La fin programmée de la démocratie
1
Le pouvoir a déjà changé de mains
Les vĂ©ritables maĂ®tres du monde ne sont plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux financiers ou industriels, et d’institutions internationales opaques (FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, banques centrales). Or ces dirigeants ne sont pas Ă©lus, malgrĂ© l’impact de leurs dĂ©cisions sur la vie des populations.
Le pouvoir de ces organisations s’exerce sur une dimension planĂ©taire, alors que le pouvoir des Ă©tats est limitĂ© Ă une dimension nationale.
Par ailleurs, le poids des sociétés multinationales dans les flux financiers a depuis longtemps dépassé celui des États.
A dimension transnationale, plus riches que les États, mais aussi principales sources de financement des partis politiques de toutes tendances et dans la plupart des pays, ces organisations sont de fait au dessus des lois et du pouvoir politique, au dessus de la démocratie.
Voici une liste des chiffres d’affaires de certaines multinationales, comparĂ©s avec le PIB des États. Elle en dit long sur la puissance planĂ©taire que ces sociĂ©tĂ©s sont en train d’acquĂ©rir.
Une puissance toujours plus dĂ©mesurĂ©e, du fait de l’accĂ©lĂ©ration des fusions entre multinationales.
Chiffres d’affaires ou PIB, en milliards de dollars
General Motors
178,2
Singapour
96,3
Danemark
161,1
Toyota
95,2
ThaĂŻlande
157,3
Israel
92
Ford
153,5
General Electric
90,8
Norvège
153,4
Philippines
83,1
Mitsui & Co
142,8
IBM
78,5
Pologne
135,7
NTT
77
Afrique du Sud
129,1
Axa – UAP
76,9
Mitsubishi
129
Egypte
75,2
Royal Dutch Shell
128,1
Chili
74,3
Itoshu
126,7
Irlande
72
Arabie Saoudite
125,3
Daimler-Benz
71,5
Exxon (Esso)
122,4
British Petroleum
71,2
Wall Mart
119,3
Venezuela
67,3
Ford
100,1
Groupe Volkswagen
65,3
Grèce
119,1
Nouvelle Zélande
65
Finlande
116,2
Unilever
43,7
Marubeni
11,2
Pakistan
41,9
Sumimoto
109,3
Nestle
38,4
Malaisie
97,5
Sony
34,4
Portugal
97,4
Nigeria
29,6
Ensemble des 5 plus grandes firmes
526,1
Proche-Orient et Afrique du Nord
454,5
Asie du Sud
297,4
Afrique Sub-Saharienne
269,9
Chiffres de 1999 et 1992
Sources: Banque Mondiale (World Development Repport 1998-1999), Forbes, The Nation, Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (States of Disarray, Genève, 1995),Courrier International, Le Monde Diplomatique
2
L’illusion dĂ©mocratique
La dĂ©mocratie a dĂ©jĂ cessĂ© d’ĂŞtre une rĂ©alitĂ©.
Les responsables des organisations qui exerçent le pouvoir rĂ©el ne sont pas Ă©lus, et le public n’est pas informĂ© de leurs dĂ©cisions.
La marge d’action des Ă©tats est de plus en plus rĂ©duite par des accords Ă©conomiques internationaux pour lesquels les citoyens n’ont Ă©tĂ© ni consultĂ©s, ni informĂ©s.
Tous ces traitĂ©s Ă©laborĂ©s ces cinq dernières annĂ©es (GATT, OMC, AMI, NTM, NAFTA) visent un but unique: le transfert du pouvoir des Ă©tats vers des organisations non-Ă©lues, au moyen d’un processus appelĂ© « mondialisation ».
Une suspension proclamĂ©e de la dĂ©mocratie n’aurait pas manquĂ© de provoquer une rĂ©volution. C’est pourquoi il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de maintenir une dĂ©mocratie de façade, et de dĂ©placer le pouvoir rĂ©el vers de nouveaux centres.
