sept 02 2010

L’Autriche va-t-elle sortir de l’Union europĂ©enne ?

En réponse à l’imposition brutale du Traité de Lisbonne, une plate-forme de citoyens a lancé une initiative nationale pour obtenir le retrait de l’Autriche de l’Union européenne. Il s’agit en premier lieu de garantir la liberté politique du peuple et le sauvetage des bases existentielles de l’Autriche : du (re-)développement d’un marché intérieur à l’abri des crises et d’un Etat social, ce qui n’est possible qu’à l’intérieur d’Etats indépendants, de remettre la neutralité au centre de la politique extérieure, de la liberté d’accepter ou refuser les OGM, de la réintroduction d’une monnaie nationale et de l’introduction d’une démocratie directe selon le modèle helvétique.

autriche

Les droits de souveraineté transférés aux organes communautaires, comme le prévoit le Traité de Lisbonne, ne sont pas limités et suite à cela, pas assez légitimés démocratiquement.

Puisque plus de 80% des lois sont imposées par l’UE à l’aide de prescriptions, directives, décisions et autres consignes, plus aucun politique ne porte de responsabilité pour ces lois. Ni les députés «représentants du peuple», ni la Cour constitutionnelle autrichienne ne s’opposent à cet politique européenne antidémocratique.

La majorité du peuple autrichien s’oppose à l’UE. Ainsi en témoigne le sondage effectué par le Linzer Meinungsforschungsinstitut Imas, révélant que 54% de la population estime que l’UE apporte plus de désavantages que d’avantages au pays .

Il faut rendre au peuple autrichien ses droits politiques

Economie

Les entreprises nationales qui sont en relation avec la population, ont de moins en moins de chances de survie dans un système supranational. L’Autriche ne peut plus conclure d’accords commerciaux, vitaux pour la protection de l’économie nationale, du fait de son appartenance à l’UE; le commerce international est entièrement dans les mains des organes centraux de l’UE. De nombreuses petites et moyennes entreprises ont dû fermer leurs portes depuis l’adhésion du pays à l’UE, dont beaucoup d’artisans et d’entreprises de production de biens, offrant à la jeunesse des places d’apprentissage et des emplois et contribuant fortement à l’économie nationale. Sans souveraineté économique, un Etat ne peut remplir sa mission de sauvegarde de la stabilité économique; il ne peut ni la conserver ni la développer.

C’est l’AELE qui se présente comme la véritable alternative à l’UE.

Son avantage principal est que, au con­traire de l’UE, elle ne mène pas de libre échange illimité. Les accords de l’AELE prévoient notamment une réduction des taxes douani­ères pour les produits industriels, mais chaque pays conserve le droit d’imposer ces dernières aux pays tiers et conserve sa propre politique économique et moné­taire. Et surtout: l’agriculture et le marché du travail sont exclus du libre échange!

L’AELE a une grande importance pour un pays comme la Suisse, fortement orienté vers les exportations, une voie dans laquelle devrait s’engager (à nouveau) l’Autriche.

Etat social

Le principe suprême de l’UE, soit les «libertés du marché», autrement dit la liberté illimitée de l’échange de marchandises, d’établissement, des services, la libre circulation des travailleurs, ainsi que la libre circulation des capitaux. Cette dernière est essentielle pour les multinationales, puisqu’elle permet une politique orientée vers le profit maximum, source de difficultés majeures pour beaucoup de monde; cette politique est soutenue depuis des décennies par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE). La politique sociale y est totalement ignorée. La preuve en est apportée par l’augmentation constante du chômage, par la diminution des rentes vieillesse et l’écart s’élargissant entre riches et pauvres.

Neutralité

Est neutre un pays menant sa propre politique étrangère (comme la Suisse), se tenant strictement à l’écart de tout pacte militaire, et servant ainsi la paix. Du fait de son armée, à laquelle participe l’Autriche, l’UE représente elle-même un pacte militaire. A quoi il faut ajouter son étroite relation à l’OTAN, dont la majorité des pays de l’UE sont membres. Dans le dernier document sur la politique de sécurité du gouvernement fédéral autrichien, il est question d’inclure davantage le pays dans les structures de sécurité internationales, l’OTAN y gagne en importance, et le devoir d’assistance et de participation à des expéditions militaires est renforcé. Le Traité de Lisbonne nous contraint à améliorer constamment nos capacités militaires (exigence de réarmement) et à participer, le cas échéant, à des interventions bellicistes, souvent dénommées «mission de combat contre le terrorisme». Cette dernière mission finit parfois dans des guerres d’agression menées de par le monde.

Ce n’est qu’en quittant l’UE qu’il sera possible de retrouver la neutralité en tant que base pour la politique étrangère autrichienne.

Liberté d’accepter ou de refuser les OMG

Du fait des «libertés illimitées du marché» obligatoires, il n’est pas possible pour un Etat membre de l’UE d’empêcher l’importation de fourrage OMG, par exemple les pommes de terre cultivées industriellement (Amflora) ou bien des produits finis contenant des ingrédients OMG. Il est absolument nécessaire de respecter la volonté des 1,2 million d’Autrichiens qui ne veulent pas de génie génétique ni dans l’agriculture, ni dans les produits alimentaires. Les revendications de l’initiative populaire de 1997 à ce sujet sont toujours d’actualité:

1. pas de nourriture sortant des laboratoires de génie génétique en Autriche;

2. pas d’autorisation pour la mise en liberté d’êtres vivants génétiquement manipulés;

3. pas de brevets sur la vie.

La politique de l’UE nous interdit cette protection, c’est pourquoi il faut s’en retirer.

Monnaie nationale

La monnaie nationale est une caractéristique primordiale d’un Etat. L’Autriche n’est plus en mesure de diriger son économie par une politique monétaire et de crédits; c’est pourquoi il lui faut retrouver sa propre monnaie (p. ex. le Schilling), afin d’assurer sa stabilité économique. Encore récemment, l’Autriche a dû verser 2,3 milliards d’euros pour la prétendue «aide à la Grèce» et 12,6 milliards pour le «plan de sauvetage» de l’euro. Cette procédure est anticonstitutionnelle et contrevient aux accords – selon les experts. Le résultat de cette politique erronée est une inflation galopante et le risque d’une conversion monétaire sur le dos des contribuables.

L’internationalisation des monnaies nationales est une erreur qui a contribué aux difficultés financières et économiques actuelles. La reprise des déficits de pays instables par des pays stables, ces derniers représentant le socle de l’euro, amplifie encore les difficultés. En sortant de l’UE, l’Autriche pourrait retrouver sa propre monnaie et mettre un frein au renchérissement.

Agriculture

L’agriculture doit être protégée par la réintroduction de taxes douanières et de restrictions commerciales. Ce qui permettrait d’assurer l’approvisionnement du pays avec des produits locaux. Nous avons besoin d’une politique agricole qui a pour but le ravitaillement de la population par des produits sains, la préservation des surfaces arables ainsi que leur exploitation écologique. Il faut obtenir pour les producteurs des prix con­formes à leur travail et dans la mesure du possible favoriser la vente directe de produits de première nécessité, soit par le paysan lui-même soit par des coopératives agricoles. C’est fondamental pour assurer la sécurité alimentaire.

L’UE nous impose une production industrielle des produits alimentaires sur d’immenses exploitations et détruit ainsi les structures familiales réduites qui sont capables de s’adapter aux besoins régionaux de la nature, de l’homme et des animaux. Les agriculteurs sont tributaires des prix du marché mondialisé et des subventions de l’UE. Uniquement en quittant l’UE l’agriculture paysanne pourra survivre.

La liberté et la démocratie sont le fruit d’une lutte séculaire, les puissants n’ayant jamais lâché volontairement leur pouvoir.

Comment soutenir cette initiative populaire

Tous les citoyens autrichiens, âgés de 16 ans révolus, sont habilités à signer les initiatives populaires. Dès que 8032 citoyens (1 pour mille de la population) auront signé la déclaration de soutien, le ministère de l’Intérieur annoncera publiquement pour tout le pays la semaine au cours de laquelle seront récoltées les signatures.

Vous trouverez les déclarations de soutien sur Internet à l’adresse webinformation.at.

Vous pouvez aussi vous procurer ce document par téléphone: +43 650 736 22 00 ou par courriel: helmutschramm@gmx.at.

Source : Horizons et Débats

sept 01 2010

Un retrait des troupes d’Irak en trompe l’Ĺ“il: les soldats occupants Ă©tats-uniens remplacĂ©s par des mercenaires

Les Etats-unis ont confirmé que le nombre de soldats présents en Irak aujourd’hui est inférieur à celui au moment de l’invasion du pays, en 2003. Ce fait va être utilisé dans le cadre d’une manœuvre de propagande qui a comme objectif de dissimuler le maintien d’une force occupante et le remplacement de soldats par des mercenaires.

mercenaires

La déclaration de Barack Obama, annoncant la fin de la mission de combat sur ce territoire et le début d’ « opérations contre-terroristes » menées par une « force de transition » jusqu’au retrait « des troupes nord-américaines en 2011 », avait déjà fait la une des journaux début août. Mais ce qui a fait, avec un écho encore plus important, les unes des journaux des médias dominants, c’est la confirmation que les Etats-unis conservent en Irak un nombre de soldats inférieur à celui qu’ils avaient au début de la guerre contre ce pays.

