août 26 2010

Les pays européens pauvres privés de droit de vote à Bruxelles ?

La récente menace de l’agence de notation Moody’s de dégrader la note de la dette souveraine des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, moyen de redonner un coup d’accélérateur à la reconfiguration mondiale de l’économie ? Explications.

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Dans son rapport, publié le 18 août dernier, Moody’s ne se fonde pas uniquement sur l’ampleur de l’endettement accumulé, mais sur la capacité des États à payer la charge de la dette en cas de chocs : panne de croissance, moindres rentrées fiscales ou remontée spectaculaire des taux d’intérêts. C’est donc la marge de manœuvre des États-Unis et de l’Europe pour assumer le seul paiement des intérêts sur leurs emprunts qui se retrouve dans le collimateur. Le remède préconisé par l’agence passe par la mise en place de programmes crédibles de redressement des finances publiques à moyen terme.

Par un hasard pour le moins surprenant, ce même 18 août, Nicolas Sarkozy convoquait au Fort de Brégançon François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin pour une réunion consacrée à la croissance et aux déficits publics. La menace de la dégradation de la note de la dette de la France ne manquera pas de constituer un argument majeur pour la mise en place du plan de bataille de la réforme des retraites. Mais ce n’est là que le premier volet de toute une série de mesures d’austérité qui vont devoir – et c’est le sens de la mise en garde de Moody’s – être simultanément appliquées à l’ensemble des pays européens.

Un “gouvernement économique” des plus flous…

C’est ce que prépare Hermann van Rompuy, le président du Conseil européen, avec son groupe de travail (“task force”) sur le “renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire au sein de l’Union”, qui rendra son rapport pour la fin du mois d’octobre prochain. Même si le flou demeure actuellement sur la notion de “gouvernement économique”, et des modifications nécessaire qui seront faites aux traités actuels pour lui donner une existence juridique, on peut déjà entrevoir les mesures qui seront imposées, non plus aux seuls pays de la zone euro, mais à l’ensemble des pays membres de l’Union.

Ă€ brève Ă©chĂ©ance, il faudra Ă©liminer toute disparitĂ© entre pays membres. Par exemple, la sĂ©curitĂ© sociale Ă  la française n’est pas compatible avec le rĂ©gime des assurances maladies privĂ©es de l’Allemagne. Bien sĂ»r, cette intĂ©gration des Ă©conomies se fera par le bas, puisqu’il convient d’amĂ©liorer la “compĂ©titivité” et non la justice sociale. Comme l’indiquait Christine Lagarde il y a quelques semaines, alors qu’elle rencontrait son homologue allemand : « La cure passe par des procĂ©dures budgĂ©taires croisĂ©es, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgĂ©taire ».

C’est en fait l’ensemble des mesures qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.) qui doivent maintenant être élargies à l’ensemble des pays de l’Union. Les pays qui n’arriveront pas, à moyen terme, à ramener leur dette a moins de 60 % du PIB seront amendés par Bruxelles (sanction financière), et leurs droits de vote seront suspendus (sanction non financière).

En guise de conclusion – tout à fait provisoire – nous vous livrons ici quelques mots que nous adressait Pierre Hillard, essayiste et docteur en sciences politiques, dans un récent courrier. L’occasion d’exprimer assez précisément un sentiment qui pourrait bien devenir notre triste réalité d’ici quelques semaines :“Humainement, nos ennemis ont gagné la partie. Nous allons être fixés sur notre sort très rapidement. En fait, déjà d’ici la fin de l’année.”

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources


août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

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Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la thĂ©orie du pĂ©trole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pĂ©trole fournit aux USA, les Ă©lections prĂ©sidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



juil 21 2010

La mondialisation est une agression contre la prospérité et la démocratie

Par Karl MĂĽller

Lorsque Hans-Peter Martin et Harald Schumann publièrent en 1997 leur livre intitulé Le piège de la mondialisation dans lequel ils reproduisaient les thèses de dirigeants d’entreprises réputés qui prévoyaient l’avènement de la «Société 20/80» (1), la plupart des intéressés estimèrent qu’il s’agissait d’une énorme exagération. Prétendre que la mondialisation, accompagnée de la dérégulation des marchés et de la ruineuse concurrence basée sur la baisse des coûts, provoquerait un chômage de masse consolidé dans les pays industrialisés ne se prêtait guère à l’euphorie de la globalisation des années quatre-vingt-dix.

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Entre-temps, 13 ans ont passé et le développement des événements a donné raison aux deux auteurs. Les pays industrialisés, dans lesquels on table uniquement sur le rendement maximum pour les actionnaires, des salaires astronomiques pour les dirigeants et des coûts minimes pour les travailleurs – les Etats-Unis et de nombreux pays de l’Union européenne en sont des exemples marquants – affrontent un chômage de masse structurel et fondamental.

C’est une erreur d’axer l’économie sur les exportations

Les pays qui ont tout misé sur les excédents d’exportations, les prenant pour un moteur de croissance – qui ont donc violé le principe d’Adam Smith qu’une économie nationale libérale ne peut être saine que dans la mesure où l’offre des biens et des services se mesure à un pouvoir d’achat adéquat dans le pays – se sont engagés sur une fausse voie. L’Allemagne en est un exemple frappant, la moitié de sa création de valeur reposant sur les exportations. Cela permet de produire massivement sans pour autant tenir compte du pouvoir d’achat dans le pays. C’est bon pour la conjoncture, d’aucuns ramassent de juteux bénéfices le tout reposant sur une redistribution des revenus au profit des dirigeants et des actionnaires.

C’est une fausse voie. Ce n’est pas sans raison que la politique allemande, alors qu’elle était encore un peu plus raisonnable, avait adopté en 1967 une loi de stabilité dont l’objectif économique et financier était de maintenir tant la stabilité des prix, qu’une crois­sance durable, et un plein emploi – sans oublier l’équilibre du commerce extérieur. Ce fut il y a bien longtemps et on semble l’avoir oublié, alors même que cette loi est toujours valable.

Le soutien étatique aux chômeurs n’a pas résolu les difficultés

La tentative de régler le problème du chômage de masse par les aides étatiques aux chômeurs a contribué – outre les énormes dépenses militaires notamment des Etats-Unis – à la montée des dettes publiques dans presque tous les pays industrialisés, réduisant ainsi leurs marges de manœuvre dans la gestion des dépenses.

Il en rĂ©sulte que si l’on veut rĂ©soudre le problème du chĂ´mage de manière sensĂ©e, il faut redonner du travail aux gens, un travail digne et capable d’augmenter le pouvoir d’achat dans le pays, accompagnĂ© d’une baisse des impĂ´ts pour la population – tout en veillant Ă  ne pas voir baisser les revenus fiscaux – et en soulageant les systèmes sociaux publics.

Il est vrai que le plein emploi guérit beaucoup de plaies.

