déc 13 2009

Berlusconi se prend une baffe dans un meeting (vidéo)

Lors d’un meeting Ă  Milan, le chef du gouvernement italien a dĂ» ĂŞtre Ă©vacuĂ© vers un hĂ´pital après avoir reçu un coup au visage assĂ©nĂ© par un contestataire.

berlu

Silvio Berlusconi a reçu un coup avec une statuette reprĂ©sentant le DĂ´me de Milan (un souvenir pour touristes avec un socle mĂ©tallique) de la part d’un homme qui a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©, dimanche Ă  l’issue d’un meeting Ă  Milan.

Selon des tĂ©moins citĂ©s par l’agence, le chef du gouvernement s’est affaissĂ© après avoir reçu ce coup et son entourage l’a immĂ©diatement chargĂ© Ă  bord d’une voiture qui l’a Ă©vacuĂ©.

L’homme arrĂŞtĂ© a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  la prĂ©fecture de police.

photo_1260735519287-7-0

Massimo Tartaglia, l’homme qui a agressĂ© Silvio Berlusconi

Au dĂ©but de ce meeting Ă©lectoral, Silvio Berlusconi avait Ă©tĂ© contestĂ© par une centaine de personnes qui l’avaient conspuĂ© et sifflĂ©, le traitant de « bouffon ».

Ainsi, des homme politiques de premier plan, comme Berlusconi, aux ordres de l’Ă©conomie mondialiste, qui prennent tous les jours des dĂ©cisions qui vont Ă  l’encontre des intĂ©rĂŞts de leurs populations, peuvent en voir revenir sur eux les consĂ©quences, sous forme de baffes, pour l’instant.

C’est assurĂ©ment une bonne nouvelle.

Mecanopolis

Développement sur le forum Mecanopolis

nov 03 2009

Un monde en plein désordre, sans paix, ni justice, ni humanité

Par Karl MĂĽller

Au vu des victimes et des dégâts causés pendant la Seconde Guerre mondiale, les fondateurs des Nations Unies et de sa Charte tentèrent d’éviter qu’une pareille catastrophe ne se reproduise, cherchant à rendre le monde plus pacifique et plus juste. La mise en place des relations internationales ne devait plus relever de l’arbitraire de quelques pays. Il fallait établir un ordre juridique international approuvé et respecté par tous les Etats de la planète.

curse

Mais peu après la fin de la guerre et la fondation des Nations Unies, le monde se trouva à nouveau divisé en blocs hos­tiles. Une nouvelle fois, les relations internationales furent marquées, au cours des décennies suivant la guerre, par la poli­tique d’hégémonie.

On savait déjà qu’une politique internationale soumise aux fluctuations de la recherche du pouvoir et du contre-pouvoir n’apportait pas de stabilité et n’assurait donc pas la paix. La situation dans le monde fut donc très fragile et l’humanité n’échappa que d’un cheveu, et par hasard, à la destruction.

C’est pourquoi dès les années 60 on entreprit de sérieux efforts pour réduire les affrontements et l’aggravation de la situation entre les blocs et pour remplacer les affrontements, les conflits et la course aux armements par des mesures de confiance, de coopération et de désarmement.

Il est vrai que tout le monde n’était pas honnête et ce furent les mêmes qui déclenchèrent une nouvelle fois la guerre froide dans les années 80, provoquant une nouvelle course aux armements.
Le monde se retrouva face à la menace d’une guerre mondiale dévastatrice. Ce furent avant tout les Etats-Unis qui cherchèrent à gagner la guerre froide; non pas par la force des armes mais par une guerre économique et financière.
L’alliance militaire orientale, le Pacte de Varsovie, et le bloc économique oriental, le Conseil d’assistance économique mutuelle (Comecon) furent mis sous pression, ce qui amena finalement leur dissolution. Il ne resta qu’une grande puissance: les Etats-Unis et l’OTAN, qu’ils dirigent, et l’ordre financier et économique mondial qu’ils déterminent.

Nombreux furent ceux qui, lors de la dissolution du bloc de l’Est, espérèrent une paix durable assurant la sécurité et le bien-être. Mais ce fut en vain car la politique américaine, profitant de sa situation d’unique superpuissance au monde, voulut s’imposer non par le droit mais en profitant de sa situation dominante. La mondialisation fut en fait une américanisation du monde – par tous les moyens et sans tenir compte des dégâts causés.
Au début des années 90, le gouvernement américain avait appelé cela «nouvel ordre mondial» et il ouvrit cette «ère nouvelle» par de nouvelles guerres: contre l’Irak, contre la Somalie, contre la Yougoslavie. Les groupes de réflexion américains se penchèrent dans les années 90 sur un «Projet de nouveau siècle américain», escomptant bien l’imposer par leur supériorité militaire. Les guerres contre l’Afghanistan et à nouveau contre l’Irak en sont les signes les plus visibles, mais aussi l’instrumentalisation des Etats européens membres de l’OTAN, la mainmise sur l’Union européenne, la mise au pas de la «gauche» européenne et l’extension à l’Est de l’OTAN et de l’Union européenne.
Néanmoins, aujourd’hui, 20 ans après la dissolution du bloc de l’Est, le plan des Etats-Unis a échoué.

Les conséquences catastrophiques du «projet» américain pour une grande partie du monde apparurent clairement aux yeux des populations. Les Etats-Unis ont lancé le bouchon trop loin; leur prestige dans le monde a disparu, des forces contraires se sont mises en place et se renforcent. Elles vont de la résistance inattendue dans les pays en guerre aux alliances internationales tels que l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA) en Amérique latine, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en Asie ou le BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), alliance intercontinentale. Il reste bien sûr des forces dangereuses qui souhaitent renverser la vapeur et prêtes à risquer gros. Toutefois, il ne s’agit que de quelques attardés dans l’évolution historique qui doivent néanmoins être pris très au sérieux, surveillés et tenus à l’écart – du fait qu’ils pourraient être tentés d’embraser le monde. Leur politique est cependant sans avenir.
Les prochaines années seront pleines d’insécurité et nécessiteront la recherche de nou­velles orientations.
Il se peut que le nouveau gouvernement américain s’y consacre. On peut l’espérer du fait que le président américain a reçu cette année le prix Nobel de la Paix. Peut-on espérer amener le président à refuser la poli­tique hégémonique de son pays – ne serait-ce qu’en raison de la grande misère qui s’abat sur la population de son pays – et à s’engager dans une politique de paix dans le monde? Ou bien se contentera-t-il, en manœuvrant habilement, de redonner aux Etats-Unis la capacité d’être à nouveau la seule superpuissance?

On ne peut se contenter d’attendre les réponses à ces questions. Le plus de personnes possible doivent se mettre à réfléchir, à discuter, à formuler des solutions.
Mais est-il crédible de rediscuter plus ou moins ouvertement l’idée d’un gouvernement mondial? Peut-on mettre en place un tel gouvernement et en même temps respecter l’ensemble des droits humains? Qui donnera sa légitimité à un tel gouvernement? Quels seront ses domaines politiques? Ne risquons-nous pas de retomber dans une politique centralisée? L’humanité est-elle prête à accepter ce nouveau Léviathan?

Il existe une autre perspective: celle de mettre en place les bases de la paix et de la justice par un «ordre mondial du droit». Cette idée n’est pas nouvelle, elle nous vient du siècle des Lumières. Mais pres­que personne ne s’en est préoccupé au cours de ces dernières années. Et ce sont précisément les Etats européens, où est née la philosophie des Lumières, qui ont trahi le projet d’un ordre mondial reposant sur le droit. Une idéologie du laissez-faire, de l’égalité des valeurs, du droit du plus fort, c’est-à-dire de l’arbitraire des puissants a pénétré jusque dans les sciences «occidentales», dans l’art et la culture. Et toutes les professions de foi en faveur du droit ne furent plus que des déclarations peu sincères. On traite de naïfs et de ringards tous ceux qui croient encore à la valeur du droit et à son caractère obligatoire, tout particulièrement en ce qui concerne les relations entre les Etats.

On constate aujourd’hui les conséquences de cette idéologie: un monde en plein désordre, sans paix, ni justice, ni humanité.

Pourtant la tâche ne serait pas si difficile car il n’est pas nécessaire de créer un ordre juridique international. Les fondements essentiels en ont été établis par le droit international et un grand nombre de traités internationaux. La communauté internationale peut s’y référer.
Ce qui est nécessaire avant tout, c’est de comprendre que le monde n’a pas d’autre perspective s’il veut survivre et que la dignité de tous les hommes impose le respect du droit.

L’idée du contrat social, venue des Lumières, partait du principe que les individus se soumettraient au droit accepté par tous afin d’assurer la liberté, la propriété et la vie. Il en va de même dans la communauté des Etats. Le respect des traités entre les peuples consti­tue l’«ordre mondial du droit».

Karl MĂĽller

nov 03 2009

Fall of the Republic, d’Alex Jones (vostfr)

Le rĂ©alisateur Alex Jones affirme, dans son nouveau film « The Fall of The Republic » (la chute de la rĂ©publique) que les patriotes doivent s’unir et se battre contre les ennemis de la RĂ©publique, car ils risquent sinon de se retrouver tenu en esclavage par une Ă©lite dirigeante Ă  travers un contrĂ´le social tyrannique.

Fall of the Republic cover

Du plan de sauvetage Ă  la taxe sur le carbone, ainsi que la mort annoncĂ©e du dollar, il semble Ă©vident, selon Alex Jones, que Barack Obama et ses maĂ®tres sont en train de mettre en place les conditions nĂ©cessaire Ă  la crĂ©ation d’un gouvernement mondial, fusse-t-il pour cela nĂ©cessaire de sacrifier des millions de vies.

Nos remerciement Ă  Hussardelamort pour son travail de traduction.


7ème partie (mise en ligne le 5 novembre 2009)

8ème partie (mise en ligne le 7 novembre 2009)

9ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)

10ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)


11ème partie (mise en ligne le 9 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

13ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 15 novembre 2009)

Nous placerons la suite du document dès la traduction réalisée

Read more »

oct 02 2009

L’Irlande tombera-t-elle dans le piège du TraitĂ© de Lisbonne ?‎ (Information en continu)

Un peu plus d’un an après avoir rejetĂ© le traitĂ© de Lisbonne (1), les Irlandais votaient Ă  nouveau aujourd’hui sur ce texte rĂ©formant le fonctionnement de l’Union europĂ©enne, et autorisant la peine de mort, entre autres lois liberticides, comme nous l’indiquions dans un rĂ©cent article sur Mecanopolis.

european-fascism-be

Le gouvernement et presque tous les principaux partis ont soutenu le traitĂ©. Le Premier ministre Brian Cowen a exclu un troisième vote, ce qui signifie qu’un nouveau « non » irlandais pourrait enterrer dĂ©finitivement le traitĂ©.

Ce matin, un journal à grand tirage irlandais ouvrait ses colonnes à un des rares opposant qui appelle avec force à refuser ce traité. Nous en reproduisons la traduction ci-dessous, et placerons à la suite, tout au long du week-end, les informations qui nous parviennent.

Mecanopolis et JVT

1. En un peu plus d’un an (entre juin 2001 et hier), ce n’est pas 2 fois que les irlandais ont dĂ» se prononcer sur un traitĂ© europĂ©en mais 4 fois. C’est la 2ème fois que les Irlandais sont appelĂ©s Ă  s’exprimer sur la ratification d’un traitĂ© europĂ©en après avoir rejetĂ© le texte lors d’un 1er rĂ©fĂ©rendum. Le 19 octobre 2002, 62,89% des votants avaient approuvĂ© la ratification du traitĂ© de Nice après avoir majoritairement votĂ© contre (par 53,87% des suffrages) le 7 juin 2001. Faire voter le peuple Ă  rĂ©pĂ©tition jusqu’Ă  ce que, Ă  coup de propagande, il fasse le choix de ce qui est dĂ©sormais convenu d’appeler la Gouvernance mondiale, est ce que l’on appelle « dĂ©mocratie » au 21ème siècle.

ProtĂ©gez l’indĂ©pendance de l’Irlande en votant NON !

DEMAIN, nous aurons Ă  faire le vote le plus important de nos vies. Voici mon opinion sur le sujet :

Garanties : Elles ne valent pas le papier sur lequel elles sont Ă©crites. Les plus grandes dĂ©cisions du Danemark après leur vote du  » Non » sur Maastricht ont Ă©tĂ© depuis annulĂ©es par la Cour de Justice europĂ©enne.

L’article 48 : la clause d’escalator ou de clause s’amendant permet Ă  l’UE d’aggraver son pouvoir dans de nouvelles rĂ©gions sans revenir aux gens pour un vote sur n’importe quels changements. Donc ce que nous avons est un traitĂ© qui n’est pas mis dans la pierre, Ă  la diffĂ©rence de notre propre constitution.

C’est un traitĂ© flexible est prĂ©vu pour ĂŞtre amendĂ© par l’Ă©lite europĂ©enne comme ils le veulent. Cela rend les États membres extrĂŞmement vulnĂ©rables. Signeriez-vous un contrat avec quelqu’un qui pourrait le modifier juridiquement — après sa signature ?

L’article 2 ECFR : “ Personne ne doit ĂŞtre condamnĂ© Ă  mort, tout le monde a droit Ă  la vie”. Le protocole 6 de l’article 2 de l’ECHR, qui fusionnera avec l’ECFR, dit : “ Un Ă©tat peut faire la disposition pour la peine de mort aux temps de menace de guerre ou imminente de guerre ”. LĂ  vous avez  » une porte dĂ©robĂ©e « ‘ par quoi l’article principal peut ĂŞtre diluĂ© ou niĂ© entièrement. C’est typique de la tromperie que nous trouverons lors de l’Ă©tude du traitĂ© et de ses chartes. Pourrions-nous nous fier Ă  Tony Blair, qui a conduit sa nation dans la guerre sous de faux-semblants et qui est le favori, non Ă©lu, pour ĂŞtre le prĂ©sident de l’UE ?

Comme cela a été exposé par Commissaire européen Irlandais Charlie McCreevy, 95 % des européens voterait non à ce traité si on leur donnait la chance de le faire. Nous le leur devons, pour prendre la bonne décision demain.

L’UE n’a pas Ă©tĂ© bonne pour l’Irlande ? Nous avons donnĂ© Ă  l’UE notre stock de pĂŞche. L’industrie de pĂŞche a Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©e par consĂ©quent. Maintenant, nos fermiers sont forcĂ©s de vendre du lait moins cher que le prix coĂ»tant, Ă©tant handicapĂ©s par le poids de la bureaucratie europĂ©enne.

Le totalitarisme de l’UE avance Ă  pas feutrĂ©s : avez-vous remarquĂ© comment, avec chaque traitĂ© europĂ©en successif, comment nous nous sommes dĂ©placĂ© de l’intĂ©gration Ă©conomique vers l’intĂ©gration politique ? Est cela la dĂ©mocratie qui consiste Ă  proposer aux gens le mĂŞme traitĂ© sur lequel nous avons dĂ©jĂ  votĂ© ? Est cela la dĂ©mocratie, refuser dans les États membres un rĂ©fĂ©rendum aux citoyens ? Était cela la dĂ©mocratie pour d’autres Ă©tats de ratifier le traitĂ© contre les vĹ“ux de leurs propres citoyens ?

En parlant simplement, c’est donner de plus en plus de pouvoir dans de moins en moins de mains.

Nous devons garder notre indépendance remportée de haute lutte et protéger notre constitution.

Soyons du bon cĂ´tĂ© de l’Histoire … Votons NON Ă  Lisbonne.

Jim Corr, pour le Herald

Traduction : Fonzibrain

Suivre l’information en continu sur le Forum Mecanopolis

août 31 2009

« La véritable histoire du Groupe Bilderberg », par Daniel Estulin

Pour mener à bien leur politique, les oligarques mondialistes tiennent généralement bien gardés leurs secrets, ceux de l’establishment. Establishment avec un grand « e ». Le même « e » que pour Estulin Daniel. Un journaliste-écrivain russe vivant à Madrid. Un nom marqué à l’encre rouge sur les tablettes atlantistes et qui parle peu à l’opinion publique (son site : danielestulin.com). Plutôt logique pour un dissident au Nouvel Ordre Mondial. Il faut dire que le bonhomme a de sacrés bons tuyaux, des réseaux, ses infiltrations. Infiltrations qui riment avec investigation. Et ce au service de la vérité de ce monde, à défaut de sa propre sécurité !

bilderberg

Petite piqûre de rappel : dans les grands médias, il y a ce qu’on nous montre et ce qu’on nous cache. Pour comprendre ce qui se passe dans le monde à l’heure de la gouvernance mondiale, ce qu’on nous montre doit être décrypté pour mieux tendre vers ce qui se trame en coulisse, ce qui reste maintenu en off.

Une chose devrait interpeller l’opinion publique. Elle réside dans la surmédiatisation d’informations futiles ; et à contrario, la totale omerta sur des sujets bien plus sensibles. Notamment sur les sociétés secrètes, les think tank euro-atlantistes du style CFR et Bilderberg ; lobbies surpuissants à la sauce Rockefeller-Brzezinski qui déterminent l’actualité à venir, et par extension la gouvernance mondiale dans ses grandes lignes sur le plan économique, commercial, politique et médiatique. Lobbys investissant les marionnettes politiciennes qu’ils veulent pour qu’elles mettent en place ce qu’ils veulent.

Estulin Daniel

A maintes reprises, l’investigateur russe a démasqué les plans des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial. Centralisation des pouvoirs, banque mondiale, monnaie unique, mise en place d’un impôt mondial, mise en scène de guerres au Moyen-Orient, financement du sionisme, renforcement des ONG, du FMI, du rôle de l’OTAN et de l’ONU, suppression de la démocratie, augmentation de la taxe carbone… tout ceci avait été initialement révélé par Estulin avec, au-delà de l’information brute, une vision inquiétante du projet mondialiste : réduction de la population mondiale aux deux tiers, asservissement des peuples, destruction des nations, des cultures, de l’économie mondiale, uniformisation de l’individu. L’esclavage moderne à grande échelle en somme.

Grâce à ses réseaux, Daniel Estulin -à l’instar des Jim Tucker, Jordan Maxwell, Thierry Meyssan et autre Webster Tarpley- nous dévoile les grandes lignes du projet mondialiste. Point par point, avec un temps d’avance et une précision sans faille. Dans ces propos, il y a le contenu du projet et les hommes qui y prennent part. Rien d’étonnant par conséquent de retrouver parmi les « heureux élus » diverses personnalités très influentes des milieux financiers, industriels, politiques et médiatiques. Des habitués de ce genre de think tank où rien ne doit filtrer, mais où ce qui est planifié devra s’appliquer. Le problème pour ces conspirateurs avides de pouvoir, adeptes de la lutte des places et non des classes, c’est que les révélations d’Estulin ou Tucker s’avèrent exactes à chaque fois. Lorsqu’on fait mouche à tous les coups, il ne s’agit plus de chance ou de coïncidence, mais plutôt de véracité d’information. Une raison de plus pour les écouter avec autant d’attention que nos médias institutionnels.

Le système a évidemment tenté de l’éliminer à plusieurs reprises. Trois fois selon lui. Les trois fois par la CIA. Pour le décrédibiliser, les médias le qualifient de fou. Dénigrement révélateur d’un manque d’arguments. Mais il est comme Kasparov, Daniel Estulin, il a toujours un coup d’avance, voire plusieurs sous sa manche ! L’élément rassurant provient de certains individus dignes, de bonne conscience, ne résistant pas à l’appel de la vérité salvatrice. Alors ces derniers coopèrent dans l’intérêt informatif général et le risque de représailles.

