août 15 2009

Les conséquences dramatiques des délocalisations

La mondialisation libérale consiste principalement en la suppression de toute entrave à la circulation des marchandises et des capitaux, rendant possible les délocalisations, les chantages à l’emploi, et les profits sans précédent des multinationales. Au risque de causer la désindustrialisation et le déclin géopolitique des pays occidentaux…

 

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Faire baisser le « coût du travail »

Pour maximiser le profit des entreprises, la solution la plus facile et la plus efficace est de faire baisser le « coût du travail ». Il existe d’autres moyens pour accroître les profits (l’innovation, la recherche et développement…), mais leurs résultats sont incertains et ne peuvent être obtenus qu’à long-terme, alors que la réduction du « coût du travail » permet de générer une augmentation des profits de façon certaine et immédiate.

La baisse du « coût du travail » est obtenue en réduisant les salaires et les charges sociales, et en augmentant le temps de travail.

Et pour que les salariés acceptent des conditions moins avantageuses, il est nécessaire d’augmenter la concurrence sur le marché du travail.

 

Le but central de la mondialisation: augmenter la concurrence sur le marché du travail

Les délocalisations et les chantages à l’emploi ont révélé l’objectif principal de la « mondialisation »: instituer un nouvel esclavage en mettant en concurrence directe les salariés de tous les pays, grâce à la suppression des barrières douanières et des restrictions à la circulation des capitaux.

A travers une série d’accords internationaux (établis depuis 1995 dans le cadre de l’OMC), cette déréglementation a permis aux multinationales de dissocier totalement le lieu de production du lieu de vente, en délocalisant les usines en Chine pour vendre les produits en Amérique du Nord ou en Europe, là où se trouvaient les consommateurs et le pouvoir d’achat.

Au début, les délocalisations ne concernaient que les emplois industriels. Aujourd’hui, elles touchent tous les secteurs, y compris le tertiaire (comptabilité, services informatiques, call-centers…) la haute technologie, ou la recherche et développement.

Les délocalisations continueront tant que les entreprises auront le moindre profit à y gagner, c’est à dire tant que le salarié européen ou nord-américain n’aura pas accepté les mêmes conditions que le salarié chinois, en travaillant 70 heures par semaine, 6 jours sur 7, avec une semaine de vacances par an, sans protection sociale, le tout pour un salaire de moins de 150 euros par mois.

Certains espèrent qu’avec le temps, les salaires des pays émergents rejoindront ceux des pays occidentaux. Mais cet espoir est illusoire tant que l’absence de démocratie dans les pays émergents empêche toute revendication sociale pour l’amélioration des salaires et des conditions de travail. De même, tant que la surpopulation assure une surabondance de main d’oeuvre disponible, l’égalisation des conditions de travail et des salaires ne peut se faire que par le bas.

Cette baisse massive et durable du coût du travail pour les entreprises rend moins utiles les investissements dans la robotisation des moyens de production, les esclaves coûtant encore moins cher que les robots. Ainsi, les usines délocalisées en Europe de l’Est ou en Chine ressemblent aux usines des années 70, avec un retour au travail à la chaine des ouvriers.

 

Paupérisation et enrichissement

La paupérisation des consommateurs occidentaux pourrait sembler être un mauvais calcul de la part des multinationales, car au bout du compte, la baisse des revenus entraînera l’effondrement de la consommation. Mais en réalité, dans les prévisions des multinationales, la consommation globale ne sera pas affectée. Tout d’abord parce que l’appauvrissement des classes moyennes est compensée par un enrichissement sans précédent des « classes supérieures » qui profitent à plein du libéralisme. Ces 10 dernières années, pendant que les classes moyennes s’appauvrissaient, le revenu des 1% les plus riches n’a jamais autant augmenté. Ce que les uns ont perdu, les autres l’ont gagné, selon le principe bien connu des vases communicants.

Par ailleurs, la baisse de la consommation des classes moyennes en Occident est équilibrée par l’accroissement massif du nombre de consommateurs dans les pays émergents. Même si les revenus y sont faibles, cette faiblesse est compensée par le nombre (la population additionnée de l’Inde et la Chine est de 2,2 milliards d’habitants).

 

Le prix écologique de la mondialisation

L’intensification de la circulation des marchandises d’un continent à l’autre entre les lieux de fabrication, d’assemblage et de vente se fait au prix d’un accroissement considérable des transports (par avions, bateaux, ou camions) et donc de la pollution au CO2. Une pollution également accrue par l’entrée des pays émergents dans l’âge industriel et la « société de consommation », avec la généralisation de la voiture et du mode de vie occidental polluant.

Outre la pollution globale au CO2, les pays émergents payent au prix fort les conséquences écologiques de leur croissance économique effrénée. Les pollutions causées par les accidents industriels se multiplient en Chine, où les habitants des villes portent souvent des masques, protection dérisoire contre une pollution de l’air qui tue 400.000 chinois chaque année.

 

Epuisement et dépression collective des citoyens occidentaux

Pendant que la Chine ou l’Inde faisaient des efforts massifs et continus pour l’éducation de sa population et utilisait l’argent public de façon optimale pour développer ses infrastructures et son industrie, les dirigeants des pays occidentaux comme les Etats-Unis et la France se sont ingéniés à abrutir leur population (pour la rendre plus facilement manipulable), à affaiblir les énergies individuelles, à saboter l’éducation et les services publics (pour justifier ensuite leur privatisation), et à dilapider et détourner l’argent public.

Au moment où les citoyens devraient redoubler d’imagination et de créativité pour relever le « défi de la mondialisation », ils sont épuisés, déprimés, vidés de leur énergie par leurs dirigeants qui n’ont cessé de les vampiriser et de les brimer (au nom de la « tolérance zéro »).

L’avantage majeur dont disposait l’Occident jusqu’à présent était son avance dans les industries technologiques et culturelles. L’épuisement des énergies, l’abêtisation, et une société de plus en plus étouffante et répressive ont affaibli les capacités d’innovation et réduit les atouts des pays occidentaux, en voie d’être rattrapés puis dépassés par la Chine, l’Inde, et d’autres pays émergents.

 

Désindustrialisation et déclin de l’Occident

Les délocalisations représentent un danger stratégique pour les pays occidentaux, en particulier pour les pays européens. L’affaiblissement des secteurs industriels entraîne à sa périphérie celui des « services à l’industrie », de la recherche et développement, et finalement des sièges sociaux qui tendront à se rapprocher des nouveaux centres de production et de consommation. Bientôt le savoir-faire ainsi que la capacité d’initiative seront perdus dans un ensemble de secteurs dont certains sont essentiels pour le rang que ces pays souhaitent occuper dans le monde. La puissance géopolitique et militaire repose sur la puissance économique et technologique. Une fois appauvris et désindustrialisés, les pays occidentaux devront renoncer à leur leadership mondial, au bénéfice des actuels « pays émergents », au premier rang desquels se trouvent la Chine et l’Inde.

Les Etats-Unis et surtout l’Europe de l’Ouest sont en voie de désindustrialisation (d’où la stagnation du PNB européen, avec une croissance inférieure à 2% par an contre 12 à 14% pour la Chine). Depuis 10 ans, les capitaux occidentaux se sont investis massivement en Chine, avec pour conséquence des infrastructures et un appareil productif vieillissant dans les pays occidentaux où les investissements ont manqué. Les villes et les usines des pays émergents sont souvent plus modernes que dans les pays européens désormais en voie de sous-développement, tandis que les anciens « pays en voie de développement » sont en train de devenir les pays riches des prochaines décennies. Bientôt, les rôles seront inversés, et les citoyens européens réduits à la misère deviendront les esclaves qui fabriqueront à bas coût les produits consommés en Chine.

L’ironie du sort, c’est que ce sont les « forces vives » du capitalisme (les entreprises) qui sont en train de transformer la Chine en superpuissance, alors que c’est la dernière grande dictature communiste de la planète.

Car la Chine est toujours dirigée par un parti unique, sans élections libres, et ses dirigeants ont toujours affirmé que la phase actuelle n’était qu’un moyen transitoire pour parvenir à la victoire du « socialisme ».

Les dirigeants chinois ont parfaitement mis en pratique la stratégie des arts martiaux et de la sagesse orientale: utiliser la force de l’adversaire contre lui-même.

La Chine a analysé méthodiquement les faiblesses de l’Occident, en identifiant parfaitement le point faible principal, à savoir l’incroyable cupidité des multinationales et le dévoiement du pouvoir politique par les élites économiques. La Chine a peut-être aussi été inspirée par cette citation de Lénine: « Les capitalistes étrangers font tout pour l’argent. Ils essaient même de nous vendre la corde avec laquelle nous les pendrons. »

Le 21è siècle sera donc asiatique, et les deux premières puissances économiques mondiales seront la Chine et l’Inde. Après avoir dillapidé leurs ressources dans les guerres, détestés du monde entier, les Etats-Unis seront sur la voie du déclin, sauf si ils décident une guerre nucléaire contre la Chine pour sauvegarder leur position dominante. Quant à l’Europe, elle est durablement affaiblie par un élargissement sans fin, par les délocalisations, et par l’impuissance économique volontaire des états.

 

Consommateurs irresponsables

Les délocalisations n’auraient pas été possibles sans l’inconscience et l’irresponsabilité des consommateurs qui achètent des produits sans se soucier des conditions de production et de leurs conséquences.

Les citoyens ont encore le moyen de mettre en échec les délocalisations en boycottant totalement les productions délocalisées, ce qui implique une grève quasi totale de la consommation de produits manufacturés (produits électroniques et informatiques, vètements, chaussures, articles de sport, de jouets, etc). Le lieu de fabrication est indiqué sur les produits. La mention « made in PRC » (signifiant « Popular Republic of China ») est souvent utilisée pour dissimuler l’origine chinoise au consommateur non-averti.

Pour être efficace, cette grève doit avoir lieu tant que les consommateurs occidentaux représentent encore la part majoritaire du chiffre d’affaire des multinationales.

 

Restaurer les barrières douanières

Chaque pays est dans une situation différente, avec une culture et une histoire différentes. Il est donc normal que les systèmes sociaux soient différents. De même qu’une cellule est pourvue d’une membrane pour maintenir les conditions nécessaires à son milieu intérieur, la seule manière pour un pays de sauvegarder son système social est d’établir des barrières douanières, pour équilibrer les conditions économiques différentes des pays d’où proviennent les produits importés.

Il n’existe donc que deux solutions pour mettre fin aux délocalisations et au déclin industriel des pays occidentaux: l’alignement des conditions sociales sur celles en vigueur dans les pays émergents, ou bien, le rétablissement des barrières douanières proportionnellement aux différences de salaires, de droits sociaux, et de législation environnementale.

 

Dernier moment pour agir

La période actuelle est le dernier moment pour agir. Il n’y aura en effet plus de retour en arrière possible lorsque les machines, les capitaux, et le savoir-faire seront partis ailleurs. Il sera également trop tard lorsque la capacité d’action des états (et donc des citoyens) aura été totalement neutralisée par les accords multilatéraux, les traités européens, et surtout, par l’effet conjugué de l’endettement (dont le remboursement représente déjà le quart des dépenses de l’état en France) et de la réduction des recettes de l’état, du fait de la désindustrialisation et de l’appauvrissement des salariés.

 

Coût de la main d’oeuvre dans l’industrie manufacturière en dollar par heure, charges sociales incluses:

 

1990      1995      2000      2001
Etats-Unis
14,9        17,2      19,7         20,3
Japon
12,8       23,8       22,0        19,6
Europe des 15
17,2       21,8       18,5         18,4
Allemagne
    -           30,3      23,0         22,9
Royaume-Uni
12,7       13,8       16,4          16,1
France
15,5       19,4       15,7          15,9
Italie
17,5       16,2         14,0        13,8
Espagne
11,4        12,8        10,8         10,9
Pologne
  -            2,8        4,1             -
Hongrie
  -            2,6       3,4             -
République tchèque
 -            2,2          3,0              -
Corée
3,7         7,3            8,5             8,1
Hong Kong
3,2         4,9            5,6             6,0

Taiwan
3,9         5,9            5,9             5,7
 

Chine
  -           -           0,5            0,4

Inde
  -            -            0,3            0,3

Brésil
  -          -            3,6           3,0

Mexique
1,6        1,7          2,1               2,3

 

Source des chiffres: Ministère américain du Travail

 

L’entreprise vampire

À cause de leur inefficience croissante, les grandes entreprises ne sont plus capables de créer de la valeur, mais seulement « d’aspirer » la richesse des autres acteurs économiques, du corps social, et des états…

Pour satisfaire les exigences des marchés financiers, les entreprises doivent afficher une croissance annuelle des bénéfices d’au moins 20%. Pour la plupart des entreprises, une telle performance est impossible avec une croissance économique globale qui n’est que de 2 à 4%.

De plus, à cause leurs méthodes de gestion (downsizing, pression constante sur les salariés, recherche de la rentabilité immédiate, encouragement du conformisme et refus du risque…) les entreprises sont devenues incapables de créer la vraie valeur économique, qui naît de l’innovation, dont les matières premières sont l’intelligence, l’imagination, l’anticonformisme, et le temps.

Faute de créer des richesses sur un rythme de 20%, les entreprises doivent donc augmenter leurs profits en « aspirant » de la richesse supplémentaire qui est prélevée sur la nature et sur les autres acteurs économiques, c’est à dire au détriment du reste de la société et de la véritable richesse du monde.

Les entreprises prélèvent de la richesse sur les salariés par une réduction des salaires et des avantages sociaux, ou en exigeant une plus grande quantité de travail pour le même salaire, ou encore par les « restructurations » et les « délocalisations », c’est à dire en remplaçant les salariés occidentaux par des esclaves du Tiers-Monde. La misère dans laquelle sont plongés les chômeurs et les sans-abris est le résultat d’un transfert de richesse, selon le principe des vases communicants.

Les entreprises prélèvent aussi de la richesse sur leurs clients en augmentant les prix et en abaissant la qualité des produits et des services, ou bien sur leurs fournisseurs en exigeant des prix toujours plus bas, et en organisant la baisse des cours des matières premières minières ou agricoles.

Les entreprises prélèvent également de la richesse sur la nature et sur les populations qui ont été spoliées de leurs terres ou de leurs ressources, condamnés à rejoindre les bidonvilles et à devenir esclaves dans les « ateliers de la sueur » des multinationales.

Enfin, les entreprises prélèvent de la richesse sur les états, c’est à dire sur les contribuables, en obtenant toujours davantage de subventions injustifiées et d’exonérations de cotisations sociales ou d’impôts, tout cela grâce au « lobbying » et au contrôle des partis politiques par des organisations et réseaux occultes qui transforment les gouvernements en serviteurs d’intérêts particuliers au lieu de l’intérêt général.

Les entreprises prétendent « créer des richesses ». En réalité, leurs profits ne sont qu’un tour de passe-passe, réalisé en oubliant de comptabiliser le coût des destructions, de la pollution et du malheur humain qui auront été nécessaires pour permettre les « profits ». Pour les entreprises, tous ces coûts ont une valeur nulle. Une autre erreur délibérée est la sous-estimation du coût réel des ressources naturelles utilisées. Si tous ces coûts étaient pris en compte, il y aurait un chiffre astronomiquement négatif dans la colonne « profit » des entreprises. En vérité, les entreprises devraient être rebaptisées « centre d’esclavage et de nuisance »…

Mais à long-terme, un capitalisme qui ne respecte pas l’homme et l’environnement se condamne lui-même. Comme un virus ou un cancer, le capitalisme-vampire est en train de tuer son support, la Terre, son écosystème, et ses habitants.

 

Citation

« Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe de s’implanter où il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales. »

Percy Barnevick, PDG d’ABB, 1995

 

Les salaires des patrons

Alors que l’on demande au citoyen ordinaire de travailler plus pour un salaire de misère, dans une précarité généralisée, et sous la menace permanente d’une « restructuration » ou d’une délocalisation », les entreprises engrangent des bénéfices record. Le bénéfice net totalisé par les 40 plus grandes entreprises françaises a été de 57 milliards d’euros en 2004. Mais le coût humain de ces profits n’a pas été chiffré.

Pendant que les salariés s’appauvrissent, les dirigeants de ces entreprises s’octroient des augmentations souvent à deux chiffres, alors même que leur salaire est déjà 500 fois supérieur au salaire moyen de leurs employés…

Pour exemple, voici le salaire des patrons des 40 entreprises françaises du CAC 40, le principal indice de la Bourse de Paris. (chiffres 2003)

 

Nom du PDG

Entreprise

Salaire annuel

Variation annuelle

 

Lindsay Owen-Jones

L’Oréal

6.570.000 euros

+ 4,9 %

 

Edouard Michelin

Michelin

4.260.000 euros

+ 146 %

 

Antoine Zacharias

Vinci

3,020.000 euros

 

Daniel Bernard

Carrefour

2.960.000 euros

+ 11 %

 

Daniel Bouton

Société générale

2.950.000 euros

+ 63 %

 

Igor Landau

Aventis

2.770.000 euros

+ 38 %

 

Patrick Le Lay

TF1

2.590.000 euros

+ 66 %

 

Thierry Desmarest

Total

2.520.000 euros

+ 5 %

 

Frank Riboud

Danone

2.490.000 euros

+ 3,9 %

 

Martin Bouygues

Bouygues

2.420.000 euros

+ 25 %

 

Jean-René Fourtou

Vivendi Universal

2.250.000 euros

 

Jean-François Dehecq

Sanofi-Synthélabo

2.100.000 euros

+ 10,5 %

 

Henri de Castries

Axa

2.090.000 euros

+ 57 %

 

Philippe Camus

EADS

2.060.000 euros

+ 13 %

 

Louis Schweitzer

Renault

1.970.000 euros

+ 19 %

 

Bernard Arnault

LVMH

1.930.000 euros

+ 35 %

 

Patrick Ricard

Pernod Ricard

1.880.000 euros

- 20 %

 

Serge Weinberg

PPR

1.860.000 euros

+ 7,2 %

 

Bertrand Collomb

Lafarge

1.780.000 euros

+ 26 %

 

Gérard Mestrallet

Suez

1.770.000 euros

- 22 %

 

Christian Couvreux

Casino Guichard

1.750.000 euros

+ 4 %

 

Michel Pébereau

BNP Paribas

1.720.000 euros

- 13 %

 

Jean-Louis Beffa

Saint-Gobain

1.660.000 euros

+ 3,7 %

 

Benoît Potier

Air liquide

1.640.000 euros

+ 27 %

 

Jean-Martin Folz

Peugeot

1.620.000 euros

- 15 %

 

Henri Proglio

Veolia Environnement

1.610.000 euros

+ 23 %

 

Jean-Marc Espalioux

Accor

1.530.000 euros

- 5 %

 

Serge Tchuruk

Alcatel

1.530.000 euros

+ 0,4 %

 

Arnaud Lagardère

Lagardère

1.430.000 euros

 

Pierre Richard

Dexia

1.410.000 euros

+ 6,4 %

 

Thierry Breton

France Télécom

1.340.000 euros

 

Henri Lachmann

Schneider Electric

1.320.000 euros

+ 50 %

 

Paul Hermelin

Cap Gemini

1.210.000 euros

+ 32 %

 

Denis Ranque

Thales

1.170.000 euros

+ 26 %

 

Pasquale Pistorio

STMicroelectronics

1.090.000 euros

- 9 %

 

Charles Dehelly

Thomson

960.000 euros

 

Jean-Philippe Thierry

AGF

890.000 euros

- 10 %

 

Guy Dollé

Arcelor

780.000 euros

 

Pierre Bellon

Sodexho Alliance

640.000 euros

+ 17 %

 

René Carron

Crédit agricole

250.000 euros

 

Source: Syti.net

juin 03 2009

De l’abâtardissement des masses occidentales par la culture américaine

Par Régis Mex

« Tu seras solitaire parce que la culture est aussi une prison. »
Aldous Huxley

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Souvent, nous sommes habitués à n’envisager que les menaces que nous percevons dans notre environnement extérieur. Nous craignons souvent que nos sociétés occidentales soient surclassées par les nouvelles puissances orientales, que des tensions ne nous précipitent dans un conflit avec une faction étrangère, que nos élites financières et politiques ne nous envoient elles-mêmes dans le gouffre. Nous méprisons, et à juste titre, les guerres quelles qu’elles soient et ceux qui les provoquent. Mais nous sous-estimons trop souvent l’ampleur dévastatrice de ce que les américains appellent le « soft power », qui est défini comme la capacité d’un acteur politique – comme un État, une firme multinationale, une ONG, une institution internationale (comme l’ONU ou le FMI) voire un réseau de citoyens (comme le mouvement altermondialiste) – d’influencer indirectement le comportement d’un autre acteur ou la définition par cet autre acteur de ses propres intérêts à travers des moyens non coercitifs (structurels, culturels ou idéologiques). Cette séduction du citoyen par des moyens culturo-idéologiques, que son effet soit perçu consciemment ou non, est principalement encouragée par les Etats-Unis, et ce de façon croissante depuis une trentaine d’années.

Le problème est que la culture que nous vendent les américains est souvent des plus… infectes. Et plus elle l’est, mieux elle semble passer auprès de la moyenne du public européen, les jeunes étant les plus concernés. Au fur et à mesure que nos sociétés « s’américanisent », nous sommes non seulement plus vulnérables à la perte de notre identité nationale et de nos valeurs séculaires, mais la gangrène intellectuelle qui règne aux Etats-Unis nous contamine de également de plus en plus gravement. Voici le résumé semi-amusant semi-inquiétant d’une étude à propos du niveau moyen de géographie des jeunes américains :

Dépêche de l’AFP du 3 mai 2006 :

« La majorité des jeunes Américains sont nuls en géographie et sont incapables, par exemple, de situer l’Irak sur une carte, selon une étude effectuée pour la revue National Geographic.

