août 31 2010

Terrorisme : le règne de la peur

Comment gouverner des populations rétives ? En leur faisant peur. Une martingale qui remonte à loin et qui se montre toujours efficace. Jusqu’à quand ?

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Naguère, le religieux se mêlait intimement au politique, la peur de l’enfer était donc un puissant levier de gouvernance, personne n’ayant envie de finir au fond d’un chaudron à se faire taquiner le fion par des diables cornus aux tisonniers fourchus. En Occident, le spirituel s’étant depuis longtemps incliné devant le temporel, le bidule fonctionne évidemment moins bien. Mais le Système étant connu pour avoir de la ressource, il aura suffi de changer les données de l’équation pour que cette dernière perdure, la peur de la mort ayant remplacé celle de la damnation.

Ainsi, chassez le religieux par la porte et il revient derechef par la fenêtre : d’où cette peur mondialisée, insufflée par les USA, entité à vocation mondiale et messianiste se confondant, pour les âmes simples, avec cet « Occident » évoqué à l’instant. Ils sont le camp du « Bien ». Ceux qui s’opposent se retrouvent donc dans celui du « Mal ». Et ce « Bien » autoproclamé ne peut « avancer » que s’il a en face un « ennemi » à sa mesure. D’où cet extravagant défilé de diables peints sur les murs et jetés à la vindicte populaire : jésuites comploteurs, bolcheviks au couteau entre les dents et…maintenant, islamo-terroristes. En guise de piqûre de rappel, on rappellera justement qu’en Inde, celle des serpents cause bien plus de morts que la nébuleuse islamiste.

Il n’empêche, le monde anglo-saxon, jadis connu pour son indubitable respect des libertés individuelles, est devenu l’un des plus liberticides au monde. Loi des suspects,arrestations arbitraires, tortures officialisées dans des goulags secrets, etc. Pis,enclenchant la surmultipliée, la Maison blanche, pourtant en guerre permanente depuis 1776, porte le fer partout dans le globe. Que ce soit en Orient, en Afghanistan, dans les Balkans, et de façon larvée en Amérique du Sud. Et avec à chaque fois ce prétexte : « Si nous menons la guerre au terrorisme,c’est pour mieux vous protéger… » Mais nous protéger de quoi ? Les structures d’Al-Qaïda ont été détruites depuis 2003, nos meilleurs analystes de la DRI et de la DGSE l’ont depuis longtemps confirmé. Ce n’est pas demain que des Talibans à mobylette parachuteront leurs troupes d’élite sur Time Square. On nous fait peur avec la « stratégie conquérante » de l’islam,mais qui dit « stratégie » dit « stratège »… Et si le Vatican peut avoir une stratégie – le Pape a une diplomatie, des moyens, une adresse, un numéro de portable – les musulmans et encore moins leurs « terroristes » n’ont rien de tout ça. Pas de stratège, donc pas de stratégie. Accuser l’adversaire de ses propres turpitudes, vieille ruse dialectique que les marxistes-léninistes ont si souvent employée, et qui ressert aujourd’hui à ceux dont les stratèges ont les moyens de leur stratégie : les tenants du Nouvel ordre mondial dont le pavillon américain n’est, en l’occurrence, que de complaisance. La ficelle est grosse ; du genre de ces histoires qu’on raconte aux enfants afin qu’ils finissent leur soupe.

Soupe mondialiste qu’on entend nous faire avaler de force pour notre bien. Sous la contrainte de la peur, celle qui est communément la mieux acceptée. Un peu comme si on demandait à une femme violée de faire semblant d’éprouver le grand frisson.

Nicolas GAUTHIER, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources

août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

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Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la thĂ©orie du pĂ©trole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pĂ©trole fournit aux USA, les Ă©lections prĂ©sidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



août 07 2010

En France, un père de huit enfants incarcéré pour « recherches historiques »

Par Paul-Éric Blanrue

Né en 1969, marié et père de 8 enfants, le Français Vincent Reynouard est ingénieur chimiste de formation, issu de l’ISMRA (Institut des sciences de la matière et du rayonnement atomique) de Caen. Il se présente volontiers comme catholique traditionaliste et ne cache pas ses opinions politiques ultra-conservatrices. Mais, surtout, il conteste publiquement, sous la forme de DVD et d’écrits, la version classique de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. ll fait partie de ces chercheurs se proclamant « révisionnistes » et qualifiés de « négationnistes » car ils ne croient pas à l’existence des chambres à gaz homicides dans les camps de concentration allemands.

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En 2005, Reynouard écrit et envoie à des syndicats d’initiative, des musées et des mairies un fascicule de 16 pages intitulé « Holocauste? Ce que l’on vous cache », dans lequel il prend le contre-pied de l’histoire académique. La justice française s’abat aussitôt sur lui.

En première instance, il est condamné, en 2007, par le tribunal correctionnel de Saverne (Bas-Rhin) à 1 an de prison ferme, 10.000 euros d’amende et 3.000 euros de dommages et intérêts pour la LICRA. En appel, en juin 2008, la Cour de Colmar confirme la peine de prison et le condamne à un total de 60.000 euros (20.000 euros d’amende + publications forcées et frais divers). Du jamais vu.

Comme Reynouard réside en Belgique, la France lance contre lui un mandat d’arrêt européen pour l’obliger à purger la peine de 1 an de prison ordonnée par la Cour d’appel de Colmar. Le 9 juillet dernier, il est emprisonné par la police belge, en attendant son extradition en France. Ce qui fait dire à l’intéressé : « Quand on ne songe qu’à la mise en prison pour se débarrasser d’un contradicteur, c’est qu’on n’a pas d’arguments. »

Conclusion : un homme de 41 ans, père de 8 enfants, est actuellement emprisonné pour ses recherches historiques, en raison de la loi Gayssot.

Cette loi, promulguée au Journal officiel de la République française le 14 juillet 1990, interdit, dans son article 24bis, le fait de « contester (…) l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international [dit de Nuremberg] annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945. »

Dans mon livre Sarkozy, IsraĂ«l et les juifs (voir la vidĂ©o en fin d’article, NdlR), j’ai rappelĂ© que cette loi liberticide a Ă©tĂ© vivement critiquĂ©e par des personnalitĂ©s comme l’acadĂ©micienne française Simone Veil ; le SecrĂ©taire perpĂ©tuel de l’AcadĂ©mie française, HĂ©lène Carrère d’Encausse ; les ministres Jean Foyer, Jacques Toubon, Alain Peyrefitte ; les historiens Henri Amouroux, Pierre Vidal-Naquet, Annie Kriegel, François Furet, Alain Besançon, Jacques Willequet et François BĂ©darida ; la fondatrice de l’Institut de recherche Hannah Arendt, Chantal Delsol ; le prix Nobel d’économie 1988, Maurice Allais ; les Ă©crivains Michel Tournier, Louis Pauwels, Michel Houellebecq, Philippe Muray, Jean Daniel, Vladimir Volkoff, Michel Rachline et Alain Robbe-Grillet ; les magistrats Philippe Bilger, Alain Marsaud et Raoul BĂ©teille ; les juristes Olivier Duhamel, Anne-Marie Le Pourhiet, Emmanuelle Duverger, AndrĂ© Decoq et Guy Carcassonne ; les avocats Jacques Vergès et John Bastardi Daumont ; le philosophe Paul Ricoeur ; l’humoriste Bruno Gaccio ; des dĂ©fenseurs de la libertĂ© d’expression comme le fondateur de Reporters sans frontières Robert MĂ©nard (qui la dĂ©nonce comme une « police de la pensĂ©e ») et Gabriel Cohn-Bendit ; les journalistes Dominique Jamet, Delfeil de Ton, Alain Rollat, Albert du Roy, Philippe Tesson, Jacques Julliard et Ivan Rioufol ; ou encore l’ancienne prĂ©sidente de la Ligue des droits de l’homme, l’historienne Madeleine RebĂ©rioux. Ă€ l’étranger, le linguiste amĂ©ricain Noam Chomsky s’en est dĂ©clarĂ© l’adversaire absolu. Pour le physicien et intellectuel belge Jean Bricmont, « la loi Gayssot est une rĂ©gression juridique de plusieurs siècles ». Les prĂ©sidents Hugo Chavez et Mahmoud Ahmadnedjad ont, quant Ă  eux, condamnĂ© sĂ©vèrement cette rĂ©pression.

