août 29 2009

L’humanité pourrait-elle abriter deux races bien distinctes ?

Serait-il possible que la race humaine soit, en réalité, fondamentalement scindée en deux ? Serait-il concevable qu’au-delà des apparences physionomiques l’humanité abrite, en vérité, deux races humanoïdes bien distinctes ?

  

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L’idée qu’il y ait effectivement deux races différentes d’êtres humains peut surprendre car, bien entendu, ceci ne fait habituellement pas les manchettes. De plus, cette notion, à première vue, ne semble pas concorder directement avec nos expériences quotidiennes. Nous sommes accoutumés à penser en termes de physionomie : il y a des Asiatiques, des Blancs (caucasiens), des Noirs (négroïdes)… Nous y voyons donc, depuis toujours, plusieurs « races » fragmentant l’humanité en groupes identifiables. Les récentes poussées technologiques entourant le génome ont d’ailleurs tôt fait de catégoriser, dresser l’historique, ainsi qu’établir des tableaux de caractéristiques pour chacune de celles-ci.

 

Mais il existe une connaissance, parfois dissimulée dans certains enseignements dits « Ã©sotériques » ou « occultes », selon laquelle l’être humain est, à la base, issu de deux races bien distinctes. Cette réalité, bien que peu connue, est étudiée et analysée par certains, et ce, dans différents domaines tels que la politique, la sociologie et la psychologie, et ils en sont tous venus plus ou moins à la même réalisation : il y a certains humains qui ne sont pas vraiment… « humains » !

 

Mais alors, qu’est-ce qu’un humain ? Qu’est-ce qui définit l’humanité d’un être ?

 

Voici ce que l’on peut trouver dans le dictionnaire : 

 

Humain, adj. : Qui est sensible à ce que peut ressentir son prochain.

Synonymes d’humain : Charitable – altruiste, bon, charitable, compatissant, fraternel, généreux, humanitaire, qui a bon cÅ“ur.

Humanité, n.f. 1) Bienveillance ou compassion pour les malheurs d’autrui. (Traiter quelqu’un avec humanité). 2) Caractère d’une personne dont la nature humaine est très manifeste.

Synonymes d’humanité : Altruisme – aide, allocentrisme, altruisme, amour (d’autrui), assistance, bénévolat, bienveillance, bonté, charité, compassion, dévouement, don de soi, empathie, entraide, extraversion, fraternité, générosité, gentillesse, pitié, sensibilité, serviabilité, solidarité, sollicitude. Sensibilité – affectivité, âme, attendrissement, coeur, compassion, émotivité, empathie, pitié, romantisme, sensibilité, sentiment, sentimentalité, sympathie, tendresse, vulnérabilité.

 

En bref, ce sont les émotions qui caractérisent notre race : la faculté de ressentir de l’empathie, de l’amour pour son voisin, son prochain, l’aptitude à la bonté, à la sensibilité, aux sentiments d’entraide, de fraternité, de solidarité, etc., la capacité de la considération externe, de se « mettre à la place » d’un autre (qu’il soit humanoïde ou non) et de guider ainsi nos actions (qui ont immanquablement des répercussions) qui nous distinguent.

 

Naturellement, nous avons tous la sincère conviction que tous les êtres humains ont cette prédisposition particulière. Nous croyons tous, à quelque niveau que ce soit, que tous les hommes et toutes les femmes sur cette planète possèdent cette tendance à la bonté, que tous ressentent les émotions caractéristiques de notre quotidien : amour, peine, joie, honte, regret, amitié, etc. La plupart d’entre nous sont même convaincus que peu importe les actions commises et les paroles dites par certains individus, qu’ils « ne sont qu’humains, après tout ». Que ce soit G.W. Bush, Hitler ou Jack l’Éventreur, nous sommes persuadés qu’il y a en eux un « enfant blessé » ou simplement qu’ils ont une carence affective quelconque ou qu’ils ont besoin d’une aide psychologique.

 

Nous le croyons, car nous faisons de la projection.

 

Pourtant, certains « criminels » nous paraissent tellement « inhumains » que nous avons de la difficulté à concevoir le comment et le pourquoi de leurs actions. Et si, après tout, ils étaient réellement « inhumains » ? S’il existait un type d’humanoïde qui ne soit pas doté d’émotions ?

 

Boris Mouravieff, auteur de Gnosis, traite ainsi de cette réalité, dans la terminologie particulière des enseignements de la Tradition :

 

Dans le premier tome de Gnosis, nous avons déjà fait référence plusieurs fois à la coexistence de deux races essentiellement différentes : l’une constituée d’Hommes, et l’autre d’Anthropoïdes.

[...] Les Écritures Saintes contiennent plus d’une référence au sujet de la coexistence sur notre planète de ces deux humanités, qui sont maintenant de forme similaire mais d’essence différente.

[...] L’ivraie humaine, les êtres de la race anthropoïde, sont les descendants de l’humanité pré-adamique. La principale différence entre l’homme pré-adamique contemporain et l’homme adamique – une différence qui n’est pas perçue par les sens – est que le premier ne possède pas les centres supérieurs développés [la conscience émotionnelle] qui existent chez le second et qui, bien que déconnectés de sa conscience ordinaire depuis la Chute [l'Événement marquant l'arrivée de la race d'hommes], lui offrent cependant une possibilité réelle d’évolution ésotérique [d'éveil]. Mis à part cela, les deux races sont similaires : elles possèdent les mêmes centres inférieurs [la conscience matérielle/matérialiste], la même structure de la Personnalité et le même corps physique, bien que la plupart du temps cela soit plus prononcé chez l’homme pré-adamique que chez l’homme adamique… (p. 108-109).

 

Une race, littéralement, dont la physionomie est la même, mais à laquelle il manquerait totalement la faculté émotionnelle ?

 

La majorité d’entre nous argumenterait qu’il est impossible qu’il en soit ainsi sans que nous nous en apercevions. En effet, un être humain n’ayant aucune émotion ne ressemblerait-il pas à un robot : sans intonation dans la voix, sans expression faciale et sans langage corporel ?

 

Cette conclusion hâtive tend à oublier un fait pourtant bien connu : l’énorme faculté mimétique des êtres humains. En effet, nos connaissances à ce sujet nous démontrent que, bien au contraire, ces personnes sont des plus « normales » et qu’il nous est pratiquement impossible de les reconnaître.

 

Ce savoir ancien refait surface – de plus en plus – dans divers domaines et sous diverses appellations telles que : psychopathie, sociopathie, pathocratie, etc. Évidemment, la première image que nous avons du psychopathe est celle qui se limite au tueur en série, au détraqué dément assoiffé de sang, mais cette notion est très pernicieuse car elle est, dans la majorité des cas, totalement fausse, puisque seul un faible pourcentage des psychopathes deviennent manifestement ces grands criminels. En effet, le psychopathe standard a tout de l’humain ordinaire : il rit, il pleure, il a un(e) conjoint(e), des enfants, un emploi et paie habituellement ses taxes ! Comme le dit Mouravieff , il y a une « différence qui n’est pas perçue par les sens ».

 

H. Cleckley, dans son ouvrage Le masque de santé mentale, en dit ceci :

 

L’observateur est confronté à un masque convaincant de bonne santé mentale. Toutes les caractéristiques extérieures de ce masque sont parfaites. Il ne peut être enlevé ou pénétré par l’effet de questions dirigées vers des niveaux de personnalité plus profonds.

[…] Les processus mentaux conservent leur normalité lors des enquêtes psychiatriques et des tests techniques conçus pour mettre en évidence la preuve, pas toujours claire, d’un dérangement.

L’examen ne révèle pas seulement un masque ordinaire à deux dimensions mais aussi ce qui semble être l’image structurelle solide et substantielle d’une personnalité saine et rationnelle.

[…] De plus, cette structure de la personnalité fonctionne dans toutes les situations théoriques d’une manière apparemment identique à celle d’une personnalité dotée d’un fonctionnement normal et sain.

[…] En outre, l’observateur reconnaît les expressions verbales et faciales, les tons de la voix, et tous les autres signes que nous avons coutume de considérer comme manifestant la conviction, l’émotion et la conduite d’une vie normale telle que nous la connaissons nous-mêmes et la supposons chez les autres.

Toutes les évaluations émotionnelles et les jugements de valeur sont sains et appropriés quand le psychopathe est testé lors d’examens oraux.

C’est seulement très lentement et à la suite d’un processus complexe d’estimation ou de jugement basé sur une multitude de petites impressions que nous finissons par être convaincus qu’en dépit de ces processus rationnels inaltérés, de ces manifestations émotionnelles normales et de leur déroulement cohérent dans toutes les situations, nous avons affaire ici, non pas à un homme complet, mais à ce qui pourrait être un automate subtilement agencé pouvant imiter à la perfection la personnalité humaine.

Cette appareillage psychique à la mécanique bien huilée reproduit de façon cohérente, non seulement des raisonnements humain convaincants, mais simule également de manière appropriée les émotions humaines classiques en réponse à la presque totalité des divers stimuli de la vie.

Cette réplique d’un homme complet et normal est tellement parfaite qu’aucune personne l’examinant en milieu clinique ne peut indiquer en termes scientifiques ou objectifs pourquoi ou en quoi cet homme n’est pas réel.

Et pourtant nous finissons par savoir ou par avoir la sensation de savoir que la notion de réalité, en tant qu’expérience pleine et saine de la vie, est ici absente.

En effet, par expérience, les psychopathes sont des êtres, à première vue, attachants, sympathiques et souvent très humoristiques. Ce sont aussi régulièrement des gens qui nous semblent en pleine possession de leurs moyens, confiants et « en contrôle de la situation ». D’ailleurs, il n’est pas rare de les envier pour ces dernières caractéristiques. Nous verrons plus tard pourquoi, en réalité, ils sont si sûrs d’eux.

 

Mais comment expliquer alors qu’un être sans conscience émotionnelle puisse être attachant, aimable et agréable ? Regardons à nouveau ce que H. Cleckley en dit :

 

…Nous avons affaire ici, non pas à un homme complet, mais à ce qui pourrait être un automate subtilement agencé pouvant imiter à la perfection la personnalité humaine.

 

Afin de tenter de comprendre les raisons sous-jacentes d’un tel mimétisme (expressions de regret, d’amour, de tristesse, etc.) alors qu’il n’y a aucun réel sentiment derrière les agissements des psychopathes, il faut considérer un aspect important de cette « race » : leur nombre. Selon Andrew M. Lobaczewski (auteur de Ponérologie Politique : une Science sur la Nature du Mal adaptée à des Buts Politiques), seulement 6% de la population est de nature psychopathique, c’est-à-dire sans « humanité ». Ce chiffre – variant d’une étude et d’un auteur à l’autre – représente une réalité clé qui régit le fonctionnement des psychopathes : ils sont minoritaires, très minoritaires. Pourquoi alors réellement s’en soucier puisqu’ils sont en si petit nombre ? Parce que les implications sous-jacentes d’un tel type d’humain dans nos sociétés sont hautement importantes et ceci nous concerne tous.

 

Comme le dit Mouravieff :

 

À partir de là, la coexistence de ces deux types d’humains et la compétition qui en fut le résultat, devinrent la norme. [...] Nous pouvons constater qu’au cours des siècles, et même encore à notre époque, les hommes adamiques, dans leur condition postérieure à la chute, ont été et sont encore généralement dans une position inférieure à celle des hommes pré-adamiques [les psychopathes].

 

Pourquoi en serait-il ainsi, alors que l’humain, qui possède une conscience morale, une conscience émotionnelle, est largement majoritaire ?

 

Voici comment Martha Stout, auteure de The sociopath next door, nous amène à y réfléchir :

 

Imaginez – si vous pouvez – ne pas avoir de conscience, pas du tout, aucun sentiment de culpabilité ou de remords peu importe ce que vous faites, aucun sens de limitation, d’attention pour le bien-être des étrangers, des amis, ou même des membres de la famille. Imaginez aucune lutte avec la honte, pas une seule dans toute votre vie, peu importe quel genre d’action égoïste, paresseuse, nuisible, ou immorale vous aviez fait.

Et feignez que le concept de responsabilité vous soit inconnu, sauf comme un fardeau que les autres semblent accepter sans se poser de questions, comme des imbéciles crédules.

Ajoutez maintenant à cette fantaisie étrange la capacité de cacher aux autres que votre conformation psychologique diffère radicalement de la leur. Puisque chacun suppose simplement que la conscience est universelle parmi les gens, cacher le fait d’être sans conscience vous est presque facile.

Vous ne vous retenez pas de vos désirs par la culpabilité ou la honte et vous n’êtes jamais confronté par d’autres pour votre sang-froid. L’eau glacée dans vos veines est si bizarre, si complètement en dehors de leur expérience personnelle, qu’ils devinent même rarement votre condition.

Autrement dit, vous êtes complètement sans contraintes internes et votre souveraine liberté de faire comme il vous plaît, sans tourments de conscience, est fort à propos invisible au monde.

Vous pouvez faire tout, et même votre avantage étrange sur la majorité des gens, qui sont tenus en ligne par leurs consciences, restera très probablement non découvert.

Comment vivrez-vous votre vie ?

Que ferez-vous avec votre avantage énorme et secret et avec le handicap correspondant des autres gens (la conscience) ?

 

En effet, que ferions-nous ? Pour répondre à cette question et comprendre un peu plus en profondeur le monde des psychopathes, il faut remonter à leur naissance. Imaginons que 6 enfants sur 100 viennent au monde ainsi : sans conscience émotionnelle, sans capacité de remord, de compassion et de regret.

 

Peu de temps leur sera nécessaire avant de se rendre compte qu’ils sont différents. Ils ne comprendront pas – car ils n’en ont pas la possibilité, les mécanismes internes – les raisons qui poussent les gens à des comportements « Ã©tranges » tels que la honte et la culpabilité, mais ils comprendront rapidement que s’ils veulent « survivre » dans cet environnement incompréhensible (où ils sont minoritaires), ils se doivent de cacher leur différence, ils se doivent de « jouer le jeu » par imitation afin de ne pas être identifiés comme « différents ». Ainsi, en très peu de temps ils sauront 1) se reconnaître entre eux et se regrouper et 2) duper habilement (avec de fausses réactions émotionnelles) leur entourage. Qui plus est, les « fardeaux inutiles » de la majorité (honte, regret, compassion, etc.) deviendront rapidement pour eux un terrain de jeu, une caractéristique « amusante » avec laquelle ils peuvent se jouer astucieusement de nous. Avec le temps, ce qui n’était qu’un simple jeu afin d’obtenir certains avantages deviendra un art, littéralement une façon de vivre. Ces êtres deviendront des manipulateurs hors pair, des menteurs chevronnés pour qui les arnaques les plus subtiles n’auront aucun secret. Abus de confiance, duperies, chantage émotionnel, impostures et escroqueries seront pour eux, littéralement, un art de vivre.

 

Cette façon d’être ne fera que croître et se raffiner avec les années, au fur et à mesure que leur maturité intellectuelle grandira. Ainsi, il en résultera des êtres dont la position, à l’intérieur de leur classe sociale, sera issue de cette mécanique d’imposture et de chantage subtil. Ils n’auront pas gravi les échelons par dévouement honnête, mais bien par tricherie et manipulation.

 

N’ayant aucune conscience émotionnelle, la vie spirituelle n’a pour eux aucune signification. Bien que certains utiliseront pleinement la naïveté des autres pour devenir des gourous et autres types de charlatans, ce n’est que l’aspect matériel qu’ils percevront en toutes choses. L’incompréhensible compassion des gens se transformera pour eux, s’ils savent bien l’utiliser (et ils le savent !), en un avantage matériel, qu’il soit sous forme de sommes d’argent, de position de pouvoir, de célébrité ou tout simplement d’une voiture de luxe.

 

À petite échelle, que ce soit dans la cellule familiale ou dans le voisinage, il ne pourrait s’agir que d’être vigilant face à ce type d’individu, sans plus, mais cette réalité est tout simplement inconnue de la majorité d’entre nous et de ce fait nous avons, envers tous les gens que nous connaissons, l’intime conviction qu’ils sont « humains ». Cette situation prend une inquiétante dimension lorsque nous devons admettre qu’il y aura donc plus ou moins 6% de psychopathes dans toutes les classes de la société et, étant donné leur nature, en pourcentage probablement plus élevé dans des milieux d’influence et de pouvoir tels que : la médecine conventionnelle (par opposition à la médecine holistique), les établissements d’enseignements, la haute direction des institutions financières et des multinationales (qui ne pensent qu’en termes de rentabilité), ainsi que – à notre grand malheur – les systèmes juridiques, les forces de l’ordre et les gouvernements. Ne perdons pas de vue que cette situation existe depuis des temps immémoriaux et pourrait bien être à la source de tout le concept de la lutte entre le « bien et le mal ».

 

Des manipulateurs de premier ordre, connaissant toutes nos faiblesses et les utilisant de façon quotidienne pour atteindre leurs buts matérialistes et se reconnaissant entre eux dès l’enfance : n’y aurait-il pas lieu de parler d’« élite » ? Non pas de race supérieure, mais bien de race dominante et contrôlante ?

 

La haute incidence de la sociopathie dans la société humaine a un effet profond sur le reste d’entre nous qui devons, aussi, vivre sur cette planète, même ceux de nous qui n’avons pas été cliniquement traumatisés. Les individus qui constituent ces 4 pour cent drainent nos relations, nos comptes bancaires, nos accomplissements, notre respect de soi, notre paix même sur Terre. [Martha Stout, The sociopath next door]

 

Nous n’avons qu’à réfléchir à l’état actuel de la société nord-américaine, dont l’influence envahissante a tendance à infecter tout le reste de la planète : une société basée sur le plaisir que procurent les biens matériels, sur une consommation à outrance, sur la performance et l’accomplissement matériel, dont la valeur de chaque individu est estimable en $ et pour qui les coutumes étrangères doivent être remodelées et façonnées à leur image. Nous n’avons qu’à observer les grands courants de ce monde pour nous rendre compte qu’il y a quelque chose qui cloche : la mondialisation écrasante, le commerce sauvage et la pauvreté qui s’ensuit, l’importance démesurée de l’apparence du corps au détriment d’une beauté et d’une profondeur intérieures, la dépendance aux biens matériels et aux services de l’État, les sommes phénoménales mises dans des recherches telles que les méthodes de contrôle des masses, l’industrie des armes, l’industrie pharmaceutique issue d’une médecine devenue uniquement mécanique, etc. Tout cela nous fait comprendre que quelque chose ne tourne pas rond avec ladite race « humaine ». Lorsque nous voyons un reportage couvrant une catastrophe naturelle et qu’on nous annonce que « les dégâts matériels s’élèvent à plusieurs millions ou milliards de $ », il y a de quoi se demander où est l’humain là-dedans. D’ailleurs, où est-il ?

 

Selon Lobaczewski, cette affection de l’âme – si nous pouvons le dire ainsi – qu’est la psychopathie est contagieuse. Le manque total de conscience émotionnelle chez certains se propage, tels une maladie ou un virus, aux personnes qui sont directement en contact avec ce type d’individu. C’est par un processus de déshumanisation graduelle que les personnes qui côtoient des psychopathes sont lentement « assimilées » à leur mode de pensée matérialiste et sans égard pour autrui. Toujours selon Lobaczewski, environ 12% de la population devient ainsi des « psychopathes par contagion ». Lorsque trop longtemps soumis à des influences déshumanisantes, surtout dès le jeune âge, c’est plus d’un dixième de la population qui perd ainsi son « humanité ». Ce sont des psychopathes sociaux par opposition aux psychopathes authentiques. Dans la plupart des cas, cette régression est irréversible. (Nous retrouvons d’ailleurs plusieurs mentions à ce sujet – la croissance de l’âme – dans les enseignements traditionnels).

 

Il en résulte donc, socialement, une « Ã©lite » matérialiste, sans âme et sans conscience émotionnelle dont une partie significative se retrouve dans des positions de pouvoir. Il va sans dire que, peu à peu, la société se moulera à leur vision des choses, car par tromperies, duperies et tricheries ils parviendront à nous convaincre du bien-fondé de leur perception du monde. Puisque l’immatériel, la sentimentalité et l’aptitude pour l’intangible ne font pas partie de leurs facultés cognitives, ils ont une propension marquée pour l’ordre et le contrôle concret, palpable et matériel. Ainsi naissent des concepts tels que le besoin d’imposer l’ordre, d’implanter une forme de légalité, etc., puisque leurs actions ne sont nullement basées sur une compréhension émotionnelle des relations interpersonnelles, mais bien uniquement sur des avantages d’ordre matériel. Pour ne parler que d’un exemple, pensons à tout l’aspect juridique, avec ses lois, ses interdictions et ses sanctions, qui prend indéniablement racine dans une mentalité qui, à la base, n’est pas « humaniste ». Les accusés seront sentenciés selon des règles préétablies, des normes légales et des codes de conduites bien déterminés et non selon un réel jugement d’« humain à humain ».

 

En conclusion, lorsque nous prenons un peu de recul, avec ces nouvelles données en main, il devient évident que le processus de déshumanisation sociale de la race « humaine » va bon train et que ceci remonte très loin dans notre Histoire. Mais sans saisir cette notion essentielle qu’est la division des humains en deux races bien distinctes, il est impossible d’avoir un regard juste sur les raisons sous-jacentes à tous les problèmes sociaux croissants que nos sociétés connaissent présentement. Cette réalité met en lumière un aspect fondamental de la dynamique en place sur notre planète et nous permet d’y jeter un regard nouveau et plus éclairé.

 

Les incidences de la psychopathie – de l’« autre race » – sont énormes et extrêmement complexes, et elles dépassent largement la portée de cet article qui ne se veut que le point de départ d’une réflexion et d’une recherche beaucoup plus approfondies. De nombreux ouvrages sont disponibles sur le sujet et il est d’une importance capitale de prendre davantage conscience des implications de cette réalité qui nous affecte tous.

 

La présence ou l’absence de conscience est une division humaine profonde, probablement plus significative que l’intelligence, la race, ou même le sexe.

 

Ce qui distingue tous ces gens du reste d’entre nous est un trou tout à fait vide dans le psychisme, où il devrait y avoir la plus développée de toutes les fonctions d’humanisation.

 

Source: Zone-7 

août 27 2009

Washington face au Honduras : un numéro d’équilibriste

Par Arnold August

Que pense Washington de ce qui s’est passé au Honduras ? Au premier abord, au nom de la Charte démocratique inter-américaine, les États-Unis dénoncent vigoureusement le renversement du président Zelaya. À y regarder de plus près, ils condamnent le coup d’État, mais ils soutiennent leurs amis putschistes. Arnold August analyse un festival d’hypocrisie embarrassée : les déclarations officielles du département d’État et de la Maison-Blanche.

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Le « président » « civil » Roberto Micheletti.

 

Presqu’immédiatement après le coup d’État du 28 juin 2009, les grands médias n’ont pu s’empêcher de remarquer que Washington faisait face à un problème. Le 30 juin, on pouvait lire en gros titre dans le quotidien USA Today : « La journée d’Obama : la corde raide présidentielle. » L’article se poursuivait ainsi : « Bon matin depuis le Bureau ovale [Maison-Blanche]. Lors de cette même journée, en 1859, un acrobate français nommé Charles Blondin a marché sur une corde raide au-dessus des eaux torrentielles des Chutes Niagara. Exactement 150 ans plus tard, le président Barack Obama doit sans doute comprendre ce qu’il ressentait… [par rapport à] l’Amérique latine. Obama essaie de résoudre le coup militaire au Honduras malgré la charge de méfiance de l’Amérique latine face aux États-Unis. »

La même journée, le Washington Post titrait : « Sur les questions de politique étrangère, Obama avance à pas comptés. » Le texte se poursuivait ainsi : « Le président Obama est arrivé au pouvoir en promettant des changements audacieux sur de nombreux fronts, mais sa politique étrangère se fait souvent en demi-teintes. Que ce soit en Iran, en Chine ou en Corée du Nord, y a-t-il des moments où l’on ne puisse pas dire que l’administration Obama « manœuvre prudemment » ou « avance à pas comptés » à l’étranger ? Le dernier exemple en lice est le Honduras, dont la Maison-Blanche, hier, a critiqué le coup d’État qui a renversé Manuel Zelaya, sans toutefois signifier sa désapprobation totale. ‘Mais tout en condamnant le renversement, les officiels américains n’ont pas exigé la réinstallation de Zelaya’, écrit le Times de Los Angeles. »

Nous aborderons plus loin les différences apparentes ou véritables entre le président Obama et le département d’État, dirigé par Hillary Clinton. Mais pour l’instant, continuons de traiter le sujet initial. Le correspondant de l’AP, Nestor Ikeda, titrait ainsi son article repris le 6 juillet par plusieurs grands médias internationaux ou états-uniens : « Obama joue le rôle de l’équilibriste dans le drame hondurien ». M. Ikeda atteint sa cible en plein cœur lorsqu’il écrit : « Étant donné qu’Obama avait promis aux gouvernements sud-américains que nous allions désormais privilégier le dialogue dans la recherche de solutions diplomatiques, il semble que pour la première fois, il ait adopté un nouveau rôle face au coup d’État militaire au Honduras : celui de l’équilibriste. »

Par ailleurs, le numéro du 7 juillet du Christian Science Monitor annonçait en manchette : « Hilary Clinton sur la corde raide face au Honduras » pour introduire un article soulignant que : « L’administration Obama s’est attaquée plus profondément à la crise au Honduras, mardi, dans la hâte que se résolve le dernier conflit de l’hémisphère sud. Cependant, elle a bien pris garde de ne pas apparaître comme la puissance hégémonique d’antan qui imposait sa volonté à ses plus petits voisins. »

Dans le même ordre d’idée, le magazine Time écrivait le 8 juillet que : « Depuis le coup d’État, la Maison-Blanche a dû manœuvrer délicatement pour cultiver une nouvelle image moins interventionniste des États-Unis —qui ont trop souvent appuyé les coups d’État en Amérique latine— tout en « répondant aux désirs de l’hémisphère occidental qui leur demande d’être au premier plan dans la défense des normes démocratiques », affirme Vicki Grass, associée dirigeante pour les droits et le développement au Bureau indépendant sur l’Amérique latine à Washington. »

Le dilemme auquel Washington fait face avait été prévu par le sympathisant médiatique le plus endurci du régime issu du coup d’État, soit le El Heraldo du Honduras. En effet, le 19 janvier, après l’inauguration d’Obama, le quotidien constatait : « Il sait qu’il n’a pas le droit de décevoir ses partisans. » […] Parlant de son discours inaugural, on a rapporté que « Ce sera comme si Obama marchait sur la corde raide ». Cela concernait la crise économique, mais pourrait également s’appliquer à la situation internationale.

Le journal El Heraldo savait que l’oligarchie devait faire basculer l’équilibre en sa propre faveur.

 

Quels sont les deux côtés en bas de cette corde raide ?

