avr 25 2010

La semaine de tous les dangers pour les peuples d’Europe

La crise grecque est maintenant arrivĂ©e Ă  son paroxysme. L’Allemagne traine des pieds, menaçant de mettre son veto Ă  la dĂ©cision de l’Eurogroupe si Athènes ne s’engage pas sur de nouvelles mesures d’austĂ©ritĂ©, et fait planer le doute d’une hypothĂ©tique exclusion de la Grèce de la zone euro.

simera

Sortir de la zone euro serait d’ailleurs la meilleure solution pour les Grecs, plutĂ´t que de cĂ©der, une fois encore, au chantage de l’Union europĂ©enne. Le pays pourrait alors se mettre en dĂ©faut de paiement en reconnaissant son impossibilitĂ© Ă  rembourser et entrer dans une nĂ©gociation pour rééchelonner sa dette sur 15, 20, 25 ans comme cela a Ă©tĂ© fait jadis pour l’Argentine. C’est plus pour les crĂ©anciers que pour les Grecs que ce scĂ©nario serait douloureux , au premier rangs la France dont les les banques sont les plus exposĂ©es en Europe Ă  la dette grecque (56,73 milliards d’euros). Mais ce scĂ©nario n’a aucune chance d’aboutir, d’une part parce que les banques allemandes sont aussi très fortement exposĂ©es (43,23 milliards d’euros) – ce qui revient quand mĂŞme plus cher que les 8 milliards nĂ©cessaires au plan d’aide de l’UE Ă  Athènes – et d’autre part parce qu’ils faudrait ensuite Ă©galement exclure de la zone euro le Portugal, l’Espagne, l’Italie, etc. – ce qui, en on conviendra, ferait quand mĂŞme un peu dĂ©sordre.

Ces menaces ne sont donc pas sĂ©rieuses et s’inscivent, comme nous l’indiquions dĂ©jĂ  il y a un peu plus d’un mois, dans un jeu de poker-menteur ou l’Allemagne, en plus de faire profiter de la baisse de l’euro Ă  ses exportations, nĂ©gocie son leadership sur le futur gouvernement Ă©conomique qui sera, pour rĂ©gler cette crise des Etats, inexorablement mis en place.

Les pays europĂ©ens vont donc aider massivement Athènes, non pas pour 30 milliards (le montant du plan europĂ©en) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette actuelle et 90 milliards au titre des intĂ©rĂŞts. Ceci sans compter la dette supplĂ©mentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici lĂ  du fait de ses dĂ©ficits. Une aide qu’il faudra Ă©galement apporter aux autres pays de la zone euro qui ne tarderont pas Ă  se retrouver en difficultĂ©.

Pour faire face, il n’y aura pas d’autre possibilitĂ© que de mettre l’ensemble des budgets des pays de l’Eurogroupe sous tutelle, et de former d’ici quelques mois une gouvernance Ă©conomique, pour laquelle le prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman van Rompuy, s’est dĂ©jĂ  proposĂ© de modifier le TraitĂ© de Lisbonne.

D’Athènes Ă  Madrid, en passant par Paris, la souverainetĂ© Ă©conomique des Etats n’est dĂ©jĂ  plus qu’un souvenir. A moins que les Grecs, en manifestant leur colère dans la rue, arrivent Ă  forcer le gouvernement PapandrĂ©ou Ă  la dĂ©mission, et rendent ainsi possible un renversement de la situation.

Mise Ă  jour de 12h00

Athènes se retrouve plus que jamais sous la pression des marchĂ©s. Ce matin, les taux grecs Ă  10 ans ont pour la première fois depuis 2001 dĂ©passĂ©s les 9%, alors que le ministre allemand des Affaires Ă©trangères, Guido Westerwelle, continuait Ă  entretenir la mauvaise foi allemande en rejetant tout versement avant la prĂ©sentation par le gouvernement grec d’un nouveau tour de vis sur ses finances publiques.

«Faire trop tĂ´t des promesses d’aide concrète ne va que conduire Ă  retirer la pression sur la Grèce», a estimĂ© M. Westerwelle Ă  son arrivĂ©e Ă  Luxembourg Ă  une rĂ©union avec ses homologues europĂ©ens. «Il faut avant tout que la consolidation du budget ait lieu en Grèce», a-t-il estimĂ©.

Athènes Ă  pourtant fait d’Ă©normes concessions ces dernières semaines, en rĂ©alisant une hausse de deux points du principal coefficient de la TVA de 19% Ă  21% , en ajoutant des taxes spĂ©ciales sur la consommation : alcool (+20%), tabac (+63% Ă  65%) et carburants (+8 centimes d’euro par litre d’essence et +3 centimes par litre de diesel), en rĂ©duisant de 7% des revenus et des primes des entreprises publiques et organismes financĂ©s par l’Etat et en gelant les retraites des salariĂ©s des secteurs public et privĂ©.

La patience des Grecs n’est pas infinie. Un sondage rĂ©alisĂ© au dĂ©but du mois de mars indiquait d’ailleurs que 20% de la population hĂ©llĂ©nique était en faveur d’un soulèvement gĂ©nĂ©ral afin d’obtenir l’abolition de ces mesures d’austĂ©ritĂ©. Il se pourrait bien que, sous peu, ils soient majoritaires Ă  partager cet avis.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

mai 11 2009

Le Maghreb pris dans l’unification mĂ©diterranĂ©enne et transatlantique

L’influence des Etats-Unis et de l’Europe sur le Maghreb
En collaboration avec la revue Questions internationales (La Documentation française)Avec DorothĂ©e Schmid, chercheuse Ă  l’IFRI (MĂ©diterranĂ©e/ Moyen Orient)
Et Hamid Barrada, journaliste, directeur Maghreb/Orient sur la chaîne TV5

La revue Questions internationales proposait un excellent numĂ©ro sur le Maghreb en novembre-dĂ©cembre 2004, qui suggĂ©rait tout l’intĂ©rĂŞt de la tenue d’un tel cafĂ© gĂ©opolitique sur le Maghreb et les rivalitĂ©s de pouvoir entre Etats-Unis et Europe dans cette rĂ©gion. Nos deux intervenants considĂ©raient ici le Maghreb comme une entitĂ© au sein d’un ensemble mĂ©diterranĂ©en et proche-oriental plus vaste, plutĂ´t que par ses Etats pris un Ă  un. DorothĂ©e Schmid a montrĂ© comment la politique europĂ©enne au Maghreb devait faire face Ă  un investissement amĂ©ricain croissant dans cette zone, tandis que Hamid Barrada s’intĂ©ressait aux ambitions amĂ©ricaines dans la rĂ©gion et Ă  la perception de ces politiques amĂ©ricaines par les habitants.

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La politique européenne au Maghreb:
Travaillant sur la politique européenne en Méditerranée, Dorothée Schmid a porté son intérêt sur les stratégies comparées des Américains et des Européens au Maghreb. Il ressort que si nouvel activisme américain il y a au Maghreb, il est certes bien moindre que pour le Moyen-Orient, mais suffisamment important pour susciter des inquiétudes côté européen.

1.Le Maghreb, une chasse gardée européenne ?


Le Maghreb Ă©tant une rĂ©gion proche de l’Europe sur de nombreux points, culturels, historiques, gĂ©ographiques, Ă©conomiques, il constitue une rĂ©gion prioritaire dans la politique extĂ©rieure de l’Union europĂ©enne. 2005 marque les dix ans du partenariat euro-mĂ©diterranĂ©en, cette grande initiative de coopĂ©ration rĂ©gionale avec la rive sud de la MĂ©diterranĂ©e. Ce partenariat est du reste essentiellement Ă©conomique (accords bilatĂ©raux de libre-Ă©change, avec l’AlgĂ©rie, le Maroc et la Tunisie, coopĂ©ration financière) ; ses volets politiques et culturels faisant pâle figure Ă  cĂ´tĂ©. Le Maroc a su tirer son Ă©pingle du jeu, en attirant une part importante des ressources consacrĂ©es au partenariat (deuxième pays partenaire mĂ©diterranĂ©en le mieux dotĂ© après l’Egypte) ; la Tunisie est prĂ©sentĂ©e par ses partenaires europĂ©ens comme un modèle de rĂ©forme Ă©conomique libĂ©rale ; l’AlgĂ©rie est entrĂ©e dans le partenariat tardivement, en 2002, (et la signature d’un accord de libre-Ă©change avec l’UE doit ĂŞtre vue surtout comme un appui diplomatique europĂ©en pour l’AlgĂ©rie dans la mesure oĂą le pays est mono-exportateur d’hydrocarbures), et la Libye a Ă©tĂ© rĂ©cemment invitĂ©e Ă  rejoindre le Processus de Barcelone. L’Union europĂ©enne souhaite encourager l’intĂ©gration entre les pays partenaires eux-mĂŞmes, et le Maghreb reste un modèle sous-rĂ©gional possible ; l’initiative d’Agadir d’intĂ©gration rĂ©gionale dĂ©montre l’existence d’un vĂ©ritable moteur maghrĂ©bin.

