juil 18 2010

Alain de Benoist : « La France n’a plus de politique mĂ©diterranĂ©enne depuis qu’elle s’est alignĂ©e sur les intĂ©rĂȘts israĂ©liens »

Dans notre monde post-moderne issu de la fin de la Guerre froide, ceux qui nous gouvernent ont oubliĂ© que, par nature, l’histoire Ă©tait avant tout tragique. PiqĂ»re de rappel du philosophe qui lui, ne l’a pas oublié 

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VoilĂ  des annĂ©es que l’on nous « promet » la guerre en Iran
 ArlĂ©sienne ?

Cela montre au moins que le sujet reste d’actualitĂ©. Mais l’Iran n’est pas le dĂ©sert des Tartares, et il y a quand mĂȘme de bonnes chances que les armes finissent par parler. OĂč en est-on aujourd’hui ? Quand on parle de l’Orient compliquĂ©, il faut raisonner simplement, c’est-Ă -dire partir du certain pour aller au probable. Ce qui est certain, c’est que l’État d’IsraĂ«l souhaite de toutes ses forces une frappe militaire sur l’Iran (Ă  tort ou Ă  raison de son propre point de vue, lĂ  n’est pas la question) et, si possible, que ce soient les AmĂ©ricains qui y aillent Ă  sa place. ProblĂšme : Obama n’est pas trĂšs chaud, pas plus que ne le sont les militaires de Washington, pour l’excellente raison que tous les scĂ©narios d’intervention militaire imaginĂ©s au Pentagone dĂ©bouchent sur des catastrophes.

Obama s’en tient donc pour l’instant aux nĂ©gociations et aux sanctions. Mais ces derniĂšres n’auront sans doute qu’un effet limitĂ©, ce qui peut permettre aux “faucons” de reprendre le dessus. Dans ces conditions, une attaque israĂ©lienne reste hautement probable, malgrĂ© les difficultĂ©s techniques et les risques inhĂ©rents Ă  une telle entreprise. Elle provoquerait immĂ©diatement une rĂ©plique qui pourrait mettre Ă  feu et Ă  sang toute la rĂ©gion. Se mettrait alors en place une dynamique dans laquelle les États-Unis seraient obligĂ©s de s’impliquer. Du moins est-ce ainsi que l’on raisonne Ă  Tel-Aviv.

Autre possibilitĂ© : une provocation de grande envergure, qui permettrait d’attribuer aux Iraniens ou Ă  leurs alliĂ©s un attentat “sous faux drapeau”, une tentative d’assassinat du prĂ©sident, ou que sais-je encore
 Les États-Unis devraient alors intervenir sous la pression de l’opinion publique. On en est lĂ .

Un Ă©niĂšme conflit au nom d’une Ă©niĂšme « croisade des dĂ©mocraties »  Dans votre livre, « Au delĂ  des droits de l’homme », vous dĂ©noncez ce nĂ©o-impĂ©rialisme, Ă  la faveur duquel les missionnaires catholiques ont Ă©tĂ© supplantĂ©s par de nouveaux Ă©vangĂ©listes. Imposture ?

On peut y voir une imposture, mais il y a lĂ  une parfaite logique. Si je m’estime porteur de la vĂ©ritĂ©, alors je suis fondĂ© Ă  Ă©radiquer l’erreur, c’est-Ă -dire Ă  faire disparaĂźtre tout ce qui contredit mon point de vue. Et Ă  le faire par tous les moyens. C’est le principe mĂȘme de la “guerre juste”. PrĂ©tendre se battre au nom de l’humanitĂ© (les « droits de l’homme ») conduit immanquablement Ă  placer ses adversaires hors humanitĂ©. Ceux-ci deviennent alors des ennemis absolus, des figures du Mal, avec qui une paix nĂ©gociĂ©e est impossible. Le but de la guerre n’est plus la paix, mais l’extermination.

Au-delĂ  des gesticulations verbales et de l’armĂ©e amĂ©ricaine qui bombe le torse en envoyant son armada dans le Golfe persique, on sait aussi que les Iraniens, en cas d’attaque aĂ©rienne, auraient dĂ©sormais les capacitĂ©s de dĂ©truire au moins la moitiĂ© de cette escadrille. D’un cĂŽtĂ©, Zbigniew Brzezinski, l’un des pontes de la gĂ©opolitique amĂ©ricaine assure que si IsraĂ«l voulait bombarder l’Iran, il serait du devoir des USA de clouer son aviation au sol
 De l’autre, les IsraĂ©liens retenteraient bien une OpĂ©ration “Osirak”
 Une autre guerre de retard ?

Le « danger nuclĂ©aire » joue, concernant l’Iran, exactement le mĂȘme rĂŽle que les armes de destruction massive dans le cas de l’Irak. Il s’agit de faire peur. Mais qui est en droit d’avoir peur aujourd’hui, sinon l’Iran ? J’ignore Ă©videmment si les Iraniens auront un jour la bombe atomique. Ce que je sais, c’est que cette arme ne prĂ©sente d’intĂ©rĂȘt qu’en tant que force de dissuasion. LĂ  aussi, les choses sont simples : on n’attaque pas une puissance dotĂ©e d’un armement nuclĂ©aire. La bombe atomique permettrait aux Iraniens de sanctuariser leur territoire, ce que les puissances occidentales, qui cherchent depuis toujours Ă  contrĂŽler ce pays en raison de la position-clĂ© qu’il occupe sur le plan gĂ©opolitique, ne veulent Ă©videmment pas.

Avec leur bombinette, les Iraniens ne seraient un « danger » pour personne, et surtout pas pour IsraĂ«l, qui dispose dĂ©jĂ  de plusieurs centaines de tĂȘtes nuclĂ©aires (non dĂ©clarĂ©es). Sait on que l’actuel budget militaire iranien (un peu plus de six milliards de dollars par an) est infĂ©rieur Ă  celui de la GrĂšce, de la SuĂšde ou de Singapour ? À l’exception des Émirats, l’Iran dĂ©pense moins par habitant pour son armĂ©e que n’importe quel autre pays de la rĂ©gion.

La Turquie lĂąche IsraĂ«l pour se rapprocher de TĂ©hĂ©ran. Mais dans le mĂȘme temps, la Russie semble renouer avec les USA. Sans mĂȘme Ă©voquer la Chine et l’Inde. Redistribution des cartes ?

La Russie et la Chine doivent faire face Ă  des impĂ©ratifs contradictoires. MĂȘme s’il ne fait pas de doute que ces pays sont hostiles Ă  une attaque contre l’Iran, leur intĂ©rĂȘt n’est pas Ă  court terme d’affronter directement les AmĂ©ricains.

Tout comme Obama, Medvedev et Poutine doivent en outre compter avec la pression des factions qui s’affrontent dans leur entourage. L’émergence d’un axe BrĂ©sil-Turquie-Iran, concrĂ©tisĂ© par l’accord tripartite signĂ© en mai Ă  TĂ©hĂ©ran, est en revanche d’une importance majeure. Cet accord montre que le monopole dont jouissaient naguĂšre les puissances occidentales pour dĂ©cider de l’ordre du monde est brisĂ©. N’en dĂ©plaise Ă  Bernard Kouchner, il faudra dĂ©sormais compter avec les « pays Ă©mergents ».

En arriĂšre-plan, la cause palestinienne, peuple majoritairement arabe et sunnite, mais aujourd’hui dĂ©fendu avec plus de vigueur par les Turcs (pas des Arabes) ou les Iraniens (toujours pas arabes et chiites de surcroĂźt). Fin du mythe panarabe ?

Les mythes ne meurent jamais, mais il ne fait pas de doute que le panarabisme appartient au passĂ©. Dans le monde arabo-musulman, Ă  l’époque de la Guerre froide, les nationalismes laĂŻcs ont constamment Ă©tĂ© combattus par les États-Unis qui craignaient leur instrumentalisation par le bloc de l’Est. Pour faire piĂšce Ă  ces mouvements, les AmĂ©ricains ont systĂ©matiquement encouragĂ© l’islamisme, stratĂ©gie qui a culminĂ© au moment de l’invasion de l’Afghanistan par les Russes. Que cette stratĂ©gie se retourne aujourd’hui contre eux est un juste retour des choses.

Et une France et une Europe inaudibles sur le sujet. Enterrement de premiÚre classe de notre politique méditerranéenne ?

La France ne peut plus avoir de politique « mĂ©diterranĂ©enne » depuis qu’elle a choisi de s’aligner sur les intĂ©rĂȘts israĂ©liens. Quant Ă  l’Europe, elle vit Ă  l’heure de l’impuissance et de la paralysie. Hubert VĂ©drine voyait juste quand il parlait rĂ©cemment de « l’irrealpolitik » europĂ©enne, ce mĂ©nage brumeux d’ingĂ©nuitĂ©, d’abstraction et de prĂ©dication moralisante qui fait croire aux EuropĂ©ens qu’ils vivent dans un monde post-tragique oĂč ils n’auraient plus Ă  se penser comme des acteurs du jeu mondial. « Les EuropĂ©ens, disait VĂ©drine, ne se rĂ©signent pas Ă  ce que l’histoire du monde reste celle d’une compĂ©tition de puissances. Ils se sont privĂ©s des outils mentaux pour penser cette situation  » Le problĂšme, c’est que les puissances rĂ©elles du monde rĂ©el savent,elles, trĂšs bien ce qu’il en est. C’est pourquoi il y a des rumeurs de guerre contre l’Iran.

Propos recueillis par BĂ©atrice PÉREIRE, pour la revue FLASH

PubliĂ©  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile NĂ©aumet, directeur de la rĂ©daction.