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Le leurre des statistiques de l’emploi

On comprend l’importance du problème à résoudre en évitant de se fier aux statistiques officielles du chômage. L’Allemagne en est un exemple. En effet, le pays se présente officiellement comme s’il n’avait – au cours des deux années de crise – été touché que peu par le chômage, au contraire d’autres pays. Il est vrai que les chiffres officiels du chômage ont baissé, selon une dernière étude de l’OCDE de début juillet de cette année, passant de 7,9% au début de la récession à 7% aujourd’hui (état en mai 2010). Toutefois, cette étude met aussi le doigt sur l’ampleur de l’emploi partiel en Allemagne et surtout le sous-emploi par rapport aux pays de l’OCDE. En additionnant le tout, on arrive à 10 millions de personnes sous-employées (selon la «Neue Zürcher Zeitung» du 1er juillet). C’est un nombre énorme qui présente les chiffres officiels sous un autre jour. Il faut ajouter à cela que l’Allemagne a une grande masse de chômeurs de longue durée; 45% des chômeurs inscrits sont sans travail depuis plus d’un an. De plus, le nombre de travailleurs à très bas salaires a considérablement augmenté au cours des dernières 20 années. Nombreux sont ceux et celles qui ne peuvent vivre avec le salaire d’un seul emploi.

Le chĂ´mage structurel augmentera si on ne fait rien

Dans son étude, l’OCDE exprime son inquiétude de constater que le chômage structurel, et donc durable, augmentera dans les années à venir malgré la croissance économique – si la politique ne change pas de cap. Depuis le début de la crise, en 2007, le taux de chômage dans l’espace de l’OCDE a massivement augmenté: de 29 millions à 46 millions en 2010. Et ce ne sont que les chiffres officiels.

Si les alternatives consistent en misère ou en aide de l’Etat, c’est le choix entre deux maux. Toutefois, comment réussir à redonner un travail adéquat aux millions de chômeurs?

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Remettre l’homme au centre du travail

Le «Rapport sur l’agriculture mondiale» a soumis une proposition pour le domaine de l’agriculture: engager le plus possible de travailleurs plutôt que de continuer à mécaniser l’activité agricole.

Dans la mesure où les économies natio­nales reviendront aux mains des peuples, il sera possible de redonner – dans les autres domaines de la création de richesses – une priorité au travail humain, là où il peut être effectué dans la dignité. Cela signifie de ne plus mettre au centre le rendement et la concurrence désas­treuse de diminution des coûts, mais bien de travailler de telle façon que toutes celles et tous ceux qui sont engagés dans ce travail retrouvent leurs droits et que la concurrence se contente de n’agir qu’au niveau de la qualité des produits ou des services. En jargon de métier: de Shareholder-value à Stake­holder-value!

Il faut agir d’urgence contre le chômage des jeunes

Il est particulièrement inquiétant de constater qu’un nombre important de jeunes gens sont victimes du chômage croissant. Dans la classe d’âge des 15–24 ans, le taux d’occupation, de fin 2008 à fin 2009, dans l’espace OCDE, qui se trouvait déjà à un bas niveau, a chuté de 8,4%. C’est le taux d’occupation le plus bas de tous les groupes concernés par le chômage.

Il faut cependant souligner que ces chiffres ne relèvent pas uniquement d’un manque d’offres d’emplois ou de formation. Malheureusement, un nombre grandissant de jeunes gens sont mal préparés à affronter la vie réelle. Il ne faut toutefois pas assombrir le tableau: néanmoins, dès lors que quelqu’un n’arrive pas à se maintenir dans la vie professionnelle, il ou elle ne cessera de se heurter à des difficultés. Le renforcement du chômage cause de plus en plus de difficultés. Les spécialistes du travail social expriment l’idée d’une espèce d’héritage de la marginalisation. Combien de temps la société pourra-t-elle le supporter?

Pour intervenir efficacement contre le chômage de masse, il faut éduquer nos enfants et nos jeunes de manière à ce qu’ils puissent affronter le monde du travail. Non pas pour en faire des sujets d’un «économisme» dominateur, mais des personnalités matures. Ce ne sera possible que s’ l’on procède à une réflexion dans les domaines de l’éducation et de la pédagogie et qu’on en tire les conséquences.

Le droit au travail

L’article 23 de la «Déclaration des droits de l’homme», datant de 1948, déclare dans son premier paragraphe: «Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.»

Les années précédant la Seconde Guerre mondiale, lors de la crise économique mondiale, avaient montré quelles conséquences fatales pour les hommes du chômage et de l’absence de sens de leur vie.

On arrive à la fin de l’époque où le chômage de masse pouvait être dissimulé par les aides de l’Etat. C’est fort bien; en effet, cette «solution» manquait de dignité. Il faut maintenant du courage et de l’imagination pour rétablir le plein emploi, afin de redonner à des millions de personnes un travail qui ait un sens.

Karl Müller, pour Horizons et Débats

Note :

1. En 1995 eut lieu le premier «State Of The World Forum» à l’Hôtel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre était d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de définir la politique globale utile à leur mise en œuvre. Les dirigeants réunis à San Francisco (Mikael Gorbachov, George H. W. Bush, Margaret Thatcher, Zbigniew Brzezinski, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc.) sont arrivés à la conclusion que l’arrivée de la dénommée Société 20/80 (basée sur le principe de la «Loi de Pareto») est inévitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil économique de la planète. La population restante (80%) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

C’est ici qu’entre en jeu le «tittytainment», concept de Zbigniew Brzezinski, présenté lors de la réunion à l’Hôtel de Fairmont. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le «tittytainment», comme une combinaison des mots anglais «tits» («seins» en jargon américain) et «entertainment» qui, dans aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles, mais au contraire, comme allusif à l’effet endormant et léthargique que l’allaitement maternel produit chez le bébé quand il boit.

juil 18 2010

Affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy, ou comment noyer le poisson selon les règles de l’art

Pour mieux comprendre comment l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy prend une nouvelle tournure et se mĂ©tamorphose d’une affaire de financement occulte de parti politique en une simple affaire de dĂ©linquance financière, il faut lire attentivement ce qui va suivre. Depuis plus d’un mois, chaque jour apporte son lot de rĂ©vĂ©lations dans l’affaire Bettencourt devenue le feuilleton de l’étĂ© 2010, qui est en passe d’éclipser les sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es du genre Les Feux de l’Amour, Colombo et Inspecteur Derrick. Quoiqu’en disent les « gueulards » et les « aboyeurs » de l’UMP, Fillon en tĂŞte qui demande aux dĂ©putĂ©s UMP « d’avoir des nerfs d’acier », et Sarkozy qui a « blanchi » lui-mĂŞme son ministre de travail en monopolisant lundi 12 juillet l’antenne sur France 2, de 20 heures Ă  21H30, Mediapart a visĂ© juste et l’affaire Bettencourt rĂ©unit tous les ingrĂ©dients d’une affaire politico-financière, c’est-Ă -dire de financement occulte d’un parti politique par une gĂ©nĂ©reuse et richissime mĂ©cène, la milliardaire octogĂ©naire Liliane Bettencourt.

