fév 16 2010

Les PIGS tiennent tĂŞte Ă  l’oligofinance de Bruxelles

La Grèce ploie mais ne cède pas. Soutenu par ses collègues mĂ©diterranĂ©ens (Portugal, Italie et Espagne) lors de la rĂ©union de l’Eurogroupe qui se tenait aujourd’hui Ă  Bruxelles, le ministre grec des finances Georges Papaconstantinou a refusĂ© d’allonger encore le catalogue des rĂ©formes que son pays s’est engagĂ© Ă  mettre en place.

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De retour Ă  Athènes ce soir (15.02) Papaconstantinou a indiquĂ© qu’il jugeait l’action de l’UE très timorĂ©e. « La solidaritĂ© verbale, c’est bien. La solidaritĂ© financière, c’est mieux » a-t-il indiquĂ© Ă  peine dĂ©barquĂ© de l’avion qui le ramenait de Bruxelles.

Cette solidaritĂ© entre les pays du sud de l’UE n’est pas surprenante. Ils savent très bien que le rouleau compresseur europĂ©en va Ă©galement leur passer dessus, tant la pression de l’euro risque de s’accentuer ces prochaines semaines. ConformĂ©ment aux prĂ©visions de nos articles de la fin de la semaine dernière, la monnaie europĂ©enne Ă  poursuivi sa chute ce lundi (l’euro valait 1,3607 dollar ce soir Ă  18h00, contre 1,3629 dollar vendredi vers 22h00).

A qui le tour ?

Le PIB de la Grèce ne représente que 2,8% du PIB de la zone euro. Mais après la Grèce, viendra le tour du Portugal (1,8% du PIB de la zone euro), puis de l’Espagne. Et là on ne parlera plus de 2,8% mais de 12% du PIB de la zone euro, ou même de 17,3% si l’Italie avait la mauvaise idée de se joindre à la cohorte des pays blessés.

Il ne faut pas oublier non plus que la France et l’Allemagne sont dans une situation budgétaire à peine meilleure que la Grèce. Ni l’une ni l’autre n’ont les moyens de leurs ambitions.

Grande Dépression

On peut faire confiance aux marchés financiers pour renforcer l’engrenage. Pour les marchés, la solidarité européenne est une promesse de profits garantis par les généreux soutiens annoncés. Si les soutiens européens ne se matérialisent pas, leur réaction sera encore plus violente. Si l’Europe retombe dans la récession, avec un euro en chute libre, les États-Unis ne manqueront pas de suivre. Avec cette fois un problème supplémentaire : les marges d’action sont inexistantes. Les taux d’intérêt sont proches de 0% et personne n’osera prendre le risque d’alourdir les déficits budgétaires. Le spectre de la Grande Dépression, que l’on croyait écarté, se profilerait alors à l’horizon.

Comment mettre tous les budgets sous surveillance ?

Pour l’Union europĂ©enne, il n’existe pour l’instant aucun moyen lĂ©gal de contraindre un pays Ă  abandonner sa souverainetĂ© en matière budgĂ©taire. Le seul accord existant est le Pacte de stabilitĂ©, or le Pacte a Ă©tĂ© ignorĂ© par l’Allemagne et la France en 2003, puis par tous les pays en 2008-2009. Tout au plus peut-il conduire Ă  une sanction financière Ă  l’encontre de la Grèce, au maximum de 0,5% de son PIB.

L’Union monĂ©taire est pour l’instant fondĂ©e sur l’abandon de la souverainetĂ© nationale en matière de politique monĂ©taire, et non budgĂ©taire. Ce sont les Grecs qui sont responsables de la dette de leur gouvernement. Les traitĂ©s sont très clairs: ni la BCE, ni la Commission, ni les pays membres ne sont liĂ©s par la situation budgĂ©taire d’un pays membre.

Bien sĂ»r, comme nous l’avons indiquĂ© Ă  plusieurs reprises la semaine dernière, le plan du PrĂ©sident du Conseil europĂ©en Herman van Rompuy, avec le soutien des gouvernements de la France et de l’Allemagne, entre autres complices, est d’inaugurer une gouvernance Ă©conomique europĂ©enne, qui aura comme objectif de mettre tous les budgets europĂ©ens sous surveillance. Mais elle ne pourra ĂŞtre mise en place sans la capitulation des pays membres (et plus particulièrement ceux qui sont directement concernĂ©s par un dĂ©faut de paiement Ă  brève Ă©chĂ©ance).

Le fiasco est annoncé

Les dirigeants de l’Union europĂ©enne pensaient pouvoir utiliser les marchĂ©s financiers (lire les dĂ©clarations du patron de l’Eurogroupe dans notre article du 14 fĂ©vrier) pour contraindre la Grèce Ă  engager les rĂ©formes dont elle ne veut pas. C’est un fiasco complet. Le premier ministre PapandrĂ©ou s’est ce soir publiquement dit déçu du caractère vague de l’aide europĂ©enne. Autrement dit, il se prĂ©pare dĂ©jĂ  Ă  ne pas cĂ©der aux pressions de l’oligarchie financière de Bruxelles. Le peuple grec, qui gronde dĂ©jĂ  de colère, lui donnera très vite son soutien. Nous n’allons plus tarder Ă  voir des manifestants brĂ»ler en effigie Angela Merkel et Nicolas Sarkozy dans les rue d’Athènes.

Mecanopolis

Avec les informations des pages « Ă©conomie » du quotidien suisse Le Temps

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fév 05 2010

Le compte à rebours est lancé

Article mis Ă  jour Ă  14h57 avec l’analyse de Paul Jorion

Le piège s’est refermĂ© sur la Grèce. MalgrĂ© les mesures drastiques prises ces derniers jours par le gouvernement PapandrĂ©ou, les difficultĂ©s du pays vont se prolonger. Elle ne manquera pas d’enclencher une rĂ©action en chaĂ®ne aux consĂ©quences pour l’heure incalculables. L’Allemagne Ă  beau dire que la pĂ©ninsule hellĂ©nique jouit « du soutien total de l’Union europĂ©enne », l’incendie gagne maintenant l’Espagne, le Portugal la Grande-Bretagne et l’Irlande qui ont laissĂ© pendant trop longtemps gonfler des bulles de crĂ©dit qui sont aujourd’hui sur le point d’exploser.

La nuit est en train de tomber sur l’Europe.

Mecanopolis

europenuit

Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la crise dans la crise que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s’étendre résolument en Espagne et au Portugal. Nous étions suspendus à un signal, qui aurait pu être donné par Jean-Claude Trichet, le président de la BCE – dont une réunion des gouverneurs avait lieu aujourd’hui – mais il n’est pas venu.

La Grèce doit continuer à ne compter que sur elle-même. Jean-Claude Trichet s’est contenté de déclarer que le gouvernement grec avait fait « des pas dans la bonne direction », ce qui impliquait qu’il allait devoir en faire d’autres. Cherchant à relativiser la crise actuelle, comparant le déficit public de la zone euro à celui des Etats-Unis ou du Japon : 6% pour la première et 10% pour les seconds. Une faible parade, puisque ce sont les maillons faibles de la zone euro qui sont menacés (et elle dans son entier, par ricochet) et qu’aucune manifestation de solidarité financière de sa part n’est donc toujours annoncée.

