sept 01 2010

Un retrait des troupes d’Irak en trompe l’Ĺ“il: les soldats occupants Ă©tats-uniens remplacĂ©s par des mercenaires

Les Etats-unis ont confirmé que le nombre de soldats présents en Irak aujourd’hui est inférieur à celui au moment de l’invasion du pays, en 2003. Ce fait va être utilisé dans le cadre d’une manœuvre de propagande qui a comme objectif de dissimuler le maintien d’une force occupante et le remplacement de soldats par des mercenaires.

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La déclaration de Barack Obama, annoncant la fin de la mission de combat sur ce territoire et le début d’ « opérations contre-terroristes » menées par une « force de transition » jusqu’au retrait « des troupes nord-américaines en 2011 », avait déjà fait la une des journaux début août. Mais ce qui a fait, avec un écho encore plus important, les unes des journaux des médias dominants, c’est la confirmation que les Etats-unis conservent en Irak un nombre de soldats inférieur à celui qu’ils avaient au début de la guerre contre ce pays.

Effectivement, avec le retrait de la quatrième brigade pour le Koweit et le transfert d’hommes et de matériels de guerre de ce pays du Moyen-Orient vers l’Afghanistan, également occupé, le nombre total de soldats de Washington tourne autour de 55 000, pouvant même être réduit à 50 000 d’ici au 31 août.

Mais quant aux faits correspondants à la réalité, arrêtons-nous ici. C’est que surfant sur la vague du départ d’une partie du contingent – il convient de ne pas oublier qu’il reste en Irak 50 000 militaires étrangers – le gouvernement des Etats-Unis en profite pour faire croire que la force qui restera cessera de réaliser des opérations de combat, se limitant à former les militaires irakiens, et que la date limite pour le départ définitif serait la fin de l’année 2011.

Déclarations occultées

Maintenant, la vérité est que pour les fonctionnaires ayant une responsabilité élevée, comme le commandement militaire David Patreus, les Etats-unis non seulement ne sont pas prêts à sortir d’Irak puisque ils conservent « une énorme capacité [opérationnelle] », a-t-il déclaré dans une interview à CBS.

Dans le même sens, l’Inter Press Service a trouvé auprès de sources liées aux cercles gouvernementaux que les 50 000 soldats qui resteront ne se confineront pas à leurs missions de formation ou à des opérations de défense du personnel et des installations nord-américaines.

Un autre qui semble avoir ignoré les propos du président est l’attaché du presse du général Patreus, Geoff Morrell, soulignant « que je ne connais personne qui ait déclaré la fin de la guerre ».

De même, pour le vice-assistant du secrétaire à la Défense, Colin Khal, les Etats-Unis sont en Irak « pour y rester encore longtemps » et toute décision est suspendue jusqu’à « ce que l’on voie ce que le gouvernement va faire ».

La phrase, apparemment énigmatique, a été déconstruite par la presse nord-américaine, qui spécule sur la possibilité que le futur gouvernement du pays se prépare à demander aux Etats-unis de rester au pays.

Les entreprises de sécurité doublent leur nombre

Par ailleurs, le maintien de dizaines de milliers de soldats en Irak – dans les termes de ceux qui les voit encore y rester pour longtemps et avec toujours les mêmes fonctions – est accompagné de la substitution de soldats sur le départ par des milliers de mercenaires au service des entreprises de sécurité.

La décision de remplacer la force militaire par une autre « civile » a été prise dans une réunion de hauts-responsables militaires nord-américains, qui s’est déroulé le 19 juin, bien que cela n’ait été clairement reconnu qu’à partir du 16 août.

Le plan est de donner au Département d’Etat un rôle plus effectif dans la coordination des opérations et d’entretenir des relations étroites avec les entreprises de sécurité privées. Celles-ci vont disposer d’hélicoptères, de chars d’assaut et de la technologie pour faire fonctionner des radars, de manière à ce qu’elles puissent demander des attaques aériennes et elles vont pouvoir téléguider des drones de combat, a informé le New York Times.

Le doublement du nombre d’entreprises sous-traitantes en Irak n’est pas une hypothèse. Le porte-parole du département d’Etat, P.J.Crowley, a admis que le total d’entreprises sous-traitantes en Irak pourrait atteindre les 7 000, admettant, également, que les Etats-Unis « ont des plans très spécifiques pour assurer la sécurité quand les militaires partiront ».

Actuellement, il existe en Irak 112 000 mercenaires au service de diverses entreprises, auxquels s’ajoutent plus de 11 500 individus inscrits en tant que personnel de sécurité privé et au moins 1 200 au titre de conseiller en sécurité, a publié de son côté le Guardian.

Le nouveau rĂ´le de la CIA

D’après le New York Times, l’agence des services secrets nord-américaine prend de plus en plus un caractère para-militaire, approfondissant, depuis l’entrée en fonctions de Barack Obama, la réalisation d’attaques avec des drones et l’élimination des personnes suspectées de terrorisme.

L’assistant du président des Etats-unis, John Brennan, qualifie les nouvelles lignes directrices comme un remplacement de la politique du marteau par celle du bistouri.

Par ailleurs, le lien avec les entreprises de services de sécurité s’est également intensifié, surtout au Pakistan et en Afrique du nord avec la mise en œuvre d’opérations clandestines de détention et d’arrestation de groupes présumés extrémistes.

Article issu de la revue portugaise Avante

Traduction : Solidarité Internationale


août 26 2010

Des civils afghans attaquent une base militaire de l’OTAN (vidĂ©o)

Deux gardes civils espagnols et leur interprète ont Ă©tĂ© abattus, mercredi, par un policier afghan. Pris de panique, les militaires de l’OTAN ont ensuite tirĂ© sur la foule.

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Un policier afghan Ă  tuĂ© mercredi deux gardes civils et un interprète espagnols avec un Kalachnikov avant d’ĂŞtre abattu par des militaires de l’OTAN.

Cette attaque s’est produite alors que les deux officiers espagnols de la garde civile donnaient une formation Ă  des policiers afghans sur la base espagnole de Qualay-e-Naw dans la province de Badghis (nord-ouest du pays). Le policier afghan a ensuite Ă©tĂ© abattu par les militaires de l’OTAN qui, dans la panique, ont tirĂ©s sur la population Ă  l’aveugle, blessant ainsi plus de 18 personnes, selon les dĂ©clarations de Mohammad Sadiq, chirurgien Ă  l’hĂ´pital de Qualay-e Naw, dans la presse locale.