Effectivement, avec le retrait de la quatrième brigade pour le Koweit et le transfert d’hommes et de matériels de guerre de ce pays du Moyen-Orient vers l’Afghanistan, également occupé, le nombre total de soldats de Washington tourne autour de 55 000, pouvant même être réduit à 50 000 d’ici au 31 août.

Mais quant aux faits correspondants à la réalité, arrêtons-nous ici. C’est que surfant sur la vague du départ d’une partie du contingent – il convient de ne pas oublier qu’il reste en Irak 50 000 militaires étrangers – le gouvernement des Etats-Unis en profite pour faire croire que la force qui restera cessera de réaliser des opérations de combat, se limitant à former les militaires irakiens, et que la date limite pour le départ définitif serait la fin de l’année 2011.

Déclarations occultées

Maintenant, la vérité est que pour les fonctionnaires ayant une responsabilité élevée, comme le commandement militaire David Patreus, les Etats-unis non seulement ne sont pas prêts à sortir d’Irak puisque ils conservent « une énorme capacité [opérationnelle] », a-t-il déclaré dans une interview à CBS.

Dans le même sens, l’Inter Press Service a trouvé auprès de sources liées aux cercles gouvernementaux que les 50 000 soldats qui resteront ne se confineront pas à leurs missions de formation ou à des opérations de défense du personnel et des installations nord-américaines.

Un autre qui semble avoir ignoré les propos du président est l’attaché du presse du général Patreus, Geoff Morrell, soulignant « que je ne connais personne qui ait déclaré la fin de la guerre ».

De même, pour le vice-assistant du secrétaire à la Défense, Colin Khal, les Etats-Unis sont en Irak « pour y rester encore longtemps » et toute décision est suspendue jusqu’à « ce que l’on voie ce que le gouvernement va faire ».

La phrase, apparemment énigmatique, a été déconstruite par la presse nord-américaine, qui spécule sur la possibilité que le futur gouvernement du pays se prépare à demander aux Etats-unis de rester au pays.

Les entreprises de sécurité doublent leur nombre

Par ailleurs, le maintien de dizaines de milliers de soldats en Irak – dans les termes de ceux qui les voit encore y rester pour longtemps et avec toujours les mêmes fonctions – est accompagné de la substitution de soldats sur le départ par des milliers de mercenaires au service des entreprises de sécurité.

La décision de remplacer la force militaire par une autre « civile » a été prise dans une réunion de hauts-responsables militaires nord-américains, qui s’est déroulé le 19 juin, bien que cela n’ait été clairement reconnu qu’à partir du 16 août.

Le plan est de donner au Département d’Etat un rôle plus effectif dans la coordination des opérations et d’entretenir des relations étroites avec les entreprises de sécurité privées. Celles-ci vont disposer d’hélicoptères, de chars d’assaut et de la technologie pour faire fonctionner des radars, de manière à ce qu’elles puissent demander des attaques aériennes et elles vont pouvoir téléguider des drones de combat, a informé le New York Times.

Le doublement du nombre d’entreprises sous-traitantes en Irak n’est pas une hypothèse. Le porte-parole du département d’Etat, P.J.Crowley, a admis que le total d’entreprises sous-traitantes en Irak pourrait atteindre les 7 000, admettant, également, que les Etats-Unis « ont des plans très spécifiques pour assurer la sécurité quand les militaires partiront ».

Actuellement, il existe en Irak 112 000 mercenaires au service de diverses entreprises, auxquels s’ajoutent plus de 11 500 individus inscrits en tant que personnel de sécurité privé et au moins 1 200 au titre de conseiller en sécurité, a publié de son côté le Guardian.

Le nouveau rĂ´le de la CIA

D’après le New York Times, l’agence des services secrets nord-américaine prend de plus en plus un caractère para-militaire, approfondissant, depuis l’entrée en fonctions de Barack Obama, la réalisation d’attaques avec des drones et l’élimination des personnes suspectées de terrorisme.

L’assistant du président des Etats-unis, John Brennan, qualifie les nouvelles lignes directrices comme un remplacement de la politique du marteau par celle du bistouri.

Par ailleurs, le lien avec les entreprises de services de sécurité s’est également intensifié, surtout au Pakistan et en Afrique du nord avec la mise en œuvre d’opérations clandestines de détention et d’arrestation de groupes présumés extrémistes.

Article issu de la revue portugaise Avante

Traduction : Solidarité Internationale


sept 01 2010

Pour une Contrelittérature de résistance

La littĂ©rature est-elle morte ? Elle est en tout cas, Ă  l’Ă©vidence, disqualifiĂ©e Ă  dessein, marginalisĂ©e et maintenue, de force, dans l’ombre, par « l’ordre en place » et ses officines de contrĂ´le. Cette prohibition exercĂ©e par l’ennemi ne se cantonne pas exclusivement Ă  la zone du politiquement correct, ce qui serait dĂ©jĂ  inconcevable, mais va bien plus loin encore, parce que cette prohibition concerne aussi, et surtout, la qualitĂ© de la production littĂ©raire en cours : l’ordre d’interdiction en vigueur exige que l’on empĂŞche l’Ă©mergence de toute Ĺ“uvre d’un niveau non-subalterne. Ordre donnĂ© et suivi sans faille, sans la moindre dĂ©rogation.

Aussi, avec les moyens qui sont les nĂ´tres,  nous contribuerons Ă  faire Ă©clore, par la l’Ă©dition et la diffusion d’une dizaine de titres par an, une contrelittĂ©rature de rĂ©sistance. Le roman de Nicolas Deloffre, « Jihad, trois jours avec Cyril », que nous prĂ©sentons ci-après – et qui est actuellement en impression – sera le premier livre dont nous assurerons, d’ici quelques semaines, la diffusion.

Mecanopolis

mecano

« Jihad, trois jours avec Cyril »

Un roman qui prend Ă  contre-pied toute la lâchetĂ© de la presse mondaine et qui donne un grand coup Ă  la politique atlanto-sioniste de Sarkozy, est sur le point de jaillir de l’underground mĂ©diatique, Ă  dĂ©faut d’ĂŞtre encensĂ© par les rĂ©seaux de l’Ă©dition bien alignĂ©e. Les derniers rĂ©sistants du Monde libre, ce Monde sans frontière qui s’Ă©tend de jour en jour et dĂ©verse son sĂ©rum de vĂ©ritĂ© et ses cures informatives Ă  base de bon sens et de discernement, soutiennent ce projet littĂ©raire de toutes leurs forces, malgrĂ© les censures et autres boycottes des esclaves de la pensĂ©e unique.

Ces rĂ©sistants du monde numĂ©rique espèrent de tout cĹ“ur voir l’explosion de vĂ©ritĂ©s sorties tout droit des sous-sols mĂ©diatiques, Ă©clabousser la bonne presse et rendre ainsi hommage Ă  la libertĂ© d’expression, de pensĂ©e et d’agir pour l’agrĂ©gation des bonnes volontĂ©s rĂ©conciliatrices.

Ce livre, que bon nombre de ploutocrates accroupis devant l’idĂ©ologie capitaliste ultralibĂ©rale et leurs dĂ©cideurs banquiers souhaiteraient faire disparaĂ®tre Ă  jamais, s’intitule « Jihad, trois jours avec Cyril ». Un titre provocateur me direz-vous. Pas si l’on considère la vĂ©ritable dĂ©finition du Jihad Majeur, celui qui consiste pour celui qui l’applique, Ă  lutter contre soi-mĂŞme, ses dĂ©fauts et ses faiblesses, faisant que chaque jour soit un pas de plus sur le chemin de la saintetĂ© et de la soumission Ă  Dieu, Le MaĂ®tre des voies d’ascension. C’est ainsi que Cyril, le personnage principal de ce roman conçoit la vie. MalgrĂ© sa condition de chĂ´meur, de musulman victime de l’islamophobie Ă©tatique, et de jeune Ă©rudit, il avance en donnant Ă  son quotidien et Ă  sa lutte les caractères les plus nobles. Son but : dĂ©noncer les dĂ©marches et desseins obscènes des politiciens belliqueux et de leurs complices « journaleux », tout en survivant dans une jungle urbaine dont il connaĂ®t les pièges par expĂ©rience. Terrible combat, surtout pour un jeune homme qui, en dĂ©pit de la duretĂ© de l’Ă©poque, souhaite manifester tout l’amour qu’il est encore capable d’exprimer Ă  sa mère et Ă  son entourage.

Ainsi, ce roman donne-t-il une vision neuve, purifiĂ©e et Ă©clairante de l’actualitĂ©. Il traite avec Ă©normĂ©ment de clartĂ© des phĂ©nomènes d’atomisation des gens, il en explique les raisons et par l’exemple de Cyril, montre des solutions concrètes de lutte. L’idĂ©al proposĂ© n’est pas une conversion des masses Ă  l’Islam, mais au contraire, une comprĂ©hension mutuelle et une unification des gens autour de la lutte contre les vrais ennemis des libertĂ©s fondamentales. La mĂ©thode que Cyril exprime par son comportement est celle de l’Amour ; avec un grand A s’il vous plaĂ®t. A l’heure oĂą les dirigeants nous embarquent vers une guerre mondiale contre l’Iran et des affrontements interreligieux menant Ă  des Ă©ventuelles guerres civiles par la division des citoyens, il n’y a plus d’autre Ă©chappatoire possible que l’amour et la rĂ©conciliation gĂ©nĂ©rale des Français.

