fév 09 2010

Le voile médiatique

Ainsi le « voile » va magnifiquement « voiler » les problèmes sociaux ! A nouveau l’opposition capital/travail va être occultée ! Diviser ceux que l’oppression capitaliste réunit ! Et réunir ceux que le capital divise ! Voilà ce que le « voile » va réussir à faire ! Et on retrouvera, comme par miracle, les dominés unis aux dominants au nom de la laïcité … qui oppresse !

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Bravo ! Résultat ? Collectivement nous allons « exclure » une minorité qui souffre ! Nous allons en faire nos boucs émissaires ! En quoi l’interdiction du voile serait moins violente que l’obligation de le porter ? Et nous prétendons, après cela, être les défenseurs héroïques de la liberté et de la fraternité !!! De même qu’à l’époque l’Education nationale a réussi à éjecter une cinquantaine de gamines de l’école sous prétexte qu’elles portaient une voilette moins moche que celle de nos nonnes et religieuses qu’on ne vilipende pas pour autant !

Qu’est-ce qu’elles en ont pensĂ© de notre libertĂ© et fraternitĂ© ? Mais nous avons brillamment rĂ©ussi la chose suivante : humilier des gamines ! Quelle gloire ? J’ai eu honte d’un tel lynchage ! Interdire Ă  des gamines voilĂ©es l’accès Ă  l’école est-ce Ă©ducatif ? Est-ce prĂ´ner l’émancipation ? Non ! C’est juste ghettoĂŻser culturellement ! Au nom de la liberté… nous excluons ! Il n’y a que les crĂ©tins umpistes ( et LO et F. Grond) pour le penser ! Au nom de la libertĂ© nous supprimons la libertĂ© !! J’ai eu ce genre de gamines en classe ! Elles sont bien ! J’étais de leur cĂ´tĂ© ! Il suffit d’accueillir !…. D’être gĂ©nĂ©reux ! De tolĂ©rer ! D’aimer ! De respecter !

Dans la dictature tunisienne le voile est interdit aussi ! Et ce, au nom de l’émancipation ! Et, pourtant, les femmes le portent ….. en signe de rĂ©sistance ! De mĂŞme qu’en Pologne des communistes dissidents ( complètement athĂ©es) allaient Ă  l’Eglise juste pour protester ! Au Pakistan, en Inde il y a des communistes qui sont Hindous et Musulmans ! Un an avant l’assassinat de Che Guevara en Bolivie, Camilo Torres – un curĂ© – mourrait les armes Ă  la main (le 15 fĂ©vrier 1965) en Colombie ! Il disait : « si JĂ©sus existait aujourd’hui il serait guĂ©rillero ». Sachant qu’il Ă©tait curĂ© l’auriez- vous combattu ??? Le prĂŞtre François Houtard (de Louvain) est anticapitaliste ! Il faut lire son livre sur la mondialisation ! Mais il est prĂŞtre ! Faut-il l’exclure ! Mieux : lutter contre lui ! OĂą allons-nous si nous suivons les voies de la division ? Les dominants aiment ça : les esclaves-salariĂ©s se battent entre eux – c’est le comble – pour un chiffon ! Pour moi la camarade Ilham qui porte le voile ne montre qu’une chose : son sentiment d’exclusion, sa volontĂ© de retrouver une identitĂ© et ce, Ă  travers le NPA ( ce qui est un honneur pour nous !). Ne dĂ©fendons-nous pas les exclus ? … d’oĂą qu’ils viennent ? Nous dĂ©fendons les palestiniens, les sans-papiers ; nous sommes contre la guerre en Afghanistan, etc… Et notre camarade Ilham? Il suffit qu’elle soit en France pour que soudain nous participions Ă  sa « lapidation » symbolique ? ! Bravo ! Sinon les strings, les kĂ©pis, les lederhosen, les cravates, etc. ce n’est pas interdit !!!? Absurde ! En Allemagne, aux USA ( cf le 1ier amendement), en GB, cette histoire de voile est considĂ©rĂ©e comme ridicule !

Moi qui suis parfaitement athée, j’ai tout de même lu la Bible, la Thorah, le nouveau testament, le Coran, Lao-Tseu, etc.. je vous conseille de méditer la parabole du « bon Samaritain » !

Conclusion : Diviser ceux que l’oppression capitaliste rĂ©unit ! Et rĂ©unir ceux que le capital divise ! Tel est le but de l’opĂ©ration « voile » !

« L’on ne sait ce que l’on doit le plus admirer : la ruse des dirigeants ou l’idiotie des gouvernés » C’est de Tchouang Tseu au 4ième siècle avant notre ère ! Serge Pralat de Solesmes (59).

Pierre Tévanian

« Le Voile MĂ©diatique« , dans toutes les bonnes librairies, 6 €

ISBN : 2912107245

fév 05 2010

Le compte à rebours est lancé

Article mis Ă  jour Ă  14h57 avec l’analyse de Paul Jorion

Le piège s’est refermĂ© sur la Grèce. MalgrĂ© les mesures drastiques prises ces derniers jours par le gouvernement PapandrĂ©ou, la faillite du pays semble inĂ©luctable. Elle ne manquera pas d’enclencher une rĂ©action en chaĂ®ne aux consĂ©quences pour l’heure incalculables. L’Allemagne Ă  beau dire que la pĂ©ninsule hellĂ©nique jouit « du soutien total de l’Union europĂ©enne », l’incendie gagne maintenant l’Espagne, le Portugal la Grande-Bretagne et l’Irlande qui ont laissĂ© pendant trop longtemps gonfler des bulles de crĂ©dit qui sont aujourd’hui sur le point d’exploser.

La nuit est en train de tomber sur l’Europe.

Mecanopolis

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Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la crise dans la crise que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s’étendre résolument en Espagne et au Portugal. Nous étions suspendus à un signal, qui aurait pu être donné par Jean-Claude Trichet, le président de la BCE – dont une réunion des gouverneurs avait lieu aujourd’hui – mais il n’est pas venu.

La Grèce doit continuer à ne compter que sur elle-même. Jean-Claude Trichet s’est contenté de déclarer que le gouvernement grec avait fait « des pas dans la bonne direction », ce qui impliquait qu’il allait devoir en faire d’autres. Cherchant à relativiser la crise actuelle, comparant le déficit public de la zone euro à celui des Etats-Unis ou du Japon : 6% pour la première et 10% pour les seconds. Une faible parade, puisque ce sont les maillons faibles de la zone euro qui sont menacés (et elle dans son entier, par ricochet) et qu’aucune manifestation de solidarité financière de sa part n’est donc toujours annoncée.

Analyse de Paul Jorion



Car il y a dans la situation actuelle une nouveauté importante : ce ne sont plus seulement les situations particulièrement périlleuses de tel ou tel pays de la zone euro qui semblent motiver les marchés, mais aussi l’inaction et le silence des principaux pays membres, l’Allemagne et la France. Car il est clair que les efforts qui sont demandés à la Grèce, vu leur importance extrême, ne pourront être réellement accomplis que si une aide financière lui est par ailleurs accordée. Sa fragilité de départ est accentuée par sa solitude dans l’épreuve, et non le contraire.

Les déclarations prononcées par Joaquim Almunia, commissaire aux affaires économiques sortant, avaient aggravé hier la tension. « Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs », avait-il déclaré à propos de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Un autre son de cloche prévalait aujourd’hui, afin de tenter de calmer le jeu. Le chef de file de l’Eurogroup, Jean-Claude Junker, déclarait que l’Espagne et le Portugal « ne posent pas de risque ». Caroline Aktinson, la porte-parole du FMI, choisissait pour sa part de décerner un satisfecit aux Grecs: « Nous pensons assurément que les objectifs du plan sont bien choisis ».

Les regards se tournent désormais vers Madrid, qui a préventivement annoncé un plan d’austérité de 50 milliards d’euro sur trois ans, accueilli avec scepticisme tant en raison de son montant et des mesures qu’il implique que des prévisions de croissance sur lequel il repose. Or, les rumeurs se multiplient à propos d’un abaissement de la note de la dette publique espagnole par une nouvelle agence de notation, emboîtant le pas de Standard & Poor’s, qui l’a fait en décembre dernier. Le taux des obligations à trois ans passant en moyenne à 2,61% à l’occasion d’une nouvelle émission, au lieu de 2,13% début décembre. L’Espagne a un autre poids économique au sein de la zone euro que la Grèce, elle en est la 4 éme puissance économique, et tout problème l’atteignant aurait d’importantes répercussions dans toute la zone.

