juil 21 2010

La mondialisation est une agression contre la prospérité et la démocratie

Par Karl MĂŒller

Lorsque Hans-Peter Martin et Harald Schumann publiĂšrent en 1997 leur livre intitulĂ© Le piĂšge de la mondialisation dans lequel ils reproduisaient les thĂšses de dirigeants d’entreprises rĂ©putĂ©s qui prĂ©voyaient l’avĂšnement de la «SociĂ©tĂ© 20/80» (1), la plupart des intĂ©ressĂ©s estimĂšrent qu’il s’agissait d’une Ă©norme exagĂ©ration. PrĂ©tendre que la mondialisation, accompagnĂ©e de la dĂ©rĂ©gulation des marchĂ©s et de la ruineuse concurrence basĂ©e sur la baisse des coĂ»ts, provoquerait un chĂŽmage de masse consolidĂ© dans les pays industrialisĂ©s ne se prĂȘtait guĂšre Ă  l’euphorie de la globalisation des annĂ©es quatre-vingt-dix.

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Entre-temps, 13 ans ont passĂ© et le dĂ©veloppement des Ă©vĂ©nements a donnĂ© raison aux deux auteurs. Les pays industrialisĂ©s, dans lesquels on table uniquement sur le rendement maximum pour les actionnaires, des salaires astronomiques pour les dirigeants et des coĂ»ts minimes pour les travailleurs – les Etats-Unis et de nombreux pays de l’Union europĂ©enne en sont des exemples marquants – affrontent un chĂŽmage de masse structurel et fondamental.

C’est une erreur d’axer l’économie sur les exportations

Les pays qui ont tout misĂ© sur les excĂ©dents d’exportations, les prenant pour un moteur de croissance – qui ont donc violĂ© le principe d’Adam Smith qu’une Ă©conomie nationale libĂ©rale ne peut ĂȘtre saine que dans la mesure oĂč l’offre des biens et des services se mesure Ă  un pouvoir d’achat adĂ©quat dans le pays – se sont engagĂ©s sur une fausse voie. L’Allemagne en est un exemple frappant, la moitiĂ© de sa crĂ©ation de valeur reposant sur les exportations. Cela permet de produire massivement sans pour autant tenir compte du pouvoir d’achat dans le pays. C’est bon pour la conjoncture, d’aucuns ramassent de juteux bĂ©nĂ©fices le tout reposant sur une redistribution des revenus au profit des dirigeants et des actionnaires.

C’est une fausse voie. Ce n’est pas sans raison que la politique allemande, alors qu’elle Ă©tait encore un peu plus raisonnable, avait adoptĂ© en 1967 une loi de stabilitĂ© dont l’objectif Ă©conomique et financier Ă©tait de maintenir tant la stabilitĂ© des prix, qu’une crois­sance durable, et un plein emploi – sans oublier l’équilibre du commerce extĂ©rieur. Ce fut il y a bien longtemps et on semble l’avoir oubliĂ©, alors mĂȘme que cette loi est toujours valable.

Le soutien Ă©tatique aux chĂŽmeurs n’a pas rĂ©solu les difficultĂ©s

La tentative de rĂ©gler le problĂšme du chĂŽmage de masse par les aides Ă©tatiques aux chĂŽmeurs a contribuĂ© – outre les Ă©normes dĂ©penses militaires notamment des Etats-Unis – Ă  la montĂ©e des dettes publiques dans presque tous les pays industrialisĂ©s, rĂ©duisant ainsi leurs marges de manƓuvre dans la gestion des dĂ©penses.

Il en rĂ©sulte que si l’on veut rĂ©soudre le problĂšme du chĂŽmage de maniĂšre sensĂ©e, il faut redonner du travail aux gens, un travail digne et capable d’augmenter le pouvoir d’achat dans le pays, accompagnĂ© d’une baisse des impĂŽts pour la population – tout en veillant Ă  ne pas voir baisser les revenus fiscaux – et en soulageant les systĂšmes sociaux publics.

Il est vrai que le plein emploi guérit beaucoup de plaies.

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Le leurre des statistiques de l’emploi

On comprend l’importance du problĂšme Ă  rĂ©soudre en Ă©vitant de se fier aux statistiques officielles du chĂŽmage. L’Allemagne en est un exemple. En effet, le pays se prĂ©sente officiellement comme s’il n’avait – au cours des deux annĂ©es de crise – Ă©tĂ© touchĂ© que peu par le chĂŽmage, au contraire d’autres pays. Il est vrai que les chiffres officiels du chĂŽmage ont baissĂ©, selon une derniĂšre Ă©tude de l’OCDE de dĂ©but juillet de cette annĂ©e, passant de 7,9% au dĂ©but de la rĂ©cession Ă  7% aujourd’hui (Ă©tat en mai 2010). Toutefois, cette Ă©tude met aussi le doigt sur l’ampleur de l’emploi partiel en Allemagne et surtout le sous-emploi par rapport aux pays de l’OCDE. En additionnant le tout, on arrive Ă  10 millions de personnes sous-employĂ©es (selon la «Neue ZĂŒrcher Zeitung» du 1er juillet). C’est un nombre Ă©norme qui prĂ©sente les chiffres officiels sous un autre jour. Il faut ajouter Ă  cela que l’Allemagne a une grande masse de chĂŽmeurs de longue durĂ©e; 45% des chĂŽmeurs inscrits sont sans travail depuis plus d’un an. De plus, le nombre de travailleurs Ă  trĂšs bas salaires a considĂ©rablement augmentĂ© au cours des derniĂšres 20 annĂ©es. Nombreux sont ceux et celles qui ne peuvent vivre avec le salaire d’un seul emploi.

Le chĂŽmage structurel augmentera si on ne fait rien

Dans son Ă©tude, l’OCDE exprime son inquiĂ©tude de constater que le chĂŽmage structurel, et donc durable, augmentera dans les annĂ©es Ă  venir malgrĂ© la croissance Ă©conomique – si la politique ne change pas de cap. Depuis le dĂ©but de la crise, en 2007, le taux de chĂŽmage dans l’espace de l’OCDE a massivement augmentĂ©: de 29 millions Ă  46 millions en 2010. Et ce ne sont que les chiffres officiels.

Si les alternatives consistent en misĂšre ou en aide de l’Etat, c’est le choix entre deux maux. Toutefois, comment rĂ©ussir Ă  redonner un travail adĂ©quat aux millions de chĂŽmeurs?

