQN). Le premier groupe opère dans le sud de l’Afghanistan (Helmand, Kandahar, Oruzgan), le deuxième dans le nord-est (Nangarhar, Laghman, Konar) et le troisième groupe dans l’est du pays (Khost, Paktia, Paktika). Suivant les rapports que l’on obtient, on estime la force de frappe de ces trois groupes entre 20 000 et 24 000 combattants bien formés. Il faut y ajouter des combattants qui viennent sporadiquement, étant peu payés. Ces contingents sont nettement inférieurs en effectifs à ceux des Mujaheddin, qui comptaient 150 000 hommes du temps de l’occupation soviétique.

Gisements de matières premières et de minéraux

On parle tout à coup, au milieu de ces plans stratégiques et de cette guerre, menée avec des avions de combat, des bombardiers et des drones – dont l’utilisation a été augmentée par Obama –, d’énormes gisements de ma­tières premières et de minéraux qui se trouveraient en Afghanistan. On en estime la valeur de 1000 à 3000 milliards de dollars. Il semble que l’office américain U.S. Geological Survey ait actualisé les prospections d’alors des Soviétiques, et les ont publiées. En fait, il n’aurait pas été indispensable pour le Pentagone de s’étendre dans les médias sur ces données,2 connues depuis longtemps. Alors on se demande ce que recherchent les Américains avec cette campagne médiatique. Veulent-ils calmer leur conscience, en évoquant cette richesse, au vu de leur retraite pro­chaine – les Afghans étant laissés à eux-mêmes – ou bien veulent-ils se garder la possibilité de rester avec leurs troupes dans le pays pour exploiter sans retenue cette richesse?

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L’Afghanistan – une part du Grand Jeu dominateur des grandes puissances

On ne peut s’empêcher de penser que la guerre en Afghanistan n’est qu’une part du grand jeu dominateur des grandes puissances. Ce n’est pas par hasard que Rudyard Kipling a forgé le terme de Great Game (Grand Jeu) au début du XXe siècle, décrivant par là la lutte ou­verte entre la Russie tsariste et l’Empire britannique pour la domination en Asie centrale. Cette même lutte pour les matières premières d’Asie centrale et d’Afghanistan est menée aujourd’hui entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine. La guerre en Afghanistan n’est-elle qu’une manœuvre pour cacher ce Grand Jeu? Acteurs de ce jeu, les grandes puissances négligent totalement les victimes de cette tragédie, les Afghans.

Source : Institut für Strategische Studien
Traduction : Horizons et Débats

Télécharger le magazine de résistance afghane In_FIGHT_18

juil 18 2010

La résistance afghane libère 270 prisonniers

Selon un communiqué de Qari Muhammad Yussuf, porte parole de la résistance afghane, publié à l’instant sur le site alsomod-iea, les moujahidins ont attaqué tôt ce matin  la prison de Farâh, dans l’ouest de l’Afghanistan, libérant 270 prisonniers dont 70 représentants politiques liés aux moujahidins.

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juil 17 2010

Les États-Unis frappent l’Iran via le Jundallah

L’organisation Jundallah, soutenue par Washington, a revendiqué l’attentat qui a tué au moins 27 personnes et fait plus de 250 blessés, jeudi dans l’est de l’Iran.

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L’attentat a frappé les Gardiens de la révolution en visant une mosquée de la ville de Zahedan où ils étaient réunis pour la prière de Maghreb (couché du soleil). Selon le communiqué de Jundallah (les «soldats de Dieu») , deux kamikazes – dont un déguisé en femme – se sont fait exploser à quelques minutes d’intervalles devant la porte d’entrée du lieu de culte, tuant plus de 27 personnes et en blessant 250 autres.

La police a annoncé, parallèlement, l’arrestation de 40 personnes vendredi, pour «avoir provoqué des troubles» dans la ville de Zahedan. Aucune autre précision n’a été fournie, selon l’agence Mehr.