Il fait penser à un moustique, Daniel Estulin, malgré sa queue de cheval flanquée derrière son crâne dégarni. Il pique, perturbe, dérange, contrarie les décideurs mondialistes, démasque leurs mensonges à la loupe… mais tant que son nom résonnera uniquement dans les tympans d’initiés dissidents, il ne parviendra pas à entraver la marche aussi venimeuse qu’irrésistible du Nouvel Ordre Mondial. Ce qu’il faudrait, c’est une horde de moustiques « estuliniens » -une armée même- infiltrant ces manigances plus que douteuses afin de crever l’abcès.

Enquête sur enquête, témoignage après témoignage, Daniel Estulin propose une grille de lecture des plus pertinentes en nous détaillant les différentes facettes de la politique mondiale à venir ; de justes -bien qu’inquiétantes- révélations débouchant sur une double conclusion implacable : la lutte contre l’ignorance est un combat de tous les instants, car la vérité de ce monde est d’abord celle qu’on nous cache.

 

Merci de publier vos commentaires dans le Forum Mecanopolis

juil 18 2009

Psychologie et manipulation des masses (première partie)

Edward Bernays

L’Ă©tude systĂ©matique de la psychologie des foules a mis au jour le potentiel qu’offre au gouvernement invisible de la sociĂ©tĂ© la manipulation des mobiles qui guident l’action humaine dans un groupe. Trotter et Le Bon d’abord, qui ont abordĂ© le sujet sous un angle scientifique, Graham Wallas, Walter Lippmann et d’autres Ă  leur suite, qui ont poursuivi les recherches sur la mentalitĂ© collective, ont dĂ©montrĂ©, d’une part, que le groupe n’avait pas les mĂŞmes caractĂ©ristiques psychiques que l’individu, d’autre part, qu’il Ă©tait motivĂ© par des impulsions et des Ă©motions que les connaissances en psychologie individuelle ne permettaient pas d’expliquer. D’oĂą, naturellement, la question suivante : si l’on parvenait Ă  comprendre le mĂ©canisme et les ressorts de la mentalitĂ© collective, ne pourrait-on pas contrĂ´ler les masses et les mobiliser Ă  volontĂ© sans qu’elles s’en rendent compte ?

man_strk

La pratique de la propagande a rĂ©cemment prouvĂ© que c’Ă©tait possible, du moins jusqu’Ă  un certain point et dans certaines limites. Certes la psychologie collective est loin d’ĂŞtre une science exacte et les mystères de la motivation humaine n’ont pas tous  Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©s. Cela Ă©tant, l’alliance de la thĂ©orie et de la pratique s’avère assez fructueuse pour qu’il ne soit plus permis de douter que, dans certains cas, la mise en oeuvre de tel ou tel mĂ©canisme provoque en effet un changement d’opinion remarquablement conforme Ă  celui attendu, un peu comme un automobiliste règle la vitesse de sa voiture en agissant sur le dĂ©bit d’essence. Bien que la propagande ne soit pas une science au sens expĂ©rimental du terme, ce n’est plus tout Ă  fait la pratique empirique Ă  quoi se rĂ©sumait l’avènement de la psychologie des foules. Elle est scientifique au sens oĂą elle cherche autant Ă  fonder ses opĂ©rations sur des connaissance tirĂ©es de l’observation directe de la mentalitĂ© collective que sur des principes dont la cohĂ©rence et la relative constance ont Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©es.
Comme le savant dans son laboratoire, le propagandiste Ă©tudie systĂ©matiquement le matĂ©riaux sur lequel il travaille. Lorsqu’il doit, par exemple, prĂ©parer une campagne de vente d’envergure nationale, il explore le secteur en entourant d’un service de presse, d’un corps d’Ă©claireurs, et en effectuant lui-mĂŞme des recherches ciblĂ©es.

L’homme Ă©tant de nature grĂ©gaire, il se sent liĂ© au troupeau, y compris lorsqu’il est seul chez lui, rideaux fermĂ©s. Son esprit conserve les images qu’y ont imprimĂ©es les influences sociales.

Leurs travaux ont amenĂ© Trotter et Le Bon Ă  la conclusion que la pensĂ©e au sens strict du terme n’avait pas sa place dans la mentalitĂ© collective, guidĂ©e par l’impulsion, l’habitude ou l’Ă©motion. Ă€ l’heure du choix, son premier mouvement est en gĂ©nĂ©ral de suivre l’exemple d’un leader qui a su gagner sa confiance. C’est lĂ  un des principes les plus fermement Ă©tablis de la psychologie des foules, qui opère en fixant Ă  la hausse ou Ă  la baisse le prestige d’une station balnĂ©aire, en suscitant une ruĂ©e sur telle banque ou un mouvement de panique Ă  la bourse, en crĂ©ant l’engouement qui va dĂ©terminer le succès d’un livre ou d’un film.
Quand la foule ne peut pas calquer sa conduite sur celle d’un leader et doit se dĂ©terminer seule, elle procède au moyen de clichĂ©s, de slogans ou d’images symbolisant tout un ensemble d’idĂ©es ou d’expĂ©riences. Il y a quelques annĂ©es, il suffisait d’accoler au nom d’un candidat politique le mot intĂ©rĂŞts pour qu’instinctivement des millions de gens lui refusent leurs votes, tant ce qu’Ă©voquait ce terme, « intĂ©rĂŞts », Ă©tait associĂ© Ă  la corruption. Plus près de nous, le mot bolchevique a rendu un service du mĂŞme ordre Ă  ceux qui voulaient effrayer le grand public pour le dĂ©tourner d’une ligne d’action.

Les propagandistes rĂ©ussissent parfois Ă  faire basculer tout un magma d’Ă©motions collectives en jouant sur un vieux clichĂ© ou en en forgeant un nouveau. En Grande-Bretagne, les hĂ´pitaux d’Ă©vacuation militaire furent la cible de très nombreuses critiques pendant la guerre, Ă  cause des traitements sommaires qui y Ă©taient dispensĂ©s aux blessĂ©s. Aux yeux de l’opinion, les patients d’un hĂ´pital avaient droit Ă  des soins prolongĂ©s et consciencieux. Le mĂ©contentement public cĂ©da quand, au lieu d’hĂ´pitaux, on se mit Ă  parler de « postes d’Ă©vacuation ». Personne n’attendait d’une institution ainsi baptisĂ©e qu’elle dispense plus que des traitements d’urgence. Le terme « hĂ´pital » avait un sens convenu, indissociablement associĂ© Ă  un certain clichĂ©. Jamais l’opinion ne se serait laissĂ©e persuader qu’il convenait de distinguer tel et tel type d’Ă©tablissement hospitalier, qu’il fallait sĂ©parer l’expression de l’image qu’elle Ă©voquait. En revanche, l’invention d’un nouveau terme a automatiquement conditionnĂ© l’Ă©motion publique en faveur desdits postes d’Ă©vacuation.

Les psychologues de l’Ă©cole de Freud, eux surtout, ont montrĂ© que nos pensĂ©es et nos actions sont des substituts compensatoires de dĂ©sirs que nous avons dĂ» refouler. Autrement dit, il nous arrive de dĂ©sirer telle chose, non parce qu’elle est intrinsèquement prĂ©cieuse ou utile, mais parce que, inconsciemment, nous y voyons un symbole d’autre chose dont nous n’osons pas nous avouer que nous le dĂ©sirons. Un homme qui achète une voiture se dit probablement qu’il en a besoin pour se dĂ©placer, alors qu’au fond de lui il prĂ©fĂ©rerait peut-ĂŞtre ne pas s’encombrer de cet objet et sait qu’il vaut mieux marcher pour rester en bonne santĂ©. Son envie tient vraisemblablement au fait que la voiture est aussi un symbole du statut social, une preuve de la rĂ©ussite en affaires, une façon de complaire Ă  sa femme.

Ce grand principe voulant que nos actes soient très largement déterminés par des mobiles que nous nous dissimulons vaut autant pour la psychologie collective que pour la psychologie individuelle. Le propagandiste soucieux de réussir doit donc comprendre ces mobiles cachés, sans se satisfaire des raisons que les individus avancent pour justifier leur comportement.

A cet Ă©gard, il ne suffit pas de bien connaitre la mĂ©canique sociale, le jeu des regroupements, des clivages et des allĂ©geances. La vapeur qui fait tourner la machine sociale, ce sont les dĂ©sirs humains. Ce n’est qu’en s’attachant Ă  les sonder que le propagandiste parviendra Ă  contrĂ´ler ce vaste mĂ©canisme aux pièces mal emboitĂ©es que forme la sociĂ©tĂ© post-moderne.

Le propagandiste d’autrefois travaillait en fonction de la rĂ©ponse psychologique « mĂ©caniste » alors en vogue dans nos universitĂ©s. Elle assimilait l’esprit humain Ă  ni plus ni moins qu’une machine, un système de nerfs et de centres nerveux rĂ©agissant aux stimuli avec une rĂ©gularitĂ© mĂ©canique, tel un automate sans dĂ©fense, dĂ©pourvu de volontĂ© propre.

Une des doctrines de cette Ă©cole de psychologie affirmait qu’un stimulus souvent rĂ©pĂ©tĂ© finit par crĂ©er une habitude, qu’une idĂ©e souvent rĂ©itĂ©rĂ©e se traduit en conviction.

Les nouveaux propagandistes savent qu’il est possible, en s’adressant aux hommes qui composent les masses par le biais de leurs formations collectives, de susciter des courants Ă©motionnels et psychologiques qui travailleront pour eux. Au lieu de s’attaquer de front aux rĂ©sistances, ils cherchent Ă  les supprimer. Ă€ cet effet, ils crĂ©ent les circonstances qui, en canalisant les courants Ă©motionnels, vont produire une demande.

Edward Bernays

La deuxième partie de cet article sera publiée mardi prochain.

 

juil 01 2009

Le règne du chaos (deuxième partie)

X6tenZ

La première partie de cet article se trouve ici

L’extrĂŞme cynisme qui domine la gestion mafieuse de la sociĂ©tĂ© se mesure dans la violence des attaques subies par la classe politique occidentale. Ceux qui tombent sous le coup d’affaires sont le plus souvent remplacĂ©s par des hommes et des femmes « aux ordres ». Les mĂ©dias n’Ă©chappent pas Ă  ce processus : ce qu’ils dĂ©voilent par leur travail de recherche se retourne contre eux. On peut mĂŞme affirmer qu’il n’y a plus de journalistes d’investigation dans les mĂ©dias officiels contrĂ´lĂ©s par de grands groupes Ă©conomiques : les nouvelles affaires qu’ils « dĂ©couvrent » sont le plus souvent tĂ©lĂ©guidĂ©es.

chaos4

La gestion chaotique d’une crise virtuelle, qui n’est en rĂ©alitĂ© qu’une mutation de la circulation monĂ©taire, condamne Ă  la misère assistĂ©e la plus importante partie de la population des pays dits « riches ». Cet assistanat se manifeste d’abord par une surconsommation mĂ©diatique, mais jamais par une aide financière proportionnĂ©e Ă  la richesse gĂ©nĂ©rale. Pour les pauvres des sociĂ©tĂ©s occidentales, la misère est criante et l’argent se fait rare, mais les mĂ©dias rayonnent. Les aides octroyĂ©es aux misĂ©reux les maintiennent de toute façon en dessous du seuil de pauvretĂ©.

Ceux qui n’ont plus rien, hormis la facultĂ© de se reproduire, sont dĂ©signĂ©s comme les responsables d’une situation qui les condamne simultanĂ©ment Ă  la pauvretĂ© aggravĂ©e et Ă  la mortification. La crise dont on les accuse est virtuelle. Elle n’existe que dans le discours mĂ©diatique. Elle est la technique de dĂ©sinformation utilisĂ©e par les stratèges du chaos pour supprimer les libertĂ©s et augmenter les bĂ©nĂ©fices.

Un degrĂ© supĂ©rieur de l’infamie Ă  Ă©tĂ© atteint lorsque, après le 11 septembre, des prĂ©sidents et des ministres fantoches ont exhortĂ© ceux qui subissent les privations les plus grandes Ă  consommer massivement en empruntant l’argent qu’ils ne pourront jamais rembourser, de sorte Ă  soutenir un ordre mondial qui les rend totalement esclaves.

Les stratèges du chaos, qui dissimulent leurs intentions par un usage systĂ©matique des sigles, ont inventĂ© le FMI. Quelques lettres anodines qui cachent une infinitĂ© de fonctions. On l’utilise surtout pour gĂ©rer la crise de la dette, et pour cautionner le leurre d’une crise de l’Ă©conomie. Nous vivions une crise virtuelle et le FMI, comme un leurre, est l’agent de cette modĂ©lisation. Selon un dispositif chaotique, le FMI dĂ©nonce des dĂ©tails subalternes en ne les traitant pas, pour mieux dissimuler le sujet de sa mise en scène d’une Ă©conomie de crise.

Ce ne sont pas le FMI et les instances monĂ©taires qui interviennent directement dans les conflits en cours, mais ceux qui les animent, ceux qui s’agitent dans leur ombre, les manipulateurs de leur image virtuelle, ceux qui savent que l’ONU est dĂ©sactivĂ©e par un nouvel ordre mondial, ceux qui connaissent les arborescences de la scène monĂ©taire, ceux qui peuvent blanchir l’argent de la drogue, ceux qui peuvent nĂ©gocier le sort des Palestiniens et composer avec les mafias russes et chinoises, ceux qui peuvent financer les Talibans – au nom du pĂ©trole – et produire une sĂ©rie de clones de Ben Laden, ceux qui peuvent utiliser des armes Ă  uranium appauvri en Irak et condamner les Serbes, ceux qui peuvent laisser pourrir les « citĂ©s » et privatiser l’enseignement, ceux qui peuvent empoisonner la planète et uniformiser tous les goĂ»ts et toutes les saveurs, ceux qui peuvent jouer avec les gènes comme ils jouent Ă  la bourse tout en planifiant une « rĂ©duction massive de la population ».

Les crĂ©anciers des État-Unis ne connaissent pas de frontières. Ils sont parfois AmĂ©ricains. Cela importe peu. Le rĂ©seau criminel appelle un centre symbolique. Le crime Ă  toujours besoin d’une cohĂ©rence centrale. Cette cohĂ©rence, ce sont les organisations monĂ©taristes, qui n’existent que par leur sigle, qui la lui apportent.

La dĂ©mocratie amĂ©ricaine est une fiction. Aux États-Unis cohabitent toutes les nuisances de l’Ă©poque : argent sale, puissance mafieuse, monĂ©tarisme incontrĂ´lĂ©, pauvretĂ© tiers-mondiste et richesse Ă©hontĂ©e, manipulation gĂ©nĂ©tique, pollution exponentielle, intĂ©grisme aveugle. Mais la fiction de la dĂ©mocratie amĂ©ricaine est nĂ©cessaire a sa survie : la guerre. L’armĂ©e amĂ©ricaine est devenue l’Ă©quivalent moderne et Ă  grande Ă©chelle de le Condottiere qui faisait la guerre pour le prince le plus offrant. Aujourd’hui, il n’y a qu’un seul prince et le Condottiere n’a plus le choix. Les États-Unis sont dotĂ©s de l’armĂ©e la plus moderne, technologiquement, et la plus soumise. Ils sont les Condottieri d’un groupe militaro-Ă©conomico-industriel qui commande par sigles. Ils guerroient pour le compte de leur maĂ®tres, avec la garantie morale du FMI.

On voudrait toujours nous faire croire qu’il y a une super-puissance qui contrĂ´le, avec plus ou moins de succès, la planète. Des sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es guerrières produites par CNN et ses clones tentent de nous en convaincre. On nous montre une armĂ©e et une bannière Ă©toilĂ©e. Il semble que les morts sur l’Ă©cran soient de vrais morts. Mais les soldats Ă  la bannière ne sont pas ce qu’ils pensent ĂŞtre. Ils ignorent pour qui ils se battent. A qui appartiennent les grands rĂ©seaux mĂ©diatiques ? Ils sont virtuellement amĂ©ricains. Des soldats se battent., tuent et meurent en brandissant leur bannière, image de synthèse d’un nouvel ordre mondial, en ignorant l’incroyable partie d’Ă©checs dont ils ne sont que les pions.

x6tenz, pour Mecanopolis

Rédaction Mecanopolis

A la suite de cet article, nous placerons les Informations en Continu de la rédaction de Mecanopolis

> 600 camps de concentration construit par Bush opérationnel depuis deux ans

fema-camp

Plus de 600 camps d’emprisonnement ont Ă©tĂ© construits aux Etats-Unis par l’administration Bush, tous pleinement opĂ©rationnels et prĂŞts Ă  recevoir des prisonniers.

Le personnel de la direction des camps est dĂ©jĂ  en place, ainsi que des gardes Ă  plein temps, bien que les camps soient tous vides pour l’instant. EntourĂ©s de miradors, ces camps sont destinĂ©s Ă  ĂŞtre utilisĂ©s par la FEMA (Federal Emergency Management Agency – l’agence fĂ©dĂ©rale chargĂ©e de gĂ©rer les situations d’urgence) dans le cadre d’une proclamation de la loi martiale.
Les camps font partie du « Rex 84 Program », un programme prĂ©vu « officiellement » pour le cas d’un franchissement en masse de la frontière mexicaine par des immigrĂ©s clandestins, afin qu’ils puissent ĂŞtre rapidement arrĂŞtĂ©s et placĂ©s en dĂ©tention par la FEMA. Le programme Rex 84 prĂ©voit aussi la fermeture temporaire de nombreuses bases militaires pour les convertir en prisons.
Les plans « Cable spicer » et « Garden plot » sont deux sous-programmes de « Rex 84″ qui seront dĂ©clenchĂ©s en mĂŞme temps. « Garden plot » est un programme destinĂ© Ă  contrĂ´ler la population, et « Cable spicer » est le programme pour la prise de contrĂ´le des Ă©tats et de leurs gouvernements par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. La FEMA sera le bras armĂ© exĂ©cutif et dirigera toutes les opĂ©rations sous l’autoritĂ© du prĂ©sident des Etats-Unis.
Les camps de dĂ©tention sont tous desservis par voies ferrĂ©e aussi bien que par la route. Beaucoup disposent Ă©galement d’un aĂ©roport Ă  proximitĂ©. La majoritĂ© des camps ont une capacitĂ© de 20.000 prisonniers. Le plus vaste de ces camps est situĂ© en Alaska Ă  cotĂ© de Fairbanks. Deux autres sont localisĂ© Ă  Palmdale et Ă  Glendale, dans le sud de la Californie. Bizarrerie ou coĂŻncidence, l’Ă©tat le plus important, la Californie, risque de voir se dĂ©vellopper un climat insurrectionnel après la mise en faillite  prochaine. En effet c’est l’Ă©tat le plus peuplĂ© et la 6e puissance Ă©conomique mondiale qui compte plus de 35 millions d’individus qui vont ĂŞtre frappĂ©s de plein fouet par la crise.

Une question s’impose si ces camps ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s depuis 2004, celĂ  implique que les consĂ©quences finales sont belle et bien connue depuis bien plus.