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juin 28 2010

Bruits de bottes Ă  la frontiĂšre nord de l’Iran

Depuis la traversĂ©e du Canal de Suez par une armada de navires de guerre, il semble indĂ©niable que l’on assiste Ă  un renforcement des dispositifs militaires amĂ©ricains et israĂ©liens autour de l’Iran, ce qui pourrait indiquer la prĂ©paration d’une opĂ©ration contre les infrastructures nuclĂ©aires du rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran.

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Selon l’agence officielle iranienne Fars, des hĂ©licoptĂšres israĂ©liens auraient, les 18 et 19 juin dernier, « dĂ©chargĂ© des Ă©quipements destinĂ©s Ă  attaquer un Etat musulman l’aĂ©roport de Tabuk en Arabie Saoudite », ce qui confirme l’information du Sunday Times que nous avons mentionnĂ© dans notre article du 20 juin dernier, qui rapportait que l’Arabie Saoudite aurait acceptĂ© d’ouvrir son espace aĂ©rien aux appareils israĂ©liens en vue d’une frappe possible contre l’Iran.

Autre fait intĂ©ressant, le brigadier-gĂ©nĂ©ral Medhi Moini, chef du corps des Pasdaran (Corps des Gardiens de la rĂ©volution islamique) dans la province iranienne d’AzerbaĂŻdjan, a fait officiellement savoir, le 22 juin dernier, qu’il mobilisait ses troupes dans la rĂ©gion « en raison de la prĂ©sence de forces amĂ©ricaines et israĂ©liennes le long des frontiĂšres occidentales de l’Iran ».

De longs convois de chars, de matĂ©riel d’artillerie, de batteries de DCA et d’unitĂ©s d’infanterie ont Ă©tĂ© aperçus sur les routes qui mĂšnent vers la frontiĂšre de l’Iran avec l’AzerbaĂŻdjan. Ces forces militaires auraient mĂȘme Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es « en Ă©tat de guerre »

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Le brigadier-gĂ©nĂ©ral Medhi Moin a Ă©galement ajoutĂ© « que certains pays europĂ©ens compliquaient la situation en fomentant des troubles ethniques dans ces rĂ©gions de la frontiĂšre nord de l’Iran afin de dĂ©stabiliser toute la rĂ©gion ».

D’autres sources de renseignement indiquent qu’IsraĂ«l a rĂ©cemment envoyĂ© un grand nombre de chasseurs-bombardiers vers des bases en AzerbaĂŻdjan, via la GĂ©orgie, pour Ă©pauler des forces amĂ©ricaines dĂ©jĂ  stationnĂ©es dans ce pays d’Asie centrale.

Pour le moment, les autoritĂ©s azĂ©ries n’ont pas rĂ©agi Ă  ces informations en provenance d’Iran, ni Ă  la concentration de forces israĂ©liennes sur son territoire.

L’État hĂ©breu entretient une collaboration Ă©conomique et militaire Ă©troite avec la GĂ©orgie, alliĂ©e stratĂ©gique et Ă©conomique de l’ArmĂ©nie, et une entente cordiale avec l’AzerbaĂŻdjan, bien que ces deux États se trouvent en situation quasi conflictuelle permanente.

Ces informations, qui doivent encore confirmĂ©es, peuvent laisser penser que l’AzerbaĂŻdjan remplacerait la Turquie voisine, qui a fermĂ© son espace aĂ©rien aux avions militaires israĂ©liens depuis le 31 mai dernier, comme l’une des bases de lancement d’une offensive militaire contre l’Iran.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

juin 20 2010

Une armada de navires amĂ©ricains et israĂ©liens se dirigent vers l’Iran

Douze navires de guerre amĂ©ricains et israĂ©liens, dont deux porte-avions, ont franchi le Canal de Suez vendredi et se dirigent vers la mer Rouge, itinĂ©raire le plus direct vers le golfe Persique depuis la mĂ©diterranĂ©e. L’objectif serait d’acheminer des troupes, des munitions et des vĂ©hicules blindĂ©s, dans cadre d’ultimes prĂ©paratifs avant d’engager un conflit militaire avec l’Iran.

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Aucun mĂ©dia occidental n’a pour l’heure relayĂ© cette information, pourtant confirmĂ©e par le journal israĂ©lien Haaretz, qui indique que plusieurs milliers de soldats Ă©gyptiens ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s le long du canal de Suez, de sorte Ă  veiller Ă  la « sĂ©curitĂ© du passage des navires ».

Selon la version anglaise du quotidien hĂ©breu Yedioth Ahronoth, le trafic dans le canal a Ă©tĂ© interrompu pendant plusieurs heures pour permettre le passage des navires de guerres, de mĂȘme que la totalitĂ© des activitĂ©s de pĂȘche dans la zone ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es ainsi que la circulation sur les ponts au-dessus du canal. Le Yedioth ajoute, en citant le gĂ©nĂ©ral Ă©gyptien Amin Radi, qu’IsraĂ«l « ne dĂ©sire une guerre avec l’Iran que pour rester l’unique puissance nuclĂ©aire de la rĂ©gion ».

Des membres de l’opposition Ă©gyptienne ont critiquĂ© le gouvernement Moubarak pour sa coopĂ©ration avec les États-Unis et les forces israĂ©liennes, et permettre le passage de ces navires dans les eaux territoriales Ă©gyptiennes.

Des dĂ©putĂ©s du parti politique des FrĂšres Musulmans ont Ă©galement indiquĂ©s qu’ils considĂ©raient l’Ă©vĂ©nement comme une allĂ©geance de plus du prĂ©sident Hosni Moubarak envers l’État juif et les États-Unis, et que la participation Ă©gyptienne Ă  ces prĂ©paratifs de guerre Ă©taient « un scandale international ». Ces dĂ©putĂ©s ont encore ajoutĂ© qu’ils ne comptaient pas « s’asseoir les bras croisĂ©s » pendant que « le pays collabore a une guerre contre l’Iran ».

Le 12 juin dernier, le Sunday Times avait rĂ©vĂ©lĂ© qu’IsraĂ«l avait la permission de l’Arabie saoudite d’utiliser son espace aĂ©rien pour attaquer l’Iran.  « Dans la semaine qui a suivit les nouvelles sanctions imposĂ©e par le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU Ă  TĂ©hĂ©ran, Riyad a acceptĂ© de permettre Ă  IsraĂ«l d’utiliser un couloir Ă©troit de son espace aĂ©rien dans le nord du pays pour raccourcir la distance pour un bombardement de l’Iran », indique le journal. Une information catĂ©goriquement dĂ©mentie deux jours plus tard par l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Royaume-Uni, le Prince Mohammed ben Nawaf.

InterrogĂ© par le Teheran Times, le ministre de la DĂ©fense iranienne, Ahmad Vahidi, a indiquĂ© que « Les AmĂ©ricains nous ont dit qu’ils allaient utiliser toutes les options contre l’Iran, nous vous annonçons que nous allons, nous aussi, utiliser toutes les options pour nous dĂ©fendre ».

Spencer Delane, pour Mecanopolis

jan 07 2010

Le terroriste était un agent double

New-York Times

La bombe humaine qui a tuĂ© 7 agents de la CIA et un espion jordanien, la semaine passĂ©e (le 31 dĂ©cembre, NdT), Ă©tait, en fait, un agent double, retournĂ© par al-Qaeda, qui avait Ă©tĂ© introduit dans la base Chapman, dans la province de Khost, au Sud de l’Afghanistan, parce que les AmĂ©ricains espĂ©raient qu’il serait capable de livrer des membres de haut niveau du rĂ©seau al-Qaeda.

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Humam Khalid Muhammed, alias Dujana Khorasani (photographie diffusĂ©e par l’organe mĂ©diatique al-Fajr, liĂ© Ă  al-Qaeda)

Le terroriste avait été recruté par les services de renseignement jordaniens et envoyé en Afghanistan pour infiltrer al-Qaeda en se faisant passer pour un jihadiste étranger.

L’attentat contre la base de la CIA constitue un revers dĂ©vastateur pour les opĂ©rations de l’agence d’espionnage contre les groupes armĂ©s jihadistes dans les montagnes escarpĂ©es d’Afghanistan. Une Ă©quipe d’élite a Ă©tĂ© Ă©liminĂ©e en utilisant une informateur disposant de sĂ©rieuses rĂ©fĂ©rences jihadistes.  L’attentat balaie les espoirs de pĂ©nĂ©trer les rangs supĂ©rieurs d’al-Qaeda, et apparaĂźt Ă©galement comme la mise en Ă©vidence de la facilitĂ© des recrutĂ©s Ă  se retourner contre leurs commanditaires amĂ©ricains.

Elle peut virtuellement miner les relations entre la CIA et les services d’espionnage jordaniens, dont on dit que les responsables se sont portĂ©s garants pour le soit-disant informateur.

Le service jordanien, appelĂ© le Directoire du Renseignement GĂ©nĂ©ral, est, depuis des annĂ©es, l’un des plus proches et des plus utiles alliĂ©s des Etats-Unis au Moyen-Orient.

Dans une interview tĂ©lĂ©phonique, un porte-parole des Taliban pakistanais, a identifiĂ© le terroriste comme Ă©tant Humam Khalid Mohammed, un mĂ©decin jordanien. Des responsables occidentaux prĂ©cisent qu’ils se trouvait en prison en Jordanie lorsqu’il a Ă©tĂ© recrutĂ© par les services jordaniens d’espionnage.