Cette étude, réalisée par l’Institut Roper auprès de 510 jeunes âgés de 18 à 24 ans, montre également que les jeunes Américains connaissent assez mal leur propre pays, la moitié d’entre eux étant incapables d’identifier sur une carte New York ou l’Etat de l’Ohio et 30% estimant que les Etats-Unis comptent entre 1 milliard et 2 milliards d’habitants.

La moitié des personnes interrogées estiment qu’il est « important mais pas absolument nécessaire » de savoir situer un pays ou de parler une langue étrangère, a indiqué l’Institut Roper mardi. La majorité des personnes interrogées, a également relevé l’Institut, ne se montrait pas préoccupée par ces lacunes en géographie.

Alors que des soldats américains se trouvent en Irak depuis mars 2003 et que ce pays fait la Une des médias américains depuis maintenant plus de trois ans, 63% des personnes interrogées sont incapables de situer ce pays sur une carte. 75% ne savent pas non plus où se trouvent Israël et l’Iran. »

La situation intellectuelle et culturelle aux Etats-Unis est malheureusement bien plus grave encore que ce que montre cet article. Pour ceux qui comprennent l’anglais, la vidéo ci-dessous où des américains sont interrogés au hasard dans la rue est éloquente :

Quant à l’enseignement primaire et secondaire, qui est l’un des plus mauvais du monde (il y a en fait un grand contraste avec l’enseignement universitaire américain, qui, lui, est réputé excellent) et dont la qualité a souffert d’une dégradation stupéfiante sous la présidence de George Bush. Voici un graphique tiré de Zeitgeist et quelques chiffres :

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« Au début des années 1980, l’enseignement primaire et secondaire souffrait de graves défauts : le niveau des élèves était plutôt mauvais et la violence faisait partie du quotidien. Les inégalités liées au statut social et à l’origine ethnique étaient très marquées. On accusait fréquemment le corps professoral pour ces mauvais résultats. C’est le rapport Nation at Risk (1983) qui fait prendre conscience des échecs du système éducatif américain. »

« En 2000, 68 millions d’américains étaient scolarisés. En 1967, la moitié des adultes avaient fait des études secondaires ; le chiffre est passé à 61 % en 2000, 61% des adultes avaient fait des études secondaires. »

Qui plus est, comme nous l’avons dit précédemment, l’adoption de la culture américaine par les pays européens leur font petit à petit perdre leur identité, du fait qu’ils intègrent des éléments d’une culture étrangère mais ne redynamisent pas la leur pour qu’elle puisse s’imposer tant sur le sol national qu’au niveau international. Elle a donc tendance à mourir à petit feu, en emportant avec elle une certaine partie de l’âme du pays dont elle provient. En atteste cet article de Vigile.net:

« La nouvelle a été sur toutes les lèvres depuis que le magazine Time en a fait l’annonce : la culture française décline. La littérature française n’a plus d’impact, quasiment nulle en littérature, guère plus, tout bien pesé, que son théâtre ou son cinéma. Et l’article énonce son verdict. La culture française décline car elle est désormais indigne d’intérêt.

Le Time magazine a aussi fait ample écho au cours de l’année à la fameuse scène lors du Miss America Pageant. On a demandé à une concurrente, miss Upton, comment se faisait-il que les Américains, dans leur vaste majorité, étaient incapables de situer les Etats-Unis d’Amérique sur une carte.

« C’est sans doute parce qu’ils n’ont pas de carte », a-t-elle répondu.

On pourrait ajouter au commentaire de la belle madame Upton : « S’ils jugent indignes d’intérêt de situer leur pays sur une mappemonde, ils ne doivent pas trouver d’énergie supplémentaire pour apprécier la culture française. »

Il faut noter également que le prototype de sensibilité a changé depuis trente ans et que cela touche aussi le cinéma. À force d’être hyper-stimulé, le public a perdu des façons plus subtiles de percevoir. On a fait une expérience par exemple en présentant de vieux films de Jean-Luc Godard à de jeunes publics de vingt à trente-deux ans. Tous habitués aux jeux vidéo, aux sonogrammes qui signalent les bons coups dans les joutes, aux trames sonores des films, plusieurs se dirent effarés par les silences utilisés par ce cinéaste. »

C’est dans ce contexte de surstimulation que le Time annonce le déclin de la culture française. L’auteur de l’article a presque l’air de s’en féliciter comme si après la dinde on ne pouvait pas souhaiter mieux. »

« Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’Histoire nous enseigne. »

Aldous Huxley

Une chose est sûre : la dignité humaine la plus élémentaire n’est pas innée chez tout un chacun, et le seul moyen d’y remédier en partie est de vivifier la vie intellectuelle de son pays et en ressuscitant la culture en lui donnant de nouvelles formes de noblesse. Mais comme tout le monde le sait, c’est l’inverse qui a lieu. La culture émane bien plus, de nos jours, des multinationales que des initiatives d’un État et de ses intellectuels. De fait, celle-ci se résume au « McDonald and Coca-Cola’s way of life ». Elle ne se contente pas seulement de faire perdre au citoyen les sens plus subtils que les cinq organiques, mais s’applique également à atrophier ces derniers en encourageant les gens à manger de plus en plus mal, ce qui rend leur santé plus fragile pour le plus grand bonheur des industries pharmaceutiques et leur personnalité plus grossière encore. On est ce que l’on pense tout comme on est ce que l’on mange.

En outre, les nouvelles générations semblent de plus en plus apprécier de faire vanité de leurs vices, et adopter les aspects les plus grossiers et égoïstes de l’homme comme seule réalité de l’existence. Le rejet des anciennes valeurs, qu’elles soient liées à la hiérarchie dans la famille ou à la religion, est le principal responsable de cela. Certaines coutumes ridicules disparaissent à juste titre, mais les valeurs conduisant au respect, à la lucidité, à la volonté de dépassement de soi-même et autre ont aussi fortement tendance à subir cet aveugle processus. Le mouvement de masse n’est effectivement pas doté d’assez de subtilité pour distinguer ce qui est bon de ce qui ne l’est pas, et se contente de rejeter tout en bloc parce qu’il assimile certains éléments d’une mentalité au restant de tous les aspects de cette dernière. Il se bâtit ensuite sur les valeurs opposées à celles qu’il a détruit.

Désormais, on ne respecte plus celui qui aime connaître et comprendre les choses de la vie, mais on le discrédite et le craint, car le mouvement de masse considère comme plus approprié de profiter seulement de l’excitation des sens que procure certaines choses de la vie. De fait, on passe du réfléchi au pur ressenti, et on tente d’accentuer ce dernier de la façon la plus forte et la plus grossière qui soit, c’est-à-dire en recourant aux alcools et aux drogues pour pimenter les joies d’une existence qui s’avère dès lors bien inutile…

La discipline, la pudeur et la sagesse sont abandonnées au profit de ce qui procure plus de sensations. Les chances d’accéder à la sagesse et à une attitude digne sont elles-mêmes réduites à néant par la destruction des facultés plus subtiles de percevoir les réalités du monde, puisqu’on ne considère désormais plus que ce qui est purement tangible et matériellement accessible, soit ce que l’on peut voir, toucher, sentir, entendre et goûter comme seule réalité.

Les générations passées considéraient volontiers l’argent comme source première de pouvoir, même si l’on peut se demander avec justesse quelle importance a le moyen d’avoir du pouvoir si l’on ne dispose pas des connaissances appropriées pour savoir comment bien s’en servir. Or, les jeunes d’aujourd’hui semblent se sentir peu concernés par les dignes perspectives d’avenir ; leur personnalité est si affaiblie par leur environnement extérieur que la majorité d’entre eux est plus que jamais disposée à embrasser une mentalité d’esclave. Ce n’est pas tant que la volonté de pouvoir leur manque, mais ils sont tellement perdu dans le tourbillon de leurs sens qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’avoir sa destinée en main signifie vraiment.

« Ce n’est pas un gage de bonne santé que d’être bien intégré dans une société profondément malade.« 

J.Krishnamurti

Les nouveaux courants culturels sont également nombreux à réclamer plus de « liberté ». Après tout, ne sommes-nous pas en démocratie ? Mais qu’est-ce au juste que la liberté ? D’après le Larousse 2007, la liberté est l’état de quelqu’un qui n’est pas soumis à la servitude, et peut donc agir sans entraves. Mais ne naît-il pas un certain danger en officialisant une définition aussi vague ?

En effet, si les conditions dans lesquelles nous nous sentons libres sont celles où nous pouvons faire ce que nous voulons, exaucer le moindre de nos désirs, peut-on considérer qu’une telle liberté appliquée chez tous aura des effets bénéfiques sur la société ? Il paraît clair que non, car cette « liberté » serait synonyme de chaos et conduirait rapidement à une forme de servitude des plus perverses.

Comme le dit le dicton populaire « ta liberté s’arrête là où commence celle d’autrui », on ne peut plus parler de liberté si l’exercice des désirs d’une personne empêche un autre individu d’être en condition de garder son confort et sa propre liberté. Pour prendre un exemple simple, on ne pourra pas parler d’exercice de la liberté si un habitant empêche son voisin de dormir en faisant hurler de la musique en pleine nuit pour contenter son simple plaisir.

Il paraît donc bien plus réaliste de dire que la liberté est la faculté qui permet à un individu de faire des choix qui permettent la satisfaction des besoins qui garantissent sa dignité, tout en respectant la dignité d’autrui. Karl Jaspers disait que « Lorsqu’on mutile la liberté de l’homme, cette liberté que Dieu a créée et qui se rapporte à lui, on mutile précisément ce par quoi Dieu, indirectement, s’annonce. ». Il n’en reste pas moins que des conditions d’existence aussi fragiles sont difficiles à faire appliquer au plus grand nombre…

Et c’est bien parce que cette difficulté relève carrément de l’impossibilité que notre société est plongée dans un plus grand chaos civil qu’autrefois. La majorité des gens confondent malheureusement les deux façons d’aborder la liberté que nous avons citées ; une liberté plus chaotique et égoïste, et une autre respectueuse des lois de la vie et de son entourage, qui est la seule qui soit digne de porter le nom de liberté. Une liberté qui a pour seul objectif la satisfaction sans entraves de tous les désirs de l’individu n’est effectivement pas une liberté, mais une forme de servitude. En effet, en s’habituant à répondre systématiquement à leurs moindres envies sans considération morale, les gens qui agissent ainsi deviennent esclaves d’eux-mêmes, de leurs propres pulsions. Ainsi, en plongeant dans l’esclavage du désir et de l’égoïsme, ils deviennent de plus en plus incapables d’avoir recours à des façons plus subtiles de percevoir que les cinq sens, telles que la réflexion, l’empathie ou l’intuition.

Dans leur addiction, ils exigent de plus en plus de « libertés », qui les rendront encore plus esclaves d’eux-mêmes, alors qu’ils ne se sont même pas attachés à cultiver leurs libertés fondamentales, comme le disait Sören Kierkegaard : « Que les gens sont absurdes ! Ils ne se servent jamais des libertés qu’ils possèdent, mais réclament celles qu’ils ne possèdent pas ». Mais puisqu’ils ont de la liberté la définition qu’elle est ce qui permet d’agir sans entraves, ils se pensent libres. Or, comme le disait Johann Wolfgang Von Goethe, « Nul n’est plus désespérément esclave que celui qui croit le plus faussement être libre ». Alors, ces « esclaves » empoisonnent la société qui devient de plus en plus chaotique au fur et à mesure qu’elle est rongée par ce type de pensée. Ces nouveaux « esclaves » sont si déconnectés des réalités du monde et de la nature qu’un profond malaise finit par accompagner leur existence dépravée, malaise qui s’exprime par de nouveaux faits de criminalité et de délinquance de même qu’une consommation accrue de drogues et d’alcools dans l’optique d’échapper aux souffrances causées par sa propre perdition au lieu de les affronter.

Ces conditions sont alors un terreau fertile à l’établissement d’une dictature implicite. Les « esclaves » sont perdus dans une cécité si profonde et une bestialité telle qu’ils n’ont cure des problèmes de leur pays et encore moins de ceux du monde. Ils se contentent alors de faire tourner le moteur de la société de consommation en achetant de façon compulsive une quantité de choses dont la majorité d’entre elles ne servira qu’à les pousser encore plus profondément dans le matérialisme dans lequel ils se confortent et dont ils ne veulent surtout pas sortir car il serait trop douloureux de prendre conscience qu’ils ont bâti leur vie sur une erreur. Repoussant par instinct de survie tout ce qui pourrait le leur faire apparaître clairement, ils deviennent plus malléables que jamais par tous les décideurs en matière de politique et d’économie qui emmènent ce troupeau dans le sens qu’ils désirent en lui promettant de conserver son innocence en n’inondant les moutons qui constituent ce troupeau que de mensonges qui concordent avec leur simplicité d’esprit. André Maurois disait que « Les abus de la liberté tueront toujours la liberté ». Un dictateur bien connu, Benito Mussolini, avait lui-même déclaré « Il y a des libertés ; la liberté n’a jamais existé ». Rabindranàth Tagore, lui, a dit tout aussi justement que « Il est aisé d’écraser, au nom de la liberté extérieure, la liberté intérieure de l’homme ». Platon écrivait déjà à son époque, dans « La République », que « si les citoyens n’ont plus de respect envers la société dans laquelle ils vivent, si les enfants ne respectent plus l’autorité de la hiérarchie familiale, alors, un pas décisif vers la tyrannie a été franchi ».

« Les conséquences de nos actions sont des épouvantails pour les lâches, et des rayons de lumière pour les sages. »

Aldous Huxley

Pour ce qui est de l’enseignement, il semble que ceux qui en ont la responsabilité soient désireux d’établir un certain fossé entre l’enseignement primaire/secondaire et l’enseignement supérieur. L’écart s’agrandit donc entre les 15% de la population qui ont eu accès à des études universitaires et les 85 autres %, ce qui contribue à faciliter la domination implicite ou explicite des 15% sur les 85%. En effet, cette majorité de la population aura été bien peu éduquée lors de leurs études secondaires, car même dans la section générale, le programme proposé est plus infantilisant qu’instructif. Ainsi, nombre d’élèves qui terminent leurs humanités à 18 ans restent très insuffisamment formés à la citoyenneté et ont un niveau de culture médiocre, car les programmes scolaires n’ont jamais prétendu les éduquer sur ces sujets pourtant importants, mais avaient plutôt pour objectif d’en faire de bonnes machines à travailler réceptives aux attentes de l’État et des entreprises. Seuls ceux qui se sont cultivés sur le côté et ceux qui ont eu accès par la suite à des études universitaires ont pu atteindre un bon niveau d’instruction. Malgré tout, le niveau de notre enseignement reste l’un des plus élevés au monde… Et c’est presque inquiétant puisque bien peu de matières abordées contribuent réellement à construire la personnalité de l’élève sur de bonnes bases. En outre, ne doutons pas que les résultats de sondages sur les connaissances géographiques de jeunes français ne varieraient pas significativement des médiocres résultats américains… Comment pourrait-on arriver à une société juste et bien bâtie si 85% de la population ne comprend pas suffisamment notre société et n’en connaît pas assez d’aspects décisifs ? Comment faire en sorte que ces 85% de la population ne soient pas extrêmement malléables et ne se laissent toujours manipuler par les politiciens et les entreprises pour en arriver à un résultat qui réjouit ces derniers mais désavantage tout à fait les gens qui leur ont permis d’en arriver là ?

« L’idéalisme est la noble toge dont les hommes politiques drapent leur volonté de puissance. »

Aldous Huxley

Par Régis Mex, pour Mecanopolis

mai 30 2009

Historique des événements importants de manipulation monétaire

Régis Mex

La création monétaire par le crédit commercial est la forme la plus importante de création monétaire et l’escompte est le mécanisme qui accompagne automatiquement l’essentiel de la création de biens réels. Ainsi, l’équation fondamentale monnaie = richesses réelles est assurée. La création monétaire opérée lors des opérations d’escompte est bel et bien parallèle à la création de richesses réelles. Car derrière toute traite émise et escomptée, il ne peut y avoir que production de biens. Par ce biais, d’un côté on met donc en circulation les produits pendant que de l’autre côté on crée l’argent nécessaire pour les faire circuler.

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Mais cette égalité, qui a toujours été au coeur de l’équilibre économique, et qui l’est chaque jour davantage, est bien fragile. Si elle est rompue, les pires catastrophes peuvent se produire, notamment l’inflation ou la déflation. On parle d’inflation (du latin inflare, gonfler) lorsque la masse monétaire augmente plus vite que la production. Il y a trop de monnaie par rapport aux biens: les prix augmentent (ou, ce qui revient au même, la monnaie se déprécie). La déflation est au contraire une contraction, un « dégonflement » de la masse monétaire. Dans ce cas, les prix baissent.

La brouette et les poireaux: l’hyperinflation allemande

L’exemple le plus spectaculaire d’inflation eut lieu dans l’Allemagne de Weimar, dans les années 1920. Tout au long de l’après-guerre, les prix augmentent en Allemagne plus qu’ailleurs. Au cours de l’été et de l’automne 1923, la hausse des prix connaît une envolée hyperbolique. Les prix flambent de jours en jours, puis d’heure en heure. La Banque centrale allemande n’a même pas le temps d’imprimer de nouveaux billets: on les surcharge avec des zéros supplémentaires à coups de tampon. Les ménagères vont faire les courses avec des brouettes remplies de billets et reviennent avec quelques poireaux. Les ouvriers sont payés deux fois par jour: ainsi, à midi, ils peuvent faire quelques courses et éviter l’inflation de l’après-midi.

On raconte l’histoire d’un journaliste américain arrivant en Allemagne: il n’a qu’un dollar en poche et désire dîner. Il entre dans un restaurant et demande si on peut lui servir quelque chose pour un dollar. On lui sert un repas gargantuesque. Après le dessert, alors qu’il est en train de fumer un cigare, il est surpris de voir le garçon lui apporter une entrée. Étonné, il demande la raison de cette prolongation curieuse de son repas. « Le dollar vient encore d’augmenter », répondit simplement le garçon. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 1919, 1 dollar valait 14 marks. Fin novembre 1923, ce même dollar valait la bagatelle de 4 200 000 000 000 marks. Oui, vous avez bien lu: quatre mille deux cent milliards de marks !

Étalon monétaire ou talon d’Achille ? (Les problèmes monétaires internationaux)

Admettons que, grâce à la puissance de l’État et à sa crédibilité, une monnaie soit acceptée et utilisée dans un pays. Mais que se passe-t-il dès qu’on sort des frontières et qu’on achète ou vend des produits à l’étranger ? Il est évident qu’un vendeur ne voudra accepter un paiement que s’il est effectuée dans sa monnaie, la seule qu’il connaisse. L’acheteur, lui, n’aura pour payer que la monnaie utilisée dans son pays. Un problème épineux se pose donc: celui du change.

Écartons pour le moment l’existence d’un moyen de paiement commun à l’acheteur et au vendeur, ou reconnu par les deux. Cela a existé et cela existe: le pétrole se paie aujourd’hui en dollars, mais c’est une exception. La règle veut plutôt que les contrats soient signés dans la monnaie du vendeur et que l’acheteur paie dans cette même monnaie. Il doit donc s’adresser à sa banque pour une opération de change.

On voit immédiatement la question délicate qui doit être réglée: quelle est la valeur de l’autre monnaie ? Dans l’histoire, on a connu trois systèmes réglant le problème du change ou de la parité entre monnaies: l’étalon-or, l’étalon change or et les changes flottants.

L’étalon-or

Le Royaume-Uni promulgue en 1817 le Gold Standard Act. La loi stipule que chaque livre vaut quelque 8 grammes d’or. Ce système, appuyé par la domination incontestée de l’Angleterre dans les domaines économique, monétaire et financier s’étend au monde entier comme référence. Dès lors, le problème du change et de la parité entre monnaies trouve une solution simple. Chaque pays possède une masse monétaire et un stock d’or. Le rapport masse monétaire/stock d’or donne la parité or de la monnaie. Le taux de change entre monnaies est fixé par une simple règle de trois: si la livre vaut 8 grammes d’or et que le franc en vaut 4, alors la livre vaut 2 francs. Enfantin.

Parité or et échanges commerciaux

Dans ces conditions, les échanges se déroulent sans encombre. Imaginons que France et Angleterre aient des échanges équilibrés: dans ce cas, l’entreprise anglaise qui importe demande à sa banque mettons 200 francs, qui vont lui coûter 100 livres. De l’autre côté de la Manche, l’entreprise française qui importe demande 100 livres qui lui coûtent 200 francs. Si les échanges sont équilibrés, deux autres entrepriss expriment une demande contraire de même montant. Dans ce cas, les banques à qui les entreprises s’adressent ont exactement de quoi satisfaire les demandes en devises de leurs clients.

Imaginons qu’il n’y ait qu’une banque. Lorsque le client anglais, importateur de produits français, vient lui demander 200 francs, elle lui donne les 200 francs que le client français, acheteur de produits anglais, lui a donné pour acheter les 100 livres dont elle a besoin.

Ainsi, offre et demande de devises dans les deux pays sont identiques. Les francs restent en France et les livres en Angleterre. Les masses monétaires des deux pays ne varient pas, ni leurs réserves en or. Masses monétaires stables, stock d’or stables: la parité entre les deux monnaies reste la même. Tirons-en cette conclusion: si les échanges extérieurs d’un pays sont équilibrés, la parité de sa monnaie ne varie pas.