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Après les révélations de Mediapart, le parti socialiste réclame la constitution d’une commission d’enquête parlementaire et la nomination d’un juge indépendant. En demandant la constitution d’une commission d’enquête parlementaire, le parti socialiste sait pertinemment que les résultats de l’enquête accoucheront d’une souris et que l’UMP et le gouvernement s’en serviront, comme l’ont fait avec le rapport bidonné de l’IGF, pour se « blanchir » eux-mêmes. Attendre qu’une commission parlementaire fasse éclater la vérité dans l’affaire Bettencourt, c’est peine perdue , car elle ne dispose d’aucun pouvoir contraignant à l’égard des principaux protagonistes et encore moins vis-à-vis de Woerth et de Sarkozy. On voit mal une commission parlementaire aller mettre le nez dans les comptes de l’UMP. Ce n’est pas pour rien que Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale, s’est empressé pour approuver la proposition des socialistes pour la constitution d’une commission d’enquête parlementaire dans l’affaire Bettencourt.

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Quant à la désignation d’un juge indépendant, les socialistes se montrent assez naïfs et ils sont frappés par une incroyable amnésie en oubliant l’affaire Urba au début des années 1990 et le rôle joué à l’époque par le commissaire Antoine Gaudino et le juge d’instruction Thierry Jean Pierre qui avaient instrumentalisé la justice à des fins politiques. Il faut rappeler que ceux qui étaient à l’origine de l’affaire URBA, ce sont un commissaire de police judiciaire à la SRPJ de Marseille, Antoine Gaudino, proche du Front National et un juge d’instruction, Thierry Jean Pierre, aujourd’hui décédé mais qui avait été élu député européen sur la liste de Philippe de Villers. Il faut tout de même soulever un paradoxe dans l’affaire URBA. Si les juges Thierry Jean Pierre et Renaud van Ruymbeke ont pu mener leurs enquêtes jusqu’au bout, ce n’est parce que les juges et la justice étaient indépendants sous le règne des socialistes mais c’est tout simplement à cause des luttes intestines opposant les différents courants du parti, des luttes qui ont trouvé leur prolongement à l’intérieur de la machine judiciaire et qui ont paralysé son action pour freiner les enquêtes dans l’affaire URBA. Sans les règlements de compte entre les courants rivaux du parti socialiste, Henri Emmanuelli, ancien trésorier du parti socialiste, n’aurait jamais été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, à deux ans de privation de droits civiques et à 30 000 francs d’amende. On ne sait pas exactement ce que veut dire un juge indépendant, car les juges dépendent du ministère de la Justice qui les nomme et les désigne. On ne voit pas comment dans ces conditions là, des juges nommés par un pouvoir politique, en l’o ccurrence le garde des Sceaux, peuvent enquêter en toute objectivité et en toute indépendance surtout dans des affaires dites sensibles mettant en cause un chef de parti, un président de la République, un chef ou un membre de gouvernement. Pour empêcher toute poursuite pénale à son encontre dans les emplois fictifs à la mairie de Paris, de pots de vin et des comptes bancaires, l’ancien Président de la république, Jacques Chirac, aidé alors par Roland Dumas, président du Conseil Constitutionnel, avait fait voter par sa majorité une loi paralysant toute action publique pendant son mandat. Silvio Berlusconi avait fait la même chose en Italie pour paralyser toute action ou procédure judiciaire à son encontre. Des juges indépendants du pouvoir politique qui les nomme et qui les nourrit, c’est tout simplement de l’utopie. L’existence des trois pouvoirs séparés, c’est de la foutaise et avec sa théorie de la séparation des pouvoirs, le Baron de Montesquieu a tout faux. Tout ce qui existe dans une société capitaliste, c’est d’abord et avant tout un méga pouvoir, le pouvoir économique, qui conditionne et détermine les propriétés de tous les pouvoirs.

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Affaire Bettencourt et la technique de la diversion judiciaire

Quelqu’un a dit un jour que le meilleur moyen pour enterrer une affaire politico-financière, c’est de créer une commission d’enquête parlementaire. Cette légende est peut être vraie à 50%, mais pour être dans le vrai à 100%, c’est plutôt la justice inféodée au pouvoir politique qui est la mieux outillée pour accomplir cette alchimie. Avec l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy, la technique de la diversion judicaire a été immédiatement déclenchée dès sa révélation par Mediapart le 16 juin 2010. Il faut expliquer en quelques mots en quoi consiste cette technique de la diversion judiciaire qui s’enclenche automatiquement comme une soupape de sécurité dès que des hommes politiques ou un parti politique est mouillé jusqu’au cou dans une affaire politico-financière. Quand une affaire de corruption est révélée par la presse, le pouvoir politique se dépêche pour annoncer à l’opinion publique la saisine de la justice qui aura pour mission, pour employer la formule habituelle, « de faire éclater la vérité ». Jusqu’ici, tout le monde croit dur comme fer qu’il vit dans une démocratie avec un « pouvoir » judiciaire indépendant de la classe politique et du pouvoir économique. Tout le monde croit aussi que la justice mène des enquêtes objectives avec des procédures mises en œuvre d’une façon impartiale et objective. Ce qui est totalement faux. Pour élucider une affaire pénale, il faut commencer par un travail sur le terrain mené par des juges d’instruction et par des procureurs qui sont épaulés par des enquêteurs de la police judiciaire. Les enquêteurs de la police judiciaire ne font pas qu’à leur tête, ils enquêtent selon des qualifications des faits retens préalablement par les procureurs et par les juges d’instruction. Une fois munis de ces instructions, les enquêteurs de la police judiciaire vont rassembler des indices et des éléments matériels ou humains (par le témoignage et les interrogatoires des gardés à vue) et cela conformément et en fonction des qualifications des faits retenues par les procureurs et les juges d’instruction qui, eux-mêmes, reçoivent des instructions orales ou écrites, selon les cas, du garde des Sceaux. Ce sont ces indices et ces éléments matériels ainsi rassemblés et consignés dans des procès verbaux qui vont déterminer le déroulement normal de l’affaire et qui vont orienter dans un sens ou dans un autre le procès qui se tiendra devant le tribunal. Concernant les enquêtes de flagrant délit, les choses sont plus simples du fait que les indices matériels et les auteurs de l’infraction, du délit et du crime sont encore présents sur le lieu même du crime ou du délit. Ce sont l’actualité et l’antériorité immédiate du crime et du délit qui simplifient en quelque sorte le travail des enquêteurs de la police judiciaire. Mais s’agissant d’affaires dont les actes sont étalés dans le temps et dans l’espace, les choses se compliquent du fait de la complexité des actes et de leur espacement dans le temps entre le moment de la commission de l’infraction, du délit et du crime et celui où commence réellement le travail de la recherche des indices et des éléments humains et matériels. Dans les affaires politico financières, les choses s’avèrent encore plus compliquées à cause de l’opacité qui entoure le monde politico-financier et de la corruption qui se fait habituellement selon les règles de l’art, c’est-à-dire par le versement d’espèce et de valises de billets des corrupteurs aux corrompus. Les affaires de corruption ou de financement de parti politique sont rarement élucidées et nous en avons pour preuve aujourd’hui l’affaire Boulin dont la famille conteste la thèse officielle du suicide et qu’elle privilégie plutôt la thèse du meurtre pour une affaire immobilière à Ramatuelle.