Le terroriste n’a pas Ă©tĂ© Ă©troitement fouillĂ© du fait de sa valeur perçue en tant que quelqu’un capable de guider les forces amĂ©ricaines contre de hauts dirigeants d’al-Qaeda, et parce que l’officier traitant du renseignement jordanien l’avait identifiĂ© comme un informateur potentiellement fiable.

Des responsables passĂ©s et actuels (de la CIA) ont racontĂ© que, du fait de son expĂ©rience de mĂ©decin, il aurait Ă©tĂ© recrutĂ© pour s’approcher d’Ayman al Zawahiri, lui-mĂȘme mĂ©decin Ă©gyptien et commandant en second d’al-Qaeda.

Les agents de la CIA se sont rendus de Kaboul Ă  Khost pour une rencontre avec cet informateur, ce qui signifie que l’Agence en Ă©tait arrivĂ©e Ă  faire confiance Ă  l’informateur et qu’il Ă©tait devenu urgent d’apprendre ce qu’il Ă©tait parvenu Ă  glaner sur le terrain, selon un responsable de la CIA ayant une grande expĂ©rience en Afghanistan.

Un ancien responsable explique que le fait que les jihadistes soient capables de perpĂ©trer un attentat avec un succĂšs de cette ampleur dĂ©montre leur puissance subsistante, mĂȘme aprĂšs les nombreux tirs de missiles tirĂ©s par les drones de la CIA.

« Les opĂ©rations montĂ©es grĂące Ă  un agent double sont vĂ©ritablement complexes. Le fait qu’ils aient pu rĂ©alisĂ© un tel coup montre qu’ils ne sont pas rĂ©ellement sur la dĂ©fensive. Ils conservent la possibilitĂ© de rĂ©pliquer et de programmer de telles opĂ©rations ».

La mort de l’officier traitant du renseignement jordanien, le Capitaine Sharif Ali Ben Zeid a Ă©tĂ© rapportĂ©e, durant les derniers jours par les responsables jordaniens, mais ils n’ont pas prĂ©cisĂ©ment confirmĂ© oĂč il avait Ă©tĂ© tuĂ© ni ce qu’il faisait en Afghanistan.

Les responsables du renseignement jordanien sont profondĂ©ment embarrassĂ©s par l’attentat, parce qu’ils ont transfĂ©rĂ© l’informateur aux AmĂ©ricains.

D’aprĂšs les responsables amĂ©ricains, les Jordaniens ont telle excellente reputation au sein de la communautĂ© amĂ©ricaine du renseignement que l’informateur n’a pas Ă©tĂ© sondĂ© avant d’entrer dans le camp retranchĂ©.

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CommuniquĂ© d’al-Qaeda revendiquant l’attentat (cliquer sur l’image pour l’agrandir)  traduction

Jarret Brachmann, auteur de “Jihadisme global : thĂ©orie et pratique” et consultant pour le gouvernement amĂ©ricain au sujet du terrorisme, a expliquĂ© que Mohammed a utilisĂ© le pseudo Abu Dujana al-Khorasani sur des forum internet et qu’il Ă©tait une voix influente du Jihad sur la toile.

“Il est l’un des auteurs les plus revĂ©rĂ©s sur les forum jihadistes”, explique Brachman.

Dans beaucoup de posts publiĂ©s sous la signature de son pseudo, Mohammed employait un langage allusif nourri de rĂ©fĂ©rences Ă  la littĂ©rature et au Coran pour exprimer son soutien Ă  tout emploi de la violence contre le rĂŽle de meneur des Etats-Unis dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak.

M. Brachman raconte qu’al Fajr Media, qui est le rĂ©seau mĂ©diatique officiel d’al-Qaeda, a conduit une interview avec Abu Dujana al-Khorasani publiĂ© dans le magazine internet d’al-Qaeda, appelĂ© l’avantgarde de Khorasan.

Le nom du terroriste a d’abord Ă©tĂ© rapportĂ© par al Jazeera qui l’a identifiĂ© sous le nom de Humam Khalil abu-Mulalal-Balawi. Le rĂ©seau audiovisuel a exposĂ© que Balawi avait Ă©tĂ© envoyĂ© en Afghanistan pour aider Ă  traquer al-Zawahiri.

L’attentat embarrasse aussi le gouvernement jordanien parce qu’il ne souhaite pas que la profondeur de sa coopĂ©ration avec la CIA soit rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  ses propres citoyens ni Ă  d’autres Arabes de la rĂ©gion.

Une dĂ©claration officielle de l’agence de presse officielle jordanienne a mentionnĂ© que le Capitaine Zeid avait Ă©tĂ© tuĂ© en Afghanistan, mercredi”, alors qu’il remplissait « son devoir humanitaire avec le contingent jordanien des forces de paix des Nations-Unies”.

Les Etats-Unis et la CIA plus particuliĂšrement, sont profondĂ©ment impopulaires en Jordanie, oĂč au moins la moitiĂ© de la population est d’origine palestinienne et oĂč le soutien de Washington Ă  IsraĂ«l est vertement condamnĂ©.

Le Roi Abdallah II et son gouvernement, tout en travaillant Ă©troitement avec Washington en matiĂšre d’opĂ©rations antiterroristes et en apportant un soutien stratĂ©gique pour les opĂ©rations en Irak, tente de garder secret la rĂ©alisation de ce travail.

Le Directoire du renseignement gĂ©nĂ©ral a perçu des millions de $ de la CIA depuis l’invasion amĂ©ricaine en Irak, oĂč l’agence d’espionnage jordanienne a jouĂ© un rĂŽle central dans la campagne contre les insurgĂ©s irakiens.

Par le passĂ©, les responsables jordaniens ont frĂ©quemment critiquĂ© en privĂ© les services de renseignement amĂ©ricains, en disant qu’ils Ă©taient trop lourdement dĂ©pendants de la technologie et pas assez solides en matiĂšre d’agents capables d’opĂ©rations d’infiltration. En 2006, on a crĂ©ditĂ© les Jordaniens d’avoiir grandement contribuĂ© Ă  localiser et Ă  Ă©liminer Abu Mussab al-Zarqawi, dirigeant d’al-Qaeda en MĂ©sopotamie.

Des responsables actuels et passés du renseignement américain ont déclaré que la base de Khost était utilisée pour récolter des informations sur les réseaux terroristes de la région frontaliÚre.

Les agents de la CIA de la base employaient ces informations pour programmer des frappes contre les dirigeants d’al-Qaeda et des Taliban, aux cĂŽtĂ©s des agents opĂ©rationnels de haut niveau du rĂ©seau Haqqani.

Les responsables amĂ©ricains ont fait pression sur le Gouvernement du Pakistan pour en finir avec le rĂ©seau Haqqani, dont les combattants ont une large influence sur diffĂ©rentes rĂ©gions d’Afghanistan, incluant les provinces de Paktika, de Paktia et de Khost, et qui reprĂ©sentent une menace sĂ©rieuse pour les forces amĂ©ricaines.

Un autre ancien responsable de la CIA a dĂ©clarĂ© que la prĂ©sence de Zeid au sein de la base de Khost Ă©tait un signe selon lequel l’agence de renseignement jordanienne employait un espion pour infiltrer les rĂ©seaux terroristes dans la rĂ©gion, et trĂšs certainement pour pĂ©nĂ©trer les cellules de terroristes arabes d’al-Qaeda.

D’aprĂšs lui, “Si l’officier traitant des renseignements jordaniens s’est portĂ© garant pour ce type, la CIA a dĂ» vouloir l’obtenir Ă  tout prix au sein de sa base ».

Les dĂ©pouilles de 7 agents de la CIA sont arrivĂ©s par avion militaire, lundi Ă  la base aĂ©rienne de Dover, oĂč une cĂ©rĂ©monie privĂ©e s’est dĂ©roulĂ©e, avec la prĂ©sence de LĂ©on E. Panetta, le directeur de la CIA, ainsi que par les membres des familles des agents tuĂ©s.

Richard A. Oppel Jr, Mark Mazetti et Souad Mekhennet pour le New York Times (1)

Article traduit par Spencer Delane, pour Mecanopolis

1. Richard A. Oppel Jr. et Souad Mekhennet ont menĂ© l’enquĂȘte depuis Islamabad, et Mark Mazzetti depuis Washington. Eric Schmitt a contribute au reportage depuis Washington, et Michael Slackman depuis Dubai, aux Emirats Arabes Unis. Nadia Taha a contribute aux recherchĂ© depuis New York.)

jan 06 2010

L’exportation de gaz GNL, rĂ©el enjeu des tensions actuelles au YĂ©men ?

Simple coĂŻncidence dans ce monde de brut ? Alors que dĂ©but novembre, le Yemen est devenu un exportateur de gaz naturel liquĂ©fiĂ© (GNL ou LNG), grĂące Ă  la mise en oeuvre de nouvelles installations dans le Golfe d’Aden – dont Total possĂšde prĂšs de 40% – l’ambassade de Grande-Bretagne Ă  Sanaa a Ă©tĂ© fermĂ©e dimanche, aprĂšs celle des Etats-Unis. Raisons invoquĂ©es : des menaces d’Al-QaĂŻda dans la pĂ©ninsule arabique, faisant notamment suite Ă  l’attentat ratĂ© de NoĂ«l sur le vol Amsterdam-Detroit.

Alors, 2010 : l’annĂ©e de la guerre du gaz ? L’avenir du Yemen et de l’Ukraine nous le dira …

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« L’ambassade a Ă©tĂ© fermĂ©e aujourd’hui par mesure de prĂ©caution, de crainte d’Ă©ventuelles rĂ©actions d’Al-QaĂŻda« , a ainsi affirmĂ© dimanche un responsable yemenite au sujet de l’ambassade  britannique. Tout en indiquant que l’ambassade n’avait pas reçu « de menaces directes d’Al-QaĂŻda« .

