sept 02 2010

L’Autriche va-t-elle sortir de l’Union europĂ©enne ?

En réponse à l’imposition brutale du Traité de Lisbonne, une plate-forme de citoyens a lancé une initiative nationale pour obtenir le retrait de l’Autriche de l’Union européenne. Il s’agit en premier lieu de garantir la liberté politique du peuple et le sauvetage des bases existentielles de l’Autriche : du (re-)développement d’un marché intérieur à l’abri des crises et d’un Etat social, ce qui n’est possible qu’à l’intérieur d’Etats indépendants, de remettre la neutralité au centre de la politique extérieure, de la liberté d’accepter ou refuser les OGM, de la réintroduction d’une monnaie nationale et de l’introduction d’une démocratie directe selon le modèle helvétique.

autriche

Les droits de souveraineté transférés aux organes communautaires, comme le prévoit le Traité de Lisbonne, ne sont pas limités et suite à cela, pas assez légitimés démocratiquement.

Puisque plus de 80% des lois sont imposées par l’UE à l’aide de prescriptions, directives, décisions et autres consignes, plus aucun politique ne porte de responsabilité pour ces lois. Ni les députés «représentants du peuple», ni la Cour constitutionnelle autrichienne ne s’opposent à cet politique européenne antidémocratique.

La majorité du peuple autrichien s’oppose à l’UE. Ainsi en témoigne le sondage effectué par le Linzer Meinungsforschungsinstitut Imas, révélant que 54% de la population estime que l’UE apporte plus de désavantages que d’avantages au pays .

Il faut rendre au peuple autrichien ses droits politiques

Economie

Les entreprises nationales qui sont en relation avec la population, ont de moins en moins de chances de survie dans un système supranational. L’Autriche ne peut plus conclure d’accords commerciaux, vitaux pour la protection de l’économie nationale, du fait de son appartenance à l’UE; le commerce international est entièrement dans les mains des organes centraux de l’UE. De nombreuses petites et moyennes entreprises ont dû fermer leurs portes depuis l’adhésion du pays à l’UE, dont beaucoup d’artisans et d’entreprises de production de biens, offrant à la jeunesse des places d’apprentissage et des emplois et contribuant fortement à l’économie nationale. Sans souveraineté économique, un Etat ne peut remplir sa mission de sauvegarde de la stabilité économique; il ne peut ni la conserver ni la développer.

C’est l’AELE qui se présente comme la véritable alternative à l’UE.

Son avantage principal est que, au con­traire de l’UE, elle ne mène pas de libre échange illimité. Les accords de l’AELE prévoient notamment une réduction des taxes douani­ères pour les produits industriels, mais chaque pays conserve le droit d’imposer ces dernières aux pays tiers et conserve sa propre politique économique et moné­taire. Et surtout: l’agriculture et le marché du travail sont exclus du libre échange!

L’AELE a une grande importance pour un pays comme la Suisse, fortement orienté vers les exportations, une voie dans laquelle devrait s’engager (à nouveau) l’Autriche.

Etat social

Le principe suprême de l’UE, soit les «libertés du marché», autrement dit la liberté illimitée de l’échange de marchandises, d’établissement, des services, la libre circulation des travailleurs, ainsi que la libre circulation des capitaux. Cette dernière est essentielle pour les multinationales, puisqu’elle permet une politique orientée vers le profit maximum, source de difficultés majeures pour beaucoup de monde; cette politique est soutenue depuis des décennies par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE). La politique sociale y est totalement ignorée. La preuve en est apportée par l’augmentation constante du chômage, par la diminution des rentes vieillesse et l’écart s’élargissant entre riches et pauvres.

Neutralité

Est neutre un pays menant sa propre politique étrangère (comme la Suisse), se tenant strictement à l’écart de tout pacte militaire, et servant ainsi la paix. Du fait de son armée, à laquelle participe l’Autriche, l’UE représente elle-même un pacte militaire. A quoi il faut ajouter son étroite relation à l’OTAN, dont la majorité des pays de l’UE sont membres. Dans le dernier document sur la politique de sécurité du gouvernement fédéral autrichien, il est question d’inclure davantage le pays dans les structures de sécurité internationales, l’OTAN y gagne en importance, et le devoir d’assistance et de participation à des expéditions militaires est renforcé. Le Traité de Lisbonne nous contraint à améliorer constamment nos capacités militaires (exigence de réarmement) et à participer, le cas échéant, à des interventions bellicistes, souvent dénommées «mission de combat contre le terrorisme». Cette dernière mission finit parfois dans des guerres d’agression menées de par le monde.

Ce n’est qu’en quittant l’UE qu’il sera possible de retrouver la neutralité en tant que base pour la politique étrangère autrichienne.

Liberté d’accepter ou de refuser les OMG

Du fait des «libertés illimitées du marché» obligatoires, il n’est pas possible pour un Etat membre de l’UE d’empêcher l’importation de fourrage OMG, par exemple les pommes de terre cultivées industriellement (Amflora) ou bien des produits finis contenant des ingrédients OMG. Il est absolument nécessaire de respecter la volonté des 1,2 million d’Autrichiens qui ne veulent pas de génie génétique ni dans l’agriculture, ni dans les produits alimentaires. Les revendications de l’initiative populaire de 1997 à ce sujet sont toujours d’actualité:

1. pas de nourriture sortant des laboratoires de génie génétique en Autriche;

2. pas d’autorisation pour la mise en liberté d’êtres vivants génétiquement manipulés;

3. pas de brevets sur la vie.

La politique de l’UE nous interdit cette protection, c’est pourquoi il faut s’en retirer.

Monnaie nationale

La monnaie nationale est une caractéristique primordiale d’un Etat. L’Autriche n’est plus en mesure de diriger son économie par une politique monétaire et de crédits; c’est pourquoi il lui faut retrouver sa propre monnaie (p. ex. le Schilling), afin d’assurer sa stabilité économique. Encore récemment, l’Autriche a dû verser 2,3 milliards d’euros pour la prétendue «aide à la Grèce» et 12,6 milliards pour le «plan de sauvetage» de l’euro. Cette procédure est anticonstitutionnelle et contrevient aux accords – selon les experts. Le résultat de cette politique erronée est une inflation galopante et le risque d’une conversion monétaire sur le dos des contribuables.

L’internationalisation des monnaies nationales est une erreur qui a contribué aux difficultés financières et économiques actuelles. La reprise des déficits de pays instables par des pays stables, ces derniers représentant le socle de l’euro, amplifie encore les difficultés. En sortant de l’UE, l’Autriche pourrait retrouver sa propre monnaie et mettre un frein au renchérissement.

Agriculture

L’agriculture doit être protégée par la réintroduction de taxes douanières et de restrictions commerciales. Ce qui permettrait d’assurer l’approvisionnement du pays avec des produits locaux. Nous avons besoin d’une politique agricole qui a pour but le ravitaillement de la population par des produits sains, la préservation des surfaces arables ainsi que leur exploitation écologique. Il faut obtenir pour les producteurs des prix con­formes à leur travail et dans la mesure du possible favoriser la vente directe de produits de première nécessité, soit par le paysan lui-même soit par des coopératives agricoles. C’est fondamental pour assurer la sécurité alimentaire.

L’UE nous impose une production industrielle des produits alimentaires sur d’immenses exploitations et détruit ainsi les structures familiales réduites qui sont capables de s’adapter aux besoins régionaux de la nature, de l’homme et des animaux. Les agriculteurs sont tributaires des prix du marché mondialisé et des subventions de l’UE. Uniquement en quittant l’UE l’agriculture paysanne pourra survivre.

La liberté et la démocratie sont le fruit d’une lutte séculaire, les puissants n’ayant jamais lâché volontairement leur pouvoir.

Comment soutenir cette initiative populaire

Tous les citoyens autrichiens, âgés de 16 ans révolus, sont habilités à signer les initiatives populaires. Dès que 8032 citoyens (1 pour mille de la population) auront signé la déclaration de soutien, le ministère de l’Intérieur annoncera publiquement pour tout le pays la semaine au cours de laquelle seront récoltées les signatures.

Vous trouverez les déclarations de soutien sur Internet à l’adresse webinformation.at.

Vous pouvez aussi vous procurer ce document par téléphone: +43 650 736 22 00 ou par courriel: helmutschramm@gmx.at.

Source : Horizons et Débats

sept 01 2010

Un retrait des troupes d’Irak en trompe l’Ĺ“il: les soldats occupants Ă©tats-uniens remplacĂ©s par des mercenaires

Les Etats-unis ont confirmé que le nombre de soldats présents en Irak aujourd’hui est inférieur à celui au moment de l’invasion du pays, en 2003. Ce fait va être utilisé dans le cadre d’une manœuvre de propagande qui a comme objectif de dissimuler le maintien d’une force occupante et le remplacement de soldats par des mercenaires.

mercenaires

La déclaration de Barack Obama, annoncant la fin de la mission de combat sur ce territoire et le début d’ « opérations contre-terroristes » menées par une « force de transition » jusqu’au retrait « des troupes nord-américaines en 2011 », avait déjà fait la une des journaux début août. Mais ce qui a fait, avec un écho encore plus important, les unes des journaux des médias dominants, c’est la confirmation que les Etats-unis conservent en Irak un nombre de soldats inférieur à celui qu’ils avaient au début de la guerre contre ce pays.