Revenons à présent à l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy pour voir comment la technique de la diversion judiciaire a fonctionné dès que l’affaire est révélée par Mediapart le 16 juin 2010. Rappelons à toutes fins utiles que l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy a démarré avec la publication par Mediapart des extraits d’enregistrements réalisés par le majordome de la milliardaire de l’Oréal où il est question de trois chèques donnés à trois personnalités politiques: Valérie Pecresse, Nicolas Sarkozy et Eric Woerth. Sans être des preuves formelles et définitives, ces enregistrements pirates publiés par Mediapart le 16 juin 2010 créent une forte présomption de financement occulte de l’UMP et de la campagne présidentielle de Sarkozy par la généreuse donatrice, Liliane Bettencourt. Dans ces enregistrements piratés, on entend la voix de Patrice de Maistre demander à Liliane Bettencourt de signer les trois chèques en question. Certes, les paroles de Patrice de Maistre ne sont pas des preuves irréfragables mais elles ont néanmoins le mérite de constituer des indices et des éléments matériels sur lesquels pourront s’appuyer les enquêteurs pour mener leurs investigations dans l’affaire Bettencourt. Or rien n’a été fait pour vérifier la réalité des dires de Patrice de Maistre et les vrais bénéficiares des chèques signés par Liliane Bettencourt. S’il y avait des juges indépendants et une justice indépendante, ces premiers indices importants livrés par les enregistrements pirates publiés par Mediapart auraient débouché logiquement et immédiatement (disons trois ou quatre jours plus tard) à l’ouverture d’une information judiciaire ou d’une enquête préliminaire avec une commission rogatoire habilitée à perquisitionner non pas au siège de la société Clymène qui gère la fortune de Liliane Bettencourt ou chez le photographe François Banier mais au siège de l’UMP avec à la clé la saisie des disquettes où se trouvent stockées et consignées les opérations comptables de ce parti politique. La saine logique juridique aurait été, par l’intermédiaire de l’information judiciaire ou de l’enquête préliminaire, de vérifier si les indices livrés par les enregistrements piratés sont ou non de nature à former les éléments constitutifs d’une infraction à la loi sur le financement des partis politiques. Rien de tel n’a été fait dans l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy alors que dans l’affaire URBA, les juges Thierry Jean Pierre et Renaud van Rymbeke s’étaient rendus au siège du PS pour perquisitionner et pour vérifier les livres comptables du parti. Il y a bien eu ouverture d’une enquête préliminaire dans l’affaire Bettencourt sur les enregistrements mais elle n’a été ouverte que le 9 juillet 2010, soit 25 jours après la révélation de l’affaire Bettencourt par Mediapart. Pendant ce temps là, les informaticiens et le trésorier de l’UMP travaillent d’arrache-pied et ils auront sûrement tout le temps pour faire un bon « nettoyage » de leurs fichiers informatiques notamment toutes les données relatives à la comptabilité du parti.

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Au lieu de retenir provisoirement la qualification de financement occulte de parti politique et de mettre en Ĺ“uvre les procĂ©dures y affĂ©rentes, la machine judiciaire s’emballe mais pour orienter l’affaire Betencourt dans un sens qui lui Ă´terait tout caractère politique. La chronologie des Ă©vĂ©nements et le rythme des enquĂŞtes judiciaires en cours tĂ©moignent que la technique de la diversion judiciaire joue pleinement son rĂ´le de « dĂ©sorientateur ». En effet, depuis la mise en branle de la machine judiciaire, la question des chèques et du financement de l’UMP et de la campagne prĂ©sidentielle de Sarkozy disparaĂ®t ou passe au dernier plan pour ne pas apparaĂ®tre que les cĂ´tĂ©s accessoires de l’affaire Bettencourt comme l’Ă®le d’Arros aux Seychelles, la fraude et l’évasion fiscale d’une partie de la fortune de Liliane Bettencourt en Suisse, au Lichtenstein, en Uruguay. Ainsi, grâce Ă  la technique de la diversion judiciaire, l’affaire Bettencourt s’est-elle mĂ©tamorphosĂ©e en devenant une simple affaire de dĂ©linquance financière touchant des acteurs et des personnages de second rang dont le rĂ´le consiste plus Ă  brouiller les pistes qu’à faire Ă©clater la « vĂ©rité ». Par exemple, on entend de plus en plus dans les mĂ©dias des noms tels que François-Marie Banier le photographe accusĂ© par la fille de la milliardaire d’avoir extorquĂ© Ă  sa mère un milliard d’euros, du gestionnaire de l’île Arros aux Seychelles, Carlos Vijarana, de Fabrice Goguel, l’ancien avocat fiscaliste de Madame Bettencourt ou du gestionnaire de la sociĂ©tĂ© Clymène, Patrice de Maistre. DĂ©sormais, quand les mass medias Ă©voquent l’affaire Bettencourt, c’est pour parler des dĂ©mĂŞlĂ©s judiciaires de la milliardaire avec sa fille Françoise Bettencourt-Meyers. Sur Eric Woerth, sur Sarkozy, sur l’UMP et la campagne prĂ©sidentielle de 2007, silence radio. Si ces enquĂŞtes et ces gardes Ă  vue sont dĂ©sormais orientĂ©es dans le sens de l’évasion et de la fraude fiscale, c’est grâce Ă  cette redoutable alchimie qu’est la technique de la diversion judiciaire qui a le mĂ©rite de laver les hommes politiques et leurs corrupteurs au dessus de tout soupçon et selon les règles de l’art.

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On ne peut pas terminer cet article sur l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy sans avoir une « pensée » bien particulière pour la « malheureuse » Florence Woerth, l’épouse du ministre du Travail qui a démissionné de la société Clymène, la gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt pour éviter les conflits d’intérêt. Après son départ précipité de la société Clymène, on aurait pu penser que Florence Woerth passe le clair de son temps à l’Assedic. Erreur. Aux dernières nouvelles, Florence Woerth a créé comme par hasard une écurie de chevaux de course après le vote d’une loi relative initiée par son mari et relative à la libéralisation des jeux de course en ligne. Ce n’est pas tout. Avec son écurie de chevaux de course, Florence Woerth cumule un autre « travail » en siégeant au Conseil de surveillance de la société Hermès, filiale du groupe LVMH, propriété d’un autre milliardaire, rival de la patronne de l’Oréal, Bernard Arnaut. Alors que son mari s’occupe de l’allongement de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, sa femme Florence Woerth n’aura aucun problème de retraite puisque elle est rémunérée sous forme de jetons de présence par le Conseil de surveillance de la société Hermès, filiale du groupe LVMH à hauteur de 400 000 euros par an. Un peu moins qu’en même que la collectrice des pièces jaunes et l’espoir du luxe français dans le monde, Madame Bernadette Chirac qui siège au conseil d’administration de LVMH et qui touche la coquette somme de 650 000 euros par an. Il va sans dire que Bernadette Chirac 77 ans et Florence Woerth 53 ans n’auront aucun souci pour leurs vieux jours et elles n’auront pas à moisir dans des maisons de retraite entre quatre murs, entre l’inspecteur Derrick et question pour champion. On pensait que les privilèges en France ont définitivement été abolis dans la nuit du 4 août 1789.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Retrouvez Faouzi Elmir sur son blog Le Bulletin de l’International

Illustrations : Galerie de FIFI




juil 15 2010

L’Allemagne, Cheval de Troie du Nouvel ordre mondial

Alors que se met en place, non pas un gouvernement économique, mais un organe de décision qui aura pour but de mettre au pas les pays de l’Union européenne, il devient difficile d’évoquer ces sujets sans effleurer l’idée même d’une conspiration – idée qui, lorsque fondée sur des faits indiscutables, peut néanmoins permettre de comprendre la marche réelle des affaires.