Faute d’informations, on en est réduit à faire des suppositions, afin de comprendre les raisons de l’attitude des principaux pays de la zone euro. Il a été largement fait état de discussions, dans un premier temps, puis plus rien n’est sorti…. On sait seulement qu’une des solutions qui aurait pu être trouvée était la création d’euro-obligations, mais qu’elle a été refusée, depuis déjà des mois, tout à la fois par les Allemands, les Français et les Néerlandais. Car elle reviendrait, tous les pays de la zone émettant ce nouveau type d’obligations bénéficiant du même taux, à faire profiter de celui-ci les pays les plus vulnérables sur le marché de la dette, au détriment des plus forts, qui obtiennent actuellement de meilleurs taux que ceux qu’obtiendraient des euro-obligations. On a également envisagé de réunir des soutiens d’Etats isolés ou de groupes d’Etats, ainsi qu’une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a aussi été étudiée.

En réalité, le dossier n’est pas technique mais politique. Les mesures qui pourraient être adoptées pour soutenir la Grèce seront inévitablement appelées, en effet, à faire jurisprudence. Les sommes qui devraient être engagées et levées suivant des modalités ad hoc seraient plus que conséquentes et entraîneraient ceux qui les garantiraient, de jure ou de facto, plus loin qu’ils ne sont prêts à l’envisager. Créant par ailleurs une sorte d’aléa moral qu’il est hors de question d’accorder aux gouvernements (alors qu’il l’a été aux banques). Risquant de les induire à chercher à esquiver la mise en vigueur de plans d’austérité, l’objectif numéro 1.

Ce calcul risque d’être de plus en plus difficile à tenir, si l’Espagne et le Portugal entrent à leur tour dans la zone de tempête, risquant de déstabiliser celle de l’euro bien au-delà de ce que pourrait faire la Grèce. En réalité, la solidité de la zone euro est menacée dans les deux cas de figure possibles, en cas d’un secours généralisé à tous ses membres (mutualisant le coût d’une dette devenue énorme), ou en cas d’abandon des pays les plus faibles, ce qui sera très probablement illusoire. Il faut donc choisir entre deux risques.

Car qui dit que les marchés en resteraient là ? N’ont-ils pas compris que, dans la crise actuelle, c’est l’Europe en entier – zone euro et Grande-Bretagne – qui est le maillon faible qu’il faut attaquer ? Que l’éclatement de la zone euro ouvrirait un terrain spéculatif d’élection, permettant d’élargir le champ d’action du Forex (l’énorme marché hautement spéculatif des devises) ? Ils feraient ainsi coup double, disposant de nouveaux leviers pour leurs opérations financières et obligeant les gouvernements à entrer dans la dynamique vertueuse – de leur point de vue – de la résorption de leurs déficits, et de leur sollicitation moindre du marché obligataire. Laissant aux établissements financiers la place pour se financer à moindre coût.

Le compte à rebours est lancé.

François Leclerc

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fév 01 2010

Guerre ouverte entre Villepin et Sarkozy (vidéo)

C’est la guerre ouverte. Vendredi soir sur Canal+, Dominique de Villepin a porté des accusations d’une violence inouïe contre Nicolas Sarkozy, l’accusant de «duplicité». Selon lui, le procureur de la République Jean-Claude Marin aurait décidé de faire appel sur ordre du chef de l’Etat, à l’issue d’une réunion qui se serait tenue jeudi à l’Elysée, alors même que Sarkozy semblait vouloir passer à autre chose. Aux journalistes stupéfaits par cette affirmation péremptoire, il a assuré n’avoir «pas l’ombre d’un doute» sur cette «information» qu’il tient de «fonctionnaires de la présidence de la République».

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C’est peu dire, donc, que le nouveau procès imposé par le procureur Marin a provoqué la colère des amis de l’ex-Premier ministre. Déchaînés, ils évoquaient ouvertement la possibilité d’une prochaine scission de l’UMP, avec, à la clé, la création d’un nouveau parti politique. Ceux qui jugeaient «probable» une candidature Villepin à la présidentielle de 2012 la disent désormais «certaine». Ils assumeront sans états d’âme une défaite de la droite dans deux ans.

Qu’un procureur choisisse d’annoncer sa décision au micro d’une radio constitue, pour Villepin et ses amis une illustration supplémentaire de la grossièreté du sarkozysme. Un régime qui salit la République et ses institutions. Sarkozy? Ce n’est, pour son rival, qu’un bloc d’ambition pure et de haine, sans conviction, sans idées, sans cette «passion de servir» dans laquelle se drape l’ancien Premier ministre.

Ses amis et admirateurs le décrivaient vendredi comme une sorte de fauve dont les blessures ne font qu’accroître «la détermination». «Plus on l’attaque plus son énergie est forte», assurait Brigitte Girardin, animatrice du Club Villepin. Au porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, qui ironisait jeudi sur un Villepin remis en selle «mais sans cheval», un proche de l’ex-chef de gouvernement réplique, triomphant : «Ce n’est pas un cheval, c’est une cavalerie qu’ils nous ont donné !» Villepin lui-même aurait reçu de très nombreux messages de soutien. Y compris de «deux anciens Premier ministres». Les députés villepinistes assurent que dans leurs circonscriptions, les élus et militants UMP faisaient part jeudi leur satisfaction de voir enfin «tournée» la page de la division. Vendredi, les mêmes manifestaient leur consternation face à «l’acharnement» du chef de l’Etat. Selon ses animateurs, le Club Villepin aurait reçu sur Internet, près de 300 adhésions par heure depuis la relaxe. «Quand j’annonçais qu’on serait 100 000 à la fin de l’année, on disait que j’étais dingue. Mais ce pari, je vais le gagner»,s’emporte Jean-Pierre Grand, député (UMP) de l’Hérault.

Dans une vidéo (voir ci-dessous) à l’attention de ses supporteurs, Villepin revient sur son «ambition de servir»ceux qui ont en partage «l’amour de la France». Vendredi, sur Canal+, il a ajouté «qu’on ne peut à la fois multiplier les coups bas et servir les Français». Il jure qu’il ne tombera pas dans «le piège». Et pour le prouver, il annonce son intention «d’aller à la rencontre des Français», pour «rassembler tous ceux qui ont un idéal à défendre». A l’invitation du député Jacques Le Guen, il fait savoir qu’il sera le 15 février, dans le Finistère, auprès de producteurs de lait et d’éleveurs de cochons.

jan 30 2010

L’Islam, une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme (vidĂ©o)

Par HISNOULMUSLIM

Le 21 janvier 2009 Ă  la salle Colbert de l’AssemblĂ©e Nationale, le groupe de rĂ©flexion GĂ©nĂ©ration France créé par Jean-François CopĂ© recevait la prĂ©sidence du think tank amĂ©ricain l’Hudson Institut1.

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Il est fort Ă©tonnant qu’un cercle comme celui de GĂ©nĂ©ration France qui se targuait lors de sa crĂ©ation d’inspirer un nouvel Ă©lan Ă  l’identitĂ© française, reçoive en la personne de Kenneth Weinstein, un groupe de rĂ©flexion impĂ©rialiste amĂ©ricain dont le but avouĂ© est de consolider l’atlantisme au sein de l’Union europĂ©enne et de faire reculer l’Islam « isme »2.

C’est prĂ©cisĂ©ment dans le recoupement de ces informations que l’on prend conscience de la tromperie des mots.

Jean-François Copé :

« Au cĹ“ur de cette dĂ©marche de rĂ©flexion commune, j’ai souhaitĂ© placer le mot «France ». Parce que je suis convaincu que la question essentielle, c’est celle de notre identitĂ©. »3.

Nul doute que la première partie de la citation est correcte mais concernant la seconde il s’agit au minimum d’un double sens et reste Ă  chacun la sensibilitĂ© de dĂ©terminer de quelle identitĂ© il s’agit quand on dĂ©balle le tapis rouge Ă  des groupes dont les seules intĂ©rĂŞts sont d’imposer leur hĂ©gĂ©monie et leurs influences Ă  travers le monde.

Moins d’un an après cette rencontre, Ă  n’en pas douter « pour les intĂ©rĂŞts de la France », le prĂ©sident du groupe UMP Ă  l’AssemblĂ©e prenait tout le monde de vitesse en annonçant le dĂ©pĂ´t dès janvier 2010 d’une proposition de loi visant Ă  interdire le voile intĂ©gral dans l’espace public4.