Effectivement, avec le retrait de la quatrième brigade pour le Koweit et le transfert d’hommes et de matériels de guerre de ce pays du Moyen-Orient vers l’Afghanistan, également occupé, le nombre total de soldats de Washington tourne autour de 55 000, pouvant même être réduit à 50 000 d’ici au 31 août.

Mais quant aux faits correspondants à la réalité, arrêtons-nous ici. C’est que surfant sur la vague du départ d’une partie du contingent – il convient de ne pas oublier qu’il reste en Irak 50 000 militaires étrangers – le gouvernement des Etats-Unis en profite pour faire croire que la force qui restera cessera de réaliser des opérations de combat, se limitant à former les militaires irakiens, et que la date limite pour le départ définitif serait la fin de l’année 2011.

Déclarations occultées

Maintenant, la vérité est que pour les fonctionnaires ayant une responsabilité élevée, comme le commandement militaire David Patreus, les Etats-unis non seulement ne sont pas prêts à sortir d’Irak puisque ils conservent « une énorme capacité [opérationnelle] », a-t-il déclaré dans une interview à CBS.

Dans le même sens, l’Inter Press Service a trouvé auprès de sources liées aux cercles gouvernementaux que les 50 000 soldats qui resteront ne se confineront pas à leurs missions de formation ou à des opérations de défense du personnel et des installations nord-américaines.

Un autre qui semble avoir ignoré les propos du président est l’attaché du presse du général Patreus, Geoff Morrell, soulignant « que je ne connais personne qui ait déclaré la fin de la guerre ».

De même, pour le vice-assistant du secrétaire à la Défense, Colin Khal, les Etats-Unis sont en Irak « pour y rester encore longtemps » et toute décision est suspendue jusqu’à « ce que l’on voie ce que le gouvernement va faire ».

La phrase, apparemment énigmatique, a été déconstruite par la presse nord-américaine, qui spécule sur la possibilité que le futur gouvernement du pays se prépare à demander aux Etats-unis de rester au pays.

Les entreprises de sécurité doublent leur nombre

Par ailleurs, le maintien de dizaines de milliers de soldats en Irak – dans les termes de ceux qui les voit encore y rester pour longtemps et avec toujours les mêmes fonctions – est accompagné de la substitution de soldats sur le départ par des milliers de mercenaires au service des entreprises de sécurité.

La décision de remplacer la force militaire par une autre « civile » a été prise dans une réunion de hauts-responsables militaires nord-américains, qui s’est déroulé le 19 juin, bien que cela n’ait été clairement reconnu qu’à partir du 16 août.

Le plan est de donner au Département d’Etat un rôle plus effectif dans la coordination des opérations et d’entretenir des relations étroites avec les entreprises de sécurité privées. Celles-ci vont disposer d’hélicoptères, de chars d’assaut et de la technologie pour faire fonctionner des radars, de manière à ce qu’elles puissent demander des attaques aériennes et elles vont pouvoir téléguider des drones de combat, a informé le New York Times.

Le doublement du nombre d’entreprises sous-traitantes en Irak n’est pas une hypothèse. Le porte-parole du département d’Etat, P.J.Crowley, a admis que le total d’entreprises sous-traitantes en Irak pourrait atteindre les 7 000, admettant, également, que les Etats-Unis « ont des plans très spécifiques pour assurer la sécurité quand les militaires partiront ».

Actuellement, il existe en Irak 112 000 mercenaires au service de diverses entreprises, auxquels s’ajoutent plus de 11 500 individus inscrits en tant que personnel de sécurité privé et au moins 1 200 au titre de conseiller en sécurité, a publié de son côté le Guardian.

Le nouveau rĂ´le de la CIA

D’après le New York Times, l’agence des services secrets nord-américaine prend de plus en plus un caractère para-militaire, approfondissant, depuis l’entrée en fonctions de Barack Obama, la réalisation d’attaques avec des drones et l’élimination des personnes suspectées de terrorisme.

L’assistant du président des Etats-unis, John Brennan, qualifie les nouvelles lignes directrices comme un remplacement de la politique du marteau par celle du bistouri.

Par ailleurs, le lien avec les entreprises de services de sécurité s’est également intensifié, surtout au Pakistan et en Afrique du nord avec la mise en œuvre d’opérations clandestines de détention et d’arrestation de groupes présumés extrémistes.

Article issu de la revue portugaise Avante

Traduction : Solidarité Internationale


sept 01 2010

Pour une Contrelittérature de résistance

La littĂ©rature est-elle morte ? Elle est en tout cas, Ă  l’Ă©vidence, disqualifiĂ©e Ă  dessein, marginalisĂ©e et maintenue, de force, dans l’ombre, par « l’ordre en place » et ses officines de contrĂ´le. Cette prohibition exercĂ©e par l’ennemi ne se cantonne pas exclusivement Ă  la zone du politiquement correct, ce qui serait dĂ©jĂ  inconcevable, mais va bien plus loin encore, parce que cette prohibition concerne aussi, et surtout, la qualitĂ© de la production littĂ©raire en cours : l’ordre d’interdiction en vigueur exige que l’on empĂŞche l’Ă©mergence de toute Ĺ“uvre d’un niveau non-subalterne. Ordre donnĂ© et suivi sans faille, sans la moindre dĂ©rogation.

Aussi, avec les moyens qui sont les nĂ´tres,  nous contribuerons Ă  faire Ă©clore, par la l’Ă©dition et la diffusion d’une dizaine de titres par an, une contrelittĂ©rature de rĂ©sistance. Le roman de Nicolas Deloffre, « Jihad, trois jours avec Cyril », que nous prĂ©sentons ci-après – et qui est actuellement en impression – sera le premier livre dont nous assurerons, d’ici quelques semaines, la diffusion.

Mecanopolis

mecano

« Jihad, trois jours avec Cyril »

Un roman qui prend Ă  contre-pied toute la lâchetĂ© de la presse mondaine et qui donne un grand coup Ă  la politique atlanto-sioniste de Sarkozy, est sur le point de jaillir de l’underground mĂ©diatique, Ă  dĂ©faut d’ĂŞtre encensĂ© par les rĂ©seaux de l’Ă©dition bien alignĂ©e. Les derniers rĂ©sistants du Monde libre, ce Monde sans frontière qui s’Ă©tend de jour en jour et dĂ©verse son sĂ©rum de vĂ©ritĂ© et ses cures informatives Ă  base de bon sens et de discernement, soutiennent ce projet littĂ©raire de toutes leurs forces, malgrĂ© les censures et autres boycottes des esclaves de la pensĂ©e unique.

Ces rĂ©sistants du monde numĂ©rique espèrent de tout cĹ“ur voir l’explosion de vĂ©ritĂ©s sorties tout droit des sous-sols mĂ©diatiques, Ă©clabousser la bonne presse et rendre ainsi hommage Ă  la libertĂ© d’expression, de pensĂ©e et d’agir pour l’agrĂ©gation des bonnes volontĂ©s rĂ©conciliatrices.

Ce livre, que bon nombre de ploutocrates accroupis devant l’idĂ©ologie capitaliste ultralibĂ©rale et leurs dĂ©cideurs banquiers souhaiteraient faire disparaĂ®tre Ă  jamais, s’intitule « Jihad, trois jours avec Cyril ». Un titre provocateur me direz-vous. Pas si l’on considère la vĂ©ritable dĂ©finition du Jihad Majeur, celui qui consiste pour celui qui l’applique, Ă  lutter contre soi-mĂŞme, ses dĂ©fauts et ses faiblesses, faisant que chaque jour soit un pas de plus sur le chemin de la saintetĂ© et de la soumission Ă  Dieu, Le MaĂ®tre des voies d’ascension. C’est ainsi que Cyril, le personnage principal de ce roman conçoit la vie. MalgrĂ© sa condition de chĂ´meur, de musulman victime de l’islamophobie Ă©tatique, et de jeune Ă©rudit, il avance en donnant Ă  son quotidien et Ă  sa lutte les caractères les plus nobles. Son but : dĂ©noncer les dĂ©marches et desseins obscènes des politiciens belliqueux et de leurs complices « journaleux », tout en survivant dans une jungle urbaine dont il connaĂ®t les pièges par expĂ©rience. Terrible combat, surtout pour un jeune homme qui, en dĂ©pit de la duretĂ© de l’Ă©poque, souhaite manifester tout l’amour qu’il est encore capable d’exprimer Ă  sa mère et Ă  son entourage.

Ainsi, ce roman donne-t-il une vision neuve, purifiĂ©e et Ă©clairante de l’actualitĂ©. Il traite avec Ă©normĂ©ment de clartĂ© des phĂ©nomènes d’atomisation des gens, il en explique les raisons et par l’exemple de Cyril, montre des solutions concrètes de lutte. L’idĂ©al proposĂ© n’est pas une conversion des masses Ă  l’Islam, mais au contraire, une comprĂ©hension mutuelle et une unification des gens autour de la lutte contre les vrais ennemis des libertĂ©s fondamentales. La mĂ©thode que Cyril exprime par son comportement est celle de l’Amour ; avec un grand A s’il vous plaĂ®t. A l’heure oĂą les dirigeants nous embarquent vers une guerre mondiale contre l’Iran et des affrontements interreligieux menant Ă  des Ă©ventuelles guerres civiles par la division des citoyens, il n’y a plus d’autre Ă©chappatoire possible que l’amour et la rĂ©conciliation gĂ©nĂ©rale des Français.