Il nous incombe désormais de défendre la libre expression dans les faits et non plus seulement en théorie. Pourquoi n’entend-on personne dénoncer publiquement le sort réservé à Vincent Reynouard ? Que font Reporters sans frontières, Amnesty International et Human Rights Watch ? Aucun média, ni français ni étranger, n’a informé l’opinion de cette affaire. Un tel silence est anormal.

Personnellement, j’ai décidé de réagir en tant qu’historien et citoyen, et de faire savoir, par ce communiqué, combien je suis révolté par le fait que, chez nous, on jette en prison un homme pour ses opinions, aussi insolites, stupéfiantes et controversées soient-elles. Un tel traitement est indigne de la France et de sa tradition intellectuelle. La loi n’a pas à intervenir dans la définition de la vérité historique : dans un État libre, cette fonction est celle des historiens. La loi Gayssot, qui restreint la liberté du chercheur, est contradictoire avec la notion d’État démocratique ; c’est une loi scélérate. Je demande en conséquence son abrogation immédiate.

J’espère être bientôt rejoint par des dizaines, des centaines, des milliers d’autres personnes ne pouvant rester indifférentes face à ce scandale qui nuit gravement à l’image de la France et bafoue l’esprit de la République.

Celles et ceux qui veulent cosigner avec moi ce communiqué peuvent m’envoyer leur nom et leurs coordonnées à cette adresse : eugenie.blanrue@laposte.net.

Il ne s’agit pas de soutenir les idées religieuses, politiques ou historiques de Vincent Reynouard, mais de défendre son droit à les exprimer. Pour les contester, il suffit d’un débat démocratique, ouvert, franc et loyal.

Nous ferons le point sur ces signatures Ă  la fin du mois de septembre prochain. En attendant, merci de diffuser ce texte au maximum.

Paul-Éric Blanrue, historien

juil 18 2010

Affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy, ou comment noyer le poisson selon les règles de l’art

Pour mieux comprendre comment l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy prend une nouvelle tournure et se mĂ©tamorphose d’une affaire de financement occulte de parti politique en une simple affaire de dĂ©linquance financière, il faut lire attentivement ce qui va suivre. Depuis plus d’un mois, chaque jour apporte son lot de rĂ©vĂ©lations dans l’affaire Bettencourt devenue le feuilleton de l’étĂ© 2010, qui est en passe d’éclipser les sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es du genre Les Feux de l’Amour, Colombo et Inspecteur Derrick. Quoiqu’en disent les « gueulards » et les « aboyeurs » de l’UMP, Fillon en tĂŞte qui demande aux dĂ©putĂ©s UMP « d’avoir des nerfs d’acier », et Sarkozy qui a « blanchi » lui-mĂŞme son ministre de travail en monopolisant lundi 12 juillet l’antenne sur France 2, de 20 heures Ă  21H30, Mediapart a visĂ© juste et l’affaire Bettencourt rĂ©unit tous les ingrĂ©dients d’une affaire politico-financière, c’est-Ă -dire de financement occulte d’un parti politique par une gĂ©nĂ©reuse et richissime mĂ©cène, la milliardaire octogĂ©naire Liliane Bettencourt.

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Après les révélations de Mediapart, le parti socialiste réclame la constitution d’une commission d’enquête parlementaire et la nomination d’un juge indépendant. En demandant la constitution d’une commission d’enquête parlementaire, le parti socialiste sait pertinemment que les résultats de l’enquête accoucheront d’une souris et que l’UMP et le gouvernement s’en serviront, comme l’ont fait avec le rapport bidonné de l’IGF, pour se « blanchir » eux-mêmes. Attendre qu’une commission parlementaire fasse éclater la vérité dans l’affaire Bettencourt, c’est peine perdue , car elle ne dispose d’aucun pouvoir contraignant à l’égard des principaux protagonistes et encore moins vis-à-vis de Woerth et de Sarkozy. On voit mal une commission parlementaire aller mettre le nez dans les comptes de l’UMP. Ce n’est pas pour rien que Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale, s’est empressé pour approuver la proposition des socialistes pour la constitution d’une commission d’enquête parlementaire dans l’affaire Bettencourt.

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Quant à la désignation d’un juge indépendant, les socialistes se montrent assez naïfs et ils sont frappés par une incroyable amnésie en oubliant l’affaire Urba au début des années 1990 et le rôle joué à l’époque par le commissaire Antoine Gaudino et le juge d’instruction Thierry Jean Pierre qui avaient instrumentalisé la justice à des fins politiques. Il faut rappeler que ceux qui étaient à l’origine de l’affaire URBA, ce sont un commissaire de police judiciaire à la SRPJ de Marseille, Antoine Gaudino, proche du Front National et un juge d’instruction, Thierry Jean Pierre, aujourd’hui décédé mais qui avait été élu député européen sur la liste de Philippe de Villers. Il faut tout de même soulever un paradoxe dans l’affaire URBA. Si les juges Thierry Jean Pierre et Renaud van Ruymbeke ont pu mener leurs enquêtes jusqu’au bout, ce n’est parce que les juges et la justice étaient indépendants sous le règne des socialistes mais c’est tout simplement à cause des luttes intestines opposant les différents courants du parti, des luttes qui ont trouvé leur prolongement à l’intérieur de la machine judiciaire et qui ont paralysé son action pour freiner les enquêtes dans l’affaire URBA. Sans les règlements de compte entre les courants rivaux du parti socialiste, Henri Emmanuelli, ancien trésorier du parti socialiste, n’aurait jamais été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, à deux ans de privation de droits civiques et à 30 000 francs d’amende. On ne sait pas exactement ce que veut dire un juge indépendant, car les juges dépendent du ministère de la Justice qui les nomme et les désigne. On ne voit pas comment dans ces conditions là, des juges nommés par un pouvoir politique, en l’o ccurrence le garde des Sceaux, peuvent enquêter en toute objectivité et en toute indépendance surtout dans des affaires dites sensibles mettant en cause un chef de parti, un président de la République, un chef ou un membre de gouvernement. Pour empêcher toute poursuite pénale à son encontre dans les emplois fictifs à la mairie de Paris, de pots de vin et des comptes bancaires, l’ancien Président de la république, Jacques Chirac, aidé alors par Roland Dumas, président du Conseil Constitutionnel, avait fait voter par sa majorité une loi paralysant toute action publique pendant son mandat. Silvio Berlusconi avait fait la même chose en Italie pour paralyser toute action ou procédure judiciaire à son encontre. Des juges indépendants du pouvoir politique qui les nomme et qui les nourrit, c’est tout simplement de l’utopie. L’existence des trois pouvoirs séparés, c’est de la foutaise et avec sa théorie de la séparation des pouvoirs, le Baron de Montesquieu a tout faux. Tout ce qui existe dans une société capitaliste, c’est d’abord et avant tout un méga pouvoir, le pouvoir économique, qui conditionne et détermine les propriétés de tous les pouvoirs.