Le 09 janvier 2010 le grand imam de l’UMP, « Shaykh CopĂ© » nous expliquait dans l’Ă©mission de Thierry Ardisson, Salut Les Terriens – CopĂ©-Burqa Le Face Ă  Face, que le voile intĂ©gral ne faisait pas partie de l’Islam selon lui.

Affirmation nĂ©cessaire pour passer Ă  l’Ă©tape supĂ©rieure consistante Ă  statuer prochainement sur la lĂ©galitĂ© de la libertĂ© de penser de ces fameux « talibans de quartier  » qui contrĂ´leraient le phĂ©nomène du niqab en France5.

Le 5 septembre 2006 le prĂ©sident amĂ©ricain de l’Ă©poque, George W. Bush, mettait en garde le monde contre un Khalifat Islamique aux portes de l’Europe6.

Le 27 aout 2007 c’Ă©tait au tour du PrĂ©sident de la RĂ©publique Française Nicolas Sarkozy, Ă  l’occasion de la confĂ©rence des Ambassadeurs, de mettre en garde contre le Khalifat7.

Il devient alors Ă©vident dans le temps, que la volontĂ© de faire peur avec l’Islam est nourrie et voulue dans le but de se doter d’un droit universel de modeler cette religion selon les convenances d’un « Grand Occident CoalisĂ© » contre un monde Musulman qui, refusant obstinĂ©ment de dĂ©laisser une partie de son Coran et de son mode d’emploi qu’est la Tradition du Prophète Muahmmad, n’est toujours pas incorporable en l’Ă©tat dans leur projet tant couvĂ© d’une gouvernance mondiale et qui commence depuis quelques annĂ©es Ă  Ă©clore de sa coquille.

Qu’avons-nous lĂ  ? Une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme.

Sans mĂŞme Ă©voquer le facteur eschatologique de la situation, c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce moment de la rĂ©flexion que peut se justifier la stigmatisation, l’hypocrisie et la calomnie Ă  l’encontre de l’Islam ainsi que la prĂ©sence d’une coalition forte de plusieurs centaines de milliers d’Hommes en terre musulmane8 ; dĂ©barquĂ©e lĂ  bas pour expliquer Ă  l’autochtone local Ă  coup de bombe, la supĂ©rioritĂ© de l’Ă©laboration de lois humaines sur leur conception de lois divines exemptes de toutes imperfections.

Le fait est que la plupart des volontĂ©s politiques du monde coalisĂ© sur la question de l’Islam converge vers l’objectif Ă©vident de le modeler comme toutes les autres religions l’ont Ă©tĂ©, quitte Ă  s’autoproclamer les droits et devoirs d’ingĂ©rences sur les populations que l’on aurait dĂ©cidĂ© au prĂ©alable d’affubler du titre de « MĂ©chant ».

HISNOULMUSLIM, pour Mecanopolis

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Notes :

jan 29 2010

Georges Frêche dénonce un complot de Martine Aubry

Georges FrĂŞche a dĂ©clarĂ© vendredi qu’il Ă©tait « le Villepin de Martine Aubry » estimant que la première secrĂ©taire du PS menait « un complot » contre lui après ses propos sur Laurent Fabius mais qu’il n’avait pas l’intention de lui servir de « punching ball ».

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« C’est un complot qui est montĂ© par Martine Aubry » qui « essaie d’utiliser ce qui se passe en Languedoc-Roussillon pour sa candidature Ă  la prĂ©sidentielle« , a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident sortant de la rĂ©gion sur Europe 1.

« Moi je suis le Villepin d’Aubry« , a-t-il lancĂ©. « Dans cette affaire, on m’utilise comme tĂŞte de Turc pour la campagne nationale des prĂ©sidentielles Ă  venir » mais « j’ai autre chose Ă  faire que de servir de punching-ball Ă  Martine Aubry« , a-t-il ajoutĂ©.

« Je suis comme Chirac en 1995, j’ai plein de couteaux dans le dos mais je suis debout et les couteaux ils vont tomber tout seuls« , a-t-il assurĂ©. « Faites-moi confiance : tout cela se rĂ©glera le 14 et le 21 mars« , a-t-il prĂ©venu alors que la direction du PS a dĂ©cidĂ© de prĂ©senter une liste de gauche alternative Ă  celle de M. FrĂŞche aux Ă©lections rĂ©gionales en Languedoc-Roussillon.

« Mme Aubry cherche Ă  Ă©liminer les fĂ©dĂ©rations PS de Languedoc-Roussillon parce qu’elle a peur qu’elles ne votent pas pour elle pour la prochaine prĂ©sidentielle, je crois qu’elle a gagnĂ© le pompon« , s’est-il moquĂ©.

« Si Mme Aubry veut servir de voiture-tampon aux Verts, c’est son problème mais ce n’est sĂ»rement pas le problème des socialistes » de la rĂ©gion, a-t-il dit estimant que la maire PS de Montpellier HĂ©lène Madroux choisie pour conduire la liste concurrente Ă  la sienne « ne reprĂ©sente pas grand chose ».

« J’ai 25 socialistes sur 28 au conseil municipal qui soutiennent ma candidature« , a-t-il assurĂ©. « Ici les gens, ils m’aiment, ça c’est une chose qu’Ă  Paris ils ont du mal Ă  comprendre« 

M. FrĂŞche a rĂ©affirmĂ© qu’il n’Ă©tait « pas question » pour lui de « s’excuser » pour ses propos contre Laurent Fabius car parler d’une « tronche pas catholique » relève d’une « expression courante« .

« Je parle le français, il faut cesser de parler de populisme (…) Ici les gens m’appuient » et « ce n’est pas le VIe arrondissement qui va rĂ©gler les problèmes dans ce pays« , s’est insurgĂ© M. FrĂŞche.

Le Monde

jan 29 2010

Pour la presse europĂ©enne, la « loi française sur la burqa » est islamophobe

Avec une loi qui interdirait le voile islamique intĂ©gral, la France voudrait dĂ©montrer qu’elle prĂ©serve sa tradition laĂŻque. Mais pour beaucoup de journaux, elle apparaĂ®t ainsi de moins en moins tolĂ©rante envers sa minoritĂ© musulmane. RĂ©glementer l’accès aux services publics est une chose, lĂ©gifĂ©rer sur la tenue vestimentaire arborĂ©e sur la voie publique en est une autre. Revue de presse europĂ©enne.

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C’est un vrai problème qu’explicite la SĂĽddeutsche Zeitung : « Interdire la Burqa, c’est Ă©chapper au problème (…) Mieux vaudrait rĂ©pondre Ă  la question fondamentale de savoir dans quelle mesure on a le droit de vivre selon ses traditions et ses règles religieuses. Au cous de siècles prĂ©cĂ©dents, c’est au christianisme que les sociĂ©tĂ©s occidentales se confrontaient. Aujourd’hui, c’est de plus en plus l’islam qui prend le relais »

A l’enseigne de « l’impossible interdiction », le site Presseurop a dĂ©cortiquĂ© pas mal de journaux europĂ©ens sur ce sujet chaud. Par exemple LibĂ©ration, quotidien pour lequel Ă  la contrainte, la majoritĂ© parlementaire « a tenu Ă  ajouter l’humiliation publique. Pour ces paranoĂŻaques de l’identitĂ© française, il faut donc que ces femmes, pourtant plus victimes que coupables, soit arrĂŞtĂ©es sur la voie publique et verbalisĂ©es ». Cette « exaltations prohibitrice » a quelques chose d’irrationnel et d’inquiĂ©tant ».

En attendant, « on y voit toujours pas très clair sur l’aboutissement ou non, rĂ©glementaire ou non, de ces discussions », commente La Libre Belgique. Car, note le quotidien, « rĂ©glementer les conditions d’accès aux services publics est une chose. Mais lĂ©gifĂ©rer sur la tenue vestimentaire arborĂ©e sur la voix publique en est une autre ». Et le risque existe pour le lĂ©gislateur d’ĂŞtre retoquĂ© par le Conseil constitutionnel ou la Cour europĂ©enne des des droits de l’homme.

Le quotidien danois Politiken estime pour sa part que la « meilleure manière de faire se propager la burqa et le niqab est de les « présenter comme des problèmes ». Ils deviennent ainsi des symboles – non pas de la soumission de la femme – mais de protestation et de défi.