Que se passe-t-il si ce n’est pas le cas ? Simplifions: si un pays achète plus qu’il ne vend, la mécanique ci-dessus ne joue qu’à hauteur de la partie des importations couverte par des exportations. Et le reste ? Et le déficit ? Là, il n’y a qu’une possibilité: sortir de l’or. Soit pour payer le vendeur directement, soit pour acheter sa devise et le payer avec celle-ci. Mais la sanction est immédiate: le pays déficitaire a moins d’or et sa monnaie est dépréciée, dévaluée. Pourquoi ? Parce ce que dans le pays il y a autant de monnaie en circulation, mais cette monnaie est désormais garantie par moins d’or: sa parité or baisse. Et si le pays a un excédent commercial, c’est le contraire. Tirons-en cette conclusion: lorsqu’un pays a un déficit commercial, sa monnaie se dévalue; lorsqu’il a un excédent, elle se réévalue.

Gardons en tête ce principe, car il est valable pour tous les systèmes monétaires.

Punition et rééquilibrage

Ces mécanismes ont un sens économique précis. Un pays qui a un déficit commercial est sanctionné par la baisse de sa monnaie. Concrètement, cela signifie qu’il est « puni ». Punition immédiate, impitoyable. Avec la baisse de sa monnaie, tous les produits étrangers lui coûtent plus cher. Parallèlement, ses produits deviennent moins chers pour les étrangers. En clair, le pays s’appauvrit. Pour avoir la même quantité de produits étrangers, il doit céder une plus grande quantité de ses produits. Son travail, ses terres, son patrimoine, toutes ses richesses sont dépréciées. Mais quelle faute est la sienne ? Une faute impardonnable: il a moins donné qu’il n’a pris aux autres: il a eu plus besoin des autres que les autres n’ont eu besoin de lui. En clair, il a vécu au-dessus de ses moyens.

C’est la dure loi du marché. Mais si le marché est dur il sait se monter magnanime. La punition de ce pays frivole est aussi le moyen de sa rédemption. S’il comprend la leçon et sait en tenir compte, tout devrait rentrer dans la normalité. Les produits étrangers sont devenus plus chers ? Qu’à cela ne tienne: le pays devra en consommer moins. Ses produits sont devenus moins chers ? Tant mieux: il pourra en vendre plus. Ainsi, si la logique est respectée, la balance commerciale devrait se rééquilibrer.

Au cours de la Première Guerre mondiale, le système de l’étalon-or, qui s’était bâti au XIXe siècle autour de la puissance britannique, vole en éclats et un autre système se met en place.

Des monnaies pivots

Les pays européens ont connu au cours de la guerre, en sus des autres, un double malheur monétaire: leurs masses monétaires, exagérément gonflées par le recours massif des États au crédit, ont littéralement explosé. Parallèlement, leurs stocks d’or ont fondu. Les Américains avaient beau être les alliés de la France et de l’Angleterre, ils n’acceptaient en paiement de leurs armes, de leur nourriture et de leurs marchandises que de l’or en barres. Au début des années 1920, la vérité apparaît dans toute sa cruauté: les deux tiers de l’or mondial qui, avant la guerre, se trouvait en Europe sont désormais aux États-Unis. En Europe, il ne reste que la moitié de l’or de 1914, mais les masses monétaires sont multipliées par sept ! Dans ces conditions, plus question d’étalon-or (sauf pour les États-Unis, bien sûr).

Une drôle de conférence monétaire se tient à Gênes en 1922, qui va donner naissance à un drôle de système. Á Gênes, les Américains sont absents. Depuis la victoire des républicains aux élections, le mot d’ordre est à l’isolationnisme: les affaires du monde ne les intéressent plus. Á l’inverse, la Russie soviétique est là, on se demande pourquoi. Dans le désarroi ambiant, on imagine un système palliant l’impossibilité de bon nombre de pays de revenir à la parité or et à la convertibilité de leur monnaie: ils n’ont qu’à utiliser les devises convertibles en or comme garantie et étalon de valeur de leur monnaie. Ainsi, toutes les monnaies se trouvent rattachées à l’or; certaines directement, d’autres indirectement, en passant par des monnaies pivots.

C’est ce système qu’on appelle alors l’étalon change or (Gold Exchange Standard). Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce système bâtard ne satisfait personne. Surtout pas la France et l’Angleterre qui, ayant gagné la guerre et étant à la tête de deux empires coloniaux s’étendant sur la planète entière, se voyaient mal ravalées au rang de puissances monétaires de banlieue. Lénine n’avait-il pas d’ailleurs dit: « La dévaluation est l’arrêt de mort du capitalisme ? ». Et la dévaluation était bien là. La livre et le franc n’étaient que l’ombre de ce qu’elles étaient en 1914.

« La décision la plus catastrophique »

Dans le système de Gênes, tout pays en ayant les moyens pouvait revenir à la convertibilité de sa monnaie. L’égoïsme et la prétention des vainqueurs fit le reste. En 1925, Churchill décréta le retour de la livre à la parité or et, qui plus est, avec la même valeur qu’en 1914. J.K. Galbraith devait dire que ce fut « la décision la plus radicalement désastreuse des temps modernes en matière monétaire ».

Un tel jugement mérite quelques explications. Pour revenir à la parité or de 1914, le gouvernement britannique a dû pratiquer une politique durement déflationniste. Compte tenu de la situation anglaise de l’après-guerre, cela signifiait « dégonfler » la masse monétaire, la réduire. Comment s’y est-il pris ? En augmentant les taux d’intérêt d’abord, en pratiquant un strict équilibre budgétaire ensuite, c’est-à-dire en limitant les dépenses de l’État et en augmentant les recettes, ce qui veut dire alourdir impôts et taxes. Socialement, cette politique s’est traduite par des conflits sociaux très durs, notamment la célèbre grève des mineurs de 1926, le conflit le plus ravageur de l’histoire britannique. Mais le jugement sévère de Galbraith sous-entend que la décision de Churchill eut un impact bien plus dévastateur encore que cela.

Probablement faut-il chercher là une des causes essentielles d’une des crises les plus dramatiques de l’histoire: la crise de 1929. L’attachement à la parité or des monnaies fut en effet le dogme le mieux partagé des années 1920. Les États-Unis s’y sont tenus avec rigueur, les Anglais y ont sacrifié leur croissance dès 1925 et la France n’a pas été en reste publique dès 1926 elle s’est lancée dans la même politique aboutissant au retour de la parité or avec le franc Poincaré en 1928. Or, la crise de 1929 a été une crise déflationniste, caractérisée par la contraction de la masse monétaire, la baisse des prix, des salaires, de la production et de l’emploi. Les politiques de rigueur monétaire des années 1920 ont probablement fait le lit de la catastrophe de 1929. Milton Friedman lui-même qualifie la politique monétaire des États-Unis à la veille de la crise d’ »ineptie ». C’est dire…

Bretton Woods et l’étalon dollar

Après la Deuxième Guerre mondiale, les vainqueurs absolus, les États-Unis, ont visiblement retenu la leçon. Le système qu’ils mettent en place en 1944 à la conférence de Bretton Woods sous entend la volonté, totalement exclue en 1919, d’assumer pleinement leur rôle de puissance dominante. Le projet du représentant britannique, un certain J.M. Keynes, est rapidement écarté. Ce projet était fondé sur la création d’une monnaie internationale: le bancor. Fi de la monnaie internationale spécifique, cette monnaie existe déjà: c’est le dollar.

Le système mis en place est encore un étalon change or, mais cette fois-ci, la seule monnaie convertible en or est le dollar. La devise américaine devient ainsi le pilier d’un système solide, tenu par des règles strictes, enfin en accord avec la situation réelle.

Les parités fixes

Le dollar est convertible en or sur la base d’une parité de 35 dollars l’once et les autres monnaies sont théoriquement rattachées à l’or par l’intermédiaire du dollar. Le système de change entre monnaies est un système de parités fixes. La valeur du change est définie une bonne fois pour toutes: seule une variation de + ou -1% est autorisée. Au-delà, les pays doivent entamer une procédure complexe de dévaluation ou de réévaluation. Les banques centrales des différents pays sont tenues d’intervenir sur le marché des changes pour éviter des variations excessives, c’est-à-dire supérieures à 1%. Comment font-elles ? C’est simple: si leur monnaie a tendance à monter, elles doivent en vendre. Si elle a tendance à baisser, elles doivent en acheter.

Concrètement, si le mark monte au-delà de 1%, la Bundesbank doit vendre des marks; si le franc baisse au-delà de 1%, la Banque de France doit acheter des francs. Ainsi l’équilibre entre l’offre et la demande sera rétabli et la parité de la monnaie préservée. Mais un problème se pose ici: où les banques centrales vont-elles chercher les devises nécessaires pour ces interventions ? Si tout va bien, elles peuvent puiser dans leurs réserves de change constituées par l’accumulation des devises issues d’un commerce extérieur excédentaire. Sinon, elles doivent demander des prêts à un organisme ad hoc: le Fonds monétaire international (FMI).

Le roi dollar

Dans ce système, le dollar a un rôle privilégié. Seule monnaie convertible en or, il devient as good as gold (aussi bon que l’or). Le système des parités fixes fait par ailleurs de la monnaie américaine l’outil privilégié des interventions sur le marché des changes. Deux bonnes raisons pour faire du dollar la monnaie de réserve privilégiée.

Ce n’est pas tout. Étant la monnaie pivot, le dollar jouit de deux prérogatives princières: la première est que le risque de change si on utilise le dollar pour les paiements internationaux est moindre. Voyons comment. Le risque de change est la possibilité de payer plus cher que prévu un produit acheté à l’étranger. Dans le commerce international, comme dans toute forme de commerce entre entreprises, les paiements se font par traite. On signe un contrat aujourd’hui, on paie dans un mois, deux mois, plus éventuellement. Le contrat étant stipulé dans la monnaie du vendeur, l’acheteur peut, au moment où il va à la banque acheter des devises, payer ces devises plus cher si leur cours a augmenté.

Dans le système de Bretton Woods, chaque monnaie peut, sur une période donnée, varier de + ou -1% par rapport au dollar. Si on compte bien, en tout, on a une possibilité de variation de 2%. Si, pour les besoins du commerce, on doit passer, par exemple, du franc au mark, le risque de change est de 4% (2% de baisse totale du franc +2% de hausse totale du mark). Si on utilise le dollar, le risque est limité à 2%, c’est-à-dire la variation maximale autorisée entre une monnaie quelconque et le dollar. Cette raison, avec d’autres, a fait du dollar la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux.

L’autre privilège du dollar est également lié à sa nature de pivot du système. Les États-Unis, en effet, font l’économie d’interventions dispendieuses sur le marché des changes pour garantir la parité du dollar. Comment est-ce possible ? Si le franc baisse, par exemple, la Banque de France achète des francs. Avec quoi ? Des dollars entre autre. La Banque de France évite ainsi que le dollar ne s’apprécie exagérément. Si le mark monte, la Bundesbank va en vendre. Contre quoi ? Des dollars probablement. La Banque centrale allemande empêche donc que le dollar baisse. Ce sont ainsi les banques centrales du monde entier qui s’occupent de la sale besogne. C’est tout bénéfice pour la FED, la Banque centrale américaine !

Eurodollars et capitaux fébriles

La conséquence de ce système ne s’est pas fait attendre. Le dollar est devenu, et reste, la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux, bien au-delà des échanges américains. Le pétrole, c’est bien connu, se paie en dollars. il est devenu également une monnaie de réserve pour bon nombre d’États et, in fine, s’est en quelque sorte émancipé de son créateur pour devenir eurodollar. Les eurodollars sont des dollars qui circulent en dehors des États-Unis. On doit leur nom au code d’une banque soviétique ( »eurobank ») qui la première a détenu des comptes en dollars (le rouble n’ayant jamais été accepté pour les échanges avec l’Occident).

Ainsi, une masse colossale de billets verts s’est mise à circuler à travers le monde, se déplaçant d’un pays à l’autre au grès d’opérations légales ou illégales (la drogue et les armes se paient en dollars) dans un but qui s’est affirmé comme définitivement prioritaire: la spéculation. Le système a parfaitement fonctionné pendant une vingtaine d’années. Il a notamment permis une extraordinaire croissance des échanges mais, à partir de la fin des années 1960, Bretton Woods s’est transformé en un monstre ingérable. Pour les États-Unis et pour le monde.

Fluctuat et agitatur: les changes flottants

Ce qui était arrivé aux monnaies européennes à cause de la guerre arrive également aux États-Unis, en pleine paix. la masse de dollars, gonflée par l’essor des échanges et par une demande toujours inassouvie, finit par dépasser allégrement sa couverture en or. Dans le deuxième moitié des années 1960, des esprits malins ou clairvoyants, dont la France du général de Gaulle, comprennent que la parité or du dollar ne va pas pouvoir être maintenue éternellement. Ils se sont mettent donc à demander la conversion de leurs dollars en or. Les États-Unis doivent faire face à une véritable hémorragie. Et une ultime et calamiteuse tentative de retour à la parité or de la livre (décidément…) fait basculer le monde dans le cauchemar.

En 1971, pour la première fois, la balance commerciale américaine devient déficitaire. Le dollar ne peut que baisser. Sa parité or devient intenable. Le 15 août, Nixon proclame l’inconvertibilité du dollar. Tous ceux qui s’étaient accrochés à une monnaie as good as gold sont servis.

Le désordre monétaire international

Les années 1970 commencent par la longue agonie du système monétaire qui avait scellé la domination américaine. Elles s’achèvent par la réaffirmation de cette même domination, mais de manière bien plus perverse.

Le système de Bretton Woods est attaqué de toutes parts. Son pilier, le dollar, s’effrite: détaché de l’or, il plonge au fur et à mesure que les États-Unis sombrent dans une des périodes les plus noires de leur histoire. Chocs pétroliers, défaite au Vietnam, Watergate et, pour finir, la révolution iranienne. Les parités fixes ne tiennent pas face aux mouvements spéculatifs puissants. Le FMI n’a plus de devises à prêter, on essaie de lui inventer une nouvelle monnaie de référence: les droits de tirages spéciaux (DTS): c’est l’échec.

En 1973, on effectue un replâtrage du système: les marges de variations sont élargies (+ ou – 2,25%), mais ça ne fait qu’exciter la spéculation. Les monnaies faibles (livre, franc, livre) sont dévaluées à répétition. Les monnaies fortes (mark, yen, franc suisse) s’envolent. En 1976, à la conférence de la Jamaïque, on prend le taureau par les cornes: les parités fixes sont abandonnées, l’or est définitivement démonitisé. Il faut dire que sur le marché, il ne se négocie plus à 35 mais à 500 dollars l’once !

Les changes flottants

Bretton Woods est mort et enterré. Les gouvernements abandonnent une partie perdue d’avance: on ne peut plus contrôler le cours des monnaies. Le professeur Friedman et les économistes libéraux tiennent là leur première victoire: désormais, c’est le marché, et lui seul, qui va fixer la valeur des monnaies. Leur cours va varier quotidiennement selon les variations de l’offre et de la demande. La marché des changes brasse désormais quotidiennement plus de capitaux que la Bourse elle-même. Le dollar touche le fond: en 1979, il vaut moins de 4 francs.

Avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan, les choses vont prendre une toute autre tournure. De stricte obédience libérale, le nouveau Président s’en prend violemment à l’inflation et à l’État. Pour terrasser l’inflation, la FED augmente les taux d’intérêt de manière plus que conséquente: on n’est pas loin de 20%. Par ailleurs, libérés de toute contrainte, les salaires s’effondrent, ainsi que les dépenses sociales de l’État. L’inflation est vite jugulée par cette cure violente. Sur le marché des changes, le dollar s’envole. Attirés par les taux américains, les capitaux fébriles se ruent sur le billet vert, d’autant plus que la politique étrangère de Reagan restaure très vite la crédibilité américaine mise à mal par ses prédecesseurs. Le dollar se hisse à plus de 10 francs.

Un droit de cuissage planétaire

Tout va bien donc. La politique de Reagan est efficace: l’économie américaine repart, l’inflation baisse, le chômage également. Le dollar est fort. Le président américain se permet même de narguer ses collègues. Á François Mitterrand (1916-1996) qui lui fait remarquer que le dollar est trop haut, Reagan répond: « Ce n’est pas le dollar qui est trop fort, ce sont les autres monnaies qui sont trop faibles. »

Reste un détail. La libération du marché des changes aurait dû rendre les devises à la vérité des prix, si chère aux libéraux. On l’a vu, ce qui devrait établir la valeur d’une monnaie, c’est la situation du commerce extérieur d’un pays: à déficit commercial, monnaie faible, et à excédent commercial, monnaie forte, avec les rééquilibrages automatiques que l’on sait. Une monnaie faible devait permettre de vendre plus et obliger à acheter moins et le contraire pour une monnaie forte.

Qu’en est-il des États-Unis ? Depuis 1971, ce pays a un commerce extérieur chroniquement déficitaire. Bon an mal an, les Américains achètent au minimum 100 milliards de dollars de plus qu’ils ne vendent. Cela fait trente ans que ça dure. Dans une telle situation, n’importe quel autre pays aurait été réduit à la faillite. Sa monnaie ne devrait même pas valoir le prix du papier sur lequel elle est imprimée. Rien de tel ne s’est produit pour les États-Unis. Comment est-ce possible ? Même détaché de l’or, le dollar reste le moyen de paiement et de réserve le plus utilisé au monde. Les dollars avec lesquels les Américains paient leurs déficits ne reviennent pas aux États-Unis. Cela veut dire qu’ils ne paient pas leur déficit. C’est exactement comme si vous payiez vos achats avec des chèques que personne n’aurait l’idée d’encaisser.

Tant que la confiance règne, tout cela ne pose guère de problèmes. Lorsque les États-Unis n’ont plus d’argent pour payer leurs importations ou le déficit de leur budget, ils émettent des bons du trésor. Le monde souscrit avec empressement. On leur prête leurs dollars. Depuis 1971, les États-Unis vivent des crédits que leur fournissent les autres pays. Un gigantesque plan Marshall à l’envers, dont le colossal endettement américain donne la mesure: quelques 10 000 milliards de dollars si on additionne la dette publique et la dette externe, 30 000 milliards de dette total, soit 31% du produit mondial brut. Une paille.

Du serpent à l’euro: la construction d’une alternative monétaire

Le désordre monétaire international qui s’est généralisé dans les années 1970 ne pouvait laisser l’Europe indifférente. Sur le Vieux Continent, l’abolition des frontières au sein de la Communauté économique européenne (CEE) n’était pas un vain mot: les pays européens sont les pays les plus ouverts au commerce international; l’instabilité monétaire est pour eux particulièrement insupportable. On comprend donc que l’Europe se soit lancée très vite dans la mise en place d’un système monétaire rompant avec les mouvements erratiques des monnaies. Dès 1969, au sommet de La Haye, les Six s’étaient donné comme objectif la réalisation globale d’une union monétaire.

En 1972 d’abord, avec le « serpent monétaire » puis en mars 1979, avec le Système monétaire européen (SME), on réinstaure en Europe ce qui avait progressivement disparu au niveau mondial: un système de parités fixes avec des marges de variation limitées. Mais les problèmes s’accumulent: choc pétrolier, entrée de nouveaux pays dans le CEE… Pratiquement tous les ans, telle monnaie est dévaluée, telle autre réévaluée. Certaines monnaies ne rentrent pas dans le système. D’autres y rentrent pour en sortir aussitôt. Les marges de flottement flottent-elles mêmes allègrement: selon le moment et la monnaie, elles sont élargies à 6% ou ramenées à 1%.

Mais au-delà de ces difficultés, la véritable nouveauté du SME est que, désormais, les taux pivots sont fixés en une unité de compte européenne: l’ECU (Européen Currency Unit), une sorte de synthèse des monnaies européennes, où chaque devvise compte pour un pourcentage tenant compte du poids économique et monétaire de chaque pays.

L’idée d’une Europe monétaire progresse. En 1986, l’Acte unique réaffirme l’objectif de l’union monétaire. Le traité de Maastricht, en 1992, fixe les critères de convergence et les conditions à remplir pour accéder à la monnaie unique. Il s’agit de mesures strictes visant à limiter l’inflation, les déficits budgétaires et l’endettement. La même année, une tempête s’abat sur les monnaies européennes les plus faibles: franc, peseta, lire, livre sterling. Le processus continue malgré tout. En 1995, on choisit le nom de la future monnaie européenne: le nom ECU est abandonné (notamment à cause d’une assonance désagréable en allemand avec die kuh, la vache) au profit de « euro », plus digeste dans les différentes langues.

Le lancement de la nouvelle monnaie a lieu officiellement le 1er janvier 1999. Á cette date, onze pays sont « éligibles ». Les Britanniques ne sont pas de l’aventure, ni les Danois et les Suédois qui refusent par référendum de l’adopter. Les Grecs, qui ne remplissaient pas alors les conditions d’adhésion, rejoignent les onze élus en 2000. Le 1er janvier 2002, l’euro entre physiquement en circulation dans douze pays.

Euro qui comme Ulysse…

La monnaie européenne n’en est qu’au début d’un long voyage, mais déjà on ne peut que constater sa réussite. Elle est d’abord la manifestation la plus tangible de la construction européenne. L’Europe passe dans nos mains quand nous payons une baguette avec une pièce allemande ou espagnole. Nous nous sentons moins à l’étranger quand nous payons un café au Portugal (0,50 euro…) avec la monnaie qu’on nous a rendu à Paris.

