fév 04 2010

Qu’en est-il de la souveraineté de l’Europe ?

Par Eberhard Hamer, Allemagne

Depuis que le traité de Lisbonne est entré en vigueur, la plupart des droits souverains des 27 nations autonomes d’autrefois ont été légués au commissariat politique de Bruxelles. Le traité décide qu’il n’y a plus ni nation ni citoyen d’une nation, mais seulement l’Europe et les citoyens européens. Nous croyions que ce serait un progrès en direction de la liberté, de la démocratie et de la sécurité.

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Déjà un jour avant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne les Etats réunis dans l’UE ont dû décider, moyennant l’aide active du ministre allemand de l’Intérieur de Maizière, une convention sous le diktat des Etats-Unis qui assure aux USA l’accès libre aux données bancaires du service financier européen Swift. Washington avait réglé cela avec le président de la Commission Barroso. On avait contourné le Parlement européen un jour avant qu’il ne soit responsable et on lui avait refusé le droit de participation. Le service de Swift siège en Belgique et mène tous les jours quelque 15 millions de transactions financières entre 8300 banques mondialement. Par l’assujettissement de l’UE sous l’autorité américaine, tous les flux financiers de l’Europe sont contrôlés par la CIA et les autres services secrets américains et israéliens. Il y a eu des politiciens en Europe qui, à bon droit, ont désigné Barroso comme «aide-manœuvre des Etats-Unis», contraire à toute protection europé­enne des données informatiques. Depuis, les Américains ont tout accès non seulement aux données qui existent quand il y a des versements financiers par exemple de l’Allemagne vers outre-mer, la Chine ou l’Amérique du Sud, mais à tous les versements qui se font à l’intérieur de l’Allemagne, par exemple de Hambourg vers Cologne ou à l’intérieur de Hambourg. Pendant 5 ans les données des citoyens intègres devront être mémorisées – bien sûr aux frais des banques et de leurs clients.

Les contrôleurs de l’utilisation des données informatiques ont averti le gouvernement fédéral, et surtout le ministre de l’Intérieur, du danger de soutenir une telle décision en faveur de l’assujettissement de l’UE sous le diktat des USA, contraire aux lois dans le domaine de la protection des données informatiques. Le ministre de l’Intérieur, certes, n’a pas donné son aval, mais par son abstention il a volontairement permis l’accès aux données.

A quoi sert la protection de la vie privée en Allemagne lorsque, de par l’UE, le gouvernement américain et ses réseaux d’agents ­peuvent disposer librement de nos données financières ? On justifie tout cela par la lutte contre le terrorisme – comme si les USA devaient toujours impliquer leurs Etats satellites pour profiter de leur argent, de leurs services ou d’autres valeurs matérielles.

La soi-disant lutte contre le terrorisme a été également la raison pour laquelle l’Allemagne a été impliquée, son argent et ses soldats inclus, à la guerre en Afghanistan mise en scène par les lobbies américains de l’armement, de la drogue et du pétrole. Pendant longtemps on nous a rabâché des mensonges sur cette intervention en faveur de la paix présumée. C’est seulement le nouveau ministre de la Défense qui a dit la vérité, choquant ainsi tous les partis politiques, inclus les sociaux-démocrates et les Verts, qui avaient accepté la guerre, et il vient de déclencher un débat sur la question de savoir si la Loi fondamentale permet vraiment de faire une guerre allemande, surtout là où nous n’avons rien à faire et où nos intérêts ne sont pas touchés.

Sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, il y a des règlements de plus en plus sévères pour les voyages aux USA. Jusqu’ici déjà, les compagnies aériennes devaient avoir annoncé toutes les données privées de leurs clients avant leur arrivée aux Etats-Unis pour qu’on ait pu contrôler les voyageurs. Maintenant ce contrôle total ne suffit soudainement plus, il faut que les voyageurs soient contrôlés dans les aéroports de partance par des scanners qui les mettent à nu. Une autre gradation serait de mettre ces photos des personnes nues à disposition des Etats-Unis et des bureaux des services secrets du CIA et autres.

Le ministre allemand de l’Intérieur de Maizière et son ami politique Bosbach ont déjà donné leur aval ainsi que l’aval de leur gouvernement pour de tels «body scanner» contraires à la Loi fondamentale qui violent la sphère intime des voyageurs. Ils veulent aussi surmonter la résistance des Libéraux contre cette violation des droits humains. C’est étonnant que, dans les média allemands, il n’y ait pas de cris d’indignation contre cela – il semble qu’ils sont tous déjà mis au pas.

L’auteur fait partie d’une génération qui a toujours considéré et défendu, après la dictature pendant la dernière Guerre mondiale, la liberté personnelle et la démocratie comme acquis politiques les plus précieux de notre siècle. Maintenant nous devons reconnaître que :

• Notre peuple allemand pour lequel nous nous engagions n’existe plus, mais qu’il n’y a plus qu’une population multicolore en Allemagne.

• Il n’y a plus de nation allemande ni de patrie allemande. La fin de toutes les deux a été consacrée par le traité de Lisbonne. On les a converties en une «citoyenneté européenne» ou quelque chose du genre.

• Il y a en revanche une diminution de la participation politique des citoyens au sens de la démocratie par la concentration et par des nouvelles structures hiérarchiques (UE). 60 % des Parlements municipaux existant il y a 20 ans, ont été supprimés par la concentration, la participation des citoyens est devenue de plus en plus indirecte, de plus en plus faible, de plus en plus contraire à la démocratie. Maintenant on gouverne le tout du haut vers le bas, et non inversement, du bas vers le haut.

• C’est aussi au sens économique que nous avons perdu la plus grande partie de la liberté. Ce ne sont pas seulement des douzaines de bureaux qui prescrivent à tous les entrepreneurs ce qu’ils doivent faire. L’entrepreneur doit aussi renoncer à 60 % de ce qu’il a gagné, de sorte que pour de nombreux employés il est plus rentable d’obtenir une allocation sociale que de vivre de leurs propres moyens.

Les trois exemples cités montrent comment on intervient au détriment de notre liberté, de notre intégrité et de nos droits humains, parce que «le grand frère de l’autre côté de l’océan» le veut ainsi. Nous menons une guerre contraire à la Loi fondamentale, sous le commandement des Etats-Unis, nous acceptons que toutes nos télécommunications soient contrôlées par la CIA (système Echelon), nous devons accepter que tous nos versements soient scrutés par des agents américains (Swift) et à l’avenir, nous devrons nous présenter tout nus aux autorités américaines.

Nos politiciens ne devront pas s’étonner s’il y a des réactions dramatiques de la part de la population trompée, dès que celle-ci réalisera finalement les violations actuelles de la Loi fondamentale, des lois de protection des données et des droits privées.

Eberhard Hamer

Eberhard Hamer est un Ă©conomiste et essayiste allemand. Selon lui, le systèmes des banques centrales du type de la RĂ©serve FĂ©dĂ©rale ont Ă©tĂ©, sont et seront incapable structurellement de gĂ©rer une crise Ă©conomique. « La RĂ©serve FĂ©dĂ©rale est une banque privĂ©e en mains des deux plus puissants groupes de la haute finance qui en abusent Ă  leur profit en provoquant une surabondance de masse monĂ©taire en dollar« , Ă©crit Hamer dans l’un de ses articles. « La bulle spĂ©culative qui en rĂ©sulte doit se rĂ©sorber soit par la faillite des grandes banques soit par une inflation grandissante des prix des biens« . Hamer prĂ©tend encore que « la crise Ă©conomique commencĂ©e en 2008 est prĂ©texte pour les 2 groupes dominants de la haute finance pour procĂ©der Ă  une concentration bancaire ».

