fév 08 2010

Pierre Hillard et Julien Teil interdits de conférence (audio)

C’est par une mode nouvelle, mais dĂ©jĂ  largement rependue, que toutes sortes d’individus, ou groupe d’individus, prĂ©tendument antifascistes voudraient disqualifier les auteurs des analyses les plus percutantes sur le mondialisme en les accusant d’ĂŞtre liĂ©s Ă  des groupuscules d’extrĂŞme droite*. Pierre Hillard et Julien Teil en ont fait les frais Ă  la fin du mois dernier en se voyant interdire une confĂ©rence Ă  Toulouse. Les deux auteurs nous ont fait parvenir le texte que nous publions sur cette page.

Frédéric Courvoisier, Mecanopolis

PierreHillard1

Quel est l’idéal de la chapelle ?

La chapelle est un lieu autogĂ©rĂ© et indĂ©pendant de Toulouse. Ce dernier accueille rĂ©gulièrement des Ă©vènements culturels, artistiques et associatifs. Depuis Septembre 2009, une confĂ©rence de Pierre Hillard et Julien Teil Ă©tait prĂ©vue fin Janvier dans ce lieu. Mais il faut croire que la libertĂ© d’expression, principe que l’association prĂ©tend dĂ©fendre, admet des limites subjectives que l’association s’est donnĂ© le droit de dĂ©finir. Ce texte a pour but d’exposer les faits aux yeux de tous, et d’informer les personnes qui souhaitaient venir des raisons de l’annulation de cette soirĂ©e.

Le nationalisme, un éternel instrument.

L’atelier idĂ©al m’a fait savoir quelques jours avant la date prĂ©vue, qu’ils ne souhaitaient plus organiser la soirĂ©e en date du 30 Janvier. Ils m’ont prĂ©cisĂ©ment indiquĂ© les raisons qui les ont poussĂ© Ă  prendre cette dĂ©cision, et j’en prends note. Je reconnais que je n’ai peut ĂŞtre pas Ă©tĂ© assez prudent dans mon entreprise, et qu’il aurait Ă©tĂ© plus bĂ©nĂ©fique d’anticiper la rĂ©action des mouvements antifascistes d’extrĂŞme gauche. Je regrette leur rĂ©action, qui est sans doute animĂ©e de bonnes intentions, mais dont l’analyse rĂ©vèle une profonde mĂ©connaissance de Pierre Hillard. Le plus dĂ©courageant dans ce genre de situation symptomatique est d’avoir Ă  se justifier, Ă  « montrer patte blanche ». C’est malheureusement le cas pour beaucoup de personnes dont DieudonnĂ©, Thierry Meyssan ou encore Jean Bricmont, et mĂŞme Ronny Brauman. Je ne pensais pas que Pierre Hillard faisait partie de cette liste..

Pourtant, cette association m’a fait savoir que ce dernier Ă©tait trop « connotĂ© », et il est Ă©vident que cette connotation Ă©tait celle de l’extrĂŞme droite. Pourtant, rien dans les propos de Mr Hillard n’indique que ce dernier serait d’extrĂŞme droite sinon l’interprĂ©tation d’une phrase qu’ils auraient relevĂ©e dans une de ses confĂ©rences, et qui pose problème:

Je reconnais que la formule « je suis catholique et nationaliste » peut poser des questions, mais je pense que ces rĂ©ponses appartiennent Ă  l’intĂ©ressĂ©, en l’occurrence Ă  Pierre Hillard qui a rĂ©pondu de nombreuses fois quant aux amalgames dont il Ă©tait la victime. Je lui ai moi-mĂŞme posĂ© la question, Ă  laquelle il a rĂ©pondu « Je rejette catĂ©goriquement les idĂ©es de racisme et d’antisĂ©mitisme. Comme on dit, ce n’est pas ma tasse de thĂ©. » Par ailleurs, cette assertion Ă  propos de Pierre Hillard est peu glorieuse: l’origine en Ă©tant Nicolas Dupont Aignan, qui n’ayant pas trouvĂ© mieux pour rĂ©pondre Ă  une question d’un journaliste quant Ă  sa prĂ©sence au sein de la fondation franco amĂ©ricaine, accusa l’auteur de l’information (Hillard) d’ĂŞtre un « extrĂ©miste de droite ». Mais le problème serait selon eux que Pierre soit nationaliste et que la chapelle, qui ne l’Ă©tait pas il y a quelques jours, est dĂ©sormais anti-nationaliste. J’ai le sentiment qu’ils utilisent des mots dont ils ne maĂ®trisent pas rĂ©ellement le sens, et qu’il s’agit surtout de se protĂ©ger d’une manière malhabile. Je regrette cette fâcheuse tendance avec laquelle ils remanient leurs propos suite Ă  une rumeur. Mais je les prends au mot, en leur proposant d’ajouter Ă  leur charte qu’ils sont antinationalistes. (Puisque c’est ainsi qu’ils se dĂ©finissent) .Il serait peut-ĂŞtre bon de leur rappeler que le nationalisme Ă©tait l’apanage de la gauche au XIXè siècle pour ensuite passer Ă  droite suite Ă  l’affaire Dreyfus. Le contraire du nationalisme, est l’internationalisme que l’on trouve dans certains milieux altermondialistes mais aussi chez les libĂ©raux Ă  la sauce Rockefeller. David Rockefeller Ă  publiĂ© ses MĂ©moires (Editions de Fallois). Au chapitre 27, il n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  mettre comme titre « Internationaliste et fier de l’ĂŞtre ».

A l’inverse, pour le GMF (German Marshall Fund, une officine des services secrets amĂ©ricains travaillant en liaison avec des sociĂ©tĂ©s puissantes et des banques), et qui utilise un langage très aiguisĂ©, les mouvements contestataires de la mondialisation en France (ATTAC, AITEC, etc.) sont nationalistes. Cela pose Ă©videmment un problème au GMF qui lui, fait la promotion de la mondialisation, mais ce dernier sait parfaitement comment en tirer profit. Il faut donc croire, d’après les propos du GMF, que ces associations pourraient ĂŞtre attaquĂ© sur ce plan. Pourtant, ces organisations avaient elles-mĂŞmes participĂ© Ă  cette veille de l’opinion anti-mondialisation en France, de par leur prĂ©sence au dĂ©bat financĂ© par le GMF et organisĂ© par l’IFRI. Je pense que ces organisations contestataires ne sont pas dupes, et que leur prĂ©sence au sein d’un tel Ă©vènement ne constitue pas une marque de soutien aux services secrets amĂ©ricains. De la mĂŞme manière, ce n’est pas parce que ces organisations peuvent, au regard de certains critères, ĂŞtre qualifiĂ©es de nationalistes, qu’elles sont pour autant d’extrĂŞme droite. Mais, contester la privatisation et exiger la nationalisation des services et des biens publics, ce que prĂ´nent Ă©videmment beaucoup d’organisations altermondialistes, est une revendication qui peut ĂŞtre qualifiĂ©e de nationaliste.

Seulement, certaines organisations contestataires d’extrĂŞme gauche n’ont plus le courage (car c’Ă©tait le cas Ă  une Ă©poque), de parler de nationalisme et de souverainetĂ©. Ils font de ces thèmes les instruments de l’extrĂŞme droite, et jouent ainsi le jeu de l’oligarchie qui consiste Ă  entretenir de sempiternels combats au sein du peuple. De ce fait, le mot « nationalisme » est devenu synonyme d’extrĂŞme droite alors qu’il Ă©tait auparavant l’adage de nombreux mouvements contestataires.

Il est Ă©vident que le nationalisme est aujourd’hui dĂ©tournĂ© par l’extrĂŞme droite, et que certaines de leurs idĂ©es n’ont donc rien Ă  voir avec le nationalisme mais plutĂ´t avec le fascisme (et vous remarquerez que c’est le cas de tous les partis). Il est aussi Ă©vident, qu’une fois ce thème entre les mains des idĂ©es les plus perverses, il est instantanĂ©ment Ă©cartĂ© de tout dĂ©bat. Les oligarques peuvent ainsi plus facilement imposer les dĂ©rives dont nous sommes tĂ©moins, le tout au nom d’un marchĂ© mondialisĂ© aux consĂ©quences abominables. Nous ne sommes donc pas d’avis que ces combats du peuple contre le peuple sont lĂ©gitimes, ni qu’ils mĂ©ritent de l’attention. Par contre, nous sommes convaincus que nous serons tous amenĂ©s Ă  vivre tous ensemble. De ce fait, la dĂ©nonciation d’un système oppressant et, usant continuellement de procĂ©dĂ©s peu scrupuleux pour nous amener Ă  nous entre-tuer, est nĂ©cessaire. C’est Ă  ce travail que Pierre Hillard et moi-mĂŞme prĂ©tendons.