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Tous les indicateurs démontrent qu’une troisième phase de la crise économique nous atteindra d’ici octobre, novembre au plus tard, et que ses effets seront bien plus dévastateurs que tout ce que nous avons subi durant ces deux dernières années, car les finances publiques sont désormais asséchées et l’économie mondiale moribonde. Octobre sera aussi le mois où un groupe de travail présidé par le président du Conseil Herman Van Rompuy fera des propositions concrètes, non pas pour un projet de « gouvernance économique », comme il en était question, mais dans le but de lacréation d’un « organe », composé de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et de l’Eurogroupe.

La dénomination en tant « qu’organe » est importante, car une « gouvernance » aurait imposé une forme démocratique, impliquant le Parlement européen. Or il n’en sera rien.

Sanctions pour tous les membres de l’Union

L’Allemagne a su imposer au tout début du mois de juillet, par l’intermédiaire de son agent Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques, que les sanctions envers les pays jugés trop laxistes en matière de finances publiques soient imposées, non pas aux seuls pays de la zone euro mais à l’ensemble des 27 pays membres de l’Union européenne.(1)

Ces sanctions prendront effet sous forme de suppression de fonds structurels, principalement les aides à l’agriculture et à la pêche, lorsque le pays contrevenant ne rentrera pas dans les clous après une première phase d’avertissement.

La France ne s’est nullement opposĂ©e Ă  cette dĂ©cision. Pire encore, le mĂŞme jour, Nicolas Sarkozy, en visite en Aveyron sur le thème de l’agriculture de montagne, promettait qu’une somme de 350 millions d’euros allait ĂŞtre « sanctuarisĂ©e » dans le budget 2011 pour aider les jeunes agriculteurs Ă  s’installer.(2) « Vous voyez, je m’investis beaucoup sur le dossier de l’agriculture », avait-il encore indiquĂ© Ă  la presse ce jour-lĂ , alors qu’au mĂŞme moment, Ă  Bruxelles, on dĂ©cidait de faire payer l’endettement des États aux agriculteurs.

Un « Pôle carolingien »

Malgré les désaccords de façade,Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, à l’avant-garde de ce que l’on pourrait appeler le « Pôle Carolingien » d’une union fédérale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intérieure d’une Europe inféodée à l’ordre mondial. Si le ralliement de la France à la doctrine mondialiste est récent, du moins dans sa phase décisive, l’ancrage de l’Allemagne, principal pays allié des États-Unis en Europe depuis 1945, est plus profond, et c’est le ministre des Affaires étrangères Joshka Fischer qui avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours à l’Université de Humboldt, le 12 mai 2000, relayé quelques jours après par son prédécesseur, Hans Dietrich Gensher, ministre des Affaires étrangère allemand, dans Le Figaro du 20 mai suivant : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union européenne dans la perspective de son élargissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du Nouvel ordre mondial… » Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la même année : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substitué un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, à quelques distances, le Japon, y ont déjà pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. À ses débuts, le nouveau gouvernement allemand avait laissé un peu en friche le terrain de la politique étrangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage européen sur l’arrière plan de la mondialisation. »

Concept mondialiste

La doctrine stratégique « globale » des États-Unis avait été élaborée une vingtaine d’années auparavant. Il est clairement énoncé dans le nouveau concept étasunien de « stratégie nationale de sécurité » dont le contenu fut révélé dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, élaboré en liaison avec le Conseil national de la sécurité (NSA), plus haute instance américaine de sécurité et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’éventuels rivaux, parmi les pays avancés et industrialisés, de défier notre domination, ne serait-ce que d’aspirer à un rôle plus grand à l’échelle mondiale ou régionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire russe. »(3) Il s’agit ni plus ni moins d’empêcher par n’importe quel moyen l’Europe et le Japon,“alliés” relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie mais encore redoutable, de relever la tête et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et économique imposé par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, éclairant de lui-même les intentions étasuniennes, dont la nature même est d’ordre conspirative. Mais nous aurions néanmoins tort de désespérer, car aucune situation, aussi perdue qu’elle puisse paraître, n’est jamais complètement fermée. C’est la faille salvatrice qu’il nous faut désormais trouver pour opposer un Nouveau monde à ce Nouvel ordre mondial.

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources

Notes :

(1) Le Figaro du 1er juillet 2010

(2) AFP, le 1er juillet 2010

(3) Cité par Alexandre Del Valle, dans Guerre contre l’Europe, Syrtres, 2000

44 UNE FLASH

juil 10 2010

Bettencourt-Woerth-Sarkozy, la saga de l’Ă©tĂ©

« L’affaire » Bettencourt-Woerth-Sarkozy tombe mal pour les mass medias capitalistes et pour le gouvernement de droite en France qui veut « réformer » l’âge de la retraite en augmentant l’âge légal de 60 à 62 ans. La défaite de l’équipe de France au Mondial de football en Afrique du Sud n’a guère arrangé l’affaire de la droite qui voulait mettre à contribution cet événement sportif pour divertir l’opinion publique pendant qu’elle accomplissait sa basse besogne. Avec « l’affaire » Bettencourt-Woerth-Sarkozy, la « réforme » de l’âge de la retraite bat de l’aile et paraît mal engagée mais elle n’est nullement compromise, car, pour les serviteurs des monopoles et du grand capital, rien n’est perdu d’avance et ce n’est que partie remise et seules leur persévérance et leur opiniâtreté paient en fin de compte. Tout devrait donc rentrer dans l’ordre dans quelques jours, une ou deux semaines au plus.

saga

À examiner les choses de plus près, on découvre que l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy n’en est pas une et que toutes ces agitations et tout ce tapage médiatique ne sont au fond que poudre aux yeux, tempête dans un verre d’eau et règlements de compte entre charognards et bandes rivales opposant partis politiques, journalistes, affairistes, socialistes, Verts (Mamère et Cie), Communistes (Museau et ses camarades), UMP, Modem (Bayrou), l’ancien et le nouveau trotskyste, Edwy Pleynel qui, sens de navigation oblige, cherche à se faire une virginité et à faire oublier son passé d’ancien journaliste et d’ancien rédacteur en chef du torchon Le Monde.