« Certaines indications laissent penser qu’Al-QaĂŻda prĂ©pare un attentat contre un objectif Ă  Sanaa, peut-ĂȘtre notre ambassade », a dĂ©clarĂ© quant Ă  lui Ă  la chaĂźne CNN John Brennan, conseiller d’Obama pour la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et la lutte anti-terroriste. Selon lui, plusieurs centaines de membres d’Al-QaĂŻda sont actuellement au YĂ©men.

Un contexte particuliĂšrement tendu qui fait jour alors que dĂ©but novembre, le prĂ©sident yĂ©mĂ©nite Ali Abdallah Saleh avait donnĂ© le coup d’envoi symbolique des premiĂšres exportations de GNL … Simple « hasard’, alors que gaz et pĂ©trole sont Ă  l’origine  de moult conflits  par les temps qui courent ?

Rappelons par ailleurs que le projet de Balhaf, dans le Golfe d’Aden, d’un montant de 4,5 milliards de dollars, reprĂ©sente un investissement majeur pour le YĂ©men.

L’usine est opĂ©rationnelle depuis le 15 octobre dernier via la mise en oeuvre d’un seul train de production. La construction d’une seconde infrastructure de ce type doit dĂ©marrer en fĂ©vrier/mars prochain. ThĂ©oriquement …. Car le cours des choses pourrait subir quelques modifications  compte-tenu du « climat » actuel …

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Notons  toutefois que le gaz yĂ©mĂ©nite prĂ©sente bien des avantages en matiĂšre de qualitĂ© et de localisation gĂ©ographique par rapport Ă  ses principaux concurrents de la rĂ©gion (Qatar et Iran notamment, situĂ©s dans le Golfe persique) ….

En cas de maintien de planning, la production serait alors de 40.000 m3 par jour, pour une production actuelle d’un peu moins de 20.000 m3 par jour. A terme, la production devrait atteindre jusqu’Ă  6,7 millions de tonnes par an.

Le GNL devrait ĂȘtre exportĂ© en CorĂ©e du sud mais Ă©galement en Europe et en AmĂ©rique du Nord. Le projet devrait gĂ©nĂ©rer sur 25 ans entre 30 et 40 milliards de dollars de revenus pour le TrĂ©sor du YĂ©men, l’un des pays les plus pauvres de la planĂšte. A terme, les exportations de GNL du pays Ă©quivaudront Ă  180.000 barils de pĂ©trole par jour.

A noter Ă©galement : durant les annĂ©es nĂ©cessaires Ă  la mise en oeuvre du projet, aucune attaque significative n’a Ă©tĂ© dirigĂ©e contre les installations ou le personnel. Une « bonne » chose alors que les prises d’otages sont frĂ©quentes dans cette partie du pays. PrĂ©cisons que que la majoritĂ© des 19 millions de YĂ©mĂ©nites sont de confession sunnite , tandis que les autres appartiennent Ă  la branche Zaydi de l’islam chiite. Le conflit dans la province de Saada entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par les Etats-Unis se poursuit de maniĂšre intermittente depuis 2004.

Rappelons Ă©galement qu’en avril 2008 , Total avait annoncĂ© avoir dĂ©cidĂ© de rapatrier en France les enfants de ses salariĂ©s au YĂ©men. Nulle crainte Ă  avoir affirmait alors la compagnie, la dĂ©cision n’Ă©tant Ă  voir que comme une mesure « de prĂ©caution » destinĂ©e Ă  prĂ©server leur sĂ©curitĂ©. Une « trentaine » de familles aurait Ă©tĂ© concernĂ©e.

Source : Le BlogFinance et Panier de Crabes

jan 04 2010

Le Maroc et la Jordanie ont envoyé des troupes au Yémen (vidéos)

Pedro Canales, El Imparcial

La guerre ouverte qui oppose les tribus Houthis du Nord YĂ©men et le gouvernement central de Sanaa, aidĂ© par l’Arabie saoudite, vient d’entrer dans son quatriĂšme mois.

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Ali Abdullah Saleh, prĂ©sident-dictateur du YĂ©men (caricature de l’opposition Ă  Sanaa)

Une premiĂšre confrontation avec la rĂ©bellion du nord YĂ©men avait Ă©tĂ© lourdement rĂ©primĂ©e par les troupes gouvernementales en 2004. En aoĂ»t 2009, les tribus Houthis se sont Ă  nouveau insurgĂ© contre le rĂ©gime de Sanaa, la capitale, qui a Ă©tĂ© contraint de demander de l’aide Ă  son voisin du Nord, l’Arabie saoudite.

Les tribus Houthis ne sont pas terroristes, elles demandent seulement un meilleur traitement et la possibilitĂ© de restaurer l’imamat Zaydat, qui rĂ©gnait dans le pays jusqu’Ă  la rĂ©volution rĂ©publicaine en 1962.

Cette communautĂ© s’est surtout Ă©tendue parmi la population zaydita, une minoritĂ© qui atteint un tiers des 20 millions d’habitants du YĂ©men, et qui suit les enseignements de tendance chi’ite, bien que trĂšs diffĂ©rent du rite duodĂ©cimain iranien.

Le rĂ©gime yĂ©mĂ©nite dirigĂ© par le prĂ©sident Ali Abdullah Saleh a Ă©tĂ© contraint de faire face Ă  cette rĂ©bellion sans le soutien de l’Occident, raison pour laquelle il est rĂ©guliĂšrement tentĂ© d’assimiler mensongĂšrement les rebelles Houthis Ă  des terroristes, de sorte Ă  obtenir quelques soutiens substantiels.

Le YĂ©men a donc Ă©tĂ© contraint de solliciter l’aide du monde arabe sunnite, notamment Ă  son voisin du nord, l’Arabie saoudite. Mais l’armĂ©e saoudienne, qui est la mieux mieux Ă©quipĂ©e dans le monde arabe grĂące au financement et le soutien des États-Unis, n’a pas vraiment de combattants expĂ©rimentĂ©s. Les forces de Riyad ont donc connu, ces derniĂšre semaines, de sĂ©rieux revers, et un grand nombre de leurs soldats ont Ă©tĂ© capturĂ©s par les rebelles Houthis (voir nos vidĂ©os s en bas de page, NdT).

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Massacre des tribus Houthis par les forces yéménites et leurs alliés (Forum Mecanopolis)

L’Arabie saoudite autant que le YĂ©men accuse l’Iran d’ĂȘtre derriĂšre cette rĂ©bellion qui met en Ă©vidence la fragilitĂ© du systĂšme politique yĂ©mĂ©nite, aggravĂ©e par la succession vraisemblablement imminente du prĂ©sident Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1978 par son fils, Ahmed Ali Saleh, qui contrĂŽle actuellement les forces spĂ©ciales et de la Garde rĂ©publicaine.

Selon certains experts du monde arabe, la stratĂ©gie de l’Iran serait de crĂ©er des poches d’insurrection dans diffĂ©rentes parties du Moyen-Orient dans le but d’affaiblir la position dominante de l’Arabie saoudite dans la rĂ©gion.

Alors que les pays du Conseil de coopĂ©ration du Golfe ont apportĂ© leur soutien dans cette croisade de l’Arabie saoudite au YĂ©men, la Jordanie vient d rĂ©agir en envoyant 2′000 soldats des forces spĂ©ciales sur le front du Nord YĂ©men.

Mohamed VI, le roi du Maroc, plus discret, est Ă©galement venu au secours de la famille saoudienne, en envoyant des centaines de combattants d’Ă©lite, essentiellement des parachutistes et des unitĂ©s de commando formĂ© dans le style Spetsnaz, qui seraient plus Ă  mĂȘme de faire face Ă  la guĂ©rilla menĂ©e par les rebelles, Ă  la frontiĂšre entre l‘Arabie saoudite et le YĂ©men, selon les informations fournies par les services de renseignements occidentaux.

Pedro Canales, pour El Imparcial

Traduit de l’espagnol par Spencer Delane, pour Mecanopolis

Merci à Bao, du Forum Mecanopolis, de nous avoir communiqué cet article

jan 04 2010

Qui forme les terroristes d’Al-Qaeda au YĂ©men ?

Cet article, que nous avions placĂ© sur Mecanopolis le 17 avril dernier, retrouve toute sa pertinence aujourd’hui, alors que le « prix Nobel de la paix » Barack Obama semble vouloir Ă©tendre la « guerre contre le terrorisme » au YĂ©men. Seuls les imbĂ©ciles et les suspects peuvent encore feindre de croire qu’Al-Qaeda a un centre de gravitĂ© propre et que cette organisation n’agit pas pour les intĂ©rĂȘts stratĂ©giques amĂ©ricano-sionistes. AprĂšs l’Irak et l’Afghanistan, c’est la rĂ©gion du dĂ©troit d’Ormuz, oĂč transite plus de 30% du pĂ©trole mondial, et plus encore le soutien iranien aux tribus Houtis dans le Nord YĂ©men qui sont visĂ©s, et non pas quelques fanatiques se rĂ©clamant du « jihad international », concept qui n’existe que dans la volontĂ© de quelques stratĂšges maffieux et leurs complices mĂ©diatiques.

Article du quotidien Ennahar, 16 avril 2009 :

IsraĂ«l formerait des terroristes d’Al-Qaeda

Selon des sources bien informĂ©es du dossier et des activitĂ©s d’Al-Qaeda, IsraĂ«l aurait créée depuis environ une annĂ©e, des camps sur son territoire pour entraĂźner des Ă©lĂ©ments venus de pays arabes.