Mais le plus important n’est pas là. C’est avec l’euro que l’Europe est devenu réellement un grand marché unique. Les entreprises y ont réalisé des économies colossales et le marché est devenu réellement transparent (voir le prix du café portugais). C’est avec l’euro que nos pays se sont soustraits au désordre monétaire international et à l’emprise du dollar; C’est grâce à l’euro que le dernier choc pétrolier, pourtant violent, a pu être encaissé sans trop de dégats. Ose-t-on imaginer ce que seraient devenus le franc ou la lire dans les grandes tempêtes de ce début de millénaire ? C’est par (et pour) l’euro que nous profitons de faibles taux d’inflation et de faibles taux d’intérêt.

Déjà deuxième monnaie mondiale après le dollar pour les échanges, la monnaie européenne est utilisée par des pays tiers pour libeller contrats et emprunts. Des accords spécifiques la lient aux monnaies d’Europe de l’Est et de la Méditerranée. Une alternative vitale pour les temps qui courent.

Le coût de l’euro

Pourtant, des voix s’élèvent régulièrement pour protester contre la monnaie unique et ses sous-entendus. Le sous-entendu le plus évident, c’est que l’Europe, qui a tant de difficultés à s’accorder sur une quelconque politique commune, s’est livrée pieds et poings liés à une politique de rigueur pour atteindre l’objectif de la monnaie unique. Le choix fait par François Mitterrand en 1983 d’abandonner la politique de relance de Pierre Mauroy (né en 1928) vaut désormais pour tout le monde. Contrôle sévère des dépenses publiques, limitation des déficits, privatisations: le pacte de stabilité n’est pas fait pour plaire à tout le monde.

La philosophie de base de l’euro est toute allemande et la localisation de la Banque centrale européenne à Francfort n’est pas fortuite. On a voulu une monnaie forte, on a voulu terrasser l’inflation, cette vieille phobie allemande: tout cela passe par de la rigueur, encore et toujours. C’est pour cela qu’on reproche à l’euro la croissance molle et éventuellement le chômage, qui sévit sur le Vieux Continent. Un pays semble particulièrement touché: l’Italie.

Le cas de ce pays est instructif: longtemps habitué aux délices d’une monnaie faible qui favorisait ses exportations, l’Italie est confrontée, avec l’arrivée de l’euro, à une perte catastrophique de compétitivité. Ses produits sont de plus en plus concurrencés par ceux des pays asiatiques, Chine en tête. Dès lors, le populisme des hommes politiques (dont certains ministres de Berlusconi) n’hésite pas à mettre sur le dos de l’euro tous les malheurs du pays, y compris la violente hausse du coût de la vie qui s’est manifestée lors de l’abandon de la lire. Le vrai problème de l’Italie, ce n’est pas l’euro, mais l’euro confronte l’Italie a ses vrais problèmes: énergie trop chère par refus du nucléaire, innovation insuffisante, système d’enseignement dépassé. Le vrai problème de l’Italie est de trouver d’autres arguments de vente que le prix de ses marchandises.

L’euro, quant à lui, a un seul vrai défaut: il condamne l’Europe à l’innovation, à la qualité et à l’excellence.

Grandeur et décadence du franc

C’est en 1360 que Jean le Bon fit frapper une pièce d’une livre tournois portant l’inscription « rex francorum ». Cette pièce devint, dans le langage courant, un franc. Le franc devint officiellement la monnaie de la France par la loi du 10 avril 1795. La loi du 17 germinal an XI (7 avril 1803) en fixe la parité or (0,2903225 gramme) et argent (4,50 grammes). C’est ce franc germinal qui assure la stabilité monétaire du pays jusqu’en 1914. L’inflation née de la guerre et la spéculation, notamment pendant le gouvernement du Cartel des gauches (1924-1926), mettent à mal la monnaie française, qui devient inconvertible en or. Poincaré, au prix d’une longue politique de rigueur, réussit à rétablir la valeur du franc et sa convertibilité, mais à un niveau bien plus faible qu’avant guerre (65,5 mg). Pendant le Front Populaire, le franc est de nouveau victime de la spéculation et du « mur de l’argent » (les milieux d’affaires, qui se méfient du gouvernement de gauche, exportent massivement des capitaux). Entre 1936 et 1938, le franc est de nouveau dévalué et devient encore une fois inconvertible. Dans l’après-guerre, après de sérieux efforts, le franc redevient une monnaie forte: en 1958, le passage au « nouveau franc » (valant 100 anciens francs) symbolise une nouvelle solidité monétaire, confortée par des excédents commerciaux qui provoquent des entrées de devises (notamment de dollars), dont de Gaulle demande habilement la conversion en or. Les événements de 1968 provoquent une crise passagère et une dévaluation (en 1969) qui en annonce bien d’autres, tout au long du dernier quart du siècle. Dans cette période, secoué par les chocs pétroliers, la crise ou l’arrivée de la gauche au pouvoir, le franc se démène entre dévaluations, flottement et ancrage dans les systèmes de stabilisation européens. Une dernière attaque spéculative contre le franc, fin 1992, est vaillamment repoussée par la Banque de France. Á partir de ce moment là, le sort du franc se joue dans le cadre du traité de Maastricht. La France en respecte d’emblée les critères et le franc se dissout dans la nouvelle monnaie européenne, l’euro, en 1999. En 2002, les francs sont rapidement retirés de la circulation.

Michel Musolino, professeur d’économie en classes préparatoires à HEC

mai 27 2009

Qui a peur de Claude Allègre ? (Vidéos)

Par Agatà Kovacs

Il y a une dizaine de jours, une polémique a été causée au sein de l’UMP par l’annonce d’une éventuelle nomination de l’ancien ministre socialiste Claude Allègre à la tête d’un ministère couvrant l’industrie, l’innovation et la recherche à l’occasion d’un futur remaniement en juin 2009. Or, beaucoup y offrent des résistances de plus en plus virulentes, qu’ils fassent partie de la droite ou des milieux écologistes.

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Ce qui est dérangeant pour ces personnes, ce sont les positions de Claude Allègre par rapport au réchauffement climatique. Présentons tout d’abord le principal intéressé en quelques mots: Claude Allègre, né le 31 mars 1937 à Paris, est un géochimiste et un homme politique français. Ses travaux scientifiques et sa carrière de chercheur ont notamment été récompensés par le Prix Crafoord en 1986 et la Médaille d’or du CNRS en 1994. Il a été ministre de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie dans le gouvernement Lionel Jospin de 1997 à 2000. Bien que militant depuis 1973 au PS, il décide de ne pas reprendre sa carte en janvier 2008. Nicolas Sarkozy, chez qui il avait été aperçu entre les deux tours de l’élection présidentielle, déclare en février 2008 qu’il aimerait bien travailler avec lui. Le 28 août 2008, Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, a confié à l’ancien ministre socialiste de l’Éducation nationale Claude Allègre le soin d’organiser les Assises européennes de l’innovation.

Quant questions environnementales, la prise de position publique de Claude Allègre est que le réchauffement climatique existe bel et bien, mais ne trouve pas son origine dans les activités humaines. Une illustration de son propos est donnée par ses déclarations sur le réchauffement climatique du 21 septembre 2006 dans la chronique hebdomadaire qu’il tient dans le magazine L’Express, et qui ont contribué les premières à faire naître la polémique. Il y écrit que la cause de la modification climatique contemporaine reste incertaine et n’est pas forcément due à l’activité humaine. Il stigmatise simultanément « l’écologie de l’impuissance protestataire [qui] est devenue un business très lucratif pour quelques-uns ».

En réaction aux prises de positions d’Allègre, certains scientifiques ont ainsi critiqué explicitement ses arguments. Le biologiste Pierre-Henri Gouyon parle de « négationnisme écologique » de la part d’Allègre. D’autres scientifiques, en revanche, le soutiennent, parfois partiellement. Ainsi, lors d’une séance de l’Académie des sciences en mars 2007 ses arguments ont été défendus par ses collègues géophysiciens de l’IPGP Jean-Louis Le Mouël et Vincent Courtillot, membres de l’Académie des sciences. Ces derniers ont été vivement critiqués par deux autres académiciens des sciences, spécialistes du climat, Hervé Le Treut et Édouard Bard (professeur au Collège de France).

Il vaut la peine de se pencher sur cette thèse « dissidente » de réchauffement climatique dû aux cycles naturels et non à l’homme. En effet, n’en déplaise à Al Gore et à son film « Une vérité qui dérange », douter de l’origine humaine du réchauffement n’est pas un crime commis contre la citoyenneté et l’honnêteté, mais bien un doute non seulement légitime à la base, mais d’autant plus renforcé par la mise au grand jour de plusieurs mensonges et exagérations d’Al Gore dans son fameux documentaire. Les responsables du système éducatif n’ont d’ailleurs pas toujours accueilli ce dernier avec l’enthousiasme le plus extraordinaire qui soit.

En effet, en octobre 2007, le film a fait l’objet d’un jugement de la justice britannique saisie par le chef d’établissement d’un lycée du Kent qui contestait la diffusion du film dans le cadre scolaire. Le directeur d’école, Stewart Dim-mock, a en effet porté plainte contre le gouvernement britannique en l’accusant de faire du lavage de cerveau. Notons que d’après la loi britannique, si les enseignants présentent le film sans le signaler clairement, ils peuvent se trouver en violation de la section 406 de l’ »Education Act 1996″ et être reconnus coupables d’endoctrinement politique.

Le tribunal ne s’est pas opposé à la diffusion du film dans les établissements scolaires du Royaume-Uni, à condition qu’il soit accompagné d’une documentation indiquant ce qui est de l’ordre du consensus scientifique, ce qui ne l’est pas et ce qui est un point de vue politique. Le tribunal a effectivement relevé plusieurs erreurs dans le documentaire, dont les sept que voici :

Le film prétend que la fonte des neiges au Mont Kilimandjaro est attribuable au réchauffement climatique alors que le consensus scientifique est qu’on ne peut rien affirmer de tel.

Le film suggère une interprétation des graphes montrant l’évolution des températures et du CO2 sur 650 000 ans, le jugement considérant que s’il y avait un large accord chez les scientifiques sur un lien entre les deux courbes, celles-ci ne prouvaient pas ce qu’affirme Gore.

Le film lie l’ouragan Katrina au réchauffement climatique alors que l’opinion scientifique est qu’il n’y a pas de preuves suffisantes.

Le film montre l’assèchement du Lac Tchad et prétend que c’est une conséquence du réchauffement climatique, alors que les preuves sont là aussi insuffisantes.

Le film prétend qu’une étude montre que des ours polaires se sont noyés à cause de la fonte des glaces arctiques. Il apparait que la seule étude scientifique trouvée sur le sujet parle de quatre ours polaires noyés à cause d’une tempête.

Le film suggère que les calottes de glace du Groenland et de l’Ouest Antarctique pourraient fondre et entraîner une hausse alarmante du niveau des mers. Alors que le film semble suggérer une fonte dans un proche avenir, le point de vue général est que le Groenland ne pourra pas fondre avant des millénaires.

Le film prétend que la hausse du niveau des mers a causé l’évacuation de certaines îles du Pacifique en direction de la Nouvelle-Zélande, alors qu’aucune preuve d’une telle évacuation n’existe.

D’autre part, à la fin de son « documentaire », Al Gore prétend que les seules publications ayant remis en doute l’origine humaine du réchauffement avaient paru dans des revues populaires, et étaient destinées à jeter un « doute mal intentionné », alors qu’aucune revue scientifique n’avait remis cette soi-disante vérité en cause. Or, il s’avère que les scientifiques expérimentés ne sont pas peu nombreux à se poser un certain nombre de questions…

Par exemple, alors que le débat sur le réchauffement climatique fasait plus que jamais les manchettes depuis le dépôt du rapport de Nicholas Stern, ex-économiste en chef de la Banque mondiale, lequel fait état du coût possible de cette crise autour de 7 000 milliards de dollars, un écrivain québécois autodidacte, Pierre de Châtillon affirmait dans son livre que le réchauffement du climat est un mythe, car selon lui, le climat n’est pas dans une période de réchauffement unique à l’époque à laquelle nous vivons mais a toujours répondu à des changements cycliques depuis la nuit des temps. Depuis la sortie du rapport Stern, qui compte tout près de 700 pages, tous les journaux de la planète ont relancé la nécessité de la mise en application du protocole de Kyoto. Selon de Châtillon, des bouleversements climatiques semblables à ceux qu’on observe aujourd’hui sont survenus à des périodes de l’histoire et ont provoqué la disparition de civilisations très avancées. L’auteur avance qu’il y a plus de 10 000 ans, des civilisations dont on a retrouvé les vestiges dans les océans sont disparues lors de catastrophes climatiques qui ont été répertoriées aussi bien par Platon qu’inscrites dans les annales chinoises. Selon lui, ces bouleversements climatiques réapparaissent dans l’histoire humaine avec la régularité d’une horloge.

Selon de Châtillon, les gaz à effet de serre ne peuvent expliquer le réchauffement climatique et cette théorie semble donner raison au président américain, qui a déclaré n’être pas convaincu de la relation entre réchauffement climatique et gaz à effet de serre. L’auteur ajoute que beaucoup de scientifiques sont incapables d’établir un lien de cause à effet entre le réchauffement climatique et les gaz à effet de serre et qu’ils ne comprennent tout simplement pas comment cette relation a pu être établie. Une chose est sûre: pas une semaine ne passe sans qu’on fasse état, quelque part sur la planète, de phénomènes extrêmes tels que sécheresses, incendies de forêts, tempêtes, ouragans, inondations et glissements de terrain. Sans parler de la fonte accélérée des glaciers et de la montée du niveau des mers. Pour Pierre de Châtillon, ces phénomènes sont trop rapides et généralisés pour n’être dûs qu’à l’effet de serre. L’auteur précise qu’à certains endroits, les hivers sont plus longs et plus rigoureux: on a vu tomber de la neige dans le désert d’Arabie et au Mexique. Bref, selon lui, on ne peut parler de «réchauffement» mais bien de «bouleversement climatique».

La crise du climat a commencé avec le gigantesque trou constaté il y a une vingtaine d’années dans la couche d’ozone, réputée protéger la planète contre le rayonnement solaire. Les fluorocarbones (CFC) utilisés dans les réfrigérateurs, les systèmes de climatisation et les contenants sous pressions furent désignés comme responsables de la déperdition de ce bouclier filtrant les rayonnements cosmiques. Puis on a accusé les Brésiliens qui coupent la forêt amazonienne, les courants El Niño et El Niña. Ensuite, ce fut au tour des millions de véhicules automobiles et leurs émanations de CO2 dans l’atmosphère. Malgré toutes les mesures prises, les changements climatiques se sont accélérés puis on a accusé les industries. Or, dit de Châtillon, si on fait abstraction des trois quarts de la planète qui sont recouverts par les océans, 3% par les calottes polaires, les marais, lacs, déserts et montagnes, il ne reste que 1,8% de la planète qui est peuplé d’êtres humains. Selon le National Geographic, la totalité des espaces peuplés et industriels de la Terre pourraient tenir dans un territoire grand comme l’Espagne. De Châtillon parle d’hystérie collective, d’autant plus que nombre de climatologistes ne croient pas au réchauffement climatique dû à l’accumulation des gaz à effet de serre. L’auteur croit qu’il est erroné ou au mieux signe de grande vanité de croire que l’activité humaine pourrait être la cause d’un réchauffement climatique global. Il avance qu’il suffirait d’une seule éruption volcanique comme il y en a déjà eu par le passé pour que la pollution engendrée dans l’atmosphère soit supérieure à toute celle causée par l’activité humaine.

De Châtillon cite les travaux du professeur Robert Pease, professeur de physique et de climatologie, selon qui la couche d’ozone se répare d’elle-même, alors que les molécules d’ozone dans l’atmosphère sont constamment reconstituées lorsque l’énergie de la lumière ultra-violette brise les liens des molécules d’oxygène. Selon les calculs du Pr Rowland, il y aurait une molécule de CFC pour 136 000 000 de molécules d’oxygène dans la couche d’ozone, à une hauteur de 25km d’altitude. Selon ce dernier, la théorie de la déplétion de l’ozone est inexistante, car elle est basée sur la supposition que les molécules de CFC grimperaient dans l’atmosphère sans difficulté… alors qu’elles sont plus lourdes que l’air. Quant au CO2, ce gaz ne représente que 0,035% de l’atmosphère et même si ce taux doublait, tout ce qui vit sur Terre pourrait s’en accommoder. Selon les scientifiques, plus de 99,9% du CO2 se trouve au niveau du sol ou en dessous et 71% de ce gaz est dissous dans l’eau de mer. Or, puisque le CO2 est un gaz plus lourd que l’air et qu’il se dissout dans l’eau de mer, il est donc impossible qu’il s’accumule dans les hautes couches de l’atmosphère et occasionne un quelconque effet de serre. Dès que le CO2 se manifeste dans l’atmosphère, il est aussitôt capté par les eaux de pluie et raméné au sol. De plus, l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère devrait produire logiquement une explosion de la végétation, puisque ce gaz est utilisé par les plantes dans leur métabolisme, et on sait bien qu’il n’en est rien. Par ailleurs, l’atmosphère de la planète Vénus est entièrement composée de CO2 produit par l’activité volcanique. Mars possède des calottes polaires qui sont composées de CO2 solide (glace sèche). Or, dit l’auteur, si le CO2 était la cause d’un hypothétique réchauffement climatique, Mars serait beaucoup plus chaude qu’elle ne l’est actuellement. Selon lui, la Terre se réchauffe en fait depuis le début du siècle dernier, à un moment où la pollution automobile et industrielle était quasi inexistante. Bref, même si la simultanéité du bouleversement climatique et du CO2 connaissent un cycle similaire, rien ne permet de croire que l’un est la cause de l’autre. Alors quoi? Si les bouleversements climatiques ne sont imputables ni à une augmentation des gaz à effet de serre, ni à une déperdition de la couche d’ozone, ni aux courants El Niño et El Niña ni même aux gaz intestinaux des vaches, quelle en est la cause ?

Claude Allègre chez Ruquier

Pierre de Châtillon explique que les bouleversements climatiques vont de pair avec certains phénomènes, mais n’en sont pas la cause. L’auteur admet l’augmentation du nombre des tornades et l’explique par une montée des températures, lesquelles auraient débuté en 1860 (voir graphique). Comme il est possible de le constater, dit-il, déjà en 1920, la courbe de croissance est visible et l’augmentation de la température est de 1 degré sur 90 ans, en accélération depuis 1990 jusqu »à aujourd’hui. Ainsi est-on passé d’une moyenne annuelle de 150 tornades depuis 1920 pour atteindre 600 en 1955 et plus de 1200 en 1990.

Quant au niveau de la mer, selon Pierre de Châtillon, il est en augmentation depuis le début du siècle, tout en notant que l’escalade s’est accélérée depuis 1980. L’activité volcanique elle, est passée de 1500 journées d’activité en moyenne en 1940 au double en 1990, puis encore au double entre 1990 et 2004. Les tremblements de terre (voir graphique) de magnitude 2,5 et plus sont passés d’une moyenne de 500 par année de 1920 à 5000 par année en 1973 puis à 25 000 en 2004. Selon de Châtillon, le réchauffement climatique ne serait pour rien dans cette augmentation. Selon l’auteur, qui cite Schumann, la Terre se conduit comme un énorme condensateur électrique. La cavité entre la surface de la Terre et l’ionosphère agit comme un condensateur dans un circuit électrique en oscillant. Or, cette oscillation, qui se situait à 7,8 sur une échelle de 13 il y a dix ans, se situe aujourd’hui à 12. Bref, cette résonnance est en relation inverse directe de la puissance du champ magnétique de la Terre. Selon l’auteur, dans les temps anciens, cette situation a toujours précédé une modification importante du champ magnétique terrestre. Et si la Terre participe à cette résonnance, elle n’est pour rien dans sa création. Selon de Châtillon, l’énergie nécessaire à ces vagues provient de la haute troposphère. Bref, les sources des bouleversements climatiques actuels seraient extérieurs à la planète !

L’auteur démontre un accroissement de l’activité solaire. Voir à ce sujet la vidéo ci-dessous. En décembre 2001, la NASA a publié des photos de la planète Mars indiquant une fonte majeure de ses calottes polaires, tout comme sur la Terre. Un astronome russe, Pasichnyk, a rapporté qu’il semblait se développer sur Mercure des calottes polaires, ce qui est considéré comme impossible, vu sa faible distance du soleil. Sur Vénus, des observateurs ont observé en 1999 une luminosité verte typique d’une atmosphère composée d’oxygène, ce qui a causé une grande surprise. On a observé dans l’atmosphère de Mars la formation de nuages et le champ magnétique de Jupiter a doublé d’intensité depuis 1992. En 1997, on a observé la formation d’un gigantesque tube de plasma entre Jupiter et Io, une de ses lunes. L’énergie colossale nécessaire à ce phénomène est de l’ordre de plusieurs millions d’ampères. On a observé depuis quelques temps des aurores brillantes à la surface de l’atmosphère de Saturne, ce qui indique une augmentation de sa charge électrique. Même chose pour Uranus, soumise à de fortes luminosités et des aurores boréales. Bref, les scientifiques, tout en écoutant les propos alarmistes des environnementalistes, se grattent la tête en essayant de comprendre la relation entre tous ces événements. Selon Pierre de Châtillon, ce qui se passe est bien plus qu’un simple réchauffement climatique: il s’agit d’une véritable tempête d’ordre cosmique, à l’échelle de l’univers et nous serions sur le point de devoir y faire face, tout comme d’autres civilisations les ont subies il y a des milliers d’années, et qui ont disparu de la surface de Terre…

En outre, le chef du Laboratoire d’Études spatiales de l’Observatoire de Poulkovo et membre de l’Académie des Sciences russes, Khabiboullo Abdoussamatov et plusieurs scientifiques apparus récemment dans une émission de débat sur la BBC expliquent que malgré les pressions qu’ils subissent, ils continueront à affirmer que la production du CO2 serait l’effet et non pas la cause du réchauffement climatique. En fait, la hausse des températures, disent-ils, précèdent de plus de 800 ans la hausse de CO2 et est, de ce fait, une conséquence de la hausse de température. Bref, selon de plus en plus de scientifiques, la cause du réchauffement du climat de la Terre est complexe, et semble résulter d’une cascade d’événements qui se passent sur notre soleil.
La personnalité la plus médiatisée qui incarne la lutte contre le réchauffement climatique en France est sans doute Nicolas Hulot. En dehors de cela, il est également connu pour accepter des fonds de la part de grandes entreprises considérées comme polluantes à l’image d’EDF, L’Oréal ou Rhône-Poulenc. Vincent Cheynet a écrit à ce sujet: « En fait, le diable en personne proposerait à Nicolas Hulot de figurer dans son comité de soutien en lui promettant de fermer le robinet en se lavant les dents que l’hélicologiste accepterait aussitôt. Ce qu’il y a de magique avec le Pacte écologique, c’est qu’il n’y a plus ni pollueurs ni pollués, ni droite ni gauche, ni bien ni mal, ni exploiteurs ni exploités, mais seulement des gentils consommateurs qui cliquent sur Internet pour sauver la planète ».