Traduction : Horizons et débats


jan 30 2010

Les Talibans nient tout contact avec l’occupant en vue de pourparlers (communiquĂ©)

La rĂ©sistance afghane a rĂ©futĂ©, dans un communiquĂ© publiĂ© cette nuit Ă  04h12 (1), les allĂ©gations Ă  propos d’une rencontre avec un Ă©missaire de l’ONU en vue de pourparlers de paix en Afghanistan. Pour les Talibans, la paix n’est pas nĂ©gociable : elle ne peut s’Ă©tablir que par le dĂ©part sans conditions des armĂ©es d’occupation.

paktia

Jeudi, en marge de la confĂ©rence internationale sur l’Afghanistan Ă  Londres, un responsable de l’ONU avait affirmĂ© que le chef de la mission de l’ONU en Afghanistan, Kai Eide, avait rencontrĂ© des membres actifs des talibans Ă  DubaĂŻ courant janvier en vue de nĂ©gociations.

Ce dernier n’avait pu dire quels membres des talibans avaient participĂ© Ă  cette rencontre mais avait assurĂ© qu’elle avait eu lieu Ă  la demande de la rĂ©sistance.

Lors de la confĂ©rence de Londres sur « l’avenir du pays », le prĂ©sident fantoche Hamid KarzaĂŻ a prĂ©sentĂ© un plan de « rĂ©conciliation » avec les talibans, proposant argent et travail Ă  tous ceux qui dĂ©poseraient les armes.

Le Conseil du commandement des talibans afghans lui avait immédiatement opposé une cinglante fin de non-recevoir. (2)

Mecanopolis

Communiqué de la résistance aghane :

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Le Conseil de commandement de la rĂ©sistance islamique, sur la base de sa position lĂ©gitime prĂ©cĂ©dente, rĂ©fute les rumeurs dans certains mĂ©dias sur la nĂ©gociation entre les reprĂ©sentants de la rĂ©sistance et Kai Eide, un envoyĂ© spĂ©cial de l’ONU.

Le Conseil de commandement estime que ces rumeurs, futiles et sans fondements, font partie d’une machination qui a pour but de diviser les moudjahidins qui mènent la lutte contre l’occupation de notre pays.

En fait, la position unilatĂ©rale de la rĂ©sistance concernant la ConfĂ©rence de Londres (3), a Ă©tĂ© un coup dur Ă  traiter pour les occupants amĂ©ricains et autres. Maintenant l’ennemi veut lancer cette campagne de propagande afin de compenser leur Ă©chec. Mais le Conseil de commandement de la rĂ©sistance et ses Moudjahidins, avec l’aide de Dieu, l’emportera sur leurs efforts misĂ©rables, ainsi que sur tous les autres complots contre le peuple souverain d’Afghanistan.

(Traduit par Mecanopolis)
communique2701Cliquer sur l’image pour l’agrandir
[quote]Le Conseil de commandement de la rĂ©sistance islamique, sur la base de sa position lĂ©gitime prĂ©cĂ©dente, rĂ©fute les rumeurs dans certains mĂ©dias, sur la nĂ©gociation entre les reprĂ©sentants de a rĂ©sistance et Kai Eide, un envoyĂ© spĂ©cial de l’ONU.
Le Conseil de commandement estime que ces rumeurs, futiles et sans fondements, font partie d’une machination qui a pour but de diviser les moudjahidin qui mènent la lutte contre l’occupantion de notre pays.
En fait, la position unilatĂ©rale de la rĂ©sistance concernant la ConfĂ©rence de Londres (3), a Ă©tĂ© un coup dur Ă  traiter pour les occupants amĂ©ricains et autres. Maintenant l’ennemi veut lancer cette campagne de propagande afin de compenser leur Ă©chec. Mais le Conseil de la rĂ©sistance et ses Moudjahidins, avec l’aide de Dieu, l’emportera sur leurs efforts misĂ©rables, ainsi que sur tous les autres complots contre le peuple souverain d’Afghanistan.
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Notes :

1. Publié sur ces sites

2. « Les tentatives de l’ennemi d’acheter les moudjahidines en leur offrant de l’argent et des emplois pour qu’ils abandonnent la lutte contre l’ennemi seront vaines » (voir original en langue arabe ci-dessus)

3. « Seule une victoire totale est envisageable : soit les armées d’occupation quittent l’Afghanistan, soit leurs soldats seront tués jusqu’au dernier. » Plus de détails dans nos articles du 28 janvier et 23 janvier.

jan 30 2010

L’Islam, une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme (vidĂ©o)

Par HISNOULMUSLIM

Le 21 janvier 2009 Ă  la salle Colbert de l’AssemblĂ©e Nationale, le groupe de rĂ©flexion GĂ©nĂ©ration France créé par Jean-François CopĂ© recevait la prĂ©sidence du think tank amĂ©ricain l’Hudson Institut1.

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Il est fort Ă©tonnant qu’un cercle comme celui de GĂ©nĂ©ration France qui se targuait lors de sa crĂ©ation d’inspirer un nouvel Ă©lan Ă  l’identitĂ© française, reçoive en la personne de Kenneth Weinstein, un groupe de rĂ©flexion impĂ©rialiste amĂ©ricain dont le but avouĂ© est de consolider l’atlantisme au sein de l’Union europĂ©enne et de faire reculer l’Islam « isme »2.

C’est prĂ©cisĂ©ment dans le recoupement de ces informations que l’on prend conscience de la tromperie des mots.

Jean-François Copé :

« Au cĹ“ur de cette dĂ©marche de rĂ©flexion commune, j’ai souhaitĂ© placer le mot «France ». Parce que je suis convaincu que la question essentielle, c’est celle de notre identitĂ©. »3.

Nul doute que la première partie de la citation est correcte mais concernant la seconde il s’agit au minimum d’un double sens et reste Ă  chacun la sensibilitĂ© de dĂ©terminer de quelle identitĂ© il s’agit quand on dĂ©balle le tapis rouge Ă  des groupes dont les seules intĂ©rĂŞts sont d’imposer leur hĂ©gĂ©monie et leurs influences Ă  travers le monde.

Moins d’un an après cette rencontre, Ă  n’en pas douter « pour les intĂ©rĂŞts de la France », le prĂ©sident du groupe UMP Ă  l’AssemblĂ©e prenait tout le monde de vitesse en annonçant le dĂ©pĂ´t dès janvier 2010 d’une proposition de loi visant Ă  interdire le voile intĂ©gral dans l’espace public4.

Le 09 janvier 2010 le grand imam de l’UMP, « Shaykh CopĂ© » nous expliquait dans l’Ă©mission de Thierry Ardisson, Salut Les Terriens – CopĂ©-Burqa Le Face Ă  Face, que le voile intĂ©gral ne faisait pas partie de l’Islam selon lui.

Affirmation nĂ©cessaire pour passer Ă  l’Ă©tape supĂ©rieure consistante Ă  statuer prochainement sur la lĂ©galitĂ© de la libertĂ© de penser de ces fameux « talibans de quartier  » qui contrĂ´leraient le phĂ©nomène du niqab en France5.

Le 5 septembre 2006 le prĂ©sident amĂ©ricain de l’Ă©poque, George W. Bush, mettait en garde le monde contre un Khalifat Islamique aux portes de l’Europe6.

Le 27 aout 2007 c’Ă©tait au tour du PrĂ©sident de la RĂ©publique Française Nicolas Sarkozy, Ă  l’occasion de la confĂ©rence des Ambassadeurs, de mettre en garde contre le Khalifat7.

Il devient alors Ă©vident dans le temps, que la volontĂ© de faire peur avec l’Islam est nourrie et voulue dans le but de se doter d’un droit universel de modeler cette religion selon les convenances d’un « Grand Occident CoalisĂ© » contre un monde Musulman qui, refusant obstinĂ©ment de dĂ©laisser une partie de son Coran et de son mode d’emploi qu’est la Tradition du Prophète Muahmmad, n’est toujours pas incorporable en l’Ă©tat dans leur projet tant couvĂ© d’une gouvernance mondiale et qui commence depuis quelques annĂ©es Ă  Ă©clore de sa coquille.

Qu’avons-nous lĂ  ? Une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme.

Sans mĂŞme Ă©voquer le facteur eschatologique de la situation, c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce moment de la rĂ©flexion que peut se justifier la stigmatisation, l’hypocrisie et la calomnie Ă  l’encontre de l’Islam ainsi que la prĂ©sence d’une coalition forte de plusieurs centaines de milliers d’Hommes en terre musulmane8 ; dĂ©barquĂ©e lĂ  bas pour expliquer Ă  l’autochtone local Ă  coup de bombe, la supĂ©rioritĂ© de l’Ă©laboration de lois humaines sur leur conception de lois divines exemptes de toutes imperfections.