2.La redéfinition européenne de sa politique de voisinage


Or, aujourd’hui, l’Ă©largissement de l’UE est quasiment achevĂ© et le temps semble ĂŞtre venu d’un verrouillage des frontières et de l’Union. La standardisation des relations de l’Union avec les Etats du Sud et les Etats de l’Est est en marche : la MĂ©diterranĂ©e devient ainsi traitĂ©e comme le Caucase, l’Ukraine, la BiĂ©lorussie ou la Moldavie. Le but semble ĂŞtre l’unification de ces rĂ©gimes Ă  un grand marchĂ© Ă©largi ; tous les aspects de l’Union sauf les institutions, comme le disait Romano Prodi.
Les consĂ©quences pour le Maghreb sont importantes : on assiste Ă  un renforcement des relations bilatĂ©rales et Ă  un abandon de la perspective rĂ©gionale mĂ©diterranĂ©enne. Qui plus est, des problèmes de financement ne tardent pas Ă  se faire jour, avec une compĂ©tition des diffĂ©rents Etats riverains de l’UE pour savoir lequel profitera le plus des aides europĂ©ennes. Les pays les plus rĂ©formateurs, les plus en phase avec l’UE et respectant le mieux les droits de l’homme devraient ĂŞtre Ă  terme rĂ©compensĂ©s pour leur volontĂ© de rĂ©forme, selon une logique du premier arrivĂ© premier servi. Les pays mĂ©diterranĂ©ens ne sont pas forcĂ©ment les mieux placĂ©s dans cette compĂ©tition. Cependant, le Maroc vise dĂ©jĂ  un statut d’association avancĂ©e avec l’UE, qui se concrĂ©tiserait d’abord par la mise en place d’une union douanière, sur le modèle turc.

En fait, selon DorothĂ©e Schmid, on assiste Ă  une dilution de la prioritĂ© mĂ©diterranĂ©enne de l’UE, qui pourrait annoncer la fin de la politique mĂ©diterranĂ©enne de l’Europe. L’avenir sera aux relations bilatĂ©rales Ă©troites entre des Etats mĂ©diterranĂ©ens pris individuellement et certains Etats-membres de l’UE, la France au premier chef.

3.Une présence américaine intense


C’est dans ce contexte que la prĂ©sence amĂ©ricaine dans la rĂ©gion se fait plus intense. On peut mĂŞme dire que les Etats-Unis restent et demeurent l’unique puissance mĂ©diterranĂ©enne, quelle que soit l’activitĂ© europĂ©enne en cours. En plus de la prĂ©sence militaire, l’administration Bush s’intĂ©resse diplomatiquement et Ă©conomiquement au Maghreb. Le 11 septembre 2001 a tout changĂ©. Auparavant, les AmĂ©ricains tenaient le rĂ©gime algĂ©rien en quarantaine, voyaient avec une forte hostilitĂ© le rĂ©gime libyen, et manifestaient de l’indiffĂ©rence pour la Tunisie, la timide cordialitĂ© avec le Maroc Ă©tant pleine de distances. Depuis le 11 septembre, le Moyen Orient Ă©largi jusqu’au Maroc est passĂ© au cĹ“ur des prĂ©occupations de l’administration Bush. La montĂ©e en puissance de l’islam politique en AlgĂ©rie ou au Maroc inquiète, la prolifĂ©ration nuclĂ©aire de la Libye angoisse, l’obsession dĂ©mocratique pour la rĂ©gion ne faiblit pas (avec une thĂ©orie des dominos, la dĂ©mocratie se rĂ©pandant d’Irak aux autres pays par contagion de Marrakech au Bangladesh), et la politique d’hydrocarbures (gaz et pĂ©trole) est naturellement essentielle.
Les AmĂ©ricains ont donc lancĂ© une offensive diplomatique dans la rĂ©gion, qui se concrĂ©tise par les nombreuses tournĂ©es d’officiels amĂ©ricains au Maghreb, et par l’invitation rĂ©gulière des chefs d’Etat maghrĂ©bins Ă  la Maison blanche. C’est dans ce contexte qu’est intervenu le rĂ©tablissement spectaculaire des relations avec la Libye. Une collaboration renforcĂ©e s’Ă©tablit par ailleurs dans le domaine sĂ©curitaire avec l’AlgĂ©rie, qui est prĂ©sentĂ©e comme un modèle de lutte anti-terroriste. Enfin, un accord de libre-Ă©change a Ă©tĂ© signĂ© avec le Maroc en 2004, dont la faible portĂ©e Ă©conomique ne doit pas masquer la très forte importance politique.

4.Vers une rivalitĂ© Europe – Etats-Unis au Maghreb


Une rĂ©elle rivalitĂ© transatlantique se dessine en fait sur le front Ă©conomique. Le Middle East Partnership initiative traduit une offensive Ă©conomique des Etats-Unis Ă  l’Ă©chelle du grand Moyen-Orient. Les AmĂ©ricains ont dĂ©jĂ  signĂ© des accords de libre-Ă©change avec la Jordanie, le Maroc, BahreĂŻn, et d’autres ne tarderont pas, en un temps absolument record. Derrière les intĂ©rĂŞts commerciaux officiels, ces accords sont prĂ©sentĂ©s comme un volet de la diffusion de la libertĂ© dans le monde. L’accord avec le Maroc, nĂ©gociĂ© en secret, est plutĂ´t lĂ©onin, les AmĂ©ricains n’ayant rien cĂ©dĂ© sur leurs intĂ©rĂŞts. Les AmĂ©ricains soutiennent par ailleurs l’accès de l’AlgĂ©rie Ă  l’OMC, et raflent dĂ©sormais les concessions d’hydrocarbures en Libye…
Toute une rivalitĂ© potentielle entre les Etats-Unis et l’UE est donc en train de naĂ®tre. Les EuropĂ©ens craignent que les accords de libre Ă©change signĂ©s par les pays de la rĂ©gion avec les AmĂ©ricains rendent impossible la mise en Ĺ“uvre des accords euro-mĂ©diterranĂ©ens. Par ailleurs, les EuropĂ©ens craignent d’ĂŞtre cooptĂ©s pour financer les plans amĂ©ricains de dĂ©veloppement de la rĂ©gion.

5.Les conséquences pour le Maghreb de cette rivalité transatlantique


Les consĂ©quences pour la rive sud mĂ©diterranĂ©enne de cette rivalitĂ© Etats-Unis – Europe sont assurĂ©ment d’abord et avant tout une ouverture Ă©conomique gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui sera difficile pour les Ă©conomies de la rĂ©gion. Peut-on dire que les AmĂ©ricains comme les EuropĂ©ens nĂ©gligent les intĂ©rĂŞts des MaghrĂ©bins ? Les zones de libre Ă©change s’inscrivent fondamentalement comme des projets politiques visant la dĂ©mocratie et les rĂ©formes. La Commission europĂ©enne et le Conseil europĂ©en s’alignent progressivement sur le discours de rĂ©forme amĂ©ricain mĂŞme si l’UE se montre encore peu sourcilleuse en matière de droits de l’homme. Si les AmĂ©ricains sont plus durs en parole quant au respect des droits de l’homme, ils se montrent finalement en pratique assez peu regardants. Etats-Unis et Europe se rejoignent en tout cas pour louer systĂ©matiquement le modèle marocain, seul exemple de dĂ©mocratisation progressive et pacifique observable dans la rĂ©gion. On peut en conclure que les AmĂ©ricains comme les EuropĂ©ens privilĂ©gient la stabilitĂ© de la rĂ©gion et l’UE compte mĂŞme sur les Etats-Unis pour faire la loi si nĂ©cessaire.
Si cĂ´tĂ© amĂ©ricain, il y a une rĂ©elle dĂ©fiance des nĂ©o-conservateurs pour les rĂ©gimes arabes, les MaghrĂ©bins sont ravis de voir qu’on s’intĂ©resse Ă  eux, surtout quand l’UE pense plus Ă  ses frontières de l’Europe orientale qu’Ă  son voisinage mĂ©diterranĂ©en. Les crispations, cĂ´tĂ© europĂ©en, sont alors rĂ©elles. Et comme l’a ajoutĂ© DorothĂ©e Schmid lors du dĂ©bat, les EuropĂ©ens ne peuvent pas dĂ©fendre aussi bien leurs intĂ©rĂŞts commerciaux dans la rĂ©gion que les AmĂ©ricains, dans la mesure oĂą l’UE accompagne ses projets de libre Ă©change d’une aide Ă©conomique importante, lĂ  oĂą les AmĂ©ricains sont beaucoup plus libres.