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Des terroristes fabriqués de toutes piÚces, utilisables à volonté

Ces entraĂźnements militaires et d’espionnage sont fournis en prĂ©paration Ă  d’Ă©ventuelles opĂ©rations terroristes contre les intĂ©rĂȘts des pays Ă©trangers dans les pays arabes qui sont considĂ©rĂ©s par IsraĂ«l comme un danger pour sa sĂ©curitĂ© et sur ses intĂ©rĂȘts stratĂ©giques, notamment la rĂ©gion du Maghreb Arabe.

Selon les mĂȘmes sources, ces camps incluent des arabes d’AlgĂ©rie, du Maroc et du YĂ©men avec de faux passeports venus d’Europe et portant des noms juifs. Ces derniers ont Ă©tĂ© recrutĂ©s par les services gĂ©nĂ©raux du Mossad dans diffĂ©rentes capitales pour activer au sein de l’organisation Al-Qaeda aprĂšs avoir Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s par les services de renseignement europĂ©ens. Ces gens sont gĂ©nĂ©ralement recherchĂ©s pour appartenance aux groupes terroristes.

Ces camps secrets d’entraĂźnement entretiennent des relations avec les cellules dormantes d’Al-Qaeda en Europe oĂč leurs Ă©lĂ©ments sont recrutĂ©s pour d’Ă©ventuelles opĂ©rations terroristes dans les pays arabes en coordination avec les branches de l’organisation notamment les groupes terroristes armĂ©s du grand Sahara. Ceci prouve ce que Ennahar avait publiĂ© auparavant sur l’attachĂ© militaire de l’ambassade d’IsraĂ«l en Mauritanie qui avait prĂ©parĂ© un rapport sĂ©curitaire secret sur les activitĂ©s des hommes armĂ©s dans la rĂ©gion du Sahara. Ce dernier entretenait des relations secrĂštes avec les mouvements rebelles au Mali et au Niger.

Le Mossad aurait des relations avec les branches d’Al-Qaeda et les opĂ©rations contre les intĂ©rĂȘts Ă©trangers, essentiellement amĂ©ricaines, et en rapport avec les Ă©vĂšnements en Irak et au Moyen Orient.

Selon ces mĂȘmes sources, le Mossad pourrait mĂȘme recourir Ă  l’utilisation des Harraga algĂ©rien en Italie pour les recruter dans ces camps d’entraĂźnement Ă  travers le rĂ©seau logistique des marins travaillant sur l’axe Sardaigne Naples Ă  la recherche d’Ă©lĂ©ments Ă  envoyer en IsraĂ«l secrĂštement essentiellement aprĂšs l’apparition d’informations presque confirmĂ©es sur la prĂ©paration des hommes recrutĂ©s dans le but de commettre des opĂ©rations contre les intĂ©rĂȘts Ă©trangers durant l’Ă©tĂ© prochain et qui seront attribuĂ©es Ă  Al-Qaeda sous une direction centrale du Mossad et des services de l’armĂ©e israĂ©lienne.

Cette nouvelle Ă©tape dans les activitĂ©s de l’organisation Al-Qaeda sera le sujet du discours d’El Dhawahiri dans une tentative de relancer les diffĂ©rentes branches aprĂšs l’Ă©tau exercĂ© autour de l’organisation par les renseignement europĂ©ens et aussi les frappes douloureuses encaissĂ©es sur le terrain par les services de l’armĂ©e au Maghreb arabe et notamment en AlgĂ©rie.

Mohamed Ben Kemoukh, pour Ennahar

déc 16 2009

Obama accepte le prix Nobel de la paix et plaide pour la guerre permanente

Dans le discours de rĂ©ception du prix Nobel de la paixle plus belliqueux jamais entendu, le prĂ©sident amĂ©ricain Barak Obama argumenta le 10 dĂ©cembre Ă  Oslo en faveur d’une extension permanente de la guerre et de l’occupation coloniale, faisant savoir au monde que l’élite dirigeante amĂ©ricaine avait bien  l’intention de poursuivre sa campagne de domination du globe.

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Obama dĂ©fendit l’envoi de dizaines de milliers de soldats supplĂ©mentaires en Afghanistan et Ă©voqua de façon menaçante l’Iran, la CorĂ©e du Nord, la Somalie, le Darfour, le Congo, le Zimbabwe et la Birmanie, chacun de ces pays pouvant devenir la cible d’une prochaine intervention militaire amĂ©ricaine.

Cette cĂ©rĂ©monie de remise de prix Nobel tenait de la farce sinistre, Obama admettant qu’il Ă©tait « commandant en chef de l’armĂ©e d’une nation plongĂ©e dans deux guerres ». Il prĂ©senta la guerre comme un moyen lĂ©gitime de poursuivre des intĂ©rĂȘts nationaux.

Dans un langage orwĂ©lien il dĂ©clara que « les instruments de la guerre [avaient] un rĂŽle Ă  jouer dans la prĂ©servation de la paix » que « toutes les nations responsables [devaient] approuver le rĂŽle que des armĂ©es munies d’un clair mandat [pouvaient] jouer pour maintenir la paix » et qu’il fallait honorer des troupes impĂ©rialistes « non pas comme ceux qui font la guerre, mais comme ceux qui font la paix ».

Recevant un prix sensĂ©, prĂ©tendument, promouvoir la paix mondiale, Obama parla en faveur d’actions militaires passĂ©es, prĂ©sentes et futures. Le prĂ©sident amĂ©ricain communiqua cette « dure vĂ©rité » Ă  son auditoire que « nous n’éradiquerons pas les conflits violents de notre vivant ». Il promit que les nations continueraient de « trouver que l’usage de la force est non seulement nĂ©cessaire, mais aussi moralement justifié » et il souligna le fait que des populations douillettes allaient devoir vaincre leur « profonde ambivalence quant Ă  l’action militaire » et leur « rĂ©flexe soupçonneux vis-Ă -vis de l’AmĂ©rique, la seule superpuissance militaire du monde ».

Il admit que des masses de gens dans le monde entier étaient hostiles à la guerre impérialiste, remarquant avec regret que « dans de nombreux pays, il existe un hiatus entre les efforts de ceux qui servent et les sentiments ambivalents du grand public ». Mais au diable volonté populaire et démocratie ! « la croyance que la paix est désirable est rarement suffisante pour parvenir à la réaliser. La paix requiert de la responsabilité. La paix implique le sacrifice ».

Obama articula avec arrogance la croyance de Washington qu’elle peut intervenir en dĂ©fense des intĂ©rĂȘts amĂ©ricains oĂč et quand elle veut, peu importe le coĂ»t humain.

Le tout Ă©tait enrobĂ©, de façon peu convaincante, dans le langage de l’élĂ©vation morale, de la « loi de l’amour » et, inĂ©vitablement, de « l’étincelle divine ». Il indiqua, bien que le discours et son mode de prĂ©sentation ne l’indiquent en rien, qu’il avait un « sens aigu du coĂ»t d’un conflit armé ». Obama fit au contraire ses remarques sur la guerre et la paix avec la profondeur de sentiment mis par un administrateur d’universitĂ© Ă  informer d’un rĂšglement de parking.

Obama fut encore plus direct lorsqu’il rĂ©pondit aux questions posĂ©es par des journalistes norvĂ©giens avant la cĂ©rĂ©monie. Parlant des onze premiers mois de son administration, il expliqua : « Le but n’a pas Ă©tĂ© de gagner un concours de popularitĂ© ou de recevoir un prix, mĂȘme prestigieux comme le prix Nobel. Le but a Ă©tĂ© de faire avancer les intĂ©rĂȘts de l’AmĂ©rique. »

Il gratifia son auditoire – qui comprenait la famille royale et des hommes politiques norvĂ©giens ainsi que des cĂ©lĂ©britĂ©s d’Hollywood —  d’un historique sommaire et misanthropique de la civilisation humaine (« La guerre 
 est arrivĂ©e avec le premier ĂȘtre humain
 le Mal existe dans le monde ») avant de se lancer dans une dĂ©fense emphatique et mensongĂšre du rĂŽle international de l’AmĂ©rique.

Il prĂ©senta la pĂ©riode de l’aprĂšs-guerre comme une pĂ©riode de paix et de prospĂ©ritĂ© octroyĂ©e par des Etats-Unis bienveillants. « L’AmĂ©rique a conduit le monde dans la construction d’une architecture destinĂ©e Ă  maintenir la paix
 les Etats-Unis d’AmĂ©rique ont aidĂ© Ă  garantir la sĂ©curitĂ© planĂ©taire pendant plus de six dĂ©cennies avec le sang de nos concitoyens et la force de nos bras
 Nous n’avons pas portĂ© ce fardeau parce que nous essayons d’imposer notre volonté ». L’hypocrisie et la falsification atteignent ici un degrĂ© Ă©poustouflant.

Plus tard, Obama fit cette assertion extraordinaire que « l’AmĂ©rique n’a jamais menĂ© de guerre contre une dĂ©mocratie, et nos plus proches amis sont des gouvernements qui protĂšgent les droits de leurs citoyens ». Mis Ă  part le fait historique que les Etats-Unis on menĂ© des guerres avec l’Angleterre, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, alors que tous ces pays avaient des systĂšmes parlementaires, Obama a dĂ©libĂ©rĂ©ment escamotĂ© la longue et sordide histoire des interventions amĂ©ricaines contre les peuples de pays opprimĂ©s allant du Mexique, de l’AmĂ©rique centrale et des CaraĂŻbes dans la premiĂšre moitiĂ© du 20e siĂšcle, au Vietnam, Ă  l’Iran, au Guatemala, au Congo, Ă  l’IndonĂ©sie, au Chili, et au Nicaragua dans la pĂ©riode d’aprĂšs-guerre.