 

Dans l’important discours prononcé par Hillary Clinton, le 15 juillet, au Council on Foreign Relations, elle affirmait que :

« […] La question qui se pose est non pas de savoir si notre pays peut ou doit donner l’exemple, mais comment il le fera au XXIe siècle. Les idéologies rigides et les vieilles formules n’ont pas lieu d’être. Nous avons besoin de considérer [les choses] sous un angle entièrement nouveau […] À ces ennemis actuels et éventuels, permettez-moi de dire que l’importance que nous accordons à la diplomatie et au développement ne remplace pas notre arsenal sécuritaire national. Notre volonté de dialogue n’est pas un signe de faiblesse à exploiter. Nous n’hésiterons pas à défendre vigoureusement nos alliés, nos intérêts et, avant tout, notre peuple, en ayant recours si besoin est à la plus puissante armée du monde. Ce n’est ni une solution que nous rechercherons ni une menace ; c’est une promesse faite à tous les États-uniens. […] [Sur la question du financement accru à USAID] De même que nous ne refuserions pas des munitions à des soldats US en route pour le champ de bataille, nous ne pouvons pas déployer notre personnel civil sur le terrain sans l’équipement nécessaire. […] Pour instaurer un système de coopération mondiale, nous devons définir des mesures adéquates et nous servir d’outils adéquats. Je fais souvent référence à la notion de « pouvoir intelligent » (smart power) car elle est au cœur même de nos réflexions et de nos processus de décision. Elle se définit par l’usage intelligent de tous les moyens à notre disposition, y compris notre capacité à rassembler et à nouer des liens. Elle se définit par notre puissance économique et militaire ; notre capacité à créer des entreprises et à innover ; et les qualifications et la crédibilité de notre nouveau président et de son équipe. Cette notion consiste également à faire preuve d’un bon sens traditionnel lors de la formulation de la politique. Elle allie à la fois principes et pragmatisme. […] »

À présent, prenons note de certaines notions dont l’équilibriste doit tenir compte pour réussir son numéro :

1. Washington sera le leader du monde, tel que l’avait formulé mot à mot le président Bush. Le problème, toutefois, c’est que l’orientation de sa politique étrangère s’est avérée un échec, et par conséquent, a menacé l’objectif états-unien de domination et de contrôle. Alors comment doit-on gouverner sans laisser transparaître que nos politiques ne font qu’imiter celles de l’époque de Bush ? C’est ici qu’Hillary Clinton intervient pour affirmer qu’il faut une nouvelle façon de voir les choses (mindset).

2. Washington souhaite employer la diplomatie, c’est-à-dire favoriser les pourparlers et inviter les autres pays à dialoguer. En même temps, l’autre côté de la corde raide —que Washington doit éviter— comprend en outre le recours à la force. Mais qu’y a-t-il de nouveau dans cette façon de voir les choses (mindset) ? Mme Clinton prévient ses interlocuteurs que la volonté états-unienne de parlementer n’exclut pas « vigoureusement […] et lorsque nécessaire, [le recours à] l’armée la plus puissante au monde. » En tenant compte de la situation actuelle au Honduras, quelle place et quelle importance tiennent réellement ces intentions pacifiques en regard du recours à la force militaire ?

3. « Un mélange de principes et de pragmatisme ». Le principe prédominant, on le suppose, est que les États-Unis doivent « continuer de prendre les devants » (mais avec succès, c’est-à-dire sans provoquer la hargne des peuples et des gouvernements du monde à leur endroit). Le pragmatisme dont il est question signifie sans doute le besoin d’éviter un recours injuste à l’armée aux dépens des propositions de paix, comme cela se passait à l’époque de Bush et des autres administrations avant la sienne. Cela s’avère un véritable défi lorsque l’on considère, d’une part, l’opposition pacifique et continue du peuple hondurien et de son président légitime Manuel Zelaya, et d’autre part, les instigateurs du coup d’État, lequel est à présent doublé d’une répression brutale soutenue par la base militaire états-unien au Honduras. La lutte constante et courageuse du peuple hondurien pour mettre fin au régime issu du coup d’État peut mettre en péril le numéro des équilibristes les plus expérimentés, tels qu’on les retrouve à Washington.

Examinons, si vous le voulez bien, la façon dont le Département d’État tente de composer avec la situation, puisque cela comporte plusieurs leçons pour les populations de l’Amérique du Sud.

 

Le numéro d’équilibriste du département d’État

 

Le 28 juin, la journée du coup d’État, Hillary Clinton affirmait : « Les gestes perpétrés contre le président hondurien Mel Zelaya violent les préceptes de la Charte démocratique interaméricaine et par conséquent, devraient être condamnés à l’unanimité. Nous exhortons toutes les parties au Honduras à respecter l’ordre constitutionnel et la primauté du droit, à réaffirmer leur vocation démocratique et à s’engager à résoudre les conflits politiques de façon paisible, à travers le dialogue. Le Honduras doit embrasser les principes mêmes de la démocratie que nous avons réaffirmés lors de l’assemblée de l’OEA, laquelle s’est déroulée au Honduras il y a moins d’un mois. »

Le département d’État a refusé de dire qu’il s’agissait d’un coup d’État, et il ne fait aucune mention du violent enlèvement et de l’expulsion forcée dont le président Zelaya a été victime, réduisant tout cela au simple terme « gestes ». Puis, il poursuit son délicat numéro d’équilibriste en plaçant les putschistes et le gouvernement Zelaya, élu constitutionnellement, sur un pied d’égalité : « Nous exhortons toutes les parties au Honduras […] à résoudre les conflits politiques de façon paisible et à travers le dialogue. » Si l’on pense que les États-Unis savaient que quelque chose se tramait avant même que se produise le coup d’État du 28 juin, alors qu’en est-il du pragmatisme « peace and love » dont parle Hillary Clinton ? Ou encore, se peut-il que les États-Unis aient effectivement été impliqués dans le coup d’État ? Le principe du recours à la force armée revendiqué par Hillary Clinton, tel que citée plus haut dans son discours au Council on Foreign Relations, pourrait très bien vouloir dire que les États-Unis l’utiliseront pour freiner la tendance montante des gouvernements et des peuples d’Amérique du Sud à bâtir leurs propre avenir anti-néolibéral et à s’opposer à la domination états-unienne chez eux.

Le lendemain, 29 juin, Mme Clinton a déclaré : « Les États-Unis ont travaillé avec nos partenaires de l’OEA afin de créer un fort consensus pour condamner la détention et l’expulsion du Président Zelaya et pour demander la restauration totale de l’ordre démocratique au Honduras. Notre priorité immédiate est de rétablir complètement l’ordre démocratique et constitutionnel de ce pays.

Selon moi, la sagesse de notre approche fut évidente, hier, lorsque nous nous sommes fondés sur l’OEA et sur la Charte démocratique interaméricaine pour réagir au coup d’État. »

Mme Clinton se tournait-elle davantage du côté de la diplomatie, distançant le département d’État des instigateurs du coup d’État appuyés par l’armée ? Après tout, elle affirme « condamner la détention et l’expulsion du président Zelaya ». Néanmoins, afin de prendre part à la résolution ferme de l’OEA contre le coup d’État et pour le rétablissement de Zelaya dans ses fonctions légitimes de président, les États-Unis ont dû faire quelques concessions. Il est à noter que Mme Clinton ne parle pas du retour de Zelaya chez lui, mais qu’elle évoque plutôt, de manière générale, « la restauration totale de l’ordre démocratique au Honduras ».

C’est ainsi que le porte-parole du département d’État, Ian Kelly, a dû monter à son tour sur la corde raide. Tout juste après que Mme Clinton eût fait la déclaration rapportée ci-dessus, le 29 juin, il a répondu aux questions des journalistes sur le Honduras lors du point de presse habituel qui se déroule presque tous les jours sur différents sujets. Selon les extraits cités dans la transcription suivante, il semble évident que les États-Unis ont dû adhérer à l’orientation de l’OEA afin de sauver la face —et de combiner principes et pragmatisme, comme le dirait Hillary Clinton—. Cela semblait avoir été fait à contrecœur, tel que le reflètent les réponses de M. Kelly (les États-unis ont « adhéré » à la résolution de l’OEA). L’échange transcrit plus bas révèle un autre sujet de prédilection, soit la première d’une longue série de questions de journalistes et de réponses ambigües fournies par le département d’État. Cet échange s’est étendu sur une période de six semaines. De quel enjeu fut-il question pendant tout ce temps ? Réponse : déterminer si les États-Unis jugeaient qu’il s’agit effectivement d’un coup d’État militaire au regard des normes juridiques. Ce jugement aurait signifié la suspension de toute l’aide militaire et autres formes de secours à leurs alliés au Honduras.

 

 — Question : Donc, Ian —je suis désolé, c’est seulement pour confirmer— donc vous ne dites pas qu’il s’agit d’un coup d’État, c’est bien cela ?

— M. Kelly : Eh bien je crois que vous avez tous entendu la déclaration de l’OEA hier soir, affirmant qu’il s’agissait bien d’un coup d’État, et que vous avez entendu ce que vient d’affirmer la Secrétaire d’État. Ceci étant dit, nous sommes très conscients des détails de la loi états-unienne à ce sujet. Nous vous reparlerons donc plus tard de la question de la définition légale. Vous comprenez, je ne voudrais pas nécessairement inventer de politiques au moment où l’on se parle.

— Question : Puis-je poursuivre là-dessus ? Car enfin, je ne comprends pas vraiment ce que vous souhaitez au juste, puisque vous ne réclamez pas la restauration. Soit, vous demandez que celle-ci se fasse selon l’ordre démocratique de la constitution, mais vous ne demandez pas à ce que le président —qui est à votre avis le président élu démocratiquement— puisse rentrer au pays. Ainsi, est-ce que vous…

— M. Kelly : Oui, nous le demandons.

— Question : – La Secrétaire Hilary Clinton vient tout juste de dire – non, la Secrétaire vient tout juste de dire qu’elle ne sait pas ce que réclament les États-Unis…

— M. Kelly : Nous – que dis-je, nous avons souscrit à la déclaration très ferme du Conseil permanent de l’OEA qui exige que le Président Zelaya soit rétabli dans ses fonctions de Président légitime. »

Le lendemain, 30 juin, Ian Kelly dût affronter les journalistes au sujet de la même question, à savoir si les États-Unis jugeaient qu’un coup d’État avait été perpétré au Honduras en vertu de la loi.

« — Question : Honduras.

— M. Kelly : Elise, oui.

— Question : Pourriez-vous nous parler de la révision de l’aide accordée au Honduras à la suite du coup d’État – du président Zelaya ?

— M. Kelly : Oui. Comme nous en avons discuté hier, il existe une disposition dans la section –il s’agit de la section 7008, je crois- de la loi sur les opérations étrangères qui nous oblige à faire une évaluation légale des faits sur le terrain afin de déterminer si la disposition sur la suspension des fonds s’applique aux circonstances en question. Ce processus se déroule au moment où l’on se parle dans notre Bureau du conseiller juridique.

— Question : – - sans vouloir être simpliste – et je comprends qu’il y ait des questions légales à respecter – mais si vous êtes témoin qu’un Président a été évincé et que des troupes sont au pouvoir sans avoir été élues de façon constitutionnelle, je me – […]

— M. Kelly : Eh bien, oui.

— Question : – - me demande ce qu’il peut y avoir de compliqué là-dedans.

— M. Kelly : Eh bien, d’accord. Vous avez entendu ce qu’a dit la Secrétaire, hier. Elle a dit qu’il s’agissait d’un coup d’État.

— Question : Oui, mais –

— M. Kelly : Le président a dit que c’était un coup d’État.

— Question : D’accord.

— M. Kelly : Nous sommes témoins de certains faits, bien sûr, et ceux-ci nous disent que l’ordre constitutionnel au Honduras a été renversé. Mais il y a également un – il y a un processus à suivre, et nous le suivons présentement. Et c’est une question légale. Et comme vous le savez tous, lorsque l’on – lorsqu’il s’agit de questions légales, il est préférable de consulter ses avocats, c’est donc ce que nous faisons. [….]

— M. Kelly : Eh bien je crois que notre message sera le même que celui que nous avons exprimé publiquement, c’est-à-dire, ce que la Secrétaire Hillary Clinton a affirmé hier et ce que le président Obama a dit – que nous croyons que le président Zelaya est le président constitutionnel du Honduras élu démocratiquement, et qu’il devrait pouvoir terminer son mandat. En outre, nous adhérons de très près aux procédures de l’Organisation des États américains, et nous croyons que ce qui s’est produit au Honduras ne respecte pas les principes de la Charte interaméricaine, et que nous devons nous attaquer à cela de façon multilatérale. Entre-temps, à l’ONU, il y a d’autres événements qui se précipitent. Ainsi, je crois qu’il s’agit là d’une occasion de manifester notre soutien au président élu présidentiellement – pardon, je voulais dire démocratiquement – au Honduras, et également de lui parler de la façon dont nous nous sommes coordonnés avec nos alliés, dont certains se trouvent à l’OEA.

— Question : Croyez-vous que ce soit une bonne idée qu’il rentre au pays jeudi comme il souhaite le faire ?

— M. Kelly : Je ne vais pas – je vais seulement – je crois que c’est une bonne idée qu’il soit rétabli dans ses fonctions de président du Honduras.

— Question : Les États-unis sont-ils prêts à lui fournir des mesures de sécurité s’il retourne au Honduras jeudi ?

— M. Kelly : Voilà une question à laquelle je ne suis tout simplement pas prêt à répondre, en fait.

Oui, Jill.

— Question : Oui, Ian, pour en revenir au sujet – je regrette, mais je crois devoir te poser une autre question légale.

— M. Kelly : Oui.

— Question : Mais seulement – vous dites constitutionnel – vous les connaissez, les faits. L’ordre constitutionnel a été renversé.

— M. Kelly : En effet.

— Question : D’accord. Alors est-ce cela l’élément déclencheur ? Est-ce suffisant pour suspendre l’aide ? Parce qu’ensuite, vous avez dit qu’il y aurait un processus légal à suivre.

— M. Kelly : Oui.

— Question : En d’autres termes, avez-vous défini – est-

ce l’élément déclencheur que nous avons – vous savez, renverser l’ordre constitutionnel, par conséquent, nous avons le droit de suspendre notre aide ?

— M. Kelly : Eh bien, nous – comme je le disais, il y a un processus. Nous voulons nous assurer que M. Harold Koh, le Conseiller juridique au département d’État nouvellement entré en fonction, ainsi que son équipe, ait eu le temps voulu de prendre une décision à ce sujet.

— Question : D’accord. Ainsi – -

— M. Kelly : Voilà donc ce qui se passe maintenant.

— Question : D’accord. Donc, ce n’est pas suffisant pour suspendre l’aide ? Le renversement de l’ordre constitutionnel n’est pas suffisant sur le plan légal pour que vous puissiez suspendre votre aide ?

— M. Kelly : Nous avons besoin que nos experts juridiques consultent la loi, constatent les faits sur le terrain et qu’ils prennent une décision.

— Question : Et combien de temps cela prendra-t-il ?

— M. Kelly : Oh, ce ne sera pas long. Je ne peux vous dire avec exactitude combien de temps cela prendra, mais je présume que ce ne sera pas très long. »

Encore une fois, on peut observer que M. Kelly retarde son engagement à émettre un quelconque jugement pour déterminer s’il s’agit oui ou non d’un coup d’État selon la perspective et les lois états-uniennes. Pour l’armée, qui se consacrait (et se consacre encore), tous les jours, à réprimer la résistance montante et à entraver son avancée au Honduras, cela se traduit par du temps supplémentaire et la possibilité quotidienne de se régénérer. L’armée et la police s’efforçaient et s’efforcent toujours, par tous les moyens, de dissimuler et d’entraver sérieusement la couverture médiatique locale et internationale concernant la situation véritable qui se déroule au Honduras.

M. Kelly tente également de dévier l’attention portée sur la responsabilité états-unienne en s’empressant d’insister sur le besoin de diplomatie et de médiation par l’OEA. Vous remarquerez, ci-dessus, ce qu’affirme M. Kelly : « nous nous sommes coordonnés avec nos alliés, dont certains se trouvent à l’OEA ». Cela soulève la question à savoir qui sont les alliés de Washington ? Le Costa Rica, La Colombie, le Canada ? D’une part, les États-Unis louangent l’OEA, mais du même souffle, ils se réservent le droit de négocier de manière bilatérale avec certains gouvernements de leur choix. Washington a besoin de temps pour s’organiser avec ses alliés, et pour donner le feu vert aux putschistes afin qu’ils puissent faire de même avec l’oligarchie de droite de l’Amérique du Sud et de Miami. Cela représente une tentative à peine voilée de diviser les forces au sein de l’OEA. La résolution juste et bonne de l’OEA ne devient plus qu’une opération de camouflage qui sert à n’importe quoi sauf à la réinstallation du président Zelaya.

M. Kelly a également refusé de répondre à la question à savoir si les États-Unis allaient fournir des mesures de sécurité au président Zelaya s’il essayait de revenir chez lui. Ce numéro d’équilibriste est très révélateur, parce que lorsque M. Zelaya a déclaré publiquement qu’il allait effectivement tenter de rentrer chez lui par voie terrestre, le 24 juin, en passant par la frontière du Nicaragua, les États-Unis ont tenté de persuader M. Zelaya du contraire avec la dernière énergie, comme on le verra plus bas. Cela fut fait de manière à ce que tout incident qui puisse découler du retour de Zelaya soit perçu comme étant sa faute par les États-Unis. Cette position est la même que celle revendiquée par les instigateurs du coup d’État.

Lors du point de presse suivant, soit le 1er juillet, M. Kelly, répondant à la même question – à savoir quand les États-Unis auraient finalement déterminé s’il s’agissait d’un coup d’État au regard de la loi – M Kelly, donc, a déclaré qu’il ne pourrait acquiescer à aucun « adverbe de temps ». Il a d’ailleurs ajouté – ce qui semble être une excuse pour des délais ultérieurs – que les États-Unis prennent « [leurs] obligations légales très au sérieux ». C’est tout de même curieux de voir que la loi portant sur les résolutions adoptées par l’OEA ne semble pas relever du fait de prendre « [leurs] obligations légales très au sérieux. »

« — Question : Pour commencer avec le Honduras : hier, vous nous avez dit que le Bureau du Conseiller juridique avait entrepris son examen officiel pour savoir si le gouvernement états-unien considérait cela comme un coup d’État.

— M. Kelly : Effectivement.

— Question : Et par conséquent, si cela entraîne la suspension de l’aide.

— M. Kelly : Oui.

— Question : Avez-vous terminé cet examen ? Vous avez également dit que vous pensiez que ce ne serait pas long.

— M. Kelly : Oui.

— Question : Est-ce terminé, et avez-vous pris une décision ?

— M. Kelly : Oui. Il est toujours risqué d’adjoindre un adverbe de temps, peu importe lequel, à une quelconque déclaration. En fait, nous n’avons pas fini d’étudier la question. Néanmoins, comme je l’ai dit hier, nos conseillers juridiques sont présentement en train d’évaluer activement les faits et la loi en question, que nous prenons très au sérieux. Nous prenons nos obligations légales très au sérieux. Et puis, bien évidemment, je vous en informerait sitôt que cette décision sera prise. »

Voici maintenant en quoi consistait la partie du point de presse du 2 juillet portant sur le Honduras, en réponse aux questions du même journaliste :

« — M. Kelly : Eh bien, évidemment, notre objectif est la restauration constitutionnelle – de l’ordre constitutionnel à Tegucigalpa, ce qui veut dire la réinstallation du président Zelaya. Un processus mené par l’OEA est en cours actuellement. Nous croyons qu’il faudrait permettre à ce processus de se dérouler pleinement, et nous aurions tendance à dissuader qui que ce soit de poser des gestes pouvant entraver le déroulement de ce processus jusqu’au résultat souhaité, c’est-à-dire, évidemment, la réinstallation de Mel Zelaya au pouvoir.

— Question : Donc – simplement pour clarifier – êtes-vous en train de sous-entendre que son retour prématuré puisse être une entrave ?

— M. Kelly : C’est possible. Je pense que ce sur quoi nous devrions tous nous concentrer présentement, c’est la mission de l’OEA mandatée par son Assemblée générale extraordinaire. Évidemment, je ne peux parler au nom du président Zelaya, mais je crois comprendre qu’il ait prévu de retarder son retour au pays.

— Question : Avez-vous des nouvelles concernant la révision de l’aide accordée au Honduras et de la possibilité qu’elle soit suspendue ?

— M. Kelly : Oui, j’ai effectivement une mise à jour pour vous là-dessus, si vous voulez bien m’accorder quelques instants. La révision légale a présentement cours. Nous sommes en train d’essayer de trancher pour déterminer si la section 7008 de la Loi sur l’assistance aux pays étrangers doit être appliquée. Entre-temps, nous avons pris des mesures pour interrompre, comment dire, les programmes d’assistance que nous serions tenus par la loi de suspendre si effectivement l’on considère – si les événements du 28 juin sont considérés comme, tels que définis – ça y est, je commence à avoir l’air d’un avocat – tels que définis dans la section 7008 de la Loi sur l’assistance aux pays étrangers, s’ils sont définis comme étant un coup d’État. »

Et tandis que cela se déroule à Washington, la répression contre la résistance héroïque du peuple hondurien se poursuit sans relâche.

Était-ce un coup d’État militaire ou non ? Le Département d’État a-t-il pris une décision ?

Pas encore ! Le 6 juillet, le numéro d’équilibriste se poursuivait ainsi :

« — Question : D’accord. Mais avez-vous pris une décision quant à – une décision à savoir s’il s’agit en effet d’un coup d’État militaire, et si par conséquent l’aide fournie par les États-Unis devrait être suspendue ?

— M. Kelly : Eh bien, comme je l’ai dit jeudi, nous avons décidé que toute aide suspendue en vertu de cette loi – qu’aucune aide de cet ordre ne doit parvenir actuellement au régime de facto. Nous sommes encore plongés dans le processus qui déterminera si cette loi s’applique. Néanmoins, nous préférons nous abstenir de prendre une décision statutaire pendant que ces initiatives diplomatiques sont en cours.

— M. Kelly : Bon, voici quelques faits. L’un d’eux est qu’il y a – la plupart de nos activités sont exclues en vertu de cette section spécifique de la loi, et il s’agit de l’aide humanitaire et de l’aide fournie pour soutenir les programmes qui visent à établir la démocratie.

Les fonds que nous avons décidé de couper sont ceux versés aux programmes qui pourraient être considérés comme ayant – directement aidé le gouvernement ou le – ce que nous appelons le régime de facto au Honduras. Il s’agit d’un processus compliqué, mais nous admettons que nous pourrions décider de suspendre notre aide, et c’est pourquoi tous les programmes qui pourraient être considérés comme un soutien au gouvernement ont été – aucune de cette aide n’est en route actuellement. »

Il est à noter que M. Kelly s’inquiète de ce que l’aide envoyée au régime de facto soit « considérée » comme un soutien au gouvernement ; il utilise d’ailleurs ce terme deux fois dans le même paragraphe. Cela me rappelle l’importante déclaration de principe que Mme Clinton a faite le 15 juillet, tel que rapportée plus haut, alors qu’elle évoquait « les compétences et la crédibilité de notre nouveau président et de son équipe. […] cela signifie également se servir du bon vieux sens commun dans l’élaboration de nos politiques. Bref, c’est un mélange de principes et de pragmatisme […] » Ainsi, ce qui semble préoccuper le département d’État en tout premier lieu, c’est de rebâtir l’image et la crédibilité des États-Unis, tandis que ceux-ci tentent de « prendre les devants » d’une manière nouvelle et efficace. Accorder temps et soutien au régime de facto contribue au principe énoncé plus haut sur l’objectif impérialiste de domination états-unienne, ou comme on le dit à Washington, « prendre les devants ». Cette intention est censée se mêler au pragmatisme : dans le cas du Honduras, cela veut dire s’abstenir d’appuyer effrontément le régime soutenu par l’armée, comme cela aurait été le cas avec les politiques de Bush, lesquelles n’ont fait que contribuer à encourager les grands mouvements de masse latino-américains contre l’impérialisme états-unien et les politiques néolibérales. La défaite rapide du coup d’État contre Chavez organisé par les États-Unis ne fait que démontrer à son tour la futilité de ces politiques, que Washington essaie maintenant d’éviter. Et c’est en dissimulant la véritable cible des États-Unis sous des notions de dialogue et de diplomatie que ce pragmatisme se manifeste.

La portée de cet article ne me permet pas d’aborder certaines notions ou niveaux juridiques subtils quant aux différentes formes d’aide fournies par les États-Unis, entre autres dans le cadre de la « promotion de la démocratie », dans les domaines militaire, économique, humanitaire. Je me limiterai ici à traiter de la politique états-unienne actuelle, qui consiste à ne pas vouloir se prononcer clairement sur la nature juridique du coup d’État. Quelles seraient, pour les politiques états-uniennes relatives au Honduras, les conséquences d’une définition juridique claire du coup d’État comme étant un coup d’État militaire ? Les deux plus récents articles d’Eva Golinger fournissent des révélations et des analyses détaillées sur les différentes formes de l’aide états-unienne :

 

Dans le point de presse du 7 juillet, M. Kelly a répondu à une question concernant le rétablissement de M. Zelaya dans ses fonctions de Président :

 

« — M. Kelly : Oui. Eh bien, je crois – si vous regardez le discours du président Obama à Moscou aujourd’hui, ce qu’il a dit, c’est que nous avions été témoins d’une situation où un président élu démocratiquement a été renversé et forcé à s’exiler. Et nous voulons adhérer au principe voulant que l’on ne puisse traiter ce genre de conflits sans égard à la constitution. Voilà le principe que nous souhaitons voir respecter. Nous voulons voir le – cet ordre démocratique et constitutionnel restauré.

— Question : Il semble que vous ayez ouvert la porte à une autre solution en devançant probablement les élections – -

— M. Kelly : À présent, c’est ce qu’on va voir. C’est-à-dire, maintenant – c’est-à-dire que nous soutenons depuis le début que (a) nous voulons que ces conflits soient résolus à travers le dialogue et (b) nous avons perçu cela comme un problème pour l’Organisation des États Américains et pour le – pour le forum du Forum Interaméricain. À présent, un processus remarquable est en cours où le président du Costa Rica joue le rôle de médiateur. Évidemment, ce processus ne fait que commencer. Et comme l’a dit la Secrétaire, nous ne voulons pas présumer de la façon dont il se déroulera, mais à présent, un dialogue a été établi. »

M. Kelly veut que la médiation du président du Costa Rica, M. Arias, puisse « se dérouler pleinement » pendant qu’au Honduras, la lutte se poursuit entre le régime militaire et la Résistance populaire. Il semble que le département d’État souhaite vivement que la Résistance du peuple hondurien s’estompe avec le temps. Néanmoins, au moment d’écrire ces lignes, on ne trouve aucun signe de découragement en dépit de la répression et des conditions extrêmement difficiles.

Le 10 juillet, en réponse aux journalistes, le secrétaire d’État adjoint, M. Philip J. Crowley, a affirmé que les « […] négociations [menée par Arias] sont le meilleur moyen de résoudre la crise de manière pacifique […] ». Ce n’est que lorsqu’un journaliste a insisté pour savoir si cela supposait le retour de Zelaya au pouvoir que Crowley a confirmé ceci – à tout le moins verbalement.

 

La médiation menée par le Président Arias est-elle un processus états-unien ?

 

À mesure que la réponse à cette question prenait davantage le devant de la scène, on a demandé à M. Kelly, le 13 juillet, si la médiation menée par M. Arias constituait ou non un processus états-unien.

« — M. Kelly : Oui, eh bien ce n’est pas un processus américain. C’est un processus où nous mettons tous nos – c’est un processus mené par le président du Costa Rica, Oscar Arias, auquel nous donnons tout notre appui. Et…

— Question : À mes yeux, cela ressemble drôlement à un processus américain. (Rires)

— M. Kelly : Nous appuyons ce processus mené par Arias. Il n’est pas américain ce…

— Question : Quel pays se trouve dans quelle partie du monde ?

— M. Kelly : Ce n’est pas un processus qui est mené par les États-Unis d’Amérique. (Rires) Et devons simplement donner – nous devons donner le temps à ce processus de fonctionner. Et je vais simplement – nous – nous allons – comme je le disais, nous appuyons fermement le président Arias. Vers la fin de la semaine dernière, il a dit qu’il s’attendait à s’asseoir de nouveau avec les deux parties, et j’espère qu’il s’agira du type de propositions dont les deux protagonistes seront prêts à discuter. »

Puis, le 14 juillet :

« —Question : Le président Zelaya a donné un – ce que les gens ont appelé un ultimatum. Il affirme que si les pourparlers dont le président Arias est le médiateur ne le réinstallent pas ou ne le remettent pas au pouvoir lors de la prochaine session, qu’ils auront échoué et que d’autres mesures pourraient devoir – d’autres mesures devront être adoptées.

— M. Kelly : Oui.

— Question : Quel – est-ce là la position qu’ont adoptée les États-Unis ?