Les citoyens continuent Ă voter, mais leur vote a Ă©tĂ© vidĂ© de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n’ont plus de pouvoir rĂ©el.
Et c’est bien parce qu’il n’y a plus rien Ă dĂ©cider que les programmes politiques de « droite » et de « gauche » en sont venus Ă tant se ressembler dans tous les pays occidentaux.
Pour rĂ©sumer, nous n’avons pas le choix du plat mais nous avons le choix de la sauce. Le plat s’appelle « nouvel esclavage », avec sauce de droite pimentĂ©e ou sauce de gauche aigre-douce.
3
La disparition de l’information
Depuis le dĂ©but des annĂ©es 90, l’information a progressivement disparu des mĂ©dias destinĂ©s au grand-public.
Comme les Ă©lections, les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s continuent d’exister, mais ils ont Ă©tĂ© vidĂ©s de leur contenu.
Un journal tĂ©lĂ©visĂ© contient au maximum 2 Ă 3 minutes d’information vĂ©ritable. Le reste est constituĂ© de sujets « magazine », de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.
Les analyses par des journalistes spĂ©cialisĂ©s, ainsi que les Ă©missions d’information ont Ă©tĂ© presque totalement Ă©liminĂ©s.
L’information se rĂ©duit dĂ©sormais Ă la presse Ă©crite, lue par une minoritĂ© de personnes.
La disparition de l’information est le signe tangible que notre rĂ©gime politique a dĂ©jĂ changĂ© de nature.
4
Stratégies et objectifs pour le contrôle du monde
Les responsables du pouvoir économique sont quasiment tous issus du même monde, des mêmes milieux sociaux. Il se connaissent, se rencontrent, partagent les mêmes vues et les mêmes intérêts.
Ils partagent donc tout naturellement la même vision de ce que devrait être le monde idéal futur.
Il est dès lors naturel qu’ils s’accordent sur une stratĂ©gie et synchronisent leurs actions respectives vers des objectifs communs, en induisant des situations Ă©conomiques favorables Ă la rĂ©alisation de leurs objectifs, Ă savoir:
Affaiblissement des états et du pouvoir politique. Déréglementation. Privatisation des services publics.
DĂ©sengagement total des Ă©tats de l’Ă©conomie, y compris des secteurs de l’Ă©ducation, de la recherche, et Ă terme de la police et de l’armĂ©e, destinĂ©s Ă devenir des secteurs exploitables par des entreprises privĂ©es.
Endettement des Ă©tats au moyen de la corruption, des travaux publics inutiles, des subventions donnĂ©es aux entreprises sans contrepartie, ou des dĂ©penses militaires. Lorsqu’une montagne de dettes a Ă©tĂ© accumulĂ©e, les gouvernements sont contraints aux privatisations et au dĂ©mantèlement des services publics. Plus un gouvernement est sous le contrĂ´le des « MaĂ®tres du Monde », et plus il fait augmenter la dette de son pays.
PrĂ©carisation des emplois et maintien d’un niveau de chĂ´mage Ă©levĂ©, entretenu grâce aux dĂ©localisations et Ă la mondialisation du marchĂ© du travail. Ceci accroĂ®t la pression Ă©conomique sur les salariĂ©s, qui sont alors prĂŞts Ă accepter n’importe quel salaire ou conditions de travail.
RĂ©duction des aides sociales, pour accroĂ®tre la motivation du chĂ´meur Ă accepter n’importe quel travail Ă n’importe quel salaire. Des aides sociales trop Ă©levĂ©es empĂŞchent le chĂ´mage de faire pression efficacement sur le marchĂ© du travail.
EmpĂŞcher la montĂ©e des revendications salariales dans le Tiers-Monde, en y maintenant des rĂ©gimes totalitaires ou corrompus. Si les travailleurs du Tiers Monde Ă©taient mieux rĂ©munĂ©rĂ©s, cela briserait le principe mĂŞme des dĂ©localisations et du levier qu’elles exercent sur le marchĂ© du travail et la sociĂ©tĂ© en occident. Ceci est donc un verrou stratĂ©gique essentiel qui doit ĂŞtre prĂ©servĂ© Ă tout prix. La fameuse « crise asiatique » de 1998 a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e dans le but de prĂ©server ce verrou.