Au final, l’UE et les Etats-Unis se livrent une concurrence pas forcĂ©ment nuisible pour le Maghreb, puisqu’elle fait monter les enchères en faveur des pays maghrĂ©bins. Mais il faut s’attendre Ă  ce que les EuropĂ©ens restent structurellement plus engagĂ©s dans la rĂ©gion, mĂŞme s’ils devront apprendre Ă  composer avec les AmĂ©ricains. Les MaghrĂ©bins devront, eux, apprendre Ă  nĂ©gocier Ă  court terme avec les AmĂ©ricains et sur le fond avec les EuropĂ©ens.

Ambitions américaines et perceptions maghrébines:
Hamid Barrada souligne d’emblĂ©e que les relations du Maghreb avec les Etats-Unis ne sont pas nouvelles. Le Maroc ne fut-il pas le premier pays Ă  reconnaĂ®tre les Etats-Unis d’AmĂ©rique lors de l’indĂ©pendance amĂ©ricaine ? De mĂŞme, les AmĂ©ricains ont jouĂ© un rĂ´le substantiel dans la libĂ©ration du Maghreb, soutenant les intĂ©rĂŞts de la dĂ©colonisation et faisant reconnaĂ®tre politiquement la lĂ©gitimitĂ© du combat algĂ©rien.

Proximités américano-maghrébines:
Le traumatisme du 11 septembre a changĂ© la vision amĂ©ricaine du reste du monde. Et leur intĂ©rĂŞt pour le Maghreb en est sorti renforcĂ©. Les Marocains avaient infiltrĂ© les rĂ©seaux islamistes partant combattre les SoviĂ©tiques en Afghanistan, et avaient donc in fine infiltrĂ© le rĂ©seau de Ben Laden. Un bras droit de Ben Laden Ă©tait d’ailleurs un agent marocain, qui fut livrĂ© aux autoritĂ©s amĂ©ricaines pour connaĂ®tre le fonctionnement d’Al Qaida. De mĂŞme, les AlgĂ©riens ont beaucoup aidĂ© les AmĂ©ricains dans la lutte anti-terroriste. Le chef d’Etat algĂ©rien fut le premier des chefs d’Etat Ă  se rendre Ă  Washington après le 11 septembre 2001, et Washington lui a rapidement livrĂ© les armes que l’AlgĂ©rie rĂ©clamait Ă  l’Europe pour sa lutte contre le terrorisme… La Libye fut aussi très prĂ©cieuse aux AmĂ©ricains pour donner des informations sur le rĂ´le des Pakistanais dans la prolifĂ©ration nuclĂ©aire en Iran et ailleurs. Kadhafi jouant la carte amĂ©ricaine, il devient un tĂ©moin Ă  charge contre l’Iran. Enfin, la Mauritanie risquait de devenir une base arrière du rĂ©seau Al Qaida, l’un des hommes les plus proches de Ben Laden est un Mauritanien. LĂ  encore, Kadhafi a Ă©tĂ© très prĂ©cieux aux AmĂ©ricains pour leur donner des informations lĂ -dessus, et sur les plans d’Al Qaida de s’implanter au Sahara. La Mauritanie a dĂ» jouer finement pour ne pas se faire reprocher ses relations inavouables avec l’Irak de Saddam. C’est ainsi que le pays a reconnu IsraĂ«l (il y a un ambassadeur israĂ©lien Ă  Nouakchott) afin de donner des gages aux Etats-Unis. Mais cette politique du rĂ©gime mauritanien a Ă©tĂ© vivement critiquĂ©e, au point de donner lieu en Mauritanie Ă  un rapprochement entre nationalistes arabes et islamistes.

Les Etats-Unis face aux rivalités algéro-marocaines sur le Sahara occidental:
Les rivalitĂ©s entre AlgĂ©rie et Maroc quant au Sahara occidental perturbent les plans amĂ©ricains dans la rĂ©gion. L’affaire du Sahara occidental n’Ă©tant pas rĂ©glĂ©e, chaque Etat a intĂ©rĂŞt Ă  collaborer au plus vite avec les AmĂ©ricains pour bĂ©nĂ©ficier de leur soutien dans le conflit. L’AlgĂ©rie commença Ă  proposer aux AmĂ©ricains un partage entre Maroc et Polisario. Les Marocains ont alors acceptĂ© l’accord de libre-Ă©change avec les Etats-Unis – accord qui n’a pas une finalitĂ© Ă©conomique mais bien plutĂ´t politique – afin que les AmĂ©ricains ne se mĂŞlent surtout pas de l’affaire du Sahara occidental.
Comme cela est ressorti lors du dĂ©bat qui a suivi l’intervention de Hamid Barrada, il y a eu un consensus au Maroc sur cet accord de libre-Ă©change : il permettait en effet aux Marocains d’entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis quant au Sahara occidental. L’opposition islamiste marocaine, pourtant reprĂ©sentĂ©e au Parlement, ne s’est donc pas opposĂ©e Ă  cet accord de libre-Ă©change (conclu en des termes très proches de l’accord amĂ©ricano-jordanien).
Certes, l’Afrique du Sud a pris parti pour le Polisario dans ce conflit du Sahara occidental. Il faut y voir ici la faiblesse de la diplomatie officielle marocaine, qui semble ne pas s’ĂŞtre remise de la disparition de Hassan II qui menait une diplomatie parallèle assez efficace . Au contraire l’AlgĂ©rie a tout une tradition de diplomatie militante et a un rĂ©el intĂ©rĂŞt pour l’Afrique noire. Il n’est dès lors pas Ă©tonnant qu’elle ait su rallier Ă  elle l’Afrique du Sud. Toutefois, dans ce conflit finalement assez artificiel entre Maroc et AlgĂ©rie – identitaire pour l’armĂ©e algĂ©rienne et nationale pour les Marocains comme le disait Hubert VĂ©drine – il semble momentanĂ©ment que l’AlgĂ©rie a en fait perdu la main. Elle laisse donc le dossier ouvert, comme en suspens, pour ne pas favoriser un renforcement du royaume jugĂ© prĂ©judiciable Ă  ses intĂ©rĂŞts.

Le projet américain pour le grand Moyen-Orient:
Les Maghrébins savent très bien tenir le langage de la démocratie qui plaît tant aux Américains. Qui plus est, les femmes conduisent au Maroc, contrairement à la situation saoudienne, et tout le monde parle de démocratie dans le royaume de Mohammed VI. Autant dire que cela conforte les Américains dans leur bonne opinion sur le Maroc.
Le problème pour les AmĂ©ricains vient plutĂ´t du fait que les MaghrĂ©bins sont très bien renseignĂ©s sur la politique amĂ©ricaine. Pour Hamid Barrada, les AmĂ©ricains crĂ©ent de l’islamisme jihadiste tous les jours avec leur politique irakienne, d’autant plus insupportable qu’elle n’est pas suffisamment dĂ©noncĂ©e par des voix politiques arabes officielles. Mais cela ne veut pas dire que tous les musulmans adoptent fatalement le point de vue islamiste. Si seuls les musulmans peuvent rĂ©gler le problème de l’islamisme, la qualitĂ© de l’information empĂŞche en fait tout choc de civilisations. Si les Arabes condamnent la politique irakienne des Etats-Unis, ils sont loin d’ĂŞtre tous convertis Ă  l’islamisme. Hamid Barrada souligne en revanche qu’Hassan II avait mal mesurĂ© la capacitĂ© de nuisance de l’islamisme saoudien. Le roi du Maroc s’Ă©tait dĂ©clarĂ© fondamentaliste pour ne pas laisser le champ libre aux islamistes. Mais ces derniers sont aujourd’hui au Parlement marocain et pourraient bien gagner en 2007.

Le dĂ©bat a donnĂ© lieu Ă  des Ă©changes Ă©clectiques et intĂ©ressants, notamment sur la perception maghrĂ©bine d’une Ă©ventuelle entrĂ©e de la Turquie en Europe. Les Marocains semblent fascinĂ©s par la dĂ©marche turque de rapprochement progressif mais durable vers l’Union europĂ©enne : utiliser l’accord de libre-Ă©change pour mieux poser ensuite sa candidature. Hamid Barrada souligne que le monde arabe perçoit mal que la Turquie puisse ĂŞtre refusĂ©e simplement au nom de sa religion majoritaire. En fait, on entend soudain beaucoup parler de la Turquie au Maghreb depuis qu’elle est plus ou moins rejetĂ©e. Ce Ă  quoi rĂ©torque DorothĂ©e Schmid, que la Turquie est au contraire entrĂ©e en nĂ©gociation d’adhĂ©sion et que cela est perçu positivement au Maghreb.