— M. Kelly : Eh bien, je pense que vous savez quelle est notre position – qui est que nous croyons que tous les intervenants dans ces pourparlers devraient donner du temps à ce processus, ne pas donner de dates butoir artificielles, ne pas faire de – ne pas dire que si un résultat « x » ne se produit pas dans tel délai, que les pourparlers seront clos. Nous devons laisser ce processus faire ses preuves et appuyer le travail du président Arias.

— Question : Alors, allez-vous considérer qu’ils ont échoué si la prochaine session ne provoque pas le retour de Zelaya ?

— M. Kelly : Eh bien écoutez, comme je viens de le dire, nous ne voulons pas fixer de date butoir artificielle.

— Question : Alors, voilà qui est – êtes-vous en train de nous dire que la réponse est « non », que vous n’êtes pas d’accord avec Zelaya quand il dit qu’il s’agira d’un échec s’ils – -

— M. Kelly : Je crois que nous devrions donner une chance au Président Arias […] »

 

L’équilibriste change, mais la précarité demeure

 

Le 17 juillet, M. Robert Wood, un autre porte-parole du département d’État, s’adressait ainsi aux journalistes :

« — M. Wood : Et puis écoutez, les pourparlers de paix dirigés par Arias n’ont pas été – voyez-vous, cette initiative est récente. Nous devons lui donner du temps. Comme je l’ai déjà dit, il s’est engagé dans ce processus, nous le sommes aussi, et d’autres dans l’hémisphère occidental le sont. Nous devons donner la chance à [ce processus] de faire ses preuves. Nous devons lui permettre d’évoluer. Ainsi, nous allons continuer d’encourager les intervenants à l’appuyer dans ce processus, parce que nous croyons que c’est la meilleure manière de revenir au point où nous voulions nous trouver. _ Warren. _ — Question : Pour poursuivre là-dessus, le gouvernement états-unien a-t-il spécifiquement demandé au président Zelaya, ou l’a-t-il exhorté à ne pas faire une autre tentative contestée de revenir au Honduras ?

— M. Wood : Je ne voudrais pas aborder des discussions que nous pourrions avoir eues ou ne pas avoir eues avec le président Zelaya sur une foule de sujets. Disons simplement que nous ne voulons pas – comme je l’ai dit plus tôt, nous ne voulons pas que quiconque prenne de mesures qui puissent entrer en conflit, de quelque manière que ce soit, ou ne pas contribuer de manière bénéfique au processus de médiation.

— Question : Donc, son retour ne serait pas bénéfique ? Est-ce ce que vous dites ?

— M. Wood : Je n’ai rien à ajouter à ce que je viens de vous dire […] »

Qu’est-ce que Hillary Clinton a dit à Micheletti ?

 

Revenons à M. Crowley, lors du 20 juillet :

 

« — M. Crowley : Et hier, depuis New Delhi, la Secrétaire a eu une conversation téléphonique avec le leader du régime de facto, M. Micheletti. Et elle a exposé durant cet appel – l’a encouragé à continuer de se concentrer sur ces négociations, et l’a également aidé à comprendre les conséquences qui pourraient s’ensuivre s’il laissait passer cette occasion de médiation.

— Question : En fait, c’est la première fois qu’elle – que qui que ce soit, je crois, parle à Micheletti ?

— M. Crowley : Voilà une bonne question. Je ne – nous avons été en contact avec des représentants des deux parties, mais de toute évidence, c’est là son premier contact avec lui.

— Question : Donc ce n’était pas concernant…

— Question : Avez-vous une transcription qui démontre son niveau de fermeté dans sa conversation avec Micheletti ?

— M. Crowley : Je crois qu’elle… […]

— Question : …a-t-elle signifié très clairement à M. Micheletti que les États-Unis ne reconnaissent pas le gouvernement de facto, et que peu importe ses objections durant les pourparlers de ce week-end, il devra se préparer à se retirer afin de laisser le président élu reprendre sa place ?

— M. Crowley : Je crois que cet appel téléphonique a été très ferme. Néanmoins, je pense qu’il a été – elle a clarifié à savoir si le régime de facto avait besoin qu’on lui rappelle que nous voulons la restauration de l’ordre démocratique et constitutionnel, donc une résolution pacifique. Nous croyons que personne ne devrait prendre la moindre mesure qui puisse attiser le risque de violence au Honduras, et nous appuyons totalement la médiation en cours menée par Arias.

— Question : Donc, vous avez prévenu M. Zelaya de rester pour l’instant au Nicaragua, ou dans le pays qui lui donne refuge, si cela pourrait faire diminuer les tensions ?

— M. Crowley : Je crois que nous avons aussi signifié clairement au président Zelaya qu’à notre avis, la médiation est la voie à suivre.

Oui.

— Question : Pouvez-vous – des mesures plus sévères, des déclarations que vous êtes prêts à faire s’ils – le régime de facto ne change pas sa conduite…

— M. Crowley : Vous savez, nous disposons d’alternatives s’ils ne le font pas – également des obligations légales si les négociations échouent. […]

— Question : P.J., je voudrais simplement clarifier. Vous avez affirmé avoir dit à Zelaya que la médiation était la voie à suivre. Mais lui avez-vous dit spécifiquement : « Ne rentrez pas car c’est dangereux et cela pourrait engendrer des tensions et de la violence » ?

— M. Crowley : Oui.

— Question : C’est ce que vous lui avez dit, directement ?

— M. Crowley : Oui.

— Question : D’accord. »

Cette conversation téléphonique entre Mme Clinton et Micheletti n’a pas été divulguée au public. Néanmoins, je crois que Mme Clinton s’est effectivement montrée très « ferme » face à son interlocuteur, tel que son porte-parole et secrétaire du département d’État l’a indiqué plus haut. Mais pourquoi donc ? Les instigateurs du coup d’État ne peuvent même pas se mettre d’accord sur une proposition – qui pourtant les favorise grandement – issue de la médiation, tandis que la résistance se poursuit dans les rues du Honduras : quelle image cela donne-t-il de la nouvelle politique étrangère que Washington voudrait transmettre à travers le globe ? De quoi cela a-t-il l’air aux yeux de la population états-unienne elle-même, qui a démontré qu’elle était de plus en plus opposée aux politiques d’affrontement sur la scène internationale ?

M. Zelaya, pour sa part, n’a pas eu le privilège d’être averti en privé. Comme le département d’État l’indique plus haut : « Ne rentrez pas car c’est dangereux et cela pourrait engendrer des tensions et de la violence. » En affirmant cela publiquement, ne démontre-t-on pas ouvertement aux putschistes qu’ils ont le droit de s’en prendre à Zelaya et que Washington ne lui portera pas secours ? Si nous comparons cela à la conversation téléphonique secrète avec M. Micheletti, semble-t-elle aussi ferme que les paroles adressées à M. Zelaya ?

La décision de Washington quant à la classification légale du coup d’État, en vertu des normes états-uniennes, n’avait pas encore été prise. Ce jugement éventuel allait déterminer si les États-Unis suspendraient ou non la totalité de leur aide militaire et économique, de façon permanente, aussi longtemps que les instigateurs du coup d’État resteraient au pouvoir, couperaient toute aide militaire, économique et politique ainsi que la reconnaissance diplomatique.

Le régime est totalement dépendant des secours états-uniens de toutes sortes pour assurer sa survie. Au moment du point de presse mentionné ci-dessus (le 20 juillet), le département d’État affirmait avoir simplement fait une interruption temporaire dans le cas de certains programmes. Or, plus tard au cours de ce même point de presse, en réponse à la question suivante : « Avez-vous décidé s’il s’agissait d’un coup d’État sur le plan légal […] » M. Crowley a dit : « non ».

De l’ambigüité au cœur de l’ambigüité ! Cela veut-il dire que les États-Unis avaient finalement jugé que le coup d’État n’était pas légal, ou qu’ils n’avaient pas encore pris leur décision ? En fait, cette clarification n’aura lieu que plus d’une semaine plus tard, soit le 29 juillet.

Lors du point de presse suivant, le 21 juillet, le porte-parole adjoint du département d’État, M. Robert Wood, a répondu à une question en ces termes : « Nous sommes en contact constant avec un certain nombre de pays de l’hémisphère au sujet de la situation au Honduras. Et nous croyons que la médiation menée par Arias constitue la voie à suivre […] » En réponse à une autre question, à savoir ce que Wood voulait dire par « agir maintenant », il a affirmé : « ce que je veux dire par ‘agir maintenant’, c’est que nous disposons d’un processus que nous avons mis en œuvre et qui est mené par le président Arias ».

Il semble évident que la médiation contribue à donner du temps aux États-Unis pour leur permettre de former des alliances en Amérique du Sud. Celles-ci sont dirigées non seulement contre Zelaya, mais également contre tous les gouvernements sud-américains, y compris ceux des Caraïbes, qui persistent à appuyer son retour inconditionnel, tel que les résolutions de l’OEA et de l’ONU l’exigeaient. La situation doit être très frustrante dans les rues de nombreuses villes du Honduras, où des milliers de personnes défient l’armée entraînée et parrainée par les États-Unis : en effet, tandis que le peuple persiste à défendre ses revendications malgré la violente répression, « agir maintenant », selon les États-Unis, s’applique uniquement aux forces sociales qui s’opposent aux instigateurs du coup d’État, mais ne concerne pas le régime putschiste. Sur la liste des priorités états-uniennes, les propositions de paix se retrouvent tout en bas, bien enfouies sous le matériel militaire.

 

Imprudent, prématuré et téméraire ?

 

Le lendemain, 23 juillet, en réponse à une autre question concernant les délais de la médiation, le secrétaire d’État adjoint, M. Philip Crowley, a affirmé qu’il ne devrait pas y avoir « d’échéance ». Puis, rétorquant à un autre journaliste qui voulait savoir si Zelaya prévoyait retourner au Honduras, il a qualifié ce retour « d’imprudent ».

Le 24 juillet, la lutte s’intensifiait dans les rues du Honduras ainsi que dans les zones proches de la frontière nicaraguayenne, où M. Zelaya préparait son retour. Ce jour-là, la vidéo officielle du département d’État n’a pu dissimuler la réaction du secrétaire d’État adjoint M. Philip Crowley, lorsqu’une fois de plus, on lui a posé une question au sujet du retour de M. Zelaya. La frustration se lisait partout sur son visage. Il a semblé soupirer d’exaspération, puis, il a serré la vis un peu plus fort à M. Zelaya et à ses sympathisants, affirmant maintenant que son retour serait « prématuré ».

Il n’y avait peut-être pas de grande différence entre « imprudent » et « prématuré », mais la même journée, le 24 juillet, Mme Clinton est apparue dans un point de presse avec le Premier ministre iraquien Nour al-Maliki, après leur rencontre au département d’État. Elle a affirmé de son propre chef, sans qu’il s’agisse d’une réponse à la question d’un journaliste, qu’elle considérait le retour de Zelaya comme étant « téméraire ». Il n’y a aucun doute, cela consiste à serrer la vis. Et en outre, n’est-ce pas là une façon d’encourager M. Micheletti à prendre une position rude envers Zelaya ? La « fermeté » de l’appel téléphonique de Mme Clinton devait être bien loin dans l’esprit de Micheletti lorsqu’il l’a entendue prévenir publiquement M. Zelaya.

 

Le duo Clinton- Micheletti

 

À partir du vendredi 24 jusqu’au dimanche 26 juillet, l’armée s’est essayée (et dans une certaine mesure, a réussi) à réprimer par la force brutale le grand mouvement d’appui absolument indéniable et héroïque du peuple hondurien, qui voulait accueillir le président Zelaya à la frontière. En dépit de cela, le lundi 27 juillet, M. Kelly a corroboré l’opinion de Mme Clinton au sujet du retour de Zelaya, le qualifiant de « téméraire, effectivement ». Il a également ajouté que le département d’État appuyait le retour de Zelaya dans la mesure où ce soit fait « d’un commun accord ». En réponse à une question concernant la demande de sanctions qu’avait faite M. Zelaya contre le régime de facto le 27 juillet, M. Kelly a évité la question en affirmant qu’ils « appuyaient le président Arias ».

Comment peut-il y avoir un « commun accord » alors que les putschistes refusent que Zelaya soit rétabli dans ses fonctions de président, que ce soit par des moyens diplomatiques vagues et douteux (les propositions du président Arias) ou par un retour pacifique via la frontière ? Dans le contexte de la situation tendue qui prévaut le long de la frontière Nicaragua-Honduras, « appuyer M. Arias » suppose de plus en plus chaque jour que cette médiation parrainée par les États-Unis est conçue pour fournir au régime militariste le temps nécessaire pour s’organiser au niveau national et international. En effet, M. Micheletti est en train d’établir ses contacts au niveau international, et entre-temps, il utilise la force brutale contre la population : le temps joue en faveur du statu quo. Le département d’État, le président Arias et M. Micheletti font tout ce qu’ils peuvent pour démoraliser et décourager les mouvements sociaux au pays, tout en s’efforçant de provoquer des divisions et des désertions au niveau international.

En parlant de donner du temps au régime de Micheletti, le 27 juillet, le Wall Street Journal lui a fourni l’occasion d’exprimer son opinion sur sa page éditoriale. Micheletti a littéralement fait l’éloge du terme « téméraire » choisi par Mme Clinton pour qualifier le retour de Zelaya, affirmant qu’il s’agissait là d’un qualificatif « approprié ». Il a poursuivi en faisant ainsi appel à l’extrême-droite et aux éléments belliqueux de l’oligarchie états-unienne : « […] plutôt que d’imposer des sanctions, les États-Unis devraient poursuivre les sages politiques de Mme Clinton. Elle appuie les efforts du Président Arias dans sa médiation concernant ces questions. »

Il doit y avoir beaucoup de pression sur la nouvelle administration à Washington pour maintenir la domination militaire pro-états-unienne sur le Honduras, peu importe ce qu’il en coûtera à l’administration Obama. Le Wall Street Journal témoigne de cette coercition.

 

Le Wall Street Journal et la droite états-unienne

 

Dans un récent article de l’avocate, auteure et journaliste états-unienne d’origine vénézuélienne Eva Golinger, publié dans Cubadebate, elle écrivait que=

 

« Le Wall Street Journal fait partie de l’agence de presse Dow Jones News Corporation. Son propriétaire est le puissant multimillionnaire Rupert Murdoch. Celui-ci, grâce au monopole de News Corporation, contrôle des centaines de journaux, magazines, chaînes de télévision et stations de radio à travers le globe. Murdoch est bien connu pour sa chaîne American Fox News, laquelle favorise la vision impérialiste et néoconservatrice des États-Unis. Certaines de ses autres entreprises médiatiques comprennent le National Geographic Channel, The Film Zone, tous les canaux et studios de FOX, Cine Canal, MySpace (internet) Harper Collins (édition), New York Post (quotidien), The Sunday Times (RU), The Sun (RU), et bien d’autres encore.

Le Wall Street Journal est un quotidien qui jouit d’un tirage de plus de deux millions d’exemplaires par jour sur l’échelle mondiale et de 931 000 lecteurs sur internet. L’éditorial du dictateur Roberto Micheletti a été rédigé et diffusé par son lobbyiste aux États-Unis, le procureur Lanny Davis, ami intime et avocat de l’ancien président Bill Clinton et de son épouse Hillary, la secrétaire d’État du Président Obama. Le Wall Street Journal a plaidé d’emblée en faveur du coup d’État au Honduras, et il a même publié une série d’articles tentant d’accuser le Venezuela et le président Hugo Chavez d’avoir causé la crise dans ce pays centroaméricain. »

Le réseau de contacts commence à se dévoiler, tel qu’en témoigne le texte ci-dessus. Il devient de plus en plus difficile pour le fildefériste de conserver son équilibre. Inévitablement et sous les yeux de tous, il semble être en train de basculer du côté de la puissance militaire, aux dépends du cheval de Troie que représente le « dialogue et la diplomatie » situé de l’autre côté du fil. Il faudrait tout un acrobate pour maintenir la position chancelante de cet équilibriste.

« Je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus »

La première fois que les journalistes ont demandé au département d’État si le coup d’État avait été jugé légal ou non, c’était le 29 juin, soit le lendemain du renversement militaire. M. Kelley avait répondu, tel que cité plus haut : « Je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus. » Le 28 juillet – je répète volontairement – le 28 juillet, c’est-à-dire un mois plus tard :

« — Question : Et une… une autre sur le Honduras. Je suis bien conscient que le Bureau du conseiller juridique était à l’œuvre pour déterminer si les événements au Honduras correspondaient techniquement à la définition légale d’un coup d’État, ce qui par conséquent aurait entraîné la suspension de l’aide – qui a déjà été suspendue, comme je le constate.

— M. Kelley : Oui.

— Question : Avez-vous enfin pris une décision sur cette question ?

— M. Kelley : Je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus.

— M. Kelley : Ian ?

— Question : Cela veut-il dire que vous avez pris votre décision ou que cet examen achève ?

— M. Kelley : Je – comme je viens de le dire, je vais devoir – je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus. »

Ce qui est encore plus révélateur que les transcriptions, c’est le langage corporel qu’exhibait M. Kelley et qui est bien visible sur la vidéo officielle. On aurait dit qu’il s’était passé une éternité avant qu’il ne donne sa dernière réponse : « Je – comme je viens de le dire, je vais devoir – je n’ai pas encore de mise à jour là-dessus ». Il ne cessait de gigoter. Par ailleurs, les journalistes n’avaient plus de questions. Pas un seul d’entre eux n’a souligné que le département d’État avait dit la même chose il y a un mois ! Si ce n’était de la situation profondément grave et critique que vit le peuple hondurien, et au demeurant toute l’Amérique du sud dans le contexte historique du coup d’État, alors le cirque du Département d’État aurait dû être anéanti sous nos moqueries.

Mais le show continue : est-ce, oui ou non, un coup militaire ?

Le 1er août :

« — Question : Est-ce que le fait que vous n’avez pas encore condamné ce gouvernement signifie que vous l’appuyez d’une façon ou d’une autre ?

— M. Crowley : Pendant environ un mois, nous avons fermement condamné l’action du régime de facto et le renvoi du président Zelaya.

— Question : Reconnaissez-vous qu’il s’agissait d’un coup d’État, d’un coup d’État militaire ?

— M. Crowley : Eh bien, il y a certaines questions juridiques dans ce cas que nous avons décidé de ne pas traiter à cette étape. Mais nous avons dit clairement, et sous tous les tons possibles, que ce qui est arrivé au Honduras constitue une violation de la Charte de l’OÉA. C’est pour cela que nous avons pris des mesures contre le Honduras. Il s’agit d’une violation de la Charte démocratique interaméricaine, et nous poursuivrons intensivement nos efforts pour essayer de résoudre cette situation. »

Le 6 août, un journaliste a insisté sur la question de la définition juridique à donner au coup d’État :

« — M. Wood : [...] Mais un coup d’État a eu lieu dans ce pays, et [...]

— Question : Eh bien, vous n’avez pas encore déclaré officiellement qu’il s’agit, sur le plan juridique, d’un coup d’État.

— M. Wood : Nous l’avons qualifié de coup d’État. Ce que nous avons dit c’est que, sur le plan juridique, nous ne pouvons pas le qualifier comme étant un coup d’État militaire. Une analyse est toujours en cours.

— Question : Pourquoi faut-il tant de temps pour établir s’il s’agit ou non d’un coup d’État militaire ?

— M. Wood : Eh bien, regardez, ce cas comporte un grand nombre de questions juridiques qui doivent être examinées attentivement avant que nous puissions nous prononcer, et, pour le faire, nous devons échanger des informations avec un certain nombre de parties. Nous devons examiner ces informations et prendre la meilleure décision juridique qui soit possible sur si oui ou non…

— Question : Cela prend beaucoup de temps, semble-t-il.

— M. Wood : Eh bien, lorsqu’on traite de questions juridiques aussi délicates, les choses prennent du temps. Nous voulons donc faire en sorte que…

— Question : Avez-vous pris une décision sur la nécessité d’imposer des sanctions supplémentaires contre le gouvernement « de facto » ?

— M. Wood : Aucune décision n’a été prise pour le moment, à part celle d’appuyer les Accords de San José et le processus de médiation.

— Question : [...] Ma question était la suivante : avez-vous oui ou non pris la décision de ne pas imposer de nouvelles sanctions contre le Honduras ?

— M. Wood : Et ce que je vous réponds c’est que nous nous concentrons en ce moment sur l’appui à ce processus et que nous essayons d’obtenir des deux parties qu’elles en viennent à une sorte d’entente politique. Mais je n’ai rien d’autre à ajouter sur cette question. »

À ce point, ce que l’on ne peut lire sur la transcription mais que l’on peut voir très clairement sur la vidéo c’est que M. Wood était visiblement agacé. Il a interrompu le journaliste très persistant en pointant du doigt un autre journaliste. Or le peuple hondurien sait qu’il s’agit d’un coup d’État militaire. Il est en train d’unir ses forces et de s’organiser davantage pour intensifier sa lutte contre les militaires et contre la police. Le peuple est en train de se mobiliser malgré l’intensification de la répression. Celle-ci est déjà responsable d’au moins six assassinats, de centaines d’arrestations et de cas de blessures.

Le même jour, le 6 août, un article de l’agence de presse Reuters montre que le Département d’État est même allé encore plus loin :

« ‘Notre position politique et stratégique d’engagement n’est pas fondée sur un appui quelconque à un politicien ou à une personne en particulier. Elle est plutôt fondée sur la décision de mieux servir la population hondurienne et de répondre à ses aspirations démocratiques’ », a écrit Richard Verma, secrétaire d’État adjoint aux affaires législatives. « ‘Nous avons rejeté le recours à des sanctions économiques écrasantes et nous avons rendu clair que tous les États devaient essayer de contribuer à l’adoption d’une solution sans recourir à la violence et en respectant le principe de non-intervention’ » a-t-il déclaré. La lettre a été obtenue par l’intermédiaire du service des nouvelles de l’agence Reuters. »

Deux points importants sont à souligner :

1. En ce qui concerne la soi-disant position d’appui à Zelaya et d’opposition à Micheletti, le département d’État (voir citation ci-dessus) celle-ci « n’est pas fondée sur un appui quelconque à un politicien ou à une personne en particulier ». Cela veut dire que le département d’État est neutre maintenant ! Mais cela montre que la position soi-disant si modérée que le département d’État affirme adopter n’est en vérité pas si modérée. Elle est en réalité favorable au régime « de facto ». Maintenir le statu quo signifie appuyer Micheletti.

2. Quand le représentant du département d’État, Richard Verma, affirme, ci-dessus, « [...] nous avons rejeté le recours à des sanctions économiques écrasantes [...] » n’explique-t-il pas ainsi, sans le vouloir, la raison pour laquelle les États-Unis d’Amérique n’ont pas qualifié juridiquement le coup d’État comme étant un coup d’État militaire ?

 

Obama : victime ou complice ?

 

Jusqu’ici, nous avons analysé en profondeur les déclarations du département d’État et de Mme Clinton, mais nous n’avons rien dit sur le président Obama. Néanmoins, il est difficile d’éviter le sujet quand on pense que, jusqu’ici, M. Obama ne s’est presque pas prononcé sur la question. Depuis le début de la crise, soit le 28 juin, et au moment d’écrire ces lignes, le président Obama et son secrétaire de presse ont émis six commentaires au total :

Le 29 juin, lors d’un point de presse à la Maison-Blanche avec le président de la Colombie (Uribe), Obama affirme : « Nous croyons que le coup n’est pas légal et que le président Zelaya demeure le président du Honduras, le président élu démocratiquement là-bas. Là-dessus, nous avons rejoint tous les pays de la région, y compris la Colombie et l’Organisation des États Américains. »

Le 29 juin, le secrétaire de presse de la Maison-Blanche Monsieur Robert Gibbs fait son numéro pour les journalistes :

« — Question : […] toujours au sujet du Honduras, pour essayer de voir clair dans les intentions des États-Unis. L’administration considère-t-elle le retrait de son ambassadeur, comme l’ont fait les gouvernements latino-américains de gauche, ou même la suspension potentielle de son aide ?

— M. Gibbs : Eh bien, encore une fois, je crois qu’il y aura de cela dans le prochain… dans le cadre des prochaines étapes de l’évaluation de cette situation. Seulement, pour l’instant, je préférerais ne pas trop préciser.

— Question : Les États-Unis savaient-ils d’avance ou avaient-ils entendu dire qu’un coup d’État était prévu ? Avaient-ils pris des mesures quelconques pour essayer de le bloquer ? Et que révèle l’incapacité de l’administration à empêcher le coup d’État sur sa crédibilité en Amérique latine ?

— M. Gibbs : Bon, alors comme je l’ai dit il y a une minute, je crois que l’administration, notre gouvernement, en collaboration avec des partenaires, essayaient de prévenir le genre de troubles que nous avons vu se produire durant les dernières 24 heures. Ils s’y sont penché au cours des quelques derniers jours. Et nous allons continuer de travailler à restaurer l’ordre démocratique au Honduras.

— Question : L’administration avait-t-elle prévenu le président Zelaya que cela se préparait ?

— M. Gibbs : Je n’en sais rien. »

Si l’on considère cet extrait, est-ce vraiment différent du numéro d’équilibriste du département d’État ?

On ne le dirait pas.

Le 1er juillet, le secrétaire de presse de la Maison-Blanche répondait aux journalistes :

« — Question : Mais avec le Pentagone qui suspend les opérations militaires conjointes, à quel point l’effet est-il considérable et songe-t-on également à prendre d’autres mesures ?

— M. Gibbs : Eh bien, nous continuons de surveiller la situation et nous allons réagir de manière appropriée à mesure que les événements vont se produire. Mais encore une fois, comme je l’ai déjà dit, nous surveillons de près ce qui se passe. »

Tandis que le département d’État semblait de plus en plus aux prises avec un scénario vague et incertain concernant le retour du président Zelaya, le président Obama, en visite à Moscou, a fait un commentaire sur le Honduras pour répondre à des questions qu’on lui posait sur le sujet. Ainsi, le 7 juillet, le correspondant en chef à la Maison-Blanche de la chaîne ABC M. Jack Tapper, qui n’a pas la réputation d’être conservateur – et ABC n’étant certes pas aussi à droite que Fox News –, écrivait de Moscou, d’où il citait le président Obama : « ‘Les États-Unis appuient dès maintenant la réinstallation du président du Honduras élu démocratiquement, même s’il s’est fermement opposé aux politiques américaines […]’ »

M. Tapper, s’appuyant sur sa longue expérience dans le domaine politique à la Maison-Blanche, écrivait : « Le président Obama, qu’on a critiqué pour avoir appuyé le « mauvais côté » lors du récent coup d’État au Honduras, a essayé d’expliquer, mardi, [7 juillet] son plaidoyer en faveur du président expulsé Manuel Zelaya […] Mais les conservateurs ont critiqué le président et blâmé Zelaya pour ce qui lui arrive. » Pour donner des exemples de la pression exercée par les conservateurs, M. Tapper a cité les activistes floridiennes de droite anti-Venezuela, anti-Cuba et des représentantes républicaines au Congrès, Mmes Ileana Ros-Lehtinen et Connie Mack.

Si nous tenons compte de la déclaration de M. Obama citée plus haut, alors effectivement, en surface, il semble y avoir un désaccord sinon un conflit entre le président Obama et le département d’État. Or, le département d’État est plus effrontément lié à l’armée et aux forces de droite de l’époque de Bush (comme nous l’avons vu plus haut à de nombreuses occasions, et plus récemment dans l’article du Wall Street Journal de M. Micheletti).