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Sur son site, Nicolas Hulot s’appuie entre autre sur ce graphique pour démontrer le rôle des citoyens dans la lutte contre la pollution et la trop grande émission de CO2, donc soi-disant contre le réchauffement climatique. Ces données sont sans doute correctes, mais est-il tout aussi correct de remettre la majorité de la faute du réchauffement climatique (qui n’est sans doute pas du tout d’origine humaine, d’après ce que nous avons vu) sur le pauvre citoyen ? Il paraît évident que non, car on ne leur propose aucune alternative permettant de continuer à vivre et à servir leur pays par le biais de leur travail aussi confortablement et efficacement avec des énergies renouvelables et non polluantes, car nos sociétés occidentales soient elles-mêmes loin d’être en mesure de s’auto-suffire en usant d’énergies vertes. Elles n’ont donc pas les moyens, pour l’instant tout du moins, de proposer des services assez efficaces pour permettre à une quantité significative de citoyens de remplacer leur mode de consommation d’énergie et d’obtenir ainsi des résultats non-négligeables sur l’émission totale de CO2. Il est d’ailleurs intéressant de mettre ceci en relation avec l’avant-dernier paragraphe de l’article de Régis Mex à propos du problème environnemental, dans lequel il dit ceci:

« Alors que le chemin devrait être tout ouvert devant ces alternatives, de nombreux lobbys dont les intérêts se trouvent dans le commerce des hydrocarbures rachètent les brevets des inventions qui pourraient causer du tort à leur entreprise, et freinent donc la recherche. Ils ne permettent pas que les événements les dépassent et qu’ils puissent perdre leur mainmise sur l’énergie à cause de l’une ou l’autre invention permise par le progrès, mais ils seront forcés, un jour ou l’autre, de se convertir à d’autres types d’énergie que ceux dans lesquels ils font actuellement fortune, car la disparition du pétrole et du gaz est bel et bien inéluctable. C’est pourquoi il est permis de chercher mais pas de trouver ni de mettre en place des projets vraiment significatifs trop tôt : il faudra attendre que ces magnats du monde financier soient prêts à faire migrer leurs intérêts vers les nouvelles énergies, de sorte à ne pas disparaître ni faire trop de pertes, pour que des nouvelles techniques puissent émerger sur le marché. Mais, étant donné qu’ils iront sans doute jusqu’au bout de leurs moyens, c’est-à-dire attendre aussi longtemps que ces 30-50 ans de longévité des ressources le leur accordent, beaucoup de mal qui aurait pu être évité sera fait à la planète. Malgré tout, l’hypocrisie et le manque de scrupules sont poussés jusqu’à ce que certains fonds d’investissement tentent de faire de l’écologie un business lucratif ; ces fonds se spécialisent dans l’achat et la vente de droits à polluer dans l’objectif de faire du profit avec ce type de produits, exactement comme ils le font avec le pétrole, avec les produits alimentaires, avec les crédits immobiliers, etc. Ces droits de polluer induits par les Protocoles de Kyoto semblent donc faire des heureux. Protocoles qui sont un retentissant échec, puisque outre le fait qu’ils n’ont même pas été ratifiés par la première puissance mondiale que sont les Etats-Unis, l’émission des gaz à effet de serre a augmenté de 35% au niveau mondial entre 1997 et 2007, et on conçoit mal ce que les États ont le pouvoir de faire pour contraindre des entreprises qui les dominent complètement à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers ont d’ailleurs été si généreux avec les entreprises que le prix de la tonne de carbone est quasiment d’un niveau 0, leur permettant ainsi de polluer autant que cela leur chante. »

L’hypocrisie consiste donc à donner l’illusion aux citoyens qu’ils ont le pouvoir d’avoir un impact sur la situation environnementale alors qu’en fait, ils ne l’auront que lorsque nos sociétés seront décidées à le lui donner. Pour l’instant, on semble préparer lentement la transition entre modes d’énergie basés sur les hydrocarbures et le nucléaire à des énergies vertes dans les mentalités. Mais tout laisse à penser que ce délai, qui s’annonce long, permet aussi aux magnats de l’énergie de se convertir petit à petit de sorte à conserver en définitive leur monopole, ne laissant la recherche s’effectuer qu’au rythme qu’ils veulent bien lui accorder.

L’idée est aussi de rejeter systématiquement la responsabilité des pires tragédies sur le pauvre citoyen. Ainsi, pense-t-on, si on arrive à faire en sorte qu’il croie sincèrement être celui qui doit faire changer les choses, on pourra instrumentaliser la façon dont il agira aux façons que l’on choisira, puisqu’il suit le chemin tout tracé par la propagande de masse. On pourra alors, entre autre, leur faire accepter plus facilement leur propre asservissement s’ils sont convaincus que c’est pour le bien de la planète. Joseph Goebbels, ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous le Troisième Reich (1933-1945), indissolublement lié à l’emploi des techniques modernes de la manipulation des masses et de la démagogie, disait que la meilleure façon de persuader le public de la véracité de quelque chose, c’était de le lui répéter ce quelque chose de façon massivement répétitive. Continuellement. Et finalement, le public croit que ce quelque chose est vrai, même s’il n’est appuyé par rien de tangible. Le sujet du réchauffement climatique répond à ses critères, et sa diffusion est largement permise par des lobbys tels que le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat). Á noter également que les fonds investis dans la recherche pour l’écologie et le climat sont passés de 170 millions de dollars par an avant Bush père à 2 milliards de dollars par an. D’où de nouveaux investissements et des créations d’emplois qui en ont fait un secteur rentable.

Tout ceci pour dire que notre cher Claude Allègre a bien des raisons de douter, et que ceux qui l’accusent de « négationnisme écologique » ont plus de scrupules à protéger une version de la réalité pour des raisons plus confortables économiquement et sociologiquement parlant que pour une réelle éthique scientifique et morale. Pas étonnant donc qu’on en vienne à utiliser le mot « négationnisme » comme si nier l’origine humaine du réchauffement climatique était aussi grave que de nier l’Holocauste. Tout est fait pour discréditer Claude Allègre par les façons les plus médiocres qui soient.
Mais qu’en est-il de ses chances de rentrer au gouvernement ? Jean-Marc Jancovici raisonne que «Si Nicolas Sarkozy veut se ridiculiser à huit mois du rendez-vous de Copenhague (le sommet sur le réchauffement climatique, NDLR), il peut nommer Claude Allègre». Notons que Jancovici est un proche de Nicolas Hulot, très influent dans l’univers du développement durable, et notamment auprès de Martin Bouygues, l’ami de toujours de Nicolas Sarkozy.

Mais les chances que Claude Allègre soit nommé au gouvernement sont, malgré tout, loin d’être inexistantes: Alain Juppé estime que l’arrivée de Claude Allègre constituerait un «contre-signal formidable» en raison des positions du scientifique sur le réchauffement climatique.
Nicolas Sar­kozy lui-même, malgré toutes les critiques que nous avons relevées, semble décidé à nommer cet homme, qu’il considère comme «très intelligent». «Il s’en fout de ce que pensent ses ministres, il veut s’entourer des plus intelligents», décrypte un ministre. Le président veut surtout maintenir et amplifier sa politique d’ouverture.

De plus, si le transfert de Xavier Darcos au ministère de la Justice ou à l’Intérieur se précise, Nicolas Sarkozy se trouve bien en peine de lui trouver un remplaçant. D’où la tentation de nommer un spécialiste du sujet, plutôt proche de la gauche. «Il est dans le schéma de réflexion du président», confirme l’un de ses collaborateurs.

On se demanderait bien quel mal prendrait le gouvernement Sarkozy pour refuser un homme qui a largement prouvé ses compétences sous le gouvernement Jospin et qui a le mérite d’aller dans le contre-courant de la pensée écologiste dominante pour affirmer sa propre conviction des choses, qui est, à n’en pas douter, la plus proche de la réalité. Sa nomination ne pourrait clairement être qu’un plus, ajoutant un ministre compétent et honnête dans ses opinions, préférant éviter la langue de bois, auprès de Nicolas Sarkozy. Mais il reste à ce que ce dernier fasse son choix…

Agatà Kovacs, pour Mecanopolis

Profil Facebook de Agáta Kovacs

Pour ceux qui voudraient approfondir le sujet du réchauffement climatique d’origine non-humaine, je conseille l’excellent documentaire que vous trouverez à ce lien

Extraits-résumés du documentaire:

« C’est dans les années 70 que la thèse du réchauffement climatique commença à se répandre. La première personnalité politique qui fut intéressée par le rôle que cette thèse pourrait jouer sur la scène politique fut Margaret Tatcher qui, après la grève des mineurs, voulait que son pays dépende le moins possible du charbon et du pétrole. Elle  privilègia alors le nucléaire. L’adoption de la thèse du réchauffement climatique dû à l’excès d’émission de CO2 d’origine humaine contribua à renforcer la crédibilité du nucléaire à la différence du charbon et du pétrole, réputés peu écologiques. »

« Après la chute de l’URSS, de nombreux anciens communistes se sont subtilement reconvertis dans une nouvelle idéologie qui allait naturellement contre le sens du capitalisme; l’écologie. Ils y distilèrent leurs principes néo-marxistes. »

mai 23 2009

La dégradation de l’environnement restera-t-elle un problème majeur du XXIème siècle ?

Par Régis Mex

De nos jours, le respect de l’environnement est l’un des sujets que nos postes de télévision et de radio nous rabâchent le plus. Or, je doute que beaucoup de citoyens pensent réellement qu’il leur incombe de remédier à la plus grande partie du problème écologique en préférant se rendre en bus plutôt qu’en voiture sur leur lieu de travail ou en ne laissant pas couler le robinet pendant qu’ils se brossent les dents. Nous devrions plutôt attendre de nos hommes politiques qu’ils prennent des décisions significatives à l’échelle nationale, voire mondiale, pour lutter contre la pollution. Comme le débat que l’écologie suscite part souvent dans divers sens confus et simplistes, dont la finalité culpabilisera souvent le petit citoyen, je vous propose ma propre réflexion sur le sujet.

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La pollution est effectivement quelque chose qui est intrinsèque à notre monde, mais qui s’est manifestée sous des formes multiples à travers le temps. À la pollution animale, naturelle, a succédé la pollution humaine, irrespectueuse de l’équilibre. Celle-ci peut constituer un véritable danger du fait de son pouvoir de casser la fragile stabilité environnementale, mais ses conséquences peuvent-elles menacer la survie de l’humanité pendant tout le reste de son existence ?

Il convient tout d’abord de s’entendre sur ce que nous qualifions de pollution en fixant une définition bien précise à ce terme. Nous pourrions lui donner le sens communément admis qui décrit la pollution comme la « modification défavorable du milieu naturel qui apparaît en totalité ou en partie comme un sous-produit de l’action humaine, au travers d’effets directs ou indirects altérant les critères de répartition des flux d’énergie, des niveaux de radiation, de la constitution physico-chimique du milieu naturel et de l’abondance des espèces vivantes » ; c’est sous cet angle de vue que nous allons aborder les choses. Nous exclurons ainsi la pollution animale, terme qui sonne plutôt faux, car, bien que la vie des animaux comporte parfois des comportements nocifs à l’environnement ainsi que la nécessité de toujours consommer des produits issus des créations terrestres et d’en rejeter les déchets, cette façon de faire s’harmonise toujours totalement avec les lois naturelles, et elle ne crée donc en aucun cas de déséquilibre ni de souillure qui puisse avoir un quelconque impact contre-nature sur l’environnement. Les animaux font effectivement partie intégrante de la nature, et c’est pourquoi parler de pollution animale ne peut être dénué d’une consonance paradoxale, puisqu’elle ne modifie en rien le milieu naturel d’une façon défavorable qui n’aurait pas été prévue par les lois de la nature, contrairement à l’homme, et c’est de son cas que nous débattrons, puisqu’il est le seul qui cause une pollution qui soit significative. L’être humain est effectivement plus qu’un animal intelligent ; il a la capacité d’imaginer, de créer et de se mettre en phase avec des idées et principes qui dépassent les lois naturelles fondamentales desquelles les animaux peuvent s’écarter. De ce fait, il a réellement le pouvoir de faire deux choix extrêmes : vivre en osmose avec la nature ou la dominer. Il ne faut pas pour autant confondre être en symbiose avec son environnement et être soumis par lui, car pour parler de choix, encore faut-il avoir conscience de sa situation et de ses éventuelles alternatives ; ainsi les premiers hommes étaient-ils maîtrisés par les lois naturelles avant le début de la civilisation, moment auquel ils ont finalement pu s’extirper de cet état de simple animal intelligent, et être en mesure de faire ce fameux choix entre l’attitude harmonieuse ou l’exploitation irrationnelle de leur environnement.

Nous pouvons opposer deux types de sociétés sur base de ce modèle : les civilisations de type occidental, que ce soient les égyptiennes, mésopotamiennes, grecques, romaines, scandinaves et autres de l’antiquité, qui, bien que nettement plus spirituelles et respectueuses de la nature que notre société actuelle (qualité qui a paradoxalement diminué au cours du temps proportionnellement à l’amélioration des richesses matérielles et des moyens techniques), ne faisaient pas pour autant de leur environnement une réelle préoccupation, ayant plutôt tendance à se rapporter à des dieux échappant à toute tangibilité. En revanche, les civilisations vivant en Amérique (essentiellement du Nord) à la même époque et jusqu’à leur colonisation, de même que quelques peuples chinois, asiatiques plus généralement et plusieurs tribus africaines ont longtemps été, et continuent de l’être pour certains, animistes. Donc, ces peuples étaient baignés dans une civilisation, brillante au demeurant en ce qui concerne particulièrement les Indiens d’Amérique, mais bénéficiaient d’une conscience plus large de l’importance de leur milieu naturel et y vivaient avec plus de précautions. L’interprétation des forces naturelles majoritairement sous formes d’esprits plutôt que de dieux contribuait à les maintenir plus attentionnés aux réalités de leur monde ; en somme, les esprits qu’ils vénéraient, de façon semblable à ce que les autres civilisations faisaient avec leurs dieux, étant parties intégrantes de la nature, on ne peut que comprendre facilement la propension qui est née à entourer cette dernière de tous leurs soins. L’histoire nous a cependant montré que ce n’est pas cette vision du monde qui a primé et a été en mesure de survivre au cours du temps, car il semblerait que le point auquel ces peuples animistes se sont fondus et complais dans la nature a retardé les nécessités plus matérielles mais tout aussi vitales qui auraient contribué à l’avancement de leur civilisation, ce qui les a rendus de faciles proies pour les peuples moins pacifiques, le meilleur exemple étant l’extermination des Indiens d’Amérique du Nord à 95% par les colons britanniques/américains. Le modèle qui a survécu a donc été celui de notre société actuelle, celui qui suit la loi de la raison du plus fort ; effectivement, au fur et à mesure que les civilisations qui nous ont précédés et sur lesquelles reposent les fondations de notre société occidentale ont progressé, cela s’est fait sur le plan matériel, des techniques et des inventions, et bien moins du point de vue de la sagesse, une certaine lassitude étant éprouvée pour les anciens dieux farfelus, tout comme le dieu unique qui leur a succédé se retrouvera progressivement délaissé à cause des abus et des égarements du clergé qui lui était dédié. En vérité, il est nécessaire de se référer à ces éléments qui font partie des causes de la mentalité collective actuelle, puisqu’en effet, tout ceci nous permet de voir que plus une civilisation a évolué sur le plan matériel, plus elle a régressé sur le plan philosophico-spirituel. Ainsi les innovations techniques ont toujours contribué à détruire l’environnement, à cette « modification défavorable du milieu naturel qui apparaît comme un sous-produit de l’action humaine », en permettant une contrepartie d’amélioration du confort pour ceux qui en bénéficiaient, et de profit pour ceux qui en étaient à l’origine et les mettaient en oeuvre. Lorsque l’on trouvait de nouvelles ressources permettant d’améliorer à la fois la puissance, l’utilité et les rendements que permettaient la technologie, ces mêmes ressources étaient presque toujours plus polluantes que leurs prédécesseurs. Le point d’orgue de l’égarement dans le pur matérialisme est maintenant atteint avec la situation catastrophique dans laquelle nous sommes, que ce soit au niveau du réchauffement climatique, de la disparition des espèces, ou de la surconsommation… Mais si l’on se projette dans le futur, il semblerait que les choses soient destinées à changer.

En effet, les réserves de pétrole et de gaz mondiales n’ont plus qu’une durée de vie estimée à 33 et 56 ans, et il se fait de plus en plus difficile d’en trouver étant donné que, par exemple, la moyenne de l’importance des gisements de pétrole que l’on découvre devient de plus en plus petite. Le processus de disparition a donc déjà commencé, et ses effets se feront progressivement sentir pendant cette trentaine d’années qu’il reste à vivre au pétrole. La demande de pétrole, qui augmente de plus en plus, ne pourra donc pas être honorée, tout comme cela sera le cas avec le gaz plus tard. Il va donc devenir impératif de trouver des méthodes alternatives, et ces dernières ne pourront sans doute qu’être non polluantes.

Il est effectivement incontestable que l’on se penche de plus en plus sur des moyens « verts » de produire de l’énergie, que ce soit en utilisant l’énergie solaire, de l’eau, du vent… Autant de possibilités exploitant des ressources naturelles renouvelables et infinies. Il est cependant inquiétant de voir que certains voient dans les biocarburants une source viable d’énergie, alors qu’ils ne peuvent être confectionnés qu’en utilisant de manière massive des produits le plus souvent végétaux et qui peuvent servir d’aliments, ce qui contribue à détruire l’environnement encore plus qu’il ne l’est déjà, et à aggraver une famine qui existe déjà généralement dans les pays où a lieu cette exploitation. Nous pouvons illustrer ces catastrophes par l’exemple qui est probablement le plus connu à ce propos ; les fameuses cultures de soja brésiliennes, qui demandent une vaste déforestation de la forêt amazonienne pour créer des hectares d’espaces libres permettant la culture du soja. De surcroît, comme ces terrains appartiennent à de grosses entreprises, les petits cultivateurs indépendants subissent des pressions de leur part pour qu’ils quittent leur habitation et aillent s’installer ailleurs, dans des endroits où ils ne pourront souvent plus générer des revenus décents. Ajoutons à cette destruction de l’environnement et à cet appauvrissement de la population locale que tout ce qui est produit de la sorte pour créer des biocarburants est ce qui n’aura aucune chance d’arriver dans les assiettes des brésiliens souffrant de famine. Il s’agit donc d’une énergie qui, je l’espère, ne devrait pas réussir à s’imposer dans le futur.

La voie la plus crédible est donc bien celle des énergies vertes renouvelables, qui font de plus en plus l’objet d’études de viabilité et d’investissements.
Le soleil, la force de l’eau et du vent, l’hydrogène et la fusion nucléaire sont théoriquement capables d’engendrer toute l’énergie dont l’homme a besoin. L’homme dispose de ressources potentielles illimitées: le problème de leur utilisation est simplement technique. Dans les années 1970, le futurologue Herman Kahn (1922-1983) considérait que la Terre pourrait nourrir 20 milliards d’hommes avec un revenu moyen nettement supérieur à celui des pays développés de l’époque, sans sous-estimer aucunement les problèmes d’environnement et de pollution, avec en perspective l’idée que le volume de la population se stabiliserait vers le milieu du XXIème siècle. Les problèmes sont plus qualitatifs que quantitatifs.