Analyse de Paul Jorion



Car il y a dans la situation actuelle une nouveauté importante : ce ne sont plus seulement les situations particulièrement périlleuses de tel ou tel pays de la zone euro qui semblent motiver les marchés, mais aussi l’inaction et le silence des principaux pays membres, l’Allemagne et la France. Car il est clair que les efforts qui sont demandés à la Grèce, vu leur importance extrême, ne pourront être réellement accomplis que si une aide financière lui est par ailleurs accordée. Sa fragilité de départ est accentuée par sa solitude dans l’épreuve, et non le contraire.

Les déclarations prononcées par Joaquim Almunia, commissaire aux affaires économiques sortant, avaient aggravé hier la tension. « Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs », avait-il déclaré à propos de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Un autre son de cloche prévalait aujourd’hui, afin de tenter de calmer le jeu. Le chef de file de l’Eurogroup, Jean-Claude Junker, déclarait que l’Espagne et le Portugal « ne posent pas de risque ». Caroline Aktinson, la porte-parole du FMI, choisissait pour sa part de décerner un satisfecit aux Grecs: « Nous pensons assurément que les objectifs du plan sont bien choisis ».

Les regards se tournent désormais vers Madrid, qui a préventivement annoncé un plan d’austérité de 50 milliards d’euro sur trois ans, accueilli avec scepticisme tant en raison de son montant et des mesures qu’il implique que des prévisions de croissance sur lequel il repose. Or, les rumeurs se multiplient à propos d’un abaissement de la note de la dette publique espagnole par une nouvelle agence de notation, emboîtant le pas de Standard & Poor’s, qui l’a fait en décembre dernier. Le taux des obligations à trois ans passant en moyenne à 2,61% à l’occasion d’une nouvelle émission, au lieu de 2,13% début décembre. L’Espagne a un autre poids économique au sein de la zone euro que la Grèce, elle en est la 4 éme puissance économique, et tout problème l’atteignant aurait d’importantes répercussions dans toute la zone.

Faute d’informations, on en est réduit à faire des suppositions, afin de comprendre les raisons de l’attitude des principaux pays de la zone euro. Il a été largement fait état de discussions, dans un premier temps, puis plus rien n’est sorti…. On sait seulement qu’une des solutions qui aurait pu être trouvée était la création d’euro-obligations, mais qu’elle a été refusée, depuis déjà des mois, tout à la fois par les Allemands, les Français et les Néerlandais. Car elle reviendrait, tous les pays de la zone émettant ce nouveau type d’obligations bénéficiant du même taux, à faire profiter de celui-ci les pays les plus vulnérables sur le marché de la dette, au détriment des plus forts, qui obtiennent actuellement de meilleurs taux que ceux qu’obtiendraient des euro-obligations. On a également envisagé de réunir des soutiens d’Etats isolés ou de groupes d’Etats, ainsi qu’une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a aussi été étudiée.

En réalité, le dossier n’est pas technique mais politique. Les mesures qui pourraient être adoptées pour soutenir la Grèce seront inévitablement appelées, en effet, à faire jurisprudence. Les sommes qui devraient être engagées et levées suivant des modalités ad hoc seraient plus que conséquentes et entraîneraient ceux qui les garantiraient, de jure ou de facto, plus loin qu’ils ne sont prêts à l’envisager. Créant par ailleurs une sorte d’aléa moral qu’il est hors de question d’accorder aux gouvernements (alors qu’il l’a été aux banques). Risquant de les induire à chercher à esquiver la mise en vigueur de plans d’austérité, l’objectif numéro 1.

Ce calcul risque d’être de plus en plus difficile à tenir, si l’Espagne et le Portugal entrent à leur tour dans la zone de tempête, risquant de déstabiliser celle de l’euro bien au-delà de ce que pourrait faire la Grèce. En réalité, la solidité de la zone euro est menacée dans les deux cas de figure possibles, en cas d’un secours généralisé à tous ses membres (mutualisant le coût d’une dette devenue énorme), ou en cas d’abandon des pays les plus faibles, ce qui sera très probablement illusoire. Il faut donc choisir entre deux risques.

Car qui dit que les marchés en resteraient là ? N’ont-ils pas compris que, dans la crise actuelle, c’est l’Europe en entier – zone euro et Grande-Bretagne – qui est le maillon faible qu’il faut attaquer ? Que l’éclatement de la zone euro ouvrirait un terrain spéculatif d’élection, permettant d’élargir le champ d’action du Forex (l’énorme marché hautement spéculatif des devises) ? Ils feraient ainsi coup double, disposant de nouveaux leviers pour leurs opérations financières et obligeant les gouvernements à entrer dans la dynamique vertueuse – de leur point de vue – de la résorption de leurs déficits, et de leur sollicitation moindre du marché obligataire. Laissant aux établissements financiers la place pour se financer à moindre coût.

Le compte à rebours est lancé.

François Leclerc

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jan 10 2010

Pierre Hillard Ă  propos de l’interdiction des minarets, de la crise Ă©conomique et de Barack Obama (vidĂ©o)

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Pierre Hillard, docteur en science politique et professeur de relations internationales

A la fin de l’annĂ©e dernière, les Ă©tudiants dijonnais du « Cercle du lac Kir » recevaient Pierre Hillard pour une confĂ©rence. Ils en ont profitĂ© pour rĂ©aliser cet entretien, que nous prĂ©sentons aujourd’hui sur Mecanopolis, oĂą le gĂ©opoliticien, auteur du livre La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale, rĂ©pondait aux questions d’actualitĂ©.

Mecanopolis


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Toshi Nejimaki | Mecanopolis Medias

jan 01 2010

Les cachotteries de Copenhague

Par Michel-François Clerin et Geneviève Azam

Est-il exact que les intérêts qui promeuvent les thèses du réchauffement climatique et financent ceux qui les exposent sont ceux-là mêmes qui défendent depuis plus de 30 ans la dérégulation et les privatisations financières ?

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Prenons le cas d’Al Gore, dont le film « Une vérité qui dérange » peut être considéré comme le catalyseur de la peur et du pessimisme pour les générations futures du réchauffement climatique. Savez-vous que sa famille a possédé la plus grande mine de zinc américaine au Tennessee, et notoirement connu comme un des sites les plus polluants des USA ? Al Gore est aussi l’agent intéressé des spéculateurs financiers de la City. Il est le porte parole qui permet de faire le lien entre le Premier ministre Gordon Brown, l’ancien Premier ministre Tony Blair et le milliardaire ex-patron d’E-Bay, Jeff Skoll. Les principales sources de financement du documentaire « Une vérité qui dérange » sont Mr Skoll en personne ainsi que le Hedge Fund « Generation Investment Management » géré par Mr. David Bloom, ex-directeur de Goldman Sachs. Al Gore est, de plus, un associé de Zac Goldsmith, le fils du célèbre Jimmy Goldschmit.

Mais quel est le coeur du système ?

Il s’agit du système de création de droits à émettre du CO2 échangés sur des marchés. Ce marché n’est en fait rien d’autre qu’un nouveau marché relativement opaque. C’est Gordon Brown, alors chancelier de l’Echiquier, qui a promu un système permettant la négociation de 100 milliards de droits à l’émission de CO2 à travers toute l’économie. La City s’est assuré une position dominante en contrôlant le « Emission Trading Scheme » (Organisation Européenne des droits échangeables) par lequel passe plus de 60 % du volume de CO2 échangé dans le monde dont 80 % de sa valeur.

Toutefois, en raison de la crise et du surplus de droits émis, la valeur de ces droits n’a-t-elle pas chuté ?