Les pleurnicheries et les lamentations des hommes politiques de droite comme de gauche veulent faire croire qu’ils sont blancs comme neige et que ceux qui ont révélé et qui se délectent de l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy pensent faire un scoop en mettant en évidence les rapports existant entre Capital (Grand ou petit peu importe), et politique. Personne n’est dupe et la soi-disant affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy ne trompe malheureusement que les naïfs et les imbéciles, car, c’est une constante dans l’histoire contemporaine et moderne, la politique et les affaires ont toujours fait bon ménage et elles ont formé et forment toujours un seul et unique monde, un couple inséparable pour le meilleur et pour le pire. Il faut le dire d’emblée sans vouloir se cacher derrière son doigt que les politiciens de quelque bord qu’ils soient (partis de droite, partis socialistes et communistes, les Verts, partis extrême droite etc) sont grassement payés pour faire de la figuration guignolesque à intervalles olympiques, en faisant croire aux masses débiles et manipulées par la propagande politique qu’ils sont les seuls maîtres à bord et qu’ils commandent au monde des affaires alors qu’ils ne sont en réalité que des figurants et des marionnettes commis(élus ?) pour voter des lois et pour légiférer dans l’intérêt bien compris du Capital et des grands capitalistes. Un seul exemple suffit pour nous convaincre de cette soumission servile de la politique vis-à-vis du Capital. On se souvient encore, en septembre-octobre 2008 et encore tout récemment lors de la crise grecque, comment les serviteurs des monopoles, les responsables politiques américains et européens, se sont démenés et ils se sont mis à quatre pattes pour trouver, comme par miracle et par baguette magique, des centaines et des milliers de milliards pour sauver des banques et des compagnies d’assurance en faillite. Alors qu’ils n’arrêtaient pas de claironner à qui voulaient l’entendre, quelques jours avant la crise financière et bancaire de 2008, que les caisses des États étaient vides. Comprendra qui pourra.

Si révélation il y a, l’affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy révèle au grand public le visage de Madame Liliane Bettencourt au sens propre et figuré du terme. D’abord, au sens propre, les téléspectateurs de TF1 ont pu remarquer lors de l’interview accordée à la journaliste Claire Chazal, le ravalement de façade de Liliane Bettencourt, 87 ans, qui la rajeunit de dix ans. Mais, à ce jour, ni les chimistes de l’Oréal ni la médecine chimique n’ont encore trouvé la potion magique qui permet à la richissime dame de retrouver ses facultés auditives. Ensuite, au sens figuré, le ton méprisant et la hargnerie de Liliane Bettencourt sont un concentré de la psychologie qui prédomine chez les membres de la classe des exploiteurs dans la société capitaliste et que l’on peut définir d’un seul mot: la pourriture.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Retrouvez Faouzi Elmir sur son blog Le Bulletin de l’International

juil 03 2010

Mme Woerth a organisĂ© l’Ă©vasion fiscale de Liliane Bettancourt

Selon un banquier de la place helvĂ©tique l’Ă©pouse d’Eric Woerth aurait, durant ces deux dernières annĂ©es, gĂ©rĂ© l’Ă©vasion fiscale de Liliane Bettancourt, cela au moment oĂą, alors ministre du budget, il brandissait une liste des 3000 noms de citoyens français soupçonnĂ©s d’Ă©vasion fiscale.

Les nouvelles rĂ©vĂ©lations du quotidien suisse La Tribune de Genève pourraient Ă©galement toucher l’Etat français Ă  son plus haut niveau, puisqu’elles Ă©clairent sur le financement pour le moins suspect de la campagne Ă©lectorale de Nicolas Sarkozy en 2007.

woerth

Un «Genevagate» menace les Woerth

Par Élisabeth Eckert, Tribune de Genève (Suisse)

Au fur et à mesure des révélations entourant la fortune de Liliane Bettencourt, les langues se délient à Genève. Les gérants de fortune de la place financière genevoise n’en veulent pas tellement à l’héritière de L’Oréal, qui pèse quelque 16 milliards. Mais à Eric Woerth, aujourd’hui ministre français du Travail, qui fut, il y a quelques mois encore ministre du Budget, n’hésitant pas à brandir la liste des 3000 noms de citoyens français, volée par Hervé Falciani en 2009 chez HSBC Private Bank (Suisse) à Genève.

L’un d’eux, spécialiste des «family offices» (sorte de banques privées pour très grandes fortunes) tempête: «Eric Woerth, qui avait fait de l’évasion fiscale sa priorité, nous a longtemps fustigés comme les ennemis numéro un. C’est lui aussi qui, avec Peer Steinbrück, alors ministre allemand de l’Economie, nous a conduits sur la liste grise de l’OCDE, celle des paradis fiscaux non coopératifs. Mais savez-vous qu’au même moment, sa femme Florence, l’une des gérantes de fortune de Liliane Bettencourt, était vue très souvent dans le «family office» de la milliardaire française, qui se situe à deux pas de l’Hôtel d’Angleterre?»

Cette entité de gestion de fortune genevoise fait partie de la holding Téthys qui gère les actifs de l’héritière, à savoir principa­lement les dividendes de son paquet d’actions chez L’Oréal et chez Nestlé, ainsi que ses biens immobiliers. Elle travaille main dans la main, mais depuis la Suisse (!), avec la société financière française Clymène, dirigée par l’homme de confiance Patrice de Maistre et employeur, depuis 2007, de Florence Woerth, épouse de l’ex-ministre du Budget.

Et notre financier fâché d’ajouter: «Eric Woerth, durant ces deux dernières années, ne pouvait pas ignorer que sa femme se trouvait très régulièrement à Genève. Et que ce n’était certainement pas pour voir son Jet d’eau!»

Les enregistrements illicites faits par l’ex-maître d’hôtel de Liliane Bettencourt ont déjà mis au jour deux comptes bancaires, l’un à Vevey, de 65 millions d’euros, l’autre à Genève, de quelque 16 millions d’euros. Ces deux comptes sont tellement réels que Liliane Bettencourt et son gérant de fortune Patrice de Maistre les ont déplacés au mois d’avril dernier, selon les dernières informations, non plus à Singapour ou Hongkong, mais dans une assurance-vie en France au profit du petit-fils de Liliane et fils de Françoise, aujourd’hui en procès avec sa mère. En 2009 et 2010, le directeur de la société financière Clymène a donc fait, de son propre aveu, de très nombreux aller-retour à Genève et dans l’arc lémanique, pour «qu’on enlève ces comptes».

Autre fait avéré des liens entre Clymène et Genève est le transfert, il y a quelque deux ans, de 280 millions d’euros des comptes français de Liliane Bettencourt chez UBS Genève. Enfin, selon des documents publiés cette semaine par l’hebdomadaire Marianne, il s’avère que la fortune déclarée en 2007 dans l’Hexagone par l’héritière L’Oréal et ses gérants s’élevaient à 2,2 milliards d’euros pour une imposition de 40 millions d’euros.

Enfin, en tant que trésorier de l’UMP, Eric Woerth, lui aussi, connaît visiblement passablement bien la route qui conduit à Genève, chez un autre de ses amis, Pierre Condamin Gerbier, responsable de l’UMP à Genève et gérant de fortune ardent défenseur des «family offices». C’est ce dernier qui s’est chargé, notamment, d’organiser le dîner de gala au Crowne Plaza, puis au Caviar House, avec les plus grandes fortunes françaises exilées en Suisse romande, en mars 2007, lorsque Woerth était venu collecter des fonds pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Or, comme le confiait un autre banquier genevois, lui aussi extrêmement courroucé, au Matin Dimanche en septembre 2009, «Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français.» La collecte finale avait rapporté, en tout, plus de 7 millions d’euros.