Le Times de Londres confirme que la « burqa n’es pas une cape d’invisibilitĂ©. Toute personne la portant signale qu’elle souhaite rester hors de la sociĂ©tĂ©. Pour autant, personne ne souhaite voir la police arracher les voiles des femmes dans la rue. Les Français sont allĂ©s trop loin ».

Sur le mĂŞme sujet, lire Ă©galement cet article du journal Le Monde : Le New York Times accuse Sarkozy d’attiser la haine

Mecanopolis

Mecanopolis

jan 17 2010

Obama bombarde plus que Bush

Dix jours avant la confĂ©rence internationale sur l’Afghanistan, prĂ©vue Ă  Londres le 28 janvier prochain, les Ă©tats-majors subalternes des États-Unis ont en main un rapport alarmant de l’OTAN qui dĂ©montre que Barack Obama s’engage de plus en plus dans cette guerre lointaine et multiplie les bombardements, puis les opĂ©rations clandestines, bien au-delĂ  des frontières du seul Afghanistan.

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« Bush est dĂ©passĂ© par son successeur », remarque un diplomate français, citĂ© dans la dernière Ă©dition de l’hebdomadaire Le Canard enchaĂ®nĂ©. « Cette Ă©volution de la stratĂ©gie, on peut l’approuver ou la critiquer… Mais force est de constater que nous sommes impliquĂ©s dans ces opĂ©rations, sans y participer et sans avoir et consultĂ©s. »

Un document rĂ©cent de l’OTAN, qui a Ă©tĂ© escamotĂ© par les mĂ©dias, donne raison Ă  ce diplomate. Les analystes de « l’Alliance » se sont notamment intĂ©ressĂ©s aux « engins explosifs improvisĂ©s », utilisĂ©s par la rĂ©sistance afghane. En 2009, ils en ont recensĂ© 6′440, soit 17 ou 18 attentats quotidiens, et « quatre-vingt fois plus » qu’en 2003. Quant au dĂ©compte des militaires alliĂ©s tuĂ©s en Afghanistan, il a augmentĂ© de 400% en deux ans, et le nombre de blessĂ©s de 700%. Pas de quoi pavoiser, donc « et cette guerre ne fait que commencer » selon un analyste des services français de renseignement, citĂ© par Le Canard enchainĂ©.

Tueurs Ă  distance

Après avoir envoyĂ© 30′000 soldats supplĂ©mentaires, Obama vient d’autoriser une intensification des bombardements par avion sans pilote. Ces drones, sorte de robots espions guidĂ©s Ă  distance par la CIA ou les armĂ©es US, peuvent surveiller plusieurs zones, enregistrer des conversations, filmer des cibles et tuer quand on leur en donne l’ordre.

Aujourd’hui, ces engins perfectionnĂ©s se promènent au-dessus de l’Afghanistan, bien sĂ»r, mais aussi dans le ciel du Pakistan et du YĂ©men, qu’ils bombardent de temps Ă  autre, ou de la Somalie, qui connaitra sans doute bientĂ´t le mĂŞme sort que que l’Afghanistan.

« Assassinats ciblés »

« L’AmĂ©rique est en guerre ». Les diplomates français en poste Ă  Washington se l’entendent dire aujourd’hui plus souvent qu’au temps de Bush. Et le recours aux « assassinats ciblĂ©s », apanage de ces drones, est en train de devenir la politique officielle des États-Unis. Un exemple, dĂ©couvert dans une Ă©tude d’un centre de recherche US, New America Foundation : celui de l’assassinat de Baithullah Meshud, prĂ©sumĂ© chef des talibans au Pakistan. Il aura fallu neuf bombardements guidĂ©s par la CIA, et on e ne sait combien de victimes civiles non comptabilisĂ©es, pour « atteindre la cible ». Mais, au pays du hamburger, quand on dĂ©teste, on ne compte pas.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Avec les informations du Canard enchainé du 13 janvier 2010, dont nous vous conseillons vivement la lecture

Agáta Kovacs

déc 24 2009

Hortefeux primé pour son combat contre le racisme, la bonne blague !

Hortefeux vient d’ĂŞtre rĂ©compensĂ© pour son combat contre le racisme et l’antisĂ©mitisme par l’Union des Patrons et Professionnels Juifs de France. Guillaume Weill Raynal, spĂ©cialiste du « nouvel antisĂ©mitisme », vous informe sur ce que pense vraiment cette organisation qui considère Hortefeux comme un anti-raciste.

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Le ministre Hortefeux affiche publiquement un soutien inconditionnel à Israël

L’annonce officielle a Ă©tĂ© mise en ligne sur le site du ministère de l’intĂ©rieur vendredi 11 dĂ©cembre, Ă  22 h 44. Pas sur la page d’accueil. Il fallait cliquer sur la rubrique «Espace Presse» pour voir apparaĂ®tre, dans une liste d’articles, la mention «Colloque annuel de l’Union des Patrons et Professionnels Juifs de France»; et cliquer sur cette mention pour y lire que Brice Hortefeux viendrait clĂ´turer, le dimanche 13 dĂ©cembre Ă  18 h 30, le colloque annuel de l’UPJF, sans plus de prĂ©cision. Peu de risques de rameuter les mĂ©dias. On voit mal un journaliste bouleverser soudainement son week-end pour une annonce de dernière minute aussi vague, et surtout, aussi confidentielle.

Le sujet de ce colloque ? Les ruses de l’antisémitisme. Quoi de plus naturel, après tout, que le ministre de l’intérieur vienne honorer de sa présence une manifestation organisée sur ce thème très consensuel, comme il aurait pu le faire pour n’importe quelle autre manifestation du même ordre organisée par SOS Racisme ou Ni Putes Ni Soumises ? Certes, le programme annonçait que l’on parlerait des « ruses » de l’antisémitisme. Traduisez qu’il y serait sans doute proposé et développé une définition très « extensive » de la chose. Mais seul un incorrigible esprit chagrin aurait pu, à ce stade, soupçonner le ministre de venir ainsi cautionner l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme au service d’une cause partisane.

Le discours de Brice Hortefeux fut d’ailleurs très convenu : le ministre de l’intĂ©rieur assura simplement Ă  ses hĂ´tes – les dirigeants de l’UPJF – que les pouvoirs publics seraient toujours Ă  leurs cĂ´tĂ©s pour combattre toutes les formes de racisme et d’antisĂ©mitisme. Restait seulement Ă  s’entendre sur la dĂ©finition de ces formes, qui – on l’aura compris – sont infiniment rusĂ©es, comme l’annonçait l’intitulĂ© du colloque. Et comme le ressassent jusqu’à la nausĂ©e les articles fĂ©tides que le site de l’UPJF met inlassablement en ligne.

Par exemple, Les métastases de l’antisémitisme : un poétique vocable pour désigner tout ce que l’UPJF dénonce comme de nouvelles formes et vecteurs de judéophobie, à savoir, pêle-mêle, « les Arabes, les Palestiniens, Dieudonné et le rapport Goldstone », mais aussi « les universitaires, les artistes et autres intellectuels israéliens (…) Amnesty International, les ONG des Droits de l’homme », mais aussi et surtout, « l’Union Européenne et les Etats-Unis » (sous Obama, bien sûr), lorsqu’ils « exigent des concessions israéliennes en faveur de la paix » et réclament « l’expulsion des Juifs » des colonies de Judée et Samarie.

D’ailleurs Le temps de l’annexion (de ces territoires) est venu : « Israël doit mettre fin à cette farce » que constitue, selon l’auteur de l’article, l’hypothèse d’une future négociation sur les territoires palestiniens. «Ces terres sont nôtres, de droit Divin », et il est plus que temps de faire « revivre notre domination formelle sur ces terres après un interlude de près de 2000 ans ». L’assurance ainsi donnée par Brice Hortefeux d’être toujours présent à leurs côtés pour lutter contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme ne pouvait donc que combler d’aise les organisateurs du colloque ainsi que le public au premier rang duquel siégeaient, en bonne place, Richard Prasquier, président du CRIF, et Meyer Habib, vice-président, par ailleurs l’un des plus proches conseillers de l’actuel Premier Ministre israélien, Benyamin Netanyahu…

Pour faire bonne mesure, Brice Hortefeux évoqua aussi le racisme anti-arabe et antimusulman, dénonçant les dégradations commises, le matin même, contre la mosquée de Castres. Certes, mais le ministre de l’intérieur, qui n’est tout de même pas l’homme le moins bien informé de France, ignore-t-il que le site de l’UPJF a publié depuis le début du mois de décembre une quinzaine d’articles qui se félicitent quasiment tous de l’interdiction des minarets en Suisse ? Ignore-t-il, surtout, que ce site publie régulièrement des articles qui, au-delà de la question des minarets, témoignent d’une véritable hystérie raciste antimusulmane, et dont il est permis de s’étonner qu’ils n’aient à ce jour fait l’objet d’aucune poursuite ?