Entretien avec Julien Teil

LibertĂ© d’expression et amalgames

ĂŠtre nationaliste ne signifie donc pas ĂŞtre d’extrĂŞme droite, et cet amalgame est le responsable de nombreux malentendus. Ceux-ci servent assurĂ©ment des intĂ©rĂŞts, tout comme ceux qui sont profĂ©rĂ©s sur l’antisĂ©mitisme et la critique de la politique coloniale d’IsraĂ«l.  Pourtant, la libertĂ© de pensĂ©e et d’expression, est un de nos droits fondamentaux, et n’est pas nĂ©cessairement un prĂ©texte pour soutenir X ou Y. Je suis sincèrement déçu d’avoir Ă  dire cela Ă  l’association l’atelier idĂ©al, car il me semble qu’en lisant leur charte on comprend que cette libertĂ© est un de leurs combats. Je constate que cela est parfaitement faux et qu’ils utilisent exactement les mĂŞmes techniques que leurs bourreaux (c’est Ă  dire la pratique de l’amalgame) pour parvenir Ă  combattre un soi-disant ennemi (le nationalisme, sous entendu et par amalgame l’extrĂŞme droite) dont ils ne connaissent mĂŞme pas la rĂ©alitĂ©. Et il est d’ailleurs surprenant qu’ils ignorent, compte tenu de leur charte, que la censure est incompatible avec la libertĂ© d’expression. La censure existe pour maintenir le pouvoir de ceux qui le dĂ©tiennent. Il est donc Ă©tonnant que l’atelier idĂ©al la pratique, mĂŞme s’ils prĂ©tendent le faire au nom d’un combat contre une idĂ©ologie. Et nous avons bien compris leur jeu qui consiste Ă  dire qu’ils ne censurent pas mais qu’ils proposent Ă  Pierre Hillard de venir possiblement s’exprimer dans le cadre d’un dĂ©bat. Il est, lĂ  encore Ă©trange que celui-ci ne puisse pas s’exprimer sans un cadre, ou quelqu’un pour dĂ©terminer la vĂ©ritĂ© scientifique ou historique de ses propos. S’embourber dans une telle dialectique pour justifier leur dĂ©cision tout en maintenant l’idĂ©e qu’ils sont profondĂ©ment dĂ©mocrates est ridicule.

Je suis moi mĂŞme opposĂ© Ă  l’extrĂŞme droite en tant que parti (comme le FN ou le MNR) et en tant que volontĂ© politique. Par contre, je ne suis pas d’avis que ces gens n’ont pas le droit de citer, prĂ©cisĂ©ment pour le principe que la charte de l’atelier idĂ©al prĂ©tend dĂ©fendre. Je ne suis pas non plus convaincu que la malhonnĂŞtetĂ© intellectuelle et le prĂ©jugĂ© nous conduisent Ă  vivre en harmonie dans nos sociĂ©tĂ©s. Et, je ne crois pas que laisser les thèmes de la souverainetĂ© et du nationalisme entre les mains de l’extrĂŞme droite soit efficace mais plutĂ´t malhonnĂŞte.

A contrario, exiger tous ensemble de nos Ă©lus qu’ils prennent leurs responsabilitĂ©s en prĂ©textant au respect de nos constitutions, est un acte profondĂ©ment dĂ©mocrate et nationaliste. Cela signifie t-il pour autant qu’inviter Ă  cette pratique servirait incontestablement l’extrĂŞme droite ? Évidemment que non..

La nation et l’État sont censĂ©s reprĂ©senter le peuple et nos Ă©lus doivent, conformĂ©ment Ă  nos constitutions, nous servir et non nous asservir. Incorporer le nationalisme et la souverainetĂ© dans nos problĂ©matiques ne signifie dĂ©finitivement pas ĂŞtre d’extrĂŞme droite mais penser avant tout au bien commun qui lui, n’a pas de couleur. Exiger des entreprises qu’elles ne puissent plus intervenir dans des processus de dĂ©cisions politiques c’est exiger un État souverain. Et rappelons, que ces entreprises sont en gĂ©nĂ©ral les mĂŞmes que celles qui administrent les pays en voie de dĂ©veloppement, entretenant inĂ©vitablement la hiĂ©rarchie raciale de nos sociĂ©tĂ©s. PrĂ´ner des États souverains, c’est donc exiger le respect du droit international et combattre l’impĂ©rialisme sous toutes ses formes. De nos jours c’est donc nĂ©cessairement combattre le nouvel ordre mondial ou plutĂ´t l’hĂ©gĂ©monie de l’ordre anglo-amĂ©ricain sur le monde.

Dominique Guillet, prĂ©sident de l’association kokopelli, combat lui aussi ce nouvel ordre mondial, sur un tout autre plan certes, puisqu’il s’agit de la dĂ©fense de la biodiversitĂ©. Mais il n’a plus peur des rumeurs sur son compte mĂŞme lorsque celles-ci proviennent du milieu associatif, qui Ă  court d’arguments l’accuse de jouer le jeu des industries pĂ©trolières. Le plus Ă©difiant dans cette histoire Ă©tant que ces mĂŞmes associations soient financĂ© par des industries nuclĂ©aires. Dans ce cas prĂ©cis, ces associations, pourtant largement reconnues par l’opinion publique et les mouvements contestataires, estiment que Dominique Guillet est un suppĂ´t des intĂ©rĂŞts pĂ©troliers. Alors qu’en rĂ©alitĂ©, ces « intĂ©rĂŞts pĂ©troliers » organisent en parallèle la privatisation du vivant par l’intermĂ©diaire de l’uniformisation des semences, et au travers des sessions de l’OMS et du codex alimentarius. Et bien que Dominique Guillet soit le seul français Ă  vendre des graines traditionnelles et qui sortent du circuit gĂ©nocidaire des semences brevetĂ©es, il est prĂ©sentĂ© par ces associations comme une personne malhonnĂŞte et infrĂ©quentable. Pourtant ces mĂŞmes associations, ne semblent pas avoir de leçon Ă  donner, puisqu’elles participent parfois directement Ă  la privatisation du vivant, en faisant la promotion des OGM ou en participant Ă  la distribution incontrĂ´lĂ©e et illĂ©gale d’OGM dans les pays en voie de dĂ©veloppement, le tout au nom de la lutte contre la faim, ou de la lutte pour une Ă©nergie propre (le bioĂ©thanol, voir ce qu’en pense Jean Ziegler). Cet exemple est lui aussi reprĂ©sentatif d’une rĂ©alitĂ© que nous souhaitions exposer notamment Ă  travers les travaux de Julien Teil sur le rĂ´le parfois ambiguĂ« des ONG.

Gouverner ou détenir le pouvoir de pointer du doigt

A dĂ©faut de prĂ©tendre combattre ce nouvel ordre mondial, et au risque d’ĂŞtre les victimes de ce type d’assertions, nous proposons des analyses pertinentes et rigoureuses sur le sujet. Il ne s’agit pas de proposer des solutions, ni de s’engager dans une voie idĂ©ologique. Nous considĂ©rons que ces solutions appartiennent Ă  tous, et que l’information permet Ă  chacun de connaĂ®tre ses ennemis. Et de ce point de vue, chacun a le droit de disposer de ces informations: qu’il soit musulman ou nationaliste (et parfois les deux Ă  la fois). Car dans notre vision de la sociĂ©tĂ©, ces gens seront amenĂ©s Ă  vivre ensemble. Malheureusement ce qui se passe aujourd’hui est reprĂ©sentatif d’une rĂ©alitĂ© inquiĂ©tante: la privation de l’accès Ă  l’information au nom du politiquement correct. C’est ce concept intellectuellement creux mais Ă©rigĂ© en tant que morale, dont l’atelier idĂ©al fait la promotion.