5
Les attributs du pouvoir
Les organisations multinationales privĂ©es se dotent progressivement de tous les attributs de la puissance des Ă©tats: rĂ©seaux de communication, satellites, services de renseignements, fichiers sur les individus, institutions judiciaires (Ă©tablies par l’OMC et l’AMI, accord grâce auquel une multinationale pourra traĂ®ner un Ă©tat devant une cours de justice internationale spĂ©ciale).
L’Ă©tape suivante -et ultime- pour ces organisations sera d’obtenir la part de pouvoir militaire et policier qui correspond Ă leur nouvelle puissance, en crĂ©ant leurs propres forces armĂ©es, car les armĂ©es et polices nationales ne sont pas adaptĂ©es Ă la dĂ©fense de leurs intĂ©rĂŞts dans le monde.
A terme, les armĂ©es sont appelĂ©es Ă devenir des entreprises privĂ©es, des prestataires de services travaillant sous contrat avec les Ă©tats, aussi bien qu’avec n’importe quel client privĂ© capable de payer leurs services. Mais Ă l’Ă©tape ultime du plan, ces armĂ©es privĂ©es serviront les intĂ©rĂŞts des grandes multinationales, et attaqueront les Ă©tats qui ne se plieront pas aux règles du nouvel ordre Ă©conomique.
En attendant, ce rĂ´le est assumĂ© par l’armĂ©e des Etats-Unis, le pays le mieux contrĂ´lĂ© par les multinationales.
Notes:
1 – ArmĂ©es privĂ©es
Les armĂ©es privĂ©es existent dĂ©jĂ au Etats-Unis. Il s’agit des sociĂ©tĂ©s DynCorp, CACI, et MPRI, prototypes des futures armĂ©es privĂ©es. Dyncorp est intervenu dans de nombreuses rĂ©gions oĂą les États-Unis souhaitaient intervenir militairement sans en porter la responsabilitĂ© directe (en AmĂ©rique du Sud, au Soudan, au KoweĂŻt, en IndonĂ©sie, au Kosovo, en Irak…). Fin 2002, Dyncorp a Ă©tĂ© rachetĂ©e par Computer Sciences Corporation, l’une des plus importantes sociĂ©tĂ©s amĂ©ricaines de services informatiques. En Mai 2004, Dyncorp et MPRI ont Ă©tĂ© impliquĂ©es dans les tortures sur les prisonniers irakiens. Les armĂ©es privĂ©es (appelĂ©es « sous-traitants » par le Pentagone) reprĂ©sentent 10% des effectifs amĂ©ricains envoyĂ©s en Irak.
2 – Satellites
Microsoft a finalement renoncĂ© Ă son projet Teledesic, un rĂ©seau de 288 satellites de communication qui devaient constituer un maillage tout autour de la planète. Mais d’autres compagnies multinationales s’apprĂŞtent Ă crĂ©er des rĂ©seaux de satellites de communication similaires. Des satellites d’observation privĂ©s sont Ă©galement dĂ©jĂ en place. Deux sociĂ©tĂ©s commercialisent des images Ă haute rĂ©solution de tout lieu de la planète susceptible d’intĂ©resser les acheteurs.
3 – Fichiers privĂ©s
De nombreuses sociĂ©tĂ©s fondĂ©es ces dernières annĂ©es (principalement aux Etats-Unis) sont spĂ©cialisĂ©es dans la collecte d’informations individuelles, officiellement Ă des fins commerciales. Mais ces fichiers privĂ©s commencent Ă rassembler des millions de profils individuels très prĂ©cis de consommateurs rĂ©partis dans l’ensemble des pays occidentaux. Les informations de ces fichiers sont vendues Ă quiconque souhaite les acheter.