Quant Ă  la place de la francophonie au Maghreb, DorothĂ©e Schmid sourit Ă  cette « vieille lune de la politique française » qu’il faudra bien revoir un jour. Si l’anglais devient effectivement la langue diplomatique que les Ă©lites maghrĂ©bines apprennent, il n’a pas de perspectives rapides d’usage courant pour la population. Pour Hamid Barrada, les deux langues, arabe et française, cohabitent harmonieusement au Maroc notamment, oĂą on parle aussi espagnol au Nord. A Dubai, les cours de français se dĂ©veloppent prodigieusement pour… les Indiens et Pakistanais qui veulent Ă©migrer au Canada ! DorothĂ©e Schmid ajoute que depuis la dĂ©livrance plus parcimonieuse de visas amĂ©ricains aux Ă©tudiants arabes, ceux-ci ne se tournent certainement pas vers la France, mais vers les universitĂ©s amĂ©ricaines du Caire et de Beyrouth.

Au final, ce cafĂ© semble donner une leçon de rĂ©alisme politique. Les MaghrĂ©bins savent bien qui est l’hyperpuissance du monde actuel. S’ils ne partagent pas nĂ©cessairement ses politiques, loin de lĂ  bien souvent, ils ne tiennent pas Ă  rester sourds aux intĂ©rĂŞts amĂ©ricains pour la rĂ©gion.

Compte-rendu : Olivier Milhaud, Université de Paris 1

Source: Café-Géo

avr 09 2009

Agression dans un bus RATP (vidéo intégrale)

Dans la nuit du 06 au 07 décembre 2008, un usager d’un bus Noctilien de la RATP était victime d’un vol à la tire commis par plusieurs individus, l’un deux lui fouillant les poches pendant qu’un second tentait de détourner son attention. Essayant de récupérer son bien, il était violemment projeté au sol et frappé avec acharnement par quatre individus.

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Le chauffeur de bus ayant alerté les secours, les policiers de la Police Régionale des Transports rapidement sur les lieux interpellaient R. et Z. Ceux-ci étaient trouvés porteurs d’un téléphone portable qui s’avérait provenir d’un autre vol commis peu de temps auparavant et dont le propriétaire désignait formellement les deux protagonistes.

Mecanopolis

avr 07 2009

La fin programmée de la démocratie

La fin programmée de la démocratiedemocratie-1600x1200_12284161111

1
Le pouvoir a déjà changé de mains

Les vĂ©ritables maĂ®tres du monde ne sont plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux financiers ou industriels, et d’institutions internationales opaques (FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, banques centrales). Or ces dirigeants ne sont pas Ă©lus, malgrĂ© l’impact de leurs dĂ©cisions sur la vie des populations.

Le pouvoir de ces organisations s’exerce sur une dimension planĂ©taire, alors que le pouvoir des Ă©tats est limitĂ© Ă  une dimension nationale.

Par ailleurs, le poids des sociétés multinationales dans les flux financiers a depuis longtemps dépassé celui des États.

A dimension transnationale, plus riches que les États, mais aussi principales sources de financement des partis politiques de toutes tendances et dans la plupart des pays, ces organisations sont de fait au dessus des lois et du pouvoir politique, au dessus de la démocratie.

Voici une liste des chiffres d’affaires de certaines multinationales, comparĂ©s avec le PIB des États. Elle en dit long sur la puissance planĂ©taire que ces sociĂ©tĂ©s sont en train d’acquĂ©rir.

Une puissance toujours plus dĂ©mesurĂ©e, du fait de l’accĂ©lĂ©ration des fusions entre multinationales.

Chiffres d’affaires ou PIB, en milliards de dollars

General Motors
178,2

Singapour
96,3

Danemark
161,1

Toyota
95,2

ThaĂŻlande
157,3

Israel
92

Ford
153,5

General Electric
90,8

Norvège
153,4

Philippines
83,1

Mitsui & Co
142,8

IBM
78,5

Pologne
135,7

NTT
77

Afrique du Sud
129,1

Axa – UAP
76,9

Mitsubishi
129

Egypte
75,2

Royal Dutch Shell
128,1

Chili
74,3

Itoshu
126,7

Irlande
72

Arabie Saoudite
125,3

Daimler-Benz
71,5

Exxon (Esso)
122,4

British Petroleum
71,2

Wall Mart
119,3

Venezuela
67,3

Ford
100,1

Groupe Volkswagen
65,3

Grèce
119,1

Nouvelle Zélande
65

Finlande
116,2

Unilever
43,7

Marubeni
11,2

Pakistan
41,9

Sumimoto
109,3

Nestle
38,4

Malaisie
97,5

Sony
34,4

Portugal
97,4

Nigeria
29,6

Ensemble des 5 plus grandes firmes
526,1

Proche-Orient et Afrique du Nord
454,5

Asie du Sud
297,4

Afrique Sub-Saharienne
269,9

Chiffres de 1999 et 1992
Sources: Banque Mondiale (World Development Repport 1998-1999), Forbes, The Nation, Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (States of Disarray, Genève, 1995),Courrier International, Le Monde Diplomatique

2
L’illusion dĂ©mocratique

La dĂ©mocratie a dĂ©jĂ  cessĂ© d’ĂŞtre une rĂ©alitĂ©.

Les responsables des organisations qui exerçent le pouvoir rĂ©el ne sont pas Ă©lus, et le public n’est pas informĂ© de leurs dĂ©cisions.

La marge d’action des Ă©tats est de plus en plus rĂ©duite par des accords Ă©conomiques internationaux pour lesquels les citoyens n’ont Ă©tĂ© ni consultĂ©s, ni informĂ©s.

Tous ces traitĂ©s Ă©laborĂ©s ces cinq dernières annĂ©es (GATT, OMC, AMI, NTM, NAFTA) visent un but unique: le transfert du pouvoir des Ă©tats vers des organisations non-Ă©lues, au moyen d’un processus appelĂ© « mondialisation ».

Une suspension proclamĂ©e de la dĂ©mocratie n’aurait pas manquĂ© de provoquer une rĂ©volution. C’est pourquoi il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de maintenir une dĂ©mocratie de façade, et de dĂ©placer le pouvoir rĂ©el vers de nouveaux centres.

Les citoyens continuent Ă  voter, mais leur vote a Ă©tĂ© vidĂ© de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n’ont plus de pouvoir rĂ©el.

Et c’est bien parce qu’il n’y a plus rien Ă  dĂ©cider que les programmes politiques de « droite » et de « gauche » en sont venus Ă  tant se ressembler dans tous les pays occidentaux.

Pour rĂ©sumer, nous n’avons pas le choix du plat mais nous avons le choix de la sauce. Le plat s’appelle « nouvel esclavage », avec sauce de droite pimentĂ©e ou sauce de gauche aigre-douce.

3
La disparition de l’information

Depuis le dĂ©but des annĂ©es 90, l’information a progressivement disparu des mĂ©dias destinĂ©s au grand-public.

Comme les Ă©lections, les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s continuent d’exister, mais ils ont Ă©tĂ© vidĂ©s de leur contenu.

Un journal tĂ©lĂ©visĂ© contient au maximum 2 Ă  3 minutes d’information vĂ©ritable. Le reste est constituĂ© de sujets « magazine », de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.

Les analyses par des journalistes spĂ©cialisĂ©s, ainsi que les Ă©missions d’information ont Ă©tĂ© presque totalement Ă©liminĂ©s.

L’information se rĂ©duit dĂ©sormais Ă  la presse Ă©crite, lue par une minoritĂ© de personnes.

La disparition de l’information est le signe tangible que notre rĂ©gime politique a dĂ©jĂ  changĂ© de nature.

4
Stratégies et objectifs pour le contrôle du monde

Les responsables du pouvoir économique sont quasiment tous issus du même monde, des mêmes milieux sociaux. Il se connaissent, se rencontrent, partagent les mêmes vues et les mêmes intérêts.

Ils partagent donc tout naturellement la même vision de ce que devrait être le monde idéal futur.

Il est dès lors naturel qu’ils s’accordent sur une stratĂ©gie et synchronisent leurs actions respectives vers des objectifs communs, en induisant des situations Ă©conomiques favorables Ă  la rĂ©alisation de leurs objectifs, Ă  savoir:

Affaiblissement des états et du pouvoir politique. Déréglementation. Privatisation des services publics.

DĂ©sengagement total des Ă©tats de l’Ă©conomie, y compris des secteurs de l’Ă©ducation, de la recherche, et Ă  terme de la police et de l’armĂ©e, destinĂ©s Ă  devenir des secteurs exploitables par des entreprises privĂ©es.

Endettement des Ă©tats au moyen de la corruption, des travaux publics inutiles, des subventions donnĂ©es aux entreprises sans contrepartie, ou des dĂ©penses militaires. Lorsqu’une montagne de dettes a Ă©tĂ© accumulĂ©e, les gouvernements sont contraints aux privatisations et au dĂ©mantèlement des services publics. Plus un gouvernement est sous le contrĂ´le des « MaĂ®tres du Monde », et plus il fait augmenter la dette de son pays.