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Remettre l’homme au centre du travail

Le «Rapport sur l’agriculture mondiale» a soumis une proposition pour le domaine de l’agriculture: engager le plus possible de travailleurs plutĂŽt que de continuer Ă  mĂ©caniser l’activitĂ© agricole.

Dans la mesure oĂč les Ă©conomies natio­nales reviendront aux mains des peuples, il sera possible de redonner – dans les autres domaines de la crĂ©ation de richesses – une prioritĂ© au travail humain, lĂ  oĂč il peut ĂȘtre effectuĂ© dans la dignitĂ©. Cela signifie de ne plus mettre au centre le rendement et la concurrence dĂ©sas­treuse de diminution des coĂ»ts, mais bien de travailler de telle façon que toutes celles et tous ceux qui sont engagĂ©s dans ce travail retrouvent leurs droits et que la concurrence se contente de n’agir qu’au niveau de la qualitĂ© des produits ou des services. En jargon de mĂ©tier: de Shareholder-value Ă  Stake­holder-value!

Il faut agir d’urgence contre le chîmage des jeunes

Il est particuliĂšrement inquiĂ©tant de constater qu’un nombre important de jeunes gens sont victimes du chĂŽmage croissant. Dans la classe d’ñge des 15–24 ans, le taux d’occupation, de fin 2008 Ă  fin 2009, dans l’espace OCDE, qui se trouvait dĂ©jĂ  Ă  un bas niveau, a chutĂ© de 8,4%. C’est le taux d’occupation le plus bas de tous les groupes concernĂ©s par le chĂŽmage.

Il faut cependant souligner que ces chiffres ne relĂšvent pas uniquement d’un manque d’offres d’emplois ou de formation. Malheureusement, un nombre grandissant de jeunes gens sont mal prĂ©parĂ©s Ă  affronter la vie rĂ©elle. Il ne faut toutefois pas assombrir le tableau: nĂ©anmoins, dĂšs lors que quelqu’un n’arrive pas Ă  se maintenir dans la vie professionnelle, il ou elle ne cessera de se heurter Ă  des difficultĂ©s. Le renforcement du chĂŽmage cause de plus en plus de difficultĂ©s. Les spĂ©cialistes du travail social expriment l’idĂ©e d’une espĂšce d’hĂ©ritage de la marginalisation. Combien de temps la sociĂ©tĂ© pourra-t-elle le supporter?

Pour intervenir efficacement contre le chĂŽmage de masse, il faut Ă©duquer nos enfants et nos jeunes de maniĂšre Ă  ce qu’ils puissent affronter le monde du travail. Non pas pour en faire des sujets d’un «économisme» dominateur, mais des personnalitĂ©s matures. Ce ne sera possible que s’ l’on procĂšde Ă  une rĂ©flexion dans les domaines de l’éducation et de la pĂ©dagogie et qu’on en tire les consĂ©quences.

Le droit au travail

L’article 23 de la «DĂ©claration des droits de l’homme», datant de 1948, dĂ©clare dans son premier paragraphe: «Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, Ă  des conditions Ă©quitables et satisfaisantes de travail et Ă  la protection contre le chĂŽmage.»

Les annĂ©es prĂ©cĂ©dant la Seconde Guerre mondiale, lors de la crise Ă©conomique mondiale, avaient montrĂ© quelles consĂ©quences fatales pour les hommes du chĂŽmage et de l’absence de sens de leur vie.

On arrive Ă  la fin de l’époque oĂč le chĂŽmage de masse pouvait ĂȘtre dissimulĂ© par les aides de l’Etat. C’est fort bien; en effet, cette «solution» manquait de dignitĂ©. Il faut maintenant du courage et de l’imagination pour rĂ©tablir le plein emploi, afin de redonner Ă  des millions de personnes un travail qui ait un sens.

Karl MĂŒller, pour Horizons et DĂ©bats

Note :

1. En 1995 eut lieu le premier «State Of The World Forum» Ă  l’HĂŽtel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre Ă©tait d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de dĂ©finir la politique globale utile Ă  leur mise en Ɠuvre. Les dirigeants rĂ©unis Ă  San Francisco (Mikael Gorbachov, George H. W. Bush, Margaret Thatcher, Zbigniew Brzezinski, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc.) sont arrivĂ©s Ă  la conclusion que l’arrivĂ©e de la dĂ©nommĂ©e SociĂ©tĂ© 20/80 (basĂ©e sur le principe de la «Loi de Pareto») est inĂ©vitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalitĂ© de l’appareil Ă©conomique de la planĂšte. La population restante (80%) s’avĂšrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

C’est ici qu’entre en jeu le «tittytainment», concept de Zbigniew Brzezinski, prĂ©sentĂ© lors de la rĂ©union Ă  l’HĂŽtel de Fairmont. Brzezinski a proposĂ© le tittytainment, un mĂ©lange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrĂŽler leurs frustrations et protestations prĂ©visibles. Brzezinski dĂ©finit le «tittytainment», comme une combinaison des mots anglais «tits» («seins» en jargon amĂ©ricain) et «entertainment» qui, dans aucun cas, ne doit ĂȘtre compris avec des connotations sexuelles, mais au contraire, comme allusif Ă  l’effet endormant et lĂ©thargique que l’allaitement maternel produit chez le bĂ©bĂ© quand il boit.

juil 18 2010

La résistance afghane libÚre 270 prisonniers

Selon un communiquĂ© de Qari Muhammad Yussuf, porte parole de la rĂ©sistance afghane, publiĂ© Ă  l’instant sur le site alsomod-iea, les moujahidins ont attaquĂ© tĂŽt ce matin  la prison de FarĂąh, dans l’ouest de l’Afghanistan, libĂ©rant 270 prisonniers dont 70 reprĂ©sentants politiques liĂ©s aux moujahidins.

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Développement suit

juil 13 2010

Émeutes Ă  Oakland aprĂšs le verdict du procĂšs Oscar Grant (vidĂ©os)

Rappel des faits : le 1er janvier 2009, un flic abat Oscar Grant d’une balle sur les quais du mĂ©tro Ă  Oakland. Il dira ensuite avoir confondu dans la prĂ©cipitation son taser et son flingue
 À mesure que les vidĂ©os du meurtre circulent sur internet, des Ă©meutes partent dans la ville. Le procĂšs du flic vient d’avoir lieu ; verdict : quatre ans de taule.

