fév 09 2010

Et si la GrĂšce montrait la voie de la rĂ©volte contre l’UE et le FMI ?

La ruine financiĂšre totale, autrefois un problĂšme rĂ©servĂ© aux pays en dĂ©veloppement, frappe maintenant l’Europe. Le FMI impose ses «mesures d’austĂ©rité» aux pays pĂ©riphĂ©riques de l’UE, la GrĂšce, l’Islande et la Lettonie Ă©tant les plus touchĂ©es. Mais ce ne sont pas nos habituels solliciteurs du tiers monde. Historiquement, l’Islande a Ă©tĂ© colonisĂ©e par les Vikings qui envahirent avec succĂšs la Grande-Bretagne. Les tribus lettones repoussĂšrent mĂȘme les Vikings. Les Grecs, quant Ă  eux, conquirent tout l’Empire perse.

grece

Des dizaines de pays ont Ă©tĂ© dans l’incapacitĂ© de payer leurs dettes au cours des rĂ©centes dĂ©cennies, le dernier Ă©tant Dubai, qui a de­mandĂ© le 26 novembre un moratoire sur sa dette. Si l’émirat arabe naguĂšre hyper-riche peut le faire, des pays dont la situation est plus dĂ©sespĂ©rĂ©e le peuvent Ă©galement. Et quand l’alternative est de dĂ©truire l’économie indi­gĂšne, il est difficile de prĂ©tendre qu’ils devraient s’en abstenir. C’est particuliĂšrement vrai lorsque les crĂ©anciers sont largement responsables et qu’on a de bonnes raisons de penser que les dettes n’ont pas lieu d’ĂȘtre. Les problĂšmes de la GrĂšce ont commencĂ© quand de faibles taux d’intĂ©rĂȘts inadaptĂ©s Ă  la GrĂšce ont Ă©tĂ© maintenus pour sauver l’Allemagne de l’effondrement Ă©conomique. Et l’Islande comme la Lettonie se sont retrouvĂ©es responsables de dettes privĂ©es qui ne les concernaient pas. L’économiste Michael Hudson Ă©crit:

«L’Union europĂ©enne et le Fonds monĂ©taire international leur ont dit de remplacer les dettes privĂ©es par des obligations publiques et de les financer en augmentant les impĂŽts, en rĂ©duisant les dĂ©penses publiques et en obligeant les citoyens Ă  dĂ©penser leurs Ă©conomies. Les gens en veulent de plus en plus non seulement Ă  ceux qui ont fait ces dettes mais Ă©galement aux conseillers nĂ©olibĂ©raux et au crĂ©anciers Ă©trangers qui ont fait pression sur leurs gouvernements pour qu’ils vendent les banques et leurs infrastructures publiques Ă  des initiĂ©s.»1

Mauvais fonctionnement de l’UE: Ă©chec de la monnaie commune

La GrĂšce pourrait ĂȘtre le premier des pays pĂ©riphĂ©rique Ă  se rĂ©volter. Ambrose Evans-Pritchard Ă©crit dans le «Daily Telegraph» du 13 dĂ©cembre dernier que «la GrĂšce est le premier pays en crise aux marges de l’union monĂ©taire europĂ©enne Ă  dĂ©fier Bruxelles et Ă  rejeter ce remĂšde moyenĂągeux qu’est la baisse des salaires. Le Premier ministre PapandhrĂ©ou a dĂ©clarĂ© le 11 dĂ©cembre:

«Les salariĂ©s ne feront pas les frais de la situation: nous n’allons pas procĂ©der Ă  un gel ou Ă  une baisse des salaires. Nous ne sommes pas venus au pouvoir pour dĂ©manteler l’Etat social.»

Evans-Pritchard note que «M. Papan­dhrĂ©ou a de bonnes raisons de dĂ©fier l’UE. On a dit Ă  la GrĂšce d’adopter des mesures d’austĂ©ritĂ© sans la dĂ©valuation qui est au centre des plans du FMI. Cette demande est ruineuse et manifestement contraire au but recherchĂ©.»

La monnaie ne peut pas ĂȘtre dĂ©valuĂ©e parce que le mĂȘme euro a cours partout. Cela sig­nifie que, comme la capacitĂ© du pays Ă  rembourser sa dette est paralysĂ©e par les mesures d’austĂ©ritĂ©, il n’y a pas moyen de rĂ©duire le coĂ»t de la dette. Evans-Pritchard conclut:

«La vĂ©ritĂ© que peu de personnes dans la zone euro sont prĂȘtes Ă  considĂ©rer est que l’Union monĂ©taire europĂ©enne pose de graves problĂšmes 
 Ă  la GrĂšce, Ă  l’Allemagne, Ă  tous les pays membres.»2

C’est pourquoi l’Islande, qui n’est pas encore membre de l’UE, a de bonnes raisons de reconsidĂ©rer sa position. On met comme condition Ă  son adhĂ©sion qu’elle rembourse les investisseurs hollandais et britanniques qui ont perdu de l’argent dans la faillite d’IceSave, filiale en ligne de la plus grande banque privĂ©e islandaise. Eva Joly, juge norvĂ©go-française engagĂ©e pour enquĂȘter sur la faillite de la banque islandaise, parle de chantage. Pour elle, cĂ©der aux demandes de l’UE, ce serait ponctionner les ressources du pays et de ses habitants qui sont contraints d’émigrer pour trouver du travail.3

La Lettonie est membre de l’UE et devrait adopter l’euro, mais elle n’en est pas encore Ă  ce stade. L’UE et le FMI ont demandĂ© au gouvernement d’emprunter des monnaies Ă©trangĂšres pour stabiliser le taux de change de sa monnaie afin d’aider les emprunteurs Ă  payer les hypothĂšques souscrites en monnaies Ă©trangĂšres dans des banques Ă©trangĂšres. On exige que le gouvernement, pour obtenir de l’argent du FMI, procĂšde aux Ă©conomies habituelles. Selon Nils Muiznieks, directeur de l’Advanced Social and Political Institute de Riga, « le reste du monde applique des plans de relance allant de 1 Ă  10% du PIB mais en mĂȘme temps, on demande Ă  la Lettonie de faire d’importantes coupes budgĂ©taires qui se montent cette annĂ©e Ă  38% dans le secteur public et Ă  augmenter les impĂŽts afin de rĂ©duire le dĂ©ficit. »4

En novembre, le gouvernement letton a adoptĂ© le budget le plus rigoureux de ces derniĂšres annĂ©es, avec des coupes de prĂšs de 11%. Il a dĂ©jĂ  augmentĂ© les impĂŽts, taillĂ© dans les dĂ©penses publiques, diminuĂ© les salaires des fonctionnaires et fermĂ© des di­zaines d’écoles et d’hĂŽpitaux. Il en rĂ©sulte que la Banque nationale prĂ©voit un recul de l’économie de 17,5% cette annĂ©e5 alors que le pays aurait besoin d’une Ă©conomie productive pour se remettre d’aplomb. En Islande, l’économie a subi un recul de 7,2% au cours du troisiĂšme trimestre,6 taux le plus important jamais enregistrĂ©. Comme dans les autres pays saignĂ©s Ă  blanc par les restrictions nĂ©olibĂ©rales de productivitĂ©, l’emploi et la production sont paralysĂ©s, ce qui met l’économie Ă  genoux.

Si l’on est cynique, on dira que c’était bien lĂ  l’intention. Au lieu d’aider les pays post-soviĂ©tiques Ă  dĂ©velopper des Ă©conomies indĂ©pendantes, Ă©crit Marshall Auerback, « l’Occident les a considĂ©rĂ©s comme des huĂźtres Ă©conomiques Ă  briser et Ă  endetter afin d’en tirer profit, laissant des coquilles vides .»7

Mais les gens ne se soumettent pas sans mot dire. En Lettonie, au dĂ©but dĂ©cembre 2009, alors que le Parlement dĂ©battait de la dette publique, des milliers d’étudiants et d’enseignants dĂ©filaient dans les rues pour protester contre la fermeture de centaines d’écoles et des baisses de salaires allant jusqu’à 60%. Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Ils ont vendu leur Ăąme au diable» et « Nous sommes contre la pauvretĂ© ». Au Parlement islandais, le dĂ©bat sur IceSave a durĂ©, aux der­niĂšres nouvelles, plus de 140 heures, un nouveau record. Et une proportion croissante de la population refuse d’assumer une dette qui, Ă  son avis, n’est pas celle de l’Etat.

Le 3 dĂ©cembre, dans un article du «Daily Mail» intitulĂ© «Ce que l’Islande peut ap­prendre aux Tories», Mary Ellen Synon Ă©crivait que depuis que l’économie islandaise s’était effondrĂ©e, l’annĂ©e derniĂšre, « les bĂątisseurs d’empire de Bruxelles espĂ©raient que les Islandais ruinĂ©s et effrayĂ©s seraient finalement prĂȘts Ă  Ă©changer leur indĂ©pendance contre la stabilitĂ© que leur offrait l’adhĂ©sion Ă  l’UE ». Mais le mois dernier, un sondage d’opinion montrait que 54% des Islandais Ă©taient opposĂ©s Ă  l’adhĂ©sion alors que seuls 29% y Ă©taient favorables. Synon Ă©crivait:

« Bien que les Islandais aient pu avoir une peur bleue l’annĂ©e derniĂšre, ils se dĂ©gagent maintenant des ruines de leur prospĂ©ritĂ© et ont dĂ©cidĂ© que la chose la plus prĂ©cieuse qui leur reste est leur indĂ©pendance. Ils ne sont pas disposĂ©s Ă  l’échanger, mĂȘme dans la perspective d’un sauvetage de la Banque centrale europĂ©enne. »8

L’Islande, la Lettonie et la GrĂšce sont toutes en situation de mettre le FMI et l’UE au pied du mur. Dans un article paru le 1er octobre et intitulĂ© «Lettonie, la folie continue», Marshall Auerback affirmait que le problĂšme de la dette de la Lettonie pouvait ĂȘtre rĂ©glĂ© au cours d’un week-end au moyen d’une sĂ©rie de mesures: 1) ne pas rĂ©pondre au tĂ©lĂ©phone lorsque des crĂ©anciers Ă©trangers appellent le gouvernement; 2) dĂ©clarer les banques insol­vables, convertir leur dette extĂ©rieure en capital propre, les rouvrir et leur permettre de garantir les dĂ©pĂŽts en monnaie locale; 3) accorder Ă  toutes les personnes disposĂ©es et capables de travailler un emploi payĂ© Ă  un sa­laire minimum en monnaie locale avec sĂ©curitĂ© sociale, comme l’a fait l’Argentine aprĂšs que le rĂ©gime Kirchner eut repoussĂ© le plan toxique de remboursement de sa dette imposĂ© par le FMI.»9

Evans-Pritchard suggĂšre un remĂšde similaire pour la GrĂšce qui pourrait lui per­mettre de faire sauter le carcan mortel oĂč elle se trouve en suivant l’exemple de l’Argentine. Elle pourrait «rĂ©tablir sa monnaie, la dĂ©valuer, adopter une loi transformant les dettes en euro en monnaie locale et en « restructurant les contrats avec l’étranger ».

Un moyen peu utilisé: dire non au FMI

RĂ©sister au FMI n’est pas un moyen trĂšs uti­lisĂ©, mais l’Argentine a montrĂ© la voie. En 2001, au vu des pronostics dĂ©sastreux selon lesquels l’économie pourrait s’effondrer en l’absence de crĂ©dits Ă©trangers, elle a dĂ©fiĂ© ses crĂ©anciers et s’est dĂ©tournĂ©e de ses dettes. A l’automne 2004, trois ans aprĂšs un dĂ©faut de payement record de plus de 100 milliards de dollars, le pays Ă©tait sur la voie du redressement et il avait rĂ©ussi cette prouesse sans aide Ă©tran­gĂšre. La croissance Ă©conomique fut de 8% pendant deux annĂ©es consĂ©cutives. Le volume des exportations augmenta, la monnaie Ă©tait stable, les investisseurs revenaient et le chĂŽmage diminua. Selon l’économiste Mark Weisbrot interrogĂ© en 2004 par le New York Times, « c’est un Ă©vĂ©nement historique remarquable qui remet en cause 25 ans de mauvaise politique. Alors que d’autres pays avancent cahin-caha, l’Argentine vit une croissance trĂšs saine dont rien ne permet de penser qu’elle ne durera pas, et elle l’a rĂ©ussie sans faire aucune concession pour attirer des capitaux Ă©trangers. »

Weisbrot est le co-directeur du laboratoire d’idĂ©es Center for Economic and Policy Research basĂ© Ă  Washington qui a publiĂ© en octobre 2009 une Ă©tude sur les 41 pays dĂ©biteurs du FMI. Selon cette Ă©tude, les politiques d’austĂ©ritĂ© imposĂ©es par le FMI, notamment la rĂ©duction des dĂ©penses et le resserrement de la politique monĂ©taire, risquaient de faire plus de mal que de bien aux Ă©conomies de ces pays.

C’est Ă©galement la conclusion d’une Ă©tude publiĂ©e en fĂ©vrier 2009 et due Ă  Yonka Özemir de la Middle East Technical University d’Ankara, qui compare l’assistance du FMI Ă  l’Argentine et Ă  la Turquie.10 Ces deux marchĂ©s Ă©mergents ont subi en 2001 de graves crises Ă©conomiques prĂ©cĂ©dĂ©es de dĂ©ficits budgĂ©taires chroniques, d’une croissance insuffisante des exportations, d’un important endettement, d’une instabilitĂ© politique et d’une inĂ©galitĂ© dans la rĂ©partition des richesses.

Tandis que l’Argentine faisait bande Ă  part, la Turquie suivait les conseils du FMI. Le rĂ©sultat final a Ă©tĂ© que l’Argentine a rebondi alors que la Turquie connaĂźt encore la crise financiĂšre. La confiance de la Turquie dans les investissements Ă©trangers l’a rendue trĂšs vulnĂ©rable Ă  la rĂ©cession mondiale. L’Argentine, elle, a choisi d’investir dans le pays, de dĂ©velopper l’économie indigĂšne.

Pour trouver l’argent nĂ©cessaire, elle n’a pas eu besoin d’investisseurs Ă©trangers. Sa banque centrale a Ă©mis sa propre monnaie et accordĂ© ses crĂ©dits. Lorsque la monnaie nationale s’est totalement effondrĂ©e en 1995, puis une nouvelle fois en 2000, les gouvernements locaux ont Ă©mis des obligations locales qui ont Ă©tĂ© nĂ©gociĂ©es comme de la monnaie. Les provinces ont payĂ© leurs fonctionnaires avec des « obligations d’annulation de dette » Ă©quivalentes au peso. Ces obligations annulaient les dettes des provinces envers leurs fonctionnaires et pouvaient ĂȘtre dĂ©pensĂ©es comme de l’argent. Les provinces avaient «monĂ©tisé» leurs dettes en transformant leurs obligations en monnaie lĂ©gale.

L’Argentine est un vaste pays dont les ressources sont plus importantes que celles de l’Islande, de la Lettonie ou de la GrĂšce, mais les nouvelles technologies permettent Ă©galement Ă  des petits pays de devenir autosuffisants. (cf. David Blume: alcoholcanbeagas)11

Des monnaies locales pour un développement local

Les gouvernements ont le droit souverain d’émettre et de prĂȘter de la monnaie et l’Islande le perdra si elle rejoint l’UE qui interdit aux Etats membres d’emprunter de l’argent Ă  leurs propres banques centrales. Pourtant les habitants de ces pays frappĂ©s par la crise pourraient continuer de dĂ©velopper leurs res­sources s’ils disposaient des crĂ©dits nĂ©ces­saires. Un contrĂŽle souverain sur leur monnaie locale leur permettrait d’obtenir des crĂ©dits simplement en les crĂ©ant dans la comptabilitĂ© de leurs banques d’Etat.

En rĂ©alitĂ©, cette proposition n’a rien d’extraordinaire. Toutes les banques privĂ©es obtiennent les crĂ©dits qu’elles accordent Ă  leurs clients en les crĂ©ant dans leur comptabilitĂ©. Contrairement aux idĂ©es reçues, les banques ne prĂȘtent pas leur propre argent ou celui de leurs dĂ©posants. Comme le confirme la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine,12 les banques prĂȘtent de l’argent neuf créé par une comptabilitĂ© en partie double sous la forme de dĂ©pĂŽts des emprunteurs d’un cĂŽtĂ© et d’actifs de la banque de l’autre.

Outre le fait qu’ils permettent de lutter contre le gel des crĂ©dits, les crĂ©dits accordĂ©s par les gouvernements ont l’avantage de pouvoir ĂȘtre sans intĂ©rĂȘt. En Ă©liminant les intĂ©rĂȘts, on rĂ©duit considĂ©rablement les coĂ»ts de production.13

L’argent Ă©mis par les gouvernements pour financer des projets publics a une longue histoire couronnĂ©e de succĂšs qui remonte au moins au dĂ©but du XVIIIe siĂšcle, lorsque la colonie amĂ©ricaine de Pennsylvanie Ă©mit une monnaie qui Ă©tait Ă  la fois prĂȘtĂ©e et dĂ©pensĂ©e par le gouvernement local dans l’économie locale. Il en rĂ©sulta une pĂ©riode de prospĂ©ritĂ© sans prĂ©cĂ©dent obtenue sans inflation ni impĂŽts.14

L’Etat insulaire de Guernesey, situĂ© dans la Manche, a financĂ© ses infrastructures avec de l’argent Ă©mis par le gouvernement il y a plus de 200 ans sans inflation des prix ni dette publique.

Durant la PremiĂšre Guerre mondiale, lorsque les banques demandaient des intĂ©rĂȘts de 6%, la Commonwealth Bank, Ă©tablissement de l’Etat australien, a financĂ© l’effort de guerre du pays Ă  un taux d’intĂ©rĂȘt infĂ©rieur Ă  1%, Ă©conomisant aux Australiens 12 millions de dollars de frais bancaires. AprĂšs la guerre, le gouverneur de la banque a Ă©pargnĂ© aux Australiens la dĂ©pression qui rĂ©gnait dans d’autres pays en finançant la production, la construction de logements et en accordant des crĂ©dits Ă  des gouvernements locaux pour la construction de routes, de lignes de trams, de ports, d’usines Ă  gaz et de centrales Ă©lectriques. Les profits de la banque Ă©taient reversĂ©s Ă  l’Etat.

AprĂšs avoir Ă©lu son premier gouvernement travailliste dans les annĂ©es 1930, la Nou­velle-ZĂ©lande mit en place avec succĂšs un programme d’infrastructures financĂ© grĂące Ă  un crĂ©dit national sans intĂ©rĂȘt. Le crĂ©dit accordĂ© par la banque centrale nationalisĂ©e permit Ă  la Nouvelle-ZĂ©lande de prospĂ©rer Ă  une Ă©poque oĂč le reste du monde Ă©tait en proie Ă  la pauvretĂ© et au manque de productivitĂ©.

L’argument contre l’émission et le prĂȘt d’argent par les gouvernements pour les infrastructures est que cela provoque l’inflation, mais ce n’est pas nĂ©cessairement le cas. L’inflation des prix se produit lorsque la «de­mande» (l’argent) augmente plus rapidement que l’«offre» (biens et services). Quand on augmente la masse monĂ©taire nationale pour financer des projets productifs, l’offre augmente avec la demande, sans affecter les prix.

De toute façon, comme nous l’avons dit plus haut, les banques privĂ©es crĂ©ent elles-mĂȘmes l’argent qu’elles prĂȘtent. Le processus par lequel elles crĂ©ent de la monnaie est inflationniste parce qu’elles ne prĂȘtent que le capital, pas les intĂ©rĂȘts nĂ©cessaires Ă  rembourser leurs emprunts. Pour payer les intĂ©rĂȘts, il faut faire de nouveaux emprunts.

L’important, c’est d’utiliser la monnaie nouvellement créée ou le crĂ©dit pour des projets productifs qui augmentent les biens et les services plutĂŽt que pour la spĂ©culation et pour payer les dettes publiques en monnaies Ă©trangĂšres (le piĂšge dans lequel est tombĂ© le Zimbabwe). On peut protĂ©ger la monnaie nationale contre les spĂ©culateurs15 en imposant des contrĂŽles des changes, comme l’a fait la Malaisie en 1998, en imposant des con­trĂŽles des capitaux, comme le font actuellement le BrĂ©sil et Taiwan, en interdisant les instruments financiers Ă  terme ou en imposant une «taxe Tobin» sur les transactions monĂ©taires internationales.

Guérir les créanciers

Si les crĂ©anciers souhaitent vraiment rĂ©cupĂ©rer leurs prĂȘts, ils comprendront qu’il est sage de laisser le pays dĂ©biteur dĂ©velopper son Ă©conomie pour lui permettre de rembourser ses dettes. Si les crĂ©anciers ne tiennent pas vraiment Ă  ĂȘtre remboursĂ©s mais utilisent la dette comme un moyen d’exploiter le pays dĂ©biteur et de le priver de ses actifs, il faut dĂ©noncer le bluff des crĂ©anciers.

Lorsque le pays dĂ©biteur refuse de payer, le fardeau pousse les crĂ©anciers Ă  se guĂ©rir eux-mĂȘmes. L’économiste britannique Michael Rowbotham suggĂšre que dans le monde de la monnaie Ă©lectronique, cela peut ĂȘtre effectuĂ© par des rĂ©gulateurs bancaires crĂ©atifs simplement en modifiant les rĂšgles comptables. Aujourd’hui, on peut crĂ©er des dettes Ă  l’aide d’écritures comptables et les annuler de la mĂȘme maniĂšre. Rowbotham esquisse deux moyens permettant de changer les rĂšgles afin d’annuler des dettes impossibles Ă  rembourser:

«La premiĂšre option consiste Ă  libĂ©rer les banques de l’obligation de maintenir la paritĂ© entre l’actif et le passif. Ainsi, si une banque commerciale dĂ©tient pour 10 millions de dollars de crĂ©ances d’un pays en dĂ©veloppement, elle pourrait ĂȘtre autorisĂ©e Ă  avoir Ă  perpĂ©tuitĂ©, aprĂšs annulation, 10 millions de dollars de dĂ©ficit dans son bilan. C’est une simple question d’écritures.

La seconde option consiste Ă  annuler les crĂ©ances tout en permettant aux banques de les conserver pour des raisons comptables. Les dettes seraient annulĂ©es pour les pays en dĂ©veloppement mais conservĂ©es Ă  des fins de comptabilitĂ© bancaire. Ces crĂ©ances seraient conservĂ©es Ă  leur valeur nominale en tant qu’actifs permanents, non nĂ©gociables.»16

Si les banques étaient autorisées soit à porter en compte les crédits non remboursables ou à se faire rembourser en monnaies locales, leurs actifs et leur solvabilité seraient préservés.

Source : Web Of Debt

Traduction : Horizons et Débats

Notes :

1 Recovering from Neoliberal Disaster. Why Iceland and Latvia Won’t (and Can’t) Pay the EU for the Kleptocrats’ Ripoffs. Prof. Michael Hudson. www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=14800
2 Ambrose Evans-Pritchard. Greece defies Europe as EMU crisis turns deadly serious. www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/
3 Eva Joly: Iceland is being blackmailed. icelandweatherreport.com/2009/08/eva-joly-iceland-is-being-blackmailed.html
4 Zit. In: Pavol Stracansky. G20: IMF Finds a New Unpopularity. ipsnews.net/news.asp?idnews=48594
5 Ilmars RimĆĄevics, Governor, Bank of Latvia. Recent Economic Developments and Banking in Latvia. www.bank.lv/eng/main/all/sapinfo/presrunas/receco/
6 Kay Murchie. Iceland’s economy shrinks at record pace. www.financemarkets.co.uk/2009/12/07/icelands-economy-shrinks-at-record-pace/
7 Marshall Auerback. Latvia: The Insanity continues. www.creditwritedowns.com/2009/10/latvia-the-insanity-continues.html
8 Mary Ellen Synon. What Iceland can teach the Tories. synonblog.dailymail.co.uk/2009/12/what-iceland-can-teach-the-tories.html
9 Marshall Auerback, a.a.O.
10 More a Curse than a Cure? The Role of the IMF after the Argentine and Turkish Financial Crises. Von Yonca Özdemir. Political Science & International Relations Program. Middle East Technical University, Northern Cyprus Campus. Paper prepared for delivery at the 2009 Annual Convention of the International Studies Association (ISA), February 15–18, 2009, New York.
11 alcoholcanbeagas.com/node/587
12 ModernMoneyMechanics. Federal Bank of Chicago. www.rayservers.com/images/.pdf
13 The McKleever Institute of Economic Policy
Analysis. There are Alternatives. (T.A.A.)
Project winning Essay. Margrit Kennedy
inspires New Zealand Groups to Establish
Regional Money Systems. By Deidre Kent.
www.mkeever.com/kent.html
14 Ellen Brown. Sustainable Energy Development: How Costs Can Be Cut in Half.
www..com/articles/energy-costs.php
15 A Debt Moratorium for Iceland.
www.actindependent.org/icelandprogram.pdf
16 How to Cancel Third World Debt. by Michael Rowbotham. www.prosperityuk.com/prosperity/articles/cantwd.html

jan 15 2010

Ce qu’on ne vous dit pas sur HaĂŻti (mais que vous devriez savoir)

Dans les heures qui ont suivi le sĂ©isme qui dĂ©vastateur en HaĂŻti, CNN, le New York Times et d’autres grands organes d’information ont adoptĂ© la mĂȘme interprĂ©tation de l’ampleur des destructions: le sĂ©isme d’une magnitude de 7,0 a Ă©tĂ© si dĂ©vastateur parce qu’il a frappĂ© des zones urbaines surpeuplĂ©es et trĂšs pauvres. Les maisons « construites les unes sur les autres » et bĂąties par les pauvres eux-mĂȘmes ont rĂ©sultĂ© en une ville fragile. Et de longues annĂ©es de sous-dĂ©veloppement ainsi que les troubles politiques ont fait que le gouvernement haĂŻtien Ă©tait mal prĂ©parĂ© Ă  faire face Ă  un tel dĂ©sastre.

haiti

C’est assez vrai. Mais ce n’est pas toute l’explication, car il y manque l’explication de la raison pour laquelle tant d’HaĂŻtiens rĂ©sident dans Port-au-Prince et ses environs et pourquoi tant d’entre eux sont obligĂ©s de survivre avec si peu. En fait, mĂȘme quand on ose une explication, elle est souvent scandaleusement fausse Ă  l’image du tĂ©moignage d’un ancien diplomate US sur CNN selon qui la surpopulation de Port-au-Prince Ă©tait dĂ»e au fait que les HaĂŻtiens, comme la plupart des autres peuples du Tiers-Monde, ne savaient rien du contrĂŽle des naissances.

Les AmĂ©ricains affamĂ©s d’informations seront peut-ĂȘtre surpris d’apprendre que ces conditions de vie auxquelles les media attribuent, Ă  raison, l’amplification de l’impact de cette immense catastrophe, rĂ©sulte largement de politiques amĂ©ricaines et d’un modĂšle de dĂ©veloppement orientĂ© par les Etats Unis.

De 1957 Ă  1971, les HaĂŻtiens ont vĂ©cu dans l’ombre sinistre de « Papa Doc » Duvalier, un dictateur brutal qui jouissait de l’appui des Etats Unis qui le voyaient comme un anti-communiste fiable. AprĂšs sa mort, Jean-Claude « BĂ©bĂ© Doc », son fils, est devenu prĂ©sident Ă  vie Ă  l’Ăąge de 19 ans et il a dirigĂ© HaĂŻti jusqu’Ă  son renversement en 1986. C’est dans les annĂ©es 1970 et 1980 que BĂ©bĂ© Doc et le gouvernement et les milieux d’affaires des Etats Unis ont collaborĂ© pour engager HaĂŻti et sa capitale sur la voie qui devait aboutir Ă  la situation du pays au 12 janvier 2010.

AprĂšs l’intronisation de BĂ©bĂ© Doc, des planificateurs AmĂ©ricains, membres ou non du gouvernement des Etats Unis, ont lancĂ© leur programme pour transformer HaĂŻti en « Taiwan de la CaraĂŻbe ». Ce pays, petit et pauvre, idĂ©alement situĂ© non loin des Etats Unis, se vit enjoindre d’abandonner son passĂ© agricole et de dĂ©velopper un secteur manufacturier fort et orientĂ© vers l’exportation. C’Ă©tait, avait-on dit Ă  Duvalier et ses alliĂ©s, la maniĂšre d’aller vers la modernisation etle dĂ©veloppement Ă©conomique.

Du point de vue de la banque Mondiale et de l’United States Agency for International Development (USAID), HaĂŻti Ă©tait un parfait candidat pour ce lifting nĂ©olibĂ©ral. La pauvretĂ© endĂ©mique des masses haĂŻtiennes les forcerait Ă  exercer des emplois faiblement rĂ©munĂ©rĂ©s dans la confection d’articles de baseball et l’assemblage d’autres produits.

Mais l’USAID avait des plans aussi pour la campagne. Non seulement les villes d’HaĂŻti devaient-elles devenir des centres d’exportation, mais les zones rurales Ă©galement, par un remodelage de l’agriculture haĂŻtienne vers des productions orientĂ©es vers l’exportation et la logique des marchĂ©s. Dans ce but, l’USAID, avec des industriels citadins et de fros propriĂ©taires terriens, a travaillĂ© Ă  la crĂ©ation d’Ă©quipements de traitement ds produits agro-alimentaires, alors mĂȘme qu’ils renforçaient les pratiques de dumping sur le prix des surplus agricoles des Etats Unis vendus Ă  la population haĂŻtienne.

Cette « aide » amĂ©ricaine et les changements structurels dans le monde rural ont contraint, comme on pouvait le prĂ©voir, des paysans HaĂŻtiens qui ne pouvaient plus survivre Ă  migrer vers les villes, particuliĂšrement Port-au-Prince oĂč les nouveaux emplois du secteur manufacturier Ă©raient supposĂ©s se trouver.Mais une fois sur place, ils se rendirent compte que les emplois manufacturiers Ă©taient loin d’ĂȘtre en nombre suffisants. La ville est devenue de plus en plus densĂ©ment peuplĂ©e. Les bidonvilles se sont Ă©tendus. Et pour satisfaire les besoins en logement des paysans dĂ©placĂ©s, un programme de maisons bon marchĂ© et construites Ă  la va vite a Ă©tĂ© mis en plce, parfois en posant des maisons « sur le toit des autres. »

Assez rapidement, cependant, les planificateurs AmĂ©ricains et les Ă©lites haĂŻtiennes dĂ©cidĂšrent que leur modĂšle de dĂ©veloppement ne fonctionnait peut-ĂȘtre pas si bien en HaĂŻti et ils l’abandonnĂšrent. Les consĂ©quences des changement effectuĂ©s sous la direction des Etats Unis ont par contre subsistĂ©.

Quand dans l’aprĂšs-midi et la soirĂ©e du 12 janvier 2010 HaĂŻti a subi cet horrible tremblement de terre et ses rĂ©pliques, les destructions ont Ă©tĂ© indubitablement aggravĂ©es par l’extrĂȘme surpeuplement et la pauvreta de Port-au-Prince et de ses environs. Mais les AmĂ©ricains en Ă©tat de choc peuvent faire plus que de secouer la tĂȘte et de faire un don par pitiĂ©. Ils peuvent s’intĂ©resser aus responsabilitĂ©s de leur propre pays dans les conditions de vie Ă  Port-au-Prince qui ont amplifiĂ© l’impact du sĂ©isme, et ils peuvent reconnaĂźtre le rĂŽle de l’AmĂ©rique pour empĂȘcher HaĂŻti de parvenit Ă  un dĂ©veloppement significatif. Accepter l’approche incomplĂšte d’haĂŻti proposĂ©e par CNN et le New York Times revient Ă  blĂąmer les HaĂŻtiens d’ĂȘtre les victimes d’un processus qui n’est pas de leur fait. Comme l’Ă©crivait John Milton, « ils ont ĂŽtĂ© les yeux des gens, et leur reprochent d’ĂȘtre aveugles. »

Carl Lindskoog, pour Commondreams.org

Traduit de l’anglais par Mounadil al-DjazaĂŻri

Carl Lindskoog est un militant qui réside à Nex York. Historien, il termine son doctorat à la City University of New York

nov 11 2009

Manipulation politique et Grippe A H1N1 en Ukraine

Selon le quotidien, Ukrainian Journal.com, du 4 Novembre 2009, l’actuelle premiĂšre ministre, Yulia Tymoshenko, est accusĂ©e de semer la panique et d’utiliser l’état d’urgence dĂ©crĂ©tĂ©e suite Ă  l’épidĂ©mie de grippe porcine pour influencer les rĂ©sultats de la prochaine Ă©lection en sa faveur.

ukraine

L’un de ses rivaux Ă  l’élection qui aura lieu en Janvier 2010 en Ukraine, accuse le gouvernement de Yulia Tymoshenko d’en faire trop par rapport Ă  l’épidĂ©mie de grippe porcine qui touche le pays afin de tirer un avantage politique de la situation.