Évidemment, ce genre d’idĂ©es n’est pas Ă  la mode. Dire le contraire de ce que s’Ă©puisent Ă  nous faire gober les organes de propagande du pouvoir est un crime grave. Avant Nicolas Deloffre, l’auteur de « Jihad, trois jours avec Cyril », bon nombre de personne ont dĂ» endurer dans leurs chaires l’acharnement des ennemis de la libertĂ© d’expression. On pense tout de suite Ă  DieudonnĂ© ou Ă  Blanrue, mais on ne peut ignorer le cas de Vincent Reynouard, ce Français de 41 ans, enfermĂ© en ce moment mĂŞme dans les geĂ´les françaises pour ne pas avoir pensĂ© comme il le fallait.

Deloffre n’est pas le seul Ă  vouloir faire de la prise de conscience gĂ©nĂ©rale son fer-de-lance. Cependant, ce qui le diffĂ©rencie des autres auteurs, c’est le soin qu’il apporte Ă  prouver par l’exemple de Cyril, que l’Islam procure Ă  celui qui l’applique sĂ©rieusement, selon l’exemple du prophète Muhammad, une sĂ©rĂ©nitĂ© et une force d’amour transcendante Ă  toute Ă©preuve. Deloffre est convaincu que ce sont ces aspects du personnage qui grènent le plus. Comment convaincre les gens qu’il faut anĂ©antir l’Iran, humilier et rabaisser les musulmans pour les convertir au capitalisme ultralibĂ©ral si ce petit con de Cyril se mets Ă  donner une bonne image de l’Islam ? VoilĂ  en rĂ©sumĂ© la problĂ©matique que se posent les dĂ©cideurs face Ă  un livre de cette teneur. Car on le sait, Pierre Hillard, le cĂ©lèbre Docteur en science politique l’a expliquĂ© Ă  maintes reprises : l’Islam est l’ultime rempart au nouvel ordre mondial et donc le dernier espoir des peuples libres, toutes cultures et toutes religions confondues.

Alexis Esselier, pour Mecanopolis

alexis [at] mecanopolis.org

Alexis Esselier

août 30 2010

Entretien avec Julien Teil, ONG : L’impĂ©rialisme humanitaire Ă  l’Ĺ“uvre

Julien Teil, qui collabore rĂ©gulièrement Ă  Mecanopolis, s’entretenait avec les rĂ©dacteurs de la revue RĂ©bellion*, en mars dernier.

julien

Rébellion : Vous avez travaillé dans le monde des Organisations Non-Gouvernementales ? Quels enseignements avez-vous tiré de leur mode de fonctionnement parfois opaque ?

Julien Teil : Je n’ai pas travaillé au sein d’ONG mais pour une société spécialisée dans la collecte de fonds pour de grandes ONG. Suite à cela, une réflexion sur l’essence des ONG et leur instrumentalisation m’apparut plus que nécessaire. Tout d’abord, il faut prendre le soin de préciser quelques éléments : Les ONG, accréditées auprès de l’ONU exercent ce qu’on appelle un soft power, c’est-à-dire qu’elles influencent des instances décisionnaires à l’échelle mondiale. Pour certains, c’est une nouvelle forme de démocratie. Pourtant, les ONG ne sont pas élues, et leurs propres modes de gouvernance ne sont pas toujours démocratiques. A cela il faut ajouter les liens qu’ont certaines grandes ONG avec des transnationales qui animent en parallèle de puissants lobbys. Par ailleurs, elles jouent parfois un rôle géopolitique, principalement par l’intermédiaire des grands bailleurs de fonds comme ECHO pour l’union européenne et USAID pour les Etats-Unis. Enfin, parmi les ONG accréditées par l’ONU, beaucoup sont en réalité des fondations. Celles-ci sont souvent issues des grandes familles philanthropes, de multinationales et de banques. On y trouve aussi des instituts, des think-tanks, etc. ; bref, tout ce qui peut être qualifié de « société civile ». Du fait de tous ces éléments, il est difficile de cataloguer les ONG en général, et l’étude de leur fonctionnement est souvent rude et complexe.

Leur financement est souvent difficile à établir. Les grandes multinationales interviennent-elles auprès des ONG ?

Oui, elles interviennent, mais pas nécessairement sous forme de financements, bien que cela arrive ceux-ci sont en général peu importants par rapport au total des fonds levés par les ONG. Par contre, les partenariats entre ONG et multinationales sont courants. Les grandes multinationales aux pratiques contestées, notamment dans les PED, peuvent ainsi labelliser leur image. C’est une sorte de greenwashing. En règle générale, une multinationale agit souvent par intérêt, tout financement et partenariat pose donc des questions sur la légitimité d’une ONG, d’autant plus lorsque la multinationale en question a des intérêts dans les pays ou travaille l’ONG. Enfin, elles ont la possibilité d’intervenir indirectement au travers des personnes qui ont des postes importants au sein des ONG. Un bref aperçu de leurs parcours montre qu’elles ont parfois servi ces multinationales, aujourd’hui partenaires de leur ONG.

L’humanitaire est devenu un enjeu gĂ©opolitique. Pouvez-vous nous donner des exemples du dĂ©tournement de cette idĂ©e dans des buts très Ă©loignĂ©s de l’aide aux pays du Sud ?

Il y a un exemple très parlant au sujet de l’actualité. C’est avec prudence que je l’aborde, car encore une fois il s’agit de quelques ONG et fondations et qu’il est très difficile à saisir. Certaines ONG entendent proposer une « Robin Hood Tax » ; celle-ci étant la continuité des revendications associatives suite à « l’échec de Copenhague ».

Mais avant tout, quelques prĂ©cisions sont nĂ©cessaires. Beaucoup d’ONG estiment que le rĂ©chauffement climatique anthropique aura des consĂ©quences sur l’accĂ©lĂ©ration de l’assèchement des terres africaines, et donc de l’appauvrissement des cultures vivrières. C’est en tout cas ce que prĂ©tend par exemple Action Contre la Faim.

En parallèle, comme je l’ai expliquĂ© dans mon article  » Les liaisons incestueuses des ONG avec les Etats et les transnationales », ces fondations et ONG participent Ă  des programmes financĂ©s par la Howard Buffet Foundation , dont le Global Water Initiative est le pilier central. L’IIED, partenaire important du Global Water Initiative, a d’ailleurs publiĂ© les dĂ©tails de l’opĂ©ration sur son site internet.

Le site du journal Le Monde a quant à lui publié la liste des ONG impliquées dans la « Robin Hood Tax ». On y trouve Oxfam et Greenpeace, des organismes hautement impliqués dans le sommet de Copenhague, Oxfam étant aussi partenaire du Global Water Initiative. Notons que ces organismes n’ont jamais émis le moindre doute suite à l’affaire du Climatgate, suivie de la démission du président du CLU (Climat Research Unit), ni au sujet de l’inexistence d’un consensus sur la question de la théorie du réchauffement climatique anthropique.

Parmi les soutiens du projet de la « Robin Hood Tax », on retrouve aussi bien des politiques (Gordon Brown, Nicolas Sarkozy) que Warren Buffet. La famille Buffet est impliquĂ©e au travers de ses fondations dans de nombreux programmes de solidaritĂ© et a des intĂ©rĂŞts dans les solutions dites « Ă©cologiques » : voitures Ă©lectriques, bioĂ©thanol, etc. ; mais aussi dans les Organismes GĂ©nĂ©tiquement ModifiĂ©s (OGM) et leur distribution.

Bien que la taxe proposĂ©e par ces ONG et reprĂ©sentants du pouvoir politique et Ă©conomique propose de taxer les transactions financières, il faut s’interroger sur les secteurs dans lesquels les fonds seront affĂ©rĂ©s. Il est spĂ©cialement question selon Oxfam de « rĂ©duire la pauvretĂ© Ă  travers le monde et d’aider les pays pauvres Ă  s’adapter au changement climatique ». C’est donc en toute prudence que je dĂ©cide d’indiquer les instituts et organismes impliquĂ©s dans l’élaboration de cette taxe. Il est donc lĂ©gitime, au vu de l’histoire et des implications de ces organismes, de s’interroger sur leur rĂ©elle ambition.

Par ailleurs, les rĂ©seaux occultes de solidaritĂ© de la Françafrique, tels ceux de Charles Pasqua avec CoopĂ©ration 92, et ceux de Jacques Attali avec Planet Finance, ont montrĂ© que certains rĂ©seaux pouvaient interfĂ©rer dans l’ambition humanitaire affichĂ©e, et en particulier en Afrique. C’est aussi ce que l’on constate dans le cas de la loi Oudin-Santini. Parfois ces organismes sont crĂ©es Ă  des fins qui n’ont rien Ă  voir avec la solidaritĂ© internationale, ou sont utilisĂ©s par exemple dans l’affaire de l’Angolagate Ă  des fins criminelles.