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Un groupe de personnes en colĂšre aprĂšs le verdict du procĂšs contre Johannes Mehserle (le flic) se sont affrontĂ©s avec la police Ă  Oakland, tard dans la soirĂ©e de jeudi, jetant des pierres, des feux d’artifice et des bouteilles sur les policiers, lançant de petits feux dans la rue, dĂ©truisant des vitres de voitures, et s’attaquant aux vitrines des commerces, dont certains ont Ă©tĂ© pillĂ©s. La police a rĂ©alisĂ© de nombreuses arrestations. Le chef de la police, Anthony Batts, a prĂ©cisĂ© que vers 20 heures, un groupe d’individus vĂȘtus entiĂšrement de noir et portant des masques noirs se sont dirigĂ©s vers Broadway, adoptant une posture offensive. Batts a dĂ©crit le groupe comme Ă©tant «des anarchistes». « C’était clair qu’ils prenaient une posture offensive
 Nous avons commencĂ© Ă  recevoir nombre de pierres et de bouteilles.»

Vers 23 heures, heure locale, les manifestants n’étaient pas encore complĂštement dispersĂ©s, alors que des renforts policiers arrivaient de San Francisco et des municipalitĂ©s voisines, selon le site internet du journal local Oakland Tribune.

juil 02 2010

Il n’y a pas et il n’y aura pas de reprise Ă©conomique

Par Clovis Casadue

Alors que le G20 de Toronto n’a servi Ă  rien, sinon Ă  enterrer l’idĂ©e d’une taxe bancaire internationale, une troisiĂšme phase de la crise se profile, sur fond de bruits de bottes en Iran.

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Un G20 inutile de plus, avec son lot de promesses qui ne seront pas tenues, et l’abandon dĂ©finitif de l’idĂ©e d’une taxe bancaire internationale, puisqu’elle est laissĂ©e au “libre arbitre des États” qui voudront bien s’en accommoder. C’est-Ă -dire Ă  peu prĂšs personne, ou alors de maniĂšre symbolique, comme les États-Unis qui, dans le cadre de leur nouvelle rĂ©forme financiĂšre, vont instaurer une taxe sur les institutions bancaires qui devrait rapporter
 19 milliards de dollars. Une somme bien maigre en regard de ce que les contribuables ont dĂ» payer depuis 2008.

Mais ces derniers n’ont pas fini d’en baver, car une troisiĂšme phase de la crise se profile, qui sera d’une violence extrĂȘme, puisque les finances publiques sont dĂ©truites et l’économie mondiale moribonde.

C’est la banque nationale suisse (BNS) qui tire la sonnette d’alarme (1), car les premiers symptĂŽmes d’emballement sont d’ores et dĂ©jĂ  perceptibles. Dans son « Rapport sur la stabilitĂ© financiĂšre », publiĂ© le 17 juin dernier, la BNS n’y va pas par quatre chemins : la discipline Ă  laquelle les banques s’étaient astreintes dans l’attribution de leurs crĂ©dits hypothĂ©caires depuis la crise commence Ă  s’étioler, estime-t-elle.

Il n’y a certes pas encore pĂ©ril en la demeure, mais la situation pourrait rapidement dĂ©gĂ©nĂ©rer si l’économie devait replonger en rĂ©cession, provoquant, comme il y a deux ans, une rĂ©action en chaĂźne sur tous les pans de l’économie mondiale.

« Sub-subprimes »

Depuis le dĂ©but de la crise en 2008, l’administration amĂ©ricaine a soutenu le marchĂ© immobilier sinistrĂ© en rachetant pour 1 425milliards de dollars d’actifs pourris. Pour cela, il aura fallu accorder des crĂ©dits d’impĂŽts Ă  hauteur de 8 000 milliards de dollars aux mĂ©nages amĂ©ricains qui, de fait, sont insolvables et faire tourner la « planche Ă  billets », surĂ©valuant ainsi le dollar de 35 fois sa valeur rĂ©elle. Ces 8 000 milliards d’impĂŽts sont arrivĂ©s Ă  terme en avril et en mai dernier. Ils ont Ă©tĂ© en partie couverts par les crĂ©dits hypothĂ©caires d’emprunteurs insolvables, dit NINJA (No Income, No Job, NoAsset : sans revenu, sans emploi, sans garanties) ou en train de le devenir, pris en charge par FannieMae, FreddieMac et GinnieMae, qui couvrent la totalitĂ© des crĂ©dits hypothĂ©caires privĂ©s aux États-Unis, garantis Ă  100 % par le gouvernement depuis 2009. L’administration amĂ©ricaine a donc mis une couche de subprimes sur les anciens ou nouveaux subprimes, ce que nous pourrions appeler les « sub-subprimes ».

Barack Obama a donc fait pire que l’ancien Directeur de la Fed, Alan Greenspan, et Georges Bush rĂ©unis. Cette troisiĂšme phase de la crise ne devrait plus tarder Ă  se faire sentir. Ce n’est qu’une question de semaines.

Il n’y a pas et il n’y aura pas de reprise

Pendant trente ans, les États-Unis se sont permis de produire de la dette et de la vendre sur la planĂšte qui en avait fait un objet de spĂ©culation. Ce cycle lĂ©tal est terminĂ©, et la dette amĂ©ricaine ne vaut dĂ©finitivement plus rien. En attendant, le niveau de consommation s’écroule, de mĂȘme que la production. Les États-Unis ont perdu presque 12 millions d’emplois depuis 2007. Les chiffres rĂ©els du chĂŽmage doivent avoisiner les 18 ou 20 %, raison pour laquelle 52 sĂ©nateurs ont rĂ©cemment votĂ© contre un Ă©largissement de l’allocation chĂŽmage, alors qu’il est le plus important depuis 1930.

Le 7 juin 2010, l’Allemagne a lancĂ© son plus grand plan d’austĂ©ritĂ© depuis 1945. 80 milliards d’euros devraient ĂȘtre Ă©conomisĂ©s d’ici 2014, et ce sont principalement les chĂŽmeurs et les familles percevant des allocations familiales qui seront touchĂ©s.

Pour assainir les finances des États,le FMI exige d’eux de rendre plus flexible le marchĂ© du travail et de rĂ©duire les aides au chĂŽmage pour y parvenir. En France, contrairement Ă  ce qu’affirmait le Premier ministre François Fillon sur France tĂ©lĂ©vision il y a quelques jours, la situation de la dette gouvernementale reste trĂšs tendue, et l’on peut s’attendre chaque matin Ă  une dĂ©gradation de la note de la dette publique du pays par les agences de notation.