Évidemment, ce genre d’idĂ©es n’est pas Ă  la mode. Dire le contraire de ce que s’Ă©puisent Ă  nous faire gober les organes de propagande du pouvoir est un crime grave. Avant Nicolas Deloffre, l’auteur de « Jihad, trois jours avec Cyril », bon nombre de personne ont dĂ» endurer dans leurs chaires l’acharnement des ennemis de la libertĂ© d’expression. On pense tout de suite Ă  DieudonnĂ© ou Ă  Blanrue, mais on ne peut ignorer le cas de Vincent Reynouard, ce Français de 41 ans, enfermĂ© en ce moment mĂŞme dans les geĂ´les françaises pour ne pas avoir pensĂ© comme il le fallait.

Deloffre n’est pas le seul Ă  vouloir faire de la prise de conscience gĂ©nĂ©rale son fer-de-lance. Cependant, ce qui le diffĂ©rencie des autres auteurs, c’est le soin qu’il apporte Ă  prouver par l’exemple de Cyril, que l’Islam procure Ă  celui qui l’applique sĂ©rieusement, selon l’exemple du prophète Muhammad, une sĂ©rĂ©nitĂ© et une force d’amour transcendante Ă  toute Ă©preuve. Deloffre est convaincu que ce sont ces aspects du personnage qui grènent le plus. Comment convaincre les gens qu’il faut anĂ©antir l’Iran, humilier et rabaisser les musulmans pour les convertir au capitalisme ultralibĂ©ral si ce petit con de Cyril se mets Ă  donner une bonne image de l’Islam ? VoilĂ  en rĂ©sumĂ© la problĂ©matique que se posent les dĂ©cideurs face Ă  un livre de cette teneur. Car on le sait, Pierre Hillard, le cĂ©lèbre Docteur en science politique l’a expliquĂ© Ă  maintes reprises : l’Islam est l’ultime rempart au nouvel ordre mondial et donc le dernier espoir des peuples libres, toutes cultures et toutes religions confondues.

Alexis Esselier, pour Mecanopolis

alexis [at] mecanopolis.org

Alexis Esselier

août 31 2010

L’avenir de « l’ordre mondial » se construit sur nos vies

Tous les curseurs sont maintenant au rouge et les agences mondialistes prĂ©voient les pires scĂ©narios. Après la pause estivale, il est Ă  craindre que la crise Ă©conomique ne connaisse une nouvelle phase. Mais l’impasse dans laquelle nous nous trouvons ne serait-elle pas le moyen de reconfigurer notre monde, et l’Occident en premier lieu ?

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Lors d’un discours devant la Chambre de Commerce de San Antonio, le 29 juillet, Richard Fisher, président de la Réserve fédérale de Dallas (une des 12 branches régionales de la Fed), a décrié l’impasse monétariste dans laquelle sont pris les Etats-Unis, et donc, par extension, le monde. Déjà, au printemps, Fisher s’était fait remarquer en soutenant le retour à la Loi Glass-Steagall de Franklin Roosevelt et l’interdiction des produits dérivés. D’après le reporter du SanAntonio Express-News présent sur place, Fisher a déclaré qu’il n’était pas possible pour la Fed d’émettre de la monnaie pour tenter de combler le déficit américain. « On sait ce qui arrive lorsque les banques centrales accèdent à ce type de demandes : cela nous embarque sur la pente glissante de la dévaluation de notre monnaie et nous met sur les rails de l’hyperinflation et de la destruction économique. Ni mes collègues ni moi ne sommes prêts à nous risquer sur cette voie. »

Apparemment, il ne doit pas considĂ©rer le gouverneur de la Fed comme un de ses collègues puisque Ben Bernanke, comme son confrère europĂ©en Jean-Claude Trichet, argue que les injections massives de liquiditĂ©s sont nĂ©cessaires pour la « stabilité ». En rĂ©alitĂ©, les Ă©changes interbancaires sont au point mort, et si les banques fĂ©dĂ©rales venaient Ă  cesser leur soutien, c’est toute la machine financière mondiale qui se gripperait. Cela risque bien d’arriver d’ici novembre prochain, car il est dĂ©sormais impossible que l’Espagne puisse faire face Ă  ses Ă©chĂ©ances, et sa dette publique et privĂ©e cumulĂ©e pourrait Ă  elle seule engloutir le plan d’aide europĂ©en de 750 milliards d’euros.

Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement »

Le dernier rapport de la Fondation Rockefeller, publiĂ© il y a deux mois, n’y va pas par quatre chemins, et prĂ©voit des « annĂ©es de malheur ». Le document, intitulĂ© « ScĂ©narios pour l’avenir de la technologie et le dĂ©veloppement global », prĂ©dit un cataclysme Ă©conomique qui entraĂ®nera des guerres civiles puis un effondrement des civilisations.

Des événements dévastateurs comme le 11 septembre, le tsunami en Asie du Sud en 2004, ou le tremblement de terre en Haïti en 2010, ont préparé les mentalités à des catastrophes inattendues,mais certainement pas à une succession sans relâche de catastrophes encore plus considérables. Quoique les catastrophes dont nous avons connaissance actuellement, tels les incendies en Russie ou les inondations au Bouthan et au Pakistan en paraissent un avant-goût.

L’étude décrit également les nations perdant le contrôle de leurs finances publiques et une incapacité à gérer l’ordre et la stabilité provoquant toujours plus de violence, de criminalité et de troubles au sein de la société. Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement ». Les gouvernements ne pourront plus surveiller, identifier ou restreindre ces activités illégales, indique le rapport, d’où la nécessité de mettre en œuvre un système de sécurité hautement sophistiqué afin de contrôler les intégrants du réseau ainsi que leurs activités à l’extérieur dudit réseau (Internet). « La différence entre les nantis et les plus défavorisés sera de plus en plus grande. Les plus riches auront encore les moyens financiers de se protéger. Les quartiers privés et sécurisés fleuriront partout dans le monde. Ce seront des sortes d’îlots entourés de bidonvilles. (…) Il sera de rigueur non pas de construire une maison, mais bien une forteresse avec de hauts murs et protégée par du personnel armé provenant d’entreprises de sécurité privées » précise encore la Fondation Rockefeller.

Les technologies de vérification de l’identité deviendront une routine de la vie quotidienne. Une base de données d’enregistrements de rétines, volée par des pirates en 2017, sera utilisée pour créer de nombreuses fausses identités dans le milieu des années 2020.


NOTRE MONDE EST UN JEU
envoyé par Mecanopolis.

En ligne de mire, « la société 20/80 »

Tandis que la technologie Internet est diabolisée dans ce scénario d’anticipation, l’étude de la Fondation mondialiste prévoit également une explosion sur le marché noir de récoltes d’aliments produits à partir d’OGM, appelés ici et pour l’occasion « progressistes », par les masses populaires décimées et appauvries.

Mais le rapport de la Fondation Rockefeller prĂ©conise Ă©galement des solutions pour contenir les populations plongĂ©es dans la pauvretĂ© : le « fearmongering » (propagande de la peur), qui peut ĂŞtre utilisĂ© Ă  propos du changement climatique, des catastrophes naturelles ainsi et des attaques terroristes Ă  grande Ă©chelle comme « outil de contrĂ´le des populations ». « Choc des civilisations », « axe du mal », « islamo-fascisme », « sĂ©curitĂ© intĂ©rieure »… Ces slogans et scĂ©narios catastrophes ne sont pas nouveaux, et ils ne visent qu’Ă  obtenir un consentement gĂ©nĂ©ral afin de remodeler l’Ă©conomie mondiale dans le but de la rendre plus efficace et sous le contrĂ´le d’une oligarchie financière totalitaire. En 1995 eut lieu le premier State Of The World Forum,Ă  l’HĂ´tel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre Ă©tait d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de dĂ©finir la politique globale utile Ă  leur mise en Ĺ“uvre. Les dirigeants rĂ©unis Ă  San Francisco (MikhaĂŻl Gorbatchev, George H.W. Bush, Margaret Thatcher, Zbigniew Brzezinski, Vaclav Havel, Bill Gates,Ted Turner, etc.) sont parvenus Ă  la conclusion que l’arrivĂ©e de la dĂ©nommĂ©e « sociĂ©tĂ© 20/80 » Ă©tait inĂ©luctable, Ă  savoir celle dans laquelle le travail de 20 % de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalitĂ© de l’appareil Ă©conomique de la planète. La population restante (80 %, donc) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

Tittytainment

C’est ici qu’entre en jeu le « tittytainment », concept de Zbigniew Brzezinski, présenté lors de la réunion à l’Hôtel Fairmont. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le « tittytainment », comme une combinaison des mots anglais : tits (« nichons » en jargon américain) et entertainment qui, en aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles,mais au contraire comme allusif à l’effet soporifique et léthargique que l’allaitement maternel produit chez le bébé quand il tète.