Après avoir entendu les coups de feu, une foule nombreuse s’est rassemblĂ©e devant l’entrĂ©e de la base espagnole. Selon l’agence de presse Reuters, qui cite des rĂ©sidents du quartier, les manifestants en colère auraient mis le feu Ă  une partie de la base. Les sources militaires espagnoles estiment que 200 personnes ont manifestĂ© leur colère contre les envahisseurs Ă©trangers. Le gouverneur de la province parle lui de 2000 personnes.

Qari Mohammad Yousuf, porte parole de la rĂ©sistance afghane, Ă  revendiquĂ© la liquidation des trois espagnols dans un communiquĂ©, qui prĂ©cise que le policier avait « une connexion spĂ©ciale » avec leur mouvement. « Le policier avait toujours dit qu’il se vengerait des soldats occupants après avoir vu de ses propres yeux les injustices et la conduite des occupants envers des habitants innocents », indique encore le document de la rĂ©sistance afghane.

Ce genre d’incident, oĂą des policiers et militaires afghans se retournent contre des instructeurs Ă©trangers, n’est pas isolĂ©. En juillet dernier, une nouvelle recrue de l’armĂ©e afghane avait, elle aussi, liquidĂ© trois militaires britanniques lors d’un cours de tir.

Spencer Delane, pour Mecanopolis


Des civils afghans attaquent une base militaire de l’OTAN
envoyé par Mecanopolis.

août 05 2010

L’armĂ©e US veut mettre en place une stratĂ©gie de « terreur et d’extermination » en Afghanistan

Alors que le mois de juillet dernier fut pour les troupes militaires d’occupation, avec 66 morts et plus de 200 blessĂ©s, le plus meurtrier depuis le dĂ©but de la guerre, l’Ă©tat major US s’apprĂŞte a mettre en place une nouvelle stratĂ©gie, dite de « terreur et d’extermination ».

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C’est Le Canard EnchainĂ© qui, dans son Ă©dition d’hier, rĂ©vèle l’information. Après avoir tentĂ© sans succès de nĂ©gocier avec les forces de rĂ©sistance afghanes – pour lesquelles la condition prĂ©alable Ă  toute discussion est le retrait inconditionnel des troupes Ă©trangères (1) – le gĂ©nĂ©ral James Mattis vient d’ĂŞtre reçu par la Commission de DĂ©fense au SĂ©nat. « La nouvelle approche en Afghanistan, a-t-il expliquĂ© Ă  ses interlocuteurs, implique le passage de la stratĂ©gie de contre-insurrection Ă  une stratĂ©gie d’extermination ».

Selon un document confidentiel, une unitĂ© spĂ©ciale, la Task Force 373, composĂ©e de commandos de l’armĂ©e de terre et de la marine US, et qui aurait prĂ©cĂ©demment Ĺ“uvrĂ© en Irak, serait dĂ©jĂ  active sur le terrain de l’Afghanistan dans le but de liquider les « terroristes potentiels », c’est-Ă -dire Ă  peu près chaque individu qui conteste l’occupation Ă©trangère, et de terroriser les populations locales afin de les dissuader de rejoindre les forces de rĂ©sistance.

La mĂ©thode n’est pas nouvelle. Elle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© expĂ©rimentĂ©e, jadis au Vietnam, sous le nom d’OpĂ©ration PhĹ“nix, et avec le succès que l’on sait : crĂ©ation de camps de la mort, destruction au napalm de centaine de villages, liquidation de plus de 30′000 hommes, femmes et enfants… et au final une guerre perdue.

Mais, comme l’indique Le Canard, l’ordre de cette nouvelle stratĂ©gie vient du plus haut sommet de l’État. Le 30 juillet dernier, sur la chaine de tĂ©lĂ© NBC, le vice prĂ©sident Joseph Biden a proclamĂ©, sans rire : « Nous sommes en Afghanistan pour un seul motif : Al-QaĂŻda », avant d’ajouter, dans une prose confusionniste dont il a le secret : « Nous devons capturer et Ă©liminer les insurgĂ©s ». Il est pourtant de notoriĂ©tĂ© publique que la CIA, de son aveu mĂŞme, a depuis longtemps cessĂ© de rechercher Oussama Ben Laden et ses lieutenants, et que la rĂ©sistance afghane s’oppose militairement aux combattant d’Al-QaĂŻda (2). Pour l’administration Obama, l’heure n’est manifestement plus Ă  tendre la mains aux musulmans, comme il en avait Ă©tĂ© question lors du discours du Caire. (3)

Cette nouvelle stratĂ©gie ne semble pas perturber les rĂ©sistants, et l’opĂ©ration Al-Fath (la victoire), lancĂ©e en mai dernier, continue de causer des pertes toujours plus importantes aux armĂ©es d’occupation. Dans un communiquĂ© publiĂ© hier, Qari Yusuf Ahmadi, porte parole de la rĂ©sistance, indiquait que l’attaque l’attaque du 3 aoĂ»t dernier contre une base militaire de l’OTAN Ă  Kandahar avait occasionnĂ© la mort de plus de 160 soldats ennemis, permis la destruction de 3 hĂ©licoptères ainsi que de la quasi totalitĂ© des infrastructures du site. (4)

Dans un autre document publié plut tôt dans la journée, le porte-parole avait salué les Pays-Bas pour le retrait de leurs troupes d’Afghanistan. « Les Pays-Bas ont rejeté l’insistance des États-Unis à prolonger le mandat de leurs troupes » indique le communiqué, avant de conclure que  « les troupes américaines devront rester seules en Afghanistan et payer les conséquences de leur invasion ».