PrĂ©carisation des emplois et maintien d’un niveau de chĂ´mage Ă©levĂ©, entretenu grâce aux dĂ©localisations et Ă  la mondialisation du marchĂ© du travail. Ceci accroĂ®t la pression Ă©conomique sur les salariĂ©s, qui sont alors prĂŞts Ă  accepter n’importe quel salaire ou conditions de travail.

RĂ©duction des aides sociales, pour accroĂ®tre la motivation du chĂ´meur Ă  accepter n’importe quel travail Ă  n’importe quel salaire. Des aides sociales trop Ă©levĂ©es empĂŞchent le chĂ´mage de faire pression efficacement sur le marchĂ© du travail.

EmpĂŞcher la montĂ©e des revendications salariales dans le Tiers-Monde, en y maintenant des rĂ©gimes totalitaires ou corrompus. Si les travailleurs du Tiers Monde Ă©taient mieux rĂ©munĂ©rĂ©s, cela briserait le principe mĂŞme des dĂ©localisations et du levier qu’elles exercent sur le marchĂ© du travail et la sociĂ©tĂ© en occident. Ceci est donc un verrou stratĂ©gique essentiel qui doit ĂŞtre prĂ©servĂ© Ă  tout prix. La fameuse « crise asiatique » de 1998 a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e dans le but de prĂ©server ce verrou.

5
Les attributs du pouvoir

Les organisations multinationales privĂ©es se dotent progressivement de tous les attributs de la puissance des Ă©tats: rĂ©seaux de communication, satellites, services de renseignements, fichiers sur les individus, institutions judiciaires (Ă©tablies par l’OMC et l’AMI, accord grâce auquel une multinationale pourra traĂ®ner un Ă©tat devant une cours de justice internationale spĂ©ciale).

L’Ă©tape suivante -et ultime- pour ces organisations sera d’obtenir la part de pouvoir militaire et policier qui correspond Ă  leur nouvelle puissance, en crĂ©ant leurs propres forces armĂ©es, car les armĂ©es et polices nationales ne sont pas adaptĂ©es Ă  la dĂ©fense de leurs intĂ©rĂŞts dans le monde.

A terme, les armĂ©es sont appelĂ©es Ă  devenir des entreprises privĂ©es, des prestataires de services travaillant sous contrat avec les Ă©tats, aussi bien qu’avec n’importe quel client privĂ© capable de payer leurs services. Mais Ă  l’Ă©tape ultime du plan, ces armĂ©es privĂ©es serviront les intĂ©rĂŞts des grandes multinationales, et attaqueront les Ă©tats qui ne se plieront pas aux règles du nouvel ordre Ă©conomique.

En attendant, ce rĂ´le est assumĂ© par l’armĂ©e des Etats-Unis, le pays le mieux contrĂ´lĂ© par les multinationales.

Notes:

1 – ArmĂ©es privĂ©es
Les armĂ©es privĂ©es existent dĂ©jĂ  au Etats-Unis. Il s’agit des sociĂ©tĂ©s DynCorp, CACI, et MPRI, prototypes des futures armĂ©es privĂ©es. Dyncorp est intervenu dans de nombreuses rĂ©gions oĂą les États-Unis souhaitaient intervenir militairement sans en porter la responsabilitĂ© directe (en AmĂ©rique du Sud, au Soudan, au KoweĂŻt, en IndonĂ©sie, au Kosovo, en Irak…). Fin 2002, Dyncorp a Ă©tĂ© rachetĂ©e par Computer Sciences Corporation, l’une des plus importantes sociĂ©tĂ©s amĂ©ricaines de services informatiques. En Mai 2004, Dyncorp et MPRI ont Ă©tĂ© impliquĂ©es dans les tortures sur les prisonniers irakiens. Les armĂ©es privĂ©es (appelĂ©es « sous-traitants » par le Pentagone) reprĂ©sentent 10% des effectifs amĂ©ricains envoyĂ©s en Irak.

2 – Satellites
Microsoft a finalement renoncĂ© Ă  son projet Teledesic, un rĂ©seau de 288 satellites de communication qui devaient constituer un maillage tout autour de la planète. Mais d’autres compagnies multinationales s’apprĂŞtent Ă  crĂ©er des rĂ©seaux de satellites de communication similaires. Des satellites d’observation privĂ©s sont Ă©galement dĂ©jĂ  en place. Deux sociĂ©tĂ©s commercialisent des images Ă  haute rĂ©solution de tout lieu de la planète susceptible d’intĂ©resser les acheteurs.

3 – Fichiers privĂ©s
De nombreuses sociĂ©tĂ©s fondĂ©es ces dernières annĂ©es (principalement aux Etats-Unis) sont spĂ©cialisĂ©es dans la collecte d’informations individuelles, officiellement Ă  des fins commerciales. Mais ces fichiers privĂ©s commencent Ă  rassembler des millions de profils individuels très prĂ©cis de consommateurs rĂ©partis dans l’ensemble des pays occidentaux. Les informations de ces fichiers sont vendues Ă  quiconque souhaite les acheter.

6
La vraie rĂ©alitĂ© de l’argent

L’argent est aujourd’hui essentiellement virtuel. Il a pour rĂ©alitĂ© une suite de 0 et de 1 dans les ordinateurs des banques. La majeure partie du commerce mondial a lieu sans monnaie-papier, et seulement 10% des transactions financières quotidiennes correspondent Ă  des Ă©changes Ă©conomiques dans le « monde rĂ©el ».

Les marchĂ©s financiers eux-mĂŞmes constituent un système de crĂ©ation d’argent virtuel, de profit non-basĂ© sur une crĂ©ation de richesses rĂ©elles. Grâce au jeu des marchĂ©s financiers (qui permet de transformer en bĂ©nĂ©fices les oscillations des cours), les investisseurs avisĂ©s peuvent ĂŞtre dĂ©clarĂ©s plus riches, par une simple circulation d’Ă©lectrons dans des ordinateurs. Cette crĂ©ation d’argent sans crĂ©ation de richesses Ă©conomiques correspondantes est la dĂ©finition mĂŞme de la crĂ©ation artificielle de monnaie. Ce que la loi interdit aux faux-monnayeurs, et ce que l’orthodoxie Ă©conomique libĂ©rale interdit aux Ă©tats, est donc possible et lĂ©gal pour un nombre restreint de bĂ©nĂ©ficiaires.

Si l’on veut comprendre ce qu’est rĂ©ellement l’argent et ce Ă  quoi il sert, il suffit d’inverser le vieil adage « le temps c’est de l’argent ».

L’argent, c’est du temps.

L’argent est ce qui permet d’acheter le temps des autres, le temps qui a Ă©tĂ© nĂ©cessaire Ă  produire les produits ou les services que l’on consomme

L’argent, le temps, et les esclaves

Techniquement, l’argent est une unitĂ© de calcul intermĂ©diaire pour Ă©changer du temps contre du temps, sans que le temps des uns et des autres puisse ĂŞtre comparĂ© directement. Car chaque conversion entre l’argent et le temps se fait sur la base d’une estimation subjective, qui varie selon le rapport de force Ă©conomique et informationnel entre l’acheteur et le vendeur.

Dans la pratique, ce rapport de force est toujours défavorable au consommateur-salarié.

Lorsqu’un individu moyen achète un produit, il paye le temps qui a Ă©tĂ© nĂ©cĂ©ssaire pour fabriquer ce produit Ă  un prix bien plus Ă©levĂ© que le salaire qui lui est payĂ© pour une fraction Ă©quivalente de son propre temps.

Par exemple, chez les grands constructeurs automobiles, une voiture est produite en une journée de travail (soit en 8 heures) par 20 salariés (y compris le travail des commerciaux et le travail inclus dans les fournitures et les équipements de production utilisés). Le salaire journalier de chaque salarié devrait donc être égal à 1/20è du prix de la voiture, soit 1000 euros si la voiture vaut 20.000 euros. Ce qui fait un salaire mensuel théorique de 22.000 euros (sur la base de 22 jours travaillés par mois). Pour la plupart des salariés, on est très loin du compte.

Lorsqu’un salariĂ© occidental donne 10 heures de son temps, il reçoit seulement l’Ă©quivalent d’une heure. Pour un salariĂ© du Tiers Monde, le rapport tombe Ă  1000 heures contre une.

Ce système est la version moderne de l’esclavage.

Les bĂ©nĂ©ficiaires du temps volĂ© aux salariĂ©s sont les entreprises et leurs dirigeants (dont le salaire est plus de 100 fois celui d’un employĂ© ordinaire), mais aussi les Ă©tats dès lors que l’argent prĂ©levĂ© par les impots et les taxes n’est pas utilisĂ© dans le sens de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral.

7
Le point de non-retour écologique va être franchi

Il est Ă©vident que nous commençons Ă  nous heurter aux limites Ă©cologiques de l’activitĂ© Ă©conomique.

Un système Ă©conomique libĂ©ral, dont le but est la recherche du profit Ă  court-terme pour des intĂ©rĂŞts particuliers, ne peut prendre en compte les coĂ»ts Ă  long-terme tels que la dĂ©gradation de l’environnement.