« Des mosquées à n’en plus finir en France et en Europe ». C’est le titre d’un article mis en ligne le 1er mai dernier. On y lit que la construction de mosquées, en France est un « scénario catastrophe » car elle serait le fait d’une population qui « avant 2020, atteindra, en France vingt million d’âmes », qui représente «un ordre politico religieux étranger à nos valeurs », et dont « l’exigence » (sic !) de constructions de lieux de cultes n’exprime rien moins que « la volonté affichée de notre éradication culturelle ».

Autre article, cinq jours plus tard : Comment l’islamisme m’a rendue islamophobe. Il y est surtout question d’islam et très peu d’islamisme : « Si j’évite les arabes et les musulmans de toutes origines », explique l’auteur, « ce n’est pas a priori, à cause de préjugés, mais en conséquence d’expériences malheureuses avec ces « gens-là », qui sont totalement responsables de mon islamophobie, ce virus qu’ils m’ont eux-mêmes inoculé (…) Les musulmans qui vivent en France sont responsables de l’hostilité grandissante que leur vouent les Français de culture occidentale et judéo-chrétien ».

Ce n’est pas fini. 11 mai :« L’Europe est complice du Califat qui vient ». 17 mai : « La France et le renouveau de l’Islam », dans lequel l’auteur s’inquiète de voir la France devenir une république islamique. Et surtout, le 11 septembre dernier : « Un cheval de Troie moderne : la doctrine islamique de l’immigration ». Il n’est plus question ni d’islamisme, ni de mosquées. Seulement d’immigration musulmane: « un projet insidieux vieux de 1 400 ans, de conquête et de domination », conçu « pour dominer les sociétés non musulmanes et paver la voie à leur totale islamisation », selon une « véritable stratégie », destinée à « tromper la vigilance des occidentaux portés à croire que les musulmans qui émigrent, le font essentiellement pour des raisons économiques – pour améliorer leur sort ». Un véritable complot mondial, en quelque sorte. Remplacez dans ce texte le mot « musulmans » par le mot « juifs » et vous avez une copie conforme des Protocoles des Sages de Sion…

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A la fin de son discours, Brice Hortefeux se vit attribuer par les organisateurs du colloque le « Prix de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme », sous forme d’un imposant chandelier à sept branches. Symbole infiniment respectable mais pour le moins ambivalent. Emblème à la fois du Judaïsme et de l’Etat d’Israël. En tout cas, dans le contexte qui vient d’être décrit, sûrement pas la meilleure garantie d’une lutte effective contre tous les racismes.

Guillaume Weill Raynal

Guillaume Weill Raynal est ancien avocat et auteur de Une haine imaginaire ? Contre-enquête sur «le nouvel antisémitisme»

déc 21 2009

Qu’en est-il de la libertĂ© de la presse en France ?

Par Régis Mex, pour Mecanopolis

La libertĂ© de la presse est l’un des principes fondamentaux des systèmes dĂ©mocratiques, qui reposent sur la libertĂ© d’opinion, la libertĂ© mentale et d’expression. En France, elle a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e pour la première fois dans la DĂ©claration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il y est stipulĂ© que « La libre communication des pensĂ©es et des opinions est un des droits les plus prĂ©cieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, Ă©crire, imprimer librement, sauf Ă  rĂ©pondre Ă  l’abus de cette libertĂ© dans les cas dĂ©terminĂ©s par la Loi ». S’il est habituellement consensuel de dire que la libertĂ© de la presse est fortement bridĂ©e dans la plupart des pays du monde, nous pourrions lĂ©gitimement Ă©mettre de sĂ©rieuses interrogations quant au respect de cette dernière dans nos pays dits dĂ©mocratiques que nous considĂ©rons habituellement comme un havre de civilisation qui se doit de dispenser ses inĂ©galables lumières au reste du globe. Pour disposer d’une vue d’ensemble sur la question, nous allons aborder trois points essentiels, qui sont les censures de la libertĂ© d’expression en France, le fonctionnement gĂ©nĂ©ral des mĂ©dias et leur financement, pour terminer par une vue globale de la nature de ces derniers.

Libertédelapresse

La notion même de liberté est passablement floue dans la langue française. Si le plus grand nombre de gens s’accorderait à dire que la liberté consiste à faire ce que l’on veut quand on le veut sans être entravé par quelque contrainte que ce soit, le bon sens dirait plutôt qu’être libre, c’est savoir agir de la meilleure manière possible dans l’observance des règles auxquelles notre marge d’action est soumise. En somme, c’est dans l’accroissement de ses responsabilités que l’on trouve plus de liberté. Dans le cas de la presse, donc, il s’agit de repérer les responsabilités et les règles que l’on impose aux journalistes pour pouvoir se faire une idée un tant soit peu pertinente de sa marge de manœuvre.

Pour ce qui est de la presse écrite, il est essentiel de savoir que la matière première des quotidiens est fournie par la majeure agence de presse, l’Agence France-Presse (AFP). Elle a donc une influence considérable, car beaucoup de journaux se contentent souvent de récupérer ses nouvelles pour toucher leur public. L’AFP était un établissement d’État jusqu’en 1957. Elle dispose aujourd’hui d’un nouveau statut censé garantir son indépendance rédactionnelle, mais ses recettes proviennent pour moitié de ses clients, pour moitié de l’État. Les batailles homériques qui entourent la nomination très politique de son président ont tendance à montrer que l’AFP n’est pas réellement neutre.

D’autre part, le travail des journalistes de tous bords est soumis au contrôle de leur rédacteur en chef, qui veille au respect de la ligne éditoriale d’une publication ou d’un journal audiovisuel. S’il juge qu’une partie de la production qui lui est présentée est indécente, il peut la supprimer, ce qui est une forme de censure indirecte. Le contrôle des rédactions passe par la réduction de leur nombre. On a assisté à une concentration sans précédent de la presse quotidienne depuis la Libération. Les journalistes, s’ils sont enregistrés par la Commission de la carte où siègent des représentants du Premier ministre, ou si l’administration le décide discrétionnairement, font bénéficier leurs employeurs de cotisations sociales réduites et en bénéficient eux-mêmes, ainsi que d’une déduction fiscale supplémentaire. Les journaux doivent, eux, être enregistrés par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP, instance dont le travail est peu médiatique mais qui a pourtant un rôle capital) où siègent d’autres représentants du Premier ministre pour bénéficier du taux réduit de TVA à 2,1% au lieu de 19,6%. Ils bénéficient alors aussi de tarifs ultra-préférentiels à La Poste. À ce subventionnement indirect s’ajoute un subventionnement direct par les services du Premier ministre des quotidiens nationaux. Le refus ou le retrait d’un de ces agréments vaut toutes les censures : il condamne généralement le journal concerné à la faillite immédiate. Et s’il survit, il est réduit à la marginalité sur un marché assisté où ne s’appliquent pas les règles de la libre concurrence.

Dans le cas de la publication de livres, il ne suffit pas de trouver un éditeur : encore faut-il qu’il soit mis à la disposition des libraires, ce qui est le travail des diffuseurs. Les sociétés assurant ce service peuvent très bien refuser d’afficher l’éventuel livre dans leur catalogue, condamnant ledit ouvrage à être distribué quasiment sous le manteau par des réseaux improbables.

La liberté de la presse ne peut s’apprécier qu’au regard de l’appareil judiciaire qui en garantit l’harmonieux fonctionnement. Au XIXe siècle, Georges Clémenceau se battit pour que les journaux ne soient pas jugés en correctionnelle par des magistrats nommés par l’État, mais par des jurys populaires. Cette procédure indispensable a été supprimée par le Gouvernement provisoire et jamais rétablie. Là encore, si les chambres spécialisées sont tenues par de fins juristes, il suffit d’observer les batailles qui entourent la nomination de ces magistrats pour mesurer le caractère politique de leur fonction.