6
La vraie rĂ©alitĂ© de l’argent
L’argent est aujourd’hui essentiellement virtuel. Il a pour rĂ©alitĂ© une suite de 0 et de 1 dans les ordinateurs des banques. La majeure partie du commerce mondial a lieu sans monnaie-papier, et seulement 10% des transactions financières quotidiennes correspondent Ă des Ă©changes Ă©conomiques dans le « monde rĂ©el ».
Les marchĂ©s financiers eux-mĂŞmes constituent un système de crĂ©ation d’argent virtuel, de profit non-basĂ© sur une crĂ©ation de richesses rĂ©elles. Grâce au jeu des marchĂ©s financiers (qui permet de transformer en bĂ©nĂ©fices les oscillations des cours), les investisseurs avisĂ©s peuvent ĂŞtre dĂ©clarĂ©s plus riches, par une simple circulation d’Ă©lectrons dans des ordinateurs. Cette crĂ©ation d’argent sans crĂ©ation de richesses Ă©conomiques correspondantes est la dĂ©finition mĂŞme de la crĂ©ation artificielle de monnaie. Ce que la loi interdit aux faux-monnayeurs, et ce que l’orthodoxie Ă©conomique libĂ©rale interdit aux Ă©tats, est donc possible et lĂ©gal pour un nombre restreint de bĂ©nĂ©ficiaires.
Si l’on veut comprendre ce qu’est rĂ©ellement l’argent et ce Ă quoi il sert, il suffit d’inverser le vieil adage « le temps c’est de l’argent ».
L’argent, c’est du temps.
L’argent est ce qui permet d’acheter le temps des autres, le temps qui a Ă©tĂ© nĂ©cessaire Ă produire les produits ou les services que l’on consomme
L’argent, le temps, et les esclaves
Techniquement, l’argent est une unitĂ© de calcul intermĂ©diaire pour Ă©changer du temps contre du temps, sans que le temps des uns et des autres puisse ĂŞtre comparĂ© directement. Car chaque conversion entre l’argent et le temps se fait sur la base d’une estimation subjective, qui varie selon le rapport de force Ă©conomique et informationnel entre l’acheteur et le vendeur.
Dans la pratique, ce rapport de force est toujours défavorable au consommateur-salarié.
Lorsqu’un individu moyen achète un produit, il paye le temps qui a Ă©tĂ© nĂ©cĂ©ssaire pour fabriquer ce produit Ă un prix bien plus Ă©levĂ© que le salaire qui lui est payĂ© pour une fraction Ă©quivalente de son propre temps.
Par exemple, chez les grands constructeurs automobiles, une voiture est produite en une journée de travail (soit en 8 heures) par 20 salariés (y compris le travail des commerciaux et le travail inclus dans les fournitures et les équipements de production utilisés). Le salaire journalier de chaque salarié devrait donc être égal à 1/20è du prix de la voiture, soit 1000 euros si la voiture vaut 20.000 euros. Ce qui fait un salaire mensuel théorique de 22.000 euros (sur la base de 22 jours travaillés par mois). Pour la plupart des salariés, on est très loin du compte.
Lorsqu’un salariĂ© occidental donne 10 heures de son temps, il reçoit seulement l’Ă©quivalent d’une heure. Pour un salariĂ© du Tiers Monde, le rapport tombe Ă 1000 heures contre une.
Ce système est la version moderne de l’esclavage.
Les bĂ©nĂ©ficiaires du temps volĂ© aux salariĂ©s sont les entreprises et leurs dirigeants (dont le salaire est plus de 100 fois celui d’un employĂ© ordinaire), mais aussi les Ă©tats dès lors que l’argent prĂ©levĂ© par les impots et les taxes n’est pas utilisĂ© dans le sens de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral.
7
Le point de non-retour écologique va être franchi
Il est Ă©vident que nous commençons Ă nous heurter aux limites Ă©cologiques de l’activitĂ© Ă©conomique.