Élisabeth Eckert, pour la Tribune de Genève

Sur le même sujet, voir également le blog de Carton Rouge

juil 01 2010

Les aveux du gĂ©nĂ©ral McChrystal sur l’Ă©chec des opĂ©rations de l’OTAN en Afghanistan

Alors que le prĂ©sident Obama vient de renoncer publiquement Ă  sa promesse de retirer les troupes amĂ©ricaines de l’Afghanistan, il semble Ă©vident, comme nous l’indiquions il y a quelques jours, que le limogeage du gĂ©nĂ©ral McChrystal soit liĂ© Ă  l’Ă©chec des opĂ©rations menĂ©es par l’OTAN dans le Helmand en fĂ©vrier et mars dernier.

mccrystal

L’ElysĂ©e et l’Ă©tat major des armĂ©es françaises se sont bien gardĂ©s de rendre public le moindre commentaire sur le limogeage par Obama de son chef de guerre en Afghanistan. Pourtant, on n’ignorait pas, Ă  Paris que les propos du gĂ©nĂ©ral McChrystal dans le magazine Rolling Stone, ne sont qu’un prĂ©texte pour l’envoyer Ă  la retraite.

Les 10 et 11 juin dernier, au quartier gĂ©nĂ©ral de l’OTAN, Ă  Mons, en Belgique, Mc Chrytsal ne s’Ă©tait pas montrĂ© très optimiste sur les rĂ©sultats de cette guerre en Afghanistan. Comme le rĂ©vèle la dernière livraison du Canard EnchainĂ©, le patron de la coalition n’y Ă©tait pas allĂ© de main morte

Selon le gĂ©nĂ©ral, la campagne menĂ©e en Afghanistan « va dangereusement Ă  la dĂ©rive ». Et il a qualifiĂ© « d’ulcère sanguinolent » et d’Ă©chec les opĂ©rations conduite par 15′000 soldats de l’OTAN dans le Hemland, au sud du pays, en fĂ©vrier et mars dernier. « Une faible partie du territoire peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme sĂ»re », a poursuivi le chef de guerre. A l’entendre, seuls cinq des districts sont contrĂ´lĂ©s par le gouvernement afghan, sur une petite centaine qu’il considère Ă  l’abandon, ou presque.

S’ajoutaient Ă  cet Ă©tat des lieux les critiques du gĂ©nĂ©ral sur « le manque de volontĂ© du gouvernement », sur la corruption qui règne dans l’administration, la police et l’armĂ©e.

McChrystal est le troisième militaire de haut rang limogĂ© en treize mois. En mai 2009, le gĂ©nĂ©ral David McKiernan avait Ă©tĂ© virĂ©. « Trop conventionnel » et pas assez offensif selon Obama. En mai dernier, c’Ă©tait au tour de l’amiral Dennis Blair, directeur national du renseignement, de se faire renvoyer. A la tĂŞte de seize services et de 100′000 barbouzes, ce marin n’avait pas su les « faire travailler ensemble », paraĂ®t-il.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Avec les informations du Canard Enchaîné du 30 juin 2010

juin 30 2010

Comment la France se dissout dans l’ordre mondialiste

Pour la majoritĂ© des Français, la suppression de la « garden party » du 14 juillet Ă  l’ÉlysĂ©e et dans les prĂ©fectures des dĂ©partements est accueillie comme une mesure d’Ă©conomie d’un État subitement devenu exemplaire. En rĂ©alitĂ©, alors que le prĂ©sident Sarkozy s’apprĂŞte Ă  modifier la Constitution pour que le budget de l’Etat soit subordonnĂ© au « triumvirat » (1) – BCE, Eurogroupe et Commission europĂ©enne -  elle est en fait un pas de plus, hautement symbolique, vers l’abandon de la souverainetĂ© de la France au bĂ©nĂ©fice d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste promulguĂ© par Washington.

sarkozy

MalgrĂ© les dĂ©saccords de façade, Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, Ă  l’avant garde du « PĂ´le Carolingien » d’une union fĂ©dĂ©rale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intĂ©rieure d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste.

Ainsi, la troisième phase de la crise Ă©conomique qui va frapper dans les semaines a venir (2) n’aura d’autre but que de mettre Ă  genoux les pays de l’Union europĂ©enne sous la dictature d’un gouvernement Ă©conomique, non plus des 16 pays de la zone euro comme il Ă©tait annoncĂ© ces derniers mois, mais des 27 pays membres.

Pire encore, nous verrons très prochainement comment le pouvoir totalitaire de Bruxelles projette d’utiliser la chute sans fin de l’euro et la crise des États pour faire adhĂ©rer Ă  l’Union europĂ©enne la Turquie et IsraĂ«l, de sorte Ă  Ă©loigner encore un peu plus l’Europe de la Russie, afin que la constitution d’une Grande Europe continentale indĂ©pendante et forte, susceptible de concurrencer les États-Unis – mais ainsi rendue impossible – ne voie jamais le jour.

Car c’est bien de cela dont il s’agit pour les États-Unis, depuis qu’ils ont pris conscience qu’une Europe forte et indĂ©pendante serait en mesure de les dĂ©passer dans tous les domaines de la puissance, notamment Ă©conomique, et dont les stratèges ont tout fait pour prĂ©venir le moindre rĂ©veil, tuer dans l’Ĺ“uf la moindre vellĂ©itĂ© d’autonomie, au cas oĂą quelques dirigeants lucides auraient dĂ©cidĂ© de mettre sur pied une Grande Europe continentale, rĂ©conciliant ses « deux poumons », orthodoxe et occidental.

Sarkozy supprime la « garden party »

Mais nous ne pouvons, sur ce sujet comme tant d’autres, jouer maintenant les innocents, puisque, depuis au moins une dĂ©cennie, les tenants de l’ordre mondial ont publiquement affichĂ©s leurs plans. Ici comme ailleurs, nous ne somme victimes que de notre inertie.

Le ministre des Affaires Ă©trangères Joshka Fischer avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours Ă  l’UniversitĂ© de Humboldt, le 12 mai 2000, relayĂ© quelques jours après par son prĂ©dĂ©cesseur dans le quotidien collaborationniste Le Figaro : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union europĂ©enne dans la perspective de son Ă©largissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du nouvel ordre mondial » (3). Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la mĂŞme annĂ©e : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substituĂ© un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, Ă  quelques distances, le Japon, y ont dĂ©jĂ  pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. A ses dĂ©buts, le nouveau gouvernement allemand avait laissĂ© un peu en friche le terrain de la politique Ă©trangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage europĂ©en sur l’arrière plan de la mondialisation. ».

La doctrine stratĂ©gique « globale » des États-Unis a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e une vingtaine d’annĂ©es auparavant. Il est clairement Ă©noncĂ© dans le nouveau concept Ă©tasunien de « stratĂ©gie nationale de sĂ©curité », dont le contenu fut rĂ©vĂ©lĂ© dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, Ă©laborĂ© en liaison avec le Conseil national de la sĂ©curitĂ© (NSA), plus haute instance amĂ©ricaine de sĂ©curitĂ© et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’Ă©ventuels rivaux, parmi les pays avancĂ©s et industrialisĂ©s, de dĂ©fier notre domination, ne serais-ce d’aspirer Ă  un rĂ´le plus grand Ă  l’Ă©chelle mondiale ou rĂ©gionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’Ă©merger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de la CEI ». En bref, il s’agit ni plus ni moins d’empĂŞcher par n’importe quels moyens l’Europe et le Japon, « alliĂ©s » relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie, mais encore redoutable, de relever la tĂŞte et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et Ă©conomique imposĂ© par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, car il Ă©claire par lui mĂŞme les intentions Ă©tasuniennes, et nous renseigne en mĂŞme temps sur la tâche que nous devons absolument accomplir si nous avons un tant soit peu l’intention de mettre en Ă©chec le plan mondialiste, et mĂŞme, pendant qu’il en est encore temps, de l’abattre comme un chien galeux.