« Les responsables de ce crime ont été entraînés et équipés hors des frontières et ils sont ensuite venus en Iran », a affirmé le vice-ministre de l’intérieur Ali Abdollahi, dans des propos diffusés sur le site Internet de la télévision d’État Il accuse: « Cet acte terroriste aveugle a été perpétré par les mercenaires des puissances occidentales ».

Le chef de Jundallah, Abdolmalek Righi, arrêté en janvier dernier et condamné à la peine capitale en juin, à reconnu, lors de son procès, avoir « tissé de liens avec des membres des services secrets étrangers d’Amérique et d’Israël, agissant sous la couverture de l’Otan ». Il a également été condamné « d’attaques à main armée, d’enlèvements, e de trafic de drogue ». De nombreux observateurs s’accordent en effet a dire que cette organisation est liée au trafic de la drogue.

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Communiqué de Jundallah (cliquer pour agrandir)

Communiqué de Jundallah

« Jundallah annonce au peuple du Balouchistan et à l’Iran que ce soir (jeudi), deux de ses fils ont pu, lors d’une opération inégalée frappant le coeur des Gardiens réunis dans la mosquée de Zahedan pour célébrer la Journée des Gardiens, envoyer en enfer plus d’une centaine de Gardiens», indique le communiqué. «Lors de la première phase de l’opération, Abdulbasit Righi s’est fait exploser alors qu’il se trouvait au milieu de dizaines de Gardiens de la Révolution, poursuit le texte. « Après que des membres des services de renseignement, de sécurité et de l’armée eurent encerclé le lieu (de l’attaque), Mohammad Righi s’est fait exploser, envoyant en enfer des dizaines d’autres » personnes.

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Photographie des kamikazes (cliquer pour agrandir)

Allégeance à Washington

En 2006, Jundallah s’était fait connaître par une attaque très meurtrière contre un convoi officiel des Gardiens de la révolution dans l’est de l’Iran. L’organisation, équipée d’armes américaines et de lunettes de vision nocturne a par la suite multiplié les coups de force ou attentats uniquement contre cette milice chargée de la sécurité du régime. Quand on regarde de plus près les dates de ces actions, on s’aperçoit que chacun d’eux est survenu après un rejet par Téhéran de plier au diktat des États-Unis, et que les mercenaires de Jundallah sont utilisés par Washington pour mener des actions déstabilisatrice contre le régime en place.

L’attentat de jeudi survient au lendemain de la libération par Washington de Shahram Amiri, un chercheur iranien enlevé par des agents américains et saoudiens alors qu’il effectuait un pèlerinage à Médine l’an dernier. Il semblerait que les États-Unis ont laissé partir Amiri en échange d’un geste positif de Téhéran. Mais au lieu d’aller dans ce sens, les Iraniens ont accusé Washington d’enlèvement et de torture à l’encontre du chercheur. Washington pourrait donc avoir puni le régime de Téhéran en raison du non respect de l’accord sur la libération de Shahram Amiri. Un acte surtout symbolique, qui n’aura aucune influence  sur la détermination du régime iranien.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

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juil 13 2010

Les USA militarisent le Costa Rica

Le Costa Rica qui a renoncé à avoir une armée nationale, et qui est on ne peut plus pacifique, vient de mettre à exécution un accord de coopération pour la lutte contre le trafic, maritime et aérien illégale, de stupéfiants dans la zone des Caraïbes.

7000 marines vont « débarquer » sur le territoire national, ainsi que 46 navires de guerre, quelques 200 hélicoptères de combat de type « Black Hawk », des avions de combat (10 avions AV-8B Harrier) et des systèmes d’attaque contre les sous-marins.

De plus, les 7000 marines ainsi que le personnel civil « accompagnant », quelques 6000 personnes, pourront parcourir l’ensemble du territoire avec leurs armes sans aucune limitation, et ne seront pas soumis aux lois du Costa Rica, ce qui leur permettra ainsi d’échapper à la justice de ce pays.