Pour comprendre la situation actuelle, il convient de se rĂ©fĂ©rer au passĂ©. Celui-ci comporte de nombreuses analogies avec la situation prĂ©sente. Pour ce faire, la lecture du livre  » PĂ©trole une guerre d’un siècle, l’ordre mondial anglo-amĂ©ricain « , de William Engdahl, (en particulier les pages 168-172) est particulièrement intĂ©ressante. Celui-ci montre comment, il y a dĂ©jĂ  des dĂ©cennies, ces problĂ©matiques de ressources Ă©nergĂ©tiques et vitales donnaient lieu aux accointances les plus douteuses. Ces rĂ©alitĂ©s questionnent sur la nature du sommet de Copenhague, et invitent Ă  s’interroger sur la voie dans laquelle s’engagent ses architectes. Il se pourrait que ce sommet mondial reflète Ă©galement les combats pour la gouvernance du vivant et des futures Ă©nergies. Et, on ne peut nier que ces domaines sont en particulier importants pour les intĂ©rĂŞts amĂ©ricains, qui du fait de la crise Ă©conomique sont en perte de vitesse. D’ailleurs l’administration U.S est de longue date impliquĂ©e dans ces pratiques par l’intermĂ©diaire de fondations, de think-tanks et d’ONG. C’est donc encore une fois, une rĂ©alitĂ© gĂ©opolitique qui pourrait, en partie, expliquer la voie dans laquelle s’engagent ces ONG, fondations, et gouvernements au nom de l’Ă©cologie.

Comment les ONG servent-elles les intĂ©rĂŞts des Etats occidentaux ? L’ « impĂ©rialisme humanitaire » est-il une nouvelle forme de la domination des grandes puissances ?

Les ONG peuvent servir les intérêts des Etats occidentaux pour la simple raison qu’elles sont transnationales. Elles travaillent partout, et remontent une quantité d’information à travers leurs études et les bilans de leurs pratiques. Les Etats occidentaux, quant à eux, ont toujours cherché à faire perdurer le colonialisme, notamment par l’intermédiaire de leurs multinationales (comme Danone ou Lafarge par exemple). Il est évident que ces sources humanitaires sont pour eux du pain béni, et permettent de poursuivre les processus coloniaux en ayant nombre d’informations à disposition. En ce qui concerne le colonialisme, seules les formes changent, mais le but reste le même : privatiser les biens publics, les terres, les ressources. Les ONG assoient nécessairement l’hégémonie des pays occidentaux, tout comme le font le FMI et la Banque Mondiale.

La seule différence que l’on peut noter en comparaison avec le passé se résume par le fait que ces « grandes puissances » ont tendance à devenir privées, alors qu’auparavant elles étaient étatiques. Même si les pratiques des Etats occidentaux étaient auparavant faites au nom des peuples souverains, avec leur argent et sans leur accord, il s’agissait de renforcer l’hégémonie d’une Nation, aujourd’hui il s’agit de renforcer celle des multinationales. Ces deux pratiques doivent être condamnées mais ce constat n’est pas anodin. Ce phénomène va de pair avec la mutation des politiques nationales vers une gouvernance mondiale anti-démocratique. C’est d’ailleurs cette mutation que Francois Xavier Verschave décrivait dans son livre « de la Françafrique à la Mafiafrique » lorsqu’il expliquait que certains grands industriels n’ont plus besoin d’un Etat pour conduire leurs pratiques prédatrices en Afrique. Néanmoins, l’impérialisme humanitaire revêt aussi une forme géopolitique, lorsqu’il administre un pays pour les intérêts d’un autre pays par exemple, c’est notamment ce qu’on peut observer en Haïti. L’intervention des armées lors d’opérations humanitaires se généralise, ce mélange des genres est regrettable et en dit long sur les ambitions à long terme.

Que pensez-vous du modèle de l’aide au dĂ©veloppement ? N’y a-t-il pas une volontĂ© de rendre dĂ©pendant l’ensemble des pays de la planète, des Organisations Economiques Internationales (comme le FMI ) ?

Tout à fait. A ce sujet, je vous renvoie aux travaux du comité d’annulation de la dette du tiers monde. Il est certain que les programmes prodigués par la banque mondiale et le FMI entretiennent dans un premier temps le maintien de la pauvreté, la perte de la souveraineté alimentaire et de toute autonomie dans les PED. Dans un second temps, ces modèles de gouvernance nés sous prétexte de réajustement économique et au nom d’une soi-disant nécessaire croissance mondiale, vont être visiblement utilisés dans les pays dits développés qui souffrent actuellement de la crise économique. L’Allemagne a d’ailleurs appelé à la création d’un FME (Fonds Monétaire Européen). Que va-t-il se passer ? La Grèce va-t-elle être vendue aux multinationales comme ce fut le cas pour l’Argentine ?

L’aide au développement est, de plus, un concept hiérarchisant, qui mériterait quelques critiques. Les DSRP (documents stratégiques de réduction de la pauvreté) qui ont suivi les programmes d’ajustements structurels, prétendent intégrer les peuples dans les décisions. Mais ils ne font que permettre la pérennité d’un néocolonialisme en perpétuelle mutation, là est la dite stratégie. Cette stratégie ne pourrait exister sans le très contestable rayonnement de la culture occidentale, qui lui même est impérial et profondément ethnocentriste.

La mondialisation capitaliste se dirige vers la mise en place d’une gouvernance mondiale. Quelles furent les Ă©tapes de sa mise en place et quels objectifs vise-t-elle ?

Il est difficile de répondre à cette question. Le mondialisme n’est pas seulement une conséquence de la mondialisation mais aussi une idéologie. Pierre Hillard a récemment publié un article intitulé « histoire du nouvel ordre mondial » qui décrit l’ensemble des processus mis en place par les grands princes du mondialisme. Il y a de plus, une mystique mondialiste assumée par ses acteurs. Elle est difficile à interpréter, mais ses objectifs sont clairement énoncés. Les processus sont longs et peuvent prendre différentes formes.

Jacques Attali décrit dans « Une brève histoire de l’avenir » la perspective de cette gouvernance mondiale. Je ne pense pas qu’il se trompe, les ambitions qu’il révèle sont d’ailleurs en synchronicité avec ce à quoi nous assistons de nos jours.

Il serait donc question d’une gouvernance mondiale, au sein de laquelle chaque être humain consommerait, penserait et agirait de la même manière et uniformément sur le globe. Cela passe évidemment par l’abolition des souverainetés, pas seulement étatiques, mais aussi alimentaires, ce qui à mon sens représente un énorme danger. L’intervention des assurances semble également inéluctable pour aboutir à un tel système : chaque homme ayant droit selon des critères socio-économiques, à une alimentation de telle catégorie, une santé de telle catégorie, une éducation de telle catégorie, etc. ; le tout régi par des assurances mondiales sous le contrôle de divers ministères et organismes mondiaux. Nous vivons déjà dans un tel système mais il n’est pas encore totalement verrouillé. Le but est naturellement d’aboutir à un système profondément antidémocratique puisque calqué sur la gouvernance européenne, qui n’est autre que la gouvernance des lobbys. À ce propos, seul 40% des agences de lobbyistes sont inscrites sur le registre bruxellois.

L’opacité de la gouvernance européenne, pourrait certainement se retrouver dans une gouvernance mondiale institutionnalisée, et ses institutions ne seraient plus seulement interventionnistes mais exerceraient une primauté sur les droits nationaux et les constitutions. Cela s’accompagnera bien entendu, comme l’a montré Medvedev en présentant un prototype de pièce mondiale lors du sommet du G20 à l’Aquila, d’une monnaie mondiale. La crise actuelle sert en outre indiscutablement l’accélération de l’abolition des monnaies nationales au profit de l’émergence de nouvelles monnaies continentales qui convergeront vers la monnaie mondiale. C’est du moins ce qu’indiquent les écrits des laboratoires de pensée élitistes, notamment Foreign Affairs, la revue du CFR. Il faut noter que l’émission de cette monnaie se fera sans aucun doute par les banques privées, ce qui pourrait détruire le principe même de souveraineté, et de facto annoncer la fin de la démocratie. C’est d’ailleurs ce qu’a permis l’article 104 du traité de Maastricht en Europe: mettre une fin définitive à l’indépendance des peuples face aux banques privées, entretenir la dette des pays européens, pendant que le FMI et la Banque Mondiale construisaient celle des PED. Notons que ces dettes coloniales et antidémocratiques n’ont aucun sens et aucune légitimité au regard de nombreuses constitutions.

La question de la « FrançAfrique » est toujours d’actualitĂ© pour vous. OĂą en sont les rapports entre les gouvernements français et les Etats africains ? Les « rĂ©seaux africains » des partis politiques français de Gauche comme Droite existent-ils encore ?

Dresser un tableau d’actualité des relations franco-africaines serait un travail long et pénible. Je vous renvoie donc aux travaux de l’association Survie. Samuel Foutoyet a publié fin 2008 un parfait résumé de la situation dans son ouvrage « Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée ». Il faut bien comprendre que sous Sarkozy nous avons affaire à la branche affairiste de la Françafrique, des réseaux Pasqua et donc de ceux de la Corse. Les réseaux africains des partis politiques français subsistent, mais il est certain que des réseaux chinois, israéliens, américains, iraniens et libanais, etc., sont engagés dans la « conquête de l’Afrique ». De plus, comme l’a expliqué Verschave, les multinationales sont elles aussi de plus en plus présentes et n’agissent pas au nom d’un pays, mais simplement au nom du profit. Cela est à mettre en rapport avec la mutation des relations internationales vers une gouvernance mondiale dirigée par des multinationales et des banques privées.