Bruits de bottes en Iran

Alors que la semaine derniĂšre nous apprenions qu’une armada de navires de guerre amĂ©ricains et israĂ©liens franchissait le Canal de Suez, puis prenaient la direction de la mer Rouge (2) – itinĂ©raire le plus direct vers le Golfe persique depuis la MĂ©diterranĂ©e – au moment oĂč nous rĂ©digeons ces lignes, TĂ©hĂ©ran vient d’envoyer Ă  sa frontiĂšre Nord des unitĂ©s des Gardiens de la rĂ©volution afin de contrer “une attaque” (3).

La banqueroute des États-Unis serait-elle de nature Ă  provoquer un nouveau conflit au Moyen-Orient ? Pour faire diversion ou pour s’emparer des fabuleuses rĂ©serves d’hydrocarbures de l’Iran ? Dans l’immĂ©diat, si cette guerre Ă©clate et, par extension, cause la fermeture du dĂ©troit d’Ormuz oĂč transitent 30 % des exportations mondiales de pĂ©trole, c’est toute l’économie mondiale qui sera mise Ă  genoux. Pour le seul bĂ©nĂ©fice des États-Unis ?

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

PubliĂ©  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile NĂ©aumet, directeur de la rĂ©daction.

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Reproduction libre avec indication des sources

Note :

1. Le Temps (quotidien suisse) du 18 mai 2010

2. Lire Une armada de navires amĂ©ricains et israĂ©liens se dirigent vers l’Iran

3. Lire Bruits de bottes à la frontiùre nord de l’Iran

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Tout se barre en sucette !
‱ Nicolas Gauthier condamne ces voyous au sommet de l’État.
‱ Novlangue et politiquement correct, par Topoline.
‱ Claude Camille Cornilleau, traducteur : “L’AcadĂ©mie française est
inadaptĂ©e Ă  notre Ă©poque !”
‱ Entretien exclusif : FrĂ©dĂ©ric Martel, Ă©crivain et producteur Ă 
“France Culture”, analyse les dessous de la culture mondialisĂ©e.
‱ Retraites : “Enfumer pour mieux plumer, c’est la technique sarkozyste
encore une fois à l’Ɠuvre !”
‱ Sur les traces de George Orwell, Nicolas Bonnal dĂ©crypte la
prolétarisation de la race blanche.
‱ Les commandos israĂ©liens formĂ©s par les fascistes de la RĂ©publique de
Salo ! Par Christian Bouchet.
‱ AnnĂ©es de plomb et stratĂ©gie de la tension. Ou quand la CIA faisait
la loi en Italie

‱ Les Chinois contre les racailles : tout le monde en a marre !
Reportage dans le 19e arrondissement de Paris
‱ Un G20 inutile de plus. Une troisiùme phase de la crise se profile
sur fond de bruit de bottes en Iran.
Pour vous abonner en ligne et en toute sécurité : www.flashmagazine.fr
Tout se barre en sucette ! Sommaire de FLASH n° 33

‱ Nicolas Gauthier condamne ces voyous au sommet de l’État.

‱ Novlangue et politiquement correct, par Topoline.

‱ Claude Camille Cornilleau, traducteur : “L’AcadĂ©mie française est inadaptĂ©e Ă  notre Ă©poque !”

‱ Entretien exclusif : FrĂ©dĂ©ric Martel, Ă©crivain et producteur à “France Culture”, analyse les dessous de la culture mondialisĂ©e.

‱ Retraites : “Enfumer pour mieux plumer, c’est la technique sarkozyste encore une fois à l’Ɠuvre !”

‱ Les commandos israĂ©liens formĂ©s par les fascistes de la RĂ©publique de Salo ! Par Christian Bouchet.

‱ AnnĂ©es de plomb et stratĂ©gie de la tension. Ou quand la CIA faisaitla loi en Italie


‱ Les Chinois contre les racailles : tout le monde en a marre ! Reportage dans le 19e arrondissement de Paris

‱ Un G20 inutile de plus. Une troisiùme phase de la crise se profile sur fond de bruit de bottes en Iran.

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juin 30 2010

Comment la France se dissout dans l’ordre mondialiste

Pour la majoritĂ© des Français, la suppression de la « garden party » du 14 juillet Ă  l’ÉlysĂ©e et dans les prĂ©fectures des dĂ©partements est accueillie comme une mesure d’Ă©conomie d’un État subitement devenu exemplaire. En rĂ©alitĂ©, alors que le prĂ©sident Sarkozy s’apprĂȘte Ă  modifier la Constitution pour que le budget de l’Etat soit subordonnĂ© au « triumvirat » (1) – BCE, Eurogroupe et Commission europĂ©enne -  elle est en fait un pas de plus, hautement symbolique, vers l’abandon de la souverainetĂ© de la France au bĂ©nĂ©fice d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste promulguĂ© par Washington.

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MalgrĂ© les dĂ©saccords de façade, Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, Ă  l’avant garde du « PĂŽle Carolingien » d’une union fĂ©dĂ©rale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intĂ©rieure d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste.

Ainsi, la troisiĂšme phase de la crise Ă©conomique qui va frapper dans les semaines a venir (2) n’aura d’autre but que de mettre Ă  genoux les pays de l’Union europĂ©enne sous la dictature d’un gouvernement Ă©conomique, non plus des 16 pays de la zone euro comme il Ă©tait annoncĂ© ces derniers mois, mais des 27 pays membres.

Pire encore, nous verrons trĂšs prochainement comment le pouvoir totalitaire de Bruxelles projette d’utiliser la chute sans fin de l’euro et la crise des États pour faire adhĂ©rer Ă  l’Union europĂ©enne la Turquie et IsraĂ«l, de sorte Ă  Ă©loigner encore un peu plus l’Europe de la Russie, afin que la constitution d’une Grande Europe continentale indĂ©pendante et forte, susceptible de concurrencer les États-Unis – mais ainsi rendue impossible – ne voie jamais le jour.

Car c’est bien de cela dont il s’agit pour les États-Unis, depuis qu’ils ont pris conscience qu’une Europe forte et indĂ©pendante serait en mesure de les dĂ©passer dans tous les domaines de la puissance, notamment Ă©conomique, et dont les stratĂšges ont tout fait pour prĂ©venir le moindre rĂ©veil, tuer dans l’Ɠuf la moindre vellĂ©itĂ© d’autonomie, au cas oĂč quelques dirigeants lucides auraient dĂ©cidĂ© de mettre sur pied une Grande Europe continentale, rĂ©conciliant ses « deux poumons », orthodoxe et occidental.