La panique crĂ©e suite Ă  la dĂ©cision du gouvernement de dĂ©clarer l’épidĂ©mie de grippe A une menace majeure sert Ă  couvrir les rĂ©cents scandales impliquant des loyalistes de Tymoshenko, selon ce qu’à dit Arseniy Yatseniuk, le troisiĂšme candidat le plus populaire pour la prĂ©sidentielle.

« En fait, cela fait partie de la campagne politique » a-t-il dit lors d’une interview accordĂ©e Ă  ICTV. «Le moyen le plus important pour occuper le siĂšge prĂ©sidentiel. Tous les efforts et ressources sont concentrĂ©es lĂ -dessus ».

Ces trois derniĂšres semaines au moins 71 personnes sont dĂ©cĂ©dĂ©es en lien avec l’épidĂ©mie de grippe porcine, un chiffre lĂ©gĂšrement en hausse (+15%) par rapport Ă  celui d’une Ă©pidĂ©mie de grippe saisonniĂšre. L’épidĂ©mie s’est cantonnĂ©e Ă  11 des 25 provinces de l’Ukraine. Selon le vice ministre de la santĂ©, Oleksandr Bilivol, les chiffres des dĂ©cĂšs dans les autres rĂ©gions sont identiques Ă  ceux de 2007 et 2008 pour la grippe saisonniĂšre.

Vendredi dernier, le gouvernement Tymoshenko a dĂ©clarĂ© l’épidĂ©mie de grippe porcine comme Ă©tant une menace de 3Ăšme niveau – le plus Ă©levĂ© – pour dĂ©bloquer 3 milliards de hryvnias pour combattre la grippe porcine. D’autres mesures ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©es comme la fermeture d’écoles, l’interdiction des rassemblements publics pendant 3 semaines partout en Ukraine, de mĂȘme que la restriction des dĂ©placements des personnes sur le territoire national.

Ces mesures sont les plus draconiennes prises dans le monde, alors mĂȘme que d’autres pays voisins d’Europe de l’Est sont confrontĂ©s au mĂȘme type de problĂšme.

Selon Margaret Chan, directrice gĂ©nĂ©rale de l’OMS, qui suit de prĂšs Ă  l’échelon international la propagation de l’épidĂ©mie, celle qui a touchĂ© l’Ukraine est « modĂ©rĂ©e » dans sa gravitĂ©, la grande majoritĂ© des malades ont Ă©tĂ© seulement touchĂ©s par des symptĂŽmes peu sĂ©vĂšres et ont guĂ©ri rapidement sans traitement mĂ©dical.

Selon l’opposant Yatseniuk, l’interdiction des rassemblements publics sĂšme la peur et la panique aidant ainsi Tymoshenko Ă  faire sa promotion Ă  la tĂ©lĂ©vision tout en empĂȘchant les autres candidats de faire campagne.

Yatseniuk est le rival le plus sĂ©rieux de Tymoshenko car tous les deux sont en compĂ©tition pour obtenir les votes dans les rĂ©gions Ă  l’Ouest de l’Ukraine, face au dirigeant de l’opposition Viktor Yanukovych.

« Pourquoi l’épidĂ©mie s’est -elle dĂ©clarĂ©e dans 4 rĂ©gions de l’Ouest ? Car ce sont quatre rĂ©gions de lutte pour l’électorat » a-t-il dit. Selon lui, la panique crĂ©e par le gouvernement aide Ă  mettre de cĂŽtĂ© des problĂšmes qui cause Ă©normĂ©ment de tort Ă  Tymoskenko tels les scandales de pĂ©dophilie et d’assassinats impliquant des dĂ©putĂ©s du parti de Tymoskenko, ainsi que la situation Ă©conomique catastrophique * due Ă  une mauvaise gestion. Il a ajoutĂ© :

« Et maintenant voyez ce qui se passe, est ce qu’on parle du scandale de la pĂ©dophilie ? Non. Peut ĂȘtre parle t-on de Lozynskiy – un dĂ©putĂ© de Tymoskenko accusĂ© d’avoir tirĂ© sur une personne et de l’avoir tuĂ© ? Non. Peut ĂȘtre parle-t-on de salaires ? Non. Peut ĂȘtre que quelqu’un parle des 4 millions de chĂŽmeurs ? Non. Peut ĂȘtre que quelqu’un parle des factures de gaz naturel non payĂ©es ? Non.

« Les gens qui ont peur, qui sont pauvres, sont plus facile Ă  manipuler. C’est l’objectif de l’appareil d’état – manipuler les gens ».

La manipulation de l’Ă©pidĂ©mie de grippe porcine l’y aide beaucoup et fait sa premiĂšre victime politique en Ukraine : la dĂ©mocratie.

Sur la situation Ă©conomique de l’Ukraine

Rien n’a Ă©tĂ© fait pour assainir le secteur bancaire, restructurer la sociĂ©tĂ© gaziĂšre Naftogaz, et Vladimir Poutine menace une nouvelle fois de couper le gaz Ă  l’Ukraine, mettant en garde les EuropĂ©ens sur une possible baisse d’approvisionnement cet hiver, le gaz russe livrĂ© aux pays europĂ©ens transitant principalement par l’Ukraine.

L’Ukraine s’est endettĂ© auprĂšs du FMI qui lui a accordĂ© un prĂȘt de 16 .4 milliards de dollars – et les responsables politiques corrompus qui dirigent le pays puisent sans restriction dans le tiroir caisse de l’état. Actuellement le dĂ©ficit budgĂ©taire est de plus de 10 milliards de dollars, et le FMI – dirigĂ© par le «socialiste » Strauss Kahn qui a trouvĂ© inquiĂ©tant l’augmentation du Smic ukrainien de 11 euros, une mesure de politique politicienne il est vrai Ă  3 mois de l’élection prĂ©sidentielle de la part du prĂ©sident Viktor Iouchtchenko candidat Ă  sa propre succession– menace de ne pas effectuer le quatriĂšme versement du prĂȘt. Par comparaison, le Smic français vaut 18 fois celui de l’Ukraine.

PlanĂšte non violence

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août 30 2009

ll n’y a pas de rĂ©cession : c’est une dĂ©molition programmĂ©e

Le crĂ©dit ne coule pas Ă  flots. En fait, le crĂ©dit se contracte. Et lorsque le crĂ©dit se contracte dans une Ă©conomie basĂ©e sur la consommation, de vilaines choses arrivent. Les investissements des entreprises chutent, le chĂŽmage monte en flĂšche, les revenus plongent et le PIB rĂ©trĂ©cit. La FED a dĂ©pensĂ© plus d’un trillion de dollars pour tenter d’obtenir des consommateurs qu’ils empruntent Ă  nouveau, mais sans succĂšs. Les moteurs du crĂ©dit aux Etats-Unis tournent au ralenti.

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Le prĂ©sident de la RĂ©serve FĂ©dĂ©rale, Ben Bernanke, a augmentĂ© les excĂ©dents de rĂ©serves dans le systĂšme bancaire de 800 milliards de dollars, mais les prĂȘts sont toujours trĂšs faibles. Les banques amassent du capital afin de faire face aux pertes causĂ©es par les actifs toxiques, par les prĂȘts non performants et une bulle de l’immobilier commercial s’élevant Ă  3.500 milliards de dollars, qui suit Ă  celle des logements jusqu’aux latrines. VoilĂ  pourquoi le nombre de faillites bancaires s’accĂ©lĂšre. 2010 sera encore pire ; la liste s’allonge. C’est une vĂ©ritable boucherie ! Les critĂšres pour obtenir un prĂȘt ordinaire sont devenus plus sĂ©vĂšres, tandis que la rĂ©serve d’emprunteurs qualifiĂ©s et solvables s’est rĂ©duite comme peau de chagrin. Cela signifie moins de crĂ©dit pour alimenter le systĂšme. Le systĂšme bancaire de l’ombre a Ă©tĂ© entravĂ© par le gel de la titrisation et ne fournit qu’une portion insignifiante du crĂ©dit nĂ©cessaire pour faire croĂźtre l’économie. Les initiatives de Bernanke n’ont pas fait la moindre diffĂ©rence. Le crĂ©dit continue de s’assĂ©cher.

Le S&P 500 [l’indice Ă©largi de la bourse de New York] a augmentĂ© de 50% depuis ses plus bas de mars dernier. Les financiĂšres, le commerce de dĂ©tail, les matĂ©riaux de construction et les industrielles font la course en tĂȘte. C’est un rallye boursier dans un marchĂ© baissier, sur « signe de reprise » alimentĂ© par le « Quantitative Easing »[1] de la FED, qui fait entrer de force des liquiditĂ©s dans le systĂšme et qui fait monter les actions. La mĂȘme chose s’est produite pendant la Grande DĂ©pression. Les actions ont bondi aprĂšs 1929. Ensuite, la tendance dominante a repris le dessus et entraĂźnĂ© le Dow dans une chute de 89% par rapport Ă  ses plus hauts prĂ©cĂ©dents. Les plus bas de mars du S&P seront Ă  nouveau testĂ©s avant que la rĂ©cession ne soit terminĂ©e. Un effet de levier inversĂ© est en cours dans tout le systĂšme. L’économie se recale Ă  un niveau plus faible d’activitĂ©.

Personne ne se laisse abuser par les feux d’artifices tirĂ©s par Wall Street. La confiance du consommateur continue de chuter. Tout le monde sait que les choses vont mal. Tout le monde sait que les grands mĂ©dias mentent. Les restaurants et les centres commerciaux sont vides, le nombre de sans-abri augmente Ă  vitesse grand V et mĂȘme les grands magasins et les hypermarchĂ©s ont stoppĂ© les embauches. Les uniques « signes de reprise » sont Ă  Wall Street, oĂč tout le monde touche des subventions de la part d’Oncle Sam.

Bernanke a frappĂ© un grand coup. Il a abaissĂ© les taux d’intĂ©rĂȘt jusqu’à zĂ©ro, installĂ© une protection de 13.000 milliards de dollars pour l’ensemble du systĂšme financier, Ă©tayĂ© les institutions financiĂšres insolvables et monĂ©tisĂ© 1.000 milliards de dollars des titres adossĂ©s aux crĂ©dits hypothĂ©caires et Ă  la dette souveraine du gouvernement des Etats-Unis. Rien n’a marchĂ©. Les revenus chutent, les banques rĂ©duisent les lignes de crĂ©dit, l’épargne retraite a Ă©tĂ© divisĂ©e par deux et les pertes sur les investissements immobiliers continuent de s’accumuler. Les niveaux de vie ne peuvent plus ĂȘtre maintenus artificiellement par les cartes VISA ou du Diner’s Club. La dĂ©pense des mĂ©nages ne repose plus que sur un seul salaire. VoilĂ  pourquoi les ventes de dĂ©tail, les voyages, l’amĂ©lioration de l’habitat, les articles de luxe et les hĂŽtels connaissent une baisse Ă  deux chiffres. L’argent s’est rarĂ©fiĂ©.

Selon Bloomberg :

« Les emprunts de la part des consommateurs amĂ©ricains ont chutĂ© en juin pour le cinquiĂšme mois consĂ©cutif alors que le taux de chĂŽmage a augmentĂ©, que l’obtention de prĂȘts est restĂ© difficile et que les mĂ©nages ont remis Ă  plus tard leurs achats majeurs. Selon le rapport de la RĂ©serve FĂ©dĂ©rale publiĂ© lundi Ă  Washington, le crĂ©dit Ă  la consommation a chutĂ© de 10,3 milliards de dollars – soit 4,92 % en rythme annuel – Ă  2,5 trillions de dollars. Cette sĂ©rie de dĂ©clin est la plus longue depuis 1991.

Un taux de chĂŽmage proche de son plus haut en 26 ans, des revenus qui stagnent et des logements dont la valeur chute veulent dire que la dĂ©pense des consommateurs prendra du temps pour se redresser lorsque la rĂ©cession s’attĂ©nuera. Les revenus ont atteint leur plus bas depuis quatre ans, en juin dernier, alors que les anciens transferts sociaux du plan de stimulation de l’administration d’Obama se sont taris et que le chĂŽmage est attendu au-dessus de 10% l’annĂ©e prochaine avant de refluer. »

Quel dĂ©sastre ! La FED a assumĂ© des pouvoirs presque dictatoriaux pour combattre un monstre qu’elle a elle-mĂȘme créé et elle n’est arrivĂ© Ă  rien. L’économie rĂ©elle est toujours au quatriĂšme dessous. Bernanke n’a rien obtenu avec ses taux d’intĂ©rĂȘt Ă  zĂ©ro pour-cent. Son programme de monĂ©tisation (« Quantitative Easing ») n’a eu pour rĂ©sultat que de faire fuir les Ă©trangers. Vendredi dernier, voici ce que Marketwatch rapportait :

« Les gros courtiers en obligations disent que la RĂ©serve FĂ©dĂ©rale permettra probablement Ă  son programme d’achat de bons du trĂ©sor, pour un montant de 300 milliards de dollars, de s’arrĂȘter au cours des six prochaines semaines alors que les signes d’un redressement de l’immobilier poussent la banque centrale Ă  dĂ©sengager ses interventions les plus agressives et les plus inhabituelles dans les marchĂ©s financiers. »

Bien. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui pense que le marchĂ© de l’immobilier se redresse ? Au cours du premier semestre, il y a dĂ©jĂ  eu 1,9 millions de saisies de logements.

La FED dĂ©laisse la planche Ă  billet (sans doute) parce que les Chinois ont dit Ă  Geithner de cesser d’imprimer des billets, sinon ils vendront leurs Bons du TrĂ©sor. C’est une mise en garde en direction de Bernanke pour lui signifier que le pouvoir se dĂ©place de Washington vers PĂ©kin.

Cela met Bernanke dans le pĂ©trin. S’il arrĂȘte de faire tourner la planche Ă  billets, les taux d’intĂ©rĂȘt monteront en flĂšche, les actions s’effondreront et le prix des logements dĂ©gringolera. Mais s’il continue Ă  la faire tourner, la Chine se dĂ©barrassera de ses Bons du TrĂ©sor et il y aura une ruĂ©e spĂ©culative sur le dollar. Que faire ? Dans les deux cas, le malaise sur les marchĂ©s du crĂ©dit persistera et la consommation continuera de bafouiller.

Le problĂšme de base est que les consommateurs croulent sous une montagne de dettes et qu’ils n’ont pas d’autre choix que de rĂ©duire leurs dĂ©penses et de commencer Ă  Ă©pargner. Actuellement, le ratio dettes sur revenu disponible est de 128%, juste un poil en dessous de son plus haut jamais enregistrĂ© en 2007, Ă  133%. Selon la Banque de RĂ©serve FĂ©dĂ©rale de San Francisco (FRBSF), dans sa lettre Ă©conomique intitulĂ©e L’effet de levier inversĂ© pour les mĂ©nages amĂ©ricains et la croissance future de la consommation :

« La combinaison d’une dette plus Ă©levĂ©e et d’une Ă©pargne plus faible a permis aux dĂ©penses des consommateurs de croĂźtre plus vite que le revenu disponible, apportant une stimulation importante de la croissance Ă©conomique aux Etats-Unis pendant une certaine pĂ©riode. Cependant, sur le long terme, la consommation ne peut pas croĂźtre plus vite que les revenus, parce qu’il y a une limite maximale Ă  la quantitĂ© de dettes qu’un mĂ©nage peut servir, en fonction de ses revenus. Pour de nombreux mĂ©nages amĂ©ricains, les niveaux actuels d’endettement semblent trop Ă©levĂ©s, comme le prouve l’augmentation brutale des dĂ©fauts de paiement et des saisies ces derniĂšres annĂ©es. Pour atteindre un niveau soutenable d’endettement par rapport Ă  leurs revenus, les mĂ©nages pourraient avoir besoin d’endurer une pĂ©riode prolongĂ©e d’effet de levier inversĂ©, oĂč la dette est rĂ©duite et l’épargne est augmentĂ©e. Dans le futur, il semble probable qu’un grand nombre de mĂ©nages amĂ©ricains rĂ©duiront leur dette. Si cela s’accomplit au moyen d’une Ă©pargne accrue, le processus d’effet de levier inversĂ© pourrait rĂ©sulter en un ralentissement important et prolongĂ© de la dĂ©pense des consommateurs en comparaison aux taux de croissance d’avant la rĂ©cession. » (U.S. Household Deleveraging and Future Consumption Growth, de Reuven Glick et Kevin J. Lansing, FRBSF Economic Letter)

Une lecture attentive de la Lettre Economique de la FRBSF montre pourquoi l’économie ne rebondira pas. C’est mathĂ©matiquement impossible. Nous avons atteint un pic de crĂ©dit ; les consommateurs doivent rĂ©duire leur exposition Ă  la dette et rapiĂ©cer leurs bilans. La richesse des mĂ©nages s’est Ă©vaporĂ©e de 14 trillions de dollars depuis le dĂ©but de la crise. La valeur des logements a chutĂ© de 41% (un nouveau plus bas) et les sans-emploi sont de plus en plus nombreux. La Deutsche Bank prĂ©dit que d’ici 2011, 48% de tous les propriĂ©taires ayant un crĂ©dit hypothĂ©caire seront sous l’eau. Au fur et mesure que la valeur des logements baisse, les banques resserreront le crĂ©dit accordĂ© Ă  ces propriĂ©taires et les saisies se multiplieront.

Le comité de direction du FMI ne partage pas le point de vue optimiste de Wall Street pour le futur, raison pour laquelle il a publié un mémo qui déclarait ceci :

« Les directeurs [du FMI] ont observĂ© que cette crise aura d’importantes implications pour le rĂŽle des Etats-Unis dans l’économie mondiale. Il est peu probable que le consommateur amĂ©ricain jouera le rĂŽle d’ « acheteur mondial de dernier recours » – d’autres rĂ©gions du monde devront jouer un rĂŽle accru pour soutenir la croissance mondiale. »

Les Etats-Unis ne sortiront pas de cette rĂ©cession comme le centre de la demande mondiale. Cette Ă©poque est rĂ©volue. Le monde change et le rĂŽle des Etats-Unis s’amoindrit. Au fur et Ă  mesure que les marchĂ©s amĂ©ricains seront de moins en moins attirants pour les exportateurs Ă©trangers, le dollar perdra sa position de devise de rĂ©serve mondiale. Comme va le dollar, va l’empire. Vous voulez un conseil : apprenez le mandarin ! Emploi dĂ©faillant : un redressement qui n’en est pas un.

Les chiffres de l’emploi pour le mois de juillet ont Ă©tĂ© meilleurs que prĂ©vus (nĂ©gatifs de 247.000), portant le taux de chĂŽmage de 9,5% Ă  9,4%. C’est bien. Les choses empirent Ă  un rythme plus faible. Mais ce qui est Ă©tonnant dans les chiffres du Bureau du Travail est qu’il n’y a aucune hausse des emplois dans quelque secteur Ă©conomique que ce soit. Aucun signe de vie. L’externalisation et la dĂ©localisation se poursuivent et rĂ©trĂ©cissent la voie vers la profitabilitĂ©. VoilĂ  pourquoi les revenus baissent tandis que les profits augmentent. Partout, les entreprises anticipent une demande plus faible. Le rapport qui a Ă©tĂ© publiĂ© sur l’emploi est un Ă©vĂ©nement exceptionnel : une accalmie dans la tempĂȘte avant que les licenciements ne reprennent.

Le chĂŽmage augmente, les salaires baissent et le crĂ©dit se contracte. Tout l’argent afflue vers les gangsters qui se trouvent aux commandes. Voici un extrait d’un article rĂ©cent de Don Monkerud qui rĂ©sume tout :

« Durant les huit annĂ©es de l’Administration Bush, les 400 AmĂ©ricains les plus riches, qui possĂšdent dĂ©sormais plus que les 150 millions d’AmĂ©ricains les plus pauvres rĂ©unis, ont accru leur richesse nette de 700 milliards de dollars. En 2005, les 1% les plus riches captaient 22% du revenu national et les 10% les plus riches, la moitiĂ© du revenu total, la plus grande proportion depuis 1928.

Plus de 40% du PIB provient des 500 plus grosses entreprises. Selon le World Institute for Development Economics Research, les 500 plus gros conglomĂ©rats des Etats-Unis « contrĂŽlent les deux tiers des ressources des entreprises, emploient les deux tiers de la main d’Ɠuvre industrielle, comptent pour 60% des ventes et collectent 70% des profits. »

En 1955, les chiffres des services fiscaux indiquaient que les 400 personnes les plus riches des Etats-Unis pesaient en moyenne 12,6 millions de dollars, en dollars courants. En 2006, les 400 personnes les plus riches pesaient en moyenne 263 millions de dollars de plus, reprĂ©sentant, aux Etats-Unis, un dĂ©placement Ă©norme de richesse vers le haut. ( »Wealth Inequality destroys US Ideals », L’inĂ©galitĂ© en matiĂšre de richesse dĂ©truit l’idĂ©al amĂ©ricain, Don Monkerud, consortiumnews.com)

Ce n’est pas par accident que les travailleurs sont Ă©crasĂ©s, ils le sont selon un plan. C’est la façon dont le systĂšme est conçu pour fonctionner. Bernanke sait qu’une demande soutenue nĂ©cessite des salaires plus Ă©levĂ©s et une classe moyenne indispensable. Mais Bernanke travaille pour les banques, ce qui explique pourquoi la politique monĂ©taire de la FED reflĂšte les objectifs de la classe des investisseurs. Une Ă©conomie basĂ©e sur des bulles n’est pas la voie vers une Ă©conomie forte et durable, mais c’est un outil efficace pour dĂ©placer la richesse d’une classe vers l’autre. Le boulot de la FED est de faciliter cet objectif, ce qui explique pourquoi l’économie va Ă  vau-l’eau.

Le krach de l’économie est la consĂ©quence logique de la politique monĂ©taire de la FED. VoilĂ  pourquoi c’est une erreur de dire que l’effondrement actuel est une « rĂ©cession ». Ce n’en est pas une. C’est une dĂ©molition programmĂ©e.

Source : Le Peuple

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juil 14 2009

Les sept pĂ©chĂ©s capitaux de l’Occident

Par SaĂŻd Ahmiri

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les sept pĂ©chĂ©s capitaux de l’Occident

IngĂ©rence, souffrance, indĂ©cence, dĂ©sespĂ©rance, mĂ©disance, arrogance, c’est l’Ăšre de la violence. Son Ăąge d’or retraçant une spirale sans fin d’action, de rĂ©action et de complication, d’attaque, de contre-attaque et de rĂ©ciprocitĂ©. Dans le fond, peu importe qu’elle soit brute et primaire ou voulue et machiavĂ©lique, qu’elle soit verbale ou physique, le tĂ©moignage d’un harcellement ou le concept de l’insĂ©curitĂ© dĂ©voilĂ©e dans la lucarne plasma, et emballĂ©e dans une boulette d’aluminium ou encore derriĂšre une vitrine de la rue d’Aerschot au nord de la Babel europĂ©enne, elle forme les aspects des fĂ©dĂ©rations libres de l’Europe de l’Ouest et l’AmĂ©rique du Nord. Cette vĂ©hĂ©mence issue du mal qui se travestit, qui sourit ses mille et une tentations jusqu’Ă  s’Ă©changer ou se vendre, a pris une place considĂ©rable au sein de la sociĂ©tĂ© contemporaine. D’avantage encore dans ce nouveau millĂ©naire ultra-numĂ©rique oĂč des nations meurtriĂšres, Ă©tant coupable de liberticide et n’ayant absolument plus rien Ă m-WTC_crash2_1_ envier Ă  la citĂ© lĂ©gendaire de Babylone, font gober de perfides mensonges aussi gros que des avions. « Par l’insensible progrĂšs de la perversion, l’homme peut en venir Ă  aimer ce qu’il nomme le mal, pour le mal mĂȘme. » Blondel, Action. Les diverses formes distinctes de la terreur sont utilisĂ©es depuis les gĂ©ants empires de l’antiquitĂ© pour assurer le pouvoir persĂ©cuteur des despotes pharaoniques. Usant de corruption, tous les prĂ©textes sont dĂ©ployĂ©s pour le garder le plus longtemps possible Ă  l’image des rĂ©gimes prĂ©sidentiels arabes. De nos jours, la plus sanguinaire chronique scandaleuse est la guerre contre le terrorisme, une nouvelle page de l’Histoire. Ce qui impose par consĂ©quent que tous les gouvernements de la planĂšte doivent se plier aux ordres de la tyrannie washingtonienne, le bras armĂ© de la libertĂ©. « Soit vous ĂȘtes avec nous, soit vous ĂȘtes contre nous. » George W. Bush, 1er novembre 2001. Les rĂ©percussions seraient catastrophiques. N’oublions jamais que les commandeurs tourmenteurs des armĂ©es des tĂ©nĂšbres sont du mĂȘme cĂŽtĂ© que celles et ceux qui osent nommer les pays voyous de l’Axe du Mal. Les maĂźtres pragmatiques qui autrefois, en reconnaissant leur grande utilitĂ©, les ont aidĂ©s financiĂšrement pour servir principalement leurs intĂ©rĂȘts : la CorĂ©e contre le Japon pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’Afghanistan contre l’URSS pendant la Guerre Froide, l’Ă©nigmatique guerre Iran-Irak. De l’ingĂ©rence Ă©tatique Ă  l’arrogance culturelle, la diabolisation systĂ©matique est dĂ©naturĂ©e d’une fresque cinĂ©matographique. « Hollywood et le Pentagone ont le mĂȘme code gĂ©nĂ©tique. » Nous savions dĂ©jĂ  tout ça. Nous, citoyens des dĂ©mocraties atlantistes, ne sommes pas les victimes d’un subversif systĂšme doctrinal, nous le soutenons aveuglĂ©ment. Lui, l’Occident.

David Rockefeller » Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d’autres grandes publications dont les directeurs ont assistĂ© Ă  nos rĂ©unions et respectĂ© leurs promesses de discrĂ©tion depuis presque 40 ans. Il nous aurait Ă©tĂ© impossible de dĂ©velopper nos plans pour le monde si nous avions Ă©tĂ© assujettis Ă  l’exposition publique durant toutes ces annĂ©es. Mais le monde est maintenant plus sophistiquĂ© et prĂ©parĂ© Ă  entrer dans un gouvernement mondial. La souverainetĂ© supranationale d’une Ă©lite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurĂ©ment prĂ©fĂ©rable Ă  l’autodĂ©termination nationale pratiquĂ©e dans les siĂšcles passĂ©s.  » David Rockefeller. Propos tenus lors de la rĂ©union du Groupe de Bilderberg Ă  Baden Baden en 1991.

Processus d’intoxication

contrĂŽle mentalParadoxalement Ă  la technologie et aux avancĂ©es scientifiques censĂ©es amĂ©liorer les conditions de vie, la dĂ©gĂ©nĂ©rescence des moeurs de l’Homme, la machine Ă  faire du fric, est le plausible constat des dĂ©cadences de la libertĂ© illimitĂ©e de l’Occident ainsi que le lent aboutissement d’une idĂ©ologie mĂ©thodique analogue aux programmes noirs du rĂ©gistre Ă©motionnel de type MĂ©thode PDH (Pain, Drug and Hypnosis), Liste MISE (Money, Ideology, Sex et Ego) et dans les fondations de la psychologie moderne tel que le conditionnement classique pavlovien, un thĂšme important repris dans le roman d’Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes. « On utilise souvent l’expression « chien de Pavlov » pour dĂ©crire quelqu’un qui rĂ©agit de façon instinctive Ă  une situation, plutĂŽt que d’utiliser son esprit critique. » Nous savons pourquoi les malveillants psychothĂ©rapeutes du gouvernement fantĂŽme de la planĂšte se sont Ă©lancĂ©s dans cette vaste campagne de guerres psychologiques. Les objectifs sournois de la rĂ©gression de l’intellet – des dĂ©gradations cĂ©rĂ©brale et morale par le biais de dĂ©sillusions, du matĂ©rialisme, de futilitĂ©s superficielles – visent autant l’abrutissement des masses que les contrĂŽles comportemental et psychique par une forme d’intelligence prĂ©tendue supĂ©rieure mais toujours humaine. Selon Wikipedia, rappelons une fois de plus car on ne le rĂ©pĂ©tera jamais assez que « l’on parle de manipulation mentale lorsqu’un individu ou qu’un groupe d’individus exerce une tentative de prise de contrĂŽle de l’esprit et du comportement d’une personne ou d’un groupe (…) Des formes extrĂȘmes en seraient par exemple le lavage de cerveau, ou des manipulations conduisant au suicide » ou encore conduisant Ă  satisfaire dĂ©mocratiquement l’opportunitĂ© des enjeux gĂ©opolitiques de grandeur nationale sur le plan international telles que l’hĂ©gĂ©monie planĂ©taire, l’obĂ©dience Ă©nergĂ©tique et la rĂ©gulation financiĂšre. La fin justifie les moyens a dit Machiavel. Dans la mission de contrĂŽle de l’opinion publique, notons que l’endoctrinement par la religion ou la politique, par la rĂ©gularitĂ© de divers tous-les-jours-je-lave-mon-cerveau-avec-la-tele-pochoirmoyens de pression psychologique (les images) ou le martĂšlement indĂ©fini des mĂȘmes affirmations (les sons) aurait la capacitĂ© Ă  dissoudre tout esprit critique chez celui qui le subit. C’est notamment le cas de l’instrumentalisation psychiatrique, pĂ©dagogique et politique de la Shoah en France ou partout ailleurs. Voici deux cĂ©lĂšbres citations nazis pleines de pertinence que l’on voit beaucoup circuler sur le net depuis le 11 septembre 2001 : « Un mensonge rĂ©pĂ©tĂ© dix fois reste un mensonge; rĂ©pĂ©tĂ© dix mille fois il devient une vĂ©ritĂ©. » Ă©mise par Adolf Hitler et « Plus le mensonge est gros, et plus les gens y croient. » de Joseph Goebbels. Critiquant les thĂ©ories behavioristes qui tentent candidement de rĂ©sumer l’intelligence humaine Ă  des phĂ©nomĂšnes d’apprentissage et d’imitation sur le modĂšle de l’Ă©thologie (science des moeurs) animale, l’Ă©minent professeur Ă©mĂ©rite de linguistique au MIT (Massachusetts Institute of Technology) Noam Chomsky parle de l’endoctrinement comme d’une rĂ©alitĂ© qu’il est « urgent de comprendre (
) mais plus facile Ă  dĂ©celer dans les sociĂ©tĂ©s totalitaires que dans les systĂšmes de « lavage de cerveau au nom de la libertĂ© » auxquels nous sommes soumis et que nous servons de façon plus ou moins consciente ». Propaganda : un texte fondateur sur la communication moderne.