Quant aux « trĂšs proches amis de Washington », leur liste comprend actuellement des rĂ©gimes brutaux et corrompus comme, entre autres, ceux d’Arabie saoudite, du Pakistan, d’IsraĂ«l, d’Egypte, du Maroc, et d’OuzbĂ©kistan (sans parler des gouvernements fantoches d’Irak et d’Afghanistan), tous rĂ©gimes pratiquant la torture et une rĂ©pression gĂ©nĂ©ralisĂ©e.

AprĂšs avoir Ă©voquĂ© le concept de la « guerre juste », associĂ© Ă  une nation qui agit pour se dĂ©fendre, et affirmĂ©, ce qui est faux, que l’invasion amĂ©ricaine de l’Afghanistan Ă  la suite du 11 septembre 2001 Ă©tait fondĂ©e sur ce principe, Obama dit nettement que Washington n’avait pas besoin d’une telle lĂ©gitimitĂ©.

Il parla en faveur d’une action militaire dont le but « [allait] au-delĂ  de l’autodĂ©fense ou de la dĂ©fense d’une nation vis-Ă -vis d’un agresseur ». « Les raisons humanitaires », dĂ©finies bien sĂ»r par Washington, Ă©taient suffisantes pour justifier « la force » qui pouvait ĂȘtre utilisĂ©e contre une bonne partie de l’Afrique, de l’Asie, de l’AmĂ©rique latine et de l’Europe de l’Est. Cela n’est rien d’autre que du colonialisme recouvert du manteau de la « guerre juste ».

Obama dĂ©fendit une version de la doctrine de la guerre prĂ©ventive de Bush teintĂ©e de multilatĂ©ralisme et s’efforçant d’affermir le soutien des puissances europĂ©ennes aux guerres conduites par les Etats-Unis au Moyen-Orient et en Asie centrale. « L’AmĂ©rique ne peut pas y arriver seule » dit le prĂ©sident amĂ©ricain.

Les Ă©lites dirigeantes europĂ©ennes, dont les intĂ©rĂȘts trouvent une expression dans les dĂ©cisions du comitĂ© Nobel, Ă©taient contentes de rendre service Ă  Obama en lui donnant une tribune qui lui permette de dĂ©fendre ces guerres et de prĂ©senter l’agression impĂ©rialiste comme un acte humanitaire. Elles espĂšrent qu’Obama, contrairement Ă  Bush et Cheney, offrira Ă  l’Europe un rĂŽle (et un partage du butin) dans l’imposition de la « sĂ©curitĂ© globale » dans des « rĂ©gions instables pour de nombreuses annĂ©es Ă  venir ».

Obama mentionna le discours de prix Nobel prononcĂ© il y a 45 ans par Martin Luther King, afin de rĂ©pudier son contenu oppositionnel. King, contrairement Ă  Obama, avait prononcĂ© un bref discours attirant l’attention sur la rĂ©pression continue des noirs et des opposants au racisme dans le sud des Etats-Unis. Il avait insistĂ© pour dire que « la civilisation et la violence sont des concepts antithĂ©tiques ».

Avant son assassinat, King Ă©tait devenu un adversaire dĂ©clarĂ© de la guerre du Vietnam. C’est l’assimilation par King du militarisme Ă  l’oppression et Ă  la barbarie qu’Obama et l’ensemble de l’establishment amĂ©ricain trouvent dangereux et tentent de discrĂ©diter.

Le discours de rĂ©ception du prix Nobel d’Obama est une nouvelle Ă©tape dans un processus au cours duquel celui-ci perd son masque. Le candidat du « changement » s’avĂšre non seulement ĂȘtre le continuateur, dans tous ses aspects importants, de la politique de Bush et Cheney, mais encore un personnage profondĂ©ment rĂ©actionnaire et rĂ©pugnant en soi. Son enthousiasme Ă©vident pour l’armĂ©e et pour la guerre n’est pas feint, il est le rĂ©sultat de ce qu’Obama est devenu au cours de sa carriĂšre politique.

Jabir Aftab, un ingĂ©nieur de 27 ans de Peshawar au Pakistan dit Ă  l’Agence France-Presse le jour de la remise du prix, « Le prix Nobel est pour ceux qui ont accompli quelque chose, Obama lui, est un tueur ». La pensĂ©e d’un grand nombre de gens dans la pĂ©riode Ă  venir sera pĂ©nĂ©trĂ©e de cette comprĂ©hension.

David Walsh, Mondialisation.ca

nov 29 2009

Les minarets suisses se fracassent sur la démocratie directe

Les camĂ©ras sont dĂ©sormais braquĂ©es sur la Suisse aprĂšs le vote sur les minarets. DĂšs l’annonce des rĂ©sultats, les sites internet des mĂ©dias Ă©trangers se sont fait l’Ă©cho du vote surprise des Suisses et les rĂ©actions sur le web se sont multipliĂ©es.

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Photographie placĂ©e ce soir sur la « Une » du site internet du « Monde »

Les Suisses ont votĂ© aujourd’hui pour que l’interdiction de construire des minarets soit inscrite dans la Constitution. Le rĂ©sultat est sans ambiguĂŻté : 57,5 % des voix avec une participation de 53 %, un niveau Ă©levĂ©, alors que tous les sondages prĂ©voyaient un vote nĂ©gatif. Seuls quatre cantons, trois francophones et un germanophone (BĂąle ville), se sont prononcĂ©s pour le « non ». En particulier, GenĂšve, oĂč se trouve justement un minaret, a votĂ© contre cette interdiction.

A l’Ă©tranger, de nombreux sites internet ont relayĂ© l’information dĂšs les premiĂšres estimations dimanche aprĂšs-midi. La chaĂźne satellitaire arabe Al-Arabya, le service public anglais de la BBC, Le Monde, CNN ou le New York Times ont affichĂ© en Une de leur site le rĂ©sultat du vote sur l’interdiction des minarets.

Le quotidien français LibĂ©ration a mĂȘme dĂ» fermer son article aux commentaires, aprĂšs que plus de 100 messages ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s. Sans doute en raison de la polĂ©mique suscitĂ©e. Extrait du forum: « j’apprĂ©cierais que l’on fasse le mĂȘme rĂ©fĂ©rendum en France. A bon entendeur salut ».

« Musulmans de Suisse, tĂ©moignez! »

De son cĂŽtĂ©, Le Monde fait le chemin inverse: il enjoint les musulmans de Suisse Ă  tĂ©moigner. « Pratiquant ou non, racontez-nous votre quotidien », lance le journal sur son site internet.

Au QuĂ©bec, oĂč la question communautaire est largement dĂ©battue, le vote suisse est Ă©galement relayĂ©. Sur les forums de Radio-Canada, un internaute se demande par exemple si « des musulmans suisses pourraient engager un avocat expert en droit constitutionnel et invalider l’interdiction si elle Ă©tait appliquĂ©e? »

Dans d’autres forums sur internet, certains internautes appellent dĂ©jĂ  Ă  des reprĂ©sailles: interdiction des clochers dans les pays musulmans ou retrait des fonds arabes dans les banques suisses.

Représailles?

Le « oui » fait aussi grand bruit dans les mĂ©dias arabes. Les commentateurs voient dans ce rĂ©sultat une rĂ©gression de la Suisse, qui se dĂ©tourne de ses valeurs, selon Hasni Abidi. Surprise, incomprĂ©hension et dĂ©ception dominent.

Pour beaucoup, l’interdiction des minarets est un signe qui prĂ©sage un climat difficile pour les musulmans en Suisse, a indiquĂ© le directeur du Centre d’Ă©tudes et de recherche sur le monde arabe et mĂ©diterranĂ©en Ă  GenĂšve. D’autres se rĂ©jouissent du «oui»: ils espĂšrent que cela fera revenir les musulmans de Suisse, parmi les plus intĂ©grĂ©s, Ă  leurs valeurs, rapporte Hasni Abidi.

nov 16 2009

« Arafat a été assassiné »

Par Sandro Cruz, GenĂšve

A l’occasion du 5eme anniversaire de la mort de Yasser Arafat, les Ă©ditions Demi-lune et TimĂ©li co-Ă©ditent le tĂ©moignage d’isabel Pisano sur sa vie avec l’homme qui incarnait le combat du peuple palestinien. Durant des annĂ©es, la journaliste hispanophone et le leader de l’OLP ont vĂ©cu dans l’ombre une passion amoureuse au travers d’une tragĂ©die historique. L’ouvrage, prĂ©facĂ© par Tariq Ramadan et augmentĂ© d’annexes rĂ©digĂ©es par Thierry Meyssan, donne une vision profondĂ©ment humaine d’une personnalitĂ© qui a marquĂ© le siĂšcle et que ses adversaires n’ont cessĂ© de diffamer avant de l’assassiner.

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Isabel Pisano et Sandro Cruz

Sandro Cruz : Isabel Pisano, vous ĂȘtres une journaliste reconnue dans votre pays d’adoption, l’Espagne [1]. Vous avez eu des contacts privilĂ©giĂ©s avec Yasser Arafat pour des raisons professionnelles, mais aussi personnelles, jusqu’à devenir sa compagne. Pourquoi lui avez-vous consacrĂ© cette biographie, Yasser Arafat, Intime, qui vient d’ĂȘtre publiĂ©e en français ?