Il demeure cependant un problème : alors que le chemin devrait être tout ouvert devant ces alternatives, de nombreux lobbys dont les intérêts se trouvent dans le commerce des hydrocarbures rachètent les brevets des inventions qui pourraient causer du tort à leur entreprise, et freinent donc la recherche. Ils ne permettent pas que les événements les dépassent et qu’ils puissent perdre leur mainmise sur l’énergie à cause de l’une ou l’autre invention permise par le progrès, mais ils seront forcés, un jour ou l’autre, de se convertir à d’autres types d’énergie que ceux dans lesquels ils font actuellement fortune, car la disparition du pétrole et du gaz est bel et bien inéluctable. C’est pourquoi il est permis de chercher mais pas de trouver ni de mettre en place des projets vraiment significatifs trop tôt : il faudra attendre que ces magnats du monde financier soient prêts à faire migrer leurs intérêts vers les nouvelles énergies, de sorte à ne pas disparaître ni faire trop de pertes, pour que des nouvelles techniques puissent émerger sur le marché. Mais, étant donné qu’ils iront sans doute jusqu’au bout de leurs moyens, c’est-à-dire attendre aussi longtemps que ces 30-50 ans de longévité des ressources le leur accordent, beaucoup de mal qui aurait pu être évité sera fait à la planète. Malgré tout, l’hypocrisie et le manque de scrupules sont poussés jusqu’à ce que certains fonds d’investissement tentent de faire de l’écologie un business lucratif ; ces fonds se spécialisent dans l’achat et la vente de droits à polluer dans l’objectif de faire du profit avec ce type de produits, exactement comme ils le font avec le pétrole, avec les produits alimentaires, avec les crédits immobiliers, etc. Ces droits de polluer induits par les Protocoles de Kyoto semblent donc faire des heureux. Protocoles qui sont un retentissant échec, puisque outre le fait qu’ils n’ont même pas été ratifiés par la première puissance mondiale que sont les Etats-Unis, l’émission des gaz à effet de serre a augmenté de 35% au niveau mondial entre 1997 et 2007, et on conçoit mal ce que les États ont le pouvoir de faire pour contraindre des entreprises qui les dominent complètement à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers ont d’ailleurs été si généreux avec les entreprises que le prix de la tonne de carbone est quasiment d’un niveau 0, leur permettant ainsi de polluer autant que cela leur chante.

Il est donc clair que la pollution en tant que modification du milieu naturel par l’action humaine existera toujours, mais ce n’en est pas pour autant une « fatalité » dans le sens où cela serait défavorable ; en effet, bien que cela blessera toujours la nature, il n’en est pas pour autant vrai que l’homme, pour vivre différemment d’un animal, doit obligatoirement sortir du cycle naturel avec les conséquences que cela engendre sur son environnement. Le problème avec l’être humain, c’est qu’il a toujours manqué de sagesse ; il a été conçu de sorte à être une force de la nature à part entière, ce qu’il est plus que jamais à l’heure actuelle, pouvant influencer le cours de bien des cycles naturels, mais il ne s’est pas encore montré capable d’assumer réellement cette responsabilité. En effet, les peuples animistes étaient trop proches de la nature et pas assez des préoccupations de leur civilisation, alors que faire progresser cette dernière est tout de même la raison d’être de l’homme ; en conséquence, ils ont quasiment disparu et ceux qu’il reste à l’heure actuelle ne vivent plus que dans un état primitif, de même que tous les autres modes de vie qui étaient certes porteurs des meilleures intentions, mais trop éloignés des nécessités du monde réel pour que leur existence ne soit pas éphémère. Actuellement, dans nos sociétés de consommation dégénérées qui ont perdu les meilleurs repères qui puissent guider l’être humain, comme Dieu, et qui ne jurent plus que par de futiles jouissances matérielles, nous sommes dans une optique extrême, dont le défaut est d’être si profondément ancré sur ce que l’on pense être les réalités du monde que l’on en oublie les choses autrement plus subtiles et utiles que ce qui est purement matériel, tangible, mais n’en est pas pourtant tout aussi nécessaire, réel et vital. Nul doute que cette stupide logique de court terme ne cause notre perte tout comme les égarements d’autres peuples, sociétés ou civilisations ont causé la leur. Mais il est encore possible de rectifier le tir. Il ne faut en aucun cas s’attendre à ce qu’un changement providentiel vienne de nos gouvernements irresponsables, mais cela n’empêche pas que l’on puisse avoir une certaine foi dans le destin, puisque comme nous l’avons vu, il semble que l’humanité soit obligée d’adopter des techniques d’énergie verte dans un avenir relativement proche. Cependant, bien que cela réglera peut-être le problème des gaz à effets de serre, qui seraient, bien que beaucoup de scientifiques en doutent encore, à l’origine du réchauffement climatique, et que cela contribuera à assainir l’environnement, il n’en reste pas moins que les problèmes de surconsommation qu’engendre la surpopulation, et qui causent une disparition affolante des espèces, persisteront. Cette surconsommation me semble d’ailleurs plus dramatique que le réchauffement climatique, et peut être également considéré comme une sorte de pollution. Reste à savoir si ce type de pollution sera, lui, non seulement une fatalité, mais également fatal au genre humain. Ce point relève donc plus de la spéculation que le premier, mais au vu du dérèglement climatique qui engendre des cataclysmes de plus en plus nombreux et violents, nous pouvons déduire que, si l’humanité ne règle pas bientôt ce problème d’elle-même, en trouvant une parade, la Terre s’en chargera d’elle-même. Cela ne causerait certainement pas une extinction du genre humain, mais un retour à l’équilibre qui ferait des centaines de millions, si ce n’est des milliards, de victimes. Cependant, si l’humanité veut échapper à cette tragédie, elle doit se débarrasser de son modèle de vie déséquilibré, voué à une mort certaine comme ceux qui l’ont précédé, et adopter enfin la sagesse du juste milieu, qui permette au genre humain de faire progresser ses particularités d’humain en utilisant ce qui lui est nécessaire dans la nature pour faire avancer sa civilisation, mais en veillant aux lois qui permettent l’équilibre de son environnement. Une sorte d’intermédiaire entre les caractéristiques des sociétés animistes et de celles de notre époque : une harmonie sans fusion, une exploitation sans domination. Tant que notre société n’aura pas atteint cet idéal, les pires types de pollution ne pourront qu’être des fatalités.

Régis Mex, pour Mecanopolis

mai 20 2009

La Trilatérale est au service du Nouvel Ordre Mondial, par Pierre Hillard

Par Pierre Hillard, pour Mecanopolis

Désireux d’en savoir plus au sujet du dernier ouvrage de Pierre Hillard, « La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale », paru le 17 avril dernier aux Éditions François-Xavier de Guibert, nous avons pris contact avec lui. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Pierre Hillard est professeur de relations internationales à l’école supérieure de commerce extérieur de Paris. Historien de formation, diplômé de science politique et d’études stratégiques, spécialiste de l’Allemagne, des affaires européennes et de la question des minorités, il centre son étude sur le partenariat transatlantique et la gouvernance mondiale. Accédant à notre demande, il a accepté de rédiger, pour Mecanopolis, un article à propos de la Commission Trilatérale en guise de présentation de son livre qui, lui, porte sur la Fondation Bertelsmann.

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La Trilatérale est une organisation méconnue du public français. Croyant que le suffrage universel représente l’arme décisive pour changer le cours des choses, les Français ignorent en fait que les véritables acteurs de la vie politique et économique se trouvent au sein de « centres de réflexion » nourris par des multinationales. Des groupes ultra puissants comme le Bilderberg, le Lucis Trust, le Council on Foreign Relations (le CFR pour les Etats-Unis concernant la politique étrangère), l’European Council on Foreign Relations (l’ECFR pour l’Union européenne), la Fondation Bertelsmann pour ne citer que ces cas représentent les relais du pouvoir mondial en gestation. Coopérant étroitement entre eux, ces groupes élitistes constituent les différents musiciens permettant à l’orchestre mondialiste de jouer une partition intitulée : « Vers une gouvernance mondiale ». Dans cette affaire, un groupe solidement implanté joue aussi son rôle en faveur d’une unification planétaire : la Trilatérale.

Créée en 1973 par Zbigniew Brzezinski (conseiller du président Obama) et David Rockefeller (ancien président du CFR pour ne citer que ce cas), la Trilatérale est constituée de trois entités : l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon. L’objectif de la Trilatérale comme l’affirme Brzezinski dans un article du Figaro est de permettre aux Etats de « faire face à des problèmes de plus en plus partagés – financiers, économiques et stratégiques – et qu’ils sont de moins en moins en mesure de régler, sans au moins se concerter plus étroitement dans leur propre intérêt et dans celui du reste du monde (…). D’où l’idée d’un groupe non gouvernemental de réflexion et de proposition, une centaine d’hommes et de femmes – d’Etat comme d’affaires, de syndicat comme d’université -, qui pourrait nous habituer à travailler ensemble et à mieux réconcilier nos politiques. Un groupe qui a eu le bonheur de compter dans ses rangs des Français tels que Paul Delouvrier, Robert Marjolin, Raymond Barre, Simone Veil, François de Rose, Hubert Védrine, parmi tant d’autres … (…). La Trilatérale a beaucoup fait en son temps pour nous rapprocher – nous Américains, Européens et Japonais (…). L’un de ses rejetons a été le groupe des Sept (le G-7)[1] » .

En fait, la Trilatérale œuvre en faveur d’une gouvernance mondiale en procédant par étape. Ainsi, l’une d’entre elle consiste à créer un bloc euro-atlantique unifié dans les domaines politiques, économiques et militaires. Les personnes clefs à la tête de cet institut le confirment aisément. Le président de la Trilatérale Europe est l’Irlandais Peter Sutherland[2]. Outre son passage à la tête de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), il est aussi le président européen d’un institut euro-américain ultra puissant oeuvrant en faveur d’une Union atlantique : le TPN (Transatlantic Policy Network, réseau politique transatlantique)[3]. Ce TPN soutenu par les grandes multinationales (Boeing, Michelin, Coca-Cola, Bertelsmann, Nestley, Microsoft, etc)[4] a affiché clairement ses objectifs : la création d’un seul bloc atlantique à l’horizon 2015[5]. Le rôle de Peter Sutherland à la tête de ces deux instituts est de mener à bien cette ambition. Face à ces objectifs, il n’est donc pas étonnant de relever le nom du vice-président de la Trilatérale Europe, Hervé de Carmoy[6]. En effet, ce dernier est l’auteur d’un ouvrage au titre explicite et résumant la finalité du projet transatlantique, Euramérique[7].

Dans ce travail de fond, la Trilatérale ne laisse rien au hasard. En effet, lors des travaux Giscard en 2003/2004 en faveur d’une constitution européenne, le véritable meneur fut l’Anglais Lord Kerr of Kinlochard, membre de la Trilatérale Europe. Ancien président de la société pétrolière Shell, ancien ambassadeur aux Etats-Unis, il fut aussi le secrétaire général à la Convention européenne auprès de Valéry Giscard d’Estaing[8]. Une telle fonction est logique puisqu’il s’avère nécessaire de créer un pilier politique européen associé au pilier nord-américain dans le but de donner naissance à une Union atlantique. Cet idéal était déjà affiché par le Fondateur de la Paneurope, Richard de Coudenhove-Kalergi qui, dans un discours de 1950, appelait à la naissance d’une « Union atlantique » aboutissant à une « fédération à trois », « l’Angleterre faisant le pont entre l’Europe et l’Amérique »[9].

Ces informations soulignent l’importance de la Trilatérale. Son action doit être dénoncée car elle participe à la formation d’une gouvernance mondiale destructrice des nations et des traditions.

Pierre Hillard, pour Mecanopolis

Dernier ouvrage paru : La Fondation Bertelsmann et la « gouvernance mondiale »

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Notes :

[1] Le Figaro, 25 janvier 1999

[2] http://www.trilateral.org/memb.htm

[3] http://www.tpnonline.org/who.html

[4] http://www.tpnonline.org/business.html

[5] http://www.tpnonline.org/activities.html : voir “strategy to strenghten transatlantic partnership”. Ce travail a été présenté dans un ouvrage intitulé Deep Integration de Daniel Hamilton et Joseph Quinlan aux Editions Center for Transatlantic Relations.

[6] http://www.trilateral.org/membship/bios/hdc.htm

[7] Euramérique, Hervé de Carmoy, Editions PUF, 2007.

[8] http://www.trilateral.org/memb.htm La liste montre aussi que l’ancien ambassadeur français aux Etats-Unis, François Bujon de l’Estang, est membre de la Trilatérale.

[9] Voir notre livre La décomposition des nations européennes, aux Editions François-Xavier de Guibert, annexe 11.

mai 19 2009

La liberté sous surveillance électronique

Par Régis Mex, Mecanopolis

Notre liberté est en permanence sous haute surveillance électronique. Les technologies informatiques ont permis d’augmenter ce que les spécialistes appellent notre « traçabilité ». Nos activités, nos conversations, nos goûts et nos centres d’intérêts laissent des traces dans les multiples systèmes informatiques qui gèrent notre vie quotidienne. Toutes ces données sont collectées, centralisées et mémorisées par des organisations publiques ou privées qui peuvent connaitre à tout moment le « profil » de chaque individu.Fichiers informatiques, téléphones portables, internet, association de la carte de crédit et du code barre, réseau Echelon, voici les moyens par lesquels notre liberté est devenue très surveillée…

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Les fichiers

Les fichiers des administrations et des sociétés privés rassemblent de nombreuses données personnelles sur des millions de citoyens ou de consommateurs. Ces données sont inoffensives tant qu’elles sont éparses, réparties dans de multiples systèmes informatiques. Mais en utilisant des techniques familières aux pirates informatiques, des « organisations » qui s’en donnent les moyens peuvent facilement pénétrer ces systèmes, afin de collecter et centraliser toutes ces informations.

De nombreuses sociétés fondées ces dernières années (principalement aux Etats-Unis) sont spécialisées dans la collecte d’informations individuelles, officiellement à des fins commerciales. Mais ces fichiers privés commencent à rassembler des millions de profils individuels très précis de consommateurs répartis dans l’ensemble des pays occidentaux. Les informations de ces fichiers sont vendues à quiconque souhaite les acheter.

La carte de crédit associée au code-barre

Les dépenses effectuées avec une carte de crédit permettent de retracer nos déplacements, mais aussi de connaitre très précisément les produits achetés par une personne.

Pour optimiser la gestion des stocks et la comptabilité, les systèmes informatiques des magasins mémorisent de façon conjointe les numéros de carte et les codes-barre des produits achetés. Si par exemple le produit est un livre, le code barre permet de savoir QUEL livre, et ainsi de connaitre le profil culturel ou politique de l’acheteur.

L’association du code-barre et du numéro de carte de crédit signifie l’association automatique de produits identifiés avec des consommateurs identifiés.

Les téléphones portables

Tout le monde sait qu’avec un récepteur de type scanner (dont l’usage est illégal mais dont la vente est autorisée), il est très facile pour n’importe qui de réaliser des écoutes téléphoniques sur les portables.

Ce que l’on sait moins, c’est que le portable permet de localiser à tout moment son propriétaire, même hors-communication, en position de veille.

Car pour recevoir un appel, il est techniquement indispensable que les systèmes de l’opérateur puissent localiser l’abonné, pour déterminer la cellule locale qui lui transmettra l’appel. Les téléphones portables émettent donc en permanance un signal pour indiquer leur présence aux cellules les plus proches.

Le téléphone portable est donc un véritable collier électronique. Un collier volontaire, et payé par celui qui le porte.

Le réseau Echelon

Le réseau Echelon est un système automatisé d’écoute des communications, quel que soit leur support: téléphone, fax, eMail, satellites.

Le réseau Echelon a été mis en place depuis 20 ans et dans le plus grand secret par 5 pays anglo-saxons: les Etats Unis, la Grande Bretagne, le Canada, l’Australie, et la Nouvelle Zelande. Le réseau Echelon est principalement gérée par la NSA, l’agence de renseignement électronique américaine.

L’idée géniale d’Echelon est d’utiliser les technologies de reconnaissance vocale pour repérer automatiquement des mots-clés dans les conversations écoutées. Les mots-clés à repérer sont choisis par les officiers d’Echelon en fonction de l’actualité et des objectifs du moment.

La technique d’écoute étant automatisée, un très grand nombre de communications dans le monde peuvent être enregistrées et traitées chaque jour. Seules les communications contenant les mots-clé sont sélectionnées pour une écoute humaine.

Echelon peut ainsi analyser 2 millions de conversations par minute. Chaque jour, Echelon intercepte 4,3 milliards de communications, soit presque la moitié des 10 milliards de communications échangées quotidiennement dans le monde.

L’existence de ce réseau n’a été révélée par les médias qu’en 1998, à l’occasion d’un rapport du Parlement Européen, qui reprochait à Echellon de violer « le caractère privé des communications de non-Américains, dont des gouvernements, des sociétés et des citoyens européens ».

A lire sur le Web…
le dossier Echelon publié par le site du Monde Diplomatique
une très intéressante étude du Parlement Européen sur les « techniques de contrôle politique » tels que le réseau Echelon ou les logiciels de surveillance et d’identification des foules

la résolution votée par le Parlement Européen à propos d’Echelon
la page Echelon sur Terre Sacrée
la page Echelon sur Cyberzoide (qui propose d’autres articles sur le thème « techno-parano »)

Livres…
le rapport européen sur Echelon

La vidéosurveillance

Toujours sous le prétexte de la sécurité, les caméras de surveillance se multiplient dans la plupart des villes. Rien qu’en Grande-Bretagne, on compte plus de 4 millions de caméras de surveillance, installées dans les rues, les gares, le métro, devant les édifices publics ou les immeubles. A ces caméras s’ajoutent les appareils photo des radars automatiques sur les routes. Techniquement, rien n’empêche qu’ils soient utilisés pour une identification systématique de tous les véhicules.

L’identification des individus dans une foule est désormais possible en raccordant les caméras à des logiciels de reconnaissance des visages. Ces logiciels sont capables d’identifier simultanément de multiples visages dans une foule en les comparant avec des visages dont l’image est stockée dans une base de données. Ainsi, le processus de surveillance peut être entièrement automatisé, et donc systématisé.

Dans un premier temps, l’image des caméras sera comparée avec les visages des personnes fichées par la police: terroristes, criminels, malfaiteurs, mais aussi militants politiques ou syndicaux, journalistes, etc. Avec la généralisation des cartes d’identité biométriques, le visage de chaque personne sera enregistré numériquement dans une base de données. Dans un futur proche, le visage de chaque citoyen pourra être identifié par les caméras de surveillance et il sera possible de suivre entièrement le déplacement d’une personne donnée dans une ville (l’ordinateur passant automatiquement d’une caméra à l’autre afin de la garder toujours présente sur l’écran).

Une fonction encore plus dangereuse est actuellement intégrée dans les logiciels d’analyse des images. Aux Etats-Unis et en Europe, des centres de recherche travaillent à la mise au point de logiciels qui permettent d’identifier des « comportement suspects » d’individus dans une foule, et de transmettre automatiquement une alerte avec localisation aux policiers. Le logiciel permet de distinguer des personnes qui convergent et se rassemblent en un lieu, une personne qui dépose un objet à terre (qui peut donc potentiellement être une bombe), un rôdeur qui s’arrête et change de trajet continuellement au lieu de marcher régulièrement dans une direction précise, ou encore une personne dans un hall qui semblerait attendre à l’écart.

On peut imaginer les conséquences des alertes déclenchées par ce type de logiciel. Tous ceux qui ont un comportement un tant soit peu différent du « troupeau » risqueront d’être abattus par des policiers ayant l’ordre de tirer directement à la tête pour éviter tout risque d’attentat, comme ce fut le cas à Londres en Juillet 2005 (lorsque des policiers anti-terroristes à Londres avaient exécuté de 6 balles dans la tête un innocent identifié à tort comme terroriste potentiel).

On peut aussi imaginer les utilisations qui seront faites de ce logiciel dans les entreprises, pour épier et analyser les moindres faits et gestes des salariés.

Les puces RFID
Les puces RFID sont incorporées par les multinationales dans certains de leurs produits pour en assurer la traçabilité. La puce permet ensuite de localiser le produit pendant sa distribution, mais aussi après son achat.

La puce RFID étant identifiée au moment du passage à la caisse du supermarché, elle peut être associée à la carte de crédit ou au chèque de l’acheteur, et donc à son identité. Chaque produit acheté devient ensuite un « mouchard électronique » qui permet de localiser son utilisateur.

Par ailleurs sur certaines versions de la RFID, les dessins formés par les circuits de la puce sont assez étranges, avec une sorte de croix gammée, ou un quadruple « Tau » (un symbole franc-maçon que l’on retrouve dans l’excellent film « Equilibrium »).

La puce a déjà été utilisée notamment par Gilette, pour « tracer » ses rasoirs jetables. Elle est fabriquée par une société américaine dénommée… Matrics, ainsi que par les sociétés japonaises NEC et Hitachi. Elle a été inventée par Gemplus, une société française rachetée par des investisseurs américains.

Les puces RFID mesurent un peu moins de 1 millimètre. Malgré cette miniaturisation, elles intègrent une mémoire de 1 kbit et une antenne qui émet dans la bande de fréquence des 2,5 GHz.

Les implants – les puces « Digital Angel » et « Verichip »

Fabriquée par la société américaine Applied Digital Solutions, la puce « Digital Angel » permet l’identification et la localisation par satellite des individus. Il s’agit d’une puce électronique de la taille d’un grain de riz et qui est implantée sous la peau. Elle est aussi capable de renvoyer des informations biologiques sur son porteur (température du corps, rythme cardiaque, etc).

Une autre version de la puce appelée « Veripay » a été présentée en Novembre 2003 au salon ID World à Paris. Elle permet d’y inscrire des données personnelles en vue de servir de carte d’identité ou de carte de crédit.

Déjà, une troisième version de la puce, Verichip, est implantée sur le bétail pour en assurer la « traçabilité ». Bientôt le bétail humain lui aussi sera parfaitement « traçable », dès qu’un nouveau « 11 Septembre » fournira le prétexte pour rendre la puce obligatoire, au nom de la « sécurité ».

De multiples moyens sont actuellement utilisées pour préparer l’opinion publique à accepter la puce, et pour réduire la répulsion instinctive à l’intrusion d’objets matériels dans le corps. D’où les efforts des médias et de l’industrie culturelle pour populariser les piercings, les implants en silicone, ou encore les anneaux gastriques (comme solution à l’obésité).