Puisque nos « élites » projettent de longue date d’établir cette loi de Pareto en véritable modèle de société,nous pouvons penser en toute logique qu’ils ne se gêneront pas pour utiliser des moyens peu scrupuleux afin de mettre en œuvre une méthode qui multipliera leurs profits et leur pouvoir. Entre autres,la détérioration des conditions de vie globales des citoyens peut y contribuer. En effet, les États ont privatisé tant de secteurs rentables et nationalisé tellement de secteurs coûteux, que les budgets de la Sécurité sociale, de l’enseignement et de ce que l’État possède encore dans le domaine de la médecine ne cessent de diminuer, tout simplement parce que l’État n’est plus capable de tenir le rythme des financements. Il n’est pas nouveau que la médecine soit majoritairement une affaire privée et qui doit donc prioritairement se montrer rentable, mais l’enseignement est lui aussi en début de privatisation, et qui sait ce qui sera enseigné dans les écoles lorsque ce processus aura abouti…

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources

(Titre modifié par Mecanopolis)

août 31 2010

Terrorisme : le règne de la peur

Comment gouverner des populations rétives ? En leur faisant peur. Une martingale qui remonte à loin et qui se montre toujours efficace. Jusqu’à quand ?

gauthier

Naguère, le religieux se mêlait intimement au politique, la peur de l’enfer était donc un puissant levier de gouvernance, personne n’ayant envie de finir au fond d’un chaudron à se faire taquiner le fion par des diables cornus aux tisonniers fourchus. En Occident, le spirituel s’étant depuis longtemps incliné devant le temporel, le bidule fonctionne évidemment moins bien. Mais le Système étant connu pour avoir de la ressource, il aura suffi de changer les données de l’équation pour que cette dernière perdure, la peur de la mort ayant remplacé celle de la damnation.

Ainsi, chassez le religieux par la porte et il revient derechef par la fenêtre : d’où cette peur mondialisée, insufflée par les USA, entité à vocation mondiale et messianiste se confondant, pour les âmes simples, avec cet « Occident » évoqué à l’instant. Ils sont le camp du « Bien ». Ceux qui s’opposent se retrouvent donc dans celui du « Mal ». Et ce « Bien » autoproclamé ne peut « avancer » que s’il a en face un « ennemi » à sa mesure. D’où cet extravagant défilé de diables peints sur les murs et jetés à la vindicte populaire : jésuites comploteurs, bolcheviks au couteau entre les dents et…maintenant, islamo-terroristes. En guise de piqûre de rappel, on rappellera justement qu’en Inde, celle des serpents cause bien plus de morts que la nébuleuse islamiste.

Il n’empêche, le monde anglo-saxon, jadis connu pour son indubitable respect des libertés individuelles, est devenu l’un des plus liberticides au monde. Loi des suspects,arrestations arbitraires, tortures officialisées dans des goulags secrets, etc. Pis,enclenchant la surmultipliée, la Maison blanche, pourtant en guerre permanente depuis 1776, porte le fer partout dans le globe. Que ce soit en Orient, en Afghanistan, dans les Balkans, et de façon larvée en Amérique du Sud. Et avec à chaque fois ce prétexte : « Si nous menons la guerre au terrorisme,c’est pour mieux vous protéger… » Mais nous protéger de quoi ? Les structures d’Al-Qaïda ont été détruites depuis 2003, nos meilleurs analystes de la DRI et de la DGSE l’ont depuis longtemps confirmé. Ce n’est pas demain que des Talibans à mobylette parachuteront leurs troupes d’élite sur Time Square. On nous fait peur avec la « stratégie conquérante » de l’islam,mais qui dit « stratégie » dit « stratège »… Et si le Vatican peut avoir une stratégie – le Pape a une diplomatie, des moyens, une adresse, un numéro de portable – les musulmans et encore moins leurs « terroristes » n’ont rien de tout ça. Pas de stratège, donc pas de stratégie. Accuser l’adversaire de ses propres turpitudes, vieille ruse dialectique que les marxistes-léninistes ont si souvent employée, et qui ressert aujourd’hui à ceux dont les stratèges ont les moyens de leur stratégie : les tenants du Nouvel ordre mondial dont le pavillon américain n’est, en l’occurrence, que de complaisance. La ficelle est grosse ; du genre de ces histoires qu’on raconte aux enfants afin qu’ils finissent leur soupe.

Soupe mondialiste qu’on entend nous faire avaler de force pour notre bien. Sous la contrainte de la peur, celle qui est communément la mieux acceptée. Un peu comme si on demandait à une femme violée de faire semblant d’éprouver le grand frisson.

Nicolas GAUTHIER, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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août 26 2010

Les pays européens pauvres privés de droit de vote à Bruxelles ?

La récente menace de l’agence de notation Moody’s de dégrader la note de la dette souveraine des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, moyen de redonner un coup d’accélérateur à la reconfiguration mondiale de l’économie ? Explications.

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Dans son rapport, publié le 18 août dernier, Moody’s ne se fonde pas uniquement sur l’ampleur de l’endettement accumulé, mais sur la capacité des États à payer la charge de la dette en cas de chocs : panne de croissance, moindres rentrées fiscales ou remontée spectaculaire des taux d’intérêts. C’est donc la marge de manœuvre des États-Unis et de l’Europe pour assumer le seul paiement des intérêts sur leurs emprunts qui se retrouve dans le collimateur. Le remède préconisé par l’agence passe par la mise en place de programmes crédibles de redressement des finances publiques à moyen terme.

Par un hasard pour le moins surprenant, ce même 18 août, Nicolas Sarkozy convoquait au Fort de Brégançon François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin pour une réunion consacrée à la croissance et aux déficits publics. La menace de la dégradation de la note de la dette de la France ne manquera pas de constituer un argument majeur pour la mise en place du plan de bataille de la réforme des retraites. Mais ce n’est là que le premier volet de toute une série de mesures d’austérité qui vont devoir – et c’est le sens de la mise en garde de Moody’s – être simultanément appliquées à l’ensemble des pays européens.

Un “gouvernement économique” des plus flous…

C’est ce que prépare Hermann van Rompuy, le président du Conseil européen, avec son groupe de travail (“task force”) sur le “renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire au sein de l’Union”, qui rendra son rapport pour la fin du mois d’octobre prochain. Même si le flou demeure actuellement sur la notion de “gouvernement économique”, et des modifications nécessaire qui seront faites aux traités actuels pour lui donner une existence juridique, on peut déjà entrevoir les mesures qui seront imposées, non plus aux seuls pays de la zone euro, mais à l’ensemble des pays membres de l’Union.

Ă€ brève Ă©chĂ©ance, il faudra Ă©liminer toute disparitĂ© entre pays membres. Par exemple, la sĂ©curitĂ© sociale Ă  la française n’est pas compatible avec le rĂ©gime des assurances maladies privĂ©es de l’Allemagne. Bien sĂ»r, cette intĂ©gration des Ă©conomies se fera par le bas, puisqu’il convient d’amĂ©liorer la “compĂ©titivité” et non la justice sociale. Comme l’indiquait Christine Lagarde il y a quelques semaines, alors qu’elle rencontrait son homologue allemand : « La cure passe par des procĂ©dures budgĂ©taires croisĂ©es, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgĂ©taire ».

C’est en fait l’ensemble des mesures qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.) qui doivent maintenant être élargies à l’ensemble des pays de l’Union. Les pays qui n’arriveront pas, à moyen terme, à ramener leur dette a moins de 60 % du PIB seront amendés par Bruxelles (sanction financière), et leurs droits de vote seront suspendus (sanction non financière).

En guise de conclusion – tout à fait provisoire – nous vous livrons ici quelques mots que nous adressait Pierre Hillard, essayiste et docteur en sciences politiques, dans un récent courrier. L’occasion d’exprimer assez précisément un sentiment qui pourrait bien devenir notre triste réalité d’ici quelques semaines :“Humainement, nos ennemis ont gagné la partie. Nous allons être fixés sur notre sort très rapidement. En fait, déjà d’ici la fin de l’année.”

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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août 25 2010

A ceux qui n’ont de cesse que de trahir la souverainetĂ© suisse

Le bilatéralisme va semble-t-il atteindre ses limites mais la Suisse officielle redoute un débat sans préjugés sur l’avenir de notre politique européenne. Il faut que cela change. Presque quotidiennement les médias nous serinent que la voie de l’indépendance de la Suisse est bouchée. Comment se fait-il qu’il vient justement maintenant à l’idée des médias que la population suisse, dont on sait qu’elle est opposée dans sa majorité à une adhésion à l’UE, devrait absolument dé­battre de ce sujet?
Ceux qui ont lu l’ouvrage du think tank «Avenir Suisse» paru aux éditions de la Neue Zürcher Zeitung et intitulé «Souveränität im Härtetest» (La souveraineté en cause1) ne peuvent s’empêcher de penser que de nombreux orateurs du 1er-Août s’en sont inspirés, ou inversement?

Actuellement a lieu une importante campagne planifiée depuis longtemps et qui a pour objet de faire plier le peuple opposé à l’adhésion. On répète cette absurdité ad nauseam dans toute la presse ainsi qu’à la télévision. Nous n’aurons bientôt plus qu’une solution: nous désabonner et ne plus payer la redevance.

A l’automne 2011 auront lieu les élections au Conseil national et il s’agit de faire en sorte que les partis défendent une politique qui «sonde de nouvelles voies dans la mesure du possible» (Markus Spillmann). De nombreux médias et politiques chantent la même antienne.