Le fait est que la plupart des volontĂ©s politiques du monde coalisĂ© sur la question de l’Islam converge vers l’objectif Ă©vident de le modeler comme toutes les autres religions l’ont Ă©tĂ©, quitte Ă  s’autoproclamer les droits et devoirs d’ingĂ©rences sur les populations que l’on aurait dĂ©cidĂ© au prĂ©alable d’affubler du titre de « MĂ©chant ».

HISNOULMUSLIM, pour Mecanopolis

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Notes :

jan 26 2010

Blackwater/Xe Ă  l’assaut de Mogadiscio et du pĂ©trole somalien

Cela faisait plus de six mois que les mercenaires de la sociĂ©tĂ© militaire privĂ©e « Xe », le nouveau nom de Blackwater, entrainaient dans le sud de la Somalie les miliciens d’Ahlu Sunna Waljamaca, un groupe armĂ© et financĂ© par Washington, afin de les opposer aux Tribunaux islamiques qui ne cessent de regagner du terrain dans tout le pays. Le 12 janvier dernier ils sont passĂ©s Ă  l’action Ă  Wabho et Warhole, situĂ©s au nord de la capitale Mogadiscio.

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Les combats auraient fait 18 morts dans les rangs des miliciens et plusieurs dizaines de prisonniers qui, face aux Shabab, la fraction armĂ©e des Tribunaux islamiques, ont du battre en retraite. Le porte-parole des Shabab, Ali Mohamed Rage, a indiquĂ© aux journalistes que, dans cette opĂ©ration, les mercenaires de Xe avaient directement participĂ© aux combats, qui ont durĂ© trois jours. Il a Ă©galement prĂ©cisĂ© que « les mercenaires amĂ©ricains sont en train de prĂ©parer des attentats Ă  Mogadiscio, comme ils le font en Afghanistan, au Pakistan et en Irak, pour ensuite nous les attribuer et prĂ©tendre que nous sommes liĂ© Ă  Al-Qaeda ». « Nous savons que des agents de Xe sont entrĂ©s dans la capitale et qu’ils prĂ©parent des actions de ce type dans des mosquĂ©es et au marchĂ© de Bakara » a encore ajoutĂ© A.M. Rage, en menaçant les amĂ©ricains de reprĂ©sailles s’ils mettent leurs projets Ă  exĂ©cution.

Les États-Unis pourraient en effet ĂŞtre tentĂ© de prendre leur revanche en Somalie, oĂą leur prĂ©cĂ©dente intervention, en 1992, s’Ă©tait soldĂ©e par fiasco mĂ©morable. A l’Ă©poque, Bill Clinton avait envoyĂ© les marines dans le pays afin de « rĂ©tablir l’ordre ». L’intervention « humanitaire » s’Ă©tait terminĂ©e, lors d’une opĂ©ration pour le moins hasardeuse, par la mort de 19 soldats et le retrait des troupes US.

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Mais, au-delĂ  des raisons invoquĂ©es par Washington, c’est surtout le pĂ©trole qui motivait l’intervention des États-Unis, comme l’indique le site SomaliaWatch.com : « Sous la surface du drame tragique de la Somalie, quatre grandes compagnies pĂ©trolières amĂ©ricaines sont tranquillement assises sur une fortune prospective et des concessions exclusives pour explorer et exploiter des dizaines de millions d’hectares de la campagne somalienne. Ces terres, de l’avis de gĂ©ologues et d’analyste pĂ©troliers, pourrait fournir d’importantes quantitĂ©s de pĂ©trole et de gaz naturel ».

Selon des documents rĂ©vĂ©lĂ©s par The Times, c’est plus des deux tiers du territoire de la Somalie qui a Ă©tĂ© allouĂ©e aux gĂ©ants du pĂ©trole amĂ©ricain Conoco, Amoco, Chevron et Phillips par l’ancien prĂ©sident somalien Mohamed Siad Barre avant sa destitution lors des Ă©meutes de 1991. A la lumière de ces informations, on comprend mieux l’intĂ©rĂŞt de l’administration amĂ©ricaine Ă  vouloir rĂ©cupĂ©rer l’investissement des compagnies pĂ©trolières US, de mĂŞme que la rĂ©cente dĂ©claration de Barack Obama, après l’attentat manquĂ© du 25 dĂ©cembre dernier : « : «Nous allons continuer Ă  utiliser tous les Ă©lĂ©ments en notre pouvoir pour intercepter, dĂ©truire et vaincre les extrĂ©mistes violents qui nous menacent, qu’ils soient d’Afghanistan, du Pakistan, du YĂ©men ou de Somalie. » Quelle aubaine pour le prix Nobel de la « paix » : les extrĂ©mistes violents n’agissent que dans des pays oĂą les terres regorgent d’hydrocarbures.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Avec les informations de Onlinejournal, et SomaliaWatch

Spencer Delane



jan 21 2010

Haïti regorge de ressources en matières premières

En cherchant un peu sur le web, on peut trouver un grand nombre d’indicateurs qui expliquent que HaĂŻti, la plus petite partie de Hispaniola (l’autre, et plus grande partie de l’île, Ă©tant la RĂ©publique Dominicaine ou Saint-Domingue) reprĂ©sente un potentiel Ă©norme en ressources pĂ©trolières, aurifères, mais Ă©galement en Iridium (mĂ©tal rare du groupe du Platine qui est actuellement utilisĂ© dans l’industrie militaire : missiles nuclĂ©aires, mais aussi dans le dĂ©veloppement de l’industrie liĂ©e Ă  la conquĂŞte de l’espace : fusĂ©es, système de mise en orbite, etc…).

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A la lumière de ces éléments, on pourrait facilement en déduire que  la volonté et l’énergie déployées par Washington pour déployer rapidement entre 12 et 15.000 soldats sur le sol haïtien dans une mission qui, comme l’annonce le haut commandement militaire US, se prolongera dans le long terme.

Dans les annĂ©es 70 des travaux gĂ©ophysiques ont Ă©tĂ© entrepris en divers points d’HaĂŻti. Les forages ont signalĂ© la prĂ©sence d’huile et de gaz rĂ©vĂ©lateurs de l’existence de pĂ©trole. Des rĂ©servoirs de pĂ©trole ont Ă©tĂ© localisĂ©s dans les sĂ©diments marins entre 6000 Ă  7000 mètres de profondeur dans le Canal de la Gonâve et spĂ©cifiquement dans la Baie de Rochelois Ă  l’Ile de la Gonâve.

Parmi les zones d’intĂ©rĂŞt potentiel, citons le Plateau Central, la partie terrestre de la Plaine du Cul-de-Sac et la Grande CaĂŻmite. « L’Ă©tat actuel des connaissances accumulĂ©es sur le potentiel pĂ©trolier haĂŻtien est suffisamment satisfaisant pour attirer des investissements. » conclut le rapport No 3 du Bureau des mines d’HaĂŻti.

Mais pourquoi ne peut-on pas exploiter le pĂ©trole d’HaĂŻti et soulager la misère du Peuple haĂŻtien ?

La raison est d’ordre politique. HaĂŻti est considĂ©rĂ©e comme l’arrière-cour du Grand Voisin (les USA bien sur). Le pĂ©trole haĂŻtien est inclus dans leurs rĂ©serves au cas d’une pĂ©nurie mondiale causĂ©e par la Guerre ou l’Ă©puisement de cette ressource naturelle non renouvelable sur les autres Continents.

En 1949, le Gouvernement de Dumarsais EstimĂ© avait dĂ©jĂ  tentĂ© d’exploiter les gisements pĂ©trolifères haĂŻtiens en faisant appel Ă  la « Atlantic Reffining Company » (ATRECO). Les travaux de forage ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s avec l’assistance du Ministère de l’Agriculture et des Ressources Naturelles et du DĂ©veloppement Rural sous la supervision de l’Agronome Jean David.