Les journaux et Ă©missions tĂ©lĂ©visĂ©es, de leur cĂ´tĂ©, sont contrĂ´lĂ©s par le CSA, Conseil SupĂ©rieur de l’Audiovisuel, qui est un organisme de l’État français. Jouissant d’un statut d’autoritĂ© indĂ©pendante, il dĂ©livre des autorisations d’Ă©mettre aux radios privĂ©es et aux chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es, nationales, rĂ©gionales ou locales selon le bon vouloir de ses neuf conseillers nommĂ©s par l’État. En guise d’aperçu de ce que le CSA est capable de faire, il faut savoir qu’en avril 2002, le CSA a Ă©crit Ă  France TĂ©lĂ©visions après le passage du journaliste Thierry Meyssan dans une Ă©mission de Thierry Ardisson et lui a ordonnĂ© de ne plus lui donner la parole Ă  propos des attentats du 11 septembre, dont il infĂ©rait la responsabilitĂ© au gouvernement des États-Unis. Une copie de cette lettre a Ă©tĂ© adressĂ©e Ă  tous les mĂ©dias audio-visuels sous convention. Depuis, Meyssan n’a plus Ă©tĂ© invitĂ© sur une chaĂ®ne française, y compris lorsque Arte a consacrĂ© une soirĂ©e complète Ă  le mettre en cause.

Bien que les médias privés soient importants aujourd’hui, il n’en a pas toujours été ainsi en France. Charles De Gaulle entrant dans Paris promulgue, le 26 août 1944, une ordonnance rédigée à Alger qui nationalise toute la presse écrite et audiovisuelle. La France est le seul État non communiste à avoir jamais procédé de la sorte. L’idée de l’époque est que pour être objective, la presse doit être un service public. L’État devient le garant de la Vérité à défaut d’être celui de l’esprit critique. Ce n’est qu’en 1954 que Pierre Mendès-France privatisera la presse écrite. Il faudra attendre 1982 pour que François Mitterrand, devenu président de la République, privatise partiellement la radio, et 1986 pour que Jacques Chirac privatise partiellement la télévision.

Au niveau du fonctionnement et du financement des agences de presse, nous allons à nouveau opérer une distinction entre presse écrite et audiovisuelle en prenant des exemples éloquents de médias privés.

Prenons l’exemple du Figaro pour la presse Ă©crite : Le Figaro est une filiale de la Socpresse dont le prĂ©sident est l’industriel et sĂ©nateur Serge Dassault. En 2009, selon le magazine Forbes, il est le 90e homme le plus riche du monde avec une fortune estimĂ©e Ă  plus de cinq milliards de dollars. Serge Dassault a expliquĂ©, en 2004, que les journaux doivent diffuser des « idĂ©es saines », car « nous sommes en train de crever Ă  cause des idĂ©es de gauche ». « J’espère que vous allez cesser de former des journalistes de gauche ! » avait-il ainsi lancĂ© Ă  des responsables du Centre de formation des journalistes. Il refuse que son journal publie, en aoĂ»t 2004, un entretien avec Andrew Wang, dans le cadre de l’Affaire des frĂ©gates de TaĂŻwan (l’entretien est finalement publiĂ© dans le magazine Le Point du 9 septembre 2004). Ă€ la suite de ses propos sur la subordination du journal Ă  son propriĂ©taire, des troubles surgissent pendant quelques mois au sein de la rĂ©daction. En octobre 2008, le journal Le Monde rapporte des tĂ©moignages de journalistes du Figaro qui se plaignent de la pression exercĂ©e par Serge Dassault sur la rĂ©daction. En fĂ©vrier 2008, Pascale Pascariello, journaliste de France Inter, est prise Ă  partie par le service d’ordre, après avoir posĂ© des questions lors d’une rĂ©union publique organisĂ©e par Serge Dassault. Le 19 juin 2008, Serge Dassault dĂ©clenche une nouvelle polĂ©mique en dĂ©clarant qu’il juge « anormal » d’aider les chĂ´meurs, « des gens qui ne veulent pas travailler ». Sur iTĂ©lĂ©, en juillet 2008, il avait Ă©galement fait part de son admiration pour l’organisation chinoise du travail, a vantĂ© les mĂ©rites des ouvriers chinois « qui travaillent 45 heures par semaine et dorment dans leurs usines », s’est dĂ©solĂ© de l’existence des grèves et des syndicats et a dit soutenir une plus grande flexibilitĂ© pour les entreprises. Nous sommes en droit de nous demander quelle part de libertĂ© et d’objectivitĂ© existe dans un mĂ©dia qui est sous la coupe de quelqu’un comme Serge Dassault…

Même un journal à la réputation plus neutre comme Le Monde ne fait pas figure d’exception dans les critères de rentabilité. Dans l’essai « La face cachée du Monde », Pierre Péan affirmait, entre autres, que l’équipe dirigeante du journal avait pris le parti de s’orienter vers une logique commerciale, faisant fi des règles déontologiques et usant des techniques de désinformation. Les critiques pointaient également du doigt certains partis-pris éditoriaux. D’autre part, un employé du Monde avait été licencié peu de temps après cette publication pour « cause réelle et sérieuse » portant « atteinte à l’entreprise » dans laquelle il travaillait, pour avoir critiqué l’absence de réaction du Monde aux critiques de l’essai de Pierre Péan.

Le 9 novembre 2005, selon Le Canard enchaĂ®nĂ© du 16 novembre 2005, Nicolas Sarkozy convoque au ministère de l’IntĂ©rieur le prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral des Éditions First, Vincent Barbare, pour le menacer de « foudres judiciaires et variĂ©es ». Cette maison d’Ă©dition s’apprĂŞtait Ă  publier le 24 novembre l’ouvrage signĂ© de ValĂ©rie Domain, journaliste Ă  Gala, et intitulĂ© CĂ©cilia Sarkozy, entre le cĹ“ur et la raison. Dans une interview du Parisien publiĂ©e le 18 novembre 2005, CĂ©cila Sarkozy indique que c’est elle qui a alertĂ© son mari sur la sortie du livre. « Je ne souhaite pas que ma vie privĂ©e soit mĂ©diatisĂ©e », a-t-elle affirmĂ©. L’auteur affirme quant Ă  elle que CĂ©cilia Sarkozy Ă©tait parfaitement au courant de la teneur du livre. ValĂ©rie Domain souhaite que son ouvrage soit publiĂ© et est entrĂ©e en contact avec l’Ă©diteur Fayard. MalgrĂ© des pressions d’Arnaud Lagardère, directeur du groupe Hachette, sur Claude Durand, directeur de Fayard, la biographie de CĂ©cilia Sarkozy par ValĂ©rie Domain a Ă©tĂ© publiĂ©e le 8 fĂ©vrier 2006 et tirĂ©e Ă  100 000 exemplaires sous le titre Entre le cĹ“ur et la raison sous forme de roman aux Ă©ditions Fayard. CĂ©cilia avait donnĂ© son accord pour cette biographie avant de se raviser après de multiples entretiens avec l’auteur. Du fait des menaces de poursuites judiciaires par le couple Sarkozy, CĂ©cilia y apparaĂ®t sous le nom de « CĂ©lia Michaut-Cordier, Ă©pouse d’un homme politique influent ». « Une femme quitte un homme pour un autre. Homme de pouvoir, cet autre la voit Ă  son tour lui Ă©chapper pour un troisième. Dès lors, il n’a de cesse de la reconquĂ©rir » rĂ©sume l’auteur.