D’autre part le gouvernement du Costa Rica renonce à toute plainte à posteriori vis-à-vis d’éventuels dommages sur la possible destruction de propriétés privées, de blessures occasionnées ou de la mort de certains citoyens de la part des dites forces d’occupation lors de leurs « missions »

Antoine Decaen, pour Mecanopolis

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Une occupation sous couvert de « Plan Colombie »

La flotte étasunienne est en mouvement, le Parlement du Costa Rica vient d’approuver un accord de gestion commune de la surveillances maritime costaricaine. Cela va encore étendre la présence militaire US en Amérique Latine, renforcer les pressions sur le Venezuela et Cuba.

Bref cela prend tout l’air d’une invasion en bonne et due forme sous couvert d’action anti-narcos. Comme on le présentait, les États-Unis sont en train de reprendre militairement en main le continent latino-américain. On peut également supposer que ce n’est malheureusement pas pour le meilleur.

La présidente du Costa Rica, Laura Chinchilla défend l’initiative et indique qu’il ne s’agit pas de militariser le Costa Rica mais de conduire des opérations de garde-côte conjointement avec les États-Unis. En précision, les effectifs étasuniens déployés dans la zone pour une durée allant du 1er juillet au 31 décembre 2010 seront de 46 navires de guerre, 200 hélicoptères, 10 avions de combat Harriet, 7000 marines, s’ajouteront à cela tous les effectifs civils nécessaires dont les estimations sont pour le moment de 6000 personnes.

Le Costa Rica ouvre la voie à la marine de guerre des États-Unis

Une quarantaine de navires de guerre, appuyés par près de 200 hélicoptères, 7000 marines et 6000 civils [1] patrouilleront les côtes costaricaines.

L’Assemblée Législative du Costa Rica vient d’approuver le fait de risquer la souveraineté costaricaine en accueillant sur son sol plus de sept mille militaires américains, qui arriveront dans les six prochains mois à bord de 46 navires de guerre venus pour « combattre le narcotrafic ».

Le député du Parti du Front Etendu (PFA) José Marie Villalta avait tout d’abord soulevé le fait que le texte était inconstitutionnel du fait qu’il était basé sur un accord policier pour combattre le narcotrafic international, le député Luís Fishman, de l’Unité Sociale Chrétienne (PUSC) a appuyé cette approche et y a adhéré.

À la suite de la réponse évasive des représentants des partis pro-gouvernementaux Libération National (PLN), Mouvement Libertaire (ML) et des deux partis chrétiens, il a lui-même lancé une proposition pour casser le quorum et ne pas voter le décret, il a été suivi Villalta et d’autres députés du Parti Action Citoyenne (PAC) dont le Chef de Fraction Juan Carlos, Claudio Monge et Carmen Muñoz.

Mais quatre autres députés du PAC, Marie Eugenia Venegas, Gustavo Arias, Janette Ruiz et Manrique Oviedo, n’ont pas répondu à l’appel. Les députés du Parti Accessibilité Sans Exclusion (PASE) n’ont pas non plus donné suite à cette proposition.

La députée du PAC, Carmen Muñoz, a indiqué “qu’il y avait eu une proposition pour tenter de rompre le quorum, mais au PAC nous nous sommes divisé, une partie d’entre nous n’a pas suivi et nous n’avons pas réussi à bloquer le décret”.

“Nous avons décidé que chacun assumerait sa décision de façon personnelle ; naturellement nous étions dans une réunion plénière contre la décision, il n’y avait aucun doute là-dessus. C’est le mécanisme de pression qui n’a pas été partagé”, a-t-elle poursuivi.

Le député du PFA, José Marie Villalta, a déclaré que “l’Accord de Patrouille Commune permet l’arrivée de navires du Service des Garde-côte des États-Unis dans les eaux territoriales du Costa Rica, mais non de leurs navires de guerre, qui ne sont pas préparées pour combattre le narcotrafic mais olutôt pour d’autre type de conflits et des affrontements militaires”.