Encore aujourd’hui, si l’on se rend sur la localitĂ© de Caradeux, entre l’AĂ©roport International et PĂ©tion-Ville, on peut voir les traces des Derricks qui ont oeuvrĂ© dans la zone. La bouche du puit est scellĂ©e avec une plaque en cuivre portant la date de forage et le nom de la ATRECO.

L’ordre formel fut donnĂ© par Washington de cesser immĂ©diatement les travaux, ATRECO fut dĂ©dommagĂ©e. Adieu pĂ©trole haĂŻtien!

Il n’est pas superflu de mentionner qu’en 1975 le Gouvernement de Jean Claude Duvalier a fait appel Ă  la Crux Limited pour l’exploration des dites ressources pĂ©trolières repĂ©rĂ©es dans la rade de Port-au-Prince près de la Gonâve, aussi bien qu’Ă  Grande Saline.

L’INAREM ou Institut National des Ressources Minières dont le Coordinateur fut Henri P.Bayard a entamĂ© des recherches pendant près de 6 mois de Port-au-Prince jusqu’Ă  la frontière dominicaine comme l’aire possible du forage entrepris par la ATRECO dans la Plaine du Cul-de-Sac.

Ce puit se trouverait sur la route vicinale qui sort de Caradeux pour aller à la chapelle Ste Marie de Pétion-ville.

Des Ă©chantillons ont Ă©tĂ© prĂ©levĂ©s et analysĂ©s dans le laboratoire du Bureau des mines. Les ingĂ©nieurs ont Ă©tabli l’existence d’une nappe de pĂ©trole sous-marine contiguĂ« aux gisements pĂ©trolifères du Venezuela (la capacitĂ© de cette nappe est estimĂ©e par certains, 5 fois supĂ©rieure Ă  celle de son voisin continental). Une fois de plus, la Compagnie Crux Limited a Ă©tĂ© forcĂ©e d’abandonner les travaux d’exploration, pour les mĂŞmes raisons qu’ATRECO en 1949 .

Quelques annĂ©es plus tard, un ingĂ©nieur gĂ©ologue haĂŻtien, ministre des Mines a tentĂ© de reprendre les travaux de concert avec les autoritĂ©s vĂ©nĂ©zuĂ©liennes, et si ce n’est grâce Ă  la vigilance de la police vĂ©nĂ©zuĂ©lienne, il serait mort suite Ă  une tentative d’assassinat dans la chambre d’hĂ´tel oĂą il se trouvait lors de son sĂ©jour au Venezuela pour mettre les accords au point.

De plus, l’ex-prĂ©sident de la Raffinerie Dominicaine de PĂ©trole (REFIDOMSA), Leopold Espaillat Nanita, a expliquĂ© que l’une des solutions pour que l’Etat haĂŻtien puisse sortir de cette dette externe sans fin, mais aussi, afin de rĂ©soudre ses problèmes socio-Ă©conomiques, se trouverait dans l’exploitation de ces gisement aurifères ainsi que ceux d’autres minĂ©raux que possède le territoire voisin de la RĂ©publique Dominicaine.

Espaillat Nanita a révélé que les études et les recherches géologiques réalisées sur le sol haïtien indiquent que cette nation possède conjointement avec Saint-Domingue, possiblement le terrain aurifère non exploité le plus grand du monde.

De mĂŞme, il existe un gisement (en seconde position après l’Afrique du Sud, le principal fournisseur mondial), d’un minerai peu connu : l’Iridium, utilisĂ© dans la construction de navettes spatiales, missiles tactiques et autres engins. Ces deux ressources sont suffisantes pour allĂ©ger la « pauvretĂ© » du peuple haĂŻtien…

Espaillat Nanita, qui est également architecte, dénonce le fait que ces ressources sont peu connues en raison d’une « conspiration » des multinationales, qui prétendent enlever aux Haïtiens leurs richesses naturelles.

L’ex-prĂ©sident de REFIDOMSA a dit que dans cette « conspiration », sont impliquĂ©s certains holdings pro-USA mais aussi des fonctionnaires d’Etat qui se dĂ©dient Ă  entretenir la pauvretĂ© et l’indigence en HaĂŻti.

Dans ce sens, il appuie les dĂ©clarations du tout rĂ©cent Premier ministre dĂ©signĂ©, Jean-Max Bellerive, sur la recherche de nouvelles alternatives qui faciliteront la crĂ©ation d’emplois et attireront des investisseurs Ă©trangers dans le plus petit des deux pays qui se partagent l’Ă®le d’Hispaniola au lieu de compter exclusivement sur la RĂ©publique Dominicaine.

Espaillat reconnaĂ®t qu’il existe en HaĂŻti une classe nationaliste formĂ©e principalement d’hommes politiques et d’intellectuels – Ă  laquelle appartient Bellerive (DĂ©signĂ© Premier ministre le 30 octobre 2009 par le prĂ©sident RenĂ© PrĂ©val) – intĂ©ressĂ©e Ă  ce que les problèmes d’HaĂŻti trouvent des solutions sur son propre territoire et non dans une autre partie du monde, comme par exemple chez son voisin (Saint-Domingue).

L’ex-fonctionnaire de l’Ă©nergie a fait ces dĂ©clarations au cours d’un entretien rĂ©alisĂ© par le programme de radio « Dejando huellas » sur Dominicana FM.

Sources : Jean Erich René et Espacinsular.org

Traduction et mise en forme : Chevalier Jedi pour Mecanopolis

Jean Erich RenĂ© est originaire d’HaĂŻti. Il est nĂ© dans la ville de JĂ©rĂ©mie oĂą il a accompli ses Ă©tudes primaires et secondaires. Il a explorĂ© divers domaines scientifiques notamment: – Agronomie Ă  la FacultĂ© d’Agronomie de Damien (HaĂŻti) 1970-1974 – Gestion et Hautes Etudes Internationales Ă  l’Institut National d’Administration (HaĂŻti)1990-1994 – Administration Ă  l’UniversitĂ© d’Ottawa (Canada) 1995-1998 – Economie Ă  l’UniversitĂ© d’Ottawa (Canada)1998-2001

jan 15 2010

Ce qu’on ne vous dit pas sur HaĂŻti (mais que vous devriez savoir)

Dans les heures qui ont suivi le sĂ©isme qui dĂ©vastateur en HaĂŻti, CNN, le New York Times et d’autres grands organes d’information ont adoptĂ© la mĂŞme interprĂ©tation de l’ampleur des destructions: le sĂ©isme d’une magnitude de 7,0 a Ă©tĂ© si dĂ©vastateur parce qu’il a frappĂ© des zones urbaines surpeuplĂ©es et très pauvres. Les maisons « construites les unes sur les autres » et bâties par les pauvres eux-mĂŞmes ont rĂ©sultĂ© en une ville fragile. Et de longues annĂ©es de sous-dĂ©veloppement ainsi que les troubles politiques ont fait que le gouvernement haĂŻtien Ă©tait mal prĂ©parĂ© Ă  faire face Ă  un tel dĂ©sastre.

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C’est assez vrai. Mais ce n’est pas toute l’explication, car il y manque l’explication de la raison pour laquelle tant d’HaĂŻtiens rĂ©sident dans Port-au-Prince et ses environs et pourquoi tant d’entre eux sont obligĂ©s de survivre avec si peu. En fait, mĂŞme quand on ose une explication, elle est souvent scandaleusement fausse Ă  l’image du tĂ©moignage d’un ancien diplomate US sur CNN selon qui la surpopulation de Port-au-Prince Ă©tait dĂ»e au fait que les HaĂŻtiens, comme la plupart des autres peuples du Tiers-Monde, ne savaient rien du contrĂ´le des naissances.

Les AmĂ©ricains affamĂ©s d’informations seront peut-ĂŞtre surpris d’apprendre que ces conditions de vie auxquelles les media attribuent, Ă  raison, l’amplification de l’impact de cette immense catastrophe, rĂ©sulte largement de politiques amĂ©ricaines et d’un modèle de dĂ©veloppement orientĂ© par les Etats Unis.