Pour rendre la puce désirable et « tendance », une discothèque de Barcelone dirigée par un américain propose déjà à ses clients de se faire implanter pour 100 euros afin de pouvoir payer les consommations au bar sans argent (voir l’article à ce sujet dans les « Brèves nouvelles des Maitres du Monde »). Mais la méthode la plus largement utilisée est de populariser la puce grâce à des prétextes médicaux. Des hôpitaux américains encouragent déjà les patients à se faire greffer une puce contenant leurs données médicales personnelles (groupe sanguin, traitements déjà en cours, etc), dans le but d’éviter les risques d’erreur dans l’identification et le traitement des malades. Les implants seront aussi proposés pour une surveillance médicale à distance avec envoi automatique d’une alerte au médecin en cas de problème.

Cette puce est la prochaine étape pour un contrôle absolu des individus par les « Maîtres du Monde ». A terme, les implants électroniques permettront de contrôler directement les esprits en modifiant le fonctionnement du cerveau, et donc, l’humeur, les émotions, les pensées et le comportement.

Internet

Il n’y a pas plus transparent que le réseau internet. Avec les logiciels adéquats, n’importe qui peut pister les informations consultées par un internaute. L’utilisateur d’internet est par ailleurs facilement identifiable grâce aux données personnelles stoquées par le navigateur et le système. Les données sur notre identité sont « interrogeables à distance », ainsi que le contenu du fameux fichier « magic cookie ». Ce fichier garde la trace de certains sites visités qui y inscrivent des informations afin d’identifier les utilisateurs et mémoriser leur profil.

De plus, depuis les attentats du 11 Septembre 2001, la plupart des pays occidentaux ont adopté des lois qui autorisent la surveillance de l’ensemble des communications sur Internet: les mails, mais aussi les sites visités, les pages consultées, le temps passé sur chaque site, ou encore les participations à des forums. Les informations mémorisées sont extrêmement détaillées, beaucoup plus que ne le nécéssiterait la lutte contre d’éventuels terroristes. Par contre, les informations recueillies correspondent exactement à ce qui serait nécéssaire pour établir le « profil » de chaque citoyen.

Microsoft et Intel

La palme du Big Brother électronique revient incontestablement à Microsoft, avec son système Windows et son navigateur Internet Explorer, qui renferment un numéro d’identification de l’utilisateur, le GUID (Globally Unique Identifier). Ce numéro d’identification est ensuite inscrit dans tous les documents créés avec les applications de Microsoft Office. Il peut être consulté à distance par Internet grâce à des commandes spéciales prévues par Microsoft.

Le système Windows et Internet Explorer intègrent d’autres commandes spéciales qui permettent de sonder le contenu du disque dur de l’utilisateur, à son insu, durant ses connexions à Internet. Microsoft a reconnu l’existence de ces commandes spéciales et du GUID.

Selon un rapport réalisé en 1999 pour le ministère français de la Défense, il existerait des liens entre Microsoft et les services de renseignements américains, et des membres de la NSA travailleraient dans des équipes de Microsoft. Ce rapport parlait aussi de la présence de programmes espions ( »back-doors ») dans les logiciels de Microsoft.

De son coté, Intel a également placé un numéro d’identification consultable à distance dans les puces Pentium III et Xeon.

La solution pour protéger votre vie privée et vos données: utilisez un Macintosh (ou le système Linux), et surfez sur le Net avec un autre navigateur qu’Internet Explorer (par exemple Firefox).

Le « système de veille totale »
Les attentats du 11 Septenbre 2001 ont été le prétexte à une vaste opération de rédution des libertés publiques. En Novembre 2002, un nouveau pas a été franchi par George W. Bush, au nom de la « sécurité intérieure ». L’administration Bush va établir un système de surveillance baptisé « Total Awareness Information System », qui va légaliser ce qui se pratique déjà illégalement depuis quelques années.

Le système aura pour fonction d’explorer toutes les bases de données de la planète pour réunir toutes les informations sur la vie privée de l’ensemble des citoyens américains, et probablement aussi des citoyens de tous les pays du monde. Plus rien de ce que nous ferons et lirons ne sera ignoré par ce super Big Brother: email, fax, communication téléphoniques, comptes bancaires, soins médicaux, achats de billets d’avion, abonnements à des journaux ou magazines, consultations de sites web…

Le futur porte-monnaie électronique

Le porte-monnaie électronique, actuellement en phase de test, est appelé à remplacer totalement l’argent liquide. Sous forme de carte à puce, ce porte-monnaie mémorisera également des données sur notre identité. Outre le fait d’être un nouveau mouchard électronique de nos déplacements et nos achats, le porte monnaie électronique combiné avec la disparition de l’argent liquide rendra les individus totalement dépendants des moyens de paiement électroniques.

Dès lors, une future dictature mondiale n’aura qu’à « débrancher » un individu gênant dans les systèmes informatiques, et celui-ci n’aura plus la possibilité d’acheter de quoi se nourrir ou se déplacer.

Source : syti.net

mai 18 2009

La stratégie de Benoît XVI: « Une croisade pour le Nouvel Ordre Mondial »

Régis Mex, Mecanopolis

Suite aux divers événements en provenance du Vatican, que ce soit la polémique autour des propos de Benoît XVI décourageant l’utilisation du préservatif ou son voyage auprès des communautés juives et musulmanes en Terre Sainte, il m’a paru intéressant de reprendre quelques informations visant à cerner la stratégie du Vatican. Bien sûr, il n’est aucunement dans mon intention de critiquer la religion en elle-même, mais bien la politique (car c’est bien de cela qu’il s’agit) que mènent ses représentants par son biais.

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Christian Terras, catholique de 56 ans qui avait notamment dénoncé l’affaire des prêtres pédophiles en Suisse, est le poil à gratter du Vatican depuis maintenant 15 ans. Directeur de la revue progressiste «Golias», il explique ce qui sous-tend, selon lui, les propos de Benoît XVI:

« Benoît XVI propose un idéal sectaire et totalitaire si l’on met en parallèle cette morale catholique en tant que telle et la situation africaine. Ce n’est malheureusement pas nouveau. L’an dernier, les ONG humanitaires catholiques ont été réunies à Rome. Le Vatican voulait peser contre les campagnes qui font du préservatif un passage obligé. Il faut lire cette volonté dans le sens du message de Benoît XVI dans l’avion. Il ne veut pas tomber dans la mécanisation éthique du préservatif. »

3409248794_7857c359b0« Cela commence à bien faire; depuis quatre ans, il y a une accumulation de gaffes. Sur les musulmans à Ratisbonne, sur les Nazis à Auschwitz, une «bande de criminels», sur les peuples d’Amérique du Sud qui n’auraient pas été évangélisés de manière violente… Puis la levée des excommunications des Lefebvristes, en janvier dernier, dont le négationniste Williamson, et enfin l’excommunication par un prélat brésilien d’une mère qui a fait avorter sa fille de 9 ans, violée par son beau-père et enceinte de lui, qu’il a approuvé… »

« Il y a autre chose derrière l’irresponsabilité de ces déclarations. Il agit en fait dans le cadre d’une stratégie concertée. Il est en croisade pour un nouvel ordre mondial. Une croisade contre ce que Benoît XVI appelle le relativisme, une stratégie concertée contre le monde moderne et ses évolutions en matière de famille, de bioéthique, de santé (le débat sur l’euthanasie). Or, Benoît XVI n’a de cesse de remonter le temps, d’instrumentaliser la tradition chrétienne, la loi naturelle et Saint Thomas d’Aquin par exemple. Depuis plusieurs décennies, les médecins chrétiens avaient commencé à faire bouger les lignes sur le préservatif. Un certain nombre d’évêques avaient fait montre de pragmatisme: si le préservatif peut permettre de sauver des vies, bon… Mais Josef Ratzinger, lorsqu’il était préfet de la congrégation et garant de l’orthodoxie romaine, avait mis à mal ce travail progressiste, en faisant condamner 1.000 théologiens, dont 200 théologiens moralistes selon mes recherches. L’Eglise a laminé toute la pensée théologique qui travaillait sur une nouvelle morale catholique moderne et adaptée, en prenant en compte les progrès de la science, de l’anthropologie, le statut de la femme. C’est une stratégie suicidaire, je pense qu’il est dangereux. »

Les propos polémiques sur l’usage du préservatif font donc partie, en fait, d’une stratégie de communication qui vise une certaine fortification de l’identité de l’Église, une certaine radicalisation. Ce qui est paradoxal, c’est l’ouverture que semble pourtant périodiquement accorder Benoît XVI aux autres religions. Lors de son voyage en Jordanie, le Pape a effectivement précisé : « Nous pouvons dire que ces précieuses initiatives ont obtenu de bons résultats en favorisant la promotion d’une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman mettant en échec les prédications de ceux qui considèrent inévitables la violence et les conflits.» Il est indiscutable qu’à l’heure où les tensions entre communautés judéo-chrétiennes et musulmanes sont grandes, l’initiative de Benoît XVI va dans le bon sens puisqu’elle s’inscrit dans la recherche d’une réconciliation. Cependant, il pourrait se cacher quelque chose de moins noble derrière cette volonté de promouvoir « une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman ». Dans ces temps de mondialisme effréné, il n’est pas impossible que le mot « alliance » soit lourd de nuances. Pour se faire une meilleure idée sur la portée de ce terme, il faut se référer à un extrait d’un ancien discours de Noël du Pape:

Le 24 décembre 2005, Benoît XVI a délivré son message de Noël : « La force vivifiante de sa lumière (de Dieu) t’encourage à t’engager dans l’édification d’un Nouvel Ordre Mondial, fondé sur de justes relations éthiques et économiques. Que son amour guide les peuples et éclaire leur conscience commune d’être une famille appelée à construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du monde présent.»

Les propos du supérieur général de l’Ordre des Jésuites, surnommé le « Pape Noir », Peter-Hans Kolvenbach, n’en sont pas moins intriguants. Dans un discours tenu en 1997, ce prince de l’Église a réaffirmé la nécessité de l’unité dans des termes proches de l’Être suprême : « L’homme de foi est intimement convaincu que l’histoire de l’union humaine peut être écrite en collaboration avec le Seigneur de l’Histoire. L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal. Le monde se meut vers un nouveau phénomène pentecostal où chacun, avec ses particularités, se fait communion avec l’esprit.»

Mais les propensions de l’Église envers le Nouvel Ordre Mondial ne s’arrêtent pas là. Le rapport aux évêques de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté européenne) intitulé « Gouvernance mondiale: Notre responsabilité pour que la mondialisation devienne une opportunité pour tous», contient, entre autre, les lignes suivantes:

« Nous accueillons chaleureusement ce rapport, plus particulièrement, au nom de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) dont la tâche est de surveiller et de commenter la politique de l’Union européenne. Une conclusion clé du texte suivant est que l’UE, étant donné sa genèse, son architecture, la compréhension qu’elle a d’elle-même, ainsi que ses responsabilités dans des domaines politiques comme le commerce, la concurrence et la coopération au développement, a un rôle crucial à jouer dans la transformation de l’ordre international existant en un système de gouvernance mondiale . Nous considérons que l’Union européenne est un modèle pionnier d’intégration régionale et qu’elle constitue un exemple pour l’avenir de la gouvernance dans de nombreuses autres régions du monde, malgré son expérience encore naissante et donc, contingente, dans certains domaines politiques. Nous espérons que ce rapport contribuera également à ranimer la réflexion et le débat public sur la signification profonde de l’intégration européenne.»

« Les économies ouvertes ne tiendront pas sans la volonté des Etats de s’ouvrir également sur le plan politique. Dans un monde marqué par une interdépendance croissante, l’Union européenne est un exemple unique et convaincant d’un système de gouvernance basé sur la coopération politique supranationale et multilatérale. En outre, la volonté politique d’aboutir à un système de gouvernance mondiale et de le maintenir doit être soutenue par des convictions et des valeurs fermes.»

« L’ implication des Eglises et des autres communautés religieuses, des ONG et des entreprises privées, ainsi que des Etats et des blocs régionaux dans la gouvernance mondiale: Les Eglises et les autres religions peuvent s’informer et informer leurs fidèles sur les défis globaux et les encourager à prendre leurs responsabilités. Les problèmes de la gouvernance mondiale doivent être inclus dans des programmes d’enseignement et de catéchèse. Les Eglises pourraient faire du thème de la gouvernance mondiale un sujet de dialogue oecuménique et interreligieux. Au sein de l’Eglise catholique, par exemple, le réseau d’universités, les commissions ‘Justice et Paix’ et les «Semaines sociales» pourraient être une ressource à utiliser fidèles à leurs mandats initiaux pour contrôler et analyser les développements.»

Á la lumière de ceci, les motivations mondialistes de l’Église nous apparaissent clairement, tout comme le fait que cette même Église outrepasse le cadre purement spirituel dans lequel son pouvoir est censé être restreint pour s’immiscer dans le domaine temporel, politique. Parmi les plus influentes personnalités du Vatican règne donc une corruption manifeste, qui explique sans doute pourquoi les élites ecclésiastiques oeuvrent de temps à autres pour le rapprochement des communautés, et le reste du temps à la solidification de leur identité propre. En effet, en ce qui concerne la radicalisation du christianisme, Benoît XVI mènerait sa propre politique, et serait influencé par les pressions politiques qui sont exercées au sein du Vatican de sorte à appuyer le mondialisme de temps à autre, en donnant à ce courant une touche religieuse qui permet de le faire d’autant mieux passer dans les pensées des croyants qui seront plus enclins à considérer le mondialisme comme une bonne chose, voire à le rendre inconsciemment acceptable au plus grand nombre, c’est-à-dire à ceux qui ne sont de toute façon pas conscients de ce que représentent les déclarations du Pape sur le Nouvel Ordre Mondial.

En outre, bien que cela ne soit pas directement lié, il n’est pas impossible que certains des représentants de notre élite occidentale veuillent encourager des mesures, dans les pays musulmans corrompus et désireux de satisfaire les volontés de l’axe américano-européen, qui puissent rendre peu à peu l’Islam assimilable à l’esprit de consommation, tout comme le concile de Vatican II y avait contribué vis-à-vis du christianisme. En attestent les propos de Ralph Peters, auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratégie et des relations internationales:

« Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un État sacré islamique – une sorte de super Vatican musulman – où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé. » Soit une sorte d’Islam des Lumières élaboré au cœur de cet État sacré islamique qui permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils épousent pleinement la philosophie mondialiste.

D’autres éléments contribuent à renforcer le rôle de la religion chrétienne en l’utilisant à des fins politiques. Les actions en ce sens de Nicolas Sarkozy sont particulièrement connues parce qu’elles sont en désaccord avec le statut laïc de la France.

On ne peut effectivement s’empêcher de penser que la croyance et l’espérance, dont Nicolas Sarkozy parle benoit-xvi-21avec constance, sont précisément les sentiments qu’il voudrait inspirer aux Français. « Pas de pouvoir sans croyance », disait Paul Valéry. L’exposition sans retenue de ses interrogations métaphysiques procède aussi de cette logique-là. Qu’importent la réalité et ses contraintes, qu’importent les vicissitudes de l’action politique quand il suffit de croire. A cette logique, à laquelle les Américains sont habitués depuis longtemps, Nicolas Sarkozy voudrait accoutumer les Français.

Il a détaillé ses convictions dans un livre, la « République, les Religions, l’Espérance » , paru en 2004, ouvrage qui s’insère dans une bibliographie dont les titres ont un étrange parfum d’encyclique ou de prêche ésotérique : « Ensemble », « Témoignage libre », « Au bout de la passion : l’équilibre ». Et s’il est vrai qu’un responsable politique écrit généralement la biographie d’hommes auxquels il voudrait secrètement qu’on le compare, alors le titre de son ouvrage sur Georges Mandel, « Le Moine de la politique », laisse songeur.

Dès les premières pages de la République, tout est dit : « Je considère que, toutes ces dernières années, on a surestimé l’importance des questions sociologiques, tandis que le fait religieux et la question spirituelle ont été très largement sous-estimées.» On remarquera, en outre, que cette phrase opère un étonnant rapprochement entre le fait religieux, phénomène social qui ressort de la sphère publique, et la question spirituelle, en principe exclusivement privée, elle.

Explication de texte, par l’auteur : « Le fait religieux est un élément primordial en ce qu’il inscrit la vie dans un processus qui ne s’arrête pas avec la mort. C’est pourquoi je n’ai pas une conception sectaire de la laïcité. Pas même la vision d’une laïcité indifférente. Je crois au besoin religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale. »

Il faut évoquer la réception, en grande pompe, au ministère des Finances, de l’acteur Tom Cruise, dont personne n’ignorait alors qu’il était le porte-parole de la scientologie.

Il faut lire Sarkozy, toujours dans la « République, les Religions, l’Espérance », lorsqu’il reconnaît « la légitimité de certaines des nouvelles religiosités », estimant que le mot secte « est parfois utilisé abusivement contre des mouvements spirituels nouveaux ». Nouveau mouvement spirituel, ce qualificatif est précisément celui dont se réclame la scientologie, secte pourtant parmi les plus dangereuses, aux dires même des pouvoirs publics. Il est vrai, comme l’exprimera Nicolas Sarkozy, que les « sectaires » sont les autres, ceux qui ont fait de la laïcité une « laïcité de combat ». Inquiétant dévoiement du sens des mots.

Par Régis Mex, pour Mecanopolis.

mai 12 2009

La prise de l’Internet sera bientôt débranchée

Mecanopolis

L’Internet est le dernier vrai avant-poste de liberté d’expression qui résiste encore à la régulation, mais des projets sont en cours pour étouffer, contrôler et éventuellement tirer la prise du monde du web tel que nous le connaissons. Ces menaces ne sont pas plus cachées qu’elles ne sont difficiles à deviner et encore un nombre signifiant d’utilisateurs d’Internet reste naïf quant à cette possibilité.

censorship

En dépit de nombreux questionnements sur l’authenticité d’un rapport qui affirmait que les FAI s’étaient décidés à restreindre l’Internet à une sorte de modèle d’abonnement TV, où les utilisateurs seraint forcés de payer pour visiter des sites sélectionnés d’ici 2012, alors que les autres seraient bloqués, la marche vers la régulation du web est claire et documentée.

Nous avons été prévenus du plan qui consiste à laisser le vieil Internet mourir et le remplacer par Internet 2, restreint et contrôlé. En 2006, nous avons publié un article à propos de comment le RIAA était en train d’essayer d’élargir les distinctions de propriété intellectuelle jusqu’à un point où celles qui sont liées à un certain contenu extérieur seront jugées comme une infraction des droits de copyright.

À l’époque, l’article rencontrait des réponses partagées. Beaucoup étaient conscients des dangers imminents qui menacent de changer la face de l’Internet mais d’autres étaient plus hostiles à la possibilité que le World Wide Web (WWW) puisse être dévasté par un cas d’extension des bornes du copyright, aidant les plans de développement d’un « Internet 2 ».

Ce danger était aussi reporté par l’un des plus grands sites anglais de nouvelles sur la technologie, « The Inquirer », qui a surligné l’inquiétant développement de ces plans dans un article intitulé « Le RIAA veut la fermeture d’Internet.».

L’argument du RIAA était Tenise Barker, inculpé pour avoir téléchargé des fichiers musicaux et les avoir rendu disponibles à la distribution en les plaçant dans un fichier partagé. Malgré le fait que Barker avait payé pour ces fichiers et les avait donc téléchargé légalement, de même que les fichiers n’avaient été copiés par personne, les conditions du RIAA stipulaient que le simple fait de rendre ces fichiers disponibles au téléchargement gratuit constituait une infraction du copyright.

Comme Beckerman l’a fait remarquer, Internet entier n’est rien de plus qu’un réseau géant d’hyperliens rendant les fichiers « disponibles » pour les autres personnes. Si nous redirigeons nos lecteurs vers CNN.com, nous faisons que le fichier qui constitue la page d’accueil de CNN soit « disponible » pour d’autres internautes. Nous ne possédons pas le copyright pour un quelconque matériel de CNN que ce soit, donc si l’argument de la RIAA est accepté, en faisant simplement apparaître un lien de redirection vers CNN depuis notre site, même si personne ne clique dessus, nous commettons une entorse au copyright.

Dans aucun point de notre article nous ne suggérons que le jugement définitif détruirait l’Internet; soulignons en effet que ce serait un meurtre sanglant pour des centaines d’entreprises internationales comme Amazon.com qui se fient exclusivement au commerce par l’Internet. Mais le dérapage le plus probable serait le passage à un Internet strictement régulé où la permission du gouvernement serait nécessaire pour ouvrir un site web, et où ce site web serait sujet à la censure et à la suppression si il violait les « termes d’utilisation ».

Cela ne devrait causer aucun problème aux géantes entreprises transnationales, car leurs sites webs resteraient accessibles pour tout le monde. Mais pour des milliers de sites et blogs politiques, la prise pourrait effectivement être débranchée.

Après un long combat légal, Elektra vs Barker a été tranché largement en la faveur d’Elektra, après qu’un juge fédéral ait essentiellement validé la position du RIAA, comme quoi avoir des chansons disponibles dans un dossier de partage KaZaA violait le droit de distribution sous la loi du copyright.

L’exemple que nous pourrions donner ce que serait la vie sous « Internet 2″ serait qu’ouvrir un blog serait comme avoir un compte YouTube: toute connotation politique ou information controversée que les propriétaires n’apprécieraient pas serait immédiatement supprimée comme cela arrive fréquemment sur YouTube.

De plus, le dérapage vers un Internet sous licence qui sera vendu en jouant sur la peur de l’identification et de la fraude sur les cartes de crédit pourrait mener à un scan biométrique obligatoire d’un pouce ou d’un doigt pour accéder au web.