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

1. Lire le communiqué du 22 avril dernier publié sur notre forum

2. Lire « Al-QaĂŻda contre les talibans » sur le site du Monde Diplomatique

3. Discours de Barack Obama au Caire

4. Lire le communiqué publié sur notre forum

juil 21 2010

La mondialisation est une agression contre la prospérité et la démocratie

Par Karl MĂĽller

Lorsque Hans-Peter Martin et Harald Schumann publièrent en 1997 leur livre intitulé Le piège de la mondialisation dans lequel ils reproduisaient les thèses de dirigeants d’entreprises réputés qui prévoyaient l’avènement de la «Société 20/80» (1), la plupart des intéressés estimèrent qu’il s’agissait d’une énorme exagération. Prétendre que la mondialisation, accompagnée de la dérégulation des marchés et de la ruineuse concurrence basée sur la baisse des coûts, provoquerait un chômage de masse consolidé dans les pays industrialisés ne se prêtait guère à l’euphorie de la globalisation des années quatre-vingt-dix.

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Entre-temps, 13 ans ont passé et le développement des événements a donné raison aux deux auteurs. Les pays industrialisés, dans lesquels on table uniquement sur le rendement maximum pour les actionnaires, des salaires astronomiques pour les dirigeants et des coûts minimes pour les travailleurs – les Etats-Unis et de nombreux pays de l’Union européenne en sont des exemples marquants – affrontent un chômage de masse structurel et fondamental.

C’est une erreur d’axer l’économie sur les exportations

Les pays qui ont tout misé sur les excédents d’exportations, les prenant pour un moteur de croissance – qui ont donc violé le principe d’Adam Smith qu’une économie nationale libérale ne peut être saine que dans la mesure où l’offre des biens et des services se mesure à un pouvoir d’achat adéquat dans le pays – se sont engagés sur une fausse voie. L’Allemagne en est un exemple frappant, la moitié de sa création de valeur reposant sur les exportations. Cela permet de produire massivement sans pour autant tenir compte du pouvoir d’achat dans le pays. C’est bon pour la conjoncture, d’aucuns ramassent de juteux bénéfices le tout reposant sur une redistribution des revenus au profit des dirigeants et des actionnaires.

C’est une fausse voie. Ce n’est pas sans raison que la politique allemande, alors qu’elle était encore un peu plus raisonnable, avait adopté en 1967 une loi de stabilité dont l’objectif économique et financier était de maintenir tant la stabilité des prix, qu’une crois­sance durable, et un plein emploi – sans oublier l’équilibre du commerce extérieur. Ce fut il y a bien longtemps et on semble l’avoir oublié, alors même que cette loi est toujours valable.

Le soutien étatique aux chômeurs n’a pas résolu les difficultés

La tentative de régler le problème du chômage de masse par les aides étatiques aux chômeurs a contribué – outre les énormes dépenses militaires notamment des Etats-Unis – à la montée des dettes publiques dans presque tous les pays industrialisés, réduisant ainsi leurs marges de manœuvre dans la gestion des dépenses.

Il en rĂ©sulte que si l’on veut rĂ©soudre le problème du chĂ´mage de manière sensĂ©e, il faut redonner du travail aux gens, un travail digne et capable d’augmenter le pouvoir d’achat dans le pays, accompagnĂ© d’une baisse des impĂ´ts pour la population – tout en veillant Ă  ne pas voir baisser les revenus fiscaux – et en soulageant les systèmes sociaux publics.

Il est vrai que le plein emploi guérit beaucoup de plaies.

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Le leurre des statistiques de l’emploi

On comprend l’importance du problème à résoudre en évitant de se fier aux statistiques officielles du chômage. L’Allemagne en est un exemple. En effet, le pays se présente officiellement comme s’il n’avait – au cours des deux années de crise – été touché que peu par le chômage, au contraire d’autres pays. Il est vrai que les chiffres officiels du chômage ont baissé, selon une dernière étude de l’OCDE de début juillet de cette année, passant de 7,9% au début de la récession à 7% aujourd’hui (état en mai 2010). Toutefois, cette étude met aussi le doigt sur l’ampleur de l’emploi partiel en Allemagne et surtout le sous-emploi par rapport aux pays de l’OCDE. En additionnant le tout, on arrive à 10 millions de personnes sous-employées (selon la «Neue Zürcher Zeitung» du 1er juillet). C’est un nombre énorme qui présente les chiffres officiels sous un autre jour. Il faut ajouter à cela que l’Allemagne a une grande masse de chômeurs de longue durée; 45% des chômeurs inscrits sont sans travail depuis plus d’un an. De plus, le nombre de travailleurs à très bas salaires a considérablement augmenté au cours des dernières 20 années. Nombreux sont ceux et celles qui ne peuvent vivre avec le salaire d’un seul emploi.

Le chĂ´mage structurel augmentera si on ne fait rien

Dans son étude, l’OCDE exprime son inquiétude de constater que le chômage structurel, et donc durable, augmentera dans les années à venir malgré la croissance économique – si la politique ne change pas de cap. Depuis le début de la crise, en 2007, le taux de chômage dans l’espace de l’OCDE a massivement augmenté: de 29 millions à 46 millions en 2010. Et ce ne sont que les chiffres officiels.

Si les alternatives consistent en misère ou en aide de l’Etat, c’est le choix entre deux maux. Toutefois, comment réussir à redonner un travail adéquat aux millions de chômeurs?

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Remettre l’homme au centre du travail

Le «Rapport sur l’agriculture mondiale» a soumis une proposition pour le domaine de l’agriculture: engager le plus possible de travailleurs plutôt que de continuer à mécaniser l’activité agricole.

Dans la mesure où les économies natio­nales reviendront aux mains des peuples, il sera possible de redonner – dans les autres domaines de la création de richesses – une priorité au travail humain, là où il peut être effectué dans la dignité. Cela signifie de ne plus mettre au centre le rendement et la concurrence désas­treuse de diminution des coûts, mais bien de travailler de telle façon que toutes celles et tous ceux qui sont engagés dans ce travail retrouvent leurs droits et que la concurrence se contente de n’agir qu’au niveau de la qualité des produits ou des services. En jargon de métier: de Shareholder-value à Stake­holder-value!

Il faut agir d’urgence contre le chômage des jeunes

Il est particulièrement inquiétant de constater qu’un nombre important de jeunes gens sont victimes du chômage croissant. Dans la classe d’âge des 15–24 ans, le taux d’occupation, de fin 2008 à fin 2009, dans l’espace OCDE, qui se trouvait déjà à un bas niveau, a chuté de 8,4%. C’est le taux d’occupation le plus bas de tous les groupes concernés par le chômage.