Le 7 août, selon l’agence Reuters, Obama a déclaré aux journalistes qu’il continuait à appuyer le retour de Zelaya au pouvoir. Il a cependant ajouté : « ‘Je ne peux appuyer sur un bouton et rétablir soudain M. Zelaya à son poste’ ». Obama a dit : « ‘Il est important de noter combien il est ironique que ceux qui se plaignaient de l’ingérence des États-Unis en Amérique latine se plaignent maintenant que nous ne nous sommes pas assez ingérés.’ »

On pourrait, ici aussi, croire que la position du président diffère beaucoup de celle du département d’État. Alors que le département d’État a déclaré le 6 août (voir la citation ci-dessus) que sa politique n’est pas fondée sur un appui quelconque à un politicien ou à une personne en particulier, Obama a affirmé le jour suivant, le 7 août, qu’il appuyait encore le retour de Zelaya au pouvoir. Mais, se servant de son talent oratoire, Obama a fait allusion aux conditions dans lesquelles il se trouve en affirmant qu’il ne peut rétablir Zelaya au pouvoir en appuyant sur un bouton. Veut-il dire qu’il subit trop de pressions des oligarchies de droite des États-Unis, de l’Amérique latine et même du département d’État pour agir ? Ou utilise-t-il tout simplement d’autres mots et images pour appuyer la politique du département d’État, qui consiste à gagner du temps et à donner de l’oxygène au gouvernement de facto pour maintenir ce dernier au pouvoir ?

Qu’en est-il de la remarque d’Obama sur le fait « ironique », selon lui, que ceux qui s’opposent d’habitude à l’ingérence des États-Unis l’exigent maintenant ? En fait le Honduras a, sur son territoire, une importante base militaire des États-Unis, massivement financée par les États-Unis, fournie en forces armées et équipée de matériel des États-Unis. La fermeture complète de la base, le retrait immédiat des troupes états-uniennes et du matériel militaire et l’arrêt complet de tout entraînement militaire ne serait nullement un acte d’ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures du Honduras. Les bases militaires, au Honduras, en Colombie ou ailleurs, constituent en fait un prolongement de la puissance militaire des États-Unis dans d’autres pays.

À ce sujet, dans un autre contexte et dans d’autres conditions juridiques et historiques, ceux de Cuba, qui se plaindrait de l’ingérence étrangère dans les affaires de ce pays si Washington fermait la base de Guantanamo, se retirait complètement de l’île et restituait cette partie du territoire cubain au peuple cubain ? Et au Honduras, qui, à part Micheletti, se plaindrait d’une ingérence, si Obama décidait aujourd’hui, en tant que président, de retirer l’ambassadeur des États-Unis de ce pays et de rompre les relations diplomatiques jusqu’au retour de Zelaya ? Tels sont les boutons sur lesquels le président devrait appuyer.

Le 10 août, selon l’AP, au Forum des leaders de l’Amérique du Nord, Obama, a repris un thème déjà mentionné, en déclarant ceci : « ‘Les personnes qui nous critiquent en affirmant que les États-Unis n’ont pas intervenu suffisamment au Honduras, sont celles qui disent aussi que nous sommes toujours en train d’intervenir en Amérique latine, et que les Yankees doivent sortir de la région’ ». « ‘Les gens qui nous critiquent pensent qu’il est approprié que nous agissions soudainement selon des façons qu’elles jugent inappropriées dans tous les autres contextes. Je pense que cela démontre peut-être une certaine hypocrisie dans leur façon de voir les relations entre les États-Unis et l’Amérique latine’ » a poursuivi M. Obama.

Voici une partie de la déclaration finale du Sommet :

« Nous avons discuté à fond sur le coup au Honduras et nous réaffirmons notre appui à l’Accord de San José et aux efforts continu de l’OÉA pour parvenir à une solution pacifique de la crise politique. C’est une décision qui restitue la gouvernance démocratique et la primauté du droit, et qui respecte les droits de tous les Honduriens (…) »

Qu’est-ce que cela nous révèle au sujet d’Obama ?

Mais d’abord, quel est le lien juridique et constitutionnel entre le président des États-Unis, l’armée états-unienne et le département d’État ? Voici ce que nous en dit le site web de la Maison-Blanche :

« Le pouvoir de la branche exécutive est conféré au président des États-Unis, qui agit également à titre de chef d’État et de commandant en chef des forces armées […]

 

Le département d’État joue le rôle principal dans le développement et la mise en œuvre de la politique étrangère du président. Ses responsabilités principales consistent à représenter les États-Unis à l’étranger, fournir de l’aide aux pays étrangers, offrir des programmes d’entraînement militaires à l’étranger, […] »

Et la Constitution états-unienne :

Article II, Section 2

« Le président sera commandant en chef de l’armée et de la marine des États-Unis. »

Le 29 juin 2009, l’analyste politique Thierry Meyssan écrivait, sous le titre suivant :

« Le SouthCom prend le pouvoir dans un État membre de l’ALBA »

« …la petite armée hondurienne est entièrement équipée, formée et encadrée par les États-Unis. Elle obéit certes à son chef, le président de la République, puis à son chef d’état-major. Mais en pratique, elle est largement contrôlée par le SouthCom depuis Soto Cano et Miami.

Précisément, le Pentagone a précipitamment installé le nouveau commandant du SouthCom, le général Douglas M. Fraser, jeudi dernier [25 juin 2009], pour suivre le coup….

Le SouthCom est installé à Miami, mais a une antenne à Soto Cano et des sites avancés à Comalapa (Salvador), Manta (Équateur) et sur les îles d’Aruba et de Curaçao (Antilles néerlandaises). »

Le président Obama doit donc prendre ses responsabilités. Est-il en train de laisser le département d’État se charger de sa basse besogne tandis qu’il demeure relativement distant, cherchant désespérément à s’accrocher à son image de « changement » pour le bénéfice de sa propre administration ? Le quotidien pro-coup d’État au Honduras, El Heraldo, tel que cité plus haut, avait remarqué dès le 19 janvier 2009 que l’extrême-droite au Honduras, en Amérique du sud et aux États-Unis devait continuer de faire pression : « Il sait qu’il n’a pas le droit de décevoir ses partisans […] ». Obama semble être pris, d’une part, entre « ses partisans », c’est-à-dire l’électorat et la branche du cercle des dirigeants qui ont appuyé son accession à la présidence, et d’autre part, ses déclarations électoralistes sur le changement, qui peuvent être perçues comme de bonnes intentions. Se joindra-t-il au numéro de cirque des équilibristes ? Est-il déjà en train de prendre part au spectacle ?

 

Obama a-t-il les pieds sur terre ?

 

Le El Heraldo avait tout à fait raison, il y a six mois, lorsqu’il a remarqué la contradiction entre les paroles et les gestes d’Obama et la façon la droite doit manœuvrer dans cette situation. Déjà, des sondages indiquent qu’Obama est en train de perdre beaucoup de « ses partisans ».

Le 22 juillet, les résultats du sondage d’AP-GfK annonçaient : « Les grands espoirs pour Obama se dissolvent dans la réalité. » L’article lui-même expliquait : « Comme ce fut rapide. L’espoir et l’optimisme qui ont balayé le pays pendant les premiers mois de la présidence de Barack Obama cèdent place à la dure réalité […] ; la confiance de voir les troupes se retirer d’Irak et d’augmenter le respect envers les États-Unis à travers le globe, en baisse de 15 points […] »

Le 6 août, le réseau de nouvelles CNN a réalisé un sondage montrant que seulement 41 % des États-uniens sont favorables à la guerre en Afghanistan, ce qui constitue une baisse de neuf points depuis le mois de mai.

Obama est-il conscient de ce qui se passe ? On dirait que ses voyages à l’étranger – en Europe, en Russie, au Caire et en Afrique – lui ont monté à la tête. Le 23 juillet, le quotidien Chicago Tribune rapportait qu’Obama était en visite à Chicago, ce jour-là, pour deux levées de fonds destinées au Parti démocrate. (Il en coûtait 15 200 $ par personne et l’objectif était d’amasser deux millions en une soirée.) Le président a répondu à la question d’un journaliste concernant le prestige de son administration sur la scène internationale. Pendant que le courageux peuple hondurien affrontait l’armée (soutenue par les États-Unis) pour la quatrième semaine consécutive, Obama affirmait, tel que cité : « L’anti-américanisme n’est plus à la mode. »

En effet, l’anti-américanisme n’a jamais été à la mode dans les hautes sphères du Parti démocrate. Il est possible que le président Obama trouve, ou qu’il croit avoir trouvé, des alliés à l’échelle mondiale, mais demandez au peuple du Honduras ce qu’il en pense, lui qui déclare bravement à Obama : « Nous aussi, nous avons un rêve ! » Demandez-le aux peuples de l’Amérique du sud. Demandez à la grande majorité des gouvernements de l’Amérique latine, de l’Amérique centrale et des Caraïbes quelle est leur opinion de la domination, de l’interférence et du contrôle états-uniens dans leur Amérique ? Au Honduras la crise se poursuit. Washington, ou du moins certains secteurs de l’oligarchie de droite, semble ainsi maintenir des politiques qui suscitent l’ »anti-américanisme ». Le 4 août, un journaliste suédois basé en Amérique du Sud a rapporté que, selon des militants qui luttent pour les droits de la personne au Honduras, des commandos de l’armée israélienne donnent maintenant de l’entraînement en matière de répression aux militaires et policiers honduriens.

Cette situation rappelle le double langage typique d’Israël, qui, d’une part, parle de paix et de dialogue et tend une branche d’olivier, et, d’autre part, brandit l’épée de façon la plus brutale et poursuit le génocide des Palestiniens. Aussi, quand on leur tend ainsi une branche d’olivier, les gouvernements et les peuples d’Amérique du Sud et des Caraïbes doivent prendre garde.

Le 4 août, Washington et la Colombie ont conclu un accord sur l’établissement de sept bases militaires états-uniennes en Colombie, en préparation depuis un certain temps.

Si nous relions les deux faits, le coup d’État militaire du Honduras et la décision de la Colombie de céder des bases militaires, nous nous rendons compte qu’ils constituent une autre offensive contre la hausse de prestige de Cuba, du Venezuela, des autres États-membres de l’ALBA (à laquelle, sous Zelaya, le Honduras a adhéré), des autres pays et de la grande majorité des gouvernements de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Les cercles dirigeants états-uniens essaient de leur mieux de mater le soulèvement populaire au Honduras et utilisent, entre autres moyens, le terrorisme médiatique. Les principaux médias basés aux États-Unis d’Amérique, tels que le réseau CNN, de concert avec le département d’État, invoquent tous les arguments possibles et imaginables justifiant le coup d’État, directement ou indirectement. CNN contribue en ne diffusant pas le moindre mot sur la résistance du peuple hondurien contre la répression violente pour essayer de démoraliser ce dernier. Ce réseau essaie de donner à la population hondurienne l’impression que le monde ne sait rien de ce qui se passe dans leur pays. Washington pourra ainsi, plus facilement, poursuivre sa politique hondurienne et même de réprimer davantage le peuple. Les cas de silence médiatique sont nombreux : le 5 août, par exemple, plusieurs agences de nouvelles, dont l’AFP, ont couvert la manifestation de plus de 3 000 étudiants contre le coup d’État, tenue à l’Université nationale autonome du Honduras, à Tegucigalpa, qui a été violemment réprimée.

Pourtant au cours de cette période, le réseau CNN n’a rien rapporté sur le Honduras, et son seul reportage sur l’Amérique du Sud portait sur les critiques du président Chavez du Venezuela contre la Colombie, qui accusait Chavez de fournir des armes aux FARC. Le reportage terminait par de la désinformation sur cette question.

« Le 10 août, plus de 10 000 partisans du président hondurien déchu, Manuel Zelaya, ont répudié le gouvernement de facto et ont averti qu’ils intensifieront leur campagne de protestation contre le coup d’État et pour le retour du président [...]. Cette manifestation pour le retour de Zelaya a été la plus importante depuis celle du 5 juillet. Cette dernière, tenue à l’aéroport de Toncontin, à Tegucigalpa, où le président renversé, qui voyageait à bord d’un avion vénézuélien, voulait atterrir ; mais le gouvernement de facto avait alors empêché l’atterrissage en plaçant des obstacles sur la piste de l’aéroport. La manifestation s’était renforcée avec l’arrivée de foules venues de l’Est et du Nord du pays et avec une colonne venue du Sud. D’autres sont allés à San Pedro Sula (…) » (Texte traduit de l’espagnol par l’auteur)

Cependant, de la part de la CNN – rien.

 

« … C’est le peuple hondurien qui aura le dernier mot »

 

Les peuples du monde, à mon avis, doivent également continuer de faire pression sur le président Obama et son administration. Lorsqu’il regarde les sondages, il doit être conscient de ce qui se passe. Si la question du Honduras se retourne contre lui, ce qui est fort possible, et que cela attise « l’anti-américanisme », de quoi sa politique étrangère aura-t-elle l’air aux yeux de la population états-unienne – et même pour ceux qui paient 15 200 $ le couvert pour une levée de fonds ? Ces derniers n’ont pas investi ce montant pour inaugurer une autre époque à la Bush où les sentiments anti-états-uniens se répandent à travers le globe. Cependant, Obama doit aussi penser aux élections de 2012 pour lesquelles il semble déjà chercher à remplir les coffres. Ne veut-il pas également gagner la sympathie de l’oligarchie de droite afin d’assurer sa victoire en 2012 ?

Le tourbillon des politiques états-uniennes semblent hisser inévitablement le président Obama sur la corde raide. J’espère que ce n’est pas le cas. Le peuple du Honduras, ainsi que celui de l’Amérique du Sud et la plupart de ses gouvernements sont déterminés à le forcer à prendre position. De quelle façon ? Des actions que devrait prendre le président Obama : Prenant des mesures sérieuses et en imposant des sanctions au régime derrière le coup d’État (plutôt que de parader l’annulation de quelques visas), et en appuyant le rétablissement du président Zelaya dans ses fonctions de manière bien réelle, concrète et inconditionnelle. En tant qu’avocat, M. Obama devrait également être capable de composer avec toute la bureaucratie du gouvernement états-unien (si le problème est là, ce dont je doute), qui six semaines après le coup, n’a toujours pas porté de jugement légal sur le coup d’État !

L’évolution de la situation politique de la nouvelle administration états-unienne soulève elle aussi des questions quant au type de démocratie et d’élections qui se font aux États-Unis, et sur la façon dont ces derniers agissent dans le pays qui est censé donner des leçons (par la diplomatie et la force militaire) à la population mondiale. Si cela s’avère un changement auquel les gens ne peuvent PAS croire, alors certains se demanderont peut-être ce que veulent dire les élections et la démocratie aux États-Unis. (Je traiterai en détail de cette question dans un prochain ouvrage.) Obama devrait respecter le principe de respect mutuel entre pays et envers leurs systèmes politiques respectifs.

Obama, Clinton et leur administration au grand complet sont en train d’être jugés. « […] C’est le peuple hondurien qui aura le dernier mot », avait prédit Fidel Castro le 21 juillet, au beau milieu de la situation la plus complexe que pouvait vivre la population : la médiation appuyée par les États-Unis, combinée avec la répression policière et militaire de la résistance.

À mesure que la situation évolue, la prédiction de Fidel Castro (et sa confiance dans le peuple) s’avère juste. D’ailleurs elle semble être irréversible, peu importe les hauts et les bas qui se présentent. L’un des leaders de la résistance au Honduras, un député au Congrès hondurien, a émis un commentaire des plus profonds au journaliste de la Prensa Latina, Raimundo López. Depuis le Honduras occupé par l’armée, ce dernier n’a cessé de rapporter courageusement et inlassablement les événements sur le terrain. Le 18 juillet, l’activiste hondurien César Lam confiait donc au journaliste, lors d’une entrevue : « Il y a un Honduras d’avant le coup d’État, et un Honduras d’après le coup d’État. »

Cette déclaration reflète bien le mouvement de résistance de toutes les nouvelles forces politiques et sociales.

Même l’équilibriste le plus expérimenté peut être jeté au sol par la force des aspirations au changement exprimées par un peuple. Ainsi, il serait préférable que le président Obama adopte une position qui favorise la justice.

 

Source: Arnold August, Réseau Voltaire

août 25 2009

L’empire et les robots

Par Fidel Castro

J’ai évoqué récemment les plans que trament les États-Unis pour imposer la supériorité absolue de leurs forces de l’air comme instrument de domination sur le reste du monde. J’ai mentionné le projet de doter celles-ci, d’ici 2020, de plus de mille bombardiers et chasseurs F-22 et F-35 de dernière génération dans le cadre de leur flotte de plus de 2 500 avions militaires, et de faire en sorte que, d’ici 2040, tous leurs avions de guerre soient pilotés par des robots.

 

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Les budgets militaires peuvent toujours compter sur l’aval de l’immense majorité des législateurs étasuniens. C’est à peine s’il existe un État de l’Union où l’emploi ne dépend pas en partie de l’industrie de guerre.

 

À l’échelle mondiale et à valeur constante, les dépenses militaires ont doublé dans les dix dernières années, comme si le danger de crise n’existait pas. C’est actuellement l’industrie la plus prospère de la planète.

 

En 2008, les budgets de la défense ont absorbé environ 1,5 billion de dollars. Ceux des États-Unis se sont montés à eux seuls à 607 milliards, soit 42% des dépenses militaires du monde, sans compter les dépenses de guerre, tandis que le monde compte aujourd’hui un milliard d’affamés.

 

Une dépêche de presse occidentale informait voilà deux jours qu’à la mi-août, l’armée étasunienne avait présenté un hélicoptère téléguidée ainsi que des robots capables de faire des travaux de sapeurs, dont 2 500 avaient été expédiés dans des zones de combat.

 

Une société de vente de robots a soutenu que les nouvelles technologies révolutionneraient la manière de conduire la guerre. En 2003, selon des publications, c’est à peine si les États-Unis possédaient des robots dans leur arsenal, et aujourd’hui, selon l’AFP, « ils comptaient 10 000 véhicules terrestres, ainsi que 7 000 dispositifs aériens, depuis le petit Raven qui peut être lancé à la main, jusqu’au géant Global Hawk, un avion-espion de treize mètres de long et de trente-cinq mètres d’envergure, capable de voler à grande altitude pendant trente-cinq heures ». La dépêche cite d’autres armes.

 

Tandis que les États-Unis font ces dépenses colossales en technologies de la mort, leur président sue sang et eau pour apporter des services de santé à cinquante millions d’Étasuniens qui en manquent. La confusion est telle que le nouveau président a affirmé :

 

« La réforme du système de santé est plus proche que jamais, mais la lutte devient féroce. »

 

« L’histoire est claire : chaque fois qu’une réforme de santé se profile à l’horizon, les intérêts particuliers luttent avec tout ce qu’ils ont à leur portée, font jouer leurs influences, orchestrent des campagnes publicitaires et recourent à leurs alliés politiques pour effrayer le peuple étasunien. »

 

Le fait est que huit mille personnes – la plupart au chômage, selon la presse – se sont réunies dans un stade de Los Angeles pour recevoir les soins gratuits d’une clinique itinérante qui prête service dans le Tiers-monde. La foule a passé la nuit là, certains provenant de centaines de kilomètres à la ronde.

 

« Que m’importe si c’est du socialisme ou non ! Nous sommes le seul pays au monde où nous n’avons rien, nous, les plus vulnérables », a dit une universitaire d’un quartier noir.

 

Selon les informations, une « prise de sang peut coûter 500 dollars et un traitement dentaire de routine, plus de 1 000 ».

 

Quelle espérance une société pareille peut-elle offrir au monde ?

 

Les lobbyistes du Congrès ratissent fort contre une simple loi qui prétend offrir des soins médicaux à des dizaines de millions de personnes pauvres, des Noirs et des Latinos dans leur immense majorité, qui en sont privés. Même un pays en butte à un blocus comme Cuba a pu le faire, voire coopérer avec des dizaines de pays du Tiers-monde.

 

Si les robots peuvent se substituer aux soldats impériaux dans leurs guerres de conquête, qui stoppera les sociétés transnationales dans leur quête de marchés où écouler leurs engins ? De même qu’elles ont inondé le monde de voitures qui font aujourd’hui concurrence à l’homme dans la consommation d’énergie non renouvelable, voire d’aliments convertis en carburants, elles peuvent tout aussi bien l’inonder de robots qui remplaceraient des millions de personnes à leurs postes de travail.

 

Les scientifiques feraient bien mieux de concevoir des robots capables de gouverner : ils épargneraient ainsi cette besogne horrible, contradictoire et confuse à l’administration et au Congrès des Etats-Unis.

 

Les robots le feraient sans aucun doute mieux et meilleur marché…

 

Source: Fidel Castro, Le Grand Soir

juin 09 2009

A qui profite le terrorisme ?

Mecanopolis

Le siècle dernier, l’histoire du terrorisme a démontré qu’il s’agit toujours, pour une faction politique, de manipuler des groupes terroristes en vue de provoquer un revirement avantageux de l’opinion publique dont le but peut être de renforcer des dispositifs policiers pour contrer une agitation sociale, présente ou prévisible, ou de déclencher une opération militaire offensive, et son cortège d’intérêts économiques, à laquelle s’oppose la majorité de la nation.

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Tout individu notoirement ennemi de l’organisation sociale ou politique de son pays, et, d’avantage encore, tout groupe d’individus contraint de se déclarer dans cette catégorie est connu de plusieurs services de renseignements. De tels groupes sont constamment sous surveillance. Leurs communications internes et externes sont connues. Ils sont rapidement infiltrés par un ou plusieurs agents, parfois au plus haut niveau de décision, et dans ce cas aisément manipulable. Cette sorte de surveillance implique que n’importe quel attentat terroriste ait été pour le moins permis par les services chargés de la surveillance du groupe qui le revendique, parfois encore facilité ou aidé techniquement lorsque son exécution exige des moyens hors d’atteinte des terroristes, ou même franchement décidé et organisé par ces services eux-mêmes. Une telle complaisance est ici tout à fait logique, eu égard aux effets politiques et aux réactions prévisibles de ces attentats criminels.

L’exaltation idéologique peut conduire à toutes sortes de crimes, et l’héroïsme individuel comme les assassinats en série appartiennent à toutes les sociétés humaines. Ces sortes de passions ont contribué depuis toujours à construire l’histoire de l’humanité à travers ses guerres, ses révolutions, ses contre-révolutions. On ne peut donc être surpris qu’un mitrailleur, un kamikaze ou un martyre commettent des actes dont les résultats politiques seront exactement opposés à ceux qu’ils prétendent rechercher, car ces individus ne sont pas ceux qui négocient sur le marché des armes, organisent des complots, effectuent minutieusement des opérations secrètes sans se faire connaître ni appréhendés avant l’heure du crime.

Mais il n’y a rien de nouveau à tout cela. Thucydide écrivait déjà, 400 ans avant Jésus-Christ, dans « La guerre du Péloponnèse » : « Qui plus est, ceux qui y prenaient la parole étaient du complot et les discours qu’ils prononçaient avaient été soumis au préalable à l’examen de leurs amis. Aucune opposition ne se manifestait parmi le reste des citoyens, qu’effrayait le nombre des conjurés. Lorsque que quelqu’un essayait malgré tout des les contredire, on trouvait aussitôt un moyen commode des les faire mourir. Les meurtriers n’étaient pas recherchés et aucune poursuite n’était engagée contre ceux qu’on soupçonnait. Le peuple ne réagissait pas et les gens étaient tellement terrorisés qu’ils s’estimaient heureux, même en restant muet, d’échapper aux violences. Croyant les conjurés bien plus nombreux qu’ils n’étaient, ils avaient le sentiment d’une impuissance complète. La ville était trop grande et ils ne se connaissaient pas assez les uns les autres, pour qu’il leur fût possible de découvrir ce qu’il en était vraiment. Dans ces conditions, si indigné qu’on fût, on ne pouvait confier ses griefs à personne. On devait donc renoncer à engager une action contre les coupables, car il eût fallut pour cela s’adresser soit à un inconnu, soit à une personne de connaissance en qui on n’avait pas confiance. Dans le parti démocratique, les relations personnelles étaient partout empreintes de méfiance, et l’on se demandait toujours si celui auquel on avait à faire n’était pas de connivence avec les conjurés ».

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Quoiqu’elle veuille s’en donner l’allure, l’action terroriste ne choisit pas au hasard ses périodes d’activités, ni selon son bon plaisir ses victimes. On constate inévitablement une strate périphérique de petits terroristes, dont il est toujours aisé de manipuler la foi ou le désir de vengeance, et qui est, momentanément, tolérée comme un vivier dans lequel on peut toujours pécher à la commande quelques coupables à montrer sur un plateau : mais la « force de frappe » déterminante des interventions centrales ne peut-être composée que de professionnels ; ce que confirme chaque détails de leur style.

L’incompétence proclamée de la police et des services de renseignements, leurs mea-culpa récurrent, les raisons invoquées de leurs échecs, fondées sur l’insuffisance dramatique de crédits ou de coordination, ne devraient convaincre personne : la tâche la première et la plus évidente d’un service de renseignements est de faire savoir qu’il n’existe pas ou, du moins, qu’il est très incompétent, et qu’il n’y a pas lieu de tenir compte de son existence tout à fait secondaire. Pourtant, ces services sont mieux équipés techniquement aujourd’hui qu’ils ne l’ont jamais été.

Aujourd’hui, les manipulations générales en faveur de l’ordre établi sont devenues si denses qu’elles s’étalent presque au grand jour. Pourtant, les véritables influences restent cachées, et les intentions ultimes ne peuvent qu’être assez difficilement soupçonnée, presque jamais comprises.

Notre monde démocratique qui, jusqu’il y a peu, allait de succès en succès, n’est aujourd’hui plus que l’arme idéologique d’une mécanique de domination, dont l’aboutissement du mensonge mondialiste pourrait devenir notre pire cauchemar.

Alors que nous sommes pris dans une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous ne devons pas perdre de vue que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreint, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables…

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Ce texte fut le premier que nous avons placé sur Mecanopolis, il y a bientôt trois ans.

D’ici quelques semaines, nous proposerons une nouvelle plateforme de ce site. Ces travaux importants entrainent un ralentissement de la publication de nos articles. Nous prions nos lecteurs de bien vouloir nous en excuser.

A la suite de cet article, nous placerons les Informations en Continu de la rédaction de Mecanopolis

22:30 > Terrorisme cubain : les ridicules accusations de l’Administration Obama

Au cours des huit ans de sa présence à la Maison Blanche, les bévues lexicales surprenantes ou les gestes curieux de W. Bush ont offert à ses observateurs de nombreuses occasions de se moquer de lui. Durant toutes ces années, adoptant une posture qui marie l’arbitraire avec l’immoralité, il a toujours inclus l’île antillaise dans la liste des soi-disant promoteurs du terrorisme.

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Qui sont les terroristes à Guantanamo ?

Doit-on penser que les assesseurs du nouveau président veulent le guider sur le même absurde chemin ? En un nouvel effort pour faire le ridicule aux yeux du monde entier, le gouvernement des États Unis a de nouveau « certifié » Cuba comme pays promoteur du terrorisme.

La réponse de Cuba a été rapide et précise : le ministre de relations Extérieurs, Bruno Rodriguez, a affirmé une nouvelle fois que le gouvernent nord-américain ne possède pas la moindre autorité politique ni morale pour dresser quelque liste que ce soit, ni pour « certifier » des bonnes ou des mauvaises conduites.

C’est Cuba qui, depuis 1959, a été victime du terrorisme exporté par les États-Unis sous forme de sabotages, d’invasions armées, de menaces nucléaires, d’attentats à ses dirigeants, de blocus économique, commercial et financier ainsi que de multiples agressions politiques, médiatiques, diplomatiques, ou autres.

Rien qu’entre octobre 1960 et avril 1961, l’Agence Centrale d’Intelligence (CIA) a introduit dans l’île 120 tonnes d’explosifs et d’armes au cours de 30 missions aériennes clandestines et 31 infiltrations maritimes.