Le député Villalta Florez-Estrada affirme que l’on est en train de violer le pacte parce que le parlement a approuvé une clause dans laquelle il est dit que celui-ci s’applique “strictement aux aéronefs policiers et non pas militaires des États-Unis d’Amérique” [2].

Le PFA remet également en question les conditions dans lesquelles la mise en place cet accord est demandé, puisque le gouvernement des États-Unis insiste pour que le personnel militaire “puisse jouir de la liberté de mouvement et du droit de réaliser les activités qu’ils considèrent nécessaires dans déroulement de leur mission” [3], ce qui signifie selon Villalta “un chèque en blanc”.

“Nous leur donnons le droit de faire ce que bon leur semble sur le territoire du Costa Rica à chaque fois qu’ils considèrent que cela est nécessaire à l’accomplissement de leur mission. De plus le gouvernement du Costa Rica renonce à présenter toute réclamation pour dommage, perte ou destruction de propriété, ou pour les problèmes de blessures ou de mort du personnel engagé conjointement aux USA dans ces activités”, a-t-il ajouté.

Le PFA a également demandé de réfléchir sur le contexte géopolitique qui entoure cette demande, dans une région que les États-Unis considère comme faisant partie de son “aire d’influence” et où ils appliquent une stratégie de “domination complète du spectre”, incluant des actions offensives comme le coup d’État au Honduras, l’installation de bases militaires en Colombie, “l’occupation propre” d’Haïti après le tremblement de terre ou les manoeuvres militaires dans la mer caribéenne [4].

Villalta a instamment prié les députés de la majorité de lire les journaux, de s’informer par Internet sur ce qui se déroule dans la région, et il les a défiés à plusieurs occasions d’en débattre, mais à chaque fois la réponse a été le silence.

Villalta leur a également offert une partie de son temps [de parole] pour qu’ils justifient le vote, mais il n’a pas obtenu de réponse ni du PLN ni du ML.
Ensuite, le député Fishman a rappelé à l’assemblé que c’est lui qui a signé cet accord pour la lutte contre le narcotrafic quand il était Ministre de la Sécurité Publique il y a une décennie et qu’il a proposé de le modifier et de l’adapter aux nouvelles réalités.

De plus, il a lancé un appel auprès des députés de la « majorité mécanique » afin qu’ils discutent et débattent de cela, sans succès. Au contraire il a reçu en retour des gestes et des sourires de moquerie à cause de sa position.

Fishman a accusé le PLN et le ML “de domination et d’orgueil, car cela n’amène à rien”, et il a demandé “le respect de la Souveraineté Nationale, de la légalité”.

Il a aussi indiqué que dans les prochains jours plusieurs députés vont poser un recours de protection, puisque la présence de navires de guerre, d’avions, d’hélicoptères et de presque 8000 militaires étrangers sur le sol costaricain viole l’accord signé il y a dix ans.
Fishman suit lavis de Villalta, pour lequel donner cette autorisation d’entrée aux troupes américaines “c’est comme donner un chèque en blanc. Nous ne pouvons pas être les acteurs de cet acte illégal, nous ne permettrons pas que l’on casse la Constitution Politique”.

Source : Costa Rica da vía libre a militares de la marina de Estados Unidos

Traduit par Primitivi

Notes :

[1] C’est la plus grosse flotte étsunienne déployée dans les environs depuis l’indépendance du Costa Rica en 1821

[2] Alors que l’accord signé il y a dix ans stipule bien que tout élément d’intervention étasunienne doit être civil et policier, que ce soit en hommes, en matériel ou en logistique.

[3] Ces conditions ressemble à s’y méprendre à celles imposées à des pays comme l’Irak, le Soudan ou l’Afghanistan.