Il faut cependant souligner que ces chiffres ne relèvent pas uniquement d’un manque d’offres d’emplois ou de formation. Malheureusement, un nombre grandissant de jeunes gens sont mal préparés à affronter la vie réelle. Il ne faut toutefois pas assombrir le tableau: néanmoins, dès lors que quelqu’un n’arrive pas à se maintenir dans la vie professionnelle, il ou elle ne cessera de se heurter à des difficultés. Le renforcement du chômage cause de plus en plus de difficultés. Les spécialistes du travail social expriment l’idée d’une espèce d’héritage de la marginalisation. Combien de temps la société pourra-t-elle le supporter?

Pour intervenir efficacement contre le chômage de masse, il faut éduquer nos enfants et nos jeunes de manière à ce qu’ils puissent affronter le monde du travail. Non pas pour en faire des sujets d’un «économisme» dominateur, mais des personnalités matures. Ce ne sera possible que s’ l’on procède à une réflexion dans les domaines de l’éducation et de la pédagogie et qu’on en tire les conséquences.

Le droit au travail

L’article 23 de la «Déclaration des droits de l’homme», datant de 1948, déclare dans son premier paragraphe: «Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.»

Les années précédant la Seconde Guerre mondiale, lors de la crise économique mondiale, avaient montré quelles conséquences fatales pour les hommes du chômage et de l’absence de sens de leur vie.

On arrive à la fin de l’époque où le chômage de masse pouvait être dissimulé par les aides de l’Etat. C’est fort bien; en effet, cette «solution» manquait de dignité. Il faut maintenant du courage et de l’imagination pour rétablir le plein emploi, afin de redonner à des millions de personnes un travail qui ait un sens.

Karl Müller, pour Horizons et Débats

Note :

1. En 1995 eut lieu le premier «State Of The World Forum» à l’Hôtel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre était d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de définir la politique globale utile à leur mise en œuvre. Les dirigeants réunis à San Francisco (Mikael Gorbachov, George H. W. Bush, Margaret Thatcher, Zbigniew Brzezinski, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc.) sont arrivés à la conclusion que l’arrivée de la dénommée Société 20/80 (basée sur le principe de la «Loi de Pareto») est inévitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil économique de la planète. La population restante (80%) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

C’est ici qu’entre en jeu le «tittytainment», concept de Zbigniew Brzezinski, présenté lors de la réunion à l’Hôtel de Fairmont. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le «tittytainment», comme une combinaison des mots anglais «tits» («seins» en jargon américain) et «entertainment» qui, dans aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles, mais au contraire, comme allusif à l’effet endormant et léthargique que l’allaitement maternel produit chez le bébé quand il boit.

juil 18 2010

L’Afghanistan, une part du Grand Jeu dominateur des grandes puissances

Dans ses discours à Westpoint et à Oslo, le président Obama avait annoncé que les effectifs des troupes américaines en Afghanistan seraient augmentés. C’en est fait maintenant. En août 2010 seront engagés dans ce pays 98 000 officiers et soldats américains. De plus, il y avait le 31 mars dernier 46 000 militaires de différents Etats faisant partie de l’OTAN ou non. Ainsi le commandement de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) pourra disposer en septembre 2010 en Afghanistan de 150 000 militaires. Ce contingent est plus important que le fut celui de la 40e Armée de l’URSS en 1988 et, en ce qui concerne sa force de frappe, bien supérieur.

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La FIAS a mené tant en 2009 qu’en 2010 dans les zones Est et Sud du commandement différentes opérations contre les re­belles. Le commandement Sud (Regional Command South) a mené en 2009 l’Operation Mosh­tarak Phase 1. Des troupes américaines et roumaines nettoyèrent la route princi­pale menant à Kandahar. En février 2010, des troupes des Ma­rines américaines attaquèrent lors de l’Opération Moshtarak Phase 2 des points d’appuis des Talibans dans la pro­vince de Helmand (arrondissement de Nad Ali). Alors qu’en mars 2010 on avait annoncé que cette phase avait été terminée avec succès, on remarque de plus en plus clairement que les Talibans sont toujours présents dans la population des Pach­tounes. Il est maintenant question de nettoyer la ville pachtoune de Kandahar lors d’une troisième phase de l’Opération Moshtarak.

Stratégie: renforcement ou retrait

En parallèle de l’annonce du renforcement des troupes américaines en Afghanistan et de l’intensification des combats contre les Talibans, le président Obama a fait entrevoir le retrait progressif des troupes américaines dès mi-2011. Certains alliés des Etats-Unis retirent déjà leurs troupes. Les Néerlandais auront retiré toutes leurs troupes d’Afghanistan d’ici à fin décembre 2010. Les Canadiens suivront en 2011. Il est prévu d’installer des troupes afghanes (ANA, Afghan National Army) en lieu et place des armées étrangères, la police afghane (ANP, Afghan National Police) devant prendre en main la responsabi­lité de la lutte contre les rebelles. Pour ce faire, on intensifie le recrutement et la formation de personnel. L’ANA qui dispose de 134 000 militaires jusqu’en octobre 2010, devra en compter 171 000 un an plus tard, équipés avec des armes de l’OTAN. De son côté, la police afghane (ANP) passera de 109 000 policiers actuellement à 134 000 en octobre 2011. Le but de cet accroissement considérable d’effectifs est de permettre un retrait en douceur des troupes américaines et de la FIAS. On se souvient en effet de la retraite des troupes soviétiques de l’Afghanistan en 1989. Toutefois, l’ANA ne jouira pas de la force de frappe qui fut celle du président afghan d’alors, Naji-bullah, fin des années quatre-vingt. L’ANA devra se passer d’armes lourdes, telle l’aviation. On ne veut pas inquiéter le Pakistan en mettant en place une armée afghane trop forte.