Je trouve en outre malhonnĂŞte leur assertion selon laquelle j’aurai par ailleurs « omis » de prĂ©ciser que Pierre Hillard Ă©tait connotĂ©. Ils ont acceptĂ© d’organiser l’évènement depuis fin Septembre, et ils disposent des noms des confĂ©renciers ainsi que de liens vers leurs travaux depuis cette Ă©poque. Pourquoi attendre une intervention d’une personne extĂ©rieure et membre d’une organisation antifasciste pour se renseigner sur le personnage ? Je n’ai en effet pas propagĂ© la rumeur nausĂ©abonde sur le compte de Pierre Hillard.

Je n’ai, a aucun moment, voulu porter prĂ©judice ni Ă  l’atelier idĂ©al ni Ă  son image, et je ne pensais pas que cela pourrait prendre une telle mesure. Mais je dĂ©plore leur argument selon lequel j’aurai Ă©tĂ© incorrect en ne prĂ©cisant pas la rumeur nausĂ©abonde. Je ne m’excuserai pas de ne pas avoir jouer ce jeu. C’est prĂ©cisĂ©ment ce type de rumeurs qui a coĂ»tĂ©, Ă  une certaine librairie parisienne, un vĂ©ritable saccage avec blessĂ©s: avoir accueilli le plus grand « antisĂ©mite » de tous les temps: DieudonnĂ©. Et, c’est aussi cet exemple qui m’a poussĂ© Ă  ne pas maintenir cette soirĂ©e. Un tel contexte n’est pas du tout en accord avec mes convictions, et je rejette catĂ©goriquement ces violences puĂ©riles et infondĂ©es. Leur première proposition alternative qui consistait donc Ă  me proposer, dans l’hypothèse du maintien de la soirĂ©e, d’engager un service d’ordre, est totalement en dehors de mes idĂ©aux, sans doute utopistes, et me rappellent inĂ©vitablement l’omniprĂ©sence du « tout sĂ©curitaire ».

Alors peut ĂŞtre n’avons-nous pas suffisamment tenu compte des idĂ©aux de l’association qui accueille: l’atelier idĂ©al. Mais dans ce cas il faudrait nous prĂ©ciser ce qui est en contradiction avec leurs idĂ©aux. Car j’ai beau lire et relire leur charte, je trouve plutĂ´t que c’est leur argumentaire qui est profondĂ©ment en contradiction avec les idĂ©aux qu’ils revendiquent.

Et surtout, il aurait Ă©tĂ© plus judicieux de le faire savoir auparavant, et non maintenant en laissant entendre que je n’aurais pas prĂ©cisĂ© une chose fondamentale sur les idĂ©es vĂ©hiculĂ©es par un des confĂ©renciers, ce qui de plus est parfaitement faux. Il Ă©tait par contre possible de poser la question Ă  Pierre Hillard, ce qu’ils ont manifestement refusĂ© de faire en ne prenant pas soin de lui demander son avis. Et la cerise sur le gâteau est de prĂ©tendre qu’ils n’ont « pas pu connaĂ®tre ou comprendre son point de vue », et que dans le doute ils prĂ©fĂ©reraient annuler. Alors qu’en rĂ©alitĂ© il s’agit bien entendu d’autre chose puisque rien, jusqu’Ă  la dernière seconde ne les a empĂŞchĂ© de joindre Pierre Hillard et de lui demander son avis.

Nous regrettons que l’ingĂ©rence d’une personne, de plus politisĂ©e, ait Ă©tĂ© le vecteur de ces malentendus, mais nous ne la tenons pas pour responsable. Les mots Ă©pouvantails sont très utiles aux Ă©lites qui jouent ouvertement sur tous les tableaux. Ainsi Al Qaeda serait une nĂ©buleuse terroriste responsable de tous les maux de l’humanitĂ© pour les personnes de droite. L’extrĂŞme droite est elle aussi instrumentalisĂ©e afin de contrĂ´ler les pulsions des mouvements d’extrĂŞme gauche. Ce procĂ©dĂ© certes habile a le mĂ©rite de dĂ©tourner l’attention du peuple de son vĂ©ritable bourreau: l’Ă©lite autocratique, celle qui gouverne sans les peuples. Il est clair qu’ici, Ă  Toulouse, l’extrĂŞme droite radicale groupusculaire est visiblement prĂ©sente et particulièrement violente. De ce point de vue, nous ne pouvons pas dire des mouvements antifascistes qu’ils n’ont pas raison d’ĂŞtre. Mais il est incontestable que cette soirĂ©e n’a aucun lien et n’a rien Ă  voir avec ce genre de choses, et que cette pratique de l’amalgame ne fera que renforcer le pouvoir des mĂŞmes oligarques: museler un peu plus l’opinion, tout en jouant le jeu de l’extrĂŞme droite.

Cependant, nous ne remettons aucunement la responsabilitĂ© de ce malentendu sur le dos de ces associations, mais plutĂ´t sur celui de certains grands thĂ©oriciens de l’anticapitalisme qui vĂ©hiculent sans arrĂŞt ces amalgames, allant mĂŞme jusqu’Ă  publier des numĂ©ros de leurs revues entièrement consacrĂ©s au sujet. Ce constat est alarmant du point de vue du dĂ©clin certain de la dĂ©mocratie et de la libertĂ© d’expression. Mais c’est aussi l’aveu d’une sociĂ©tĂ© dont la qualitĂ© intellectuelle est en perdition et dont les mouvements contestataires sont parfois les rouages des manipulations les plus malsaines. Il serait donc intĂ©ressant que l’atelier idĂ©al expose quelle libertĂ© d’expression ils dĂ©fendent car nous avons peur qu’il s’agisse tout simplement de sa mutation la plus perverse: celle qui consiste Ă  jouer le jeu de l’oligarchie.

Ils sont finalement dans la mĂŞme dialectique que ceux auxquels ils prĂ©tendent s’opposer: gouverner les gens, la population, imposer leurs règles de vie aux autres, en dĂ©corant le tout d’un discours qui promet de satisfaire tous les espoirs. Alors qu’en rĂ©alitĂ© il s’agit toujours de la mĂŞme chose: prendre le pouvoir et, surtout, ne pas le laisser aux autres (qui sont dĂ©finis comme inaptes, ou incompĂ©tents). Et quand ils ne l’ont pas, ils prĂ©fèrent se soumettre jusqu’aux idĂ©es des chefs, espoir et peur : en faire partie ou en ĂŞtre exclu. Oui, mais de quoi ? -Nous leurs posons la question -

Julien Teil et Pierre Hillard

* Nous connaissons depuis peu, sur Mecanopolis, le mĂŞme genre d’attaques nausĂ©abondes, lancĂ©es par des individus qui voudraient ainsi discrĂ©diter l’ensemble de notre travail. FatiguĂ©s d’avoir Ă  nous justifier sans cesse, nous avons mandatĂ© deux avocats, Me Philippe Vibert pour la CE et Me Razi Abderrahim pour la Suisse, afin de poursuivre civilement et pĂ©nalement les auteurs de ces accusations diffamatoires ainsi que les sites qui les hĂ©bergent.

Pour nous contacter : fred [at] mecanopolis.org / +4176 252 35 57

jan 15 2010

Ce qu’on ne vous dit pas sur HaĂŻti (mais que vous devriez savoir)

Dans les heures qui ont suivi le sĂ©isme qui dĂ©vastateur en HaĂŻti, CNN, le New York Times et d’autres grands organes d’information ont adoptĂ© la mĂŞme interprĂ©tation de l’ampleur des destructions: le sĂ©isme d’une magnitude de 7,0 a Ă©tĂ© si dĂ©vastateur parce qu’il a frappĂ© des zones urbaines surpeuplĂ©es et très pauvres. Les maisons « construites les unes sur les autres » et bâties par les pauvres eux-mĂŞmes ont rĂ©sultĂ© en une ville fragile. Et de longues annĂ©es de sous-dĂ©veloppement ainsi que les troubles politiques ont fait que le gouvernement haĂŻtien Ă©tait mal prĂ©parĂ© Ă  faire face Ă  un tel dĂ©sastre.

haiti

C’est assez vrai. Mais ce n’est pas toute l’explication, car il y manque l’explication de la raison pour laquelle tant d’HaĂŻtiens rĂ©sident dans Port-au-Prince et ses environs et pourquoi tant d’entre eux sont obligĂ©s de survivre avec si peu. En fait, mĂŞme quand on ose une explication, elle est souvent scandaleusement fausse Ă  l’image du tĂ©moignage d’un ancien diplomate US sur CNN selon qui la surpopulation de Port-au-Prince Ă©tait dĂ»e au fait que les HaĂŻtiens, comme la plupart des autres peuples du Tiers-Monde, ne savaient rien du contrĂ´le des naissances.