Elle a également réalisé 110 attentats à la dynamite, posé 200 bombes, fait dérailler 6 trains, brûlé 150 usines et occasionné des incendies dans 800 plantations agricoles.
Jusqu’en 1997, ce sont 5 780 actions terroristes qui ont été organisées par les différentes administrations nord-américaines, parmi lesquelles on compte 804 actions de grande envergure et 78 bombardements dirigés contre la population qui ont fait des milliers de victimes. Les attentats terroristes ont coûté la vie à 3 478 cubains et ont causé l’invalidité permanente de 2 099 autres personnes.
Les autorités nord-américaines ont offert leur protection à un bon nombre de terroristes tranquillement installés au sud de la Floride. Ce sont deux d’entre eux, Orlando Bosch Ãvila et Luis Posada Carriles, qui ont dirigé l’équipe qui, en octobre 1976, a fait exploser en plein vol un avion de ligne de Cubana de Aviación. Cet attentat avait causé la mort de ses 73 passagers.
Deux sanglantes actions contre Cuba, l’invasion de Playa Giron (la baie des cochons), le 17 avril 1961, et les bombardements qui l’ont précédé, avaient été décidées et préparées par le gouvernement nord-américain. Elles ont occasionné la mort de 176 patriotes cubains, plus de 300 blessés et 50 personnes handicapées pour le reste de leur vie.

Le sabotage du bateau La Coubre, survenue le 4 mars 1960, à trois heures de l’après midi, en plein milieu du port de La Havane, a laissé une centaine de morts parmi lesquels on comptait des marins européens, des ouvriers et des soldats cubains.

En 1997, le terrorisme changea ses méthodes et opta pour l’organisation d’attentats aux explosifs dans des centres touristiques. Ces attentats ont été organisés par Posada Carriles et la Fondation Cubano-américaine, sous la houlette de la CIA. L’un de ces attentats a occasionné la mort d’un jeune touriste italien, Fabio di Celmo.

Peut-on ne pas voir la responsabilité des administrations nord-américaines successives dans cette suite de sanglants attentats ?
Est-il possible qu’après cinquante ans de faits semblables, ils essayent encore de travestir la réalité et de faire passer les victimes pour des criminels ? Le monde doit-il ignorer les pages du dossier de terrorisme d’état de gouvernements nord-américains successifs ?

A toutes ces questions, le politologue de ce pays, Noma Chomsky ajoute : « Que peut-on dire des coups d’état contre des démocraties naissantes dans des pays de la périphérie ? Ou des plans d’extermination d’opposants, comme en Indonésie où le plan Jakarta a coûté la vie à cinq cent mille indonésiens en quelques mois, dans les années soixante ?

Ou, plus récemment, les atrocités systématiquement commises par le Plan Condor, qui a causé des dizaines de milliers de morts, de disparitions, de tortures.
La liste pourrait être beaucoup plus longue. Il suffit de se rappeler de l’invasion de l’Irak ou de l’Afghanistan et des ordres donnés aux soldats de tuer, de torturer et le saccage des richesses du pays.

Le territoire de Cuba n’a jamais été utilisé pour organiser, pour financer ou pour exécuter des actes terroristes contre les États-Unis ni contre aucune autre nation. Le département d’État, qui qualifie injustement Cuba de « promoteur du terrorisme », ne peut pas en dire autant de son propre pays. Mais a-t-il été atteint par le syndrome de ridicule chronique ou par le dangereux virus de la calomnie ?

23:00 > Carte du terrorisme en 2009 rédigée par le Mossad

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Qui pourrait mieux anticiper le terrorisme que l’agence israélienne ?

Télécharger la carte : terrorism-map-2009.pdf

18:05 > L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé officiellement jeudi le déclenchement du niveau 6 d’alerte maximale face à la grippe porcine devenant la première pandémie du 21ème siècle, a indiqué sa directrice Margaret Chan soulignant que le virus A(H1N1) ne pouvait « Ãªtre arrêté ».

18:45 > L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a annoncé jeudi la première pandémie de grippe du siècle, a prévenu que les pays ayant connu une activité importante du virus A(H1N1) devaient s’attendre à une deuxième vague. (AFP)

19:00 > Phase 6

La menace planait depuis plusieurs semaines. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé jeudi de relever son niveau d’alerte pour l’épidémie de grippe A et de passer au seuil maximal, de 5 à 6. La grippe A devient ainsi la première pandémie mondiale du XXIe siècle. Mais l’OMS n’a pas voulu créer la panique, parlant d’une « pandémie modérée » qui n’entraîne pas dans l’immédiat de restriction généralisée de mouvement des personnes, biens et services.

La situation est d’ailleurs très différente d’un pays à l’autre. Ainsi, sur sa propre échelle d’alerte et de réaction face à une épidémie, la France n’a pas décidé dans l’immédiat d’aller au-delà du niveau 5A d’alerte déjà déclenché. Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, l’a confirmé dès jeudi soir. La cellule interministérielle de crise doit se réunir vendredi matin au ministère de l’Intérieur pour faire le point.

Une « pandémie » ne signifie d’ailleurs pas que le virus H1N1 est plus sévère mais que l’épidémie a gagné du terrain. Pour passer au niveau 6 d’alerte, les experts de l’OMS ont eu la certitude que la maladie s’était bien propagée dans une région autre que le continent américain, point de départ de l’épidémie. C’est notamment le cas en Australie. Les pays affectés doivent s’attendre à une deuxième vague, a aussi mis en garde l’OMS.

Que faire pour se protéger de la grippe A ? L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail a rappelé jeudi que les mesures d’hygiène individuelle, notamment le lavage des mains et le port du masque, restaient « absolument prioritaires ».

Au total, 27.737 personnes ont été affectées dans 74 pays. L’Organisation mondiale de la santé a recensé 141 morts. En France, 73 cas ont été répertoriés.

19:05 > L’OMS a confirmé plus de 1200 cas de grippe A/H1N1 au Chili en 24 heures.

19:20 > La directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan, a annoncé que les premiers vaccins contre le virus A/H1N1 ne seront pas prêts avant le mois de septembre.

Les quantités seront alors limitées et il faudra choisir quels groupes pourront bénéficier du vaccin.

19:45 > Le virus de la grippe porcine « va circuler dans le monde entier pendant un à deux ans », a prévenu jeudi l’Organisation mondiale de la santé, peu après avoir annoncé la première pandémie du siècle.

Le virus A(H1N1) « va circuler dans le monde entier pendant un à deux ans et va contaminer des gens sur un mode pandémique », a expliqué le numéro deux de l’OMS, Keiji Fukuda lors d’une conférence de presse.

21:00 > Compte tenu du flot d’informations qui nous parvient, nous poursuivrons un développement sur la pandémie A/H1N1 sur cette nouvelle page :

Ce n’est pas avec des émeutes de carrefour qu’on peut régénérer un monde usé qui s’est trompé dans sa destination

avr 27 2009

Pandémie de grippe nord-américaine A/H1N1 (deuxième partie)

San Francisco Chronicle, 10 janvier 1977

« Le mystère de 1971 »

Un rapport met en cause la CIA avec l’épidémie de Grippe porcine à Cuba.

Finalement le lien a fini par être fait entre la CIA et ses agents officiels en liaison avec des operations menées par des éléments terroristes ayant introduit le Virus de la Grippe porcine à Cuba en 1971. Six semaines après une explosion du fléau contraignait à sacrifier 500 000 porcs pour prévenir une épidémie sur tout le territoire cubain.

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Une source du Renseignement US déclarait à « Newsday », la semaine dernière, quelle avait, récupéré le virus dans un container anonyme dans une base d’entraînement de l’US Army et de la CIA située dans la Zone du canal de Panama, avec des instructions pour le transmettre à un Groupe anti-castriste.

L’épidémie de 1971, la première et seule fois ou le fléau a touché la partie Occidentale de l’Hémisphère Nord, a été étiqueté « Evenement le plus alarmant » de 1971 par la « United Nations Food and Agricultural Organization ». La Grippe porcine africaine est hautement contagieuse et c’est un virus mortel qui infecte uniquement les porcs, et comme d’autres grippes virales ne peut être transmissible aux hommes. Toute la production cubaine de porcs, une spécialité cubaine, a été stoppée, apparemment pour plusieurs mois. Un porte-parole de la CIA, Dennis Berend, en réponse à une demande de « Newsdays », à commenté : « Nous ne commentons pas les informations venant de sources inconnues, et plus anonymes».

C’est pourquoi le virus qui a touché Cuba reste un mystère pour les enquêteurs vétérinaires depuis l’épidémie. Des spéculations prétendent que le virus serait entré à Cuba dans les bagages d’un voyageur de commerce ou dans des saucisses vendues par un navigateur. Cependant, sur la base de nombreux interviews depuis plus de six mois avec des sources du Renseignement, des exiles cubains, et des scientifiques au sujet de l’épidémie, (qui survient deux ans après que le Président Nixon ait condamné le recours à la Guerre chimique et biologique), « Newsdays » est en mesure de resituer les témoignages sur les événements concernant l’épidémie.

La source, un Agent US du Renseignement, déclare qu’au début de 1971 il a pris possession du virus enfermé dans un container sans marques distinctives au « Fort Gulick », une base américaine de la Zone du canal de Panama. La CIA y est aussi présente et utilise « Fort Gulick » comme centre d’entraînement paramilitaire pour les personnels de carrière et les mercenaires La source déclare qu’il avait des instructions pour transmettre le container à des membres d’un groupe anticastriste. Ce container, remis à une autre personne dans la Zone du Canal, est parti par mer et acheminé sur un chalutier hors des eaux territoriales de panama. La source déclare aussi que le contenu n’avait pas été identifié par lui, plusieurs mois après l’épidémie. Il n’avait pas cherché à en savoir plus. Une autre personne impliquée dans l’opération, un exilé cubain, qu a demandé à ne pas être identifié, a déclaré qu’il était à bord du chalutier quand le virus a été transbordé au point de rendez vous près de « Bocas del Toro », à Panama. Il dit que le virus a été acheminé à « Navassa Island », une petite île déserte sous contrôle US, entre Haïti et la Jamaïque. De là, après que le navire ait fait brièvement halte, le container a été introduit à Cuba et remis à des agents sur la côte sud, près de la base de l’US Navy de « Guantanamo Bay » au mois de mars, toujours selon le passager du chalutier. La base est située à 100 miles au Nord de Navassa.

La personne du chalutier, qui a été entraînée par la CIA, et a menées d’autres missions pour la CIA, déclare qu’elle n’a reconnu à bord du chalutier aucun membre officiel de l’Agence lors de la remise du virus, mais il ajoute : « Nous étions bien payés pour cela et le groupe d’exilés ne manquait pas d’argent… »

Il declare qu’il a révélé l’opération car il est lui-aussi membre d’un groupe d’exilés qui a été soumis à une investigation criminelle en relation avec des activités terroristes en Floride. Son témoignage a été confirmé par un autre agent du Renseignement de Miami. Il déclare qu’il n’y a aucune preuve que l’opération ait été officiellement approuvée par la CIA mais ajoute : « Même si c’était le cas le Officiels de la CIA à Washington ont toujours un alibi plausible ».

L’enquête en référence aux assertions des exécutants implique une enquête fédérale sur ces actes terroristes commandités. Ces actes comprennent aussi des attentats à la bombe, et des assassinats, aux USA et à Cuba, menés par les exiles Cubains. Entraînés à l’origine par la CIA pour des opérations contre Cuba les exilés deviennent plus timorés lorsqu’ils pensent qu’il pourrait y avoir rapprochement entre Fidel Castro et les USA

San Francisco Chronicle

Traduit par Gilong, pour Bellaciao

Développement suit

00:20 > 19′876 visiteurs en trois jours sur notre précédente page, qui arrivait à saturation. Nous vous remercions de votre présence sur Mecanopolis :)

00:45 >Trente-trois lycéens français sont à New York dans le cadre d’un échange avec une école privée où 28 cas de grippe porcine ont été signalés, et deux d’entre eux ont présenté des symptômes grippaux et ont été traités au Tamiflu, a indiqué lundi le consul de France à New York.

00:55 > Si vous êtes insomniaque, vous pouvez visionner le film EndGame, d’Alex Jones. Mais ça ne risque pas de vous aider à trouver le sommeil ;)

La suite ici

Un lecteur nous signale une bibliographie documentée du film à cette adresse


01:25 > La Maison Blanche a assuré catégoriquement lundi que le président américain Barack Obama était revenu d’un récent voyage au Mexique, principal foyer de la grippe porcine, sans avoir contracté le mal, bien qu’il eût approché un officiel mort peu après sa visite.

La Maison Blanche a aussi dit n’avoir aucune raison de penser que les autorités mexicaines lui aient caché quoi que ce soit pour que M. Obama n’annule pas sa visite les 16 et 17 avril.

Les autorités mexicaines font aujourd’hui remonter les premiers décès autour du 13 avril.

Le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs, a été assailli de questions de la presse sur ce que l’administration savait quand le président a pris le chemin du Mexique, et sur les contacts entre M. Obama et le directeur du Musée national d’anthropologie de Mexico, Felipe Solis, en compagnie duquel M. Obama avait dîné le soir de sa visite le 16 avril et qui est mort depuis.

Le ministre mexicain de la Santé, Jose Angel Cordova, a indiqué dimanche dans la presse que M. Solis était mort de pathologies préexistantes. Un responsable médical de l’administration mexicaine, Carlos Tena, a précisé dans un communiqué que M. Solis souffrait de diabète, de déficience immunitaire et d’hypertension artérielle qui avaient précipité son décès.

01:40 > Un premier cas avéré de grippe porcine a été enregistré en Corée du Sud, a indiqué mardi l’agence de presse Yonhap.

01:45 > Les premières études indiquent un taux de mortalité de 7,5% pour les cas infectés par le virus A/H1N1 au Mexique.

01:46 > « Nous n’avons pas les infrastructures nécessaires pour faire face à un phénomène d’ampleur », avertit le virologue français Didier Raoult, alors que plusieurs cas de grippe porcine ont été confirmés lundi dans plusieurs pays européens voisins de la France.

A la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui assure que le pays est prêt à faire face à une éventuelle pandémie, le Pr Raoult, chef du laboratoire de virologie à l’hôpital de la Timone à Marseille, répond dans l’édition de mardi de « La Provence » que « tout en ayant un vaccin à disposition, on ne sait déjà pas gérer la grippe saisonnière en France! »

« Il y a chaque année plus de 2 millions de cas de grippe et 5.000 morts dans notre pays, alors imaginez ce qui peut se passer avec un nouveau variant et sans vaccin. On court à la catastrophe », dit-il.

Selon lui, « on réagit dans l’urgence, on met en place des cellules de crise, on dépense des millions pour des masques dont on ne sait même pas s’ils sont plus efficaces qu’un masque de papier, on met en place des politiques de défense immédiate, mais on ne structure rien ».

Comme il l’avait fait en 2002, dans un rapport au ministre de la Santé, le Pr Raoult préconise « un pré-acheminement des urgences et des infrastructures spécifiques pour accueillir les patients atteints de maladies infectieuses ».

« En France, nous n’avons ni l’habitude, ni les services, ni les circuits pour faire face à de telles épidémies. Aucune étude d’organisation n’a été faite. Que va t-on faire si nous devons répondre à un afflux de malades? Les mettre au milieu des autres urgences? », s’interroge-t-il.

« Cette épidémie est plus inquiétante que celle redoutée de grippe aviaire », poursuit-il. Il justifie cette crainte par trois raisons: « le passage des souches du porc à l’homme est très facile », « un des variants est résistant au Tamiflu » et enfin « les conditions d’une vaste propagation sont réunies » puisque la grippe « est survenue dans une mégapole, avec un aéroport qui dessert de très nombreuses destinations ».

07:00 > Point de la situation

La grippe porcine, qui aurait fait jusqu’à près de 150 morts au Mexique, s’est étendue aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne et en Espagne, faisant craindre aux autorités sanitaires une pandémie d’ampleur mondiale.

MEXIQUE: Au Mexique, foyer de l’épidémie, le gouvernement a annoncé un bilan aggravé de 149 décès dus de façon « probable » à la grippe porcine et 1.614 malades, dont 400 encore hospitalisés. Sur ce total, le nombre de morts liées de manière certaine au virus a été maintenu à 20. Les écoles et universités sont fermées et des masques de chirurgiens sont distribués dans la rue aux 20 millions d’habitants de Mexico.

ETATS-UNIS: Au total 44 cas confirmés de grippe porcine ont été décelés dans cinq Etats: New York, l’Ohio, le Kansas, le Texas et la Californie.

Selon les autorités sanitaires, l’augmentation n’est pas due à une propagation de la maladie, mais à une meilleure détection.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a indiqué que 28 élèves d’une école privée de New York étaient atteints de la grippe porcine, mais qu’il s’agissait du seul foyer d’infection dans la ville.

Trente-trois lycéens français sont à New York dans le cadre d’un échange avec cette école et deux d’entre eux, ainsi qu’un de leurs professeurs, ont présenté des symptômes grippaux, ont été traités et « vont bien », selon le consul de France à New York.

Le département de la Santé de l’Etat du Michigan a de son côté annoncé un probable cas de grippe porcine.

CANADA: Le Canada a annoncé six cas avérés de grippe porcine: quatre dans la province atlantique de Nouvelle Ecosse et deux en Colombie-Britannique, à l’ouest du pays. Il s’agit d’étudiants ayant participé à un voyage scolaire au Mexique dans la péninsule du Yucatan et leur infection va de « bénigne » à des symptômes « modérés ». Les autorités pensent qu’il y aura d’autres cas.

En Ontario, 10 à 12 personnes ont par ailleurs été placées sous surveillance mais aucun cas n’a été confirmé et les analyses se poursuivent.

GRANDE-BRETAGNE: Deux personnes hospitalisées dimanche soir en Ecosse sont les premiers cas confirmés de grippe porcine en Grande-Bretagne, a annoncé lundi la ministre écossaise de la Santé.

Sept autres personnes, parmi les 22 qui avaient été en contact avec les deux malades, ont développé de « légers symptômes », qui n’ont pas encore été confirmés comme des cas de grippe porcine, a-t-elle ajouté. Ces personnes sont traitées à domicile et non à l’hôpital.

ESPAGNE: La ministre de la Santé espagnole Trinidad Jimenez a annoncé lundi un cas confirmé de grippe porcine en Espagne chez un homme qui avait séjourné au Mexique, indiquant que c’était le premier cas avéré en Europe. Le nombre de cas suspects en Espagne a augmenté lundi pour s’établir à près d’une vingtaine.

BELGIQUE: Les tests réalisés sur six cas suspects de grippe porcine en Belgique se sont avérés négatifs.

Des tests menés sur une première personne qui s’était présentée dimanche chez son médecin avaient déjà donné lundi des résultats négatifs.

SUISSE: Cinq Suisses présentant des symptômes grippaux et de retour du Mexique font l’objet d’examens, a indiqué lundi le porte-parole de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) Jean-Louis Zürcher.

DANEMARK: Cinq personnes – de retour de séjours au Mexique et dans le sud des Etats-Unis – ont été placées en observation dans deux hôpitaux.

SUEDE: Au moins cinq personnes, dont certaines ont récemment voyagé au Mexique, font l’objet d’examens pour déterminer si elles ont ou non attrapé le virus, selon Mia Brytting, une responsable de l’Institut suédois pour le contrôle des maladies infectieuses.

FRANCE: Quatre nouveaux cas sont « en cours d’investigation »; Il s’agit de personnes ayant voyagé au Mexique ou dans le sud des Etats-Unis. Six autres cas ont été écartés lundi matin.

BULGARIE : Les services vétérinaires du gouvernement bulgare ont ordonné lundi « le renforcement des contrôles vétérinaires sur les importations de viande en provenance des pays non membres de l’Union européenne, comme une mesure de prévention contre la propagation de la grippe porcine », a annoncé le directeur des services Yordan Voynov. Aucun cas suspect n’y a cependant été signalé.

AUTRICHE : L’Autriche dispose de suffisamment de stocks de Tamiflu et de masques de protection pour faire face à une éventuelle irruption de la grippe porcine, a indiqué lundi l’Ordre des pharmaciens. Il a précisé n’avoir relevé aucune inquiétude particulière de la population pour l’heure.

HONGRIE : La surveillance a été renforcée à l’aéroport de Budapest. Les passagers présentant des symptômes suspects pourront être immédiatement auscultés et, le cas échéant, mis en quarantaine, selon le chef du Bureau national de la santé, Ferenc Falus.

COLOMBIE: Les autorités sanitaires colombiennes ont placé sous surveillance 12 personnes arrivées du Mexique présentant des symptômes de grippe mais qui ne sont pas dans un état grave. Pour huit autres personnes examinées, les analyses ont été négatives.

Le gouvernement a décidé de placer le pays en « situation de désastre national », afin de lutter plus efficacement contre l’épidémie. Bogota a également étendu ses contrôles aux aéroports et ports, y compris sur les bateaux de croisière.

BRESIL: Le président Luiz Inacio Lula da Silva a assuré lundi qu’il n’y avait aucun cas de grippe porcine au Brésil, les deux cas suspects détectés ne semblant pas être confirmés. « La grippe n’a pas atteint le Brésil », a-t-il affirmé.

PEROU : Un premier cas est suspecté au Pérou après l’hospitalisation d’un homme qui rentrait lundi du Mexique.

BOLIVIE : La Bolivie s’est placée lundi en état d’ »alerte sanitaire », avec pour première mesure concrète des postes de surveillance médicale aux aéroports.

ISRAEL : Un homme de 40 ans, revenu récemment du Mexique et présentant des symptômes de grippe a été hospitalisé lundi et placé en quarantaine. Un jeune homme de 26 ans présentant des symptômes similaires après son retour du Mexique avait été hospitalisé dimanche dans un autre établissement, même si selon des sources hospitalières, « au vu des premiers examens », il ne semblait pas souffrir de grippe porcine.

HONG KONG: Une femme de 27 ans arrivant de Californie (Etats-Unis) et hospitalisée à Hong Kong avec des symptômes similaires à ceux de la grippe porcine a été déclarée comme atteinte simplement d’une grippe, ont annoncé les autorités sanitaires. Deux autres cas suspects s’étaient auparavant eux aussi révélés négatifs.

NOUVELLE-ZELANDE: neuf lycéens néo-zélandais et un enseignant, qui présentaient des symptômes après un séjour de trois semaines au Mexique, sont « probablement » atteints de la grippe porcine, sans que cela soit encore confirmé, selon le ministre néo-zélandais de la Santé, Tony Ryall.

Ils faisaient partie d’un groupe de 25 personnes d’un collège d’Auckland placé en quarantaine samedi à leur retour du Mexique.

Le gouvernement a par ailleurs annoncé mardi étudier 56 cas potentiels de grippe porcine parmi des voyageurs récemment rentrés du Mexique et des Etats-Unis.

COREE DU SUD: Un citoyen sud-coréen rentré récemment du Mexique a été identifié comme le premier cas « potentiel » de grippe porcine dans le pays, a indiqué mardi l’agence de presse Yonhap, citant un responsable non identifié.

07:20 > Un médecin nous fait remarquer, sur notre groupe Facebook, que le Tamiflu s’étant avéré innéfficace cette année pour combattre la grippe saisonnière, comme le relève cet article, on peut douter qu’il soit très utile contre le A/H1N1.

07:27 > Intervention  et explication  de Didier RAOULT

Pourquoi le virus de la grippe porcine est-il apparu au Mexique ?

Ce n’est pas parce que le virus de la grippe porcine est apparu au Mexique qu’il y est né. Plusieurs souches de virus, capables de se recombiner entre eux (échanger leur gènes) et de muter, circulent à travers le monde. Ils peuvent émerger n’importe où. Le plus gros réservoir se trouve aujourd’hui en Asie, dans le sous-continent indien et en Chine. Souvent, les premiers mutants de virus apparaissent dans les élevages de volailles de cette région. Les oiseaux et les cochons cohabitent souvent dans les mêmes basse-cours. A force de promiscuité, certains virus finissent donc par s’adapter aux porcs. La transmission à l’homme est alors facilitée, parce que nos défenses immunitaires sont plus proches de celles du cochon que de celles des oiseaux. Le risque d’avoir un mutant transmissible d’homme à homme est donc plus important à partir d’une infection par un virus porcin. C’est beaucoup plus inquiétant d’avoir une épidémie porcine qu’une épidémie aviaire.

Comment se propage un virus comme celui de la grippe porcine ?

Il y a trois étapes : d’abord, l’épidémie qui se déclenche chez les animaux (l’épizootie), puis la transmission de l’infection de l’animal à l’homme (la zoonose), enfin l’épidémie inter-humaine.

Le virus de la grippe aviaire n’a jamais vraiment passé le stade de la zoonose. La grippe porcine, par contre, se développe aujourd’hui par transmission d’homme à homme. Reste à connaître le ratio de transmissibilité du virus, c’est-à-dire son degré de contagiosité. Pour les maladies infectieuses respiratoires, une personne malade transmet en moyenne le virus à deux personnes. Ce taux est de vingt-trois pour un avec la rougeole.

En fonction du taux de contagiosité, le virus peut se multiplier à une vitesse exponentielle. Près d’un milliard de personnes prennent l’avion chaque année. Une étude allemande a démontré que 72 % des passagers attrapent un virus respiratoire lors d’un vol de plus de quatre heures. La dernière épidémie de grippe humaine qui a suivi une grippe porcine a fait deux millions de morts : c’était la grippe asiatique en 1957.

Que se passe-t-il quand le virus mute ?

C’est beaucoup plus dificile de connaître le taux de transmission une fois que le virus a muté. Chaque mutant a son propre génie dynamique, sa propre capacité à se multiplier. Ça devient très compliqué de faire des prédictions. Les modélisations sont toujours basées sur des analyses rétrospectives qui négligent une chose : les vivants sont toujours différents. Les médicaments dont nous disposons aujourd’hui sont efficaces s’ils sont prescrits très tôt. C’est beaucoup plus compliqué quand les gens deviennent contagieux.

Comment peut-on lutter contre ces virus mutants qui se transmettent d’homme à homme ?

La France est très en retard en ce qui concerne la lutte contre les infections respiratoires. Ne serait-ce que pour la grippe traditionnelle… Il existe aujourd’hui un vaccin et la plupart des gens sont immunisés contre le virus. Pourtant, c’est une maladie qui fait en moyenne 5 000 ou 6 000 morts par an en France. Les personnes âgées et les nouveaux-nés sont les plus touchés, mais tout le monde est exposé. Le jour où apparaîtra un mutant grippal dont la population n’est pas protégée par la vaccination, ce sera un désastre. Nous n’avons pas aujourd’hui les structures adéquates et nous connaissons mal les conditions de transmission.

Quels sont les pays les plus armés pour résister à ce genre d’épidémie ?

Les plus avancés sont les Chinois. Pour juguler l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), ils ont construit un hôpital doté de 600 lits à l’isolement et développé des services pour la prise en charge des malades contagieux. En Italie, il y a deux hôpitaux avec des dispositions similaires. En France, nous ne sommes mêmes pas capables d’enrayer des épidémies comme la gastro-entérite et la grippe tarditionnelle.

L’épidémie liée à la grippe porcine, qui aurait fait plus de 150 morts au Mexique, continue de se propager avec la confirmation de cas en Nouvelle-Zélande et en Israël, alors que l’Organisation mondiale de la santé a relevé son niveau d’alerte.

16:30 > Les faits marquants du jour

- Le bilan « probable » au Mexique grossit à 152 morts.

- Trois cas de grippe porcine confirmés en Nouvelle-Zélande, un cas en Israël, le premier au Proche-Orient. Un deuxième cas confirmé en Espagne. Tous revenaient du Mexique.

- Un premier cas suspect de grippe porcine en Corée du Sud, trois cas suspects en Allemagne, quatre à Hong-Kong, en Australie le nombre de cas potentiels est passé de 17 à 70.

- Prêt de la Banque mondiale de « plus de 205 millions de dollars au Mexique » pour lutter contre l’épidémie.

- Au Japon, durcissement des conditions d’octroi des visas aux Mexicains. Tokyo, Londres et Paris déconseillent les voyages au Mexique. Le voyagiste Thomas Cook annule tous ses voyages vers Cancun.

- La Commission européenne juge prématuré de préconiser une limitation des déplacements vers les pays touchés par le virus.