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Quels sont les adversaires de la FIAS, de l’ANA et de l’ANP? Dans les deux rapports intitulés Report on Progress Toward Security and Stability in Afghanistan et United States Plan for Sustaining the Afghanistan National Security Forces d’avril 2010, il est question de trois groupes rebelles: Quetta Shura Taliban du Mullah Omar, Hezb-e Islami Gulbuddin (HIG) et Haqqani Network (HQN). Le premier groupe opère dans le sud de l’Afghanistan (Helmand, Kandahar, Oruzgan), le deuxième dans le nord-est (Nangarhar, Laghman, Konar) et le troisième groupe dans l’est du pays (Khost, Paktia, Paktika). Suivant les rapports que l’on obtient, on estime la force de frappe de ces trois groupes entre 20 000 et 24 000 combattants bien formés. Il faut y ajouter des combattants qui viennent sporadiquement, étant peu payés. Ces contingents sont nettement inférieurs en effectifs à ceux des Mujaheddin, qui comptaient 150 000 hommes du temps de l’occupation soviétique.

Gisements de matières premières et de minéraux

On parle tout à coup, au milieu de ces plans stratégiques et de cette guerre, menée avec des avions de combat, des bombardiers et des drones – dont l’utilisation a été augmentée par Obama –, d’énormes gisements de ma­tières premières et de minéraux qui se trouveraient en Afghanistan. On en estime la valeur de 1000 à 3000 milliards de dollars. Il semble que l’office américain U.S. Geological Survey ait actualisé les prospections d’alors des Soviétiques, et les ont publiées. En fait, il n’aurait pas été indispensable pour le Pentagone de s’étendre dans les médias sur ces données,2 connues depuis longtemps. Alors on se demande ce que recherchent les Américains avec cette campagne médiatique. Veulent-ils calmer leur conscience, en évoquant cette richesse, au vu de leur retraite pro­chaine – les Afghans étant laissés à eux-mêmes – ou bien veulent-ils se garder la possibilité de rester avec leurs troupes dans le pays pour exploiter sans retenue cette richesse?

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L’Afghanistan – une part du Grand Jeu dominateur des grandes puissances

On ne peut s’empêcher de penser que la guerre en Afghanistan n’est qu’une part du grand jeu dominateur des grandes puissances. Ce n’est pas par hasard que Rudyard Kipling a forgé le terme de Great Game (Grand Jeu) au début du XXe siècle, décrivant par là la lutte ou­verte entre la Russie tsariste et l’Empire britannique pour la domination en Asie centrale. Cette même lutte pour les matières premières d’Asie centrale et d’Afghanistan est menée aujourd’hui entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine. La guerre en Afghanistan n’est-elle qu’une manœuvre pour cacher ce Grand Jeu? Acteurs de ce jeu, les grandes puissances négligent totalement les victimes de cette tragédie, les Afghans.

Source : Institut fĂĽr Strategische Studien
Traduction : Horizons et Débats

Télécharger le magazine de résistance afghane In_FIGHT_18

juil 02 2010

Il n’y a pas et il n’y aura pas de reprise Ă©conomique

Par Clovis Casadue

Alors que le G20 de Toronto n’a servi à rien, sinon à enterrer l’idée d’une taxe bancaire internationale, une troisième phase de la crise se profile, sur fond de bruits de bottes en Iran.

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Un G20 inutile de plus, avec son lot de promesses qui ne seront pas tenues, et l’abandon définitif de l’idée d’une taxe bancaire internationale, puisqu’elle est laissée au “libre arbitre des États” qui voudront bien s’en accommoder. C’est-à-dire à peu près personne, ou alors de manière symbolique, comme les États-Unis qui, dans le cadre de leur nouvelle réforme financière, vont instaurer une taxe sur les institutions bancaires qui devrait rapporter… 19 milliards de dollars. Une somme bien maigre en regard de ce que les contribuables ont dû payer depuis 2008.

Mais ces derniers n’ont pas fini d’en baver, car une troisième phase de la crise se profile, qui sera d’une violence extrême, puisque les finances publiques sont détruites et l’économie mondiale moribonde.

C’est la banque nationale suisse (BNS) qui tire la sonnette d’alarme (1), car les premiers symptômes d’emballement sont d’ores et déjà perceptibles. Dans son « Rapport sur la stabilité financière », publié le 17 juin dernier, la BNS n’y va pas par quatre chemins : la discipline à laquelle les banques s’étaient astreintes dans l’attribution de leurs crédits hypothécaires depuis la crise commence à s’étioler, estime-t-elle.

Il n’y a certes pas encore péril en la demeure, mais la situation pourrait rapidement dégénérer si l’économie devait replonger en récession, provoquant, comme il y a deux ans, une réaction en chaîne sur tous les pans de l’économie mondiale.

« Sub-subprimes »

Depuis le début de la crise en 2008, l’administration américaine a soutenu le marché immobilier sinistré en rachetant pour 1 425milliards de dollars d’actifs pourris. Pour cela, il aura fallu accorder des crédits d’impôts à hauteur de 8 000 milliards de dollars aux ménages américains qui, de fait, sont insolvables et faire tourner la « planche à billets », surévaluant ainsi le dollar de 35 fois sa valeur réelle. Ces 8 000 milliards d’impôts sont arrivés à terme en avril et en mai dernier. Ils ont été en partie couverts par les crédits hypothécaires d’emprunteurs insolvables, dit NINJA (No Income, No Job, NoAsset : sans revenu, sans emploi, sans garanties) ou en train de le devenir, pris en charge par FannieMae, FreddieMac et GinnieMae, qui couvrent la totalité des crédits hypothécaires privés aux États-Unis, garantis à 100 % par le gouvernement depuis 2009. L’administration américaine a donc mis une couche de subprimes sur les anciens ou nouveaux subprimes, ce que nous pourrions appeler les « sub-subprimes ».

Barack Obama a donc fait pire que l’ancien Directeur de la Fed, Alan Greenspan, et Georges Bush réunis. Cette troisième phase de la crise ne devrait plus tarder à se faire sentir. Ce n’est qu’une question de semaines.

Il n’y a pas et il n’y aura pas de reprise

Pendant trente ans, les États-Unis se sont permis de produire de la dette et de la vendre sur la planète qui en avait fait un objet de spéculation. Ce cycle létal est terminé, et la dette américaine ne vaut définitivement plus rien. En attendant, le niveau de consommation s’écroule, de même que la production. Les États-Unis ont perdu presque 12 millions d’emplois depuis 2007. Les chiffres réels du chômage doivent avoisiner les 18 ou 20 %, raison pour laquelle 52 sénateurs ont récemment voté contre un élargissement de l’allocation chômage, alors qu’il est le plus important depuis 1930.