Dualisme notoire

A l’image de la pomme pourrie dans le panier, les flĂ©aux anthropiens prolifĂšrent Ă  toute vitesse, non pas Ă  notre insu mais au dĂ©pens de nos actes, de toutes nos oeuvres manichĂ©ennes. Un peu comme la cupide soif d’argent poussant Ă  l’envie, Ă  ce terrible pĂ©chĂ© capital de possession au terme transformĂ© par les superpuissances en intĂ©rĂȘts Ă©conomiques pour la nation. La logique dĂ©mocratique du bombardement militaire trouve dĂšs lors sa justification aprĂšs une longue campagne de lobotomie propagandiste. Souvent chez le quidam, il arrive que les nerfs lĂąchent et bien au-delĂ  de cet autre pĂ©chĂ© capital de la colĂšre entraĂźnant parfois des actes regrettables, c’est la haine abjecte qui parle d’elle-mĂȘme Ă  la place de la raison, loin de la moralitĂ©, trĂšs loin des valeurs transmises par l’Ă©ducation parentale. Dire « rĂ©flĂ©chir avant d’agir » ou « tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de l’ouvrir » sont et restent deux modestes antidotes Ă  cette haine propre du coeur faible du commun des mortels. Mais sans se voiler la face, il faudra beaucoup de temps, plusieurs gĂ©nĂ©rations peut-ĂȘtre, pour permettre au changement d’attitude, Ă  regretl’Ă©volution des pensĂ©es, d’apporter des rĂ©sultats concluants. Chez les ĂȘtres douĂ©s d’une certaine sensibilitĂ©, aux antipodes de celle et ceux qui n’Ă©prouvent le moindre scrupule dans leur exaction au point de laisser transparaĂźtre leur indiffĂ©rence en blessant volontairement l’estime d’autrui et qui plus tard vienne rĂ©clamer un pardon car le temps a poussĂ© Ă  la rĂ©flexion, le remords ou le regret s’installe dans les mĂ©andres du cerveau alambique pire qu’une migraine atroce et tel un souvenir que la mĂ©moire ne peut plus oublier, ne peut effacer aussi facilement sans rĂ©demption. Le mal-ĂȘtre consumme, ronge, fait se morfondre et parfois pousse Ă  se plier sur soi-mĂȘme. AprĂšs l’amertume, c’est le refoulement qui attaque le mental avant la crise d’Ă©go rĂ©sultant des mĂ©canismes de dĂ©fense psychologique. Ou alors est-ce l’action souhaitĂ©e dues aux dysfonctionnements psychiques ?

L’esprit est-il votre ennemi ?

« OĂč la rĂ©vĂ©lation surnaturelle finit, la rĂ©vĂ©lation rationnelle commence. » Proudhon, Les Confessions d’un rĂ©volutionnaire pour servir Ă  l’histoire de la RĂ©volution de FĂ©vrier. La conscience, cette petite voix dans la tĂȘte que tout le monde n’Ă©coute pas, n’est pas un moteur qui nĂ©cessite de l’essence car elle ne tombe jamais en panne. Tout comme l’esprit, une mĂ©canique d’une grande complexitĂ© qui parfois joue des tours et dont la race humaine est trĂšs loin d’en avoir fait le tour, moins la psychologie que la philosophie. Sans l’ombre d’un doute prison & libertĂ©car dans le journal, il n’y aurait pas que la page des faits divers, tantĂŽt surprenante, parfois amusante, souvent mĂ©prisante, qui n’existerait plus si tel avait Ă©tĂ© le cas. L’esprit peut mĂ©taphoriquement ĂȘtre perçu comme une plante ayant constamment besoin d’eau, des connaissances, et qui se nourrit principalement de lumiĂšre dans un terreau sain, un environnement Ă©quilibrĂ©, pour s’Ă©manciper fructueusement, pour faire ainsi germer ses bourgeons, des actes louables alliĂ©es Ă  des oeuvres bĂ©nĂ©fiques. Il en nait des fruits rĂ©vĂ©lant l’activitĂ© estimable de sa rĂ©flĂ©xion interieure. Et cela, afin Ă©galement de trouver d’autres solutions perspicaces Ă  un problĂšme sans devoir recourir Ă  la force et en faisant fi des Ă©motions primitives, la rancoeur et la vengeance, car il n’y a point de deshonneur dans la dĂ©faite ou l’Ă©chec mais seulement la maturation de nouveaux discernements. De la nourriture spirituelle donc qui implique forcĂ©ment l’abstraction du pĂ©chĂ© capital de l’acĂ©die (ou la paresse) trop tĂ©nĂ©breuse pour l’individualitĂ© et engendrĂ©e par le mal. Un prĂ©judice pratiquement inoculĂ© au fil des gĂ©nĂ©rations successives depuis le siĂšcle prĂ©cĂ©dent, si ce n’est depuis la fin du SiĂšcle des LumiĂšres. MĂȘme en dehors du circuit classique de l’apprentissage, il lui faut, Ă  l’esprit, cultiver perpĂ©tuellement des connaissances essentielles et complĂ©mentaires dans le cas de la spĂ©cialisation. Rechercher et retrouver l’ensemble des rĂ©elles richesses de la sagesse vertueuse des grands prĂ©dĂ©cesseurs humanistes parce que l’ignorance n’a plus lieu d’ĂȘtre face Ă  l’imminence d’une unitĂ© globale. J’ouvre une parenthĂšse. Surtout Ă  cette Ă©poque obscurĂ©ment lĂ©thargique, dans ce cycle actuel de guerres Ă©clairs dĂ©sirĂ©es qui Ă©clatent aux quatre coins du globe pour des paix factices. Des diktats prĂ©-fabriquĂ©es d’oĂč Ă©merge une lutte des classes et par la suite une division voulue de la sociĂ©tĂ© entraĂźnant sur un schisme du pouvoir prĂ©mĂ©ditĂ© longtemps Ă  l’avance pour le contrĂŽle territorial, les richesses nationales, les ressources des combustibles fossiles ou les zones stratĂ©giques reprĂ©sentant les seules et uniques vraies motifs des belligĂ©rances modernes post-Hiroshima & Nagasaki quand l’humanitĂ© a dĂ©montrĂ© quelques ersatz malĂ©fiques de l’apocalypse nuclĂ©aire. Les deux jours les plus sombres de toute l’Histoire lorsque l’intelligentsia amĂ©ricaine a prouvĂ© la capacitĂ© de l’Homme Ă  provoquer son auto-extinction et l’annihilation de nombreuses autres innocentes espĂšces biologiques, Ă  dĂ©clencher des imitations mĂ©phistophĂ©liques des chĂątiments divins comme les destructions bibliques des citĂ©s pĂ©cheresses de Sodome et Gomorrhe. Il est impĂ©ratif de s’informer soi-mĂȘme, de trouver les rĂ©ponses aux questions que l’on se pose et ne plus avaler les informations prĂ©-machĂ©es. Vous qui lisez ces lignes, vous devez probablement dĂ©jĂ  savoir tout ça mais est-ce le cas de vos proches ?

l'évolution des pensées
Vers l’Ă©volution des pensĂ©es

L’eugĂ©nisme remonte Ă  la nuit des temps. DĂ©jĂ  prĂ©sente dans la littĂ©rature grecque antique, l’expression abrĂ©gĂ©e « Kalos kagathos » qui signifie littĂ©ralement « beau et bon » Ă©tait utilisĂ©e pour dĂ©crire un certain idĂ©al de l’ĂȘtre humain, tant sur le plan intellectuel que sur le plan physique. En quĂȘte d’Ă©panouissement de l’homme, « Mens sana in corpore sano » qui se traduit par « Un esprit sain dans un corps sain » est une autremĂ©tro boulot dodo citation, dĂ©tournĂ©e de son premier sens et nettement plus connue, extraite des Satires du poĂšte latin JuvĂ©nal dĂ©plorant les moeurs de ses contemporains mais incitant cependant l’homme Ă  cultiver aussi bien le moral que le physique, les Ă©tudes ou le travail que le sport. Comment y parvenir avec le train-train quotidien, en passant 8 heures Ă  dormir, 8 autres heures Ă  l’Ă©cole ou au travail en plus du temps pour y aller et revenir, se nourrir, s’occuper des enfants et 4 heures en moyenne devant la tĂ©lĂ©vision et l’ordinateur ? Ne pas remettre en doute le systĂšme occidental Ă©quivaut Ă  accepter les valeurs qu’il Ă©vangĂ©lise sous le dogme de la libertĂ©, sous l’Ă©gide de la dĂ©mocratie. De mĂȘme que reconnaĂźtre ses torts, ce n’est pas Ă©vident de vouloir enseigner l’humilitĂ©, inculquer la modestie, prĂȘcher la tempĂ©rance, professer la compassion, dĂ©velopper la bienveillance, apprendre la tolĂ©rance et d’une maniĂšre globale propager des vertus. Il n’est pas aisĂ© du tout de vouloir conduire les fils d’Adam et les filles d’Eve vers le retour aux sources, l’humanisme, le respect mutuel des convictions personnelles et au-delĂ  vers de la philanthropie intellectuelle pour combattre les prĂ©jugĂ©s de l’ignorance et les stĂ©rĂ©otypes de la mĂ©connaissance. Juste le partage d’informations saines sans pour autant chercher l’endoctrinement de la populace, ni crĂ©er des tensions claniques, ni mĂȘme s’accaparer quelconque forme d’honneur individuel ou sectaire. Uniquement de l’altruisme spirituel pour soutenir le dĂ©veloppement des mentalitĂ©s qui ne sera jamais plus qu’un Ă©change d’idĂ©es entre personnes cultivĂ©es oĂč il est fort possible qu’il en rĂ©sulte un conflit de pensĂ©es et/ou un « brainstorming » entre des Ăąmes civilisĂ©es. NĂ©cessaire ou pas mais oĂč chaque tĂ©moin qui possĂšdait dĂ©jĂ  sa propre opinion formulera aux siens un autre avis opposite ou similaire Ă  sa position antĂ©rieure. LĂ  oĂč chacun dĂ©viera ou s’enfoncera dans son courant mĂ©taphysique grĂące Ă  l’apport de ces nouveaux Bilderbergersfacteurs mĂ©connus ou inconnus rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  l’entendement gĂ©nĂ©ral pour la rĂ©solution d’un problĂšme, pour le progrĂšs de l’intellect, pour l’essor de l’universalitĂ© multicivilisationnelle. De peur que des lecteurs et lectrices se soient perdus en route en raison d’une certaine actualitĂ© de mai 2009 avec le sommet privĂ© organisĂ© par le technocrate Bill Gates et son club de multi-milliardaires, je tiens Ă  prĂ©ciser que cette philanthropie (Du grec philos (ami), et anthropos (homme), la philanthropie est la philosophie ou doctrine de vie qui met l’humanitĂ© au premier plan de ses prioritĂ©s. Un philanthrope cherche Ă  amĂ©liorer le sort de ses semblables par des multiples moyens, et ce de maniĂšre dĂ©sintĂ©ressĂ©e.) abordĂ©e Ă  l’instant pour enrichir l’esprit, et pour les enfants de demain, n’est pas celle complĂštement contradictoire Ă  la philanthropie qui rĂ©clame des mesures spĂ©ciales contre la croissance dĂ©mographique voire des solutions arbitraires dans ce mĂȘme cadre de la diminution radicale d’une large partie de la population mondiale. Ici bas, qui possĂšde le droit de formuler la sĂ©lĂ©ction des personnes qui mĂ©ritent de vivre et des humains traitĂ©s en dĂ©chets qui doivent disparaĂźtre ? De bonnes oeuvres purement misanthropiques formulĂ©es non pas au nom de l’avenir de la planĂšteGeorgia Guidestones bleue mais uniquement pour les intĂ©rĂȘts obscurs des sociĂ©tĂ©s secrĂštes – Maintenir l’humanitĂ© en dessous de 500.000.000 individus en perpĂ©tuel Ă©quilibre avec la nature, premier des dix commandements du Georgia Guidestones – que l’on croit ou non aux plus cataclismiques thĂ©ories du complot. LĂ  n’est pas la question mais plutĂŽt une pointilleuse remise en question des aspirations probes de l’humanitĂ© occidentale : alcool, bling bling, drogue, jeux, sexe et reality show dans le systĂšme ghetto mĂ©tro boulot dodo. C’est avant tout un appel Ă  une introspection planĂ©taire. De toute urgence au devant des risques majeurs de cette interminable Ăšre de la violence qui transforme le monde en un cloaque abyssal, dĂ©clenchĂ©e plus que certainement selon moi par les instigateurs initiaux d’un Ordo ab Chao (l’ordre Ă  partir du dĂ©sordre), et dans le but honorable de bien tout comprendre dĂšs maintenant pour mieux anticiper les consĂ©quences futures de la somme de tous les choix conflictuels que nous faisons tous et toutes ici en Occident pendant nos achats, pendant nos discussions, pendant nos votes. De ces choix sionistes des politiques onusiennes ainsi que de nos gouvernements sourds Ă  nos cris durant les manifestations altermondialistes contre les diffĂ©rentes facettes de la mondialisation et face Ă  toute dĂ©marche d’autocratie pure et dure. Jusqu’aux choix difficiles du proche passĂ© tragique de nos familles natives ou immigrĂ©es suite Ă  la Seconde Guerre Mondiale mais Ă  prĂ©sent entremĂ©lĂ©es les unes aux autres. Unies au plus profond de l’individualisme, mĂȘme sans un regard portĂ©, mĂȘme sans un sourire offert, mĂȘme sans un seul mot partagĂ© Ă  cause de tout ce qui a Ă©tĂ© engendrĂ© par nos nombreuses diffĂ©rences exploitĂ©es par les puissances malĂ©fiques pour asservir l’homme, pour enchaĂźner l’esclave Ă  l’hĂ©donisme, cette vulgaire tendance Ă  rechercher le maximum de satisfactions que le docteur de l’Eglise Thomas d’Aquin dans sa Somme thĂ©ologique a dĂ©fini en outre au 13iĂšme siĂšcle par les pĂ©chĂ©s capitaux de l’avarice, de la gourmandise et des plaisirs charnels de la luxure.

Par SaĂŻd Ahmiri, pour MecanoBlog

juil 01 2009

Le rĂšgne du chaos (deuxiĂšme partie)

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La premiĂšre partie de cet article se trouve ici

L’extrĂȘme cynisme qui domine la gestion mafieuse de la sociĂ©tĂ© se mesure dans la violence des attaques subies par la classe politique occidentale. Ceux qui tombent sous le coup d’affaires sont le plus souvent remplacĂ©s par des hommes et des femmes « aux ordres ». Les mĂ©dias n’Ă©chappent pas Ă  ce processus : ce qu’ils dĂ©voilent par leur travail de recherche se retourne contre eux. On peut mĂȘme affirmer qu’il n’y a plus de journalistes d’investigation dans les mĂ©dias officiels contrĂŽlĂ©s par de grands groupes Ă©conomiques : les nouvelles affaires qu’ils « dĂ©couvrent » sont le plus souvent tĂ©lĂ©guidĂ©es.

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La gestion chaotique d’une crise virtuelle, qui n’est en rĂ©alitĂ© qu’une mutation de la circulation monĂ©taire, condamne Ă  la misĂšre assistĂ©e la plus importante partie de la population des pays dits « riches ». Cet assistanat se manifeste d’abord par une surconsommation mĂ©diatique, mais jamais par une aide financiĂšre proportionnĂ©e Ă  la richesse gĂ©nĂ©rale. Pour les pauvres des sociĂ©tĂ©s occidentales, la misĂšre est criante et l’argent se fait rare, mais les mĂ©dias rayonnent. Les aides octroyĂ©es aux misĂ©reux les maintiennent de toute façon en dessous du seuil de pauvretĂ©.

Ceux qui n’ont plus rien, hormis la facultĂ© de se reproduire, sont dĂ©signĂ©s comme les responsables d’une situation qui les condamne simultanĂ©ment Ă  la pauvretĂ© aggravĂ©e et Ă  la mortification. La crise dont on les accuse est virtuelle. Elle n’existe que dans le discours mĂ©diatique. Elle est la technique de dĂ©sinformation utilisĂ©e par les stratĂšges du chaos pour supprimer les libertĂ©s et augmenter les bĂ©nĂ©fices.

Un degrĂ© supĂ©rieur de l’infamie Ă  Ă©tĂ© atteint lorsque, aprĂšs le 11 septembre, des prĂ©sidents et des ministres fantoches ont exhortĂ© ceux qui subissent les privations les plus grandes Ă  consommer massivement en empruntant l’argent qu’ils ne pourront jamais rembourser, de sorte Ă  soutenir un ordre mondial qui les rend totalement esclaves.

Les stratĂšges du chaos, qui dissimulent leurs intentions par un usage systĂ©matique des sigles, ont inventĂ© le FMI. Quelques lettres anodines qui cachent une infinitĂ© de fonctions. On l’utilise surtout pour gĂ©rer la crise de la dette, et pour cautionner le leurre d’une crise de l’Ă©conomie. Nous vivions une crise virtuelle et le FMI, comme un leurre, est l’agent de cette modĂ©lisation. Selon un dispositif chaotique, le FMI dĂ©nonce des dĂ©tails subalternes en ne les traitant pas, pour mieux dissimuler le sujet de sa mise en scĂšne d’une Ă©conomie de crise.

Ce ne sont pas le FMI et les instances monĂ©taires qui interviennent directement dans les conflits en cours, mais ceux qui les animent, ceux qui s’agitent dans leur ombre, les manipulateurs de leur image virtuelle, ceux qui savent que l’ONU est dĂ©sactivĂ©e par un nouvel ordre mondial, ceux qui connaissent les arborescences de la scĂšne monĂ©taire, ceux qui peuvent blanchir l’argent de la drogue, ceux qui peuvent nĂ©gocier le sort des Palestiniens et composer avec les mafias russes et chinoises, ceux qui peuvent financer les Talibans – au nom du pĂ©trole – et produire une sĂ©rie de clones de Ben Laden, ceux qui peuvent utiliser des armes Ă  uranium appauvri en Irak et condamner les Serbes, ceux qui peuvent laisser pourrir les « citĂ©s » et privatiser l’enseignement, ceux qui peuvent empoisonner la planĂšte et uniformiser tous les goĂ»ts et toutes les saveurs, ceux qui peuvent jouer avec les gĂšnes comme ils jouent Ă  la bourse tout en planifiant une « rĂ©duction massive de la population ».

Les crĂ©anciers des État-Unis ne connaissent pas de frontiĂšres. Ils sont parfois AmĂ©ricains. Cela importe peu. Le rĂ©seau criminel appelle un centre symbolique. Le crime Ă  toujours besoin d’une cohĂ©rence centrale. Cette cohĂ©rence, ce sont les organisations monĂ©taristes, qui n’existent que par leur sigle, qui la lui apportent.

La dĂ©mocratie amĂ©ricaine est une fiction. Aux États-Unis cohabitent toutes les nuisances de l’Ă©poque : argent sale, puissance mafieuse, monĂ©tarisme incontrĂŽlĂ©, pauvretĂ© tiers-mondiste et richesse Ă©hontĂ©e, manipulation gĂ©nĂ©tique, pollution exponentielle, intĂ©grisme aveugle. Mais la fiction de la dĂ©mocratie amĂ©ricaine est nĂ©cessaire a sa survie : la guerre. L’armĂ©e amĂ©ricaine est devenue l’Ă©quivalent moderne et Ă  grande Ă©chelle de le Condottiere qui faisait la guerre pour le prince le plus offrant. Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul prince et le Condottiere n’a plus le choix. Les États-Unis sont dotĂ©s de l’armĂ©e la plus moderne, technologiquement, et la plus soumise. Ils sont les Condottieri d’un groupe militaro-Ă©conomico-industriel qui commande par sigles. Ils guerroient pour le compte de leur maĂźtres, avec la garantie morale du FMI.

On voudrait toujours nous faire croire qu’il y a une super-puissance qui contrĂŽle, avec plus ou moins de succĂšs, la planĂšte. Des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es guerriĂšres produites par CNN et ses clones tentent de nous en convaincre. On nous montre une armĂ©e et une banniĂšre Ă©toilĂ©e. Il semble que les morts sur l’Ă©cran soient de vrais morts. Mais les soldats Ă  la banniĂšre ne sont pas ce qu’ils pensent ĂȘtre. Ils ignorent pour qui ils se battent. A qui appartiennent les grands rĂ©seaux mĂ©diatiques ? Ils sont virtuellement amĂ©ricains. Des soldats se battent., tuent et meurent en brandissant leur banniĂšre, image de synthĂšse d’un nouvel ordre mondial, en ignorant l’incroyable partie d’Ă©checs dont ils ne sont que les pions.

x6tenz, pour Mecanopolis

Rédaction Mecanopolis

A la suite de cet article, nous placerons les Informations en Continu de la rédaction de Mecanopolis

> 600 camps de concentration construit par Bush opérationnel depuis deux ans

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Plus de 600 camps d’emprisonnement ont Ă©tĂ© construits aux Etats-Unis par l’administration Bush, tous pleinement opĂ©rationnels et prĂȘts Ă  recevoir des prisonniers.

Le personnel de la direction des camps est dĂ©jĂ  en place, ainsi que des gardes Ă  plein temps, bien que les camps soient tous vides pour l’instant. EntourĂ©s de miradors, ces camps sont destinĂ©s Ă  ĂȘtre utilisĂ©s par la FEMA (Federal Emergency Management Agency – l’agence fĂ©dĂ©rale chargĂ©e de gĂ©rer les situations d’urgence) dans le cadre d’une proclamation de la loi martiale.
Les camps font partie du « Rex 84 Program », un programme prĂ©vu « officiellement » pour le cas d’un franchissement en masse de la frontiĂšre mexicaine par des immigrĂ©s clandestins, afin qu’ils puissent ĂȘtre rapidement arrĂȘtĂ©s et placĂ©s en dĂ©tention par la FEMA. Le programme Rex 84 prĂ©voit aussi la fermeture temporaire de nombreuses bases militaires pour les convertir en prisons.
Les plans « Cable spicer » et « Garden plot » sont deux sous-programmes de « Rex 84″ qui seront dĂ©clenchĂ©s en mĂȘme temps. « Garden plot » est un programme destinĂ© Ă  contrĂŽler la population, et « Cable spicer » est le programme pour la prise de contrĂŽle des Ă©tats et de leurs gouvernements par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. La FEMA sera le bras armĂ© exĂ©cutif et dirigera toutes les opĂ©rations sous l’autoritĂ© du prĂ©sident des Etats-Unis.
Les camps de dĂ©tention sont tous desservis par voies ferrĂ©e aussi bien que par la route. Beaucoup disposent Ă©galement d’un aĂ©roport Ă  proximitĂ©. La majoritĂ© des camps ont une capacitĂ© de 20.000 prisonniers. Le plus vaste de ces camps est situĂ© en Alaska Ă  cotĂ© de Fairbanks. Deux autres sont localisĂ© Ă  Palmdale et Ă  Glendale, dans le sud de la Californie. Bizarrerie ou coĂŻncidence, l’Ă©tat le plus important, la Californie, risque de voir se dĂ©vellopper un climat insurrectionnel aprĂšs la mise en faillite  prochaine. En effet c’est l’Ă©tat le plus peuplĂ© et la 6e puissance Ă©conomique mondiale qui compte plus de 35 millions d’individus qui vont ĂȘtre frappĂ©s de plein fouet par la crise.

Une question s’impose si ces camps ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s depuis 2004, celĂ  implique que les consĂ©quences finales sont belle et bien connue depuis bien plus.

Source : Egalité et Réconciliation

> Al-Qaeda au Maghreb islamique menace la France

Avertissement : C’est uniquement Ă  titre informatif que nous publions la traduction de ce communiquĂ© d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Quaidat al-Jihad fi maghreb al-Islami), ainsi que l’original en langue Arabe, puisque, malgrĂ© que les mĂ©dias officiels en parlent en boucle, il n’est visbile nulle part sur internet. Bien sĂ»r, Mecanopolis n’adhĂšre ni ne cautionne en rien l’idĂ©ologie de violence que ce communiquĂ© relate.

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La France, mĂšre de tous les maux

Louanges Ă  Allah Seigneur de l’univers, et l’ultime dĂ©nouement appartient au pieux et nul d’hostilitĂ© qu’en vers les injuste ; Et que Ses priĂšres et Son salut soit sur notre prophĂšte Mohammed, ainsi que sur sa famille, ses compagnons, et tous ceux qui suivirent sa voie, jusqu’au jour du Jugement ; quant Ă  ce qui suit :

Allah l’ExaltĂ© dit : « Dis: O gens d’Ecriture ! Qu’avez-vous Ă  dĂ©tourner de la Voie de Dieu ceux qui ont la foi? Voudriez-vous rendre cette Voie tortueuse, alors que vous ĂȘtes tĂ©moins qu’elle est rectiligne?» Sachez que Dieu n’est point inattentif Ă  vos agissements ! O croyants ! Si vous Ă©coutez certains adeptes des Ecritures, ils feront de vous qui avez reçu la foi des nĂ©gateurs. » (Sourate Al Imran – La famille d’Iman, versets 99-100).

AprĂšs avoir menĂ© une guerre sans merci, des annĂ©es auparavant, contre nos filles voilĂ©es, voila que la France concentre toutes ses capacitĂ©s, mobilise toutes ses institutions et organise ses rangs pour mener une nouvelle guerre perfide contre nos sƓurs qui portent le Niqab*. Des injustices commises par les français dans un temps oĂč leurs femmes dĂ©nudĂ©es, mais qui se voient couvertes, affluent sur notre pays, et occupent nos plages et nos rues, dĂ©fiant outrageusement les sentiments des musulmans, et n’ayant cure ni des prĂ©ceptes de leur religion musulmanes, ni de leurs uses et coutumes.

C’est cela mĂȘme, Par Allah, l’extrĂ©misme et la xĂ©nophobie, c’est cela mĂȘme le terrorisme religieux et l’incitation Ă  la haine qui se manifestent clairement.

Nul doute que nos frĂšres musulmans en France, particuliĂšrement et en Europe, de façon gĂ©nĂ©rale, revivent un regain d’angoisse accentuĂ©e vis-Ă -vis agissements et harcĂšlements des politiciens et leaders français ; car hier, ce fut le voile, et aujourd’hui vint le tour du Niqab et qui sait si demain leurs mains pĂ©cheresses ne feront pas de mĂȘme avec un pilier de l’Islam : priĂšre, jeĂ»ne ou encore pĂšlerinage. Nous avons la certitude que cette haine embrasĂ©e envers l’Islam et ses gens, qui couve dans les cƓurs des politiciens français ne cessera pas, pis encore, elle s’Ă©tendra sous diverses formes, c’est pourquoi nous appelons tous les musulmans Ă  rĂ©pondre Ă  cette haine par une autre plus ravageuse, nous les appelons Ă  affronter l’obstination française Ă  faire douter les croyants et les croyantes de leur religion par une rĂ©signation plus tenaces Ă  s’attacher aux prĂ©ceptes de l’Islam, majeurs ou mineurs , obligations ou recommandation.

Quant Ă  nous, Moudjahiddines du Maghreb Islamique, nous prenons l’engagement devant Allah de ne pas se taire devant ces provocations et ces injustices, et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour, et Ă  la premiĂšre occasion, se venger de la France et ses intĂ©rĂȘts oĂč qu’ils se trouvent, pour l’honneur des nos filles et de nos sƓurs, puisse cela dissuader la France de ses injustices et sa tyrannie, puisse-t-il, aussi arrĂȘter ses agressions et sa haine.

« Les agresseurs apprendront un jour quel sort funeste les attend ! » (Sourate Ash Shu’ara – les poĂštes -, verset 227)

Abou Mouss’ab Abd Al Wadoud

Emir de l’organisation d’Al Qaeda Au Maghreb Islamique

Dimanche 05 rajab 1430 correspendant au 28 juin 2009

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Commentaire de Mecanopolis : J’hĂ©site Ă  laisser le document d’Al-Qaeda placĂ© ci-dessus. On pourrait ĂȘtre mal compris, comme cela Ă  dĂ©jĂ  Ă©tĂ© le cas par le passĂ©. Je dois vous prĂ©ciser que, chez Mecanopolis, on ne croit pas un seul instant Ă  l’autodĂ©termination de ces terroristes. On sait trop comment les services algĂ©riens, avec l’aide de la France, ont manipulĂ© le GIA (ex Al-Qaeda) depuis 1991, de sorte Ă  discrĂ©diter le parti du Front islamique du salut (FIS) qui avait alors gagnĂ© les Ă©lections lĂ©gislatives. Nous avons publiĂ© ici mĂȘme plusieurs documents, ces trois derniĂšres annĂ©es, qui dĂ©montrent que ces terroristes ne sont que les mauvais acteurs d’une manipulation qui consistait Ă  faire de l’AlgĂ©rie le laboratoire du « terrorisme islamique », de sorte Ă  crĂ©er le chaos dans ce pays. On sait comment les mĂȘme mĂ©thodes ont ensuite Ă©tĂ© utilisĂ©es ailleurs.

AprĂšs une crise Ă©conomique fabriquĂ©e, une pandĂ©mie carrĂ©ment louche, il ne manquerait plus que l’on nous remette en scĂšne le terrorisme islamiste.
Manipulation de la violence islamiste et méthodes de guerre contre-insurectionnelle des services-secrets :
envoyé par Aisha-Yasamin

Jeudi 2 juillet > H1N1 : Forte augmentation des décÚs en Amérique du sud

Le bilan de la grippe porcine s’est fortement alourdi mercredi en AmĂ©rique du Sud, notamment en Argentine qui, avec 43 morts, dĂ©plore deux tiers des 62 dĂ©cĂšs attribuĂ©s au virus A(H1N1) dans le sous-continent.

Le nombre de personnes ayant succombĂ© Ă  la maladie a quasiment doublĂ© en Argentine, puisqu’il n’Ă©tait encore que de 26, selon le dernier bilan publiĂ© vendredi.

Seuls les Etats-Unis (127 morts) et le Mexique, oĂč est apparue la maladie fin avril (116 morts), ont enregistrĂ© plus de dĂ©cĂšs attribuĂ©s Ă  la grippe A(H1N1), selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS). La pandĂ©mie a jusqu’ici tuĂ© 332 personnes dans le monde, d’aprĂšs l’OMS.

Les experts s’attendent en outre Ă  un pic de la pandĂ©mie dans les semaines Ă  venir en Argentine en raison de la rudesse de l’hiver austral. Le Chili voisin a Ă©galement dĂ©jĂ  enregistrĂ© 14 morts pour 7.342 malades du virus A(H1N1).

L’Uruguay, troisiĂšme pays du cĂŽne sud du sous-continent, a priori plus particuliĂšrement exposĂ© Ă  la pandĂ©mie Ă  cause de la virulence de l’hiver, a lui aussi dĂ©plorĂ© un premier dĂ©cĂšs lundi.

Trois autres pays sud-américains ont également confirmé des morts attribuées à la pandémie: la Colombie (2 morts), le Brésil (1 morts) et le Paraguay (1 mort), dernier en date mercredi.

Pour essayer d’enrayer la propagation du virus, les diffĂ©rents gouvernements ont mis en place des mesures spĂ©cifiques.

L’Argentine est allĂ©e le plus loin, en avançant notamment de deux semaines les vacances scolaires hivernales dans la plupart du pays et en dĂ©bloquant une nouvelle enveloppe de 1.000 millions de pesos (190 millions d’euros).

Au Chili, la prĂ©sidente Michelle Bachelet a Ă©galement annoncĂ© mercredi une nouvelle enveloppe de plus de 20 millions d’euros pour faire face Ă  la « pire Ă©pidĂ©mie dans ce pays » depuis plus d’une demi-siĂšcle. En 1957, une prĂ©cĂ©dente Ă©pidĂ©mie de grippe avait frappĂ© plus d’un million de Chiliens.

> Londres envisage 100′000 cas par jour avant fin aoĂ»t

L’Ă©pidĂ©mie de grippe porcine au Royaume-Uni, l’un des pays les plus touchĂ©s au monde, pourrait atteindre avant la fin aoĂ»t un rythme de progression quotidienne de 100′000 nouveaux cas, a prĂ©venu jeudi le gouvernement, tout en niant que la situation soit « hors de contrĂŽle ».

« Le nombre de cas double chaque semaine, et si cette tendance se confirme nous pourrions voir plus de 100′000 cas par jour d’ici la fin aoĂ»t, mais j’insiste, ce n’est qu’une projection », a prĂ©cisĂ© le ministre britannique de la SantĂ©, Andy Burnham, devant la chambre des Communes.

Le principal conseiller mĂ©dical du gouvernement, Liam Donaldson, a assurĂ© cependant que les prĂ©paratifs pour l’obtention d’un vaccin Ă©taient Ă  un stade avancĂ© et a niĂ© que la situation soit hors de contrĂŽle.