Un système Ă©conomique libĂ©ral, dont le but est la recherche du profit Ă court-terme pour des intĂ©rĂŞts particuliers, ne peut prendre en compte les coĂ»ts Ă long-terme tels que la dĂ©gradation de l’environnement.
Les modèles Ă©conomiques actuels sont Ă©galement inaptes Ă estimer Ă sa juste valeur la « production » de la nature, indispensable Ă notre survie: production d’oxygène, fixation du gaz carbonique par les forĂŞts et les ocĂ©ans, rĂ©gulation de la tempĂ©rature, protection contre les rayonnements solaires, recyclage chimique, rĂ©partition des pluies, production d’eau potable, production d’aliments, etc.
Si nos modèles Ă©conomiques intĂ©graient le coĂ»t rĂ©el de la destruction de la nature, de la pollution, des modifications climatiques, cela changerait radicalement notre estimation de ce qui est « rentable » et de ce qui ne l’est pas.
Â
La production de la nature a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e Ă 55.000 milliards de dollars par an par un groupe de scientifiques de l’Institute for Ecological Economics de l’UniversitĂ© du Maryland en 1997.
8
La destruction de la nature est voulue
La disparition de la nature est inévitable, car elle est voulue par le nouveau pouvoir économique. Pourquoi?
Pour 3 raisons:
1- La disparition de la nature et l’augmentation de la pollution vont rendre les individus encore plus dĂ©pendants du système Ă©conomique pour leur survie, et vont permettre de gĂ©nĂ©rer de nouveaux profits (avec notamment une consommation accrue de mĂ©dicaments et de prestations mĂ©dicales…).
2- Par ailleurs, la nature constitue une rĂ©fĂ©rence d’un autre ordre, celui de l’univers. La contemplation de la beautĂ© et de la perfection de cet ordre est subversive: elle amène l’individu Ă rejeter la laideur des environnements urbanisĂ©s, et Ă douter de l’ordre social qui doit demeurer la seule rĂ©fĂ©rence.
L’urbanisation de l’environnement permet de placer les populations dans un espace totalement controlĂ©, surveillĂ©, et oĂą l’individu est totalement immergĂ© dans une projection de l’ordre social.
3 – Enfin, la contemplation de la nature incite au rĂŞve et intensifie la vie intĂ©rieure des individus, dĂ©veloppant leur sensibilitĂ© propre, et donc leur libre-arbitre.
Ils cessent dès lors d’ĂŞtre fascinĂ©s par les marchandises, ils se dĂ©tournent des programmes tĂ©lĂ©visĂ©s destinĂ©s Ă les abrutir et Ă contrĂ´ler leur esprit. DĂ©livrĂ©s de leurs chaĂ®nes, ils commencent Ă imaginer une autre sociĂ©tĂ© possible, fondĂ©e sur d’autres valeurs que le profit et l’argent.
Tout ce qui peut amener les individus Ă penser et Ă vivre par eux-mĂŞmes est potentiellement subversif. Le plus grand danger pour l’ordre social est la spiritualitĂ© car elle amène l’individu Ă bouleverser son système de valeurs et donc son comportement, au dĂ©triment des valeurs et comportements prĂ©cĂ©demment implantĂ©s par le conditionnement social.
Pour la stabilitĂ© du « nouvel ordre social », tout ce qui peut stimuler l’Ă©veil spirituel doit ĂŞtre Ă©liminĂ©.
9
Les alternatives de la dernière chance
Pour ne pas ĂŞtre dĂ©finitivement exclus du jeu, les contre-pouvoirs au pouvoir Ă©conomique (syndicats, associations de consommateurs, mouvements Ă©cologistes) doivent rĂ©pondre en se plaçant sur le mĂŞme niveau d’organisation, au niveau mondial et non plus national, en unifiant et en synchronisant leurs actions, Ă l’Ă©chelle de groupes d’Ă©tats pesant un poids suffisant dans les flux Ă©conomiques mondiaux.