De 1957 Ă  1971, les HaĂŻtiens ont vĂ©cu dans l’ombre sinistre de « Papa Doc » Duvalier, un dictateur brutal qui jouissait de l’appui des Etats Unis qui le voyaient comme un anti-communiste fiable. Après sa mort, Jean-Claude « BĂ©bĂ© Doc », son fils, est devenu prĂ©sident Ă  vie Ă  l’âge de 19 ans et il a dirigĂ© HaĂŻti jusqu’Ă  son renversement en 1986. C’est dans les annĂ©es 1970 et 1980 que BĂ©bĂ© Doc et le gouvernement et les milieux d’affaires des Etats Unis ont collaborĂ© pour engager HaĂŻti et sa capitale sur la voie qui devait aboutir Ă  la situation du pays au 12 janvier 2010.

Après l’intronisation de BĂ©bĂ© Doc, des planificateurs AmĂ©ricains, membres ou non du gouvernement des Etats Unis, ont lancĂ© leur programme pour transformer HaĂŻti en « Taiwan de la CaraĂŻbe ». Ce pays, petit et pauvre, idĂ©alement situĂ© non loin des Etats Unis, se vit enjoindre d’abandonner son passĂ© agricole et de dĂ©velopper un secteur manufacturier fort et orientĂ© vers l’exportation. C’Ă©tait, avait-on dit Ă  Duvalier et ses alliĂ©s, la manière d’aller vers la modernisation etle dĂ©veloppement Ă©conomique.

Du point de vue de la banque Mondiale et de l’United States Agency for International Development (USAID), HaĂŻti Ă©tait un parfait candidat pour ce lifting nĂ©olibĂ©ral. La pauvretĂ© endĂ©mique des masses haĂŻtiennes les forcerait Ă  exercer des emplois faiblement rĂ©munĂ©rĂ©s dans la confection d’articles de baseball et l’assemblage d’autres produits.

Mais l’USAID avait des plans aussi pour la campagne. Non seulement les villes d’HaĂŻti devaient-elles devenir des centres d’exportation, mais les zones rurales Ă©galement, par un remodelage de l’agriculture haĂŻtienne vers des productions orientĂ©es vers l’exportation et la logique des marchĂ©s. Dans ce but, l’USAID, avec des industriels citadins et de fros propriĂ©taires terriens, a travaillĂ© Ă  la crĂ©ation d’Ă©quipements de traitement ds produits agro-alimentaires, alors mĂŞme qu’ils renforçaient les pratiques de dumping sur le prix des surplus agricoles des Etats Unis vendus Ă  la population haĂŻtienne.

Cette « aide » amĂ©ricaine et les changements structurels dans le monde rural ont contraint, comme on pouvait le prĂ©voir, des paysans HaĂŻtiens qui ne pouvaient plus survivre Ă  migrer vers les villes, particulièrement Port-au-Prince oĂą les nouveaux emplois du secteur manufacturier Ă©raient supposĂ©s se trouver.Mais une fois sur place, ils se rendirent compte que les emplois manufacturiers Ă©taient loin d’ĂŞtre en nombre suffisants. La ville est devenue de plus en plus densĂ©ment peuplĂ©e. Les bidonvilles se sont Ă©tendus. Et pour satisfaire les besoins en logement des paysans dĂ©placĂ©s, un programme de maisons bon marchĂ© et construites Ă  la va vite a Ă©tĂ© mis en plce, parfois en posant des maisons « sur le toit des autres. »

Assez rapidement, cependant, les planificateurs AmĂ©ricains et les Ă©lites haĂŻtiennes dĂ©cidèrent que leur modèle de dĂ©veloppement ne fonctionnait peut-ĂŞtre pas si bien en HaĂŻti et ils l’abandonnèrent. Les consĂ©quences des changement effectuĂ©s sous la direction des Etats Unis ont par contre subsistĂ©.

Quand dans l’après-midi et la soirĂ©e du 12 janvier 2010 HaĂŻti a subi cet horrible tremblement de terre et ses rĂ©pliques, les destructions ont Ă©tĂ© indubitablement aggravĂ©es par l’extrĂŞme surpeuplement et la pauvreta de Port-au-Prince et de ses environs. Mais les AmĂ©ricains en Ă©tat de choc peuvent faire plus que de secouer la tĂŞte et de faire un don par pitiĂ©. Ils peuvent s’intĂ©resser aus responsabilitĂ©s de leur propre pays dans les conditions de vie Ă  Port-au-Prince qui ont amplifiĂ© l’impact du sĂ©isme, et ils peuvent reconnaĂ®tre le rĂ´le de l’AmĂ©rique pour empĂŞcher HaĂŻti de parvenit Ă  un dĂ©veloppement significatif. Accepter l’approche incomplète d’haĂŻti proposĂ©e par CNN et le New York Times revient Ă  blâmer les HaĂŻtiens d’ĂŞtre les victimes d’un processus qui n’est pas de leur fait. Comme l’Ă©crivait John Milton, « ils ont Ă´tĂ© les yeux des gens, et leur reprochent d’ĂŞtre aveugles. »

Carl Lindskoog, pour Commondreams.org

Traduit de l’anglais par Mounadil al-DjazaĂŻri

Carl Lindskoog est un militant qui réside à Nex York. Historien, il termine son doctorat à la City University of New York

jan 06 2010

L’exportation de gaz GNL, rĂ©el enjeu des tensions actuelles au YĂ©men ?

Simple coĂŻncidence dans ce monde de brut ? Alors que dĂ©but novembre, le Yemen est devenu un exportateur de gaz naturel liquĂ©fiĂ© (GNL ou LNG), grâce Ă  la mise en oeuvre de nouvelles installations dans le Golfe d’Aden – dont Total possède près de 40% – l’ambassade de Grande-Bretagne Ă  Sanaa a Ă©tĂ© fermĂ©e dimanche, après celle des Etats-Unis. Raisons invoquĂ©es : des menaces d’Al-QaĂŻda dans la pĂ©ninsule arabique, faisant notamment suite Ă  l’attentat ratĂ© de NoĂ«l sur le vol Amsterdam-Detroit.

Alors, 2010 : l’annĂ©e de la guerre du gaz ? L’avenir du Yemen et de l’Ukraine nous le dira …

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« L’ambassade a Ă©tĂ© fermĂ©e aujourd’hui par mesure de prĂ©caution, de crainte d’Ă©ventuelles rĂ©actions d’Al-QaĂŻda« , a ainsi affirmĂ© dimanche un responsable yemenite au sujet de l’ambassade  britannique. Tout en indiquant que l’ambassade n’avait pas reçu « de menaces directes d’Al-QaĂŻda« .

« Certaines indications laissent penser qu’Al-QaĂŻda prĂ©pare un attentat contre un objectif Ă  Sanaa, peut-ĂŞtre notre ambassade », a dĂ©clarĂ© quant Ă  lui Ă  la chaĂ®ne CNN John Brennan, conseiller d’Obama pour la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et la lutte anti-terroriste. Selon lui, plusieurs centaines de membres d’Al-QaĂŻda sont actuellement au YĂ©men.

Un contexte particulièrement tendu qui fait jour alors que dĂ©but novembre, le prĂ©sident yĂ©mĂ©nite Ali Abdallah Saleh avait donnĂ© le coup d’envoi symbolique des premières exportations de GNL … Simple « hasard’, alors que gaz et pĂ©trole sont Ă  l’origine  de moult conflits  par les temps qui courent ?

Rappelons par ailleurs que le projet de Balhaf, dans le Golfe d’Aden, d’un montant de 4,5 milliards de dollars, reprĂ©sente un investissement majeur pour le YĂ©men.

L’usine est opĂ©rationnelle depuis le 15 octobre dernier via la mise en oeuvre d’un seul train de production. La construction d’une seconde infrastructure de ce type doit dĂ©marrer en fĂ©vrier/mars prochain. ThĂ©oriquement …. Car le cours des choses pourrait subir quelques modifications  compte-tenu du « climat » actuel …

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Notons  toutefois que le gaz yĂ©mĂ©nite prĂ©sente bien des avantages en matière de qualitĂ© et de localisation gĂ©ographique par rapport Ă  ses principaux concurrents de la rĂ©gion (Qatar et Iran notamment, situĂ©s dans le Golfe persique) ….