Isabel Pisano : De son vivant et plus encore aprĂšs sa mort, l’irremplaçable leader que fut Yasser Arafat a Ă©tĂ© calomniĂ© Ă  outrance. J’ai voulu donner Ă  tous, y compris Ă  ceux qui martyrisent la Palestine, l’Irak, l’Afghanistan et le Liban, l’image vĂ©ridique d’Abu Ammar [2]. Et rappeler Ă  l’occasion que les projets des cinq États maĂźtres du monde ne passeront pas. Parce que des centaines d’enfants des territoires occupĂ©s se prĂ©parent Ă  prendre la relĂšve de Yasser Arafat.
Le livre peut aussi s’avĂ©rer utile aux gouvernants Ă  la mĂ©moire courte qui acceptent passivement la destruction du Peuple palestinien. Toutes les cartes de l’ONU reflĂštent, pas Ă  pas, les spoliations qui se succĂšdent sous le regard impassible de la communautĂ© internationale (
)
Yasser Arafat ne mourra jamais, et les assassins d’innocents, les criminels de guerre du type Sharon finiront comme celui-ci. Il est regrettable que le peuple dont est issu Albert Einstein comme, du reste, bien d’autres gĂ©nies, se laisse leurrer par une poignĂ©e d’égoĂŻstes avaricieux qui ne disent jamais une seule vĂ©ritĂ©, mĂȘme pas dans leur sommeil. Le peuple juif ne mĂ©ritait pas ça, mais c’est Ă  lui qu’il appartient de changer les choses. Il nous faudrait beaucoup d’Ury Avnery [3], puisque ce sont les juifs, et eux seuls, qui ont le pouvoir de rendre sa dignitĂ©, sa libertĂ© et ses terres au peuple palestinien.

Sandro Cruz : Revenons Ă  votre livre, la biographie de Yasser Arafat, que vous avez tant aimĂ©. Comment peut-on ĂȘtre objectif quand on est sous le charme de quelqu’un ?

Isabel Pisano : Quand ce qui prĂ©vaut, dans le cƓur et l’esprit —deux « organes » qui Ă  mon sens n’en font qu’un—, est la quĂȘte impĂ©rieuse de la vĂ©ritĂ©, et quand on est sĂ»r et certain qu’il n’y a pas cent vĂ©ritĂ©s mais une seule et qu’elle est juste, alors, quand on dĂ©couvre cela, on peut ĂȘtre aussi objectif que le CrĂ©ateur.
Je me suis vouĂ©e Ă  la cause de la Palestine en sachant parfaitement que je ne dormirai plus jamais tranquille. Mais aprĂšs avoir connu la tragĂ©die de la Palestine, ce n’est qu’en vivant pour elle que ma vie prenait un sens, que ma naissance n’était pas un accident de la nature, parce que ceci Ă©tait Ă©crit au tout dĂ©but des temps. Il n’est pas de combat plus sublime, plus Ă©levĂ©, plus honorable et, malheureusement, plus dur, que celui-ci : exiger que leurs droits inaliĂ©nables soient restituĂ©s aux Palestiniens.
Abu Ammar a tout donnĂ©, dans tous les sens, il a renoncĂ© Ă  la vie privĂ©e, Ă  un exil confortable dans un quelconque pays du Proche-Orient, et en retour il en a Ă©tĂ© payĂ© par la prison et la torture. Il m’a dit un jour : « Je connais toutes les prisons du Proche-Orient et toutes leurs mĂ©thodes de torture  » Il y avait dans son regard un halo de tristesse insoutenable. Si quelqu’un est aveugle Ă  tant de douleur et d’injustice, mieux vaudrait pour lui et pour le monde qu’il ne soit pas né !

Sandro Cruz : Ce 11 novembre 2009 sera le cinquiĂšme anniversaire de la mort de Yasser Arafat. Vous en donnez dans votre livre votre version, dont on ose peu parler publiquement [en Europe] : l’empoisonnement qui tua Yasser Arafat ne serait pas la consĂ©quence d’une maladie particuliĂšre, mais un meurtre. Comment ĂȘtes-vous arrivĂ©e Ă  la conclusion qu’il aurait Ă©tĂ© assassiné ?

Isabel Pisano : Arafat a Ă©tĂ© empoisonnĂ©. Il ne s’agit en aucune maniĂšre d’une conclusion Ă  laquelle je serais arrivĂ©e par moi-mĂȘme, mais des aveux faits par Ariel Sharon Ă  Uri Dan, son ami et confident, dans Entretiens avec Ariel Sharon, un livre qui a disparu des vitrines des librairies françaises Ă  la vitesse de l’éclair [4]. Si Sharon et son compĂšre George W. Bush —qui tĂŽt ou tard devra rĂ©pondre devant les tribunaux des Ă©vĂ©nements du 11 septembre, mais laissons du temps au temps— ont menti, ou si, dans sa mĂ©galomanie, Sharon s’est adjugĂ© un crime qu’il n’a pas commis, cela, je l’ignore. Je ne fais que m’appuyer sur ce que lui-mĂȘme a confiĂ© Ă  Uri Dan et que celui-ci reproduit dans son livre. À part cela, il y a une foule de preuves Ă©numĂ©rĂ©es dans mon livre.

Sandro Cruz : Mais pour parvenir à empoisonner Arafat, il fallait des complicités parmi ses plus proches collaborateurs politiques, ceux qui avaient accÚs à lui ?

Isabel Pisano : Oui, en effet. Pas seulement, peut-ĂȘtre quelqu’un de sa famille aussi.

Sandro Cruz : Vous narrez des aspects peu connus des origines d’Arafat : sa mĂšre, descendante directe du prophĂšte Mahomet ; son pĂšre, un riche homme d’affaires. De mĂȘme, vous montrez Arafat dĂ©fenseur infatigable des communautĂ©s chrĂ©tiennes du Proche-Orient. Contrairement Ă  l’image que lui a affublĂ© la propagande, vous le montrez Ă  la recherche de la justice et de la paix. Pourtant ses efforts n’ont pas abouti. Quels obstacles a t-il rencontrĂ©, et pour quelles raisons ?

Isabel Pisano : Ce livre fait partie d’une tĂ©tralogie. Lorsque j’ai vu les tours jumelles s’effondrer sur mon Ă©cran de tĂ©lĂ©vision, j’ai compris que ce n’étaient pas des Arabes qui avaient fait cela : ils ne disposaient pas de la technologie nĂ©cessaire. Sans compter que je connaissais le projet Northwoods [5]du gĂ©nĂ©ral Letzminzer (il le prĂ©senta Ă  Kennedy qui le mit dehors de fort mauvaise humeur) et aussi ce bijou qu’est le rapport d’Iron Mountains, oĂč est planifiĂ© tout ce qui arriva ensuite [6]. Je me suis mise en quĂȘte de preuves attestant de l’auto-agression, et ils en avaient laissĂ© autant qu’un troupeau d’élĂ©phants dans un magasin de porcelaine. Cette mĂȘme annĂ©e (2002), j’ai fini d’écrire La Sospecha (Le soupçon), et j’ai enchaĂźnĂ© avec Yo Terrorista (Moi, terroriste), un livre trĂšs dur sur le terrorisme d’État, qui a Ă©tĂ© pratiquĂ© quotidiennement, que je sache, en AlgĂ©rie, aux États-Unis et en Russie. Ensuite j’ai dĂ©couvert, pas Ă  pas, les clĂ©s du conflit palestinien et finalement, opĂ©rant un retour dans le temps en quĂȘte d’explications sur l’origine de cette violence, je suis remontĂ©e jusqu’aux sources : je me suis passionnĂ©e pour les civilisations antiques du Proche-Orient et interrogĂ©e sur ce qui poussait les armĂ©es d’IsraĂ«l et des États-Unis Ă  en dĂ©truire toutes les traces.
AprĂšs dix annĂ©es de recherches j’ai Ă©crit un quatriĂšme livre, El Papiro de Sept (Le Papyrus de Sept).

Sandro Cruz : Septembre noir [7] était une faction du mouvement palestinien impliquée, par exemple, dans le massacre des athlÚtes israéliens aux Olympiades de Munich. Dans ce sens et dans ce contexte, Arafat a-t-il été impliqué dans des actes de terrorisme au long de sa longue lutte pour la libération et la reconnaissance du Peuple palestinien ?

Isabel Pisano : Non. Au dĂ©but, il a eu Ă  voir avec des actions de sabotage. L’affaire de Munich est quelque chose de monstrueux et Arafat n’y est absolument pour rien. Il a publiquement condamnĂ© les terroristes qui ont commis un acte aussi aberrant. Les IsraĂ©liens n’ont dit qu’une seule fois avoir la preuve de son implication dans cette affaire. Ils affirmaient avoir enregistrĂ© une conversation entre Arafat et les quatre preneurs d’otages Ă  l’Ambassade d’Arabie saoudite, Ă  Khartoum, dĂ©but mars 1973. Mais Ă  ce jour, ils n’ont jamais diffusĂ© l’enregistrement qu’ils prĂ©tendent dĂ©tenir.

Sandro Cruz : Comme le dit Tariq Ramadan, auteur de la prĂ©face de votre livre : « L’ouvrage donne, sur le plan humain, personnel et sentimental, une idĂ©e plus proche, plus intime de la personnalitĂ© de Yasser Arafat », et c’est justement cela qui captive l’attention. Arafat Ă©tait quelqu’un qui cherchait constamment la paix pour son peuple et des engagements conduisant Ă  des nĂ©gociations avec son ennemi, IsraĂ«l. Pourtant, la presse mondiale lui a toujours collĂ© l’étiquette de terroriste. Comment expliquer cette distorsion ?