Sarkozy supprime la « garden party »

Mais nous ne pouvons, sur ce sujet comme tant d’autres, jouer maintenant les innocents, puisque, depuis au moins une dĂ©cennie, les tenants de l’ordre mondial ont publiquement affichĂ©s leurs plans. Ici comme ailleurs, nous ne somme victimes que de notre inertie.

Le ministre des Affaires Ă©trangĂšres Joshka Fischer avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours Ă  l’UniversitĂ© de Humboldt, le 12 mai 2000, relayĂ© quelques jours aprĂšs par son prĂ©dĂ©cesseur dans le quotidien collaborationniste Le Figaro : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union europĂ©enne dans la perspective de son Ă©largissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du nouvel ordre mondial » (3). Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang SchĂ€uble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la mĂȘme annĂ©e : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substituĂ© un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, Ă  quelques distances, le Japon, y ont dĂ©jĂ  pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. A ses dĂ©buts, le nouveau gouvernement allemand avait laissĂ© un peu en friche le terrain de la politique Ă©trangĂšre. Ce plan Fisher lui restitue un visage europĂ©en sur l’arriĂšre plan de la mondialisation. ».

La doctrine stratĂ©gique « globale » des États-Unis a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e une vingtaine d’annĂ©es auparavant. Il est clairement Ă©noncĂ© dans le nouveau concept Ă©tasunien de « stratĂ©gie nationale de sĂ©curité », dont le contenu fut rĂ©vĂ©lĂ© dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la premiĂšre fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, Ă©laborĂ© en liaison avec le Conseil national de la sĂ©curitĂ© (NSA), plus haute instance amĂ©ricaine de sĂ©curitĂ© et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’Ă©ventuels rivaux, parmi les pays avancĂ©s et industrialisĂ©s, de dĂ©fier notre domination, ne serais-ce d’aspirer Ă  un rĂŽle plus grand Ă  l’Ă©chelle mondiale ou rĂ©gionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’Ă©merger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de la CEI ». En bref, il s’agit ni plus ni moins d’empĂȘcher par n’importe quels moyens l’Europe et le Japon, « alliĂ©s » relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie, mais encore redoutable, de relever la tĂȘte et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et Ă©conomique imposĂ© par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, car il Ă©claire par lui mĂȘme les intentions Ă©tasuniennes, et nous renseigne en mĂȘme temps sur la tĂąche que nous devons absolument accomplir si nous avons un tant soit peu l’intention de mettre en Ă©chec le plan mondialiste, et mĂȘme, pendant qu’il en est encore temps, de l’abattre comme un chien galeux.

La catastrophe qui frappera le monde dans les toutes prochaines semaines sera Ă©galement, pour le front clandestin qui ne cesse de s’Ă©tendre, l’ultime occasion de renverser l’actuel espace politique europĂ©en.

Pris comme n’importe qui Ă  l’intĂ©rieur d’une rĂ©alitĂ© aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expĂ©rience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains trĂšs restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volontĂ©, avoir des consĂ©quences incalculables.

LoĂŻc Devaussac, pour Mecanopolis

Sur le mĂȘme sujet, lire Ă©galement Nicolas Sarkozy accĂ©lĂšre l’affaiblissement programmĂ© de l’Etat français

Notes :

1. Lire notre article Bruxelles instaure une dictature économique dans la zone euro

2. Notre camarade C. Casadue revient précisément sur ce sujet dans sa derniÚre chronique du magazine Flash, que nous publierons vendredi sur Mecanopolis.

3. Le Figaro du 20 mai 2000

juin 28 2010

Bruits de bottes Ă  la frontiĂšre nord de l’Iran

Depuis la traversĂ©e du Canal de Suez par une armada de navires de guerre, il semble indĂ©niable que l’on assiste Ă  un renforcement des dispositifs militaires amĂ©ricains et israĂ©liens autour de l’Iran, ce qui pourrait indiquer la prĂ©paration d’une opĂ©ration contre les infrastructures nuclĂ©aires du rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran.

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Selon l’agence officielle iranienne Fars, des hĂ©licoptĂšres israĂ©liens auraient, les 18 et 19 juin dernier, « dĂ©chargĂ© des Ă©quipements destinĂ©s Ă  attaquer un Etat musulman l’aĂ©roport de Tabuk en Arabie Saoudite », ce qui confirme l’information du Sunday Times que nous avons mentionnĂ© dans notre article du 20 juin dernier, qui rapportait que l’Arabie Saoudite aurait acceptĂ© d’ouvrir son espace aĂ©rien aux appareils israĂ©liens en vue d’une frappe possible contre l’Iran.

Autre fait intĂ©ressant, le brigadier-gĂ©nĂ©ral Medhi Moini, chef du corps des Pasdaran (Corps des Gardiens de la rĂ©volution islamique) dans la province iranienne d’AzerbaĂŻdjan, a fait officiellement savoir, le 22 juin dernier, qu’il mobilisait ses troupes dans la rĂ©gion « en raison de la prĂ©sence de forces amĂ©ricaines et israĂ©liennes le long des frontiĂšres occidentales de l’Iran ».

De longs convois de chars, de matĂ©riel d’artillerie, de batteries de DCA et d’unitĂ©s d’infanterie ont Ă©tĂ© aperçus sur les routes qui mĂšnent vers la frontiĂšre de l’Iran avec l’AzerbaĂŻdjan. Ces forces militaires auraient mĂȘme Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es « en Ă©tat de guerre »

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Le brigadier-gĂ©nĂ©ral Medhi Moin a Ă©galement ajoutĂ© « que certains pays europĂ©ens compliquaient la situation en fomentant des troubles ethniques dans ces rĂ©gions de la frontiĂšre nord de l’Iran afin de dĂ©stabiliser toute la rĂ©gion ».

D’autres sources de renseignement indiquent qu’IsraĂ«l a rĂ©cemment envoyĂ© un grand nombre de chasseurs-bombardiers vers des bases en AzerbaĂŻdjan, via la GĂ©orgie, pour Ă©pauler des forces amĂ©ricaines dĂ©jĂ  stationnĂ©es dans ce pays d’Asie centrale.

Pour le moment, les autoritĂ©s azĂ©ries n’ont pas rĂ©agi Ă  ces informations en provenance d’Iran, ni Ă  la concentration de forces israĂ©liennes sur son territoire.

L’État hĂ©breu entretient une collaboration Ă©conomique et militaire Ă©troite avec la GĂ©orgie, alliĂ©e stratĂ©gique et Ă©conomique de l’ArmĂ©nie, et une entente cordiale avec l’AzerbaĂŻdjan, bien que ces deux États se trouvent en situation quasi conflictuelle permanente.