Effectivement, cela est correct mais à la suite du COP15, on s’attend à une baisse du nombre de droits émis, donc à une forte hausse du marché par tarissement de l’offre. Dans une ambiance agitée de réchauffement climatique entretenue de toutes parts par les mêmes banques d’affaires, grandement responsables de la crise financière, comme Goldman Sachs et Morgan Stanley, celles-ci se sont positionnées en tant que « Market Makers », dans la prévision d’immenses profits. D’après le Daily Telegraph, Al Gore serait le premier milliardaire du carbone.

De quelle manière cela s’opère-t-il ?

L’International Continental Exchange (ICE) créé en 2000 par des banquiers internationaux autour de Goldman Sachs et de compagnies pétrolières comme Shell et BP dominent les marchés à terme du gaz et du pétrole. ICE a acheté l’International Petroleum Exchange (IPE) de Londres qui est un marché opaque et pratiquement dérégulé sans qu’aucun registre sur les échanges ne soit tenu. Bien que le siège d’ICE soit à Atlanta, la société opère à partir de Londres sous la forme d’un centre financier offshore. ICE contrôle de fait le Chicago Climate Exchange (CCX) et sa filiale londonienne, le London Climate Exchange (LCX).Un des associés et fondateurs de l’ICE, Mr. Richard Sandor est l’inventeur des produits dérivés et des droits d’émissions échangeables sur le CO2. Goldman Sachs est de son côté le plus gros actionnaire de CCX et le numéro deux de ICE. Or c’est Goldman Sachs qui a lancé Al Gore dans le business des Hedge Funds lorsqu’en 2003, Mr. David Bloom, ancien CEO de Goldman Sachs Assets Management a constitué « General Investment Management » avec Al Gore et deux anciens associés de GS. En Europe, Mr. Yann Arthus-Bertrand est un protégé de la famille Pinault et Nicolas Hulot est sponsorisé par Bouygues et TF1 mais ils font petit jeu comparé à l’ensemble. du dispositif de la mondialisation financière des droits d’émission.

Y a-t-il une sorte de conspiration et d’apartheid technologique lancé contre les pays pauvres ?

Mr. Lawrence Summers, principal conseiller économique du Président Barack Obama, fut le fossoyeur de toutes les réglementations financières aux USA (en particulier de la loi Glass Steagall). Il est actuellement ami et protecteur des comportementalistes américains et défenseur des droits d’émission de CO2. Mr Summers a été en faveur de l’envoi des déchets des pays développés dans les pays du tiers monde, sous prétexte que ceux-ci étaient moins pollués. Le groupement intergouvernemental d’experts sur le réchauffement climatique (GIEC) qui a partagé le Prix Nobel avec Mr. Al Gore a été constitué en novembre 1988. Au mois de novembre 2009, une fuite d’emails dans un des centres de recherches en Angleterre a créé une sorte de « Climategate » qui n’a toutefois pas été capable de bloquer ou de minimiser le Copenhague COP15 et les conclusions du GIEC. Le GIEC étouffe le débat scientifique (non tranché par l’Académie des Sciences en France) et refuse la critique. Ce qui est pour le moins anti-scientifique. Le coefficient de corrélation entre températures et CO2 sur 1998-2007 est de 0,02 soit le constat avéré d’aucune corrélation statistique. Le célèbre écologiste Maurice Strong est directeur du Climate Exchange de Chicago (CCX) et le patron du GIEC, Mr. Rajendra Pachauri figure au comité consultatif : cela ne constitue t-il pas un conflit d’intérêt ? Par ailleurs, la mise en place d’une taxe carbone signifie qu’un protectionnisme empêchera les pays pauvres, notamment l’Afrique d’échanger avec les pays riches, ce qui étouffera leur développement.

On peut douter que le système de compensation de Copenhague puisse compenser quand on connait déjà l’échec de l’aide internationale depuis trois générations dû à l’inefficacité et la corruption. Les milliards qui seront dépensés pour la lutte contre le réchauffement ne seront malheureusement pas utilisés contre la famine, la pollution des eaux et les ressources aquifères, c’est-à-dire autant de problèmes vitaux pour les pays en développement. , économiste, Université de Chicago.

Michel-François Clerin

Silence, la finance carbone va sauver le climat !

Les marchĂ©s du carbone constituent depuis les annĂ©es 1990 la rĂ©ponse majeure de politique internationale pour rĂ©soudre la crise climatique. Leur conception est un produit de la rhĂ©torique nĂ©olibĂ©rale, alors Ă  son acmĂ©, ardemment dĂ©fendue par les États-Unis lors des nĂ©gociations devant aboutir au protocole de Kyoto en 1997, que ces derniers n’ont finalement pas ratifiĂ©.

Depuis les annĂ©es 2000, l’essentiel de l’Ă©nergie de l’Union europĂ©enne s’est dĂ©ployĂ©e pour la mise en place du premier marchĂ© du carbone en 2005. L’Union est aujourd’hui le plus ferme dĂ©fenseur de cette politique, alors que le marchĂ© europĂ©en du carbone est un exemple de la volatilitĂ© et de l’instabilitĂ© du prix du carbone et de son incapacitĂ© Ă  rĂ©guler la crise climatique.

Ces marchĂ©s ont vu leur taille doubler chaque annĂ©e entre 2005 et 2008. MĂŞme s’ils ne sont pas comparables par leur taille, approximativement Ă©quivalente Ă  100 milliards de dollars, aux marchĂ©s financiers dĂ©jĂ  en place, il sont promis Ă  connaĂ®tre des volumes voisins des dĂ©rivĂ©s de crĂ©dit dans une dizaine d’annĂ©es selon James Kanter du New York Times (06-07-2007).

Au bonheur des fonds spéculatifs

La « finance carbone », surtout après les dĂ©boires de l’immobilier, a rapidement attirĂ© les fonds spĂ©culatifs, les traders du secteur de l’Ă©nergie (comme EDF trading, Shell trading, Rhodia Energy…), des entreprises industrielles comme Arcelor-Mittal et les grandes banques d’investissement, Citigroup, Goldman Sachs, CrĂ©dit suisse, BNP-Paribas, Merrill Lynch, autant d’institutions dĂ©sormais connues du grand public pour leur prudence financière et leur souci du bien commun !

Car le marchĂ© du carbone n’est pas un simple commerce de droits et crĂ©dits d’Ă©mission Ă©changĂ©s entre entreprises pour satisfaire Ă  leurs obligations. Ces titres sont en effet dĂ©tenus aussi par d’autres acteurs, dont le but est de spĂ©culer sur leur valeur. Ainsi un marchĂ© secondaire s’est rapidement dĂ©veloppĂ©, avec des spĂ©cialistes de la spĂ©culation qui Ă©laborent des produits financiers complexes, Ă  partir des savants modèles de produits dĂ©rivĂ©s qui ont dĂ©jĂ  fait la preuve de leur dangerositĂ©, avec le risque d’une bulle financière.

Les contrats sur des « Ă©missions Ă©vitĂ©es », qui circulent dĂ©jĂ  sur les marchĂ©s Ă  terme, portent des risques importants de ne pas ĂŞtre rĂ©alisĂ©s. Alors que la crise climatique exige une transformation rapide des modèles de production et de consommation les plus polluants, elle se trouve ainsi entre les mains d’opĂ©rateurs qui en ont fait une nouvelle opportunitĂ© pour s’enrichir.