Le 7 juin 2010, l’Allemagne a lancé son plus grand plan d’austérité depuis 1945. 80 milliards d’euros devraient être économisés d’ici 2014, et ce sont principalement les chômeurs et les familles percevant des allocations familiales qui seront touchés.

Pour assainir les finances des États,le FMI exige d’eux de rendre plus flexible le marché du travail et de réduire les aides au chômage pour y parvenir. En France, contrairement à ce qu’affirmait le Premier ministre François Fillon sur France télévision il y a quelques jours, la situation de la dette gouvernementale reste très tendue, et l’on peut s’attendre chaque matin à une dégradation de la note de la dette publique du pays par les agences de notation.

Bruits de bottes en Iran

Alors que la semaine dernière nous apprenions qu’une armada de navires de guerre américains et israéliens franchissait le Canal de Suez, puis prenaient la direction de la mer Rouge (2) – itinéraire le plus direct vers le Golfe persique depuis la Méditerranée – au moment où nous rédigeons ces lignes, Téhéran vient d’envoyer à sa frontière Nord des unités des Gardiens de la révolution afin de contrer “une attaque” (3).

La banqueroute des États-Unis serait-elle de nature à provoquer un nouveau conflit au Moyen-Orient ? Pour faire diversion ou pour s’emparer des fabuleuses réserves d’hydrocarbures de l’Iran ? Dans l’immédiat, si cette guerre éclate et, par extension, cause la fermeture du détroit d’Ormuz où transitent 30 % des exportations mondiales de pétrole, c’est toute l’économie mondiale qui sera mise à genoux. Pour le seul bénéfice des États-Unis ?

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources

Note :

1. Le Temps (quotidien suisse) du 18 mai 2010

2. Lire Une armada de navires américains et israéliens se dirigent vers l’Iran

3. Lire Bruits de bottes à la frontière nord de l’Iran

flash

Tout se barre en sucette !
• Nicolas Gauthier condamne ces voyous au sommet de l’État.
• Novlangue et politiquement correct, par Topoline.
• Claude Camille Cornilleau, traducteur : “L’Académie française est
inadaptée à notre époque !”
• Entretien exclusif : Frédéric Martel, écrivain et producteur à
“France Culture”, analyse les dessous de la culture mondialisée.
• Retraites : “Enfumer pour mieux plumer, c’est la technique sarkozyste
encore une fois à l’œuvre !”
• Sur les traces de George Orwell, Nicolas Bonnal décrypte la
prolétarisation de la race blanche.
• Les commandos israéliens formés par les fascistes de la République de
Salo ! Par Christian Bouchet.
• Années de plomb et stratégie de la tension. Ou quand la CIA faisait
la loi en Italie…
• Les Chinois contre les racailles : tout le monde en a marre !
Reportage dans le 19e arrondissement de Paris
• Un G20 inutile de plus. Une troisième phase de la crise se profile
sur fond de bruit de bottes en Iran.
Pour vous abonner en ligne et en toute sécurité : www.flashmagazine.fr
Tout se barre en sucette ! Sommaire de FLASH n° 33

• Nicolas Gauthier condamne ces voyous au sommet de l’État.

• Novlangue et politiquement correct, par Topoline.

• Claude Camille Cornilleau, traducteur : “L’Académie française est inadaptée à notre époque !”

• Entretien exclusif : Frédéric Martel, écrivain et producteur à “France Culture”, analyse les dessous de la culture mondialisée.

• Retraites : “Enfumer pour mieux plumer, c’est la technique sarkozyste encore une fois à l’œuvre !”

• Les commandos israéliens formés par les fascistes de la République de Salo ! Par Christian Bouchet.

• Années de plomb et stratégie de la tension. Ou quand la CIA faisaitla loi en Italie…

• Les Chinois contre les racailles : tout le monde en a marre ! Reportage dans le 19e arrondissement de Paris

• Un G20 inutile de plus. Une troisième phase de la crise se profile sur fond de bruit de bottes en Iran.

Pour vous abonner en ligne et en toute sécurité : www.flashmagazine.fr


juin 30 2010

Comment la France se dissout dans l’ordre mondialiste

Pour la majoritĂ© des Français, la suppression de la « garden party » du 14 juillet Ă  l’ÉlysĂ©e et dans les prĂ©fectures des dĂ©partements est accueillie comme une mesure d’Ă©conomie d’un État subitement devenu exemplaire. En rĂ©alitĂ©, alors que le prĂ©sident Sarkozy s’apprĂŞte Ă  modifier la Constitution pour que le budget de l’Etat soit subordonnĂ© au « triumvirat » (1) – BCE, Eurogroupe et Commission europĂ©enne -  elle est en fait un pas de plus, hautement symbolique, vers l’abandon de la souverainetĂ© de la France au bĂ©nĂ©fice d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste promulguĂ© par Washington.

sarkozy

MalgrĂ© les dĂ©saccords de façade, Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, Ă  l’avant garde du « PĂ´le Carolingien » d’une union fĂ©dĂ©rale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intĂ©rieure d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste.

Ainsi, la troisième phase de la crise Ă©conomique qui va frapper dans les semaines a venir (2) n’aura d’autre but que de mettre Ă  genoux les pays de l’Union europĂ©enne sous la dictature d’un gouvernement Ă©conomique, non plus des 16 pays de la zone euro comme il Ă©tait annoncĂ© ces derniers mois, mais des 27 pays membres.

Pire encore, nous verrons très prochainement comment le pouvoir totalitaire de Bruxelles projette d’utiliser la chute sans fin de l’euro et la crise des États pour faire adhĂ©rer Ă  l’Union europĂ©enne la Turquie et IsraĂ«l, de sorte Ă  Ă©loigner encore un peu plus l’Europe de la Russie, afin que la constitution d’une Grande Europe continentale indĂ©pendante et forte, susceptible de concurrencer les États-Unis – mais ainsi rendue impossible – ne voie jamais le jour.