- La commissaire européenne à la Santé Androulla Vassiliou souhaite tenir mercredi une réunion avec les principaux groupes pharmaceutiques pour un point sur les possibilités de riposte.

- Bourses asiatiques et européennes en baisse. Recul du prix du pétrole ainsi que des valeurs liées au tourisme ou aux transports, hausse des valeurs pharmaceutiques.

17:00 > L’OMS pourrait actionner la phase 5 d’alerte pandémique dans la nuit

La découverte de cas de grippe porcine aux Etats-Unis sur des personnes n’ayant pas séjourné au Mexique signifierait que la maladie se transmet de manière autonome en dehors de ce pays et justifierait le passage à la phase 5 de l’alerte pandémique, a annoncé mardi l’Organisation mondiale de la santé.

« S’il y a une confirmation de cas de (transmission) locale aux Etats-Unis, nous pourrions en principe passer à la phase 5″, a expliqué lors d’un point de presse Gregory Hartl.

Le passage de la phase 4 à la phase 5, avant-dernier niveau de l’échelle d’alerte de l’OMS avant la déclaration de la pandémie, signifie que celle-ci est non seulement imminente mais surtout inévitable. Le critère principal de son déclenchement, selon les procédures de l’OMS, est l’existence de deux foyers distincts dans deux pays différents d’une même région.

17:30 > Le Center For Infectious Disease Research & Policy, de l’université du Minnesota indique sur son site que deux enfants, tombés malades à la fin du mois de mars dernier, auraient été positifs au virus A/H1N1. Le virus circule donc depuis un bon moment, et pas seulement au Mexique. Merci à Charles A. de nous nous avoir fait parvenir cette info par email > redaction@mecanopolis.org

17:35 > Tous les restaurants de Mexico doivent fermer, a-t-on annoncé mardi matin à la municipalité.

17:50 > Les 35′000 restaurants de Mexico seront effectivement fermés jusqu’au 5 mai, selon bloomberg.com

18:00 > 37 cas suspects en Ecosse, 20 en France

18:15 > Les autorités sanitaires américaines ont indiqué mardi que 64 cas de grippe porcine avaient été confirmés dans cinq Etats, et que plusieurs personnes atteintes avaient été hospitalisées, précisant que la situation évoluait rapidement.

Le précédent bilan des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) faisait état lundi de 40 cas confirmés dans les mêmes cinq Etats et d’une seule hospitalisation.

Les nouveaux cas recensés par les CDC proviennent principalement de New York, où 45 personnes sont désormais atteintes. Les autres cas se trouvent en Californie (10), Texas (6), Kansas (2), Ohio (1).

« La grippe porcine humaine continue de s’étendre aux Etats-Unis et dans le monde. Aujourd’hui (mardi), les CDC rapportent de nouveaux cas confirmés de grippe porcine et un certain nombre d’hospitalisations de patients atteints de grippe porcine », indiquent les autorités sanitaires dans le communiqué, précisant qu’il s’agit d’une situation qui évolue rapidement ».

19:00 > Les vols à destination du Mexique pourraient être suspendu dès demain.

19:20 > Le métro de Mexico-City, qui transporte tous les jours 4,5 millions de personnes, pourrait fermer à son tour, selon la municipalité.

19:25 > Un cas de grippe pA/H1N1 a été confirmé mardi dans un sixième Etat américain, l’Indiana (nord) et les autorités sanitaires ont précisé que ce patient ne revenait pas du Mexique, épicentre de l’épidémie, contrairement aux autres malades.

19:30 > Point sur la situation

La grippe porcine a continué à progresser mardi avec deux nouveaux pays touchés, Israël et la Nouvelle-Zélande, et des dizaines de cas confirmés dans le monde, ce qui a conduit l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à maintenir un niveau d’alerte élevé.

Au Mexique cependant, foyer de l’épidémie et seul pays où des cas mortels ont été recensés, les autorités ont évoqué pour la première fois lundi soir un espoir de ralentissement de la propagation de la maladie.

Le ministre de la Santé, José Angel Cordova, a expliqué que le nombre des décès suspects est passé de six samedi à cinq dimanche et trois lundi.

Le Mexique a annoncé que la grippe porcine avait déjà fait 20 morts avérés sur son territoire, mais que le bilan pourrait s’élever à 152.

L’OMS a présenté mardi après-midi un un bilan bien moins alarmiste, en faisant état de 79 cas confirmés de grippe porcine dans le monde au total, sans préciser le nombre de morts.

Avec 40 cas confirmée, les Etats Unis ont selon l’OMS le plus lourd bilan confirmé, devant le Mexique, foyer de l’épidémie (26 cas), le Canada (6), la Nouvelle-Zélande (3), le Royaume Uni (2) et l’Espagne (2).

Les autorités sanitaires américaines annonçaient de leur côté 64 cas de grippe porcine, précisant que la situation évoluait rapidement.

Deux cas humains non mortels ont également été diagnostiqués par les autorités nationales en Israël, officiellement atteinte pour la première fois mardi comme la Nouvelle-Zélande.

Alors que de nombreux pays ont pris des mesures de prévention, l’OMS restait mardi après-midi « en phase d’alerte 4″, a indiqué son numéro deux, le Dr Keiji Fukuda, en soulignant que « la possibilité » de pandémie « est prise très au sérieux ».

L’organisation était passé lundi soir de 3 à 4 sur son échelle du niveau d’alerte, qui en compte 6, signifiant « une montée en puissance significative » du risque de pandémie.

Nombre des malades sont des voyageurs de retour du Mexique.

L’OMS pourrait par exemple « passer à la phase 5″ en cas de confirmation de cas avérés endogènes aux Etats-Unis, a précisé un de ses porte-paroles, Gregory Hartl. Un passage à la phase 5, avant-dernier niveau avant la déclaration de la pandémie, signifie que celle-ci est non seulement imminente mais surtout inévitable.

L’OMS a par ailleurs annoncé que quatre laboratoires dans le monde étaient à des « stades différents » de travail sur une souche virale pouvant servir de précurseur d’un vaccin contre la grippe porcine.

L’organisation ne recommande pas jusqu’à présent de restreindre les déplacements, tout comme la Commission européenne, à l’inverse de la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Italie ou le Canada qui ont déconseillé mardi les voyages aux Mexique.

Plusieurs voyagistes britanniques et les tours-opérateurs français ont annulé ou suspendu leurs départs pour le Mexique.

Le Mexique a continué à resserrer son dispositif de prévention. La fermeture des établissements scolaires a été étendue à l’ensemble du pays, et les restaurants de Mexico fermés au public.

Aux Etats-Unis, onze millions de traitements antiviraux doivent être distribués.

Le virus, qui touche essentiellement « des jeunes adultes en bonne santé », selon les autorités mondiales de la santé, se transmet par voie respiratoire, d’homme à homme, mais pas en mangeant de la viande de porc.

Les symptômes (fièvre, maux de tête, courbatures) sont similaires à ceux de la grippe saisonnière qui tue chaque année dans le monde entre 250.000 et 500.000 personnes.

Signe de l’inquiétude des autorités sanitaires, des cas suspects ont été placés en observation partout à travers le monde, dont 20 en Espagne, 20 en France, une quinzaine en Grande-Bretagne, 70 en Australie, un en Corée du Sud, un en France, deux en Allemagne, d’autres en Italie, en Irlande, en Suisse, au Danemark, en Suède, aux Pays-Bas, en Autriche, au Brésil, au Pérou, en Colombie, en Nouvelle-Zélande, en Thaïlande.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays à mettre en place des contrôles sanitaires aux aéroports et aux frontières, jugés toutefois inefficaces par l’OMS.

Plusieurs pays ont suspendu toutes ou partie de leurs importations de porc, comme la Chine, la Russie, l’Ukraine, la plupart des pays des Balkans, la Thaïlande, l’Indonésie et le Liban, visant pour la plupart la viande en provenance du Mexique ou des Etats-Unis.

Les craintes de pandémie ont continué à peser mardi sur les Bourses européennes et le marché pétrolier, comme elles l’avaient fait déjà lundi.

19:35 > La France élève son niveau d’alerte au stade de pré-pandémie.

19:55 > ALERTE > L’OMS prévoit entre 2 et 7,4 millions de morts.

20:15 > Sur le site de l’OMS : Current epidemiological models project that a pandemic could result in 2 to 7.4 million deaths globally. > http://www.who.int Merci à Piero F. de nous avoir fait parvenir cette information depuis notre groupe Facebook

20:35 > Etat d’urgence proclamé en Californie (USA)

21:05 > Récapitalatif des cas sur ce site

21:20 > Enquête sur deux décès suspects à Los Angeles

Les autorités en Californie (ouest) enquêtent sur les causes de deux décès récemment constatés dans la région de Los Angeles et qui pourraient être liés à la grippe porcine, a-t-on appris mardi auprès de l’institut médico-légal régional.

Des analyses sont en cours pour déterminer les causes de la mort de deux personnes, l’une le 22 avril à Norwalk, à 25 km au sud-est de Los Angeles, et l’autre lundi à Bellflower, à quelques kilomètres de là, selon le porte-parole de l’institut, Ed Winter.

Les deux personnes décédées, des hommes qui avaient respectivement 45 et 33 ans, présentaient des symptômes correspondant à ceux de la grippe. Des analyses de prélèvements doivent déterminer si elles avaient été infectées par la souche du virus de la grippe porcine, dont l’épicentre est situé au Mexique.

Si ces deux décès sont bien dus à ce virus, ce seront les premiers enregistrés aux Etats-Unis depuis le début de la crise sanitaire mondiale. Les autorités du Mexique ont pour leur part affirmé que le virus pourrait avoir fait jusqu’à 152 morts dans leur pays.

Jusqu’ici, sur une soixantaine de cas aux Etats-Unis, 11 ont été identifiés en Californie, qui partage avec le Mexique l’une des frontières les plus franchies au monde: dix cas ont été enregistrés dans le sud de l’Etat et un dans la région de Sacramento, la capitale administrative à 800 km au nord de la frontière.

Le comté de Los Angeles, qui s’étend sur 10.500 km2, est le comté américain le plus peuplé des Etats-Unis, avec plus de 10 millions d’habitants.

23:15 > La grippe porcine a continué à progresser mardi avec trois nouveaux pays touchés – Israël, la Nouvelle-Zélande et le Costa Rica – et des dizaines de cas confirmés dans le monde, ce qui a conduit l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à maintenir un niveau d’alerte élevé.

Au Mexique, foyer de l’épidémie et seul pays où des cas mortels ont été recensés, la grippe porcine avait déjà fait 20 morts avérés mais le bilan pourrait s’élever à 152.

faisant état de 79 cas confirmés de grippe porcine dans le monde au total, sans préciser le nombre de morts.

l’OMS, avec 40 cas de grippe porcine confirmés, les Etats Unis ont le plus lourd bilan, devant le Mexique (26 cas), le Canada (13), la Nouvelle-Zélande (3), le Royaume Uni (2) et l’Espagne (2).

Pour la première fois au Proche Orient, deux cas humains non mortels ont également été diagnostiqués en Israël. Le Costa Rica, avec un cas avéré, a été le premier pays d’Amérique centrale touché mardi, comme la Nouvelle-Zélande, dans la zone Pacifique.

Les autorités sanitaires américaines annonçaient de leur côté 65 cas de grippe porcine, précisant que la situation évoluait rapidement.

Six Etats américains sont concernés, dont la Californie. L’état d’urgence y a été décrété après deux morts suspectes, dont l’une s’est finalement révélée sans lien avec le virus. Le directeur des Centres de maladie et de prévention américains (CDC), Richard Besser, a averti que la grippe porcine risquait de provoquer des morts aux Etats-Unis.

Signe de l’inquiétude américaine, le président Barack Obama a exhorté le Congrès à débloquer 1,5 milliard de dollars pour renforcer les capacités de réaction des Etats-Unis face à une potentielle aggravation de l’épidémie.

Alors que de nombreux pays ont pris des mesures de prévention, l’OMS est restée mardi « en phase d’alerte 4″, selon son numéro deux, le Dr Keiji Fukuda, pour qui « la possibilité » de pandémie « est prise très au sérieux ».

L’OMS pourrait par exemple « passer à la phase 5″ en cas de confirmation de cas avérés endogènes aux Etats-Unis, a précisé un de ses porte-paroles, Gregory Hartl. Un passage à la phase 5, avant-dernier niveau avant la déclaration de la pandémie, signifie que celle-ci est non seulement imminente mais surtout inévitable.

Nombre des malades avérés sont des voyageurs de retour du Mexique. A l’exception d’un patient américain, dans l’Indiana.

L’organisation ne recommande pas jusqu’à présent de restreindre les déplacements, tout comme la Commission européenne, à l’inverse de la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Italie ou le Canada qui ont déconseillé les voyages aux Mexique.

Plusieurs voyagistes britanniques, les tours-opérateurs français et le canadien Air Transat, l’un des premiers voyagistes du monde, ont annulé ou suspendu leurs départs pour le Mexique. Cuba les a également suspendus pour 48 heures.

Le Mexique a quant à lui continué à resserrer son dispositif de prévention. La fermeture des établissements scolaires a été étendue à l’ensemble du pays. A Mexico, où les musées, théâtres, cinémas, zoos et parcs d’attractions étaient fermés depuis le week-end, la mairie a décrété également la fermeture des bars, cafés, restaurants et dancings.

Les députés mexicains ont siégé mardi à huis clos, portant pour la plupart le petit masque chirurgical devenu le symbole de la grippe porcine. Une élue l’a même conservé pour son allocution au micro.

Le virus, qui touche essentiellement « des jeunes adultes en bonne santé », selon les autorités mondiales de la santé, se transmet par voie respiratoire, d’homme à homme, mais pas en mangeant de la viande de porc.

Les symptômes (fièvre, maux de tête, courbatures) sont similaires à ceux de la grippe saisonnière qui tue chaque année dans le monde entre 250.000 et 500.000 personnes.

Signe de l’inquiétude des autorités sanitaires, des cas suspects ont été placés en observation partout à travers le monde.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays à mettre en place des contrôles sanitaires aux aéroports et aux frontières, jugés toutefois inefficaces par l’OMS.

Plusieurs pays ont suspendu toutes ou partie de leurs importations de porc, comme la Chine, la Russie, l’Ukraine, la plupart des pays des Balkans, la Thaïlande, l’Indonésie, l’Equateur et le Liban, visant pour la plupart la viande en provenance du Mexique ou des Etats-Unis.

Les craintes de pandémie ont continué à peser mardi sur les Bourses européennes et le marché pétrolier, comme elles l’avaient fait déjà lundi.

23:25 > Tableau réactualisé du Center for Disease Control and Prevention

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23:30 ALERTE > Selon les autorités New Yorkaises, il y aurait plusieurs centaines de cas suspects à New York.

23:40 > France : deux cas confirmés à Paris

23:42 > Israël : trois cas confirmés

23:45 > Suisse : sept cas confirmés. Les chiffres évoluant constamment, nous ferons un point global sur les nouveaux cas de contamination par pays à 01:00, de sorte à ne pas réactualiser cette page toutes les trois minutes.

23:50 > Le NY Times confirme : plusieurs centaines de cas en observation à New-York

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Nouvelle carte légendée (cliquez sur les icônes) > http://maps.google.com/maps

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;)

Mercredi 29 avril 2009

00:05 > Le Mexique pourrait être placé en quarantaine d’ici une douzaine d’heures, ce qui signifierait un blocage de tous les accès transfrontalier, ainsi que des voies portuaires et aéroportuaires pour ce pays.

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Cliquez sur le tableau pour l’agrandir

00:10 > Selon les experts du CDC, le passage au niveau 5 du risque de pandémie dans le 24 prochaines heures est inévitable.

00:23 > Bonsoir aux insomniaques ;) En attendant de trouver le sommeil nous vous proposons le film The Obama Deception, qui n’est pas forcément sans rapport…

La suite se trouve ici


swinwswissDes fioles contenant des souches du vaccin H1N1 ont explosé dans un train suisse hier

swinwswiss2Vous avez dit étrange ? Comme c’est bizarre…

00:35 > Comme nous l’indiquions hier, à 23:55, des fioles contenant des souches du virus H1N1 ont explosé dans un train en Suisse (entre Saint-Gall et Genève). Nous préparons un article sur ce sujet. Entre temps vous pouvez visionner le document vidéo de la Télévision suisse romande.

00:45 > Le Sénat américain vient de confirmer Kathleen Sebelius comme secrétaire à la Santé de l’administration Obama, qui va devoir s’attaquer d’emblée à une vaste réforme de la protection santé et à une épidémie de grippe porcine.

Gouverneur du Kansas (centre), Kathleen Sebelius avait été désignée après que le secrétaire à la Santé choisi initialement par M. Obama, Tom Daschle, a été contraint de renoncer au poste en raison d’ennuis avec le fisc.

Fin mars, devant la commission de la Santé présidée par le sénateur Edward « Ted » Kennedy, Mme Sebelius avait affirmé qu’elle partageait « la conviction du président (Obama) que (…) la réforme du système de protection santé ne peut pas attendre, ne doit pas attendre, n’attendra pas une année de plus ». Bonne chance Mam’Sebelius… ;)

01:00 > Nous sommes en tain de mettre à jour une très longue liste  des contaminations probables et avérées, selon nos sources. Elle sera en ligne d’ici une dizaine de minutes.

01:25 > Une liste complète ne peut tenir sur cette seule page. Nous allons créer un tableau Excel à télécharger, que nous réactualiserons une fois par jour. Extrait :

CALIFORNIA San Diego County
30/03/2009 boy aged 10 years who lives in San Diego County /  confirmed

CALIFORNIA Imperial County

28/03/2009 girl aged 9 years who resides in Imperial County / confirmed

CALIFORNIA San Diego County

15/03/2009 brother aged 8 years / confirmed

CALIFORNIA Imperial County

01/04/2009 brother aged 13 years / confirmed

CALIFORNIA Imperial County
25/03/2009 male cousin aged 13 years / confirmed

CALIFORNIA Imperial County
12/04/2009 A woman aged 41 / confirmed

TEXAS Guadalupe County Cibolo
10/04/2009 two 16-year-old Steele High School students / confirmed

A woman aged 41 years / confirmed

TEXAS Guadalupe County Cibolo

14/04/2009 two 16-year-old Steele High School students / confirmed

CALIFORNIA San Diego Country

05/04/2009 adolescent girl aged 16 years and her father aged 54 years went to a San Diego County clinic / confirmed

CALIFORNIA San Diego County
06/04/2009 her father aged 54 years went to a San Diego County clinic / confirmed

MEXICO San Lusi Potosi
24/04/2009 3 deaths and 24 symtomatic

MEXICO San Luis Potosi
24/04/2009 3 deaths and 24 symtomatic

MEXICO Mexico City
24/04/2009 57 deaths and 1400 symtomatic

Notez que, comme nous l’indiquions hier déjà, les premiers cas connu d’infection au A/H1N1 ont eu lieu en Californie, fin mars, et non au Mexique.

01:45 > Nos source sont fiables : nous indiquions à 19:55 un risque potentiel de cécès pour une fourchette de 2 à 7,4 millions de personnes. Reuters vient de faire paraître un communiqué qui va dans ce sens. Reprenez les informations que nous avons publié samedi ou dimanche, elles ont toutes été confirmées.  Nos sources ont simplement une longueur d’avance.

02:00 > Selon le NY Times, les écoles et universités de New York City, du Texas, de la Californie, de l’Etat de la Caroline du sud, du Connecticut et de l’Ohio seront fermées dès mercredi.

02:20 > Le comité d’urgence de l’OMS confirme qu’il se réunira demain à Genève pour évaluer la situation et, vraisemblablement, élever le niveau de pandémie en phase 5 (voir notre tableau placé à 00:05).

02:40 > Cuba en état d’alerte. La Défense civile cubaine a été placée mardi en état d’alerte pour prévenir l’apparition de la grippe porcine sur l’île des Caraïbes, a rapporté la télévision cubaine. Les autorités cubaines avaient annoncé plus tôt mardi avoir suspendu pour 48 heures toutes les liaisons aériennes avec le Mexique, foyer de la grippe porcine, et renforcé les contrôles dans les ports et aéroports.

02:45 > L’Argentine a décidé de suspendre l’atterrissage des vols en provenance de Mexico jusqu’à lundi prochain, a indiqué mardi soir le chef du gouvernement argentin Sergio Massa, en annonçant une série de mesures destinées à faire face à l’épidémie de grippe porcine.

04:00 > Elisabeth Casagrande, professeur de microbiologie au Brésil et membre de notre groupe Facebook sur le A/H1N1, nous fait un petit topo :)

INFLUENZA
Le virus pénètre dans le Système Respiratoire à travers de petites gouttes.
Se lie aux cellules épithéliales à travers des récepteurs pour l’Acide sialique.
Le virus d’influeza ne se propage pas pour des tissus internes. Ils sortent des cellules pour l’espace aérien du Système respiratoire. Ils infectent des epitélios
Les symptômes initiaux se produisent dû aux dommages que le virus provoque dans les cellules pendant leur cycle de vie.
Aussi dû à inflammation.
Des symptômes apparaissent 1 à 3 jours après l’infection dû à libération de citocinas des particules virales qui blessent des cellules
Quand les cellules sont blessées particules virales ils infectantes peuvent être libéré.
Des méthodes diagnostiques détectent des particules tournez dans des cellules de gorge le 1 ou de 2 jours après le commencement de l’infection
Il taxe moyenne de multiplication de à la majorité du virus est inférieur à 1 heure. Ainsi dans 24 heures existe un nombre très grand de particules
Je crois qu’avant les symptômes (coriza, toux calafrios, fièvre et douleurs) le patient élimine des particules infectantes.

Des toux et des éternuements transmettent plus gouttes, néanmoins la parole (conversation) aussi est émetteuse

C’est une infection qui se propage rapidement.

Madame Casagrande nous informe qu’elle répondra volontiers aux questions que vous voudrez bien placer dans les commentaires, et que nous lui feront parvenir. Les réponses seront publiés à la suite de cette page.

04:10 > Selon l’OMS, un milliard et demi de personnes pourraient être contaminées

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jusqu’à un milliard et demi de personnes à travers le monde pourraient être contaminées par la grippe porcine si cette maladie qui s’est initialement manifestée au Mexique dégénère en pandémie, rapportent mardi les médias russes.

Les experts estiment qu’en cas de pandémie, le virus se propagerait en 18-24 mois d’une ville à une autre, en affectant plus d’un tiers de la population mondiale. Les représentants de l’OMS supposent qu’environ un milliard et demi de personnes s’adresseront dans ce cas à leur médecin, et que près de 30 millions d’autres seront hospitalisées. Ria Novosti

11:05 > Comme nous l’indiquions hier soir à 23:42, deux autre cas supplémentaires ont été confirmés en Israël, dont un enfant de 9 ans, ce qui porte à 3 le nombre de personnes infectées par le virus A/H1N1 dans ce pays.

11:15 > Premier cas avéré de grippe nord américaine en Allemagne.

11:20 > Cette page est maintenant saturée et il n’est provisoirement plus possible d’y ajouter des commentaires. Le problème sera résolu d’ici une heure.

11:50 > Une cellule de crise FAO-OIE-MOS (Organisation de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture – Organisation mondiale de la santé animale – Organisation Mondiale pour la Santé) vient d’être mise en place au Mexique, indique à l’intant le service de presse de l’agence de l’ONU. Cettte cellule à pour but d’aider ce pays à lutter contre le virus. En clair, cela veut dire que l’OMS prendra toutes les décisions, que le gouvernement Mexicain devra ensuite avaliser.

11:55 > Trois cas confirmés en Allemagne.

12:00 > Comme nous l’indiquions hier à 00:05, la question d’une mise en quarantaine du Mexique devient de plus en plus pressante. Pour l’instant seul la totalité des tours opérateurs ont rayé ce pays de leur destination.

12:10 > Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) diffusent ce message sur des chaînes publiques aux USA  : « Les responsables de la santé sont préoccupés par un nouveau virus de l’influenza d’origine porcine qui propage de personne à personne. Les fonctionnaires du CDC sont  près pour agir et lutter efficacement contre cette menace, mais l’épidémie pourrait se développer. Préparez-vous dès maintenant… «  Source : cdc.gov

12:40 > Premier décès lié au A/H1N1 aux Etats-Unis, selon le Los Angeles Times

12:50 > Nicolas Sarkozy tient en ce moment même l’Elysée une réunion avec plusieurs ministres pour faire le point sur la menace de pandémie grippale.

12:55 > Premier mort aux Etats-Unis confirmé à l’instant par LCI.

13:00 > Les internautes de forums qui reprennent nos informations tout en affirmant qu’elles ne sont pas fiables (ce qui est déjà quelque peu contradictoire) sont invités à nous communiquer quelle information publiée ici, certes avec une longueur d’avance, n’aurait pas été confirmée par la suite. Ils peuvent aussi plus simplement se taire, afin d’éviter le ridicule. Par ailleurs les abrutis qui ne sont pas capables de trouver une information en Une du LA Times feraient mieux de réviser leur anglais, ou de retourner dans l’agriculture : on y manque de bras semble-t-il.

13:10 > La réunion à l’Elysée qui vient de se terminer va entériner la suspension des vols français vers le Mexique.

13:20 > Trois cas A/H1N1 supplémentaires confirmés à Londres par Gordon Brown.

13:30 > 28′000 visiteurs uniques (les IP ne sont comptabilisés qu’une seule fois) sur notre page Pandémie de grippe nord-américaine A/H1N1. Une moyenne de 13′000 visites/jour et 35′000 pages consultées/jour depuis vendredi dernier. Nous vous remercions pour votre confiance, de même que les forums A/H1N1, Flu Wiki, Zone grippe aviaire et les autres, avec lesquels nous partageons nos informations.

13:45 > L’Union européenne va suspendre tous ses vols a destination du Mexique, selon LCI

13:50 > Deuxième mort probable aux Etats-Unis, selon le Los Angeles Times. Les populations de Californie commencent à ciruler en portant des masques.

14:05 > L’OMS vient de convoquer une réunion d’urgence en vue de déclancher le niveau d’alerte en phase 5

14:10 > Le Bellflower Medical Center confirme la mort suspecte d’un homme de 33 ans, préalablement infecté par le virus A/H1N1

14:20 > L’épidémie de grippe A/H1N1 pourrait prendre ses origines d’un petit village de 3000 habitant au Mexique appelé La Gloria.

Selon l’Associated Press, plus de 450 résidents de La Gloria souffrent de problèmes respiratoires qu’ils attribuent à des déjections porcines d’une ferme, copropriété d’une compagnie américaine, située tout près du village. La compagnie, Granjas Carroll de Mexico, propriété à 50 % de Smithfield Foods basée en Virgine, au États-Unis, possède huit fermes dans cette région. Dans un communiqué de presse publié le 26 avril, la compagnie affirme que la grippe porcine n’a pas été détectée dans ses élevages ou parmi ses travailleurs et qu’elle coopère avec les autorités du pays qui, de leur côté, cherchent toujours l’origine de l’éclosion. Lire la suite

lab1

14:40 > Selon le magazine américain New Scientist et l’Associated Press, l’erreur d’un laboratoire médical en 2005 aurait pu créer une infection de grippe d’origine porcine

(…) Les tests de la grippe ont été envoyés à quelque 3.700 laboratoires entre Octobre 2004 et Février 2005 par le College of American Pathologists (CAP), un organisme professionnel qui aide les laboratoires de recherche en pathologie à améliorer leur précision en leur envoyant des échantillons de germes à identifier.

Les PAC kits – préparés par le laboratoire privé Meridian Bioscience à Cincinnati, Etats-Unis – devaient contenir une souge particulière de la grippe A – la famille virale qui cause la plupart des grippes dans le monde entier. Mais au lieu de choisir cette souche classique, c’est le virus pandémique de 1957 qui a été envoyée. (…) Lire l’article

14:45 > L’Egypte vient d’ordonner d’abattre tous les porcs du pays. Si les musulmans ne consomment pas de porc, il est utile de rappeller que 10% de la population égyptienne est copte.