Le marchĂ© des quotas d’Ă©mission (ou encore droits Ă  polluer) est très singulier, car s’y Ă©change un titre Ă©mis par les États, les droits d’Ă©mission. Une fois ces droits en circulation, le marchĂ© dĂ©termine leur distribution finale et leur prix. Mais l’Ă©change de ces droits suppose une unitĂ© commune, c’est la tonne Ă©quivalent carbone : un quota d’Ă©mission Ă©gale toujours une tonne d’Ă©quivalent carbone Ă©mise, quelle que soit son origine. De cette rĂ©duction, dĂ©coulent des consĂ©quences Ă©cologiques et sociales alarmantes.

Un étalon unique

Cet Ă©talon unique est construit sur des règles de rĂ©duction entre les diffĂ©rents gaz Ă  effet de serre, ramenĂ©s Ă  un « Ă©quivalent carbone », alors que ces derniers contribuent diffĂ©remment au rĂ©chauffement global, et qu’ils devraient avoir des traitements diffĂ©renciĂ©s. C’est le cas du mĂ©thane, largement oubliĂ©, alors que des techniques assez simples et bon marchĂ© pourraient permettre de le rĂ©cupĂ©rer, notamment dans les pays du Sud. Par ailleurs, les solutions comme les agrocarburants, le nuclĂ©aire, le stockage du carbone, qui Ă  court terme peuvent certes faire baisser les Ă©missions, reprĂ©sentent potentiellement des catastrophes Ă©cologiques et sociales futures.

De mĂŞme, en posant comme Ă©quivalents une tonne de carbone Ă©mise et un quota obtenu n’importe oĂą et n’importe comment, la dĂ©forestation de la forĂŞt primaire peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme Ă©quivalente, en termes de tonnes Ă©quivalent carbone, Ă  son remplacement par une plantation nouvelle Ă  croissance rapide, la biodiversitĂ© et les droits des peuples indigènes n’entrant pas dans l’unitĂ© de compte.

Et puisque toutes les rĂ©ductions sont ainsi Ă©quivalentes, il est logique de rechercher celles au moindre coĂ»t, par le dit « mĂ©canisme de dĂ©veloppement propre » et par la compensation carbone qui autorisent les entreprises des pays industriels Ă  gagner des droits d’Ă©mission en investissant dans les pays du Sud et en s’exonĂ©rant des rĂ©ductions domestiques. Ainsi, le passage Ă  des systèmes de production et de consommation soutenables, se trouvent retardĂ© d’autant dans les pays les plus pollueurs. Une tonne d’Ă©quivalent carbone Ă©vitĂ©e en Éthiopie aura la mĂŞme « valeur » qu’une rĂ©duction d’une tonne en Europe ou aux États-Unis !

Le climat devient une abstraction

Le choix du développement mondial du marché du carbone, avec son unité de compte en tonne équivalent carbone, fait du climat une pure abstraction, déliée des conditions sociales, historiques et technologiques de son équilibre. Le silence actuel sur ces mécanismes écologiquement inefficaces et économiquement dangereux, inventés dans les années 1990 en pleine euphorie financière pour poursuivre les logiques de croissance infinie, est inquiétant.

Il se renforce d’un silence gĂŞnĂ© portĂ© par des « entrepreneurs du bien » selon l’expression de Gunter Anders, qui, face Ă  la dĂ©route, s’inscrivent dans le « c’est tout de mĂŞme mieux que rien ». Une forme de « l’empire du moindre mal » (Jean Claude Michea). Ce silence demande Ă  ĂŞtre levĂ© si nous ne voulons pas nous rĂ©veiller douloureusement.

Geneviève Azam, Conseil scientifique d’Attac.

Source: Mondialisation.ca

déc 22 2009

CIA et propagande climatique (vidéo)

Quand l’agence de Langley s’intĂ©resse Ă  la question climatique, ce n’est pas par soucis Ă©cologique mais plutĂ´t par intĂ©rĂŞt stratĂ©gique. Une nouvelle perspective amĂ©ricaine qui mĂŞle climat, Ă©conomie et espionnage…

OFRWR-USA-CIA-ENQUETE-20090824

Le 1er Octobre 2009, Dianne Feinstein, sĂ©natrice dĂ©mocrate de Californie annonçait devant le congrès amĂ©ricain l’ouverture d’un centre d’un nouveau genre : le Centre sur le changement climatique et la sĂ©curitĂ© nationale. Sa mission est d’étudier les effets du rĂ©chauffement climatique sous l’angle sĂ©curitaire. L’aspect Ă©conomique n’a pas Ă©tĂ© oubliĂ©. Le centre aidera Ă©galement les entreprises amĂ©ricaines Ă  se positionner au mieux dans un secteur en plein essor, celui des ressources naturelles. Et ce n’est pas tout, alors que les Etats-Unis ont toujours refusĂ© de se soumettre au système de surveillance mis en place par le protocole de Kyoto, le centre effectuera sa propre surveillance satellite sur les autres pays.

Cette collaboration entre la CIA et les scientifiques révèlent l’intérêt des Etats-Unis pour les changements à venir. Bien que l’initiative soit récente, la stratégie américaine, elle, est ancienne et s’inscrit dans « leur volonté de domination et d’hégémonie », comme le souligne David Mascré, professeur de géopolitique à l’Ecole des Hautes Etudes en Relations Internationales. Selon lui, « le climat est considéré depuis longtemps, par les Américains, comme un facteur stratégique majeur ».

En effet, l’importance de la question climatique a été remise au centre des préoccupations dans le 4ème rapport sur la prévision des enjeux majeurs à venir, rédigé par le service de renseignement américain. Dans ce document, Thomas Fingar, directeur de la CIA, évoque la nécessité de mesurer l’impact de ces changements sur la puissance américaine du point de vue géopolitique, militaire et économique. Il prévient également de l’augmentation des tensions et des conflits à venir dans l’accès aux ressources naturelles.

Le réchauffement climatique n’est plus simplement qu’une question environnementale, c’est devenu un enjeu stratégique majeur. Un aspect qui n’est pas envisagé aussi clairement en Europe où le débat demeure entre les mains des scientifiques. La surveillance du climat est confiée à l’Agence Spatiale Européenne (ESA) qui dispose du satellite ENVISAT. Relevés de température des eaux, surveillance du niveau des mers et de l’état des terres émergées, le satellite européen apporte de nombreuses données aux scientifiques sur l’évolution du climat. Un outil qui manque toutefois de précision concernant les émissions de dioxyde de carbone, comme le précise le directeur de la stratégie et des programmes au CNES (Centre National d’Etudes Spatiales), Didier Renaut. Et pour combler cette lacune, le CNES développe son propre programme, nommé Microcarb. Un programme qui pour le moment est en phase d’étude et pourrait voir le jour d’ici 4 ou 5 ans.

En attendant, pour tenter de limiter ces changements climatiques, les Etats doivent se restreindre à leurs engagements pris lors du sommet de Kyoto. Car même si tous les pays, actuellement réunis à Copenhague, s’accordent sur de nouvelles mesures plus contraignantes, la question de la surveillance demeure, elle, toujours en suspend…

Mounia ben AĂŻssa

déc 21 2009

Lutte contre le réchauffement climatique ou lutte contre les peuples ? (video)

La gestion du climat est présentée comme le domaine où la mise en œuvre de la gouvernance mondiale ne serait plus discutable. Nous aurions tous le même intérêt, le même devoir : sauver la planète. Le consensus serait de mise, il abolirait les classes sociales et les barrières idéologiques.

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Copenhague, vers une gouvernance mondiale ?