Source : Egalité et Réconciliation

> Al-Qaeda au Maghreb islamique menace la France

Avertissement : C’est uniquement Ă  titre informatif que nous publions la traduction de ce communiquĂ© d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Quaidat al-Jihad fi maghreb al-Islami), ainsi que l’original en langue Arabe, puisque, malgrĂ© que les mĂ©dias officiels en parlent en boucle, il n’est visbile nulle part sur internet. Bien sĂ»r, Mecanopolis n’adhère ni ne cautionne en rien l’idĂ©ologie de violence que ce communiquĂ© relate.

qjmi

La France, mère de tous les maux

Louanges Ă  Allah Seigneur de l’univers, et l’ultime dĂ©nouement appartient au pieux et nul d’hostilitĂ© qu’en vers les injuste ; Et que Ses prières et Son salut soit sur notre prophète Mohammed, ainsi que sur sa famille, ses compagnons, et tous ceux qui suivirent sa voie, jusqu’au jour du Jugement ; quant Ă  ce qui suit :

Allah l’ExaltĂ© dit : « Dis: O gens d’Ecriture ! Qu’avez-vous Ă  dĂ©tourner de la Voie de Dieu ceux qui ont la foi? Voudriez-vous rendre cette Voie tortueuse, alors que vous ĂŞtes tĂ©moins qu’elle est rectiligne?» Sachez que Dieu n’est point inattentif Ă  vos agissements ! O croyants ! Si vous Ă©coutez certains adeptes des Ecritures, ils feront de vous qui avez reçu la foi des nĂ©gateurs. » (Sourate Al Imran – La famille d’Iman, versets 99-100).

Après avoir menĂ© une guerre sans merci, des annĂ©es auparavant, contre nos filles voilĂ©es, voila que la France concentre toutes ses capacitĂ©s, mobilise toutes ses institutions et organise ses rangs pour mener une nouvelle guerre perfide contre nos sĹ“urs qui portent le Niqab*. Des injustices commises par les français dans un temps oĂą leurs femmes dĂ©nudĂ©es, mais qui se voient couvertes, affluent sur notre pays, et occupent nos plages et nos rues, dĂ©fiant outrageusement les sentiments des musulmans, et n’ayant cure ni des prĂ©ceptes de leur religion musulmanes, ni de leurs uses et coutumes.

C’est cela mĂŞme, Par Allah, l’extrĂ©misme et la xĂ©nophobie, c’est cela mĂŞme le terrorisme religieux et l’incitation Ă  la haine qui se manifestent clairement.

Nul doute que nos frères musulmans en France, particulièrement et en Europe, de façon gĂ©nĂ©rale, revivent un regain d’angoisse accentuĂ©e vis-Ă -vis agissements et harcèlements des politiciens et leaders français ; car hier, ce fut le voile, et aujourd’hui vint le tour du Niqab et qui sait si demain leurs mains pĂ©cheresses ne feront pas de mĂŞme avec un pilier de l’Islam : prière, jeĂ»ne ou encore pèlerinage. Nous avons la certitude que cette haine embrasĂ©e envers l’Islam et ses gens, qui couve dans les cĹ“urs des politiciens français ne cessera pas, pis encore, elle s’Ă©tendra sous diverses formes, c’est pourquoi nous appelons tous les musulmans Ă  rĂ©pondre Ă  cette haine par une autre plus ravageuse, nous les appelons Ă  affronter l’obstination française Ă  faire douter les croyants et les croyantes de leur religion par une rĂ©signation plus tenaces Ă  s’attacher aux prĂ©ceptes de l’Islam, majeurs ou mineurs , obligations ou recommandation.

Quant Ă  nous, Moudjahiddines du Maghreb Islamique, nous prenons l’engagement devant Allah de ne pas se taire devant ces provocations et ces injustices, et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour, et Ă  la première occasion, se venger de la France et ses intĂ©rĂŞts oĂą qu’ils se trouvent, pour l’honneur des nos filles et de nos sĹ“urs, puisse cela dissuader la France de ses injustices et sa tyrannie, puisse-t-il, aussi arrĂŞter ses agressions et sa haine.

« Les agresseurs apprendront un jour quel sort funeste les attend ! » (Sourate Ash Shu’ara – les poètes -, verset 227)

Abou Mouss’ab Abd Al Wadoud

Emir de l’organisation d’Al Qaeda Au Maghreb Islamique

Dimanche 05 rajab 1430 correspendant au 28 juin 2009

Télécharger le communiqué PDF

________________________________________________

Commentaire de Mecanopolis : J’hĂ©site Ă  laisser le document d’Al-Qaeda placĂ© ci-dessus. On pourrait ĂŞtre mal compris, comme cela Ă  dĂ©jĂ  Ă©tĂ© le cas par le passĂ©. Je dois vous prĂ©ciser que, chez Mecanopolis, on ne croit pas un seul instant Ă  l’autodĂ©termination de ces terroristes. On sait trop comment les services algĂ©riens, avec l’aide de la France, ont manipulĂ© le GIA (ex Al-Qaeda) depuis 1991, de sorte Ă  discrĂ©diter le parti du Front islamique du salut (FIS) qui avait alors gagnĂ© les Ă©lections lĂ©gislatives. Nous avons publiĂ© ici mĂŞme plusieurs documents, ces trois dernières annĂ©es, qui dĂ©montrent que ces terroristes ne sont que les mauvais acteurs d’une manipulation qui consistait Ă  faire de l’AlgĂ©rie le laboratoire du « terrorisme islamique », de sorte Ă  crĂ©er le chaos dans ce pays. On sait comment les mĂŞme mĂ©thodes ont ensuite Ă©tĂ© utilisĂ©es ailleurs.

Après une crise Ă©conomique fabriquĂ©e, une pandĂ©mie carrĂ©ment louche, il ne manquerait plus que l’on nous remette en scène le terrorisme islamiste.
Manipulation de la violence islamiste et méthodes de guerre contre-insurectionnelle des services-secrets :
envoyé par Aisha-Yasamin

Jeudi 2 juillet > H1N1 : Forte augmentation des décès en Amérique du sud

Le bilan de la grippe porcine s’est fortement alourdi mercredi en AmĂ©rique du Sud, notamment en Argentine qui, avec 43 morts, dĂ©plore deux tiers des 62 dĂ©cès attribuĂ©s au virus A(H1N1) dans le sous-continent.

Le nombre de personnes ayant succombĂ© Ă  la maladie a quasiment doublĂ© en Argentine, puisqu’il n’Ă©tait encore que de 26, selon le dernier bilan publiĂ© vendredi.

Seuls les Etats-Unis (127 morts) et le Mexique, oĂą est apparue la maladie fin avril (116 morts), ont enregistrĂ© plus de dĂ©cès attribuĂ©s Ă  la grippe A(H1N1), selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS). La pandĂ©mie a jusqu’ici tuĂ© 332 personnes dans le monde, d’après l’OMS.

Les experts s’attendent en outre Ă  un pic de la pandĂ©mie dans les semaines Ă  venir en Argentine en raison de la rudesse de l’hiver austral. Le Chili voisin a Ă©galement dĂ©jĂ  enregistrĂ© 14 morts pour 7.342 malades du virus A(H1N1).

L’Uruguay, troisième pays du cĂ´ne sud du sous-continent, a priori plus particulièrement exposĂ© Ă  la pandĂ©mie Ă  cause de la virulence de l’hiver, a lui aussi dĂ©plorĂ© un premier dĂ©cès lundi.

Trois autres pays sud-américains ont également confirmé des morts attribuées à la pandémie: la Colombie (2 morts), le Brésil (1 morts) et le Paraguay (1 mort), dernier en date mercredi.

Pour essayer d’enrayer la propagation du virus, les diffĂ©rents gouvernements ont mis en place des mesures spĂ©cifiques.

L’Argentine est allĂ©e le plus loin, en avançant notamment de deux semaines les vacances scolaires hivernales dans la plupart du pays et en dĂ©bloquant une nouvelle enveloppe de 1.000 millions de pesos (190 millions d’euros).

Au Chili, la prĂ©sidente Michelle Bachelet a Ă©galement annoncĂ© mercredi une nouvelle enveloppe de plus de 20 millions d’euros pour faire face Ă  la « pire Ă©pidĂ©mie dans ce pays » depuis plus d’une demi-siècle. En 1957, une prĂ©cĂ©dente Ă©pidĂ©mie de grippe avait frappĂ© plus d’un million de Chiliens.

> Londres envisage 100′000 cas par jour avant fin aoĂ»t

L’Ă©pidĂ©mie de grippe porcine au Royaume-Uni, l’un des pays les plus touchĂ©s au monde, pourrait atteindre avant la fin aoĂ»t un rythme de progression quotidienne de 100′000 nouveaux cas, a prĂ©venu jeudi le gouvernement, tout en niant que la situation soit « hors de contrĂ´le ».

« Le nombre de cas double chaque semaine, et si cette tendance se confirme nous pourrions voir plus de 100′000 cas par jour d’ici la fin aoĂ»t, mais j’insiste, ce n’est qu’une projection », a prĂ©cisĂ© le ministre britannique de la SantĂ©, Andy Burnham, devant la chambre des Communes.

Le principal conseiller mĂ©dical du gouvernement, Liam Donaldson, a assurĂ© cependant que les prĂ©paratifs pour l’obtention d’un vaccin Ă©taient Ă  un stade avancĂ© et a niĂ© que la situation soit hors de contrĂ´le.

Le virus « suit un chemin prĂ©visible – il n’est pas hors de contrĂ´le, mais on ne peut pas remettre les virus dans leur boĂ®te une fois qu’ils en sont sortis », a-t-il observĂ© lors d’une confĂ©rence de presse.

« Nous avons la situation bien en main. (…) Nous avons un stock important d’antiviraux, peut-ĂŞtre le plus important au monde », a-t-il insistĂ©.

Grotesque dĂ©claration du  ministre britannique de la SantĂ© qui affirme, sans rire, que le virus suit un chemin prĂ©visible, alors que ses dĂ©clarations de la semaine dernière prĂ©tendaient Ă  une stabilisation. Il faudrait aussi qu’il nous explique comment une situation qui, avec 10′000 cas, place dĂ©jĂ  les hĂ´pitaux britannique en crise, pourrait ĂŞtre « sous contrĂ´le » avec 100′000 cas par jour…

> Vendredi 3 juillet :

LA CRISE DE LA GRIPPE PORCINE :
LE GOUVERNEMENT SE PRÉPARE AU PIRE
TOUT EN ESPÉRANT LE MEILLEUR – IL DEVRAIT DIRE
Ă€ LA POPULATION DE FAIRE LA MĂŠME CHOSE
!

par Peter M. Sandman

Les nouveaux virus se dĂ©placent rapidement. Ce que je suis en train d’Ă©crire le 29 avril, peut s’avĂ©rer dĂ©sespĂ©rĂ©ment dĂ©suet au moment oĂą vous le lirez.

Au moment oĂą vous lirez ce qui suit:

â—Ź Le foyer d’infection de H1N1 de « grippe porcine » (ou « grippe d’origine porcine », comme certains recommandent vivement qu’elle soit appelĂ©e), nous le suivons tous Ă  la trace, et il peut avoir dĂ©jĂ  lancĂ© une catastrophe dans le monde entier.
● Il peut s’être avéré lui-même trop léger (sauf à son début au Mexique) à cause de graves problèmes de santé en nombre significatif.
● Il peut être beaucoup plus grave que léger, mais encore beaucoup plus léger que catastrophique.
â—Ź Sa propagation peut avoir ralenti ou cessĂ© au lieu de faire boule de neige – parce que nous isolons bien les cas et empĂŞchons la transmission, ou parce qu’il n’aime pas la tempĂ©rature de plus en plus chaude dans l’hĂ©misphère Nord, ou pour d’autres raisons que les scientifiques ne comprendront pas avant des mois.
â—Ź Il peut encore ĂŞtre en Ă©quilibre – dans ce cas les experts en santĂ© publique l’observeront encore en retenant leur souffle, mais les mĂ©dias et le public peuvent ĂŞtre passĂ©s Ă  chose, maugrĂ©ant Ă  propos du colportage de la peur.

Et qu’elle que soit la situation, c’est comme au moment oĂą vous lirez ceci, cela ne sera pas la fin de l’histoire non plus. Un virus qui a mutĂ© (plus virulent et plus transmissible ou rĂ©sistant aux antiviraux) pourrait revenir gronder quelques mois plus tard.

En tant que professionnel en communication de risque, j’ai observĂ© la dĂ©marche sur une corde raide du gouvernement amĂ©ricain, entre la confiance excessive et l’alerte excessive au sujet d’un foyer d’infection de grippe porcine qui pourrait facilement se rĂ©vĂ©ler dĂ©vastateur, secondaire (sauf au Mexique), ou n’importe oĂą entre les deux.

Je vais concentrer mes commentaires sur le gouvernement des États-Unis, parce que je l’ai observĂ© de très près. La plupart des gouvernements, dans des endroits avec moins de cas, ou aucun Ă  ce jour, ont Ă©tĂ© beaucoup plus rassurants dans leurs communications publiques que le gouvernement des États-Unis ne l’a Ă©tĂ©. Les États-Unis n’ont pas Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  la tentation de publier de fausses promesses Ă  savoir que les autoritĂ©s tiendraient la pandĂ©mie Ă©loignĂ©e de « nos » rivages – une tentation Ă  laquelle des dizaines de gouvernements ont succombĂ©. Je doute qu’aucun gouvernement ne fasse une meilleure communication de risque de grippe porcine que le gouvernement amĂ©ricain. Donc parlons de ce que le gouvernement amĂ©ricain fait, en particulier de ce que je crois qu’il fait mal.

Si vous voulez en savoir plus sur la manière dont les gouvernements du reste du monde – et certains gouvernements d’états amĂ©ricains – ont mal gĂ©rĂ© la crise, vĂ©rifiez un message sur Flu Wiki Forum, avec le merveilleux titre : « Ministers in Wonderland / Beyond Indefensible Over-reassurance «  – « Les ministres au pays des merveilles / Au-delĂ  du rĂ©confort excessif injustifiable. » « Path Forward » – « Voie de l’avenir » (le poster) est le nom de flu – nom de grippe de mon Ă©pouse et collègue Jody Lanard, qui travaille actuellement avec l’OMS en Asie.

Lacune de mise en garde

Le CDC [Centers for Disease Control and Prevention] des États-Unis fait un travail remarquable en expliquant la situation actuelle, et de quelle manière elle est incertaine. Toute personne qui porte attention comprend que nous ne savons vraiment pas si cette chose va figer, rester en suspens pendant des mois, disparaĂ®tre et ensuite rĂ©apparaĂ®tre, se propager mais en restant modĂ©rĂ©e, se reproduire ou dĂ©passer la catastrophe de 1918, ou quoi d’autre. La rĂ©itĂ©ration d’incertitude et l’insistance sur ce que cela signifie – par exemple l’avertissement peut changer, les stratĂ©gies locales peuvent diffĂ©rer, les incohĂ©rences peuvent ĂŞtre communes – a Ă©tĂ© presque bon sans prĂ©cĂ©dent.

En fait, le CDC a fait trois choses remarquables, les deux dernières d’entre elles rares:

● Il a dit à la population exactement ce qu’il sait à ce jour.
â—Ź Il a fait une « spĂ©culation responsable » Ă  propos des scĂ©narios futurs possibles, y compris ceux de la peur.
â—Ź Il a Ă©tĂ© enclin Ă  faire des prĂ©dictions oĂą les probabilitĂ©s Ă©taient prĂ©cises (par exemple les futurs dĂ©cès possibles aux États-Unis) et a insistĂ© sur l’incertitude oĂą les probabilitĂ©s ne sont pas prĂ©cises (par exemple, l’ampleur et la gravitĂ© Ă©ventuelle du foyer d’infection).

La plus grande faille du CDC: ne pas faire assez ou presque pour aider les gens Ă  visualiser ce Ă  quoi une pandĂ©mie vraiment grave pourrait ressembler – en les aidant aussi Ă  garder Ă  l’esprit que ce n’est qu’une parmi de nombreuses possibilitĂ©s – de sorte qu’ils puissent sentir le nĹ“ud dans leur estomac, celui que chacun ressent Ă  l’intĂ©rieur, passĂ© la rĂ©action d’ajustement, avoir cambrĂ© les reins et commencĂ© Ă  se prĂ©parer.

Il est particulièrement important de faire passer le message aux entreprises et aux leaders communautaires, qui ont un travail de préparation à faire le plus rapidement possible, au cas où les choses empireraient.

Mais les individus aussi ont Ă©galement un travail de prĂ©paration Ă  faire – la logistique aussi bien que le travail de prĂ©paration Ă©motionnelle. Toute cette prĂ©paration nous sera très utile, mĂŞme si – The Big One – La Grande Faucheuse n’est pas dĂ©jĂ  au coin de la rue… et ce sera indispensable si c’est le cas!

Pour le citoyen ordinaire, le gouvernement amĂ©ricain a dĂ©jĂ  recommandĂ© l’hygiène seulement, pas l’état de prĂ©paration. Il a dit aux gens de rester Ă  la maison s’ils sont malades, se couvrir la bouche pour tousser, et se laver les mains souvent. Il n’a pas recommandĂ© aux gens de faire des rĂ©serves de nourriture, d’eau, de mĂ©dicaments sur ordonnance, ainsi que d’autres articles. Il y a deux ans, Mike Leavitt, Ministre de la santĂ© au HHS [United States Department of Health and Human Services] a traversĂ© le pays avec cette recommandation. Ces derniers jours, le Directeur en poste au CDC, Richard Besser, a continuĂ© de se soustraire aux questions des journalistes Ă  savoir si c’est toujours une bonne recommandation.

Ce n’est certainement pas un conseil radical. Sous le mandat de Leavitt, l’administration Bush a mis sur pied un site Web sur la prĂ©paration Ă  une pandĂ©mie, www.pandemicflu.gov. Il y a des listes de contrĂ´le sur ce que les individus, les communautĂ©s, les Ă©coles, les hĂ´pitaux, les gouvernements locaux et autres devraient faire. La liste pour les individus et les familles se trouve Ă  www.pandemicflu.gov/plan/individual/checklist.html. Il y a des listes de contrĂ´le moins rĂ©servĂ©es qui sont disponibles sur des sites non gouvernementaux, pour la prĂ©paration Ă  une pandĂ©mie, comme www.fluwikie.com. Toutefois, je serais satisfait si le Dr Besser exhortait les gens Ă  consulter www.pandemicflu.gov. Au meilleur de ma connaissance, il ne l’a pas encore fait. (En toute impartialitĂ©, il y a un lien vers www.pandemicflu.gov, sur la page Web spĂ©ciale du CDC pour la grippe porcine, Ă  www.cdc.gov/swineflu/.)

Le Dr Besser ne minimise pas le risque. Ă€ maintes reprises, il a rĂ©pĂ©tĂ© qu’il est « très prĂ©occupĂ© » – un cran plus haut sur l’Ă©chelle d’effervescence Ă©motionnelle que le PrĂ©sident Obama, dont la devise d’argent sur la crise Ă  ce jour s’est dĂ©voilĂ©e lorsqu’il a mentionnĂ© Ă  l’AcadĂ©mie Nationale des Sciences que le foyer d’infection « est Ă©videmment une cause d’inquiĂ©tude… mais que ce n’est pas une raison de s’alarmer. » Le Dr Besser exprime sa prĂ©occupation d’une manière apaisante; il n’a pas cette apparence Ă©chevelĂ©e, Ă©puisĂ©e du gestionnaire de la Nuclear Regulatory Commission, Harold Denton, qui a performĂ© lors de la crise de [lien ajoutĂ©] Tree Mile Island, en 1979. Denton a laissĂ© les gens ressentir simultanĂ©ment que le risque Ă©tait sĂ©rieux et qu’ils Ă©taient entre bonnes mains. Le Dr Besser mentionne que c’est grave, mais nous laisse le sentiment qu’il ne veut pas vraiment que nous nous inquiĂ©tions beaucoup.

Cependant, je ne blâme pas le Dr Besser de paraître et de parler de façon rassurante. Le standard d’excellence dans la communication de crise est de dire les choses alarmantes sur un ton calme, et c’est exactement ce qu’il fait.

Le problème est qu’il ne nous donne pas quelque chose Ă  faire, sauf des bonnes pratiques d’hygiène. Il continue de nous dire, prĂ©cisĂ©ment, que le CDC est très offensif en rĂ©ponse au foyer d’infection. Mais il ne demande pas Ă  la population d’ĂŞtre offensive.