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Affaire Bettencourt et la technique de la diversion judiciaire

Quelqu’un a dit un jour que le meilleur moyen pour enterrer une affaire politico-financière, c’est de créer une commission d’enquête parlementaire. Cette légende est peut être vraie à 50%, mais pour être dans le vrai à 100%, c’est plutôt la justice inféodée au pouvoir politique qui est la mieux outillée pour accomplir cette alchimie. Avec l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy, la technique de la diversion judicaire a été immédiatement déclenchée dès sa révélation par Mediapart le 16 juin 2010. Il faut expliquer en quelques mots en quoi consiste cette technique de la diversion judiciaire qui s’enclenche automatiquement comme une soupape de sécurité dès que des hommes politiques ou un parti politique est mouillé jusqu’au cou dans une affaire politico-financière. Quand une affaire de corruption est révélée par la presse, le pouvoir politique se dépêche pour annoncer à l’opinion publique la saisine de la justice qui aura pour mission, pour employer la formule habituelle, « de faire éclater la vérité ». Jusqu’ici, tout le monde croit dur comme fer qu’il vit dans une démocratie avec un « pouvoir » judiciaire indépendant de la classe politique et du pouvoir économique. Tout le monde croit aussi que la justice mène des enquêtes objectives avec des procédures mises en œuvre d’une façon impartiale et objective. Ce qui est totalement faux. Pour élucider une affaire pénale, il faut commencer par un travail sur le terrain mené par des juges d’instruction et par des procureurs qui sont épaulés par des enquêteurs de la police judiciaire. Les enquêteurs de la police judiciaire ne font pas qu’à leur tête, ils enquêtent selon des qualifications des faits retens préalablement par les procureurs et par les juges d’instruction. Une fois munis de ces instructions, les enquêteurs de la police judiciaire vont rassembler des indices et des éléments matériels ou humains (par le témoignage et les interrogatoires des gardés à vue) et cela conformément et en fonction des qualifications des faits retenues par les procureurs et les juges d’instruction qui, eux-mêmes, reçoivent des instructions orales ou écrites, selon les cas, du garde des Sceaux. Ce sont ces indices et ces éléments matériels ainsi rassemblés et consignés dans des procès verbaux qui vont déterminer le déroulement normal de l’affaire et qui vont orienter dans un sens ou dans un autre le procès qui se tiendra devant le tribunal. Concernant les enquêtes de flagrant délit, les choses sont plus simples du fait que les indices matériels et les auteurs de l’infraction, du délit et du crime sont encore présents sur le lieu même du crime ou du délit. Ce sont l’actualité et l’antériorité immédiate du crime et du délit qui simplifient en quelque sorte le travail des enquêteurs de la police judiciaire. Mais s’agissant d’affaires dont les actes sont étalés dans le temps et dans l’espace, les choses se compliquent du fait de la complexité des actes et de leur espacement dans le temps entre le moment de la commission de l’infraction, du délit et du crime et celui où commence réellement le travail de la recherche des indices et des éléments humains et matériels. Dans les affaires politico financières, les choses s’avèrent encore plus compliquées à cause de l’opacité qui entoure le monde politico-financier et de la corruption qui se fait habituellement selon les règles de l’art, c’est-à-dire par le versement d’espèce et de valises de billets des corrupteurs aux corrompus. Les affaires de corruption ou de financement de parti politique sont rarement élucidées et nous en avons pour preuve aujourd’hui l’affaire Boulin dont la famille conteste la thèse officielle du suicide et qu’elle privilégie plutôt la thèse du meurtre pour une affaire immobilière à Ramatuelle.

Revenons à présent à l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy pour voir comment la technique de la diversion judiciaire a fonctionné dès que l’affaire est révélée par Mediapart le 16 juin 2010. Rappelons à toutes fins utiles que l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy a démarré avec la publication par Mediapart des extraits d’enregistrements réalisés par le majordome de la milliardaire de l’Oréal où il est question de trois chèques donnés à trois personnalités politiques: Valérie Pecresse, Nicolas Sarkozy et Eric Woerth. Sans être des preuves formelles et définitives, ces enregistrements pirates publiés par Mediapart le 16 juin 2010 créent une forte présomption de financement occulte de l’UMP et de la campagne présidentielle de Sarkozy par la généreuse donatrice, Liliane Bettencourt. Dans ces enregistrements piratés, on entend la voix de Patrice de Maistre demander à Liliane Bettencourt de signer les trois chèques en question. Certes, les paroles de Patrice de Maistre ne sont pas des preuves irréfragables mais elles ont néanmoins le mérite de constituer des indices et des éléments matériels sur lesquels pourront s’appuyer les enquêteurs pour mener leurs investigations dans l’affaire Bettencourt. Or rien n’a été fait pour vérifier la réalité des dires de Patrice de Maistre et les vrais bénéficiares des chèques signés par Liliane Bettencourt. S’il y avait des juges indépendants et une justice indépendante, ces premiers indices importants livrés par les enregistrements pirates publiés par Mediapart auraient débouché logiquement et immédiatement (disons trois ou quatre jours plus tard) à l’ouverture d’une information judiciaire ou d’une enquête préliminaire avec une commission rogatoire habilitée à perquisitionner non pas au siège de la société Clymène qui gère la fortune de Liliane Bettencourt ou chez le photographe François Banier mais au siège de l’UMP avec à la clé la saisie des disquettes où se trouvent stockées et consignées les opérations comptables de ce parti politique. La saine logique juridique aurait été, par l’intermédiaire de l’information judiciaire ou de l’enquête préliminaire, de vérifier si les indices livrés par les enregistrements piratés sont ou non de nature à former les éléments constitutifs d’une infraction à la loi sur le financement des partis politiques. Rien de tel n’a été fait dans l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy alors que dans l’affaire URBA, les juges Thierry Jean Pierre et Renaud van Rymbeke s’étaient rendus au siège du PS pour perquisitionner et pour vérifier les livres comptables du parti. Il y a bien eu ouverture d’une enquête préliminaire dans l’affaire Bettencourt sur les enregistrements mais elle n’a été ouverte que le 9 juillet 2010, soit 25 jours après la révélation de l’affaire Bettencourt par Mediapart. Pendant ce temps là, les informaticiens et le trésorier de l’UMP travaillent d’arrache-pied et ils auront sûrement tout le temps pour faire un bon « nettoyage » de leurs fichiers informatiques notamment toutes les données relatives à la comptabilité du parti.

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Au lieu de retenir provisoirement la qualification de financement occulte de parti politique et de mettre en Ĺ“uvre les procĂ©dures y affĂ©rentes, la machine judiciaire s’emballe mais pour orienter l’affaire Betencourt dans un sens qui lui Ă´terait tout caractère politique. La chronologie des Ă©vĂ©nements et le rythme des enquĂŞtes judiciaires en cours tĂ©moignent que la technique de la diversion judiciaire joue pleinement son rĂ´le de « dĂ©sorientateur ». En effet, depuis la mise en branle de la machine judiciaire, la question des chèques et du financement de l’UMP et de la campagne prĂ©sidentielle de Sarkozy disparaĂ®t ou passe au dernier plan pour ne pas apparaĂ®tre que les cĂ´tĂ©s accessoires de l’affaire Bettencourt comme l’Ă®le d’Arros aux Seychelles, la fraude et l’évasion fiscale d’une partie de la fortune de Liliane Bettencourt en Suisse, au Lichtenstein, en Uruguay. Ainsi, grâce Ă  la technique de la diversion judiciaire, l’affaire Bettencourt s’est-elle mĂ©tamorphosĂ©e en devenant une simple affaire de dĂ©linquance financière touchant des acteurs et des personnages de second rang dont le rĂ´le consiste plus Ă  brouiller les pistes qu’à faire Ă©clater la « vĂ©rité ». Par exemple, on entend de plus en plus dans les mĂ©dias des noms tels que François-Marie Banier le photographe accusĂ© par la fille de la milliardaire d’avoir extorquĂ© Ă  sa mère un milliard d’euros, du gestionnaire de l’île Arros aux Seychelles, Carlos Vijarana, de Fabrice Goguel, l’ancien avocat fiscaliste de Madame Bettencourt ou du gestionnaire de la sociĂ©tĂ© Clymène, Patrice de Maistre. DĂ©sormais, quand les mass medias Ă©voquent l’affaire Bettencourt, c’est pour parler des dĂ©mĂŞlĂ©s judiciaires de la milliardaire avec sa fille Françoise Bettencourt-Meyers. Sur Eric Woerth, sur Sarkozy, sur l’UMP et la campagne prĂ©sidentielle de 2007, silence radio. Si ces enquĂŞtes et ces gardes Ă  vue sont dĂ©sormais orientĂ©es dans le sens de l’évasion et de la fraude fiscale, c’est grâce Ă  cette redoutable alchimie qu’est la technique de la diversion judiciaire qui a le mĂ©rite de laver les hommes politiques et leurs corrupteurs au dessus de tout soupçon et selon les règles de l’art.