La rĂ©sistance Ă  la mondialisation a pris diverses formes en Europe. Comment jugez-vous le bilan de l’altermondialisme ? La crise de ce mouvement, longtemps reprĂ©sentĂ© par ATTAC, est-elle rĂ©vĂ©latrice de ses faiblesses initiales (mĂ©lange de rĂ©formisme et d’analyses dĂ©passĂ©es) ?

Ce n’est que mon avis mais je vais rester général : ces organisations proposent de traiter les conséquences du système en place. Elles ne proposent aucunement de le démanteler en s’attaquant à sa base. Elles ne font finalement que rationaliser l’expression des maux de la société, lui ôtant toute sa charge vindicative. Elles se présentent pour la plupart en tant que société civile, mais elles ne sont pas élues. En somme, elles veulent sauver le système, l’économie, la démocratie ; en bref sauver des choses qui ont depuis longtemps fait l’aveu de leur propre inconsistance.

*Rébellion n°41 (mars/avril 2010)

Consulter le blog de la revue Rébellion

août 09 2010

Assistance au suicide ou réduction des populations encombrantes ?

En Suisse, prĂŞter assistance Ă  une personne qui a l’intention de se suicider n’est pas un dĂ©lit, pour autant que cette aide ne soit pas dispensĂ©e pour des motifs Ă©goĂŻstes. C’est ce que prĂ©voit l’article 115 du Code pĂ©nal suisse. Dans la pratique, il est donc aujourd’hui possible d’aider un malade dont le diagnostic mĂ©dical est sans issue Ă  mettre fin Ă  ses jours.  La ministre de la justice helvĂ©tique voudrait modifier la loi pour permettre que cela soit Ă©galement possible pour les malades chroniques.

schlumpf

La Suisse a dĂ©veloppĂ© une pratique plutĂ´t libĂ©rale dans le domaine de l’accompagnement au suicide. Il existe des organisations privĂ©es, comme Dignitas ou Exit, qui aident les personnes qui veulent mettre fin Ă  leurs jours.

L’assistance au suicide Ă©tant interdite dans de nombreux autres pays d’Europe, un nombre croissant de personnes – une centaine par annĂ©e – viennent en Suisse pour bĂ©nĂ©ficier de cet accompagnement vers la mort. Au point que, dans les mĂ©dias ou dans le monde politique, on parle dĂ©sormais de «tourisme de la mort».

Toutefois, la ministre de la justice helvĂ©tique, Eveline Widmer-Schlumpf, veut revoir la loi concernant l’aide au suicide et permettre l’extension de cette pratique aux malades chroniques (atteint de cancers, VIH, maladies cardio-vasculaire, Parkinson, etc). C’est ce qu’elle a indiquĂ© dans l’Ă©dition de ce week-end du Sonntags-zeitung. « Madame Schlumpf estime que l’aide au suicide ne doit plus ĂŞtre limitĂ©e aux personnes atteintes d’une maladie physique incurable dont l’issue sera fatale Ă  brève Ă©chĂ©ance , mais elle doit ĂŞtre Ă©tendue. » indique l’hebdomadaire zurichois. La commission nationale d’Ă©thique avait pourtant formulĂ© le souhait de durcir les règles de l’accompagnement au suicide. De mĂŞme que la plupart des partis – UDC et PS en tĂŞte – jugent inutile de rĂ©viser la loi en vigueur.

Mecanopolis

Source : Sonntags zeitung

août 02 2010

La « Décennie du malheur » selon la Fondation Rockefeller

Une Ă©tude de la Fondation Rockefeller, publiĂ©e en mai dernier, promet une «DĂ©cennie du malheur ». Au programme : catastrophes naturelles, attaques terroristes, systèmes Ă©conomiques incontrĂ´lables et surveillance Ă©lectronique gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Projection d’un futur cauchemardesque qui dĂ©crit une dictature mondiale Ă©troitement contrĂ´lĂ©e par l’Ă©lite mondiale et leurs serviteurs et bĂ©nĂ©ficiaires : les multimillionnaires. Ce rapport, que nous plaçons en fin d’article, intitulĂ© « ScĂ©narios pour l’avenir de la technologie et le dĂ©veloppement global », prĂ©dit quatre grandes lignes et possibles scĂ©narios pour un avenir Ă  court et moyen terme.

rockefeller
Un de ces possibles scĂ©narios, intitulĂ© « Hack Attack » (attaque de hackers) dĂ©crite une technologie diabolisĂ©e, une arme informatique criminelle qui règne dans un monde oĂą la civilisation s’est effondrĂ©e.

Des événements dévastateurs comme le 11 septembre, le tsunami en Asie du Sud en 2004, ou le tremblement de terre en Haïti en 2010, ont préparé les mentalités à des catastrophes inattendues, mais certainement pas à une succession sans relâche de catastrophes encore plus considérables.

Dans ce document, les années 2010 à 2020 sont qualifiées de « décennie du malheur » pour les raisons suivantes: des bombardements en 2012 tuèrent quelques 13.000 personnes, suivis de près par un tremblement de terre en Indonésie qui provoqua la mort de 40.000 autres, puis un gigantesque tsunami qui balaye pratiquement la totalité du Nicaragua, enfin une sécheresse liée au changement climatique provoque une famine sans précédant en Chine occidentale.

L’Ă©tude d’écrit Ă©galement les nations perdant le contrĂ´le de leurs finances publiques et une incapacitĂ© Ă  gĂ©rer l’ordre et la stabilitĂ© provoquant toujours plus de violence de criminalitĂ© et de troubles au sein de la sociĂ©tĂ©.

Vers 2030, il n’y aura plus de distinction entre «pays développés» et «pays en voie de développement».

Cependant  l’étude affirme que la prospĂ©ritĂ© de l’Ă©lite mondiale et des plus nantis sera assurĂ©e : « La diffĂ©rence entre les nantis et les plus dĂ©favorisĂ©s sera de plus en plus grande. Les plus riches auront encore les moyens financiers de se protĂ©ger. Les quartiers privĂ©s et sĂ©curisĂ©s fleuriront partout dans le monde. Ce seront des sortes d’îlots entourĂ©s de bidonvilles. (…) En 2025, il sera de rigueur non pas de construire une maison, mais bien une forteresse avec de hauts murs et protĂ©gĂ©e par du personnel armĂ© provenant d’entreprises de sĂ©curitĂ© privĂ©es ».

A propos d’Internet, le rapport indique que «la technologie des pirates de l’informatique sera chaque fois plus complexe et dĂ©veloppĂ©e». Les escroqueries sur Internet et la vente pyramidale seront un flĂ©au. Les pirates informatiques les plus performants tenteront de dĂ©truire les sociĂ©tĂ©s, les gouvernements et les systèmes bancaires, par l’intermĂ©diaire du Fishing et du vol de bases de donnĂ©es informatisĂ©es, rançonnant ainsi leurs victimes.

Les gouvernements ne pourront plus surveiller, identifier ou restreindre ces activités illégales, indique le rapport, d’où la nécessité de mettre en œuvre un système de sécurité hautement sophistiqué afin de contrôler les intégrants du réseau ainsi que leurs activités à l’extérieur du dit réseau (Internet).

Les technologies de vĂ©rification de l’identitĂ© deviendront une routine de la vie quotidienne. Une base de donnĂ©es d’enregistrements de rĂ©tines, volĂ©e par des pirates en 2017, sera utilisĂ©e pour crĂ©er de nombreuses fausses identitĂ©s dans le milieu des annĂ©es 2020.

Tandis que la technologie Internet est diabolisĂ©e dans ce scĂ©nario d’anticipation, l’étude de la Fondation Rockefeller prĂ©voit Ă©galement une explosion sur le marchĂ© noir de rĂ©coltes d’aliments produits Ă  partir d’OGM, appelĂ©s ici et pour l’occasion «progressistes», par les masses populaires dĂ©cimĂ©es et appauvries.

L’étude dĂ©taille aussi la prĂ©sence de rĂ©seaux criminels très bien organisĂ©s produisant grâce Ă  un système d’ingĂ©nierie inverse de produits initialement « lĂ©gaux », tout type de produits extrĂŞmement dangereux comme la fabrication de pseudos vaccins qui occasionneront par exemples en 2021 la mort de 600 enfants par l’intermĂ©diaire d’un « vaccin » falsifiĂ© contre l’hĂ©patite B, qui tout compte fait ne sera finalement que peu de chose en comparaison d’une gigantesque hĂ©catombe due Ă  un mĂ©dicament frelatĂ© qui devait supposĂ©ment agir contre le paludisme…

Détail intéressant, le rapport de la Fondation Rockefeller mentionne le « fearmongering » (propagande de la peur) à propos du changement climatique et des catastrophes naturelles ainsi que les attaques terroristes à grande échelle comme « outil de contrôle des populations ».