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Tout le monde le sait: le modèle suisse est une réussite et l’on s’en rend compte justement à un moment où de nombreux pays sont secoués par des crises politiques et écono­miques. La stratège d’Avenir Suisse Katja Gentinetta ne l’ignore pas lorsqu’elle constate que «jusqu’à présent, la Suisse a su imposer une stratégie de souveraineté particulièrement réussie: la politique étrangère, principalement la poli­tique européenne, signifiait en fait d’abord la politique économique extérieure: ceci lui a facilité la route en vue d’une forte intégration dans le marché unique tout en maintenant une grande indépendance politique et institutionnelle.». Que vouloir de plus, madame Gentinetta? Or les choses ne ­peuvent pas en rester là: «Dans les circonstances actuelles, exprimer l’idée d’un rapprochement de l’UE, même comme une sorte de worst case scenario, signifie emprunter un chemin très long et conflictuel.» (p. 26). Faut-il se rapprocher d’une UE au bord de la faillite? (cf. Bruno Bandulet, «Die letzten Jahre des Euro»).

«Je suis horrifié», nous fait savoir officieusement un membre de la Banque nationale suisse. Il se réfère à une étude de la Stiftung Marktwirt­schaft allemande et de l’expert en finances publiques de Fribourg-en-Brisgau Raffelhüschen, qui aboutit à la conclusion effrayante suivante: «La dette publique grecque est 8 fois (!) plus importante que celle qui a été déclarée (!).» Selon son étude, une dette cachée gigantesque s’ajoute à la dette officielle.
Source: Vertraulicher Schweizer Brief no 1258 du 3/8/10

Ceux qui se souviennent de la votation de décembre 1992 sur l’adhésion à l’EEE qui a été refusée par le peuple et les cantons connaissent bien ces prévisions alarmistes; ils se souviennent avec quelle insistance, à l’époque, le Conseil fédéral et de nombreux politiques nous mettaient en garde contre la catastrophe économique et sociale qui menaçait la Suisse si elle n’adhérait pas. Or il n’en a rien été. Au contraire, la voie adoptée par la Suisse, petit pays souverain avec ses capacités économiques et son modèle de démocratie directe et de fédéralisme a continué à faire ses preuves. Or cela n’intéresse pas les stratèges d’Avenir Suisse, car ils visent d’autres objectifs.

Le modèle suisse contrarie «Avenir Suisse»

Avant d’étudier les thèses principales de «Souveränität im Härtetest», évoquons brièvement les objectifs et la manière de travailler d’Avenir Suisse.
Ce think tank a été fondé en 1999 par des grands groupes opérant au niveau mondial
2 dans le but d’influencer en coulisse le développement social et économique de la Suisse: «A la différence d’associations comme économiesuisse, Avenir Suisse ne veut pas pour autant jouer un rôle actif dans les procédures de consultation politique ou les campagnes de votation, contrairement à des associations telles qu’economiesuisse. Elle consacre bien plutôt ses énergies à la sensibilisation des différents milieux aux problèmes qu’elle juge opportun d’aborder et à leur inclusion rapide dans l’ordre du jour des processus décisionnels.»3 Il est évident que les multinationales représentées par Avenir Suisse ont tout intérêt à avoir des structures politiques qui leur permettent d’étendre si possible sans limites leur puissance financière et d’augmenter leurs bénéfices qui se chiffrent en milliards. L’indépendance de la Suisse, la démocratie directe, le fédéralisme sont souvent un obstacle à l’épanouissement des multinationales et Avenir Suisse voudrait changer cela. «Pour le think tank, les forces du marché doivent en règle générale bénéficier de la plus grande marge de manœuvre possible. Dans cette optique, l’Etat n’intervient pas en première instance dans la résolution des problèmes existants.»3
Aux niveaux communal, cantonal et fédéral, les citoyens ne cessent de s’opposer à ces objectifs. En Suisse, l’Etat, c’est le ­peuple et celui-ci se permet de limiter la «marge de manœuvre» des «forces du marché» en s’opposant par exemple à la privatisation de la poste, des chemins de fer, de l’eau et de l’électricité. Il arrive que dans les com­munes et les cantons, les demandes de permis de construire d’usines chimiques sur d’excel­lentes terres agricoles ou de supermarchés discounts étrangers soient rejetées par le ­peuple. Et avant chaque votation fédérale sur un accord bilatéral avec l’UE, les milieux économiques qui préféreraient maximiser sans restrictions leurs profits au sein du marché intérieur européen et les politiques qui louchent vers un emploi à Bruxelles qui leur apporterait influence et revenus élevés doivent faire des pieds et des mains pour inciter les citoyens à accepter des progrès dans la libéralisation ou, plus encore, les empêcher de recourir au référendum facultatif.
Si la Suisse était membre de l’UE, les choses seraient naturellement beaucoup plus simples pour les multinationales. C’est pourquoi elles ont fondé Avenir Suisse il y a 11 ans afin de communiquer au peuple leur message afin de contribuer à une «meilleure compréhension, par le grand public, des incertitudes et des défis qui attendent les principaux acteurs d’une Suisse en mouvement» afin d’intervenir à temps dans la «sensibilisation des différents milieux aux problèmes» et à «leur inclusion rapide dans l’ordre du jour des processus décisionnels.»

Trois conseillers fédéraux marchent de conserve avec «Avenir Suisse»

Les trois conseillers fédéraux qui aimeraient depuis longtemps apparaître sur la photo de groupe des chefs d’Etat de l’UE ne se gênent pas de dire ce qu’ils pensent dans leurs discours du 1er-Août. Ainsi Moritz Leuenberger, tout comme le think tank du grand capital, a affirmé que la voie bilatérale «touchait à sa fin» et que la Suisse devait «prévoir un nouveau rapprochement avec l’UE» (NZZ du 2 août). Selon ce journal, Leuenberger est allé jusqu’à affirmer que nous devions à l’UE «une paix durable avec nos voisins», comme si n’importe quel écolier ne savait pas que notre pays vit en paix avec ses voisins depuis 200 ans. Pour que la Suisse s’approche de l’objectif de l’adhésion à l’UE en regroupant en régions ses petites structures, Leuenberger souhaite un renforcement des villes et des agglomérations et s’est moqué, à l’instar des universitaires prétentieux de la ville de Zurich, des «symboles et mythes campagnards» qui caractérisent trop fortement notre pays. Il s’est surtout attaqué au «mythe du monde intact des montagnes» car celui-ci a permis d’aboutir à l’Initiative pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit alors qu’il jugeait absurde de limiter aux Alpes la réduction du trafic. Déclaration remar­quable du chef du Département des transports qui, depuis des années, ne tient sciemment pas compte de l’article sur la protection des Alpes pourtant inscrit dans la Constitution afin de céder à ces messieurs de ­Bruxelles. Mais ceux qui connaissent l’agenda européen et le nouveau projet de pro­gramme du PS ne s’étonnent plus de rien.
Egalement sur la même longueur d’onde qu’Avenir Suisse, la présidente de la Confédération et cheffe du Département de l’économie Doris Leuthard a appelé à un «débat constructif» sur la question de savoir «ce que devraient être nos rapports avec nos voisins dans un monde en mutation». Ce n’est pas étonnant car depuis longtemps, Doris Leuthard se fait la propagandiste infati­gable d’un développement sans limites de l’économie globale, de l’extension du régime de l’OMC et de son libre-échange agri­cole (Cycle de Doha) au détriment des pays ­pauvres et de l’agriculture des petites exploitations, ce en quoi elle s’oppose fondamentalement aux conclusions du Rapport sur l’agriculture mondiale. Elle défend également un accord de libre-échange agricole avec l’UE qui, selon ses propres dires, entraînerait la disparition d’au moins la moitié des exploitations suisses.
La troisième à être d’accord avec Avenir Suisse, Micheline Calmy-Rey, a déclaré qu’elle «ne voudrait pas que notre pays soit un membre de facto de l’UE sans droit de vote»
4. On sait que la conseillère fédérale socialiste voudrait depuis longtemps que la Suisse adhère à l’UE. Le point culminant de ses activités dans ce sens fut sa tentative de faire participer l’armée suisse à l’opération Atalante de l’UE, laquelle tentative a heureusement échoué en septembre 2009 grâce à l’opposition du Conseil national, avant tout grâce à un nombre important de «non» d’authentiques socialistes qui n’ont pas encore oublié que la politique de gauche doit absolument être une politique de paix.

La souveraineté en cause

Commençons par préciser ceci: Pour les éditeurs de l’ouvrage, Katja Gentinetta, stratège d’Avenir Suisse et Georg Kohler, professeur de philosophie zurichois, il ne s’agit pas le moins du monde de la sauvegarde de la souveraineté de la Suisse, c’est-à-dire du peuple suisse souverain. Ils sont gênés, de même que la plupart des autres auteurs, par le fait qu’une forte majorité de Suisses tiennent à l’indépendance de leur pays et à ce que le peuple, grâce à ses droits politiques étendus, ait tant de possibilités de participer aux décisions. Lorsque les éditeurs prétendent que le débat sur les rapports entre la Suisse et l’UE est soumis à des «tabous», ils font allusion au fait, agaçant pour eux, que le think tank n’ait pas réussi jusqu’ici à remplir une de ses missions: amener les Suisses à vouloir adhérer à l’UE. Et c’est dans ce but qu’Avenir Suisse part en campagne, une année avant les élections fédérales, en vue d’affaiblir, voire de détruire notre identité et notre profonde identification au modèle suisse.