Le virus « suit un chemin prĂ©visible – il n’est pas hors de contrĂŽle, mais on ne peut pas remettre les virus dans leur boĂźte une fois qu’ils en sont sortis », a-t-il observĂ© lors d’une confĂ©rence de presse.

« Nous avons la situation bien en main. (…) Nous avons un stock important d’antiviraux, peut-ĂȘtre le plus important au monde », a-t-il insistĂ©.

Grotesque dĂ©claration du  ministre britannique de la SantĂ© qui affirme, sans rire, que le virus suit un chemin prĂ©visible, alors que ses dĂ©clarations de la semaine derniĂšre prĂ©tendaient Ă  une stabilisation. Il faudrait aussi qu’il nous explique comment une situation qui, avec 10′000 cas, place dĂ©jĂ  les hĂŽpitaux britannique en crise, pourrait ĂȘtre « sous contrĂŽle » avec 100′000 cas par jour…

> Vendredi 3 juillet :

LA CRISE DE LA GRIPPE PORCINE :
LE GOUVERNEMENT SE PRÉPARE AU PIRE
TOUT EN ESPÉRANT LE MEILLEUR – IL DEVRAIT DIRE
À LA POPULATION DE FAIRE LA MÊME CHOSE
!

par Peter M. Sandman

Les nouveaux virus se dĂ©placent rapidement. Ce que je suis en train d’Ă©crire le 29 avril, peut s’avĂ©rer dĂ©sespĂ©rĂ©ment dĂ©suet au moment oĂč vous le lirez.

Au moment oĂč vous lirez ce qui suit:

● Le foyer d’infection de H1N1 de « grippe porcine » (ou « grippe d’origine porcine », comme certains recommandent vivement qu’elle soit appelĂ©e), nous le suivons tous Ă  la trace, et il peut avoir dĂ©jĂ  lancĂ© une catastrophe dans le monde entier.
● Il peut s’ĂȘtre avĂ©rĂ© lui-mĂȘme trop lĂ©ger (sauf Ă  son dĂ©but au Mexique) Ă  cause de graves problĂšmes de santĂ© en nombre significatif.
● Il peut ĂȘtre beaucoup plus grave que lĂ©ger, mais encore beaucoup plus lĂ©ger que catastrophique.
● Sa propagation peut avoir ralenti ou cessĂ© au lieu de faire boule de neige – parce que nous isolons bien les cas et empĂȘchons la transmission, ou parce qu’il n’aime pas la tempĂ©rature de plus en plus chaude dans l’hĂ©misphĂšre Nord, ou pour d’autres raisons que les scientifiques ne comprendront pas avant des mois.
● Il peut encore ĂȘtre en Ă©quilibre – dans ce cas les experts en santĂ© publique l’observeront encore en retenant leur souffle, mais les mĂ©dias et le public peuvent ĂȘtre passĂ©s Ă  chose, maugrĂ©ant Ă  propos du colportage de la peur.

Et qu’elle que soit la situation, c’est comme au moment oĂč vous lirez ceci, cela ne sera pas la fin de l’histoire non plus. Un virus qui a mutĂ© (plus virulent et plus transmissible ou rĂ©sistant aux antiviraux) pourrait revenir gronder quelques mois plus tard.

En tant que professionnel en communication de risque, j’ai observĂ© la dĂ©marche sur une corde raide du gouvernement amĂ©ricain, entre la confiance excessive et l’alerte excessive au sujet d’un foyer d’infection de grippe porcine qui pourrait facilement se rĂ©vĂ©ler dĂ©vastateur, secondaire (sauf au Mexique), ou n’importe oĂč entre les deux.

Je vais concentrer mes commentaires sur le gouvernement des États-Unis, parce que je l’ai observĂ© de trĂšs prĂšs. La plupart des gouvernements, dans des endroits avec moins de cas, ou aucun Ă  ce jour, ont Ă©tĂ© beaucoup plus rassurants dans leurs communications publiques que le gouvernement des États-Unis ne l’a Ă©tĂ©. Les États-Unis n’ont pas Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  la tentation de publier de fausses promesses Ă  savoir que les autoritĂ©s tiendraient la pandĂ©mie Ă©loignĂ©e de « nos » rivages – une tentation Ă  laquelle des dizaines de gouvernements ont succombĂ©. Je doute qu’aucun gouvernement ne fasse une meilleure communication de risque de grippe porcine que le gouvernement amĂ©ricain. Donc parlons de ce que le gouvernement amĂ©ricain fait, en particulier de ce que je crois qu’il fait mal.

Si vous voulez en savoir plus sur la maniĂšre dont les gouvernements du reste du monde – et certains gouvernements d’états amĂ©ricains – ont mal gĂ©rĂ© la crise, vĂ©rifiez un message sur Flu Wiki Forum, avec le merveilleux titre : « Ministers in Wonderland / Beyond Indefensible Over-reassurance «  – « Les ministres au pays des merveilles / Au-delĂ  du rĂ©confort excessif injustifiable. » « Path Forward » – « Voie de l’avenir » (le poster) est le nom de flu – nom de grippe de mon Ă©pouse et collĂšgue Jody Lanard, qui travaille actuellement avec l’OMS en Asie.

Lacune de mise en garde

Le CDC [Centers for Disease Control and Prevention] des États-Unis fait un travail remarquable en expliquant la situation actuelle, et de quelle maniĂšre elle est incertaine. Toute personne qui porte attention comprend que nous ne savons vraiment pas si cette chose va figer, rester en suspens pendant des mois, disparaĂźtre et ensuite rĂ©apparaĂźtre, se propager mais en restant modĂ©rĂ©e, se reproduire ou dĂ©passer la catastrophe de 1918, ou quoi d’autre. La rĂ©itĂ©ration d’incertitude et l’insistance sur ce que cela signifie – par exemple l’avertissement peut changer, les stratĂ©gies locales peuvent diffĂ©rer, les incohĂ©rences peuvent ĂȘtre communes – a Ă©tĂ© presque bon sans prĂ©cĂ©dent.

En fait, le CDC a fait trois choses remarquables, les deux derniĂšres d’entre elles rares:

● Il a dit à la population exactement ce qu’il sait à ce jour.
● Il a fait une « spĂ©culation responsable » Ă  propos des scĂ©narios futurs possibles, y compris ceux de la peur.
● Il a Ă©tĂ© enclin Ă  faire des prĂ©dictions oĂč les probabilitĂ©s Ă©taient prĂ©cises (par exemple les futurs dĂ©cĂšs possibles aux États-Unis) et a insistĂ© sur l’incertitude oĂč les probabilitĂ©s ne sont pas prĂ©cises (par exemple, l’ampleur et la gravitĂ© Ă©ventuelle du foyer d’infection).

La plus grande faille du CDC: ne pas faire assez ou presque pour aider les gens Ă  visualiser ce Ă  quoi une pandĂ©mie vraiment grave pourrait ressembler – en les aidant aussi Ă  garder Ă  l’esprit que ce n’est qu’une parmi de nombreuses possibilitĂ©s – de sorte qu’ils puissent sentir le nƓud dans leur estomac, celui que chacun ressent Ă  l’intĂ©rieur, passĂ© la rĂ©action d’ajustement, avoir cambrĂ© les reins et commencĂ© Ă  se prĂ©parer.

Il est particuliĂšrement important de faire passer le message aux entreprises et aux leaders communautaires, qui ont un travail de prĂ©paration Ă  faire le plus rapidement possible, au cas oĂč les choses empireraient.

Mais les individus aussi ont Ă©galement un travail de prĂ©paration Ă  faire – la logistique aussi bien que le travail de prĂ©paration Ă©motionnelle. Toute cette prĂ©paration nous sera trĂšs utile, mĂȘme si – The Big One – La Grande Faucheuse n’est pas dĂ©jĂ  au coin de la rue… et ce sera indispensable si c’est le cas!

Pour le citoyen ordinaire, le gouvernement amĂ©ricain a dĂ©jĂ  recommandĂ© l’hygiĂšne seulement, pas l’état de prĂ©paration. Il a dit aux gens de rester Ă  la maison s’ils sont malades, se couvrir la bouche pour tousser, et se laver les mains souvent. Il n’a pas recommandĂ© aux gens de faire des rĂ©serves de nourriture, d’eau, de mĂ©dicaments sur ordonnance, ainsi que d’autres articles. Il y a deux ans, Mike Leavitt, Ministre de la santĂ© au HHS [United States Department of Health and Human Services] a traversĂ© le pays avec cette recommandation. Ces derniers jours, le Directeur en poste au CDC, Richard Besser, a continuĂ© de se soustraire aux questions des journalistes Ă  savoir si c’est toujours une bonne recommandation.

Ce n’est certainement pas un conseil radical. Sous le mandat de Leavitt, l’administration Bush a mis sur pied un site Web sur la prĂ©paration Ă  une pandĂ©mie, www.pandemicflu.gov. Il y a des listes de contrĂŽle sur ce que les individus, les communautĂ©s, les Ă©coles, les hĂŽpitaux, les gouvernements locaux et autres devraient faire. La liste pour les individus et les familles se trouve Ă  www.pandemicflu.gov/plan/individual/checklist.html. Il y a des listes de contrĂŽle moins rĂ©servĂ©es qui sont disponibles sur des sites non gouvernementaux, pour la prĂ©paration Ă  une pandĂ©mie, comme www.fluwikie.com. Toutefois, je serais satisfait si le Dr Besser exhortait les gens Ă  consulter www.pandemicflu.gov. Au meilleur de ma connaissance, il ne l’a pas encore fait. (En toute impartialitĂ©, il y a un lien vers www.pandemicflu.gov, sur la page Web spĂ©ciale du CDC pour la grippe porcine, Ă  www.cdc.gov/swineflu/.)

Le Dr Besser ne minimise pas le risque. À maintes reprises, il a rĂ©pĂ©tĂ© qu’il est « trĂšs prĂ©occupĂ© » – un cran plus haut sur l’Ă©chelle d’effervescence Ă©motionnelle que le PrĂ©sident Obama, dont la devise d’argent sur la crise Ă  ce jour s’est dĂ©voilĂ©e lorsqu’il a mentionnĂ© Ă  l’AcadĂ©mie Nationale des Sciences que le foyer d’infection « est Ă©videmment une cause d’inquiĂ©tude… mais que ce n’est pas une raison de s’alarmer. » Le Dr Besser exprime sa prĂ©occupation d’une maniĂšre apaisante; il n’a pas cette apparence Ă©chevelĂ©e, Ă©puisĂ©e du gestionnaire de la Nuclear Regulatory Commission, Harold Denton, qui a performĂ© lors de la crise de [lien ajoutĂ©] Tree Mile Island, en 1979. Denton a laissĂ© les gens ressentir simultanĂ©ment que le risque Ă©tait sĂ©rieux et qu’ils Ă©taient entre bonnes mains. Le Dr Besser mentionne que c’est grave, mais nous laisse le sentiment qu’il ne veut pas vraiment que nous nous inquiĂ©tions beaucoup.

Cependant, je ne blñme pas le Dr Besser de paraütre et de parler de façon rassurante. Le standard d’excellence dans la communication de crise est de dire les choses alarmantes sur un ton calme, et c’est exactement ce qu’il fait.

Le problĂšme est qu’il ne nous donne pas quelque chose Ă  faire, sauf des bonnes pratiques d’hygiĂšne. Il continue de nous dire, prĂ©cisĂ©ment, que le CDC est trĂšs offensif en rĂ©ponse au foyer d’infection. Mais il ne demande pas Ă  la population d’ĂȘtre offensive.

Le plus proche qu’il soit allĂ©, jusqu’Ă  prĂ©sent, a Ă©tĂ© plusieurs appels Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  la façon dont nous allons procĂ©der, s’il y a une infection dans l’école de notre enfant, et si l’Ă©cole est fermĂ©e pendant quelques jours. C’est bien. Il aide les gens Ă  « imaginer la rĂ©alitĂ© »; il invite Ă  ce que la communicatrice de risque du CDC, Barbara Reynolds, a justement appelĂ© la « manoeuvre indirecte. » Bien sĂ»r, il y a plus de possibilitĂ©s sinistres que nous pourrions rĂ©pĂ©ter indirectement. Personne dans l’administration des États-Unis n’a demandĂ© Ă  la population d’imaginer une reproduction de la ville de Mexico dans notre ville natale, et encore moins une pandĂ©mie grave grandeur nature: plus de cadavres que de cercueils; tout pratiquement fermĂ© partout, pratiquement plus rien dans les magasins encore ouverts.

Pourtant, la suggestion du Dr Besser est de penser Ă  ce que nous pourrions faire, si les choses empiraient lĂ©gĂšrement, advenant un point fort. Le point faible est survenu samedi, lorsque Anne Schuchat, du CDC, a dit Ă  brĂ»le-pourpoint, lors d’une confĂ©rence de presse, que « nous sommes inquiets et nous agissons sur plusieurs fronts, afin que vous n’ayez pas Ă  vous inquiĂ©ter. » Je suis sĂ»r que la Dre Schuchat a regrettĂ© avoir dit cela.

Je suis Ă©galement certain que c’est exactement ce que le gouvernement amĂ©ricain a en tĂȘte. DĂšs le dĂ©but de la crise de la grippe porcine, il me semble, il y a eu une dĂ©cision – sans doute un trĂšs haut niveau de dĂ©cision – pour prendre la situation trĂšs au sĂ©rieux, mais attendre pour demander Ă  la population de faire la mĂȘme chose. Le rĂ©sultat est presque surrĂ©aliste. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral a libĂ©rĂ© un quart de la RĂ©serve Nationale StratĂ©gique de mĂ©dicaments antiviraux pour les Ă©tats, donc il y aura des millions de doses de Tamiflu prĂȘtes Ă  ĂȘtre dĂ©ployĂ©es, s’il y a des millions d’AmĂ©ricains malades qui nĂ©cessitent des mĂ©dicaments. Mais il n’a pas encore Ă©tĂ© demandĂ© Ă  ces millions d’AmĂ©ricains de faire des rĂ©serves de thon et de beurre d’arachide.

La peur de la peur

J’Ă©tais ici antĂ©rieurement. En 2005, la menace de pandĂ©mie de grippe aviaire est venue d’un virus H5N1, au lieu de l’hybride actuel porc-aviaire-humain H1N1. (De peur que quelqu’un ne l’ait oubliĂ©, le virus H5N1 est toujours dans les parages aussi.) Le CDC et le HHS ont alors Ă©tĂ© convaincus de la mĂȘme façon que le risque Ă©tait grave, et engagĂ©s de façon similaire dans une action prĂ©paratoire offensive – c’est pourquoi nous avons cette Strategic National Stockpile (RĂ©serve StratĂ©gique Nationale) d’antiviraux – et de mĂȘme peu enclins Ă  alarmer la population amĂ©ricaine. Le sentiment Ă©tait que les gens avaient Ă©tĂ© suffisamment prĂ©occupĂ©s par le 11 septembre ainsi que les guerres en Afghanistan et en Iraq, et que le gouvernement avait Ă  peu prĂšs Ă©puisĂ© son quota de dĂ©clarations angoissantes. C’est Ă  peu prĂšs le mĂȘme sentiment aujourd’hui Ă  propos de l’effondrement Ă©conomique.

Je faisais partie de la minoritĂ© alors, comme je le suis Ă  prĂ©sent, en exhortant les autoritĂ©s Ă  impliquer la population dans des efforts d’état de prĂ©paration Ă  une pandĂ©mie. En fĂ©vrier 2005, j’ai Ă©tĂ© invitĂ© Ă  donner un sĂ©minaire d’une journĂ©e sur mes recommandations, lors d’un conclave de haut niveau du CDC et du HHS, Ă  des experts et autoritĂ©s en maladies infectieuses. Ils m’ont Ă©coutĂ©, m’ont retournĂ© Ă  la maison, et ont rĂ©affirmĂ© leur politique de calme et de prĂ©paration tranquille.

Au cours de l’Ă©tĂ©, le prĂ©sident Bush en a appris davantage sur la pandĂ©mie de 1918 en lisant The Great Influenza de John Barry. Ensuite, Katrina est survenue. Les deux en mĂȘme temps ont convaincu la Maison Blanche que Cassandra peut ĂȘtre un meilleur modĂšle que Pollyanna. Peu de temps aprĂšs, le CDC et le HHS ont tirĂ© la sonnette d’alarme Ă  propos d’une pandĂ©mie possible. Ils ont suscitĂ© certaines prĂ©occupations, mais pas de panique; ils ont inspirĂ© certains efforts de prĂ©paration individuelle et communautaire, mais pas suffisamment. Et puis, l’attention s’est portĂ©e sur d’autres risques… jusqu’Ă  la semaine derniĂšre.

Afin d’Ă©viter d’effrayer la population, la semaine passĂ©e, le gouvernement amĂ©ricain a Ă©vitĂ© de suggĂ©rer au public que nous devrions tous nous prĂ©parer Ă  une pandĂ©mie possible – pas seulement les fĂ©dĂ©raux.

Pourquoi les autorités sont-elles aussi réticentes à décrire le pire des scénarios de façon précise, et exhorter les gens à se préparer à cette éventualité? Voici pourquoi:

1

La peur de la peur et la « panique de la panique ».

Il y a une terreur virtuelle d’effrayer la population de façon excessive (comme si c’était facile). Bien que les spĂ©cialistes en gestion de crise savent depuis des dĂ©cennies que la panique est rare, les fonctionnaires vont rĂ©guliĂšrement dans des « panique panique » – soit en prĂ©disant que la population va paniquer si on leur dit des choses alarmantes, ou en diagnostiquant incorrectement les efforts en vue de se prĂ©parer, comme de la panique.

Une recherche sur Google News, ce matin, pour la « panique de grippe porcine » a affichĂ© plus de 8,000 entrĂ©es. Certaines d’entre elles Ă©taient des gens incitant Ă  ne pas paniquer (inutile et conseils condescendants); quelques-unes soulignaient que les gens ne paniquent pas en fait, pas mĂȘme dans la ville de Mexico. Mais la grande majoritĂ© interprĂ©tait les mesures de prĂ©caution comme une preuve de panique. Pas Ă©tonnant ensuite que les autoritĂ©s soient rĂ©ticentes Ă  recommander avec insistance de prendre des prĂ©cautions. Pour en savoir plus sur ce phĂ©nomĂšne, voir Fear of Fear : The Role of Fear in Preparedness
 and Why it Terrifies Officials – (La peur de la peur: le rĂŽle de la peur dans l’état de prĂ©paration… et Pourquoi cela terrifie les autoritĂ©s) que j’ai Ă©crit avec Jody Lanard, en 2003.

Le paradoxe de « la panique de la panique », consiste en ce que cela implique des ennuis par habitude. Les autoritĂ©s qui imaginent que la population panique ou qu’elle paniquera bientĂŽt, peuvent se sentir poussĂ©es Ă  faire des dĂ©clarations trop rassurantes, pour supprimer des informations alarmantes, et dĂ©nigrer ceux qui ont peur comme des « irrationnels » ou des « hystĂ©riques » (ou « des alarmistes). Ces frappes prĂ©emptives officielles laissent les gens effrayĂ©s seuls, face Ă  leurs peurs, et les persuadent que leur gouvernement les a trahis et qu’ils ne peuvent pas lui faire confiance. Le rĂ©sultat est une augmentation de l’inquiĂ©tude dans la population, que les autoritĂ©s ne peuvent pas correctement canalyser dans une action efficace, car elles ont dĂ©jĂ  contestĂ© la peur et parce qu’elles ne sont pas disposĂ©es Ă  faire participer la population. Au cours des foyers d’infection de SRAS [Syndrome respiratoire aigu sĂ©vĂšre], en 2003, par exemple, le gouvernement chinois a niĂ© que Beijing avait des cas de SRAS et des dĂ©cĂšs causĂ©s par le SRAS. Ces faux dĂ©nis ont menĂ© Ă  la vĂ©ritable panique Ă  Beijing. Pourquoi le gouvernement chinois a-t-il cachĂ© la vĂ©ritĂ©? Pour apaiser la panique.

À son crĂ©dit, le CDC n’a pas fait de dĂ©clarations hyper-rassurantes, supprimĂ© les informations alarmantes, ou critiquĂ© les peurs. Pendant plusieurs jours, avant le premier dĂ©cĂšs survenu ce matin aux États-Unis, causĂ© par la grippe porcine, le Dr Besser a toujours prĂ©dit qu’il y aurait bientĂŽt des dĂ©cĂšs aux États-Unis. C’est une excellente communication de risque. Il ne sous-estime pas Ă  quel point les choses sont graves ou peuvent le devenir. Son Ă©chec (de compĂ©tence? de nerfs? de politique?) est plus subtil que cela: il est en train de crĂ©er le sentiment que le CDC fera tout ce qu’il faudra pour nous protĂ©ger, et que nous devons faire peu ou Ă  peu prĂšs rien pour nous protĂ©ger. Je pense que cela est intentionnel, visant Ă  Ă©viter ce qu’il ou que ses supĂ©rieurs considĂšrent comme une inquiĂ©tude publique excessive.

2

La réputation des soucis.

Sous-jacente de la crainte d’effrayer la population, est la crainte d’ĂȘtre accusĂ© d’effrayer la population, en particulier dans l’environnement Ă©conomique actuel. C’est une crainte rĂ©aliste, je dois l’admettre. Chaque nouveau risque met en Ă©vidence une Ă©quipe de commentateurs, pleins d’assurance pour accuser les autoritĂ©s « d’exploiter les sentiments de crainte » en publiant des mises en garde excessivement sinistres concernant un phĂ©nomĂšne qui a Ă  peine tuĂ© quelques personnes… comme si le temps de prĂ©paration se situait aprĂšs que la catastrophe a frappĂ©.

DĂ©jĂ , les mĂȘmes autoritĂ©s que je suis en train de critiquer pour ne pas avertir suffisamment le public, sont accusĂ©es par d’autres d’avertir le public de façon excessive. Et bien sĂ»r, si le virus recule et si cette pandĂ©mie ne se matĂ©rialise jamais, ces critiques se considĂ©reront elle-mĂȘmes justifiĂ©es… comme si le fait que votre maison n’ait pas brĂ»lĂ© cette annĂ©e dĂ©montre la folie de la dĂ©cision de l’an dernier d’acheter une assurance incendie. C’est un non-sens dangereux d’imaginer que les avertissements ne sont justifiĂ©s que s’ils sont suivis assez rapidement par des catastrophes. Les personnes qui ne prennent pas de prĂ©cautions Ă©chappent souvent aux blessures. Cela les rend chanceux, pas prĂ©voyants.

La seule consolation que je peux offrir aux autoritĂ©s est la suivante: au fil des ans, beaucoup d’autres bureaucrates et des politiciens ont perdu leur emploi pour ne pas avoir pris suffisamment une catastrophe au sĂ©rieux, au lieu d’ĂȘtre trop alarmiste Ă  propos d’une catastrophe possible qui ne s’est jamais concrĂ©tisĂ©e. Oui, il y aura des commentaires critiques sur les « rĂ©actions exagĂ©rĂ©es » si la grippe porcine s’en va, – mais pensez aux enquĂȘtes du CongrĂšs pour des insuffisances d’état de prĂ©paration qui suivront une pandĂ©mie de grippe porcine grandeur nature.

Cependant, les coĂ»ts des rĂ©actions exagĂ©rĂ©es – c’est-Ă -dire, ĂȘtre vu avec le recul comme ayant rĂ©agi de façon excessive – sont Ă©levĂ©s. Une nouvelle administration avec un ambitieux programme ne peut pas se permettre de gaspiller de la crĂ©dibilitĂ© dans des prĂ©cautions pour la pandĂ©mie qui peuvent sembler stupidement excessives avec du recul.

La solution de communication de risque pour ce dilemme est d’Ă©mettre des avertissements qui soient Ă  la fois effrayants et Ă  caractĂšre provisoire. Les responsables de la santĂ© publique doivent apprendre comment dire: « Cela pourrait devenir trĂšs grave, et il est temps de se prĂ©parer au cas oĂč cela se produirait » et « Cela pourrait foirer, et nous nous sentirons probablement un peu stupides si cela se produit » – pour dire les les deux en mĂȘme temps, sur le mĂȘme ton mordant.

Une fois qu’ils auront maĂźtrisĂ© cela, ensuite les fonctionnaires devront apprendre Ă  expliquer la probabilitĂ© relative de ces deux rĂ©sultats, ainsi que des rĂ©sultats divers entre les deux. Les prĂ©visionnistes d’ouragans, par exemple, font la distinction entre une surveillance d’ouragan (porter attention) et un avertissement d’ouragan (prendre des prĂ©cautions). La communication de risque d’une tornade devient encore plus prĂ©cise, allant directement Ă : « Si vous vivez ici ou lĂ , filez Ă  votre cave MAINTENANT! »

Évidemment, nous ne savons rien encore des probabilitĂ©s relatives des diffĂ©rents rĂ©sultats de grippe porcine. Les experts de grippe parlent de la façon dont les choses paraissent en ce moment, et c’est la façon catastrophique qu’une pandĂ©mie pourrait avoir l’air Ă  ce stade prĂ©liminaire – et c’est Ă©galement ce qu’une fausse alarme pourrait avoir l’air Ă  ce stade prĂ©liminaire.

Les avertissements concernant la grippe porcine sont particuliĂšrement difficiles d’une autre façon aussi: mauvais antĂ©cĂ©dent. Le problĂšme est en partie fondĂ© sur le fiasco de la grippe porcine de 1976, quand les États-Unis ont lancĂ© prĂ©maturĂ©ment un programme de vaccination, qui a causĂ© plus de maladie que cette pandĂ©mie de dĂ©fection. Mais la plus grande source d’hĂ©sitation officielle, je crois, est la peur de la grippe aviaire en 2005-2006. Les autoritĂ©s de la santĂ© publique ont alors semblĂ© impliquer que le virus de la grippe aviaire devait muter et se lancer dans une pandĂ©mie humaine Ă  compter du mardi suivant. Mais le virus est restĂ© (et demeure Ă  ce jour) limitĂ© Ă  des millions d’oiseaux et quelques centaines de personnes profondĂ©ment malchanceuses.

(Il existe certaines diffĂ©rences clĂ©s entre deux menaces de pandĂ©mie, autres que le fait que l’on est toujours thĂ©orique et l’autre qui semble imminente. La grippe aviaire H5N1 n’a pas encore appris Ă  se propager facilement de personne Ă  personne, une habiletĂ© que la grippe porcine H1N1 a dĂ©jĂ  amplement dĂ©montrĂ©e. D’autre part, le virus H5N1 a tuĂ© plus de la moitiĂ© des personnes qu’il a infectĂ©es, alors que le nouveau H1N1 semble relativement lĂ©ger jusqu’Ă  prĂ©sent… mais pas aussi lĂ©ger que les premiers rapports des États-Unis le sous-entendent. Une autre diffĂ©rence: aux États-Unis et dans la plupart des rĂ©gions du monde dĂ©veloppĂ©, nous avons maintenant une provision assez considĂ©rable de mĂ©dicaments antiviraux qui sont connus pour ĂȘtre efficaces – jusqu’Ă  prĂ©sent – contre le virus de la grippe porcine Ă  laquelle nous sommes confrontĂ©s.)

La communication de risque pandĂ©mique Ă  propos du H5N1, il y a quelques annĂ©es Ă©tait pertinemment effrayante, Ă©tant donnĂ© que le risque Ă©tait (et demeure) grave. Mais les autoritĂ©s ont mal fait la partie expĂ©rimentale. Ils ont terminĂ© avec l’oeuf en plein visage, dans l’esprit de nombreux citoyens. Et depuis que je les ai poussĂ©s Ă  adopter une ligne plus alarmante, j’ai perdu une certaine crĂ©dibilitĂ© dans l’esprit de nombreux officiels. Alors maintenant, il est plus difficile pour les autoritĂ©s de dĂ©cider de tirer la sonnette d’alarme au sujet de la grippe porcine… et d’autant plus difficile pour moi de leur dire de le faire. Cette fois-ci, ils sont devant le risque de mal faire la partie expĂ©rimentale et la partie effrayante.

3

Projection.

Sous-jacentes Ă  ce qui prĂ©cĂšde, je crois, sont les sources de nos « propres peurs de ce qu’une pandĂ©mie pourrait ĂȘtre. Ils essaient de dĂ©nouer le noeud dans leur propre estomac, et cela se manifeste comme une projection psychologique: « La population panique! » Ce qu’ils ne comprennent pas est que le nƓud fait partie d’une « rĂ©action d’ajustement » utile. Ils ont besoin de se guider eux-mĂȘmes Ă  travers cela, et ils ont besoin de guider la population, et ensuite Ă  travers cela.

Les avantages des mesures de précaution

Cela peut aider si les autoritĂ©s ont une meilleure comprĂ©hension de la relation entre les mesures de prĂ©cautions et la peur. Laissez de cĂŽtĂ© les avantages pratiques des prĂ©cautions. Il y a deux avantages psychologiques qui valent la peine d’ĂȘtre dĂ©crits.

Commençons d’abord par l’impact sur les personnes responsables qui sont les plus inquiĂštes – celles qui sont trĂšs inquiĂštes. Voici le secret de l’état de prĂ©paration que les leaders gouvernementaux craintifs ont tendance Ă  oublier: il s’agit d’une expĂ©rience d’apaisement Ă  prĂ©parer. Comme les psychiatres disent parfois, « action implique anxiĂ©tĂ©. » Le fait d’avoir des choses Ă  pouvoir faire, qui semblent de nature Ă  amĂ©liorer leur situation, donne aux gens un sentiment de contrĂŽle; cela crĂ©e l’auto-efficacitĂ© qui mĂšne Ă  la dĂ©termination, au calme, et mĂȘme Ă  la confiance. Il ne s’agit pas de prendre des mesures qui rendent les gens moins craintifs, mais plutĂŽt de rendre les gens plus capables de supporter leur peur.

Ceux qui auront travaillĂ© fort, pour ne pas s’inquiĂ©ter de la pandĂ©mie qui pourrait ĂȘtre imminente, se sentiront plus en contrĂŽle aprĂšs avoir pris des mesures concrĂštes pour arriver Ă  ĂȘtre prĂȘts, ainsi que leur famille.

L’autre effet psychologique imparti Ă  prendre des mesures de prĂ©caution peut avoir moins d’importance pour le CDC actuellement, mais il importe autant dans la conjoncture du pays, si une pandĂ©mie se produit. Certaines personnes – beaucoup de gens, en fait – ne sont pas encore trĂšs prĂ©occupĂ©es par une Ă©ventuelle pandĂ©mie de grippe porcine. Il y a eu une grande histoire hier, mais pas LA grande histoire; la dĂ©fection d’Arlen Specter pour les dĂ©mocrates a Ă©tĂ© plus grande. (Et beaucoup de gens ont ignorĂ© les deux.) Beaucoup de pharmacies n’ont plus de Tamiflu ni de masques chirurgicaux, mais elles n’avaient pas beaucoup de provision au dĂ©part, pour autant que je sache, les supermarchĂ©s n’ont manquĂ© de rien. Le gouvernement peut ĂȘtre inquiet au sujet du risque d’anxiĂ©tĂ© pandĂ©mique, mais je suis plus prĂ©occupĂ© par le risque d’apathie pandĂ©mique.

Quand les autoritĂ©s recommandent vivement aux gens de prendre des mesures de prĂ©cautions, cela ne traverse pas nĂ©cessairement l’apathie – mais cela aide. Chaque fois que les autoritĂ©s rĂ©pĂštent le conseil, plus de gens le prennent. Certains d’entre eux le prennent avec scepticisme, mais le prennent tout de mĂȘme. En septembre 2003, quand le DĂ©partement de la SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure a vivement recommandĂ© aux AmĂ©ricains de faire des rĂ©serves de provisions dans l’éventualitĂ© d’une attaque terroriste – notamment du ruban adhĂ©sif pour sceller les portes et les fenĂȘtres – il y a eu des commentaires impertinents, mais les ventes de ruban adhĂ©sif ont montĂ© en flĂšche. (Voir « Duct Tape Risk Communication. »)

Comme les psychologues sociaux le savent bien, les attitudes suivent le comportement beaucoup plus sĂ»rement qu’elles dĂ©terminent le comportement. Leon Festinger a inventĂ© le terme « dissonance cognitive » pour dĂ©crire le malaise des gens quand ils viennent juste de faire quelque chose qu’ils ne croient pas spĂ©cialement significatif. La dissonance cognitive mĂšne Ă  la recherche d’informations – la recherche (influencĂ©e) d’informations pour donner un sens au nouveau comportement, et donc rĂ©duire la dissonance.