Car c’est bien de cela dont il s’agit pour les États-Unis, depuis qu’ils ont pris conscience qu’une Europe forte et indĂ©pendante serait en mesure de les dĂ©passer dans tous les domaines de la puissance, notamment Ă©conomique, et dont les stratèges ont tout fait pour prĂ©venir le moindre rĂ©veil, tuer dans l’Ĺ“uf la moindre vellĂ©itĂ© d’autonomie, au cas oĂą quelques dirigeants lucides auraient dĂ©cidĂ© de mettre sur pied une Grande Europe continentale, rĂ©conciliant ses « deux poumons », orthodoxe et occidental.

Sarkozy supprime la « garden party »

Mais nous ne pouvons, sur ce sujet comme tant d’autres, jouer maintenant les innocents, puisque, depuis au moins une dĂ©cennie, les tenants de l’ordre mondial ont publiquement affichĂ©s leurs plans. Ici comme ailleurs, nous ne somme victimes que de notre inertie.

Le ministre des Affaires Ă©trangères Joshka Fischer avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours Ă  l’UniversitĂ© de Humboldt, le 12 mai 2000, relayĂ© quelques jours après par son prĂ©dĂ©cesseur dans le quotidien collaborationniste Le Figaro : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union europĂ©enne dans la perspective de son Ă©largissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du nouvel ordre mondial » (3). Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la mĂŞme annĂ©e : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substituĂ© un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, Ă  quelques distances, le Japon, y ont dĂ©jĂ  pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. A ses dĂ©buts, le nouveau gouvernement allemand avait laissĂ© un peu en friche le terrain de la politique Ă©trangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage europĂ©en sur l’arrière plan de la mondialisation. ».

La doctrine stratĂ©gique « globale » des États-Unis a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e une vingtaine d’annĂ©es auparavant. Il est clairement Ă©noncĂ© dans le nouveau concept Ă©tasunien de « stratĂ©gie nationale de sĂ©curité », dont le contenu fut rĂ©vĂ©lĂ© dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, Ă©laborĂ© en liaison avec le Conseil national de la sĂ©curitĂ© (NSA), plus haute instance amĂ©ricaine de sĂ©curitĂ© et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’Ă©ventuels rivaux, parmi les pays avancĂ©s et industrialisĂ©s, de dĂ©fier notre domination, ne serais-ce d’aspirer Ă  un rĂ´le plus grand Ă  l’Ă©chelle mondiale ou rĂ©gionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’Ă©merger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de la CEI ». En bref, il s’agit ni plus ni moins d’empĂŞcher par n’importe quels moyens l’Europe et le Japon, « alliĂ©s » relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie, mais encore redoutable, de relever la tĂŞte et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et Ă©conomique imposĂ© par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, car il Ă©claire par lui mĂŞme les intentions Ă©tasuniennes, et nous renseigne en mĂŞme temps sur la tâche que nous devons absolument accomplir si nous avons un tant soit peu l’intention de mettre en Ă©chec le plan mondialiste, et mĂŞme, pendant qu’il en est encore temps, de l’abattre comme un chien galeux.

La catastrophe qui frappera le monde dans les toutes prochaines semaines sera Ă©galement, pour le front clandestin qui ne cesse de s’Ă©tendre, l’ultime occasion de renverser l’actuel espace politique europĂ©en.

Pris comme n’importe qui à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

LoĂŻc Devaussac, pour Mecanopolis

Sur le même sujet, lire également Nicolas Sarkozy accélère l’affaiblissement programmé de l’Etat français

Notes :

1. Lire notre article Bruxelles instaure une dictature économique dans la zone euro

2. Notre camarade C. Casadue revient précisément sur ce sujet dans sa dernière chronique du magazine Flash, que nous publierons vendredi sur Mecanopolis.

3. Le Figaro du 20 mai 2000

juin 29 2010

Obama dĂ©nonce « l’obsession de ceux qui veulent arrĂŞter la guerre en Afghanistan »

Le 10 dĂ©cembre 2009, alors qu’il venait rĂ©cupĂ©rer son « prix Nobel de la paix » à Oslo, Barack Obama avait annoncĂ© un retrait des troupes amĂ©ricaines en Afghanistan pour le dĂ©but juillet 2011. Prenant la parole dans le sillage du sommet du G20, le week-end dernier, le prĂ©sident des États-Unis a renoncĂ© Ă  sa promesse, dĂ©nonçant mĂŞme ce qu’il appelle « l’obsession de ceux qui veulent arrĂŞter la guerre en Afghanistan ».

obama

Non seulement il n’est plus question de retraits des troupes, mais il semblerait que cette guerre doivent durer Ă©ternellement, cela malgrĂ© les difficultĂ©s croissantes des armĂ©es d’occupation sur place.

Dimanche, le directeur de la CIA, Leon Panetta, prĂ©tendait sur la chaine ABC que les États-Unis sont incapables de rĂ©colter « des informations solides depuis des annĂ©es sur l’endroit oĂą se trouve Oussama ben Laden », et que « la victoire sera plus difficile et plus lente que ce que tout le monde avait anticipĂ© ». C’est sans doute la raison pour laquelle le patron de la CIA vient de signer un contrat de 120 millions de dollars avec la sociĂ©tĂ© militaire privĂ©e (SMP) Blackwater ( rebaptisĂ©e «Xe» ), qui va donc engager ses mercenaires en Afghanistan.

Si Blackwater a pris le soin de changer de nom, c’est parce qu’il Ă©tait de triste renommĂ©e après avoir Ă©tĂ© impliquĂ© dans plusieurs scandales en Irak, en particulier la mort d’au moins 14 civils Ă  Bagdad en septembre 2007. Le ministre irakien de l’IntĂ©rieur avait ordonnĂ© en fĂ©vrier 2010 l’expulsion de 250 anciens employĂ©s de Blackwater. Pas plus tard qu’en mai dernier, Washington a Ă©galement retirĂ© Ă  la compagnie le service de protection de ses diplomates Ă  Bagdad.

Le « prix Nobel de la paix » du président Obama a décidément un goût amer.