Le plus proche qu’il soit allĂ©, jusqu’Ă  prĂ©sent, a Ă©tĂ© plusieurs appels Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  la façon dont nous allons procĂ©der, s’il y a une infection dans l’école de notre enfant, et si l’Ă©cole est fermĂ©e pendant quelques jours. C’est bien. Il aide les gens Ă  « imaginer la rĂ©alitĂ© »; il invite Ă  ce que la communicatrice de risque du CDC, Barbara Reynolds, a justement appelĂ© la « manoeuvre indirecte. » Bien sĂ»r, il y a plus de possibilitĂ©s sinistres que nous pourrions rĂ©pĂ©ter indirectement. Personne dans l’administration des États-Unis n’a demandĂ© Ă  la population d’imaginer une reproduction de la ville de Mexico dans notre ville natale, et encore moins une pandĂ©mie grave grandeur nature: plus de cadavres que de cercueils; tout pratiquement fermĂ© partout, pratiquement plus rien dans les magasins encore ouverts.

Pourtant, la suggestion du Dr Besser est de penser Ă  ce que nous pourrions faire, si les choses empiraient lĂ©gèrement, advenant un point fort. Le point faible est survenu samedi, lorsque Anne Schuchat, du CDC, a dit Ă  brĂ»le-pourpoint, lors d’une confĂ©rence de presse, que « nous sommes inquiets et nous agissons sur plusieurs fronts, afin que vous n’ayez pas Ă  vous inquiĂ©ter. » Je suis sĂ»r que la Dre Schuchat a regrettĂ© avoir dit cela.

Je suis Ă©galement certain que c’est exactement ce que le gouvernement amĂ©ricain a en tĂŞte. Dès le dĂ©but de la crise de la grippe porcine, il me semble, il y a eu une dĂ©cision – sans doute un très haut niveau de dĂ©cision – pour prendre la situation très au sĂ©rieux, mais attendre pour demander Ă  la population de faire la mĂŞme chose. Le rĂ©sultat est presque surrĂ©aliste. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral a libĂ©rĂ© un quart de la RĂ©serve Nationale StratĂ©gique de mĂ©dicaments antiviraux pour les Ă©tats, donc il y aura des millions de doses de Tamiflu prĂŞtes Ă  ĂŞtre dĂ©ployĂ©es, s’il y a des millions d’AmĂ©ricains malades qui nĂ©cessitent des mĂ©dicaments. Mais il n’a pas encore Ă©tĂ© demandĂ© Ă  ces millions d’AmĂ©ricains de faire des rĂ©serves de thon et de beurre d’arachide.

La peur de la peur

J’Ă©tais ici antĂ©rieurement. En 2005, la menace de pandĂ©mie de grippe aviaire est venue d’un virus H5N1, au lieu de l’hybride actuel porc-aviaire-humain H1N1. (De peur que quelqu’un ne l’ait oubliĂ©, le virus H5N1 est toujours dans les parages aussi.) Le CDC et le HHS ont alors Ă©tĂ© convaincus de la mĂŞme façon que le risque Ă©tait grave, et engagĂ©s de façon similaire dans une action prĂ©paratoire offensive – c’est pourquoi nous avons cette Strategic National Stockpile (RĂ©serve StratĂ©gique Nationale) d’antiviraux – et de mĂŞme peu enclins Ă  alarmer la population amĂ©ricaine. Le sentiment Ă©tait que les gens avaient Ă©tĂ© suffisamment prĂ©occupĂ©s par le 11 septembre ainsi que les guerres en Afghanistan et en Iraq, et que le gouvernement avait Ă  peu près Ă©puisĂ© son quota de dĂ©clarations angoissantes. C’est Ă  peu près le mĂŞme sentiment aujourd’hui Ă  propos de l’effondrement Ă©conomique.

Je faisais partie de la minoritĂ© alors, comme je le suis Ă  prĂ©sent, en exhortant les autoritĂ©s Ă  impliquer la population dans des efforts d’état de prĂ©paration Ă  une pandĂ©mie. En fĂ©vrier 2005, j’ai Ă©tĂ© invitĂ© Ă  donner un sĂ©minaire d’une journĂ©e sur mes recommandations, lors d’un conclave de haut niveau du CDC et du HHS, Ă  des experts et autoritĂ©s en maladies infectieuses. Ils m’ont Ă©coutĂ©, m’ont retournĂ© Ă  la maison, et ont rĂ©affirmĂ© leur politique de calme et de prĂ©paration tranquille.

Au cours de l’Ă©tĂ©, le prĂ©sident Bush en a appris davantage sur la pandĂ©mie de 1918 en lisant The Great Influenza de John Barry. Ensuite, Katrina est survenue. Les deux en mĂŞme temps ont convaincu la Maison Blanche que Cassandra peut ĂŞtre un meilleur modèle que Pollyanna. Peu de temps après, le CDC et le HHS ont tirĂ© la sonnette d’alarme Ă  propos d’une pandĂ©mie possible. Ils ont suscitĂ© certaines prĂ©occupations, mais pas de panique; ils ont inspirĂ© certains efforts de prĂ©paration individuelle et communautaire, mais pas suffisamment. Et puis, l’attention s’est portĂ©e sur d’autres risques… jusqu’Ă  la semaine dernière.

Afin d’Ă©viter d’effrayer la population, la semaine passĂ©e, le gouvernement amĂ©ricain a Ă©vitĂ© de suggĂ©rer au public que nous devrions tous nous prĂ©parer Ă  une pandĂ©mie possible – pas seulement les fĂ©dĂ©raux.

Pourquoi les autorités sont-elles aussi réticentes à décrire le pire des scénarios de façon précise, et exhorter les gens à se préparer à cette éventualité? Voici pourquoi:

1

La peur de la peur et la « panique de la panique ».

Il y a une terreur virtuelle d’effrayer la population de façon excessive (comme si c’était facile). Bien que les spĂ©cialistes en gestion de crise savent depuis des dĂ©cennies que la panique est rare, les fonctionnaires vont rĂ©gulièrement dans des « panique panique » – soit en prĂ©disant que la population va paniquer si on leur dit des choses alarmantes, ou en diagnostiquant incorrectement les efforts en vue de se prĂ©parer, comme de la panique.

Une recherche sur Google News, ce matin, pour la « panique de grippe porcine » a affichĂ© plus de 8,000 entrĂ©es. Certaines d’entre elles Ă©taient des gens incitant Ă  ne pas paniquer (inutile et conseils condescendants); quelques-unes soulignaient que les gens ne paniquent pas en fait, pas mĂŞme dans la ville de Mexico. Mais la grande majoritĂ© interprĂ©tait les mesures de prĂ©caution comme une preuve de panique. Pas Ă©tonnant ensuite que les autoritĂ©s soient rĂ©ticentes Ă  recommander avec insistance de prendre des prĂ©cautions. Pour en savoir plus sur ce phĂ©nomène, voir Fear of Fear : The Role of Fear in Preparedness… and Why it Terrifies Officials – (La peur de la peur: le rĂ´le de la peur dans l’état de prĂ©paration… et Pourquoi cela terrifie les autoritĂ©s) que j’ai Ă©crit avec Jody Lanard, en 2003.

Le paradoxe de « la panique de la panique », consiste en ce que cela implique des ennuis par habitude. Les autoritĂ©s qui imaginent que la population panique ou qu’elle paniquera bientĂ´t, peuvent se sentir poussĂ©es Ă  faire des dĂ©clarations trop rassurantes, pour supprimer des informations alarmantes, et dĂ©nigrer ceux qui ont peur comme des « irrationnels » ou des « hystĂ©riques » (ou « des alarmistes). Ces frappes prĂ©emptives officielles laissent les gens effrayĂ©s seuls, face Ă  leurs peurs, et les persuadent que leur gouvernement les a trahis et qu’ils ne peuvent pas lui faire confiance. Le rĂ©sultat est une augmentation de l’inquiĂ©tude dans la population, que les autoritĂ©s ne peuvent pas correctement canalyser dans une action efficace, car elles ont dĂ©jĂ  contestĂ© la peur et parce qu’elles ne sont pas disposĂ©es Ă  faire participer la population. Au cours des foyers d’infection de SRAS [Syndrome respiratoire aigu sĂ©vère], en 2003, par exemple, le gouvernement chinois a niĂ© que Beijing avait des cas de SRAS et des dĂ©cès causĂ©s par le SRAS. Ces faux dĂ©nis ont menĂ© Ă  la vĂ©ritable panique Ă  Beijing. Pourquoi le gouvernement chinois a-t-il cachĂ© la vĂ©ritĂ©? Pour apaiser la panique.

Ă€ son crĂ©dit, le CDC n’a pas fait de dĂ©clarations hyper-rassurantes, supprimĂ© les informations alarmantes, ou critiquĂ© les peurs. Pendant plusieurs jours, avant le premier dĂ©cès survenu ce matin aux États-Unis, causĂ© par la grippe porcine, le Dr Besser a toujours prĂ©dit qu’il y aurait bientĂ´t des dĂ©cès aux États-Unis. C’est une excellente communication de risque. Il ne sous-estime pas Ă  quel point les choses sont graves ou peuvent le devenir. Son Ă©chec (de compĂ©tence? de nerfs? de politique?) est plus subtil que cela: il est en train de crĂ©er le sentiment que le CDC fera tout ce qu’il faudra pour nous protĂ©ger, et que nous devons faire peu ou Ă  peu près rien pour nous protĂ©ger. Je pense que cela est intentionnel, visant Ă  Ă©viter ce qu’il ou que ses supĂ©rieurs considèrent comme une inquiĂ©tude publique excessive.

2

La réputation des soucis.

Sous-jacente de la crainte d’effrayer la population, est la crainte d’ĂŞtre accusĂ© d’effrayer la population, en particulier dans l’environnement Ă©conomique actuel. C’est une crainte rĂ©aliste, je dois l’admettre. Chaque nouveau risque met en Ă©vidence une Ă©quipe de commentateurs, pleins d’assurance pour accuser les autoritĂ©s « d’exploiter les sentiments de crainte » en publiant des mises en garde excessivement sinistres concernant un phĂ©nomène qui a Ă  peine tuĂ© quelques personnes… comme si le temps de prĂ©paration se situait après que la catastrophe a frappĂ©.

DĂ©jĂ , les mĂŞmes autoritĂ©s que je suis en train de critiquer pour ne pas avertir suffisamment le public, sont accusĂ©es par d’autres d’avertir le public de façon excessive. Et bien sĂ»r, si le virus recule et si cette pandĂ©mie ne se matĂ©rialise jamais, ces critiques se considĂ©reront elle-mĂŞmes justifiĂ©es… comme si le fait que votre maison n’ait pas brĂ»lĂ© cette annĂ©e dĂ©montre la folie de la dĂ©cision de l’an dernier d’acheter une assurance incendie. C’est un non-sens dangereux d’imaginer que les avertissements ne sont justifiĂ©s que s’ils sont suivis assez rapidement par des catastrophes. Les personnes qui ne prennent pas de prĂ©cautions Ă©chappent souvent aux blessures. Cela les rend chanceux, pas prĂ©voyants.

La seule consolation que je peux offrir aux autoritĂ©s est la suivante: au fil des ans, beaucoup d’autres bureaucrates et des politiciens ont perdu leur emploi pour ne pas avoir pris suffisamment une catastrophe au sĂ©rieux, au lieu d’ĂŞtre trop alarmiste Ă  propos d’une catastrophe possible qui ne s’est jamais concrĂ©tisĂ©e. Oui, il y aura des commentaires critiques sur les « rĂ©actions exagĂ©rĂ©es » si la grippe porcine s’en va, – mais pensez aux enquĂŞtes du Congrès pour des insuffisances d’état de prĂ©paration qui suivront une pandĂ©mie de grippe porcine grandeur nature.

Cependant, les coĂ»ts des rĂ©actions exagĂ©rĂ©es – c’est-Ă -dire, ĂŞtre vu avec le recul comme ayant rĂ©agi de façon excessive – sont Ă©levĂ©s. Une nouvelle administration avec un ambitieux programme ne peut pas se permettre de gaspiller de la crĂ©dibilitĂ© dans des prĂ©cautions pour la pandĂ©mie qui peuvent sembler stupidement excessives avec du recul.

La solution de communication de risque pour ce dilemme est d’Ă©mettre des avertissements qui soient Ă  la fois effrayants et Ă  caractère provisoire. Les responsables de la santĂ© publique doivent apprendre comment dire: « Cela pourrait devenir très grave, et il est temps de se prĂ©parer au cas oĂą cela se produirait » et « Cela pourrait foirer, et nous nous sentirons probablement un peu stupides si cela se produit » – pour dire les les deux en mĂŞme temps, sur le mĂŞme ton mordant.

Une fois qu’ils auront maĂ®trisĂ© cela, ensuite les fonctionnaires devront apprendre Ă  expliquer la probabilitĂ© relative de ces deux rĂ©sultats, ainsi que des rĂ©sultats divers entre les deux. Les prĂ©visionnistes d’ouragans, par exemple, font la distinction entre une surveillance d’ouragan (porter attention) et un avertissement d’ouragan (prendre des prĂ©cautions). La communication de risque d’une tornade devient encore plus prĂ©cise, allant directement Ă : « Si vous vivez ici ou lĂ , filez Ă  votre cave MAINTENANT! »

Évidemment, nous ne savons rien encore des probabilitĂ©s relatives des diffĂ©rents rĂ©sultats de grippe porcine. Les experts de grippe parlent de la façon dont les choses paraissent en ce moment, et c’est la façon catastrophique qu’une pandĂ©mie pourrait avoir l’air Ă  ce stade prĂ©liminaire – et c’est Ă©galement ce qu’une fausse alarme pourrait avoir l’air Ă  ce stade prĂ©liminaire.

Les avertissements concernant la grippe porcine sont particulièrement difficiles d’une autre façon aussi: mauvais antĂ©cĂ©dent. Le problème est en partie fondĂ© sur le fiasco de la grippe porcine de 1976, quand les États-Unis ont lancĂ© prĂ©maturĂ©ment un programme de vaccination, qui a causĂ© plus de maladie que cette pandĂ©mie de dĂ©fection. Mais la plus grande source d’hĂ©sitation officielle, je crois, est la peur de la grippe aviaire en 2005-2006. Les autoritĂ©s de la santĂ© publique ont alors semblĂ© impliquer que le virus de la grippe aviaire devait muter et se lancer dans une pandĂ©mie humaine Ă  compter du mardi suivant. Mais le virus est restĂ© (et demeure Ă  ce jour) limitĂ© Ă  des millions d’oiseaux et quelques centaines de personnes profondĂ©ment malchanceuses.

(Il existe certaines diffĂ©rences clĂ©s entre deux menaces de pandĂ©mie, autres que le fait que l’on est toujours thĂ©orique et l’autre qui semble imminente. La grippe aviaire H5N1 n’a pas encore appris Ă  se propager facilement de personne Ă  personne, une habiletĂ© que la grippe porcine H1N1 a dĂ©jĂ  amplement dĂ©montrĂ©e. D’autre part, le virus H5N1 a tuĂ© plus de la moitiĂ© des personnes qu’il a infectĂ©es, alors que le nouveau H1N1 semble relativement lĂ©ger jusqu’Ă  prĂ©sent… mais pas aussi lĂ©ger que les premiers rapports des États-Unis le sous-entendent. Une autre diffĂ©rence: aux États-Unis et dans la plupart des rĂ©gions du monde dĂ©veloppĂ©, nous avons maintenant une provision assez considĂ©rable de mĂ©dicaments antiviraux qui sont connus pour ĂŞtre efficaces – jusqu’Ă  prĂ©sent – contre le virus de la grippe porcine Ă  laquelle nous sommes confrontĂ©s.)

La communication de risque pandĂ©mique Ă  propos du H5N1, il y a quelques annĂ©es Ă©tait pertinemment effrayante, Ă©tant donnĂ© que le risque Ă©tait (et demeure) grave. Mais les autoritĂ©s ont mal fait la partie expĂ©rimentale. Ils ont terminĂ© avec l’oeuf en plein visage, dans l’esprit de nombreux citoyens. Et depuis que je les ai poussĂ©s Ă  adopter une ligne plus alarmante, j’ai perdu une certaine crĂ©dibilitĂ© dans l’esprit de nombreux officiels. Alors maintenant, il est plus difficile pour les autoritĂ©s de dĂ©cider de tirer la sonnette d’alarme au sujet de la grippe porcine… et d’autant plus difficile pour moi de leur dire de le faire. Cette fois-ci, ils sont devant le risque de mal faire la partie expĂ©rimentale et la partie effrayante.

3

Projection.

Sous-jacentes Ă  ce qui prĂ©cède, je crois, sont les sources de nos « propres peurs de ce qu’une pandĂ©mie pourrait ĂŞtre. Ils essaient de dĂ©nouer le noeud dans leur propre estomac, et cela se manifeste comme une projection psychologique: « La population panique! » Ce qu’ils ne comprennent pas est que le nĹ“ud fait partie d’une « rĂ©action d’ajustement » utile. Ils ont besoin de se guider eux-mĂŞmes Ă  travers cela, et ils ont besoin de guider la population, et ensuite Ă  travers cela.

Les avantages des mesures de précaution

Cela peut aider si les autorités ont une meilleure compréhension de la relation entre les mesures de précautions et la peur. Laissez de côté les avantages pratiques des précautions. Il y a deux avantages psychologiques qui valent la peine d’être décrits.

Commençons d’abord par l’impact sur les personnes responsables qui sont les plus inquiètes – celles qui sont très inquiètes. Voici le secret de l’état de prĂ©paration que les leaders gouvernementaux craintifs ont tendance Ă  oublier: il s’agit d’une expĂ©rience d’apaisement Ă  prĂ©parer. Comme les psychiatres disent parfois, « action implique anxiĂ©tĂ©. » Le fait d’avoir des choses Ă  pouvoir faire, qui semblent de nature Ă  amĂ©liorer leur situation, donne aux gens un sentiment de contrĂ´le; cela crĂ©e l’auto-efficacitĂ© qui mène Ă  la dĂ©termination, au calme, et mĂŞme Ă  la confiance. Il ne s’agit pas de prendre des mesures qui rendent les gens moins craintifs, mais plutĂ´t de rendre les gens plus capables de supporter leur peur.

Ceux qui auront travaillé fort, pour ne pas s’inquiéter de la pandémie qui pourrait être imminente, se sentiront plus en contrôle après avoir pris des mesures concrètes pour arriver à être prêts, ainsi que leur famille.

L’autre effet psychologique imparti Ă  prendre des mesures de prĂ©caution peut avoir moins d’importance pour le CDC actuellement, mais il importe autant dans la conjoncture du pays, si une pandĂ©mie se produit. Certaines personnes – beaucoup de gens, en fait – ne sont pas encore très prĂ©occupĂ©es par une Ă©ventuelle pandĂ©mie de grippe porcine. Il y a eu une grande histoire hier, mais pas LA grande histoire; la dĂ©fection d’Arlen Specter pour les dĂ©mocrates a Ă©tĂ© plus grande. (Et beaucoup de gens ont ignorĂ© les deux.) Beaucoup de pharmacies n’ont plus de Tamiflu ni de masques chirurgicaux, mais elles n’avaient pas beaucoup de provision au dĂ©part, pour autant que je sache, les supermarchĂ©s n’ont manquĂ© de rien. Le gouvernement peut ĂŞtre inquiet au sujet du risque d’anxiĂ©tĂ© pandĂ©mique, mais je suis plus prĂ©occupĂ© par le risque d’apathie pandĂ©mique.