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On ne peut pas terminer cet article sur l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy sans avoir une « pensée » bien particulière pour la « malheureuse » Florence Woerth, l’épouse du ministre du Travail qui a démissionné de la société Clymène, la gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt pour éviter les conflits d’intérêt. Après son départ précipité de la société Clymène, on aurait pu penser que Florence Woerth passe le clair de son temps à l’Assedic. Erreur. Aux dernières nouvelles, Florence Woerth a créé comme par hasard une écurie de chevaux de course après le vote d’une loi relative initiée par son mari et relative à la libéralisation des jeux de course en ligne. Ce n’est pas tout. Avec son écurie de chevaux de course, Florence Woerth cumule un autre « travail » en siégeant au Conseil de surveillance de la société Hermès, filiale du groupe LVMH, propriété d’un autre milliardaire, rival de la patronne de l’Oréal, Bernard Arnaut. Alors que son mari s’occupe de l’allongement de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, sa femme Florence Woerth n’aura aucun problème de retraite puisque elle est rémunérée sous forme de jetons de présence par le Conseil de surveillance de la société Hermès, filiale du groupe LVMH à hauteur de 400 000 euros par an. Un peu moins qu’en même que la collectrice des pièces jaunes et l’espoir du luxe français dans le monde, Madame Bernadette Chirac qui siège au conseil d’administration de LVMH et qui touche la coquette somme de 650 000 euros par an. Il va sans dire que Bernadette Chirac 77 ans et Florence Woerth 53 ans n’auront aucun souci pour leurs vieux jours et elles n’auront pas à moisir dans des maisons de retraite entre quatre murs, entre l’inspecteur Derrick et question pour champion. On pensait que les privilèges en France ont définitivement été abolis dans la nuit du 4 août 1789.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Retrouvez Faouzi Elmir sur son blog Le Bulletin de l’International

Illustrations : Galerie de FIFI




juil 18 2010

Alain de Benoist : « La France n’a plus de politique mĂ©diterranĂ©enne depuis qu’elle s’est alignĂ©e sur les intĂ©rĂŞts israĂ©liens »

Dans notre monde post-moderne issu de la fin de la Guerre froide, ceux qui nous gouvernent ont oublié que, par nature, l’histoire était avant tout tragique. Piqûre de rappel du philosophe qui lui, ne l’a pas oublié…

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Voilà des années que l’on nous « promet » la guerre en Iran… Arlésienne ?

Cela montre au moins que le sujet reste d’actualité. Mais l’Iran n’est pas le désert des Tartares, et il y a quand même de bonnes chances que les armes finissent par parler. Où en est-on aujourd’hui ? Quand on parle de l’Orient compliqué, il faut raisonner simplement, c’est-à-dire partir du certain pour aller au probable. Ce qui est certain, c’est que l’État d’Israël souhaite de toutes ses forces une frappe militaire sur l’Iran (à tort ou à raison de son propre point de vue, là n’est pas la question) et, si possible, que ce soient les Américains qui y aillent à sa place. Problème : Obama n’est pas très chaud, pas plus que ne le sont les militaires de Washington, pour l’excellente raison que tous les scénarios d’intervention militaire imaginés au Pentagone débouchent sur des catastrophes.

Obama s’en tient donc pour l’instant aux négociations et aux sanctions. Mais ces dernières n’auront sans doute qu’un effet limité, ce qui peut permettre aux “faucons” de reprendre le dessus. Dans ces conditions, une attaque israélienne reste hautement probable, malgré les difficultés techniques et les risques inhérents à une telle entreprise. Elle provoquerait immédiatement une réplique qui pourrait mettre à feu et à sang toute la région. Se mettrait alors en place une dynamique dans laquelle les États-Unis seraient obligés de s’impliquer. Du moins est-ce ainsi que l’on raisonne à Tel-Aviv.

Autre possibilité : une provocation de grande envergure, qui permettrait d’attribuer aux Iraniens ou à leurs alliés un attentat “sous faux drapeau”, une tentative d’assassinat du président, ou que sais-je encore… Les États-Unis devraient alors intervenir sous la pression de l’opinion publique. On en est là.

Un énième conflit au nom d’une énième « croisade des démocraties »… Dans votre livre, « Au delà des droits de l’homme », vous dénoncez ce néo-impérialisme, à la faveur duquel les missionnaires catholiques ont été supplantés par de nouveaux évangélistes. Imposture ?

On peut y voir une imposture, mais il y a là une parfaite logique. Si je m’estime porteur de la vérité, alors je suis fondé à éradiquer l’erreur, c’est-à-dire à faire disparaître tout ce qui contredit mon point de vue. Et à le faire par tous les moyens. C’est le principe même de la “guerre juste”. Prétendre se battre au nom de l’humanité (les « droits de l’homme ») conduit immanquablement à placer ses adversaires hors humanité. Ceux-ci deviennent alors des ennemis absolus, des figures du Mal, avec qui une paix négociée est impossible. Le but de la guerre n’est plus la paix, mais l’extermination.

Au-delà des gesticulations verbales et de l’armée américaine qui bombe le torse en envoyant son armada dans le Golfe persique, on sait aussi que les Iraniens, en cas d’attaque aérienne, auraient désormais les capacités de détruire au moins la moitié de cette escadrille. D’un côté, Zbigniew Brzezinski, l’un des pontes de la géopolitique américaine assure que si Israël voulait bombarder l’Iran, il serait du devoir des USA de clouer son aviation au sol… De l’autre, les Israéliens retenteraient bien une Opération “Osirak”… Une autre guerre de retard ?

Le « danger nucléaire » joue, concernant l’Iran, exactement le même rôle que les armes de destruction massive dans le cas de l’Irak. Il s’agit de faire peur. Mais qui est en droit d’avoir peur aujourd’hui, sinon l’Iran ? J’ignore évidemment si les Iraniens auront un jour la bombe atomique. Ce que je sais, c’est que cette arme ne présente d’intérêt qu’en tant que force de dissuasion. Là aussi, les choses sont simples : on n’attaque pas une puissance dotée d’un armement nucléaire. La bombe atomique permettrait aux Iraniens de sanctuariser leur territoire, ce que les puissances occidentales, qui cherchent depuis toujours à contrôler ce pays en raison de la position-clé qu’il occupe sur le plan géopolitique, ne veulent évidemment pas.

Avec leur bombinette, les Iraniens ne seraient un « danger » pour personne, et surtout pas pour Israël, qui dispose déjà de plusieurs centaines de têtes nucléaires (non déclarées). Sait on que l’actuel budget militaire iranien (un peu plus de six milliards de dollars par an) est inférieur à celui de la Grèce, de la Suède ou de Singapour ? À l’exception des Émirats, l’Iran dépense moins par habitant pour son armée que n’importe quel autre pays de la région.

La Turquie lâche Israël pour se rapprocher de Téhéran. Mais dans le même temps, la Russie semble renouer avec les USA. Sans même évoquer la Chine et l’Inde. Redistribution des cartes ?