Antoine de Decaen, pour Mecanopolis

Télécharger le rapport de la fondation Rockefeller au format PDF

Reproduction autorisée avec indication des sources

juil 26 2010

La Grèce préfigure la Tiers-Mondialisation de l’Europe

La cure d’austérité drastique à laquelle la Grèce est sommée de se soumettre trouve son modèle dans les politiques d’ajustement structurels qui ont été imposées par le FMI aux pays du sud après la crise de la dette déclenchée par la remontée des taux de la Fed en 1982, note l’économiste Bernard Conte. A l’époque, comme aujourd’hui, la véritable difficulté consistait à faire accepter aux peuples de supporter le coût de la crise. Mais depuis lors, les politiques permettant de faire passer ces purges amères ont été peaufinées, prévient-il, rappelant que l’OCDE a rédigé à toutes fins utiles un guide décrivant les stratégies à employer en de telles circonstances. On peut par exemple y lire que « si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement. » Cela ne vous évoque rien ?

casadue

La Grèce préfigure la Tiers-Mondialisation de l’Europe

La Grèce est très endettée et la finance internationale attaque ce maillon faible de la zone euro pour tester la cohésion de l’ensemble, avant éventuellement de spéculer contre d’autres pays pour générer d’énormes profits.

La réaction à cette attaque devrait entraîner la mise « sous tutelle » de la Grèce par la Commission européenne, par ses partenaires au sein de la zone euro et par un Fonds monétaire européen. A l’instar des pays du Tiers-Monde à partir des années 1980, la Grèce va se voir imposer un programme d’ajustement économique et social drastique, traduisant sa Tiers-Mondialisation qui préfigure sans doute celle d’autres pays européens.

La Grèce enregistre des déficits publics importants qui doivent être financés par l’emprunt dont le cumul accroît le volume de la dette de l’État. Pour rétablir la confiance de ses bailleurs de fonds privés, le pays doit réduire son endettement. A défaut, la prime de « risque », réclamée par les bailleurs, qui s’ajoute au taux d’intérêt « normal » pourrait conduire à un taux usuraire. Georges Papandréou n’a pas le choix, il doit impérativement s’endetter moins, voire diminuer le volume de la dette grecque.

L’exemple du Tiers-Monde en 1982

La situation de la Grèce, liée au « surendettement », n’est pas sans rappeler celle des pays du Tiers-Monde lors de la crise de la dette de 1982. En effet, pour pouvoir faire face à leurs obligations financières, les pays du Sud, en quasi cessation de paiements, ont été « aidés » par le FMI et par la Banque mondiale. Ces institutions ont accordé des prêts aux pays du Sud afin qu’ils puissent rembourser leurs banques créancières. Lesdites banques ont ainsi pu transférer au FMI et à la Banque mondiale une bonne partie de leurs créances « pourries » (ou « actifs toxiques » en langage politiquement correct). En contrepartie, les pays « aidés » se sont vus imposer des programmes d’ajustement structurel, traduction du consensus de Washington |1| d’inspiration néolibérale monétariste.

A travers l’application de ses dix commandements, le consensus de Washington vise à permettre aux pays sous ajustement de recouvrer la capacité d’assurer le service (principal + intérêts) de leur dette extérieure. Il faut, à n’importe quel prix, dégager des fonds pour payer les créanciers.

Réduire le déficit de l’Etat

Cette démarche passe par la compression des dépenses et l’augmentation des recettes de l’État.

L’action sur la dépense publique implique la réduction :

- de la masse salariale de la fonction publique (baisse des effectifs et/ou du niveau des traitements)

- des autres dĂ©penses de fonctionnement (Ă©ducation, social…)

- des subventions (services publics, associations…)

- des investissements publics (infrastructures…)

L’augmentation des recettes réclame :

- l’alourdissement de la fiscalité

- la privatisation de services publics rentables (eau, Ă©lectricitĂ©…)

Plus généralement, la croissance est censée élargir les marges de manœuvre par le développement de l’activité économique qui, mécaniquement, augmente les recettes de l’Etat. La croissance peut être tirée par les exportations si la production nationale gagne en compétitivité externe, grâce à la dévaluation de la monnaie nationale, ou, si cette opération se révèle impossible, par la désinflation compétitive (comme pour le franc CFA avant la dévaluation de 1994 |2| ) qui consiste à obtenir un taux d’inflation plus faible que celui des pays concurrents.

La philosophie des programmes d’ajustement est, in fine, d’une part, de tenter d’augmenter la production locale de surplus (par la croissance) et, d’autre part, de réduire la consommation locale dudit surplus afin de l’exporter. En aucun cas, il s’agissait de se préoccuper du bien-être des populations.

Un bilan des ajustements dramatique

Malgré de nombreuses études financées par la Banque mondiale et le FMI, tendant à démontrer que l’ajustement générait de la croissance et, par effet de ruissellement, bénéficiait même aux pauvres. Les conséquences sociales négatives ont été rapidement mises à jour et dénoncées |3| . Ainsi, la pauvreté s’est accrue et les classes moyennes préexistantes ont été paupérisées. Les populations du Sud ont subi les conséquences funestes de l’ajustement pour rembourser des dettes dont elles n’avaient que peu profité.

La Grèce « inaugure » les politiques d’ajustement en Europe

Jusqu’à prĂ©sent, l’ajustement nĂ©olibĂ©ral imposĂ© Ă©tait rĂ©servĂ© aux pays « non dĂ©veloppĂ©s ». La Grèce inaugure le processus de Tiers-Mondialisation de l’Europe en passant sous les fourches caudines de « l’ajustement ». A l’instar des pays du Tiers-Monde, il s’agit de dĂ©gager des marges de manĹ“uvre budgĂ©taires pour rembourser la dette extĂ©rieure Ă  travers la rĂ©duction du pĂ©rimètre de l’État, la privatisation, la dĂ©rĂ©gulation, les coupes claires dans les budgets de santĂ©, d’éducation…

La Grèce est un test pour l’Europe néolibérale

L’inconnue reste la rĂ©action populaire. La population va-t-elle accepter l’austĂ©ritĂ© ? DĂ©jĂ , des grèves et des manifestations se dĂ©roulent. Hier, le 11 mars, plus de 100 000 personnes manifestaient dans les rues d’Athènes. Au Portugal et en Espagne, la mobilisation sociale s’opère. L’ajustement va-t-il buter sur l’obstacle social ? D’autant plus que les consĂ©quences des troubles sociaux pourraient atteindre le domaine politique avec l’émergence et l’éventuelle arrivĂ©e au pouvoir de forces politiques situĂ©es en-dehors du « consensus » : droite « molle » – gauche « caviar ». Mais, lĂ  aussi, les Ă©lites complices peuvent trouver l’inspiration dans l’expĂ©rience du Tiers-Monde pour faire « passer » les rĂ©formes.

La faisabilité politique de l’ajustement

Dans les années 1990, de nombreux travaux ont été menés, au sein de l’OCDE, sur la faisabilité politique de l’ajustement néolibéral |4|. Christian Morrisson prévient : « l’application de programmes d’ajustement dans des dizaines de pays pendant les années 1980 a montré que l’on avait négligé la dimension politique de l’ajustement. Sous la pression de grèves, de manifestations, voire d’émeutes, plusieurs gouvernements ont été obligés d’interrompre ou d’amputer sévèrement leurs programmes » (p. 6). Il convient de minimiser les risques et adopter une stratégie politique adéquate.

Prendre des mesures politiquement et socialement peu risquées

A partir de plusieurs études-pays, Christian Morrisson met en avant « l’intérêt politique de certaines mesures [...] : une politique monétaire restrictive, des coupures brutales de l’investissement public ou une réduction des dépenses de fonctionnement ne font prendre aucun risque à un gouvernement. Cela ne signifie pas que ces mesures n’ont pas des conséquences économiques ou sociales négatives : la chute des investissements publics ralentit la croissance pour les années à venir et met sur-le-champ des milliers d’ouvriers du bâtiment au chômage, sans allocation. Mais nous raisonnons ici en fonction d’un seul critère : minimiser les risques de troubles » (p. 16). Peu importe, « dans la réalité, les entreprises du bâtiment souffrent beaucoup de telles coupures [dans les investissements publics] qui multiplient les faillites et les licenciements. Mais ce secteur, composé surtout de petites et moyennes entreprises, n’a quasiment aucun poids politique » (p.17). « La réduction des salaires et de l’emploi dans l’administration et dans les entreprises parapubliques figure, habituellement, parmi les principales mesures des programmes [d’ajustement] » (p. 29).

Selon Christian Morrisson, cette mesure est « moins dangereuse politiquement » que d’autres « et elle touche les classes moyennes plutĂ´t que les pauvres » (p. 29). En cas de troubles (grèves…), « le gouvernement a toutefois les moyens de faire appel au pragmatisme des fonctionnaires. Il peut, par exemple, expliquer que, le FMI imposant une baisse de 20 pour cent de la masse salariale, le seul choix possible est de licencier ou de rĂ©duire les salaires et qu’il prĂ©fère la seconde solution dans l’intĂ©rĂŞt de tous. Les expĂ©riences de plusieurs gouvernements africains montrent que ce discours peut ĂŞtre entendu » (p. 29). Ce qui est vrai en Afrique l’est certainement sous d’autres cieux.

Agir sur la qualité des services publics

« Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population » (p. 30). Sans commentaire !