En cas de maintien de planning, la production serait alors de 40.000 m3 par jour, pour une production actuelle d’un peu moins de 20.000 m3 par jour. A terme, la production devrait atteindre jusqu’Ă  6,7 millions de tonnes par an.

Le GNL devrait ĂŞtre exportĂ© en CorĂ©e du sud mais Ă©galement en Europe et en AmĂ©rique du Nord. Le projet devrait gĂ©nĂ©rer sur 25 ans entre 30 et 40 milliards de dollars de revenus pour le TrĂ©sor du YĂ©men, l’un des pays les plus pauvres de la planète. A terme, les exportations de GNL du pays Ă©quivaudront Ă  180.000 barils de pĂ©trole par jour.

A noter Ă©galement : durant les annĂ©es nĂ©cessaires Ă  la mise en oeuvre du projet, aucune attaque significative n’a Ă©tĂ© dirigĂ©e contre les installations ou le personnel. Une « bonne » chose alors que les prises d’otages sont frĂ©quentes dans cette partie du pays. PrĂ©cisons que que la majoritĂ© des 19 millions de YĂ©mĂ©nites sont de confession sunnite , tandis que les autres appartiennent Ă  la branche Zaydi de l’islam chiite. Le conflit dans la province de Saada entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par les Etats-Unis se poursuit de manière intermittente depuis 2004.

Rappelons Ă©galement qu’en avril 2008 , Total avait annoncĂ© avoir dĂ©cidĂ© de rapatrier en France les enfants de ses salariĂ©s au YĂ©men. Nulle crainte Ă  avoir affirmait alors la compagnie, la dĂ©cision n’Ă©tant Ă  voir que comme une mesure « de prĂ©caution » destinĂ©e Ă  prĂ©server leur sĂ©curitĂ©. Une « trentaine » de familles aurait Ă©tĂ© concernĂ©e.

Source : Le BlogFinance et Panier de Crabes

jan 04 2010

Le Maroc et la Jordanie ont envoyé des troupes au Yémen (vidéos)

Pedro Canales, El Imparcial

La guerre ouverte qui oppose les tribus Houthis du Nord YĂ©men et le gouvernement central de Sanaa, aidĂ© par l’Arabie saoudite, vient d’entrer dans son quatrième mois.

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Ali Abdullah Saleh, prĂ©sident-dictateur du YĂ©men (caricature de l’opposition Ă  Sanaa)

Une première confrontation avec la rĂ©bellion du nord YĂ©men avait Ă©tĂ© lourdement rĂ©primĂ©e par les troupes gouvernementales en 2004. En aoĂ»t 2009, les tribus Houthis se sont Ă  nouveau insurgĂ© contre le rĂ©gime de Sanaa, la capitale, qui a Ă©tĂ© contraint de demander de l’aide Ă  son voisin du Nord, l’Arabie saoudite.

Les tribus Houthis ne sont pas terroristes, elles demandent seulement un meilleur traitement et la possibilitĂ© de restaurer l’imamat Zaydat, qui rĂ©gnait dans le pays jusqu’Ă  la rĂ©volution rĂ©publicaine en 1962.

Cette communautĂ© s’est surtout Ă©tendue parmi la population zaydita, une minoritĂ© qui atteint un tiers des 20 millions d’habitants du YĂ©men, et qui suit les enseignements de tendance chi’ite, bien que très diffĂ©rent du rite duodĂ©cimain iranien.

Le rĂ©gime yĂ©mĂ©nite dirigĂ© par le prĂ©sident Ali Abdullah Saleh a Ă©tĂ© contraint de faire face Ă  cette rĂ©bellion sans le soutien de l’Occident, raison pour laquelle il est rĂ©gulièrement tentĂ© d’assimiler mensongèrement les rebelles Houthis Ă  des terroristes, de sorte Ă  obtenir quelques soutiens substantiels.

Le YĂ©men a donc Ă©tĂ© contraint de solliciter l’aide du monde arabe sunnite, notamment Ă  son voisin du nord, l’Arabie saoudite. Mais l’armĂ©e saoudienne, qui est la mieux mieux Ă©quipĂ©e dans le monde arabe grâce au financement et le soutien des États-Unis, n’a pas vraiment de combattants expĂ©rimentĂ©s. Les forces de Riyad ont donc connu, ces dernière semaines, de sĂ©rieux revers, et un grand nombre de leurs soldats ont Ă©tĂ© capturĂ©s par les rebelles Houthis (voir nos vidĂ©os s en bas de page, NdT).

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Massacre des tribus Houthis par les forces yéménites et leurs alliés (Forum Mecanopolis)

L’Arabie saoudite autant que le YĂ©men accuse l’Iran d’ĂŞtre derrière cette rĂ©bellion qui met en Ă©vidence la fragilitĂ© du système politique yĂ©mĂ©nite, aggravĂ©e par la succession vraisemblablement imminente du prĂ©sident Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1978 par son fils, Ahmed Ali Saleh, qui contrĂ´le actuellement les forces spĂ©ciales et de la Garde rĂ©publicaine.

Selon certains experts du monde arabe, la stratĂ©gie de l’Iran serait de crĂ©er des poches d’insurrection dans diffĂ©rentes parties du Moyen-Orient dans le but d’affaiblir la position dominante de l’Arabie saoudite dans la rĂ©gion.

Alors que les pays du Conseil de coopĂ©ration du Golfe ont apportĂ© leur soutien dans cette croisade de l’Arabie saoudite au YĂ©men, la Jordanie vient d rĂ©agir en envoyant 2′000 soldats des forces spĂ©ciales sur le front du Nord YĂ©men.

Mohamed VI, le roi du Maroc, plus discret, est Ă©galement venu au secours de la famille saoudienne, en envoyant des centaines de combattants d’Ă©lite, essentiellement des parachutistes et des unitĂ©s de commando formĂ© dans le style Spetsnaz, qui seraient plus Ă  mĂŞme de faire face Ă  la guĂ©rilla menĂ©e par les rebelles, Ă  la frontière entre l‘Arabie saoudite et le YĂ©men, selon les informations fournies par les services de renseignements occidentaux.

Pedro Canales, pour El Imparcial

Traduit de l’espagnol par Spencer Delane, pour Mecanopolis

Merci à Bao, du Forum Mecanopolis, de nous avoir communiqué cet article

jan 04 2010

Qui forme les terroristes d’Al-Qaeda au YĂ©men ?

Cet article, que nous avions placĂ© sur Mecanopolis le 17 avril dernier, retrouve toute sa pertinence aujourd’hui, alors que le « prix Nobel de la paix » Barack Obama semble vouloir Ă©tendre la « guerre contre le terrorisme » au YĂ©men. Seuls les imbĂ©ciles et les suspects peuvent encore feindre de croire qu’Al-Qaeda a un centre de gravitĂ© propre et que cette organisation n’agit pas pour les intĂ©rĂŞts stratĂ©giques amĂ©ricano-sionistes. Après l’Irak et l’Afghanistan, c’est la rĂ©gion du dĂ©troit d’Ormuz, oĂą transite plus de 30% du pĂ©trole mondial, et plus encore le soutien iranien aux tribus Houtis dans le Nord YĂ©men qui sont visĂ©s, et non pas quelques fanatiques se rĂ©clamant du « jihad international », concept qui n’existe que dans la volontĂ© de quelques stratèges maffieux et leurs complices mĂ©diatiques.

Article du quotidien Ennahar, 16 avril 2009 :

IsraĂ«l formerait des terroristes d’Al-Qaeda

Selon des sources bien informĂ©es du dossier et des activitĂ©s d’Al-Qaeda, IsraĂ«l aurait créée depuis environ une annĂ©e, des camps sur son territoire pour entraĂ®ner des Ă©lĂ©ments venus de pays arabes.