La catastrophe qui frappera le monde dans les toutes prochaines semaines sera Ă©galement, pour le front clandestin qui ne cesse de s’Ă©tendre, l’ultime occasion de renverser l’actuel espace politique europĂ©en.

Pris comme n’importe qui à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

LoĂŻc Devaussac, pour Mecanopolis

Sur le même sujet, lire également Nicolas Sarkozy accélère l’affaiblissement programmé de l’Etat français

Notes :

1. Lire notre article Bruxelles instaure une dictature économique dans la zone euro

2. Notre camarade C. Casadue revient précisément sur ce sujet dans sa dernière chronique du magazine Flash, que nous publierons vendredi sur Mecanopolis.

3. Le Figaro du 20 mai 2000

juin 30 2010

Les attentats de Karachi, pouvoirs politiques et médiatiques

Un attentat meurtrier attribuĂ© de manière catĂ©gorique Ă  Al Qaeda, une obstruction manifeste du pouvoir politique lors de l’enquĂŞte, une affaire de corruption mĂŞlĂ©e au complexe militaro-industriel.Voici les protagonistes d’une affaire ayant bien des points communs avec le 11 septembre 2001.

karachi

Alors que les deux journalistes de mĂ©diapart, Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, viennent de publier leur ouvrage sur les attentats de Karachi, on peut constater sans trop d’effort et très logiquement, qu’Ă  chaque fois qu’une affaire touche « la raison d’État », les enquĂŞtes et autres investigations sont rendues extrĂŞmement difficiles.
Ă€ tous ceux qui crient au dĂ©lire lorsque l’on explique que le gouvernement Bush a empĂŞchĂ© toute enquĂŞte indĂ©pendante sur les attentats du 11 septembre, il est dĂ©sormais facile de les renvoyer Ă  cette affaire d’actualitĂ© franco-pakistanaise.

Une des conclusions de l’enquĂŞte des journalistes de mĂ©diapart est que la thèse attribuant les attentats de Karachi Ă  Al Qaeda n’est qu’ « une pure construction policière ». Plus grave encore, ils prouvent que le juge Jean-Louis Bruguière a dĂ©libĂ©rĂ©ment mis de cĂ´tĂ© la piste de la corruption dans un contrat d’armement, alors que son rapport d’instruction comportait de nombreux Ă©lĂ©ments clĂ©s dĂ©signant manifestement la piste des commissions occultes mettant directement en cause Édouard Balladur et Nicolas Sarkozy.
Ici encore, on retrouve des mĂ©thodes classiques d’obstruction Ă  la justice des Ă©lĂ©ments d’enquĂŞte dissimulĂ©s ou gardĂ©s hors de connaissance des parlementaires.

Dès lors, on a du mal Ă  comprendre pourquoi la plupart des journalistes français font coalition et s’opposent Ă  toute rĂ©flexion critique de la thèse officielle des attentats du 11 septembre 2001 donnĂ©e par le gouvernement Bush. Nous avons pourtant sous les yeux, une affaire de moindre envergure, mettant directement en cause des dirigeants de notre pays; et l’on constate une rĂ©ponse similaire du pouvoir politique, qui vise Ă  Ă©touffer l’affaire pour se protĂ©ger de fâcheuses retombĂ©es. Autre similitude, le bouc-Ă©missaire tout trouvĂ© est Al Qaeda. Et malgrĂ© le fait que l’ex-directeur du contre-terrorisme de la DGSE ait dĂ©clarĂ© qu’Al Qaeda Ă©tait morte en 2002, le juge Bruguière, lancĂ© dans l’aventure politique au sein du groupe UMP, n’a cessĂ© de dĂ©signer ce coupable facile en Ă©vitant mĂ©ticuleusement tous les Ă©lĂ©ments pointant la responsabilitĂ© vers des responsables politiques.

N’y voyez pas un raccourci hâtif, les nombreux parallèles entre ces deux affaires sont rĂ©unis ici pour prouver aux sceptiques qu’il est primordial de pouvoir enquĂŞter sur ce qui s’est passĂ© le jour du 11 septembre 2001. Tout comme les familles des victimes de l’attentat de Karachi, de nombreuses familles des victimes amĂ©ricaines rĂ©clament encore, neuf ans après, une enquĂŞte indĂ©pendante pour comprendre les raisons du dĂ©cès de près de 3000 personnes.

L’affaire de Karachi donne bien la mesure de l’indĂ©pendance du pouvoir judiciaire de notre pays. Comme dans tous les aspects de notre sociĂ©tĂ©, il s’agit d’un rapport de forces, familles des victimes contre dirigeants politiques, journalistes et parlementaires contre responsables de corruption, citoyens face aux raisons d’État et Ă  l’industrie de l’armement. L’avancĂ©e de l’enquĂŞte sur l’attentat de Karachi est le reflet de l’Ă©tat de santĂ© de notre sociĂ©tĂ©. Tout comme le traitement des attentats du 11 septembre 2001 met en lumière les valeurs et Ă©thiques souvent bafouĂ©es.


Les Attentats de Karachi n’ont rien Ă  voir avec Al Qaida
envoyé par ReOpen911
Comme pour le 11 septembre, le coupable désigné est Al Qaeda.
Comme pour le 11 septembre, l’enquĂŞte est entravĂ©e par le pouvoir politique.
Comme pour le 11 septembre, les pseudo-experts omettent sciemment les pistes dérangeantes.
Comme pour le 11 septembre, les mĂ©dias relatent l’avancement de cette enquĂŞte difficile. (Aux USA, de nombreux membres de la commission d’enquĂŞte ont dĂ©noncĂ© l’obstruction faite par le gouvernement Bush.)Et comme pour le 11 septembre 2001, on peut prĂ©dire que l’enquĂŞte va lentement s’enliser, que les responsables ne seront pas inquiĂ©tĂ©s. De cette affaire restera une idĂ©e trouble et diffuse, sans vĂ©ritable coupable dĂ©terminĂ©. Le spectre d’Al Qaeda, coupable potentiel et non disculpĂ©, persistant encore dans l’imaginaire comme un Ă©pouvantail efficace.  Mais Ă  trop utiliser cette marque dĂ©posĂ©e de la terreur, la population risque ne plus ĂŞtre crĂ©dule…
A moins que le courageux magistrat anti-terroriste Marc Trévidic, les familles des victimes, les citoyens, et les véritables journalistes ne se montrent plus exigeants envers leurs dirigeants!

Atmoh, pour le blog ReOpen911 sur Mediapart

Visitez le site des familles des victimes, qui vous invitent à signer leur pétition.