Constatation étonnante: l’adhésion à l’UE n’est pas économiquement nécessaire

Contre toute attente, les économistes qui s’expriment dans la IIe partie de l’ouvrage arrivent à la conclusion qu’une adhésion à l’UE ne s’impose nullement pour des raisons économiques: «En tant que petit pays, la Suisse est plus libre de ces politiques [commerce extérieur, monnaie, fiscalité, ressources, précision de l’auteure] justement parce qu’elle peut agir de manière indépendante au niveau global. […] En matière de commerce extérieur, de nombreux arguments, et en politique monétaire tous les arguments, parlent en faveur de l’indépendance.» (!) C’est ce qu’affirme Heinz Hauser5 sous le titre «Aussenhandel: Souveränität als Marktvorteil» et Ernst Baltensperger6 sous le titre «Geldpolitik: Autonomie als Stabilitätsanker».

Une adhésion prétendument nécessaire «pour des raisons institutionnelles»

Rendez-vous compte: Malgré cette prise de position très claire des économistes, Avenir Suisse insiste sur l’adhésion. Bien que les auteurs ne cessent de répéter qu’il ne s’agit que d’une «stratégie de souveraineté» suisse, d’un débat de politique européenne «sans tabous», tous les constitutionnalistes et les politologues de la 1re partie du livre se prononcent nettement en faveur de l’adhésion. Tout en reconnaissant que la voie bilatérale a été jusqu’ici un succès, ils la qualifient d’«impasse» (p. ex. Dieter Freiburghaus,7 p. 120 et Franz von Däniken,8 pp. 51 sqq.). Selon eux, l’adhésion à part entière apporterait à la ­Suisse un «gain de souveraineté» au plan politique parce qu’elle ne devrait plus appliquer le droit communautaire sans pouvoir «prendre part aux décisions» de Bruxelles (cf. pp. 115 et 288 notamment).

La voie bilatérale n’a pas atteint ses limites

« La voie bilatérale est une success story impressionnante. En fait, la Suisse a aujourd’hui une meilleure situation économique que la plupart des pays de l’UE. […]
Les accords bilatéraux permettent une politique d’ouverture et de collaboration. Les principes essentiels de la souveraineté de la Suisse (démocratie directe, fédéralisme, autonomie monétaire, financière et fiscale) ne sont en principe pas affectés. Rien n’indique que la voie bilatérale ait atteint ses limites.
»

Source: Finanz und Wirtschaft du 4/8/10

Ici deux questions se posent: Qui, en cas d’adhésion, participerait aux décisions à Bruxelles? Et: Pourquoi le think tank des multinationales défend-il si fortement l’adhésion alors que l’économie marche apparemment bien sous le régime actuel des accords bilatéraux?

Qui peut participer aux décisions de l’UE?

Qu’en est-il du prétendu «gain de souveraineté» que nous vaudrait une adhésion? Qui pourrait exercer une influence sur ­Bruxelles et participer aux décisions? Pour Freiburghaus, les choses sont claires (p. 115 sqq.): «Les gagnants sont le gouvernement et l’administration, c’est-à-dire l’exécutif car ils siègent autour des tables où se prennent les décisions. Les parlements n’ont que peu de moyens d’influencer leur gouvernement.»
Les citoyens des pays voisins de la ­Suisse peuvent confirmer cette affirmation. A Bruxelles siégeraient quelques conseillers fédéraux ainsi qu’une multitude de fonc­tionnaires fédéraux, des représentants des partis poli­tiques, des associations et des syndicats. Les multinationales dont le siège est en Suisse, représentées par Avenir Suisse, pourraient faire valoir leurs intérêts directement aux postes de commande de l’UE. En outre, le transfert de souveraineté de la capitale vers Bruxelles a des conséquences beaucoup plus négatives pour un Etat fédéral que pour un Etat centraliste comme la France. «Dans les fédérations, la compétence législative des Etats fédérés est également affectée.» Ici, Freiburg­haus minimise le risque car on sait bien que les parlements des Länder allemands et autrichiens n’ont conservé qu’une petite partie de leurs anciennes compétences.
Si la Suisse adhérait, non seulement les Chambres fédérales, mais également les parlements et gouvernements cantonaux perdraient beaucoup de leurs compétences. Mais ce qui serait le plus grave pour les Suisses est que le véritable perdant serait le peuple. Tous les auteurs de «Souveränität im Härtetest» savent bien que la structure politique particulière de la Suisse avec sa démocratie directe très prononcée aux niveaux fédéral, cantonal et communal est la vraie raison de la nette opposition des citoyens à l’adhésion. Comme le remarque Freiburghaus à juste titre, il s’agit du «droit presque illimité du peuple à s’opposer à ce que fait le personnel politique qu’il a mandaté» (p. 116). La perte de souveraineté du peuple serait énorme.
Mais il s’agit de plus encore, d’une chose fondamentale: l’identité des Suisses, tout ce qui constitue le modèle suisse avec son caractère d’encouragement pour d’autres ­peuples, serait irrémédiablement détruit. En plus de la démocratie directe, le type particulier de fédéralisme avec les quatre langues de cul­ture serait affecté de même que la forme particulière de neutralité armée qui ne consiste pas en un isolement par rapport à l’étranger mais dans la mission humanitaire d’une grande portée que la Suisse s’est imposée à l’égard de tous les peuples du monde en tant que siège du CICR et d’Etat dépositaire des Conventions de Genève. A cela s’ajoute l’autonomie communale avec l’institution de l’assemblée communale dans laquelle les citoyens peuvent gérer leurs affaires et assumer une responsabilité dans la commune (principe de milice). Cela ne fonctionne que tant que le peuple «aura son mot à dire», car on sait que la folie réglementariste de la bureaucratie européenne étouffe la participation des individus et la réduit essentiellement à la re­cherche de moyens d’obtenir des aides financières de Bruxelles.

Qu’est-ce qui dérange «Avenir Suisse» dans le modèle suisse?

La réponse à cette question est simple: ce qui dérange le think tank global, c’est le fait qu’en Suisse, le peuple ait tant de moyens d’exprimer son opinion, que la Suisse soit une nation née de la volonté populaire qui ne souhaite pas de «transfert de souveraineté» vers la structure centraliste et antidémocratique de l’UE, ce sont les nombreuses petites struc­tures transparentes des communes et des cantons – plus ou moins importants – que la population peut aisément contrôler.
Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, il est beaucoup plus facile pour les grandes sociétés d’établir leurs lobbyistes à Bruxelles et d’exercer une influence directe sur l’économie européenne. C’est pourquoi les auteurs de la Ire partie du livre sont très contrariés par les liens profonds, caractéristiques de la Suisse et de ses habitants, entre l’identité collective, l’identité individuelle et la démocratie directe» (Kohler, p. 36), par le fait que leur conception de la souveraineté soit «incompatible avec la supranationalité» (Jürg Martin Gabriel,
9 p. 100). Selon Thomas Maissen,10 une majorité de représentants de la politique (économique) étran­gère seraient sans doute prêts à un abandon de souveraineté «qui rend possible le commerce global (!). Cependant le peuple souverain n’en veut pas parce qu’il est imprégné d’expériences et de conceptions sur l’Etat nation datant des XIX et XXe siècles selon lesquelles la souveraineté par rapport à l’étranger et la neutralité sont la condition la plus importante d’un développement pacifique.» (pp. 79 sqq.) Eh oui, c’est bien cela, monsieur Maissen! Selon Freiburghaus, «le peuple et les cantons devraient approuver une adhésion qui réduirait leurs droits» et il poursuit, déçu, en écrivant que ce qui rend presque impossible une adhésion, c’est «le rôle de souverain du peuple». Le rôle, monsieur Freiburghaus?

Faire voler en éclats la Suisse en la transformant radicalement

On comprend maintenant pourquoi le think tank cherche depuis de nombreuses années à remodeler la Suisse. «Si donc le coût du cavalier seul et du maintien de la souveraineté devenait trop élevé [le coût pour qui? rem. de l’auteure], nous devrions quand même songer à modifier nos institutions politiques de manière à ce qu’une participation ne soit plus un obstacle mais une chose salutaire». (Freiburg­haus, p. 129). Selon Freiburghaus, le Conseil fédéral aurait besoin d’une «plus ­grande marge de manœuvre», ce qui réduirait «un peu» (!) les compétences du Parlement et des cantons et restreindrait les droits populaires.
Pour avoir le peuple à l’usure, les auteurs ne cessent de dénigrer le modèle suisse et les citoyens récalcitrants. Les médias nous ont habitués à voir les Suisses considérés comme des gens qui s’isolent, se réservent la meilleure part du gâteau et persistent dans une conception dépassée de la démocratie. Selon les auteurs, notre système politique a besoin d’une «rénovation profonde» car aussi bien le Conseil fédéral que le «prétendu Parlement de milice» sont de moins en moins en mesure de faire leur travail (sic!). Le fédéralisme «n’est plus que l’ombre de lui-même» (pp. 129 sqq.) car les cantons sont trop petits pour accomplir leurs missions.