La Russie et la Chine doivent faire face à des impératifs contradictoires. Même s’il ne fait pas de doute que ces pays sont hostiles à une attaque contre l’Iran, leur intérêt n’est pas à court terme d’affronter directement les Américains.

Tout comme Obama, Medvedev et Poutine doivent en outre compter avec la pression des factions qui s’affrontent dans leur entourage. L’émergence d’un axe Brésil-Turquie-Iran, concrétisé par l’accord tripartite signé en mai à Téhéran, est en revanche d’une importance majeure. Cet accord montre que le monopole dont jouissaient naguère les puissances occidentales pour décider de l’ordre du monde est brisé. N’en déplaise à Bernard Kouchner, il faudra désormais compter avec les « pays émergents ».

En arrière-plan, la cause palestinienne, peuple majoritairement arabe et sunnite, mais aujourd’hui défendu avec plus de vigueur par les Turcs (pas des Arabes) ou les Iraniens (toujours pas arabes et chiites de surcroît). Fin du mythe panarabe ?

Les mythes ne meurent jamais, mais il ne fait pas de doute que le panarabisme appartient au passé. Dans le monde arabo-musulman, à l’époque de la Guerre froide, les nationalismes laïcs ont constamment été combattus par les États-Unis qui craignaient leur instrumentalisation par le bloc de l’Est. Pour faire pièce à ces mouvements, les Américains ont systématiquement encouragé l’islamisme, stratégie qui a culminé au moment de l’invasion de l’Afghanistan par les Russes. Que cette stratégie se retourne aujourd’hui contre eux est un juste retour des choses.

Et une France et une Europe inaudibles sur le sujet. Enterrement de première classe de notre politique méditerranéenne ?

La France ne peut plus avoir de politique « méditerranéenne » depuis qu’elle a choisi de s’aligner sur les intérêts israéliens. Quant à l’Europe, elle vit à l’heure de l’impuissance et de la paralysie. Hubert Védrine voyait juste quand il parlait récemment de « l’irrealpolitik » européenne, ce ménage brumeux d’ingénuité, d’abstraction et de prédication moralisante qui fait croire aux Européens qu’ils vivent dans un monde post-tragique où ils n’auraient plus à se penser comme des acteurs du jeu mondial. « Les Européens, disait Védrine, ne se résignent pas à ce que l’histoire du monde reste celle d’une compétition de puissances. Ils se sont privés des outils mentaux pour penser cette situation… » Le problème, c’est que les puissances réelles du monde réel savent,elles, très bien ce qu’il en est. C’est pourquoi il y a des rumeurs de guerre contre l’Iran.

Propos recueillis par Béatrice PÉREIRE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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44 UNE FLASH

juil 10 2010

Bettencourt-Woerth-Sarkozy, la saga de l’Ă©tĂ©

« L’affaire » Bettencourt-Woerth-Sarkozy tombe mal pour les mass medias capitalistes et pour le gouvernement de droite en France qui veut « réformer » l’âge de la retraite en augmentant l’âge légal de 60 à 62 ans. La défaite de l’équipe de France au Mondial de football en Afrique du Sud n’a guère arrangé l’affaire de la droite qui voulait mettre à contribution cet événement sportif pour divertir l’opinion publique pendant qu’elle accomplissait sa basse besogne. Avec « l’affaire » Bettencourt-Woerth-Sarkozy, la « réforme » de l’âge de la retraite bat de l’aile et paraît mal engagée mais elle n’est nullement compromise, car, pour les serviteurs des monopoles et du grand capital, rien n’est perdu d’avance et ce n’est que partie remise et seules leur persévérance et leur opiniâtreté paient en fin de compte. Tout devrait donc rentrer dans l’ordre dans quelques jours, une ou deux semaines au plus.

saga

À examiner les choses de plus près, on découvre que l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy n’en est pas une et que toutes ces agitations et tout ce tapage médiatique ne sont au fond que poudre aux yeux, tempête dans un verre d’eau et règlements de compte entre charognards et bandes rivales opposant partis politiques, journalistes, affairistes, socialistes, Verts (Mamère et Cie), Communistes (Museau et ses camarades), UMP, Modem (Bayrou), l’ancien et le nouveau trotskyste, Edwy Pleynel qui, sens de navigation oblige, cherche à se faire une virginité et à faire oublier son passé d’ancien journaliste et d’ancien rédacteur en chef du torchon Le Monde.

Les pleurnicheries et les lamentations des hommes politiques de droite comme de gauche veulent faire croire qu’ils sont blancs comme neige et que ceux qui ont révélé et qui se délectent de l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy pensent faire un scoop en mettant en évidence les rapports existant entre Capital (Grand ou petit peu importe), et politique. Personne n’est dupe et la soi-disant affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy ne trompe malheureusement que les naïfs et les imbéciles, car, c’est une constante dans l’histoire contemporaine et moderne, la politique et les affaires ont toujours fait bon ménage et elles ont formé et forment toujours un seul et unique monde, un couple inséparable pour le meilleur et pour le pire. Il faut le dire d’emblée sans vouloir se cacher derrière son doigt que les politiciens de quelque bord qu’ils soient (partis de droite, partis socialistes et communistes, les Verts, partis extrême droite etc) sont grassement payés pour faire de la figuration guignolesque à intervalles olympiques, en faisant croire aux masses débiles et manipulées par la propagande politique qu’ils sont les seuls maîtres à bord et qu’ils commandent au monde des affaires alors qu’ils ne sont en réalité que des figurants et des marionnettes commis(élus ?) pour voter des lois et pour légiférer dans l’intérêt bien compris du Capital et des grands capitalistes. Un seul exemple suffit pour nous convaincre de cette soumission servile de la politique vis-à-vis du Capital. On se souvient encore, en septembre-octobre 2008 et encore tout récemment lors de la crise grecque, comment les serviteurs des monopoles, les responsables politiques américains et européens, se sont démenés et ils se sont mis à quatre pattes pour trouver, comme par miracle et par baguette magique, des centaines et des milliers de milliards pour sauver des banques et des compagnies d’assurance en faillite. Alors qu’ils n’arrêtaient pas de claironner à qui voulaient l’entendre, quelques jours avant la crise financière et bancaire de 2008, que les caisses des États étaient vides. Comprendra qui pourra.

Si révélation il y a, l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy révèle au grand public le visage de Madame Liliane Bettencourt au sens propre et figuré du terme. D’abord, au sens propre, les téléspectateurs de TF1 ont pu remarquer lors de l’interview accordée à la journaliste Claire Chazal, le ravalement de façade de Liliane Bettencourt, 87 ans, qui la rajeunit de dix ans. Mais, à ce jour, ni les chimistes de l’Oréal ni la médecine chimique n’ont encore trouvé la potion magique qui permet à la richissime dame de retrouver ses facultés auditives. Ensuite, au sens figuré, le ton méprisant et la hargnerie de Liliane Bettencourt sont un concentré de la psychologie qui prédomine chez les membres de la classe des exploiteurs dans la société capitaliste et que l’on peut définir d’un seul mot: la pourriture.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Retrouvez Faouzi Elmir sur son blog Le Bulletin de l’International

juil 03 2010

Mme Woerth a organisĂ© l’Ă©vasion fiscale de Liliane Bettancourt

Selon un banquier de la place helvĂ©tique l’Ă©pouse d’Eric Woerth aurait, durant ces deux dernières annĂ©es, gĂ©rĂ© l’Ă©vasion fiscale de Liliane Bettancourt, cela au moment oĂą, alors ministre du budget, il brandissait une liste des 3000 noms de citoyens français soupçonnĂ©s d’Ă©vasion fiscale.