Autrement dit, nous apprenons de ce que nous faisons. Si le CDC peut avoir suffisamment de gens intĂ©ressĂ©s Ă  faire des rĂ©serves d’approvisionnement, en prĂ©vision d’une pandĂ©mie Ă©ventuelle, le simple fait de passer Ă  l’acte les rendra plus attentifs aux nouvelles concernant la grippe porcine, en plus d’ĂȘtre concernĂ©s par la prĂ©paration Ă  une pandĂ©mie.

Ainsi, exhorter les gens Ă  se prĂ©parer est un deux pour un: il calme ceux dont la prĂ©occupation est excessive, et rĂ©veille ceux dont la prĂ©occupation est insuffisante. Sans parler des avantages d’avoir les bons articles en main, s’il devient dangereux de sortir en public, ou si les lignes d’approvisionnement sont perturbĂ©es et que les denrĂ©es ne sont plus disponibles.

Messagerie pré-pandémique

Comme le Dr Besser ne cesse de rĂ©pĂ©ter Ă  juste titre, nous sommes actuellement dans un stade « prĂ©-pandĂ©mique ». L’Organisation mondiale de la santĂ© a fait augmenter la Phase 3 Ă  la Phase 4 de la pandĂ©mie le lundi, et elle a estimĂ© augmenter de nouveau Ă  la Phase 5 de bonne heure aujourd’hui (mercredi), et elle a annoncĂ© ensuite qu’elle Ă©tait « proche », mais pas tout Ă  fait rendue, puis a rĂ©examinĂ© plus tard aujourd’hui et a dĂ©clarĂ© la Phase 5. La Phase 6 est une vĂ©ritable pandĂ©mie.

En annonçant ce grand changement important, la Directrice gĂ©nĂ©rale de l’OMS, Margaret Chan, a suivi le mĂȘme scĂ©nario que le CDC a suivi. On lui a demandĂ© Ă  maintes reprises ce que les individus peuvent faire, ou devraient faire, pour se protĂ©ger eux-mĂȘmes ainsi que leurs familles. Elle a rĂ©pondu que les gens Ă  GenĂšve, souvent se pincent la joue trois fois, et suggĂšrent qu’il est peut-ĂȘtre temps de mettre fin Ă  cette situation pendant un certain temps. L’hygiĂšne et la distanciation sociale; lavez-vous les mains; restez Ă  la maison quand vous ĂȘtes malade. C’est un bon conseil. Mais la recommandation de l’OMS pour la Phase 5 appelle cela « un signal fort qu’une pandĂ©mie est imminente et qu’il est temps de finaliser l’organisation, la communication et la mise en oeuvre des mesures de mitigation est cours. » Cela devrait signifier plus pour les individus et les familles que des restrictions d’étreintes volontaires.

Il peut s’avĂ©rer n’y avoir aucun rĂ©el besoin pour les individus et les familles de commencer Ă  se prĂ©parer immĂ©diatement. Nous aurions pu rester en Phase 5 pendant des semaines ou des mois. Ou nous pourrions progresser vers la Phase 6 de la pandĂ©mie qui Ă©tait assez lĂ©gĂšre pour ĂȘtre perceptible seulement par des professionnels.

Notre rĂ©flexion sur les pandĂ©mies a Ă©tĂ© conditionnĂ©e par le virus H5N1, le virus de la grippe aviaire qui a tuĂ© plus de la moitiĂ© des personnes qu’il a infectĂ©es. Nous avons pris l’habitude de supposer que toute pandĂ©mie serait une pandĂ©mie catastrophique. 1918 a Ă©tĂ© vraiment catastrophique, mĂȘme si son taux de mortalitĂ© Ă©tait seulement de 2.3 pour cent – plus bas que le taux vraisemblable du H1N1 au Mexique Ă  ce jour (sans parler du taux effroyable du H5N1). Les deux autres pandĂ©mies du vingtiĂšme siĂšcle, celles de 1957 et 1968 ont Ă©tĂ© lĂ©gĂšres, pas catastrophiques; pour la plupart des non-professionnels, il s’est agit d’évĂ©nements qui n’ont pas eu lieu. La pandĂ©mie de 2009 pourrait ĂȘtre tout aussi lĂ©gĂšre.

Ou elle pourrait ĂȘtre catastrophique. Ou quelque part entre les deux.

Donc, la question clĂ© est quoi dire Ă  la population quand une pandĂ©mie peut ĂȘtre imminente, mais qui peut toujours ne pas aboutir ou rester en veilleuse ou s’avĂ©rer anticlimatiquement lĂ©gĂšre.

Il y a deux ans, mon Ă©pouse et collĂšgue Jody Lanard, et moi-mĂȘme avons essayĂ© de rĂ©pondre Ă  cette question dans une l-o-n-g-u-e rubrique en quatre parties intitulĂ©e “What to Say When a Pandemic Looks Imminent: Messaging for WHO Phases Four and Five.” – « Quoi dire quand une pandĂ©mie semble imminente: message de l’OMS Phases Quatre et Cinq. » Nous Ă©crivions pour le moment prĂ©sent. Mais nous avons aussi essayĂ© d’influencer le message en cas de pandĂ©mie qui ne soit pas imminente, en essayant de persuader les autoritĂ©s de faire le bon plaidoyer de prĂ©caution pour la pandĂ©mie, dans le but qu’il soit un peu plus facile de faire de la bonne communication de crise pour la pandĂ©mie maintenant. Nous avons espĂ©rĂ©, et avons dit que « travailler sur vos messages en attente pour les phases 4 et 5 de l’OMS pourrait vous aider Ă  dĂ©cider d’ĂȘtre plus offensif aujourd’hui, au cours de la Phase 3 de l’OMS. » Nous avons reçu le mauvais virus – nous avions anticipĂ© un H5N1 pandĂ©mique « grippe aviaire » – mais qui affecte trĂšs peu les messages.

La rubrique analyse en dĂ©tails complexes ce que signifie alerter le public… et ce que signifie communiquer avec un public de plus en plus Ă©veillĂ© et de plus en plus effrayĂ©. Le cƓur de la rubrique se trouve dans les Parties 2 et 3, oĂč nous exposons 25 messages spĂ©cifiques, ainsi que les raisonnements de la communication de risque derriĂšre eux.

Voici les titres de ces 25 messages. (Les messages eux-mĂȘmes sont beaucoup plus longs.)

1. Cela ressemble à une pandémie de grippe sur le point de se déclencher.

2. Il n’est plus question des oiseaux Ă  prĂ©sent.

3. Il s’agit d’un nouvel avertissement, plus urgent que tout autre avertissement jusqu’à date.

4. Les experts ne sont pas encore certains.

5. Nous ne savons pas Ă  quel point ce sera grave.

6. Voici ce que nous savons jusqu’à prĂ©sent sur la gravitĂ© de la question.

7. Ce peut ĂȘtre grave. La sociĂ©tĂ© survivra, mais ce peut ĂȘtre trĂšs grave.

8. Nous pouvons avoir une longue pĂ©riode d’opportunitĂ©s pour faire certains prĂ©paratifs pratiques. Nous devons tirer le meilleur parti de cela – mĂȘme si l’effort peut avoir Ă©tĂ© inutile si une pandĂ©mie grave ne se produit pas.

9. Ce qui importe le plus est de savoir comment les familles, les groupes communautaires et les entreprises se préparent.

10. Les préparatifs individuels et communautaires se concentreront sur trois objectifs: réduire le risque de chaque personne de tomber malade, en aidant les familles avec des besoins de survie élémentaires en cas de pandémie, et en réduisant au minimum et en faisant face au plus grand bouleversement de la société.

11. La distanciation sociale sera importante, mais désagréable.

12. La fermeture des écoles présentera un dilemme de distanciation sociale difficile.

13. Le lavage des mains est loin d’ĂȘtre une panacĂ©e. Mais il est facile, est sous votre contrĂŽle et ne prĂ©sente pas d’inconvĂ©nients.

14. Comme se laver les mains, le port d’un masque peut aider un peu. Mais il prĂ©sente plus d’inconvĂ©nients que le lavage des mains.

15. Se prĂ©parer Ă  une pandĂ©mie est en grande partie se prĂ©parer Ă  d’éventuelles pĂ©nuries.

16. Il est probablement trop tard pour faire beaucoup de réserves maintenant, mais faites ce que vous pouvez.

17. C’est aussi le moment de rĂ©flĂ©chir Ă  la façon dont vous devrez vous occuper d’un ĂȘtre cher Ă  la maison.

18. Pour réussir à passer au-travers les temps difficiles qui peuvent survenir, nous aurons besoin de bénévoles. Comment pouvez-vous aider?

19. Si la pandĂ©mie est grave, le travail le plus difficile ne sera pas de faire face Ă  la maladie elle-mĂȘme. Ce sera de maintenir les denrĂ©es essentielles en circulation et les services, et de maintenir l’ordre civil.

20. Voici ce que le gouvernement va faire


21. Essayez de ne pas décrocher [tout abandonner]. Essayez de ne pas réagir de façon excessive.

22. MĂȘme si nous espĂ©rons que les Ă©meutes, les paniques et autres types de troubles civils ne seront pas communs, il est important d’ĂȘtre sur ses gardes.

23. Nous entrons dans cette crise pandĂ©mique, dĂ©terminĂ©s Ă  ĂȘtre francs. Cela signifie que vous pouvez vous attendre Ă  de mauvaises nouvelles, Ă  des changements politiques dĂ©routants, Ă  des opinions et des informations contradictoires.

24. Écoutez les rĂ©cits de ce qui s’est passĂ© en 1918, et les conjectures de ce que la prochaine pandĂ©mie peut ĂȘtre.

25. Voici quelques informations supplĂ©mentaires que vous pourriez vouloir connaĂźtre
 Voici comment vous pouvez obtenir plus d’informations
 Voici comment vous pouvez nous donner vos commentaires et vos suggestions.

Si vous aimez ces titres, lisez la rubrique. Si vous dĂ©testez les titres, lisez dĂ©finitivement la rubrique. Vous pouvez toujours dĂ©cider que c’est la voie de la base – beaucoup de fonctionnaires ont dĂ©cidĂ© cela cette semaine, – mais regardez plutĂŽt ce que Jody et moi-mĂȘme avons Ă  dire et prenez vos propres dĂ©cisions.

Peter Sandman

Chers lecteurs, nous modifions actuellement, et durant tout le week-end, la plateforme de Mecanopolis. Cela risque d’entraĂźner quelques interruptions du site. Nous vous prions de nous en excuser. Cette page d’information continuera sur :

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juin 03 2009

De l’abĂątardissement des masses occidentales par la culture amĂ©ricaine

Par Régis Mex

« Tu seras solitaire parce que la culture est aussi une prison. »
Aldous Huxley

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Souvent, nous sommes habituĂ©s Ă  n’envisager que les menaces que nous percevons dans notre environnement extĂ©rieur. Nous craignons souvent que nos sociĂ©tĂ©s occidentales soient surclassĂ©es par les nouvelles puissances orientales, que des tensions ne nous prĂ©cipitent dans un conflit avec une faction Ă©trangĂšre, que nos Ă©lites financiĂšres et politiques ne nous envoient elles-mĂȘmes dans le gouffre. Nous mĂ©prisons, et Ă  juste titre, les guerres quelles qu’elles soient et ceux qui les provoquent. Mais nous sous-estimons trop souvent l’ampleur dĂ©vastatrice de ce que les amĂ©ricains appellent le « soft power », qui est dĂ©fini comme la capacitĂ© d’un acteur politique – comme un État, une firme multinationale, une ONG, une institution internationale (comme l’ONU ou le FMI) voire un rĂ©seau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) – d’influencer indirectement le comportement d’un autre acteur ou la dĂ©finition par cet autre acteur de ses propres intĂ©rĂȘts Ă  travers des moyens non coercitifs (structurels, culturels ou idĂ©ologiques). Cette sĂ©duction du citoyen par des moyens culturo-idĂ©ologiques, que son effet soit perçu consciemment ou non, est principalement encouragĂ©e par les Etats-Unis, et ce de façon croissante depuis une trentaine d’annĂ©es.

Le problĂšme est que la culture que nous vendent les amĂ©ricains est souvent des plus… infectes. Et plus elle l’est, mieux elle semble passer auprĂšs de la moyenne du public europĂ©en, les jeunes Ă©tant les plus concernĂ©s. Au fur et Ă  mesure que nos sociĂ©tĂ©s « s’amĂ©ricanisent », nous sommes non seulement plus vulnĂ©rables Ă  la perte de notre identitĂ© nationale et de nos valeurs sĂ©culaires, mais la gangrĂšne intellectuelle qui rĂšgne aux Etats-Unis nous contamine de Ă©galement de plus en plus gravement. Voici le rĂ©sumĂ© semi-amusant semi-inquiĂ©tant d’une Ă©tude Ă  propos du niveau moyen de gĂ©ographie des jeunes amĂ©ricains :

DĂ©pĂȘche de l’AFP du 3 mai 2006 :

« La majoritĂ© des jeunes AmĂ©ricains sont nuls en gĂ©ographie et sont incapables, par exemple, de situer l’Irak sur une carte, selon une Ă©tude effectuĂ©e pour la revue National Geographic.

Cette Ă©tude, rĂ©alisĂ©e par l’Institut Roper auprĂšs de 510 jeunes ĂągĂ©s de 18 Ă  24 ans, montre Ă©galement que les jeunes AmĂ©ricains connaissent assez mal leur propre pays, la moitiĂ© d’entre eux Ă©tant incapables d’identifier sur une carte New York ou l’Etat de l’Ohio et 30% estimant que les Etats-Unis comptent entre 1 milliard et 2 milliards d’habitants.

La moitiĂ© des personnes interrogĂ©es estiment qu’il est « important mais pas absolument nĂ©cessaire » de savoir situer un pays ou de parler une langue Ă©trangĂšre, a indiquĂ© l’Institut Roper mardi. La majoritĂ© des personnes interrogĂ©es, a Ă©galement relevĂ© l’Institut, ne se montrait pas prĂ©occupĂ©e par ces lacunes en gĂ©ographie.

Alors que des soldats amĂ©ricains se trouvent en Irak depuis mars 2003 et que ce pays fait la Une des mĂ©dias amĂ©ricains depuis maintenant plus de trois ans, 63% des personnes interrogĂ©es sont incapables de situer ce pays sur une carte. 75% ne savent pas non plus oĂč se trouvent IsraĂ«l et l’Iran. »

La situation intellectuelle et culturelle aux Etats-Unis est malheureusement bien plus grave encore que ce que montre cet article. Pour ceux qui comprennent l’anglais, la vidĂ©o ci-dessous oĂč des amĂ©ricains sont interrogĂ©s au hasard dans la rue est Ă©loquente :

Quant Ă  l’enseignement primaire et secondaire, qui est l’un des plus mauvais du monde (il y a en fait un grand contraste avec l’enseignement universitaire amĂ©ricain, qui, lui, est rĂ©putĂ© excellent) et dont la qualitĂ© a souffert d’une dĂ©gradation stupĂ©fiante sous la prĂ©sidence de George Bush. Voici un graphique tirĂ© de Zeitgeist et quelques chiffres :

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« Au dĂ©but des annĂ©es 1980, l’enseignement primaire et secondaire souffrait de graves dĂ©fauts : le niveau des Ă©lĂšves Ă©tait plutĂŽt mauvais et la violence faisait partie du quotidien. Les inĂ©galitĂ©s liĂ©es au statut social et Ă  l’origine ethnique Ă©taient trĂšs marquĂ©es. On accusait frĂ©quemment le corps professoral pour ces mauvais rĂ©sultats. C’est le rapport Nation at Risk (1983) qui fait prendre conscience des Ă©checs du systĂšme Ă©ducatif amĂ©ricain. »

« En 2000, 68 millions d’amĂ©ricains Ă©taient scolarisĂ©s. En 1967, la moitiĂ© des adultes avaient fait des Ă©tudes secondaires ; le chiffre est passĂ© Ă  61 % en 2000, 61% des adultes avaient fait des Ă©tudes secondaires. »

Qui plus est, comme nous l’avons dit prĂ©cĂ©demment, l’adoption de la culture amĂ©ricaine par les pays europĂ©ens leur font petit Ă  petit perdre leur identitĂ©, du fait qu’ils intĂšgrent des Ă©lĂ©ments d’une culture Ă©trangĂšre mais ne redynamisent pas la leur pour qu’elle puisse s’imposer tant sur le sol national qu’au niveau international. Elle a donc tendance Ă  mourir Ă  petit feu, en emportant avec elle une certaine partie de l’Ăąme du pays dont elle provient. En atteste cet article de Vigile.net:

« La nouvelle a Ă©tĂ© sur toutes les lĂšvres depuis que le magazine Time en a fait l’annonce : la culture française dĂ©cline. La littĂ©rature française n’a plus d’impact, quasiment nulle en littĂ©rature, guĂšre plus, tout bien pesĂ©, que son théùtre ou son cinĂ©ma. Et l’article Ă©nonce son verdict. La culture française dĂ©cline car elle est dĂ©sormais indigne d’intĂ©rĂȘt.

Le Time magazine a aussi fait ample Ă©cho au cours de l’annĂ©e Ă  la fameuse scĂšne lors du Miss America Pageant. On a demandĂ© Ă  une concurrente, miss Upton, comment se faisait-il que les AmĂ©ricains, dans leur vaste majoritĂ©, Ă©taient incapables de situer les Etats-Unis d’AmĂ©rique sur une carte.

« C’est sans doute parce qu’ils n’ont pas de carte », a-t-elle rĂ©pondu.

On pourrait ajouter au commentaire de la belle madame Upton : « S’ils jugent indignes d’intĂ©rĂȘt de situer leur pays sur une mappemonde, ils ne doivent pas trouver d’Ă©nergie supplĂ©mentaire pour apprĂ©cier la culture française. »

Il faut noter Ă©galement que le prototype de sensibilitĂ© a changĂ© depuis trente ans et que cela touche aussi le cinĂ©ma. À force d’ĂȘtre hyper-stimulĂ©, le public a perdu des façons plus subtiles de percevoir. On a fait une expĂ©rience par exemple en prĂ©sentant de vieux films de Jean-Luc Godard Ă  de jeunes publics de vingt Ă  trente-deux ans. Tous habituĂ©s aux jeux vidĂ©o, aux sonogrammes qui signalent les bons coups dans les joutes, aux trames sonores des films, plusieurs se dirent effarĂ©s par les silences utilisĂ©s par ce cinĂ©aste. »

C’est dans ce contexte de surstimulation que le Time annonce le dĂ©clin de la culture française. L’auteur de l’article a presque l’air de s’en fĂ©liciter comme si aprĂšs la dinde on ne pouvait pas souhaiter mieux. »

« Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne. »

Aldous Huxley

Une chose est sĂ»re : la dignitĂ© humaine la plus Ă©lĂ©mentaire n’est pas innĂ©e chez tout un chacun, et le seul moyen d’y remĂ©dier en partie est de vivifier la vie intellectuelle de son pays et en ressuscitant la culture en lui donnant de nouvelles formes de noblesse. Mais comme tout le monde le sait, c’est l’inverse qui a lieu. La culture Ă©mane bien plus, de nos jours, des multinationales que des initiatives d’un État et de ses intellectuels. De fait, celle-ci se rĂ©sume au « McDonald and Coca-Cola’s way of life ». Elle ne se contente pas seulement de faire perdre au citoyen les sens plus subtils que les cinq organiques, mais s’applique Ă©galement Ă  atrophier ces derniers en encourageant les gens Ă  manger de plus en plus mal, ce qui rend leur santĂ© plus fragile pour le plus grand bonheur des industries pharmaceutiques et leur personnalitĂ© plus grossiĂšre encore. On est ce que l’on pense tout comme on est ce que l’on mange.

En outre, les nouvelles gĂ©nĂ©rations semblent de plus en plus apprĂ©cier de faire vanitĂ© de leurs vices, et adopter les aspects les plus grossiers et Ă©goĂŻstes de l’homme comme seule rĂ©alitĂ© de l’existence. Le rejet des anciennes valeurs, qu’elles soient liĂ©es Ă  la hiĂ©rarchie dans la famille ou Ă  la religion, est le principal responsable de cela. Certaines coutumes ridicules disparaissent Ă  juste titre, mais les valeurs conduisant au respect, Ă  la luciditĂ©, Ă  la volontĂ© de dĂ©passement de soi-mĂȘme et autre ont aussi fortement tendance Ă  subir cet aveugle processus. Le mouvement de masse n’est effectivement pas dotĂ© d’assez de subtilitĂ© pour distinguer ce qui est bon de ce qui ne l’est pas, et se contente de rejeter tout en bloc parce qu’il assimile certains Ă©lĂ©ments d’une mentalitĂ© au restant de tous les aspects de cette derniĂšre. Il se bĂątit ensuite sur les valeurs opposĂ©es Ă  celles qu’il a dĂ©truit.

DĂ©sormais, on ne respecte plus celui qui aime connaĂźtre et comprendre les choses de la vie, mais on le discrĂ©dite et le craint, car le mouvement de masse considĂšre comme plus appropriĂ© de profiter seulement de l’excitation des sens que procure certaines choses de la vie. De fait, on passe du rĂ©flĂ©chi au pur ressenti, et on tente d’accentuer ce dernier de la façon la plus forte et la plus grossiĂšre qui soit, c’est-Ă -dire en recourant aux alcools et aux drogues pour pimenter les joies d’une existence qui s’avĂšre dĂšs lors bien inutile…

La discipline, la pudeur et la sagesse sont abandonnĂ©es au profit de ce qui procure plus de sensations. Les chances d’accĂ©der Ă  la sagesse et Ă  une attitude digne sont elles-mĂȘmes rĂ©duites Ă  nĂ©ant par la destruction des facultĂ©s plus subtiles de percevoir les rĂ©alitĂ©s du monde, puisqu’on ne considĂšre dĂ©sormais plus que ce qui est purement tangible et matĂ©riellement accessible, soit ce que l’on peut voir, toucher, sentir, entendre et goĂ»ter comme seule rĂ©alitĂ©.

Les gĂ©nĂ©rations passĂ©es considĂ©raient volontiers l’argent comme source premiĂšre de pouvoir, mĂȘme si l’on peut se demander avec justesse quelle importance a le moyen d’avoir du pouvoir si l’on ne dispose pas des connaissances appropriĂ©es pour savoir comment bien s’en servir. Or, les jeunes d’aujourd’hui semblent se sentir peu concernĂ©s par les dignes perspectives d’avenir ; leur personnalitĂ© est si affaiblie par leur environnement extĂ©rieur que la majoritĂ© d’entre eux est plus que jamais disposĂ©e Ă  embrasser une mentalitĂ© d’esclave. Ce n’est pas tant que la volontĂ© de pouvoir leur manque, mais ils sont tellement perdu dans le tourbillon de leurs sens qu’ils n’ont aucune idĂ©e de ce qu’avoir sa destinĂ©e en main signifie vraiment.

« Ce n’est pas un gage de bonne santĂ© que d’ĂȘtre bien intĂ©grĂ© dans une sociĂ©tĂ© profondĂ©ment malade.« 

J.Krishnamurti

Les nouveaux courants culturels sont Ă©galement nombreux Ă  rĂ©clamer plus de « libertĂ© ». AprĂšs tout, ne sommes-nous pas en dĂ©mocratie ? Mais qu’est-ce au juste que la libertĂ© ? D’aprĂšs le Larousse 2007, la libertĂ© est l’Ă©tat de quelqu’un qui n’est pas soumis Ă  la servitude, et peut donc agir sans entraves. Mais ne naĂźt-il pas un certain danger en officialisant une dĂ©finition aussi vague ?

En effet, si les conditions dans lesquelles nous nous sentons libres sont celles oĂč nous pouvons faire ce que nous voulons, exaucer le moindre de nos dĂ©sirs, peut-on considĂ©rer qu’une telle libertĂ© appliquĂ©e chez tous aura des effets bĂ©nĂ©fiques sur la sociĂ©tĂ© ? Il paraĂźt clair que non, car cette « libertĂ© » serait synonyme de chaos et conduirait rapidement Ă  une forme de servitude des plus perverses.

Comme le dit le dicton populaire « ta libertĂ© s’arrĂȘte lĂ  oĂč commence celle d’autrui », on ne peut plus parler de libertĂ© si l’exercice des dĂ©sirs d’une personne empĂȘche un autre individu d’ĂȘtre en condition de garder son confort et sa propre libertĂ©. Pour prendre un exemple simple, on ne pourra pas parler d’exercice de la libertĂ© si un habitant empĂȘche son voisin de dormir en faisant hurler de la musique en pleine nuit pour contenter son simple plaisir.

Il paraĂźt donc bien plus rĂ©aliste de dire que la libertĂ© est la facultĂ© qui permet Ă  un individu de faire des choix qui permettent la satisfaction des besoins qui garantissent sa dignitĂ©, tout en respectant la dignitĂ© d’autrui. Karl Jaspers disait que « Lorsqu’on mutile la libertĂ© de l’homme, cette libertĂ© que Dieu a créée et qui se rapporte Ă  lui, on mutile prĂ©cisĂ©ment ce par quoi Dieu, indirectement, s’annonce. ». Il n’en reste pas moins que des conditions d’existence aussi fragiles sont difficiles Ă  faire appliquer au plus grand nombre…

Et c’est bien parce que cette difficultĂ© relĂšve carrĂ©ment de l’impossibilitĂ© que notre sociĂ©tĂ© est plongĂ©e dans un plus grand chaos civil qu’autrefois. La majoritĂ© des gens confondent malheureusement les deux façons d’aborder la libertĂ© que nous avons citĂ©es ; une libertĂ© plus chaotique et Ă©goĂŻste, et une autre respectueuse des lois de la vie et de son entourage, qui est la seule qui soit digne de porter le nom de libertĂ©. Une libertĂ© qui a pour seul objectif la satisfaction sans entraves de tous les dĂ©sirs de l’individu n’est effectivement pas une libertĂ©, mais une forme de servitude. En effet, en s’habituant Ă  rĂ©pondre systĂ©matiquement Ă  leurs moindres envies sans considĂ©ration morale, les gens qui agissent ainsi deviennent esclaves d’eux-mĂȘmes, de leurs propres pulsions. Ainsi, en plongeant dans l’esclavage du dĂ©sir et de l’Ă©goĂŻsme, ils deviennent de plus en plus incapables d’avoir recours Ă  des façons plus subtiles de percevoir que les cinq sens, telles que la rĂ©flexion, l’empathie ou l’intuition.

Dans leur addiction, ils exigent de plus en plus de « libertĂ©s », qui les rendront encore plus esclaves d’eux-mĂȘmes, alors qu’ils ne se sont mĂȘme pas attachĂ©s Ă  cultiver leurs libertĂ©s fondamentales, comme le disait Sören Kierkegaard : « Que les gens sont absurdes ! Ils ne se servent jamais des libertĂ©s qu’ils possĂšdent, mais rĂ©clament celles qu’ils ne possĂšdent pas ». Mais puisqu’ils ont de la libertĂ© la dĂ©finition qu’elle est ce qui permet d’agir sans entraves, ils se pensent libres. Or, comme le disait Johann Wolfgang Von Goethe, « Nul n’est plus dĂ©sespĂ©rĂ©ment esclave que celui qui croit le plus faussement ĂȘtre libre ». Alors, ces « esclaves » empoisonnent la sociĂ©tĂ© qui devient de plus en plus chaotique au fur et Ă  mesure qu’elle est rongĂ©e par ce type de pensĂ©e. Ces nouveaux « esclaves » sont si dĂ©connectĂ©s des rĂ©alitĂ©s du monde et de la nature qu’un profond malaise finit par accompagner leur existence dĂ©pravĂ©e, malaise qui s’exprime par de nouveaux faits de criminalitĂ© et de dĂ©linquance de mĂȘme qu’une consommation accrue de drogues et d’alcools dans l’optique d’Ă©chapper aux souffrances causĂ©es par sa propre perdition au lieu de les affronter.

Ces conditions sont alors un terreau fertile Ă  l’Ă©tablissement d’une dictature implicite. Les « esclaves » sont perdus dans une cĂ©citĂ© si profonde et une bestialitĂ© telle qu’ils n’ont cure des problĂšmes de leur pays et encore moins de ceux du monde. Ils se contentent alors de faire tourner le moteur de la sociĂ©tĂ© de consommation en achetant de façon compulsive une quantitĂ© de choses dont la majoritĂ© d’entre elles ne servira qu’Ă  les pousser encore plus profondĂ©ment dans le matĂ©rialisme dans lequel ils se confortent et dont ils ne veulent surtout pas sortir car il serait trop douloureux de prendre conscience qu’ils ont bĂąti leur vie sur une erreur. Repoussant par instinct de survie tout ce qui pourrait le leur faire apparaĂźtre clairement, ils deviennent plus mallĂ©ables que jamais par tous les dĂ©cideurs en matiĂšre de politique et d’Ă©conomie qui emmĂšnent ce troupeau dans le sens qu’ils dĂ©sirent en lui promettant de conserver son innocence en n’inondant les moutons qui constituent ce troupeau que de mensonges qui concordent avec leur simplicitĂ© d’esprit. AndrĂ© Maurois disait que « Les abus de la libertĂ© tueront toujours la libertĂ© ». Un dictateur bien connu, Benito Mussolini, avait lui-mĂȘme dĂ©clarĂ© « Il y a des libertĂ©s ; la libertĂ© n’a jamais existĂ© ». RabindranĂ th Tagore, lui, a dit tout aussi justement que « Il est aisĂ© d’Ă©craser, au nom de la libertĂ© extĂ©rieure, la libertĂ© intĂ©rieure de l’homme ». Platon Ă©crivait dĂ©jĂ  Ă  son Ă©poque, dans « La RĂ©publique », que « si les citoyens n’ont plus de respect envers la sociĂ©tĂ© dans laquelle ils vivent, si les enfants ne respectent plus l’autoritĂ© de la hiĂ©rarchie familiale, alors, un pas dĂ©cisif vers la tyrannie a Ă©tĂ© franchi ».

« Les consĂ©quences de nos actions sont des Ă©pouvantails pour les lĂąches, et des rayons de lumiĂšre pour les sages. »

Aldous Huxley

Pour ce qui est de l’enseignement, il semble que ceux qui en ont la responsabilitĂ© soient dĂ©sireux d’Ă©tablir un certain fossĂ© entre l’enseignement primaire/secondaire et l’enseignement supĂ©rieur. L’Ă©cart s’agrandit donc entre les 15% de la population qui ont eu accĂšs Ă  des Ă©tudes universitaires et les 85 autres %, ce qui contribue Ă  faciliter la domination implicite ou explicite des 15% sur les 85%. En effet, cette majoritĂ© de la population aura Ă©tĂ© bien peu Ă©duquĂ©e lors de leurs Ă©tudes secondaires, car mĂȘme dans la section gĂ©nĂ©rale, le programme proposĂ© est plus infantilisant qu’instructif. Ainsi, nombre d’Ă©lĂšves qui terminent leurs humanitĂ©s Ă  18 ans restent trĂšs insuffisamment formĂ©s Ă  la citoyennetĂ© et ont un niveau de culture mĂ©diocre, car les programmes scolaires n’ont jamais prĂ©tendu les Ă©duquer sur ces sujets pourtant importants, mais avaient plutĂŽt pour objectif d’en faire de bonnes machines Ă  travailler rĂ©ceptives aux attentes de l’État et des entreprises. Seuls ceux qui se sont cultivĂ©s sur le cĂŽtĂ© et ceux qui ont eu accĂšs par la suite Ă  des Ă©tudes universitaires ont pu atteindre un bon niveau d’instruction. MalgrĂ© tout, le niveau de notre enseignement reste l’un des plus Ă©levĂ©s au monde… Et c’est presque inquiĂ©tant puisque bien peu de matiĂšres abordĂ©es contribuent rĂ©ellement Ă  construire la personnalitĂ© de l’Ă©lĂšve sur de bonnes bases. En outre, ne doutons pas que les rĂ©sultats de sondages sur les connaissances gĂ©ographiques de jeunes français ne varieraient pas significativement des mĂ©diocres rĂ©sultats amĂ©ricains… Comment pourrait-on arriver Ă  une sociĂ©tĂ© juste et bien bĂątie si 85% de la population ne comprend pas suffisamment notre sociĂ©tĂ© et n’en connaĂźt pas assez d’aspects dĂ©cisifs ? Comment faire en sorte que ces 85% de la population ne soient pas extrĂȘmement mallĂ©ables et ne se laissent toujours manipuler par les politiciens et les entreprises pour en arriver Ă  un rĂ©sultat qui rĂ©jouit ces derniers mais dĂ©savantage tout Ă  fait les gens qui leur ont permis d’en arriver lĂ  ?