Selon le Service de renseignement de la Confédération (SRC), le Département des Affaires étrangères (DFAE) a été la cible d’une attaque informatique en octobre 2009. Des pirates dont on ignore l’identité ont utilisé un logiciel spécial pour pénétrer le système informatique du Département et récupérer des informations. Le DFAE a isolé son réseau informatique du réseau Internet afin de stopper la transmission de données vers l’extérieur et d’éviter toute manipulation du système par des tiers. Le ministère de la Confédération a ouvert une enquête.
Source: Vertraulicher Schweizer Brief du 3/8/10

On connaît les efforts d’Avenir Suisse et de ses affidés – volontaires ou non – du monde politique et administratif ainsi que de leurs «experts» extérieurs en vue de remodeler la Suisse pour la rendre euro-compa­tible: il s’agit de créer des grandes régions et des grandes communes, des niveaux de pouvoir antidémocratiques au-dessus des agglomérations, de dépeupler les campagnes et les régions de montagne (cf. Leuenberger), d’introduire des acteurs supplémentaires à un métaniveau illégitime et non démocratique comme les conférences métropolitaines et les ateliers du futur, de privatiser les services publics, de pratiquer la manipulation neurolinguistique de la population, tout cela ad nauseam.
Parallèlement, les auteurs tentent de présenter les citoyens comme des incapables lorsqu’ils ne votent pas comme le voudrait l’«élite»: «Peu à peu, on se rend compte que la démocratie directe n’est un bienfait que lorsque les élites font bloc et présentent au peuple de bonnes solutions» (p. 130). Les Suisses ont-ils besoin de professeurs d’université qui manifestent tant d’arrogance et coûtent cher aux contribuables? L’historien Maissen révèle définitivement le vrai ­visage du think tank qui prétend vouloir sauvegarder la souveraineté de la Suisse: «Si les ­élites suisses désirent étendre la marge de ma­nœuvre au plan international, elles doivent cesser de lutter pour l’indépendance des marchés étrangers mais contre les droits de veto de la démocratie directe, notamment la minorité de blocage due à la majorité des cantons qui, dans le pire des cas (11½ des plus petits cantons), ne représentent guère que le quart de la population. Plutôt que de se confronter au peuple souverain doté du droit de référendum et à ses représentants souverainistes, il serait plus simple de négocier dans l’égalité des droits et dans le cadre d’un ordre juridique commun avec les représentants d’autres Etats. Mais quel détenteur d’un droit de veto renonce de plein gré à ce droit?» (p. 80)
Donc on s’attaque au peuple suisse et à ses droits politiques gênants en brandissant la menace du Roi des aulnes (Goethe): «Si tu ne veux pas, j’utiliserai la force»? Cela suffit maintenant. Nous, le peuple, restons souverains et résoudrons les problèmes auxquels la Suisse est confrontée beaucoup mieux, à coup sûr, au sein de notre modèle éprouvé de démocratie qu’en tant que laquais de l’économie globale. La domination d’une élite est étrangère au modèle suisse; nous n’en avons pas besoin.

Horizons et Débats

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Notes :

1     «Souveränität im Härtetest. Selbstbestimmung unter neuen Vorzeichen» von Katja Gentinetta und Georg Kohler (Hrsg.), Avenir Suisse und Verlag Neue Zürcher Zeitung, 2010. Résumé en français du dernier chapitre: www.avenir-suisse.ch/content/themen/effizienz-der-institutionen/souveraenitaet/mainColumnParagraphs/0/document1/souv_resume_fin.p
2     ABB, Crédit suisse, Groupement des banquiers privés genevois, Jacobs Holding, Kuoni Holding, McKinsey Switzerland, Nestlé, Novartis, Roche, Sulzer, Swiss Re, UBS et Zurich Financial Services
3     www.avenir-suisse.ch/fr/ueber-uns/leitbild.html
4     Toutes les citations sont tirées de la NZZ du 2 août.
5     Professeur émérite de politique économique étrangère à l’Université de Saint-Gall et auteur du rapport d’expertise sur les conséquences économiques de l’adhésion à l’EEE (1992)
6     Professeur émérite d’économie aux Universités de Berne, de Saint-Gall, de Heidelberg et de l’Ohio ainsi que conseiller de la Banque nationale suisse.
7     Professeur émérite de sciences politiques et administratives à Lausanne et fondateur des séminaires soleurois sur l’Europe destinés à la formation continue des fonctionnaires fédéraux
8     ex-Secrétaire d’Etat et directeur politique de l’Administration fédérale
9     Professeur émérite de relations internationales à l’EPFZ
10     Professeur d’histoire des temps modernes à l’Université de Heidelberg

août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

meyssan

Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la thĂ©orie du pĂ©trole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pĂ©trole fournit aux USA, les Ă©lections prĂ©sidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



août 15 2010

« Est-ce pour toujours, la victoire de la mort ? »

Tout se passe comme si, Ă  l’abri d’un Ă©cran protecteur, aussi invisible qu’impĂ©nĂ©trable, des Ă©vènements considĂ©rables se produisent, dont on ne parviendrait Ă  saisir, Ă  l’extĂ©rieur, que des fragments en ordre dispersĂ©s, inintelligibles parce que leur terrifiante cohĂ©rence intĂ©rieure se trouve occultĂ©e, rigoureusement maintenue en dehors de toute attention Ă©trangère au secret central des choses qui s’y font et s’y dĂ©font et qui dĂ©cident du sort de ce monde dans une obscuritĂ© extrĂŞme.

espoir

Quel pourrait-ĂŞtre, en cette occurrence, le secret central qui promeut tout cet ensemble ? C’est la question Ă  laquelle tente de rĂ©pondre la vidĂ©o que nous plaçons en fin d’article.

Vers la fin du document, le gĂ©nĂ©ral de Gaulle parle d’une « Europe de la solidaritĂ© ». Nous en sommes bien loin. En 1949, de Gaulle, avait d’avance tout dit : « Il faut faire l’Europe avec pour base un accord entre Français et Allemand. Un fois l’Europe faite sur ces bases, alors on pourra se tourner vers la Russie. Alors on pourra essayer, une bonne fois pour toute, de faire l’Europe toute entière avec la Russie, dut-elle changer son rĂ©gime. » La Russie a bien changĂ© de rĂ©gime, mais l’Europe a Ă©tĂ© infiltrĂ©e Ă  son plus haut niveau dĂ©cisionnel par les États-Unis et leur concept mortifère de mondialisme.

Ce qu’ils veulent aujourd’hui, c’est nous mener, par la guerre civile, au chaos destructeur final. Ce sera leur dernière carte pour imposer ensuite, Ă  un monde terrifiĂ© et affamĂ©, leur nouvel ordre, sans qu’aucune rĂ©sistance ne puisse contrarier leurs plans. Une sociĂ©tĂ© reconfigurĂ©e pour le seul intĂ©rĂŞt d’une oligarchie financière occulte, qui ne manquera pas de manipuler les catastrophes naturelles ou les attaques terroristes Ă  grande Ă©chelle comme « outil de contrĂ´le des populations » (1).

Cette conspiration mondialiste, ces sĂ©ides du non-ĂŞtre, peuvent très certainement prĂ©tendre, Ă  l’heure actuelle, d’ĂŞtre en Ă©tat de tout verrouiller, de neutraliser toute vellĂ©itĂ© de rĂ©sistance – cette prĂ©tention se trouvant posĂ©e dans les termes mĂŞmes de la dialectique offensive de ses propres intĂ©rĂŞts d’ensemble, de ses propres desseins, dĂ©sormais Ă  dĂ©couvert, de domination planĂ©taire. En fait, la conspiration mondialiste s’y croit dĂ©jĂ .

Peut-ĂŞtre commandent-ils en effets aux effets circonstanciels de l’histoire visible. Mais l’histoire n’est absolument pas la somme des circonstances : au contraire, c’est l’histoire qui dĂ©cide, invente et impose irrationnellement les circonstances de sa propre marche en avant. Nous autres, comme l’Ă©crit Jean Parvulesco, « nous commandons aux causes parce que ce sont les causes qui nous commandent directement.  Les causes invisibles, abyssales, eschatologiques et providentielles, les causes premières. » A la terreur de la raison mondialiste totalitaire, nous opposerons la ligne de front de l’irrationalitĂ© de l’histoire elle-mĂŞme.

Aussi, pour conclure, provisoirement, il nous faut citer, ici, les lignes si extraordinairement prĂ©monitoires des MĂ©moires du gĂ©nĂ©ral de Gaulle Ă©crivant, inspirĂ© sans doute par ce qu’il appelait lui mĂŞme le gĂ©nie du renouveau : « Le destin est donc scellĂ© ? Est-ce pour toujours, la victoire de la mort ? Non ! DĂ©jĂ , sous mon sol inerte, je pressens le merveilleux de la lumière et de la vie ».

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis

1. Lire notre article La Décennie du malheur


Vidéo envoyée par Désobéissance Civile

août 15 2010

La Hongrie défie le FMI

La Hongrie qui assurera pour 6 mois à partir du 1er janvier 2011 la présidence de l’UE (Union Européenne), subit très fortement les conséquences d’une crise financière qui n’en finit pas. Pourtant pas si éloignée des objectifs de Maastricht en matière de déficit (3,8 % en 2008), la Hongrie devient le premier pays de l’Union européenne à obtenir un soutien financier de la Troïka FMI, UE et Banque mondiale.