Quand les autoritĂ©s recommandent vivement aux gens de prendre des mesures de prĂ©cautions, cela ne traverse pas nĂ©cessairement l’apathie – mais cela aide. Chaque fois que les autoritĂ©s rĂ©pètent le conseil, plus de gens le prennent. Certains d’entre eux le prennent avec scepticisme, mais le prennent tout de mĂŞme. En septembre 2003, quand le DĂ©partement de la SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure a vivement recommandĂ© aux AmĂ©ricains de faire des rĂ©serves de provisions dans l’éventualitĂ© d’une attaque terroriste – notamment du ruban adhĂ©sif pour sceller les portes et les fenĂŞtres – il y a eu des commentaires impertinents, mais les ventes de ruban adhĂ©sif ont montĂ© en flèche. (Voir « Duct Tape Risk Communication. »)

Comme les psychologues sociaux le savent bien, les attitudes suivent le comportement beaucoup plus sĂ»rement qu’elles dĂ©terminent le comportement. Leon Festinger a inventĂ© le terme « dissonance cognitive » pour dĂ©crire le malaise des gens quand ils viennent juste de faire quelque chose qu’ils ne croient pas spĂ©cialement significatif. La dissonance cognitive mène Ă  la recherche d’informations – la recherche (influencĂ©e) d’informations pour donner un sens au nouveau comportement, et donc rĂ©duire la dissonance.

Autrement dit, nous apprenons de ce que nous faisons. Si le CDC peut avoir suffisamment de gens intĂ©ressĂ©s Ă  faire des rĂ©serves d’approvisionnement, en prĂ©vision d’une pandĂ©mie Ă©ventuelle, le simple fait de passer Ă  l’acte les rendra plus attentifs aux nouvelles concernant la grippe porcine, en plus d’être concernĂ©s par la prĂ©paration Ă  une pandĂ©mie.

Ainsi, exhorter les gens Ă  se prĂ©parer est un deux pour un: il calme ceux dont la prĂ©occupation est excessive, et rĂ©veille ceux dont la prĂ©occupation est insuffisante. Sans parler des avantages d’avoir les bons articles en main, s’il devient dangereux de sortir en public, ou si les lignes d’approvisionnement sont perturbĂ©es et que les denrĂ©es ne sont plus disponibles.

Messagerie pré-pandémique

Comme le Dr Besser ne cesse de rĂ©pĂ©ter Ă  juste titre, nous sommes actuellement dans un stade « prĂ©-pandĂ©mique ». L’Organisation mondiale de la santĂ© a fait augmenter la Phase 3 Ă  la Phase 4 de la pandĂ©mie le lundi, et elle a estimĂ© augmenter de nouveau Ă  la Phase 5 de bonne heure aujourd’hui (mercredi), et elle a annoncĂ© ensuite qu’elle Ă©tait « proche », mais pas tout Ă  fait rendue, puis a rĂ©examinĂ© plus tard aujourd’hui et a dĂ©clarĂ© la Phase 5. La Phase 6 est une vĂ©ritable pandĂ©mie.

En annonçant ce grand changement important, la Directrice gĂ©nĂ©rale de l’OMS, Margaret Chan, a suivi le mĂŞme scĂ©nario que le CDC a suivi. On lui a demandĂ© Ă  maintes reprises ce que les individus peuvent faire, ou devraient faire, pour se protĂ©ger eux-mĂŞmes ainsi que leurs familles. Elle a rĂ©pondu que les gens Ă  Genève, souvent se pincent la joue trois fois, et suggèrent qu’il est peut-ĂŞtre temps de mettre fin Ă  cette situation pendant un certain temps. L’hygiène et la distanciation sociale; lavez-vous les mains; restez Ă  la maison quand vous ĂŞtes malade. C’est un bon conseil. Mais la recommandation de l’OMS pour la Phase 5 appelle cela « un signal fort qu’une pandĂ©mie est imminente et qu’il est temps de finaliser l’organisation, la communication et la mise en oeuvre des mesures de mitigation est cours. » Cela devrait signifier plus pour les individus et les familles que des restrictions d’étreintes volontaires.

Il peut s’avĂ©rer n’y avoir aucun rĂ©el besoin pour les individus et les familles de commencer Ă  se prĂ©parer immĂ©diatement. Nous aurions pu rester en Phase 5 pendant des semaines ou des mois. Ou nous pourrions progresser vers la Phase 6 de la pandĂ©mie qui Ă©tait assez lĂ©gère pour ĂŞtre perceptible seulement par des professionnels.

Notre rĂ©flexion sur les pandĂ©mies a Ă©tĂ© conditionnĂ©e par le virus H5N1, le virus de la grippe aviaire qui a tuĂ© plus de la moitiĂ© des personnes qu’il a infectĂ©es. Nous avons pris l’habitude de supposer que toute pandĂ©mie serait une pandĂ©mie catastrophique. 1918 a Ă©tĂ© vraiment catastrophique, mĂŞme si son taux de mortalitĂ© Ă©tait seulement de 2.3 pour cent – plus bas que le taux vraisemblable du H1N1 au Mexique Ă  ce jour (sans parler du taux effroyable du H5N1). Les deux autres pandĂ©mies du vingtième siècle, celles de 1957 et 1968 ont Ă©tĂ© lĂ©gères, pas catastrophiques; pour la plupart des non-professionnels, il s’est agit d’évĂ©nements qui n’ont pas eu lieu. La pandĂ©mie de 2009 pourrait ĂŞtre tout aussi lĂ©gère.

Ou elle pourrait ĂŞtre catastrophique. Ou quelque part entre les deux.

Donc, la question clé est quoi dire à la population quand une pandémie peut être imminente, mais qui peut toujours ne pas aboutir ou rester en veilleuse ou s’avérer anticlimatiquement légère.

Il y a deux ans, mon Ă©pouse et collègue Jody Lanard, et moi-mĂŞme avons essayĂ© de rĂ©pondre Ă  cette question dans une l-o-n-g-u-e rubrique en quatre parties intitulĂ©e “What to Say When a Pandemic Looks Imminent: Messaging for WHO Phases Four and Five.” – « Quoi dire quand une pandĂ©mie semble imminente: message de l’OMS Phases Quatre et Cinq. » Nous Ă©crivions pour le moment prĂ©sent. Mais nous avons aussi essayĂ© d’influencer le message en cas de pandĂ©mie qui ne soit pas imminente, en essayant de persuader les autoritĂ©s de faire le bon plaidoyer de prĂ©caution pour la pandĂ©mie, dans le but qu’il soit un peu plus facile de faire de la bonne communication de crise pour la pandĂ©mie maintenant. Nous avons espĂ©rĂ©, et avons dit que « travailler sur vos messages en attente pour les phases 4 et 5 de l’OMS pourrait vous aider Ă  dĂ©cider d’ĂŞtre plus offensif aujourd’hui, au cours de la Phase 3 de l’OMS. » Nous avons reçu le mauvais virus – nous avions anticipĂ© un H5N1 pandĂ©mique « grippe aviaire » – mais qui affecte très peu les messages.

La rubrique analyse en dĂ©tails complexes ce que signifie alerter le public… et ce que signifie communiquer avec un public de plus en plus Ă©veillĂ© et de plus en plus effrayĂ©. Le cĹ“ur de la rubrique se trouve dans les Parties 2 et 3, oĂą nous exposons 25 messages spĂ©cifiques, ainsi que les raisonnements de la communication de risque derrière eux.

Voici les titres de ces 25 messages. (Les messages eux-mĂŞmes sont beaucoup plus longs.)

1. Cela ressemble à une pandémie de grippe sur le point de se déclencher.

2. Il n’est plus question des oiseaux à présent.

3. Il s’agit d’un nouvel avertissement, plus urgent que tout autre avertissement jusqu’à date.

4. Les experts ne sont pas encore certains.

5. Nous ne savons pas Ă  quel point ce sera grave.

6. Voici ce que nous savons jusqu’à présent sur la gravité de la question.

7. Ce peut être grave. La société survivra, mais ce peut être très grave.

8. Nous pouvons avoir une longue période d’opportunités pour faire certains préparatifs pratiques. Nous devons tirer le meilleur parti de cela – même si l’effort peut avoir été inutile si une pandémie grave ne se produit pas.

9. Ce qui importe le plus est de savoir comment les familles, les groupes communautaires et les entreprises se préparent.

10. Les préparatifs individuels et communautaires se concentreront sur trois objectifs: réduire le risque de chaque personne de tomber malade, en aidant les familles avec des besoins de survie élémentaires en cas de pandémie, et en réduisant au minimum et en faisant face au plus grand bouleversement de la société.

11. La distanciation sociale sera importante, mais désagréable.

12. La fermeture des écoles présentera un dilemme de distanciation sociale difficile.

13. Le lavage des mains est loin d’être une panacée. Mais il est facile, est sous votre contrôle et ne présente pas d’inconvénients.

14. Comme se laver les mains, le port d’un masque peut aider un peu. Mais il présente plus d’inconvénients que le lavage des mains.

15. Se préparer à une pandémie est en grande partie se préparer à d’éventuelles pénuries.

16. Il est probablement trop tard pour faire beaucoup de réserves maintenant, mais faites ce que vous pouvez.

17. C’est aussi le moment de réfléchir à la façon dont vous devrez vous occuper d’un être cher à la maison.

18. Pour réussir à passer au-travers les temps difficiles qui peuvent survenir, nous aurons besoin de bénévoles. Comment pouvez-vous aider?

19. Si la pandémie est grave, le travail le plus difficile ne sera pas de faire face à la maladie elle-même. Ce sera de maintenir les denrées essentielles en circulation et les services, et de maintenir l’ordre civil.

20. Voici ce que le gouvernement va faire…

21. Essayez de ne pas décrocher [tout abandonner]. Essayez de ne pas réagir de façon excessive.

22. Même si nous espérons que les émeutes, les paniques et autres types de troubles civils ne seront pas communs, il est important d’être sur ses gardes.

23. Nous entrons dans cette crise pandémique, déterminés à être francs. Cela signifie que vous pouvez vous attendre à de mauvaises nouvelles, à des changements politiques déroutants, à des opinions et des informations contradictoires.

24. Écoutez les récits de ce qui s’est passé en 1918, et les conjectures de ce que la prochaine pandémie peut être.

25. Voici quelques informations supplémentaires que vous pourriez vouloir connaître… Voici comment vous pouvez obtenir plus d’informations… Voici comment vous pouvez nous donner vos commentaires et vos suggestions.

Si vous aimez ces titres, lisez la rubrique. Si vous dĂ©testez les titres, lisez dĂ©finitivement la rubrique. Vous pouvez toujours dĂ©cider que c’est la voie de la base – beaucoup de fonctionnaires ont dĂ©cidĂ© cela cette semaine, – mais regardez plutĂ´t ce que Jody et moi-mĂŞme avons Ă  dire et prenez vos propres dĂ©cisions.

Peter Sandman

Chers lecteurs, nous modifions actuellement, et durant tout le week-end, la plateforme de Mecanopolis. Cela risque d’entraĂ®ner quelques interruptions du site. Nous vous prions de nous en excuser. Cette page d’information continuera sur :

.

juin 24 2009

Les forces politiques « progressistes » instrumentalisent le Nouvel Ordre Mondial

Chevalier Jedi

Nombre de lecteurs et d’observateurs de la situation gĂ©opolitique internationale pensent que l’idĂ©ologie d’un Nouvel Ordre Mondial et d’une gouvernance mondialisĂ©e sont l’apanage des courants dit « de Droite » nĂ©o conservateurs et ultralibĂ©raux. Et bien non ! Les forces progressistes dites « de Gauche »: socialistes, communistes et altermondialistes participent activement au mouvement remodĂ©lateur du N.O.M. et Ă  la mise en place de tous les outils nĂ©cessaires pour une future gouvernance internationale. Dès Janvier 2001, lors du Forum Social Mondial, le mouvement altermondialiste ATTAC, annonce bien la couleur en accusant les Ă©tats nations d’ĂŞtre Ă  l’origine des guerres et des gĂ©nocides (discours d’inauguration).

cheva

En outre, il laisse sous entendre la nĂ©cessitĂ© de les supprimer au profit d’une structure dominante globale qui passerait outre la souverainetĂ© des pays et des peuples et n’hĂ©site pas Ă  citer Nicos Poulantzas (penseur marxiste proche des conceptions de l’eurocommunisme): « les gĂ©nocides sont une invention moderne liĂ©e Ă  la spatialisation propre aux Etats nations : forme d’extermination spĂ©cifique Ă  la constitution d’un nettoyage du territoire national qu’on homogĂ©nĂ©ise.(…) Le gĂ©nocide ne devient possible que par la fermeture des espaces nationaux contre ceux qui deviennent ainsi les corps Ă©trangers Ă  l’intĂ©rieur des frontières. Symbole ? Le premier gĂ©nocide de l’histoire moderne, celui des ArmĂ©niens, accompagne la fondation du jeune Etat nation turc par Kemal AtatĂĽrk, la constitution d’un territoire national sur les ruines de l’Empire ottoman. (…) Les racines du totalitarisme sont inscrites dans la matrice spatiale matĂ©rialisĂ©e par l’Etat nation moderne…».

Alors que la fondation de l’Etat moderne turc s’inscrit pleinement dans l’Agenda mondialiste du XX ème siècle, le discours d’ATTAC prĂ©tend ainsi que les Ă©tats nations sont l’apanage de tels crimes et omet de signaler que les empires Ă  tendance mondialiste, par le truchement d’organisations globales (ONU, OMS, OMC, etc.), provoquent aussi nombres de gĂ©nocides organisĂ©s et justifiĂ©s par leurs propres règles et leurs lois dominatrices.

Peu Ă  peu, le discours d’ATTAC de 2001 nous fait penser que la fatalitĂ© de notre Ă©tat, monde globalisĂ© ( »…globalisation capitaliste, aux politiques nĂ©olibĂ©rales productrices d’une brutale inĂ©galitĂ© sociale, de dĂ©sastres Ă©cologiques, de rĂ©gression sociale, d’ « horreur Ă©conomique » et d’aggravation de la dette et de la dĂ©pendance des pays du Tiers-monde… »), ne nous laisse comme autre choix qu’une contre attaque, la crĂ©ation d’un « autre projet mondial, Ă©mancipateur, dĂ©mocratique, Ă©galitaire, libertaire » en proposant les bases de ce qui deviendra un jour « l’internationale de la RĂ©sistance » contre l’offensive capitaliste nĂ©o-libĂ©rale. En d’autres mots la version gauchiste du projet mondialiste (Ă  noter que la première et principale rĂ©fĂ©rence de ce discours ampoulĂ© n’est autre que Le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels…) Tout est dit !

En 2003, le XXII ème congrès des pays socialistes de Brasilia anticipait dĂ©jĂ  et bien avant l’avènement de la crise Ă©conomique majeure qui dĂ©buta en 2007, la nĂ©cessitĂ© d’un Nouvel Ordre Mondial (liste des participants).

« The Socialist International, the global movement of social democratic, socialist and labour parties, holding its XXII Congress in São Paulo at the invitation of the Partido dos Trabalhadores, calls on all socially and politically progressive people and organisations to come together in a global coalition to promote a new world order based on a new multilateralism for peace, security, sustainable development, social justice, democracy, respect for human rights and gender equality. » (Texte complet).

L’amphitryon de ce sommet, le fraĂ®chement Ă©lu Lula Da Silva, grand reprĂ©sentant du progressisme Ă  la brĂ©silienne, reprit quasiment mot pour mot le discours d’inauguration concoctĂ© en Grande Bretagne par le siège de « l’Union des partis socialistes du monde ». Discours de Lula (VO)

En rĂ©sumĂ©, le PrĂ©sident Lula explique que des nĂ©gociations sont en cours avec l’OMC afin de mettre en place une zone de libres Ă©changes au niveau des AmĂ©riques avec le G22.

Que l’objectif du Mercosur (actuellement dĂ©passĂ© au niveau global par l’UNASUR est de dĂ©velopper un ordre Ă©conomique plus juste et plus Ă©quilibrĂ© pour tous.

D’ailleurs, les brĂ©siliens sont en train de renforcer les relations Ă©conomiques dans la RĂ©gion pour construire une infrastructure commune au niveau Ă©conomique et commercial…. Ils veulent aussi crĂ©er des institutions politiques communes, en cherchant l’intĂ©gration sociale et culturelle ; mais aussi dĂ©velopper des relations avec l’Inde, l’Afrique du Sud, la Chine et la Russie pour renforcer le multilatĂ©ralisme…

Pour conclure, que leur politique extĂ©rieure soit un instrument important dans le monde pour favoriser un nouvel ordre plus dĂ©mocratique, plus juste et plus Ă©quitable socialement…

Plus rĂ©cemment, en mai 2009, lors d’une visite historique en Chine, Lula avait annoncĂ© qu’il cherchait Ă  promouvoir l’idĂ©e d’un nouvel ordre Ă©conomique mondial oĂą le groupe Ă©mergent du BRIC (BrĂ©sil, Russie, Inde et Chine), pourrait jouer un rĂ´le de premier plan.

Mais Il a surtout évoqué avec son homologue Hu Jintao le «nouvel ordre économique » pour lequel il souhaite voir ces pays jouer un rôle majeur, la crise ayant considérablement changé la donne à ses yeux.

La rĂ©forme de l’ordre financier international, tout comme la promotion du rĂ´le des grands pays en dĂ©veloppement fut donc Ă  l’ordre du jour au cours des discussions entre les deux chefs d’Etat. Parmi les propositions Ă©voquĂ©es, celle de libeller les Ă©changes commerciaux en utilisant les monnaies locales, ce qui permettrait de contourner le Dollar. Cette initiative avait Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e en avril dernier Ă  Londres, lors du sommet du G20. Le BrĂ©sil l’avait dĂ©jĂ  mise en application, dès le 1er janvier 2009, avec l’Argentine, qui après la Chine et les Etats-Unis est son troisième partenaire commercial.

En cette annĂ©e 2009, faisant suite Ă  la rĂ©vĂ©lation de la crise Ă©conomique rendue publique par la mĂ©diatique couverture des Ă©vĂ©nements de Wall Street et en parallèle des rĂ©unions du G8 et du G20, les forces progressistes au sein de l’ONU rĂ©clament haut et fort la crĂ©ation d’un Parlement Mondial.

Trois jours avant que les dirigeants du G20 ne se rĂ©unissent Ă  Londres le 02 avril, et en vue d’apporter des solutions Ă  la crise financière, des politiciens, des universitaires et des reprĂ©sentants d’organisations de la sociĂ©tĂ© civile originaires de 61 pays ont publiĂ© une dĂ©claration commune appelant Ă  la crĂ©ation d’une AssemblĂ©e parlementaire auprès des Nations Unies afin de « contrĂ´ler » le système international. Cette proposition est conforme aux recommandations dĂ©jĂ  adoptĂ©es par le Parlement europĂ©en, le Parlement panafricain, le Parlement latino-amĂ©ricain et le SĂ©nat Argentin.

Ce document stipule que « la crĂ©ation d’une AssemblĂ©e parlementaire auprès des Nations Unies devrait ĂŞtre une partie importante du nouveau système de gouvernance financière et Ă©conomique internationale ». Selon cette dĂ©claration, ce forum parlementaire mondial pourrait d’abord ĂŞtre créé en tant qu’organe consultatif. Cependant, elle suggère qu’Ă  long terme, il « puisse exercer un rĂ©el contrĂ´le mondial sur les institutions du système ».

La liste des signataires de « l’Appel au contrĂ´le dĂ©mocratique mondial des institutions financières et Ă©conomiques internationales » comprend 140 parlementaires et de nombreux anciens ministres et membres de gouvernements, parmi lesquels, Hans Eichel, ancien ministre allemand des finances de 1999 Ă  2005.