Reprise d’un article de Yann Chollet, journaliste indĂ©pendant et auteur du livre « 7 jours sur 7 Ă  votre service »Â : « La censure existe sous couvert d’une relation allĂ©chante du genre « j’achète une campagne de pub dans ton journal et tu me protèges sur cette affaire ». Et je comprends mieux pourquoi des journalistes de journaux dits de gauche (Canard EnchaĂ®nĂ©, libĂ©ration…) prĂ©fèrent dĂ©molir la SNCF ou critiquer les mĂ©chantes multinationales US plutĂ´t que de s’attaquer Ă  nos gentilles multinationales françaises, toutes socialement responsables et Ă©thiques. Fin 2002, une journaliste dite  » d’investigation  » du magazine Capital, m’explique vouloir parler de mon livre et rĂ©vĂ©ler l’affaire des 60 procès dont la chaĂ®ne Formule 1 est la mire. Au final, cette journaliste passera par la Tour Montparnasse, siège du PDG ACCOR et Ă©crira un article exposant une image très positive du groupe. Mon livre n’est mĂŞme pas citĂ©, les arguments contradictoires invisibles. Je prĂ©viens la rĂ©daction du magazine que la mĂ©thode utilisĂ©e par leur journaliste ne respecte pas la dĂ©ontologie de la profession. Je menace de rĂ©vĂ©ler cette erreur et rapidement le rĂ©dacteur en chef m’offre un droit de rĂ©ponse. D’autres exemples identiques suivront concernant mon ouvrage, dans la presse française. Nicolas Beau du Canard EnchaĂ®nĂ©, me dira de façon dĂ©daigneuse au tĂ©lĂ©phone :  » On ne se paye pas ACCOR comme ça « . Surprenant ! Le rĂ©dacteur en chef de  » Nouvel Ouest  » m’expliquera clairement, sans dĂ©tour, ĂŞtre en tractation  » partenariat publicitaire  » avec le groupe ACCOR et qu’il ne pourra pas parler de mon livre. Par Yann Chollet. Journaliste indĂ©pendant et auteur du livre  » 7 jours sur 7 Ă  votre service « . A travers un exemple simple et concret, exposons la subtilitĂ© de cette dĂ©rive. En 2002, j’Ă©cris un livre  » 7 jours sur 7 Ă  votre service  » aux Ă©ditions du Vent, qui dĂ©voile l’exploitation des humains dans l’hĂ´tellerie Ă©conomique. A travers mon tĂ©moignage, mes propres souffrances vĂ©cues, j’expose en 287 pages une rĂ©alitĂ© dĂ©nonçant l’esclavage des temps modernes. A plus de 80 heures par semaine pour un SMIC, le mot n’est peut-ĂŞtre pas assez fort. Comme contre-attaque,  » le groupe ACCOR, impliquĂ© dans l’ouvrage sous l’anagramme du groupe ROCCA  » comme l’expose Philippe Cohen dans un article publiĂ© dans Marianne, ne tente rien contre le livre directement, en connaissance de cause. Par contre, c’est Ă  travers une vĂ©ritable campagne de dĂ©sinformation que ce groupe impose le silence autour de mon ouvrage, qui par ailleurs se vend hors rĂ©seau traditionnel, Ă  plus de 1.800 exemplaires. Des dizaines de gĂ©rants me tĂ©moignent leur reconnaissance après lecture. »

FondĂ© sous l’Ă©gide de Jean-Paul Sartre, le premier numĂ©ro paraĂ®t le 18 avril 1973. PositionnĂ© Ă  l’extrĂŞme gauche Ă  ses dĂ©buts, LibĂ©ration Ă©volue vers la gauche sociale-dĂ©mocrate au dĂ©but des annĂ©es 1980, suite au dĂ©part de Jean-Paul Sartre. En 1978, le journal n’a dĂ©jĂ  plus rien de maoĂŻste : Serge July le dĂ©crit alors comme « libĂ©ral-libertaire ». Le journal reprend le titre d’un journal de la RĂ©sistance, LibĂ©ration qui Ă©tait dirigĂ© par Emmanuel d’Astier de la Vigerie. En proie Ă  de graves difficultĂ©s financières et Ă  une baisse de sa diffusion depuis le dĂ©but du XXIe siècle, LibĂ©ration a aujourd’hui pour actionnaire de rĂ©fĂ©rence Édouard de Rothschild (38,87%), ancien membre de la commission exĂ©cutive du CNPF et grande fortune française. Son siège social est au 11 rue BĂ©ranger Ă  Paris, dans le 3e arrondissement.

Au niveau de la presse télévisée, parlons de TF1, dont l’actionnaire principal est le groupe Bouygues, qui situe ses services dans les télécoms/médias et la construction (routes, immobilier…). L’ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay, expliquait la mission de sa chaîne ainsi : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » Au vu du programme nettement commercial de TF1, on ne peut douter que c’est effectivement cette stratégie-là que la première chaîne de France met en application. Or, on peut se demander quelle est la crédibilité d’un journal télévisé paraissant sur une chaîne qui affirme un tel état d’esprit, d’autant plus qu’une personne qui a été divertie avant de regarder un journal parlé sera sans doute plus susceptible d’en avaler tout le contenu sans faire appel à la réflexion.

Toutes les autres chaĂ®nes privĂ©es connues et une multitude d’autres de moindre importance sont, comme TF1, possĂ©dĂ©es par des entreprises puissantes qui ont diversifiĂ© leurs actions dans plusieurs secteurs rentables, comme Bouygues. Par exemple, les chaĂ®nes de radio et de tĂ©lĂ©vision RTL font partie de RTL Group, le plus grand groupe de tĂ©lĂ©vision et radiodiffusion europĂ©en et premier producteur d’Ă©mission du monde, avec 45 chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision et 33 rĂ©seaux de radio dans onze pays europĂ©ens. Ce groupe est lui-mĂŞme dĂ©tenu par le gĂ©ant des mĂ©dias allemand Bertelsmann. Cette mĂŞme multinationale est spĂ©cialisĂ©e dans la presse Ă©crite, et possède notamment Random House, la première maison d’édition au monde. Barack Obama a notamment choisi Random House comme Ă©diteur pour ses mĂ©moires intitulĂ©es « Les rĂŞves de mon père ». Il est aussi bon de savoir que le n°2 mondial de l’édition, Hachette, est dĂ©tenu par le groupe Lagardère, dont les deux principales sociĂ©tĂ©s sont Lagardère MĂ©dia (Europe 1, Virgin Radio, Virgin 17, Hachette Filipacchi MĂ©dias, MCM, RFM, …) et EADS, qui occupe la deuxième place mondiale dans l’industrie spatiale, aĂ©ronautique et de dĂ©fense). Bertelsmann possède aussi une cinquantaine de magazines dont Stern, Capital, Geo, Gala.

dormez-citoyens

À la lumière de toutes ces informations, nous pouvons nous faire une idée pertinente de la nature de la presse, et si je devais la résumer en deux principes, je les nommerais rentabilité et justification du pouvoir en place. Pour ce qui est de la première assertion, suivons une réflexion élémentaire qui nous fait effectivement savoir que personne ne se lance dans une activité qui ne lui rapporte rien ou qui le fait travailler à perte, et que les grands vecteurs de la presse doivent assurément bénéficier de bases financières solides pour bénéficier des moyens qu’ils possèdent. Et il se trouve qu’en effet, comme nous l’avons dit, les plus grands médias, ceux qui touchent le plus grand nombre de personnes et qui jouissent de la plus grande estime, sont soit détenus par des entreprises qui recherchent bel et bien le profit, soit par l’État, et lorsqu’il s’agit de chaînes de télévision, cela implique le contrôle du type d’informations qui apparaît dans leurs journaux parlés et du recrutement de ses journalistes. En plus de cela, nous avons vu que de multiples processus de censure plus ou moins directs existent tant dans la presse écrite que dans le domaine de l’audiovisuel. Il faut donc que l’information diffusée ait, d’une part, une teneur commerciale, ce qui implique qu’elle fasse part à son public de messages destinés à le toucher, comme de la vulgarisation de l’information fortement axée sur l’émotivité, des faits divers de toutes sortes, ainsi que des nouvelles sur les sports ou même sur des célébrités. Cette stratégie commune à tous les médias importants sert leur deuxième but essentiel : la justification du pouvoir en place. On aurait effectivement tort de penser que le secteur privé permet plus de liberté d’expression que l’État : si l’État a intérêt à dissimuler les informations qui sont susceptibles de remettre en cause la politique qu’il mène, il n’en va pas différemment avec les entreprises qui possèdent des pans de l’information. Ce qu’elles font est tout à fait similaire, à la seule différence que le résultat est pire encore. L’orientation clairement pro-capitaliste de leur ligne éditoriale a également pour but de défendre l’élite des ultra-libéraux et de ne pas permettre de critiques significatives du système en place. La presse d’État et la presse privée partagent donc le même intérêt existentiel, qui est la préservation des politiques économiques et sociétales sur lesquelles les secteurs public et privé s’entendent parfaitement. Elles détournent alors majoritairement l’attention de leurs lecteurs et de leur auditoire sur des faits et des problèmes futiles, vulgarisés ou déformés à coups de propagande, ce dont ces derniers raffolent par ailleurs le plus.