Diviser et opposer pour imposer

« Un gouvernement peut difficilement [ajuster] contre la volonté de l’opinion publique dans son ensemble. Il doit se ménager le soutien d’une partie de l’opinion, au besoin en pénalisant davantage certains groupes. En ce sens, un programme qui toucherait de façon égale tous les groupes (c’est-à-dire qui serait neutre du point de vue social) serait plus difficile à appliquer qu’un programme discriminatoire, faisant supporter l’ajustement à certains groupes et épargnant les autres pour qu’ils soutiennent le gouvernement. » (p. 17). Comme « la plupart des réformes frappent certains groupes tout en bénéficiant à d’autres, [...] un gouvernement peut toujours s’appuyer sur la coalition des groupes gagnants contre les perdants » (p. 18). Il faut donc diviser et opposer pour imposer.

Un régime « dictatorial » serait idéal pour imposer les réformes

« Une comparaison pour les pays d’Amérique latine entre des régimes démocratiques comme la Colombie, l’Équateur, le Pérou, et des régimes militaires, comme l’Argentine et le Chili, en 1981-82, montre que les troubles sont plus rares lorsque le régime est militaire [...] La comparaison entre les deux expériences de l’Argentine sous un régime militaire (en 1981) et en démocratie (1987) est parlante : le niveau de protestation a été trois fois plus élevé en 1987 et il y a eu beaucoup plus de manifestations » (p. 12). Ainsi, un régime dur serait idéal pour imposer les réformes. Le néolibéralisme serait-il entrain de déraper ?

Au total, la Grèce préfigure bien la Tiers-Mondialisation de l’Europe.

Bernard Conte, est l’auteur du livre La Tiers-Mondialisation de la planète

CADTM

Placé sur Mecanopolis le 26 juillet 2010

Notes :

|1| Voir :Le consensus de Washington

|2| Bernard Conte, Dévaluation du Franc CFA et équilibre des paiements courants, DT n°20, C.E.D., Bordeaux, 1997

|3| Voir par exemple : Cornia, Giovanni Andrea, Richard Jolly, and Frances Stewart. Adjustment with a human face. Protecting the vulnerable and promoting growth vol 1. Oxford : Clarendon Press, 1987

|4| Cf. Christian Morrisson, La faisabilité politique de l’ajustement, Paris, Centre de développement de l’OCDE, Cahier de politique économique n° 13, 1996. (jusqu’à la dernière note, les numéros de page des citations se réfèrent au présent document).

juil 20 2010

Des banques européennes proches de la faillite

Deux jours avant la publication des « stress tests », qui visent Ă  Ă©valuer la soliditĂ© des banques europĂ©ennes en cas de nouvelle dĂ©gradation de l’environnement Ă©conomique, plusieurs informations circulent sur la nĂ©cessitĂ© urgente de recapitaliser des banques d’Ă©pargnes rĂ©gionales allemandes et espagnoles.

feito

Il y a quelques jours, Jean-Claude Trichet, le prĂ©sident de la Banque centrale europĂ©enne (BCE), expliquait au quotidien LibĂ©ration qu’un Ă©vĂ©nement très grave Ă©tait intervenu le 6 mai après-midi et le 7 mai (1). Quarante-huit heures après, l’Europe mettait au jour ce fameux plan de sauvetage de l’ensemble des États europĂ©ens de 750 milliards. Et le mĂŞme week-end, dans une urgence absolue et de manière totalement inĂ©dite, la BCE dĂ©cidait de reprendre Ă  son compte directement de la dette vĂ©rolĂ©e et notamment de la dette grecque.

DĂ©faut de paiement de l’Espagne

En rĂ©alitĂ©, comme le dĂ©montre le quotidien en ligne Libertad Digital (2), le 6 mai dernier, l’Espagne, incapable de refinancer sa dette, s’est retrouvĂ©e en dĂ©faut de paiement, entrainant dans son sillage les banques espagnoles puis le marchĂ© boursier national, qui a perdu 14% dans cette seule journĂ©e.

Les marchĂ©s financiers avaient donc bloquĂ© le robinet de la dette publique et privĂ©e de l’Espagne, faisant ainsi courir le risque d’une faillite quasi immĂ©diate des banques les plus fragilisĂ©es par la crise de l’immobilier qui sĂ©vit dans le pays, ce que confirme JosĂ© Luis Feito, prĂ©sident de l’Institut Économique Espagnol (IEE) qui n’hĂ©site pas Ă  qualifier de « dramatique » la situation qui existait entre le 3 et le 7 mai. « Ce jour lĂ , l’Espagne a Ă©tĂ© cassĂ©e, parce qu’il n’Ă©tait plus possible d’emprunter, que ce soit pour le secteur privĂ© ou public, et cela mĂŞme en offrant des taux d’intĂ©rĂŞt de 18 % », indique encore l’Ă©conomiste Ă  Libertad Digital.

Scénario à la « Lehman Brothers »

Ensuite, dans une rĂ©action en chaine, l’incapacitĂ© de l’Espagne Ă  refinancer sa dette aurait induit une probabilitĂ© importante de dĂ©fauts deux grandes banques commerciales de la zone euro fortement impliquĂ©es dans la dette publique des États, faisant craindre Ă  Bruxelles un scĂ©nario catastrophe Ă  la Lehman Brothers. La panique gagnant les marchĂ©s jusqu’Ă  Wall Street qui a perdu environ 10 % en 20 minutes – sa pire dĂ©gringolade depuis les annĂ©es 80 –, la BCE a ensuite rĂ©agit en prĂ©cipitant le plan de de sauvetage de 750 milliards d’euros, afin de sauver in extrĂ©mis l’Espagne et Ă©viter de faire plonger ses crĂ©anciers allemands et français.

Gagner du temps

Les « stress tests » visent Ă  Ă©valuer la soliditĂ© des banques en cas de nouvelle dĂ©gradation de l’environnement Ă©conomique, et Ă  repĂ©rer les Ă©tablissements insuffisamment capitalisĂ©s, donc susceptibles de faire faillite. Une note du CrĂ©dit Suisse qui circule depuis deux jours confirme que les Caisses d’Ă©pargne espagnoles et des banques rĂ©gionales allemandes sont toujours en difficultĂ©s, et qu’il sera nĂ©cessaire de les refinancer Ă  hauteur de 36 milliards d’euros pour les premières et de 34,5 milliards d’euros pour les secondes, et vraisemblablement encore 6 milliards pour des banques grecques. Soit Ă  peu près 80 milliards d’euros au total. Les rĂ©sultats seront publiĂ©s vendredi Ă  18h, de sorte Ă  ne pas affoler les bourses et de laisser le temps aux institutions europĂ©ennes d’appliquer les mesures nĂ©cessaires pendant le week-end.

Si le but de ces tests Ă©tait de rassurer sur l’Ă©tat des banques europĂ©ennes et d’assouplir les relations interbancaires, il n’est pas sĂ»r que l’effet escomptĂ© puisse ĂŞtre atteint. On peut sans doute gagner un peu de temps, mais, Ă  ce rythme, il ne sera pas possible de continuer Ă  refinancer les États de la zone euro et leurs banques très longtemps.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

1. Article de Libération

2 Article de Libertad Digital

juil 20 2010

Le CFR annonce une Troisième guerre du Liban

Dans un rapport publiĂ© sur son site internet, le Council on Foreign Relations annonce l’imminence d’une troisième guerre du Liban et exonère par avance IsraĂ«l de toute responsabilitĂ©.

cfr

Quatre ans après un conflit dĂ©vastateur de 34 jours – qui coĂ»ta la vie Ă  plus de 1200 Libanais – une sĂ©rie d’accrochages et de violations flagrantes de la rĂ©solution 1701 de l’ONU par IsraĂ«l, survenue ces dernières semaines, laisse prĂ©sager une reprise imminente des combats entre le Hezbollah et l’armĂ©e de l’Etat hĂ©breu.

La semaine dernière, le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies, Ban Ki-moon, a tentĂ© d’intervenir, en dĂ©nonçant « les survols quasi quotidiens du territoire libanais par les forces aĂ©riennes israĂ©liennes  qui constituent des violations de la souverainetĂ© libanaise qui doivent immĂ©diatement cesser ». Le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral a Ă©galement exhorter IsraĂ«l Ă  « accĂ©lĂ©rer sans plus tarder » le retrait se ses forces « de la partie nord du village de Ghajar et de la zone limitrophe au nord de la Ligne Bleue » qui dĂ©limite la frontière entre les deux Etats. (1)

Rapport du CFR

Ces tensions surviennent alors que le Council on Foreign Relations (CFR) vient de publier un rapport dans lequel il annonce l’imminence d’une troisième guerre du Liban. Il n’est pas inutile de rappeler ici que si le CFR – prĂ©sidĂ© par le milliardaire David Rockefeller, qui est Ă©galement le fondateur du Groupe Bilderberg et de la Commission TrilatĂ©rale – se prĂ©sente comme un « think-tank non partisan ayant pour but d’analyser la politique Ă©trangère amĂ©ricaine et la situation politique mondiale », il est en rĂ©alitĂ© une organisation opaque qui rĂ©git des intĂ©rĂŞt financiers internationaux liĂ©s Ă  l’idĂ©ologie mondialiste nĂ©olibĂ©rale (lire Ă  ce sujet notre article du 10 mai dernier ).