Cette requĂŞte est Ă©galement soutenue par l’ancien SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies, l’Ă©gyptien Boutros Boutros-Ghali. « En ce moment critique, nous exhortons les Nations Unies et les gouvernements de ses Ă©tats membres Ă  soutenir la crĂ©ation d’une AssemblĂ©e parlementaire auprès des Nations Unies au cours des dĂ©libĂ©rations sur la rĂ©forme des institutions monĂ©taires, financières et Ă©conomiques internationales », a-t-il soulignĂ©.

La dĂ©claration fait remarquer, entre autre, que ce nouvel organe pourrait « contrĂ´ler les liens rĂ©ciproques entre les politiques financières et Ă©conomiques du système international et leur impact dans d’autres domaines tels que le dĂ©veloppement durable, l’approvisionnement alimentaire, l’Ă©ducation, la santĂ© ou l’Ă©radication de la pauvretĂ© ».

Le Leitmotiv pour la refonte du système Ă©tabli est : « Problème, RĂ©action, Solution » au moment oĂą la communautĂ© mondiale fait face Ă  un Ă©norme bouleversement Ă©conomique et social dĂ©clenchĂ© par la crise financière mondiale.

La réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement est sérieusement menacée. Les plus pauvres sont les plus touchés. Des répercussions potentiellement graves sont à craindre sur la stabilité politique et la démocratie.

Ainsi les promoteurs d’un Parlement Mondial nous proposent et nous expliquent le besoin d’agir rapidement et efficacement sur la scène internationale, un cadre institutionnel appropriĂ© devant ĂŞtre mis en place pour rĂ©guler et rĂ©orienter le système financier.

«Les institutions multilatĂ©rales telles que le Groupe de la Banque mondiale, le Fonds monĂ©taire international et l’Organisation mondiale du commerce ont créé des politiques mondiales dont l’impact sur le commerce international, la finance et les Ă©conomies nationales est Ă©norme. En cette pĂ©riode troublĂ©e, nous devons nous assurer que le nouveau système d’institutions internationales monĂ©taires, financières et Ă©conomiques soit suffisamment bien choisi, plus crĂ©dible, lĂ©gitime, transparent, responsable, reprĂ©sentatif, rĂ©actif et plus dĂ©mocratique. La crĂ©ation de ce système rĂ©formĂ© doit garantir aux citoyens du monde, concernĂ©s par ses politiques et ses prises de dĂ©cisions, de pouvoir faire entendre leur voix au cours des processus d’Ă©laboration, d’application et d’Ă©valuation de ces actions. Cette tâche doit ĂŞtre soutenue par la crĂ©ation d’un organe mondial composĂ© de reprĂ©sentants Ă©lus.

La crĂ©ation d’une AssemblĂ©e parlementaire auprès des Nations Unies devrait reprĂ©senter une part importante du nouveau système de gouvernance internationale financière et Ă©conomique. Cette assemblĂ©e pourrait initialement avoir une fonction largement consultative. A long terme, elle devrait exercer un authentique contrĂ´le sur les institutions du système. Pour ce faire, ils en appellent Ă  la crĂ©ation d’une APNU (AssemblĂ©e parlementaire des Nations Unies) chargĂ©e de ce contrĂ´le mondial « dĂ©mocratique » des institutions financières et Ă©conomiques.

Toujours selon eux, une telle assemblée pourrait :

Ă superviser les politiques financières et Ă©conomiques du système, ainsi que leurs liens et leur impact sur d’autres domaines tels que le dĂ©veloppement durable, l’approvisionnement alimentaire, l’Ă©ducation, la santĂ© ou l’Ă©radication de la pauvretĂ© ;

Ă contribuer Ă  sensibiliser la population aux Ă©vĂ©nements critiques avant qu’ils n’Ă©clatent ;

Ă fonctionner comme un organisme de surveillance pour garantir l’application effective des rĂ©formes et des rĂ©glementations;

à rassembler les remarques et les commentaires émis au niveau local par la société civile, en portant une attention toute particulière aux plus faibles, aux plus pauvres et aux moins privilégiés;

Ă avoir voix au chapitre lors de l’Ă©lection des directeurs exĂ©cutifs des institutions du système;

Ă contribuer Ă  la recherche d’une solution aux problèmes mondiaux les plus urgents.

«Nous en appelons aux Nations Unies et aux gouvernements des Etats membres de ces dernières pour soutenir la crĂ©ation d’une AssemblĂ©e parlementaire auprès des Nations Unies au cours des dĂ©libĂ©rations concernant la rĂ©forme des institutions internationales monĂ©taires, financières et Ă©conomiques auxquelles ils prendront part. Nous encourageons la Commission d’experts sur la rĂ©forme du système international monĂ©taire et financier, créée par le PrĂ©sident de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies, de bien vouloir considĂ©rer cette proposition et de la soutenir officiellement. Nous en appelons Ă  toutes les organisations, Ă  tous les dĂ©cideurs et les citoyens prĂ©occupĂ©s par les intĂ©rĂŞts communs mondiaux pour qu’ils soutiennent cet appel.»

1er Avril 2009

La Campagne pour la crĂ©ation d’une AssemblĂ©e parlementaire des Nations Unies (APNU) est un rĂ©seau global de parlementaires et d’organisations non gouvernementales oeuvrant pour la reprĂ©sentation des citoyens Ă  l’ONU.

Les objectifs de la Campagne :

à Rendre le projet APNU visible dans les débats politiques et les medias.

Ă Faciliter au niveau local et national la crĂ©ation de rĂ©seaux d’individus, d’organisations non gouvernementales et de parlementaires oeuvrant pour une APNU dans leur sphère d’influence.

à Etablir une coalition mondiale de plusieurs parties prenantes unissant les efforts de la société civile et des parlementaires pour une Assemblée parlementaire des Nations Unies.

à Faciliter les contacts et les débats avec les parlements et les gouvernements partageant une vision commune.

Surfant sur un idĂ©alisme mondialiste dit de « gauche », une assemblĂ©e parlementaire aux Nations Unies (APNU) permettrait de faire entendre la voix des citoyens sur les idĂ©es de politique internationale. Depuis la crĂ©ation du Parlement panafricain, liĂ© Ă  l’Union africaine, l’Organisation des Nations Unies reprĂ©sente maintenant l’une des seules organisations gouvernementales de portĂ©e internationale ne disposant d’aucun type de reprĂ©sentation parlementaire.

Les parlementaires Ă©lus pourraient agir en tant que reprĂ©sentants directs de la sociĂ©tĂ© civile lors des prises de dĂ©cisions mondiales. L’APNU serait donc un organe oĂą ses reprĂ©sentants se rassembleraient et rĂ©flĂ©chiraient aux questions d’ordre mondial. Elle pourrait dans un premier temps ĂŞtre constituĂ©e de dĂ©lĂ©guĂ©s des parlements nationaux et rĂ©gionaux reflĂ©tant leur composition politique.

Une APNU inclurait donc des membres de partis minoritaires ne faisant pas partie du gouvernement. A un stade ultĂ©rieur, cette assemblĂ©e pourrait ĂŞtre directement Ă©lue. Ce serait ainsi un organe unique et lĂ©gitime reprĂ©sentant la voix des citoyens sur des questions d’ordre international. Les participants Ă  la campagne considèrent qu’une APNU, une fois créée, Ă©voluerait d’un simple organe consultatif Ă  un parlement mondial avec de vĂ©ritables droits Ă  l’information, Ă  la participation et au contrĂ´le.

En tant que charnière institutionnelle entre les parlements, la sociĂ©tĂ© civile, l’ONU et les gouvernements, l’APNU pourrait Ă©galement devenir un important catalyseur politique pour les dĂ©veloppements Ă  venir du système international et du droit international. Une telle assemblĂ©e pourrait ĂŞtre essentielle Ă  une reforme approfondie du système de l’ONU.

Elle ne traiterait pas, ni ne remplacerait les procĂ©dures en place de l’ONU et des autres organisations internationales pour assurer la participation des ONG. Elle reprĂ©senterait plutĂ´t un autre moyen d’intĂ©grer la sociĂ©tĂ© civile dans son ensemble, de manière plus efficace au sein du processus de globalisation.

«L’appel Ă  la crĂ©ation d’une AssemblĂ©e parlementaire aux Nations Unies » promu par la Campagne APNU reflète le consensus entre les parlementaires ayant la mĂŞme vision, les reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile, les activistes et le corps acadĂ©miques sur ce projet (Source).

Le Nouvel Ordre Mondial se précise: Le G20 pourrait faire place à un Conseil Mondial de la Coordination des Politiques Economiques impliquant 192 pays !

L’accès au crĂ©dit plus dĂ©mocratique et plus reprĂ©sentatif, d’un nouveau système mondial de rĂ©serves moins imprĂ©visible qu’un système de monnaie unique (grâce a l’instauration d’un « panier » monĂ©taire dans lequel la Chine et la Russie, entre autres, entendent bien participer…) et d’un conseil mondial de coordination des politiques Ă©conomiques, figurent parmi les solutions « incontournables » Ă  la crise Ă©conomique et financière qui secoue le monde actuellement, a estimĂ© M. Joseph Stiglitz grand inspirateur du mouvement Altermondialiste.

Le laurĂ©at du prix Nobel d’Ă©conomie 2001 et PrĂ©sident de la Commission d’experts de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale sur la rĂ©forme du système monĂ©taire et financier international prĂ©sentait la première Ă©bauche des 20 recommandations de sa commission, dans le cadre de la sĂ©rie de tables rondes que l’AssemblĂ©e tient sur le thème « la crise Ă©conomique et financière mondiale et son impact sur le dĂ©veloppement ».

M. Stiglitz et trois autres membres de la Commission d’experts ont soulignĂ© qu’il Ă©tait absolument nĂ©cessaire de transformer, de manière radicale, les bases de l’Ă©conomie mondiale.

Le G-8 et le G-20, s’Ă©tant montrĂ©s incapables de corriger les dĂ©faillances des cadres Ă©conomiques et rĂ©glementaires, les experts ont proposĂ© la mise en place d’institutions dotĂ©es d’une lĂ©gitimitĂ© politique rĂ©elle pour tous les habitants de la planète, soit un « New Deal mondial » ou un G-192 travaillant sous les auspices des Nations Unies.

A noter que Jacques Cheminade et son compère Lyndon Larouche, altermondialistes notoires vont exactement dans le même sens !

Dans ce cadre, les experts ont dĂ©fendu l’idĂ©e de constituer un conseil mondial de coordination des politiques Ă©conomiques, plus inclusif que le G-20.

Note: cette proposition rejoint exactement celle du Brésilien Lula ainsi que celles des Russes et des Chinois !

Commençant la prĂ©sentation de ses recommandations par une Ă©valuation de la situation actuelle, le PrĂ©sident de la Commission d’experts (Joseph Stiglitz) a attirĂ© l’attention sur un problème nĂ©gligĂ©, celui de l’augmentation du taux de chĂ´mage. Il pourrait toucher 50 millions de personnes si les choses s’aggravent, a-t-il prĂ©venu…quelques 200 millions de personnes pourraient devenir des travailleurs pauvres. Les pays du Nord ne sont pas Ă©pargnĂ©s; les mĂ©nages risquent de perdre des choses aussi essentielles que leur logement ou l’accès Ă  la santĂ©.

DĂ©criĂ© parce qu’il n’est pas assez inclusif, le G-8 a cĂ©dĂ© la place au G-20, mais un calcul rapide permet de rĂ©aliser que 172 pays sont toujours tenus Ă  l’Ă©cart, a fait observer le PrĂ©sident de la Commission

Il a donc plaidé pour des institutions dotées de la légitimité politique et réelle de tous les habitants de la planète. Il faut, a-t-il insisté, une réaction mondiale à une crise mondiale (Idem que le mouvement ATTAC dès 2001), car les réponses parcellaires ne suffiront pas.

Les institutions existantes ont montré leur limitation et confirmé leur réticence à se réformer.

Il a ensuite attirĂ© l’attention sur deux points, d’abord les mesures essentielles Ă  une reprise rapide de l’Ă©conomie mondiale, en parlant de la crĂ©ation d’un nouveau système mondial de rĂ©serves. (faisant rĂ©fĂ©rence Ă  la monnaie mondiale) Puis, il a soulignĂ© l’importance de la crĂ©ation d’un conseil mondial de coordination des politiques Ă©conomiques, qui serait une bonne alternative au G-20 car, a-t-il expliquĂ©, jusqu’ici la politique Ă©conomique mondiale n’avait pas rĂ©ussi Ă  assurer la stabilitĂ© financière.

« Nous sommes confrontĂ©s, aujourd’hui, Ă  une « rupture historique » du monde que nous connaissions », a averti, Ă  son tour, la Ministre fĂ©dĂ©rale de la coopĂ©ration Ă©conomique et du dĂ©veloppement de l’Allemagne, Mme HEIDEMARIE WIECZOREK-ZEUL. « Nous avons, a-t-elle estimĂ©, la responsabilitĂ© de rĂ©flĂ©chir ensemble aux mesures Ă  prendre Ă  court et Ă  long termes. Il nous faut un « New Deal » mondial ou un G-192 impliquant, sous l’Ă©gide des Nations Unies, tous les pays du monde.

Revenant aussi Ă  l’opportunitĂ© de crĂ©er un nouveau système mondial de rĂ©serves, elle a rappelĂ© que la proposition avait Ă©tĂ© faite Ă  la ConfĂ©rence de Monterrey sur le financement du dĂ©veloppement après s’ĂŞtre heurtĂ©e au veto d’une dĂ©lĂ©gation.

Nous avons besoin, a-t-elle ajoutĂ©, d’une coopĂ©ration globale dans un organe inclusif qui adopte une approche globale reflĂ©tant l’opinion de tous les pays du monde, favorisant le consensus et assurant une cohĂ©rence entre les accords internationaux existants. On peut commencer dès maintenant avec la crĂ©ation d’un groupe d’experts du type GIEC.» Elle a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de revenir Ă  « une question de sĂ©quence, Ă  savoir la perspective d’une gouvernance mondiale ».

Du 8 au 11 Juin 2009, se tiendra un congrès international Ă  l’Hilton de MontrĂ©al avec comme thĂ©matique « S’adapter au Nouvel Ordre Mondial ».

Sont but est comme toujours très philanthropique et se veut d’aider les Nations et les diffĂ©rents organismes privĂ©s ou publiques afin de nous prĂ©parer Ă  leur tant dĂ©sirĂ© Nouvel Ordre Mondial.

Le texte d’accroche se veut conciliateur : « Nous traversons actuellement une pĂ©riode de crise Ă©conomique et financière planĂ©taire qui instaurera un nouvel ordre mondial. Les leaders internationaux et gouvernementaux, chefs d’État, hommes d’affaires, universitaires, syndicalistes et reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile doivent se rĂ©unir et repenser leurs stratĂ©gies. Le moment est venu de dĂ©velopper des solutions multidisciplinaires innovatrices nous permettant de faire face aux nombreux dĂ©fis que reprĂ©sente ce monde multipolaire et en amĂ©liorer l’Ă©tat. »

Et bien que les confĂ©renciers soient plutĂ´t de Droite (Robert ZOELLICK, PrĂ©sident, Groupe de la Banque mondiale, Madeleine ALBRIGHT, ancienne secrĂ©taire d’État des Etats-Unis, entre autres), on y note Ă©galement la prĂ©sence de personnages politiques supposĂ©ment de « Gauche » : Dominique STRAUSS-KAHN, directeur gĂ©nĂ©ral du Fonds monĂ©taire international (FMI), Bernard Kouchner, actuel ministre des affaires Ă©trangères français, etc.

Pour conclure il semblerait donc que les versions modernes de droite et de gauche du mondialisme soient les dignes héritières des doctrines du Capitalisme et du Communisme de la fin du XIX ème siècle, mais cette fois-ci non pour diviser le monde en deux, sinon pour créer un système unipolaire, totalitaire et égalitaire: un Ordre unique.

Alors le Nouvel Ordre Mondial vous le voulez Ă  quelle sauce : « Ultra LibĂ©rale » ou « Progressiste » ?

A vous de choisir !… Ou de le refuser !

Chevalier Jedi pour Mecanopolis

Buenos Aires, juin 2009

juin 10 2009

Le cadre illégal de l’ordre économique mondial

Par Albrecht Schachtschneider, professeur de droit constitutionnel

La libre circulation des capitaux est un système injuste qui non seulement ne repose sur aucune base juridique mais dĂ©truit les principes fondamentaux des Etats constitutionnels, dĂ©mocratiques et libĂ©raux. La libertĂ© globale de circulation des capitaux prive les Etats de leurs pouvoirs, libère l’Ă©conomie de ses obligations Ă©thiques et conduit inĂ©vitablement Ă  des crises, comme celle que nous vivons aujourd’hui. C’est prĂ©cisĂ©ment cette libertĂ©, introduite essentiellement sous la pression des grandes puissances par le biais de l’UE et de l’OMC, qui semble aujourd’hui oĂą, suite Ă  la crise financière, tous les pays manquent de capitaux, devenir la pierre d’achoppement de la politique de pouvoir. Mais au lieu de rĂ©flĂ©chir aux erreurs commises et de mettre en Ĺ“uvre les correctifs nĂ©cessaires, l’Allemagne tente de s’attaquer Ă  des petits pays comme la Suisse et le Luxembourg qui, manifestement, maĂ®trisent mieux la crise. L’article qui suit explique les liens qui existent entre la crise financière et la libre circulation des capitaux.

nwo22

Ce n’est pas seulement, ni essentiellement, la réglementation de l’Union européenne (UE) ni même les lois de ses Etats membres mais les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la libre circulation des capitaux qui constituent le cadre juridique de l’économie mondiale. L’UE est devenue une région dépendante du marché mondial.

Les accords du Cycle de l’Uruguay de 1994 (OMC) dérégulent de manière considérable la circulation mondiale des marchan­dises et des services (GATT et GATS) en supprimant les droits de douane et les autres obstacles au commerce ainsi qu’en interdisant les discriminations entre les Etats membres. Les principes directeurs sont celui du traitement de la nation la plus favorisée et celui du traitement national. Ainsi, les importations et les exportations ne rencontrent pratiquement plus d’obstacles. La majorité des Etats sont membres de l’OMC: les pays membres de l’Union européenne, la Chine, mais pas la Russie, avec laquelle les Etats-Unis sont en train de négocier. L’OMC connaît quelques instruments destinés à protéger juridiquement la concurrence, comme l’accord antidumping et l’accord antisubventions, qui ne sont pas très efficaces. Certes, les marchés agricoles sont encore largement exclus de la dérégulation. Les Etats-Unis et l’UE principalement protègent leurs agriculteurs et leur industrie agroalimentaire contre le marché mondial; ils subventionnent l’exportation de leurs produits agricoles aux dépens des pays moins développés, en particulier de ceux d’Afrique.

Le dumping social est un principe de l’OMC

Le droit commercial mondial ne connaît pas d’accords relatifs aux droits de l’homme et à la politique sociale. Certes, les membres de l’OMC sont tenus de respecter la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui comprend également des droits sociaux. Mais on ne peut pas contraindre les Etats, et encore moins les individus, de les respecter, pas même dans l’UE et en Allemagne. En particulier, l’OMC ne connaît aucun accord de protection des travailleurs. Le dumping social est pour ainsi dire un principe de l’OMC, probablement dans l’intérêt de la compétitivité des pays les moins développés. Jusqu’ici, toutes les tentatives du Cycle de Doha de s’entendre sur des normes sociales ont échoué.