La résistance afghane dénonce une « mafia internationale »

Dans un communiquĂ© publiĂ© le 26 juin dernier*, le porte parole de l’Emirat Islamique d’Afghanistan, Qari Youssouf Ahmadi, a indiquĂ©, Ă  propos du limogeage du gĂ©nĂ©ral McCrystal, commandant des forces amĂ©ricaines en Afghanistan, qu’il Ă©tait « la consĂ©quence logique et naturelle de l’Ă©chec de l’occupant Ă©tranger en Afghanistan. Toute personne nommĂ©e Ă  ce poste devra s’attendre aux mĂŞmes consĂ©quences car le peuple afghan ne laissera jamais triompher les forces Ă©trangères. »

Selon le porte parole de la rĂ©sistance – et comme nous l’indiquions dĂ©jĂ  dans notre article du 23 juin dernier, « les raisons du renvoi de MacCrystal ne sont pas dues Ă  ses propos dans la presse, mais Ă  une victoire de nos moudjahidines, qui ont permis de repousser l’ennemi et, au final, de dĂ©jouer la nouvelle stratĂ©gie d’Obama. Le prĂ©sident amĂ©ricain voudrait s’exonĂ©rer de ses choix, en faisant porter le poids de l’échec de cette stratĂ©gie sur l’armĂ©e et plus particulièrement sur le gĂ©nĂ©ral McCrystal, cela afin de sauver la face et celle de la mafia internationale qui le soutien.

Obama et McCrystal ont rĂ©alisĂ© des opĂ©rations d’une force et d’une brutalitĂ© sans prĂ©cĂ©dent, n’hĂ©sitant pas a perpĂ©trer des attentats sanglants au sein des populations civiles pour les attribuer ensuite aux moujahidines, dans le but de dicrĂ©diter les forces de rĂ©sistance qui se battent contre l’occupant Ă©tanger.

Peu importe les stratĂ©gies misent en place par les amĂ©ricains, nous le rĂ©pĂ©tons Ă  nouveau : l’Afghanistan sera leur tombeau. Au gĂ©nĂ©ral Petraeus, qui va remplacer McCrystal, et Ă  ses armĂ©es, nous promettons, avec l’aide de Dieu, une dĂ©faite sanglante » Ă  conclu Qari Youssouf Ahmadi dans son communiquĂ©.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

*Le communiqué de la résistance afghane nous a été transmis par Ansar al-Jihad Network (as-ansar.com)

juin 28 2010

Bruits de bottes Ă  la frontière nord de l’Iran

Depuis la traversĂ©e du Canal de Suez par une armada de navires de guerre, il semble indĂ©niable que l’on assiste Ă  un renforcement des dispositifs militaires amĂ©ricains et israĂ©liens autour de l’Iran, ce qui pourrait indiquer la prĂ©paration d’une opĂ©ration contre les infrastructures nuclĂ©aires du rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran.

pasdaran

Selon l’agence officielle iranienne Fars, des hĂ©licoptères israĂ©liens auraient, les 18 et 19 juin dernier, « dĂ©chargĂ© des Ă©quipements destinĂ©s Ă  attaquer un Etat musulman l’aĂ©roport de Tabuk en Arabie Saoudite », ce qui confirme l’information du Sunday Times que nous avons mentionnĂ© dans notre article du 20 juin dernier, qui rapportait que l’Arabie Saoudite aurait acceptĂ© d’ouvrir son espace aĂ©rien aux appareils israĂ©liens en vue d’une frappe possible contre l’Iran.

Autre fait intéressant, le brigadier-général Medhi Moini, chef du corps des Pasdaran (Corps des Gardiens de la révolution islamique) dans la province iranienne d’Azerbaïdjan, a fait officiellement savoir, le 22 juin dernier, qu’il mobilisait ses troupes dans la région « en raison de la présence de forces américaines et israéliennes le long des frontières occidentales de l’Iran ».

De longs convois de chars, de matériel d’artillerie, de batteries de DCA et d’unités d’infanterie ont été aperçus sur les routes qui mènent vers la frontière de l’Iran avec l’Azerbaïdjan. Ces forces militaires auraient même été déclarées « en état de guerre »

nordiran

Le brigadier-général Medhi Moin a également ajouté « que certains pays européens compliquaient la situation en fomentant des troubles ethniques dans ces régions de la frontière nord de l’Iran afin de déstabiliser toute la région ».

D’autres sources de renseignement indiquent qu’Israël a récemment envoyé un grand nombre de chasseurs-bombardiers vers des bases en Azerbaïdjan, via la Géorgie, pour épauler des forces américaines déjà stationnées dans ce pays d’Asie centrale.

Pour le moment, les autorités azéries n’ont pas réagi à ces informations en provenance d’Iran, ni à la concentration de forces israéliennes sur son territoire.

L’État hĂ©breu entretient une collaboration Ă©conomique et militaire Ă©troite avec la GĂ©orgie, alliĂ©e stratĂ©gique et Ă©conomique de l’ArmĂ©nie, et une entente cordiale avec l’AzerbaĂŻdjan, bien que ces deux États se trouvent en situation quasi conflictuelle permanente.

Ces informations, qui doivent encore confirmĂ©es, peuvent laisser penser que l’AzerbaĂŻdjan remplacerait la Turquie voisine, qui a fermĂ© son espace aĂ©rien aux avions militaires israĂ©liens depuis le 31 mai dernier, comme l’une des bases de lancement d’une offensive militaire contre l’Iran.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

juin 27 2010

« Contre-le-Sommet » du G20 à Toronto (photos et vidéos)

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Ce serait sans doute trop demander aux mĂ©dias de faire sens d’une mobilisation aussi large que celle du « Contre-le-Sommet » du G20 Ă  Toronto. Les reportages de la presse autorisĂ©e ne sont capables que de tĂ©moigner de la violence de « jeunes extrĂ©mistes ». Pourtant, ce sont bien les populations (et non seulement quelques dizaines de black bloc) qui, chauffĂ©es Ă  blanc, expriment leur haine Ă  l’encontre la maffia mondialiste.

En attendant de revenir en détail sur ce G20, nous vous livrons les photographies et vidéos qui viennent de nous parvenir de Toronto.

Mecanopolis


G20 de Toronto (1)
envoyé par Mecanopolis


G20 de Toronto (2)
envoyé par Mecanopolis

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Lire également Encore un G20 pour rien, sur fond d’aggravation des conditions de survie (vidéo)