14 :50 > Un lecteur nous envoie cet article, daté d’août 2008, qui nous semble être intéressant.

Il y a des raisons de croire que ces divisions de l’industrie pharmaceutique internationale agissent de concert avec le gouvernement des États-Unis pour développer une substance du virus H5N1 génétiquement modifiés susceptible d’engendrer une pandémie créée par l’homme, et qui pourrait être plus mortelle que la pandémie de la « grippe espagnole » de 1918 à laquelle on attribue la perte de 30 millions de vies humaines. Lire la Suite

15:00 > La Commission Européenne vient de demander l’annulation immédiate de tous les vols vers le Mexique.

Chers amis lecteurs. Vu l’ampleur des dernières nouvelles, nous allons réinstaller notre QG de campagne à la buvette du siège de l’OMS.  ;) Si, comme nous, vous habitez Genève, n’hésitez pas à passer. L’ambiance, avec plus de 200 journalistes qui hurlent les infos qui tombent les unes après les autres, est plutôt sympathique, si je puis dire, malgré cette infection qui ressemble de plus en plus à un scénario de série B… Retour des informations à 18h, le temps de déménager, de nous installer là-bas et de se détendre un peu… :)

18:30 > Point de la situation

Partie du Mexique où elle pourrait avoir fait 159 morts, l’épidémie de grippe porcine a continué de se propager mercredi sans montrer de signe de ralentissement, avec un premier décès aux Etats-Unis et de nouveaux cas confirmés en Europe.

La diffusion du virus n’a montré « aucun signe de ralentissement », a estimé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui devait décider mercredi soir d’un éventuel relèvement de son niveau d’alerte.

Un petit Mexicain de 23 mois est décédé du virus mutant A/H1N1 au Texas (sud), où il était venu se faire soigner. C’est la première mort confirmée aux Etats-Unis, selon les Centres de maladie et de prévention américains (CDC).

L’épidémie est de « toute évidence préoccupante » et requiert « un maximum de précautions », a déclaré de son côté le président Barack Obama.

L’Autriche est devenue mercredi le dixième pays touché par l’épidémie avec une femme malade de retour du Guatémala après une escale à Mexico. Sa voisine allemande, elle, a confirmé trois cas de grippe porcine.

Egalement en Europe, la Grande-Bretagne a annoncé trois nouveaux cas de malades, soit un total de cinq, et l’Espagne compte désormais dix cas avérés, dont un détecté chez un malade n’ayant pas voyagé au Mexique.

A part le Mexique, les pays les plus touchés sont les Etats-Unis avec 91 cas avérés, selon les autorités locales, le Canada (13) et la Nouvelle-Zélande avec 3 cas confirmés sur 14 cas très probables.

L’épidémie a touché en outre Israël (2 cas confirmés) et le Costa Rica (2 avérés).

De son côté, l’OMS a indiqué pouvoir confirmer 114 cas avérés dans le monde, dont 8 mortels. Elle a maintenu un niveau d’alerte élevé de 4 sur une échelle en comptant 6 mais son comité d’urgence a été convoqué pour mercredi en fin d’après-midi pour étudier un éventuel passage à la phase 5 de l’alerte pandémique.

Le critère principal de son déclenchement, selon les procédures de l’OMS, est l’existence de deux foyers autonomes d’infection dans deux pays différents d’une même région.

L’OMS n’a connaissance « d’aucune personne contaminée par des porcs », a précisé le numéro deux de l’OMS, le Dr Keiji Fukuda. « Il semble qu’il s’agit d’un virus qui se transmet d’une personne à l’autre », a expliqué le directeur général adjoint de l’OMS.

De nombreux pays vérifient des dizaines de cas suspects sur des voyageurs de retour du Mexique ou des Etats-Unis: c’est le cas de la France qui a recensé deux cas « fortement suspects ».

Sur le continent africain jusqu’ici épargné, deux cas suspects sont à l’examen en Afrique du Sud.

Aux Etats-Unis, dix Etats sont affectés par l’épidémie. Dans l’Indiana, un cas « suspect » intrigue les autorités: ce patient « ne s’est pas rendu récemment au Mexique, ce qui en fait un cas assez unique, » selon une porte-parole du département de la Sécurité intérieure de cet Etat.

Des tour-opérateurs britanniques, français et canadiens ont pour leur part suspendu leurs départs pour le Mexique. L’Argentine ne laissera plus atterrir les vols provenant de Mexico jusqu’à lundi prochain. Plusieurs compagnies de croisières basées à Miami (Etats-Unis) ont annulé les escales prévues au Mexique.

Le virus, qui touche essentiellement « de jeunes adultes en bonne santé », selon les autorités mondiales de la santé, se transmet par voie respiratoire, d’homme à homme. Les symptômes (fièvre, maux de tête, courbatures) sont similaires à ceux de la grippe saisonnière qui tue chaque année dans le monde entre 250.000 et 500.000 personnes.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays à mettre en place des contrôles aux aéroports et aux frontières, dont des scanners thermiques jugés toutefois inefficaces par l’OMS.

Même si le virus ne s’attrape pas en mangeant de la viande de porc, plusieurs pays dont la Russie et la Chine ont suspendu tout ou partie de leurs importations porcines.

L’Egypte a décidé d’abattre tout son cheptel de porcs « en faisant tourner les abattoirs au maximum ».

18:45 > Le gouverneur du Texas proclame « l’état de désastre » (Texas Governor Rick Perry has declared a disaster proclamation), selon BreakingNews.

19:00 > Cas suspect de grippe porcine dans l’armée, des soldats en quarantaine . L’armée américaine enquête sur un cas suspect de grippe porcine chez un Marine en Californie (ouest) placé en quarantaine avec le soldat qui partageait sa chambre, alors qu’une trentaine d’autres sont sous surveillance, a indiqué mercredi le chef des US Marines.

19:05 > La réunion d’urgence de l’OMS est terminée. Une conférence de presse est attendue avec l’annonce du passage à la phase 5 de l’alerte pandémique.

19:10 > De sorte à ne pas alourdir la page avec des commentaires stériles ( 9/11, etc.. ) en forme de débats (qui auraient plus leur place sur un forum, comme par exemple A/H1N1), nous ne validerons plus que les commentaires qui apportent des informations relatives au sujet.

19:15 > SkyNews vient d’annoncer la fermeture de la frontière américano-mexicaine, ce qui semble inexact, selon nos informations

19:30 > Selon Reuters, la fermeture de la frontière américano-mexicaine est une « option ». (Reuters: Texas Governor says closing the US-Mexico border due to swine flu is an option.)

1945 > La Commission Européenne annoncera demain la suspension des vols pour le Mexique entérinée aujourd’hui, selon Reuters. Peut être pour permettre aux ambassades d’organiser le rappatriement leurs ressortissants… A suivre.

19:50 > Premier cas avéré en Argentine, selon VeraTect (One Suspected Swine Influenza Case Reported in Santa Fe Department).

19: 52 > Des membres d’équipage d’Air France refusent d’embarquer pour le Mexique, selon l’AFP.

20:25 > Selon un « expert » du journal de France2 de 20h  : « Les productions de vaccin peuvent produire seulement 500 millions de doses par année. Compte tenu du fait qu’il faut deux doses pour vacciner un individu, seules 250 millions de personnes pourront être traitées« . « Il faudra faire des choix« , conclut l’invité du journal, sans préciser sur quels critères.

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21:45 > ALERTE > L’OMS déchanche la phase 5 de l’alerte pandémique.

21:50 > BNO News confirme le déclanchement de la phase 5 de l’alerte pandémique. (The World Health Organization has decided to raise its pandemic alert level to a phase 5, declaring swine flu a global pandemic, BNO News has exclusively learned.)

21:55 > The new phase will be announced at 2000 GMT (4 p.m. EDT) during a global telephone news conference, which was earlier announced by the World Health Organization. « Dr Margaret Chan, WHO Director-General will hold a global press conference at 22.00 hours Geneva time [..], to announce new developments on the swine influenza situation and the World Health Organization’s response, » a media advisory read.

It is unclear if there has been an emergency meeting of the committee tonight, but BNO News earlier reported that a meeting was expected either late today or early on Thursday. The announcement follows a WHO conference call with a group of scientists from around the world who gave their view on the new H1N1 virus.

It will be the first time the World Health Organization used phase 5 since they introduced the 6-phase system several years ago. According to BNO News sources at the World Health Organization in Geneva, they do not know if they are dealing with « a very mild or a very severe pandemic. » A number of actions to be taken will also be announced.

22:00 > La dernière alerte pandémique de niveau 5 a eu lieu en 1968, lors de la grippe de Hong-Kong qui avait tué 1 million de personnes.

22:10 > De l’avis général de spécialistes et de journalistes, l’OMS est nulle sur le plan de la communication. Cafouillage à la conférence de presse ou tout le monde parle en même temps pour rien dire, l’air gêné et donnant l’impression d’improviser en permanence. Leur site web, réactualisé seulement une fois par jour n’arrange rien. La présidente est un peu mieux à la téléconférence. Heureusement.

22:20 > Plusieurs informations particulièrement pertinentes nous parviennent depuis le début de la soirée. Nous sommes en train de faire le tri et placerons un article dans la soirée.

22:25 > L’OMS appelle a ne pas céder à la panique. Ah bon ? Ce n’est ce qu’ils cherchent ? Rappellons que l’OMS détient un stock de 5 millons de dose de Tamiflu depuis 2005, dont la date arrivait à échéance en 2010. Ca tombe assez bien finallement, cette pandémie...

22:35 > Le déclanchement de la phase 5 du niveau d’alerte va assurément accélérer l’isolement du Mexique, et vraisemblablement des Etats-Unis. Ces derniers vont sans doute instaurer sur tout leur territoire l’état d’urgence déjà décrété en Californie depuis hier et au Texas depuis 4 heures. Les conséquences économiques promettent déjà d’être désastreuses.

22:40 > Selon SkyNews, la réponse de l’OMS (phase 5) proviendrait du fait que les laboratoires américains ont mis en évidence que les victimes du virus A/H1N1 n’ont pas tous été infecté par la même souche. En clair, le virus aurait déjà muté plusieurs fois depuis son apparition fin mars 2009.

22: 55 > Un fonctionnaire de l’OMS vient de confier sous couvert d’anonymat à SkyNews que les chiffres des victimes au Mexique sont largement sous estimés depuis le début de la crise. Cela notamment en raison du fait qu’ils ne possèdent pas un seul laboratoire sur leur territoire qui serait capable d’analyser les prélèvements des malades. Ainsi, seulement quatre hopitaux de la capitale envoient des prélèvements aux USA et Canada pour des analyses. Les autres n’en n’ont pas les moyens.

23:00 > Selon Newsvine, rien que pour San Luis Potosi (Mexique), le A/H1N1 aurait causé 12 morts et 83 personnes seraient infectées. 66% des vitimes sont des hommes, agés entre 19 et 26 ans. Lire l’article

23:10 > Un peu partout, dans les provinces mexicaines, les habitants se réunissent pour former des milices afin de tuer les porcs. Un carnage, selon BNO News. Ca sent la panique, tout ça…

mexfluMexico-City, mercredi 29 avril 2009

23:20 > Le trajet du H1N1 dans l’organisme

Le virus de la grippe porcine, comme tous les virus de grippe, entre dans le corps par les voies aériennes supérieures d’où il rejoint les cellules qu’il infecte, et dont il se sert pour se multiplier.

Il y a trois types de virus de la grippe, les types A, B et C, le virus de type C ne causant que des problèmes repiratoires légers.

Les virus A et B comportent deux types de protéines de surface : l’hémagglutinine et la neuraminidase, sous forme de spicules qui hérissent son enveloppe. Le virus H1N1 (hémagglutinine de type 1 et neuraminidase de type 1) à l’origine de l’épidémie de grippe “mexicaine†fait partie du type A, divisable en nombreux sous-types et en variants dans les sous-types.

Les virus de type A et B sont constitués de 8 segments d’ARN (acide ribonucléique, leur matériel génétique) qui se mélangent comme des cartes que l’on bat, selon les termes de la virologue Sylvie van der Werf. Ils peuvent donc subir des changements majeurs et muter radicalement.

En outre, le porc est réceptif à différentes formes de virus, qui peuvent se recombiner et provoquer la création d’un virus multiple. C’est le cas du H1N1 actuel, qui mélange deux souches porcines, une souche aviaire et une souche humaine, et est transmissible à l’homme.

Pire : le virus se sert de l’homme comme d’un vecteur de la maladie, qui se transmet alors d’homme à homme.

Quand il infecte l’homme, le virus de la grippe se fixe sur les cellules respiratoires et traverse l’épithélium, une sorte de couche protectrice à la surface des cellules.

Pour se multiplier, il reprogramme la cellule et détourne son activité à son profit. Chaque cellule infectée peut alors produire plusieurs centaines de virus, qui gagnent l’ensemble du système respiratoire.

La durée d’incubation de la grippe porcine est de 3 à 7 jours, voire plus chez les jeunes enfants. Les symptômes sont similaires à ceux des autres grippes: forte fièvre, courbatures, frissons, toux etc.

Le virus est très contagieux, se transmettant par le biais des gouttelettes d’eau expulsées quand on respire, on tousse ou on éternue. Pour arrêter une épidémie, les scientifiques recommandent d’isoler la personne et d’administrer des anti-viraux.

On n’a pas de certitude sur la réponse de l’organisme à ce nouveau virus. Pour le virologue britannique John Oxford (Londres), “si nous n’avons pas vu ce virus, nous avons été exposés à d’autres membres de sa famille H1N1, depuis 1978″. Il y aurait ainsi un peu de mémoire immunitaire contre cet agent parmi les humains, contrairement au virus aviaire H5N1 totalement nouveau pour l’organisme, selon ce spécialiste. Source : VirtualNews

23:35 > L’OMS veut faire produire le vaccin du A/H1N1 par le groupe pharmaceutique Baxter.  Rappelons que Baxter est la compagnie qui avait « accidentellement » contaminé un vaccin expérimental par le virus H5N1 de la grippe aviaire, au mois de mars dernier, comme l’indique le très sérieux Toroton Sun, qui n’est pas exactement un organe de propagande conspirationniste. Lire l’article du Toronto Sun.

23:45 > MON QUOTIDIEN EN PANDEMIE. C’est, sans rire, le titre du site du gouvernement français qui donne des conseils sous forme de « guide pratique » > http://www.grippeaviaire.gouv.fr/monquotidienenpandemie/index.php

Jeudi 30 avril 2009 / 00:35 > Nous placerons dans dix minutes un article intitulé LA PESTE PORCINE, DERNIER FLEAU DE L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE

00:40 > Vidéo du jour pour les insomniaques, (et qui ne vas pas les aider à trouver le sommeil) :

A/H1N1 et Théorie du Choc

00:50 > Nous annoncions hier soir une liste d’écoles et d’universités qui allaient fermer aux Etats-Unis, c’est maintenant  confirmé. La journée à été bien remplie, et nous allons nous stopper là pour ce soir. L’article que nous voulions placer en ligne demande quelques vérifications que nous ferons demain, de sorte à nous assurer que nous ne participons pas à alimenter une situation déjà à la limite de la panique. Nous remercions les 19′609 visiteurs unique (et plus de 145′000 connections) de cette journée sur Mecanopolis, et nous vous souhaitons une bonne nuit :)

06:30 > Point de la situation

Partie du Mexique où elle pourrait avoir fait 159 morts, l’épidémie de grippe porcine a continué de se propager mercredi avec un premier décès aux Etats-Unis et de nouveaux cas en Europe, forçant l’OMS à relever son niveau d’alerte en prévenant d’une pandémie « imminente ».

Relevant que « le virus s’étend (…) sans aucun signe de ralentissement », l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé mercredi soir de relever à 5 son niveau d’alerte, l’avant-dernier stade avant la déclaration de l’état d’épidémie mondiale, qu’elle juge « imminente ».

« Tous les pays doivent immédiatement activer leur plan de préparation à la pandémie », a prévenu sa directrice générale, Margaret Chan.

Aux Etats-Unis, un petit Mexicain de 23 mois est décédé du virus mutant A/H1N1 au Texas (sud), où il était venu se faire soigner. C’est la première mort confirmée aux Etats-Unis, selon les Centres de maladie et de prévention américains (CDC).

L’épidémie est de « toute évidence préoccupante » et requiert « un maximum de précautions », a déclaré de son côté le président Barack Obama.

Le Texas (sud) est devenu mercredi le deuxième Etat américain à proclamer l’état d’urgence face à l’épidémie, après la Californie (ouest), où un soldat américain a été contaminé par la grippe porcine et une trentaine d’autres placés en quarantaine par précaution.

Les Etats-Unis, où dix Etats sont affectés par l’épidémie, ont recommandé aux malades de la grippe porcine de rester chez eux pendant au moins sept jours, sans pour autant prévoir de quarantaine à grande échelle.

Au Mexique, où s’est développé ce virus, le bilan des décès avérés est de sept et celui des décès « suspects » de 159, selon le ministre de la Santé José Angel Cordova. 23 nouveaux cas de malades ont été détectés mercredi, ce qui porte le bilan à 49.

L’Autriche est devenue mercredi le dixième pays touché par l’épidémie. Sa voisine allemande a elle confirmé trois cas de grippe porcine.

La Grande-Bretagne a annoncé trois nouveaux cas de malades, soit un total de cinq, et l’Espagne compte désormais dix cas avérés, dont un détecté chez un malade n’ayant pas voyagé au Mexique.

A part le Mexique, les pays les plus touchés sont les Etats-Unis avec au moins 91 cas avérés, selon les autorités locales, le Canada (19) et la Nouvelle-Zélande avec 3 cas confirmés sur 14 cas très probables.

L’épidémie a touché en outre Israël (deux cas confirmés) et le Costa Rica (deux avérés).

L’OMS, qui a indiqué pouvoir confirmer 114 cas avérés dans le monde, dont huit mortels, n’a connaissance d’ »aucune personne contaminée par des porcs », a précisé son numéro deux, le Dr Keiji Fukuda. « Il semble qu’il s’agisse d’un virus qui se transmet d’une personne à l’autre », a-t-il expliqué.

De nombreux pays vérifient des dizaines de cas suspects sur des voyageurs de retour du Mexique ou des Etats-Unis: c’est le cas de la France qui a recensé deux cas « fortement suspects ».

Sur le continent africain jusqu’ici épargné, deux cas suspects sont à l’examen en Afrique du Sud.

Le Brésil a annoncé pour la première fois mercredi l’existence de deux cas qu’il a qualifiés de « suspects » de grippe porcine.

L’OMS ne recommande pas jusqu’à présent de restreindre les déplacements.

Toutefois, la France a demandé à l’Union européenne de suspendre les vols aller vers le Mexique. Paris comme Londres, La Haye, Rome et Ottawa déconseillent les voyages dans ce pays.

La proposition française sera discutée jeudi à Bruxelles, après une réunion mercredi des ministres des Transports de l’UE en République Tchèque.

Des voyagistes britanniques, français, canadiens et portugais ont pour leur part suspendu leurs départs pour le Mexique. L’Argentine ne laissera plus atterrir les avions venant de Mexico jusqu’à lundi prochain. Plusieurs compagnies de croisières dont le siège est à Miami (Etats-Unis) ont annulé les escales prévues au Mexique.

Le virus, qui touche essentiellement de « jeunes adultes en bonne santé », selon les autorités mondiales de la santé, se transmet par voie respiratoire, d’homme à homme. Les symptômes (fièvre, maux de tête, courbatures) sont similaires à ceux de la grippe saisonnière qui tue chaque année dans le monde entre 250′000 et 500′000 personnes.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays à mettre en place des contrôles aux aéroports et aux frontières, dont des scanners thermiques jugés toutefois inefficaces par l’OMS.

Même si le virus ne s’attrape pas en mangeant de la viande de porc, plusieurs pays dont la Russie et la Chine ont suspendu tout ou partie de leurs importations porcines.

En Egypte, où les autorités ont décidé d’abattre tout le cheptel de porcs, des éleveurs de porcs ont lapidé mercredi des vétérinaires et des policiers venus tuer leurs animaux, selon une source de sécurité.

16:45 > Désolé on était au boulot… Si vous voulez qu’on reste 24h/sur 24 faut faire un don ;)

16:55 > La France suspend la livraison aux pharmaciens de l’antiviral Tamiflu, selon le Laboratoire Roche. L’idée est d’éviter des stocks privés à mauvais escient.

17:00 > Nicolas Sarkozy: La France va « vraisemblablement passer au niveau 5″ d’alerte face à l’épidémie de grippe porcine. Nous allons préparer un article qui explique les conséquences que cela entrainerait > 20 minutes.

17:05 > Le gouvernement italien a recommandé jeudi à ses concitoyens revenant du Mexique de rester chez eux sept jours à compter de leur retour, dans un communiqué diffusé en marge d’une réunion des ministres de la Santé de l’UE sur la grippe porcine.

17:17 > Un salarié de la Banque mondiale à Washington a contracté la grippe porcine au Mexique. Et alors ? ;) Lire l’article

17:20 > France :Une réunion interministérielle d’urgence est convoquée à 19H45 à Matignon.

17.25 > Informations sur l’épidémie au 0.825.302.302 ou + 33.1.53.56.73.23 depuis l’étranger • Informations pour les voyageurs au 01.45.50.34.60

17:40 > Le Dr Anne Schuchat, une responsable des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a affirmé jeudi devant la Chambre des représentants que la distribution d’antiviraux pour contrer la grippe porcine avait commencé aux Etats-Unis.

« La distribution a déjà commencé », a dit le Dr Schuchat qui a précisé que le virus de la grippe porcine était sensible aux antiviraux.

« Le gouvernement a acheté d’importants stocks de médicaments antiviraux, Tamiflu et Relenza », a dit le Dr Schuchat. « Les tests en laboratoire sur les virus montrent que jusqu’à présent, ils sont sensibles aux médicaments que nous possédons dans notre stock », a-t-elle ajouté.

L’administration américaine a annoncé lundi que 11 millions de traitements antiviraux contre la grippe porcine issus des stocks fédéraux allaient être distribués pour aider les Etats américains touchés.

« A titre de précaution, nous avons mis à disposition des Etats 25% des stocks », avait déclaré le directeur des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), Richard Besser, au cours d’une conférence de presse.

Jeudi, 111 cas de grippe porcine ont été confirmés dans treize Etats américains, selon les autorités sanitaires.

17:40 > Le président mexicain demande aux populations de rester chez elles du 1er au 5 mai prochain, selon Veratect.

17:50 > Cas confirmés dans le monde

  • Pays-Bas : le ministre néerlandais de la santé Ab Klink a annoncé, jeudi, qu’un enfant de 3 ans avait été infecté par le virus de la grippe, constituant le premier cas humain confirmé aux Pays-Bas.
  • Mexique : le bilan de la grippe porcine est passé de 7 à 8 morts, mais le nombre de décès suspects a été ramené de 159 à 84, selon le ministère de la santé. Au total 99 personnes ont été infectées de manière certaine par le virus, et plus de 1 600 personnes malades pourraient avoir été contaminées.
  • Etats-Unis : un enfant de 23 mois est décédé de la grippe porcine au Texas. C’est la première mort confirmée de cette maladie. L’épidémie touche 91 personnes dans dix Etats, contre 65 la veille.
  • Allemagne : 3 premiers cas confirmés en Bavière et à Hambourg.
  • Autriche : 1 premier cas : une femme de 28 ans revenant du Guatemala avec escale à Mexico.
  • Canada : 19 cas avérés, dont quatre en Nouvelle-Ecosse et sept en Ontario.
  • Costa Rica : 2 cas avérés, les premiers en Amérique centrale.
  • Grande-Bretagne :3 nouveaux cas de grippe porcine ont été confirmés en Grande-Bretagne, jeudi, portant à 8 le nombre total de cas avérés dans le pays.
  • Espagne : le nombre de cas confirmés est passé de 4 à 10, dont un malade contaminé alors qu’il n’avait pas voyagé au Mexique
  • Israël : 3 cas confirmés, 2 nouveaux cas suspects dont un enfant de 9 ans.
  • Nouvelle-Zélande : 3 cas confirmés, 11 très « probables ». Un total de 31 cas suspects, 179 personnes en quarantaine.
  • Pérou : 1 premier cas confirmé, chez une ressortissante argentine de retour du Mexique. Neuf autres cas suspects, parmi lesquels un ressortissant mexicain.
  • Suisse : 1 premier cas humain confirmé par l’hôpital cantonal de Baden. Un total de 26 cas suspects, dans huit cantons du pays.

18:10 > Grippe A/H1N1 : un « prétexte pour éviter de parler de la crise économique »

Le président de la compagnie aérienne à bas coûts Ryanair, Michael O’Leary, affirme que la grippe porcine est “un tas d’absurdités†utilisé par les responsables politiques pour détourner l’attention de la crise économique. Lire la suite


Cette page est saturée. Nous allons poursuivre sur:

Pandémie de grippe nord américaine A/H1N1 : évolution en temps réel – 30 avril 2009


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avr 25 2009

Que se cache–t-il donc derrière la volonté des Etats-Unis de «libérer» Cuba?

Par Reese Erlich

A l’occasion du 50° anniversaire de la révolution Cubaine, Reese Erlich sort un livre  » Dateline Havana: The Real Story of U.S. Policy and the Future of Cuba », analyse bien documentée où il évoque, entre autres, la politique des Etats-Unis vis-à-vis de Cuba et l’avenir de l’île avec la prise de fonction d’un nouveau gouvernement et d’un président démocrate. Le livre rappelle les relations entre Cuba et les Etats-Unis qui ont émaillé l’histoire, ébauche des scénarios futurs, et souligne les possibilités que peuvent offrir un nouveau gouvernement et un nouveau Congrès. Mais la question demeure: le gouvernement et le 111° Congrès auront-ils la sagesse de changer de politique avec Cuba ?

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Si l’on en croit les plans élaborés par les Etats-Unis, le peuple cubain pourra enfin respirer l’air pur de la démocratie et déguster les fruits dorés du capitalisme. Ce n’est pas aussi simple.
Le 13 avril, l’administration Obama a annoncé officiellement la levée des restrictions sur les voyages et l’envoi d’argent à Cuba pour les américano-cubains. Les autres citoyens des Etats-Unis n’ont toujours pas l’autorisation de se rendre sur l’île. Quand, dernièrement, des journalistes latino-américains ont posé la question au vice-président Joseph Biden, celui-ci a répondu que les Etats-Unis n’avaient pas l’intention de lever l’embargo contre Cuba. Lui et le président Obama veulent que « les Cubains soient libres ».
Mais qu’est-ce que cela signifie réellement? Reese Erlich, correspondant étranger, analyse cette question dans cet extrait de son livre Dateline Havana: The Real Story of U.S. Policy and the Future of Cuba

Depuis 1991, le gouvernement américain encourage de nombreux projets universitaires ou de la part de groupes de réflexion ( »think-tanks« ) qui préparent la transition du communisme à la démocratie à Cuba. Derrière les discours sur l’autodétermination et le respect des droits humains des Cubains sur l’île, ils décrivent les moyens qui permettraient aux Etats-Unis de regagner le contrôle de Cuba. En 2004, la « Commission pour l’Aide à un Cuba libéré« , créée par l’administration Bush, publiait un rapport détaillé.
Les US participeraient au développement des services de police et de sécurité, à la construction de routes, de ponts et d’aéroports.
Evidemment, ce rapport part du principe que les Cubains accueilleront à bras ouverts le capitalisme et les investisseurs venus des Etats-Unis.
Ce nouveau Cuba signerait un pacte de libre échange entre Cuba et les Etats-Unis et adhérerait au FMI et à la Banque Mondiale.

« Le gouvernement des Etats-Unis et les institutions financières internationales doivent se tenir prêts à aider un Cuba libéré à créer un nouveau système d’investissements qui encouragerait les investissements étrangers et la confiance des investisseurs, en accord avec les mécanismes du marché appropriés ».