Il leur reste peu de temps pour réagir, car tous les moyens de contrôle nécessaires à une future dictature mondiale sont désormais en place.
10
2000 ans d’histoire
Durant ces deux derniers millénaires, la civilisation sera passée par quatre ères successives marquant quatre formes de pouvoir politique:
1 – L’ère des tribus
Pouvoir exercé selon la force (et plus rarement selon la sagesse ou la connaissance).
Comme chez les groupes d’animaux, le pouvoir revient au « mâle dominant ».
2 – L’ère des empires et des royaumes
Pouvoir hĂ©rĂ©ditaire. Naissance de la notion d’Ă©tat.
3 – L’ère des Ă©tats-nations
Ere ouverte par la monarchie parlementaire en Grande-Bretagne en 1689, par la révolution française en 1789, et par la fondation des Etats-Unis.
Dans un Ă©tat-nation, le pouvoir n’est plus hĂ©rĂ©ditaire mais exercĂ© par des dirigeants censĂ©s reprĂ©senter le peuple, et dĂ©signĂ©s par des Ă©lections (Ă©tat-nation dĂ©mocratique), ou par un système de cooptation au sein d’un parti unique (Ă©tat-nation totalitaire).
4 – L’ère des conglomĂ©rats Ă©conomiques
Ere initiée à partir de 1954, mise en place au cours des années 70 et 80, et pleinement opérationnelle à partir des années 90.
Le pouvoir n’y est plus de type reprĂ©sentatif ou Ă©lectif, et il n’est plus localisĂ© gĂ©ographiquement (contrairement aux tribus, aux royaumes, et aux Ă©tats-nations).
Il est exercĂ© directement par ceux qui contrĂ´lent le système financier et la production des marchandises. Les instruments de ce pouvoir sont le contrĂ´le de la technologie, de l’Ă©nergie, de la monnaie, et de l’information.
Comme tout nouveau pouvoir, il s’Ă©rige en remplacement du pouvoir prĂ©cĂ©dent, vouĂ© Ă disparaĂ®tre.
Enfin, ce nouveau pouvoir est global, planĂ©taire. Il n’a donc ni alternative, ni Ă©chappatoire. Il constitue un nouveau niveau d’organisation de la civilisation, une sorte de super-organisme.
La rĂ©solution des grands problèmes Ă©cologiques Ă©conomiques et sociaux nĂ©cessite effectivement l’avènement d’une forme de pouvoir global. De mĂŞme, l’unification du monde par l’Ă©conomie et le dĂ©clin des Ă©tats-nations ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s en partie pour une noble cause: rendre impossible une nouvelle guerre mondiale qui, Ă l’ère atomique, signifierait la fin de la civilisation.
Mais la question est de savoir au service de quels objectifs et de quels intérêts ce pouvoir global doit-il être, par qui doit-il être exercé, et par quels contre-pouvoirs doit-il être contrôlé et équilibré.
La mondialisation (ou « globalisation ») n’est pas nĂ©gative en elle-mĂŞme. Potentiellement, elle peut permettre l’Ă©tablissement d’une paix mondiale durable et une meilleure gestion des ressources. Mais si elle continue d’ĂŞtre organisĂ©e au bĂ©nĂ©fice d’une Ă©lite et si elle conserve son orientation nĂ©o-libĂ©rale actuelle, elle ne tardera pas Ă engendrer un nouveau type de totalitarisme, la marchandisation intĂ©grale des ĂŞtres vivants, la destruction totale de la nature, et des formes inĂ©dites d’esclavage.