Les média, certains écologistes, les politiques [1] et les grands patrons de l’industrie [2] tendent à accréditer l’idée que l’affaire est entendue : Le réchauffement global proviendrait de l’effet de serre engendré par le CO2 que nous envoyons à profusion dans l’atmosphère et nous serions tous coupables à quelques degrés prés et que pour éviter « l’apocalypse », il faudrait se serrer les coudes, tous ensembles, exploités comme exploitants. Pour ce faire, les leçons de civisme vert couvrent les pages et les écrans pour mettre sur le même plan celui qui jette son papier mouchoir sur le trottoir et celui qui fait pousser des roses en Afrique avec une main d’œuvre bon marché en privant d’eau potable les autochtones africains (roses qui sont ensuite transportées par avions en Amérique du nord et en Europe pour les proposer en grandes surfaces en toutes saisons.)

Le discours est maintenant au point. Il faut dépasser les égoïsmes, il faut réduire la production, il faudrait éradiquer la paysannerie. Il faudrait même diminuer drastiquement la population. Un vert, Yves Cochet, s’en est fait le chantre en proposant de réduire les allocations familiales. Une version maoïste à la sauce verte. A quand le sommet de la dépopulation ?

Pour l’instant, constatons que l’instrumentalisation de cette question par toutes les institutions nationales, le FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne, L’OCDE, l’ONU et par la plupart des gouvernement sert à justifier la mise en œuvre de politiques dévastatrices qu’on nous présente sous le label de « développement durable », un terme à la mode [3]. En France, sous ce prétexte sera créée une taxe carbone que paieront les classes pauvres et moyennes et dont seront exclus les riches.

Certains scientifiques [4], souvent liés aux industriels eux même liés aux politiques forment un triumvirat sociologique qui cherche par une nouvelle croisade à convaincre que l’avenir est incertain, sauf de nous serrer la ceinture toujours plus.

En matière de science le scepticisme est un devoir et d’autres scientifiques qui ne considèrent, au contraire des précédents, rien comme acquis (cela ne se résume pas à Claude Allègre), mettent en doute cette idée de réchauffement et plus encore certains prévoient au contraire un refroidissement climatique. Bien entendu, ces derniers ne rentrent pas dans la « bonne » case de la pensée unique et n’ont donc pas droit aux grands moyens d’information.

En France, pour les grands moyens d’information, tout se passe comme si les débats sur « le Mur de Berlin », sur « l’identité française » ou sur « le réchauffement climatique » avaient été conçus comme des points de fixation, afin de détourner l’attention des sujets fâcheux comme la crise, le renflouement des banques, les privatisation des services publics, les délocalisations, le chômage, la fermeture des hôpitaux, l’attaque contre la laïcité, les droits des migrants ignorés, les syndicalistes victimes de violences, etc….

Les avancées technologiques et scientifiques qui ont fait un bond en avant au vingtième siècle, plus qu’aux dix siècles précédents et les choix politiques de production ont influé et influent sur les conditions environnementales, quelquefois pour les améliorer, quelquefois pour les détériorer.

Si nous prenons l’exemple de la chimie, notons deux mouvements contradictoires parmi d’autres : Pour le positif, le progrès médical qui permet d’avoir en moyenne depuis l’an mille, en France, doublé l’espérance de vie ; pour le négatif la recherche du profit par le productivisme qui conditionne la pollution des nappes phréatiques par les nitrates, les produits phytosanitaires, notamment les herbicides, et les solvants chlorés qui mettent en cause la vie des personnes et des animaux, notamment le long des cours d’eau.

Notons que ce sont les choix économiques et politiques qui déterminent la recherche et ensuite l’application de cette recherche.

Dans ces conditions si la planète est en danger, les participants du sommet de Copenhague devraient, presque tous, comparaître devant le tribunal de l’humanité. C’est ce qu’a d’ailleurs déclaré le président bolivien Evo Morales, pour lui les responsables du réchauffement de la planète doivent indemniser leurs victimes et être jugés.

En effet, les misères que connaît notre planète avec la pollution de l’air (les aliments font le tour de la terre en avions et méga camions avant de terminer dans notre assiette), de la terre (abus de produits phytosanitaires puis agrocarburants) et des eaux (hydrocarbures notamment) proviennent toutes d’un mode de production et sa recherche de profits à court terme : le mode de production capitaliste. Ce sont les décideurs de ce système qui se sont baguenaudés à Copenhague. Des pyromanes pour éteindre le feu.

S’agissant du sommet de Copenhague, sans verser dans la théorie du complot, on peut légitimement se poser quelques questions et remarquer des convergences d’intérêts :

Ce sommet aurait-il eu pour but (non déclaré) de faire diversion, venant ainsi en renfort des terrorismes, dont celui d’Al-Qaida ?

Ce sommet aurait-il pour but en Europe d’invalider le cadre national au profit de l’Union européenne ?

Ce sommet aurait-il pour but de créer une gouvernance mondiale (c’est complémentaire avec la précédente question), vrai projet totalitaire qui permettrait de choisir l’avenir de sept milliards d’être humains sans que ceux-ci aient leur mot à dire, quitte à ce que ces citoyens d’un nouveau monde soient peinturlurés en martiens, couleur d’espoir comme chacun sait ?

Ce sommet aurait-il pour but d’engager une nouvelle forme de développement capitaliste permettant de relancer les profits tout en diminuant l’impact de l’extraction des hydrocarbures qui à l’exception de l’Arabie Saoudite se fait dans des pays peu sûrs pour le capitalisme : Iran, Venezuela, Russie, voire le Soudan, l’Algérie, le Nigeria ?

Ce sommet aurait-il pour but de permettre de juteuses opérations financières avec les échanges de quotas d’émission de gaz à effet de serre. En effet, les grandes banques multiplient les partenariats avec des start-up « écologiques » pour générer du crédit carbone. Les allocations de droits à polluer sont ainsi devenues objet de spéculation.

Le champion contre le réchauffement climatique, Al Gore, en est le parfait exemple. Ce spéculateur a rejoint en 2007 la société Kleiner Perkins Caufield & Byers (KPCB), une société par actions à capitaux privés. Cette société a annoncé un investissement de 500 millions de dollars dans des entreprises de technologie de mûrissage écologique appelées Green Growth Fund.

Il s’agit donc bien d’un capitalisme vert dénoncé par ailleurs. Les sociétés s’auto-labellisent. Tous les produits que vous achetez en grande surface ont leur label vert. Le « vert » au service de la communication commerciale.

Revenons à Copenhague, d’un point de vue capitaliste, cette diversion se justifie. Quelques remarques non exhaustives.

Socialement, la moitié de l’humanité vit au-dessous du niveau de misère. Les chiffres sont terrifiants : 20 % des plus riches consomment 82,49 % de toutes les richesses de la Terre, les 20 % les plus pauvres doivent se contenter d’un minuscule 1,6 %

Selon ATTAC, les 84 individus les plus riches du monde détiennent une richesse supérieure au PIB de la Chine et de ses 1,3 milliards d’habitants.

En France, selon l’observatoire des inégalités, un ménage sur deux a moins de 1 800 euros par mois de revenus alors que les grands patrons on des revenus annuels de 2 millions à plus de 3 millions d’euros (en 2008, 3,53 millions d’euros pour le PDG de l’Oréal, Jean-Paul Agon).

Pour la France métropolitaine, selon l’INSEE, le taux de chômage s’établit à 9,1 %, soit près de 2,6 millions de personnes en France métropolitaine, à 3,8 millions de personnes si l’on ajoute les personnes exerçant une activité réduite.