Toujours selon le rapport, Cuba devra régler les revendications annexes de la « façon la plus prompte qui soit« . Et, ainsi, les Américano-cubains dont les biens ont été nationalisés pourraient soit récupérer leurs biens soit éventuellement recevoir des centaines de millions de dollars d’indemnisation.
Selon ces divers rapports, si Cuba adhère à ces politiques proaméricaines, son peuple respirerait enfin l’air pur de la démocratie et dégusterait les fruits dorés du capitalisme. Mais ébauchons un projet de transition plus réaliste à partir des véritables événements qui ont émaillé l’histoire de Cuba et de l’ancien bloc soviétique.

Le gouvernement cubain implose

Imaginons qu’une crise économique frappe Cuba, et que le gouvernement cubain commette une série de bourdes politiques graves. Les Cubains se mettent à fuir pour la Floride en bateau ou en radeau. Les Cubains en colère manifestent dans les rues de Cuba. Les frères Castro n’étant plus ni l’un ni l’autre à la tête du pays, le parti communiste se déchire. Certains dirigeants s’approprient la bannière de la démocratie alors que d’autres choisissent la répression militaire. La situation s’aggrave. L’ancien pouvoir s’effondre et de nouveaux leaders s’emparent du pouvoir, comme cela s’est passé en Union Soviétique à la fin de 1991. Les exilés cubains de Miami sautent dans le premier avion pour la Havane promettant la liberté, la démocratie et la fin de l’injustice économique. Au moins au début, les gens accueillent chaleureusement les exilés, espérant que le nouveau système répondra à leurs besoins.
Mais rapidement apparaissent un certain nombre d’éléments imprévus qui retarderont l’instauration de la démocratie. Le nouveau gouvernement ne pourra organiser d’élections tant que les partis politiques ne seront pas structurés et le système électoral en place. Et il ne pourra pas non plus mener à bien sa mission si les médias étatisés ne sont pas privatisés et les institutions créées par le Parti Communiste démantelées.
Les Etats-Unis, grâce à ses substituts à Miami, veilleront à ce que les partis proaméricains soient largement subventionnés et bénéficient d’une couverture médiatique massive. Si les Cubains qui refusent ce nouveau système se mettent à manifester, a fortiori prennent les armes, le nouveau régime démocratique sera contraint de les réprimer. Les partis politiques proaméricains créent des milices pour protéger leurs intérêts, comme cela a été le cas avant 1959. Les Etats-Unis envoient des sous-traitants privés armés, des conseillers militaires et/ou des troupes, selon les besoins. Le nouveau gouvernement n’organisera pas d’élections tant que subsistera l’agitation.
Même les diplomates US reconnaissent que le Parti Communiste Cubain jouit d’un soutien populaire considérable. Les communistes cubains, contrairement à beaucoup de leurs camarades du bloc soviétique, s’appuient toujours sur l’idéologie marxiste et gardent une capacité à mobiliser les gens ordinaires.
L’armée cubaine s’est probablement réservé des caches d’armes pour mener la guérilla. Mais même si l’insurrection armée et un soulèvement de masse ne se produisent pas, le nouveau régime devra faire face à d’énormes problèmes.
Jusqu’à présent, Cuba avait échappé au fléau que représentent l’héroïne et la cocaïne qui se sont répandues comme une traînée de poudre dans toute l’Amérique Latine. Le gouvernement cubain a pris des mesures drastiques pour tenir à l’écart les cartels de drogue internationaux.
Mais Cuba occupe une situation géographique idéale pour servir de plaque tournante aux gros trafiquants de drogue, sans parler qu’il s’agirait là d’un nouveau marché très lucratif.
Les Cubains de Miami ne seront pas les seuls à monter dans les premiers avions à destination de la Havane. Les Mexicains, les Colombiens et d’autres barons de la drogue y expédieront des kilos de drogue ainsi que de l’argent. L’ancienne mafia new-yorkaise cherchera aussi à revenir sur le devant de la scène pour prendre le contrôle de la drogue, des jeux et des réseaux de prostitution. Mais ils ne sont plus dans le coup depuis 50 ans et donc les gros trafiquants de Colombie et du Mexique peuvent tout naturellement prétendre à la préséance. Quelques guerres des gangs violentes devraient venir à bout du problème. Il a fallu dix ans d’affrontements sanglants en Russie dans les années 90 pour que seuls quelques gangs en sortent victorieux.
Mais les nouveaux démocrates et les responsables de la lutte contre la drogue ne vont-ils point empêcher l’installation de la mafia?
Les Etats-Unis ont des intérêts contradictoires à ce propos. Le trafic de drogue est une source d’argent idéale pour les partis politiques proaméricains et leurs milices armées.
Certains parmi les élites de Miami sont déjà habitués à travailler avec les barons de la drogue. En règle générale, les Etats-unis ne verraient pas d’un bon Å“il que des gros trafiquants de drogue s’emparent de nouveaux marchés et partagent le pouvoir politique. Mais si ces mêmes trafiquants soutiennent les partis politiques proaméricains, ils deviennent un mal nécessaire.
C’est ainsi que les Etats-Unis fonctionnaient à l’époque de Batista où certains membres de son cabinet étaient directement impliqués dans le trafic de drogue.
Après l’invasion de l’Afghanistan en 2001, les Etats-Unis n’ont pas hésité à collaborer avec les trafiquants de drogue qui faisaient partie du cabinet du gouvernement d’Hamid Karzai.
L’île de Cuba fraîchement démocratisée et privatisée serait également confrontée à des choix difficiles concernant la gestion des nombreux services sociaux du pays.
Le gouvernement cubain fait d’énormes efforts actuellement pour former des médecins – dont la préparation comprend non seulement l’acquisition de compétences en matière médicale mais également l’impératif de venir en aide aux gens ordinaires. Après l’obtention de leur diplôme, ils passent deux ans au service des communautés les plus démunies.
Les hôpitaux et les cliniques publics offrent les seuls emplois nouveaux dans le secteur médical. Les infrastructures hospitalières ont, certes, besoin d’être améliorées. L’embargo des Etats-Unis et les erreurs du gouvernement cubain ont dégradé certains pans du système. Le pays a besoin d’équipement et de bâtiments neufs.
Après l’effondrement du socialisme, les chaînes d’hôpitaux des Etats-Unis pourraient créer des filiales à Cuba avec des installations modernes. Ils attireraient également les meilleurs praticiens en leur offrant de meilleurs salaires. Certains médecins cubains ouvriraient aussi des cabinets privés lucratifs.
Le gouvernement pourrait continuer à financer les hôpitaux publics, mais combien de temps faudra-t-il pour que les meilleurs médecins partent vers le secteur privé, laissant aux pauvres les soins au rabais? Et combien de temps faudra-t-il pour que le gouvernement pris à la gorge réduise les coûts des soins de santé pour équilibrer le budget? La qualité et la gratuité des soins ne seraient plus qu’un lointain souvenir.
Pas besoin d’émettre des hypothèses sur un tel scénario. Le système de santé en Russie a subi un arrêt cardiaque quand Boris Eltsine a pris le pouvoir en 1991. En partie à cause d’un système de soins déplorable, l’espérance de vie en Russie est en baisse depuis le début des années 1990.
Dans une certaine mesure, le débat sur Cuba balaie l’échiquier politique des partis traditionnels. Ces dernières années, les Républicains conservateurs et les Démocrates modérés se sont entendus pour maintenir le statu quo à Cuba. Une large majorité des Républicains et des Démocrates ont voté à la fois pour la loi Torricelli de 1994 et pour la loi Helms-Burton de 1996. George Bush Jr. a renforcé l’embargo une fois de plus in 2004 avec le soutien des deux grands partis avec des élus comme les sénateurs John McCain et Hillary Clinton.
Quand le président Bill Clinton était en fonctions, beaucoup de progressistes avaient espéré qu’il lèverait partiellement l’embargo au cours de son second mandat une fois qu’il n’aurait plus à craindre les pressions politiques pour sa réélection. Il a levé l’embargo de façon non officielle en ne sanctionnant pas les Américains qui se rendaient à Cuba. Il avait également permis à des artistes et musiciens cubains de se produire aux US. Mais à part à ça, il a poursuivi la même politique inflexible contre Cuba que les autres gouvernements.
Au cours de sa campagne pour les primaires en 2008, la sénatrice Hillary Clinton avait choisi une ligne dure et implacable contre Cuba. Allant à la pêche aux voix des ultraconservateurs de Miami, elle avait déclaré qu’elle laisserait en place les restrictions décidées par Bush. Sa position vis-à-vis de Cuba était identique à celle de John McCain. Le sénateur Barack Obama n’était pas d’accord avec Bush sur certaines mesures à l’encontre de Cuba. Il s’était opposé aux restrictions de 2004, reflétant l’opinion de nombreux démocrates américano-cubains en Floride. Il a voté contre le financement de TV-Marti, disant que c’était du gaspillage d’argent public.
La sénatrice Hillary Clinton avait voté en faveur de ce projet de loi. Mais les différences avec Obama ne sont apparues que progressivement. Il a fait campagne à Miami en tenant des propos d’un anticommunisme virulent.

« Depuis que je suis né, il n’y a eu que des injustices à Cuba. Jamais, depuis ma naissance, le peuple cubain n’a connu la liberté. C’est le terrible et dramatique statu quo que nous connaissons depuis un demi siècle – d’élections qui sont tout sauf justes et libres; de dissidents enfermés dans les cellules sombres de prisons pour avoir commis le crime de dire la vérité. Je ne tolèrerai pas cette injustice, vous ne tolèrerez pas cette injustice, et tous ensemble nous agirons pour la liberté à Cuba ».

Paradoxalement, certains dirigeants conservateurs du parti républicain – pas de ceux qui faisaient campagne pour les présidentielles – semblaient plus conciliants.
La sénatrice Kay Bailey Hutchinson, une républicaine conservatrice du Texas a déclaré:

« Cela fait un moment que je me dis qu’il faut que nous réfléchissions à une autre stratégie vis-à-vis de Cuba, à savoir davantage permettre les échanges commerciaux, en particulier pour les denrées alimentaires, surtout si nous pouvons offrir au gens davantage de contacts avec le monde extérieur, si nous pouvons construire un système économique qui permettrait aux gens de lutter contre la dictature. Je pense que c’est une chose à laquelle nous aurions dû réfléchir il y a déjà un certain temps, franchement ».

Hutchinson reflétait l’opinion de beaucoup d’élus d’états agricoles.
L’agrobusiness pourrait engranger des profits supplémentaires si les US levaient l’embargo sur les échanges commerciaux.

Ce sont les Noirs qui souffriraient le plus de la transition à Cuba. Cette nouvelle élite blanche de Miami aurait peu d’égards pour eux. S’ils étaient privés de la couverture santé universelle, de l’instruction, des moyens de transport et des autres programmes subventionnés, la situation économique des Noirs de Cuba serait plus dramatique que celles des Blancs.
Même si vous ne croyez pas à tout ce que j’ai évoqué ci-dessus, beaucoup de Cubains le croient. La perspective qu’une élite proaméricaine venue de Miami dirige Cuba les terrifie.

L’avenir des relations USA-Cuba commence à Washington.

La décision d’un changement dans les relations entre les USA et Cuba dépendra de l’évolution politique à Washington, pas à la Havane. Les administrations futures pourraient bien décréter qu’il y a eu à Cuba des changements importants et prendre donc l’initiative de négociations. Elles seraient probablement contestées par le lobby cubain et les anticommunistes acharnés du département d’Etat et des agences de sécurité.
D’un autre côté, un nombre croissant d’élus, de chefs d’entreprises et de militants de base sont en faveur d’un dégel dans les relations avec Cuba. La question est: ceux qui contestent la politique des Etats-Unis pourront-ils atteindre la masse critique?
Etant donné la dynamique de Washington, il semble peu probable qu’un président quel qu’il soit prendra l’initiative de changer de politique vis-à-vis de Cuba. La pression pour le changement devra s’insinuer peu à peu depuis la base jusqu’à la Chambre des Représentants, au Sénat et finalement à la Maison Blanche.

La pression pour le changement de politique

En septembre 2003, la Chambre des Représentants votait par 227 voix contre 188 la levée de l’interdiction de se rendre à Cuba pour les Américains, et un mois plus tard, le Sénat faisait de même par 59 voix contre 38. Ces majorités étaient constituées d’élus d’états agricoles, de progressistes et de Républicains  »libéraux » qui s’opposent à des sanctions unilatérales. Sous la menace de se voir opposer un veto par le président Bush, le Congrès, cependant, avait renoncé à ce projet de loi. Parmi les détracteurs de la politique américaine, il y avait des progressistes comme les députés Barbara Lee (Démocrate-Californie) et Charles Rangel (D-New York) mais également des conservateurs comme le député Jeff Flake (Républicain-Floride) et le sénateur Pat Roberts (R-Kansas).
Philip Peters, ancien haut responsable du département d’état et qui enseigne actuellement au Lexington Institute à Washington, m’a expliqué que les Républicains de la Chambre des Représentants jouaient un rôle très important sur tous les votes concernant Cuba.
Il les divisait en trois catégories. « Environ un tiers vote pour la levée des sanctions. Un tiers y est totalement opposé. Et le dernier tiers vote pour le maintien des sanctions, et cela, contre leurs convictions personnelles. Ce sont ces mêmes élus qui sont favorables aux échanges commerciaux avec la Chine et le Vietnam.
Et ce tiers là et leurs homologues démocrates font l’objet d’un lobbying intensif. Par exemple, le lobby « U.S.-Cuba Democracy PAC« , financé par de riches américano-cubains du comté de Dade en Floride, a versé 446.500 dollars aux membres du Congrès en 2006-2007, dont 1000 dollars pour chaque membre du Congrès nouvellement élu.
Le député Denny Rehberg (R; Montana) soutenait un allègement de l’embargo dans le but d’aider les exportations agricoles de son état. Mais il a changé de camp et reçu 10500 dollars de dons de campagne de la part du Pac.
Mais ces groupes sont de plus en plus déconnectés de la communauté américano-cubaine.
D’après un sondage d’opinion effectué par un institut fiable, 55% des Cubains vivant à Miami sont actuellement contre l’embargo des Etats-Unis à Cuba. Même certains groupes anticommunistes purs et durs reconnaissent maintenant que l’embargo est un fiasco.
Pour que les Etats-Unis décident de changer d’orientation avec Cuba, il faut que plusieurs facteurs soient réunis.
Les leaders de Washington doivent considérer que les réformes économiques de Raul Castro sont importantes. Les chefs d’entreprise des Etats-Unis doivent faire pression sur le Congrès et sur le président pour qu’ils lèvent l’embargo. Et le Lobby Cubain doit essuyer quelques revers politiques.
Le colonel Lawrence Wilkerson, ancien assistant de Colin Powell, dit que les américano-cubains commencent à prendre leurs distances avec les politiques anti-cubaines pures et dures.

« Jusqu’à ce qu’on en arrive à la goutte d’eau qui fera déborder le vase. Mais cela prendra du temps. Quand nous arriverons à ce que les Américano-cubains aient une opinion différente sur Cuba, il y aura un énorme changement. Soyons honnête, notre politique vis-à-vis de La Havane est ridicule. »

Et si les Etats-Unis ne changent pas de politique, m’a dit Robert Muse, avocat et lobbyiste, Cuba peut se permettre d’attendre.

« Nous sommes isolés sur Cuba. Cuba a bien moins besoin d’un rapprochement avec les Etats-Unis qu’il y a une quinzaine d’années ». Faire un pied de nez aux Etats-Unis, ajoute-t-il, « donne à Cuba une envergure internationale ».

Et donc, la balle est dans le camp des Etats-Unis. Reste la question de savoir si les dirigeants aux Etats-Unis sont disposés à jouer.

Reese Erlich

Reese Erlich est journaliste indépendant

mar 09 2009

Cuba encourage l’idée d’une monnaie mondiale

Par Chevalier Jedi

Pas un jour ne passe sans que l’idée d’un « nouvel ordre économique mondial » ne gagne du terrain. La semaine dernière, à Cuba, se tenait le XI Forum International sur la Globalisation. Les appels à la création d’une monnaie unique s’y sont multiplié, sans doute dans l’idée de préparer les esprits aux décisions arbitraires, que l’on ne manquera pas de nous présenter comme d’ultimes secours avant une débâcle totale du monde, qui seront prises lors du sommet qui réunira le G20.

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Le Canadien Robert Mundell, Prix Nobel d’économie en 1999, à proposé l’adoption d’une nouvelle monnaie mondiale pour sortir de la crise, lors du d’XI Forum International sur la Globalisation et les problèmes du Développement qui se tenait la semaine dernière à la Havane (Cuba) et qui a réuni 1′500économistes et universitaires de 52 pays.

Robert Mundell est considéré comme étant l’un des « Pères » de l’Euro. Il est aussi l’auteur de la « théorie de la zone monétaire optimale » développée dans les années 60.

« L’objectif a long terme est une monnaie mondiale » parce que « l’Economie mondiale en a besoin » a dit  Mundell lors de ce forum (à l’initiative de Fidel Castro lui-même).

Comble du paradoxe, c’est à Cuba, terre de résistance par excellence face a l’hégémonie de l’Empire étasunien, que ce discours a été tenu.

Signe des temps ? Possible fléchissement de la fameuse « résistance castriste » depuis la mise a l’écart de Fidel ?

Etaient également présents a ce Forum, les prix nobel d’Economie Robert Ingle (2003) et Edmund Phelps (2007), ainsi que l’Evêque Marcelo Sanchez Sorondo, qui est le Chancelier du Pontificat Académique des Sciences Sociales du Vatican, et les représentants officielles du FMI, de la Banque Mondiale, du Système Economique Latino Américain qui regroupe 27 pays (SELA ou LAES en anglais), et de la Banque de l’Alternative Bolivarienne pour les Peuples d’Amérique, entre autres (ALBA, une initiative du mondialiste rouge Hugo Chavez ).

Quelques 1500 représentants de 50 pays étaient présents à ce colloque , qui s’est terminé vendredi dernier.

En accord avec bon nombre d’experts en la matière, ce XI forum sera le point de départ de divers accords de Coopération entre Cuba et les gouvernements de la République Dominicaine et du Honduras. Après plus de 40 ans d’isolement, Cuba s’ouvre donc peu a peu vers une forme de mondialisme et la présence de tant de représentants d’organismes mondialistes laisse a penser que, décidément, la Havane n’est plus ce qu’elle était… Che Guevara doit se retourner dans sa tombe !

Robert Mundell a afirmé que la crise financière et économique actuelle a pour origine des erreurs d’appréciation du Département du Trésor américain et de la Réserve Fédérale (Federal Bank) durant les années 2001 et 2002.

Eric Toussaint, mondialiste alternatif, Président du Comité pour l’annulation des dettes du Tiers Monde, également présent, est convaincu que le tiers monde va bientôt souffrir une nouvelle crise quant à la dette.  Pour lui, en 2008 ont surgi de nouveaux problèmes pour le paiement de cette dette (dette émise dans sa plus grande partie en dollars), par rapport à la dévaluation des monnaies de ces pays. De plus, les primes de risques ont considérablement augmenté ces derniers temps.

Selon Eric Toussaint, pour faire face à ce problème, ces pays vont devoir dans un premier temps (comme l’Equateur), procéder à une cessation de paiement.

Pour ces mondialistes, la solution finale, et on y revient encore une fois, c’est l’instauration de nouvelles monnaies.

Quand a explosé la crise financière en septembre de l’année passée, la plupart des médias alternatifs parlaient de l’instauration de l’Améro avec l’avènement de l’Union Nord Américaine (NAU ou UNA en français). Cependant, des experts comme Robert Pastor expliquent que l’Améro n’est pas encore prêt, et qu’avant l’implantation de celui-ci nous devrions voir l’apparition d’un Nouveau Dollar, a deux vitesses: rouge pour les échanges internes aux USA et bleu pour les échanges internationaux.

Ce projet de Monnaie Mondiale n’est pas nouveau, il existe déjà le Bancor et l’Unitas utilisés en finance. Selon certains experts (The Economist, 9 janvier 1988) cette future monnaie mondiale s’appellerait le « Phoenix », et devrait être imposés vers l’an 2018.

Il nous faut également mentionner le projet de l’Arabo, lancée par le Conseil de Coopération du Golfe (GCC, dont les membres sont l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis,, le Koweit, le Qatar, Oman et l’Etat du Bahreîn) pour l’année 2010, mais également  « Sucre » pour le bloc sud américain, largement publicité par Hugo Chavez, l’un des pères de l’ UNASUR.

Tout ceci pourrait bien être un des thèmes de discussions et un des chapitres de la « feuille de route » du prochain G20 qui doit se tenir le 2 avril prochain à Londres… 

Chevalier Jedi, pour Mecanopolis

Buenos Aires, mars 2009

oct 15 2008

« La loi de la Jungle », par Fidel Castro

• LE commerce au sein d’une société et entre les pays consiste en échanges des biens et services que produisent les êtres humains. Les maîtres des moyens de production s’approprient les profits. Ils dirigent, en tant que classe, l’État capitaliste et se vantent d’impulser le développement et le bien-être social par marché interposé, ce dieu infaillible auquel il voue un culte.

Dans chaque pays, la concurrence se livre entre les plus forts et les plus faibles, entre ceux qui ont le plus de vigueur physique, qui s’alimentent le mieux, qui ont appris à lire et à écrire, qui ont faits des études, qui accumulent plus d’expérience, plus de relations sociales, plus de ressources, et ceux qui sont privés de tous ces avantages.

Entre les différents pays, elle se livre entre ceux qui jouissent d’un meilleur climat, de plus de terres arables, de plus d’eau, de plus de ressources naturelles dans l’espace où il leur est échu de vivre maintenant qu’il n’existe plus de territoires à conquérir, qui maîtrisent les technologies, qui possèdent plus de développement et manipulent des ressources médiatiques incalculables, et ceux qui ne bénéficient pas au contraire de ces prérogatives. Les fossés sont parfois abyssaux entre les nations qui se qualifient de riches et les nations pauvres.

C’est la loi de la jungle.

Il n’y a pas de différences entre les ethnies sous le rapport des facultés mentales. Ce que la science a largement prouvé. La société actuelle n’est pas la forme naturelle selon laquelle la vie humaine a évolué : elle est une création de l’homme déjà mentalement développé sans laquelle il ne pourrait concevoir sa propre existence. Il s’agit donc maintenant de savoir si l’être humain pourra survivre au privilège de posséder une intelligence créatrice.

Le système capitaliste développé, dont le plus bel exemple est le pays à la nature privilégiée où l’homme blanc européen a apporté ses idées, ses rêves et ses ambitions, est aujourd’hui en pleine crise. Ce n’est pas la crise cyclique qui revient périodiquement, ni même la crise traumatique des années 30 : c’est la pire de toutes depuis que le monde suit ce modèle de croissance et de développement.

Le système capitaliste développé entre en crise alors que l’Empire est sur le point de changer de chef à l’occasion des élections qui se dérouleront dans vingt-cinq jours : il ne manquait plus que ça !

Les candidats des deux partis qui décident de ces élections tentent de persuader les électeurs déconcertés – dont beaucoup ne se sont jamais inquiété de voter – qu’ils sont capables, en tant qu’aspirants à la présidence, de garantir le bien-être et la consommation forcenée d’un peuple qu’ils qualifient de couches moyennes. Ni l’un ni l’autre ne propose le moindre changement véritable à ce que tous deux considèrent comme le système économique le plus parfait qu’ait connu le monde, un monde qui est bien entendu, dans leur mentalité, moins important que le bonheur de trois cents millions et quelque de personnes, soit moins de 5 p. 100 de la population de la planète. Or, le sort des 95 p. 100 restants, la guerre ou la paix, l’atmosphère respirable ou non, dépendront dans une grande mesure des décisions du chef institutionnel de l’Empire, si tant qu’un pouvoir réel soit associé à ce poste à l’époque des armes nucléaires et des boucliers spatiaux gérés par ordinateur en des circonstances où les secondes sont décisives mais les principes moraux de moins en moins en vigueur. On ne saurait ignorer toutefois le rôle plus ou moins néfaste que joue un président de ce pays.

Il existe un racisme profond aux Etats-Unis, où des millions de Blancs ont beaucoup de mal à se faire à l’idée qu’un Noir avec sa femme et ses enfants occupent la Maison qui s’appelle justement ainsi : Blanche.

C’est un miracle que le candidat démocrate n’ait pas subi le sort de Martin Luther King, de Malcom X et d’autres qui nourrissaient des rêves d’égalité et de justice voilà à peine quelques décennies. Il a par ailleurs l’habitude de regarder l’adversaire d’une manière sereine et de rire des embarras dialectiques d’un opposant qui fixe le vide.

De son côté, le candidat républicain, qui cultive sa renommée d’homme belliqueux, a été l’un des plus mauvais élèves de sa promotion à West Point. Il ignorait tout des maths, de son propre aveu, et à plus forte raison, peut-on supposer, des complexes sciences économiques.

Son adversaire le dépasse sans aucun doute en intelligence et sérénité.

Ce qui abonde le plus chez McCain, ce sont les années, et sa santé n’est pas non plus absolument sûre.

Si je mentionne ce dernier point, c’est qu’il se pourrait bien – en cas de problème de santé pour le candidat républicain, s’il était élu – que la dame au fusil et l’inexperte ancienne gouverneure d’Alaska devienne présidente des Etats-Unis. Et elle, alors, elle ne sait rien de rien.

Réfléchissant au sujet de la dette publique étasunienne que le président Bush fait retomber sur les épaules de nouvelles générations dans ce pays – dix mille deux cent soixante-six millions de millions de dollars – il m’est venu à l’idée de calculer combien quelqu’un mettrait à compter cette dette qui a pratiquement doublé en huit ans.

A supposer une journée de travail ininterrompu de huit heures, sans perdre une seconde, donc, et une année de travail de trois cents jours, à raison de cent billets d’un dollar par minute, ce qui est un rythme rapide, notre homme mettrait 710 milliards d’années.

Je ne trouve pas de manière plus imagée de me représenter cette somme d’argent dont on ne cesse de parler tous les jours ces derniers temps.

L’administration étasunienne, pour éviter une panique généralisée, déclare qu’elle garantira les dépôts des épargnants ne dépassant pas 250 000 dollars, qu’elle gérera des banques et des sommes d’argent que Lénine, avec son boulier, n’aurait jamais envisagé de compter.

Nous pourrions nous demander maintenant quelle contribution l’administration Bush fera au socialisme. Mais ne nous faisons pas d’illusions. Quand le fonctionnement des banques se normalisera, les impérialistes les rendront à des mains privées, comme tel ou tel pays l’a déjà fait sur ce continent. En fin de compte, c’est toujours le peuple qui paie.

Le capitalisme tend à se reproduire sous n’importe quel système social, parce qu’il part de l’égoïsme et des instincts de l’homme.

La société humaine n’a pas d’autre choix que surmonter cette contradiction. Sinon, elle ne pourra pas survivre.

Les flots d’argent que les banques centrales des pays capitalistes développés déversent de nos jours dans les finances mondiales frappent fortement les bourses des pays qui tentent de sortir du sous-développement économique et qui recourent à ces institutions. Cuba n’a pas de bourse de valeurs. Des formes de financement plus rationnelles, plus socialistes, verront sans doute le jour.

La crise actuelle et les mesures brutales de l’administration étasunienne en vue de se sauver se traduiront par plus d’inflation, plus de dévaluation des monnaies nationales, plus de pertes douloureuses sur les marchés, plus de chute des cours des marchandises d’exportation, plus d’échange inégal. Mais elles apporteront aussi aux peuples plus de connaissances de la vérité, plus de conscience, plus de rébellion et plus de révolutions.

Nous verrons bien comment se déroulera la crise et ce qu’il se passera aux Etats-Unis dans vingt-cinq jours.

Fidel Castro Ruz
Le 11 octobre 2008

Source : Granma