« L’idĂ©alisme est la noble toge dont les hommes politiques drapent leur volontĂ© de puissance. »

Aldous Huxley

Par Régis Mex, pour Mecanopolis

mai 30 2009

Historique des événements importants de manipulation monétaire

Régis Mex

La crĂ©ation monĂ©taire par le crĂ©dit commercial est la forme la plus importante de crĂ©ation monĂ©taire et l’escompte est le mĂ©canisme qui accompagne automatiquement l’essentiel de la crĂ©ation de biens rĂ©els. Ainsi, l’Ă©quation fondamentale monnaie = richesses rĂ©elles est assurĂ©e. La crĂ©ation monĂ©taire opĂ©rĂ©e lors des opĂ©rations d’escompte est bel et bien parallĂšle Ă  la crĂ©ation de richesses rĂ©elles. Car derriĂšre toute traite Ă©mise et escomptĂ©e, il ne peut y avoir que production de biens. Par ce biais, d’un cĂŽtĂ© on met donc en circulation les produits pendant que de l’autre cĂŽtĂ© on crĂ©e l’argent nĂ©cessaire pour les faire circuler.

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Mais cette Ă©galitĂ©, qui a toujours Ă©tĂ© au coeur de l’Ă©quilibre Ă©conomique, et qui l’est chaque jour davantage, est bien fragile. Si elle est rompue, les pires catastrophes peuvent se produire, notamment l’inflation ou la dĂ©flation. On parle d’inflation (du latin inflare, gonfler) lorsque la masse monĂ©taire augmente plus vite que la production. Il y a trop de monnaie par rapport aux biens: les prix augmentent (ou, ce qui revient au mĂȘme, la monnaie se dĂ©prĂ©cie). La dĂ©flation est au contraire une contraction, un « dĂ©gonflement » de la masse monĂ©taire. Dans ce cas, les prix baissent.

La brouette et les poireaux: l’hyperinflation allemande

L’exemple le plus spectaculaire d’inflation eut lieu dans l’Allemagne de Weimar, dans les annĂ©es 1920. Tout au long de l’aprĂšs-guerre, les prix augmentent en Allemagne plus qu’ailleurs. Au cours de l’Ă©tĂ© et de l’automne 1923, la hausse des prix connaĂźt une envolĂ©e hyperbolique. Les prix flambent de jours en jours, puis d’heure en heure. La Banque centrale allemande n’a mĂȘme pas le temps d’imprimer de nouveaux billets: on les surcharge avec des zĂ©ros supplĂ©mentaires Ă  coups de tampon. Les mĂ©nagĂšres vont faire les courses avec des brouettes remplies de billets et reviennent avec quelques poireaux. Les ouvriers sont payĂ©s deux fois par jour: ainsi, Ă  midi, ils peuvent faire quelques courses et Ă©viter l’inflation de l’aprĂšs-midi.

On raconte l’histoire d’un journaliste amĂ©ricain arrivant en Allemagne: il n’a qu’un dollar en poche et dĂ©sire dĂźner. Il entre dans un restaurant et demande si on peut lui servir quelque chose pour un dollar. On lui sert un repas gargantuesque. AprĂšs le dessert, alors qu’il est en train de fumer un cigare, il est surpris de voir le garçon lui apporter une entrĂ©e. ÉtonnĂ©, il demande la raison de cette prolongation curieuse de son repas. « Le dollar vient encore d’augmenter », rĂ©pondit simplement le garçon. Les chiffres parlent d’eux-mĂȘmes. En 1919, 1 dollar valait 14 marks. Fin novembre 1923, ce mĂȘme dollar valait la bagatelle de 4 200 000 000 000 marks. Oui, vous avez bien lu: quatre mille deux cent milliards de marks !

Étalon monĂ©taire ou talon d’Achille ? (Les problĂšmes monĂ©taires internationaux)

Admettons que, grĂące Ă  la puissance de l’État et Ă  sa crĂ©dibilitĂ©, une monnaie soit acceptĂ©e et utilisĂ©e dans un pays. Mais que se passe-t-il dĂšs qu’on sort des frontiĂšres et qu’on achĂšte ou vend des produits Ă  l’Ă©tranger ? Il est Ă©vident qu’un vendeur ne voudra accepter un paiement que s’il est effectuĂ©e dans sa monnaie, la seule qu’il connaisse. L’acheteur, lui, n’aura pour payer que la monnaie utilisĂ©e dans son pays. Un problĂšme Ă©pineux se pose donc: celui du change.

Écartons pour le moment l’existence d’un moyen de paiement commun Ă  l’acheteur et au vendeur, ou reconnu par les deux. Cela a existĂ© et cela existe: le pĂ©trole se paie aujourd’hui en dollars, mais c’est une exception. La rĂšgle veut plutĂŽt que les contrats soient signĂ©s dans la monnaie du vendeur et que l’acheteur paie dans cette mĂȘme monnaie. Il doit donc s’adresser Ă  sa banque pour une opĂ©ration de change.

On voit immĂ©diatement la question dĂ©licate qui doit ĂȘtre rĂ©glĂ©e: quelle est la valeur de l’autre monnaie ? Dans l’histoire, on a connu trois systĂšmes rĂ©glant le problĂšme du change ou de la paritĂ© entre monnaies: l’Ă©talon-or, l’Ă©talon change or et les changes flottants.

L’Ă©talon-or

Le Royaume-Uni promulgue en 1817 le Gold Standard Act. La loi stipule que chaque livre vaut quelque 8 grammes d’or. Ce systĂšme, appuyĂ© par la domination incontestĂ©e de l’Angleterre dans les domaines Ă©conomique, monĂ©taire et financier s’Ă©tend au monde entier comme rĂ©fĂ©rence. DĂšs lors, le problĂšme du change et de la paritĂ© entre monnaies trouve une solution simple. Chaque pays possĂšde une masse monĂ©taire et un stock d’or. Le rapport masse monĂ©taire/stock d’or donne la paritĂ© or de la monnaie. Le taux de change entre monnaies est fixĂ© par une simple rĂšgle de trois: si la livre vaut 8 grammes d’or et que le franc en vaut 4, alors la livre vaut 2 francs. Enfantin.

Parité or et échanges commerciaux

Dans ces conditions, les Ă©changes se dĂ©roulent sans encombre. Imaginons que France et Angleterre aient des Ă©changes Ă©quilibrĂ©s: dans ce cas, l’entreprise anglaise qui importe demande Ă  sa banque mettons 200 francs, qui vont lui coĂ»ter 100 livres. De l’autre cĂŽtĂ© de la Manche, l’entreprise française qui importe demande 100 livres qui lui coĂ»tent 200 francs. Si les Ă©changes sont Ă©quilibrĂ©s, deux autres entrepriss expriment une demande contraire de mĂȘme montant. Dans ce cas, les banques Ă  qui les entreprises s’adressent ont exactement de quoi satisfaire les demandes en devises de leurs clients.

Imaginons qu’il n’y ait qu’une banque. Lorsque le client anglais, importateur de produits français, vient lui demander 200 francs, elle lui donne les 200 francs que le client français, acheteur de produits anglais, lui a donnĂ© pour acheter les 100 livres dont elle a besoin.

Ainsi, offre et demande de devises dans les deux pays sont identiques. Les francs restent en France et les livres en Angleterre. Les masses monĂ©taires des deux pays ne varient pas, ni leurs rĂ©serves en or. Masses monĂ©taires stables, stock d’or stables: la paritĂ© entre les deux monnaies reste la mĂȘme. Tirons-en cette conclusion: si les Ă©changes extĂ©rieurs d’un pays sont Ă©quilibrĂ©s, la paritĂ© de sa monnaie ne varie pas.

Que se passe-t-il si ce n’est pas le cas ? Simplifions: si un pays achĂšte plus qu’il ne vend, la mĂ©canique ci-dessus ne joue qu’Ă  hauteur de la partie des importations couverte par des exportations. Et le reste ? Et le dĂ©ficit ? LĂ , il n’y a qu’une possibilitĂ©: sortir de l’or. Soit pour payer le vendeur directement, soit pour acheter sa devise et le payer avec celle-ci. Mais la sanction est immĂ©diate: le pays dĂ©ficitaire a moins d’or et sa monnaie est dĂ©prĂ©ciĂ©e, dĂ©valuĂ©e. Pourquoi ? Parce ce que dans le pays il y a autant de monnaie en circulation, mais cette monnaie est dĂ©sormais garantie par moins d’or: sa paritĂ© or baisse. Et si le pays a un excĂ©dent commercial, c’est le contraire. Tirons-en cette conclusion: lorsqu’un pays a un dĂ©ficit commercial, sa monnaie se dĂ©value; lorsqu’il a un excĂ©dent, elle se réévalue.

Gardons en tĂȘte ce principe, car il est valable pour tous les systĂšmes monĂ©taires.

Punition et rééquilibrage

Ces mĂ©canismes ont un sens Ă©conomique prĂ©cis. Un pays qui a un dĂ©ficit commercial est sanctionnĂ© par la baisse de sa monnaie. ConcrĂštement, cela signifie qu’il est « puni ». Punition immĂ©diate, impitoyable. Avec la baisse de sa monnaie, tous les produits Ă©trangers lui coĂ»tent plus cher. ParallĂšlement, ses produits deviennent moins chers pour les Ă©trangers. En clair, le pays s’appauvrit. Pour avoir la mĂȘme quantitĂ© de produits Ă©trangers, il doit cĂ©der une plus grande quantitĂ© de ses produits. Son travail, ses terres, son patrimoine, toutes ses richesses sont dĂ©prĂ©ciĂ©es. Mais quelle faute est la sienne ? Une faute impardonnable: il a moins donnĂ© qu’il n’a pris aux autres: il a eu plus besoin des autres que les autres n’ont eu besoin de lui. En clair, il a vĂ©cu au-dessus de ses moyens.

C’est la dure loi du marchĂ©. Mais si le marchĂ© est dur il sait se monter magnanime. La punition de ce pays frivole est aussi le moyen de sa rĂ©demption. S’il comprend la leçon et sait en tenir compte, tout devrait rentrer dans la normalitĂ©. Les produits Ă©trangers sont devenus plus chers ? Qu’Ă  cela ne tienne: le pays devra en consommer moins. Ses produits sont devenus moins chers ? Tant mieux: il pourra en vendre plus. Ainsi, si la logique est respectĂ©e, la balance commerciale devrait se rééquilibrer.

Au cours de la PremiĂšre Guerre mondiale, le systĂšme de l’Ă©talon-or, qui s’Ă©tait bĂąti au XIXe siĂšcle autour de la puissance britannique, vole en Ă©clats et un autre systĂšme se met en place.

Des monnaies pivots

Les pays europĂ©ens ont connu au cours de la guerre, en sus des autres, un double malheur monĂ©taire: leurs masses monĂ©taires, exagĂ©rĂ©ment gonflĂ©es par le recours massif des États au crĂ©dit, ont littĂ©ralement explosĂ©. ParallĂšlement, leurs stocks d’or ont fondu. Les AmĂ©ricains avaient beau ĂȘtre les alliĂ©s de la France et de l’Angleterre, ils n’acceptaient en paiement de leurs armes, de leur nourriture et de leurs marchandises que de l’or en barres. Au dĂ©but des annĂ©es 1920, la vĂ©ritĂ© apparaĂźt dans toute sa cruautĂ©: les deux tiers de l’or mondial qui, avant la guerre, se trouvait en Europe sont dĂ©sormais aux États-Unis. En Europe, il ne reste que la moitiĂ© de l’or de 1914, mais les masses monĂ©taires sont multipliĂ©es par sept ! Dans ces conditions, plus question d’Ă©talon-or (sauf pour les États-Unis, bien sĂ»r).

Une drĂŽle de confĂ©rence monĂ©taire se tient Ă  GĂȘnes en 1922, qui va donner naissance Ă  un drĂŽle de systĂšme. Á GĂȘnes, les AmĂ©ricains sont absents. Depuis la victoire des rĂ©publicains aux Ă©lections, le mot d’ordre est Ă  l’isolationnisme: les affaires du monde ne les intĂ©ressent plus. Á l’inverse, la Russie soviĂ©tique est lĂ , on se demande pourquoi. Dans le dĂ©sarroi ambiant, on imagine un systĂšme palliant l’impossibilitĂ© de bon nombre de pays de revenir Ă  la paritĂ© or et Ă  la convertibilitĂ© de leur monnaie: ils n’ont qu’Ă  utiliser les devises convertibles en or comme garantie et Ă©talon de valeur de leur monnaie. Ainsi, toutes les monnaies se trouvent rattachĂ©es Ă  l’or; certaines directement, d’autres indirectement, en passant par des monnaies pivots.

C’est ce systĂšme qu’on appelle alors l’Ă©talon change or (Gold Exchange Standard). Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce systĂšme bĂątard ne satisfait personne. Surtout pas la France et l’Angleterre qui, ayant gagnĂ© la guerre et Ă©tant Ă  la tĂȘte de deux empires coloniaux s’Ă©tendant sur la planĂšte entiĂšre, se voyaient mal ravalĂ©es au rang de puissances monĂ©taires de banlieue. LĂ©nine n’avait-il pas d’ailleurs dit: « La dĂ©valuation est l’arrĂȘt de mort du capitalisme ? ». Et la dĂ©valuation Ă©tait bien lĂ . La livre et le franc n’Ă©taient que l’ombre de ce qu’elles Ă©taient en 1914.

« La dĂ©cision la plus catastrophique »

Dans le systĂšme de GĂȘnes, tout pays en ayant les moyens pouvait revenir Ă  la convertibilitĂ© de sa monnaie. L’Ă©goĂŻsme et la prĂ©tention des vainqueurs fit le reste. En 1925, Churchill dĂ©crĂ©ta le retour de la livre Ă  la paritĂ© or et, qui plus est, avec la mĂȘme valeur qu’en 1914. J.K. Galbraith devait dire que ce fut « la dĂ©cision la plus radicalement dĂ©sastreuse des temps modernes en matiĂšre monĂ©taire ».

Un tel jugement mĂ©rite quelques explications. Pour revenir Ă  la paritĂ© or de 1914, le gouvernement britannique a dĂ» pratiquer une politique durement dĂ©flationniste. Compte tenu de la situation anglaise de l’aprĂšs-guerre, cela signifiait « dĂ©gonfler » la masse monĂ©taire, la rĂ©duire. Comment s’y est-il pris ? En augmentant les taux d’intĂ©rĂȘt d’abord, en pratiquant un strict Ă©quilibre budgĂ©taire ensuite, c’est-Ă -dire en limitant les dĂ©penses de l’État et en augmentant les recettes, ce qui veut dire alourdir impĂŽts et taxes. Socialement, cette politique s’est traduite par des conflits sociaux trĂšs durs, notamment la cĂ©lĂšbre grĂšve des mineurs de 1926, le conflit le plus ravageur de l’histoire britannique. Mais le jugement sĂ©vĂšre de Galbraith sous-entend que la dĂ©cision de Churchill eut un impact bien plus dĂ©vastateur encore que cela.

Probablement faut-il chercher lĂ  une des causes essentielles d’une des crises les plus dramatiques de l’histoire: la crise de 1929. L’attachement Ă  la paritĂ© or des monnaies fut en effet le dogme le mieux partagĂ© des annĂ©es 1920. Les États-Unis s’y sont tenus avec rigueur, les Anglais y ont sacrifiĂ© leur croissance dĂšs 1925 et la France n’a pas Ă©tĂ© en reste publique dĂšs 1926 elle s’est lancĂ©e dans la mĂȘme politique aboutissant au retour de la paritĂ© or avec le franc PoincarĂ© en 1928. Or, la crise de 1929 a Ă©tĂ© une crise dĂ©flationniste, caractĂ©risĂ©e par la contraction de la masse monĂ©taire, la baisse des prix, des salaires, de la production et de l’emploi. Les politiques de rigueur monĂ©taire des annĂ©es 1920 ont probablement fait le lit de la catastrophe de 1929. Milton Friedman lui-mĂȘme qualifie la politique monĂ©taire des États-Unis Ă  la veille de la crise d’ »ineptie ». C’est dire…

Bretton Woods et l’Ă©talon dollar

AprĂšs la DeuxiĂšme Guerre mondiale, les vainqueurs absolus, les États-Unis, ont visiblement retenu la leçon. Le systĂšme qu’ils mettent en place en 1944 Ă  la confĂ©rence de Bretton Woods sous entend la volontĂ©, totalement exclue en 1919, d’assumer pleinement leur rĂŽle de puissance dominante. Le projet du reprĂ©sentant britannique, un certain J.M. Keynes, est rapidement Ă©cartĂ©. Ce projet Ă©tait fondĂ© sur la crĂ©ation d’une monnaie internationale: le bancor. Fi de la monnaie internationale spĂ©cifique, cette monnaie existe dĂ©jĂ : c’est le dollar.

Le systĂšme mis en place est encore un Ă©talon change or, mais cette fois-ci, la seule monnaie convertible en or est le dollar. La devise amĂ©ricaine devient ainsi le pilier d’un systĂšme solide, tenu par des rĂšgles strictes, enfin en accord avec la situation rĂ©elle.

Les parités fixes

Le dollar est convertible en or sur la base d’une paritĂ© de 35 dollars l’once et les autres monnaies sont thĂ©oriquement rattachĂ©es Ă  l’or par l’intermĂ©diaire du dollar. Le systĂšme de change entre monnaies est un systĂšme de paritĂ©s fixes. La valeur du change est dĂ©finie une bonne fois pour toutes: seule une variation de + ou -1% est autorisĂ©e. Au-delĂ , les pays doivent entamer une procĂ©dure complexe de dĂ©valuation ou de réévaluation. Les banques centrales des diffĂ©rents pays sont tenues d’intervenir sur le marchĂ© des changes pour Ă©viter des variations excessives, c’est-Ă -dire supĂ©rieures Ă  1%. Comment font-elles ? C’est simple: si leur monnaie a tendance Ă  monter, elles doivent en vendre. Si elle a tendance Ă  baisser, elles doivent en acheter.

ConcrĂštement, si le mark monte au-delĂ  de 1%, la Bundesbank doit vendre des marks; si le franc baisse au-delĂ  de 1%, la Banque de France doit acheter des francs. Ainsi l’Ă©quilibre entre l’offre et la demande sera rĂ©tabli et la paritĂ© de la monnaie prĂ©servĂ©e. Mais un problĂšme se pose ici: oĂč les banques centrales vont-elles chercher les devises nĂ©cessaires pour ces interventions ? Si tout va bien, elles peuvent puiser dans leurs rĂ©serves de change constituĂ©es par l’accumulation des devises issues d’un commerce extĂ©rieur excĂ©dentaire. Sinon, elles doivent demander des prĂȘts Ă  un organisme ad hoc: le Fonds monĂ©taire international (FMI).

Le roi dollar

Dans ce systĂšme, le dollar a un rĂŽle privilĂ©giĂ©. Seule monnaie convertible en or, il devient as good as gold (aussi bon que l’or). Le systĂšme des paritĂ©s fixes fait par ailleurs de la monnaie amĂ©ricaine l’outil privilĂ©giĂ© des interventions sur le marchĂ© des changes. Deux bonnes raisons pour faire du dollar la monnaie de rĂ©serve privilĂ©giĂ©e.

Ce n’est pas tout. Étant la monnaie pivot, le dollar jouit de deux prĂ©rogatives princiĂšres: la premiĂšre est que le risque de change si on utilise le dollar pour les paiements internationaux est moindre. Voyons comment. Le risque de change est la possibilitĂ© de payer plus cher que prĂ©vu un produit achetĂ© Ă  l’Ă©tranger. Dans le commerce international, comme dans toute forme de commerce entre entreprises, les paiements se font par traite. On signe un contrat aujourd’hui, on paie dans un mois, deux mois, plus Ă©ventuellement. Le contrat Ă©tant stipulĂ© dans la monnaie du vendeur, l’acheteur peut, au moment oĂč il va Ă  la banque acheter des devises, payer ces devises plus cher si leur cours a augmentĂ©.

Dans le systĂšme de Bretton Woods, chaque monnaie peut, sur une pĂ©riode donnĂ©e, varier de + ou -1% par rapport au dollar. Si on compte bien, en tout, on a une possibilitĂ© de variation de 2%. Si, pour les besoins du commerce, on doit passer, par exemple, du franc au mark, le risque de change est de 4% (2% de baisse totale du franc +2% de hausse totale du mark). Si on utilise le dollar, le risque est limitĂ© Ă  2%, c’est-Ă -dire la variation maximale autorisĂ©e entre une monnaie quelconque et le dollar. Cette raison, avec d’autres, a fait du dollar la monnaie la plus utilisĂ©e dans les Ă©changes internationaux.

L’autre privilĂšge du dollar est Ă©galement liĂ© Ă  sa nature de pivot du systĂšme. Les États-Unis, en effet, font l’Ă©conomie d’interventions dispendieuses sur le marchĂ© des changes pour garantir la paritĂ© du dollar. Comment est-ce possible ? Si le franc baisse, par exemple, la Banque de France achĂšte des francs. Avec quoi ? Des dollars entre autre. La Banque de France Ă©vite ainsi que le dollar ne s’apprĂ©cie exagĂ©rĂ©ment. Si le mark monte, la Bundesbank va en vendre. Contre quoi ? Des dollars probablement. La Banque centrale allemande empĂȘche donc que le dollar baisse. Ce sont ainsi les banques centrales du monde entier qui s’occupent de la sale besogne. C’est tout bĂ©nĂ©fice pour la FED, la Banque centrale amĂ©ricaine !

Eurodollars et capitaux fébriles

La consĂ©quence de ce systĂšme ne s’est pas fait attendre. Le dollar est devenu, et reste, la monnaie la plus utilisĂ©e dans les Ă©changes internationaux, bien au-delĂ  des Ă©changes amĂ©ricains. Le pĂ©trole, c’est bien connu, se paie en dollars. il est devenu Ă©galement une monnaie de rĂ©serve pour bon nombre d’États et, in fine, s’est en quelque sorte Ă©mancipĂ© de son crĂ©ateur pour devenir eurodollar. Les eurodollars sont des dollars qui circulent en dehors des États-Unis. On doit leur nom au code d’une banque soviĂ©tique ( »eurobank ») qui la premiĂšre a dĂ©tenu des comptes en dollars (le rouble n’ayant jamais Ă©tĂ© acceptĂ© pour les Ă©changes avec l’Occident).

Ainsi, une masse colossale de billets verts s’est mise Ă  circuler Ă  travers le monde, se dĂ©plaçant d’un pays Ă  l’autre au grĂšs d’opĂ©rations lĂ©gales ou illĂ©gales (la drogue et les armes se paient en dollars) dans un but qui s’est affirmĂ© comme dĂ©finitivement prioritaire: la spĂ©culation. Le systĂšme a parfaitement fonctionnĂ© pendant une vingtaine d’annĂ©es. Il a notamment permis une extraordinaire croissance des Ă©changes mais, Ă  partir de la fin des annĂ©es 1960, Bretton Woods s’est transformĂ© en un monstre ingĂ©rable. Pour les États-Unis et pour le monde.

Fluctuat et agitatur: les changes flottants

Ce qui Ă©tait arrivĂ© aux monnaies europĂ©ennes Ă  cause de la guerre arrive Ă©galement aux États-Unis, en pleine paix. la masse de dollars, gonflĂ©e par l’essor des Ă©changes et par une demande toujours inassouvie, finit par dĂ©passer allĂ©grement sa couverture en or. Dans le deuxiĂšme moitiĂ© des annĂ©es 1960, des esprits malins ou clairvoyants, dont la France du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, comprennent que la paritĂ© or du dollar ne va pas pouvoir ĂȘtre maintenue Ă©ternellement. Ils se sont mettent donc Ă  demander la conversion de leurs dollars en or. Les États-Unis doivent faire face Ă  une vĂ©ritable hĂ©morragie. Et une ultime et calamiteuse tentative de retour Ă  la paritĂ© or de la livre (dĂ©cidĂ©ment…) fait basculer le monde dans le cauchemar.

En 1971, pour la premiĂšre fois, la balance commerciale amĂ©ricaine devient dĂ©ficitaire. Le dollar ne peut que baisser. Sa paritĂ© or devient intenable. Le 15 aoĂ»t, Nixon proclame l’inconvertibilitĂ© du dollar. Tous ceux qui s’Ă©taient accrochĂ©s Ă  une monnaie as good as gold sont servis.

Le désordre monétaire international

Les annĂ©es 1970 commencent par la longue agonie du systĂšme monĂ©taire qui avait scellĂ© la domination amĂ©ricaine. Elles s’achĂšvent par la rĂ©affirmation de cette mĂȘme domination, mais de maniĂšre bien plus perverse.

Le systĂšme de Bretton Woods est attaquĂ© de toutes parts. Son pilier, le dollar, s’effrite: dĂ©tachĂ© de l’or, il plonge au fur et Ă  mesure que les États-Unis sombrent dans une des pĂ©riodes les plus noires de leur histoire. Chocs pĂ©troliers, dĂ©faite au Vietnam, Watergate et, pour finir, la rĂ©volution iranienne. Les paritĂ©s fixes ne tiennent pas face aux mouvements spĂ©culatifs puissants. Le FMI n’a plus de devises Ă  prĂȘter, on essaie de lui inventer une nouvelle monnaie de rĂ©fĂ©rence: les droits de tirages spĂ©ciaux (DTS): c’est l’Ă©chec.

En 1973, on effectue un replĂątrage du systĂšme: les marges de variations sont Ă©largies (+ ou – 2,25%), mais ça ne fait qu’exciter la spĂ©culation. Les monnaies faibles (livre, franc, livre) sont dĂ©valuĂ©es Ă  rĂ©pĂ©tition. Les monnaies fortes (mark, yen, franc suisse) s’envolent. En 1976, Ă  la confĂ©rence de la JamaĂŻque, on prend le taureau par les cornes: les paritĂ©s fixes sont abandonnĂ©es, l’or est dĂ©finitivement dĂ©monitisĂ©. Il faut dire que sur le marchĂ©, il ne se nĂ©gocie plus Ă  35 mais Ă  500 dollars l’once !

Les changes flottants

Bretton Woods est mort et enterrĂ©. Les gouvernements abandonnent une partie perdue d’avance: on ne peut plus contrĂŽler le cours des monnaies. Le professeur Friedman et les Ă©conomistes libĂ©raux tiennent lĂ  leur premiĂšre victoire: dĂ©sormais, c’est le marchĂ©, et lui seul, qui va fixer la valeur des monnaies. Leur cours va varier quotidiennement selon les variations de l’offre et de la demande. La marchĂ© des changes brasse dĂ©sormais quotidiennement plus de capitaux que la Bourse elle-mĂȘme. Le dollar touche le fond: en 1979, il vaut moins de 4 francs.

Avec l’arrivĂ©e au pouvoir de Ronald Reagan, les choses vont prendre une toute autre tournure. De stricte obĂ©dience libĂ©rale, le nouveau PrĂ©sident s’en prend violemment Ă  l’inflation et Ă  l’État. Pour terrasser l’inflation, la FED augmente les taux d’intĂ©rĂȘt de maniĂšre plus que consĂ©quente: on n’est pas loin de 20%. Par ailleurs, libĂ©rĂ©s de toute contrainte, les salaires s’effondrent, ainsi que les dĂ©penses sociales de l’État. L’inflation est vite jugulĂ©e par cette cure violente. Sur le marchĂ© des changes, le dollar s’envole. AttirĂ©s par les taux amĂ©ricains, les capitaux fĂ©briles se ruent sur le billet vert, d’autant plus que la politique Ă©trangĂšre de Reagan restaure trĂšs vite la crĂ©dibilitĂ© amĂ©ricaine mise Ă  mal par ses prĂ©decesseurs. Le dollar se hisse Ă  plus de 10 francs.

Un droit de cuissage planétaire

Tout va bien donc. La politique de Reagan est efficace: l’Ă©conomie amĂ©ricaine repart, l’inflation baisse, le chĂŽmage Ă©galement. Le dollar est fort. Le prĂ©sident amĂ©ricain se permet mĂȘme de narguer ses collĂšgues. Á François Mitterrand (1916-1996) qui lui fait remarquer que le dollar est trop haut, Reagan rĂ©pond: « Ce n’est pas le dollar qui est trop fort, ce sont les autres monnaies qui sont trop faibles. »

Reste un dĂ©tail. La libĂ©ration du marchĂ© des changes aurait dĂ» rendre les devises Ă  la vĂ©ritĂ© des prix, si chĂšre aux libĂ©raux. On l’a vu, ce qui devrait Ă©tablir la valeur d’une monnaie, c’est la situation du commerce extĂ©rieur d’un pays: Ă  dĂ©ficit commercial, monnaie faible, et Ă  excĂ©dent commercial, monnaie forte, avec les rééquilibrages automatiques que l’on sait. Une monnaie faible devait permettre de vendre plus et obliger Ă  acheter moins et le contraire pour une monnaie forte.

Qu’en est-il des États-Unis ? Depuis 1971, ce pays a un commerce extĂ©rieur chroniquement dĂ©ficitaire. Bon an mal an, les AmĂ©ricains achĂštent au minimum 100 milliards de dollars de plus qu’ils ne vendent. Cela fait trente ans que ça dure. Dans une telle situation, n’importe quel autre pays aurait Ă©tĂ© rĂ©duit Ă  la faillite. Sa monnaie ne devrait mĂȘme pas valoir le prix du papier sur lequel elle est imprimĂ©e. Rien de tel ne s’est produit pour les États-Unis. Comment est-ce possible ? MĂȘme dĂ©tachĂ© de l’or, le dollar reste le moyen de paiement et de rĂ©serve le plus utilisĂ© au monde. Les dollars avec lesquels les AmĂ©ricains paient leurs dĂ©ficits ne reviennent pas aux États-Unis. Cela veut dire qu’ils ne paient pas leur dĂ©ficit. C’est exactement comme si vous payiez vos achats avec des chĂšques que personne n’aurait l’idĂ©e d’encaisser.

Tant que la confiance rĂšgne, tout cela ne pose guĂšre de problĂšmes. Lorsque les États-Unis n’ont plus d’argent pour payer leurs importations ou le dĂ©ficit de leur budget, ils Ă©mettent des bons du trĂ©sor. Le monde souscrit avec empressement. On leur prĂȘte leurs dollars. Depuis 1971, les États-Unis vivent des crĂ©dits que leur fournissent les autres pays. Un gigantesque plan Marshall Ă  l’envers, dont le colossal endettement amĂ©ricain donne la mesure: quelques 10 000 milliards de dollars si on additionne la dette publique et la dette externe, 30 000 milliards de dette total, soit 31% du produit mondial brut. Une paille.

Du serpent Ă  l’euro: la construction d’une alternative monĂ©taire

Le dĂ©sordre monĂ©taire international qui s’est gĂ©nĂ©ralisĂ© dans les annĂ©es 1970 ne pouvait laisser l’Europe indiffĂ©rente. Sur le Vieux Continent, l’abolition des frontiĂšres au sein de la CommunautĂ© Ă©conomique europĂ©enne (CEE) n’Ă©tait pas un vain mot: les pays europĂ©ens sont les pays les plus ouverts au commerce international; l’instabilitĂ© monĂ©taire est pour eux particuliĂšrement insupportable. On comprend donc que l’Europe se soit lancĂ©e trĂšs vite dans la mise en place d’un systĂšme monĂ©taire rompant avec les mouvements erratiques des monnaies. DĂšs 1969, au sommet de La Haye, les Six s’Ă©taient donnĂ© comme objectif la rĂ©alisation globale d’une union monĂ©taire.