Ces informations, qui doivent encore confirmĂ©es, peuvent laisser penser que l’AzerbaĂŻdjan remplacerait la Turquie voisine, qui a fermĂ© son espace aĂ©rien aux avions militaires israĂ©liens depuis le 31 mai dernier, comme l’une des bases de lancement d’une offensive militaire contre l’Iran.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

juin 27 2010

Goldman Sachs, UBS et Wachovia ont massivement vendu leurs actions BP au premier trimestre 2010

Article mis Ă  jour Ă  01h48

Les rapports sur les mouvements des capitaux du 1er trimestre 2010 indiquent que la banque d’investissement Goldman Sachs aurait vendu 4,680 millions d’actions BP au 31 mars 2010, soit 44% de son portefeuille d’actions du groupe pĂ©trolier britannique. Dans la mĂȘme pĂ©riode, UBS et Wachovia Corporation ont respectivement liquidĂ© 98% et 97% de leurs actifs BP.

Ces ventes massives d’actions BP n’ont rien d’illĂ©gales, mais elles sont nĂ©anmoins intervenues avant le 20 avril 2010, date de l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon qui a provoquĂ© la catastrophe Ă©cologique en cours dans le golfe du Mexique, ce qui soulĂšve quelques interrogations car rien n’indiquait une dĂ©tĂ©rioration de la cotation de BP avant cette date.

BP

Selon le prix moyen de l’action BP au premier trimestre, Goldman Sachs, en vendant 44 % des ses actifs, a dĂ©gagĂ© 266 millions de dollars. Si la banque d’affaire rĂ©alisait la mĂȘme opĂ©ration aujourd’hui, en tenant compte que la cote boursiĂšre de groupe pĂ©trolier a perdu un peu plus de 50% de sa valeur, elle ne rĂ©aliserait que 133 millions de dollars.

D’autres sociĂ©tĂ©s de gestion d’actifs ont Ă©galement massivement vendu des actions BP au premier trimestre. Ainsi Wachovia Corporation, quatriĂšme plus important rĂ©seau bancaire aux États-Unis, a vendu 2,667 millions d’actions BP, et la banque suisse UBS un peu plus de 2,125 millions d’actions BP, ce qui reprĂ©sente respectivement 98% et 97% de leurs actifs liĂ©s au groupe pĂ©trolier.

Une liste des autres sociĂ©tĂ©s financiĂšres qui ont massivement vendu leurs parts d’actions BP est disponible sur le site d’Investor Morningstar.

Il est Ă©galement intĂ©ressant de noter que Goldman Sachs et UBS font parties des principales banques conseillĂšres du groupe BP. Ainsi, comme le rĂ©vĂšle une note de Reuters, ce sont ces mĂȘmes institutions qui sont aujourd’hui sollicitĂ©es par le groupe pĂ©trolier pour se refinancer, par des prĂȘts bancaires ou l’Ă©mission d’obligations qui lui permettraient de lever jusqu’Ă  dix milliards de dollars.

MĂȘme si les raisons pour lesquelles ces importantes ventes d’actions BP au premier trimestre ne sont pas claires, et peut-ĂȘtre mĂȘme suspectes, il serait pour l’heure prĂ©maturĂ© d’en tirer des conclusions. Nous reviendrons dĂšs la semaine prochaine, dans un article plus complet, sur ces surprenants mouvements financiers.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Sur le mĂȘme sujet, lire Ă©galement l’article d’EgalitĂ© et RĂ©conciliation.

juin 23 2010

Les vĂ©ritables raisons de l’Ă©viction du gĂ©nĂ©ral McChrystal par le prĂ©sident Obama

Le prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama a annoncĂ© aujourd’hui avoir rĂ©voquĂ© le gĂ©nĂ©ral Stanley McChrystal, en invoquant ses propos dĂ©sobligeants sur l’exĂ©cutif.

En rĂ©alitĂ©, l’Ă©viction du chef militaire en Afghanistan serait due a son incapacitĂ© Ă  reconquĂ©rir le district Marjah, lors de « l’opĂ©ration moshtarak » il y a quelques semaine, et plus encore suite Ă  l’annulation de l’offensive dans la province de Kandahar, fief de la rĂ©sistance afghane.

chrystal

Le gĂ©nĂ©ral McChrystal ne manque pas d’humour. Dans entretien accordĂ© au bimensuel Rolling Stone datĂ© du 22 juin, il a rĂ©pondu au journaliste, qui l’interrogeait sur le vice-prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden, « Qui est-ce ? ». « Biden », reprend un de ses conseillers. Le gĂ©nĂ©ral s’appuie alors sur le nom du vice-prĂ©sident amĂ©ricain pour se fendre d’un jeu de mot, demandant: « vous avez dit : Bite Me ? » (va te faire voir). Il faudrait nĂ©anmoins ĂȘtre naĂŻf pour voir lĂ  la vrai raison de l’Ă©viction du chef militaire de l’OTAN en Afghanistan.

La France pas dupe

Les responsable militaires français ne se montrent guĂšre surpris par la franchise de leur collĂšgue amĂ©ricain, qui dĂ©cide seul, comme c’est la tradition Ă  l’OTAN, des stratĂ©gies Ă  employer sur le terrain.

D’ailleurs, selon le Canard EnchainĂ© (1), la direction du renseignement militaire, on affirme d’ailleurs que l’Ă©tat-majors a reçu de Sarkozy de ne pas revendiquer un quelconque partage des responsabilitĂ©s. Motifs : il vaut mieux Ă©vite que Washington ne demande encore Ă  la France d’engager plus de troupes dans cette guerre interminable.

MĂȘme rĂ©action au centre de planification et de conduite des opĂ©rations, dont celle du continent français en Afghanistan, Certains officiers rappellent que Jean-Louis Georgelin, l’ancien patron des armĂ©es, avait conseillĂ© au PrĂ©sident de ne pas s’impliquer davantage dans ce « merdier ».

Le moral des troupes au plus bas

Le patron du Pentagone, Roberts Gates, admet implicitement l’existence d’un tel « merdier ». Dimanche 20 avril, interrogĂ© par la chaĂźne Fox N, il a dĂ©clarĂ© : « Il est beaucoup trop tĂŽt pour Ă©valuer si la mission en Afghanistan est en train de rĂ©ussir ou non. » Puis il a laissĂ© entendre que l’objectif fixĂ© par Obama – un retrait partiel de l’Afghanistan en juillet 2011 – ne pourra ĂȘtre obtenu. Confirmation quelques heures aprĂšs l’Ă©mission de Fox News : 10 soldats (amĂ©ricains, britanniques et australiens) trouvaient la mort sous les coups de la rĂ©sistance afghane. Soit un quarantaine de tuĂ©s pour l’OTAN en seulement deux semaines, sans compter les blessĂ©s et amputĂ©s.