C’est à peine une production de l’imagination, depuis que de nombreux services publics et fonctions de notre société ne sont de plus en plus accessibles qu’à condition de fournir une certaine forme d’information biométrique. Les « Credit passes » pour les voyages, les « ATM terminals » et l’accès à des parks à thème comme Disneyland sont quelques exemples des nombreux services que nous utilisons et qui se déplacent vers une identification biométrique obligatoire.

De plus, Pay By Touch Online et d’autres compagnies ont déjà développé et lancé un clavier biométrique qui requiert que les utilisateurs soumettent leur marque biométrique (par le scan des empreintes digitales des doigts) avant de pouvoir accéder à l’Internet ou acheter en ligne.

Occultant le débat à propos de la neutralité du net, il est prévu que l’Internet 2 remplace l’ancien, ce qui sera permis par l’auto-destruction de ce dernier par un ralentissement exponentiel de l’Internet par les FAI, de sorte à ce que les utilisateurs migrent vers les seuls services convenables qu’on leur propose, que ces derniers soient rendus disponibles par le même FAI ou par un autre avec lequel il aurait des intérêts communs. Une loi définissant la neutralité du net pourrait éviter cela, mais le Congrès américain n’a pas estimé que cette notion était suffisamment importante pour qu’elle soit légalisée.

Il y a plus de deux ans, dans un article intitulé « La fin de l’Internet ? », « The Nation Magazine » reportait:

« Les plus grandes compagnies de cable et de téléphone de la nation sont en train de fabriquer un inquiétant nombre de stratégies qui transformerait le libre, l’ouvert et le non-discriminatoire Internet d’aujourd’hui en un service privatisé et flétri qui impliquerait une taxe pour tout ce que nous faisons virtuellement. »

« Verizon, Comcast, Bell South et d’autres géants de la communication développent des stratégies qui traqueraient et stockeraient les informations sur nos moindres actes dans le monde virtuel dans une vaste collection de données faisant le jeu du système de marketing; de quoi rivaliser d’envergure avec la National Security Agency. D’après les journaux non-alignés circulant sur le cable, les industries de téléphone et de télécommunications et les entreprises qui ont les poches les plus remplies – corporations, groupes aux intérêts spécifiques et annonceurs majeurs – obtiendraient un traitement de faveur. Le contenu venant de ces fournisseurs aurait la priorité sur nos écrans d’ordinateurs et de télévisions, pendant que l’information considérée comme indésirable, comme les communications de peer-to-peer, pourrait être ralentie ou tout simplement détruite. »

Internet 2 est présenté comme la prochaine génération du « World Wide Web », et a déjà à son actif des records de vitesse globale en termes de transfert de données, dépassant de loin le vieux Internet. (Informations complémentaires à ce sujet ici Réseaux-Télécoms et là InternetNews)

Un des pères de l’Internet, David Clarck, qui servit d’architecte principal du protocole pour l’initiative du développement de l’Internet par le gouvernement américain dans les années 1980, a reçu 200.000$ par la Nation Science Foundation pour travailler sur une « infrastructure entièrement nouvelle pour remplacer le réseau global d’aujourd’hui », d’après le Wired Magazine.

Clark a prêté serment de créer un « nouveau monde valeureux », ce de quoi il qualifie le nouvel Internet, précisant que ce qu’il voulait pour le nouveau réseau est « une architecture cohérente de sécurité ».

Concordant avec la mise en place d’Internet 2, les campagnes de propagande gouvernementales pour démoniser l’Internet existant comme un encouragement sauvage pour le crime haineux, la pornographie infantile et le recrutement de terroristes se font de plus en plus présentes.

La stratégie déclassifiée récemment de la Maison Blanche pour « gagner la guerre contre la terreur » cible les théories de conspiration venant d’Internet comme un terreau fertile pour le recrutement de terroristes et menace de « diminuer » leur influence.

En plus, le Pentagon a annoncé récemment son effort d’infiltrer l’Internet et de faire de la propagande pour la « guerre contre la terreur ».

Dans un discours d’octobre 2006, le directeur du Homeland Security, Michael Chertoff, identifiait le web comme un « camp d’entraînement de terroristes », à travers lequel « divers gens vivant aux États-Unis » développent « des idéologies radicales et potentiellement des actes violents ».

L’Union Européenne a elle aussi promis de faire taire les « terroristes » qui utilisent l’Internet pour répandre leur propagande.

Les dangers pour la liberté et l’existence de l’Internet tel que nous le connaissons ne sont tous que trop réels, et le seul moyen de contrer ces développements est d’agir et de faire circuler le mot. Cacher simplement nos têtes dans le sable et être lâches et naïfs par rapport à la menace ne fera qu’aider ceux qui espèrent voir le dernier rempart de la liberté d’expression s’écrouler pour toujours.

Source: PrisonPlanet, traduit de l’anglais par Régis Mex, pour Mecanopolis.

Cet article est à mettre en rapport avec l’analyse sur la loi Hadopi que nous avons publié récemment, notamment avec le fait que la liberté qui règne sur Internet cause des millions de dollars de pertes par an aux médias alignés.

mai 11 2009

Le Maghreb pris dans l’unification méditerranéenne et transatlantique

L’influence des Etats-Unis et de l’Europe sur le Maghreb
En collaboration avec la revue Questions internationales (La Documentation française)Avec Dorothée Schmid, chercheuse à l’IFRI (Méditerranée/ Moyen Orient)
Et Hamid Barrada, journaliste, directeur Maghreb/Orient sur la chaîne TV5

La revue Questions internationales proposait un excellent numéro sur le Maghreb en novembre-décembre 2004, qui suggérait tout l’intérêt de la tenue d’un tel café géopolitique sur le Maghreb et les rivalités de pouvoir entre Etats-Unis et Europe dans cette région. Nos deux intervenants considéraient ici le Maghreb comme une entité au sein d’un ensemble méditerranéen et proche-oriental plus vaste, plutôt que par ses Etats pris un à un. Dorothée Schmid a montré comment la politique européenne au Maghreb devait faire face à un investissement américain croissant dans cette zone, tandis que Hamid Barrada s’intéressait aux ambitions américaines dans la région et à la perception de ces politiques américaines par les habitants.

drapeau_americain

La politique européenne au Maghreb:
Travaillant sur la politique européenne en Méditerranée, Dorothée Schmid a porté son intérêt sur les stratégies comparées des Américains et des Européens au Maghreb. Il ressort que si nouvel activisme américain il y a au Maghreb, il est certes bien moindre que pour le Moyen-Orient, mais suffisamment important pour susciter des inquiétudes côté européen.

1.Le Maghreb, une chasse gardée européenne ?


Le Maghreb étant une région proche de l’Europe sur de nombreux points, culturels, historiques, géographiques, économiques, il constitue une région prioritaire dans la politique extérieure de l’Union européenne. 2005 marque les dix ans du partenariat euro-méditerranéen, cette grande initiative de coopération régionale avec la rive sud de la Méditerranée. Ce partenariat est du reste essentiellement économique (accords bilatéraux de libre-échange, avec l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, coopération financière) ; ses volets politiques et culturels faisant pâle figure à côté. Le Maroc a su tirer son épingle du jeu, en attirant une part importante des ressources consacrées au partenariat (deuxième pays partenaire méditerranéen le mieux doté après l’Egypte) ; la Tunisie est présentée par ses partenaires européens comme un modèle de réforme économique libérale ; l’Algérie est entrée dans le partenariat tardivement, en 2002, (et la signature d’un accord de libre-échange avec l’UE doit être vue surtout comme un appui diplomatique européen pour l’Algérie dans la mesure où le pays est mono-exportateur d’hydrocarbures), et la Libye a été récemment invitée à rejoindre le Processus de Barcelone. L’Union européenne souhaite encourager l’intégration entre les pays partenaires eux-mêmes, et le Maghreb reste un modèle sous-régional possible ; l’initiative d’Agadir d’intégration régionale démontre l’existence d’un véritable moteur maghrébin.

2.La redéfinition européenne de sa politique de voisinage


Or, aujourd’hui, l’élargissement de l’UE est quasiment achevé et le temps semble être venu d’un verrouillage des frontières et de l’Union. La standardisation des relations de l’Union avec les Etats du Sud et les Etats de l’Est est en marche : la Méditerranée devient ainsi traitée comme le Caucase, l’Ukraine, la Biélorussie ou la Moldavie. Le but semble être l’unification de ces régimes à un grand marché élargi ; tous les aspects de l’Union sauf les institutions, comme le disait Romano Prodi.
Les conséquences pour le Maghreb sont importantes : on assiste à un renforcement des relations bilatérales et à un abandon de la perspective régionale méditerranéenne. Qui plus est, des problèmes de financement ne tardent pas à se faire jour, avec une compétition des différents Etats riverains de l’UE pour savoir lequel profitera le plus des aides européennes. Les pays les plus réformateurs, les plus en phase avec l’UE et respectant le mieux les droits de l’homme devraient être à terme récompensés pour leur volonté de réforme, selon une logique du premier arrivé premier servi. Les pays méditerranéens ne sont pas forcément les mieux placés dans cette compétition. Cependant, le Maroc vise déjà un statut d’association avancée avec l’UE, qui se concrétiserait d’abord par la mise en place d’une union douanière, sur le modèle turc.

En fait, selon Dorothée Schmid, on assiste à une dilution de la priorité méditerranéenne de l’UE, qui pourrait annoncer la fin de la politique méditerranéenne de l’Europe. L’avenir sera aux relations bilatérales étroites entre des Etats méditerranéens pris individuellement et certains Etats-membres de l’UE, la France au premier chef.

3.Une présence américaine intense


C’est dans ce contexte que la présence américaine dans la région se fait plus intense. On peut même dire que les Etats-Unis restent et demeurent l’unique puissance méditerranéenne, quelle que soit l’activité européenne en cours. En plus de la présence militaire, l’administration Bush s’intéresse diplomatiquement et économiquement au Maghreb. Le 11 septembre 2001 a tout changé. Auparavant, les Américains tenaient le régime algérien en quarantaine, voyaient avec une forte hostilité le régime libyen, et manifestaient de l’indifférence pour la Tunisie, la timide cordialité avec le Maroc étant pleine de distances. Depuis le 11 septembre, le Moyen Orient élargi jusqu’au Maroc est passé au cœur des préoccupations de l’administration Bush. La montée en puissance de l’islam politique en Algérie ou au Maroc inquiète, la prolifération nucléaire de la Libye angoisse, l’obsession démocratique pour la région ne faiblit pas (avec une théorie des dominos, la démocratie se répandant d’Irak aux autres pays par contagion de Marrakech au Bangladesh), et la politique d’hydrocarbures (gaz et pétrole) est naturellement essentielle.
Les Américains ont donc lancé une offensive diplomatique dans la région, qui se concrétise par les nombreuses tournées d’officiels américains au Maghreb, et par l’invitation régulière des chefs d’Etat maghrébins à la Maison blanche. C’est dans ce contexte qu’est intervenu le rétablissement spectaculaire des relations avec la Libye. Une collaboration renforcée s’établit par ailleurs dans le domaine sécuritaire avec l’Algérie, qui est présentée comme un modèle de lutte anti-terroriste. Enfin, un accord de libre-échange a été signé avec le Maroc en 2004, dont la faible portée économique ne doit pas masquer la très forte importance politique.

4.Vers une rivalité Europe – Etats-Unis au Maghreb


Une réelle rivalité transatlantique se dessine en fait sur le front économique. Le Middle East Partnership initiative traduit une offensive économique des Etats-Unis à l’échelle du grand Moyen-Orient. Les Américains ont déjà signé des accords de libre-échange avec la Jordanie, le Maroc, Bahreïn, et d’autres ne tarderont pas, en un temps absolument record. Derrière les intérêts commerciaux officiels, ces accords sont présentés comme un volet de la diffusion de la liberté dans le monde. L’accord avec le Maroc, négocié en secret, est plutôt léonin, les Américains n’ayant rien cédé sur leurs intérêts. Les Américains soutiennent par ailleurs l’accès de l’Algérie à l’OMC, et raflent désormais les concessions d’hydrocarbures en Libye…
Toute une rivalité potentielle entre les Etats-Unis et l’UE est donc en train de naître. Les Européens craignent que les accords de libre échange signés par les pays de la région avec les Américains rendent impossible la mise en œuvre des accords euro-méditerranéens. Par ailleurs, les Européens craignent d’être cooptés pour financer les plans américains de développement de la région.

5.Les conséquences pour le Maghreb de cette rivalité transatlantique


Les conséquences pour la rive sud méditerranéenne de cette rivalité Etats-Unis – Europe sont assurément d’abord et avant tout une ouverture économique généralisée qui sera difficile pour les économies de la région. Peut-on dire que les Américains comme les Européens négligent les intérêts des Maghrébins ? Les zones de libre échange s’inscrivent fondamentalement comme des projets politiques visant la démocratie et les réformes. La Commission européenne et le Conseil européen s’alignent progressivement sur le discours de réforme américain même si l’UE se montre encore peu sourcilleuse en matière de droits de l’homme. Si les Américains sont plus durs en parole quant au respect des droits de l’homme, ils se montrent finalement en pratique assez peu regardants. Etats-Unis et Europe se rejoignent en tout cas pour louer systématiquement le modèle marocain, seul exemple de démocratisation progressive et pacifique observable dans la région. On peut en conclure que les Américains comme les Européens privilégient la stabilité de la région et l’UE compte même sur les Etats-Unis pour faire la loi si nécessaire.
Si côté américain, il y a une réelle défiance des néo-conservateurs pour les régimes arabes, les Maghrébins sont ravis de voir qu’on s’intéresse à eux, surtout quand l’UE pense plus à ses frontières de l’Europe orientale qu’à son voisinage méditerranéen. Les crispations, côté européen, sont alors réelles. Et comme l’a ajouté Dorothée Schmid lors du débat, les Européens ne peuvent pas défendre aussi bien leurs intérêts commerciaux dans la région que les Américains, dans la mesure où l’UE accompagne ses projets de libre échange d’une aide économique importante, là où les Américains sont beaucoup plus libres.

Au final, l’UE et les Etats-Unis se livrent une concurrence pas forcément nuisible pour le Maghreb, puisqu’elle fait monter les enchères en faveur des pays maghrébins. Mais il faut s’attendre à ce que les Européens restent structurellement plus engagés dans la région, même s’ils devront apprendre à composer avec les Américains. Les Maghrébins devront, eux, apprendre à négocier à court terme avec les Américains et sur le fond avec les Européens.

Ambitions américaines et perceptions maghrébines:
Hamid Barrada souligne d’emblée que les relations du Maghreb avec les Etats-Unis ne sont pas nouvelles. Le Maroc ne fut-il pas le premier pays à reconnaître les Etats-Unis d’Amérique lors de l’indépendance américaine ? De même, les Américains ont joué un rôle substantiel dans la libération du Maghreb, soutenant les intérêts de la décolonisation et faisant reconnaître politiquement la légitimité du combat algérien.

Proximités américano-maghrébines:
Le traumatisme du 11 septembre a changé la vision américaine du reste du monde. Et leur intérêt pour le Maghreb en est sorti renforcé. Les Marocains avaient infiltré les réseaux islamistes partant combattre les Soviétiques en Afghanistan, et avaient donc in fine infiltré le réseau de Ben Laden. Un bras droit de Ben Laden était d’ailleurs un agent marocain, qui fut livré aux autorités américaines pour connaître le fonctionnement d’Al Qaida. De même, les Algériens ont beaucoup aidé les Américains dans la lutte anti-terroriste. Le chef d’Etat algérien fut le premier des chefs d’Etat à se rendre à Washington après le 11 septembre 2001, et Washington lui a rapidement livré les armes que l’Algérie réclamait à l’Europe pour sa lutte contre le terrorisme… La Libye fut aussi très précieuse aux Américains pour donner des informations sur le rôle des Pakistanais dans la prolifération nucléaire en Iran et ailleurs. Kadhafi jouant la carte américaine, il devient un témoin à charge contre l’Iran. Enfin, la Mauritanie risquait de devenir une base arrière du réseau Al Qaida, l’un des hommes les plus proches de Ben Laden est un Mauritanien. Là encore, Kadhafi a été très précieux aux Américains pour leur donner des informations là-dessus, et sur les plans d’Al Qaida de s’implanter au Sahara. La Mauritanie a dû jouer finement pour ne pas se faire reprocher ses relations inavouables avec l’Irak de Saddam. C’est ainsi que le pays a reconnu Israël (il y a un ambassadeur israélien à Nouakchott) afin de donner des gages aux Etats-Unis. Mais cette politique du régime mauritanien a été vivement critiquée, au point de donner lieu en Mauritanie à un rapprochement entre nationalistes arabes et islamistes.

Les Etats-Unis face aux rivalités algéro-marocaines sur le Sahara occidental:
Les rivalités entre Algérie et Maroc quant au Sahara occidental perturbent les plans américains dans la région. L’affaire du Sahara occidental n’étant pas réglée, chaque Etat a intérêt à collaborer au plus vite avec les Américains pour bénéficier de leur soutien dans le conflit. L’Algérie commença à proposer aux Américains un partage entre Maroc et Polisario. Les Marocains ont alors accepté l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis – accord qui n’a pas une finalité économique mais bien plutôt politique – afin que les Américains ne se mêlent surtout pas de l’affaire du Sahara occidental.
Comme cela est ressorti lors du débat qui a suivi l’intervention de Hamid Barrada, il y a eu un consensus au Maroc sur cet accord de libre-échange : il permettait en effet aux Marocains d’entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis quant au Sahara occidental. L’opposition islamiste marocaine, pourtant représentée au Parlement, ne s’est donc pas opposée à cet accord de libre-échange (conclu en des termes très proches de l’accord américano-jordanien).
Certes, l’Afrique du Sud a pris parti pour le Polisario dans ce conflit du Sahara occidental. Il faut y voir ici la faiblesse de la diplomatie officielle marocaine, qui semble ne pas s’être remise de la disparition de Hassan II qui menait une diplomatie parallèle assez efficace . Au contraire l’Algérie a tout une tradition de diplomatie militante et a un réel intérêt pour l’Afrique noire. Il n’est dès lors pas étonnant qu’elle ait su rallier à elle l’Afrique du Sud. Toutefois, dans ce conflit finalement assez artificiel entre Maroc et Algérie – identitaire pour l’armée algérienne et nationale pour les Marocains comme le disait Hubert Védrine – il semble momentanément que l’Algérie a en fait perdu la main. Elle laisse donc le dossier ouvert, comme en suspens, pour ne pas favoriser un renforcement du royaume jugé préjudiciable à ses intérêts.

Le projet américain pour le grand Moyen-Orient:
Les Maghrébins savent très bien tenir le langage de la démocratie qui plaît tant aux Américains. Qui plus est, les femmes conduisent au Maroc, contrairement à la situation saoudienne, et tout le monde parle de démocratie dans le royaume de Mohammed VI. Autant dire que cela conforte les Américains dans leur bonne opinion sur le Maroc.
Le problème pour les Américains vient plutôt du fait que les Maghrébins sont très bien renseignés sur la politique américaine. Pour Hamid Barrada, les Américains créent de l’islamisme jihadiste tous les jours avec leur politique irakienne, d’autant plus insupportable qu’elle n’est pas suffisamment dénoncée par des voix politiques arabes officielles. Mais cela ne veut pas dire que tous les musulmans adoptent fatalement le point de vue islamiste. Si seuls les musulmans peuvent régler le problème de l’islamisme, la qualité de l’information empêche en fait tout choc de civilisations. Si les Arabes condamnent la politique irakienne des Etats-Unis, ils sont loin d’être tous convertis à l’islamisme. Hamid Barrada souligne en revanche qu’Hassan II avait mal mesuré la capacité de nuisance de l’islamisme saoudien. Le roi du Maroc s’était déclaré fondamentaliste pour ne pas laisser le champ libre aux islamistes. Mais ces derniers sont aujourd’hui au Parlement marocain et pourraient bien gagner en 2007.

Le débat a donné lieu à des échanges éclectiques et intéressants, notamment sur la perception maghrébine d’une éventuelle entrée de la Turquie en Europe. Les Marocains semblent fascinés par la démarche turque de rapprochement progressif mais durable vers l’Union européenne : utiliser l’accord de libre-échange pour mieux poser ensuite sa candidature. Hamid Barrada souligne que le monde arabe perçoit mal que la Turquie puisse être refusée simplement au nom de sa religion majoritaire. En fait, on entend soudain beaucoup parler de la Turquie au Maghreb depuis qu’elle est plus ou moins rejetée. Ce à quoi rétorque Dorothée Schmid, que la Turquie est au contraire entrée en négociation d’adhésion et que cela est perçu positivement au Maghreb.

Quant à la place de la francophonie au Maghreb, Dorothée Schmid sourit à cette « vieille lune de la politique française » qu’il faudra bien revoir un jour. Si l’anglais devient effectivement la langue diplomatique que les élites maghrébines apprennent, il n’a pas de perspectives rapides d’usage courant pour la population. Pour Hamid Barrada, les deux langues, arabe et française, cohabitent harmonieusement au Maroc notamment, où on parle aussi espagnol au Nord. A Dubai, les cours de français se développent prodigieusement pour… les Indiens et Pakistanais qui veulent émigrer au Canada ! Dorothée Schmid ajoute que depuis la délivrance plus parcimonieuse de visas américains aux étudiants arabes, ceux-ci ne se tournent certainement pas vers la France, mais vers les universités américaines du Caire et de Beyrouth.

Au final, ce café semble donner une leçon de réalisme politique. Les Maghrébins savent bien qui est l’hyperpuissance du monde actuel. S’ils ne partagent pas nécessairement ses politiques, loin de là bien souvent, ils ne tiennent pas à rester sourds aux intérêts américains pour la région.

Compte-rendu : Olivier Milhaud, Université de Paris 1

Source: Café-Géo