La déforestation de la forêt, en Amazonie, en Afrique centrale et en Indonésie, au profit de grands groupes agro-alimentaires bat son plein. Le pillage des ressources pétrolières, gazières et minérales en Afrique par de grands groupes industriels où les Français sont bien représentés (Elf, Bolloré, Bouygues) aussi.

Copenhague, n’a apparemment pas prévu d’annuler la dette des pays dits du Sud. Or seule l’annulation de cette dette, en plus d’un acte de justice, permettrait à ces pays de financer les infrastructures nécessaires à leurs développements et des secteurs sociaux essentiels et donc de protéger l’environnement.

Ces quelques exemples montrent que la meilleure santé de la planète dépend de la santé sociale de ses habitants et que si ces derniers pensent que le système n’est pas bon, ils pourraient essayer d’en changer. C’est bien pourquoi la capitalisme pour continuer son biseness à un impératif besoin de diversion pour assurer sa pérennité

S’il s’agissait de sauver la planète, pourquoi ne pas ajouter à la lutte contre l’effet de serre, celle contre le nucléaire à des fins militaires ? Pourtant, un accident, une guerre, aurait des effets néfastes sur l’environnement et vraisemblablement sur le climat.

Le nucléaire militaire reste le symbole de la puissance et du néocolonialisme, par exemple, Israël par rapport à la Palestine et à l’Iran. Pour permettre la continuation de systèmes nucléaires de plus en plus sophistiqués et de plus en plus dispersés qui rapportent beaucoup aux producteurs d’armes et à leurs actionnaires, la menace terroriste s’est substituée à « l’empire du mal ». Pour la France : Thales, EADS, Dassault, Lagardère, Safran…tirent les marrons du feux. Imaginons un seul instant l’argent utilisé pour le nucléaire militaire employé pour des emplois permettant d’améliorer les conditions de vie sur la planète [5] ?

Dans le cadre d’un autre système politique, il n’en reste pas moins, quels que soient les accords internationaux ou mesures envisagées, que la pollution déjà en place ne se réduira pas d’elle-même.

La nature nous offre la solution grâce aux arbres et autres végétaux avides de CO2 durant toute leur croissance. Il faudra encore mixer la problématique de la pollution avec celles de la désertification et des conditions climatiques. Il faudra donner du temps au temps ce qui est contradictoire avec le capitalisme. Après avoir arrêté la déforestation, il faudra utiliser les techniques qui existent pour faire pousser (ou repousser) des arbres en plein désert. Avec une politique au service des personnes et non l’inverse, essayons-les. Leurs réussites dépendent d’une coopération sans recherche de profits avec des chercheurs indépendants de la finance et de plus en plus nombreux et sous contrôle de l’opinion. Pour faire vite, nous avons besoin de services publics de qualités et auto gestionnaires.

Enfin, il faudra produire bien pour bien nourrir tous les hommes et non pour enrichir quelques-uns. Croire qu’il suffit de produire plus pour nourrir la planète est un non-sens. C’est la question de l’accès aux denrées alimentaires qui est essentielle. Un milliard de personnes dans le monde ont faim parce qu’elles sont trop pauvres, pas parce que l’on ne produit pas de quoi les nourrir en quantité suffisante. Pauvres, à qui le plus souvent, on a pris la terre sur laquelle ils se nourrissaient pour l’utiliser à d’autres fins.

Les questions environnementales n’étant pas indépendantes des systèmes politiques qui les gèrent, il faut aux peuples reconquérir leur espace politique et leur souveraineté, il faut qu’ils se mobilisent, fassent pression et promeuvent des changements venus d’en bas, proposant des échanges multiculturels basés sur la coopération [6] à égalité de droits et de devoirs, un véritable internationalisme et un changement de système politique (révolutionnaire s’il s’agit d’un changement de l’ordre existant dans un sens du bien commun) avec de nouvelles règles constitutionnelles donnant priorité aux citoyens. [7]. Aucun changement réel ne vient d’en haut, il viendra d’en bas, il en va de la qualité de l’environnement comme pour celui de la sécurité sociale, de la démocratie ou de la paix entre les peuples.

Vraisemblablement, nous rentrons dans un nouveau cycle où les gens et notamment les personnes les plus militantes devront créer de nouveaux dispositifs horizontaux, d’échanges, de propositions et d’actions à la place des dispositifs verticaux ou trop souvent les leaders institutionnalisés [8] n’ont pas les mêmes soucis que la base. C’est possible dans l’hexagone comme au niveau international [9]. Alors, seulement, les hommes feront leur propre histoire . . . et amélioreront les conditions planétaires.

Serge Portejoie


notes :

[1] S’agissant des politiques, le consensus semble impressionnant, de la gauche de la gauche jusqu’aux palais présidentiels les plus à droite, tous y vont de leur couplet, ce qui a encouragé des retournement de vestes. Certains se positionnant à la fois sur le thème à la mode et les élections les plus proches.

[2] A Copenhague, les grandes entreprises étaient partout : Coca cola, Mc Donalds et Calsberg ayant été particulièrement remarquées. Alors, que les personnes venant de pays qui jouaient leur survie dans ces délibérations se retrouvaient en marge du sommet.

[3] le terme de « développement durable » qui est compréhensif et valable en soi a été récupéré et sert toutes les sauces. Toutefois, ce terme a était amorcé en 1972 avec Aurélio Peccel, administrateur de plusieurs multinationales à l’occasion d’une réunion du club dit de Rome, il fut repris par la suite en 1987 par le rapport Brundtland dans le cadre de l’ONU. Ses « parrains » auguraient mal de son avenir.

[4] En France les prévisions des climatologues du bureau politique du GIEC, répercutées et amplifiées au centuple par les journaux, les radios, les télévisions …

[5] Il est très difficile de déterminer le coût mondial de l’arme nucléaire. En plus du « secret défense », s’ajoutent de nombreuses dépenses indirectes Tout ce qu’on est sûr c’est qu’il s’agit de centaines de milliards d’euros.

[6 L’ALBA, nous offre un exemple de coopération solidaire.

[7] L’un des slogans de la manifestation du samedi 12 décembre à Copenhague (100 000 participants) était « Changeons le système, pas le climat ». Ce slogan reflétait également le positionnement de quelques pays, dont celui de la Bolivie qui fut remarqué. Le début du commencement d’une lutte virulente contre le capitalisme ?

[8] Ce qui n’exclut pas les responsables de partis progressistes, parmi les plus décidés, notamment les élus de proximité.

[9] Rappelons seulement pour l’hexagone les prémices qu’à constitué le référendum du 29 mai 2005 puis l’abstention politique massive aux dernières « européennes » qui ont dépassées les clivages des partis et les ambitions personnelles ainsi que le ramdam médiatique. Des militants progressistes et républicains, des citoyens sans étiquettes (évitons la notion de gauche dénaturée et dévalorisée) se retrouvent le plus souvent sur des constations, des possibles solutions. Seul un certain « suivisme » de leaders aux services des institutions capitalistes les sépare, voire les décourage. Pourtant, aujourd’hui les conditions objectives de se retrouver pour faire ensemble sont de nature à favoriser le changement de société dont nous avons tant besoin.

nov 03 2009

Un monde en plein désordre, sans paix, ni justice, ni humanité

Par Karl MĂĽller

Au vu des victimes et des dégâts causés pendant la Seconde Guerre mondiale, les fondateurs des Nations Unies et de sa Charte tentèrent d’éviter qu’une pareille catastrophe ne se reproduise, cherchant à rendre le monde plus pacifique et plus juste. La mise en place des relations internationales ne devait plus relever de l’arbitraire de quelques pays. Il fallait établir un ordre juridique international approuvé et respecté par tous les Etats de la planète.