Un guerre perdue pour les États-Unis et l’OTAN

L’opĂ©ration de la reconquĂȘte du district de Marjah, menĂ©e rĂ©cemment au sud de l’Afghanistan a Ă©tĂ©, de l’aveu mĂȘme du gĂ©nĂ©ral MacChrystal, un Ă©chec. La rĂ©sistance afghane a regagnĂ© la rĂ©gion et n’a pas hĂ©sitĂ© a exĂ©cuter les traitres qui avaient collaborĂ© avec l’ennemi amĂ©ricain.

Échec Ă©galement de l’installation d’une autoritĂ© gouvernementale et de ses policiers affiliĂ©s Ă  la marionnette KarzaĂŻ, et aucun ralliement de la rĂ©sistance, malgrĂ© les tentatives de corruption faite par l’occupant Ă©tranger.

Ce constat a conduit McChrytal Ă  annuler l’offensive qu’il envisageait de mener dans la province de Kandahar, ce qui a contrariĂ© les plans de l’administration amĂ©ricaine, et a finalement dĂ©cidĂ©, aujourd’hui, le prĂ©sident Obama Ă  limoger McChrystal au bĂ©nĂ©fice du gĂ©nĂ©ral Petareus.

Comme le relĂšve un article de l’hebdomadaire amĂ©ricain « Times » du 14 juin dernier (2), les États-Unis ont dĂ©jĂ  dĂ©pensĂ© 26 milliards de dollars uniquement pour former l’armĂ©e afghane du traitre KarazaĂŻ. Une « farce » aux frais des contribuables amĂ©ricains, selon l’hebdomadaire.

La nomination de Petraeus ne changera rien Ă  la donne, pour les États-Unis et l’OTAN, cette guerre est dĂ©finitivement perdue.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Notes :
1. Livraison du 23 juin 2010
2. Egalement cité dans le Canard du 23 juin 2010

juin 22 2010

Solution finale contre l’Iran ?

Le Tam-tam assourdissant de la Défaite de la Musique étouffe les Tambours de la Domination qui battent le rappel pour la guerre qui vient.

Une invincible Armada est en marche pour une attaque contre l’Iran.

Une puissante force navale et aéronavale, comprenant 12 destroyers, deux porte-avions ainsi que des sous-marins à propulsion nucléaire, dont trois sous-marins israéliens armés de missiles nucléaires, vogue vers la mer Rouge, itinéraire le plus direct vers le golfe Persique depuis la Méditerranée.

iran

« L’objectif serait d’acheminer des troupes, des munitions et des vĂ©hicules blindĂ©s, dans le cadre d’ultimes prĂ©paratifs avant d’engager un conflit militaire avec l’Iran. » Mecanopolis 20 juin 2010

Qui donne ces prĂ©cisions « plusieurs milliers de soldats Ă©gyptiens ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s le long du canal de Suez, de sorte Ă  veiller Ă  la « sĂ©curitĂ© du passage des navires ». « Le trafic dans le canal a Ă©tĂ© interrompu pendant plusieurs heures pour permettre le passage des navires de guerres, de mĂȘme que la totalitĂ© des activitĂ©s de pĂȘche dans la zone ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es ainsi que la circulation sur les ponts au-dessus du canal. »

Bien Ă©videmment « Aucun mĂ©dia occidental n’a pour l’heure relayĂ© ces informations» qui font pourtant les gros titres de la presse israĂ©lienne.

À l’heure actuelle, six de ces navires de guerre se trouvent dĂ©jĂ  dans le Golfe Persique, ainsi, dĂšs mercredi, tous le dispositif sera opĂ©rationnel sur ce nouveau Theatrum Belli.

La base navale gĂ©ante de Diego-Garcia qui accueille les bombardiers gĂ©ants amĂ©ricains est en Ă©tat d’alerte maximale

MĂȘme lors de la guerre contre le Japon au cours de la seconde boucherie, jamais les USA n’avait alignĂ© une telle armada avec une puissance de feu capable d’anĂ©antir toutes les infrastructures de l’Iran en moins d’une heure.

Tout est donc en place pour la mise Ă  mort de la Perse, par une frappe nuclĂ©aire israĂ©lienne vengeresse, Holocauste nuclĂ©aire caschere : c’est sans doute pour ça que dans l’IsraĂ«l, depuis quelques temps, on sĂ©crĂ©te de la MĂ©moire-de-l’Holocauste-Nazi, en quantitĂ© double ou triple.

À dater de ce moment tous les autres non-Ă©vĂ©nements, fouteballe et dĂźners de cochons, vont nous sembler dĂ©risoires. Allons nous organiser la rĂ©sistance derriĂšre nos Ă©crans de fumĂ©e d’ordinateurs ? Quelle amĂšre ironie.

D’ailleurs le projet de loi du sĂ©nateur Joe Lieberman visant Ă  donner au prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama tout pouvoir de fermer des pans entiers d’Internet en « pĂ©riode d’état d’urgence », prendrait tout son sens de restriction encore et encore, du peu de libertĂ© qui nous restait : la libertĂ© de l’Impuissance vocifĂ©rant.

Et pourtant, l’Iran ne possĂšde aucune capacitĂ© connue en matiĂšre d’armes nuclĂ©aires, a signĂ© le traitĂ© de non prolifĂ©ration des armes nuclĂ©aires

Pourtant , 16 agences de renseignements amĂ©ricaines avaient dĂ©jĂ  conclu que l’Iran n’a pas de programme d’armes nuclĂ©aires, et n’en a pas depuis au moins cinq ans.

Le Conseil de sĂ©curitĂ©, n’en a cure, le conseil de SĂ©curitĂ© qui refusa catĂ©goriquement d’adopter la plus infime motion condamnant l’IsraĂ«l pour l’attaque sur la Flottille de la LibertĂ© pour Gaza, dans les eaux internationales, a votĂ© le 9 juin, une quatriĂšme sĂ©rie de trĂšs dures sanctions contre la RĂ©publique islamique d’Iran, dont un embargo sur les armes, qui Ă©quivaut Ă  un feu vert pour une intervention militaire.