Le document de neuf pages, que nous reproduisons en fin d’article, indique qu’il y a un « danger croissant de la reprise de la guerre entre IsraĂ«l et le Hezbollah. Depuis le dernier conflit entre ces deux parties au Liban, pendant l’Ă©tĂ© 2006, le Hezbollah n’a cessĂ© de se rĂ©armer et son arsenal est maintenant plus puissant, tant en quantitĂ© qu’en qualitĂ©. IsraĂ«l ne peut que constater que la menace faite Ă  sa sĂ©curitĂ© nationale est devenue intolĂ©rable ». Une attaque prĂ©ventive serait donc lĂ©gitime, selon ce rapport.

Le CFR n’apporte pas la preuve du rĂ©armement de la milice chiite. Il se base uniquement sur des rapports du renseignement israĂ©liens et d’autres rumeurs d’officines et relais de dĂ©sinformation. NĂ©anmoins, après les crimes de guerre perpĂ©trĂ©s par l’Etat hĂ©breu en 2006, dĂ©noncĂ©s par Amnesty International (2), la rĂ©organisation militaire du Hezbollah semble pour le moins lĂ©gitime, puisque qu’elle est sa seule garantie de survie, ainsi que celle du peuple libanais.

Le rapport de l’agence mondialiste prĂ©tend Ă©galement que « l‘Iran pourrait pousser le Hezbollah Ă  attaquer IsraĂ«l, afin de faire diversion sur la pression internationale Ă  propos de son programme nuclĂ©aire. »

La logique du CFR nĂ©cessiterait quelques Ă©claircissements, car on voit mal comment une attaque du Hezbollah sur IsraĂ«l permettrait Ă  l’Iran de faire diversion sur quoique ce soit. C’est mĂŞme le contraire qui ne manquerait pas de se produire en pareil cas. Par ailleurs, l’histoire rĂ©cente du Proche Orient dĂ©montre que c’est l’Etat juif qui a toujours su trouver quelques prĂ©textes fallacieux pour agresser ses voisins. Mais on voit bien ou veut en venir le CFR, qui n’hĂ©site pas a exonèrer par avance IsraĂ«l de toute violation des rĂ©solutions de l’ONU en affirmant que « dans tous les cas, le Hezbollah arguerait probablement du fait qu’il rĂ©pondait aux survols israĂ©liens du territoire libanais pour entrer en guerre. » Pour l’organisation de M. Rockefeller, il  serait bien sĂ»r tout Ă  fait intolĂ©rable que les libanais rĂ©agissent aux provocations quotidiennes de Tsahal. Ils doivent se soumettre en silence. Dans la foulĂ©e, le CFR ne manque pas de promulguer quelques conseils Ă  l’État hĂ©breu, comme par exemple « d’attaquer des Ă©quipements et des dĂ©pĂ´ts d’arme en Syrie ». Et pourquoi pas en Iran, pendant qu’on y est ?

Il est impossible de dresser une liste des contres vĂ©ritĂ©s promulguĂ©es par ce document tant elle sont nombreuses. En fait, pour Ă©tablir un travail complet, il faudrait revenir sur chacune des phrases qui y figurent. Les conclusions de ce rapport sont sans Ă©quivoque : La diplomatie Ă©tasunienne ne rĂ©ussira pas Ă  empĂŞcher cette guerre (en a-t-elle l’intention ?), et elle devrait d’ores et dĂ©jĂ  se concentrer sur la future… reconstruction du Liban. David Rockefeller a-t-il dĂ©jĂ  nĂ©gociĂ© les contrats ?

Ce même David Rockfeller qui indiquait sans complexe dans Newsweek le 1er février 1999 : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire ». Et encore, huit ans plus tôt : « La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est assurément préférable au principe d’autodétermination des peuples ».

Pour des agences mondialistes comme le CFR, Bilderberg ou la Commission TrilatĂ©rale, nos vies, comme celles des ennemis qu’ils nous fabriquent, est un business. Ce n’est pas de leur Nouvel ordre mondial dont nous avons besoin, et encore moins de leurs Nouvelles guerres, mais d’un monde dĂ©barassĂ© de leur prĂ©sence nĂ©faste.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Télécharger le rapport du Council on Foreign Relations

Merci Ă  Julien de nous avoir fait parvenir ce document

Notes :

1. Lire le communiquĂ© de l’ONU

2. Article du Monde diplomatique

juil 15 2010

L’Allemagne, Cheval de Troie du Nouvel ordre mondial

Alors que se met en place, non pas un gouvernement économique, mais un organe de décision qui aura pour but de mettre au pas les pays de l’Union européenne, il devient difficile d’évoquer ces sujets sans effleurer l’idée même d’une conspiration – idée qui, lorsque fondée sur des faits indiscutables, peut néanmoins permettre de comprendre la marche réelle des affaires.

usa nazi

Tous les indicateurs démontrent qu’une troisième phase de la crise économique nous atteindra d’ici octobre, novembre au plus tard, et que ses effets seront bien plus dévastateurs que tout ce que nous avons subi durant ces deux dernières années, car les finances publiques sont désormais asséchées et l’économie mondiale moribonde. Octobre sera aussi le mois où un groupe de travail présidé par le président du Conseil Herman Van Rompuy fera des propositions concrètes, non pas pour un projet de « gouvernance économique », comme il en était question, mais dans le but de lacréation d’un « organe », composé de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et de l’Eurogroupe.

La dénomination en tant « qu’organe » est importante, car une « gouvernance » aurait imposé une forme démocratique, impliquant le Parlement européen. Or il n’en sera rien.

Sanctions pour tous les membres de l’Union

L’Allemagne a su imposer au tout début du mois de juillet, par l’intermédiaire de son agent Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques, que les sanctions envers les pays jugés trop laxistes en matière de finances publiques soient imposées, non pas aux seuls pays de la zone euro mais à l’ensemble des 27 pays membres de l’Union européenne.(1)

Ces sanctions prendront effet sous forme de suppression de fonds structurels, principalement les aides à l’agriculture et à la pêche, lorsque le pays contrevenant ne rentrera pas dans les clous après une première phase d’avertissement.

La France ne s’est nullement opposĂ©e Ă  cette dĂ©cision. Pire encore, le mĂŞme jour, Nicolas Sarkozy, en visite en Aveyron sur le thème de l’agriculture de montagne, promettait qu’une somme de 350 millions d’euros allait ĂŞtre « sanctuarisĂ©e » dans le budget 2011 pour aider les jeunes agriculteurs Ă  s’installer.(2) « Vous voyez, je m’investis beaucoup sur le dossier de l’agriculture », avait-il encore indiquĂ© Ă  la presse ce jour-lĂ , alors qu’au mĂŞme moment, Ă  Bruxelles, on dĂ©cidait de faire payer l’endettement des États aux agriculteurs.

Un « Pôle carolingien »

Malgré les désaccords de façade,Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, à l’avant-garde de ce que l’on pourrait appeler le « Pôle Carolingien » d’une union fédérale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intérieure d’une Europe inféodée à l’ordre mondial. Si le ralliement de la France à la doctrine mondialiste est récent, du moins dans sa phase décisive, l’ancrage de l’Allemagne, principal pays allié des États-Unis en Europe depuis 1945, est plus profond, et c’est le ministre des Affaires étrangères Joshka Fischer qui avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours à l’Université de Humboldt, le 12 mai 2000, relayé quelques jours après par son prédécesseur, Hans Dietrich Gensher, ministre des Affaires étrangère allemand, dans Le Figaro du 20 mai suivant : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union européenne dans la perspective de son élargissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du Nouvel ordre mondial… » Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la même année : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substitué un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, à quelques distances, le Japon, y ont déjà pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. À ses débuts, le nouveau gouvernement allemand avait laissé un peu en friche le terrain de la politique étrangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage européen sur l’arrière plan de la mondialisation. »

Concept mondialiste

La doctrine stratégique « globale » des États-Unis avait été élaborée une vingtaine d’années auparavant. Il est clairement énoncé dans le nouveau concept étasunien de « stratégie nationale de sécurité » dont le contenu fut révélé dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, élaboré en liaison avec le Conseil national de la sécurité (NSA), plus haute instance américaine de sécurité et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’éventuels rivaux, parmi les pays avancés et industrialisés, de défier notre domination, ne serait-ce que d’aspirer à un rôle plus grand à l’échelle mondiale ou régionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire russe. »(3) Il s’agit ni plus ni moins d’empêcher par n’importe quel moyen l’Europe et le Japon,“alliés” relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie mais encore redoutable, de relever la tête et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et économique imposé par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, éclairant de lui-même les intentions étasuniennes, dont la nature même est d’ordre conspirative. Mais nous aurions néanmoins tort de désespérer, car aucune situation, aussi perdue qu’elle puisse paraître, n’est jamais complètement fermée. C’est la faille salvatrice qu’il nous faut désormais trouver pour opposer un Nouveau monde à ce Nouvel ordre mondial.

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources

Notes :

(1) Le Figaro du 1er juillet 2010

(2) AFP, le 1er juillet 2010

(3) Cité par Alexandre Del Valle, dans Guerre contre l’Europe, Syrtres, 2000

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