[4] Ici il est tout à fait logique de penser à la pression que les USA mettent sur des pays à fortes ressources naturelles et aux présences politiques gênantes comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur, mais également au géant brésilien qui tend à prendre son indépendance et à vouloir jouer la carte de la superpuissance régionale.

juil 13 2010

Émeutes à Oakland après le verdict du procès Oscar Grant (vidéos)

Rappel des faits : le 1er janvier 2009, un flic abat Oscar Grant d’une balle sur les quais du métro à Oakland. Il dira ensuite avoir confondu dans la précipitation son taser et son flingue… À mesure que les vidéos du meurtre circulent sur internet, des émeutes partent dans la ville. Le procès du flic vient d’avoir lieu ; verdict : quatre ans de taule.

oackland

Un groupe de personnes en colère après le verdict du procès contre Johannes Mehserle (le flic) se sont affrontés avec la police à Oakland, tard dans la soirée de jeudi, jetant des pierres, des feux d’artifice et des bouteilles sur les policiers, lançant de petits feux dans la rue, détruisant des vitres de voitures, et s’attaquant aux vitrines des commerces, dont certains ont été pillés. La police a réalisé de nombreuses arrestations. Le chef de la police, Anthony Batts, a précisé que vers 20 heures, un groupe d’individus vêtus entièrement de noir et portant des masques noirs se sont dirigés vers Broadway, adoptant une posture offensive. Batts a décrit le groupe comme étant «des anarchistes». « C’était clair qu’ils prenaient une posture offensive… Nous avons commencé à recevoir nombre de pierres et de bouteilles.»

Vers 23 heures, heure locale, les manifestants n’étaient pas encore complètement dispersés, alors que des renforts policiers arrivaient de San Francisco et des municipalités voisines, selon le site internet du journal local Oakland Tribune.

juil 02 2010

Il n’y a pas et il n’y aura pas de reprise économique

Par Clovis Casadue

Alors que le G20 de Toronto n’a servi à rien, sinon à enterrer l’idée d’une taxe bancaire internationale, une troisième phase de la crise se profile, sur fond de bruits de bottes en Iran.

flash

Un G20 inutile de plus, avec son lot de promesses qui ne seront pas tenues, et l’abandon définitif de l’idée d’une taxe bancaire internationale, puisqu’elle est laissée au “libre arbitre des États” qui voudront bien s’en accommoder. C’est-à-dire à peu près personne, ou alors de manière symbolique, comme les États-Unis qui, dans le cadre de leur nouvelle réforme financière, vont instaurer une taxe sur les institutions bancaires qui devrait rapporter… 19 milliards de dollars. Une somme bien maigre en regard de ce que les contribuables ont dû payer depuis 2008.

Mais ces derniers n’ont pas fini d’en baver, car une troisième phase de la crise se profile, qui sera d’une violence extrême, puisque les finances publiques sont détruites et l’économie mondiale moribonde.

C’est la banque nationale suisse (BNS) qui tire la sonnette d’alarme (1), car les premiers symptômes d’emballement sont d’ores et déjà perceptibles. Dans son « Rapport sur la stabilité financière », publié le 17 juin dernier, la BNS n’y va pas par quatre chemins : la discipline à laquelle les banques s’étaient astreintes dans l’attribution de leurs crédits hypothécaires depuis la crise commence à s’étioler, estime-t-elle.

Il n’y a certes pas encore péril en la demeure, mais la situation pourrait rapidement dégénérer si l’économie devait replonger en récession, provoquant, comme il y a deux ans, une réaction en chaîne sur tous les pans de l’économie mondiale.