La doctrine du libre-échange avantage considérablement les multinationales

L’idéologie de l’OMC est la doctrine du libre-échange, reprise par le Traité de Lisbonne. Actuellement, le commerce mondial repose tout au plus dans une faible mesure sur des avantages comparatifs, argument séduisant de la doctrine classique du libre-échange parce que toutes les ressources des économies impliquées ne sont pas utilisées à leur pleine capacité, ne serait-ce qu’à cause du chômage. Mais la libre circulation des capitaux elle-même ne conduit pas à des avantages réciproques. Les multinationales pro­fitent d’avantages importants que leur offrent les pays à bas coût du travail et commercialisent les produits fabriqués là-bas dans les pays à haut niveau de prix. Et leur marge bénéficiaire est élevée.

Le Traité de Lisbonne impose aux pays membres de l’UE une circulation sans restrictions des capitaux

La réglementation du commerce mondial est complétée par la dérégulation nationale ou régionale de la circulation des capitaux, dans l’UE par l’art. 56-1 du Traité instituant la Communauté européenne, qui interdit «toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers». Quelques exceptions servent à protéger l’union économique et monétaire contre de graves crises (art. 60). Les détenteurs de capitaux de pays tiers, c’est-à-dire du monde entier, peuvent les investir dans l’UE et également les en retirer sans restrictions. Une taxe mondiale sur les transactions spéculatives (taxe Tobin) serait contraire au Traité, tout autant qu’un impôt national ou communautaire correspondant (art. 58).
Les accords de l’OMC sont contraignants, également pour l’UE, bien que la pratique ne concède aux citoyens et aux entreprises aucun droit subjectif à en exiger le respect. La procédure de règlement des litiges a force de loi. Pour modifier les textes, 153 Etats doivent actuellement être d’accord. D’ailleurs, contrairement au Traité instituant la Communauté européenne, l’UE revendique la compétence exclusive en matière de politique commerciale (doctrine AETR). Même l’Etat le plus exportateur n’est pas habilité à conclure des accords commerciaux.
C’est le lien étroit entre la réglementation du commerce mondial et la libre circulation des capitaux qui constitue le caractère illégal de l’ordre économique imposé aux peuples. Juridiquement, et de toute façon politiquement, cet ordre est dominant mais il est à l’origine, dans le monde, de constitutions incomplètes parce que ni les droits de l’homme ni les principes sociaux ne peuvent se défendre contre cet ordre néolibéral. L’Agenda 21 de 1992 par lequel les Nations Unies prônaient pour le monde entier une politique sociale et écologique ambitieuse mais à vrai dire antidémocratique n’a peut-être pas été oublié, mais on n’en parle pas.

Le principe social est une mission de l’Etat

La confiance dans le sens de la responsabilité morale des entreprises justifie leur caractère largement privé. Aucun Etat n’abandonne son destin sans nécessité à des entrepreneurs qui ne promettent pas de servir l’intérêt général. Le caractère privé est le droit d’agir comme bon nous semble. Mais la liberté, c’est la morale, et la loi morale, c’est le principe d’amour. Il est pour ainsi dire exclu que les acteurs capitalistes agissent moralement. Le droit commercial mondial manque pour cela de toutes les dispositions institutionnelles et matérielles nécessaires. La responsabilité sociale présuppose l’Etat et ses lois. Certes, les Etats doivent être des républiques, systèmes garantissant les libertés et dont la forme politique est la démocratie, moteur de la justice sociale lorsque les élections sont libres et qu’elles res­pectent le principe d’égalité. Mais cette justice sociale ne peut exister que dans un authentique Etat de droit. Les entreprises qui veulent et peuvent se débarrasser de leurs devoirs sociaux violent le principe constitutionnel allemand relatif à la propriété. L’art. 14-2 de la Loi fondamentale stipule ceci: «Propriété oblige. Son usage doit contribuer en même temps au bien de la collectivité.» Aucun Etat ne peut se désintéresser de la question sociale. Ils doivent tous satisfaire au principe social s’ils veulent être des collectivités de liberté. Mais dans le monde globalisé des entreprises, les Etats individuels ont perdu leurs pouvoirs en matière de politique économique et sociale. Ceux qui comptent sur le comportement moral des entrepreneurs méconnaissent les contraintes du marché.
Seul un Etat global pourrait contraindre les détenteurs de capitaux à respecter le principe social mais l’expérience nous apprend qu’on ne peut pas s’attendre à ce qu’un tel Etat mondial repose sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Il devrait rassembler trop d’individus pour pouvoir être vraiment démocratique. L’expérience nous montre que la solidarité est une question de proximité, de petites unités et d’un degré suffisant d’homogénéité.

Intérêts des entreprises et intérêts généraux

Les entreprises permettent au peuple d’assurer leur existence et doivent par conséquent être soumises à ses lois. La conformité aux lois de leurs activités réalise le bien commun. C’est là la mission officielle des entreprises privées qui n’est rien d’autre que la réalisation de la volonté générale du peuple et donc de l’intérêt général. La recherche du profit par les entreprises doit pouvoir s’effectuer dans le cadre de l’intérêt général. Dans la mesure où les entreprises privées promettent une efficacité supérieure en agissant dans l’intérêt général, leur caractère privé est au service de cette fonction au sein de la république. L’organisation de la concurrence entre les entreprises est également l’affaire du peuple, qu’elle soit fixée dans des réglementations nationales ou internationales. Cependant les entreprises sont l’affaire du peuple: en tant que res publica, elles sont une res populi. Elles sont l’affaire non seulement des entrepreneurs mais également des salariés et par conséquent une res privata. Comme pour toutes les activités en république, les aspects étatiques et privés sont indissolublement liés, parce qu’ils sont déterminés à la fois par les intérêts de la collectivité et les intérêts particuliers.
Les activités des entreprises ne sont protégées que de manière limitée par la Constitution: dans la garantie de la propriété (art. 14 de la Loi fondamentale), la liberté de la profession (art. 12-1) et la liberté d’agir (art. 2-1). Contrairement à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, la Loi fondamentale ne formule aucune liberté générale d’entreprise. La liberté de circulation des capitaux doit se soumettre aux limites imposées par le principe social. Il n’y a pas de droits libéraux, il n’y a que des droits respectueux des principes sociaux. La liberté est soumise sans exceptions à la loi morale, à l’impératif catégorique.

Economie sociale de marché

En raison de son caractère constitutionnel, le principe social est le principe déterminant de l’ordre économique allemand. La Loi fondamentale n’a pas établi d’ordre économique précis; toutefois, avec le principe social, elle impose au législateur, en matière d’économie, un principe de fraternité et, grâce aux droits fondamentaux, elle protège l’activité commerciale. L’ordre économique doit, conformément au principe social, garantir l’indépendance, mais également la responsabilité individuelle. Ce n’est pas l’économie de marché qui est l’ordre économique correspondant le mieux à la Loi fondamentale mais l’économie sociale de marché. C’est quand elle est orientée vers le marché et la concurrence que l’économie permet le mieux la réalisation sociale parce qu’on sait par expérience que ce sont le marché et la concurrence qui garantissent le mieux l’efficacité économique, mais seulement lorsque l’Etat veille à ce que le marché et la concurrence se soumettent au principe social, quand, en particulier, la répartition des biens, modifiée par les besoins et la production et également par le principe du marché est assurée, garantie qu’elle est par la propriété.

La doctrine de la propriété individuelle et sociale est le fondement de l’indépendance libérale

Dans l’économie sociale, la politique de l’emploi ne saurait être négligée car le travail est le moyen le plus général et le plus humain de parvenir à la propriété et par con­séquent à l’indépendance libérale sans laquelle l’homme n’est pas un citoyen. La garantie de la propriété protège non seulement le droit de posséder mais fonde un droit de tous à la propriété. Les conditions de travail sont la propriété des collaborateurs de l’entreprise. La garantie de la propriété implique un droit au travail tel qu’il est inscrit dans les textes des droits de l’homme. Seule une législation conforme à cette conception individuelle et sociale de la propriété satisfait au principe social. En Allemagne, le chômage élevé et les millions d’emplois sous-payés, en violation des droits de l’homme, sont le résultat d’une politique à la fois capitaliste et internationaliste à laquelle se sont pliées les oligarchies partisanes. Pour cela, on a essentiellement besoin d’argent et, à la rigueur, d’un peu de moralisme idéologique.

La logique de la libre circulation des capitaux est incompatible avec la responsabilité sociale

Le principe déterminant des investisseurs globaux est le profit (shareholder value). Il commande la politique d’implantation des entreprises. Le capital et donc les entreprises peuvent être délocalisés quasiment vers n’importe quel Etat. Non seulement les entre­prises sont globales mais également les produits et les clients. Les conditions de transport notamment facilitent la délocalisation. Pour laisser une chance au travail dans leur pays, les gouvernements sont contraints de niveler leur politique fiscale et sociale et de déréguler le droit économique et environnemental. La concurrence entre Etats réduit les devoirs des entreprises à l’égard des Etats. Ce sont les principes personnels des actionnaires, la plupart du temps leur avantage, qui déterminent leur conduite. Une répartition solidaire du revenu national se ferait aux dépens des revenus du capital. La responsabilité sociale des détenteurs du capital est contraire à la «logique» de la circulation globale des capitaux. C’est le profit qui est le moteur de la globalisation et non pas, par exemple, la recherche du bien du peuple, et surtout pas de celui des pays pauvres.

Exploitation des peuples et asservissement des Etats

L’internationalisation de l’investissement des capitaux est un moyen efficace d’exploiter les peuples et d’asservir les Etats. Les théoriciens et les praticiens des marchés dénationalisés essaient de se disculper en invoquant le principe de la concurrence. La légitimité de la concurrence est élevée au rang d’une idéologie qui dispute sa légitimité aux Etats. La répartition optimale des ressources que les théories économiques attribuent à la concurrence globale peut éventuellement être expliquée par les modèles mathématiques de la théorie de l’équilibre, mais ces modèles n’ont rien à voir avec la réalité des marchés oligopolistes, qui sont imparfaits. Mais la concurrence, dont l’avantage en matière d’efficacité est incontestable lorsque l’Etat l’organise judicieusement, doit s’adapter à l’intérêt général. Elle ne peut être qu’un instrument des collectivités, à l’instar des entreprises. La concurrence internationale ne justifie pas le fait de «dédémocratiser» et de désocialiser les conditions de vie. Il n’y a aucune nécessité économique à cela.
La concurrence des marchés, pour qu’elle soit honnête et légale, suppose une égalité suffisante des chances que le droit doit garantir; pour une concurrence mondiale, il s’agit du droit commercial mondial. Pour le marché global, il n’existe (outre les règlementations partielles que nous avons mentionnées) pas de droit de la concurrence. Mais même un tel droit ne dispense pas d’un droit social fondamental. L’abus d’avantages locaux spécifiques aux dépens des peuples devrait être impossible. Les marchandises produites dans des conditions contraires aux droits de l’homme ne devraient pas pouvoir être vendues légalement. Or la pratique ne connaît même pas la notion de «marchandise illégale».
Quand les Etats entrent en concurrence, cela n’est légal que lorsque les conditions de vie sont suffisamment homogènes pour que les entreprises ne puissent pas miner l’autorité sociopolitique des Etats. Dans notre monde socialement hétérogène, la globalisation entraîne des abus sociaux qui peuvent ruiner les collectivités libérales ou en tout cas les plonger dans une crise. Elle n’apporte aucune aide aux peuples pauvres et opprimés. Seule une aide durable, avant tout le bouleversement des systèmes politiques, promet des chances de développement. Montesquieu écrivait déjà: «C’est dans les pays de la liberté que le négociant trouve des contradictions sans nombre; et il n’est jamais moins croisé par les lois que dans les pays de la servitude.» (De l’esprit des lois, XX, 2)

La réduction du coût du travail entraîne une augmentation du coût social

Les délocalisations, décidées par des comités directeurs systématiquement corrompus par les bonus et d’autres rémunérations, dé­truisent la plupart du temps des emplois, c’est-à-dire, plus précisément, la propriété des travailleurs. Les entreprises globales cherchent à réduire au maximum les coûts du travail. Quand on congédie des travailleurs, c’est-à-dire qu’on les exproprie, on abandonne des êtres humains. L’Etat doit alors les prendre en charge et, le cas échéant, leur famille également. Les syndicats et la cogestion – la pratique l’a prouvé – ne peuvent pas vraiment empêcher cette politique d’entreprise qui contribue autant au chômage de masse ou qu’à l’exploitation des travailleurs, ce qui n’est pas moins grave. Les importations de produits bon marché n’améliorent pas le niveau de vie des peuples car les collectivités doivent financer les coûts de transfert sous forme de prestations sociales. L’économie nationale doit trouver les moyens financiers. Les multinationales exploitent aussi bien les peuples pauvres (on les fait travailler comme des esclaves) que les peuples riches (on les saigne à blanc) jusqu’à ce qu’ils tombent dans la pauvreté. Dans le monde entier, les hommes sont victimes de la globalisation de l’économie. Toutefois un petit nombre de personnes deviennent immensément riches, mais elles se désintéressent du sort actuel et futur des autres.

Violation du principe fondamental de la vie en société

Les citoyens «possèdent» également une part des entreprises. Cette propriété n’est rien d’autre que la souveraineté du peuple qui exercice une influence sur les entreprises par le biais de ses lois, qui a droit à une part de leurs résultats mais qui a également une part de responsabilité, en tout cas en ce qui concerne les salariés. La crise économique montre nettement ce que devrait être cette responsabilité. Les intérêts des citoyens ne peuvent plus guère s’imposer. Les entreprises peuvent échapper au patrimoine commun d’un Etat et se tourner vers des «Etats faibles» pour faire leurs affaires. Maintenant, les peuples peuvent être l’objet d’un chantage. Le caractère international de l’économie a supprimé les liens de solidarité entre les membres de la collectivité. L’ordre économique libéral a largement spolié les citoyens de leur «propriété». Cela correspond à la logique du néolibéralisme anti­étatique qui, grâce à la globalité, connaît un essor qui a entraîné un capitalisme extrême bien que celui-ci n’ait pas pour lui l’appui d’un seul droit de l’homme, pas même celui de la propriété, qui est lié à la personne.

Les crises sont la loi du profit

Mais la crise du capitalisme est aussi celle de l’économie globalisée. Les mesures d’aide des différents Etats (que leurs budgets ne peuvent pas assumer), coordonnés au niveau international, sont peut-être le dernier sursaut du système capitaliste qui met en péril économies nationales et surtout les monnaies, donc la stabilité politique. Si le sauvetage réussit, il y aura un nouveau cycle – jusqu’à la prochaine crise, car les crises sont inhérentes au système capitaliste. C’est la loi du profit. En raison des sommes gigantesques représentées par les crédits spéculatifs sans valeur, les cycles sont plus rapides et les crises plus graves.
Comme il s’agit de protéger la propriété des citoyens et avant tout le droit au travail lié à la propriété, les entreprises ne doivent pas quitter les Etats et se soustraire aux lois du peuple car elles violent ainsi le principe fondamental de la vie en société, la liberté générale et le droit, qui repose uniquement sur la liberté de tous les citoyens. Sinon elles s’opposent au peuple et à l’Etat et avant tout à ses lois. Pourtant la république les y autorise, avant tout la libéralisation antisociale et la dérégulation de la circulation des capitaux. Le droit et par conséquent l’intérêt général sont encore, dans le monde actuel, l’affaire des peuples et des Etats, pour autant qu’ils respectent les droits de l’homme élémentaires. Res publica res populi.

Le capitalisme international prive les hommes de leurs droits et détruit la démocratie

Le capitalisme international viole les droits des citoyens parce que ceux-ci ne peuvent pas vivre leur liberté face aux entreprises et la réaliser à l’aide des lois du bien commun. En effet, la répartition libérale des biens produits par la collectivité est rendue difficile, voire empêchée parce que les actionnaires, qui sont en marge de la citoyenneté, revendiquent une grande partie des profits, parce que la mise en œuvre du principe social fondé sur la démocratie est largement entravée faute d’influence suffisante de l’Etat. La dénationalisation des entreprises réduit l’importance du principe démocratique. En effet, le caractère privé imposé aux entreprises (dénationalisation fonctionnelle) réduit (tout à fait à dessein) la portée des élections parce que les citoyens et leurs représentants dans les parlements doivent renoncer à réaliser le bien commun au moyen des lois. D’une manière générale, la république se voit considérablement «dédémocratisée», désocialisée, délibéralisée (au sens d’une perte des libertés politiques) et, de manière plus fondamentale, privée du droit parce que les entreprises échappent à la république. Les sociétés agissent ainsi parce qu’on ne les en empêche pas. Les politiques ont permis cela parce qu’ils ont été séduits par des théories économiques de l’efficacité, en particulier par une doctrine du libre-échange mal comprise et peut-être également par l’idéologie des grandes puissances.
Les multinationales exigent à nouveau que les peuples soient à leur service. Elles leur font maintenant assumer les pertes occasionnées par leurs crédits aussi spéculatifs qu’excessifs. Cela bouleverse l’ordre économique. Les chefs des multinationales et des investisseurs institutionnels se pré­sentent comme les nouveaux maîtres du monde, «libres et riches» (Kenichi Ohmae). La politique de l’OMC a rendu possible le dumping social, grave dévoiement du libre-échange. Les entreprises profitent des moyens que les politiques leur ont offerts.

Albrecht Schachtschneider

Lire également : Un système honnête, transparent et équitable

juin 03 2009

De l’abâtardissement des masses occidentales par la culture amĂ©ricaine

Par Régis Mex

« Tu seras solitaire parce que la culture est aussi une prison. »
Aldous Huxley

epok_248x309

Souvent, nous sommes habituĂ©s Ă  n’envisager que les menaces que nous percevons dans notre environnement extĂ©rieur. Nous craignons souvent que nos sociĂ©tĂ©s occidentales soient surclassĂ©es par les nouvelles puissances orientales, que des tensions ne nous prĂ©cipitent dans un conflit avec une faction Ă©trangère, que nos Ă©lites financières et politiques ne nous envoient elles-mĂŞmes dans le gouffre. Nous mĂ©prisons, et Ă  juste titre, les guerres quelles qu’elles soient et ceux qui les provoquent. Mais nous sous-estimons trop souvent l’ampleur dĂ©vastatrice de ce que les amĂ©ricains appellent le « soft power », qui est dĂ©fini comme la capacitĂ© d’un acteur politique – comme un État, une firme multinationale, une ONG, une institution internationale (comme l’ONU ou le FMI) voire un rĂ©seau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) – d’influencer indirectement le comportement d’un autre acteur ou la dĂ©finition par cet autre acteur de ses propres intĂ©rĂŞts Ă  travers des moyens non coercitifs (structurels, culturels ou idĂ©ologiques). Cette sĂ©duction du citoyen par des moyens culturo-idĂ©ologiques, que son effet soit perçu consciemment ou non, est principalement encouragĂ©e par les Etats-Unis, et ce de façon croissante depuis une trentaine d’annĂ©es.

Le problème est que la culture que nous vendent les amĂ©ricains est souvent des plus… infectes. Et plus elle l’est, mieux elle semble passer auprès de la moyenne du public europĂ©en, les jeunes Ă©tant les plus concernĂ©s. Au fur et Ă  mesure que nos sociĂ©tĂ©s « s’amĂ©ricanisent », nous sommes non seulement plus vulnĂ©rables Ă  la perte de notre identitĂ© nationale et de nos valeurs sĂ©culaires, mais la gangrène intellectuelle qui règne aux Etats-Unis nous contamine de Ă©galement de plus en plus gravement. Voici le rĂ©sumĂ© semi-amusant semi-inquiĂ©tant d’une Ă©tude Ă  propos du niveau moyen de gĂ©ographie des jeunes amĂ©ricains :

DĂ©pĂŞche de l’AFP du 3 mai 2006 :

« La majoritĂ© des jeunes AmĂ©ricains sont nuls en gĂ©ographie et sont incapables, par exemple, de situer l’Irak sur une carte, selon une Ă©tude effectuĂ©e pour la revue National Geographic.