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Des terroristes fabriqués de toutes pièces, utilisables à volonté

Ces entraĂ®nements militaires et d’espionnage sont fournis en prĂ©paration Ă  d’Ă©ventuelles opĂ©rations terroristes contre les intĂ©rĂŞts des pays Ă©trangers dans les pays arabes qui sont considĂ©rĂ©s par IsraĂ«l comme un danger pour sa sĂ©curitĂ© et sur ses intĂ©rĂŞts stratĂ©giques, notamment la rĂ©gion du Maghreb Arabe.

Selon les mĂŞmes sources, ces camps incluent des arabes d’AlgĂ©rie, du Maroc et du YĂ©men avec de faux passeports venus d’Europe et portant des noms juifs. Ces derniers ont Ă©tĂ© recrutĂ©s par les services gĂ©nĂ©raux du Mossad dans diffĂ©rentes capitales pour activer au sein de l’organisation Al-Qaeda après avoir Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s par les services de renseignement europĂ©ens. Ces gens sont gĂ©nĂ©ralement recherchĂ©s pour appartenance aux groupes terroristes.

Ces camps secrets d’entraĂ®nement entretiennent des relations avec les cellules dormantes d’Al-Qaeda en Europe oĂą leurs Ă©lĂ©ments sont recrutĂ©s pour d’Ă©ventuelles opĂ©rations terroristes dans les pays arabes en coordination avec les branches de l’organisation notamment les groupes terroristes armĂ©s du grand Sahara. Ceci prouve ce que Ennahar avait publiĂ© auparavant sur l’attachĂ© militaire de l’ambassade d’IsraĂ«l en Mauritanie qui avait prĂ©parĂ© un rapport sĂ©curitaire secret sur les activitĂ©s des hommes armĂ©s dans la rĂ©gion du Sahara. Ce dernier entretenait des relations secrètes avec les mouvements rebelles au Mali et au Niger.

Le Mossad aurait des relations avec les branches d’Al-Qaeda et les opĂ©rations contre les intĂ©rĂŞts Ă©trangers, essentiellement amĂ©ricaines, et en rapport avec les Ă©vènements en Irak et au Moyen Orient.

Selon ces mĂŞmes sources, le Mossad pourrait mĂŞme recourir Ă  l’utilisation des Harraga algĂ©rien en Italie pour les recruter dans ces camps d’entraĂ®nement Ă  travers le rĂ©seau logistique des marins travaillant sur l’axe Sardaigne Naples Ă  la recherche d’Ă©lĂ©ments Ă  envoyer en IsraĂ«l secrètement essentiellement après l’apparition d’informations presque confirmĂ©es sur la prĂ©paration des hommes recrutĂ©s dans le but de commettre des opĂ©rations contre les intĂ©rĂŞts Ă©trangers durant l’Ă©tĂ© prochain et qui seront attribuĂ©es Ă  Al-Qaeda sous une direction centrale du Mossad et des services de l’armĂ©e israĂ©lienne.

Cette nouvelle Ă©tape dans les activitĂ©s de l’organisation Al-Qaeda sera le sujet du discours d’El Dhawahiri dans une tentative de relancer les diffĂ©rentes branches après l’Ă©tau exercĂ© autour de l’organisation par les renseignement europĂ©ens et aussi les frappes douloureuses encaissĂ©es sur le terrain par les services de l’armĂ©e au Maghreb arabe et notamment en AlgĂ©rie.

Mohamed Ben Kemoukh, pour Ennahar

jan 01 2010

Les cachotteries de Copenhague

Par Michel-François Clerin et Geneviève Azam

Est-il exact que les intérêts qui promeuvent les thèses du réchauffement climatique et financent ceux qui les exposent sont ceux-là mêmes qui défendent depuis plus de 30 ans la dérégulation et les privatisations financières ?

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Prenons le cas d’Al Gore, dont le film « Une vérité qui dérange » peut être considéré comme le catalyseur de la peur et du pessimisme pour les générations futures du réchauffement climatique. Savez-vous que sa famille a possédé la plus grande mine de zinc américaine au Tennessee, et notoirement connu comme un des sites les plus polluants des USA ? Al Gore est aussi l’agent intéressé des spéculateurs financiers de la City. Il est le porte parole qui permet de faire le lien entre le Premier ministre Gordon Brown, l’ancien Premier ministre Tony Blair et le milliardaire ex-patron d’E-Bay, Jeff Skoll. Les principales sources de financement du documentaire « Une vérité qui dérange » sont Mr Skoll en personne ainsi que le Hedge Fund « Generation Investment Management » géré par Mr. David Bloom, ex-directeur de Goldman Sachs. Al Gore est, de plus, un associé de Zac Goldsmith, le fils du célèbre Jimmy Goldschmit.

Mais quel est le coeur du système ?

Il s’agit du système de création de droits à émettre du CO2 échangés sur des marchés. Ce marché n’est en fait rien d’autre qu’un nouveau marché relativement opaque. C’est Gordon Brown, alors chancelier de l’Echiquier, qui a promu un système permettant la négociation de 100 milliards de droits à l’émission de CO2 à travers toute l’économie. La City s’est assuré une position dominante en contrôlant le « Emission Trading Scheme » (Organisation Européenne des droits échangeables) par lequel passe plus de 60 % du volume de CO2 échangé dans le monde dont 80 % de sa valeur.

Toutefois, en raison de la crise et du surplus de droits émis, la valeur de ces droits n’a-t-elle pas chuté ?

Effectivement, cela est correct mais à la suite du COP15, on s’attend à une baisse du nombre de droits émis, donc à une forte hausse du marché par tarissement de l’offre. Dans une ambiance agitée de réchauffement climatique entretenue de toutes parts par les mêmes banques d’affaires, grandement responsables de la crise financière, comme Goldman Sachs et Morgan Stanley, celles-ci se sont positionnées en tant que « Market Makers », dans la prévision d’immenses profits. D’après le Daily Telegraph, Al Gore serait le premier milliardaire du carbone.

De quelle manière cela s’opère-t-il ?

L’International Continental Exchange (ICE) créé en 2000 par des banquiers internationaux autour de Goldman Sachs et de compagnies pétrolières comme Shell et BP dominent les marchés à terme du gaz et du pétrole. ICE a acheté l’International Petroleum Exchange (IPE) de Londres qui est un marché opaque et pratiquement dérégulé sans qu’aucun registre sur les échanges ne soit tenu. Bien que le siège d’ICE soit à Atlanta, la société opère à partir de Londres sous la forme d’un centre financier offshore. ICE contrôle de fait le Chicago Climate Exchange (CCX) et sa filiale londonienne, le London Climate Exchange (LCX).Un des associés et fondateurs de l’ICE, Mr. Richard Sandor est l’inventeur des produits dérivés et des droits d’émissions échangeables sur le CO2. Goldman Sachs est de son côté le plus gros actionnaire de CCX et le numéro deux de ICE. Or c’est Goldman Sachs qui a lancé Al Gore dans le business des Hedge Funds lorsqu’en 2003, Mr. David Bloom, ancien CEO de Goldman Sachs Assets Management a constitué « General Investment Management » avec Al Gore et deux anciens associés de GS. En Europe, Mr. Yann Arthus-Bertrand est un protégé de la famille Pinault et Nicolas Hulot est sponsorisé par Bouygues et TF1 mais ils font petit jeu comparé à l’ensemble. du dispositif de la mondialisation financière des droits d’émission.

Y a-t-il une sorte de conspiration et d’apartheid technologique lancé contre les pays pauvres ?

Mr. Lawrence Summers, principal conseiller économique du Président Barack Obama, fut le fossoyeur de toutes les réglementations financières aux USA (en particulier de la loi Glass Steagall). Il est actuellement ami et protecteur des comportementalistes américains et défenseur des droits d’émission de CO2. Mr Summers a été en faveur de l’envoi des déchets des pays développés dans les pays du tiers monde, sous prétexte que ceux-ci étaient moins pollués. Le groupement intergouvernemental d’experts sur le réchauffement climatique (GIEC) qui a partagé le Prix Nobel avec Mr. Al Gore a été constitué en novembre 1988. Au mois de novembre 2009, une fuite d’emails dans un des centres de recherches en Angleterre a créé une sorte de « Climategate » qui n’a toutefois pas été capable de bloquer ou de minimiser le Copenhague COP15 et les conclusions du GIEC. Le GIEC étouffe le débat scientifique (non tranché par l’Académie des Sciences en France) et refuse la critique. Ce qui est pour le moins anti-scientifique. Le coefficient de corrélation entre températures et CO2 sur 1998-2007 est de 0,02 soit le constat avéré d’aucune corrélation statistique. Le célèbre écologiste Maurice Strong est directeur du Climate Exchange de Chicago (CCX) et le patron du GIEC, Mr. Rajendra Pachauri figure au comité consultatif : cela ne constitue t-il pas un conflit d’intérêt ? Par ailleurs, la mise en place d’une taxe carbone signifie qu’un protectionnisme empêchera les pays pauvres, notamment l’Afrique d’échanger avec les pays riches, ce qui étouffera leur développement.