Sylvain Timsit
© Syti.Net 1998
REFLEXIONS SUR LA NOTION DE POUVOIR
Quelques citations Ă mĂ©diter…
« En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un Ă©vènement survient, on peut ĂŞtre certain qu’il avait Ă©tĂ© prĂ©vu pour se dĂ©rouler ainsi. »
Franklin D. Roosevelt
Président des Etats Unis de 1932 à 1945
« Le monde se divise en trois catĂ©gories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les Ă©vĂ©nements, un groupe un peu plus important qui veille Ă leur exĂ©cution et les regarde s’accomplir, et enfin une vaste majoritĂ© qui ne sait jamais ce qui s’est produit en rĂ©alitĂ©. »
Nicholas Murray Butler
Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR (Council on Foreign Relations)
« Le monde est gouvernĂ© par des personnages très diffĂ©rents de ce qui est imaginĂ© par ceux qui ne sont pas derrière le rideau. »
Benjamin Disraeli
Premier Ministre Britannique de 1874 Ă 1880
« Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d’autres grandes publications dont les directeurs ont assistĂ© Ă nos rĂ©unions et respectĂ© leurs promesses de discrĂ©tion depuis presque 40 ans. Il nous aurait Ă©tĂ© impossible de dĂ©velopper nos plans pour le monde si nous avions Ă©tĂ© assujettis Ă l’exposition publique durant toutes ces annĂ©es. Mais le monde est maintenant plus sophistiquĂ© et prĂ©parĂ© Ă entrer dans un gouvernement mondial. La souverainetĂ© supranationale d’une Ă©lite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurĂ©ment prĂ©fĂ©rable Ă l’autodĂ©termination nationale pratiquĂ©e dans les siècles passĂ©s. »
David Rockefeller
Président et fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale. Président du CFR.
Propos tenus à la rénion du Groupe de Bilderberg à Baden Baden en 1991
« Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privĂ© me semble l’entitĂ© adĂ©quate pour le faire. »
David Rockefeller
Interview dans Newseek en février 1999
« Aujourd’hui, l’AmĂ©rique serait outrĂ©e si les troupes des Nations Unies entraient dans Los Angeles pour restaurer l’ordre. Demain ils en seront reconnaissants! Ceci est particulièrement vrai s’il leur Ă©tait dit qu’un danger extĂ©rieur, qu’il soit rĂ©el ou promulguĂ©, menace leur existence. C’est alors que les peuples du monde demanderont Ă ĂŞtre dĂ©livrĂ©s de ce mal. L’unique chose que tous les hommes craignent est l’inconnu. ConfrontĂ©s Ă ce scĂ©nario, les droits individuels seront volontairement abandonnĂ©s au profit de la garantie de leur bien-ĂŞtre assurĂ© par le gouvernement mondial. »
Henry Kissinger
Membre du Groupe de Bilderberg, de la Commission Trilatérale et du CF
« Nous aurons un gouvernement mondial, que cela plaise ou non. La seule question sera de savoir si il sera créé par conquĂŞte ou par consentement. »
Paul Warburg
« Nous sommes Ă la veille d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial. »
David Rockefeller
« Je suis inquiet pour la sĂ©curitĂ© de notre belle nation; pas tant Ă cause d’une quelconque menace de l’extĂ©rieur, mais d’avantage Ă cause des forces incidieuses qui y opèrent de l’intĂ©rieur. »
Général Douglas MacArthur
Commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale
« La direction du Bureau du PrĂ©sident a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour fomenter un complot pour anĂ©antir la libertĂ© des AmĂ©ricains, et avant que je ne quitte le Bureau, je dois informer les citoyens de ces conditions. »
John Fitzgerald Kennedy
dans un discours fait Ă l’UniversitĂ© Columbia le 12 novembre 1963, dix jours avant son assassinat