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Mais peu après la fin de la guerre et la fondation des Nations Unies, le monde se trouva à nouveau divisé en blocs hos­tiles. Une nouvelle fois, les relations internationales furent marquées, au cours des décennies suivant la guerre, par la poli­tique d’hégémonie.

On savait déjà qu’une politique internationale soumise aux fluctuations de la recherche du pouvoir et du contre-pouvoir n’apportait pas de stabilité et n’assurait donc pas la paix. La situation dans le monde fut donc très fragile et l’humanité n’échappa que d’un cheveu, et par hasard, à la destruction.

C’est pourquoi dès les années 60 on entreprit de sérieux efforts pour réduire les affrontements et l’aggravation de la situation entre les blocs et pour remplacer les affrontements, les conflits et la course aux armements par des mesures de confiance, de coopération et de désarmement.

Il est vrai que tout le monde n’était pas honnête et ce furent les mêmes qui déclenchèrent une nouvelle fois la guerre froide dans les années 80, provoquant une nouvelle course aux armements.
Le monde se retrouva face à la menace d’une guerre mondiale dévastatrice. Ce furent avant tout les Etats-Unis qui cherchèrent à gagner la guerre froide; non pas par la force des armes mais par une guerre économique et financière.
L’alliance militaire orientale, le Pacte de Varsovie, et le bloc économique oriental, le Conseil d’assistance économique mutuelle (Comecon) furent mis sous pression, ce qui amena finalement leur dissolution. Il ne resta qu’une grande puissance: les Etats-Unis et l’OTAN, qu’ils dirigent, et l’ordre financier et économique mondial qu’ils déterminent.

Nombreux furent ceux qui, lors de la dissolution du bloc de l’Est, espérèrent une paix durable assurant la sécurité et le bien-être. Mais ce fut en vain car la politique américaine, profitant de sa situation d’unique superpuissance au monde, voulut s’imposer non par le droit mais en profitant de sa situation dominante. La mondialisation fut en fait une américanisation du monde – par tous les moyens et sans tenir compte des dégâts causés.
Au début des années 90, le gouvernement américain avait appelé cela «nouvel ordre mondial» et il ouvrit cette «ère nouvelle» par de nouvelles guerres: contre l’Irak, contre la Somalie, contre la Yougoslavie. Les groupes de réflexion américains se penchèrent dans les années 90 sur un «Projet de nouveau siècle américain», escomptant bien l’imposer par leur supériorité militaire. Les guerres contre l’Afghanistan et à nouveau contre l’Irak en sont les signes les plus visibles, mais aussi l’instrumentalisation des Etats européens membres de l’OTAN, la mainmise sur l’Union européenne, la mise au pas de la «gauche» européenne et l’extension à l’Est de l’OTAN et de l’Union européenne.
Néanmoins, aujourd’hui, 20 ans après la dissolution du bloc de l’Est, le plan des Etats-Unis a échoué.

Les conséquences catastrophiques du «projet» américain pour une grande partie du monde apparurent clairement aux yeux des populations. Les Etats-Unis ont lancé le bouchon trop loin; leur prestige dans le monde a disparu, des forces contraires se sont mises en place et se renforcent. Elles vont de la résistance inattendue dans les pays en guerre aux alliances internationales tels que l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) en Amérique latine, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en Asie ou le BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), alliance intercontinentale. Il reste bien sûr des forces dangereuses qui souhaitent renverser la vapeur et prêtes à risquer gros. Toutefois, il ne s’agit que de quelques attardés dans l’évolution historique qui doivent néanmoins être pris très au sérieux, surveillés et tenus à l’écart – du fait qu’ils pourraient être tentés d’embraser le monde. Leur politique est cependant sans avenir.
Les prochaines années seront pleines d’insécurité et nécessiteront la recherche de nou­velles orientations.
Il se peut que le nouveau gouvernement américain s’y consacre. On peut l’espérer du fait que le président américain a reçu cette année le prix Nobel de la Paix. Peut-on espérer amener le président à refuser la poli­tique hégémonique de son pays – ne serait-ce qu’en raison de la grande misère qui s’abat sur la population de son pays – et à s’engager dans une politique de paix dans le monde? Ou bien se contentera-t-il, en manœuvrant habilement, de redonner aux Etats-Unis la capacité d’être à nouveau la seule superpuissance?

On ne peut se contenter d’attendre les réponses à ces questions. Le plus de personnes possible doivent se mettre à réfléchir, à discuter, à formuler des solutions.
Mais est-il crédible de rediscuter plus ou moins ouvertement l’idée d’un gouvernement mondial? Peut-on mettre en place un tel gouvernement et en même temps respecter l’ensemble des droits humains? Qui donnera sa légitimité à un tel gouvernement? Quels seront ses domaines politiques? Ne risquons-nous pas de retomber dans une politique centralisée? L’humanité est-elle prête à accepter ce nouveau Léviathan?

Il existe une autre perspective: celle de mettre en place les bases de la paix et de la justice par un «ordre mondial du droit». Cette idée n’est pas nouvelle, elle nous vient du siècle des Lumières. Mais pres­que personne ne s’en est préoccupé au cours de ces dernières années. Et ce sont précisément les Etats européens, où est née la philosophie des Lumières, qui ont trahi le projet d’un ordre mondial reposant sur le droit. Une idéologie du laissez-faire, de l’égalité des valeurs, du droit du plus fort, c’est-à-dire de l’arbitraire des puissants a pénétré jusque dans les sciences «occidentales», dans l’art et la culture. Et toutes les professions de foi en faveur du droit ne furent plus que des déclarations peu sincères. On traite de naïfs et de ringards tous ceux qui croient encore à la valeur du droit et à son caractère obligatoire, tout particulièrement en ce qui concerne les relations entre les Etats.

On constate aujourd’hui les conséquences de cette idéologie: un monde en plein désordre, sans paix, ni justice, ni humanité.

Pourtant la tâche ne serait pas si difficile car il n’est pas nécessaire de créer un ordre juridique international. Les fondements essentiels en ont été établis par le droit international et un grand nombre de traités internationaux. La communauté internationale peut s’y référer.
Ce qui est nécessaire avant tout, c’est de comprendre que le monde n’a pas d’autre perspective s’il veut survivre et que la dignité de tous les hommes impose le respect du droit.

L’idée du contrat social, venue des Lumières, partait du principe que les individus se soumettraient au droit accepté par tous afin d’assurer la liberté, la propriété et la vie. Il en va de même dans la communauté des Etats. Le respect des traités entre les peuples consti­tue l’«ordre mondial du droit».

Karl MĂĽller

nov 03 2009

Fall of the Republic, d’Alex Jones (vostfr)

Le rĂ©alisateur Alex Jones affirme, dans son nouveau film « The Fall of The Republic » (la chute de la rĂ©publique) que les patriotes doivent s’unir et se battre contre les ennemis de la RĂ©publique, car ils risquent sinon de se retrouver tenu en esclavage par une Ă©lite dirigeante Ă  travers un contrĂ´le social tyrannique.