Les modèles Ă©conomiques actuels sont Ă©galement inaptes Ă  estimer Ă  sa juste valeur la « production » de la nature, indispensable Ă  notre survie: production d’oxygène, fixation du gaz carbonique par les forĂŞts et les ocĂ©ans, rĂ©gulation de la tempĂ©rature, protection contre les rayonnements solaires, recyclage chimique, rĂ©partition des pluies, production d’eau potable, production d’aliments, etc.

Si nos modèles Ă©conomiques intĂ©graient le coĂ»t rĂ©el de la destruction de la nature, de la pollution, des modifications climatiques, cela changerait radicalement notre estimation de ce qui est « rentable » et de ce qui ne l’est pas.

 

La production de la nature a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e Ă  55.000 milliards de dollars par an par un groupe de scientifiques de l’Institute for Ecological Economics de l’UniversitĂ© du Maryland en 1997.

8
La destruction de la nature est voulue

La disparition de la nature est inévitable, car elle est voulue par le nouveau pouvoir économique. Pourquoi?

Pour 3 raisons:

1- La disparition de la nature et l’augmentation de la pollution vont rendre les individus encore plus dĂ©pendants du système Ă©conomique pour leur survie, et vont permettre de gĂ©nĂ©rer de nouveaux profits (avec notamment une consommation accrue de mĂ©dicaments et de prestations mĂ©dicales…).

2- Par ailleurs, la nature constitue une rĂ©fĂ©rence d’un autre ordre, celui de l’univers. La contemplation de la beautĂ© et de la perfection de cet ordre est subversive: elle amène l’individu Ă  rejeter la laideur des environnements urbanisĂ©s, et Ă  douter de l’ordre social qui doit demeurer la seule rĂ©fĂ©rence.
L’urbanisation de l’environnement permet de placer les populations dans un espace totalement controlĂ©, surveillĂ©, et oĂą l’individu est totalement immergĂ© dans une projection de l’ordre social.

3 – Enfin, la contemplation de la nature incite au rĂŞve et intensifie la vie intĂ©rieure des individus, dĂ©veloppant leur sensibilitĂ© propre, et donc leur libre-arbitre.
Ils cessent dès lors d’ĂŞtre fascinĂ©s par les marchandises, ils se dĂ©tournent des programmes tĂ©lĂ©visĂ©s destinĂ©s Ă  les abrutir et Ă  contrĂ´ler leur esprit. DĂ©livrĂ©s de leurs chaĂ®nes, ils commencent Ă  imaginer une autre sociĂ©tĂ© possible, fondĂ©e sur d’autres valeurs que le profit et l’argent.

Tout ce qui peut amener les individus Ă  penser et Ă  vivre par eux-mĂŞmes est potentiellement subversif. Le plus grand danger pour l’ordre social est la spiritualitĂ© car elle amène l’individu Ă  bouleverser son système de valeurs et donc son comportement, au dĂ©triment des valeurs et comportements prĂ©cĂ©demment implantĂ©s par le conditionnement social.

Pour la stabilitĂ© du « nouvel ordre social », tout ce qui peut stimuler l’Ă©veil spirituel doit ĂŞtre Ă©liminĂ©.

9
Les alternatives de la dernière chance

Pour ne pas ĂŞtre dĂ©finitivement exclus du jeu, les contre-pouvoirs au pouvoir Ă©conomique (syndicats, associations de consommateurs, mouvements Ă©cologistes) doivent rĂ©pondre en se plaçant sur le mĂŞme niveau d’organisation, au niveau mondial et non plus national, en unifiant et en synchronisant leurs actions, Ă  l’Ă©chelle de groupes d’Ă©tats pesant un poids suffisant dans les flux Ă©conomiques mondiaux.

Il leur reste peu de temps pour réagir, car tous les moyens de contrôle nécessaires à une future dictature mondiale sont désormais en place.

10
2000 ans d’histoire

Durant ces deux derniers millénaires, la civilisation sera passée par quatre ères successives marquant quatre formes de pouvoir politique:

1 – L’ère des tribus

Pouvoir exercé selon la force (et plus rarement selon la sagesse ou la connaissance).
Comme chez les groupes d’animaux, le pouvoir revient au « mâle dominant ».

2 – L’ère des empires et des royaumes

Pouvoir hĂ©rĂ©ditaire. Naissance de la notion d’Ă©tat.

3 – L’ère des Ă©tats-nations

Ere ouverte par la monarchie parlementaire en Grande-Bretagne en 1689, par la révolution française en 1789, et par la fondation des Etats-Unis.

Dans un Ă©tat-nation, le pouvoir n’est plus hĂ©rĂ©ditaire mais exercĂ© par des dirigeants censĂ©s reprĂ©senter le peuple, et dĂ©signĂ©s par des Ă©lections (Ă©tat-nation dĂ©mocratique), ou par un système de cooptation au sein d’un parti unique (Ă©tat-nation totalitaire).

4 – L’ère des conglomĂ©rats Ă©conomiques

Ere initiée à partir de 1954, mise en place au cours des années 70 et 80, et pleinement opérationnelle à partir des années 90.

Le pouvoir n’y est plus de type reprĂ©sentatif ou Ă©lectif, et il n’est plus localisĂ© gĂ©ographiquement (contrairement aux tribus, aux royaumes, et aux Ă©tats-nations).

Il est exercĂ© directement par ceux qui contrĂ´lent le système financier et la production des marchandises. Les instruments de ce pouvoir sont le contrĂ´le de la technologie, de l’Ă©nergie, de la monnaie, et de l’information.

Comme tout nouveau pouvoir, il s’Ă©rige en remplacement du pouvoir prĂ©cĂ©dent, vouĂ© Ă  disparaĂ®tre.

Enfin, ce nouveau pouvoir est global, planĂ©taire. Il n’a donc ni alternative, ni Ă©chappatoire. Il constitue un nouveau niveau d’organisation de la civilisation, une sorte de super-organisme.

La rĂ©solution des grands problèmes Ă©cologiques Ă©conomiques et sociaux nĂ©cessite effectivement l’avènement d’une forme de pouvoir global. De mĂŞme, l’unification du monde par l’Ă©conomie et le dĂ©clin des Ă©tats-nations ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s en partie pour une noble cause: rendre impossible une nouvelle guerre mondiale qui, Ă  l’ère atomique, signifierait la fin de la civilisation.

Mais la question est de savoir au service de quels objectifs et de quels intérêts ce pouvoir global doit-il être, par qui doit-il être exercé, et par quels contre-pouvoirs doit-il être contrôlé et équilibré.

La mondialisation (ou « globalisation ») n’est pas nĂ©gative en elle-mĂŞme. Potentiellement, elle peut permettre l’Ă©tablissement d’une paix mondiale durable et une meilleure gestion des ressources. Mais si elle continue d’ĂŞtre organisĂ©e au bĂ©nĂ©fice d’une Ă©lite et si elle conserve son orientation nĂ©o-libĂ©rale actuelle, elle ne tardera pas Ă  engendrer un nouveau type de totalitarisme, la marchandisation intĂ©grale des ĂŞtres vivants, la destruction totale de la nature, et des formes inĂ©dites d’esclavage.

Sylvain Timsit
© Syti.Net 1998

REFLEXIONS SUR LA NOTION DE POUVOIR

Quelques citations Ă  mĂ©diter…

« En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un Ă©vènement survient, on peut ĂŞtre certain qu’il avait Ă©tĂ© prĂ©vu pour se dĂ©rouler ainsi. »

Franklin D. Roosevelt
Président des Etats Unis de 1932 à 1945

« Le monde se divise en trois catĂ©gories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les Ă©vĂ©nements, un groupe un peu plus important qui veille Ă  leur exĂ©cution et les regarde s’accomplir, et enfin une vaste majoritĂ© qui ne sait jamais ce qui s’est produit en rĂ©alitĂ©. »

Nicholas Murray Butler
Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR (Council on Foreign Relations)

« Le monde est gouvernĂ© par des personnages très diffĂ©rents de ce qui est imaginĂ© par ceux qui ne sont pas derrière le rideau. »

Benjamin Disraeli
Premier Ministre Britannique de 1874 Ă  1880

« Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d’autres grandes publications dont les directeurs ont assistĂ© Ă  nos rĂ©unions et respectĂ© leurs promesses de discrĂ©tion depuis presque 40 ans. Il nous aurait Ă©tĂ© impossible de dĂ©velopper nos plans pour le monde si nous avions Ă©tĂ© assujettis Ă  l’exposition publique durant toutes ces annĂ©es. Mais le monde est maintenant plus sophistiquĂ© et prĂ©parĂ© Ă  entrer dans un gouvernement mondial. La souverainetĂ© supranationale d’une Ă©lite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurĂ©ment prĂ©fĂ©rable Ă  l’autodĂ©termination nationale pratiquĂ©e dans les siècles passĂ©s. »