Les AmĂ©ricains affamĂ©s d’informations seront peut-ĂŞtre surpris d’apprendre que ces conditions de vie auxquelles les media attribuent, Ă  raison, l’amplification de l’impact de cette immense catastrophe, rĂ©sulte largement de politiques amĂ©ricaines et d’un modèle de dĂ©veloppement orientĂ© par les Etats Unis.

De 1957 Ă  1971, les HaĂŻtiens ont vĂ©cu dans l’ombre sinistre de « Papa Doc » Duvalier, un dictateur brutal qui jouissait de l’appui des Etats Unis qui le voyaient comme un anti-communiste fiable. Après sa mort, Jean-Claude « BĂ©bĂ© Doc », son fils, est devenu prĂ©sident Ă  vie Ă  l’âge de 19 ans et il a dirigĂ© HaĂŻti jusqu’Ă  son renversement en 1986. C’est dans les annĂ©es 1970 et 1980 que BĂ©bĂ© Doc et le gouvernement et les milieux d’affaires des Etats Unis ont collaborĂ© pour engager HaĂŻti et sa capitale sur la voie qui devait aboutir Ă  la situation du pays au 12 janvier 2010.

Après l’intronisation de BĂ©bĂ© Doc, des planificateurs AmĂ©ricains, membres ou non du gouvernement des Etats Unis, ont lancĂ© leur programme pour transformer HaĂŻti en « Taiwan de la CaraĂŻbe ». Ce pays, petit et pauvre, idĂ©alement situĂ© non loin des Etats Unis, se vit enjoindre d’abandonner son passĂ© agricole et de dĂ©velopper un secteur manufacturier fort et orientĂ© vers l’exportation. C’Ă©tait, avait-on dit Ă  Duvalier et ses alliĂ©s, la manière d’aller vers la modernisation etle dĂ©veloppement Ă©conomique.

Du point de vue de la banque Mondiale et de l’United States Agency for International Development (USAID), HaĂŻti Ă©tait un parfait candidat pour ce lifting nĂ©olibĂ©ral. La pauvretĂ© endĂ©mique des masses haĂŻtiennes les forcerait Ă  exercer des emplois faiblement rĂ©munĂ©rĂ©s dans la confection d’articles de baseball et l’assemblage d’autres produits.

Mais l’USAID avait des plans aussi pour la campagne. Non seulement les villes d’HaĂŻti devaient-elles devenir des centres d’exportation, mais les zones rurales Ă©galement, par un remodelage de l’agriculture haĂŻtienne vers des productions orientĂ©es vers l’exportation et la logique des marchĂ©s. Dans ce but, l’USAID, avec des industriels citadins et de fros propriĂ©taires terriens, a travaillĂ© Ă  la crĂ©ation d’Ă©quipements de traitement ds produits agro-alimentaires, alors mĂŞme qu’ils renforçaient les pratiques de dumping sur le prix des surplus agricoles des Etats Unis vendus Ă  la population haĂŻtienne.

Cette « aide » amĂ©ricaine et les changements structurels dans le monde rural ont contraint, comme on pouvait le prĂ©voir, des paysans HaĂŻtiens qui ne pouvaient plus survivre Ă  migrer vers les villes, particulièrement Port-au-Prince oĂą les nouveaux emplois du secteur manufacturier Ă©raient supposĂ©s se trouver.Mais une fois sur place, ils se rendirent compte que les emplois manufacturiers Ă©taient loin d’ĂŞtre en nombre suffisants. La ville est devenue de plus en plus densĂ©ment peuplĂ©e. Les bidonvilles se sont Ă©tendus. Et pour satisfaire les besoins en logement des paysans dĂ©placĂ©s, un programme de maisons bon marchĂ© et construites Ă  la va vite a Ă©tĂ© mis en plce, parfois en posant des maisons « sur le toit des autres. »

Assez rapidement, cependant, les planificateurs AmĂ©ricains et les Ă©lites haĂŻtiennes dĂ©cidèrent que leur modèle de dĂ©veloppement ne fonctionnait peut-ĂŞtre pas si bien en HaĂŻti et ils l’abandonnèrent. Les consĂ©quences des changement effectuĂ©s sous la direction des Etats Unis ont par contre subsistĂ©.

Quand dans l’après-midi et la soirĂ©e du 12 janvier 2010 HaĂŻti a subi cet horrible tremblement de terre et ses rĂ©pliques, les destructions ont Ă©tĂ© indubitablement aggravĂ©es par l’extrĂŞme surpeuplement et la pauvreta de Port-au-Prince et de ses environs. Mais les AmĂ©ricains en Ă©tat de choc peuvent faire plus que de secouer la tĂŞte et de faire un don par pitiĂ©. Ils peuvent s’intĂ©resser aus responsabilitĂ©s de leur propre pays dans les conditions de vie Ă  Port-au-Prince qui ont amplifiĂ© l’impact du sĂ©isme, et ils peuvent reconnaĂ®tre le rĂ´le de l’AmĂ©rique pour empĂŞcher HaĂŻti de parvenit Ă  un dĂ©veloppement significatif. Accepter l’approche incomplète d’haĂŻti proposĂ©e par CNN et le New York Times revient Ă  blâmer les HaĂŻtiens d’ĂŞtre les victimes d’un processus qui n’est pas de leur fait. Comme l’Ă©crivait John Milton, « ils ont Ă´tĂ© les yeux des gens, et leur reprochent d’ĂŞtre aveugles. »

Carl Lindskoog, pour Commondreams.org

Traduit de l’anglais par Mounadil al-DjazaĂŻri

Carl Lindskoog est un militant qui réside à Nex York. Historien, il termine son doctorat à la City University of New York

jan 13 2010

Pierre Hillard prĂ©cise son propos sur l’Islam, le Christianisme et le Nouvel ordre mondial

Suite Ă  son intervention sur la radio Ici et Maintenant, dimanche 10 janvier dernier, pour laquelle nous avons placĂ© un extrait sur Mecanopolis qui a provoquĂ© un grand nombre de rĂ©actions, nous avons demandĂ© Ă  Pierre Hillard de prĂ©ciser quelque peu son propos sur l’Islam et le Nouvel ordre mondial. Voici le courrier qu’il nous a fait parvenir dans la nuit.

hillard8Suite à mon passage à la radio « Ici et maintenant » (10.01.2010), j’ai eu l’occasion de dire que l’Islam était la religion qui s’opposait au nouvel ordre mondial. Face au matérialisme croissant, à la peur de la vieillesse et de la mort dans les pays occidentaux, le musulman a en règle générale une vision plus sereine, plus spirituelle. La vie n’est qu’un passage. L’Eglise catholique enseignait des principes similaires. Malheureusement, depuis Vatican II, les autorités de l’Eglise adhèrent de plus en plus au concept du nouvel ordre mondial. L’Islam n’a pas encore basculé en faveur des canons du mondialisme. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que l’article de Ralph Peters, « Frontières de sang », dans la revue militaire américaine Armed Forces Journal (juin 2006) affirme nécessaire la création d’un « Etat Vatican de l’Islam ». Dans son esprit et celui de ses collaborateurs, il s’agit ni plus ni moins de modifier l’Islam afin de le fondre dans un grand magma correspondant à une religion mondiale. Si je dis cela, ce n’est pas par conviction pro-Islam. C’est uniquement l’observation des faits.

Je suis catholique et je le reste. Je sais que le déraillement que l’on peut observer chez les dirigeants de l’Eglise catholique est provisoire. Depuis son existence, il est arrivé que les hommes d’Eglise disent ou commettent de grosses bêtises. Cela a duré un certain temps, puis les autorités ont pu redresser la barre et donner au monde des serviteurs oeuvrant en faveur de la royauté du Christ. Ils font l’honneur du catholicisme. Le Credo reste ma prière de base car je crois – comme l’a affirmé le Christ – que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Eglise catholique.

Pierre Hillard

Pierre Hillard, docteur en science politique et professeur de relations internationales


jan 12 2010

Pierre Hillard : « l’Islam est le dernier rempart contre le nouvel ordre mondial » (vidĂ©o)

Pierre Hillard Ă©tait l’invitĂ© de Laurent Fendt, ce dimanche sur la radio Ici et Maintenant.