« Le but des Rockefeller et de leurs alliĂ©s est de crĂ©er un gouvernement mondial unique combinant le Supercapitalisme et le Communisme sous la mĂŞme bannière, et sous leur contrĂ´le. (…) Est-ce que j’entends par lĂ qu’il s’agit d’une conspiration? Oui, en effet. Je suis convaincu qu’il y a un tel complot, d’envergure internationale, en planification depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations, et de nature incroyablement malĂ©fique. »
Lawrence Patton McDonald
Congressiste amĂ©ricain tuĂ© dans l’attaque d’un vol de la Korean Airlines. Message public diffusĂ© en 1976
« Seuls les plus petits secrets ont besoin d’ĂŞtre protĂ©gĂ©s. Les plus gros sont gardĂ©s par l’incrĂ©dulitĂ© publique. »
Marshall McLuhan
Auteur et chercheur canadien (1911-1980)
« Tous les ĂŞtres humains trĂ©buchent un jour sur la vĂ©ritĂ©. La plupart se relèvent rapidement, secouent leurs vĂŞtements et retournent Ă leurs prĂ©occupations, comme si de rien n’Ă©tait. »
Winston Churchill
Premier Ministre de la Grande-Bretagne de 1940 Ă 1945 et de 1951 Ă 1955
« L’ennemi numĂ©ro 1 de tout État est l’homme qui est capable de penser par lui-mĂŞme sans considĂ©ration de la pensĂ©e unique. Presque inĂ©vitablement il parviendra alors Ă la conclusion que l’État sous lequel il vit est malhonnĂŞte, insensĂ© et insupportable, ainsi, si cet homme est idĂ©aliste il voudra le changer. S’il ne l’est pas, il tĂ©moignera suffisamment de sa dĂ©couverte pour gĂ©nĂ©rer la rĂ©volte des idĂ©alistes contre l’État. »
Henry Louis Mencken
Journaliste, Ă©crivain et libre penseur, l’un des Ă©crivains amĂ©ricains les plus influents du 20e siècle (1880-1956)
Quelques chiffres Ă mĂ©diter…
Selon un rapport du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD):
Les 3 personnes les plus riches du monde sont aussi riches que les 48 pays les plus pauvres.
Les avoirs des 84 personnes les plus riches dĂ©passe le produit intĂ©rieur brut de la Chine avec ses 1,2 milliards d’habitants.
Les 225 personnes les plus riches disposent d’une fortune Ă©quivalente au revenu annuel cumulĂ© des 47% d’individus les plus pauvres de la planète, soit plus de 3 milliards de personnes.
Selon le mĂŞme organe des Nations-Unies, il suffirait de moins de 4% de la richesse cumulĂ©e de ces 225 plus grosses fortunes mondiales (Ă©valuĂ©es Ă plus de 1000 milliards de dollars) pour donner Ă toute la population du globe l’accès aux besoins de base et aux services Ă©lĂ©mentaires: santĂ©, Ă©ducation, alimentation.
Rapport ONU – PNUD 1998 – disponible chez Economica, 49, rue HĂ©ricart, 75015 Paris
Autres chiffres:
122 entreprises sont Ă l’origine de 80% de toutes les Ă©missions de dioxyde de carbone
Pour sa fabrication, un yacht de luxe nĂ©cĂ©ssite 200.000 heures de travail, soit 96 annĂ©es de travail d’une personne (8 heures par jour, 5 jours sur 7). Ainsi, avec ce qu’il gagne en quelques jours, un milliardaire peut s’approprier la vie entière d’un autre ĂŞtre humain.
Aux Etats-Unis, les 100 plus importants PDG gagnent chacun en moyenne 1000 fois plus que leurs salariĂ©s « ordinaires »
La fortune personnelle de Bill Gates (50 milliards de dollars) est Ă©gale Ă la fortune cumulĂ©e des 106 millions d’AmĂ©ricains les plus pauvres…
Le budget militaire américain de la seule année 2004 a été de 480 milliards de dollars, ce qui représente une dépense de 27.342 dollars par heure depuis la naissance du Christ.
En 2002, George W. Bush a décidé une hausse des dépenses militaires de 40 milliards de dollars.
Cette seule augmentation du budget militaire amĂ©ricain reprĂ©sente exactement la somme qui serait nĂ©cĂ©ssaire pour rĂ©soudre dĂ©finitivement le problème de la faim dans le monde. (selon les estimations de l’ONU)
Source: Syti.net