En 1972 d’abord, avec le « serpent monĂ©taire » puis en mars 1979, avec le SystĂšme monĂ©taire europĂ©en (SME), on rĂ©instaure en Europe ce qui avait progressivement disparu au niveau mondial: un systĂšme de paritĂ©s fixes avec des marges de variation limitĂ©es. Mais les problĂšmes s’accumulent: choc pĂ©trolier, entrĂ©e de nouveaux pays dans le CEE… Pratiquement tous les ans, telle monnaie est dĂ©valuĂ©e, telle autre réévaluĂ©e. Certaines monnaies ne rentrent pas dans le systĂšme. D’autres y rentrent pour en sortir aussitĂŽt. Les marges de flottement flottent-elles mĂȘmes allĂšgrement: selon le moment et la monnaie, elles sont Ă©largies Ă  6% ou ramenĂ©es Ă  1%.

Mais au-delĂ  de ces difficultĂ©s, la vĂ©ritable nouveautĂ© du SME est que, dĂ©sormais, les taux pivots sont fixĂ©s en une unitĂ© de compte europĂ©enne: l’ECU (EuropĂ©en Currency Unit), une sorte de synthĂšse des monnaies europĂ©ennes, oĂč chaque devvise compte pour un pourcentage tenant compte du poids Ă©conomique et monĂ©taire de chaque pays.

L’idĂ©e d’une Europe monĂ©taire progresse. En 1986, l’Acte unique rĂ©affirme l’objectif de l’union monĂ©taire. Le traitĂ© de Maastricht, en 1992, fixe les critĂšres de convergence et les conditions Ă  remplir pour accĂ©der Ă  la monnaie unique. Il s’agit de mesures strictes visant Ă  limiter l’inflation, les dĂ©ficits budgĂ©taires et l’endettement. La mĂȘme annĂ©e, une tempĂȘte s’abat sur les monnaies europĂ©ennes les plus faibles: franc, peseta, lire, livre sterling. Le processus continue malgrĂ© tout. En 1995, on choisit le nom de la future monnaie europĂ©enne: le nom ECU est abandonnĂ© (notamment Ă  cause d’une assonance dĂ©sagrĂ©able en allemand avec die kuh, la vache) au profit de « euro », plus digeste dans les diffĂ©rentes langues.

Le lancement de la nouvelle monnaie a lieu officiellement le 1er janvier 1999. Á cette date, onze pays sont « Ă©ligibles ». Les Britanniques ne sont pas de l’aventure, ni les Danois et les SuĂ©dois qui refusent par rĂ©fĂ©rendum de l’adopter. Les Grecs, qui ne remplissaient pas alors les conditions d’adhĂ©sion, rejoignent les onze Ă©lus en 2000. Le 1er janvier 2002, l’euro entre physiquement en circulation dans douze pays.

Euro qui comme Ulysse…

La monnaie europĂ©enne n’en est qu’au dĂ©but d’un long voyage, mais dĂ©jĂ  on ne peut que constater sa rĂ©ussite. Elle est d’abord la manifestation la plus tangible de la construction europĂ©enne. L’Europe passe dans nos mains quand nous payons une baguette avec une piĂšce allemande ou espagnole. Nous nous sentons moins Ă  l’Ă©tranger quand nous payons un cafĂ© au Portugal (0,50 euro…) avec la monnaie qu’on nous a rendu Ă  Paris.

Mais le plus important n’est pas lĂ . C’est avec l’euro que l’Europe est devenu rĂ©ellement un grand marchĂ© unique. Les entreprises y ont rĂ©alisĂ© des Ă©conomies colossales et le marchĂ© est devenu rĂ©ellement transparent (voir le prix du cafĂ© portugais). C’est avec l’euro que nos pays se sont soustraits au dĂ©sordre monĂ©taire international et Ă  l’emprise du dollar; C’est grĂące Ă  l’euro que le dernier choc pĂ©trolier, pourtant violent, a pu ĂȘtre encaissĂ© sans trop de dĂ©gats. Ose-t-on imaginer ce que seraient devenus le franc ou la lire dans les grandes tempĂȘtes de ce dĂ©but de millĂ©naire ? C’est par (et pour) l’euro que nous profitons de faibles taux d’inflation et de faibles taux d’intĂ©rĂȘt.

DĂ©jĂ  deuxiĂšme monnaie mondiale aprĂšs le dollar pour les Ă©changes, la monnaie europĂ©enne est utilisĂ©e par des pays tiers pour libeller contrats et emprunts. Des accords spĂ©cifiques la lient aux monnaies d’Europe de l’Est et de la MĂ©diterranĂ©e. Une alternative vitale pour les temps qui courent.

Le coĂ»t de l’euro

Pourtant, des voix s’Ă©lĂšvent rĂ©guliĂšrement pour protester contre la monnaie unique et ses sous-entendus. Le sous-entendu le plus Ă©vident, c’est que l’Europe, qui a tant de difficultĂ©s Ă  s’accorder sur une quelconque politique commune, s’est livrĂ©e pieds et poings liĂ©s Ă  une politique de rigueur pour atteindre l’objectif de la monnaie unique. Le choix fait par François Mitterrand en 1983 d’abandonner la politique de relance de Pierre Mauroy (nĂ© en 1928) vaut dĂ©sormais pour tout le monde. ContrĂŽle sĂ©vĂšre des dĂ©penses publiques, limitation des dĂ©ficits, privatisations: le pacte de stabilitĂ© n’est pas fait pour plaire Ă  tout le monde.

La philosophie de base de l’euro est toute allemande et la localisation de la Banque centrale europĂ©enne Ă  Francfort n’est pas fortuite. On a voulu une monnaie forte, on a voulu terrasser l’inflation, cette vieille phobie allemande: tout cela passe par de la rigueur, encore et toujours. C’est pour cela qu’on reproche Ă  l’euro la croissance molle et Ă©ventuellement le chĂŽmage, qui sĂ©vit sur le Vieux Continent. Un pays semble particuliĂšrement touchĂ©: l’Italie.

Le cas de ce pays est instructif: longtemps habituĂ© aux dĂ©lices d’une monnaie faible qui favorisait ses exportations, l’Italie est confrontĂ©e, avec l’arrivĂ©e de l’euro, Ă  une perte catastrophique de compĂ©titivitĂ©. Ses produits sont de plus en plus concurrencĂ©s par ceux des pays asiatiques, Chine en tĂȘte. DĂšs lors, le populisme des hommes politiques (dont certains ministres de Berlusconi) n’hĂ©site pas Ă  mettre sur le dos de l’euro tous les malheurs du pays, y compris la violente hausse du coĂ»t de la vie qui s’est manifestĂ©e lors de l’abandon de la lire. Le vrai problĂšme de l’Italie, ce n’est pas l’euro, mais l’euro confronte l’Italie a ses vrais problĂšmes: Ă©nergie trop chĂšre par refus du nuclĂ©aire, innovation insuffisante, systĂšme d’enseignement dĂ©passĂ©. Le vrai problĂšme de l’Italie est de trouver d’autres arguments de vente que le prix de ses marchandises.

L’euro, quant Ă  lui, a un seul vrai dĂ©faut: il condamne l’Europe Ă  l’innovation, Ă  la qualitĂ© et Ă  l’excellence.

Grandeur et décadence du franc

C’est en 1360 que Jean le Bon fit frapper une piĂšce d’une livre tournois portant l’inscription « rex francorum ». Cette piĂšce devint, dans le langage courant, un franc. Le franc devint officiellement la monnaie de la France par la loi du 10 avril 1795. La loi du 17 germinal an XI (7 avril 1803) en fixe la paritĂ© or (0,2903225 gramme) et argent (4,50 grammes). C’est ce franc germinal qui assure la stabilitĂ© monĂ©taire du pays jusqu’en 1914. L’inflation nĂ©e de la guerre et la spĂ©culation, notamment pendant le gouvernement du Cartel des gauches (1924-1926), mettent Ă  mal la monnaie française, qui devient inconvertible en or. PoincarĂ©, au prix d’une longue politique de rigueur, rĂ©ussit Ă  rĂ©tablir la valeur du franc et sa convertibilitĂ©, mais Ă  un niveau bien plus faible qu’avant guerre (65,5 mg). Pendant le Front Populaire, le franc est de nouveau victime de la spĂ©culation et du « mur de l’argent » (les milieux d’affaires, qui se mĂ©fient du gouvernement de gauche, exportent massivement des capitaux). Entre 1936 et 1938, le franc est de nouveau dĂ©valuĂ© et devient encore une fois inconvertible. Dans l’aprĂšs-guerre, aprĂšs de sĂ©rieux efforts, le franc redevient une monnaie forte: en 1958, le passage au « nouveau franc » (valant 100 anciens francs) symbolise une nouvelle soliditĂ© monĂ©taire, confortĂ©e par des excĂ©dents commerciaux qui provoquent des entrĂ©es de devises (notamment de dollars), dont de Gaulle demande habilement la conversion en or. Les Ă©vĂ©nements de 1968 provoquent une crise passagĂšre et une dĂ©valuation (en 1969) qui en annonce bien d’autres, tout au long du dernier quart du siĂšcle. Dans cette pĂ©riode, secouĂ© par les chocs pĂ©troliers, la crise ou l’arrivĂ©e de la gauche au pouvoir, le franc se dĂ©mĂšne entre dĂ©valuations, flottement et ancrage dans les systĂšmes de stabilisation europĂ©ens. Une derniĂšre attaque spĂ©culative contre le franc, fin 1992, est vaillamment repoussĂ©e par la Banque de France. Á partir de ce moment lĂ , le sort du franc se joue dans le cadre du traitĂ© de Maastricht. La France en respecte d’emblĂ©e les critĂšres et le franc se dissout dans la nouvelle monnaie europĂ©enne, l’euro, en 1999. En 2002, les francs sont rapidement retirĂ©s de la circulation.

Michel Musolino, professeur d’économie en classes prĂ©paratoires Ă  HEC

mai 27 2009

Qui a peur de Claude AllÚgre ? (Vidéos)

Par AgatĂ  Kovacs

Il y a une dizaine de jours, une polĂ©mique a Ă©tĂ© causĂ©e au sein de l’UMP par l’annonce d’une Ă©ventuelle nomination de l’ancien ministre socialiste Claude AllĂšgre Ă  la tĂȘte d’un ministĂšre couvrant l’industrie, l’innovation et la recherche Ă  l’occasion d’un futur remaniement en juin 2009. Or, beaucoup y offrent des rĂ©sistances de plus en plus virulentes, qu’ils fassent partie de la droite ou des milieux Ă©cologistes.

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Ce qui est dĂ©rangeant pour ces personnes, ce sont les positions de Claude AllĂšgre par rapport au rĂ©chauffement climatique. PrĂ©sentons tout d’abord le principal intĂ©ressĂ© en quelques mots: Claude AllĂšgre, nĂ© le 31 mars 1937 Ă  Paris, est un gĂ©ochimiste et un homme politique français. Ses travaux scientifiques et sa carriĂšre de chercheur ont notamment Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©s par le Prix Crafoord en 1986 et la MĂ©daille d’or du CNRS en 1994. Il a Ă©tĂ© ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie dans le gouvernement Lionel Jospin de 1997 Ă  2000. Bien que militant depuis 1973 au PS, il dĂ©cide de ne pas reprendre sa carte en janvier 2008. Nicolas Sarkozy, chez qui il avait Ă©tĂ© aperçu entre les deux tours de l’Ă©lection prĂ©sidentielle, dĂ©clare en fĂ©vrier 2008 qu’il aimerait bien travailler avec lui. Le 28 aoĂ»t 2008, Nicolas Sarkozy, prĂ©sident en exercice du Conseil europĂ©en, a confiĂ© Ă  l’ancien ministre socialiste de l’Éducation nationale Claude AllĂšgre le soin d’organiser les Assises europĂ©ennes de l’innovation.

Quant questions environnementales, la prise de position publique de Claude AllĂšgre est que le rĂ©chauffement climatique existe bel et bien, mais ne trouve pas son origine dans les activitĂ©s humaines. Une illustration de son propos est donnĂ©e par ses dĂ©clarations sur le rĂ©chauffement climatique du 21 septembre 2006 dans la chronique hebdomadaire qu’il tient dans le magazine L’Express, et qui ont contribuĂ© les premiĂšres Ă  faire naĂźtre la polĂ©mique. Il y Ă©crit que la cause de la modification climatique contemporaine reste incertaine et n’est pas forcĂ©ment due Ă  l’activitĂ© humaine. Il stigmatise simultanĂ©ment « l’Ă©cologie de l’impuissance protestataire [qui] est devenue un business trĂšs lucratif pour quelques-uns ».

En rĂ©action aux prises de positions d’AllĂšgre, certains scientifiques ont ainsi critiquĂ© explicitement ses arguments. Le biologiste Pierre-Henri Gouyon parle de « nĂ©gationnisme Ă©cologique » de la part d’AllĂšgre. D’autres scientifiques, en revanche, le soutiennent, parfois partiellement. Ainsi, lors d’une sĂ©ance de l’AcadĂ©mie des sciences en mars 2007 ses arguments ont Ă©tĂ© dĂ©fendus par ses collĂšgues gĂ©ophysiciens de l’IPGP Jean-Louis Le MouĂ«l et Vincent Courtillot, membres de l’AcadĂ©mie des sciences. Ces derniers ont Ă©tĂ© vivement critiquĂ©s par deux autres acadĂ©miciens des sciences, spĂ©cialistes du climat, HervĂ© Le Treut et Édouard Bard (professeur au CollĂšge de France).

Il vaut la peine de se pencher sur cette thĂšse « dissidente » de rĂ©chauffement climatique dĂ» aux cycles naturels et non Ă  l’homme. En effet, n’en dĂ©plaise Ă  Al Gore et Ă  son film « Une vĂ©ritĂ© qui dĂ©range », douter de l’origine humaine du rĂ©chauffement n’est pas un crime commis contre la citoyennetĂ© et l’honnĂȘtetĂ©, mais bien un doute non seulement lĂ©gitime Ă  la base, mais d’autant plus renforcĂ© par la mise au grand jour de plusieurs mensonges et exagĂ©rations d’Al Gore dans son fameux documentaire. Les responsables du systĂšme Ă©ducatif n’ont d’ailleurs pas toujours accueilli ce dernier avec l’enthousiasme le plus extraordinaire qui soit.

En effet, en octobre 2007, le film a fait l’objet d’un jugement de la justice britannique saisie par le chef d’Ă©tablissement d’un lycĂ©e du Kent qui contestait la diffusion du film dans le cadre scolaire. Le directeur d’Ă©cole, Stewart Dim-mock, a en effet portĂ© plainte contre le gouvernement britannique en l’accusant de faire du lavage de cerveau. Notons que d’aprĂšs la loi britannique, si les enseignants prĂ©sentent le film sans le signaler clairement, ils peuvent se trouver en violation de la section 406 de l’ »Education Act 1996″ et ĂȘtre reconnus coupables d’endoctrinement politique.

Le tribunal ne s’est pas opposĂ© Ă  la diffusion du film dans les Ă©tablissements scolaires du Royaume-Uni, Ă  condition qu’il soit accompagnĂ© d’une documentation indiquant ce qui est de l’ordre du consensus scientifique, ce qui ne l’est pas et ce qui est un point de vue politique. Le tribunal a effectivement relevĂ© plusieurs erreurs dans le documentaire, dont les sept que voici :

Le film prĂ©tend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est attribuable au rĂ©chauffement climatique alors que le consensus scientifique est qu’on ne peut rien affirmer de tel.

Le film suggĂšre une interprĂ©tation des graphes montrant l’Ă©volution des tempĂ©ratures et du CO2 sur 650 000 ans, le jugement considĂ©rant que s’il y avait un large accord chez les scientifiques sur un lien entre les deux courbes, celles-ci ne prouvaient pas ce qu’affirme Gore.

Le film lie l’ouragan Katrina au rĂ©chauffement climatique alors que l’opinion scientifique est qu’il n’y a pas de preuves suffisantes.

Le film montre l’assĂšchement du Lac Tchad et prĂ©tend que c’est une consĂ©quence du rĂ©chauffement climatique, alors que les preuves sont lĂ  aussi insuffisantes.

Le film prĂ©tend qu’une Ă©tude montre que des ours polaires se sont noyĂ©s Ă  cause de la fonte des glaces arctiques. Il apparait que la seule Ă©tude scientifique trouvĂ©e sur le sujet parle de quatre ours polaires noyĂ©s Ă  cause d’une tempĂȘte.

Le film suggĂšre que les calottes de glace du Groenland et de l’Ouest Antarctique pourraient fondre et entraĂźner une hausse alarmante du niveau des mers. Alors que le film semble suggĂ©rer une fonte dans un proche avenir, le point de vue gĂ©nĂ©ral est que le Groenland ne pourra pas fondre avant des millĂ©naires.

Le film prĂ©tend que la hausse du niveau des mers a causĂ© l’Ă©vacuation de certaines Ăźles du Pacifique en direction de la Nouvelle-ZĂ©lande, alors qu’aucune preuve d’une telle Ă©vacuation n’existe.

D’autre part, Ă  la fin de son « documentaire », Al Gore prĂ©tend que les seules publications ayant remis en doute l’origine humaine du rĂ©chauffement avaient paru dans des revues populaires, et Ă©taient destinĂ©es Ă  jeter un « doute mal intentionnĂ© », alors qu’aucune revue scientifique n’avait remis cette soi-disante vĂ©ritĂ© en cause. Or, il s’avĂšre que les scientifiques expĂ©rimentĂ©s ne sont pas peu nombreux Ă  se poser un certain nombre de questions…

Par exemple, alors que le dĂ©bat sur le rĂ©chauffement climatique fasait plus que jamais les manchettes depuis le dĂ©pĂŽt du rapport de Nicholas Stern, ex-Ă©conomiste en chef de la Banque mondiale, lequel fait Ă©tat du coĂ»t possible de cette crise autour de 7 000 milliards de dollars, un Ă©crivain quĂ©bĂ©cois autodidacte, Pierre de ChĂątillon affirmait dans son livre que le rĂ©chauffement du climat est un mythe, car selon lui, le climat n’est pas dans une pĂ©riode de rĂ©chauffement unique Ă  l’Ă©poque Ă  laquelle nous vivons mais a toujours rĂ©pondu Ă  des changements cycliques depuis la nuit des temps. Depuis la sortie du rapport Stern, qui compte tout prĂšs de 700 pages, tous les journaux de la planĂšte ont relancĂ© la nĂ©cessitĂ© de la mise en application du protocole de Kyoto. Selon de ChĂątillon, des bouleversements climatiques semblables Ă  ceux qu’on observe aujourd’hui sont survenus Ă  des pĂ©riodes de l’histoire et ont provoquĂ© la disparition de civilisations trĂšs avancĂ©es. L’auteur avance qu’il y a plus de 10 000 ans, des civilisations dont on a retrouvĂ© les vestiges dans les ocĂ©ans sont disparues lors de catastrophes climatiques qui ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©es aussi bien par Platon qu’inscrites dans les annales chinoises. Selon lui, ces bouleversements climatiques rĂ©apparaissent dans l’histoire humaine avec la rĂ©gularitĂ© d’une horloge.

Selon de ChĂątillon, les gaz Ă  effet de serre ne peuvent expliquer le rĂ©chauffement climatique et cette thĂ©orie semble donner raison au prĂ©sident amĂ©ricain, qui a dĂ©clarĂ© n’ĂȘtre pas convaincu de la relation entre rĂ©chauffement climatique et gaz Ă  effet de serre. L’auteur ajoute que beaucoup de scientifiques sont incapables d’Ă©tablir un lien de cause Ă  effet entre le rĂ©chauffement climatique et les gaz Ă  effet de serre et qu’ils ne comprennent tout simplement pas comment cette relation a pu ĂȘtre Ă©tablie. Une chose est sĂ»re: pas une semaine ne passe sans qu’on fasse Ă©tat, quelque part sur la planĂšte, de phĂ©nomĂšnes extrĂȘmes tels que sĂ©cheresses, incendies de forĂȘts, tempĂȘtes, ouragans, inondations et glissements de terrain. Sans parler de la fonte accĂ©lĂ©rĂ©e des glaciers et de la montĂ©e du niveau des mers. Pour Pierre de ChĂątillon, ces phĂ©nomĂšnes sont trop rapides et gĂ©nĂ©ralisĂ©s pour n’ĂȘtre dĂ»s qu’Ă  l’effet de serre. L’auteur prĂ©cise qu’Ă  certains endroits, les hivers sont plus longs et plus rigoureux: on a vu tomber de la neige dans le dĂ©sert d’Arabie et au Mexique. Bref, selon lui, on ne peut parler de «rĂ©chauffement» mais bien de «bouleversement climatique».

La crise du climat a commencĂ© avec le gigantesque trou constatĂ© il y a une vingtaine d’annĂ©es dans la couche d’ozone, rĂ©putĂ©e protĂ©ger la planĂšte contre le rayonnement solaire. Les fluorocarbones (CFC) utilisĂ©s dans les rĂ©frigĂ©rateurs, les systĂšmes de climatisation et les contenants sous pressions furent dĂ©signĂ©s comme responsables de la dĂ©perdition de ce bouclier filtrant les rayonnements cosmiques. Puis on a accusĂ© les BrĂ©siliens qui coupent la forĂȘt amazonienne, les courants El Niño et El Niña. Ensuite, ce fut au tour des millions de vĂ©hicules automobiles et leurs Ă©manations de CO2 dans l’atmosphĂšre. MalgrĂ© toutes les mesures prises, les changements climatiques se sont accĂ©lĂ©rĂ©s puis on a accusĂ© les industries. Or, dit de ChĂątillon, si on fait abstraction des trois quarts de la planĂšte qui sont recouverts par les ocĂ©ans, 3% par les calottes polaires, les marais, lacs, dĂ©serts et montagnes, il ne reste que 1,8% de la planĂšte qui est peuplĂ© d’ĂȘtres humains. Selon le National Geographic, la totalitĂ© des espaces peuplĂ©s et industriels de la Terre pourraient tenir dans un territoire grand comme l’Espagne. De ChĂątillon parle d’hystĂ©rie collective, d’autant plus que nombre de climatologistes ne croient pas au rĂ©chauffement climatique dĂ» Ă  l’accumulation des gaz Ă  effet de serre. L’auteur croit qu’il est erronĂ© ou au mieux signe de grande vanitĂ© de croire que l’activitĂ© humaine pourrait ĂȘtre la cause d’un rĂ©chauffement climatique global. Il avance qu’il suffirait d’une seule Ă©ruption volcanique comme il y en a dĂ©jĂ  eu par le passĂ© pour que la pollution engendrĂ©e dans l’atmosphĂšre soit supĂ©rieure Ă  toute celle causĂ©e par l’activitĂ© humaine.

De ChĂątillon cite les travaux du professeur Robert Pease, professeur de physique et de climatologie, selon qui la couche d’ozone se rĂ©pare d’elle-mĂȘme, alors que les molĂ©cules d’ozone dans l’atmosphĂšre sont constamment reconstituĂ©es lorsque l’Ă©nergie de la lumiĂšre ultra-violette brise les liens des molĂ©cules d’oxygĂšne. Selon les calculs du Pr Rowland, il y aurait une molĂ©cule de CFC pour 136 000 000 de molĂ©cules d’oxygĂšne dans la couche d’ozone, Ă  une hauteur de 25km d’altitude. Selon ce dernier, la thĂ©orie de la dĂ©plĂ©tion de l’ozone est inexistante, car elle est basĂ©e sur la supposition que les molĂ©cules de CFC grimperaient dans l’atmosphĂšre sans difficultĂ©… alors qu’elles sont plus lourdes que l’air. Quant au CO2, ce gaz ne reprĂ©sente que 0,035% de l’atmosphĂšre et mĂȘme si ce taux doublait, tout ce qui vit sur Terre pourrait s’en accommoder. Selon les scientifiques, plus de 99,9% du CO2 se trouve au niveau du sol ou en dessous et 71% de ce gaz est dissous dans l’eau de mer. Or, puisque le CO2 est un gaz plus lourd que l’air et qu’il se dissout dans l’eau de mer, il est donc impossible qu’il s’accumule dans les hautes couches de l’atmosphĂšre et occasionne un quelconque effet de serre. DĂšs que le CO2 se manifeste dans l’atmosphĂšre, il est aussitĂŽt captĂ© par les eaux de pluie et ramĂ©nĂ© au sol. De plus, l’augmentation de CO2 dans l’atmosphĂšre devrait produire logiquement une explosion de la vĂ©gĂ©tation, puisque ce gaz est utilisĂ© par les plantes dans leur mĂ©tabolisme, et on sait bien qu’il n’en est rien. Par ailleurs, l’atmosphĂšre de la planĂšte VĂ©nus est entiĂšrement composĂ©e de CO2 produit par l’activitĂ© volcanique. Mars possĂšde des calottes polaires qui sont composĂ©es de CO2 solide (glace sĂšche). Or, dit l’auteur, si le CO2 Ă©tait la cause d’un hypothĂ©tique rĂ©chauffement climatique, Mars serait beaucoup plus chaude qu’elle ne l’est actuellement. Selon lui, la Terre se rĂ©chauffe en fait depuis le dĂ©but du siĂšcle dernier, Ă  un moment oĂč la pollution automobile et industrielle Ă©tait quasi inexistante. Bref, mĂȘme si la simultanĂ©itĂ© du bouleversement climatique et du CO2 connaissent un cycle similaire, rien ne permet de croire que l’un est la cause de l’autre. Alors quoi? Si les bouleversements climatiques ne sont imputables ni Ă  une augmentation des gaz Ă  effet de serre, ni Ă  une dĂ©perdition de la couche d’ozone, ni aux courants El Niño et El Niña ni mĂȘme aux gaz intestinaux des vaches, quelle en est la cause ?

Claude AllĂšgre chez Ruquier

Pierre de ChĂątillon explique que les bouleversements climatiques vont de pair avec certains phĂ©nomĂšnes, mais n’en sont pas la cause. L’auteur admet l’augmentation du nombre des tornades et l’explique par une montĂ©e des tempĂ©ratures, lesquelles auraient dĂ©butĂ© en 1860 (voir graphique). Comme il est possible de le constater, dit-il, dĂ©jĂ  en 1920, la courbe de croissance est visible et l’augmentation de la tempĂ©rature est de 1 degrĂ© sur 90 ans, en accĂ©lĂ©ration depuis 1990 jusqu »Ă  aujourd’hui. Ainsi est-on passĂ© d’une moyenne annuelle de 150 tornades depuis 1920 pour atteindre 600 en 1955 et plus de 1200 en 1990.

Quant au niveau de la mer, selon Pierre de ChĂątillon, il est en augmentation depuis le dĂ©but du siĂšcle, tout en notant que l’escalade s’est accĂ©lĂ©rĂ©e depuis 1980. L’activitĂ© volcanique elle, est passĂ©e de 1500 journĂ©es d’activitĂ© en moyenne en 1940 au double en 1990, puis encore au double entre 1990 et 2004. Les tremblements de terre (voir graphique) de magnitude 2,5 et plus sont passĂ©s d’une moyenne de 500 par annĂ©e de 1920 Ă  5000 par annĂ©e en 1973 puis Ă  25 000 en 2004. Selon de ChĂątillon, le rĂ©chauffement climatique ne serait pour rien dans cette augmentation. Selon l’auteur, qui cite Schumann, la Terre se conduit comme un Ă©norme condensateur Ă©lectrique. La cavitĂ© entre la surface de la Terre et l’ionosphĂšre agit comme un condensateur dans un circuit Ă©lectrique en oscillant. Or, cette oscillation, qui se situait Ă  7,8 sur une Ă©chelle de 13 il y a dix ans, se situe aujourd’hui Ă  12. Bref, cette rĂ©sonnance est en relation inverse directe de la puissance du champ magnĂ©tique de la Terre. Selon l’auteur, dans les temps anciens, cette situation a toujours prĂ©cĂ©dĂ© une modification importante du champ magnĂ©tique terrestre. Et si la Terre participe Ă  cette rĂ©sonnance, elle n’est pour rien dans sa crĂ©ation. Selon de ChĂątillon, l’Ă©nergie nĂ©cessaire Ă  ces vagues provient de la haute troposphĂšre. Bref, les sources des bouleversements climatiques actuels seraient extĂ©rieurs Ă  la planĂšte !

L’auteur dĂ©montre un accroissement de l’activitĂ© solaire. Voir Ă  ce sujet la vidĂ©o ci-dessous. En dĂ©cembre 2001, la NASA a publiĂ© des photos de la planĂšte Mars indiquant une fonte majeure de ses calottes polaires, tout comme sur la Terre. Un astronome russe, Pasichnyk, a rapportĂ© qu’il semblait se dĂ©velopper sur Mercure des calottes polaires, ce qui est considĂ©rĂ© comme impossible, vu sa faible distance du soleil. Sur VĂ©nus, des observateurs ont observĂ© en 1999 une luminositĂ© verte typique d’une atmosphĂšre composĂ©e d’oxygĂšne, ce qui a causĂ© une grande surprise. On a observĂ© dans l’atmosphĂšre de Mars la formation de nuages et le champ magnĂ©tique de Jupiter a doublĂ© d’intensitĂ© depuis 1992. En 1997, on a observĂ© la formation d’un gigantesque tube de plasma entre Jupiter et Io, une de ses lunes. L’Ă©nergie colossale nĂ©cessaire Ă  ce phĂ©nomĂšne est de l’ordre de plusieurs millions d’ampĂšres. On a observĂ© depuis quelques temps des aurores brillantes Ă  la surface de l’atmosphĂšre de Saturne, ce qui indique une augmentation de sa charge Ă©lectrique. MĂȘme chose pour Uranus, soumise Ă  de fortes luminositĂ©s et des aurores borĂ©ales. Bref, les scientifiques, tout en Ă©coutant les propos alarmistes des environnementalistes, se grattent la tĂȘte en essayant de comprendre la relation entre tous ces Ă©vĂ©nements. Selon Pierre de ChĂątillon, ce qui se passe est bien plus qu’un simple rĂ©chauffement climatique: il s’agit d’une vĂ©ritable tempĂȘte d’ordre cosmique, Ă  l’Ă©chelle de l’univers et nous serions sur le point de devoir y faire face, tout comme d’autres civilisations les ont subies il y a des milliers d’annĂ©es, et qui ont disparu de la surface de Terre…

En outre, le chef du Laboratoire d’Études spatiales de l’Observatoire de Poulkovo et membre de l’AcadĂ©mie des Sciences russes, Khabiboullo Abdoussamatov et plusieurs scientifiques apparus rĂ©cemment dans une Ă©mission de dĂ©bat sur la BBC expliquent que malgrĂ© les pressions qu’ils subissent, ils continueront Ă  affirmer que la production du CO2 serait l’effet et non pas la cause du rĂ©chauffement climatique. En fait, la hausse des tempĂ©ratures, disent-ils, prĂ©cĂšdent de plus de 800 ans la hausse de CO2 et est, de ce fait, une consĂ©quence de la hausse de tempĂ©rature. Bref, selon de plus en plus de scientifiques, la cause du rĂ©chauffement du climat de la Terre est complexe, et semble rĂ©sulter d’une cascade d’Ă©vĂ©nements qui se passent sur notre soleil.
La personnalitĂ© la plus mĂ©diatisĂ©e qui incarne la lutte contre le rĂ©chauffement climatique en France est sans doute Nicolas Hulot. En dehors de cela, il est Ă©galement connu pour accepter des fonds de la part de grandes entreprises considĂ©rĂ©es comme polluantes Ă  l’image d’EDF, L’OrĂ©al ou RhĂŽne-Poulenc. Vincent Cheynet a Ă©crit Ă  ce sujet: « En fait, le diable en personne proposerait Ă  Nicolas Hulot de figurer dans son comitĂ© de soutien en lui promettant de fermer le robinet en se lavant les dents que l’hĂ©licologiste accepterait aussitĂŽt. Ce qu’il y a de magique avec le Pacte Ă©cologique, c’est qu’il n’y a plus ni pollueurs ni polluĂ©s, ni droite ni gauche, ni bien ni mal, ni exploiteurs ni exploitĂ©s, mais seulement des gentils consommateurs qui cliquent sur Internet pour sauver la planĂšte ».