Les nouvelles rĂ©vĂ©lations du quotidien suisse La Tribune de Genève pourraient Ă©galement toucher l’Etat français Ă  son plus haut niveau, puisqu’elles Ă©clairent sur le financement pour le moins suspect de la campagne Ă©lectorale de Nicolas Sarkozy en 2007.

woerth

Un «Genevagate» menace les Woerth

Par Élisabeth Eckert, Tribune de Genève (Suisse)

Au fur et à mesure des révélations entourant la fortune de Liliane Bettencourt, les langues se délient à Genève. Les gérants de fortune de la place financière genevoise n’en veulent pas tellement à l’héritière de L’Oréal, qui pèse quelque 16 milliards. Mais à Eric Woerth, aujourd’hui ministre français du Travail, qui fut, il y a quelques mois encore ministre du Budget, n’hésitant pas à brandir la liste des 3000 noms de citoyens français, volée par Hervé Falciani en 2009 chez HSBC Private Bank (Suisse) à Genève.

L’un d’eux, spécialiste des «family offices» (sorte de banques privées pour très grandes fortunes) tempête: «Eric Woerth, qui avait fait de l’évasion fiscale sa priorité, nous a longtemps fustigés comme les ennemis numéro un. C’est lui aussi qui, avec Peer Steinbrück, alors ministre allemand de l’Economie, nous a conduits sur la liste grise de l’OCDE, celle des paradis fiscaux non coopératifs. Mais savez-vous qu’au même moment, sa femme Florence, l’une des gérantes de fortune de Liliane Bettencourt, était vue très souvent dans le «family office» de la milliardaire française, qui se situe à deux pas de l’Hôtel d’Angleterre?»

Cette entité de gestion de fortune genevoise fait partie de la holding Téthys qui gère les actifs de l’héritière, à savoir principa­lement les dividendes de son paquet d’actions chez L’Oréal et chez Nestlé, ainsi que ses biens immobiliers. Elle travaille main dans la main, mais depuis la Suisse (!), avec la société financière française Clymène, dirigée par l’homme de confiance Patrice de Maistre et employeur, depuis 2007, de Florence Woerth, épouse de l’ex-ministre du Budget.

Et notre financier fâché d’ajouter: «Eric Woerth, durant ces deux dernières années, ne pouvait pas ignorer que sa femme se trouvait très régulièrement à Genève. Et que ce n’était certainement pas pour voir son Jet d’eau!»

Les enregistrements illicites faits par l’ex-maître d’hôtel de Liliane Bettencourt ont déjà mis au jour deux comptes bancaires, l’un à Vevey, de 65 millions d’euros, l’autre à Genève, de quelque 16 millions d’euros. Ces deux comptes sont tellement réels que Liliane Bettencourt et son gérant de fortune Patrice de Maistre les ont déplacés au mois d’avril dernier, selon les dernières informations, non plus à Singapour ou Hongkong, mais dans une assurance-vie en France au profit du petit-fils de Liliane et fils de Françoise, aujourd’hui en procès avec sa mère. En 2009 et 2010, le directeur de la société financière Clymène a donc fait, de son propre aveu, de très nombreux aller-retour à Genève et dans l’arc lémanique, pour «qu’on enlève ces comptes».

Autre fait avéré des liens entre Clymène et Genève est le transfert, il y a quelque deux ans, de 280 millions d’euros des comptes français de Liliane Bettencourt chez UBS Genève. Enfin, selon des documents publiés cette semaine par l’hebdomadaire Marianne, il s’avère que la fortune déclarée en 2007 dans l’Hexagone par l’héritière L’Oréal et ses gérants s’élevaient à 2,2 milliards d’euros pour une imposition de 40 millions d’euros.

Enfin, en tant que trésorier de l’UMP, Eric Woerth, lui aussi, connaît visiblement passablement bien la route qui conduit à Genève, chez un autre de ses amis, Pierre Condamin Gerbier, responsable de l’UMP à Genève et gérant de fortune ardent défenseur des «family offices». C’est ce dernier qui s’est chargé, notamment, d’organiser le dîner de gala au Crowne Plaza, puis au Caviar House, avec les plus grandes fortunes françaises exilées en Suisse romande, en mars 2007, lorsque Woerth était venu collecter des fonds pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Or, comme le confiait un autre banquier genevois, lui aussi extrêmement courroucé, au Matin Dimanche en septembre 2009, «Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français.» La collecte finale avait rapporté, en tout, plus de 7 millions d’euros.

Élisabeth Eckert, pour la Tribune de Genève

Sur le même sujet, voir également le blog de Carton Rouge

juil 02 2010

Il n’y a pas et il n’y aura pas de reprise Ă©conomique

Par Clovis Casadue

Alors que le G20 de Toronto n’a servi à rien, sinon à enterrer l’idée d’une taxe bancaire internationale, une troisième phase de la crise se profile, sur fond de bruits de bottes en Iran.

flash

Un G20 inutile de plus, avec son lot de promesses qui ne seront pas tenues, et l’abandon définitif de l’idée d’une taxe bancaire internationale, puisqu’elle est laissée au “libre arbitre des États” qui voudront bien s’en accommoder. C’est-à-dire à peu près personne, ou alors de manière symbolique, comme les États-Unis qui, dans le cadre de leur nouvelle réforme financière, vont instaurer une taxe sur les institutions bancaires qui devrait rapporter… 19 milliards de dollars. Une somme bien maigre en regard de ce que les contribuables ont dû payer depuis 2008.

Mais ces derniers n’ont pas fini d’en baver, car une troisième phase de la crise se profile, qui sera d’une violence extrême, puisque les finances publiques sont détruites et l’économie mondiale moribonde.

C’est la banque nationale suisse (BNS) qui tire la sonnette d’alarme (1), car les premiers symptômes d’emballement sont d’ores et déjà perceptibles. Dans son « Rapport sur la stabilité financière », publié le 17 juin dernier, la BNS n’y va pas par quatre chemins : la discipline à laquelle les banques s’étaient astreintes dans l’attribution de leurs crédits hypothécaires depuis la crise commence à s’étioler, estime-t-elle.

Il n’y a certes pas encore péril en la demeure, mais la situation pourrait rapidement dégénérer si l’économie devait replonger en récession, provoquant, comme il y a deux ans, une réaction en chaîne sur tous les pans de l’économie mondiale.

« Sub-subprimes »

Depuis le début de la crise en 2008, l’administration américaine a soutenu le marché immobilier sinistré en rachetant pour 1 425milliards de dollars d’actifs pourris. Pour cela, il aura fallu accorder des crédits d’impôts à hauteur de 8 000 milliards de dollars aux ménages américains qui, de fait, sont insolvables et faire tourner la « planche à billets », surévaluant ainsi le dollar de 35 fois sa valeur réelle. Ces 8 000 milliards d’impôts sont arrivés à terme en avril et en mai dernier. Ils ont été en partie couverts par les crédits hypothécaires d’emprunteurs insolvables, dit NINJA (No Income, No Job, NoAsset : sans revenu, sans emploi, sans garanties) ou en train de le devenir, pris en charge par FannieMae, FreddieMac et GinnieMae, qui couvrent la totalité des crédits hypothécaires privés aux États-Unis, garantis à 100 % par le gouvernement depuis 2009. L’administration américaine a donc mis une couche de subprimes sur les anciens ou nouveaux subprimes, ce que nous pourrions appeler les « sub-subprimes ».

Barack Obama a donc fait pire que l’ancien Directeur de la Fed, Alan Greenspan, et Georges Bush réunis. Cette troisième phase de la crise ne devrait plus tarder à se faire sentir. Ce n’est qu’une question de semaines.

Il n’y a pas et il n’y aura pas de reprise

Pendant trente ans, les États-Unis se sont permis de produire de la dette et de la vendre sur la planète qui en avait fait un objet de spéculation. Ce cycle létal est terminé, et la dette américaine ne vaut définitivement plus rien. En attendant, le niveau de consommation s’écroule, de même que la production. Les États-Unis ont perdu presque 12 millions d’emplois depuis 2007. Les chiffres réels du chômage doivent avoisiner les 18 ou 20 %, raison pour laquelle 52 sénateurs ont récemment voté contre un élargissement de l’allocation chômage, alors qu’il est le plus important depuis 1930.