« Sub-subprimes »

Depuis le début de la crise en 2008, l’administration américaine a soutenu le marché immobilier sinistré en rachetant pour 1 425milliards de dollars d’actifs pourris. Pour cela, il aura fallu accorder des crédits d’impôts à hauteur de 8 000 milliards de dollars aux ménages américains qui, de fait, sont insolvables et faire tourner la « planche à billets », surévaluant ainsi le dollar de 35 fois sa valeur réelle. Ces 8 000 milliards d’impôts sont arrivés à terme en avril et en mai dernier. Ils ont été en partie couverts par les crédits hypothécaires d’emprunteurs insolvables, dit NINJA (No Income, No Job, NoAsset : sans revenu, sans emploi, sans garanties) ou en train de le devenir, pris en charge par FannieMae, FreddieMac et GinnieMae, qui couvrent la totalité des crédits hypothécaires privés aux États-Unis, garantis à 100 % par le gouvernement depuis 2009. L’administration américaine a donc mis une couche de subprimes sur les anciens ou nouveaux subprimes, ce que nous pourrions appeler les « sub-subprimes ».

Barack Obama a donc fait pire que l’ancien Directeur de la Fed, Alan Greenspan, et Georges Bush réunis. Cette troisième phase de la crise ne devrait plus tarder à se faire sentir. Ce n’est qu’une question de semaines.

Il n’y a pas et il n’y aura pas de reprise

Pendant trente ans, les États-Unis se sont permis de produire de la dette et de la vendre sur la planète qui en avait fait un objet de spéculation. Ce cycle létal est terminé, et la dette américaine ne vaut définitivement plus rien. En attendant, le niveau de consommation s’écroule, de même que la production. Les États-Unis ont perdu presque 12 millions d’emplois depuis 2007. Les chiffres réels du chômage doivent avoisiner les 18 ou 20 %, raison pour laquelle 52 sénateurs ont récemment voté contre un élargissement de l’allocation chômage, alors qu’il est le plus important depuis 1930.

Le 7 juin 2010, l’Allemagne a lancé son plus grand plan d’austérité depuis 1945. 80 milliards d’euros devraient être économisés d’ici 2014, et ce sont principalement les chômeurs et les familles percevant des allocations familiales qui seront touchés.

Pour assainir les finances des États,le FMI exige d’eux de rendre plus flexible le marché du travail et de réduire les aides au chômage pour y parvenir. En France, contrairement à ce qu’affirmait le Premier ministre François Fillon sur France télévision il y a quelques jours, la situation de la dette gouvernementale reste très tendue, et l’on peut s’attendre chaque matin à une dégradation de la note de la dette publique du pays par les agences de notation.

Bruits de bottes en Iran

Alors que la semaine dernière nous apprenions qu’une armada de navires de guerre américains et israéliens franchissait le Canal de Suez, puis prenaient la direction de la mer Rouge (2) – itinéraire le plus direct vers le Golfe persique depuis la Méditerranée – au moment où nous rédigeons ces lignes, Téhéran vient d’envoyer à sa frontière Nord des unités des Gardiens de la révolution afin de contrer “une attaque” (3).

La banqueroute des États-Unis serait-elle de nature à provoquer un nouveau conflit au Moyen-Orient ? Pour faire diversion ou pour s’emparer des fabuleuses réserves d’hydrocarbures de l’Iran ? Dans l’immédiat, si cette guerre éclate et, par extension, cause la fermeture du détroit d’Ormuz où transitent 30 % des exportations mondiales de pétrole, c’est toute l’économie mondiale qui sera mise à genoux. Pour le seul bénéfice des États-Unis ?

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

Télécharger l’article de la revue au format PDF

Reproduction libre avec indication des sources

Note :