De ce système discrètement verrouillé, il résulte une presse fade et révérencieuse dont le public se désintéresse, préférant souvent s’informer par d’autres moyens. On estime que 57% de la population lit les journaux. Ces mêmes journaux en sont réduits à combler leurs colonnes par des faits divers des plus courants aux plus sordides, choisis arbitrairement parmi tant d’autres, ou encore par des rubriques entières consacrées aux sports, pour compenser toute la rétention d’informations et le manque cruel d’analyse qui concernent les sujets politique et économique qui devraient être l’une des préoccupations majeures des citoyens dignes de ce nom. Malheureusement, l’écrasante majorité de la population n’a cure de ce qui se fait d’important : elle se moque éperdument des idéaux de justice et d’équité, et réagit très peu aux injustices qui la frappent de plein fouet, même lorsqu’elle voit nettement les droits pour lesquels ses ancêtres se sont battus si longtemps et si ardemment leur échapper. Les gens préfèrent se laisser aller au cortège d’émotions et de niaiseries par lesquelles on les dirige aisément dans le sens que l’on désire, et qui est l’instrument principal sur lequel se sont toujours appuyées les propagandes de tous bords.

Ils ont besoin que l’on pense pour eux, de se rassurer de la logique manichéenne internationale qui leur est si abondamment diffusée et qui leur dit qu’il y a, dans le monde, un axe du bien, dans lequel ils ont la chance inestimable de vivre, et de l’autre un axe du mal, peuplé de méchants qui ne rêvent que de détruire leur joli paradis. Ils ont besoin de voir un homme providentiel faire son apparition soudaine pour résoudre miraculeusement tous les problèmes, qu’ils acclament avec véhémence pour le mettre au pouvoir mais pour se désintéresser ensuite de ce que leur messie y fait, et ne se rendent alors pas compte que, comme tous ses prédécesseurs, il trompe les serments qu’il leur avait tenus. Cette bêtise permet à la censure de la presse de se radicaliser. Depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la France est devenue le premier pays européen en termes de perquisitions dans les rédactions et de journalistes mis en examen ou placés en garde-à-vue. Mais évidemment, la population accorde trop peu d’importance à ses acquis et à sa liberté pour daigner les défendre. Ce n’est pas que la liberté d’expression ne soit pas absolue qui est choquant, car il serait normal de laisser, en toutes circonstances, des règles de base qui empêcheraient la diffusion d’idées haineuses, diffamatoires ou extrémistes. Mais au vu de tout ce dont nous avons parlé, il est clair que la liberté de la presse se trouve aujourd’hui si limitée qu’elle est devenue un vecteur de propagande où seules les idées utiles à l’appui d’idéologies sélectionnées sont autorisées. Pourtant, la subtilité de notre système est de faire croire que le fait que des scandales liés à la corruption de politiciens puissent faire la une des journaux, ou encore que chacun soit en mesure de critiquer la personne du président sont autant de preuves de liberté d’expression. Cela rassurera alors les gens, et les esprits petits bourgeois diront alors : « Vous voyez que nous sommes libres, puisque nous pouvons nous exprimer ainsi. » On trouvera nos dirigeants bien bons de tolérer de telles excentricités, qui sont en réalité aussi futiles que vaines. Nous ne manquerons pas non plus de voir moult personnages réputés proposer des solutions humanistes et miraculeuses aux problèmes qui surviennent en temps de crises (qui, rappelons-le, ne sont dues qu’aux aléas incontrôlables d’un système et non pas aux élites dirigeants qui n’ont soi-disant plus été maîtres de la situation). Mais cela n’en restera jamais qu’au stade de proposition hypothétique, car aucune information ou idée qui pourrait réellement changer le système, et donc menacer les privilèges auxquels ceux qui en bénéficient s’agrippent, ne pourra filtrer ou être appliquée sans leur consentement. On ne peut donc plus parler de liberté, et ceux qui sont encore séduits par l’argument d’autorité et la preuve sociale qui sont associées aux médias puissants et à leurs éminents journalistes sont soit mal informés, soit très naïfs.

Régis Mex, pour Mecanopolis

déc 19 2009

Caroline Fourest, l’obscurantisme sous couvert de la défense de la laïcité (vidéo)

En France, les frères Ramadan sont ostracisés par le puissant lobby islamophobe et ses beni oui-oui d’origine libanaise ou maghrébine. Tout simplement, parce qu’ils n’acceptent pas la diabolisation de l’Islam. Comme tout clous qui dépassent, ils ont donc droit aux coups de marteau des tenants de notre glorieux héritage colonial. Les « inférieurs » doivent « s’écraser » et demander la permission d’exister.

fourest

C. Fourest, l’obscurantisme, l’intolérance et le fanatisme, sous couvert de la défense de la laïcité.

Dans un activisme vibrionnant, Caroline Fourest anime cette mouvance. Tous les médias officiels, presse, radios, TV, lui sont ouverts. Passant pour une spécialiste de l’Islam. Alors qu’elle n’est que l’archétype de l’intolérance islamophobe. Si bien décrite, démontée, dénoncée, dans les livres d’Edward Saïd.

Les USA ont Daniel Pipes. Nous en France, en Europe, nous avons notre grande inquisitrice : Caroline Fourest. Au culot inébranlable. Transbahutant son fonds de commerce islamophobe, baluchon, bric-à-brac d’intolérance, de suspicions paranoïaques, de réquisitoires en sorcellerie.

Elle m’avait amusée, dans une émission de TV britannique vue à Londres, lors du lancement médiatique de la guerre en Irak. Y avaient été invités des “journalistes” de différents pays européens pour justifier l’innommable : détruire un pays, plus d’un million de morts, sur fondement de mensonges. Tout le monde le savait.

Car une guerre se lance comme un nouveau dentifrice sur le marché, par un matraquage publicitaire préalable ou en accompagnement. La propagande, en pleine effervescence, roulait du tambour sur l’hystérie du choc des civilisations : l’Islam une menace pour l’Occident !

Dans sa diatribe anglicisante, Caroline Fourest venait confirmer combien la France était en danger avec des banlieues, des mosquées, des imams propagateurs de la haine de l’Occident…

Elle ne voit l’Islam qu’à travers les stéréotypes des néoconservateurs US. Dans un laborieux copié-collé des argumentaires de propagande, élaborés par les officines de la désinformation des Think Tanks. Même pas retraités. Encore moins repensés. Régurgités, simplement.

Le comble du ridicule : quand elle aborde cette immense mosaïque désignée sous l’appellation de Frères Musulmans ! Variant, évoluant, dans sa composition et ses orientations, d’un pays à l’autre, d’un courant à l’autre, d’une époque à l’autre. Avec ses bons et ses méchants, ses héros et ses dissidents, ses martyrs et ses collabos.

Visiblement, sur L’islamisme et les Frères Musulmans, elle ne s’est même pas donnée la peine de lire l’ouvrage fondamental de François Burgat. Le meilleur spécialiste international sur la question.

Alors, dans ce fourre-tout relooké en Chaudron de l’Enfer, Caroline Fourest vient puiser à la louche tous les amalgames, toutes les thèses et condamnations, contre l’Islam. Hypnotisant un public désinformé. Bien sûr, à l’abri des “appellations-alibis”, boucliers de la rhétorique islamophobe : islam radical, laïcité…

Incapable de lucidité, de courage, d’honnêteté, pour constater, toucher du doigt, dire, que ce ne sont pas des musulmans qui occupent militairement, bombardent, rasent des villages, villes, régions, pays, en Europe ou en Amérique du nord. Dans l’hyperviolence. Depuis des décennies. Mais, le contraire. En Terre d’Islam, ce sont des occidentaux, chrétiens ou pas, laïcs ou pas. Semant quotidiennement la mort, la désolation, la souffrance, le désespoir. Dans la bonne conscience.

Refusant d’admettre que l’Islam est une des grandes religions de l’HumanitĂ© et donc de l’Europe, elle et ses sponsors la voudraient invisible. Dans son dĂ©lire inquisitorial, traquant inlassablement le “double langage”, sur fond de procès d’intention. Ce n’est plus la chasse Ă  la taupe moscovite, mais Ă  la taupe iranienne, « islamofasciste », alqaĂŻdesque…

Multipliant, livres, articles, déclarations, présences médiatiques. Cette “journaliste de gauche” pratiquant avec cynisme le « double langage » qu’elle prétend dénoncer.

L’obscurantisme, l’intolérance, le radicalisme du racisme, le fanatisme, sous couvert de la défense de la laïcité.

Georges STANECHY