Isabel Pisano : La dĂ©sinformation n‘est pas un phĂ©nomĂšne fortuit, mais la condition indispensable de la domination. Mais la dĂ©sinformation est mal faite, et procĂšde mĂȘme par stĂ©rĂ©otypes. Je vous donne un exemple : Bush pĂšre a dit Ă  Saddam Hussein : « Ma patience a des limites. » Bush fils a dit, dix ans plus tard, au mĂȘme Saddam : « Ma patience a des limites. » La semaine derniĂšre, Obama a dit Ă  l’Iran : « Ma patience a des limites. » Et moi, je me demande si ces trois types existent ou si ce sont des robots parlants. Il y a une Ă©norme dose de provocation lĂ -dedans, car chacun est en droit de se demander : est-il possible que la paix du monde dĂ©pende de la patience d’un seul homme ?

Sandro Cruz : Le Peuple palestinien est encore apatride. Pensez-vous que cet Ă©chec soit imputable Ă  Yasser Arafat, qu’il ait commis une erreur dans sa lutte ? Est-on en droit de le critiquer ?

Isabel Pisano : IsraĂ«l n’a pas la volontĂ© rĂ©elle de reconnaĂźtre un État palestinien. Quand les militaires israĂ©liens sont entrĂ©s en Palestine aprĂšs la partition, ils l’ont fait en tirant et en semant la terreur parmi ceux qui fuyaient devant eux. A Deir Yassin, le gĂ©nĂ©ral Sharon, qui avait alors une vingtaine d’annĂ©es, a clouĂ© les portes des maisons et leur a mis le feu : les femmes, les enfants, les vieillards qui se trouvaient Ă  l’intĂ©rieur ont Ă©tĂ© brĂ»lĂ©s vifs. Cela, c’est l’Histoire.
Si vous observez les cartes de l’ONU de 1947 Ă  nos jours, vous constatez une Ă©vidence : IsraĂ«l a fait main basse sur presque tout le territoire palestinien. Cela se passe sous le regard impassible de l’Occident ou avec sa complicitĂ©. Le fait accompli se substitue au droit, comme l’écrit Thierry Meyssan.
Yasser Arafat a tout tentĂ©, et nous savons tous ce qui s’est passĂ©. Les IsraĂ©liens ont assassinĂ© le cheik Ahmed Yassin et Abdel Aziz al Rantissi, dĂ©capitant ainsi le Hamas. AprĂšs le dĂ©cĂšs ou l’assassinat d’Arafat, il ne restait plus d’interlocuteurs reprĂ©sentatifs, et c’est justement ce qu’il fallait Ă  la classe dirigeante israĂ©lienne pour continuer Ă  assassiner des Palestiniens, Ă  les expulser de leurs terres, comme ils le font aujourd’hui Ă  JĂ©rusalem Est. La force spirituelle des Palestiniens est invincible. Les dirigeants israĂ©liens savent qu’ils devront tuer jusqu’au dernier Palestinien pour s’emparer de ces territoires, et ils s’en occupent activement.
Seul le peuple israélien peut remédier à cet état de choses en expulsant ces gouvernants corrompus, dans le meilleur des cas.

Sandro Cruz : Beaucoup de rumeurs circulent sur l’épouse de Yasser Arafat, Souha, qui a sĂ©journĂ© Ă  Paris en menant grand train, puis s’est installĂ© en Tunisie avant d’en ĂȘtre expulsĂ©e. On dit qu’elle a dilapidĂ© le trĂ©sor de l’OLP et qu’elle vit avec un phalangiste libanais qui a participĂ© aux massacres de Sabra et Chatila


Isabel Pisano : Les sionistes ont fait circuler beaucoup de rumeurs pour accuser Yasser Arafat de dĂ©tourner l’argent de la cause palestinienne. Ils s’imaginent qu’il Ă©tait un homme comme eux. C’est ridicule. Il a toujours vĂ©cu frugalement tandis que ceux qui l’ont tuĂ© s’affichent dans un luxe ostentatoire.
Concernant Souha, je ne souhaite pas polémiquer à son sujet, je ne suis pas placée pour le faire.

Sandro Cruz : Quel est l’aspect de la personnalitĂ© de Yasser Arafat qui vous impressionnait le plus ?

Isabel Pisano : Sans aucun doute, son sens de l’humour. Il prisait tellement mes commentaires sarcastiques sur le pouvoir que je me sentais
 comme Benigni [8] ! Mais aussi son romantisme. Plus que personne. Pour m’expliquer ses sentiments, il faisait de la poĂ©sie.

Sandro Cruz : En lisant votre livre on dĂ©couvre non seulement la vie d’Arafat mais aussi l’histoire du Peuple palestinien, qui lui est intimement liĂ©e. Et cette histoire est chargĂ©e d’une violence hallucinante. On a du mal Ă  comprendre comment le Peuple palestinien a pu faire face Ă  tant d’acharnement. Mais le plus surprenant est que cette violence provient d’un peuple qui a lui aussi beaucoup souffert. Le Rapporteur spĂ©cial pour les droits de l’homme de l’ONU, M. Goldstone, vient justement de rendre public son rapport dans lequel il condamne IsraĂ«l pour gĂ©nocide et autres crimes de guerre en Palestine. La question qui me vient Ă  l’esprit est la suivante : qu’arrive-t-il Ă  la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne de votre point de vue ? Le peuple est-il victime du pouvoir ou a-t-il simplement perdu tout repĂšre ?

Isabel Pisano : Le peuple israĂ©lien est un grand peuple qui a donnĂ© Ă  l’humanitĂ© ses plus grands gĂ©nies. J’ai constatĂ© la dĂ©sinformation Ă  laquelle il est soumis au quotidien. Or, un peuple dĂ©sinformĂ© devient une sociĂ©tĂ© en recul. Tous les jours, les IsraĂ©liens reçoivent leur dose de bourrage de crĂąne anti-arabe. Les maĂźtres du monde continuent de saccager, de faire la guerre, de dĂ©stabiliser les pays, et les peuples qu’ils harcĂšlent n’ont plus qu’à Ă©migrer. Tout est calculĂ© et programmĂ©. Le moment est venu de se rĂ©veiller et d’aider le peuple juif Ă  se dĂ©barrasser de ces tueurs.

Sandro Cruz

Notes :

[1] Isabel Pisano est nĂ©e en Uruguay. AprĂšs y avoir Ă©tĂ© reine de beautĂ©, elle fit carriĂšre comme actrice en Italie. Elle tourna avec les plus grands rĂ©alisateurs (Visconti, Fellini, Pasolini etc.). Elle Ă©pousa le compositeur portugais de musique de films Valdo de los Rios, puis elle entreprit une carriĂšre de journaliste Ă  la RAI. Enfin, elle s’établit en Espagne oĂč elle travailla comme grand reporter pour El Mundo. Les lectrices françaises la connaissent Ă  travers les nombreux reportages et interviews qu’elle rĂ©alisa pour Marie-Claire. Isabel Pisano a reçu de nombreuses distinctions, dont le titre de meilleure journaliste de l’annĂ©e 2002 dĂ©cernĂ© par l’association professionnelle espagnole (ARI).

[2] « Abou Ammar » Ă©tait le nom de guerre de Yasser Arafat en rĂ©fĂ©rence au premier martyr de l’Islam, Ammar Ben Yasser.

[3] Uri Avnery est ancien terroriste juif, membre de l’Irgun, qui a progressivement Ă©voluĂ© jusqu’à crĂ©er le Bloc de la Paix (Gush Shalom). Journaliste et homme politique, il fut notamment parlementaire de 1965 Ă  1973 et de 1979 Ă  1981. Violant les interdictions, il rencontra plusieurs fois Yasser Arafat. En 2003, il tenta de s’opposer Ă  son assassinat.

[4] Ariel Sharon : An Intimate Portrait par Uri Dan, Palgrave Macmillan (2006). Version française : Ariel Sharon. Entretiens intimes avec Uri Dan, Michel Lafon éditeur (2006).

[5] « OpĂ©ration Northwoods. Quand l’état-major amĂ©ricain planifiait des attentats terroristes contre sa population », par Thierry Meyssan, RĂ©seau Voltaire, 5 novembre 2001.

[6] Paru en 1967, le Report from Iron Mountain se prĂ©sente comme un document rĂ©digĂ© par un Groupe de travail de l’administration Johnson sur la faisabilitĂ© et l’opportunitĂ© de la paix ; les noms des 15 experts qui l’auraient rĂ©digĂ©s ayant Ă©tĂ© remplacĂ©s par des pseudonymes. L’ouvrage, qui connu un succĂšs hors norme aux USA, suscita une violente polĂ©mique, divisant la presse. Certains magazines, comme U.S. News and World Report confirmĂšrent l’authenticitĂ© du document, tandis que d’autres y virent un faux fabriquĂ© par Leonard Lewin. AprĂšs avoir Ă©noncĂ© une politique cynique, le rapport recommande la crĂ©ation d’une agence nouvelle. Celle-ci fut effectivement créée par les nĂ©o-conservateurs en 1984 sous le nom de U.S. Institute for Peace.

[7] Septembre noir Ă©tait une organisation militaire créée pour venger les victimes du massacre perpĂ©trĂ© en septembre 1970 par la monarchie jordanienne (soutenue par IsraĂ«l, l’Irak et le Pakistan) pour rĂ©primer le mouvement rĂ©volutionnaire dans les camps de rĂ©fugiĂ©s palestiniens. Le groupe assassina le Premier ministre jordanien, puis pris en otage des athlĂštes israĂ©liens durant les Jeux Olympiques pour les Ă©changer contre les militants palestiniens dĂ©tenus en IsraĂ«l. L’opĂ©ration Ă©choua et se termina dans un bain de sang.

[8] Roberto Benigni est un célÚbre humoriste et acteur italien.