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Pierre Hillard, docteur en science politique et professeur de relations internationales

« L’Islam est l’ennemi du Nouvel ordre mondial », a indiquĂ© le gĂ©opoliticien, auteur du livre  La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale. « Les musulmans ne se concentrent pas sur la sociĂ©tĂ© de consommation (…) Ce principe existait chez les catholiques, mais depuis Vatican II, les catholiques sont paganisĂ© (…) L’Islam est le dernier carrĂ© Ă  s’opposer Ă  un esprit matĂ©rialiste mercantile. (…)  Il ne reste plus que l’Islam qui essaie de rĂ©sister au Nouvel ordre mondial »

Mecanopolis


Suite à la diffusion de ce document, Pierre Hillard nous a fait parvenir un courrier ou il précise son propos :

Pierre Hillard précise son propos sur l’Islam, le Christianisme et le Nouvel ordre mondial

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jan 10 2010

Pierre Hillard Ă  propos de l’interdiction des minarets, de la crise Ă©conomique et de Barack Obama (vidĂ©o)

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Pierre Hillard, docteur en science politique et professeur de relations internationales

A la fin de l’annĂ©e dernière, les Ă©tudiants dijonnais du « Cercle du lac Kir » recevaient Pierre Hillard pour une confĂ©rence. Ils en ont profitĂ© pour rĂ©aliser cet entretien, que nous prĂ©sentons aujourd’hui sur Mecanopolis, oĂą le gĂ©opoliticien, auteur du livre La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale, rĂ©pondait aux questions d’actualitĂ©.

Mecanopolis


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Toshi Nejimaki | Mecanopolis Medias

jan 09 2010

Le président Obama a-t-il échappé à un attentat orchestré par la CIA ?

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Le PrĂ©sident Barack Obama pensait sans doute passer un paisible sĂ©jour Ă  HawaĂŻ lorsque, le 28 dĂ©cembre dernier, Ă  15h10, il entamait une partie de golf sur le green du Luana Hills Country Club. Trois minutes plus tard, les agents des services secrets en charge de sa sĂ©curitĂ© intervenaient dans l’urgence, engouffrant le prĂ©sident et sa suite dans deux vĂ©hicules blindĂ©s.

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Barack Obama, sur le green du Luana Hills Country Club, quelques instants avant l’intervention des agents des services-secrets en charge de sa sĂ©curitĂ©

La « version officielle » de « l’incident », relayĂ©e un peu plus tard par un communiquĂ© du service de presse de la Maison Blanche, indique que c’est Ă  la suite de la blessure accidentelle du fils d’un couple d’amis, Eric et Cheryl Whitaker, qui accompagnaient Obama, que le plan d’Ă©vacuation du prĂ©sident des États-Unis a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©. Le communiqué prĂ©cise nĂ©anmoins que l’enfant n’a pas eu besoin d’assistance mĂ©dicale.

Qui peut vraiment croire que les services-secrets auraient expĂ©diĂ© Barack Obama dans un bunker parce qu’un garçonnet se serait blessĂ© Ă  la plage ? Ici comme ailleurs, la « version officielle », et ses cent retouches successives, n’a pas pour but d’ĂŞtre crĂ©dible, mais d’ĂŞtre la seule en vitrine, de sorte Ă  occuper l’ensemble des mĂ©dias et de couvrir la rĂ©alitĂ© des faits.

Le quotidien russe Zvatara, qui indique prendre ses sources auprès d’un agent du FSB (service de renseignement russe) prĂ©sente une toute autre version des Ă©vènements. Selon le journal, l’alerte aurait Ă©tĂ© donnĂ©e quand Ă  15h 03 prĂ©cise, un avion « non identifié » a pĂ©nĂ©trĂ© dans l’espace aĂ©rien du pĂ©rimètre restreint de la « zone de vacances » du prĂ©sident amĂ©ricain.

La rĂ©action des services de protection d’Obama aurait encore Ă©tĂ© d’avantage prĂ©cipitĂ©e quand, quelques minutes plus tard, l’identitĂ© de cet avion, un bi-rĂ©acteur portant le numĂ©ro d’enregistrement N46F, a Ă©tĂ© Ă©tablie comme appartenant Ă  la Hunt Oil Company, et qu’il avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment liĂ© Ă  l’Agence centrale de renseignement (CIA), comme le confirme ce document.

Il n’est pas inutile de rappeler que le PDG de Hunt Oil, Ray L. Hunt, est un proche de George Bush senior, et membre du President’s Foreign Intelligence Advisory Board.

A noter aussi que, en avril 2009, George Bush junior a effectuĂ© un voyage au YĂ©men, dont les rĂ©serves de pĂ©trole sont estimĂ©es 10 milliards de barils, afin d’inaugurer une raffinerie de la… Hunt Oil Company. Cela alors que, depuis peu, le pĂ©trole yĂ©mĂ©nite reprĂ©sente 7% des sources d’approvisionnement de la Chine, et que les projets de Petrochina sont nombreux dans ce pays.

A la lumière de ces informations, ont serait tentĂ© de relier « l’attentat manqué » du vol Detroit-Amsterdam du 25 dĂ©cembre dernier avec ce qui ressemble a une mise en garde de la CIA et de ses commanditaires Ă  l’encontre du prĂ©sident Barack Obama, afin de le contraindre Ă  accĂ©lĂ©rer un processus d’ingĂ©rence militaire au YĂ©men, de sorte Ă  en accaparer les ressources en hydrocarbures.

Au soir du 28 dĂ©cembre, Barack Obama, a « rompu le silence qu’il observait depuis l’attentat manquĂ© sur le vol 253 le jour de NoĂ«l » pour s’adresser aux amĂ©ricains : «Nous allons continuer Ă  utiliser tous les Ă©lĂ©ments en notre pouvoir pour intercepter, dĂ©truire et vaincre les extrĂ©mistes violents qui nous menacent, qu’ils soient d’Afghanistan, du Pakistan, du YĂ©men ou de Somalie. »

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Spencer Delane

jan 06 2010

L’exportation de gaz GNL, rĂ©el enjeu des tensions actuelles au YĂ©men ?

Simple coĂŻncidence dans ce monde de brut ? Alors que dĂ©but novembre, le Yemen est devenu un exportateur de gaz naturel liquĂ©fiĂ© (GNL ou LNG), grâce Ă  la mise en oeuvre de nouvelles installations dans le Golfe d’Aden – dont Total possède près de 40% – l’ambassade de Grande-Bretagne Ă  Sanaa a Ă©tĂ© fermĂ©e dimanche, après celle des Etats-Unis. Raisons invoquĂ©es : des menaces d’Al-QaĂŻda dans la pĂ©ninsule arabique, faisant notamment suite Ă  l’attentat ratĂ© de NoĂ«l sur le vol Amsterdam-Detroit.

Alors, 2010 : l’annĂ©e de la guerre du gaz ? L’avenir du Yemen et de l’Ukraine nous le dira …

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« L’ambassade a Ă©tĂ© fermĂ©e aujourd’hui par mesure de prĂ©caution, de crainte d’Ă©ventuelles rĂ©actions d’Al-QaĂŻda« , a ainsi affirmĂ© dimanche un responsable yemenite au sujet de l’ambassade  britannique. Tout en indiquant que l’ambassade n’avait pas reçu « de menaces directes d’Al-QaĂŻda« .

« Certaines indications laissent penser qu’Al-QaĂŻda prĂ©pare un attentat contre un objectif Ă  Sanaa, peut-ĂŞtre notre ambassade », a dĂ©clarĂ© quant Ă  lui Ă  la chaĂ®ne CNN John Brennan, conseiller d’Obama pour la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et la lutte anti-terroriste. Selon lui, plusieurs centaines de membres d’Al-QaĂŻda sont actuellement au YĂ©men.

Un contexte particulièrement tendu qui fait jour alors que dĂ©but novembre, le prĂ©sident yĂ©mĂ©nite Ali Abdallah Saleh avait donnĂ© le coup d’envoi symbolique des premières exportations de GNL … Simple « hasard’, alors que gaz et pĂ©trole sont Ă  l’origine  de moult conflits  par les temps qui courent ?