AussitĂŽt depuis sa Maison Blanche, l’idole des Jeunes, monsieur Obama, drapĂ© dans le linceul tout blanc de son Nobel de la Paix, a pris un accent martial pour juger que cette rĂ©solution, permettrait enfin « d’adopter les sanctions les plus sĂ©vĂšres auxquelles le gouvernement Iranien n’a jamais Ă©tĂ© encore confrontĂ© » et qu‘il se fait fort d’envoyer un message «sans Ă©quivoque» Ă  TĂ©hĂ©ran, sur « l’engagement de la communautĂ© internationale pour stopper la propagation des armes nuclĂ©aires . »

Comme de bien entendu, l’Egypte de Moubarak et les Emirs Saoudiens marchent main dans la main avec les AmĂ©ricains et IsraĂ«l. L’Egypte est cette putain qui bloque les vivres des gazouis, mais ouvre largement son canal pour le passage de l’Armada des affameurs.

Il y a pire, l’Iran condamnĂ©e par l’ONU se trouve tragiquement seule car abandonnĂ©e aussi par la Russie et la Chine !

En effet la Fédération des maffieux de Russie et la République populaire des capitalistes de Chine, ont cédé aux pressions américaines et ont voté en faveur de la résolution !

Nos admirateurs du pouvoir actuel en Russie, avec son nationalisme de pacotille, vont rapidement déchanter, en constatant les limites de la Résistance du Gouvernement de Poutine et Medvevev.

Qui ont dĂ©jĂ  laissĂ© transiter, je le rappelle, par le territoire russe des convois d’armes amĂ©ricains Ă  destination de l’Afghanistan. Juste aprĂšs les Ă©vĂšnements en GĂ©orgie : preuve qu’ils ne sont vraiment pas rancuniers.

La Chine et la Russie sont des « tigres de papier ».

Les ploutocraties de Chine et de Russie sont homogĂšnes au nouvel ordre mondial, et les intĂ©rĂȘts supĂ©rieurs du Capital, qu’ils servent tous, ont de ces sortes d’exigences « coopĂ©ratives »!

Limites de la vision dite « gĂ©opolitique », qui fait se mouvoir les « grandes puissances » comme des piĂšces intangibles sur un Ă©chiquier Ă©ternel, en vertu d’un jeu aux rĂ©gles immuables, gravĂ©es une fois pour toutes dans le Marbre de Clio.

Or il n’y a pas de puissances en-soi, il y a des classes ou cliques dominantes et qui organisent leur politique selon leurs besoins en tant que formations sociales.

Chez nous, ici, (chez eux plutĂŽt), en Hexagonie, dans l’IsraĂ«l-France, telle est la signification vĂ©ritable de la Kouchnerisation des affaires Ă©trangĂšres Ă  la France, par le gouvernement des putes soumises du Fouquet’s.

La rĂ©solution du Conseil de SĂ©curitĂ© attaque directement au cƓur mĂȘme de la structure des alliances militaires, en empĂȘchant la Russie et la Chine de vendre des armes stratĂ©giques et conventionnelles et des technologies militaires Ă  leur alliĂ© de facto. En signant, ils ont entĂ©rinĂ© leur rĂŽle stratĂ©gique de dernier ordre, et montrĂ© la limite de leur rĂ©sitance de puissances mondiales rivales aus USA, sur l’échiquier gĂ©opolitique eurasien.

ImmĂ©diatement aprĂšs l’adoption de la rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© le 9 juin, plusieurs reportages de la presse russe ont indiquĂ© que la vente des missiles russes S-300 Ă  l’Iran serait gelĂ©e. Du coup la Russie va se trouver commercialement contrainte de vendre son matĂ©riel militaire Ă  des pays situĂ©s dans l’orbite US-OTAN

Or, sans l’aide militaire russe, l’Iran devient une proie facile.

Ce qui ne signifie pas que les choses pourront se passer aisĂ©ment. L’Iran, 73 millions d’habitants, avec son histoire qui couvre des milliers d’annĂ©es, est une composante organique de la stabilitĂ© mondiale. Et, quelle que soit sa puissance, l’impĂ©rialisme israĂ©lo-amĂ©ricain ne peut s’affranchir des lois de l’Histoire et briser une puissance de cette taille sans modifier profondĂ©ment les rapports de forces mondiaux.

OĂč va-t-on ? Vers la Guerre sans fin, promise par Bush?

Felix Niesche, pour Le petit Quimonte illustré

juin 20 2010

Le prĂ©sident Obama va disposer d’un « bouton d’arrĂȘt d’urgence » d’Internet

Un projet de loi, soutenu par le sĂ©nateur Joe Lieberman, pourrait donner au prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama le pouvoir de fermer des pans entiers d’Internet en pĂ©riode d’Ă©tat d’urgence nationale.

internet

L’initiative parlementaire soutenue par le sĂ©nateur Joe Lieberman pourrait ĂȘtre un vĂ©ritable coup de tonnerre pour internet et pour ses centaines de millions d’utilisateurs Ă  travers le monde. L’initiative donnerait au prĂ©sident amĂ©ricain le pouvoir de « fermer » internet en cas d’urgence dictĂ©e par les impĂ©ratifs impĂ©rialistes Ă©tasuniens.

L’idĂ©e n’est pas nouvelle et repose sur la volontĂ© du dĂ©partement de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure des États-Unis (United States Department of Homeland Security) Ă  bĂąilloner le cyberespace, en cas de conflit majeur, de sorte Ă  empĂȘcher la diffusion d’informations qui seraient dĂ©favorables Ă  l’administration amĂ©ricaine.

Mais la lĂ©gislation envisagĂ©e par Joe Lieberman, appelĂ©e « Protecting cyberespace as a national asset act » (« projet de loi visant à protĂ©ger le cyberespace en tant que capital national ») va encore plus loin que ça. Le texte prĂ©voit en effet la crĂ©ation d’un organisme dĂ©nommĂ© National Center for Cybersecurity and Communications (Centre national pour la cybersĂ©curitĂ© et les communications), qui pourrait, en pĂ©riode critique, prendre la direction des opĂ©rations de toute une sĂ©rie d’entreprises figurant sur une liste dressĂ©e par la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure. Il ne s’agit donc pas seulement de rĂ©duire au silence tout ceux qui s’opposeraient Ă  la propagande l’ordre mondial, mais de contaminer l’ensemble de la planĂšte en diffusant uniquement les informations qui lui seraient favorables.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis

Information communiquée par notre camarade Folamour, du site Crashdebug