David Rockefeller
Président et fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale. Président du CFR.
Propos tenus à la rénion du Groupe de Bilderberg à Baden Baden en 1991

« Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privĂ© me semble l’entitĂ© adĂ©quate pour le faire. »

David Rockefeller
Interview dans Newseek en février 1999

« Aujourd’hui, l’AmĂ©rique serait outrĂ©e si les troupes des Nations Unies entraient dans Los Angeles pour restaurer l’ordre. Demain ils en seront reconnaissants! Ceci est particulièrement vrai s’il leur Ă©tait dit qu’un danger extĂ©rieur, qu’il soit rĂ©el ou promulguĂ©, menace leur existence. C’est alors que les peuples du monde demanderont Ă  ĂŞtre dĂ©livrĂ©s de ce mal. L’unique chose que tous les hommes craignent est l’inconnu. ConfrontĂ©s Ă  ce scĂ©nario, les droits individuels seront volontairement abandonnĂ©s au profit de la garantie de leur bien-ĂŞtre assurĂ© par le gouvernement mondial. »

Henry Kissinger
Membre du Groupe de Bilderberg, de la Commission Trilatérale et du CF

« Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question sera de savoir si il sera créé par conquĂŞte ou par consentement. »

Paul Warburg

« Nous sommes Ă  la veille d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial. »

David Rockefeller

« Je suis inquiet pour la sĂ©curitĂ© de notre belle nation; pas tant Ă  cause d’une quelconque menace de l’extĂ©rieur, mais d’avantage Ă  cause des forces incidieuses qui y opèrent de l’intĂ©rieur. »

Général Douglas MacArthur
Commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale

« La direction du Bureau du PrĂ©sident a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour fomenter un complot pour anĂ©antir la libertĂ© des AmĂ©ricains, et avant que je ne quitte le Bureau, je dois informer les citoyens de ces conditions. »

John Fitzgerald Kennedy
dans un discours fait Ă  l’UniversitĂ© Columbia le 12 novembre 1963, dix jours avant son assassinat

« Le but des Rockefeller et de leurs alliĂ©s est de crĂ©er un gouvernement mondial unique combinant le Supercapitalisme et le Communisme sous la mĂŞme bannière, et sous leur contrĂ´le. (…) Est-ce que j’entends par lĂ  qu’il s’agit d’une conspiration? Oui, en effet. Je suis convaincu qu’il y a un tel complot, d’envergure internationale, en planification depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations, et de nature incroyablement malĂ©fique. »

Lawrence Patton McDonald
Congressiste amĂ©ricain tuĂ© dans l’attaque d’un vol de la Korean Airlines. Message public diffusĂ© en 1976

« Seuls les plus petits secrets ont besoin d’ĂŞtre protĂ©gĂ©s. Les plus gros sont gardĂ©s par l’incrĂ©dulitĂ© publique. »

Marshall McLuhan
Auteur et chercheur canadien (1911-1980)

« Tous les ĂŞtres humains trĂ©buchent un jour sur la vĂ©ritĂ©. La plupart se relèvent rapidement, secouent leurs vĂŞtements et retournent Ă  leurs prĂ©occupations, comme si de rien n’Ă©tait. »

Winston Churchill
Premier Ministre de la Grande-Bretagne de 1940 Ă  1945 et de 1951 Ă  1955

« L’ennemi numĂ©ro 1 de tout État est l’homme qui est capable de penser par lui-mĂŞme sans considĂ©ration de la pensĂ©e unique. Presque inĂ©vitablement il parviendra alors Ă  la conclusion que l’État sous lequel il vit est malhonnĂŞte, insensĂ© et insupportable, ainsi, si cet homme est idĂ©aliste il voudra le changer. S’il ne l’est pas, il tĂ©moignera suffisamment de sa dĂ©couverte pour gĂ©nĂ©rer la rĂ©volte des idĂ©alistes contre l’État. »

Henry Louis Mencken
Journaliste, Ă©crivain et libre penseur, l’un des Ă©crivains amĂ©ricains les plus influents du 20e siècle (1880-1956)

Quelques chiffres Ă  mĂ©diter…

Selon un rapport du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD):

Les 3 personnes les plus riches du monde sont aussi riches que les 48 pays les plus pauvres.

Les avoirs des 84 personnes les plus riches dĂ©passe le produit intĂ©rieur brut de la Chine avec ses 1,2 milliards d’habitants.

Les 225 personnes les plus riches disposent d’une fortune Ă©quivalente au revenu annuel cumulĂ© des 47% d’individus les plus pauvres de la planète, soit plus de 3 milliards de personnes.

Selon le mĂŞme organe des Nations-Unies, il suffirait de moins de 4% de la richesse cumulĂ©e de ces 225 plus grosses fortunes mondiales (Ă©valuĂ©es Ă  plus de 1000 milliards de dollars) pour donner Ă  toute la population du globe l’accès aux besoins de base et aux services Ă©lĂ©mentaires: santĂ©, Ă©ducation, alimentation.

Rapport ONU – PNUD 1998 – disponible chez Economica, 49, rue HĂ©ricart, 75015 Paris

Autres chiffres:

122 entreprises sont Ă  l’origine de 80% de toutes les Ă©missions de dioxyde de carbone

Pour sa fabrication, un yacht de luxe nĂ©cĂ©ssite 200.000 heures de travail, soit 96 annĂ©es de travail d’une personne (8 heures par jour, 5 jours sur 7). Ainsi, avec ce qu’il gagne en quelques jours, un milliardaire peut s’approprier la vie entière d’un autre ĂŞtre humain.

Aux Etats-Unis, les 100 plus importants PDG gagnent chacun en moyenne 1000 fois plus que leurs salariĂ©s « ordinaires »

La fortune personnelle de Bill Gates (50 milliards de dollars) est Ă©gale Ă  la fortune cumulĂ©e des 106 millions d’AmĂ©ricains les plus pauvres…

Le budget militaire américain de la seule année 2004 a été de 480 milliards de dollars, ce qui représente une dépense de 27.342 dollars par heure depuis la naissance du Christ.

En 2002, George W. Bush a décidé une hausse des dépenses militaires de 40 milliards de dollars.
Cette seule augmentation du budget militaire amĂ©ricain reprĂ©sente exactement la somme qui serait nĂ©cĂ©ssaire pour rĂ©soudre dĂ©finitivement le problème de la faim dans le monde. (selon les estimations de l’ONU)

Source: Syti.net

avr 04 2009

L’idĂ©ologie des « MaĂ®tres du monde »

Par Régis Mex

Les maĂ®tres de l’ordre mondial actuel ont en commun des valeurs et des principes fondamentaux qui sont le ciment de leur unitĂ©, et leur dĂ©nominateur commun. L’adhĂ©sion Ă  ces idĂ©es caractĂ©rise leurs organisations les plus centrales: Groupe de Bilderberg, Skull & Bones, CFR, PNAC. Ces principes Ă©taient ceux des Nazis comme ils sont ceux de leurs hĂ©ritiers: les idĂ©ologues du nouvel ordre mondial.

Le nouvel esclavage: extraits de « 1984″ de George Orwell

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« Nous ne cherchons pas le pouvoir en vue de nos propres fins, mais pour le bien de la majoritĂ© tel que nous le dĂ©finissons. Les hommes, ces crĂ©atures frĂŞles et lâches, ne peuvent endurer la libertĂ© ni faire face Ă  la vĂ©ritĂ©. Ils doivent ĂŞtre dirigĂ©s par ceux qui sont plus forts qu’eux. L’espèce humaine a le choix entre la libertĂ© et le bonheur, or le bonheur vaut mieux.

Le bien des autres ne nous intĂ©resse pas, nous ne recherchons que le pouvoir, le pur pouvoir. Les nazis et les communistes se rapprochent beaucoup de nous par leurs mĂ©thodes, mais ils n’eurent jamais le courage de reconnaĂ®tre leurs propres motifs. Ils prĂ©tendaient s’ĂŞtre emparĂ©s du pouvoir pour une pĂ©riode limitĂ©e; passĂ© le point critique, il y aurait un paradis oĂą les hommes seraient libres et Ă©gaux. Nous ne sommes pas ainsi, nous savons que jamais personne ne s’empare du pouvoir avec l’intention d’y renoncer. On n’Ă©tablit pas une dictature pour sauvegarder une rĂ©volution. On fait une rĂ©volution pour Ă©tablir une dictature. La persĂ©cution a pour objet la persĂ©cution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir.

L’esclavage c’est la libertĂ©. Seul, libre, l’ĂŞtre humain est toujours vaincu. Mais s’il renonce Ă  son identitĂ©, s’il se soumet entièrement et totalement, il se fond dans le pouvoir collectif, il est alors tout-puissant et immortel.