Rappelons par ailleurs que le projet de Balhaf, dans le Golfe d’Aden, d’un montant de 4,5 milliards de dollars, reprĂ©sente un investissement majeur pour le YĂ©men.

L’usine est opĂ©rationnelle depuis le 15 octobre dernier via la mise en oeuvre d’un seul train de production. La construction d’une seconde infrastructure de ce type doit dĂ©marrer en fĂ©vrier/mars prochain. ThĂ©oriquement …. Car le cours des choses pourrait subir quelques modifications  compte-tenu du « climat » actuel …

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Notons  toutefois que le gaz yĂ©mĂ©nite prĂ©sente bien des avantages en matière de qualitĂ© et de localisation gĂ©ographique par rapport Ă  ses principaux concurrents de la rĂ©gion (Qatar et Iran notamment, situĂ©s dans le Golfe persique) ….

En cas de maintien de planning, la production serait alors de 40.000 m3 par jour, pour une production actuelle d’un peu moins de 20.000 m3 par jour. A terme, la production devrait atteindre jusqu’Ă  6,7 millions de tonnes par an.

Le GNL devrait ĂŞtre exportĂ© en CorĂ©e du sud mais Ă©galement en Europe et en AmĂ©rique du Nord. Le projet devrait gĂ©nĂ©rer sur 25 ans entre 30 et 40 milliards de dollars de revenus pour le TrĂ©sor du YĂ©men, l’un des pays les plus pauvres de la planète. A terme, les exportations de GNL du pays Ă©quivaudront Ă  180.000 barils de pĂ©trole par jour.

A noter Ă©galement : durant les annĂ©es nĂ©cessaires Ă  la mise en oeuvre du projet, aucune attaque significative n’a Ă©tĂ© dirigĂ©e contre les installations ou le personnel. Une « bonne » chose alors que les prises d’otages sont frĂ©quentes dans cette partie du pays. PrĂ©cisons que que la majoritĂ© des 19 millions de YĂ©mĂ©nites sont de confession sunnite , tandis que les autres appartiennent Ă  la branche Zaydi de l’islam chiite. Le conflit dans la province de Saada entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par les Etats-Unis se poursuit de manière intermittente depuis 2004.

Rappelons Ă©galement qu’en avril 2008 , Total avait annoncĂ© avoir dĂ©cidĂ© de rapatrier en France les enfants de ses salariĂ©s au YĂ©men. Nulle crainte Ă  avoir affirmait alors la compagnie, la dĂ©cision n’Ă©tant Ă  voir que comme une mesure « de prĂ©caution » destinĂ©e Ă  prĂ©server leur sĂ©curitĂ©. Une « trentaine » de familles aurait Ă©tĂ© concernĂ©e.

Source : Le BlogFinance et Panier de Crabes

jan 04 2010

Le Maroc et la Jordanie ont envoyé des troupes au Yémen (vidéos)

Pedro Canales, El Imparcial

La guerre ouverte qui oppose les tribus Houthis du Nord YĂ©men et le gouvernement central de Sanaa, aidĂ© par l’Arabie saoudite, vient d’entrer dans son quatrième mois.

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Ali Abdullah Saleh, prĂ©sident-dictateur du YĂ©men (caricature de l’opposition Ă  Sanaa)

Une première confrontation avec la rĂ©bellion du nord YĂ©men avait Ă©tĂ© lourdement rĂ©primĂ©e par les troupes gouvernementales en 2004. En aoĂ»t 2009, les tribus Houthis se sont Ă  nouveau insurgĂ© contre le rĂ©gime de Sanaa, la capitale, qui a Ă©tĂ© contraint de demander de l’aide Ă  son voisin du Nord, l’Arabie saoudite.

Les tribus Houthis ne sont pas terroristes, elles demandent seulement un meilleur traitement et la possibilitĂ© de restaurer l’imamat Zaydat, qui rĂ©gnait dans le pays jusqu’Ă  la rĂ©volution rĂ©publicaine en 1962.

Cette communautĂ© s’est surtout Ă©tendue parmi la population zaydita, une minoritĂ© qui atteint un tiers des 20 millions d’habitants du YĂ©men, et qui suit les enseignements de tendance chi’ite, bien que très diffĂ©rent du rite duodĂ©cimain iranien.

Le rĂ©gime yĂ©mĂ©nite dirigĂ© par le prĂ©sident Ali Abdullah Saleh a Ă©tĂ© contraint de faire face Ă  cette rĂ©bellion sans le soutien de l’Occident, raison pour laquelle il est rĂ©gulièrement tentĂ© d’assimiler mensongèrement les rebelles Houthis Ă  des terroristes, de sorte Ă  obtenir quelques soutiens substantiels.

Le YĂ©men a donc Ă©tĂ© contraint de solliciter l’aide du monde arabe sunnite, notamment Ă  son voisin du nord, l’Arabie saoudite. Mais l’armĂ©e saoudienne, qui est la mieux mieux Ă©quipĂ©e dans le monde arabe grâce au financement et le soutien des États-Unis, n’a pas vraiment de combattants expĂ©rimentĂ©s. Les forces de Riyad ont donc connu, ces dernière semaines, de sĂ©rieux revers, et un grand nombre de leurs soldats ont Ă©tĂ© capturĂ©s par les rebelles Houthis (voir nos vidĂ©os s en bas de page, NdT).

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Massacre des tribus Houthis par les forces yéménites et leurs alliés (Forum Mecanopolis)

L’Arabie saoudite autant que le YĂ©men accuse l’Iran d’ĂŞtre derrière cette rĂ©bellion qui met en Ă©vidence la fragilitĂ© du système politique yĂ©mĂ©nite, aggravĂ©e par la succession vraisemblablement imminente du prĂ©sident Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1978 par son fils, Ahmed Ali Saleh, qui contrĂ´le actuellement les forces spĂ©ciales et de la Garde rĂ©publicaine.

Selon certains experts du monde arabe, la stratĂ©gie de l’Iran serait de crĂ©er des poches d’insurrection dans diffĂ©rentes parties du Moyen-Orient dans le but d’affaiblir la position dominante de l’Arabie saoudite dans la rĂ©gion.

Alors que les pays du Conseil de coopĂ©ration du Golfe ont apportĂ© leur soutien dans cette croisade de l’Arabie saoudite au YĂ©men, la Jordanie vient d rĂ©agir en envoyant 2′000 soldats des forces spĂ©ciales sur le front du Nord YĂ©men.

Mohamed VI, le roi du Maroc, plus discret, est Ă©galement venu au secours de la famille saoudienne, en envoyant des centaines de combattants d’Ă©lite, essentiellement des parachutistes et des unitĂ©s de commando formĂ© dans le style Spetsnaz, qui seraient plus Ă  mĂŞme de faire face Ă  la guĂ©rilla menĂ©e par les rebelles, Ă  la frontière entre l‘Arabie saoudite et le YĂ©men, selon les informations fournies par les services de renseignements occidentaux.

Pedro Canales, pour El Imparcial

Traduit de l’espagnol par Spencer Delane, pour Mecanopolis

Merci à Bao, du Forum Mecanopolis, de nous avoir communiqué cet article

jan 04 2010

Qui forme les terroristes d’Al-Qaeda au YĂ©men ?

Cet article, que nous avions placĂ© sur Mecanopolis le 17 avril dernier, retrouve toute sa pertinence aujourd’hui, alors que le « prix Nobel de la paix » Barack Obama semble vouloir Ă©tendre la « guerre contre le terrorisme » au YĂ©men. Seuls les imbĂ©ciles et les suspects peuvent encore feindre de croire qu’Al-Qaeda a un centre de gravitĂ© propre et que cette organisation n’agit pas pour les intĂ©rĂŞts stratĂ©giques amĂ©ricano-sionistes. Après l’Irak et l’Afghanistan, c’est la rĂ©gion du dĂ©troit d’Ormuz, oĂą transite plus de 30% du pĂ©trole mondial, et plus encore le soutien iranien aux tribus Houtis dans le Nord YĂ©men qui sont visĂ©s, et non pas quelques fanatiques se rĂ©clamant du « jihad international », concept qui n’existe que dans la volontĂ© de quelques stratèges maffieux et leurs complices mĂ©diatiques.