Cette Ă©tude, rĂ©alisĂ©e par l’Institut Roper auprès de 510 jeunes âgĂ©s de 18 Ă  24 ans, montre Ă©galement que les jeunes AmĂ©ricains connaissent assez mal leur propre pays, la moitiĂ© d’entre eux Ă©tant incapables d’identifier sur une carte New York ou l’Etat de l’Ohio et 30% estimant que les Etats-Unis comptent entre 1 milliard et 2 milliards d’habitants.

La moitiĂ© des personnes interrogĂ©es estiment qu’il est « important mais pas absolument nĂ©cessaire » de savoir situer un pays ou de parler une langue Ă©trangère, a indiquĂ© l’Institut Roper mardi. La majoritĂ© des personnes interrogĂ©es, a Ă©galement relevĂ© l’Institut, ne se montrait pas prĂ©occupĂ©e par ces lacunes en gĂ©ographie.

Alors que des soldats amĂ©ricains se trouvent en Irak depuis mars 2003 et que ce pays fait la Une des mĂ©dias amĂ©ricains depuis maintenant plus de trois ans, 63% des personnes interrogĂ©es sont incapables de situer ce pays sur une carte. 75% ne savent pas non plus oĂą se trouvent IsraĂ«l et l’Iran. »

La situation intellectuelle et culturelle aux Etats-Unis est malheureusement bien plus grave encore que ce que montre cet article. Pour ceux qui comprennent l’anglais, la vidĂ©o ci-dessous oĂą des amĂ©ricains sont interrogĂ©s au hasard dans la rue est Ă©loquente :

Quant Ă  l’enseignement primaire et secondaire, qui est l’un des plus mauvais du monde (il y a en fait un grand contraste avec l’enseignement universitaire amĂ©ricain, qui, lui, est rĂ©putĂ© excellent) et dont la qualitĂ© a souffert d’une dĂ©gradation stupĂ©fiante sous la prĂ©sidence de George Bush. Voici un graphique tirĂ© de Zeitgeist et quelques chiffres :

enseignementusa-zeitgeist2

« Au dĂ©but des annĂ©es 1980, l’enseignement primaire et secondaire souffrait de graves dĂ©fauts : le niveau des Ă©lèves Ă©tait plutĂ´t mauvais et la violence faisait partie du quotidien. Les inĂ©galitĂ©s liĂ©es au statut social et Ă  l’origine ethnique Ă©taient très marquĂ©es. On accusait frĂ©quemment le corps professoral pour ces mauvais rĂ©sultats. C’est le rapport Nation at Risk (1983) qui fait prendre conscience des Ă©checs du système Ă©ducatif amĂ©ricain. »

« En 2000, 68 millions d’amĂ©ricains Ă©taient scolarisĂ©s. En 1967, la moitiĂ© des adultes avaient fait des Ă©tudes secondaires ; le chiffre est passĂ© Ă  61 % en 2000, 61% des adultes avaient fait des Ă©tudes secondaires. »

Qui plus est, comme nous l’avons dit prĂ©cĂ©demment, l’adoption de la culture amĂ©ricaine par les pays europĂ©ens leur font petit Ă  petit perdre leur identitĂ©, du fait qu’ils intègrent des Ă©lĂ©ments d’une culture Ă©trangère mais ne redynamisent pas la leur pour qu’elle puisse s’imposer tant sur le sol national qu’au niveau international. Elle a donc tendance Ă  mourir Ă  petit feu, en emportant avec elle une certaine partie de l’âme du pays dont elle provient. En atteste cet article de Vigile.net:

« La nouvelle a Ă©tĂ© sur toutes les lèvres depuis que le magazine Time en a fait l’annonce : la culture française dĂ©cline. La littĂ©rature française n’a plus d’impact, quasiment nulle en littĂ©rature, guère plus, tout bien pesĂ©, que son théâtre ou son cinĂ©ma. Et l’article Ă©nonce son verdict. La culture française dĂ©cline car elle est dĂ©sormais indigne d’intĂ©rĂŞt.

Le Time magazine a aussi fait ample Ă©cho au cours de l’annĂ©e Ă  la fameuse scène lors du Miss America Pageant. On a demandĂ© Ă  une concurrente, miss Upton, comment se faisait-il que les AmĂ©ricains, dans leur vaste majoritĂ©, Ă©taient incapables de situer les Etats-Unis d’AmĂ©rique sur une carte.

« C’est sans doute parce qu’ils n’ont pas de carte », a-t-elle rĂ©pondu.

On pourrait ajouter au commentaire de la belle madame Upton : « S’ils jugent indignes d’intĂ©rĂŞt de situer leur pays sur une mappemonde, ils ne doivent pas trouver d’Ă©nergie supplĂ©mentaire pour apprĂ©cier la culture française. »

Il faut noter Ă©galement que le prototype de sensibilitĂ© a changĂ© depuis trente ans et que cela touche aussi le cinĂ©ma. Ă€ force d’ĂŞtre hyper-stimulĂ©, le public a perdu des façons plus subtiles de percevoir. On a fait une expĂ©rience par exemple en prĂ©sentant de vieux films de Jean-Luc Godard Ă  de jeunes publics de vingt Ă  trente-deux ans. Tous habituĂ©s aux jeux vidĂ©o, aux sonogrammes qui signalent les bons coups dans les joutes, aux trames sonores des films, plusieurs se dirent effarĂ©s par les silences utilisĂ©s par ce cinĂ©aste. »

C’est dans ce contexte de surstimulation que le Time annonce le dĂ©clin de la culture française. L’auteur de l’article a presque l’air de s’en fĂ©liciter comme si après la dinde on ne pouvait pas souhaiter mieux. »

« Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne. »

Aldous Huxley

Une chose est sĂ»re : la dignitĂ© humaine la plus Ă©lĂ©mentaire n’est pas innĂ©e chez tout un chacun, et le seul moyen d’y remĂ©dier en partie est de vivifier la vie intellectuelle de son pays et en ressuscitant la culture en lui donnant de nouvelles formes de noblesse. Mais comme tout le monde le sait, c’est l’inverse qui a lieu. La culture Ă©mane bien plus, de nos jours, des multinationales que des initiatives d’un État et de ses intellectuels. De fait, celle-ci se rĂ©sume au « McDonald and Coca-Cola’s way of life ». Elle ne se contente pas seulement de faire perdre au citoyen les sens plus subtils que les cinq organiques, mais s’applique Ă©galement Ă  atrophier ces derniers en encourageant les gens Ă  manger de plus en plus mal, ce qui rend leur santĂ© plus fragile pour le plus grand bonheur des industries pharmaceutiques et leur personnalitĂ© plus grossière encore. On est ce que l’on pense tout comme on est ce que l’on mange.

En outre, les nouvelles gĂ©nĂ©rations semblent de plus en plus apprĂ©cier de faire vanitĂ© de leurs vices, et adopter les aspects les plus grossiers et Ă©goĂŻstes de l’homme comme seule rĂ©alitĂ© de l’existence. Le rejet des anciennes valeurs, qu’elles soient liĂ©es Ă  la hiĂ©rarchie dans la famille ou Ă  la religion, est le principal responsable de cela. Certaines coutumes ridicules disparaissent Ă  juste titre, mais les valeurs conduisant au respect, Ă  la luciditĂ©, Ă  la volontĂ© de dĂ©passement de soi-mĂŞme et autre ont aussi fortement tendance Ă  subir cet aveugle processus. Le mouvement de masse n’est effectivement pas dotĂ© d’assez de subtilitĂ© pour distinguer ce qui est bon de ce qui ne l’est pas, et se contente de rejeter tout en bloc parce qu’il assimile certains Ă©lĂ©ments d’une mentalitĂ© au restant de tous les aspects de cette dernière. Il se bâtit ensuite sur les valeurs opposĂ©es Ă  celles qu’il a dĂ©truit.

DĂ©sormais, on ne respecte plus celui qui aime connaĂ®tre et comprendre les choses de la vie, mais on le discrĂ©dite et le craint, car le mouvement de masse considère comme plus appropriĂ© de profiter seulement de l’excitation des sens que procure certaines choses de la vie. De fait, on passe du rĂ©flĂ©chi au pur ressenti, et on tente d’accentuer ce dernier de la façon la plus forte et la plus grossière qui soit, c’est-Ă -dire en recourant aux alcools et aux drogues pour pimenter les joies d’une existence qui s’avère dès lors bien inutile…

La discipline, la pudeur et la sagesse sont abandonnĂ©es au profit de ce qui procure plus de sensations. Les chances d’accĂ©der Ă  la sagesse et Ă  une attitude digne sont elles-mĂŞmes rĂ©duites Ă  nĂ©ant par la destruction des facultĂ©s plus subtiles de percevoir les rĂ©alitĂ©s du monde, puisqu’on ne considère dĂ©sormais plus que ce qui est purement tangible et matĂ©riellement accessible, soit ce que l’on peut voir, toucher, sentir, entendre et goĂ»ter comme seule rĂ©alitĂ©.

Les gĂ©nĂ©rations passĂ©es considĂ©raient volontiers l’argent comme source première de pouvoir, mĂŞme si l’on peut se demander avec justesse quelle importance a le moyen d’avoir du pouvoir si l’on ne dispose pas des connaissances appropriĂ©es pour savoir comment bien s’en servir. Or, les jeunes d’aujourd’hui semblent se sentir peu concernĂ©s par les dignes perspectives d’avenir ; leur personnalitĂ© est si affaiblie par leur environnement extĂ©rieur que la majoritĂ© d’entre eux est plus que jamais disposĂ©e Ă  embrasser une mentalitĂ© d’esclave. Ce n’est pas tant que la volontĂ© de pouvoir leur manque, mais ils sont tellement perdu dans le tourbillon de leurs sens qu’ils n’ont aucune idĂ©e de ce qu’avoir sa destinĂ©e en main signifie vraiment.

« Ce n’est pas un gage de bonne santĂ© que d’ĂŞtre bien intĂ©grĂ© dans une sociĂ©tĂ© profondĂ©ment malade.« 

J.Krishnamurti

Les nouveaux courants culturels sont Ă©galement nombreux Ă  rĂ©clamer plus de « libertĂ© ». Après tout, ne sommes-nous pas en dĂ©mocratie ? Mais qu’est-ce au juste que la libertĂ© ? D’après le Larousse 2007, la libertĂ© est l’Ă©tat de quelqu’un qui n’est pas soumis Ă  la servitude, et peut donc agir sans entraves. Mais ne naĂ®t-il pas un certain danger en officialisant une dĂ©finition aussi vague ?

En effet, si les conditions dans lesquelles nous nous sentons libres sont celles oĂą nous pouvons faire ce que nous voulons, exaucer le moindre de nos dĂ©sirs, peut-on considĂ©rer qu’une telle libertĂ© appliquĂ©e chez tous aura des effets bĂ©nĂ©fiques sur la sociĂ©tĂ© ? Il paraĂ®t clair que non, car cette « libertĂ© » serait synonyme de chaos et conduirait rapidement Ă  une forme de servitude des plus perverses.

Comme le dit le dicton populaire « ta libertĂ© s’arrĂŞte lĂ  oĂą commence celle d’autrui », on ne peut plus parler de libertĂ© si l’exercice des dĂ©sirs d’une personne empĂŞche un autre individu d’ĂŞtre en condition de garder son confort et sa propre libertĂ©. Pour prendre un exemple simple, on ne pourra pas parler d’exercice de la libertĂ© si un habitant empĂŞche son voisin de dormir en faisant hurler de la musique en pleine nuit pour contenter son simple plaisir.

Il paraĂ®t donc bien plus rĂ©aliste de dire que la libertĂ© est la facultĂ© qui permet Ă  un individu de faire des choix qui permettent la satisfaction des besoins qui garantissent sa dignitĂ©, tout en respectant la dignitĂ© d’autrui. Karl Jaspers disait que « Lorsqu’on mutile la libertĂ© de l’homme, cette libertĂ© que Dieu a créée et qui se rapporte Ă  lui, on mutile prĂ©cisĂ©ment ce par quoi Dieu, indirectement, s’annonce. ». Il n’en reste pas moins que des conditions d’existence aussi fragiles sont difficiles Ă  faire appliquer au plus grand nombre…

Et c’est bien parce que cette difficultĂ© relève carrĂ©ment de l’impossibilitĂ© que notre sociĂ©tĂ© est plongĂ©e dans un plus grand chaos civil qu’autrefois. La majoritĂ© des gens confondent malheureusement les deux façons d’aborder la libertĂ© que nous avons citĂ©es ; une libertĂ© plus chaotique et Ă©goĂŻste, et une autre respectueuse des lois de la vie et de son entourage, qui est la seule qui soit digne de porter le nom de libertĂ©. Une libertĂ© qui a pour seul objectif la satisfaction sans entraves de tous les dĂ©sirs de l’individu n’est effectivement pas une libertĂ©, mais une forme de servitude. En effet, en s’habituant Ă  rĂ©pondre systĂ©matiquement Ă  leurs moindres envies sans considĂ©ration morale, les gens qui agissent ainsi deviennent esclaves d’eux-mĂŞmes, de leurs propres pulsions. Ainsi, en plongeant dans l’esclavage du dĂ©sir et de l’Ă©goĂŻsme, ils deviennent de plus en plus incapables d’avoir recours Ă  des façons plus subtiles de percevoir que les cinq sens, telles que la rĂ©flexion, l’empathie ou l’intuition.

Dans leur addiction, ils exigent de plus en plus de « libertĂ©s », qui les rendront encore plus esclaves d’eux-mĂŞmes, alors qu’ils ne se sont mĂŞme pas attachĂ©s Ă  cultiver leurs libertĂ©s fondamentales, comme le disait Sören Kierkegaard : « Que les gens sont absurdes ! Ils ne se servent jamais des libertĂ©s qu’ils possèdent, mais rĂ©clament celles qu’ils ne possèdent pas ». Mais puisqu’ils ont de la libertĂ© la dĂ©finition qu’elle est ce qui permet d’agir sans entraves, ils se pensent libres. Or, comme le disait Johann Wolfgang Von Goethe, « Nul n’est plus dĂ©sespĂ©rĂ©ment esclave que celui qui croit le plus faussement ĂŞtre libre ». Alors, ces « esclaves » empoisonnent la sociĂ©tĂ© qui devient de plus en plus chaotique au fur et Ă  mesure qu’elle est rongĂ©e par ce type de pensĂ©e. Ces nouveaux « esclaves » sont si dĂ©connectĂ©s des rĂ©alitĂ©s du monde et de la nature qu’un profond malaise finit par accompagner leur existence dĂ©pravĂ©e, malaise qui s’exprime par de nouveaux faits de criminalitĂ© et de dĂ©linquance de mĂŞme qu’une consommation accrue de drogues et d’alcools dans l’optique d’Ă©chapper aux souffrances causĂ©es par sa propre perdition au lieu de les affronter.

Ces conditions sont alors un terreau fertile Ă  l’Ă©tablissement d’une dictature implicite. Les « esclaves » sont perdus dans une cĂ©citĂ© si profonde et une bestialitĂ© telle qu’ils n’ont cure des problèmes de leur pays et encore moins de ceux du monde. Ils se contentent alors de faire tourner le moteur de la sociĂ©tĂ© de consommation en achetant de façon compulsive une quantitĂ© de choses dont la majoritĂ© d’entre elles ne servira qu’Ă  les pousser encore plus profondĂ©ment dans le matĂ©rialisme dans lequel ils se confortent et dont ils ne veulent surtout pas sortir car il serait trop douloureux de prendre conscience qu’ils ont bâti leur vie sur une erreur. Repoussant par instinct de survie tout ce qui pourrait le leur faire apparaĂ®tre clairement, ils deviennent plus mallĂ©ables que jamais par tous les dĂ©cideurs en matière de politique et d’Ă©conomie qui emmènent ce troupeau dans le sens qu’ils dĂ©sirent en lui promettant de conserver son innocence en n’inondant les moutons qui constituent ce troupeau que de mensonges qui concordent avec leur simplicitĂ© d’esprit. AndrĂ© Maurois disait que « Les abus de la libertĂ© tueront toujours la libertĂ© ». Un dictateur bien connu, Benito Mussolini, avait lui-mĂŞme dĂ©clarĂ© « Il y a des libertĂ©s ; la libertĂ© n’a jamais existĂ© ». RabindranĂ th Tagore, lui, a dit tout aussi justement que « Il est aisĂ© d’Ă©craser, au nom de la libertĂ© extĂ©rieure, la libertĂ© intĂ©rieure de l’homme ». Platon Ă©crivait dĂ©jĂ  Ă  son Ă©poque, dans « La RĂ©publique », que « si les citoyens n’ont plus de respect envers la sociĂ©tĂ© dans laquelle ils vivent, si les enfants ne respectent plus l’autoritĂ© de la hiĂ©rarchie familiale, alors, un pas dĂ©cisif vers la tyrannie a Ă©tĂ© franchi ».

« Les consĂ©quences de nos actions sont des Ă©pouvantails pour les lâches, et des rayons de lumière pour les sages. »

Aldous Huxley

Pour ce qui est de l’enseignement, il semble que ceux qui en ont la responsabilitĂ© soient dĂ©sireux d’Ă©tablir un certain fossĂ© entre l’enseignement primaire/secondaire et l’enseignement supĂ©rieur. L’Ă©cart s’agrandit donc entre les 15% de la population qui ont eu accès Ă  des Ă©tudes universitaires et les 85 autres %, ce qui contribue Ă  faciliter la domination implicite ou explicite des 15% sur les 85%. En effet, cette majoritĂ© de la population aura Ă©tĂ© bien peu Ă©duquĂ©e lors de leurs Ă©tudes secondaires, car mĂŞme dans la section gĂ©nĂ©rale, le programme proposĂ© est plus infantilisant qu’instructif. Ainsi, nombre d’Ă©lèves qui terminent leurs humanitĂ©s Ă  18 ans restent très insuffisamment formĂ©s Ă  la citoyennetĂ© et ont un niveau de culture mĂ©diocre, car les programmes scolaires n’ont jamais prĂ©tendu les Ă©duquer sur ces sujets pourtant importants, mais avaient plutĂ´t pour objectif d’en faire de bonnes machines Ă  travailler rĂ©ceptives aux attentes de l’État et des entreprises. Seuls ceux qui se sont cultivĂ©s sur le cĂ´tĂ© et ceux qui ont eu accès par la suite Ă  des Ă©tudes universitaires ont pu atteindre un bon niveau d’instruction. MalgrĂ© tout, le niveau de notre enseignement reste l’un des plus Ă©levĂ©s au monde… Et c’est presque inquiĂ©tant puisque bien peu de matières abordĂ©es contribuent rĂ©ellement Ă  construire la personnalitĂ© de l’Ă©lève sur de bonnes bases. En outre, ne doutons pas que les rĂ©sultats de sondages sur les connaissances gĂ©ographiques de jeunes français ne varieraient pas significativement des mĂ©diocres rĂ©sultats amĂ©ricains… Comment pourrait-on arriver Ă  une sociĂ©tĂ© juste et bien bâtie si 85% de la population ne comprend pas suffisamment notre sociĂ©tĂ© et n’en connaĂ®t pas assez d’aspects dĂ©cisifs ? Comment faire en sorte que ces 85% de la population ne soient pas extrĂŞmement mallĂ©ables et ne se laissent toujours manipuler par les politiciens et les entreprises pour en arriver Ă  un rĂ©sultat qui rĂ©jouit ces derniers mais dĂ©savantage tout Ă  fait les gens qui leur ont permis d’en arriver lĂ  ?

« L’idĂ©alisme est la noble toge dont les hommes politiques drapent leur volontĂ© de puissance. »

Aldous Huxley

Par Régis Mex, pour Mecanopolis