Ce pouvoir est aussi le pouvoir sur d’autres ĂŞtres humains, sur les corps mais surtout sur les esprits. Le pouvoir sur la matière n’est pas important, notre maĂ®trise de la matière est dĂ©jĂ  absolue. Ce qui importe c’est de commander Ă  l’esprit. La rĂ©alitĂ© est Ă  l’intĂ©rieur du crâne… Le rĂ©el pouvoir, le pouvoir pour lequel nous devons lutter jour et nuit, est le pouvoir non sur les choses, mais sur les hommes. Comment assure-t-on le pouvoir sur un autre? En le faisant souffrir. L’obĂ©issance ne suffit pas. Comment, s’il ne souffre pas, peut-on ĂŞtre certain qu’il obĂ©it, non Ă  sa volontĂ©, mais Ă  la nĂ´tre?

Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de dĂ©chirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies. Commencez-vous Ă  voir quel sorte de monde nous crĂ©ons? Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d’Ă©craseurs et d’Ă©crasĂ©s, un monde qui au fur et Ă  mesure qu’il s’affinera deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. Notre civilisation est fondĂ©e sur la haine; il n’y aura pas d’autres Ă©motions que la crainte, la rage, le triomphe et l’humiliation. Nous dĂ©truirons tout le reste.

Nous avons coupĂ© les liens entre l’enfant et les parents, entre l’homme et l’homme, entre l’homme et la femme. Mais plus tard, il n’y aura ni femme ni ami. Les enfants seront Ă  leur naissance enlevĂ©s aux mères, comme on enlève leurs oeufs aux poules. La procrĂ©ation sera une formalitĂ© annuelle, comme le renouvellement de la carte d’alimentation. Il n’y aura plus de loyautĂ© que pour le pouvoir. Tous les plaisirs de l’Ă©mulation seront dĂ©truits remplacĂ©s par l’ivresse toujours croissante du pouvoir, qui s’affinera de plus en plus. Il y aura Ă  chaque instant, le frisson de la victoire, la sensation de piĂ©tiner un ennemi impuissant… Autant qu’un monde de triomphe ce sera un monde de terreur… Nous commanderons Ă  la vie Ă  tous ses niveaux.

Vous imaginez qu’il y a quelque chose qui s’appelle la nature humaine qui sera outragĂ©e par ce que nous faisons et se retournera contre nous. Mais nous crĂ©ons la nature humaine. L’homme est infiniment mallĂ©able.

Tel est le monde que nous prĂ©parons. Un monde oĂą les victoires succèderont aux victoires et les triomphes aux triomphes, un monde d’Ă©ternelle pression, toujours renouvelĂ©e, sur la fibre de la puissance. Vous commencez Ă  rĂ©aliser ce que sera ce monde. Ă€ la fin vous ferez plus que le comprendre, vous l’accepterez, vous l’accueillerez avec joie, vous en demanderez votre part en idolâtrant vos propres bourreaux. »

Source: Syti.net

jan 02 2009

Les calculs sordides et meurtriers de Tel-Aviv

Le but d’IsraĂ«l : enterrer le processus de paix et la crĂ©ation d’un vĂ©ritable État palestinien. Avec la complicitĂ© de Washington, Paris et Bruxelles.

Manifestation Ă  Paris contre la venue en France de Tzipi Livni

Sans le vouloir, IsraĂ«l a dĂ©montrĂ© que l’occupation des territoires palestiniens est bien au centre de la problĂ©matique proche et moyen-orientale. Existe-t-il une autre rĂ©gion du monde oĂą, en l’espace de quelques heures, près de 300 personnes sont tuĂ©es de cette manière ? L’Irak et l’Afghanistan sont battus Ă  plate couture. Surtout, existe-t-il un pays de la planète qui peut se permettre un tel massacre avec le soutien mĂŞme plus implicite des plus grandes puissances mondiales ? Pourquoi, comment ? Qui peut croire un seul instant que les roquettes balancĂ©es par des organisations palestiniennes mettent en danger un État, IsraĂ«l, dont l’armĂ©e est parmi les cinq plus puissantes du monde ? Surtout, alors que les bombes israĂ©liennes se dĂ©versaient sur Gaza ce week-end, d’autres roquettes Ă©taient encore tirĂ©es. Le bilan est là : 1 mort cĂ´tĂ© israĂ©lien. Plus de 280 cĂ´tĂ© palestinien.

Si l’on assiste Ă  un tel dĂ©chaĂ®nement de violence de la part de Tel-Aviv, c’est certainement parce que la victoire aux Ă©lections lĂ©gislatives (programmĂ©es pour le 10 fĂ©vrier) sera dĂ©terminĂ©e par le caractère belliciste des candidats. Le Likoud de Netanyahou pousse au feu. Il n’en faut pas plus Ă  Tzipi Livni, toujours ministre des Affaires Ă©trangères qui rĂŞve d’ĂŞtre premier ministre et Ehud Barak, ministre de la DĂ©fense, pour faire chauffer les rĂ©acteurs des F16 et tester leurs nouveaux engins de mort. Triste sociĂ©tĂ© israĂ©lienne qui applaudit et fait remonter Livni dans les sondages.

Les Ă©lections n’expliquent pas tout. Pas plus que le prĂ©texte des roquettes. Il y a un plan, une volontĂ© politique accrochĂ©s aux missiles qui s’abattent sur Gaza. Le premier volet est de repousser Ă  jamais la crĂ©ation d’un vĂ©ritable État palestinien en approfondissant le fossĂ© gĂ©ographique et politique entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, entre le Hamas et les composantes de l’OLP, Ă  commencer par le Fatah. N’est-il pas surprenant que cette attaque survienne au lendemain d’une nouvelle trĂŞve de 24 heures dĂ©crĂ©tĂ©e par le Hamas et alors que tout le monde sait bien que les dernières salves lancĂ©es sur IsraĂ«l Ă©taient le fait de groupes aussi divers que le Djihad islamique ou les Brigades des martyrs d’al Aksa, proches du Fatah ? C’est d’autant plus Ă©tonnant que le Hamas est sensible Ă  l’Ă©tat d’esprit de la population palestinienne. C’est ce qui explique souvent ses changements d’attitude, l’arrĂŞt des attentats suicides ou l’acceptation de trĂŞves.

IsraĂ«l ne veut pas la paix. Ce n’est pas avec des bombes que l’on vient Ă  bout d’une rĂ©sistance, celle d’un peuple occupĂ© depuis plus de quarante ans. Les dirigeants israĂ©liens sont soutenus Ă  bout de bras par l’administration amĂ©ricaine et par les dirigeants de l’Union europĂ©enne, Nicolas Sarkozy en tĂŞte. Tout simplement parce qu’IsraĂ«l a rĂ©ussi Ă  faire admettre son indispensable prĂ©sence dans la stratĂ©gie occidentale au Moyen-Orient en se plaçant comme rempart face Ă  une supposĂ©e invasion islamiste. Peu importe la faussetĂ© de l’argument, et surtout le mĂ©lange des genres (comme cela avait Ă©tĂ© fait entre l’Irak de Saddam et al Qaeda) : il permet de faire croire au danger pour l’existence d’IsraĂ«l, d’amplifier le concept d’État juif, de faire oublier l’occupation et de justifier en filigrane la possession de l’arme atomique. D’oĂą ces dĂ©clarations des chancelleries occidentales qui rejettent la faute des Ă©vĂ©nements dramatiques de ces derniers jours sur le Hamas et mettent sur un pied d’Ă©galitĂ© occupants et occupĂ©s tout en demandant de la retenue « aux deux parties ».

Ce faisant, IsraĂ«l enterre un peu plus le mouvement national palestinien. Les manifestations se multiplient en Cisjordanie contre le massacre perpĂ©trĂ© Ă  Gaza et contre les conditions de vie inhumaines qui s’aggravent chaque jour un peu plus. Un ressentiment qui s’exprime principalement contre l’occupant mais qui pourrait bien emporter Mahmoud Abbas, le toujours prĂ©sident de l’AutoritĂ© palestinienne, dont les dĂ©clarations laissent perplexes et qui semble de plus en plus affaibli au sein des Palestiniens comme sur la scène internationale. Les IsraĂ©liens laissent pourrir la situation et attendent que les fruits mĂ»rs tombent : l’Ă©crasement du Hamas Ă  Gaza, l’extinction du Fatah en Cisjordanie. Ne resteront plus alors que quelques chefs de tribus avec lesquels il sera très facile de nĂ©gocier l’attribution de bantoustans vides de sens et de rĂ©alitĂ© Ă©conomique. Les dirigeants israĂ©liens pourront alors leur adjoindre ces Arabes d’IsraĂ«l, comme le veut Tzipi Livni. Pour rĂ©ussir ce tour de passe-passe, il faut des complices. Avec Washington, Paris et Bruxelles, IsraĂ«l les a trouvĂ©s.

Pierre Barbancey, pour l’HumanitĂ©