Article du quotidien Ennahar, 16 avril 2009 :

IsraĂ«l formerait des terroristes d’Al-Qaeda

Selon des sources bien informĂ©es du dossier et des activitĂ©s d’Al-Qaeda, IsraĂ«l aurait créée depuis environ une annĂ©e, des camps sur son territoire pour entraĂ®ner des Ă©lĂ©ments venus de pays arabes.

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Des terroristes fabriqués de toutes pièces, utilisables à volonté

Ces entraĂ®nements militaires et d’espionnage sont fournis en prĂ©paration Ă  d’Ă©ventuelles opĂ©rations terroristes contre les intĂ©rĂŞts des pays Ă©trangers dans les pays arabes qui sont considĂ©rĂ©s par IsraĂ«l comme un danger pour sa sĂ©curitĂ© et sur ses intĂ©rĂŞts stratĂ©giques, notamment la rĂ©gion du Maghreb Arabe.

Selon les mĂŞmes sources, ces camps incluent des arabes d’AlgĂ©rie, du Maroc et du YĂ©men avec de faux passeports venus d’Europe et portant des noms juifs. Ces derniers ont Ă©tĂ© recrutĂ©s par les services gĂ©nĂ©raux du Mossad dans diffĂ©rentes capitales pour activer au sein de l’organisation Al-Qaeda après avoir Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s par les services de renseignement europĂ©ens. Ces gens sont gĂ©nĂ©ralement recherchĂ©s pour appartenance aux groupes terroristes.

Ces camps secrets d’entraĂ®nement entretiennent des relations avec les cellules dormantes d’Al-Qaeda en Europe oĂą leurs Ă©lĂ©ments sont recrutĂ©s pour d’Ă©ventuelles opĂ©rations terroristes dans les pays arabes en coordination avec les branches de l’organisation notamment les groupes terroristes armĂ©s du grand Sahara. Ceci prouve ce que Ennahar avait publiĂ© auparavant sur l’attachĂ© militaire de l’ambassade d’IsraĂ«l en Mauritanie qui avait prĂ©parĂ© un rapport sĂ©curitaire secret sur les activitĂ©s des hommes armĂ©s dans la rĂ©gion du Sahara. Ce dernier entretenait des relations secrètes avec les mouvements rebelles au Mali et au Niger.

Le Mossad aurait des relations avec les branches d’Al-Qaeda et les opĂ©rations contre les intĂ©rĂŞts Ă©trangers, essentiellement amĂ©ricaines, et en rapport avec les Ă©vènements en Irak et au Moyen Orient.

Selon ces mĂŞmes sources, le Mossad pourrait mĂŞme recourir Ă  l’utilisation des Harraga algĂ©rien en Italie pour les recruter dans ces camps d’entraĂ®nement Ă  travers le rĂ©seau logistique des marins travaillant sur l’axe Sardaigne Naples Ă  la recherche d’Ă©lĂ©ments Ă  envoyer en IsraĂ«l secrètement essentiellement après l’apparition d’informations presque confirmĂ©es sur la prĂ©paration des hommes recrutĂ©s dans le but de commettre des opĂ©rations contre les intĂ©rĂŞts Ă©trangers durant l’Ă©tĂ© prochain et qui seront attribuĂ©es Ă  Al-Qaeda sous une direction centrale du Mossad et des services de l’armĂ©e israĂ©lienne.

Cette nouvelle Ă©tape dans les activitĂ©s de l’organisation Al-Qaeda sera le sujet du discours d’El Dhawahiri dans une tentative de relancer les diffĂ©rentes branches après l’Ă©tau exercĂ© autour de l’organisation par les renseignement europĂ©ens et aussi les frappes douloureuses encaissĂ©es sur le terrain par les services de l’armĂ©e au Maghreb arabe et notamment en AlgĂ©rie.

Mohamed Ben Kemoukh, pour Ennahar

jan 01 2010

Les cachotteries de Copenhague

Par Michel-François Clerin et Geneviève Azam

Est-il exact que les intérêts qui promeuvent les thèses du réchauffement climatique et financent ceux qui les exposent sont ceux-là mêmes qui défendent depuis plus de 30 ans la dérégulation et les privatisations financières ?

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Prenons le cas d’Al Gore, dont le film « Une vérité qui dérange » peut être considéré comme le catalyseur de la peur et du pessimisme pour les générations futures du réchauffement climatique. Savez-vous que sa famille a possédé la plus grande mine de zinc américaine au Tennessee, et notoirement connu comme un des sites les plus polluants des USA ? Al Gore est aussi l’agent intéressé des spéculateurs financiers de la City. Il est le porte parole qui permet de faire le lien entre le Premier ministre Gordon Brown, l’ancien Premier ministre Tony Blair et le milliardaire ex-patron d’E-Bay, Jeff Skoll. Les principales sources de financement du documentaire « Une vérité qui dérange » sont Mr Skoll en personne ainsi que le Hedge Fund « Generation Investment Management » géré par Mr. David Bloom, ex-directeur de Goldman Sachs. Al Gore est, de plus, un associé de Zac Goldsmith, le fils du célèbre Jimmy Goldschmit.

Mais quel est le coeur du système ?

Il s’agit du système de création de droits à émettre du CO2 échangés sur des marchés. Ce marché n’est en fait rien d’autre qu’un nouveau marché relativement opaque. C’est Gordon Brown, alors chancelier de l’Echiquier, qui a promu un système permettant la négociation de 100 milliards de droits à l’émission de CO2 à travers toute l’économie. La City s’est assuré une position dominante en contrôlant le « Emission Trading Scheme » (Organisation Européenne des droits échangeables) par lequel passe plus de 60 % du volume de CO2 échangé dans le monde dont 80 % de sa valeur.

Toutefois, en raison de la crise et du surplus de droits émis, la valeur de ces droits n’a-t-elle pas chuté ?

Effectivement, cela est correct mais à la suite du COP15, on s’attend à une baisse du nombre de droits émis, donc à une forte hausse du marché par tarissement de l’offre. Dans une ambiance agitée de réchauffement climatique entretenue de toutes parts par les mêmes banques d’affaires, grandement responsables de la crise financière, comme Goldman Sachs et Morgan Stanley, celles-ci se sont positionnées en tant que « Market Makers », dans la prévision d’immenses profits. D’après le Daily Telegraph, Al Gore serait le premier milliardaire du carbone.

De quelle manière cela s’opère-t-il ?

L’International Continental Exchange (ICE) créé en 2000 par des banquiers internationaux autour de Goldman Sachs et de compagnies pétrolières comme Shell et BP dominent les marchés à terme du gaz et du pétrole. ICE a acheté l’International Petroleum Exchange (IPE) de Londres qui est un marché opaque et pratiquement dérégulé sans qu’aucun registre sur les échanges ne soit tenu. Bien que le siège d’ICE soit à Atlanta, la société opère à partir de Londres sous la forme d’un centre financier offshore. ICE contrôle de fait le Chicago Climate Exchange (CCX) et sa filiale londonienne, le London Climate Exchange (LCX).Un des associés et fondateurs de l’ICE, Mr. Richard Sandor est l’inventeur des produits dérivés et des droits d’émissions échangeables sur le CO2. Goldman Sachs est de son côté le plus gros actionnaire de CCX et le numéro deux de ICE. Or c’est Goldman Sachs qui a lancé Al Gore dans le business des Hedge Funds lorsqu’en 2003, Mr. David Bloom, ancien CEO de Goldman Sachs Assets Management a constitué « General Investment Management » avec Al Gore et deux anciens associés de GS. En Europe, Mr. Yann Arthus-Bertrand est un protégé de la famille Pinault et Nicolas Hulot est sponsorisé par Bouygues et TF1 mais ils font petit jeu comparé à l’ensemble. du dispositif de la mondialisation financière des droits d’émission.

Y a-t-il une sorte de conspiration et d’apartheid technologique lancé contre les pays pauvres ?