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Sur son site, Nicolas Hulot s’appuie entre autre sur ce graphique pour dĂ©montrer le rĂŽle des citoyens dans la lutte contre la pollution et la trop grande Ă©mission de CO2, donc soi-disant contre le rĂ©chauffement climatique. Ces donnĂ©es sont sans doute correctes, mais est-il tout aussi correct de remettre la majoritĂ© de la faute du rĂ©chauffement climatique (qui n’est sans doute pas du tout d’origine humaine, d’aprĂšs ce que nous avons vu) sur le pauvre citoyen ? Il paraĂźt Ă©vident que non, car on ne leur propose aucune alternative permettant de continuer Ă  vivre et Ă  servir leur pays par le biais de leur travail aussi confortablement et efficacement avec des Ă©nergies renouvelables et non polluantes, car nos sociĂ©tĂ©s occidentales soient elles-mĂȘmes loin d’ĂȘtre en mesure de s’auto-suffire en usant d’Ă©nergies vertes. Elles n’ont donc pas les moyens, pour l’instant tout du moins, de proposer des services assez efficaces pour permettre Ă  une quantitĂ© significative de citoyens de remplacer leur mode de consommation d’Ă©nergie et d’obtenir ainsi des rĂ©sultats non-nĂ©gligeables sur l’Ă©mission totale de CO2. Il est d’ailleurs intĂ©ressant de mettre ceci en relation avec l’avant-dernier paragraphe de l’article de RĂ©gis Mex Ă  propos du problĂšme environnemental, dans lequel il dit ceci:

« Alors que le chemin devrait ĂȘtre tout ouvert devant ces alternatives, de nombreux lobbys dont les intĂ©rĂȘts se trouvent dans le commerce des hydrocarbures rachĂštent les brevets des inventions qui pourraient causer du tort Ă  leur entreprise, et freinent donc la recherche. Ils ne permettent pas que les Ă©vĂ©nements les dĂ©passent et qu’ils puissent perdre leur mainmise sur l’Ă©nergie Ă  cause de l’une ou l’autre invention permise par le progrĂšs, mais ils seront forcĂ©s, un jour ou l’autre, de se convertir Ă  d’autres types d’Ă©nergie que ceux dans lesquels ils font actuellement fortune, car la disparition du pĂ©trole et du gaz est bel et bien inĂ©luctable. C’est pourquoi il est permis de chercher mais pas de trouver ni de mettre en place des projets vraiment significatifs trop tĂŽt : il faudra attendre que ces magnats du monde financier soient prĂȘts Ă  faire migrer leurs intĂ©rĂȘts vers les nouvelles Ă©nergies, de sorte Ă  ne pas disparaĂźtre ni faire trop de pertes, pour que des nouvelles techniques puissent Ă©merger sur le marchĂ©. Mais, Ă©tant donnĂ© qu’ils iront sans doute jusqu’au bout de leurs moyens, c’est-Ă -dire attendre aussi longtemps que ces 30-50 ans de longĂ©vitĂ© des ressources le leur accordent, beaucoup de mal qui aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ© sera fait Ă  la planĂšte. MalgrĂ© tout, l’hypocrisie et le manque de scrupules sont poussĂ©s jusqu’Ă  ce que certains fonds d’investissement tentent de faire de l’Ă©cologie un business lucratif ; ces fonds se spĂ©cialisent dans l’achat et la vente de droits Ă  polluer dans l’objectif de faire du profit avec ce type de produits, exactement comme ils le font avec le pĂ©trole, avec les produits alimentaires, avec les crĂ©dits immobiliers, etc. Ces droits de polluer induits par les Protocoles de Kyoto semblent donc faire des heureux. Protocoles qui sont un retentissant Ă©chec, puisque outre le fait qu’ils n’ont mĂȘme pas Ă©tĂ© ratifiĂ©s par la premiĂšre puissance mondiale que sont les Etats-Unis, l’Ă©mission des gaz Ă  effet de serre a augmentĂ© de 35% au niveau mondial entre 1997 et 2007, et on conçoit mal ce que les États ont le pouvoir de faire pour contraindre des entreprises qui les dominent complĂštement Ă  baisser leurs Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. Ces derniers ont d’ailleurs Ă©tĂ© si gĂ©nĂ©reux avec les entreprises que le prix de la tonne de carbone est quasiment d’un niveau 0, leur permettant ainsi de polluer autant que cela leur chante. »

L’hypocrisie consiste donc Ă  donner l’illusion aux citoyens qu’ils ont le pouvoir d’avoir un impact sur la situation environnementale alors qu’en fait, ils ne l’auront que lorsque nos sociĂ©tĂ©s seront dĂ©cidĂ©es Ă  le lui donner. Pour l’instant, on semble prĂ©parer lentement la transition entre modes d’Ă©nergie basĂ©s sur les hydrocarbures et le nuclĂ©aire Ă  des Ă©nergies vertes dans les mentalitĂ©s. Mais tout laisse Ă  penser que ce dĂ©lai, qui s’annonce long, permet aussi aux magnats de l’Ă©nergie de se convertir petit Ă  petit de sorte Ă  conserver en dĂ©finitive leur monopole, ne laissant la recherche s’effectuer qu’au rythme qu’ils veulent bien lui accorder.

L’idĂ©e est aussi de rejeter systĂ©matiquement la responsabilitĂ© des pires tragĂ©dies sur le pauvre citoyen. Ainsi, pense-t-on, si on arrive Ă  faire en sorte qu’il croie sincĂšrement ĂȘtre celui qui doit faire changer les choses, on pourra instrumentaliser la façon dont il agira aux façons que l’on choisira, puisqu’il suit le chemin tout tracĂ© par la propagande de masse. On pourra alors, entre autre, leur faire accepter plus facilement leur propre asservissement s’ils sont convaincus que c’est pour le bien de la planĂšte. Joseph Goebbels, ministre du Reich Ă  l’Éducation du peuple et Ă  la Propagande sous le TroisiĂšme Reich (1933-1945), indissolublement liĂ© Ă  l’emploi des techniques modernes de la manipulation des masses et de la dĂ©magogie, disait que la meilleure façon de persuader le public de la vĂ©racitĂ© de quelque chose, c’Ă©tait de le lui rĂ©pĂ©ter ce quelque chose de façon massivement rĂ©pĂ©titive. Continuellement. Et finalement, le public croit que ce quelque chose est vrai, mĂȘme s’il n’est appuyĂ© par rien de tangible. Le sujet du rĂ©chauffement climatique rĂ©pond Ă  ses critĂšres, et sa diffusion est largement permise par des lobbys tels que le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat). Á noter Ă©galement que les fonds investis dans la recherche pour l’Ă©cologie et le climat sont passĂ©s de 170 millions de dollars par an avant Bush pĂšre Ă  2 milliards de dollars par an. D’oĂč de nouveaux investissements et des crĂ©ations d’emplois qui en ont fait un secteur rentable.

Tout ceci pour dire que notre cher Claude AllĂšgre a bien des raisons de douter, et que ceux qui l’accusent de « nĂ©gationnisme Ă©cologique » ont plus de scrupules Ă  protĂ©ger une version de la rĂ©alitĂ© pour des raisons plus confortables Ă©conomiquement et sociologiquement parlant que pour une rĂ©elle Ă©thique scientifique et morale. Pas Ă©tonnant donc qu’on en vienne Ă  utiliser le mot « nĂ©gationnisme » comme si nier l’origine humaine du rĂ©chauffement climatique Ă©tait aussi grave que de nier l’Holocauste. Tout est fait pour discrĂ©diter Claude AllĂšgre par les façons les plus mĂ©diocres qui soient.
Mais qu’en est-il de ses chances de rentrer au gouvernement ? Jean-Marc Jancovici raisonne que «Si Nicolas Sarkozy veut se ridiculiser Ă  huit mois du rendez-vous de Copenhague (le sommet sur le rĂ©chauffement climatique, NDLR), il peut nommer Claude AllĂšgre». Notons que Jancovici est un proche de Nicolas Hulot, trĂšs influent dans l’univers du dĂ©veloppement durable, et notamment auprĂšs de Martin Bouygues, l’ami de toujours de Nicolas Sarkozy.

Mais les chances que Claude AllĂšgre soit nommĂ© au gouvernement sont, malgrĂ© tout, loin d’ĂȘtre inexistantes: Alain JuppĂ© estime que l’arrivĂ©e de Claude AllĂšgre constituerait un «contre-signal formidable» en raison des positions du scientifique sur le rĂ©chauffement climatique.
Nicolas Sar­kozy lui-mĂȘme, malgrĂ© toutes les critiques que nous avons relevĂ©es, semble dĂ©cidĂ© Ă  nommer cet homme, qu’il considĂšre comme «trĂšs intelligent». «Il s’en fout de ce que pensent ses ministres, il veut s’entourer des plus intelligents», dĂ©crypte un ministre. Le prĂ©sident veut surtout maintenir et amplifier sa politique d’ouverture.

De plus, si le transfert de Xavier Darcos au ministĂšre de la Justice ou Ă  l’IntĂ©rieur se prĂ©cise, Nicolas Sarkozy se trouve bien en peine de lui trouver un remplaçant. D’oĂč la tentation de nommer un spĂ©cialiste du sujet, plutĂŽt proche de la gauche. «Il est dans le schĂ©ma de rĂ©flexion du prĂ©sident», confirme l’un de ses collaborateurs.

On se demanderait bien quel mal prendrait le gouvernement Sarkozy pour refuser un homme qui a largement prouvĂ© ses compĂ©tences sous le gouvernement Jospin et qui a le mĂ©rite d’aller dans le contre-courant de la pensĂ©e Ă©cologiste dominante pour affirmer sa propre conviction des choses, qui est, Ă  n’en pas douter, la plus proche de la rĂ©alitĂ©. Sa nomination ne pourrait clairement ĂȘtre qu’un plus, ajoutant un ministre compĂ©tent et honnĂȘte dans ses opinions, prĂ©fĂ©rant Ă©viter la langue de bois, auprĂšs de Nicolas Sarkozy. Mais il reste Ă  ce que ce dernier fasse son choix…

AgatĂ  Kovacs, pour Mecanopolis

Profil Facebook de AgĂĄta Kovacs

Pour ceux qui voudraient approfondir le sujet du rĂ©chauffement climatique d’origine non-humaine, je conseille l’excellent documentaire que vous trouverez Ă  ce lien

Extraits-résumés du documentaire:

« C’est dans les annĂ©es 70 que la thĂšse du rĂ©chauffement climatique commença Ă  se rĂ©pandre. La premiĂšre personnalitĂ© politique qui fut intĂ©ressĂ©e par le rĂŽle que cette thĂšse pourrait jouer sur la scĂšne politique fut Margaret Tatcher qui, aprĂšs la grĂšve des mineurs, voulait que son pays dĂ©pende le moins possible du charbon et du pĂ©trole. Elle  privilĂšgia alors le nuclĂ©aire. L’adoption de la thĂšse du rĂ©chauffement climatique dĂ» Ă  l’excĂšs d’Ă©mission de CO2 d’origine humaine contribua Ă  renforcer la crĂ©dibilitĂ© du nuclĂ©aire à la diffĂ©rence du charbon et du pĂ©trole, rĂ©putĂ©s peu Ă©cologiques. »

« AprĂšs la chute de l’URSS, de nombreux anciens communistes se sont subtilement reconvertis dans une nouvelle idĂ©ologie qui allait naturellement contre le sens du capitalisme; l’Ă©cologie. Ils y distilĂšrent leurs principes nĂ©o-marxistes. »

mai 23 2009

La dĂ©gradation de l’environnement restera-t-elle un problĂšme majeur du XXIĂšme siĂšcle ?

Par Régis Mex

De nos jours, le respect de l’environnement est l’un des sujets que nos postes de tĂ©lĂ©vision et de radio nous rabĂąchent le plus. Or, je doute que beaucoup de citoyens pensent rĂ©ellement qu’il leur incombe de remĂ©dier Ă  la plus grande partie du problĂšme Ă©cologique en prĂ©fĂ©rant se rendre en bus plutĂŽt qu’en voiture sur leur lieu de travail ou en ne laissant pas couler le robinet pendant qu’ils se brossent les dents. Nous devrions plutĂŽt attendre de nos hommes politiques qu’ils prennent des dĂ©cisions significatives Ă  l’Ă©chelle nationale, voire mondiale, pour lutter contre la pollution. Comme le dĂ©bat que l’Ă©cologie suscite part souvent dans divers sens confus et simplistes, dont la finalitĂ© culpabilisera souvent le petit citoyen, je vous propose ma propre rĂ©flexion sur le sujet.

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La pollution est effectivement quelque chose qui est intrinsĂšque Ă  notre monde, mais qui s’est manifestĂ©e sous des formes multiples Ă  travers le temps. À la pollution animale, naturelle, a succĂ©dĂ© la pollution humaine, irrespectueuse de l’Ă©quilibre. Celle-ci peut constituer un vĂ©ritable danger du fait de son pouvoir de casser la fragile stabilitĂ© environnementale, mais ses consĂ©quences peuvent-elles menacer la survie de l’humanitĂ© pendant tout le reste de son existence ?

Il convient tout d’abord de s’entendre sur ce que nous qualifions de pollution en fixant une dĂ©finition bien prĂ©cise Ă  ce terme. Nous pourrions lui donner le sens communĂ©ment admis qui dĂ©crit la pollution comme la « modification dĂ©favorable du milieu naturel qui apparaĂźt en totalitĂ© ou en partie comme un sous-produit de l’action humaine, au travers d’effets directs ou indirects altĂ©rant les critĂšres de rĂ©partition des flux d’Ă©nergie, des niveaux de radiation, de la constitution physico-chimique du milieu naturel et de l’abondance des espĂšces vivantes » ; c’est sous cet angle de vue que nous allons aborder les choses. Nous exclurons ainsi la pollution animale, terme qui sonne plutĂŽt faux, car, bien que la vie des animaux comporte parfois des comportements nocifs Ă  l’environnement ainsi que la nĂ©cessitĂ© de toujours consommer des produits issus des crĂ©ations terrestres et d’en rejeter les dĂ©chets, cette façon de faire s’harmonise toujours totalement avec les lois naturelles, et elle ne crĂ©e donc en aucun cas de dĂ©sĂ©quilibre ni de souillure qui puisse avoir un quelconque impact contre-nature sur l’environnement. Les animaux font effectivement partie intĂ©grante de la nature, et c’est pourquoi parler de pollution animale ne peut ĂȘtre dĂ©nuĂ© d’une consonance paradoxale, puisqu’elle ne modifie en rien le milieu naturel d’une façon dĂ©favorable qui n’aurait pas Ă©tĂ© prĂ©vue par les lois de la nature, contrairement Ă  l’homme, et c’est de son cas que nous dĂ©battrons, puisqu’il est le seul qui cause une pollution qui soit significative. L’ĂȘtre humain est effectivement plus qu’un animal intelligent ; il a la capacitĂ© d’imaginer, de crĂ©er et de se mettre en phase avec des idĂ©es et principes qui dĂ©passent les lois naturelles fondamentales desquelles les animaux peuvent s’Ă©carter. De ce fait, il a rĂ©ellement le pouvoir de faire deux choix extrĂȘmes : vivre en osmose avec la nature ou la dominer. Il ne faut pas pour autant confondre ĂȘtre en symbiose avec son environnement et ĂȘtre soumis par lui, car pour parler de choix, encore faut-il avoir conscience de sa situation et de ses Ă©ventuelles alternatives ; ainsi les premiers hommes Ă©taient-ils maĂźtrisĂ©s par les lois naturelles avant le dĂ©but de la civilisation, moment auquel ils ont finalement pu s’extirper de cet Ă©tat de simple animal intelligent, et ĂȘtre en mesure de faire ce fameux choix entre l’attitude harmonieuse ou l’exploitation irrationnelle de leur environnement.

Nous pouvons opposer deux types de sociĂ©tĂ©s sur base de ce modĂšle : les civilisations de type occidental, que ce soient les Ă©gyptiennes, mĂ©sopotamiennes, grecques, romaines, scandinaves et autres de l’antiquitĂ©, qui, bien que nettement plus spirituelles et respectueuses de la nature que notre sociĂ©tĂ© actuelle (qualitĂ© qui a paradoxalement diminuĂ© au cours du temps proportionnellement Ă  l’amĂ©lioration des richesses matĂ©rielles et des moyens techniques), ne faisaient pas pour autant de leur environnement une rĂ©elle prĂ©occupation, ayant plutĂŽt tendance Ă  se rapporter Ă  des dieux Ă©chappant Ă  toute tangibilitĂ©. En revanche, les civilisations vivant en AmĂ©rique (essentiellement du Nord) Ă  la mĂȘme Ă©poque et jusqu’Ă  leur colonisation, de mĂȘme que quelques peuples chinois, asiatiques plus gĂ©nĂ©ralement et plusieurs tribus africaines ont longtemps Ă©tĂ©, et continuent de l’ĂȘtre pour certains, animistes. Donc, ces peuples Ă©taient baignĂ©s dans une civilisation, brillante au demeurant en ce qui concerne particuliĂšrement les Indiens d’AmĂ©rique, mais bĂ©nĂ©ficiaient d’une conscience plus large de l’importance de leur milieu naturel et y vivaient avec plus de prĂ©cautions. L’interprĂ©tation des forces naturelles majoritairement sous formes d’esprits plutĂŽt que de dieux contribuait Ă  les maintenir plus attentionnĂ©s aux rĂ©alitĂ©s de leur monde ; en somme, les esprits qu’ils vĂ©nĂ©raient, de façon semblable Ă  ce que les autres civilisations faisaient avec leurs dieux, Ă©tant parties intĂ©grantes de la nature, on ne peut que comprendre facilement la propension qui est nĂ©e Ă  entourer cette derniĂšre de tous leurs soins. L’histoire nous a cependant montrĂ© que ce n’est pas cette vision du monde qui a primĂ© et a Ă©tĂ© en mesure de survivre au cours du temps, car il semblerait que le point auquel ces peuples animistes se sont fondus et complais dans la nature a retardĂ© les nĂ©cessitĂ©s plus matĂ©rielles mais tout aussi vitales qui auraient contribuĂ© Ă  l’avancement de leur civilisation, ce qui les a rendus de faciles proies pour les peuples moins pacifiques, le meilleur exemple Ă©tant l’extermination des Indiens d’AmĂ©rique du Nord Ă  95% par les colons britanniques/amĂ©ricains. Le modĂšle qui a survĂ©cu a donc Ă©tĂ© celui de notre sociĂ©tĂ© actuelle, celui qui suit la loi de la raison du plus fort ; effectivement, au fur et Ă  mesure que les civilisations qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s et sur lesquelles reposent les fondations de notre sociĂ©tĂ© occidentale ont progressĂ©, cela s’est fait sur le plan matĂ©riel, des techniques et des inventions, et bien moins du point de vue de la sagesse, une certaine lassitude Ă©tant Ă©prouvĂ©e pour les anciens dieux farfelus, tout comme le dieu unique qui leur a succĂ©dĂ© se retrouvera progressivement dĂ©laissĂ© Ă  cause des abus et des Ă©garements du clergĂ© qui lui Ă©tait dĂ©diĂ©. En vĂ©ritĂ©, il est nĂ©cessaire de se rĂ©fĂ©rer Ă  ces Ă©lĂ©ments qui font partie des causes de la mentalitĂ© collective actuelle, puisqu’en effet, tout ceci nous permet de voir que plus une civilisation a Ă©voluĂ© sur le plan matĂ©riel, plus elle a rĂ©gressĂ© sur le plan philosophico-spirituel. Ainsi les innovations techniques ont toujours contribuĂ© Ă  dĂ©truire l’environnement, Ă  cette « modification dĂ©favorable du milieu naturel qui apparaĂźt comme un sous-produit de l’action humaine », en permettant une contrepartie d’amĂ©lioration du confort pour ceux qui en bĂ©nĂ©ficiaient, et de profit pour ceux qui en Ă©taient Ă  l’origine et les mettaient en oeuvre. Lorsque l’on trouvait de nouvelles ressources permettant d’amĂ©liorer Ă  la fois la puissance, l’utilitĂ© et les rendements que permettaient la technologie, ces mĂȘmes ressources Ă©taient presque toujours plus polluantes que leurs prĂ©dĂ©cesseurs. Le point d’orgue de l’Ă©garement dans le pur matĂ©rialisme est maintenant atteint avec la situation catastrophique dans laquelle nous sommes, que ce soit au niveau du rĂ©chauffement climatique, de la disparition des espĂšces, ou de la surconsommation… Mais si l’on se projette dans le futur, il semblerait que les choses soient destinĂ©es Ă  changer.

En effet, les rĂ©serves de pĂ©trole et de gaz mondiales n’ont plus qu’une durĂ©e de vie estimĂ©e Ă  33 et 56 ans, et il se fait de plus en plus difficile d’en trouver Ă©tant donnĂ© que, par exemple, la moyenne de l’importance des gisements de pĂ©trole que l’on dĂ©couvre devient de plus en plus petite. Le processus de disparition a donc dĂ©jĂ  commencĂ©, et ses effets se feront progressivement sentir pendant cette trentaine d’annĂ©es qu’il reste Ă  vivre au pĂ©trole. La demande de pĂ©trole, qui augmente de plus en plus, ne pourra donc pas ĂȘtre honorĂ©e, tout comme cela sera le cas avec le gaz plus tard. Il va donc devenir impĂ©ratif de trouver des mĂ©thodes alternatives, et ces derniĂšres ne pourront sans doute qu’ĂȘtre non polluantes.

Il est effectivement incontestable que l’on se penche de plus en plus sur des moyens « verts » de produire de l’Ă©nergie, que ce soit en utilisant l’Ă©nergie solaire, de l’eau, du vent… Autant de possibilitĂ©s exploitant des ressources naturelles renouvelables et infinies. Il est cependant inquiĂ©tant de voir que certains voient dans les biocarburants une source viable d’Ă©nergie, alors qu’ils ne peuvent ĂȘtre confectionnĂ©s qu’en utilisant de maniĂšre massive des produits le plus souvent vĂ©gĂ©taux et qui peuvent servir d’aliments, ce qui contribue Ă  dĂ©truire l’environnement encore plus qu’il ne l’est dĂ©jĂ , et Ă  aggraver une famine qui existe dĂ©jĂ  gĂ©nĂ©ralement dans les pays oĂč a lieu cette exploitation. Nous pouvons illustrer ces catastrophes par l’exemple qui est probablement le plus connu Ă  ce propos ; les fameuses cultures de soja brĂ©siliennes, qui demandent une vaste dĂ©forestation de la forĂȘt amazonienne pour crĂ©er des hectares d’espaces libres permettant la culture du soja. De surcroĂźt, comme ces terrains appartiennent Ă  de grosses entreprises, les petits cultivateurs indĂ©pendants subissent des pressions de leur part pour qu’ils quittent leur habitation et aillent s’installer ailleurs, dans des endroits oĂč ils ne pourront souvent plus gĂ©nĂ©rer des revenus dĂ©cents. Ajoutons Ă  cette destruction de l’environnement et Ă  cet appauvrissement de la population locale que tout ce qui est produit de la sorte pour crĂ©er des biocarburants est ce qui n’aura aucune chance d’arriver dans les assiettes des brĂ©siliens souffrant de famine. Il s’agit donc d’une Ă©nergie qui, je l’espĂšre, ne devrait pas rĂ©ussir Ă  s’imposer dans le futur.

La voie la plus crĂ©dible est donc bien celle des Ă©nergies vertes renouvelables, qui font de plus en plus l’objet d’Ă©tudes de viabilitĂ© et d’investissements.
Le soleil, la force de l’eau et du vent, l’hydrogĂšne et la fusion nuclĂ©aire sont thĂ©oriquement capables d’engendrer toute l’Ă©nergie dont l’homme a besoin. L’homme dispose de ressources potentielles illimitĂ©es: le problĂšme de leur utilisation est simplement technique. Dans les annĂ©es 1970, le futurologue Herman Kahn (1922-1983) considĂ©rait que la Terre pourrait nourrir 20 milliards d’hommes avec un revenu moyen nettement supĂ©rieur Ă  celui des pays dĂ©veloppĂ©s de l’Ă©poque, sans sous-estimer aucunement les problĂšmes d’environnement et de pollution, avec en perspective l’idĂ©e que le volume de la population se stabiliserait vers le milieu du XXIĂšme siĂšcle. Les problĂšmes sont plus qualitatifs que quantitatifs.

Il demeure cependant un problĂšme : alors que le chemin devrait ĂȘtre tout ouvert devant ces alternatives, de nombreux lobbys dont les intĂ©rĂȘts se trouvent dans le commerce des hydrocarbures rachĂštent les brevets des inventions qui pourraient causer du tort Ă  leur entreprise, et freinent donc la recherche. Ils ne permettent pas que les Ă©vĂ©nements les dĂ©passent et qu’ils puissent perdre leur mainmise sur l’Ă©nergie Ă  cause de l’une ou l’autre invention permise par le progrĂšs, mais ils seront forcĂ©s, un jour ou l’autre, de se convertir Ă  d’autres types d’Ă©nergie que ceux dans lesquels ils font actuellement fortune, car la disparition du pĂ©trole et du gaz est bel et bien inĂ©luctable. C’est pourquoi il est permis de chercher mais pas de trouver ni de mettre en place des projets vraiment significatifs trop tĂŽt : il faudra attendre que ces magnats du monde financier soient prĂȘts Ă  faire migrer leurs intĂ©rĂȘts vers les nouvelles Ă©nergies, de sorte Ă  ne pas disparaĂźtre ni faire trop de pertes, pour que des nouvelles techniques puissent Ă©merger sur le marchĂ©. Mais, Ă©tant donnĂ© qu’ils iront sans doute jusqu’au bout de leurs moyens, c’est-Ă -dire attendre aussi longtemps que ces 30-50 ans de longĂ©vitĂ© des ressources le leur accordent, beaucoup de mal qui aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ© sera fait Ă  la planĂšte. MalgrĂ© tout, l’hypocrisie et le manque de scrupules sont poussĂ©s jusqu’Ă  ce que certains fonds d’investissement tentent de faire de l’Ă©cologie un business lucratif ; ces fonds se spĂ©cialisent dans l’achat et la vente de droits Ă  polluer dans l’objectif de faire du profit avec ce type de produits, exactement comme ils le font avec le pĂ©trole, avec les produits alimentaires, avec les crĂ©dits immobiliers, etc. Ces droits de polluer induits par les Protocoles de Kyoto semblent donc faire des heureux. Protocoles qui sont un retentissant Ă©chec, puisque outre le fait qu’ils n’ont mĂȘme pas Ă©tĂ© ratifiĂ©s par la premiĂšre puissance mondiale que sont les Etats-Unis, l’Ă©mission des gaz Ă  effet de serre a augmentĂ© de 35% au niveau mondial entre 1997 et 2007, et on conçoit mal ce que les États ont le pouvoir de faire pour contraindre des entreprises qui les dominent complĂštement Ă  baisser leurs Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. Ces derniers ont d’ailleurs Ă©tĂ© si gĂ©nĂ©reux avec les entreprises que le prix de la tonne de carbone est quasiment d’un niveau 0, leur permettant ainsi de polluer autant que cela leur chante.

Il est donc clair que la pollution en tant que modification du milieu naturel par l’action humaine existera toujours, mais ce n’en est pas pour autant une « fatalité » dans le sens oĂč cela serait dĂ©favorable ; en effet, bien que cela blessera toujours la nature, il n’en est pas pour autant vrai que l’homme, pour vivre diffĂ©remment d’un animal, doit obligatoirement sortir du cycle naturel avec les consĂ©quences que cela engendre sur son environnement. Le problĂšme avec l’ĂȘtre humain, c’est qu’il a toujours manquĂ© de sagesse ; il a Ă©tĂ© conçu de sorte Ă  ĂȘtre une force de la nature Ă  part entiĂšre, ce qu’il est plus que jamais Ă  l’heure actuelle, pouvant influencer le cours de bien des cycles naturels, mais il ne s’est pas encore montrĂ© capable d’assumer rĂ©ellement cette responsabilitĂ©. En effet, les peuples animistes Ă©taient trop proches de la nature et pas assez des prĂ©occupations de leur civilisation, alors que faire progresser cette derniĂšre est tout de mĂȘme la raison d’ĂȘtre de l’homme ; en consĂ©quence, ils ont quasiment disparu et ceux qu’il reste Ă  l’heure actuelle ne vivent plus que dans un Ă©tat primitif, de mĂȘme que tous les autres modes de vie qui Ă©taient certes porteurs des meilleures intentions, mais trop Ă©loignĂ©s des nĂ©cessitĂ©s du monde rĂ©el pour que leur existence ne soit pas Ă©phĂ©mĂšre. Actuellement, dans nos sociĂ©tĂ©s de consommation dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es qui ont perdu les meilleurs repĂšres qui puissent guider l’ĂȘtre humain, comme Dieu, et qui ne jurent plus que par de futiles jouissances matĂ©rielles, nous sommes dans une optique extrĂȘme, dont le dĂ©faut est d’ĂȘtre si profondĂ©ment ancrĂ© sur ce que l’on pense ĂȘtre les rĂ©alitĂ©s du monde que l’on en oublie les choses autrement plus subtiles et utiles que ce qui est purement matĂ©riel, tangible, mais n’en est pas pourtant tout aussi nĂ©cessaire, rĂ©el et vital. Nul doute que cette stupide logique de court terme ne cause notre perte tout comme les Ă©garements d’autres peuples, sociĂ©tĂ©s ou civilisations ont causĂ© la leur. Mais il est encore possible de rectifier le tir. Il ne faut en aucun cas s’attendre Ă  ce qu’un changement providentiel vienne de nos gouvernements irresponsables, mais cela n’empĂȘche pas que l’on puisse avoir une certaine foi dans le destin, puisque comme nous l’avons vu, il semble que l’humanitĂ© soit obligĂ©e d’adopter des techniques d’Ă©nergie verte dans un avenir relativement proche. Cependant, bien que cela rĂ©glera peut-ĂȘtre le problĂšme des gaz Ă  effets de serre, qui seraient, bien que beaucoup de scientifiques en doutent encore, Ă  l’origine du rĂ©chauffement climatique, et que cela contribuera Ă  assainir l’environnement, il n’en reste pas moins que les problĂšmes de surconsommation qu’engendre la surpopulation, et qui causent une disparition affolante des espĂšces, persisteront. Cette surconsommation me semble d’ailleurs plus dramatique que le rĂ©chauffement climatique, et peut ĂȘtre Ă©galement considĂ©rĂ© comme une sorte de pollution. Reste Ă  savoir si ce type de pollution sera, lui, non seulement une fatalitĂ©, mais Ă©galement fatal au genre humain. Ce point relĂšve donc plus de la spĂ©culation que le premier, mais au vu du dĂ©rĂšglement climatique qui engendre des cataclysmes de plus en plus nombreux et violents, nous pouvons dĂ©duire que, si l’humanitĂ© ne rĂšgle pas bientĂŽt ce problĂšme d’elle-mĂȘme, en trouvant une parade, la Terre s’en chargera d’elle-mĂȘme. Cela ne causerait certainement pas une extinction du genre humain, mais un retour Ă  l’Ă©quilibre qui ferait des centaines de millions, si ce n’est des milliards, de victimes. Cependant, si l’humanitĂ© veut Ă©chapper Ă  cette tragĂ©die, elle doit se dĂ©barrasser de son modĂšle de vie dĂ©sĂ©quilibrĂ©, vouĂ© Ă  une mort certaine comme ceux qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©, et adopter enfin la sagesse du juste milieu, qui permette au genre humain de faire progresser ses particularitĂ©s d’humain en utilisant ce qui lui est nĂ©cessaire dans la nature pour faire avancer sa civilisation, mais en veillant aux lois qui permettent l’Ă©quilibre de son environnement. Une sorte d’intermĂ©diaire entre les caractĂ©ristiques des sociĂ©tĂ©s animistes et de celles de notre Ă©poque : une harmonie sans fusion, une exploitation sans domination. Tant que notre sociĂ©tĂ© n’aura pas atteint cet idĂ©al, les pires types de pollution ne pourront qu’ĂȘtre des fatalitĂ©s.

Régis Mex, pour Mecanopolis