Fall of the Republic cover

Du plan de sauvetage Ă  la taxe sur le carbone, ainsi que la mort annoncĂ©e du dollar, il semble Ă©vident, selon Alex Jones, que Barack Obama et ses maĂ®tres sont en train de mettre en place les conditions nĂ©cessaire Ă  la crĂ©ation d’un gouvernement mondial, fusse-t-il pour cela nĂ©cessaire de sacrifier des millions de vies.

Nos remerciement Ă  Hussardelamort pour son travail de traduction.


7ème partie (mise en ligne le 5 novembre 2009)

8ème partie (mise en ligne le 7 novembre 2009)

9ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)

10ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)


11ème partie (mise en ligne le 9 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

13ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 15 novembre 2009)

Nous placerons la suite du document dès la traduction réalisée

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oct 23 2009

« Le sommet de Copenhague nous dirige vers un Gouvernement mondial » (vidéo)

Du 7 au 18 décembre 2009 aura lieu le sommet mondial Copenhagen Climate Council sur le changement climatique dans le cadre du suivi du Protocole de Kyoto. Il y sera question de la vision d’un nouvel accord international sur le climat, en faveur d’un marché mondial du carbone et des technologies en matière de développement durable qui sont respectueuses de l’environnement. Seront notamment débattus l’effet de serre, les nouvelles normes d’émission de gaz CO², la capture du carbone et stockage (CCS), l’énergie nucléaire ainsi que les agrocarburants.

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Voici une brève vidéo filmée lors d’une conférence à l’université Bethel à Saint-Paul dans le Minnesota aux États-Unis, le 14 octobre 2009 où Lord Christopher Monckton a abordé certains points intéressants mais inquiétants du traité qui sera signé par les nations lors du sommet mondial à Copenhague dont celui de l’établissement d’un gouvernement mondial.

MecanoBlog

oct 02 2009

L’Irlande tombera-t-elle dans le piège du TraitĂ© de Lisbonne ?‎ (Information en continu)

Un peu plus d’un an après avoir rejetĂ© le traitĂ© de Lisbonne (1), les Irlandais votaient Ă  nouveau aujourd’hui sur ce texte rĂ©formant le fonctionnement de l’Union europĂ©enne, et autorisant la peine de mort, entre autres lois liberticides, comme nous l’indiquions dans un rĂ©cent article sur Mecanopolis.

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Le gouvernement et presque tous les principaux partis ont soutenu le traitĂ©. Le Premier ministre Brian Cowen a exclu un troisième vote, ce qui signifie qu’un nouveau « non » irlandais pourrait enterrer dĂ©finitivement le traitĂ©.

Ce matin, un journal à grand tirage irlandais ouvrait ses colonnes à un des rares opposant qui appelle avec force à refuser ce traité. Nous en reproduisons la traduction ci-dessous, et placerons à la suite, tout au long du week-end, les informations qui nous parviennent.

Mecanopolis et JVT

1. En un peu plus d’un an (entre juin 2001 et hier), ce n’est pas 2 fois que les irlandais ont dĂ» se prononcer sur un traitĂ© europĂ©en mais 4 fois. C’est la 2ème fois que les Irlandais sont appelĂ©s Ă  s’exprimer sur la ratification d’un traitĂ© europĂ©en après avoir rejetĂ© le texte lors d’un 1er rĂ©fĂ©rendum. Le 19 octobre 2002, 62,89% des votants avaient approuvĂ© la ratification du traitĂ© de Nice après avoir majoritairement votĂ© contre (par 53,87% des suffrages) le 7 juin 2001. Faire voter le peuple Ă  rĂ©pĂ©tition jusqu’Ă  ce que, Ă  coup de propagande, il fasse le choix de ce qui est dĂ©sormais convenu d’appeler la Gouvernance mondiale, est ce que l’on appelle « dĂ©mocratie » au 21ème siècle.

ProtĂ©gez l’indĂ©pendance de l’Irlande en votant NON !

DEMAIN, nous aurons Ă  faire le vote le plus important de nos vies. Voici mon opinion sur le sujet :

Garanties : Elles ne valent pas le papier sur lequel elles sont Ă©crites. Les plus grandes dĂ©cisions du Danemark après leur vote du  » Non » sur Maastricht ont Ă©tĂ© depuis annulĂ©es par la Cour de Justice europĂ©enne.

L’article 48 : la clause d’escalator ou de clause s’amendant permet Ă  l’UE d’aggraver son pouvoir dans de nouvelles rĂ©gions sans revenir aux gens pour un vote sur n’importe quels changements. Donc ce que nous avons est un traitĂ© qui n’est pas mis dans la pierre, Ă  la diffĂ©rence de notre propre constitution.

C’est un traitĂ© flexible est prĂ©vu pour ĂŞtre amendĂ© par l’Ă©lite europĂ©enne comme ils le veulent. Cela rend les États membres extrĂŞmement vulnĂ©rables. Signeriez-vous un contrat avec quelqu’un qui pourrait le modifier juridiquement — après sa signature ?

L’article 2 ECFR : “ Personne ne doit ĂŞtre condamnĂ© Ă  mort, tout le monde a droit Ă  la vie”. Le protocole 6 de l’article 2 de l’ECHR, qui fusionnera avec l’ECFR, dit : “ Un Ă©tat peut faire la disposition pour la peine de mort aux temps de menace de guerre ou imminente de guerre ”. LĂ  vous avez  » une porte dĂ©robĂ©e « ‘ par quoi l’article principal peut ĂŞtre diluĂ© ou niĂ© entièrement. C’est typique de la tromperie que nous trouverons lors de l’Ă©tude du traitĂ© et de ses chartes. Pourrions-nous nous fier Ă  Tony Blair, qui a conduit sa nation dans la guerre sous de faux-semblants et qui est le favori, non Ă©lu, pour ĂŞtre le prĂ©sident de l’UE ?

Comme cela a été exposé par Commissaire européen Irlandais Charlie McCreevy, 95 % des européens voterait non à ce traité si on leur donnait la chance de le faire. Nous le leur devons, pour prendre la bonne décision demain.

L’UE n’a pas Ă©tĂ© bonne pour l’Irlande ? Nous avons donnĂ© Ă  l’UE notre stock de pĂŞche. L’industrie de pĂŞche a Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©e par consĂ©quent. Maintenant, nos fermiers sont forcĂ©s de vendre du lait moins cher que le prix coĂ»tant, Ă©tant handicapĂ©s par le poids de la bureaucratie europĂ©enne.

Le totalitarisme de l’UE avance Ă  pas feutrĂ©s : avez-vous remarquĂ© comment, avec chaque traitĂ© europĂ©en successif, comment nous nous sommes dĂ©placĂ© de l’intĂ©gration Ă©conomique vers l’intĂ©gration politique ? Est cela la dĂ©mocratie qui consiste Ă  proposer aux gens le mĂŞme traitĂ© sur lequel nous avons dĂ©jĂ  votĂ© ? Est cela la dĂ©mocratie, refuser dans les États membres un rĂ©fĂ©rendum aux citoyens ? Était cela la dĂ©mocratie pour d’autres Ă©tats de ratifier le traitĂ© contre les vĹ“ux de leurs propres citoyens ?

En parlant simplement, c’est donner de plus en plus de pouvoir dans de moins en moins de mains.

Nous devons garder notre indépendance remportée de haute lutte et protéger notre constitution.

Soyons du bon cĂ´tĂ© de l’Histoire … Votons NON Ă  Lisbonne.

Jim Corr, pour le Herald

Traduction : Fonzibrain

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