Le 7 juin 2010, l’Allemagne a lancé son plus grand plan d’austérité depuis 1945. 80 milliards d’euros devraient être économisés d’ici 2014, et ce sont principalement les chômeurs et les familles percevant des allocations familiales qui seront touchés.

Pour assainir les finances des États,le FMI exige d’eux de rendre plus flexible le marché du travail et de réduire les aides au chômage pour y parvenir. En France, contrairement à ce qu’affirmait le Premier ministre François Fillon sur France télévision il y a quelques jours, la situation de la dette gouvernementale reste très tendue, et l’on peut s’attendre chaque matin à une dégradation de la note de la dette publique du pays par les agences de notation.

Bruits de bottes en Iran

Alors que la semaine dernière nous apprenions qu’une armada de navires de guerre américains et israéliens franchissait le Canal de Suez, puis prenaient la direction de la mer Rouge (2) – itinéraire le plus direct vers le Golfe persique depuis la Méditerranée – au moment où nous rédigeons ces lignes, Téhéran vient d’envoyer à sa frontière Nord des unités des Gardiens de la révolution afin de contrer “une attaque” (3).

La banqueroute des États-Unis serait-elle de nature à provoquer un nouveau conflit au Moyen-Orient ? Pour faire diversion ou pour s’emparer des fabuleuses réserves d’hydrocarbures de l’Iran ? Dans l’immédiat, si cette guerre éclate et, par extension, cause la fermeture du détroit d’Ormuz où transitent 30 % des exportations mondiales de pétrole, c’est toute l’économie mondiale qui sera mise à genoux. Pour le seul bénéfice des États-Unis ?

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources

Note :

1. Le Temps (quotidien suisse) du 18 mai 2010

2. Lire Une armada de navires américains et israéliens se dirigent vers l’Iran

3. Lire Bruits de bottes à la frontière nord de l’Iran

flash

Tout se barre en sucette !
• Nicolas Gauthier condamne ces voyous au sommet de l’État.
• Novlangue et politiquement correct, par Topoline.
• Claude Camille Cornilleau, traducteur : “L’Académie française est
inadaptée à notre époque !”
• Entretien exclusif : Frédéric Martel, écrivain et producteur à
“France Culture”, analyse les dessous de la culture mondialisée.
• Retraites : “Enfumer pour mieux plumer, c’est la technique sarkozyste
encore une fois à l’œuvre !”
• Sur les traces de George Orwell, Nicolas Bonnal décrypte la
prolétarisation de la race blanche.
• Les commandos israéliens formés par les fascistes de la République de
Salo ! Par Christian Bouchet.
• Années de plomb et stratégie de la tension. Ou quand la CIA faisait
la loi en Italie…
• Les Chinois contre les racailles : tout le monde en a marre !
Reportage dans le 19e arrondissement de Paris
• Un G20 inutile de plus. Une troisième phase de la crise se profile
sur fond de bruit de bottes en Iran.
Pour vous abonner en ligne et en toute sécurité : www.flashmagazine.fr
Tout se barre en sucette ! Sommaire de FLASH n° 33

• Nicolas Gauthier condamne ces voyous au sommet de l’État.

• Novlangue et politiquement correct, par Topoline.

• Claude Camille Cornilleau, traducteur : “L’Académie française est inadaptée à notre époque !”

• Entretien exclusif : Frédéric Martel, écrivain et producteur à “France Culture”, analyse les dessous de la culture mondialisée.

• Retraites : “Enfumer pour mieux plumer, c’est la technique sarkozyste encore une fois à l’œuvre !”

• Les commandos israéliens formés par les fascistes de la République de Salo ! Par Christian Bouchet.

• Années de plomb et stratégie de la tension. Ou quand la CIA faisaitla loi en Italie…

• Les Chinois contre les racailles : tout le monde en a marre ! Reportage dans le 19e arrondissement de Paris

• Un G20 inutile de plus. Une troisième phase de la crise se profile sur fond de bruit de bottes en Iran.

Pour vous abonner en ligne et en toute sécurité : www.flashmagazine.fr


juin 30 2010

Comment la France se dissout dans l’ordre mondialiste

Pour la majoritĂ© des Français, la suppression de la « garden party » du 14 juillet Ă  l’ÉlysĂ©e et dans les prĂ©fectures des dĂ©partements est accueillie comme une mesure d’Ă©conomie d’un État subitement devenu exemplaire. En rĂ©alitĂ©, alors que le prĂ©sident Sarkozy s’apprĂŞte Ă  modifier la Constitution pour que le budget de l’Etat soit subordonnĂ© au « triumvirat » (1) – BCE, Eurogroupe et Commission europĂ©enne -  elle est en fait un pas de plus, hautement symbolique, vers l’abandon de la souverainetĂ© de la France au bĂ©nĂ©fice d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste promulguĂ© par Washington.

sarkozy

MalgrĂ© les dĂ©saccords de façade, Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, Ă  l’avant garde du « PĂ´le Carolingien » d’une union fĂ©dĂ©rale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intĂ©rieure d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste.

Ainsi, la troisième phase de la crise Ă©conomique qui va frapper dans les semaines a venir (2) n’aura d’autre but que de mettre Ă  genoux les pays de l’Union europĂ©enne sous la dictature d’un gouvernement Ă©conomique, non plus des 16 pays de la zone euro comme il Ă©tait annoncĂ© ces derniers mois, mais des 27 pays membres.

Pire encore, nous verrons très prochainement comment le pouvoir totalitaire de Bruxelles projette d’utiliser la chute sans fin de l’euro et la crise des États pour faire adhĂ©rer Ă  l’Union europĂ©enne la Turquie et IsraĂ«l, de sorte Ă  Ă©loigner encore un peu plus l’Europe de la Russie, afin que la constitution d’une Grande Europe continentale indĂ©pendante et forte, susceptible de concurrencer les États-Unis – mais ainsi rendue impossible – ne voie jamais le jour.

Car c’est bien de cela dont il s’agit pour les États-Unis, depuis qu’ils ont pris conscience qu’une Europe forte et indĂ©pendante serait en mesure de les dĂ©passer dans tous les domaines de la puissance, notamment Ă©conomique, et dont les stratèges ont tout fait pour prĂ©venir le moindre rĂ©veil, tuer dans l’Ĺ“uf la moindre vellĂ©itĂ© d’autonomie, au cas oĂą quelques dirigeants lucides auraient dĂ©cidĂ© de mettre sur pied une Grande Europe continentale, rĂ©conciliant ses « deux poumons », orthodoxe et occidental.

Sarkozy supprime la « garden party »

Mais nous ne pouvons, sur ce sujet comme tant d’autres, jouer maintenant les innocents, puisque, depuis au moins une dĂ©cennie, les tenants de l’ordre mondial ont publiquement affichĂ©s leurs plans. Ici comme ailleurs, nous ne somme victimes que de notre inertie.

Le ministre des Affaires Ă©trangères Joshka Fischer avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours Ă  l’UniversitĂ© de Humboldt, le 12 mai 2000, relayĂ© quelques jours après par son prĂ©dĂ©cesseur dans le quotidien collaborationniste Le Figaro : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union europĂ©enne dans la perspective de son Ă©largissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du nouvel ordre mondial » (3). Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la mĂŞme annĂ©e : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substituĂ© un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, Ă  quelques distances, le Japon, y ont dĂ©jĂ  pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. A ses dĂ©buts, le nouveau gouvernement allemand avait laissĂ© un peu en friche le terrain de la politique Ă©trangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage europĂ©en sur l’arrière plan de la mondialisation. ».