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En octobre 2008, un plan de 20 milliards d’euros est décidé pour la Hongrie : 12,3 milliards d’euros sont prêtés par le FMI ; 6,5 par l’Union européenne et 1 par la Banque mondiale. Le stock de la dette s’accroit mécaniquement. Outre la perte sèche en paiement des intérêts qui alourdit le déficit, les conditions sont sévères pour la population : hausse de 5 points de la TVA, aujourd’hui à 25 % ; âge légal de départ à la retraite porté à 65 ans ; gel des salaires des fonctionnaires pour deux ans ; suppression du treizième mois des retraités ; baisses des aides publiques à l’agriculture et aux transports publics…

L’extrême droite entre au Parlement

La Hongrie, auparavant gouvernée par les sociaux-démocrates, avait réussi à sauvegarder un système social relativement protecteur, mais l’application, sur injonction du FMI, de telles mesures d’austérité a mécontenté la population et bénéficié à la droite conservatrice qui a remporté les élections législatives d’avril 2010. Pourtant, la victoire du nouveau premier ministre conservateur, Viktor Orban, est aussitôt saluée par l’agence de notation Fitch Ratings qui estime que son parti, le Fidesz, obtenant la majorité nécessaire pour modifier la Constitution, « représente une opportunité pour introduire des réformes structurelles » |1|. Les sociaux-démocrates ont ainsi connu une défaite historique et ont ouvert un boulevard à l’extrême-droite (Jobbik) qui est entrée au Parlement pour la première fois avec un score de 16,6 %.

A peine arrivé à la tête de l’Etat, le gouvernement lance des déclarations alarmistes sur la situation financière du pays évoquant une sous-estimation des comptes par l’exécutif précédent ramenant le déficit à 7,5 % du PIB, bien plus que les 3,8 % escomptés par le FMI. Coup de bluff ou falsification de comptes ? Le lendemain 5 juin 2010, un vent de panique fait chuter les Bourses de Londres, Paris, Budapest…et l’euro se déprécie dans la crainte de difficultés semblable à celles de la Grèce. Le gouvernement sous pression tente alors de se reprendre et multiplie les communiqués pour calmer tant bien que mal les spéculateurs survoltés.

Taxer le capital ou le travail ?

Pour réduire son déficit à 3,8% du PIB en 2010 comme le réclame le FMI et l’UE, le gouvernement prépare l’instauration d’une taxe temporaire sur l’ensemble du secteur financier, qui permettrait de prélever 0,45% de l’actif net des banques (calculée non pas sur les bénéfices, mais sur le chiffre d’affaires), de taxer à hauteur de 5,2% les revenus des compagnies d’assurance et de 5,6 % pour les autres entités financières (bourse, agents financiers, gérants de fonds d’investissement…). La Hongrie surenchérit ainsi sur Obama qui a timidement évoqué une taxe de seulement 0,15 % sur les banques. Mais cette mesure qui devrait rapporter environ 650 millions d’euros de recettes annuelles pendant deux ans (en 2010 et 2011), soit environ 0,8 % du PIB selon le gouvernement, ne plait pas aux banques : celles-ci font pression et menacent de retirer leurs investissements en Hongrie. Quand au FMI, il stoppe toute négociation et menace de fermer le robinet du crédit accordé en 2008. Le plan devant initialement expirer en mars 2010 avait pourtant été prolongé jusqu’à octobre de la même année.

C’est bien Ă©videmment le projet de taxe sur le secteur financier, vĂ©ritable pomme de discorde entre le FMI et la Hongrie, qui bloque la poursuite du prĂŞt. Le Fonds estime que le pays doit prendre des mesures en adĂ©quation avec le dogme nĂ©olibĂ©ral en cours : entendez par lĂ  taxer les pauvres avant de taxer les banques : certes, les pauvres ont peu d’argent mais il y a beaucoup de pauvres… N’auriez vous pas remarquĂ© le cynisme Ă  l’œuvre ?

De plus, le projet de plafonnement des rémunérations dans la fonction publique, salaire du gouverneur de la banque centrale compris, est tout à fait aux antipodes des recommandations du Fonds qui préfère un nivellement par le bas en réduisant ou gelant les salaires comme en Grèce ou en Roumanie par exemple. Attention à ne pas se faire d’illusion pour autant de la part d’un parti au pouvoir qui avait déjà favorisé la pénétration du néolibéralisme dans les années 1990…

« C’est soit la taxe bancaire, soit l’austérité »

Christoph Rosenberg, qui conduisait la dĂ©lĂ©gation du FMI en Hongrie, a indiquĂ© que l’organisation internationale souhaitait obtenir davantage de prĂ©cisions sur le budget de l’annĂ©e prochaine : « Lorsque nous viendrons la prochaine fois, Ă  moins que nous ne venions la semaine prochaine, le gouvernement aura logiquement avancĂ© sur le budget 2011 et ce sera un budget très important », a-t-il dit |2|. Une fois de plus le FMI s’apprĂŞte Ă  revoir la copie du gouvernement et intervenir directement dans l’élaboration du budget hongrois au dĂ©pend de toute souverainetĂ©. En attendant, le FMI estime que le pays va devoir prendre « des mesures supplĂ©mentaires » d’austĂ©ritĂ© pour parvenir aux objectifs de dĂ©ficit qu’il a lui-mĂŞme fixĂ©. De son cĂ´tĂ©, le ministre de l’Economie Gyorgy Matolcsy dĂ©clare lors d’un entretien : « Nous avons dit que nous ne pouvions pas mettre en place de nouvelles mesures de rigueur [...]. Cela fait cinq ans que nous appliquons des mesures d’austĂ©ritĂ©, c’est pourquoi nous en sommes lĂ  ». « Nous allons imposer la taxe bancaire, nous savons que c’est un lourd fardeau supplĂ©mentaire, mais nous savons Ă©galement que nous pouvons atteindre (l’objectif) d’un dĂ©ficit de 3,8% », « C’est soit la taxe bancaire, soit l’austĂ©ritĂ© », a-t-il par ailleurs ajoutĂ© |3|. Afin de se protĂ©ger d’une extrĂŞme droite en pleine ascension lors des prochaines Ă©lections municipales dĂ©but octobre, la droite conservatrice au pouvoir veut Ă©viter des mesures trop impopulaires et rejette toute poursuite de nĂ©gociation avec le Fonds.

Rupture consommée entre la Hongrie et le FMI ?

Le 17 juillet le FMI suspend la négociation et par voie de conséquence, le versement de nouvelles tranches. Dans un premier temps, la sanction des marchés ne s’est pas fait attendre et la monnaie nationale, le forint reculait d’environ 2,4% à l’ouverture, tandis que la Bourse perdait plus de 4%. Le premier ministre, Viktor Orban, monte au créneau et réussit à calmer les spéculations en remerciant le FMI pour son « aide de trois ans » tout en indiquant que « l’accord sur le prêt expirait en octobre, et qu’il n’y avait donc rien à suspendre. ». « Les banques étaient à l’origine de la crise mondiale, il est normal qu’elles contribuent au rétablissement » de la situation, a-t-il souligné |4|.

La nouvelle loi sur la taxe financière qui prévoit par ailleurs une réduction de l’impôt sur les petites et moyennes entreprises (PME) de 16 à 10 %, est approuvée haut la main (301 votes en faveur et seulement 12 contre) le 22 juillet par le Parlement dominé par le Fidesz de M. Orban. Sans surprise, dès le lendemain, les agences de notation financière Moody’s et Standard and Poor’s placent la note de la dette souveraine hongroise sous surveillance avec un possible abaissement à la clé. Le rôle de ces agences, juges et parties d’un système spéculatif mortifère, est résumé en peu de temps : on améliore la note lors de l’accession du gouvernement conservateur au pouvoir en l’estimant sur la voie de l’austérité capitaliste et quand on se rend compte que les mesures prennent un chemin divergeant du dogme néolibéral, on s’apprête à l’abaisser.

Le journal “Le Monde” soutient les créanciers

Contrairement aux dire du journal français Le Monde |5| dans son édition du 20 juillet, il faut soutenir l’insoumission affichée du gouvernement hongrois envers le FMI et défendre l’idée qu’il en fasse de même avec son autre créancier, l’Union européenne. Prendre ses distances envers ces créanciers ne constitue en rien une insulte envers le peuple hongrois qui devra in fine rembourser une dette dont les conditions imposées par le FMI et l’UE sont déjà un lourd fardeau pour la population.

Bien sûr, il faut aller au-delà d’une simple rupture diplomatique en proposant par exemple un front de pays unis contre le paiement de la dette, car comme l’a si bien dit Sankara, ancien président du Burkina Faso, quelques mois avant d’être assassiné : « La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. (…) Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serais pas là à la prochaine conférence. Par contre, avec le soutien de tous, dont j’ai besoin, (applaudissements) avec le soutien de tous, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement. » |6| Seule une mobilisation populaire réclamant la vérité sur la destination des sommes empruntées au même titre que la satisfaction des revendications en termes de salaires, emplois ou protection sociale permettra de faire payer le coût de la crise aux véritables responsables de celles–ci.

C’est pourquoi il est primordial pour les peuples d’Europe et d’ailleurs, d’auditer ces dettes entachées d’illégalités pour en répudier le paiement. C’est un premier pas vers la souveraineté qui permettrait d’envoyer les énormes fonds dédiés au remboursement de la dette vers les véritables besoins des populations en matière de santé, d’éducation ou de pensions de retraite, de sauvegarder leurs services publics plutôt que de les offrir aux entreprises privées.

Jérôme Duval, pour le CADTM

Notes :

1. Le Figaro du 26 avril 2010

2. Nouvel Obs du 18 juillet 2010

3. Dépêche Reuters du 19 juillet 2010

4. Le Monde du 19 juillet 2010

5. Discours de Thomas SANKARA Ă  Addis-Abeba, le 29 Juillet 1987, quelques mois avant sa mort.