1. Le Temps (quotidien suisse) du 18 mai 2010

2. Lire Une armada de navires américains et israéliens se dirigent vers l’Iran

3. Lire Bruits de bottes à la frontière nord de l’Iran

flash

Tout se barre en sucette !
• Nicolas Gauthier condamne ces voyous au sommet de l’État.
• Novlangue et politiquement correct, par Topoline.
• Claude Camille Cornilleau, traducteur : “L’Académie française est
inadaptée à notre époque !”
• Entretien exclusif : Frédéric Martel, écrivain et producteur à
“France Culture”, analyse les dessous de la culture mondialisée.
• Retraites : “Enfumer pour mieux plumer, c’est la technique sarkozyste
encore une fois à l’œuvre !”
• Sur les traces de George Orwell, Nicolas Bonnal décrypte la
prolétarisation de la race blanche.
• Les commandos israéliens formés par les fascistes de la République de
Salo ! Par Christian Bouchet.
• Années de plomb et stratégie de la tension. Ou quand la CIA faisait
la loi en Italie…
• Les Chinois contre les racailles : tout le monde en a marre !
Reportage dans le 19e arrondissement de Paris
• Un G20 inutile de plus. Une troisième phase de la crise se profile
sur fond de bruit de bottes en Iran.
Pour vous abonner en ligne et en toute sécurité : www.flashmagazine.fr
Tout se barre en sucette ! Sommaire de FLASH n° 33

• Nicolas Gauthier condamne ces voyous au sommet de l’État.

• Novlangue et politiquement correct, par Topoline.

• Claude Camille Cornilleau, traducteur : “L’Académie française est inadaptée à notre époque !”

• Entretien exclusif : Frédéric Martel, écrivain et producteur à “France Culture”, analyse les dessous de la culture mondialisée.

• Retraites : “Enfumer pour mieux plumer, c’est la technique sarkozyste encore une fois à l’œuvre !”

• Les commandos israéliens formés par les fascistes de la République de Salo ! Par Christian Bouchet.

• Années de plomb et stratégie de la tension. Ou quand la CIA faisaitla loi en Italie…

• Les Chinois contre les racailles : tout le monde en a marre ! Reportage dans le 19e arrondissement de Paris

• Un G20 inutile de plus. Une troisième phase de la crise se profile sur fond de bruit de bottes en Iran.

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juil 01 2010

Les aveux du général McChrystal sur l’échec des opérations de l’OTAN en Afghanistan

Alors que le président Obama vient de renoncer publiquement à sa promesse de retirer les troupes américaines de l’Afghanistan, il semble évident, comme nous l’indiquions il y a quelques jours, que le limogeage du général McChrystal soit lié à l’échec des opérations menées par l’OTAN dans le Helmand en février et mars dernier.

mccrystal

L’Elysée et l’état major des armées françaises se sont bien gardés de rendre public le moindre commentaire sur le limogeage par Obama de son chef de guerre en Afghanistan. Pourtant, on n’ignorait pas, à Paris que les propos du général McChrystal dans le magazine Rolling Stone, ne sont qu’un prétexte pour l’envoyer à la retraite.

Les 10 et 11 juin dernier, au quartier général de l’OTAN, à Mons, en Belgique, Mc Chrytsal ne s’était pas montré très optimiste sur les résultats de cette guerre en Afghanistan. Comme le révèle la dernière livraison du Canard Enchainé, le patron de la coalition n’y était pas allé de main morte

Selon le général, la campagne menée en Afghanistan « va dangereusement à la dérive ». Et il a qualifié « d’ulcère sanguinolent » et d’échec les opérations conduite par 15′000 soldats de l’OTAN dans le Hemland, au sud du pays, en février et mars dernier. « Une faible partie du territoire peut être considérée comme sûre », a poursuivi le chef de guerre. A l’entendre, seuls cinq des districts sont contrôlés par le gouvernement afghan, sur une petite centaine qu’il considère à l’abandon, ou presque.

S’ajoutaient à cet état des lieux les critiques du général sur « le manque de volonté du gouvernement », sur la corruption qui règne dans l’administration, la police et l’armée.

McChrystal est le troisième militaire de haut rang limogé en treize mois. En mai 2009, le général David McKiernan avait été viré. « Trop conventionnel » et pas assez offensif selon Obama. En mai dernier, c’était au tour de l’amiral Dennis Blair, directeur national du renseignement, de se faire renvoyer. A la tête de seize services et de 100′000 barbouzes, ce marin n’avait pas su les « faire travailler ensemble », paraît-il.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Avec les informations du Canard Enchaîné du 30 juin 2010