La doctrine stratĂ©gique « globale » des États-Unis a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e une vingtaine d’annĂ©es auparavant. Il est clairement Ă©noncĂ© dans le nouveau concept Ă©tasunien de « stratĂ©gie nationale de sĂ©curité », dont le contenu fut rĂ©vĂ©lĂ© dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, Ă©laborĂ© en liaison avec le Conseil national de la sĂ©curitĂ© (NSA), plus haute instance amĂ©ricaine de sĂ©curitĂ© et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’Ă©ventuels rivaux, parmi les pays avancĂ©s et industrialisĂ©s, de dĂ©fier notre domination, ne serais-ce d’aspirer Ă  un rĂ´le plus grand Ă  l’Ă©chelle mondiale ou rĂ©gionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’Ă©merger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de la CEI ». En bref, il s’agit ni plus ni moins d’empĂŞcher par n’importe quels moyens l’Europe et le Japon, « alliĂ©s » relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie, mais encore redoutable, de relever la tĂŞte et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et Ă©conomique imposĂ© par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, car il Ă©claire par lui mĂŞme les intentions Ă©tasuniennes, et nous renseigne en mĂŞme temps sur la tâche que nous devons absolument accomplir si nous avons un tant soit peu l’intention de mettre en Ă©chec le plan mondialiste, et mĂŞme, pendant qu’il en est encore temps, de l’abattre comme un chien galeux.

La catastrophe qui frappera le monde dans les toutes prochaines semaines sera Ă©galement, pour le front clandestin qui ne cesse de s’Ă©tendre, l’ultime occasion de renverser l’actuel espace politique europĂ©en.

Pris comme n’importe qui à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

LoĂŻc Devaussac, pour Mecanopolis

Sur le même sujet, lire également Nicolas Sarkozy accélère l’affaiblissement programmé de l’Etat français

Notes :

1. Lire notre article Bruxelles instaure une dictature économique dans la zone euro

2. Notre camarade C. Casadue revient précisément sur ce sujet dans sa dernière chronique du magazine Flash, que nous publierons vendredi sur Mecanopolis.

3. Le Figaro du 20 mai 2000

juin 30 2010

Les attentats de Karachi, pouvoirs politiques et médiatiques

Un attentat meurtrier attribuĂ© de manière catĂ©gorique Ă  Al Qaeda, une obstruction manifeste du pouvoir politique lors de l’enquĂŞte, une affaire de corruption mĂŞlĂ©e au complexe militaro-industriel.Voici les protagonistes d’une affaire ayant bien des points communs avec le 11 septembre 2001.

karachi

Alors que les deux journalistes de mĂ©diapart, Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, viennent de publier leur ouvrage sur les attentats de Karachi, on peut constater sans trop d’effort et très logiquement, qu’Ă  chaque fois qu’une affaire touche « la raison d’État », les enquĂŞtes et autres investigations sont rendues extrĂŞmement difficiles.
Ă€ tous ceux qui crient au dĂ©lire lorsque l’on explique que le gouvernement Bush a empĂŞchĂ© toute enquĂŞte indĂ©pendante sur les attentats du 11 septembre, il est dĂ©sormais facile de les renvoyer Ă  cette affaire d’actualitĂ© franco-pakistanaise.

Une des conclusions de l’enquĂŞte des journalistes de mĂ©diapart est que la thèse attribuant les attentats de Karachi Ă  Al Qaeda n’est qu’ « une pure construction policière ». Plus grave encore, ils prouvent que le juge Jean-Louis Bruguière a dĂ©libĂ©rĂ©ment mis de cĂ´tĂ© la piste de la corruption dans un contrat d’armement, alors que son rapport d’instruction comportait de nombreux Ă©lĂ©ments clĂ©s dĂ©signant manifestement la piste des commissions occultes mettant directement en cause Édouard Balladur et Nicolas Sarkozy.
Ici encore, on retrouve des mĂ©thodes classiques d’obstruction Ă  la justice des Ă©lĂ©ments d’enquĂŞte dissimulĂ©s ou gardĂ©s hors de connaissance des parlementaires.

Dès lors, on a du mal Ă  comprendre pourquoi la plupart des journalistes français font coalition et s’opposent Ă  toute rĂ©flexion critique de la thèse officielle des attentats du 11 septembre 2001 donnĂ©e par le gouvernement Bush. Nous avons pourtant sous les yeux, une affaire de moindre envergure, mettant directement en cause des dirigeants de notre pays; et l’on constate une rĂ©ponse similaire du pouvoir politique, qui vise Ă  Ă©touffer l’affaire pour se protĂ©ger de fâcheuses retombĂ©es. Autre similitude, le bouc-Ă©missaire tout trouvĂ© est Al Qaeda. Et malgrĂ© le fait que l’ex-directeur du contre-terrorisme de la DGSE ait dĂ©clarĂ© qu’Al Qaeda Ă©tait morte en 2002, le juge Bruguière, lancĂ© dans l’aventure politique au sein du groupe UMP, n’a cessĂ© de dĂ©signer ce coupable facile en Ă©vitant mĂ©ticuleusement tous les Ă©lĂ©ments pointant la responsabilitĂ© vers des responsables politiques.

N’y voyez pas un raccourci hâtif, les nombreux parallèles entre ces deux affaires sont rĂ©unis ici pour prouver aux sceptiques qu’il est primordial de pouvoir enquĂŞter sur ce qui s’est passĂ© le jour du 11 septembre 2001. Tout comme les familles des victimes de l’attentat de Karachi, de nombreuses familles des victimes amĂ©ricaines rĂ©clament encore, neuf ans après, une enquĂŞte indĂ©pendante pour comprendre les raisons du dĂ©cès de près de 3000 personnes.

L’affaire de Karachi donne bien la mesure de l’indĂ©pendance du pouvoir judiciaire de notre pays. Comme dans tous les aspects de notre sociĂ©tĂ©, il s’agit d’un rapport de forces, familles des victimes contre dirigeants politiques, journalistes et parlementaires contre responsables de corruption, citoyens face aux raisons d’État et Ă  l’industrie de l’armement. L’avancĂ©e de l’enquĂŞte sur l’attentat de Karachi est le reflet de l’Ă©tat de santĂ© de notre sociĂ©tĂ©. Tout comme le traitement des attentats du 11 septembre 2001 met en lumière les valeurs et Ă©thiques souvent bafouĂ©es.


Les Attentats de Karachi n’ont rien Ă  voir avec Al Qaida
envoyé par ReOpen911
Comme pour le 11 septembre, le coupable désigné est Al Qaeda.
Comme pour le 11 septembre, l’enquĂŞte est entravĂ©e par le pouvoir politique.
Comme pour le 11 septembre, les pseudo-experts omettent sciemment les pistes dérangeantes.
Comme pour le 11 septembre, les mĂ©dias relatent l’avancement de cette enquĂŞte difficile. (Aux USA, de nombreux membres de la commission d’enquĂŞte ont dĂ©noncĂ© l’obstruction faite par le gouvernement Bush.)Et comme pour le 11 septembre 2001, on peut prĂ©dire que l’enquĂŞte va lentement s’enliser, que les responsables ne seront pas inquiĂ©tĂ©s. De cette affaire restera une idĂ©e trouble et diffuse, sans vĂ©ritable coupable dĂ©terminĂ©. Le spectre d’Al Qaeda, coupable potentiel et non disculpĂ©, persistant encore dans l’imaginaire comme un Ă©pouvantail efficace.  Mais Ă  trop utiliser cette marque dĂ©posĂ©e de la terreur, la population risque ne plus ĂŞtre crĂ©dule…
A moins que le courageux magistrat anti-terroriste Marc Trévidic, les familles des victimes, les citoyens, et les véritables journalistes ne se montrent plus exigeants envers leurs dirigeants!

Atmoh, pour le blog ReOpen911 sur Mediapart

Visitez le site des familles des victimes, qui vous invitent à signer leur pétition.