On peut douter que le système de compensation de Copenhague puisse compenser quand on connait déjà l’échec de l’aide internationale depuis trois générations dû à l’inefficacité et la corruption. Les milliards qui seront dépensés pour la lutte contre le réchauffement ne seront malheureusement pas utilisés contre la famine, la pollution des eaux et les ressources aquifères, c’est-à-dire autant de problèmes vitaux pour les pays en développement. , économiste, Université de Chicago.

Michel-François Clerin

Silence, la finance carbone va sauver le climat !

Les marchĂ©s du carbone constituent depuis les annĂ©es 1990 la rĂ©ponse majeure de politique internationale pour rĂ©soudre la crise climatique. Leur conception est un produit de la rhĂ©torique nĂ©olibĂ©rale, alors Ă  son acmĂ©, ardemment dĂ©fendue par les États-Unis lors des nĂ©gociations devant aboutir au protocole de Kyoto en 1997, que ces derniers n’ont finalement pas ratifiĂ©.

Depuis les annĂ©es 2000, l’essentiel de l’Ă©nergie de l’Union europĂ©enne s’est dĂ©ployĂ©e pour la mise en place du premier marchĂ© du carbone en 2005. L’Union est aujourd’hui le plus ferme dĂ©fenseur de cette politique, alors que le marchĂ© europĂ©en du carbone est un exemple de la volatilitĂ© et de l’instabilitĂ© du prix du carbone et de son incapacitĂ© Ă  rĂ©guler la crise climatique.

Ces marchĂ©s ont vu leur taille doubler chaque annĂ©e entre 2005 et 2008. MĂŞme s’ils ne sont pas comparables par leur taille, approximativement Ă©quivalente Ă  100 milliards de dollars, aux marchĂ©s financiers dĂ©jĂ  en place, il sont promis Ă  connaĂ®tre des volumes voisins des dĂ©rivĂ©s de crĂ©dit dans une dizaine d’annĂ©es selon James Kanter du New York Times (06-07-2007).

Au bonheur des fonds spéculatifs

La « finance carbone », surtout après les dĂ©boires de l’immobilier, a rapidement attirĂ© les fonds spĂ©culatifs, les traders du secteur de l’Ă©nergie (comme EDF trading, Shell trading, Rhodia Energy…), des entreprises industrielles comme Arcelor-Mittal et les grandes banques d’investissement, Citigroup, Goldman Sachs, CrĂ©dit suisse, BNP-Paribas, Merrill Lynch, autant d’institutions dĂ©sormais connues du grand public pour leur prudence financière et leur souci du bien commun !

Car le marchĂ© du carbone n’est pas un simple commerce de droits et crĂ©dits d’Ă©mission Ă©changĂ©s entre entreprises pour satisfaire Ă  leurs obligations. Ces titres sont en effet dĂ©tenus aussi par d’autres acteurs, dont le but est de spĂ©culer sur leur valeur. Ainsi un marchĂ© secondaire s’est rapidement dĂ©veloppĂ©, avec des spĂ©cialistes de la spĂ©culation qui Ă©laborent des produits financiers complexes, Ă  partir des savants modèles de produits dĂ©rivĂ©s qui ont dĂ©jĂ  fait la preuve de leur dangerositĂ©, avec le risque d’une bulle financière.

Les contrats sur des « Ă©missions Ă©vitĂ©es », qui circulent dĂ©jĂ  sur les marchĂ©s Ă  terme, portent des risques importants de ne pas ĂŞtre rĂ©alisĂ©s. Alors que la crise climatique exige une transformation rapide des modèles de production et de consommation les plus polluants, elle se trouve ainsi entre les mains d’opĂ©rateurs qui en ont fait une nouvelle opportunitĂ© pour s’enrichir.

Le marchĂ© des quotas d’Ă©mission (ou encore droits Ă  polluer) est très singulier, car s’y Ă©change un titre Ă©mis par les États, les droits d’Ă©mission. Une fois ces droits en circulation, le marchĂ© dĂ©termine leur distribution finale et leur prix. Mais l’Ă©change de ces droits suppose une unitĂ© commune, c’est la tonne Ă©quivalent carbone : un quota d’Ă©mission Ă©gale toujours une tonne d’Ă©quivalent carbone Ă©mise, quelle que soit son origine. De cette rĂ©duction, dĂ©coulent des consĂ©quences Ă©cologiques et sociales alarmantes.

Un étalon unique

Cet Ă©talon unique est construit sur des règles de rĂ©duction entre les diffĂ©rents gaz Ă  effet de serre, ramenĂ©s Ă  un « Ă©quivalent carbone », alors que ces derniers contribuent diffĂ©remment au rĂ©chauffement global, et qu’ils devraient avoir des traitements diffĂ©renciĂ©s. C’est le cas du mĂ©thane, largement oubliĂ©, alors que des techniques assez simples et bon marchĂ© pourraient permettre de le rĂ©cupĂ©rer, notamment dans les pays du Sud. Par ailleurs, les solutions comme les agrocarburants, le nuclĂ©aire, le stockage du carbone, qui Ă  court terme peuvent certes faire baisser les Ă©missions, reprĂ©sentent potentiellement des catastrophes Ă©cologiques et sociales futures.

De mĂŞme, en posant comme Ă©quivalents une tonne de carbone Ă©mise et un quota obtenu n’importe oĂą et n’importe comment, la dĂ©forestation de la forĂŞt primaire peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme Ă©quivalente, en termes de tonnes Ă©quivalent carbone, Ă  son remplacement par une plantation nouvelle Ă  croissance rapide, la biodiversitĂ© et les droits des peuples indigènes n’entrant pas dans l’unitĂ© de compte.

Et puisque toutes les rĂ©ductions sont ainsi Ă©quivalentes, il est logique de rechercher celles au moindre coĂ»t, par le dit « mĂ©canisme de dĂ©veloppement propre » et par la compensation carbone qui autorisent les entreprises des pays industriels Ă  gagner des droits d’Ă©mission en investissant dans les pays du Sud et en s’exonĂ©rant des rĂ©ductions domestiques. Ainsi, le passage Ă  des systèmes de production et de consommation soutenables, se trouvent retardĂ© d’autant dans les pays les plus pollueurs. Une tonne d’Ă©quivalent carbone Ă©vitĂ©e en Éthiopie aura la mĂŞme « valeur » qu’une rĂ©duction d’une tonne en Europe ou aux États-Unis !

Le climat devient une abstraction

Le choix du développement mondial du marché du carbone, avec son unité de compte en tonne équivalent carbone, fait du climat une pure abstraction, déliée des conditions sociales, historiques et technologiques de son équilibre. Le silence actuel sur ces mécanismes écologiquement inefficaces et économiquement dangereux, inventés dans les années 1990 en pleine euphorie financière pour poursuivre les logiques de croissance infinie, est inquiétant.

Il se renforce d’un silence gĂŞnĂ© portĂ© par des « entrepreneurs du bien » selon l’expression de Gunter Anders, qui, face Ă  la dĂ©route, s’inscrivent dans le « c’est tout de mĂŞme mieux que rien ». Une forme de « l’empire du moindre mal » (Jean Claude Michea). Ce silence demande Ă  ĂŞtre levĂ© si nous ne voulons pas nous rĂ©veiller douloureusement.

Geneviève Azam, Conseil scientifique d’Attac.

Source: Mondialisation.ca