Mr. Lawrence Summers, principal conseiller économique du Président Barack Obama, fut le fossoyeur de toutes les réglementations financières aux USA (en particulier de la loi Glass Steagall). Il est actuellement ami et protecteur des comportementalistes américains et défenseur des droits d’émission de CO2. Mr Summers a été en faveur de l’envoi des déchets des pays développés dans les pays du tiers monde, sous prétexte que ceux-ci étaient moins pollués. Le groupement intergouvernemental d’experts sur le réchauffement climatique (GIEC) qui a partagé le Prix Nobel avec Mr. Al Gore a été constitué en novembre 1988. Au mois de novembre 2009, une fuite d’emails dans un des centres de recherches en Angleterre a créé une sorte de « Climategate » qui n’a toutefois pas été capable de bloquer ou de minimiser le Copenhague COP15 et les conclusions du GIEC. Le GIEC étouffe le débat scientifique (non tranché par l’Académie des Sciences en France) et refuse la critique. Ce qui est pour le moins anti-scientifique. Le coefficient de corrélation entre températures et CO2 sur 1998-2007 est de 0,02 soit le constat avéré d’aucune corrélation statistique. Le célèbre écologiste Maurice Strong est directeur du Climate Exchange de Chicago (CCX) et le patron du GIEC, Mr. Rajendra Pachauri figure au comité consultatif : cela ne constitue t-il pas un conflit d’intérêt ? Par ailleurs, la mise en place d’une taxe carbone signifie qu’un protectionnisme empêchera les pays pauvres, notamment l’Afrique d’échanger avec les pays riches, ce qui étouffera leur développement.

On peut douter que le système de compensation de Copenhague puisse compenser quand on connait déjà l’échec de l’aide internationale depuis trois générations dû à l’inefficacité et la corruption. Les milliards qui seront dépensés pour la lutte contre le réchauffement ne seront malheureusement pas utilisés contre la famine, la pollution des eaux et les ressources aquifères, c’est-à-dire autant de problèmes vitaux pour les pays en développement. , économiste, Université de Chicago.

Michel-François Clerin

Silence, la finance carbone va sauver le climat !

Les marchĂ©s du carbone constituent depuis les annĂ©es 1990 la rĂ©ponse majeure de politique internationale pour rĂ©soudre la crise climatique. Leur conception est un produit de la rhĂ©torique nĂ©olibĂ©rale, alors Ă  son acmĂ©, ardemment dĂ©fendue par les États-Unis lors des nĂ©gociations devant aboutir au protocole de Kyoto en 1997, que ces derniers n’ont finalement pas ratifiĂ©.

Depuis les annĂ©es 2000, l’essentiel de l’Ă©nergie de l’Union europĂ©enne s’est dĂ©ployĂ©e pour la mise en place du premier marchĂ© du carbone en 2005. L’Union est aujourd’hui le plus ferme dĂ©fenseur de cette politique, alors que le marchĂ© europĂ©en du carbone est un exemple de la volatilitĂ© et de l’instabilitĂ© du prix du carbone et de son incapacitĂ© Ă  rĂ©guler la crise climatique.

Ces marchĂ©s ont vu leur taille doubler chaque annĂ©e entre 2005 et 2008. MĂŞme s’ils ne sont pas comparables par leur taille, approximativement Ă©quivalente Ă  100 milliards de dollars, aux marchĂ©s financiers dĂ©jĂ  en place, il sont promis Ă  connaĂ®tre des volumes voisins des dĂ©rivĂ©s de crĂ©dit dans une dizaine d’annĂ©es selon James Kanter du New York Times (06-07-2007).

Au bonheur des fonds spéculatifs

La « finance carbone », surtout après les dĂ©boires de l’immobilier, a rapidement attirĂ© les fonds spĂ©culatifs, les traders du secteur de l’Ă©nergie (comme EDF trading, Shell trading, Rhodia Energy…), des entreprises industrielles comme Arcelor-Mittal et les grandes banques d’investissement, Citigroup, Goldman Sachs, CrĂ©dit suisse, BNP-Paribas, Merrill Lynch, autant d’institutions dĂ©sormais connues du grand public pour leur prudence financière et leur souci du bien commun !

Car le marchĂ© du carbone n’est pas un simple commerce de droits et crĂ©dits d’Ă©mission Ă©changĂ©s entre entreprises pour satisfaire Ă  leurs obligations. Ces titres sont en effet dĂ©tenus aussi par d’autres acteurs, dont le but est de spĂ©culer sur leur valeur. Ainsi un marchĂ© secondaire s’est rapidement dĂ©veloppĂ©, avec des spĂ©cialistes de la spĂ©culation qui Ă©laborent des produits financiers complexes, Ă  partir des savants modèles de produits dĂ©rivĂ©s qui ont dĂ©jĂ  fait la preuve de leur dangerositĂ©, avec le risque d’une bulle financière.

Les contrats sur des « Ă©missions Ă©vitĂ©es », qui circulent dĂ©jĂ  sur les marchĂ©s Ă  terme, portent des risques importants de ne pas ĂŞtre rĂ©alisĂ©s. Alors que la crise climatique exige une transformation rapide des modèles de production et de consommation les plus polluants, elle se trouve ainsi entre les mains d’opĂ©rateurs qui en ont fait une nouvelle opportunitĂ© pour s’enrichir.

Le marchĂ© des quotas d’Ă©mission (ou encore droits Ă  polluer) est très singulier, car s’y Ă©change un titre Ă©mis par les États, les droits d’Ă©mission. Une fois ces droits en circulation, le marchĂ© dĂ©termine leur distribution finale et leur prix. Mais l’Ă©change de ces droits suppose une unitĂ© commune, c’est la tonne Ă©quivalent carbone : un quota d’Ă©mission Ă©gale toujours une tonne d’Ă©quivalent carbone Ă©mise, quelle que soit son origine. De cette rĂ©duction, dĂ©coulent des consĂ©quences Ă©cologiques et sociales alarmantes.

Un étalon unique

Cet Ă©talon unique est construit sur des règles de rĂ©duction entre les diffĂ©rents gaz Ă  effet de serre, ramenĂ©s Ă  un « Ă©quivalent carbone », alors que ces derniers contribuent diffĂ©remment au rĂ©chauffement global, et qu’ils devraient avoir des traitements diffĂ©renciĂ©s. C’est le cas du mĂ©thane, largement oubliĂ©, alors que des techniques assez simples et bon marchĂ© pourraient permettre de le rĂ©cupĂ©rer, notamment dans les pays du Sud. Par ailleurs, les solutions comme les agrocarburants, le nuclĂ©aire, le stockage du carbone, qui Ă  court terme peuvent certes faire baisser les Ă©missions, reprĂ©sentent potentiellement des catastrophes Ă©cologiques et sociales futures.

De mĂŞme, en posant comme Ă©quivalents une tonne de carbone Ă©mise et un quota obtenu n’importe oĂą et n’importe comment, la dĂ©forestation de la forĂŞt primaire peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme Ă©quivalente, en termes de tonnes Ă©quivalent carbone, Ă  son remplacement par une plantation nouvelle Ă  croissance rapide, la biodiversitĂ© et les droits des peuples indigènes n’entrant pas dans l’unitĂ© de compte.

Et puisque toutes les rĂ©ductions sont ainsi Ă©quivalentes, il est logique de rechercher celles au moindre coĂ»t, par le dit « mĂ©canisme de dĂ©veloppement propre » et par la compensation carbone qui autorisent les entreprises des pays industriels Ă  gagner des droits d’Ă©mission en investissant dans les pays du Sud et en s’exonĂ©rant des rĂ©ductions domestiques. Ainsi, le passage Ă  des systèmes de production et de consommation soutenables, se trouvent retardĂ© d’autant dans les pays les plus pollueurs. Une tonne d’Ă©quivalent carbone Ă©vitĂ©e en Éthiopie aura la mĂŞme « valeur » qu’une rĂ©duction d’une tonne en Europe ou aux États-Unis !

Le climat devient une abstraction

Le choix du développement mondial du marché du carbone, avec son unité de compte en tonne équivalent carbone, fait du climat une pure abstraction, déliée des conditions sociales, historiques et technologiques de son équilibre. Le silence actuel sur ces mécanismes écologiquement inefficaces et économiquement dangereux, inventés dans les années 1990 en pleine euphorie financière pour poursuivre les logiques de croissance infinie, est inquiétant.

Il se renforce d’un silence gĂŞnĂ© portĂ© par des « entrepreneurs du bien » selon l’expression de Gunter Anders, qui, face Ă  la dĂ©route, s’inscrivent dans le « c’est tout de mĂŞme mieux que rien ». Une forme de « l’empire du moindre mal » (Jean Claude Michea). Ce silence demande Ă  ĂŞtre levĂ© si nous ne voulons pas nous rĂ©veiller douloureusement.

Geneviève Azam, Conseil scientifique d’Attac.

Source: Mondialisation.ca